L ensemble de parachutage du combattant EPC au Japon 1 Historique des EPC car il y en a plusieurs 11 Création de l EPC par Aérazur Les parachutistes français sont équipés depuis les années 1980 de l ensemble de parachutage individuel (EPI constitué du dorsal TAP 696-26 et du ventral TAP 511), fabriqué par la société française Aérazur. Dans les années 1990 Aérazur a créé le MI 696, permettant de passer de 130 à 160 kg de masse totale équipée (MTE) avec une meilleure manœuvrabilité et une hauteur de largage minimale inférieure. En 1998, malgré l existence du MI 696 et une évaluation menée par la 11 ème DP (2 ème REP) en 1997, l armée française a souhaité faire développer un nouveau parachute destiné à remplacer l EPI. Il s agissait du programme EPC. La DGA a mis alors en compétition 2 sociétés (Irvin GQ (UK) et Aérazur (F)) pour une étude de définition. Aérazur a emporté cette première compétition en mars 2000 et a donc été retenue pour faire le développement de l EPC, en liaison avec la DGA et l armée de terre. La version finale a été qualifiée en 2007. L EPC est une création française. 12 EPC de l armée française fabriqué par une société étrangère Après l obtention d une version de l EPC d Aérazur qualifiée en 2007 par les services étatiques, la DGA était chargée de monter un contrat de fabrication destiné à produire à terme 13500 EPC. Elle a procédé à une mise en compétition de différentes sociétés pour optimiser les coûts de fabrication et, en 2009, la société Airborne systems Europe ASE (UK) a finalement été retenue. ASE, titulaire du marché, est maître d œuvre et la fabrication est sous-traitée officiellement auprès de la société Condor en Roumanie. Ce montage industriel explique les coûts de fabrication compétitifs de ASE face à Aérazur, dont le site de production est situé en France près de Tours. L EPC de l armée française est en cours de livraison depuis 2011 et 2350 exemplaires ont été livrés à la date de mai 2012. L EPC des parachutistes français est de fabrication anglo-roumaine. 13 Des EPC fabriqués par Aérazur au profit d armées étrangères Les parachutes de la société Aérazur sont utilisés depuis plusieurs décennies par des armées étrangères. La réputation de ses produits a permis un retournement de situation rapide et, dès 2010, l armée belge s est manifestée. Parfaitement satisfaite du MI 696 et du suivi technique assuré par la société, la Belgique a signé un contrat de remplacement de ses MI 696 par l EPC d Aérazur. Les fonctionnalités du MI et de l EPC étant proches, l EPC est déjà en service et la montée en puissance est faite progressivement avec un parc mixte. De plus, la qualité de fabrication de l EPC produit par Aérazur a permis aux belges de bénéficier d une version qualifiée à 180 kg au lieu de 165 kg pour l EPC livré par ASE à la France. Depuis 2011, l armée de terre japonaise (Joint Ground Self Defense Force JGSDF), déjà équipée du MI 696, a aussi sollicité Aérazur pour acquérir des EPC (compétition en cours avec un fabricant japonais). Les procédures de largage japonaises étant différentes, une évolution du système de déploiement de l EPC est à l étude (sur la SOA et le sac de voile). Enfin, plusieurs pays d Europe, familiers des parachutes d Aérazur, étudient aussi une acquisition future de l EPC. Ces projets intéressent l armée française car ils vont dans le sens d une meilleure interopérabilité des TAP européennes. La Belgique s équipe déjà de l EPC de fabrication française et d autres pays suivent.
Largages mannequins en EPC pour l évaluation du système de déploiement japonais EPC Aérazur lors des largages d évaluation par l armée française en 2006 Essais du système de déploiement spécifique à Narashino (Japon)
2 Différences entre les EPC européens et l EPC japonais 21 Le besoin européen est homogène Les parachutistes européens se ressemblent et l EPC, qui convient aux français et aux belges, saura satisfaire le besoin de nos autres camarades allemands, hollandais, autrichiens et autres. Même les anglais, équipés de parachutes Aérazur pour tous ses chuteurs opérationnels et pilotes tandem, pourraient s y intéresser. Certes, les gabarits nordiques sont légèrement plus imposants que nos «chats maigres» français. Cependant, la limite à 180 kg de l EPC d Aérazur donne une telle marge de manœuvre qu elle permet d avoir un parachute adapté à une grande variété de besoins des différentes troupes aéroportées. L EPC répond bien aux différents besoins européens. 22 Au Japon rien n est pareil Les parachutistes japonais sont fondamentalement différents. Le gabarit du parachutiste japonais est bien plus léger et petit que le gabarit européen. La morphologie moyenne du japonais est de 1,72 m pour 62 kg alors que le poids moyen européen varie entre 72 et 80 kg pour une taille moyenne de 1,76 m en France et allant jusqu à 1,82 m pour les hollandais. Cependant, malgré un besoin de masse emportée très inférieur, le parachutiste nippon de la JGSDF est très attaché aux performances de l EPC d Aérazur en raison de la sécurité qu elles procurent (faible vitesse de poser, rapidité d ouverture, manœuvrabilité). Par ailleurs, les procédures de largage sont aussi différentes. En effet, les européens larguent des passages de plus d une vingtaine de parachutistes par porte puis remontent les SOA, avec les sacs de voile, à l aide des treuils équipant la soute (C160, C130 et à l avenir A400M). Ce dispositif existe depuis des dizaines d années car la traînée des sacs de voile au bout des SOA est trop importante pour que le largueur puisse remonter l ensemble à la main. Nos amis japonais travaillent différemment et veulent pouvoir larguer en masse, y compris avec des avions sans treuil. Et évidemment, il est hors de question de modifier les avions. L équipe de programme d Aérazur travaille donc depuis 2011 avec la JGSDF pour développer et qualifier une particularité de l EPC japonais : le sac de voile se déconnecte de la SOA en fin de déploiement et reste solidaire de la voilure après ouverture. Le parachute reste quant à lui comparable à ceux prévus en Europe. L EPC japonais sera légèrement différent mais restera interopérable avec les procédures et équipements européens. 3 Particularités des TAP japonaises 31 Pas pareil mais intéressant La structure TAP japonaise ressemble à celle des belges (base de Schaffen en Belgique) avec un site unique regroupant à Narashino, près de Tokyo, le centre de formation, les services techniques (pliage) et l état-major d une brigade aéroportée unique (1 rst Airborne Brigade) de moins de 3000 hommes. Ce site principal est complété par plusieurs zones de saut et d entraînement dont la mythique DZ du Mont Fujiyama. Le centre de Narashino accueille différents moyens d instruction comme on peut les connaître à l ETAP de Pau. Il s agit pour la JGSDF d un agrès de synthèse, de portiques et de maquettes (Chinook, C130, ). Un agrès sort toutefois du lot : la tour de saut de 80 m.
Base de Narashino et agrès d entraînement (vue du haut de la tour) Maquettes Chinook et avion
32 la tour de saut de Narashino L ETAP n a plus de tour de saut depuis des années. Cependant, même pour les anciens qui entendent encore résonner le «OK Freineur!!», la tour de Narashino est un monument au regard de l ancienne tour de saut de Pau. Haute de 80 m, elle dispose de 4 potences de largage (nord, est, sud, ouest) permettant de largeur quelque soit le sens du vent (1 er bon point). Sa hauteur de 80 m est suffisante pour largueur un mannequin en OA et provoquer l ouverture du parachute jusqu au déploiement complet de la voile (2 ème bon point). C est ce qui permet actuellement à la JGSDF, en liaison avec Aérazur, de faire des milliers de lancers de mannequins pour éprouver la fiabilité du système de déconnexion de l EPC japonais. Enfin, un système original de cerceau permet de faire des sauts humains de formation sans risque de non ouverture (3 ème bon point). La voile, déployée, est suspendue au cerceau comme sous un étendoir à linge alors que le para, dans son harnais, est suspendu sous le centre du cerceau. Lorsque l ensemble cerceau parachute para est remonté de 80 m, un mécanisme entre en contact avec la potence et libère le para qui tombe à la verticale.lorsque les suspentes sont en tension, elles entraînent ensuite la voile qui se libère des pinces du cerceau et termine de se déployer. 80 m plus bas, le para se pose sous voile comme s il avait sauté du ballon captif de Schafffen. Mais, même si cette tour semble révolutionnaire, il n y a rien de fondamentalement nouveau. L US army avait vu tout l intérêt de familiariser le parachutiste en formation à la hauteur et au choc à l atterrissage. Dès les années 40, Fort Benning était équipé de plusieurs tours très semblables à la tour de Narashino. Les parachute jump towers de Fort Benning (USA)