Club Poker 78 Juin 2013
Introduction Le Seven Card Stud est une variante de poker née aux USA, au milieu du XIXe siècle. À partir des années 1930, ce jeu devient la variante la plus populaire dans les casinos et les clubs de poker, avant d'être détrôné par le No Limit Hold'em au début des années 1980. Ceci n'a pas empêché le Stud de rester une variante de poker encore très répandue, faisant notamment partie des jeux mixtes tels que le H.O.R.S.E., le 8-game, etc. Règles Le Seven Card Stud se joue de deux à huit joueurs, avec un paquet de 52 cartes standard. Chaque joueur reçoit tout d'abord trois cartes : deux cartes face cachée et une carte face visible. Après un premier tour d'enchères, appelé "3rd street" en référence au nombre de cartes distribuées jusqu'alors, chaque joueur reçoit une nouvelle carte face visible. S'ensuivent trois tours d'enchères qui se déroulent de la même manière. Une fois la septième et dernière carte distribuée, on en arrive au tour d'enchères final : la river. Les mains encore en jeu sont alors dévoilées et participent à l'abattage. Le gagnant est celui qui forme, à partir de ses sept cartes, la meilleure main de poker composée de cinq cartes. La hiérarchie des mains est la même que dans la plupart des autres variantes de poker. - 2 -
: Règles La variante la plus courante est le Limit Stud : les blinds étant remplacés par des antes et un bring-in. Tous les joueurs paient un ante (10-15% du small bet) avant que les trois premières cartes ne soient distribuées. Lors du premier tour d'enchères, c'est le joueur avec la carte visible la plus basse qui ouvre le tour d'enchères. Il a le choix entre payer le bring-in (25-50% du small-bet) ou miser l'équivalent d'un small bet. Si plusieurs joueurs possèdent la carte la plus basse, c'est celui qui possède la couleur la plus forte qui débute (pique>cœur>carreau>trefle). Ce premier tour d'enchères se déroule dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du joueur chargé de payer le bring-in. Les joueurs ont le choix entre se coucher, suivre ou effectuer un completion bet. Une relance incrémente le montant des enchères d'un montant équivalent à la mise minimum (small bet) sur les premières streets, big bet sur les suivantes). En règle générale, le nombre de relances est limité à quatre au total. - 3 -
: Règles Le premier à parler lors des tours d'enchères suivants est le joueur avec la combinaison de cartes visibles la plus forte. Cela signifie que la position du joueur qui parle en premier peut changer plusieurs fois au cours d'un même coup. Si deux joueurs possèdent la même combinaison de cartes visibles, alors la couleur des cartes est de nouveau déterminante. L'unité de grandeur des mises et relances effectuées sur la 4th street est le small bet. De la 5th à la 7th street, c'est le big bet (égale à 2 small bets) qui devient la référence. Contrairement à ce qui se passe dans les autres variantes de Stud, un joueur possédant une paire visible sur la quatrième street peut choisir de miser un big bet au lieu d'un small bet. S'il ne le fait pas, les joueurs parlant après lui ont, eux aussi, le droit de miser ou de relancer du montant d'un big bet. Cette option reste ouverte tant qu'il n'y a pas eu de relance du montant d'un small bet, et tant que la parole n'est pas revenue au joueur qui était premier à parler. - 4 -
: Dead cards Étant donné que chaque joueur voit ses propres cartes et celles de ses adversaires, il n'existe pas de table des mains de départ en Stud poker. La force d'une main de départ donnée va changer considérablement en fonction : des cartes adverses visibles, de notre position par rapport au bring-in et des mises adverses. Il existera également de grosses différences en fonction de celle de nos trois cartes qui se trouvent face visible. L'une des clés pour les décisions prises sur la 3rd street est le concept de "dead cards". Les dead cards sont les cartes qui amélioreraient notre main, mais appartiennent à l'adversaire. Par exemple, si nous avons trois piques, alors tous les piques visibles chez les adversaires représentent pour nous des dead cards. Si nous avons une paire de Dix et un As, alors tous les Dix et les As visibles sont pour nous des dead cards. Notre main de départ est pratiquement dead, les chances d'amélioration étant très réduites. - 5 -
: Dead cards À l'inverse, les cartes qui peuvent nous aider et ne se trouvent pas parmi les cartes adverses visibles sont des outs "live". On dit que notre main est "live". Il est nécessaire de se montrer particulièrement attentif, puisque vous devez avoir en tête toutes les dead cards des streets précédentes afin de bien mesurer les possibilités d'amélioration de votre main, ainsi que des mains adverses. Vous devez accorder le même soin au choix de vos mains de départ que dans les autres variantes de poker. Vous devez jouer tight et sélectionner soigneusement vos mains. Dans le cas du Stud, cela signifie jouer des mains de départ avec le plus d'outs live possible, possédant donc les meilleures chances de s'améliorer et de remporter le pot. - 6 -
3rd street : sélectionner et jouer les mains de départ Pour faire simple, on peut répartir les différentes mains en trois catégories : mains faites, mains à tirage mains poubelle. Avec les mains faites, nous allons miser et relancer afin de protéger et de maximiser notre profit. Avec les mains à tirage, nous devons être plus prudent et uniquement payer si nous avons des outs live, et si la cote implicite est suffisante pour pouvoir rester en jeu. Les mains poubelle devront pour leur part être couchées, sauf dans les situations où nous avons la possibilité de voler les antes et le bring-in. Examinons de plus près chacune de ces catégories de mains de départ : - 7 -
3rd street : sélectionner et jouer les mains de départ Mains faites (1/2) Les mains faites sont les paires hautes et les brelans, également appelés rolled-up trips. Avec les brelans, notre intérêt est de faire grossir le pot au maximum. La protection contre des mains faites inférieures ou des mains à tirage n'est pas la priorité dans ce cas. Si vos adversaires jouent de façon trop prudente et ont tendance à se coucher facilement, on pourrait parfois envisager de sous-jouer ces mains. Les paires hautes sont plus vulnérables qu'en Hold'em. C'est pourquoi nous devons essayer d'amener le maximum de joueurs à se coucher, afin de ne plus avoir qu'un ou deux adversaires. La combinaison gagnante la plus fréquente en Stud Hi est la double paire. C'est la raison pour laquelle une bonne paire sur la 3rd street peut être vue comme une bonne main à tirage. Lorsque nos cartes sont supérieures aux cartes visibles des adversaires, nous avons intérêt à jouer agressivement puisque nous avons de bonnes chances de toucher la meilleure double paire d'ici la river. Dans le même temps, nous devons toujours nous assurer d'avoir des outs live. - 8 -
3rd street : sélectionner et jouer les mains de départ Mains faites (2/2) Lorsque nous jouons une paire moyenne, nous devons tenir compte de la valeur de la troisième carte, le kicker. Cette carte peut en effet nous permettre de toucher une paire supérieure aux paires de nos adversaires. Aux tables fullring, il est préférable de coucher les petites paires, surtout si nous n'avons pas un bon kicker, ou s'il s'agit de ce qu'on appelle une "split pair" (l'une des cartes formant la paire est visible). Si l'adversaire voit que nous jouons agressivement une paire visible sur l'une des streets suivantes, il va facilement en déduire que nous avons probablement un brelan et sera moins disposé à mettre de l'argent dans le pot. C'est la raison pour laquelle les paires cachées ("closed") ont davantage de valeur sur la 3rd street. Les doubles paires basses vont rarement remporter un pot, c'est pourquoi ces mains ne doivent pas être considérées comme des mains faites, mais plutôt comme des mains à tirage pour toucher un brelan. Ces mains doivent donc être jouées passivement. - 9 -
3rd street : sélectionner et jouer les mains de départ Mains à tirage (1/2) Toutes les mains qui n'appartiennent pas encore à la catégorie des mains faites, mais ont des outs pour s'améliorer, sont considérées comme des mains à tirage. Il s'agit de mains assorties ou de connecteurs, par exemple à ou et d'overcards comme quand les cartes visibles adverses sont. Plus une main a de potentiel et d'outs live, plus elle est forte. C'est la raison pour laquelle trois cartes connectées et assorties doivent être relancées depuis n'importe quelle position. Toutefois, les mains à tirage ne sont généralement pas assez fortes pour faire grossir le pot dès la 3rd street. C'est pourquoi on aura tendance à les jouer passivement. La sélection de ces mains dépend d'un grand nombre de facteurs, comme notre position et le nombre d'adversaires impliqués dans le coup. Les overcards ne valent rien en tant que telles, et comptent uniquement pour leur potentiel "backdoor" lorsqu'il vient s'ajouter à un autre type de tirage. Ceci s'explique par le fait que, même si nous sommes suffisamment chanceux pour toucher une main sur les streets suivantes, nos adversaires vont être réticents à payer lorsqu'ils verront apparaître parmi nos cartes visibles des overcards élevées et connectées. - 10 -
3rd street : sélectionner et jouer les mains de départ Mains à tirage (2/2) Avec les mains à tirage, notre objectif principal est d'avoir plusieurs adversaires impliqués dans le pot. Il faut donc se montrer prudent si des joueurs agressifs doivent encore parler, une succession de relances risquant de rendre notre main à tirage injouable. Pour pouvoir jouer un tirage couleur, le nombre de dead cards ne doit pas être supérieur à deux. Les tirages quinte doivent être joués très prudemment. Ils peuvent en effet être dominés par des tirages couleur et possèdent, en moyenne, moins d'outs pouvant déboucher sur une bonne main. Notre objectif est de voir les streets suivantes pour le moins cher possible. Il est donc préférable d'éviter de limper depuis le début de parole, lorsqu'on doit parler peu après le limp-in. Les connecteurs à trou ne devraient pas être joués, les chances de toucher étant trop réduites, surtout s'il y a des dead cards. On pourra tout de même jouer les tirages quinte derrière des limpers, ou après un raise suivi d'un call, à la condition qu'il y ait une dead card au maximum. Lorsque nous sommes en fin de parole, avec la possibilité de fermer le tour d'enchères, que nous sommes dans un pot multiway, ou que notre main possède un potentiel supplémentaire d'amélioration, alors nous pouvons être un peu moins strict dans notre sélection. Avec une bonne main offrant plusieurs possibilités de tirage, nous pouvons même aller jusqu'à relancer, ce qui nous permet de prendre l'initiative et de dissimuler la force réelle de notre main. - 11 -
3rd street : sélectionner et jouer les mains de départ Mains poubelle Toutes les mains n'appartenant à aucune des deux catégories précédentes sont des mains poubelle. On devrait pratiquement toujours les coucher et attendre une meilleure occasion. L'expression "tight is right" vaut encore davantage que dans les autres variantes, telles que le Hold'em ou le Omaha. Il reste cependant vrai que, moins il y a de joueurs à la table, plus nous pouvons nous permettre d'élargir notre éventail de mains de départ. Si tout le monde s'est couché avant nous et que nous sommes le dernier ou l'avant-dernier à parler avant le bring-in, alors nous pouvons essayer de voler les antes et le bring-in, même avec des mains médiocres. Cette tentative a de bonnes chances de réussir, puisque le joueur qui a payé le bring-in est celui qui possède la plus petite carte visible. Sa main est donc généralement plutôt faible. La réussite de votre tentative de vol dépend notamment de la hauteur de votre propre carte visible, et du fait qu'elle soit live ou non. De façon générale, la théorie mathématique sous-jacente est relativement complexe et dépend fortement de la structure d'ante et de bring-in. - 12 -
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