POUR PREPARER UNE SEANCE EFFICACE Par Olivier Dupin Un bon entraînement traite d un thème et d un seul, même si quelques thèmes fondamentaux y sont nécessairement présents (l adresse et la conduite de balle doivent apparaître, même si le thème est la défense individuelle). Il faut donc, avant toute chose, sélectionner le thème du jour : par exemple le tir à mi-distance. Un entraînement qui dure entre 1h15 et 2h00 doit comporter entre 4 et 6 exercices (échauffement et match inclus) et sont, dans l idéal, évolutifs. L échauffement est une situation de basket, cela exclue donc les tours de terrains, les diagonales, les exercices sans ballon. Il est plus utile de faire un échauffement directement en relation avec l objectif de la séance (c est-à-dire le thème du jour). Cela évite une perte de temps et le dégoût des joueurs pour qui courir est rébarbatif : courir autour du terrain n est pas du basket. Dans notre cas, on choisira de faire directement un exercice sur le tir à mi-distance. Notons que si l échauffement est fait «balle en main», il n y a pas de risque de blessure (à condition de commencer doucement et d augmenter le rythme progressivement). Après l échauffement, une séance brève d étirement est indispensable, ainsi qu une bonne hydratation. La musculation se fait avant l échauffement ou juste après à condition qu elle ne soit pas trop longue. Pour faire un bon exercice (dont l échauffement et le match font partie) : - il faut définir un objectif principal (par exemple : le tir à mi-distance après dribble) - il faut le faire dans des conditions de match (intense) - il faut proposer des consignes de réussite (c est-à-dire l ensemble des conseils que l on donne aux joueurs pour réussir l exercice (par exemple : lors du tir, chercher à aligner le genou, la tête et le coude) - il faut observer et avoir préparé une évolution ou une remédiation pour s ajuster au niveau des joueurs (par exemple : le joueur n arrive pas à marquer, on réduit la distance de tir) La situation de match qui clôt l entraînement est un exercice comme les autres, il doit donc avoir un objectif et c est à l'entraîneur de proposer des conditions pour que ce thème soit respecter. Exemple d entraînement sur le tir à mi-distance (1h30 maximum) : Exercice 1 (échauffement) (15 min) Objectifs : Tir en suspension après dribble. Mise en place : Proposer une situation où chaque joueur a un ballon et se déplace en dribble jusqu à un plot pour tirer. Evolutions : Changer la position du plot, imposer la main qui dribble Exercice 2 (10 min) Objectifs : Tir à mi-distance en situation de déséquilibre, travail du gainage, travail du geste technique.
Mise en place : Un ballon par joueur. Chaque joueur fait des sauts sur place et tire au signal de l entraîneur. Evolutions : Changer les positions de tir, faire des sauts en tournant puis tirer quand on est face au panier, faire des sauts «écarts/groupés», saut à droite et à gauche d un objet ou d une ligne Exercice 3 (10 min) Objectifs : Tir à mi-distance après réception de passe. Mise en place : Deux colonnes : un joueur va vers un plot sans ballon puis reçoit une passe de l autre colonne puis tire sans dribble préalable. Evolutions : Imposer un enchaînement plus complexe comme, réception de balle - feinte de tir - tir, ou réception de balle - feinte de tir - déplacement en dribble sur un côté - tir Exercice 4 (10 min) Objectifs : Tir à mi-distance avec opposition Mise en place : Série de 10 tirs avec un joueur qui défend passivement pour gêner (en se mettant devant le tireur par exemple). Evolutions : le tireur ne tire pas directement, il se décale sur le côté en dribblant pour tirer sans opposition (même chose que dans l exercice précédent). Exercice 5 (20 min) Objectifs : Tir à mi-distance en situation de match, choix de la meilleure position de tir. Mise en place : situation de match en supériorité numérique offensive (5 contre 4) avec interdiction de tirer dans la raquette. Evolutions : Ajouter un cinquième défenseur. Puis pour finir, laisser jouer normalement. En ajoutant le temps pour s étirer, plusieurs exercices de lancers francs (entre les exercices), des temps pour boire et souffler, le temps pour expliquer et diriger le jeu, cet entraînement ne dure pas plus d une heure trente. Un bon entraînement se termine toujours par un regroupement des joueurs (pour donner les consignes et les horaires du match du week-end) et des étirements. Les étirements : Ceux qui sont faits en début d entraînement (ou en début de match) doivent être brefs, sans rester assis (on peut très bien s étirer debout). On pourra plus de temps en fin d entraînement car cela accélère la récupération (on peut donc s asseoir, discuter). Indispensable : Chaque entraînement doit contenir un exercice de conduite de balle et d adresse au tir. Quelque soit le thème abordé, un exercice doit inclure du tir et de la conduite de balle (dribble et passe). Par exemple, si on fait un entraînement sur la défense individuelle, on peut proposer un exercice de tir avec opposition (qui fait travailler le tir et la défense). L important est que l entraînement réponde à un besoin des joueurs et qu ils aient le sentiment de travailler et surtout de progresser. Les exercices doivent revenir assez souvent pour créer des habitudes. Le but premier reste de prendre du plaisir sur le terrain.
COMPLEMENTS Les étirements Les étirements sont indispensables avant et après chaque séance d entraînement et avant chaque match. Avant cela, il faut s échauffer par des courses variées, mais aussi par des contractions musculaires localisées. Par exemple, quelques sauts sur place vont permettre de contracter et donc d échauffer les mollets, que l on pourra ainsi étirer. Avant le match, les étirements sont brefs, on ne passe pas plus de 10 secondes sur un même groupe musculaire. Ils se font de façon dynamique, en restant debout, car des étirements trop longs vont empêcher des efforts intenses en début de match (ou des courses rapides) car le muscle sera un peu trop «détendu». Si les étirements sont douloureux, cela n est pas normal, il faut immédiatement les arrêter car c est inutile de continuer. De même, la sensation de muscle dur durant le match ne se règle pas par une nouvelle séance d étirements, continuer de courir normalement est la meilleure solution. Le décrassage Tout comme les étirements, le décrassage est un excellent moyen pour accélérer la récupération. Trottiner doucement après un match très difficile (prolongations ) ou après un entraînement intense, puis s étirer va permettre d éviter les courbatures (ou de les minimiser). La musculation La musculation n est pas une priorité au basket. Certains groupes musculaires sont néanmoins plus importants que d autres : les jambes (mollets, quadriceps, adducteurs), les abdominaux, les dorsaux. Les bras et les épaules sont à travailler quand même dans le souci d harmoniser la structure du corps et développer leur endurance à l effort. L apprentissage du tir chez les jeunes L échauffement est un moment privilégié de l apprentissage du tir (quel que soit le thème de l entraînement). On peut (et on doit) apprendre à attaquer main gauche et main droite. L apprentissage du tir se fait sans la planche (pour travailler le toucher) mais ce n est surtout pas à imposer en situation de match. L idéal est de travailler toutes les situations (main gauche et main
droite, avec et sans la planche, de face et de côté, en empreinte et en double empreinte, pied/main opposé ou non ). Ne pas oublier que la façon de marquer n est pas une fin en soi, mais un moyen d atteindre une meilleure efficacité. Le but est de marquer, les moyens sont le tir en course, le tir en suspension (ou en extension) et la lancer franc. On différencie apprentissage et perfectionnement : APPRENTISSAGE Acquisition d un geste dans un contexte, un environnement particulier 1) mécanique de tir 2) répétition PERFECTIONNEMENT Gérer l opposition défensive (= gestion du duel) 3) apprendre avec des contacts 4) situations de match avec enchaînement d actions (ex : sortir d un écran et tirer ) 5) vitesse gestuelle (préparation du tir. Chronologie de l apprentissage de l attaque en 5 contre 5 1) Adresse (indispensable car si le tir est raté, l organisation offensive n a servi à rien) 2) Occupation de l espace / mobilité / déplacements 3) Lecture du jeu / agressivité / duels 4) Vitesse gestuelle (perfectionnement) Le jeu rapide S organiser avant que l adversaire ne le soit. Prendre l adversaire de vitesse pour avoir des tirs faciles près du panier, en surnombre offensif. On l utilise pour déstabiliser l équipe adverse, la fatiguer Différentes phases du jeu rapide : - récupération du ballon (rebond, interception, remise en jeu) - transition (passer du statut de défenseur au statut d attaquant) - déplacement rapide des joueurs - finition (à ne surtout pas oublier à l entraînement) Attention : sur un exercice de jeu rapide, le défenseur part au niveau des attaquants, il n attend pas sous le panier (car cela ne correspond pas à la réalité).
Le managérat Objectif : - faire gagner l équipe - atteindre un objectif fixé (on doit déterminer tout cela avant le match et en informer les joueurs) Durant le match, on peut réajuster un objectif et proposer une nouvelle stratégie (même si ça n a pas été travaillé à l entraînement) Il faut savoir surprendre les joueurs, pour capter leur attention ou permettre une meilleure mémorisation. Il faut gérer les duels (et faire les changements en conséquences) quand on défend en individuelle. Le joueur qui rentre sur le terrain doit savoir ce qu il a à faire (qui il marque, sa position ), la faille et les qualités de son adversaire. 4 équilibres à contrôler chez les joueurs pour demander un changement : - équilibre physique (fatigue - éveil - excitation) - équilibre mental : stabilité émotionnelle (joie - maîtrise - pleures) - équilibre technique : duels, changements, consignes individuelles (tirs ) - équilibre tactique : organisation collective offensive et défensive, consignes de collaboration (et d aide). Il faut savoir que, dans une équipe, il y a toujours un leader affectif et un leader technique, mais ce n est jamais le même. Le 1 contre 1 Le but du 1 contre 1 est de se créer un espace de tir. Attitudes : - Etre face au panier en position fléchie (sur réception de balle) - Engager le jambe, l épaule et le ballon sans faire de détour autour du défenseur, s engager près de lui (sinon il reviendra) - Passer le ballon au niveau des genoux quand on change de direction (surtout lors du départ = «casser les bras») - Poser le ballon en même temps que le premier pas (pour éviter de faire «marcher») - Choisir son pied de pivot (privilégier l arrêt simultané) - Le 1 contre 1 dure 2 secondes au maximum - On ne dribble pas avant de jouer le 1 contre 1 - Jouer impérativement le rebond offensif (ne pas limiter le nombre de rebonds offensifs quand on travaille le 1 contre 1 à l entraînement). - Pour les jeunes, on peut faire travailler en favorisant l attaquant (ex : le défenseur fait le tour d un plot avant de défendre )