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Table des matières PREAMBULE 5 L'HISTOIRE DU CHRONOMETRAGE 6 LA MESURE MECANIQUE DU TEMPS 12 LA SUISSE ET LE TEMPS LES VALLEES DE LA MONTRE 20 COMMENT FONCTIONNE UNE MONTRE? 25 LES COMPLICATIONS 28 LES DECORATIONS 38 LES PROFESSIONS DE L HORLOGERIE 42 CREDITS 47 3
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Préambule Qu'est-ce que le temps? Nous ne pouvons pas le voir, ni le toucher ou l entendre. Nous le définissons seulement par la manière dont il passe. Penser au temps, c est aussi imaginer un monde sans lui. Il pourrait n y avoir aucun mouvement ni changement, parce que le temps et les changements sont liés. Nous savons que le temps a passé quand un changement intervient. Cet atelier conduit à la découverte du monde de la haute horlogerie qui change votre rapport au temps par la découverte de sa merveilleuse beauté et de sa complexité. Vous voyagez d abord dans le temps au Musée international de l'horlogerie dans la ville de La Chaux-de-Fonds, l'un des hauts lieux de l'industrie horlogère suisse. La collection du musée de l'horlogerie est l une des plus vastes et des plus complètes au monde. Vos yeux sont constamment attirés par l'élégance ou l'ingéniosité des mouvements présentés. Vous apprenez comment la Terre en rotation définit le temps, l'histoire du chronométrage, les composantes essentielles d'une montre mécanique et les diverses complications maîtrisées par des horlogers suisses hautement qualifiés. Puis, vous entrez dans l'atelier d'un horloger, vous enfilez littéralement son tablier afin de ressentir par vous-même le degré de minutie, la dextérité et la patience qui sont nécessaires à la production des montres mécaniques suisses de précision. 5
L'histoire du chronométrage Aujourd hui, connaître l heure est essentiel pour garder le rythme de nos horaires effrénés. Pouvez-vous imaginer une époque où les gens n'avaient pas besoin de mesurer le temps? Toutefois, les êtres humains ont de tout temps remarqué la répétition et les changements de leur environnement naturel. Les plus évidents, les plus réguliers sont le lever et le coucher du soleil. L alternance de lumière et de ténèbres qu'il engendre a été la première division reconnue du temps. Chaque période de lumière et d'obscurité correspond à un jour. Les habitants de la terre ont aussi remarqué les changements de saisons. Ils ont également observé que le soleil montait plus haut dans le ciel au cours de l'été que durant l'hiver. Ils ont compté les jours qui s écoulaient de la plus haute position du soleil jusqu'à son retour à cette position initiale : 365 jours. Nous savons maintenant que c'est le temps que la Terre met pour faire le tour du soleil et nous appelons cette période une année. Les humains ont également noté les changements de la lune pour marquer le passage du temps. La lune est «pleine» lorsque son visage est lumineux et rond, 29 jours environ s écoulent entre deux pleines lunes, un nombre qui est toujours resté le même. Les premiers humains chassaient les animaux et cueillaient des plantes sauvages. Ils se déplaçaient en groupes ou en tribu d'un endroit à l autre pour rechercher de la nourriture et ne ressentaient pas le besoin particulier de mesurer le temps. Quand ils ont appris à planter des graines, à cultiver des plantes ou à élever des animaux pour se nourrir, comprendre le changement des saisons afin de semer à temps pour récolter avant l'hiver devint une nécessité. Ils ont alors développé des calendriers probablement basés sur les mois lunaires. 6
Mesurer le temps grâce au soleil Le cadran solaire est l'un des dispositifs les plus simples inventés par l'homme pour mesurer le temps. Vers 3500 av. J.C., les Égyptiens ont construit des obélisques, hauts monuments monolithes à fût quadrangulaire. Ils les ont placés dans des endroits stratégiques de manière à observer leur ombre portée par le soleil. Lorsque le soleil se déplace, il en va de même pour l'ombre. Une marque sur le sol indique midi, divisant ainsi la journée en deux parties. Les obélisques ont également permis d indiquer les jours les plus longs et les plus courts de l'année en mesurant la longueur de l'ombre portée à midi. Les divisions du temps que nous utilisons aujourd'hui sont apparues dans l'ancienne Babylone vers 1600 av. J.C. Les astronomes babyloniens croyaient que le soleil tournait autour de la Terre tous les 365 jours. Ils ont divisé ce temps en douze parties égales, les mois. Chaque mois comportait trente jours. Ils ont ensuite divisé chaque jour en vingt-quatre parties égales, les heures. Puis, ils ont divisé chaque heure en soixante minutes et chaque minute en soixante secondes. En Europe, les tribus du Néolithique et de l'âge du bronze ont disposé d imposantes pierres dressées pour saluer le lever du soleil au solstice. Le site de Stonehenge (Angleterre) est un anneau d'énormes piliers en pierre précisément positionnés. C est en fait un ancien site de cérémonie et un «calculateur astronomique» très élaboré. L'alignement de l avenue centrale de Stonehenge est définie par la position du lever du soleil au solstice d'été, de sorte que si, à l'aube ce jour-là, vous vous tenez debout au centre du cercle, vous pouvez voir le soleil se lever sur une grosse pierre, appelée la pierre du talon. Le monument a également pu être conçu pour enregistrer et prédire le lever et le coucher de la lune ainsi que le mouvement des étoiles. Autour de 1500 av. J.C., les Égyptiens ont développé un cadran solaire plus précis qui divise la journée en deux parties égales. Avec le temps, les cadrans solaires ont évolué, de plaques horizontales ou verticales vers des formes plus élaborées. On rencontre par exemple un cadran hémisphérique en forme de bol taillé dans un bloc de pierre sur lequel est gravé un ensemble de lignes indiquant les heures en fonction de la saison ; il est doté d un gnomon vertical (aiguille) en son centre. 7
Toutefois, le cadran solaire ne fonctionne que lorsque le soleil brille. Les astronomes et les prêtres égyptiens devaient déterminer avec précision l'heure des rituels quotidiens et des fêtes religieuses. Il leur fallait donc mesurer le temps de jour comme de nuit ; ils inventèrent alors la clepsydre (horloge à eau). Mesurer le temps avec de l eau C est dans la tombe du roi égyptien Amenhotep I, enterré vers 1500 av. J.C., que l on a retrouvé l une des plus anciennes clepsydres. Les Grecs ont commencé à utiliser des clepsydres - «voleur d'eau» en grec vers 325 av. J.C. Le dispositif fonctionne par l écoulement régulier de l'eau à travers une ouverture étroite, l'eau s'accumule dans un réservoir, où une aiguille flottante monte et marque ainsi les heures. Les clepsydres étaient monnaie courante dans tout le Moyen-Orient. Elles étaient encore utilisées dans certaines parties de l'afrique au début du XXe siècle. Comme il est très difficile de contrôler avec précision l'écoulement de l'eau, une telle horloge ne peut jamais atteindre une grande précision. Des horloges à eau mécanisées plus élaborées et plus imposantes ont été mises au point entre 100 av. J.C. et 500 ap. J.C. par les horlogers et les astronomes grecs et romains. La complexité accrue des dispositifs visait à rendre la circulation de l eau plus constante en régulant la pression et en fournissant des indications plus fines. Certaines horloges à eau faisaient sonner des cloches et des gongs, d'autres ouvraient des portes et des fenêtres d où sortaient des figurines humaines, ou faisaient se mouvoir des aiguilles, des cadrans et des modèles astrologiques de l'univers. Au Ier siècle av. J.C., l astronome grec Andronikos entreprit la construction de la Tour des Vents à Athènes. Aussi appelée Horologion (montre), cette structure octogonale en marbre encore visible mesure 12,8 mètres de haut pour 7,9 mètres de diamètre. Chacun des huit côtés du bâtiment, orné d'une frise dont les figures en relief représentent les vents et leur direction, correspond à un point cardinal. Au-dessous des frises, sur chacune des faces, exposées à tour de rôle au soleil, se trouvent les lignes d'un cadran solaire. L édifice était surmonté d'une girouette en bronze en forme de Triton et contenait une clepsydre mécanisée de 24 heures pour indiquer l heure indépendamment du soleil. Il 8
affichait également les saisons, les dates et périodes astrologiques. C'était l'appareil de mesure du temps le plus précis de son époque. En Extrême-Orient, les horloges astronomiques mécanisées se sont développées entre 200 et 1300 ap. J.C. Les clepsydres chinoises du IIIe siècle actionnaient divers mécanismes qui illustraient les phénomènes astronomiques. Vers 1088 ap. J.C., Su Song, un expert chinois dans le calcul des calendriers, construisit une horloge astronomique très avancée, peut-être la plus grande réalisation mécanique du Moyen Âge. Le mécanisme de Su Song était équipé d un échappement à entraînement hydraulique inventé en 725 av. J.C. La tour, de plus de 9 mètres de hauteur, était composée d une sphère armillaire en bronze, motorisée, d'un globe céleste à rotation automatique et de cinq panneaux avant dont les portes s'ouvraient sur des mannequins sonnant des cloches, des gongs ou portaient des tablettes indiquant l'heure ou d'autres instants particuliers de la journée. Mesurer le temps avec les étoiles Autour de 600 av. J.C., les Égyptiens ont amélioré le cadran solaire grâce au merkhet, un des plus anciens instruments astronomiques connus. Il se sert d une chaîne avec un poids afin de mesurer avec précision une ligne verticale. Alignées l une derrière l autre avec l étoile polaire, une paire de merkhets était utilisée pour établir la direction du Nord et l axe Nord-Sud. Ce système permettait de mesurer des événements nocturnes avec une horloge à eau lorsque, dans leur course, certaines étoiles franchissaient la ligne verticale. 9
Mesurer le temps à l époque romaine Comme nous, les Romains divisaient les jours et les nuits en 12 heures chacun. Contrairement à nous, le temps était mesuré en fonction de la longueur du jour, la durée d'une heure variait selon les saisons. Les heures de jour étaient plus longues en été et plus courtes en hiver. Jusqu'au IIe siècle av. J.C., les Romains ne pouvaient mesurer précisément que trois moments de la journée : le lever du soleil, le zénith et le coucher du soleil, mais ils utilisaient la longueur de l'ombre pour estimer d'autres moments de la journée. À cette époque, ils n'avaient pas encore découvert le cadran solaire et dépendaient d une clepsydre pour mesurer le temps. Puis, en 263 av. J.C., des voyageurs venus de Sicile introduisirent le cadran solaire à Rome, donnant aux Romains un outil pour mesurer le temps avec plus de précision. Des cadrans solaires ont été installés sur des bâtiments publics ou des places, devenant des points de rencontre. Seuls les riches pouvaient se permettre d'en posséder un de sorte qu'il est rapidement devenu un symbole de statut social. Le cadran a permis aux Romains de diviser la journée en 12 heures égales, d indiquer le temps et l heure de leurs réunions. Les tribunaux ouvraient ainsi à la troisième heure et le déjeuner était servi à midi, la sixième heure. 10
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La mesure mécanique du temps L'horloge mécanique a probablement été inventée dans l Europe médiévale, apparaissant dans les tours de plusieurs grandes villes italiennes. On concevait d ingénieux dispositifs d'engrenages et de roues entrainés par des poids qui leur étaient attachés. Comme les poids étaient tirés vers le bas par la force de gravité, les roues étaient contraintes de tourner dans un mouvement lent et régulier. Une aiguille attachée aux roues indiquait les heures sur un cadran. Ces horloges sont devenues d un usage courant dans les églises et les monastères ; elles indiquaient quand sonner les cloches pour inviter les fidèles à la prière ou à la messe. Les horloges mécaniques ont finalement évolué pour sonner les heures et même les quarts d'heure. Cependant elles n'ont eu longtemps qu'une aiguille pour indiquer les heures et les mécanismes étaient imposants et peu protégés. Même les meilleures de ces horloges pouvaient gagner ou perdre jusqu'à une demi-heure par jour. Vers 1500-1510, Peter Henlein de Nuremberg (Allemagne) inventa «l horloge à ressort». Celle-ci n avait plus besoin d un poids pour fonctionner, le ressort donnait l impulsion au mouvement. Plus compacte, elle pouvait dés lors tenir sur une étagère et devint très populaire parmi les riches. Le mouvement ralentissait cependant au fur à mesure du déroulement du ressort ; elle n en a pas moins été le précurseur du chronométrage précis. Horloges mécaniques précises En 1582, le scientifique italien Galilée, alors adolescent, remarqua que le mouvement de va-et-vient des lustres se balançant dans une cathédrale durait toujours le même temps, quelle que soit l'amplitude de l'oscillation. Après avoir mené des expériences avec des poids suspendus, il constata que le «pendule» permettait de marquer de petits intervalles de temps avec précision ; il dessina en 1641 les plans d une horloge régulée par un pendule oscillant, sans jamais la construire. 12
En 1656, l'astronome hollandais Christian Huygens fut le premier à fabriquer une pendule avec succès. Il utilisa des pendules courts qui se balançaient plusieurs fois par seconde. Les mouvements étaient enfermés dans des coffrets en bois et accrochés au mur. L erreur était de moins d'une minute par jour, c était la première fois qu'une telle précision était atteinte. Les améliorations ultérieures ont réduit les erreurs des horloges de Huygens à moins de 10 secondes par jour. Le progrès technique est une chose, le progrès conceptuel en est une autre. Les fonctions de régulation et de mouvement vont être clairement identifiées et séparées, ce qui permettra un réglage précis. Dans les premières horloges, un mécanisme d'oscillation irrégulier qui passait par un échappement ralentissait la chute du poids. Grâce à son mouvement d oscillation régulier, le pendule offrait l'avantage de permettre à l échappement de libérer exactement la bonne quantité d'énergie. En 1670, l horloger anglais William Clement a fait usage d'un pendule d'environ un mètre de long qui mettait une seconde pleine pour aller et venir, permettant la plus grande précision jamais observée auparavant. Il a choisi d enfermer le pendule et le poids dans un caisson de bois afin de diminuer l'effet des courants d'air, donnant ainsi naissance à «l'horloge de grand-père». Il a également ajouté une aiguille des minutes au cadran. Vers 1675, Huygens invente le balancier à ressort en spirale pour les montres, ce qui améliore considérablement leur exactitude. En 1721, George Graham améliore encore la précision de l horloge à pendule, il parvient à un écart d'une seconde par jour en compensant les variations de la longueur du pendule provoquées par des changements de température. L'horloge mécanique continue à se développer jusqu'à ce qu'elle atteigne une précision d'un centième de seconde par jour. C est aujourd hui la norme acceptée dans la plupart des observatoires astronomiques. 13
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La mesure du temps en mer Si la mesure du temps sur terre était un problème délicat, il l'était encore plus en mer car il s'agissait d'une question vitale pour la navigation. Tout honnête marin pouvait établir sa latitude (les parallèles à l équateur qui ceinturent le globe en une série d'anneaux qui décroissent en allant vers les pôles) grâce à la longueur du jour ou à la hauteur du soleil à midi. Mais mesurer la longitude était une autre affaire. Ces méridiens font une boucle de même longueur autour de la terre en passant par les pôles. Comme Dava Sobel l explique dans son livre Longitude, «pour connaître sa longitude en mer, il faut connaître l heure à bord du navire ainsi qu au port d'attache ou dans tout autre lieu de longitude connue - à un même moment. L écart de temps entre les deux horloges permet au navigateur de convertir la différence en heures, minutes et secondes en distance géographique. Puisque la terre prend 24 heures pour tourner sur elle-même (soit 360 degrés), une heure représente 1/24 d'une révolution (ou 15 degrés). Ainsi chaque heure de décalage entre le navire et le point de départ marque un progrès de quinze degrés de longitude vers l'est ou l'ouest». Avant le XVIIIe siècle, les navigateurs n avaient aucun moyen précis de déterminer leur longitude. Cette impossibilité a provoqué la perte de nombreux navires qui manquaient leur destination et s échouaient sur les côtes. Les traversées duraient plus longtemps, parce que les capitaines pouvaient chercher pendant des semaines une île où trouver de l'eau fraîche ou plus simplement leur port de destination. Le temps supplémentaire passé en mer a exposé les marins à la terrible maladie du scorbut, causée par un déficit de vitamine C. Par conséquent, les navires de haute mer restaient cantonnés sur quelques étroites voies maritimes, où ils furent la proie des pirates ou des navires de guerre. La perte d'un seul navire commercial signifiait souvent de lourdes pertes pour les marchands, mais les navires de guerre ne furent pas épargnés. Le 22 Octobre 1707, quatre navires de guerre britanniques rentrant en Angleterre firent naufrage sur les îles Scilly au large de la côte sud-ouest de l'angleterre, 2.000 marins périrent noyés. Le commandant avait cru sa flotte en sécurité à l'ouest d'ouessant, une île au large de la Bretagne. 15
Cette catastrophe, ajoutée aux dégâts économiques provoqués par la perte de nombreux navires de commerce, conduisit à l énoncé de la Loi sur la Longitude en 1714 par laquelle le Parlement anglais promettait une «rançon du roi» à quiconque trouverait une solution au problème de la longitude. Cette solution est venue d une source inattendue : John Harrison, un charpentier et horloger autodidacte. Il consacra quarante ans de sa vie à cette recherche qui, à l époque, semblait impossible. Enfin 1761, en utilisant des techniques de compensation de température et de nouvelles méthodes de réduction de la friction, il construisit un chronomètre de marine avec un ressort et une roue d échappement à balancier qui pouvait garder l heure exacte à bord d'un navire en mouvement avec un écart d un cinquième de seconde par jour. En 1773, après des années de tergiversations, le Conseil de la Longitude lui attribua finalement le prix décidé par le gouvernement en 1714 (soit plus de 2 millions de dollars actuels). En permettant aux navigateurs de calculer la position de leur navire sur le globe avec précision, les chronomètres Harrison ont marqué le début d'une nouvelle ère de l'exploration du monde. Les développements suivants Peu à peu, au cours du XIXe siècle, grâce à l'industrialisation, les horloges sont devenues abordables au plus grand nombre. À l époque, le temps moyen local était en usage, les villes d un même pays pouvaient vivre à des heures différentes. Ces irrégularités n avaient pas d importance tant que les moyens de communication étaient lents et limités, ce qui ne fut plus le cas avec le développement rapide des chemins de fer en Grande-Bretagne vers 1840. Le décalage horaire créait une grande confusion dans les horaires des trains, et les montres devaient être constamment ajustées à des fuseaux horaires distants parfois de seulement 30 kilomètres. Une telle confusion provoqua inévitablement une augmentation des risques d'accident et de collision. En Novembre 1840, la société britannique Great Western Railway annonça l introduction d un «temps unifié de chemin de fer» dans toutes ses gares. Ce changement rencontra d abord beaucoup de résistance et des situations ridicules se produisirent où l horloge de la gare et celles de la ville indiquaient une heure décalée de quelques minutes. 16
Dans certaines gares comme Bristol, des horloges furent érigées indiquant deux heures distinctes, celle du chemin de fer et l'heure locale. Peu à peu le sens pratique l emporta et la plupart des villes et des villages adoptèrent l heure du chemin de fer. Puis, en 1880, l État légiféra sur la question et adopta un seul fuseau horaire standard pour la Grande-Bretagne, le Greenwich Mean Time (d où le célèbre acronyme GMT). Les horloges à quartz Au début du XXe siècle, le premier oscillateur à quartz fut conçu, ce qui permit la production de montres plus compactes et précises. Le fonctionnement d'une horloge à quartz est basé sur une propriété électrique du cristal de quartz. Lorsqu'un quartz est soumis à un champ électrique, la forme du cristal change. Inversement si vous soumettez un quartz à des forces mécaniques (torsion ou pression), vous générez un champ électrique. Une fois le quartz placé dans un circuit électronique, l'interaction entre la contrainte mécanique et le champ électrique fait vibrer le cristal générant un signal électrique constant qui peut ensuite être utilisé pour mesurer le temps. La première horloge à quartz a été construite en 1927 par Warren Marrison et JW Horton chez Bell Telephone Laboratories à New York. En 1967, le Centre Électronique Horloger (CEH) à Neuchâtel a développé la première montre-bracelet à quartz du monde - la fameuse Beta 21. Dans les années 80, l'avènement des semi-conducteurs dans l'électronique numérique a permis la fabrication de montres à quartz compactes et peu coûteuses. Ils sont depuis devenus les instruments de chronométrage les plus répandus au monde, utilisés dans la plupart des horloges et des montres, comme dans les ordinateurs et l électronique grand public où il s avère nécessaire de mesurer le temps. 17
Les horloges atomiques Inventées dans les années 40 et perfectionnées depuis, les horloges atomiques mesurent le temps mieux que toute autre horloge, et même plus précisément que la rotation de la Terre et le mouvement des étoiles. Sans elles, la navigation au GPS serait impossible, l'internet ne serait pas synchronisé et la position des planètes ne serait pas connue avec la précision nécessaire pour y envoyer des sondes d exploration. Les horloges atomiques ne sont pas radioactives. Elles ne dépendent pas de la décomposition atomique. Au contraire, elles ont une masse oscillante et un ressort, tout comme les horloges ordinaires. Il existe une grande différence entre l horloge standard que vous avez chez vous et une horloge atomique. L'oscillation, dans une horloge atomique, se produit entre le noyau d'un atome et les électrons environnants. Si on ne peut exactement établir un parallèle avec le balancier en spirale d'une montre, le fait est que les deux types d horloge utilisent un mouvement d oscillation pour suivre et noter le passage du temps. Les fréquences d'oscillation à l'intérieur de l'atome sont déterminées par la masse du noyau et sa gravité et par le «ressort» électrostatique provoqué par la charge positive contenue dans le noyau et le nuage d'électrons qui l'entoure. La première horloge atomique utilisait la molécule d'ammoniaque comme source de vibrations. Elle était moins précise que les horloges à quartz existantes, mais elle a servi à illustrer le concept. Plus tard, le césium et le rubidium ont été utilisés. Aujourd'hui, le chronomètre le plus précis est l'horloge atomique au césium, dont la précision est d'une seconde toutes les 20 millions d'années. 18
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La Suisse et le temps Les vallées de la montre L horlogerie a débuté en Suisse lorsque les réfugiés huguenots (protestants français fuyant les persécutions) ont apporté à Genève leur savoir-faire dans la fabrication de montres portatives durant la seconde moitié du XVIe siècle. Auparavant, les orfèvres constituaient l'un des principaux moteurs de la prospérité économique de la ville. Sous l austère gouvernement du réformateur Calvin, qui rejetait tout étalage de richesse, le port de bijoux fut interdit, ce qui obligea ces artisans à trouver de nouveaux débouchés pour leurs talents créatifs - ils apprirent donc l'horlogerie grâce aux réfugiés français. À la fin du XVIe siècle, les montres de Genève étaient déjà réputées pour leur haute qualité et les horlogers fondèrent en 1601 la Guilde des horlogers de Genève, la première au monde. L horlogerie était à l'origine un métier hautement qualifié effectué dans des ateliers individuels. Au XVIIe siècle, le concept de la division du travail a gagné du terrain: une tâche importante est répartie en plusieurs sous-tâches. Un jeune orfèvre appelé Daniel Jeanrichard (1665-1741) fut le premier à introduire cette nouvelle organisation du travail dans l'horlogerie. Cette spécialisation du travail a été une aubaine pour les horlogers suisses : ils ont réussi à améliorer la productivité et ont pu réagir plus rapidement à une demande croissante. De nombreux artisans sont devenus très habiles à produire une partie de montre en particulier. Les Vallées de la montre, en particulier, sont redevables à Jeanrichard. Dans ces régions reculées de Suisse, ce travail spécialisé a été une source bienvenue de revenus pour la communauté agricole pendant les longs mois d'hiver. Des familles entières de «fermiers horlogers» ont été employées pour fabriquer des pièces d'horlogerie. Ils travaillaient dans des ateliers aménagés dans le grenier de leur ferme, là où la lumière était meilleure. Des familles se spécialisaient dans la production de certaines pièces, qui étaient ensuite recueillies et assemblées par les maîtres horlogers. 20
Cette nouvelle distribution du travail, une première forme de sous-traitance, a donné naissance à plus d'une centaine de nouveaux métiers spécialisés les fabricants de chaîne, d axes, de roues, de pignons, d échappements, de cadrans et divers autres pièces d'horlogerie - dont la plupart existent encore aujourd hui. Né en 1747 à Neuchâtel, l horloger suisse Abraham Louis Breguet est largement reconnu comme l'un des plus grands horlogers de tous les temps. Au cours de sa carrière horlogère en France, il a inventé le tourbillon, le parachute, l'échappement à ancre à surfaces d'impulsions partagées, le spiral plat coudé dit «spiral Breguet» et un dispositif de compensation pour les montres. Sa clientèle était composée de nombreuses personnalités publiques de premier plan et des membres de la noblesse européenne. Dans les années 1800, Neuchâtel a commencé à produire des pendules qui rivalisaient avec celles faites à Paris depuis de nombreuses décennies. Vers le milieu du XIXe siècle, l'horlogerie s'était étendue aux cantons de Soleure et de Berne. En 1890, environ la moitié des montres et mouvements exportés par la Suisse ont été produits à Saint-Imier (Jura bernois), dans les Franches-Montagnes, à Ajoie et à Bienne. Au tournant du siècle dernier, l'industrie horlogère suisse s est étendue à Bâle et Schaffhouse. L'industrie horlogère suisse a continué à prospérer au cours du XIXe siècle. Cependant vers 1850, l'industrie horlogère américaine porta un coup dur à la Suisse en produisant en masse des composants de haute précision pour la fabrication des montres. Les Suisses répondirent à leur tour par l industrialisation de la fabrication des composants mécaniques de précision. Au cours de la seconde moitié du XIXe et au début du XXe siècle, les horlogers suisses ajoutèrent des fonctionnalités supplémentaires (complications) à leurs montres telles que le calendrier perpétuel, l'aiguille rattrapante et le chronographe, avec pour objectif la restauration de la compétitivité des produits suisses. Dans les années 1920, Rolex fabriqua sa première montre étanche, alors qu en 1926, à Grenchen dans le canton de Soleure, on fabriqua la première montre automatique. Ces innovations remarquables dans le domaine de la mécanique et de la production ont stimulé l'industrie horlogère suisse. 21
La production de masse de montres a commencé au début du XXe siècle, grâce aux recherches et aux nouvelles technologies introduites par des horlogers de renom tels que Frédéric Ingold et Georges Léchot. La fin de la Première Guerre mondiale correspond à l'introduction de la montre-bracelet, très vite devenue populaire. Sa forme ronde traditionnelle est définitivement adoptée en 1960. Depuis plus de quatre siècles, la tradition, l artisanat, les hautes technologies et l'innovation ont permis à l horlogerie suisse de maintenir son leadership sur le marché mondial de la montre. Malgré ou à cause des différentes crises qu elle a dû traverser, l'industrie horlogère suisse a toujours été en mesure de répondre aux nombreux défis technologiques, économiques et structurels, auxquels elle a été confrontée. Son dynamisme exceptionnel et sa force créatrice en ont fait une industrie exemplaire. Les nombreuses inventions ou records du monde dont elle peut se prévaloir en sont autant de preuves : première montre-bracelet, première montre à quartz, première montre résistante à l eau, montre la plus mince du monde, montre la plus petite du monde, ou encore la plus chère du monde, etc. Aujourd hui, 90% des montres fabriquées en Suisse sont à quartz, les 10% restant sont des montres mécaniques qui représentent plus de la moitié de la valeur des exportations. L'industrie moderne de l'horlogerie suisse adhère encore au principe de la division du travail et s est encore davantage spécialisée. 22
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Comment fonctionne une montre? Les cinq éléments de base Chaque montre mécanique comporte cinq éléments de base 1) L énergie 2) Les roues 3) L échappement 4) Le contrôleur 5) L indicateur du temps 1) Chaque montre a besoin d'énergie pour fonctionner. Le ressort une fois serré stocke l'énergie à partir de l'enroulement. Le barillet transfère alors l'énergie aux roues. Le ressort est resserré quotidiennement par le remontage. 2 ) Une combinaison de roues transfère l'énergie à l'intérieur de la montre. 3) Simplement libérer l énergie, cependant, ferait tourner les roues à grande vitesse, sans aucun contrôle. L'échappement empêche l'énergie de s'échapper en une seule fois : les ancres bloquent puis libèrent la roue d'échappement, qui tourne ainsi par incréments. Le levier en forme de fourchette pousse contre l'ellipse. 4 ) L'ellipse elle-même est placée sur le contrôleur, qui, par l'oscillation d'avant en arrière de l'assemblage du balancier, contrôle l'échappement. Dans le balancier, un des spiraux maintient un mouvement régulier. 5 ) L'indicateur de temps est la partie de la montre qui affiche l'heure. La chaussée porte l'aiguille des minutes et la roue des heures porte l'aiguille des heures. La quatrième roue porte l'aiguille des secondes Et voilà comment une montre mécanique traditionnelle fonctionne : avec seulement cinq éléments de base même si à leur tour ils comprennent généralement 180 ou plus pièces individuelles, la plupart assemblées manuellement dans un atelier par une personne possédant une grande dextérité. 25
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Les complications Dans un garde-temps mécanique, on considère comme complication tout mouvement autre que celui permettant l'affichage de l'heure, des minutes et des secondes, tel qu'un chronographe, les phases de la lune, l'affichage du mois, la réserve de marche, etc. Il s'agit d'un art dans lequel seuls les Maîtres horlogers osent s'aventurer, puisqu'il les confronte à un labyrinthe de difficultés techniques mettant au défi tant leurs compétences que leur ingéniosité. Les horlogers parlent souvent de trois hautes complications classiques connues sous le nom de «grandes complications» : le calendrier perpétuel, le tourbillon et la répétition des minutes. L'expression est aussi utilisée pour les montres qui combinent deux, trois ou même davantage de complications. Le chronographe Au sens littéral, «chronographe» signifie «trace du temps», ce qui décrit parfaitement sa fonction. D'un coup d'œil, l'utilisateur d'un chronographe peut voir le temps écoulé sur son cadran, du centième de seconde jusqu'à 12 heures. Inventée par le Français Nicolas Rieussec en 1821, la complication du chronographe a progressivement été intégrée dans les montres de poche. Elle est rapidement devenue indispensable pour les scientifiques, les entraîneurs de chevaux et toute autre personne souhaitant mesurer le temps de manière précise. L'utilisation du chronographe, ou chronomètre, a fondamentalement changé le monde du sport. Lorsque les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne se sont déroulés à Athènes en 1896, les chronomètres étaient couramment utilisés. La vitesse des athlètes pouvait désormais être mesurée et des records établis. Tandis que le but était auparavant simplement de devancer leurs concurrents sur la ligne d'arrivée, les athlètes cherchèrent dés lors à établir des records de vitesse. Lors de l'engouement pour la course automobile dans les années 1920, le chronographe fut à nouveau présent pour mesurer les vitesses en enregistrant le temps nécessaire à une voiture pour couvrir une distance définie. 28
Le chronographe n'a pas seulement changé le champ de bataille du sport, il a aussi changé les vrais champs de bataille. Pendant la Première Guerre mondiale, les montres de poche ont été abandonnées au profit des montresbracelets, plus faciles à consulter. Les chronographes sur ces montres permettaient à leur porteur de déterminer la distance de l'artillerie ennemie en calculant le temps entre le tir et la chute d'un obus. Depuis lors, les chronographes ont été perfectionnés, atteignant une précision, une fonctionnalité et un design toujours plus sophistiqués. Malgré son utilisation quotidienne, le chronographe a été l'une des dernières complications à être inventée. La raison en est que d'autres complications telles que l'affichage de la date ou de la phase de la lune peuvent être engrenées avec l'aiguille des heures et notre cycle de 24 heures. Ce n'est pas le cas du chronographe. Il doit mesurer le temps indépendamment de l'heure du jour, tout en étant engrené avec le même système de transmission que les aiguilles des secondes, minutes et heures, sans en modifier la précision. Un exercice aussi difficile qu'il y paraît. La précision et la régularité du rythme de marche de la montre dépendent du rythme et du mouvement du balancier oscillant. Ajouter une complication de chronographe emprunte soudainement une partie de l'énergie constante et de l'oscillation du balancier. Trois différentes techniques peuvent être utilisées pour construire un chronographe. La plus élégante est la roue à colonne. Dans cette conception, l'élément-clé est un petit cylindre tournant avec des dents au sommet, semblable à la tourelle d'un château. Lorsque les boutons du chronographe sont pressés, la roue à colonne tourne et une bascule tombe entre les dents pour actionner les fonctions. Le mouvement de la roue à colonne est l un des plus recherchés par les connaisseurs de montres, puisque sa conception et sa construction correctes exigent la plus grande habileté. 29
Le calendrier perpétuel La montre-bracelet conventionnelle avec une fonction de date exécute méticuleusement 31 cycles de 24 heures avant de recommencer, de sorte que nous devons ajuster notre garde-temps aux mois courts. La fabrication d'une montre capable de «savoir» quand un mois ne compte que 30 jours (ou 28) ou quand l'année est bissextile fut l'un des défis classiques que le monde de l'horlogerie dut affronter. En 1925, le défi est relevé et Patek Philippe fabrique la première montre-bracelet connue avec un calendrier perpétuel. Une montre avec un calendrier perpétuel n'a jamais besoin d'être réglée, hormis peut-être lors des passages à l'heure d'été et d'hiver deux fois par année. Le cadran vous informe de l'heure, de la date et, parfois, du jour ainsi que du mois. Cependant, le véritable secret est que la montre connaît l'année. Une montre à calendrier perpétuel indiquera la date juste bien après que vous l'ayez léguée à votre héritier. Afin d'accomplir cet exploit, le mouvement s'appuie sur une «mémoire mécanique» de 1'461 jours ou quatre ans. La plupart des mécanismes de calendriers perpétuels utilisent un mécanisme d'engrenage différent de la roue des heures et peuvent comprendre plusieurs centaines de roues, d'engrenages, de bascules et autres pièces. Inventé en 1853, le mouvement capable d'identifier les années bissextiles est une véritable mémoire mécanique. Une petite roue dentée reliée au mécanisme du mois accomplit une révolution tous les quatre ans. Au cours de la quatrième année, ce mécanisme affiche le 29 février avant de passer au 1 er mars. Comme la Lune tournant en orbite autour de la Terre, cette roue satellite tourne sur son propre axe, en contact avec une roue pivotante. Cette complication, qui allie l'utilité à la prouesse technique, est l'un des chefs-d'œuvre de l'art horloger. Ses indications multiples (date, jour, mois, phase de la lune, année bissextile ou non) créent de nombreuses opportunités pour les fabricants de montres, qui ne se lassent jamais d'expérimenter avec différents modes d'affichage aiguilles, guichets, rétrograde et sautant pour composer des cadrans allant du classique au très original. 30
La réserve de marche La montre mécanique était écologique avant que l'écologie ne soit à la mode. Jusque dans les années 1960, quand la pile est apparue comme une source d'énergie viable pour les montres-bracelets, vous deviez soit remonter votre montre chaque jour, soit la porter suffisamment pour qu'elle se remonte elle-même. L'énergie humaine a donné lieu à une machine au mouvement perpétuel. Le lien entre l'homme et la machine aurait difficilement pu être plus intime. Comme la jauge d'essence d'une voiture, le compteur de réserve de marche sur le cadran indique la quantité d'énergie en réserve pour garder l'heure avec précision. Une montre mécanique est alimentée par un ressort principal, une bobine métallique à l'intérieur d'un cylindre plat avec des dents à sa circonférence. Lorsque ce cylindre plat, appelé «barillet», tourne, la roue dentée s'engrène avec d'autres, distribuant l'énergie nécessaire pour alimenter le mouvement de la montre. La longueur et l'épaisseur du ressort principal, de pair avec l'efficacité des autres parties du mouvement, dictent le temps nécessaire pour qu'il se déroule complètement et que la montre s'arrête. La plupart des montres mécaniques modernes ont une réserve de marche de 40 à 50 heures. Certaines montres plus haut de gamme, utilisant de multiples barillets et des ressorts plus longs, peuvent atteindre de très longues réserves, de 8 jusqu à même 31 jours. Avant l invention de la pile électrique, une réserve de marche pouvait être cruciale. Les chronomètres marins, par exemple, étaient indispensables pour que le navigateur trace une route précise; placés dans un meuble en bois, ils n'étaient toutefois pas aisément remontables. L'affichage contenait donc une réserve de marche, une simple échelle en demi-cercle avec une aiguille qui indiquait la réserve: complètement remontée, aux trois-quarts, à moitié, etc., jusqu'à zéro. Comme la précision optimale est habituellement atteinte lorsque la montre est plus qu'à moitié remontée, la procédure dictait qu'un membre de l'équipage la remonte à une heure fixe chaque jour et transcrive cela dans le journal de bord. 31
L'ajout d'une réserve de marche à une montre de poche ne représentait pas un effort technologique très important. Bien que Breguet ait fabriqué le prototype d'une montre-bracelet avec réserve de marche dès 1930, ce n'est qu'à la fin des années 1940 que Jaeger-LeCoultre a commencé à produire en série ce mouvement, le Calibre 481, et le vendre à une vaste échelle. Le répétiteur Imaginez ce qu'était la vie quotidienne avant l'éclairage électrique. Les heures de travail étaient déterminées par la durée du jour et la lumière de la bougie fatiguait les yeux. La montre de poche à carillon, ou répétiteur, a été créée aux environs de 1700 pour qu'un homme puisse connaître l'heure dans le noir. A la fin du XVIIe siècle, les horlogers développent un mécanisme de répétition des quarts d'heure qui sonne les heures et les quarts d'heure à la demande. Les répétiteurs de poche de l'époque utilisent des marteaux frappant une petite cloche. L invention de la répétition à minutes est attribuée à un horloger anglais, Thomas Mudge, aux environs de 1750. Vers la fin du XVIIIe siècle, l'horloger suisse Abraham-Louis Breguet remplace les cloches par des gongs, qui sont des fils en acier trempé embobinés dans le boîtier. Miniaturisée afin d'entrer dans un boîtier de montre-bracelet au cours du XXe siècle, la répétition à minutes se distingue comme l'une des plus belles réalisations de l'horloger. La montre nécessite une mémoire mécanique afin de déterminer le nombre exact de notes à frapper. Ceci est réalisé grâce à un système complexe de «palpeurs» qui lisent l'information des colimaçons de l'heure, des quarts et des minutes et la transfèrent à des ancres qui soulèvent les marteaux. Cette fonction fascinante est l'une des complications les plus difficiles à fabriquer et l'une des plus exclusives. Les horlogers doivent aussi posséder une oreille musicale entraînée afin d'accorder les gongs, comme on accorderait un instrument de musique. La plupart des répétitions à minute sont équipées de deux gongs, un qui sonne les notes basses pour les heures et l'autre les notes aiguës pour les minutes. Pour les quarts d'heures, les deux gongs sont frappés simultanément. Le mécanisme de sonnerie est actionné en pressant une poussette à niveau avec le boîtier ou en poussant un verrou. 32
Les phases de la lune Dans notre monde moderne, où la lune est généralement remisée à l arrière-plan, la complication des phases de la lune apporte une connexion subtile avec notre passé, notre place dans l'univers et nous donne une touche délicieusement anachronique. Une montre indiquant les phases de la lune suit la lunaison, soit les différentes phases de la nouvelle lune, du premier quartier, de la pleine lune et du dernier quartier comme vous les observez dans le ciel. Complément quasi obligatoire du calendrier perpétuel, les phases de la lune sont néanmoins une complication à part entière et peuvent apparaître indépendamment sur le cadran d'une montre de poche ou d'une montre-bracelet. Les phases sont habituellement affichées sur un disque visible par un guichet. Dans une montre standard avec phases de la lune, deux lunes sont représentées sur ce disque, qui est actionné par une roue à 59 dents. Un doigt fait avancer le disque d'un cran toutes les 24 heures. La lunaison qui apparaît correspond à 29,5 jours, alors qu'une lunaison dure en réalité 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2,8 secondes (soit 29,53 jours). En conséquence, le système est décalé d'un jour tous les deux ans, sept mois et environ 20 jours. Les montres d une gamme supérieure contiennent un système beaucoup plus complexe et précis, parfois décrit comme «phases de lune astronomiques». Dans ces garde-temps, le disque de la lune est actionné par une roue à 135 dents. La précision de ce mécanisme est une lunaison de 29 jours, 12 heures et 45 minutes, réduisant le décalage entre la lunaison mesurée et la lunaison réelle à un seul jour tous les 122 ans. Le rétrograde Sur des affichages «rétrogrades», les aiguilles décrivent un arc avant de retourner instantanément à leur position initiale pour commencer un nouveau parcours. Cette danse constante permet la création de cadrans à la fois originaux et très spectaculaires. 33
A la fin du XVIIe siècle, l'aiguille des heures de certaines montres de poche balaie un segment de cercle pour une demi-journée avant de retourner au point de départ et de recommencer. Abraham-Louis Breguet utilise ce type de mécanisme rétrograde vers la fin du XVIIIe siècle pour des fonctions telles que la date ou l'équation du temps. Après une baisse de popularité, cette complication connaît un retour en grâce à la fin du XXe siècle. Techniquement parlant, le système n'a rien de révolutionnaire, puisque la construction de l'ensemble du mouvement demeure inchangée. C est à la toute fin que vient la différence, avec le mécanisme complexe de bouclards, cliquets et ressorts, conçus et fabriqués avec une précision absolue, qui actionne les aiguilles. Les aiguilles rétrogrades se prêtent à toutes sortes d'indications, par exemple l'heure, les minutes et la date, et cette versatilité a inspiré une vague de montres bi-rétrogrades et tri-rétrogrades. Le système rétrograde est surtout impressionnant avec des indications au mouvement rapide telles que les secondes. Les aiguilles rétrogrades sont souvent combinées avec des indications sautantes. 34
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Les heures ou minutes «sautantes» Au lieu d'une aiguille, un «affichage sautant» utilise des chiffres visibles par un guichet, qui changent instantanément au passage de l'heure (ou de la minute). Le mouvement circulaire des aiguilles a été adopté par nos sociétés comme la manière la plus naturelle de communiquer le passage du temps, sans doute parce qu'il rappelle la rotation des planètes et le mouvement apparent du soleil, notre premier garde-temps. Il y a, cependant, d'autres manières d'indiquer l'heure, telle que «l'affichage sautant», habituellement utilisé pour montrer l'heure. A la place de l'aiguille, un disque où les heures s inscrivent en chiffres est visible par un guichet, à la façon du guichet pour le calendrier. Toutefois, à la différence de certains calendriers, chaque nouvelle indication est instantanée. Sur l'heure, le mécanisme fait avancer le disque d'un cran avant de le bloquer dans cette nouvelle position jusqu'à l'heure suivante. Certaines montres ont aussi des «minutes sautantes», mais les heures sautantes sont plus souvent combinées à des minutes rétrogrades. Les mécanismes à heures sautantes regagnent en popularité actuellement. Ils ouvrent un éventail de possibilités aux concepteurs, leur permettant de démontrer leur créativité dans des cadrans audacieux et originaux. Le tourbillon Aucune description des complications horlogères ne serait complète sans le tourbillon, la reine des complications. A plus de 200 ans d'âge, c'est l'une des plus anciennes et elle a peu d'utilité réelle pour la montre-bracelet moderne. Pourtant, ce mouvement à l'intérieur d'un mouvement est l'une des expressions les plus magistrales de l'art horloger et continue à subjuguer tant les spécialistes que les passionnés de montres. Dans les années 1700, les montres de poche étaient le plus souvent en position verticale, suspendues à un gousset à l'intérieur de la poche du gilet d'un homme. A chaque oscillation du balancier, la force de gravité agissait sur la roue minutieusement pesée, la tirant vers le bas et contrebalançant la force ascendante du ressort. 36
Afin de prévenir de telles fluctuations, Abraham-Louis Breguet a l'idée d'enfermer le «cœur» de la montre (le balancier, le spiral et l'échappement) dans une cage minuscule tournant sur elle-même et complétant habituellement une rotation en une minute. Cela permet à l'organe réglant d'adopter successivement toutes les positions verticales, grâce auxquelles les erreurs de vitesse s'annulent. Breguet obtient une patente pour son invention en 1801. Le tourbillon demeure une complication rare pendant tout le XIXe siècle, tandis que de nouveaux défis sont lancés au cours du XXe pour créer un tourbillon assez petit pour le boîtier d'une montre-bracelet. Le tourbillon est désormais un symbole accepté de l'excellence horlogère. Seule une poignée de manufactures et d'artisans est véritablement qualifiée pour fabriquer ce mécanisme minuscule, qui concentre entre 60 et 70 pièces en moins d'un gramme. Les horlogers continuent à perfectionner le tourbillon, et particulièrement son système de rotation. Si améliorer la précision du mouvement est un objectif moins justifié dans une montre-bracelet, le tourbillon demeure une prouesse technique remarquable et une complication visible qui continuent de fasciner. Cette cage rotative minuscule (en français du XIXe siècle, «tourbillon» se référait au mouvement des planètes) permet aux concepteurs de jouer indéfiniment sur la géométrie et la transparence du cadran. Au cours des dernières années, une nouvelle génération de tourbillons, tournant sur de multiples axes, a vu le jour, ainsi que des mouvements comportant plus d'un tourbillon. Un tourbillon volant est fixé d'un seul côté, sans pont pour le soutenir. Le carrousel partage avec le tourbillon, si ce n'est que son organe réglant tourne sur une plateforme, comme un cheval sur le carrousel d'une foire. 37
Les décorations L'essence d'une montre de haute horlogerie est le soin extrême apporté à chaque détail, ainsi que l'harmonie et la cohérence formées par l'ensemble de ces détails. Chaque étape dans la conception et la création d'un tel gardetemps est réalisée dans une recherche de beauté, d élégance et de perfection à l'esprit. Chaque partie de la montre, y compris les plus petits composants sur plusieurs niveaux à l'intérieur du mouvement qui demeurent invisibles, est décorée et finie avec la plus grande attention portée aux détails. L'apparence extérieure de la montre est intimement liée au type de mouvement et à l'information qui sera affichée (heures, minutes, secondes, date, phases de la lune, indications astronomiques, fonctions de chronographe, répétiteur minute, réserve de marche, etc.). Chaque mouvement les fait ressortir d'une manière différente. Les arts décoratifs tels que l'émaillage, la gravure et le sertissage embellissent davantage un garde-temps, le transformant en œuvre d'art. L'émaillage Intimement associé aux bijoux et à l'or depuis l'antiquité, l'émail est un choix naturel pour la décoration des montres de haute horlogerie depuis la Renaissance. L'émail est un verre transparent, coloré avec des oxydes de métaux qui, lorsqu'ils sont appliqués sur du métal et chauffés entre 800 C et 1 200 C, fondent et sont liés par fusion au métal. Lorsqu'elles sont polies, trois couches fines d'émail donnent un blanc d'une pureté et d'une luminosité uniques. Les dessins peuvent alors être gravés et les chiffres et autres marquages transférés. 38
Des émaux superbement colorés sont obtenus en ajoutant divers oxydes de métaux à l'émail transparent. Ils sont appliqués sur la base de métal (habituellement de l'or) avec une spatule ou un pinceau très fin. L'émail est cuit et le processus est répété autant de fois que nécessaire pour obtenir la couleur désirée. Les miniatures en peinture d'émail sont l'un des arts picturaux les plus rares et les plus précieux. La réalisation d'une miniature en émail exige des semaines d'intense concentration, de patience extraordinaire et des doigts de fée. La gravure Chaque mouvement d'une montre de haute horlogerie est individuellement et patiemment assemblé, ajusté et testé. Le soin extrême avec lequel chaque pièce est finie n'est pas qu'une question de beauté; il garantit la perfection technique, car personne ne passerait des heures à polir, graver et embellir une pièce imparfaite. Ce n'est qu'une fois la pièce façonnée et inspectée individuellement qu'elle est prête à être décorée, puis assemblée. La délicatesse et la complexité de cette finition et cet embellissement sont les plus apparents dans une montre «squelette», dont la transparence révèle la beauté et la structure complexe de son mouvement. L'art décoratif de l'horloger y trouve sa plus entière expression. Certaines pièces sont ciselées ou gravées à la main. Avec une virtuosité extraordinaire, le graveur incise le métal pour créer des dessins qui donnent une élégance rare et de l'émotion au mouvement entier. En lignes ou en reliefs, laquées ou serties, les gravures semblent être un fragment d'éternité. Le sertissage Sertir une montre de haute horlogerie avec des pierres précieuses et des diamants ne se résume pas en une simple «touche finale» qui augmente la valeur du garde-temps en question. Bien au contraire: depuis le tout début, chaque 39
détail qui constitue une montre-bijou de luxe est conçu, en gardant à l esprit, le travail du bijoutier et du sertisseur à l'esprit, car les pierres précieuses ne remplissent pas uniquement une fonction décorative ; elles sont une partie intégrante de la montre. Le sertissage exige une grande minutie et de la patience. Lorsque l'artisan orne le boîtier ou le cadran d'une création, la concentration totale et la discipline sont les clés de son succès. En particulier, appliquer des pierres précieuses sur un cadran émaillé immaculé comporte le risque de ruiner le travail précédent, raison pour laquelle cette tâche n'est confiée qu'à des sertisseurs très expérimentés. Les pierres précieuses ont le potentiel de nous éblouir lorsque la beauté cachée dans leurs profondeurs est révélée par la coupe de la pierre brute. La taille subtile de cadrans en pierres immaculées requiert des talents suprêmes de sculpture miniature. Enfin, sertir les pierres demande de la délicatesse et de la sensibilité. Seul un véritable expert sait aligner les pierres suivant l'angle qui capture le mieux la lumière, en harmonie avec les autres pierres et métaux précieux présents sur la montre. 40
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Les professions de l horlogerie Fabriquer une montre de haute horlogerie exige la collaboration étroite de près de 40 arts et artisanats, parfois vieux de plusieurs siècles, parfois à la fine pointe de la technologie. Nous examinerons de plus près certains des principaux métiers. Dans le domaine de l horlogerie, la particularité de la plupart des professions tient à la posture requise : assis à un établi haut, l'artisan est courbé afin que ses yeux soient très proches de la montre ou de la pièce. La loupe caractérise l'horloger, qui en a besoin pour voir les pièces minuscules sur lesquelles il travaille. D'autres outils comprennent le porte-mouvement, des tournevis de précision de tailles différentes et des brucelles, des estrapades et un soufflet. Le designer / styliste Bien que la haute horlogerie date de plusieurs siècles, un designer doit être en phase avec l'esprit de son temps, mais aussi faire preuve d une belle maîtrise de l'art du détail. Dès les premiers traits de crayon, le designer sait à qui est destinée la montre : si elle sera portée par un homme ou une femme, si elle sera sertie ou non, quelles seront ses caractéristiques techniques particulières et de quel mouvement elle sera dotée. La conception d'une montre de haute horlogerie est un exploit d'ingéniosité. Avec grâce, élégance et clarté, l'espace minuscule à l'intérieur du boîtier doit contenir les innombrables pièces qui actionnent les différentes fonctions. Lorsque le designer a terminé le dessin initial, de nombreuses et longues étapes le séparent encore des schémas détaillés prêts pour la production. La vision de l'artiste doit être transformée en faits et chiffres concrets. Ceci est réalisé en reproduisant le dessin en tant qu'images numérisées tridimensionnelles qui permettent d'analyser la future montre sous tous les angles et de faire les derniers ajustements. 42
Après cela, la montre est décomposée en pièces séparées. Chacune de ces centaines de pièces, jusqu'à la plus petite vis, doit être isolée, mesurée et dessinée. Le concepteur de mouvement La création du mouvement d'une montre mécanique demande des années de préparation. La tâche est confiée à des ingénieurs concepteurs et des micromachinistes horlogers, qui utilisent des outils numériques de pointe pour concevoir le mouvement et produire un prototype opérationnel, qu'ils vérifieront et valideront avant de concevoir chaque pièce différente en préparation pour la production en série. Un mouvement mécanique comprend des centaines de pièces, parfois microscopiques (les horlogers mesurent fréquemment en microns), qui doivent toutes s'emboîter parfaitement et contribuer efficacement au fonctionnement impeccable de l'ensemble. Dans une manufacture moderne, la production coordonnée de ces pièces est partagée entre de nombreux spécialistes appartenant à des dizaines de domaines. L'horloger Lorsque toutes les pièces de la montre ont été façonnées, finies et décorées, l'horloger les assemble au cours d'un rituel méticuleux, extrêmement long et complexe qui a très peu changé depuis des siècles. Il commence par répartir les différentes pièces sur son établi. Puis, en utilisant la platine comme fondation, il construit délicatement l'architecture mobile qui prend forme lentement. Ne quittant jamais sa loupe, il positionne les pièces en relation les unes avec les autres, les fixe avec des vis, ajuste chacune patiemment et, avec chaque nouvel élément, s'assure du fonctionnement correct du mouvement qui prend vie entre ses mains. Il y a un aspect particulier d'une montre mécanique de haute horlogerie qui est réservé aux Maîtres horlogers : les complications. Il peut falloir des mois de travail artisanal patient à un Maître horloger pour assembler un seul de ces 43
systèmes mécaniques exceptionnels. Ils exigent des connaissances au-delà du domaine de l'horlogerie, englobant l'astronomie, la science, la métallurgie ou la micromécanique. Ils requièrent aussi un flair artistique et une main experte. Le concepteur du boîtier Le boîtier d'une montre est l'expression immédiate du mouvement qu'il contient et protège. C'est aussi la partie de la montre que nous touchons, que nous sentons contre notre peau. Il doit donc posséder une forme harmonieuse et agréable. La création et la fabrication de la sculpture qu'est le boîtier d'une montre de haute horlogerie requièrent les exigences les plus élevées dans toutes les disciplines: l'esthétique (volumes harmonieux, contours et matériaux); la technique (robuste, protège parfaitement le mouvement de l'eau, de l'humidité, de la poussière et de la pollution); l'ergonomie (confortable) et l'artisanat (une finition superbe). Depuis les tout premiers dessins, les ingénieurs sont consultés pour transformer les idées du designer en dessins techniques précis. Le boîtier d'une montre de luxe est composé de nombreuses pièces : la carrure, en une ou plusieurs parties, le fond, la lunette et les cornes. La préparation, l'usinage et le perçage de ces pièces doivent être soigneusement coordonnés pour s'assurer qu'elles s'emboîtent parfaitement les unes dans les autres. Le cadranier Le cadran de la montre donne vie au mouvement, affichant ses fonctions et procurant à la montre son identité unique. La disposition des mécanismes, des roues et des complications qui forment le mouvement dictent l'apparence du cadran, en particulier la position des aiguilles, des sous-cadrans, des guichets et autres indications. Les concepteurs et artisans qui imaginent le cadran le font donc selon les spécifications du mouvement. 44
La fabrication de cadrans est un art et un artisanat à part entière qui demandent une expertise considérable et, très souvent, des «secrets» qui sont transmis d'une génération à l'autre. Visuellement, le cadran doit satisfaire une double exigence : il doit être agréable à regarder et lisible au premier coup d'œil. De nombreuses informations doivent être harmonieusement communiquées grâce aux aiguilles ou guichets sur une surface qui dépasse rarement les quelques centimètres carrés. Le cadran est souvent divisé en plusieurs sections et, au-delà de son raffinement et de sa beauté, son décor doit mettre en valeur et distinguer ces différentes zones. 45
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Crédits Sources www.beaglesoft.com/maintimehistory.htm http://learningenglish.voanews.com www.dl.ket.org/latin3/mores/calendar/time.htm http://romanvoices.wikispaces.com/roman+timekeeping www.myswitzerland.com www.askmen.com www.hautehorlogerie.org Longitude, de Dava Sobel, 1998, éditions Seuil Crédits Auteure : Valérie Hill, chemin des Daillettes 11, 1091 Aran, Suisse, www.greenminded.ch Version française : Jean-François Genoud, Valérie Hill et Inès Gaulis Experte et conseillère : Mme Shen Hong Xia, Ingénieure et Horlogère, 2300 La Chaux de Fonds, Suisse Images et photographies: www.dreamstime.com Editeur: Swiss Fine Travel, un label Swiss Fine Trade 2014 by Swiss Fine Trade 47
«Je ne peux pas lire l'heure, les chiffres changent tout le temps.» Paroles d'enfant «Mettez votre main dans le feu pour une minute et cela semble durer une heure. Asseyez-vous à côté d'une jolie femme pour une heure et cela semble durer une minute. C'est cela la relativité.» Albert Einstein «Personne n'a jamais complètement tort. Même une horloge arrêtée donne l'heure juste deux fois par jour.» Proverbe chinois 48
Certificat de participation à L'Atelier des Légendaires Montres Suisses dirigé par le Maître Horloger Suisse est décerné à Fait à.., le. le Maître Horloger.. 49
L'atelier de la montre mécanique vous emmène dans le monde magique et fascinant de la fabrication des montres. Après un voyage à travers le temps pour découvrir les garde-temps sous toutes leurs formes, vous vous glisserez dans la peau d'un horloger et exécuterez les gestes précis de cet art plusieurs fois centenaire. Bienvenue dans le monde de la Haute Horlogerie Comment crée-t-on une montre suisse de légende? Comment crée-t-on un chocolat suisse artisanal exceptionnellement fin? Comment produit-on un vin suisse inoubliable? C'est parmi d'autres thèmes ce que vous pourrez explorer dans le cadre de nos ateliers-découvertes. Swiss Fine Travel est un club exclusif qui offre à ses membres des découvertes privées et originales des aspects plus ou moins connus de la Suisse. Nous vous ouvrons les portes de personnalités, d'artisans et d'experts qui vous feront découvrir leur art de l'intérieur. A leurs côtés, vous vivrez des moments privilégiés et mémorables, dans des lieux souvent exceptionnels. 50