ÉCONOMIE k Les retombées économiques des domaines skiables de Rhône-Alpes Savoie Mont Blanc/Raïh Une nouvelle étude révèle que les retombées économiques du ski sont encore plus importantes qu'on le pensait. Pour 1 dépensé en forfait, les clients venus pour le ski dépensent 7 en moyenne en station. En effet, si le chiffre d affaires des opérateurs de domaines skiables est facile à suivre, il ne représente qu une partie de la dépense globale des partants aux sports d hiver. La consolidation des données au niveau d une région est par conséquent encore plus délicate. C est pourtant essentiel pour la gouvernance des communes-supports de stations de sports d hiver et pour l évaluation des retombées économiques du ski. Partant de ce constat, Domaines Skiables de France, Rhône Alpes Tourisme, Savoie Mont Blanc Tourisme, Atout France (Maître d ouvrage de l étude) et la Caisse des Dépôts se sont rapprochés pour mesurer et analyser l'activité induite par le ski en Rhône-Alpes. Ce travail avait déjà été réalisé, dans un cadre différent, pour les stations des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées Atlantiques, et pour la station des Arcs. Savoie Mont Blanc/Raïh DSF n 32 9
m ÉCONOMIE L étude L étude ne prend en compte que les dépenses des skieurs et de leurs accompagnants dans la station. Elle n intègre pas les dépenses hors station (p. ex. transport), ni les dépenses des professionnels et populations locales, ni les dépenses des personnes présentes en station dès lors qu elles ne seraient elles-mêmes pas des skieurs ou des accompagnants de skieurs, ni enfin les dépenses liées à d autres périodes touristiques que l hiver. Cette étude minore donc le poids réel de l économie des stations et ne prend en compte que l'économie induite par la présence du domaine skiable. 4 954 enquêtes, en français, anglais, hollandais, ont été réalisées dans 17 stations : Les Arcs/Peisey, La Plagne, Val Thorens, Val d Isère, Tignes, les Karellis, Valloire, Val Cenis, Avoriaz, Châtel, Morzine, Chamonix, La Clusaz, L Alpe d Huez, les Deux Alpes, Chamrousse, Chalmazel. 4 052 enquêtes ont été conservées après nettoyage des bases de données. Il n y a pas eu de redressement des enquêtes au plan individuel. En revanche des ratios ont été établis par type de station et par massif. À partir de ces ratios, les résultats ont été extrapolés aux massifs. Le questionnaire s adressait aux skieurs et non skieurs (marginal) et était administré à la fin de leur séjour pour qu ils puissent évaluer l intégralité de leurs dépenses. Les principales conclusions de l enquête Les retombées économiques du ski dans la région Rhône-Alpes. Les skieurs et leurs accompagnants génèrent 6,5 milliards de dépenses dans les stations de montagne de la région Rhône-Alpes (Isère 11 %, Savoie 60 % et Haute-Savoie 29 %). Ce montant est dépensé par la clientèle séjournante à 97 %. Le poids du forfait de ski dans cette dépense totale est de 14 %. 65 % des dépenses sont concentrées dans les plus grandes stations (c est-à-dire celles dont les recettes billetterie de forfait sont supérieures à 25 M ), 20 % dans les stations moyennes (recettes billetteries RM comprises entre 10 et 25 M ) et 16 % dans les autres stations. Interview pierre lestas, Président de Domaines Skiables de France Plus qu une économie, le ski est depuis bien longtemps un art de vivre. Le ski alpin enchante, fascine et envoûte et l on ne peut pas expliquer pourquoi. Sa magie est partout : dans les paysages comme dans les sensations que procurent la pratique de ce sport irremplaçable. Et, chaque année, cette magie est au rendez-vous dès que l hiver est de retour. C est à la base de notre économie et, à bien y regarder, le rêve opère toujours. Une des raisons pour laquelle notre secteur résiste si bien à la crise. Mais ayons toujours à l esprit que la magie peut échouer, parfois. Les magiciens disent alors que les conditions n étaient pas réunies. Pour éviter de devoir un jour brandir, nous aussi, cette excuse, je me dis qu il faut consacrer sans relâche toute notre énergie à défendre nos spécificités et à lutter contre les clichés qui prospèrent sur notre activité. Calcul des retombées économiques du ski pour l ensemble des stations de Rhône-Alpes Volume journées-skieurs (JS) 38 155 121 Taux de séjournants 90,60 % Nombre de JS séjournants 34 568 231 Taux de transformation 71,65 % Taux de non-skieurs 8,06 % Volume de nuitées skieurs 48 244 538 Volume de nuitées non-skieurs 3 888 188 Volume de nuitées totales 52 132 716 Taux d excursionnistes 9,40 % Volume JS excursionnistes 3 586 890 Taux de non-skieurs 3,20 % Journées excursionnistes 3 701 752 Dépense moyenne CA TOTAL RHÔNE-ALPES CA des RM RHÔNE-ALPES 117 e 6 547 480 765 e 931 887 650 e COEF. Multiplicateur du CA des RM 7,03 La fréquentation totale induite par le domaine skiable est la somme des nuitées skieurs, des nuitées non-skieurs absolus et des excursionnistes. Sur cette fréquentation totale, le taux d accompagnant par des non-skieurs est de 8 % en moyenne. C est-à-dire que, en moyenne, la fréquentation induite par les domaines skiables est une population de skieurs (relatifs ou absolus) à 92 %. 10 DSF n 32
pour 1 dépensé en forfait, 6 supplémentaires sont dépensés par le client en station, soit au total 7 dépensés La répartition des postes de dépenses hors package Nourriture : 15 % Le ski est l élément central de l économie des stations. Cette étude le confirme avec un résultat clair : les dépenses en station induites par le domaine skiable sont 7,03 fois supérieures aux dépenses de forfait. À noter que ces dépenses varient selon la taille des stations, la dépense additionnelle étant 12 % plus importante en grande station qu en petite station. Les dépenses en activités complémentaires (ou de diversification) représentent une faible part de la consommation. Il est évident que les clients viennent d'abord pour le ski. Les dépenses selon l origine des clientèles Forfait RM : 16 % Logement : 29 % Déjeuner : 6 % Dîner : 5 % Location de skis : 5 % Bars : 4 % Cours de ski : 2 % Vêtements/Matériel : 2 % Transfert : 1 % Les clientèles internationales pèsent pour 34 % du total des dépenses en Rhône-Alpes en stations. Le client français en séjour génère en moyenne 108 par nuit, le client international 136,5, soit 26,3 % en plus. Le client anglais 152, le belge 124. Postes non identifiés : 15 % La ventilation des dépenses n est connue que pour les clients n ayant pas acheté un package, c est-à-dire pour 57 % des clients. Pour eux, la part du forfait dans les dépenses n est pas de 14 % mais de 16 %. La dépense moyenne Tout type de clientèle confondue, la dépense moyenne est de 117 par jour par personne. Cette dépense est plus forte pour les clients en package que pour ceux hors package. Naturellement, les excursionnistes ont une dépense moyenne bien inférieure aux séjournants. DSF n 32 11
Interview Gérard Octroy, Responsable de l Observatoire régional du Tourisme de la Région Rhône-Alpes Cette étude a confirmé le poids de la montagne dans le tourisme rhônalpin. Elle reste l endroit le plus fréquenté hiver comme été. Un des compléments intéressant concerne la clientèle étrangère. Nous avons ici une appréciation plus précise de ce que nous savions empiriquement : l impact de la clientèle étrangère est très important et se retrouve sur les produits haut de gamme et les grandes stations, en particulier pour les visiteurs venus de pays hors zone de montagne ou des marchés lointains. Très clairement, ils viennent chercher du grand ski et de l art de vivre. L autre surprise est le faible poids des excursionnistes. C est évident qu à terme, nous devons analyser de manière plus précise cette clientèle, sachant que c est la plus difficile à cerner dans sa composition, ses choix et ses dépenses. C est la première fois que nous avons une enquête sur ce sujet avec un niveau de détail élevé sur les stations. Cette première photographie, née de la volonté commune des partenaires, devra être renouvelée à moyen terme avec, pour objectif, de dégager des tendances 12 Les profils des clients interrogés TYPOLOGIE DES CLIENTS INTERROGÉS SUR : % Hommes 59 % 52 % 53 % Les typologies Homme/Femme et âge sont plutôt homogènes selon la taille % Âge des stations. Seul le niveau de revenu est - de 25 ans 15 % 8 % 17 % discriminant pour les petites stations. de 25 à 34 ans 30 % 23 % 23 % Les grandes stations se caractérisent par un fort déséquilibre hommes/femmes, de 35 à 44 ans 28 % 32 % 28 % des revenus élevés et une clientèle jeune, 45 ans et plus 27 % 38 % 33 % entre 25 et 34 ans. % Revenus* Les 25/44 ans aux revenus supérieurs à 3 000 euros sont plus présents dans les - de 1 500 11 % 6 % 20 % stations moyennes. de 1 500 à 3 000 30 % 26 % 42 % Les jeunes aux revenus modérés ont de 3 000 à 6 000 40 % 53 % 31 % davantage tendance à fréquenter les petites stations. 6 000 et plus 19 % 16 % 7 % *revenus nets mensuels par foyer Interview Jean BERTHIER, Délégué Montagne ATOUT FRANCE Plus que jamais, le tourisme de montagne a besoin de données pour décrypter ses enjeux économiques et optimiser ses potentiels de développement. Atout France en partenariat NATIONALITÉS avec Domaines INTERROGÉES Skiables SUR de : France, la Caisse des Dépôts, Rhône-Alpes Tourisme et Savoie Mont-Blanc Tourisme ont ainsi souhaité évaluer le chiffre d affaires généré par les domaines skiables des stations de sports d hiver de la région Rhône-Alpes. Cette étude confiée au cabinet Contours actualise les éléments chiffrés en termes de dépenses générées, elle met également % Français en valeur l'impact 53 du % ski dans l'économie touristique 74 % régionale en analysant 79 % la structure des dépenses selon les massifs, la typologie des stations et les profils clientèles. Les résultats complets sont en cours Origine en % d'extrapolation et viendront enrichir le prochain Panorama de la Montagne d'atout France consacré à l'emploi et aux retombées Ile France 17 % 19 % 17 % économiques dont l'édition est programmée au deuxième trimestre 2013. Une telle étude a vocation à être reconduite régulièrement et à se déployer également sur les autres Rhône-Alpes massifs. 9 % 13 % 26 % Est 6 % 12 % 8 % DSF n 32 Centre/Ouest 8 % 15 % 11 %
de 3 000 à 6 000 6 000 et plus 40 % 53 % 31 % 19 % 16 % 7 % *revenus nets mensuels par foyer ÉCONOMIE k % Français Origine en % Ile de France Rhône-Alpes Est Centre/Ouest Nord Sud PACA/Corse % Étrangers Royaume Uni Belgique Pays-Bas Suisse Autres pays NATIONALITÉS INTERROGÉES SUR : 9 % 17 % % 6 % 12 % 8 % 8 % 15 % 11 % 6 % 9 % 9 % 3 % 3 % 6 % 4 % 2 % 3 % 19 % 9 % 2 % 10 % 8 % 10 % 6 % 3 % 6 % 2 % 3 % 1 % 53 % 74 % 79 % 10 % 3 % 4 % 19 % 17 % 13 % 26 % Note : Le Cabinet Contours confirme que les chiffres issus de l enquête (4 000 questionnaires) sont semblables à ceux menés sur un échantillon beaucoup plus large (80 000). Le cas des exploitations structurellement déficitaires Ou comment générer 7 millions d d activité avec seulement 100 000. Si nous prenons l exemple d un domaine skiable qui réaliserait 1 million d euros de recettes billetterie et qui présenterait un déficit annuel de 10 %, soit 100 000. Dans ce cas, la collectivité comble généralement le déficit pour soutenir l activité du domaine skiable. Dans le même temps, les retombées économiques du domaine skiable sont de 7 millions d. Ainsi, en apportant 100 000 chaque année, la collectivité rend possible l activité économique et l emploi à hauteur de 7 millions d sur le territoire. L exemple des Pyrénées Les retombées économiques des stations de ski alpin des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées Atlantiques. Réalisée pendant l hiver 2010, une étude commandée par N Py sur les départements des Pyrénées Atlantiques et des Hautes-Pyrénées a donné des résultats très utiles. Pour Christine Massoure, Directrice générale de N Py, la surprise majeure est venue du coefficient multiplicateur qui a démontré que sans domaine skiable, c est toute l économie des stations qui stagnait. Aujourd hui, nous assistons à un fort développement des investissements de bien-être, c est le résultat de la vitalité des domaines skiables. Cette enquête a permis de changer le regard des politiques, des financiers et des populations locales qui se sont emparés de ces conclusions pour faire bouger les lignes et mettre en place des stratégies plus globales. Retombées économiques et coefficient multiplicateur hautes-pyrénées Pyrénées atlantiques 1 journée-skieur produit En nuitées 1,71 1,34 Pour une dépense par nuit de 93 E 89 E Soit 159 E 119 E Avec un coefficient multiplicateur RM de : 7 6 La dépense RM est de : 22,71 E 19,83 E DSF n 32 13