23 avril 2012 Centenaire de la Société d Hygiène de la Martinique Madame Josette MANIN, présidente du Conseil Général et présidente d honneur de cette manifestation, Madame la représentante du Maire de Schœlcher, Monsieur Camille CHAUVET, conseiller régional, Monsieur le docteur Michel YOYO, président de la Société d Hygiène de la Martinique, Madame Geneviève LETI, Madame COFFRE, doyenne du jour (100 ans le 04-07-2012), Mesdames et Messieurs en vos degrés, qualités et fonction Merci grandement de m avoir invité à présider avec Madame la présidente du Conseil Général, le centième anniversaire de la Société d Hygiène de la Martinique. C est avec enthousiasme, spontanéité et empathie que j ai répondu positivement à la demande de Monsieur le président de la Société d Hygiène de la Martinique, mon vieil ami Michel 1
YOYO, qui continue en dépit de son âge certain à donner sa vie pour le meilleur de ses concitoyens. Vivre, exister un siècle se fête certes, mais Vivre, exister et durer un siècle en ayant pour unique objectif l essentiel bien-être sanitaire des martiniquais, mérite hommage retentissant. Vivre et exister un siècle en ayant pour objectif central de lutter contre les inégalités sociales et de faciliter l accès aux soins des plus démunis, se dit à voix haute et fierté. Vivre et exister un siècle en prenant en charge le public des «parias», des «indigents» disait-on encore récemment, et les porteurs de maladies réputées honteuses, telles la lèpre, la tuberculose, les infections sexuellement transmissibles et le SIDA, s affiche, se proclame de manière tonitruante. Vivre, exister et durer un siècle, 100 années consécutives en prenant en charge la santé des martiniquais souvent démunis, dans ses multiples dimensions : physique, mental et social, parce-que la guérison du malade nécessite de soigner son corps et son corps et son âme ; c est introduire noblesse et dignité. C est surtout redonner et noblesse et dignité aux soignés regardés comme «comme moins que rien», «parasites de la société» et même «parasites de la vie». Oui tout cela est bien légitime, légitime et dû. 2
Mais fêter ce centenaire, votre centenaire, c est d abord rendre vibrant hommage à ces hommes et à ces femmes : médecins, infirmiers, assistantes sociales, podologues qui au fil des années, sans tambour ni trompette, en toute humilité et discrétion, ont fait et donné formes, contours, épaisseur à notre HUMANITE, à notre engagement et considération dû à notre prochain souffrant, affligé. Pour sûr, c est rendre hommage aux plus connus, aux plus illustres : au Docteur DUFOUGERE qui créa en 1906 la «Ligue contre la tuberculose», au Docteur Etienne MONTESTRUC, arrivé en Martinique en 1933, lui va organiser et structurer la Société d Hygiène de la Martinique, au Docteur Albert CALMETTE, le plus ancien et le plus connu qui, je crois a créer ce qui s est appelé longtemps «le Préventorium colonial». Mais c est aussi rendre hommage et dire notre reconnaissance à tous ces anonymes, qui aujourd hui, poursuivent l œuvre auprès des malades, dans cet espace foyalais qui regroupe trois dispensaires : le dispensaire CALMETTE, s occupant de la lutte contre les maladies respiratoires et la tuberculose le dispensaire MONTESTRUC, dépistant et luttant contre la lèpre le dispensaire VERNES mobilisé contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) et le SIDA. 3
Tous trois constituants la S.H.M agrée depuis 2006 «Centre de Santé» et Fort-de-France tire fierté aujourd hui de la domiciliation, sur son territoire, en milieu populaire et discret, de cette structure qui se veut un lieu de santé de proximité, ouvert à tous, au service de tous nonobstant origines et nationalités, combattant les inégalités sociales. C est rendre hommage à vous tous Monsieur le Président, à vous tous qui avez par votre action permis et permettent encore aux malades de garder ou d accéder à dignité, à HUMANITE. Pour toutes ces raisons et ces bonnes raisons, la Société d Hygiène de la Martinique doit se féliciter de fêter, sans retenue ou modération, son centième anniversaire parce «qu elle le vaut bien». Fêter le premier centenaire, c est se rappeler le chemin parcouru et les progrès accomplis dans une Martinique sortie depuis 1912 de la misère innommable, celle du pian, du pou, des chiques, du «léchofi», de la gale, de la mortalité infantile, de la malnutrition, des pleurs et sanglots de toutes natures et origines. Exister après tout ça, et continuer à exister alors que la logique de rentabilité financière invite au regroupement ou à l abandon des établissements de proximité jugés moins rentables, c est résister, RESISTER pour garder à la personne malade, la confidentialité et l humanité que 4
nécessite la prise en charge heureuse de sa maladie, mieux l entier respect de sa personne. BON, HEUREUX et COURAGEUX centième anniversaire à toutes, à tous, à la S.H.M. Mesdames et Messieurs, merci pour l attention que vous m avez accordée. Toujours, gardons «force à toiser l avenir avec insolence» et volonté inébranlable à «Transformer un ciel de défaites en un ciel d espérances». (citation d Aimé CESAIRE) Le Maire de Fort-de-France Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN 5