ERIC TABUCHI. BABEL WEB du 22 mars au 20 avril 2013 DOSSIER DE PRESSE



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ERIC TABUCHI BABEL WEB du 22 mars au 20 avril 2013 DOSSIER DE PRESSE

ERIC TABUCHI Du 22 mars au 20 avril 2013 Éric Tabuchi est un photographe français contemporain d'origine dano-japonaise. Alors que sa démarche semble être, de prime abord, basée sur l'errance et la découverte imprévue d'un lieu, d'un élément architectural ou d'un objet, une observation plus approfondie de son travail nous permet de découvrir une rigueur voir même une réelle obsession du sujet choisi. Reprenant les principes de la photographie objective, l'artiste se détourne de l'aspect purement documentaire et transforme, au travers de son objectif, une simple construction en une véritable sculpture. Pour l'occasion de son exposition au VOG, Éric Tabuchi se laissera porter par l'originalité et l'étrangeté du parking hélicoïdal de Grenoble. EVENEMENTS > VERNISSAGE 22 mars 2013 à partir de 18h > CONFÉRENCE D'HISTOIRE DE L'ART Par Fabrice Nesta, historien de l'art «La photographie, architecture de mémoire» le jeudi 4 avril 2013 à 19h > VISITES COMMENTÉES Par une médiatrice culturelle Du mercredi au Samedi entre 14h et 19h

ERIC TABUCHI Du 22 mars au 20 avril 2013 Arpentant les routes de France, Éric Tabuchi est en perpétuelle recherche de sites, lieux, objets isolés, abandonnés qui, pour nous, semblent dénués d'intérêt. Il évite soigneusement les lieux trop touristiques pour se tourner vers des non-lieux, des sortes de paysages intermédiaires perdus entre la ville et la campagne. Armé de son appareil photo, tel un artiste du romantisme, Éric Tabuchi erre jusqu'à trouver sa source d'inspiration habituellement liée au monde industriel et postindustriel. Très constant dans sa démarche, l'artiste nous présente des photographies documentaires, réalisées en prise de vue grand format, avec une véritable rigueur dans le cadrage. Ses séries photographiques paraissent, cependant, styliser l'objet choisit, ce qui vient perturber le réalisme des photographies. Éric Tabuchi brouille les frontières ente le documentaire et la fiction, la réalité et la simulation, sans pour autant avoir à retoucher ses images. Dans ses expositions, Éric Tabuchi met en corrélation ses photographies avec des maquettes, des vidéos créées en fonction du sujet tirés. Ces installations permettent de sublimer des constructions banales et de les présenter comme de véritables projets architecturaux. Après s'être renseigné et avoir découvert les architectures clés de Grenoble, le parking hélicoïdale de Grenoble, construit en 1932 entièrement réalisé en béton armé, ainsi que le pont en béton coulé du jardin des plantes (premier pont construit au monde en béton coulé, réalisé en 1855 par Louis Vicat)) seront des points de départ aux réflexions et créations de l'artiste pour son exposition au VOG. Le béton étant le point commun de ces deux constructions, coffrages, maquettes et motifs de spirales se feront face.

Pour aller plus loin... I/ Les sources d'inspiration de l'artiste A. Le garage Hélicoïdale de Grenoble Le garage hélicoïdal de Grenoble est une copropriété de garages à voitures au style architectural Art déco en béton armé. Inaugurée le 27 juillet 1932 pour recevoir 225 automobiles, elle en accueille de nos jours 252. Il fut conçu par deux architectes : Louis Fumet et Louis Noiray. Dans les années 1920 une forte expansion des voitures voit le jour. Dans les nouveaux immeubles des parkings sont intégrés aux constructions, ce qui n'est pas concevable pour les anciens bâtiments. Parfaitement conscients du problème, les architectes grenoblois Louis Fumet et Louis Noiray sollicitent en août 1927 auprès du maire de la ville, l'autorisation d'édifier dans l'hyper-centre de la ville, rue Bressieux, un garage cellulaire hélicoïdale en béton armé d'une surface au sol de 1373 m 2, et qui doit être soumis au régime de la copropriété. La particularité de ce garage par rapport à d'autres garages hélicoïdaux en France est d'être d'une grande discrétion de la vue des habitants, puisqu'il est construit dans la partie centrale d'un îlot d'immeubles, une situation l'empêchant d'exister visuellement.

B. Le pont en Béton coulé du jardin des plantes de Grenoble Dans le jardin des plantes de Grenoble, le petit pont en béton coulé est le plus ancien pont en ciment moulé du monde, il a été construit en 1855 par Louis Vicat et son fils Joseph. Louis Vicat est l'inventeur du ciment artificiel. Le ciment et donc une invention grenobloise! Cette invention va révolutionner les pratiques constructives. Les réalisations en béton coulé ou armé nécessite avant tout un coffrage, structure en bois qui a pour rôle de servir de moule. Ce coffrage dois alors être extrêmement bien pensé et conçu. C'est ce qui intéresse particulièrement Éric Tabuchi, pour qui le coffrage est considéré comme une œuvre à par entière. C. La tour de Babel Pieter Brueghel l'ancien, La grande Tour de Babel, 1563, La construction de la tour de Babel, Heures du Duc de Bedford, Xve siècle. Londres, British Library huile sur bois, 114 x 155 cm, Kunsthistorisches Museum Vienne, Autriche

A l'origine, les hommes parlaient tous la même langue. Dans un épisode de la Genèse, les hommes décident de construire «une ville et une tour dont le sommet touche au ciel». Yahweh y voit une manifestation de l'orgueil humain, qui veut égaler Dieu. «Descendons, dit le seigneur, et là, embrouillons leur langage de sorte qu'ils ne comprennent plus le langage les uns des autres» (Gn 11, 7-9). Ensuite Dieu «les dispersa sur la surface de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville». Cette épisode marque la fin des premiers temps (Création, Chute d'adam et Ève, Déluge). Trois thèmes ont été illustré par les artistes : la construction de la tour, sa destruction et enfin la confusion des langues, suivie par la dispersion des hommes. Les deux premiers ont été les plus exploités. Le motif de la tour à rampes extérieures hélicoïdales apparaît à la fin du XIVe siècle. II/ La spirale dans les arts-plastiques Le motif de la spirale est chargée de significations symboliques. Tour à tour symbole cosmique, symbole de la vie et de la fécondité, de la temporalité, de la permanence de l Être à travers les fluctuations du changement, la spirale a été utilisée dans les artsplastiques dès l'époque paléolithique (où elle est marquée sur des idoles féminines), et dans toutes les cultures. Un parcours en spirale, s'enroulant ou se déroulant, a souvent pris dans la danse une valeur sacrée. (ci dessous, deux exemples parmi tant d'autre...) A. La spirale à travers les artistes du Bauhaus Le Bauhaus est un institut des arts et des métiers fondé en 1919 à Weimar (en Allemagne), sous le nom de Staatliches Bauhaus, par Walter Gropuis. Il désigne par extension un courant artistique concernant, notamment, l'architecture et le design, mais également la photographie, le costume et la danse. Ce mouvement posera les bases de la réflexion sur l'architecture moderne. Si l'école du Bauhaus est surtout connue pour ses réalisations en matière d'architecture, elle a aussi exercé une forte influence sur les arts-plastiques. Le Bauhaus a connu trois directeurs : Walter Gropius, Hannes Meyer et Mies Van der Rohe. La spirale va permettre à de nombreux plasticiens des recherches sur la couleur et l'espace. L'harmonieuse perfection de sa courbe qui se déroule diffuse une charge lyrique à ce qui pourrait ne ressembler qu'à une froide géométrie.

Johannes Itten, Die Begegnung, 1916 Johannes Itten, Turm des Feuers, 1920 Johannes Itten (Thun, 1888 Zurich, 1967), de formation scientifique, est un peintre théoricien suisse. Il fait partie des premiers enseignants réunis à Weimar par Gropius. Il prônera la libération des forces créatrices de l'homme. Ses recherches s'axent sur les couleurs et les rythmes de composition. Il crée des compositions géométriques dont l'espace est organisé en fonction des «qualités dynamiques» des couleurs, disposées en aplat. Max Bill, Sphere and Endless Spiral, 1983, granite, Zurich Max Bill, Variations 15, 14, 13, 12, 1935-1938

Max Bill (Winterthur 1908 Berlin 1994) est un peintre, sculpteur et et architecte suisse. Après une formation d'orfèvre, il étudiera au Bauhaus. Il développe à la fin des années 30 les méthodes et principes de l'art concret (mouvement de l'abstraction géométrique) et prône l'utilisation des sciences exactes et des mathématiques dans la construction des œuvres d'art. Max Bill fonde son art sur la ligne droite et sur l'assemblage de plans géométriques dans des proportions strictement calculées. Pour lui aussi, la recherche picturale reste fondamentales. B. La spirale à travers le Land Art Rappel : Le land Art est une pratique artistique qui se réalise dans la nature, et le plus souvent avec des éléments naturels. Les créations sont donc le plus souvent à l'extérieur et soumises aux intempéries. Les œuvres ont alors une durée de vie limité, il s'agit d'un art dit éphémère. Par sa forme tourbillonnaire, la spirale est très suggestive de mouvement. Elle est une structure fréquente et essentielle dans la nature biologique elle-même (coquillages, «spirale génératrice» ou «hélice foliaire» de la disposition des feuilles sur leur tige, enroulement des plantes volubiles, etc.). Cet aspect esthétique de la nature est au centre des créations de land art. Rappelons que la spirale est un symbole de la substance vivante.

privée de la région afin d'avoir suffisamment de main d œuvre et de machines pour la réalisation de cette œuvre titanesque, 6550 tonnes de rochers ont été déplacés! Cette sculpture fut réalisée en 6 jours. Deux ans après sa création, en 1972, après une montée des eaux du lac, Spiral Jetty fut totalement recouverte. Elle existe néanmoins encore aujourd'hui, lorsque le niveau de l'eau baisse, la sculpture émerge. Le Land art naît en 1968 avec l'exposition intitulée Earth Works. Comme la plupart des mouvements nés dans les années 1960, le Land Art cherchait à lier l'art et la vie, à arrêter de produire des œuvres destinées à être seulement admirées dans des musées. Les artistes essayaient d'être en communion avec la nature, de prendre le temps de la regarder et de vivre avec elle. La promenade devient alors primordiale pour les artistes de ce mouvement artistique. Robert Smithson a choisit ce site à cause de ses couleurs atypiques (l'eau rouge des lacs salés). C'est en se promenant sur les rives du lac qu'il eu l'idée de former un spirale. Naturellement, les cristaux de sel se déposent sur les roches en formant de mini spirales! NB : déjà évoqué dans le dossier pédagogique de Lina Jabbour (janvier/février 2013) Andy Goldsworthy,"Kirik taslardan spiral" Andy Goldsworthy, Ice Spiral Treesoul Andy Goldsworthy est un artiste britannique né en 1956. Il est l'un des principaux artistes du Land Art. Il travaille généralement en plein air, avec des matériaux trouvés sur place. Andy Goldsworthy considère ses œuvres comme de l'«art éphémère», le temps de dégradation pouvant varier de quelques secondes à plusieurs années : sculptures de glace qui ne durent qu'une saison, sculptures de sable sur une plage disparaissant à la première marée, constructions de pierre ou de métal qui ne subissent qu'une usure naturelle. La photographie joue alors un rôle crucial dans son art. Goldsworthy conserve les traces de ses œuvres au moyen d'épreuves photographiques en couleur dont beaucoup sont accompagnées d'un titre sous forme de légende expliquant la genèse de l'œuvre. Selon ses propres termes, «chaque œuvre pousse, subsiste, se dégrade

composantes intégrales d'un cycle que le photographe montre à leur point culminant, balisant le moment où l'œuvre est la plus vivante. Il y a une intensité dans une œuvre à son sommet qui j'espère s'exprime dans l'image. L'évolution et le délabrement sont implicites.» Son intention n'est pas «d'apposer sa marque» sur le paysage mais de travailler instinctivement avec lui, afin que ses créations manifestent, même brièvement, un contact en harmonie avec le monde naturel. Il s'intéresse particulièrement au temps tel qu'il est rendu manifeste par l'évolution de la nature. «Mouvement, changement, lumière, croissance et altération sont l'âme de la nature, les énergies que j'essaie de faire passer à travers mon travail» III/ La démarche de l'errance l'errance est très souvent reliée au Romantisme mais particulièrement au Romantisme allemand. Dans le romantisme allemand, le voyage est à la fois exploration de l'extériorité et de l'intériorité. Il s'agit d'un voyage, d'une recherche sans but, et prend alors la forme de l'errance et d'un retour à la nature. L'errance telle qu'elle apparaît dans le Romantisme allemand unit l'ironie et la vision tragique. Le Romantisme allemand se situe approximativement entre 1770 et 1840. Caspar David Friedrich, Le voyageur au dessus de la mer de nuages, 1818, huile sur toile, 98 x 74cm Caspar David Friedrich, La Mer de glaces, 1823-1824, huile sur toile, 126,9 x 96,7cm Caspar David Friedrich est un des plus grands artistes romantiques allemands. Il est né en 1774 et mort en 1840. «Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu'il voit en face de lui, mais aussi ce qu'il voit en lui.» Cette phrase de Friedrich est la clé de son œuvre, elle exprime tout le travail de l'artiste romantique face à la nature. Il s'agit pour lui de mêler son propre état d'esprit issu de cette vision à la représentation de la nature. Le paysage est alors proche de la réalité mais reste chargé de symboles. Nous sommes face à un paysage psychologique voir philosophique. Le personnage présent

dans la scène nous tourne le dos, il est vêtu d'une tenue de ville (il semble être au sommet d'une montagne...) le paysage serait alors le reflet de l'état d'esprit du peintre et de l'homme du XIXe siècle. Tourné vers un lointain, un avenir encore incertain. John Baldessari, All the Trucks from LA to Santa Barbara on a particular day, 1963 John Baldessari, né en 1931 à National City en Californie, est une figure incontournable de l'art conceptuel, et un des artistes les plus influents des quarante dernières années. Au début des années 60, il parcourt les routes californiennes à la recherche d'inspiration et d'images pour ses toiles. Depuis sa voiture de sport, il photographie les arrières des camions qui sont autant de surfaces lisses et planes comme des tableaux. Cette célèbre série d'images (voir image ci-dessus), à l'origine simple document de travail, le pousse à abandonner la peinture pour la photo et contribue à faire entrer la photographie dans les galeries d'arts. Éric Tabuchi, lui, a traqué les poids lourds sur des milliers de kilomètres pour trouver des logos en formes de lettre et réaliser un abécédaire parfait en 2008. IV/ La photographie Documentaire La photographie est le point central du travail d Éric Tabuchi. Ses sujets photographiques sont pris tel des portraits. Il nous montre des constructions que nous ne prenons pas le temps d'observer voir d'admirer. Pour sa démarche et sa technique, Éric Tabuchi peut être rapproché des artistes suivant.

Walker Evans, Greek Revival Townhouse with Men Seated in Dourway, New Orleans, March 1935, gelatin silver print Walker Evans, Alabama Tenant Farmer Wife, 1936 1903 1975) Gelatin silver print Walker Evans, Street Scene, Vicksburg, Mississippi, 1936 Gelatin silver print Walker Evans (1903-1975) est un célèbre photographe américain. L'aspect documentaire de ses photos est très fort on parle même d'une «exigence de la réalité». On observe une réelle volonté de détachement afin de montrer la réalité le plus objectivement possible, avec le plus de neutralité. Le choix de la lumière est alors très important, Walker Evans choisit la lumière rasante de côté, révélatrice d'un maximum de détails. Il s'intéresse aux familles humbles de fermiers, les blancs pauvres de l'alabama... Il n'y a pas de pathos même dans ses portraits, juste une beauté brute. Il s'intéressera aussi à la vie moderne oppressante. A l'origine photographe journaliste, Walker Evans se voit attribué un statut d'artiste photographe. Il est actuellement qualifié de photographe conceptuel radical. Son but : Comment raconter l'histoire d'un pays avec un simple appareil photo, avec pudeur et éthique.

Lewis Baltz, West Wall, Business Systems Division, Pertec, 1881 Langley, Costa Mesa 1974 Lewis Baltz, North Wall, Automated Marine International, 1641 McGaw, Irvine 1974 Lewis Baltz, est un photographe et artiste conceptuel américain né en 1945 en Californie. Il vit et travaille aujourd'hui en Europe, principalement en France et en Italie. Cet artiste s'intéresse principalement à l'architecture car c'est pour lui la part la plus «vaste et la plus durables des créations humaines». Mais il s'attarde sur la «sousarchitecture» c'est à dire celle qui n'est pas conçue par des auteurs, mais celle qui constitue 99% de notre environnement visuel (maisons, lotissements, bâtiments d'une zone industrielle...) Il nous montre «ces choses que l'on repousse hors du champ de vision, que l'on rend invisibles par négligence culturelle». Avec Lewis Baltz, nous sommes face à un art qui reste politique, c'est un regard critique sur notre société, notre évolution, notre mode de vie. Baltz c'est tourné vers d'autres médiums, pour lui la photographie était à l'origine le meilleur moyen de montrer une image de la réalité mais aujourd'hui cela a changé, la vidéo semble plus adaptée. Bernd & Hilla Becher, Large, steel storage tank, 1960 Bernd & Hilla Becher, Lime Kilns, 1968

Bernd et Hilla Becher sont un couple de photographes allemands nés en 1931 et 1934. Depuis les années 50, ils photographient des bâtiments industriels comme des puits de mines, des châteaux d'eaux, des usines ou des silos à grains. Ils photographient toujours de la même manière (ciel couvert), le même cadrage (frontal et centré) et la même technique (chambre 20 x 25, téléobjectif pour éviter les déformations) de façon à créer des typologies de ces constructions qui mettent en valeur leurs points communs et leurs différences. Ils font une sorte de recensement du patrimoine industriel. Ils sont dans une démarche documentaire. Leur objectif est de garder des images de ce passé industriel voué à la démolition. Ces bâtiments et installations ont été conçus par des architectes et des ingénieurs anonymes dans un but utilitaire, sans souci d'esthétique. Les Becher font partis des photographes réalisant ce que l'on nomme de la «photographie objective», c'est-à-dire que la place est donné à l'objet. Ils vont constituer une collection impressionnante à l'intérêt aussi bien historique qu'esthétique.

En classe... Enrichir son vocabulaire artistique : Qu'est-ce qu'un documentaire? Qu'est-ce qu'une spirale, comment la réalise-t-on? Qu'est-ce que l'architecture? Qu'est-ce qu'une maquette, à quoi ça sert? Internet, c'est quoi? Et le virtuel, qu'est-ce que ça signifie? Suggestion d'ateliers : La spirale dans tous ses états! Sur une feuille blanche, dessine pleins de spirales, des grandes, des petites, dans un sens puis dans l'autre, en utilisant différents matériaux (feutres, crayons, peinture, collage...) Tu cacheras dans ton dessin un petit escargot que tu auras aussi dessiné! Tes camarades devront le retrouver. Le but est de s'entraîner à dessiner des «escargots» des spirales et à manier différentes techniques. (Pour tous les niveaux) Mon arche de Noé... Comme Eric Tabuchi, à toi d'inventer ton arche de Noé. Collage et dessin peuvent être utilisés. (Pour tous les niveaux) Constructions géométriques (Pour les élèves à partir du cours élémentaire) Travail de collage. En partant du module suivant : 3 carrés, 3 rectangles, 3 triangles et 3 hexagones (chaque arrête doit avoir la même taille), trouve différentes manières de les associer (par les angles, les arrêtes, en hauteur, en largeur...). Cette construction doit pouvoir être réalisée avec de vrais volumes donc tout doit se toucher! Ma cabane indestructible... Réalise la maquette de ta cabane indestructible. Le matériel utilisé se limitera à maximum 3 boîtes d'allumettes. Tu peux alors utiliser le carton des boîtes comme tu le veux (découpé, collé...) ainsi que les allumettes qui peuvent t'aider dans la construction. Travail en plusieurs étapes. Etape 1 : le croquis, dessine ton idée avant de la réaliser. Il faut un dessin clair et réalisable!! Etape 2 : la réalisation!

ERIC TABUCHI Eric Tabuchi Vit et travaille à Paris www.erictabuchi.fr/ Expositions personnelles (sélection) : 2013 Le VOG, Fontaine 2011 Mini Golf, La Chambre, Strasbourg Indoor Land, Le Maillon, Strasbourg 2010 Réserve Naturelle, Palais de Tokyo, Paris Between Peaks, Galerie Dohyang Lee, Paris 2009 Hyper Trophy, Galerie Florence Loewy, Paris 2008 K concret, Galerie Florence Loewy, Paris Walk the line, Kiosque/Images, Paris 2007 Kiosque/Images, Paris 2005 Drive-in, avec Kristina Solomoukha, Le Pavé dans la Mare, Besançon 2004 Quelques règles pour le post-tourisme, Librairie Le Moniteur, Paris KSET, avec Kristina Solomoukha, Espace d Art Contemporain, Paris (catalogue) Eclairage néon juste après le coucher du soleil, avec Kristina Solomoukha, Frac Basse-Normandie, Caen 2003 9 Bis, Saint-Étienne 2002 Duplex, Collective Gallery, Edinburgh, Écosse 1999 I love Belfast, Centre de la Poésie, Marseille Expositions collectives (sélection) : 2011 Safari, Lieu Unique Nantes Vertigo, Galerie Jeanroch Dard 2010

Derrière les panneaux, il y a des hommes, La Tôlerie, Clermont-Ferrand La diagonale du vide, La Salle de bains, Lyon 2008 Paris photo, Galerie Florence Loewy, Paris Panoramic view of daily workers (collaboration avec Sylvain Rousseau) Galerie LH, Paris 2007 Expats/Clandestines (collaboration sonore avec Saâdane Afif), Wiels, Bruxelles Même monde, même rêve (collaboration avec Sylvain Rousseau), Le Commissariat, Paris 2006 Sickkiss (collaboration sonore avec Stefan Nikolaev), Galerie Michel Rein, Paris 2005 Ici Rêver Ici, Esba, Tours Afterhours, Glassbox hors-les-murs, Paris 2003 Sur le front, Le Triage, Nanterre 2002 Biennale de Gwangju, avec Glassbox, Corée Double Vie, Galerie Clark, Montréal, Canada Voisins, Voisines, Glassbox, Paris 2000 High Fidelity, White Box, New York Psycho Park, avec Glassbox, Erba, Nantes 1999 Nous nous sommes tant aimés, avec Glassbox, Ensba, Paris ZAC 99, avec Glassbox, Musée d Art Moderne de la Ville de Paris Côte Ouest Global Motion, University Art Museum, Santa Barbara Heartbreak Hotel, Thun, Suisse Clin d œil, Gallery Fotohof, Salzburg, Autriche Glassbau, Fondation Cartier pour l Art Contemporain, Paris

Le VOG, Centre d'art Contemporain de la Ville de Fontaine a ouvert ses portes en mai 2005. LES OBJECTIFS > la diffusion des artistes ; > la sensibilisation à l'art contemporain ; > susciter des rencontres avec différents publics. LES ACTIVITÉS > Organisation d'expositions d'art contemporain : cinq artistes sont accueillis chaque année. Chaque exposition a une durée de six semaines et comprend : un vernissage, une conférence d'histoire de l'art et une rencontre entre l'artiste et le public. > L'édition et la co-édition de catalogues. > L'organisation d'actions pédagogiques : accueil de scolaires, publics isolés... > L'organisation d'actions artistiques : accueil d un artiste en résidence. > La médiation culturelle : accompagnement de différents publics dans la découverte de l art contemporain. Le VOG a accueilli depuis son ouverture les œuvres de Nicolas Aïello, le collectif d'artistes UCD, Ramuntcho Matta, Cecile Hesse et Gaël Romier. Mais également, Virginie Marnat-Leempoels, Gilles Balmet, Camille de Galbert, Agnès Perroux, Anthony Vérot, Cyril Hatt, David Boeno, Etienne Bossut, Eric Hurtado, Olivier Nottellet et Camilla Olivera-Fairclough (Carte blanche de Philippe Cyroulnick, directeur du centre d art Le 10neuf). En 2011, le VOG a invité Folly Afahounko, Sylvain Sorgato, le Gentil Garçon, Jean- Antoine Raveyre, Johann Rivat et Alessandro Nassiri. En 2012, il y a eu Alain Bublex, Rémi Uchéda, Christiane Geoffroy, Mathilde Barrio Nuevo dans le cadre des Galeries Nomades avec l'iac de Villeurbanne et Marc Desgrandchamps. En janvier 2013, le VOG a accueilli Lina Jabbour.

Et l'année 2013 a débuté avec Lina Jabbour. Le VOG, lieu incontournable de l'agglomération grenobloise, accueille plus de 6000 visiteurs par an. LE VOG Centre d Art Contemporain de la Ville de Fontaine 10, av Aristide Briand 38 600 Fontaine Tel : 04 76 27 67 64 Email direction : marielle.bouchard@ville-fontaine.fr Email médiation : clemence.despois@ville-fontaine.fr Blog : http://www.levog-fontaine.eu