Recensement des flottes de véhicules à motorisation alternative en Rhône-Alpes Estimation du potentiel de développement SYNTHÈSE DES RÉSULTATS 2014 avec le soutien de
Enquête 2014 Pour la seconde fois depuis 2009, RAEE a lancé en avril 2014 une enquête sur les flottes de véhicules et leur utilisation de carburants ou motorisations alternatifs en Rhône-Alpes. Au 13 novembre 2014, 12 répondants (14 en 2009), dont 10 collectivités, une base de loisirs et une entreprise ont répondu à l enquête 2014. L étude suivante se base exclusivement sur l exploitation des réponses des 10 collectivités, pour des raisons de représentativité statistique. L enquête comportait une description : du parc de véhicules concernés (type de véhicules, type de motorisation, nombre par type, âge, kilométrage, nombre de véhicules renouvelés par an) du mode de remplissage du type de gestion des consommations et les consommations correspondantes du type d entretien et lieu de garage des perspectives et attentes en matière de carburants alternatifs des besoins en matière de formation / information / accompagnement Les carburants alternatifs et renouvelables concernés par l enquête 2014 sont : Electricité / hybride GNV (biogaz) / GPL Les 10 collectivités ayant répondu à l enquête représentent une population d environ 2,1 millions d habitants, soit 33 % du territoire rhônalpin. L enquête a permis de recenser 3 784 véhicules (toutes catégories) (versus 2033 en 2009). Selon les répondants tous prennent en compte des critères environnementaux dans la gestion de leur flotte de véhicules, et cela depuis le début des années 2000. L impulsion est très principalement politique (pour 80 % des répondants), mais aussi réglementaire (60 % des répondants) et financière (30 % des répondants seulement) 1. 1 Ce qui peut s expliquer par la faiblesse relative des incitations financières au moment du questionnaire. 1
ACTIONS ENGAGÉES EN MATIÈRE D ÉCOMOBILITÉ Par ailleurs, l équipement en carburant ou véhicules alternatifs s inscrit systématiquement dans une politique large de soutien et de promotion à l écomobilité en général : En plus d une flotte de véhicules alternatifs, 100% des répondants promeuvent en effet l éco-mobilité et mutualisent les véhicules entre services 80 % des répondants forment leurs conducteurs à l éco-conduite, 70 % ont travaillé à l optimisation de leur flotte, 60 % ont mis en place un plan de déplacement. La location de véhicules est peu répandue parmi les répondants, seuls 20% d entre eux y ont recours. LE PARC DE VÉHICULES RECENSÉS EN RHONE-ALPES EN 2014 Type de véhicule Motorisation Nombre de véhicules % Nombre par catégorie % catégorie Part de véhicules alternatifs Essence 1 010 64,2 % Diesel 238 15,1 % Véhicules légers (voitures) Véhicules utilitaires légers (camionnettes, fourgons...) Poids lourds (tous types : bus, bennes, grues...) Autres types de véhicules (2 roues, véhicules agricoles, quadricycles...) GPL 167 10,6 % GNV 76 4,8 % Electrique 58 3,7 % Hybride (essence ou diesel / électrique) 24 1,5 % Essence 301 20,3 % Diesel 963 64,8 % GPL 73 4,9 % GNV 95 6,4 % Electrique 52 3,5 % Hybride (essence ou diesel / électrique) 2 0,1 % Diesel 435 100 % GNV 1 0 % Essence 97 33,6 % Diesel 87 30,1 % GPL 9 3,1 % GNV 0 0 % Electrique 96 33,2 % 1 573 42 % 21 % 1 486 39 % 15 % 436 12 % 0 % 289 8 % 36 % 2
Les voitures, dominantes dans l échantillon (1 573 véhicules sur les 3 784 véhicules recensés), sont essentiellement des véhicules essence (64,2 % des voitures). Le rapport essence/diesel s est complètement inversé depuis 2009 pour ce type de véhicule, ce qui est notable. Elément également nouveau depuis 2009, on constate l apparition des véhicules électriques et hybrides, qui, à eux deux, représentent environ 5 % des véhicules légers en 2014 (contre seulement 0,3 % dans l enquête 2009). Le pourcentage de véhicules GNV a pour sa part plus que baissé de moitié en proportion (4,1 % en 2014 contre 8,4 % en 2009) avec toutefois une hausse du nombre total de véhicules équipés en GNV en région. Au global, la part des véhicules à motorisation alternative a plus que doublé en 5 ans (275 véhicules légers au total en 2014 contre seulement 97 en 2009), pour atteindre 21% des véhicules légers en 2014, chiffre parfaitement conforme à l obligation réglementaire de la loi LAURE (12,8 % en 2009). Pour les véhicules utilitaires, le diesel continue à dominer (64,8 %), ainsi que pour les poids lourds (presque 100 %). La catégorie «autres» se distingue avec une domination de véhicules essence (33,6 %) et électriques (33,2 %), il s agit essentiellement de 2-roues (motos, scooters, vélos électriques...). PART DES VÉHICULES DE PLUS DE 10 ANS Les poids lourds et les véhicules utilitaires légers l emportent avec 20 % de véhicules (88 poids lourds et 291 VUL au total) de plus de 10 ans, 15 % pour les voitures (232) et 21% pour les autres types de véhicules (62). Ce gisement représente potentiellement celui le plus urgemment concerné par un basculement vers des véhicules alternatifs moins polluants (soit au total 640 véhicules, soit 17 % de l échantillon étudié, même chiffre exactement qu en 2009). AGE MOYEN DE L ECHANTILLON L âge moyen des véhicules est de 6,5 ans pour les voitures, 7,3 ans pour les véhicules utilitaires légers, 9,6 ans pour les poids lourds et 9,8 ans pour les autres véhicules (2 roues essentiellement). Pour les véhicules légers, les chiffres sont pour ainsi dire identiques à ceux constatés en 2009. L âge moyen des poids lourds a sensiblement augmenté depuis 2009 (à l époque le parc de poids lourds avait en moyenne 7,7 ans). La plupart des véhicules légers et lourds ont donc entre 6 et 9 ans. Le fait que les véhicules soient renouvelés sur un pas de temps relativement court reste compatible avec un équipement potentiellement rapide en motorisations alternatives moins polluantes. 3
NOMBRE MOYEN DE VÉHICULES RENOUVELÉS PAR AN Depuis 2009, 792 voitures (ce qui représente 50 % du parc de véhicules légers actuel), 651 VUL (44 % du parc actuel), 52 poids lourds (12 % du parc actuel) et 89 autres véhicules (31% du parc actuel) (en majorité des 2 roues) ont ainsi été renouvelés. Le taux de renouvellement annuel des voitures et véhicules utilitaires légers se situe autour de 9 % du parc. Pour les poids lourds et autres véhicules, les réponses incomplètes ne permettent pas de calculer une moyenne significative. KILOMÉTRAGE ANNUEL MOYEN Le kilométrage annuel moyen des voitures essence reste dans la moyenne habituelle constatée, avec moins de 8 000 km/an (6 873 km/an pour l échantillon, en baisse de 15 % par rapport à 2009). Selon les résultats de cette enquête, les voitures diesel sont par contre beaucoup plus utilisées avec 11 602 km annuels en moyenne (mais avec un kilométrage moyen toutefois très en baisse par rapport à 2009 où les véhicules diesel parcouraient plutôt 20 000 km annuellement. Les voitures électriques roulent en moyenne très peu avec 3 846 km/an, et les véhicules hybrides sont utilisés pour des trajets plus longs : 13 024 km/an. Concernant les utilitaires légers, le kilométrage annuel, aussi bien pour les véhicules essence, diesel que GPL, fluctue autour de 8 500 km/an. À noter que les véhicules utilitaires électriques sont utilisés sur des distances environ moitié plus courtes, avec 4 463 km/an. Pour les poids lourds, la distance annuelle moyenne est très en baisse par rapport à l échantillon de 2009 avec seulement en moyenne 8 155 km/an. En extrapolant l échantillon représentant 33 % de la population rhônalpine, on peut considérer que, a minima, 500 véhicules légers (environ 355 véhicules essences, 85 véhicules diesel et 60 GPL) sont actuellement renouvelés chaque année en moyenne en Rhône-Alpes. Avec les kilométrages moyens recueillis (respectivement 8 000 km/an pour les véhicules essences, 12 000 km/an pour les diesel et 10 000 km/an pour le GPL) on peut estimer à 1 500 tonnes les émissions CO2 potentiellement concernées par un basculement vers un carburant ou une motorisation alternatif (chiffre en tout point identique aux valeurs de 2009). MODE DE REMPLISSAGE Sur l échantillon des 10 flottes : 6 organismes (60 %) possèdent une ou plusieurs stations privées, qu ils utilisent pour l avitaillement partiel des voitures et VUL essence, diesel et électriques. 90 % des flottes utilisent néanmoins aussi des stations-services externes, même si elles sont équipées d une station interne. La carte carburant demeure le moyen de paiement le plus utilisé. 4
CONSOMMATION DE CARBURANTS Pour les véhicules légers, l essence représente 67 % des quantités consommées, le gasoil 21% et le GPL 12 %. Pour les véhicules utilitaires, c est le gasoil qui arrive en tête avec 68 % des quantités de carburant consommées, l essence 28 %, le GPL 6 %. Pour le GNV, les réponses incomplètes ne permettent pas de calculer une moyenne significative. De même, les chiffres ne tiennent pas compte de la consommation des véhicules électriques, qui n est, la plupart du temps, pas récupérable directement par les gestionnaires de flottes. Dans la plupart des cas le suivi des consommations des véhicules alternatifs demeure problématique. ENTRETIEN ET GARAGE DU VÉHICULE 8 répondants sur 10 réalisent l entretien de leurs véhicules en interne, sauf pour certains types de réparation ou de véhicules, pour lesquels les prestations sont externalisées. Le budget «entretien» par véhicule est, au global, de 1 745 TTC/an. Ce chiffre inclut l entretien interne, ainsi que les prestations externes, et est calculé sur la base des estimations fournies par les répondants. La plupart des véhicules est garée sur site, mais une partie des véhicules légers et utilitaires est également garée la nuit au domicile des conducteurs. PRISE EN COMPTE DE L ENVIRONNEMENT DANS LES CAHIERS DES CHARGES La plupart des répondants déclarent prendre en compte des clauses ou mettre en œuvre des critères de sélection des offres prenant en compte l environnement. En matière de spécifications techniques, les pouvoirs adjudicateurs recherchent avant tout des véhicules plus «propres» (véhicules électriques, hybrides, GNV). La plupart d entre eux sont également vigilants à la consommation, à la puissance du véhicule et à ses émissions de CO 2. Ils recherchent une conformité aux normes a minima Euro 5 2. Bruit, performance environnementale des pneumatiques et durée de vie du véhicule sont encore, par contre, peu intégrés. Très nettement devant les autres, c est la consommation du véhicule, suivie des émissions de CO 2 qui permettent avant toute chose de sélectionner et distinguer concrètement les offres entre elles. Puissance et durée de vie ne sont par contre jamais utilisées pour comparer les offres dans l échantillon étudié. En revanche, la monétarisation des émissions et consommations de carburants, pourtant obligatoires en France depuis 2011, manque dans les pratiques actuelles. 2 Depuis le 1er septembre 2014, les nouveaux modèles doivent désormais répondre à la norme EURO 6. 5
PROSPECTIVE En ce qui concerne le degré de maturité des projets d équipement en carburants alternatifs, l échantillon enquêté fait ressortir : En termes d équipement, à la différence de la situation de 2009, les véhicules électriques et/ou hybrides sont actuellement envisagés par la plupart des répondants. Pour l avenir, le GNV, biognv et GNL alimentent les réflexions. En matière de volonté politique, l électricité arrive devant le GNV et l hybride. Les demandes d information dominantes en matière de carburants alternatifs concernent l hydrogène et l hybride, puis viennent le GNV/BioGNV/GNL et HVP à parts égales. Dans le panel des outils visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les véhicules alternatifs représentent une part marginale en comparaison, par exemple, de la réduction des déplacements motorisés ou le développement des transports en commun. Pour autant, ils sont un vecteur très intéressant de lutte contre le changement climatique pour différentes raisons : Ils sont d abord facilement à la portée des actions des collectivités locales. Les investissements et la technicité sont relativement faibles pour entrainer en regard des résultats très significatifs en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C est la raison pour laquelle ils sont doublement intéressants : d abord parce qu ils rendent accessibles aux acteurs publics un engagement concret, à leur portée, de lutte contre le changement climatique. Ensuite, parce qu ils sont également porteurs d une démultiplication très significative auprès du grand public. Comme pour les énergies renouvelables, l équipement par les acteurs publics dans un premier temps a permis une banalisation des équipements et une réduction des coûts les rendant d un seul coup beaucoup plus séduisants et accessibles pour le grand public. Des véhicules publics clairement identifiés comme contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique deviennent ainsi les porte-paroles constants et visibles tous les jours dans les rues de la politique régionale en faveur de la protection de l environnement, incitant les particuliers à s équiper à leur tour. FORMATION ET ACCOMPAGNEMENT TECHNIQUE 60 % des répondants expriment un besoin de formation sur les carburants et véhicules alternatifs. 50 % seraient intéressés par un accompagnement/conseil pour évaluer les capacités d équipement de leurs flottes de véhicules en carburants renouvelables. 6
Liste des répondants 2014 (au 13 novembre) Energie SDED (26) SIEL (42) Ville de Feyzin (69) Communauté Urbaine de Lyon (69) Ville de Lyon (69) Ville de Valence (26) Communauté d Agglomération - Valence Romans Sud Rhône-Alpes (26) Ville de Villeurbanne (69) Bourg-en-Bresse Agglomération (01) Base de loisirs de la Communauté de communes de Montrevel-en-Bresse (01) Ville de Grenoble (38) Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes Contact RAEE : Laurent Cogérino - laurent.cogerino@raee.org Anne Luminet - anne.luminet@raee.org 04 78 37 29 14 - www.raee.org Janvier 2015 raee, Ballard Power Systems, DOE/NREL 7