Lire l image Observer l'image comme un objet, permet d'en décrire la géométrie. A. Le cadre L'image inscrit le réel dans un cadre plus ou moins souligné rectangulaire, carré, losangé, ovale, circulaire. Lorsque le cadre est souligné, on parle de bordure. Le cadre a pour fonction de cerner une part de la réalité. Celui qui crée une image opère donc un choix. Ce choix détermine un certain nombre d'interprétations. Parfois, surprenantes. Ce cadre peut être manifesté par le dessin d'une bordure qui annonce explicitement que l'image est une portion de la réalité. La bordure atténue ainsi l'effet de réel. Mais le cadrage d une image permet aussi de faire dire à une photo le contraire de ce qu elle signifie. Les Américains (New York Sun du 13 octobre 1938) ont recadré une photo et ont ajouté la légende suivante : «Forcée de faire le salut nazi à l entrée des troupes allemandes dans Eger, cette femme pleure d avoir perdu son statut de citoyenne tchèque.» Lire l image 1
En réalité, voici la photo originale qui montre les habitants d Eger acclamant Hitler en visite et pleurant de bonheur à l idée d être de nouveau Allemands. B. Les lignes de fuite Dans la perspective classique, elles peuvent être tracées dans l'image ou virtuellement reconstituées en prolongeant les segments ou les directions indiquées. Elles déterminent le point de fuite, même s'il se situe hors de l'espace de représentation. L'espace sera ainsi ouvert ou fermé. Voici deux tableaux illustrant de façon classique l'utilisation des «lois» de la perspective classique telle que l'ont mise au point les peintres italiens de la Renaissance et leurs successeurs. La Cène, Léonard de Vinci Ce schéma montre comment les lignes de fuite convergent vers le personnage central. Lire l image 2
L'ensemble des lignes de ces tableaux convergent vers un point de fuite situé dans le cadre (perspective fermée) ou hors du cadre (perspective ouverte) Dans ce tableau, la perspective est fermée au centre et ouverte sur la droite, conduisant le regard vers un hors-cadre. C. Le centre géométrique Perspective ouverte Le point à l intersection des deux diagonales. D. Les masses Des surfaces sont définies par les contours des formes en fonction des couleurs et du rapport des ombres et de la lumière. Le dessin est dit figuratif (quand il s'attache à représenter des objets ou des personnes), non figuratif ou abstrait dans le cas contraire. E. Les aspects morphologiques L'image se présente dans une échelle des plans Cette échelle fait apparaître une variété de cadrages qui apportent leur lot d informations : lieu, action, expressions du sujet. Un plan d ensemble ou général situe le sujet dans son environnement, le message n est pas centré sur le sujet. Il est essentiellement descriptif. Lire l image 3
Dans un plan moyen, le sujet occupe la majeure partie du cadre. Décor et personnage se confondent. Le plan américain, sujet coupé aux genoux, correspond à la vision qu un être humain a de son interlocuteur s il était en conversation avec celui-ci. Le plan rapproché, cadré au-dessus de la poitrine, permet de distinguer les expressions du visage. Le gros plan se focalise sur une partie du sujet (main, visage, ), il attire fortement notre attention sur le détail. Le très gros plan, plus serré que le gros plan, joue sur l émotion. Lire l image 4
L image se présente aussi selon un certain point de vue (frontal, plongée, contreplongée). Lorsque l'oeil se trouve plus haut que le sujet, on parle de prise de vue en plongée Lorsque l'oeil se trouve plus bas que le sujet, on parle de prise de vue en contre-plongée L image offre, en outre, une certaine profondeur de champ qui permet de mettre en évidence l avant-plan ou l arrière-plan. Avant-plan Arrière-plan Les lignes verticales et horizontales qui séparent l'image en tiers sont les lignes de force de cette image et les intersections entre ces lignes sont les points forts de l'image. Ce sont ces lignes et ces points qui créent l'ossature de l'image et guident le regard. Lire l image 5
F. L'image-signe Une image est toujours polysémique (elle peut avoir plusieurs sens). Il faut donc apprendre à décoder les images et être conscient des différents codes utilisés. Repérage des codes sociaux Toute image a été réalisée dans certaines conditions socio-économiques, elle en porte les traces. Exploration des connotations Polysémique, l'image offre, au delà du sens dénoté, un vaste champ de connotations qui dépendent, d'une part du lecteur, de sa mémoire, de sa culture, de sa pratique sociale, de son inconscient, de son imaginaire. Les significations dénotées sont répertoriées dans les dictionnaires et sont théoriquement communes à tous ceux qui partagent la même langue. Exemple : La plage : endroit plat et bas d'un rivage où les vagues déferlent, et qui est constitué de débris minéraux plus ou moins fins (limon, sable, galets). Les significations connotées, elles font écho en notre imaginaire et réveillent des notions qui nous sont propres ou que nous partageons avec d'autres locuteurs sans que le lien entre le signe et les notions évoquées en nous aient un caractère obligatoire. La plage peut évoquer le salut (pour un naufragé), les vacances, le soleil, l'amour, les bonnes affaires (un marchand ambulant), une plaine de jeux... Lire l image 6
La dénotation, c est la description «neutre et objective». La connotation, c est l interprétation de ce qui est suggéré. Références culturelles et symboliques Il s'agit de reconnaître les codes gestuels propres à une culture : codes techniques et ornementaux du corps (vêtement,...) et de l'espace (architecture,...); les codes symboliques (emblèmes,...), typographiques et les signalisations (code de la route,...). Rhétorique des signes L'image, même fixe, peut suggérer, voire créer le mouvement. Les messages iconiques sont disposés selon des figures telles que métaphore, la ceinture devient les bras des membres de la famille personnification, le parapluie devient chauve-souris Lire l image 7
antithèse, parallélisme, mise en abyme Lire l image 8