Prions et immunité! Véronique PERRIER

Documents pareils
Première partie: Restitution + Compréhension (08 points)

Tuberculose bovine. Situation actuelle

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Chapitre III Le phénotype immunitaire au cours de la vie

TECHNIQUES D AVENIR LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING LASER DOPPLER IMAGING

EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

La lutte contre la tuberculose est régie par l arrêté royal du 17 octobre 2002.

Sommaire de la séquence 8

LA RECHERCHE INFIRMIERE: une exigence professionnelle / cas concret. La recherche infirmière. Cas concret : où se déroule-t-il?

Lymphome non hodgkinien

Les Applications industrielles et commerciales des cellules souches. Inserm Transfert Pôle Création d Entreprises

Informations sur le cancer de l intestin

GRANULOMATOSE SEPTIQUE CHRONIQUE

Dossier «Maladies du sang» Mieux les connaître pour mieux comprendre les enjeux liés au don de sang

Cytokines & Chimiokines

La maladie de Huntington, une maladie du cerveau

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

Mécanismes moléculaires à l origine des maladies autoimmunes

L AUTOGREFFE QUELQUES EXPLICATIONS

AMAMI Anaïs 3 C LORDEL Maryne. Les dons de cellules & de tissus.

La Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène

Le don de moelle osseuse :

Parasites externes du chat et du chien

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

Mécanisme des réactions inflammatoires

ANTICORPS POLYCLONAUX ANTI IMMUNOGLOBULINES

des banques pour la recherche

Qu est-ce que la peste?

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

UNE INTERVENTION CHIRURGICALE AU NIVEAU DU SEIN

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

Innovations thérapeutiques en transplantation

Information à un nouveau donneur de cellules souches du sang

Infiltrats pulmonaires chez l immunodéprimé. Stanislas FAGUER DESC Réanimation médicale septembre 2009

Le don de cellules souches. M.Lambermont Pascale Van Muylder

Réception du tissus documentation examens sérologiques inspection préparation façonnage

L INSUFFISANCE CARDIAQUE

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

Leucémie Lymphoïde Chronique

Symposium des Société Française d Angéiologie (SFA) et Société Francophone de Médecine Sexuelle (SFMS), Paris, Journées internationales Francophones

LA HERNIE DISCALE LOMBAIRE

DON DE SANG. Label Don de Soi

Des déficiences présentes

CONTROVERSE : IDR OU QUANTIFERON LORS D'UN CONTAGE EN EHPAD?

ACTUALITES THERAPEUTIQUES. Dr Sophie PITTION (CHU Nancy) Metz, le 2 Juin 2012

Le Don de Moelle Ça fait pas d mal!

Guide de Mobilisation. de cellules souches pour mon. Autogreffe AVEC LE SOUTIEN DE. Carnet d informations et de suivi pour le patient et sa famille

FICHE D INFORMATION AVANT UNE TRANSFUSION

L univers vivant De la cellule à l être humain

Plan d action mondial de l OMS pour le confinement des poliovirus sauvages en laboratoire

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

SERVICE PUBLIC FEDERAL, SANTE PUBLIQUE, SECURITE DE LA CHAINE ALIMENTAIRE ET ENVIRONNEMENT COMMISSION DE BIOLOGIE CLINIQUE RAPPORT GLOBAL

Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

Cytokines ; Chimiokines

Vue d ensemble : Office of Cellular, Tissue and Gene Therapies

vaccin pneumococcique polyosidique conjugué (13-valent, adsorbé)

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Don d organes et mort cérébrale. Drs JL Frances & F Hervé Praticiens hospitaliers en réanimation polyvalente Hôpital Laennec, Quimper

Le système nerveux entérique ou deuxième cerveau - LE VENTRE -

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

Chapitre II La régulation de la glycémie

La Greffe de Cellules Souches Hématopoïétiques

Principales causes de décès selon le groupe d âge et plus

Mécanismes de l alloréactivité, des rejets de greffe et de la réaction du greffon contre l hôte.

Etablissement Français du Sang

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

LA PERITONITE INFECTIEUSE FELINE

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

Quelles sont les options?

Pseudotumor cerebri. Anatomie Le cerveau et la moelle épinière baignent dans un liquide clair, appelé le liquide céphalo-rachidien (LCR).

L anémie hémolytique auto-immune

Charges virales basses sous traitement: définition impact virologique. Laurence Bocket Virologie CHRU de Lille

Dons, prélèvements et greffes

Anticorps, vaccins, immunothérapies allergéniques tout savoir sur les progrès de l immunothérapie en 20 questions

L ACCÈS VEINEUX DE COURTE DURÉE CHEZ L ENFANT ET LE NOUVEAU-NÉ

Hépatite chronique B Moyens thérapeutiques

L EMEA accepte d évaluer la demande d autorisation de mise sur le marché de la LENALIDOMIDE

Comprendre les lymphomes non hodgkiniens

Profil médico-économique de plerixafor en remobilisation dans le myélome multiple

Risque infectieux et protection de l organisme

La maladie de Still de l adulte

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE

ATELIER SANTE PREVENTION N 2 : L ALIMENTATION

Traitements topiques. Utiliser conformément aux instructions figurant sur l emballage. Aident à éliminer les squames. Soulagent les démangeaisons.

Guide sur la sécurité et l assurance de qualité des organes, tissus et cellules

Conduite à tenir devant une morsure de chien (213b) Professeur Jacques LEBEAU Novembre 2003 (Mise à jour mars 2005)

Pathologie VIH. Service maladies infectieuses Archet 1. Françoise ALEXIS, infirmière Monique BORGHI, infirmière 15 octobre 2013

Tout ce qu il faut savoir sur le don de moelle osseuse

Développement d un système de monitoring du bien-être des veaux en élevage

Thérapies par cellules souches dans la SEP

Les contre-indications au don de sang

DOSSIER D'INSCRIPTION

Le don de moelle osseuse

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge des leucémies aiguës de l adulte

Hépatite C une maladie silencieuse..

Apport de la biologie moléculaire au diagnostic des parasitoses

Transcription:

Prions et immunité! Véronique PERRIER Laboratoire INSERM U1198, Mécanisme Moléculaires des Démences Neurodégénératives, Université Montpellier UE Immunopathologie 2014-2015, 26 mars 2015, Master 1

Les prions: généralités

Les Encéphalopathies Spongiformes Transmissibles chez l animal! «Scrapie» du mouton et de la chèvre. Identifiées en 1730 au RU. Maladie spontanée. Symptômes : démangeaisons, tremblements, ataxie.! Dépérissement chronique des cervidés aux USA. Identifiée en 1960 chez les cervidés sauvages au Colorado et au Wyoming (USA). Maladie spontanée. Cachexie. «Emerging disease» aux US et en Korée.! «Maladie de la vache folle» ou Encéphalopathie spongiforme bovine en EU, identifiée au RU en 1985-86. L épidémie s est propagée en Europe via les farines animales Symptômes : ataxie, perte d équilibre.

Les Farines animales : vecteurs de la maladie! Farines animales incorporées dans des compléments alimentaires (1%) donnés au bétail. Coût économique important : 180 000 cas d ESB ont été officiellement déclarés au RU. 1988: Les farines sont interdites, mais autorisées pour l exportation. En 1996: Premier cas humain de vcjd au RU, puis en France. Transmission de l agent ESB à l homme. Troupeau de vache sacrifiées prés de Penrith (UK) (6 april 2001)

Les Encéphalopathies Spongiformes Transmissibles Humaines! Formes sporadiques (75-80 %) - Maladie de Creutzfeldt-Jakob (CJD) - Etiologie inconnue, incidence de 1.5-2 cases/million/an - Patients âgés de 50-60 ans! Formes génétiques (10-15%) - Fatal Familial Insomnia, Gertsmann-Straüssler-Scheinker syndrome, et Creutzfeldt-Jakob disease (15 %) - Mutation dans le gène codant pour la protéine prion (PrP)! Formes infectieuses (5 %) - Kuru : rites funéraires cannibales dans la tribu des Fores en Nouvelle Guinée - Formes iatrogènes: greffes de cornée et dure mère - Contaminations périphériques: " hormone de croissance " vcjd : consommation de viande bovine contaminée par l ESB " vcjd : transmission secondaire homme-homme via des transfusions de sang contaminé

Mabbott et al. Nature Reviews Microbiology advance online publication; published online 06 February 2006 doi:10.1038/nrmicro1346

Caractéristiques communes - Transmissible (acte chirurgical ou transfusion de sang) - Incubation longue et silencieuse (de 1.5 à 30 ans) - Progression rapide conduisant à la mort (13 mois) - - Prodromes (signes avant le commencement de la maladie) sont non spécifiques : anxiété, insomnie, anorexie, dépression, troubles de la mémoire - - Troubles moteurs: ataxie, perte d équilibre - - Dégénérescence du système nerveux central avec des lésions spécifiques, titre infectieux le plus élevé dans le cerveau - - Diagnostic de certitude est post-mortem, autopsie spongiose Gliose astrocytaire Plaques amyloïdes

Propriétés inhabituelles de l agent infectieux - Grande résistance aux procédés physico-chimiques et thermique (134 C, 18, 2 bars en chaleur humide) - Pas d acides nucléiques spécifiques - Ne déclenche pas de réaction inflammatoire (douleur, rougeurs, œdème) et les bilans sanguins normaux - Fractions infectieuses : quantité importante d une protéine prion anormale : PrP Sc

Une protéine, 2 conformations stables: PrP C et PrP Sc Riek et al., 1996, Nature Wille H. et al., 2002, PNAS, 99, 3563-3568 Hélice A Cofacteur? Hélice C Hélice B Hélice C Hélice B Hélice β" Structure RMN PrP C Non infectieuse Soluble Structure riche α hélices Sensible à la digestion par la les protéases (PK) Model de ME de PrP Sc Infectieuse et neurotoxique Insoluble Forme oligomères et fibrilles Structure riche en feuillets β Résistance partielle à la proteinase K (PK)

Des aggrégats protéiques hautement structurés: Les fibrilles amyloides Wille H. et al., 2002 100 nm! Prion «rods»

Cycle de réplication des prions PrP C PrP* PrP* / PrP Sc PrP Sc / PrP Sc DIMERES TRIMERES PETITS FIBRILLES OLIGOMERES Espèces neurotoxiques Rôle protecteur

Système immunitaire et prions : une complicité aveugle

Système immunitaire et prions : une complicité aveugle! Aveugle : - Agent infectieux non détecté par le système immunitaire comme un organisme étranger - Absence de réponse spécifique humorale ou cellulaire : bilans sanguins normaux, pas de production d anticorps anti-prp Sc - Absence d infiltration du système nerveux central par des cellules inflammatoires - Tolérance : Le prion infectieux entraîne une autoréplication anormale de la PrP (protéine de l hôte) appartenant au soi. Complicité: Le prion utilise le système immunitaire comme un cheval de Troyes (accumulation dans les organes lymphoïdes, propagation) => neuroinvasion

Implication du système immunitaire! Fraser et Dickinson, 1970; Kimberlin et Walker, 1989 Prion I.P. ou I.V. Prion I.P. ou I.V. Prion I.P. ou I.V. Souris WT Souris Thymectomysée (déplétion LT) Souris splénectomisée (déplétion LB, FDC) 206j+/-2 PrP Sc cerveau, rate Augmentation du titre infectieux dans la rate dès l injection Développent la maladie Augmentation de la survie

Implication du système immunitaire! Raymond et al., 2007 Prion I.P. Prion I.P. Souris µmt (déplétion LB) Souris CD11c-DTR + injection Toxine diphtérique (dédifférenciation des FDC) Augmentation de la survie Augmentation du temps de survie et 50 % des souris ne développent pas la pathologie

Etape 1: La Lympho-invasion, phase préclinique! La Lympho-invasion se caractérise par l accumulation précoce de la PrP Sc au sein des tissus lymphoïdes secondaires proche du lieu d inoculation. Etape asymptomatique déterminante pour la neuro-invasion. Dans les cas de formes naturelles animales dont la contamination est la voie orale, la voie d infection est le tube digestif. Les premiers sites d accumulation de la PrP Sc sont: - Les follicules lymphoïdes des tissus muqueux (GALT), Plaques de Peyer - Les ganglions lymphatiques mésentériques drainant le site d inoculation - La rate Bachy et al., Med&Sci, 2010

Passage de la barrière intestinale! Macrophages et DC capturent les Ag recueillis par transcytose par les cellules M de l intestin au niveau des plaques de Peyer. (Prinz, J. Pathol 2003)

Les Cellules sentinelles facilitent l entrée du prion! Les macrophages - Accumulent la PrP Sc - Accumulation précoce de PrP Sc dans les macrophages des plaques de Peyer (Gut-Associated Lymphoïde Tissu) Rôle ambigu : dégradation et propagation Les cellules dendritiques - Accumulent la PrP Sc - Peuvent transporter la PrP Sc via le système lymphatique - Peuvent transporter le prion de la rate au cerveau (Aucouturier, 2001) Rôle : capture, propagation et neuroinvasion

Plaque de Peyer, ganglion et rate : acteurs de la lympho-invasion! 1: Prise en charge de la PrP Sc de la lumière intestinale par les cellules dendritiques (CD) au niveau des plaques de Peyer. Les CD issues de monocytes et de précurseurs granulo-phagiques sont capables de migration. 2-5: Transmission de la PrP Sc des CD aux fibres nerveuses cholinergiques et noradrénergiques par le biais d interface neuro-immunes localisées dans les villosités et les cryptes, au niveau des dômes suprafolliculaires, des zones thymodépendantes et des vaisseaux drainant des zones lymphoïdes A partir des vaisseaux lymphatiques drainant, les CD infectées peuvent atteindre d autres régions lymphoïdes, en particulier les ganglions mésentériques. Dorban et al., Med&Sci, 2010

Plaque de Peyer, ganglion et rate : acteurs de la lympho-invasion! 6-7: Les cellules dendritiques peuvent migrer vers les sinus sous-capsulaires des ganglions mésentériques et disséminer l agent par des connections avec les fibres nerveuses dans les différents compartiments, et les parois vasculaires (9). L envahissement du tissu lymphoïde n a pas de répercussions évidentes sur les fonctions immunitaires! Dorban et al., Med&Sci, 2010

Plaque de Peyer, ganglion et rate : acteurs de la lympho-invasion! Arrivées par la voie vasculaire, les cellules dendritiques vont transférer la PrP Sc vers les fibres nerveuses spléniques 10-12: Les cellules dendritiques infectées sont en contact avec les fibres nerveuses des différentes zones de la rate: pulpe blanche, zone B, zone T, pulpe rouge et parois vasculaires. L invasion rapide de l ensemble des organes lymphoïdes secondaires témoigne d une forte propagation par la voie vasculaire Dorban et al., Med&Sci, 2010

Etape 2: Accumulation de la PrP Sc dans les organes lymphoïdes secondaires: la rate, acteur majeur! Les organes lymphoïdes secondaires sont les premiers tissus où va se multiplier l agent infectieux, bien avant le SNC et les premiers signes cliniques. Les cellules folliculaires dendritiques (FDC) des centres germinatifs de la rate sont celles qui vont permettre d accumuler les prions en grande quantité. Ces cellules expriment bcp de PrP C et seraient un site important de réplication des prions. Changement morphologique avec une hypertrophie des FDC entourées par de nombreux lymphocytes B Bachy et al., Med&Sci, 2010

Les cellules folliculaires dendritiques (FDC)! " Dans les follicules lymphoïdes, surtout dans les centres germinatifs " Les FDC sont issues de précurseurs non hématopoïétiques, cellules résidentes des centres germinatifs " Les FDC ne migrent pas et se différencient sur place, par des signaux émis par les lymphocytes B (TNF-α et Ltα et β) " Indépendantes des Cellules Dendritiques liées aux cellules T (origine moelle osseuse) et circulantes; cellules sentinelles du SI. " Prolongements cytoplasmiques dendritiques complexes " Piègent les complexes immuns (CI) via les récepteurs Fc-γ et les Ag via les récepteurs de CD21/35 (récepteurs du complément, C3d/C4 opsonisés) " A leurs surfaces durant de longues périodes

Stockage de la PrP Sc par les FDC! CI contenant la PrP sc capté à la surface des FDC Expression de PrP c à la surface des FDC Mabbott et al. Nature Reviews Microbiology advance online publication; published online 06 February 2006 doi:10.1038/nrmicro1346

Hypertrophie des FDC après infection par les prions!

Innervation de la rate: les voies de la dissémination! D après Mabbott et al. Nature Reviews Microbiology advance online publication; published online 06 February 2006 doi:10.1038/nrmicro1346

Etape 3: La neuroinvasion! La neuroinvasion se caractérise par la dissémination de l agent pathogène du système nerveux périphérique vers le système nerveux central Deux mécanismes de dissémination sont suspectés: - La propagation de l agent infectieux par voie sanguine suite à l identification de cas de vcjd par transfusion sanguine. Voie de dissémination indépendante de la propagation par le SN autonome et implique les lymphocytes B (LB) et les cellules dendritiques (DC). - La propagation par les fibres nerveuses périphériques via des connexions entre fibres nerveuses et cellules qui capture les prions (DCs) ou accumulent les prions (FDC), en particulier dans les organes lymphoïdes secondaires (plaques de Peyer, ganglion, rate). Bachy et al., Med&Sci, 2010

Trajet initial de la neuroinvasion depuis l intestin. L agent de la scrapie se propage vers le SNC selon 2 voies neuroanatomiques différentes: - Une des voies se fait selon les fibres sympathiques. Propagation vers le cerveau via la moelle épinière. - Une autre voie, indépendante de la moelle épinière est le long des fibres parasympathiques du nerf vague, vers la medulla oblongata du cerveau. D après Mabbott et al. Nature Reviews Microbiology advance online publication; published online 06 February 2006 doi:10.1038/nrmicro1346

Les acteurs de la réponse immunitaire sont complices de la réplication et de la propagation des prions vers le SNC! - Les acteurs de la réponse immunitaire spécifique : sans action, => PrP non reconnue - Les barrières (muqueuses, peau) : PrP passe facilement les barrières - Les cellules sentinelles (Cellules Dendritiques, Macrophages, Lymphocytes B) : PrP transportée et disséminée vers les organes lymphoïdes - Les FDC accumulent et amplifient le prion => provoque une réaction anormale dans les centres germinaux des tissus lymphoïdes. Changement morphologique avec une hypertrophie des FDC entourées par de nombreux lymphocytes B. - La neuroinvasion commence par le tissu nerveux périphérique et progresse lentement le long des fibres nerveuses, jusqu à atteindre le SNC (voie rétrograde). - Forte implication du système vasculaire

Conclusion! Lors d une infection naturelle par les prions, trois types cellulaires sont nécessaires à la propagation de l agent : - Les cellules dendritiques ont pour fonction de capturer et de transporter les prions vers le SNP - Les cellules folliculaires dendritiques vont permettre une accumulation et une amplification de l agent infectieux - Les neurones périphériques vont transporter les prions vers le SNC L agent infectieux profite, de façon asymptomatique, des connexions qui s établissent entre ces trois acteurs pour rejoindre le SNC où son accumulation est létale. Les prions utilisent les interfaces neuro-immunes périphériques pour atteindre le cerveau, un organe difficile d accès pour les pathogènes.