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le magazine des sciences et des technologies d altran janvier - MARS 2013 #23 In the know Des octets qui valent de l or p. 8 in the labs Intégrer la diversité : la clé de l innovation p. 6 > Corinne Jouanny, Altran Pr[i]me In the loop En bonne intelligence p. 12 altran.com/fr

le magazine des sciences et des technologies d altran In the know > Corinne Jouanny, Altran Pr[i]me altran.com/fr In the loop 02 Contents & ContrIButors janvier - MarS 2013 #23 Des octets qui valent de l or p. 8 in the labs Intégrer la diversité : la clé de l innovation p. 6 En bonne intelligence p. 12 96, avenue Charles de Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine France www.altran.com altitude@altran.com Altitude n 23 Directeur de la publication : Philippe Salle Directeur éditorial : Frédéric Fougerat Rédactrice en chef : Kaling Chan Rédaction : Denis Baudier, Martin Bellet, Louis-Antoine Mallen, Pierre Michaud, Gilmar Sequeira-Martins Contributeurs : Miguel Arjona Villanueva, Florence Barré, Emilie Bartier, Anisha Damodaran, Thomas Duperret, Julien Esposito, Léa Kim, Christian Le Liepvre, Adrien Lerquet, Clara Lorentz, Michaël Mardyks, Debbie Mayhew, Susanne Merbold, Nathalie Pichery, Pascal Poublan, Alex Prompsy, Markus Ross, François Verez, Yannick Waller Conception et mise en page : 01 77 45 86 86 Responsable d édition : Martin Bellet Directeur artistique : David Corvaisier Mise en page : Marion Stepien Relecture : Alexandra Roy Crédit couverture : Marc Bertrand En photo sur la couverture : Corinne Jouanny, Directrice d Altran Pr[i]me Production : Sylvie Esquer Impression : Design Color Dépôt légal : Janvier-mars 2013 issn : 1767-9974 Altitude (Paris 2003) D.R. Edito par Michael BlICkle Directeur général adjoint en charge de l Europe du Nord Devenir un partenaire stratégique Altran a des talents extraordinaires, hautement qualifiés, capables de s adapter à des situations très différentes et animés d une forte volonté d entreprendre. Cet atout majeur va permettre au groupe de concrétiser trois priorités. D abord, augmenter la visibilité de sa marque, en particulier en Allemagne. Devenir un acteur plus important sur le premier marché de l ingénierie dans le monde bénéficiera à l ensemble d Altran. La deuxième priorité, la création de centres de compétences, permettra de combiner compétences et agilité pour satisfaire des demandes transnationales. La troisième priorité est de transformer notre approche des clients, car nous nous situons encore trop en aval par rapport à leurs demandes. Le Groupe sait réagir vite et fournir des prestations de haute qualité. À l avenir, il doit apprendre à sortir du cercle des besoins exprimés pour analyser le métier, la stratégie et le planning du client. Les équipes auront ainsi plus d informations mais aussi de temps pour proposer des solutions plus adaptées et plus efficaces. Altran multipliera ainsi ses chances de devenir un partenaire stratégique sur le long terme. allemagne COMMUNICATION Altran sponsorise un portail en ligne dédié aux questions sur le développement durable : «Wiwo Green Online» lancé par Wirtschafts Woche (Wiwo), un magazine économique allemand très populaire. Ce nouveau portail est destiné à préparer le public à une économie verte, grâce à des sujets couvrant les dernières actualités dans les domaines des énergies renouvelables et de l efficacité énergétique. altitude # 23

Contents & ContrIButors 03 suisse VISITe inde INAUGURATION En décembre 2012, Sanjay Kumar, directeur général d Altran India, a inauguré son nouveau siège à Bangalore, en présence de Philippe Salle, PDG d Altran. Plus de 260 collaborateurs partagent actuellement des bureaux de 32 111 m². Ces effectifs devraient passer à 400 collaborateurs d ici à la fin 2013. http://www.altran.co.in Le 21 novembre 2012, le hangar de Solar Impulse, à Payern, a ouvert ses portes pour la première fois à des étudiants venus d Allemagne, de France et d Italie, dans le cadre d une visite exceptionnelle organisée par Altran. Les collaborateurs du groupe intégrés à l équipe Solar Impulse ont profité de l occasion pour leur faire découvrir les différentes facettes de leur métier. 04 in the air Altran soigne ses poches de perfusion Maco Pharma s est adressée à Altran avec un objectif clair : réduire le coût de revient de ses poches de perfusion. Gestion de l énergie : vers un réseau intelligent Dans le futur, un réseau intelligent sera capable de proposer à ses utilisateurs de gérer leur consommation d électricité locale. 06 In the labs Intégrer la diversité : la clé d une innovation réussie Innover avec succès demande aujourd hui une approche plus globale de la conception, axée sur l intégration de la diversité de pensée. La maîtrise de cette démarche est l une des forces d Altran Pr[i]me. 08 in the know Des octets qui valent de l or Avec l avènement du numérique, la protection des données qui circulent sur les réseaux est devenue cruciale. Pour assurer leur sécurité, des réflexes simples côtoient des méthodes complexes. Particuliers, entreprises, États : tous sont concernés par ce nouvel enjeu de société. 12 in the loop En bonne intelligence Dans le cadre du programme international SKA, qui a pour objectif de construire, dans les quinze ans à venir, un radiotélescope extrêmement puissant, l université de Cambridge fait appel aux experts de Cambridge Consultants pour passer des prototypes à la production en grande série. 14 in the world France : partager l innovation Altran intervient depuis de nombreuses années auprès des plus grands acteurs de la banque, de la finance et de l assurance. Le Groupe est aujourd hui un partenaire incontournable de ce marché. # 23 altitude

04 in the air 9 000 Avions dans le monde devraient être équipés de dispositifs de divertissement sans fil d ici à 2021. (Source : IMS) 3 879 032 C est le coût total du projet européen ECOSHELL auquel participe Altran Research. Il vise à développer des modèles de voitures électriques ultralégères, utilisant des matériaux bio-composites à faible empreinte environnementale. Trou de la couche d ozone, le 22 septembre 2012. La taille moyenne du trou de la couche d ozone n a été que de 17,9 millions de km² pour la période de septembre-octobre 2012, la seconde plus petite mesure enregistrée par la NASA depuis vingt ans. Le pic annuel a été atteint le 22 septembre (voir photo ci-dessus), avec une superficie 21,2 millions de km². Paradoxalement, c est le réchauffement climatique qui est la cause de cette diminution. 14 000 lampes servant à éclairer les rues du quartier de Westminster, à Londres, vont être remplacées par des éclairages intelligents contrôlables par ipad. santé Altran soigne les poches de perfusion Q uand la société française Maco Pharma décide de s adresser à Altran en mai 2011, son objectif est clair : réduire de façon drastique le coût de revient industriel de ses poches de perfusion pour faire face à une forte attaque du marché sur les prix. «Pour atteindre un résultat probant, jouer sur le prix d achat des composants, même avec un resourcing des fournisseurs, ne peut suffire. Il faut y associer une re-conception du produit et de l outil de fabrication», explique Rithy Tep, responsable des offres de performance économique et achats chez Acsience par Altran. Un challenge relevé avec succès par Maco Pharma en s appuyant sur l offre «Design to Cost», fruit de l association des équipes Altran Pr[i]me et Acsience. «L approche de re-conception innovante que nous développons, associée aux méthodes d analyse des coûts d Acsience, permet d identifier les leviers d optimisation du coût de revient industriel dès l amont du projet», explique Christian énergie Halconruy, responsable de la practice d ingénierie des systèmes chez Altran Pr[i]me. Grâce à son savoir-faire en matière de design, Altran Pr[i]me ne s est pas contenté de réduire le prix de fabrication des poches, mais a aussi ajouté de la valeur à ce produit, en améliorant notamment leur forme, la préhension ou encore la lisibilité des informations présentes sur celles-ci. Une expérience concluante pour Maco Pharma, qui a décidé de confier un nouveau projet à Altran. Le panneau solaire transparent, une révolution énergétique Placé sur un écran de téléphone portable ou sur les velux d une maison, le film photovoltaïque souple et transparent mis au point par la société française Wysips pourrait bien devenir la norme d un monde en pleine conversion à l énergie verte. Bien que le rendement proposé soit assez faible 100 watts par m², soit 30 % de moins qu un panneau solaire classique, cette technologie permet notamment d augmenter l autonomie et d améliorer le confort d utilisation d un téléphone portable. Épais de 0,1 mm, ce film ne perturbe pas les fonctions tactiles de l écran. À terme, les fenêtres de voiture, les écrans d ordinateur et même les vêtements pourront se transformer en petite centrale solaire. Maco Pharma altitude # 23

in the air 05 ÉNERGie L hydrogène au service des énergies vertes L e point faible des énergies renouvelables, comme l éolien ou le solaire, est connu : la quantité de courant qu elles produisent est fonction des conditions climatiques. Afin de ne pas perdre le surplus d énergie produit et de pouvoir le réinjecter dans le réseau en cas de hausse de la demande, plusieurs acteurs européens de l énergie ont décidé d utiliser les propriétés de l hydrogène pour stocker cette électricité. C est le cas du champion allemand de l énergie E.ON, qui a commencé les travaux d un site pilote pour le stockage de l hydrogène sous forme gazeuse. À terme, il envisage d utiliser ce procédé pour stocker des volumes importants. En Corse, un projet similaire, appelé Myrte, est déjà en cours d expérimentation. Une partie de l électricité produite par les 3700 m² de panneaux solaires du site est convertie en hydrogène, et l énergie est ensuite restituée via une pile à combustible lors des périodes de creux. Seul bémol au stockage gazeux, son rendement de l ordre de 35 à 45 % est assez faible. Quant au stockage sous forme liquide, il nécessite une installation complexe puisque l hydrogène doit être porté à - 252,8 C. La solution pourrait peut-être venir du stockage sous forme solide : la société McPhy Energy propose, en effet, un processus qui a déjà séduit deux entreprises, italienne et japonaise. MYRTE smart grid Gestion de l énergie : vers un réseau intelligent À l occasion du dernier salon Pollutec, en novembre 2012, dédié aux technologies et services de l environnement, Altran a présenté son expertise en matière d efficacité énergétique et de production locale d énergie. «Ce concept est en développement, en particulier dans l Europe du Nord, et suit la tendance de valorisation de ses ressources, explique Renaud Delmas, chargé du marché de l énergie chez Altran. Avec la montée en puissance de l éolien, du solaire et de la biomasse, la production locale d énergie s étoffe. Il importe de gérer les pointes et les déficits de cette production intermittente pour équilibrer l offre par rapport à la demande.» Ce réseau intelligent sera capable dans le futur de proposer à ses utilisateurs de gérer cette consommation d électricité locale avec, à la clé, un gain sur leur facture. Online Équipé d une prothèse de jambe robotisée, un Américain est parvenu à monter à pied les 103 étages de la tour Willis. Les mouvements de la jambe sont commandés par le cerveau via les terminaisons nerveuses des muscles de sa cuisse. Le rover Curiosity PARCOURT le sol martien et analyse l air et la terre sous ses roues depuis le début du mois d août 2012. Un montage photo réalisé grâce aux images transmises par ses caméras permet de voir Mars à 360 autour du rover. Google Street View ne se limite plus aux rues des grandes villes, et permet désormais de partir à la découverte des mers. Plongez dans la grande barrière de corail sans mettre un pied dans l eau! # 23 altitude

06 in the labs PROCESS Innover avec succès demande aujourd hui une approche plus globale de la conception, axée sur l intégration de la diversité de pensée. La maîtrise de cette démarche est l une des forces d Altran Pr[i]me, spécialiste du management de l innovation et du «DeSIGn Thinking». Intégrer la diversité : la clé Ne pas laisser d angle mort Les entreprises industrielles peinent à instaurer cette approche globale, faute de prise de conscience, de temps ou de compétences internes suffisantes. La force d Altran est de savoir intégrer ces trois ingrédients faisabilité, désirabilité, viabilité pour en faire bénéficier ses clients dans le cadre d un projet de cod une innovation réussie Pour être réussi, un produit ou un service novateur doit conjuguer trois qualités essentielles : être faisable (d un point de vue technique), être désirable (c est-à-dire utile, ergonomique, beau, source de fierté ), et enfin être viable (économiquement rentable pour le constructeur, et placé sur un créneau porteur). «Dans un marché mondialisé et saturé, toute entreprise est condamnée à innover pour croître et assurer sa pérennité, rappelle Corinne Jouanny, Directrice d Altran Pr[i]me, l entité d Altran spécialisée dans le management de l innovation. Mais devant l évolution sans cesse plus rapide des besoins et des contraintes, l entreprise créatrice se voit aujourd hui obligée d innover différemment. La seule avancée technologique ne suffit plus ; l innovation doit, en effet, répondre à un ensemble de plus en plus complexe de contraintes sur de nouvelles chaînes de valeur, aussi bien technico-économiques que sociales, sociétales, environnementales voire émotionnelles.» Oublier ce principe du «Goto-Market» peut s avérer fatal : la société Kodak, pionnier de la photographie, n a pas su prendre le virage du numérique et a aujourd hui disparu. création ou de co-innovation. «C est un véritable savoir-faire, mélange d outils, de méthodes et de process qu Altran a développés au fil du temps et réunis dans une démarche basée sur le Design Thinking», explique Corinne Jouanny. L élément clé est la constitution d équipes pluridisciplinaires à même d assurer cette triple intégration. La diversité en est le maître mot : diversité des compétences, de l expérience, de l âge, du genre (masculin/ féminin), de la culture, etc. Seule cette grande variété de profils permet à une équipe de couvrir toutes les facettes de l innovation, aussi bien les traditionnelles (fonctionnalités, coût, marketing ) que les inhabituelles (perception, plaisir ), l objectif étant de ne laisser aucun angle mort à la réflexion. «Nos clients et partenaires sont parfois surpris lorsque nous 1982 Aviation : Altran développe plusieurs fonctionnalités essentielles de l Airbus A320, notamment le traitement et la visualisation des données dans le cockpit. 1989 Automobile : Altran rend les véhicules électriques plus intelligents (information sur l autonomie restante, contrôle du chauffage, coupure du courant en cas d impact violent ). 1995 Transports en commun : Altran développe les systèmes de positionnement et de pilotage automatique pour les arrêts en station du métro Meteor. Espace : Altran développe le système de contrôle d attitude du lanceur Ariane 5. 2003 Altran rejoint Solar Impulse, un projet fortement multidisciplinaire vers une aviation sans carburants fossiles. altitude # 23

in the labs 07 TECHNOLOGIE Faisabilité? DESIGN FONCTIONNEL proposons l intégration de compétences et de profils atypiques, mais les résultats en termes de créativité et de pertinence sont toujours au rendez-vous, souligne-t-elle. Il s agit de tout mettre en œuvre pour penser différemment.» Comme, par exemple, intégrer un jeune testeur de jeux vidéo à une équipe de financiers et d experts en systèmes embarqués pour développer une nouvelle plate-forme de trading ; associer des designers et des spécialistes de l automobile à des experts aéronautiques pour concevoir un système avionique innovant ; ou encore joindre un ethnologue et un environnementaliste à un groupe chargé d imaginer un nouveau service bancaire plus éco-responsable. Mobiliser les talents au bon moment «Gérer cette diversité constitue en soi une pratique professionnelle novatrice, souvent sous-estimée et parfois perçue comme un risque, ajoute Corinne Jouanny. L approche UTILISATEURS Désirabilité? EXPÉRIENCE DESIGN PROCESS DESIGN ÉMOTIONNEL BUSINESS Viabilité? Les objectifs du Design Thinking Créer de nouvelles expériences qui sont à la fois désirables, économiquement viables et technologiquement réalisables. Design Thinking mise en œuvre par Altran sur ses projets de co-innovation permet de faire travailler en synergie ces équipes plurielles pour atteindre l équilibre délicat entre désirabilité, faisabilité et viabilité.» Maîtriser la conduite d un programme d innovation est également capital. Altran agit alors comme un véritable Nos clients et partenaires sont parfois étonnés lorsque nous proposons d intégrer des profils atypiques. metteur en scène, qui saura mobiliser au bon moment les divers talents nécessaires. D autant que le processus menant à l innovation est long : après l analyse de la problématique et de ses contraintes vient la phase de création qui doit en intégrer les multiples facettes, puis celle des cycles de tests et d améliorations, la phase décisive du lancement de l industrialisation, et enfin la mise sur le marché. Le rôle d Altran Pr[i]me est de bâtir la meilleure équipe possible, d instaurer efficacement les méthodes et outils du Design Thinking, et de s assurer, tout au long de ce processus, qu aucune étape ni facette de l innovation ne soit négligée. Antoine Levesque C. de Brosses/lebeaukal.fr Martha Heitzmann Directrice de la recherche et de l innovation du groupe Areva «L INNOVATION : UNE question de confiance, DE liberté ET de dialogue» Quelle est, selon vous, la manière d assurer une innovation réussie? Mener à bien un processus d innovation ressemble beaucoup à l éducation d un enfant : on n est jamais sûr du résultat et la chance y joue un rôle indéniable. De fait, l innovation réussie n est pas tant le fruit d une procédure spécifique que la résultante d une vision à long terme et d un environnement propice conjuguant esprit d écoute, confiance, respect des différences, reconnaissance de la qualité et de la créativité de chacun, etc. Areva possède un grand nombre d experts dans les domaines les plus divers, du nucléaire à la chimie, en passant par les énergies renouvelables, la radiothérapie La culture de l innovation que nous souhaitons instaurer vise à encourager nos collaborateurs à se sentir libres de donner leur avis, même de nonspécialistes. C est de l échange de points de vue différents, voire opposés, que surgissent bien souvent les idées les plus novatrices. En quoi l expérience d Altran vous est-elle utile? Altran nous assiste notamment dans le cadre de nos formations internes «Marie Curie», dont la cible est la population des experts Areva. L objectif de ces sessions est de sortir nos experts de leur zone de confort en les faisant réfléchir en équipe, sur un domaine qu ils ne maîtrisent pas forcément. Un tel challenge les pousse à dialoguer et réfléchir ensemble sur la méthodologie optimale de l innovation, et à dépasser leur pratique quotidienne pour devenir de réelles forces de proposition. insight # 23 altitude

08 in the know Des qui 60 milliards GraphicObsession Le marché mondial de la cybersécurité est estimé à 60 milliards de dollars en 2012. altitude # 23

in the know 09 Sécurité numérique Avec l avènement de l ère du numérique, la protection des données qui circulent sur les réseaux est devenue une problématique critique. Pour assurer leur sécurité, des réflexes simples côtoient des méthodes complexes. Particuliers, entreprises, États : tous sont concernés par ce nouvel enjeu de société. octets valent de l or Protéger ses données La valeur d une entreprise, c est son matériel, ses hommes et ses données. Si les moyens de protéger les deux premiers sont connus depuis longtemps, la dématérialisation d une partie des informations a rendu leur contrôle plus difficile. La meilleure solution pour les sécuriser serait, bien sûr, de ne pas les partager en cloisonnant ses données, mais les réseaux L une des particularités d Altran, c est de devoir protéger non seulement nos données mais également celles qui nous sont confiées par nos clients. La majorité de nos collaborateurs ne travaillant pas forcément dans nos bureaux, nous avons choisi de nous appuyer sur un outil de sensibilisation en ligne pour évaluer leurs connaissances des risques en matière de protection des données numériques et les initier aux bonnes pratiques. Au travers de mises en situation et d un quiz que nous proposons à chaque nouveau consultant, nous leur présentons les principes essentiels de protection de l information. L objectif visé n est pas un apprentissage par cœur des règles mais de générer une prise de conscience des risques et un changement des comportements permettant de les limiter. de communication et les impératifs d efficacité ont rendu cette idée obsolète. Au sein de l entreprise, la sûreté de l information repose donc sur ceux qui ont accès aux données : la confiance faite aux salariés est plus que jamais au cœur de la logique de la sécurité numérique. Souvent sous-évalués, les risques d espionnage industriel ou de simple malveillance n en sont pas moins réels. Afin de les minimiser, les responsables de la sécurité informatique axent principalement leurs efforts sur la prévention et l apprentissage de bonnes pratiques auprès de leurs collègues. La plus élémentaire reste l utilisation d un mot de passe complexe pour son ordinateur, comprenant par exemple des chiffres et des caractères en majuscules. Mot de passe qu il ne faut absolument pas noter dans un endroit visible une recommandation qui semble évidente, mais qui n est pas forcément respectée dans la pratique! Par ailleurs, la montée en puissance des réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo permet aux utilisateurs de livrer malgré eux des informations sur leur entreprise qui peuvent se révéler précieuses pour des concurrents. Insight Sécuriser son identité Pascal Poublan Information Security Manager, Altran D.R. C ommunication instantanée, paiement en ligne, recherche d informations, gestion à distance de systèmes : le numérique continue de révolutionner quotidiennement notre mode de vie. La concurrence sur ce marché très dynamique tend à réduire les coûts, tout en offrant toujours plus de services, mais en parallèle l interconnexion entre ces nouveaux systèmes se complexifie de plus en plus. Il est donc également de plus en plus difficile d exercer un contrôle et une surveillance efficace des données qui transitent sur les réseaux, de savoir qui y a accès et quel usage en est fait. Paradoxalement, pour une activité virtuelle, c est l humain, par sa méconnaissance des risques liés aux outils qu il utilise, qui est généralement le point faible en matière de sécurité numérique. Sensibiliser les collaborateurs Mais les informations professionnelles ne sont pas les seules à faire l objet d attention # 23 altitude

10 in the know Thinkstock par des tiers. Facebook et Google sont régulièrement l objet de polémiques sur l usage des données qu ils recueillent sur leurs utilisateurs. Analyse des habitudes de navigation, récupération de mots clés dans des messages privés et même suivi de vos déplacements : toutes ces informations se monnayent auprès d agences chargées de proposer des contenus publicitaires ciblés, adaptés au comportement de chaque utilisateur. Si ces pratiques restent légales, d autres le sont beaucoup moins. C est le cas de l hameçonnage, ou phishing, une technique qui s appuie sur de faux e-mails et faux sites Internet d organismes de confiance, comme les banques, pour récupérer des mots de passe et même des numéros de carte bancaire. Sur la toile, si la vigilance doit être la règle, il existe cependant des moyens de 1970 Le réseau Echelon voit le jour au début des années 1970. Ce n est qu en 1988 que son existence est découverte. se protéger et de protéger ses données. Le cryptage est désormais à la portée de tous grâce à des logiciels gratuits et simples d usage comme AxCrypt et TrueCrypt, qui permettent de protéger efficacement des envois de données. Dans le futur proche, le corps humain lui-même deviendra la clé de la sécurité, grâce à l utilisation de la biométrie pour valider, par exemple, des transactions en ligne. Un changement amorcé, car l empreinte digitale offre déjà la possibilité de déverrouiller des ordinateurs ou de s authentifier sur des réseaux sécurisés. Vers des cyberguerres? Le décryptage des données contenues dans les messages demande désormais des moyens colossaux, que seuls des États sont capables de déployer. Mais encore faut-il réussir à les capter. Pour y parvenir, les États-Unis, aux côtés du Royaume-Uni, du Canada, de l Australie et de la Nouvelle- Zélande, se sont dotés d un outil capable d intercepter et d analyser les fax, les communications téléphoniques et les e-mails du monde entier. Baptisé réseau Echelon, ce système s appuie sur un réseau de satellites, des stations au sol et même un sousmarin nucléaire. Tous ces moyens semblent cependant bien coûteux à côté de la solution que pourrait avoir choisie la Chine pour espionner ses voi- altitude # 23

in the know 11 La sécurité numérique : UNE question de CONFIANCE «Chez PSA Peugeot Citroën, nous voulons pouvoir compter sur un niveau de sécurité élevé et homogène chez l ensemble de nos fournisseurs, explique Pascal Duverger, chargé des questions de maîtrise de l information à la Direction de la sûreté du Groupe. L innovation contribuant à la valeur concurrentielle de nos produits, le respect de la confidentialité est fondamental dans les phases sensibles des projets. Un enjeu que nous partageons avec nos partenaires. Nous leur demandons, par exemple, de s appuyer sur la norme ISO 27001 pour établir des repères objectifs en matière de sécurité de l information.» (Cf. encadré «Data center sous bonne garde» ci-dessous.) > Michaël Bittan Manager sécurité des systèmes d information, Altran > Henri de la Motte Rouge Avocat au barreau de Paris en droit de la propriété intellectuelle et des nouvelles technologies Aujourd hui, il y a dans les entreprises une crainte primaire d avoir une fuite de confidentialité sur des projets stratégiques ou des informations confidentielles qui leur sont confiées. Le risque en termes d image et l impact financier sont tels que la problématique n est pas prise à la légère. Nous intervenons donc en amont auprès des sociétés pour qu elles puissent mettre en place des processus pour prévenir les risques. Dans le domaine du numérique, le droit est fréquemment utilisé comme une arme anticoncurrentielle. Cette dérive, qui consiste à utiliser les brevets pour gêner ses adversaires, prospère aux États-Unis, où la loi est moins exigeante qu en Europe sur la notion d «invention brevetable». Cette judiciarisation à outrance du secteur de la R&D numérique est nuisible pour l innovation, d autant que le financement des batailles juridiques soustrait du budget à la recherche! sins. Ses deux champions des infrastructures de réseaux, Huawei et ZTE, sont soupçonnés d avoir caché des portes d accès permettant de récupérer les données qui transitent par leurs équipements. Bien qu une étude commanditée par la Maison Blanche n ait pu le démontrer, l Australie, suivie du Canada en octobre 2012, a choisi d exclure les équipementiers chinois de la liste des fournisseurs agréés pour leurs réseaux publics. Inacceptable pour la Chine, qui entretient pourtant une réputation sulfureuse dans le domaine du numérique : de nombreuses cyberattaques seraient parties de ce pays ces dernières années. Dans ce domaine, les Américains et les Israéliens ne sont pas non plus exempts de tout reproche : l origine des attaques contre les installations nucléaires iraniennes par les virus Stuxnet et Flame ne fait guère de doute. La guerre des données ne fait que commencer. > Marc Deheinzelin Sécurité des systèmes d information, Altran Data center sous bonne garde En matière de sécurité numérique, la difficulté, c est de savoir ce qui est normal et ce qui ne l est pas. Le principe de surveillance est donc dépendant de l organisation de l entreprise et de la répartition des rôles pour savoir qui a le droit d accéder à quoi. Les normes ISO nous ont permis de définir des bonnes pratiques au niveau mondial sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. Pour permettre à CORAL (Altran Remote Operations Center), un service de surveillance de data center fonctionnant 24 heures sur 24, tous les jours de l année, d obtenir la norme ISO 27001*, les équipes d Altran Spain ont dû relever de nombreux défis. «Nous avons réalisé une analyse complète des menaces et vulnérabilités du système, puis nous avons mis en place un plan permettant de réduire les risques, entraînant notamment la modification de certaines de nos infrastructures, explique Miguel Arjona Villanueva, directeur de la qualité et de la gestion de la connaissance chez Altran. Désormais, nous proposons à nos clients un service hautement sécurisé de surveillance et maintenance à distance de leurs infrastructures. Ils ont ainsi pu réduire leurs coûts et améliorer la sécurité de leurs données.» * Norme dédiée aux systèmes de gestion de la sécurité de l information. insight # 23 altitude

12 in the loop interview En bonne intelligence L équipe du projet SKA nous a lancé un véritable défi : réussir l industrialisation à moindre coût! > Gary Kemp Directeur du programme SKA, Altran/Cambridge Consultants Nous nous sommes appuyés sur l expertise de Cambridge Consultants afin de disposer d un processus de fabrication optimisé. > D r Andrew Faulkner Ingénieur-Projet SKA, université de Cambridge D.R. Le radiotélescope SKA sera 100 que les instruments actuels. altitude # 23 fois plus sensible

in the loop 13 Dans le cadre du programme international Ska, qui a pour objectif de construire, dans les quinze ans à venir, un radiotélescope extrêmement puissant, l UniverSIté de CaMBrIDGe fait appel aux experts de CaMBrIDGe Consultants pour passer des prototypes à la production en grande série. En quoi consiste le projet SKA? > Andrew Faulkner : Imaginé dans les années 1990, SKA est un concept novateur de radiotélescopes de nouvelle génération. L acronyme SKA Square Kilometre Array, qui donne son nom à ce projet, se réfère à la surface totale d un kilomètre carré sur laquelle seront réparties plusieurs milliers d antennes paraboliques fonctionnant en réseau. Cette immense zone de collecte d information rendra le télescope incroyablement sensible. Afin d éviter les interférences avec les ondes téléphoniques, wifi, radio ce radiotélescope sera construit dans des zones éloignées des populations, sur deux sites isolés en Australie et en Afrique du Sud. Il devrait être pleinement opérationnel vers 2025. Pourquoi avoir fait appel à Cambridge Consultants? > Andrew Faulkner : En 2006, nous nous étions appuyés sur Cambridge Consultants pour savoir dans quelle mesure les antennes électroniques moyennes fréquences que nous avions conçues pourraient être construites en grande série. Cela s était révélé très utile. À présent, nous travaillons sur les antennes basses fréquences, dont 2,5 à 3,5 millions d exemplaires devront être produites pour le projet SKA. Vu l importance des quantités, nous avons décidé en 2011 de faire à nouveau appel à l expertise de Cambridge Consultants, afin qu ils nous aident à concevoir un processus de fabrication optimisé. > Gary Kemp : L équipe d Andrew a commencé par nous lancer un véritable défi : à partir du prototype qu elle avait construit, il s agissait de développer une antenne basses fréquences qui pourrait être fabriquée en très grande série pour un coût le plus bas possible. Nous avons constitué une équipe ad hoc et envisagé différentes solutions. Celle pour laquelle nous avons finalement opté consiste à utiliser du fil d acier cintré, au lieu de feuilles d aluminium comme pour le prototype. Ce choix technique va permettre de réduire considérablement la quantité de métal employé, tout en réduisant le coût de fabrication, et donc celui de chaque parabole, sans concessions aux performances techniques. Comment avez-vous travaillé sur le projet? > Gary Kemp : Pour mettre au point cette antenne industrialisable, nous avons eu de nombreux échanges avec les fabricants et avec l équipe d Andrew. Nous avons proposé des modifications après les avoir évaluées avec les fabricants. L université a ensuite réalisé des simulations informatiques, afin de s assurer que les performances restaient en phase avec les exigences du projet. Où en est l avancement du projet? > Andrew Faulkner : Il avance bien! Plusieurs antennes nous ont été livrées en décembre 2011. Nous les avons testées en 2012, elles fonctionnent comme prévu. L équipe de Cambridge Consultants a également travaillé sur les équipements électroniques, en particulier pour concevoir l amplificateur large bande qui sera associé à chaque antenne. Nous avons combiné avec succès l expertise SKA : un outil pour comprendre notre univers Le radiotélescope SKA permettra de revenir aux origines mêmes de la création de l univers, c est-à-dire à la période durant laquelle les étoiles et les galaxies se sont formées. Mais il servira aussi à étudier les pulsars, ces étoiles très denses et très stables qui se prêtent notamment à une réinterrogation de la théorie de la relativité. Et plus largement, cet équipement amènera certainement les astronomes à capter des signaux inattendus. Ce projet extrêmement ambitieux, d un coût global situé entre 1,5 et 2 milliards d euros, fédère un grand nombre de pays : l Afrique du Sud, l Australie, le Canada, la Chine, la France, l Italie, le Royaume-Uni, la Suède, et bientôt l Allemagne et l Inde. insight technique et scientifique de l université de Cambridge et de Cambridge Consultants pour concevoir un design de niveau international. > Gary Kemp : Là encore, dans le cadre d une boucle d optimisation, nous avons effectué plusieurs allers-retours pour parvenir au meilleur rapport performance/coût. Pour cela, nous avons rencontré très régulièrement l équipe d Andrew, la proximité géographique de nos équipes nous a permis d avoir une collaboration plus fonctionnelle. SKA Organisation / TDP / DRAO / Swinburne Astronomy Productions Nous avons combiné avec succès l expertise technique et scientifique de l université de Cambridge et de Cambridge Consultants. > Andrew Faulkner, Ingénieur-Projet SKA, université de Cambridge # 23 altitude

14 in the world Finance Partager l innovation Altran intervient depuis de nombreuses années auprès des plus grands acteurs des secteurs de la banque, de la finance et de l assurance. Le Groupe se positionne aujourd hui comme un partenaire incontournable de ce marché, reconnu par ses clients grâce à son positionnement unique. Altran met à leur disposition sa capacité d innovation (Design Thinking cf. page 6, créativité, cross-industrialisation ) ainsi que ses expériences et savoir-faire acquis dans d autres secteurs d activité, notamment dans le cadre de projets d industrialisation ou de transformation (efficacité opérationnelle, business process management, business process outsourcing, mise en place de centres de services, externalisation d activités, nearshorisation, offshorisation). En atteste la collaboration variée avec BNP Paribas pour lequel le Groupe déploie, au sein des différentes filiales de ce client, l ensemble de son expertise. Stanislas Chevalet, directeur général adjoint de BNP Paribas Cardif et deux consultants Altran travaillant chez BP2S (BNP Paribas Securities Services) et BNP IRB (International Retail Banking) témoignent. bio 1984 Diplômé de l EM Lyon (École de management et de commerce) 1985 Marine nationale 1986 Intègre le département bancaire de Paribas 1994 Responsable de la division distribution/loisirs de Paribas affaires industrielles 1998 Responsable des achats de Paribas puis de BNP Paribas 2005 Responsable de l efficacité opérationnelle 2007 Rejoint le comité exécutif de BNP Paribas Assurance. Responsable du réseau Cardif et partenaires externes 2009 Responsable du canal Digital & Brokers et de Efficiency Technology Operations Dayan / Andia Stanislas Chevalet, directeur général adjoint BNP Paribas Cardif Altran pourra nous apporter encore plus à l avenir L e métier d assureur est en perpétuelle évolution, mais le rythme des changements s est encore accéléré au cours des dernières années, à la fois sur les plans réglementaire et fiscal mais aussi en raison de l évolution des comportements des clients. Il est donc essentiel pour notre entreprise de conduire des projets de transformation avec méthode et dans un rythme approprié. Altran nous y aide en contribuant à la réflexion amont, puis en mettant à notre disposition des chefs de projet et des consultants pour conduire et exécuter le changement. S appuyant sur une organisation claire, un fort sens du client, Altran fait partie de nos grands fournisseurs de prestations intellectuelles. Et plus nous avançons dans cette relation, plus il apparaît qu il dispose de véritables pépites en termes de savoir-faire ; dont la gestion des données soumises au secret médical, une question très importante pour un assureur. Je suis convaincu qu Altran pourra nous apporter encore plus à l avenir, grâce à ses interventions dans d autres secteurs économiques. altitude # 23

in the world 15 bio Le partage des données est plus facile et plus efficace N ous accompagnons BNP Paribas Securities Services dans une étude portant sur la mise en place d un système de Product Lifecycle Management, ce qui serait une première dans le monde bancaire. Venues de l industrie, où elles ont fait leurs preuves, ces solutions permettent de regrouper toutes les informations relatives à un produit, tout au long de sa vie, dans un seul et même système. Et donc de partager toutes les données qui le concernent plus facilement et plus efficacement entre les différents acteurs de l entreprise. Dans l industrie, le Product Lifecycle Management a ainsi permis de réduire sensiblement le délai de mise sur le marché des produits. C est un enjeu fort pour BNP Securities Services, qui élabore des solutions sur mesure pour ses clients, tout en cherchant au maximum à standardiser ses produits. bio Gilles Lerouley Senior Practice Manager, Product Lifecycle Management (PLM) 1992 Diplôme d ingénieur de l École pour l informatique et les technologies avancées (EPITA) 1992 Ingénieur chez CISI Ingénierie, filiale informatique du CEA 2001 Directeur de projet chez Dassault Data Services 2005 Consultant indépendant 2010 Practice Manager Altran Marc Bertrand René Ribot Consultant senior, Altran CIS 1986 Diplôme d ingénieur Supelec 1986 Ingénieur en développement chez SEMA Group 1992 Responsable d une équipe de développement chez Marconi, en Italie 1996 Manager d une équipe de R&D pour Orange et ABB, au Danemark Depuis 2003 Direction de projet et de programme chez Altran. Consultant senior (en 2007) Aider le client à contractualiser la prestation J ai accompagné BNP Paribas International Retail Banking dans un programme de déploiement d une nouvelle version de leur ERP (Enterprise Ressource Planning) bancaire dans huit de ses filiales, basées sur des marchés émergents (Maghreb et Afrique subsaharienne). Particularité de ce programme : BNP Paribas a fait appel à un intégrateur situé en Inde pour paramétrer et tester le logiciel. Mon premier rôle a été d aider le client à contractualiser la prestation, à définir la relation avec cet intégrateur. Une fois la gouvernance en place et la méthodologie de déploiement construite, le programme a été scindé en huit projets. Pour chacun des projets de déploiement, BNP Paribas a pu capitaliser sur l expérience du projet du pays précédent afin de réduire les coûts, les durées et les risques. Au final, l ERP bancaire a été déployé dans les huit filiales en respectant les délais et le budget. insight Altran FinanCIal ServICes Depuis 2008, Altran dispose d un service dédié aux activités financières. Baptisé Altran Financial Services, il emploie 2 000 collaborateurs et représente 160 millions d euros d activité en 2012. Cette entité accompagne plus de 150 clients dans le secteur de la banque, des services financiers, de l investissement et de l assurance, principalement en France, au Benelux, en Italie, en Espagne et au Portugal. Fort de l expérience du groupe, Altran Financial Services se positionne déjà auprès de ses clients pour les aider à relever le challenge stratégique de cette décennie : réussir l industrialisation et transformation de leurs activités. Marc Bertrand # 23 altitude

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