LE SOMMAIRE Ed i t o r i a l p. 1 La visite d e M. JOYAN- DEt p. 3 Le s c y c l o n e s e t l e u r s c o n s é q u e n c e s p. 4 La m i s e e n p l a c e d e l a i d e d u r g e n c e f r a n ç a i s e p. 5 Le s a i d e s a n n o n c é e s pa r M. JOYANDET p. 6 L a i d e a l i m e n ta i r e f r a n ç a i s e p. 7 Le s a i d e s f o u r n i e s pa r d e s c o l l e c t i v i t é s t e r r i t o r i- a l e s f r a n ç a i s e s p. 8 Le s a i d e s f o u r n i e s pa r l a c r o i x-r o u g e f r a n ç a i s e p. 10 La Lettre de l Ambassade de France en Haïti n 10 / 8-9 septembre 2008 Edito Alain JOYANDET Secrétaire d Etat chargé de la coopération et de la francophonie Chers amis haïtiens, J ai tenu à venir, les 8 et 9 septembre, vous témoigner ma solidarité dans les terribles épreuves que vous traversez, depuis que votre pays a été durement touché, successivement, par les cyclones Fay, Gustav, Hanna et Ike. Leurs effets cumulés représentent, me dit-on, la catastrophe naturelle aux conséquences les plus désastreuses depuis l ouragan Hazel en 1964. J ai pu mesurer moi-même aux Gonaïves, ville la plus meurtrie, l ampleur et l étendue des dégâts. J ai constaté avec effroi les drames humains causés par les flots déchaînés, les dommages matériels, les pertes économiques qui en résultent. Face à cette situation, la communauté internationale est à vos côtés. C est évidemment le cas de l Europe, de la Délégation de la Commission comme des Etats membres représentés, Allemagne, Espagne, France. Le gouvernement français, pour sa part, a d ores et déjà pris plusieurs mesures qui sont détaillées dans les pages suivantes : envoi d un détachement de spécialistes de la protection civile, qui ont apporté à la population de Cabaret un soutien immédiat (dons de produits alimentaires, soins médicaux) et ont aidé les habitants à nettoyer la ville, à rentrer dans leurs maisons et à entreprendre la réparation des infrastructures ; venue d un bâtiment de la Marine nationale, basé à Fort-de-France, qui a apporté à Port-au-Prince et aux Gonaïves 150 tonnes de matériel divers ; Le s a i d e s f o u r n i e s pa r l e s ONG f r a n ç a i s e s p. 10 Le c e n t r e d e c r i s e d u Mi n i s t è r e d e s a f fa i r e s étrangères et eur o p é e n n e s p. 11 octroi d une aide alimentaire nouvelle de 2 millions d euros (100 millions de gourdes) et d une aide budgétaire de 4 millions d euros (200 millions de gourdes) ; étude des mesures à prendre pour rétablir les communications interrompues parce que, dans toutes les régions du pays, les ponts majeurs se sont effondrés. Une mission dépêchée par la Commission européenne, qui comprenait deux experts français, s est rendue en Haïti dans la semaine du 15 septembre et remettra dans les prochains jours un rapport qui proposera des mesures d urgence et analysera leur coût. Je me suis engagé, au nom de mon gouvernement, mais aussi de l Union européenne, dont la France exerce actuellement la présidence, en liaison avec mon ami, le Commissaire au Développement, Louis MICHEL, à trouver les financements nécessaires pour réparer ces ponts ou les remplacer par des ponts provisoires, conjointement avec nos amis Américains et Canadiens, qui eux aussi étudient les moyens de résoudre ce problème capital. Non seulement, en effet, la destruction...suite page 2
...suite de la page 1 de ces ponts empêche la distribution de l aide, mais, si des remèdes ne sont pas rapidement trouvés, elle hypothèquera la reconstruction. Je voudrais souligner que, dans toute la France, s est dessiné un vaste élan de solidarité. Les associations d Haïtiens de France se sont évidemment mobilisées, notamment en Guadeloupe et en Martinique, mais aussi de nombreuses collectivités territoriales, et notamment celles qui sont engagées dans des coopérations décentralisées : Ile-de-France, Strasbourg, Suresnes, Aquitaine, Guadeloupe, Martinique et Guyane, pour n en citer que quelques-unes La Croix-Rouge française également a été très active, ainsi que plusieurs ONG, qui d ores et déjà travaillent en Haïti (Action contre la Faim, ACTED, Aide Médicale Internationale, Vétérinaires sans frontières, SOS Enfants sans frontières, DEFI, Association Française des Volontaires du Progrès, Groupe d Appui Francophone pour l Environnement, ATD Quart Monde, Initiative Développement, Inter Aide, Médecins du Monde France, Médecins sans Frontières France, Pharmaciens sans frontières, Scouts et guides de France, CARITAS, Enfants du Monde, droits de l homme) et bien d autres qui n y étaient pas représentées jusqu à présent (Electriciens sans Frontières, Telecoms sans Frontières, Pompiers de l Urgence internationale, etc...). Je me réjouis de constater que tous ces amis d Haïti comprennent qu au-delà de l urgence leur effort devra s inscrire dans la durée. Il nous faut désormais préparer la reconstruction et aider nos amis haïtiens à mettre en œuvre une véritable politique de restauration de l environnement. Trop souvent, en Haïti comme dans d autres pays, la communauté internationale a fourni de gros efforts pour aider à faire face à l urgence, puis s est trop vite démobilisée. J avais déjà à l esprit cet impératif d agir dans la durée lorsque, durant ma première visite en Haïti, en avril dernier -j étais alors venu, quelques jours après ma prise de fonctions, me rendre compte personnellement des conséquences de la crise alimentaire-, j avais proposé, conjointement avec ma collègue canadienne, Mme ODA, la tenue à Port-au-Prince d une conférence pour soutenir les efforts du gouvernement haïtien en vue de la relance de la production agricole nationale. Les événements ont empêché jusqu à présent que cette conférence se réunisse. Après les cyclones Fay, Gustav, Hanna et Ike, qui ont détruit une grande partie des récoltes et endommagé de nombreuses infrastructures, cette proposition est plus que jamais d actualité. Mon gouvernement demeure disponible pour organiser cette manifestation, une fois la date de la Conférence des bailleurs de fonds arrêtée et que, l urgence surmontée, le gouvernement haïtien pourra se tourner vers le moyen terme. Bien entendu, la mobilisation de la communauté internationale n aura de sens que si les autorités haïtiennes, de leur côté, prennent énergiquement les choses en main. Car la communauté internationale ne peut intervenir qu en soutien d une stratégie et de politiques que seules les autorités nationales peuvent définir. A cet égard, je me réjouis que la crise politique que traversait le pays depuis cinq mois ait été surmontée et que le pays en sorte, si je puis dire, «par le haut». La mise en place du nouveau Gouvernement, j en suis convaincu, peut et doit marquer, avec l aide de la communauté internationale, un nouveau départ. Le nouveau Premier Ministre, Madame PIERRE-LOUIS, est une personnalité unanimement respectée que ses compétences et son expérience riche et variée prédisposent à ses nouvelles fonctions. La France, qui soutient depuis mai 2006 les efforts du Président PRÉVAL pour conjuguer en Haïti stabilité, démocratie et développement, sera aux côtés de son nouveau Premier Ministre et de son Gouvernement. Alain JOYANDET Secrétaire d Etat chargé de la coopération et de la francophonie 2
LA VISITE DE M. JOYANDET Le Secrétaire d Etat chargé de la coopération et de la francophonie, M. Alain JOYANDET, a effectué une visite en Haïti les 7 et 8 septembre. La délégation La délégation du Secrétaire d Etat était composée de son Directeur Adjoint de Cabinet, M. Didier LE BRET et de sa Conseillère de presse, Mme Guyonne DE MONTJOU, ainsi que de son officier de sécurité. Des journalistes de France 24 (Mme Mary MAC MARTHY et M. Nicolas RANSON), d Europe 1 (M. Patrice THOMAS), TV5 Monde (M. Jean François BE- LANGER) et de l AFP (M. Jacques GUYON ) accompagnaient la délégation. Des journalistes du Figaro et de La Croix, présents en Haïti, ont accompagné le ministre pendant une partie de son séjour. Le programme Le programme du ministre a comporté : Un entretien avec le Président PREVAL ; Un dîner à la résidence en présence du Premier Ministre, Madame PIERRE-LOUIS, et trois Ministres de son gouvernement : M. Alrich NICOLAS (Affaires Etrangères), M. Jean-Max BELLERIVE (Planification et Coopération externe) et M. Paul- Antoine BIEN AIME (Intérieur et Collectivités Territoriales). Le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Hedi ANNABI, et le Délégué de l Union européenne, M. Francesco GO- SETTI, ont également participé au dîner ; Une séance de travail avec des ONG s est tenue à l ambassade. Elle a permis au Ministre JOY- ANDET d évaluer les conséquences des cyclones grâce aux interventions du PNUD, du PAM, des ONG françaises, du Délégué de la Commission européenne, du Chargé d Affaires de l Ambassade d Allemagne et de deux équipes d experts français présentes en Haïti ; M. le Ministre JOYANDET a effectué une visite de terrain a u x Gonaïves, troisième ville du pays et la plus touchée ; Avant de repartir pour Paris, le Ministre a tenu un point de presse à l attention des média locaux parmi lesquels on comptait les principales radios (Signal FM, Métropole, Caraïbes, Ginen) et chaînes de télévision (Télévision Nationale d Haïti, Télé Haïti et Télé Ginen). Entretien de M. JOYANDET avec le Président PREVAL 3
LES CYCLONES ET LEURS CONSEQUENCES Les cyclones qui ont frappé Haïti Haïti a été successivement touchée par quatre cyclones : Fay, les 15 et 16 août a particulièrement affecté les Nippes, Grande Anse et le Sud ; Gustav, les 25 et 26 août a notamment ravagé le Sud-Est ; Hanna, le 1er septembre, a frappé l Artibonite et le Centre, le Nord, ainsi que Port-au-Prince. Ce cyclone a également coupé les communications entre la capitale et les trois départements du Nord ; Ike, le 7 septembre, a fait de nombreuses victimes dans l Ouest, singulièrement dans la ville de Cabaret. Le bilan des victimes et des dommages occasionnés par les cyclones est extrêmement grave Le bilan des victimes s établit ainsi : 793 morts ; 310 disparus. Les dommages matériels subis par les personnes privées sont très importants : 22 702 maisons détruites ; 84 625 maisons endommagées. Au total, ce sont plus de 800 000 personnes (soit près de 10% de la population haï-tienne) qui ont été affectées par le passage des cyclones et qui dépendent entièrement de l aide pour subvenir à leurs besoins. Sur le plan économique et social, le bilan provisoire des dommages est considérable : Le coût global des dégâts représente d ores et déjà 7% du PIB et pourrait atteindre 10%. Dans le secteur agricole : les pertes sont évaluées à plus de 180 millions de dollars ; 40 à 50% des récoltes seraient détruites au niveau national (dont 70 à 80% dans le nord du pays). Dans le secteur des infrastructures : Les infrastructures routières ont été très endommagées : 7 ponts majeurs se sont effondrés ; 20 ponts secondaires sont soit endommagés, soit en voie d effondrement ; les dommages subis par les infrastructures scolaires du pays sont estimés à plus de 10 millions de dollars ; 795 établissements scolaires endommagés dont 686 à réhabiliter et 109 à reconstruire ; environ 140 000 élèves n ont plus d établissement scolaire en état de fonctionner. 4
LA MISE EN PLACE DE L AIDE D URGENCE FRANCAISE Après les cyclones qui ont durement touché Haïti, la France a immédiatement envoyé en Haïti deux missions d évaluation, et le Ministre chargé de la coopération et de la francophonie, M. Alain JOYANDET, a décidé de venir personnellement en Haïti pour se rendre compte de la situation et vérifier le type d aide que la France pourrait apporter. Les missions françaises d évaluation Deux missions de reconnaissance françaises sont venues en Haïti, respectivement, dès le 5 septembre (mission de l ERE) et du 9 au 13 septembre (mission du Centre De Crise du MAEE). L ERE La mission de l ERE Une mission de l ERE a séjourné 10 jours en Haïti. Elle était composée de 5 agents. La frégate de la Marine nationale «Le Ventôse», qui faisait escale à Santo Domingo, s est détournée sur Jacmel pour mettre l hélicoptère Panther dont elle est dotée à la disposition de la mission. Conformément aux demandes formulées dans le cadre de la coordination entre les autorités haïtiennes et les bailleurs de fonds, l ERE a effectué des reconnaissances aériennes de toute la péninsule sud (Léogâne, Petit Goâve, Grand Goâve, Miragoâne), ainsi que des Gonaïves et de la région. La mission s est, en outre, rendue par voie terrestre à Cabaret. Les informations recueillies par l ERE ont évidemment été mises à la disposition de la DPC haïtienne (Direction de la Protection Civile) et de l OCHA (Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies). La mission du CDC (9-13 septembre) NB : L organisation et les missions du CDC sont décrites dans l encadré à la fin de la présente Lettre. Cette mission, composée de deux agents du Ministère des Affaires étrangères et européennes, Mme LANGLOIS et M. COLLARD, a séjourné 5 jours en Haïti (Port-au-Prince et Gonaïves), du 9 au 13 septembre. L ERE était composée de quatre spécialistes du Service départemental d incendie et de secours (SDIS) de Guadeloupe, ainsi que d un officier détaché par le commandement des forces armées aux Antilles (FAA). Elle a notamment pu accomplir sa mission grâce à l hélicoptère Panther embarqué à bord de la frégate Ventôse de la Marine nationale, qui lui a permis d effectuer trois reconnaissances aériennes au dessus des zones les plus touchées par les cyclones. C est sur la base des données recueillies et analysées par l ERE qu ont été décidés le déploiement à Cabaret d un Détachement d Intervention Catastrophes Aéromobile (DICA) de 60 hommes, ainsi que l envoi vers Port-au-Prince d un bâtiment de la Marine nationale chargé d aide humanitaire, le Francis Garnier. LES AIDES ANNONCEES PAR M. JOYANDET Le Secrétaire d Etat a annoncé quatre séries de mesures : la mise en place d un détachement de protection civile, l envoi d un bâteau de fret humanitaire, une aide à la reconstruction des ponts et une aide budgétaire. Le détachement de protection civile Sur recommandation des missions de reconnaissance, un détachement de protection civile, le DICA (Détachement d Intervention Catastrophes Aéromobile) a été envoyé à Cabaret. Cette ville de 70 000 habitants a été très touchée : 4271 familles sinistrées, 29743 personnes sinistrées, 70 morts, 309 blessés, 19 disparus, 410 maisons détruites et 1266 maisons endommagées. Le détachement de protection civile envoyé en Haïti était le DICA de la zone Antilles. Il comptait 68 personnels (28 sapeurs pompiers de Guadeloupe, 24 sapeurs pompiers de Martinique, 5 médecins urgentistes, 2 personnels de l Etat-major de zone Antilles et 2 personnels de la cellule communication de la direction de la sécurité civile) et transportait 8 tonnes de fret (équipement et lot 5
LES AIDES ANNONCEES PAR M. JOYANDET médical). Deux avions militaires de type CASA des FAA (Forces Armées des Antilles, basées en Martinique) ont transporté les hommes et leur matériel. L OPS/OMS a mis 5 véhicules à leur disposition, la MINUSTAH 2 camions et l Ambassade de France 2 véhicules. Durant son séjour, le DICA a : procédé à des travaux de déblaiement et de nettoyage des bâtiments publics sur 22 chantiers (écoles, églises, bâtiments susceptibles de servir d abris provisoires, 83 habitations privées particulièrement touchées et ne pouvant être réparées par les habitants) ; aidé l hôpital de Cabaret et 12 dispensaires à fournir des soins d urgence (en donnant près de 1000 consultations, en distribuant des médicaments et en dispensant des soins chirurgicaux de base) et contribué à améliorer l organisation de l hôpital local (organisation de la pharmacie, conseils pour la gestion) ; apporte une première aide (nourriture, médicaments) aux habitants du village de la montagne qui n avaient pas encore pu être secourus, les pistes étant coupées. Le bateau de fret humanitaire Un bateau des FAA, le Francis Garnier (bâtiment de transport de type Batral, conçu pour des débarquements sur les plages) a emporté 37 tonnes du stock humanitaire du MAEE venant de Martinique, 16 tonnes de la Croix-Rouge française de Martinique, 7 tonnes d eau de la Société Chanflor, 3 containers en provenance de Martinique (Mairie de Fort-de- France, association des maires de Martinique, associations des Haïtiens de Martinique), 3 containers en provenance de Guadeloupe (Consulat général d Haïti, groupe Billy, mairie de Capesterre et Congrégation des sœurs Saint Joseph de Cluny). La contribution française à la remise en service des ponts Sept ponts majeurs se sont effondrés et une vingtaine de ponts secondaires sont, soit endommagés, soit menacés d effondrement. Le Ministre JOYAN- DET a promis de mobiliser l Europe pour aider à trouver les financements nécessaires à l installation de ponts provisoires et à la réparation des ponts, aux côtés des autres bailleurs prêts à intervenir dans ce secteur (notamment : Banque mondiale, Etats-Unis, Canada). Une aide budgétaire de 4 millions d euros M. JOYANDET a annoncé une aide budgétaire française de 4 millions d euros qui pourrait être consacrée pour partie à de l aide humanitaire (NB : lors de sa première visite en Haïti en avril dernier, le Ministre JOYANDET avait déjà annoncé un doublement de l aide alimentaire française, portée à 4 millions ; la présente aide s ajoutera à ces 4 millions déjà annoncés) pour participer au financement des travaux à haute intensité de main d œuvre (Himo) aux Gonaïves. 6
LES AIDES ANNONCEES PAR M.JOYANDET Le stock humanitaire de Fort de France Le Ministère des Affaires étrangères et européennes entretient à Fort-de- France un «stock humanitaire», afin de pouvoir intervenir rapidement en cas de catastrophe naturelle - soit dans un pays de la région, - soit dans les Antilles françaises (dans ce cas, le Ministère français de l Intérieur complète le stock mis à disposition de la Martinique ou de la Guadeloupe). Ce stock comporte des denrées alimentaires, des vitamines et des médicaments, des stations de potabilisation de l eau (et les produits adaptés), des tentes et des outils divers (pelles, pioches, bétonneuses, etc). L AIDE ALIMENTAIRE FRANCAISE Programmes d aide alimentaire Depuis 2005, l Ambassade de France en Haïti réalise un programme d aide alimentaire en partenariat avec le Ministère de l agriculture, la FAO et le PAM. Il a pour objectif de venir en aide aux populations vulnérables, mais aussi de relancer la production locale et de contribuer à la sécurité alimentaire. Ce programme a fait récemment l objet d une évaluation externe, qui a souligné sa pertinence, sa cohérence et son efficacité. Ce programme comporte 4 volets : Programme d achats locaux Programme de semences avec la FAO Programme d achats régionaux Collecte des données Programme d achats locaux Ce volet est réalisé avec le PAM, l organisme haïtien PROMIP, et des associations de producteurs dans trois départements (L Artibonite, le Nord et le Sud). Il consiste à acheter des denrées produites localement (maïs, riz et haricot), qui sont ensuite distribuées par le PAM dans les cantines scolaires et les centres de santé au profit des populations vulnérables (enfants scolarisés, enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes et allaitantes, PVVIH et malades de la tuberculose). Programme de semences Le programme d a comprend aussi un volet portant sur les semences. Il est mis en œuvre en partenariat avec la FAO, en complémentarité avec les achats locaux. La FAO identifie des associations d agriculteurs, distribue les semences et conclut un accord pour qu à la fin de la récolte, une réserve stratégique de semences soit constituée (haricot, igname, pois congo). Ce volet contribue à l amélioration de la production, mais aussi à apporter une réponse d urgence en cas de catastrophe naturelle. Les semences distribuées sont d une qualité résistante, achetées au Guatemala. Elles donnent un rendement supérieur de 30 % à celui des semences produites localement. Programme d achats régionaux La coopération française contribue par ailleurs directement aux programmes du PAM. Des subventions sont attribuées directement au siège du PAM à Rome au bénéfice d Haïti qui se charge d acheter des produits alimentaires pour le besoin des centres de santé et des cantines scolaires. 7
L AIDE ALIMENTAIRE FRANCAISE Ce programme s intitule «Soutien alimentaire pour le secours et la protection des groupes vulnérables exposés à l insécurité alimentaire» (PRRO) pour l achat du CSB (Corn Soya Blend) et de céréales. Il cible en priorité des populations vulnérables. Il a pour objectifs de protéger les moyens de subsistance dans les situations de crise et de renforcer la résistance aux chocs ; contribuer à l amélioration de l état nutritionnel des enfants, femmes enceintes et mères allaitantes, tuberculeux et personnes infectées par le VIH ; faciliter l accès à l éducation de base pour les enfants d âge scolaire et les adultes ; renforcer la capacité du gouvernement et des organisations non gouvernementales nationales à mettre en place et à gérer des programmes d aide alimentaire et de lutte contre la faim. Il apporte également une réponse d urgence en cas de catastrophe naturelle. Collecte des données Une convention a été signée, en partenariat avec le Ministère de l Agriculture et la Coordination nationale de sécurité alimentaire (CNSA), en vue de collecter les données relatives à la sécurité alimentaire. Les prix des denrées sont collectés à une fréquence hebdomadaire pour permettre au programme d achats locaux de s aligner sur le marché et définir les prix lors des achats auprès des producteurs. Grâce à cet appui, un bulletin de sécurité alimentaire est édité chaque mois. Crédits alloués 2005 : 1 M 2006 : 1,4 M 2007 : 1 843 493 2008 : 5,8 M Total : 10 043 493 Aide monétisée L aide monétisée consiste à donner à un pays ayant besoin d aide alimentaire des denrées agricoles qui ne sont pas produites dans ce pays. L argent rapporté par la vente de ces denrées sert à financer de petits projets de développement. En 2004, la France a accordé une aide alimentaire, d un montant de 1,5 M sous forme d huile de tournesol destinée à la commercialisation sur le marché haïtien. Les recettes de cette vente effectuée en 2005 ont permis le financement de plusieurs projets de développement : Les projets financés sont les suivants : Projet de développement social et économique du Lac Azuéï (GA- TAPHY ) ; Construction du barrage de déviation du système d irrigation de Montrouis. : Ministère de l agriculture et entreprise Construction Caraïbe ; Approvisionnement en contenants de bocaux et de bouteilles en verre pour 37 ateliers de transformation de fruits (ANATRAF) ; Modernisation de l apiculture à Camp-Perrin (CODE) ; Réhabilitation de l alimentation en électricité au Centre de Formation en Aménagement intégré des MORNES (CFAIM) ; Développement rural durable par l aménagement des bassins versants à Gros Morne (SOS-Enfants sans Frontières) ; Réhabilitation des écoles affectées par le cyclone Dean en partenariat avec la Guadeloupe ; Aide alimentaire d urgence suite aux émeutes de la faim ; Ateliers de transformation agroalimentaire pour les besoins des cantines scolaires ; Construction de passerelles et de ponts pour lutter contre les risques et désastres en milieu rural. LES AIDES FOURNIES PAR LES COLLECTIVITES TERRITO- RIALES FRANCAISES Les informations qui suivent sont fournies à titre tout à fait indicatif. Elles sont, probablement, très incomplètes, car l Ambassade ne peut être informée en temps réel de toutes les décisions prises par les collectivités territoriales françaises pour aider Haïti. Ces informations visent simplement à donner une idée de la mobilisation des régions, départements et villes de France après la catastrophe qui a frappé Haïti. Si l un(e) ou l autre a été oublié(e), nous le (la) prions de nous en excuser et de nous le signaler ; nous pourrons rendre compte de son action dans la prochaine Lettre de l Ambassade. Les Collectivités territoriales françaises se sont rapidement mobilisées pour répondre à la situation de catastrophe naturelle qui prévaut en Haïti. Après le passage de Hanna, le Président de Cités Unies France, M. Charles JOSSELIN, Sénateur, ancien Ministre de la coopération, et le Président du «Groupe pays Haïti» de Cités Unies France, M. Christian DU- PUY, Maire de Suresnes, ont lancé un appel à la solidarité des collectivités territoriales françaises. 8
LES AIDES FOURNIES PAR LES COLLECTIVITES TERRITO- RIALES FRANCAISES CUF (Cités Unies France) CUF associe les collectivités territoriales françaises engagées dans des actions de coopération décentralisée avec des collectivités territoriales étrangères. Au sein de CUF existent des «Groupes pays», qui associent les collectivités ayant des partenariats dans une région du monde. Ces «Groupes pays» ont vocation à mettre en place des synergies entre les projets des différentes collectivités et à susciter des vocations parmi les collectivités françaises qui ne pratiquent pas encore la coopération internationale, afin d augmenter le nombre des jumelages. Les collectivités françaises engagées dans partenariats avec Haïti ont voté des aides financières à leurs homologues haïtiennes. la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg ont voté une aide d urgence de 20 000 euros (1 000 000 de gourdes) au bénéfice de Jacmel- avec laquelle elles ont signé un accord de partenariat en juin 2007 (cf Lettre de l ambassade n 9) ; la région Ile-de-France, engagée dans plusieurs projets de coopération aux Gonaives, va consacrer 50 000 euros (2 500 000 gourdes) à des travaux de réhabilitation dans cette ville ; INTERREG le Conseil régional d Aquitaine et le Conseil général de la Dordogne ont respectivement débloqué 25 000 euros (1 200 000 gourdes) et 4 000 euros (200 000 gourdes) pour venir en aide aux communes des départements du Nord avec lesquelles ils développent un programme triennal de reboisement (Limbé, Bas Limbé, Limonade, Dondon, Acul du Nord, Fort Liberté). La région Aquitaine soutient également l ONG TSF (Telecoms sans frontière cf ci-après la rubrique ONG) ; la ville de Suresnes, qui entretient avec le Cap haïtien l une des plus anciennes coopérations décentralisées existant en Haïti, a voté une aide d urgence de 15 000 euros (750 000 gourdes). La ville et la communauté urbaine de Strasbourg, la région Ile de France et la région Aquitaine, qui entretiennent des liens avec des communes particulièrement menacées par les cyclones, ont, en outre, fait part à leurs partenaires respectifs de leur disponibilité à conduire une réflexion conjointe et à apporter une expertise technique pour les aider à : lutter plus efficacement contre les cyclones et les catastrophes naturelles en travaillant sur les bassins versants, l entretien des canaux d évacuation ; mettre en place des services de protection civile plus efficaces. Plusieurs autres collectivités ou associations de communes ont également lancé des appels à la solidarité et rassemblé les dons collectés auprès des communes membres et de leurs administrés : la mairie de Nantes, qui mène des actions de coopération à Marchand Dessalines et Pétion Ville ; la Mairie de Fort-de-France, l Association des maires de Martinique (qui regroupe 37 communes) et des communes guadeloupéennes ont collecté plus de 100 tonnes de dons qui ont été acheminés en Haïti par le navire de la Marine nationale Francis GARNIER (cf la rubrique précédente). La Guadeloupe est, par ailleurs, partie prenante à la PI- RAC, mise en œuvre par la Croix- Rouge Française (cf. ci-dessus la rubrique Croix Rouge) ; la région Guadeloupe a financé, à hauteur de 200 000 euros (10 millions de INTERREG est un programme de l Union européenne, initialement destiné à favoriser la coopération transfrontalière entre régions des pays membres de l Union européenne. Le programme INTERREG IV, qui couvre la période 2007-2011, prévoit la possibilité de financer des coopérations entre les régions dites «périphériques» de l Europe (parmi lesquelles les Départements français d Amérique -Martinique, Guadeloupe, Guyane) et les pays voisins de ces régions. 9
gourdes), ce projet mis en œuvre dans le cadre du programme de l Union européenne INTER- REG. Il est à signaler que deux agents des services techniques de la Guadeloupe ont, enfin, participé à une mission d audit LES AIDES FOURNIES PAR LA CROIX ROUGE FRANCAISE Le Président de la Croix Rouge française, M. Jean-François MATTEI, accompagné de son Directeur Général, M. Olivier BRAULT et du Directeur des Relations et Opérations internationales de la Croix-Rouge Française, M. Antoine PEIGNEY, a effectué une visite en Haïti du 22 au 24 septembre. Suite au passage des trois cyclones, et dans la continuité de son engagement opérationnel pour répondre à l urgence à St Marc, la La PIRAC financée par la Banque Mondiale, qui a étudié pour le compte du gouvernement haïtien les dégâts occasionnés aux routes et aux ponts par les récents cyclones ; Croix-Rouge française, très active en Haïti, a annoncé une aide supplémentaire de 1 million d euros (50 millions de gourdes). Ce budget sera consacré pour l aide à la réinstallation des familles sinistrées par les trois cyclones dans une logique humanitaire durable. Par ailleurs la Croix- Rouge Française et la Croix- Rouge Haïtienne poursuivent la Communauté des communes du littoral guyanais et le Syndicat des communes du sud de la Martinique ont uni leurs efforts pour organiser un important convoi humanitaire vers Haïti. leurs projets de long terme dans les domaines de l accès à l eau et de l assainissement (Anse Rouge) et de préparation et prévention des catastrophes (St Marc). Enfin les deux organisations (qui pourront continuer de bénéficier de crédits de la Coopération française et de la Commission Européenne) ont décidé deux nouveaux thèmes d action : la sécurité alimentaire la formation d infirmières. La PIRAC (Plate-forme d intervention régionale Amériques/Caraïbes) a été mise en place et est gérée par la Croix-Rouge Française en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, grâce à des fonds de la Croix Rouge, du ministère des Affaires étrangères et européennes et des trois régions concernées. Ses stocks disposés dans les trois régions lui permettent d agir rapidement au profit de 3000 familles en cas de crise (comparable à celui du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes cf. la rubrique précédente-, il comporte des stations de potabilisation de l eau, des tentes et des abris plastiques, des kits d hygiène et de cuisine, des couvertures ). LES AIDES FOURNIES PAR LES ONG FRANCAISES Les informations qui suivent sont fournies à titre tout à fait indicatif. Elles sont, probablement, très incomplètes, car l Ambassade ne peut être informée en temps réel de toutes les décisions prises par les ONG françaises pour aider Haïti. Ces informations visent simplement à donner une idée de la mobilisation de ces dernières après la catastrophe qui a frappé Haïti. Si l un(e) ou l autre a été oublié(e), nous le (la) prions de nous en excuser et de nous le signaler ; nous pourrons rendre compte de son action dans la prochaine Lettre de l Ambassade. Toutes les ONG françaises présentes en Haïti se sont mobilisées pour répondre à la crise : ACF, ACTED, AMI, CARE, Electriciens sans frontières, Handicap international, Interaide, ID, Médecins du Monde, Médecins sans frontières, Pharmaciens sans frontières, Pompiers de l agence internationale, Secours Catholique/ Caritas international, Télécom sans Frontières, GAFE... Vous pouvez également trouver des photos relatives aux cyclones et aux aides sur : www.mhave.gouv.org www.minustah.org 10
LE CENTRE DE CRISE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES L aide humanitaire de la France à Haïti après les récents cyclones a été décidée et mise en œuvre par le Centre de crise récemment créé au Ministère des Affaires étrangères et européennes. LES MISSIONS DU CENTRE DE CRISE Le Centre de crise a été inauguré le 2 juillet 2008 par le Ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard KOUCH- NER. Ses missions sont les suivantes : assurer une «veille» afin de détecter et anticiper, dans toute la mesure du possible, les risques de crise susceptibles d affecter des intérêts français à l étranger ou des partenaires que la France peut être amenée, compte tenu de l étroitesse des relations qu elle entretient avec eux, à aider à faire face à la crise ; informer le Ministre sur les risques de crise ou l évolution des crises en cours ; organiser les secours aux Français victimes de catastrophes naturelles à l étranger ou en cas de crise menaçant la sécurité de ressortissants français à l Etranger ; préparer et coordonner l aide d urgence française aux pays partenaires frappés par des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires (personnes déplacées, etc.). L ORGANISATION DU CEN- TRE DE CRISE Une cinquantaine d agents sont affectés au Centre de crise. Celui-ci assure une permanence 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. LA CELLULE INTERMINIS- TERIELLE DE CRISE La Cellule interministérielle de crise est activée au Ministère des Affaires étrangères et européennes en cas de crise rendant nécessaire une action des autorités françaises.elle accueille : des responsables du Centre de crise ; des responsables des autres ministères concernés (Intérieur, Santé, etc) ; des partenaires extérieurs en tant que de besoin (ONG, entreprises, etc.). La Cellule est dotée d équipements performants de communication et d aide à la décision. Elle s appuie sur les 250 Ambassades et Consulats français à l étranger, qui lui fournissent des informations et sont des relais dans la mise en œuvre des mesures arrêtées. La Cellule est en liaison permanente avec les centres spécifiques qui existent dans plusieurs autres ministères : Centre de planification et de conduite des opérations (Défense), Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (Intérieur), Cellule ministérielle de veille opérationnelle et d alerte (Écologie, Énergie, Développement durable et Aménagement du territoire)... ; Ces centres spécialisés ont été créés par ces ministères pour faire face à des crises sur le territoire français (catastrophes naturelles en particulier). Mais ils apportent aussi leur concours à la gestion des crises à l étranger en fournissant des informations au Centre de crise (en particulier dans le cas des ministères ayant des agents à l étranger, comme le Ministère de la Défense), en participant à la concertation interministérielle qui permet au Gouvernement de décider les «réponses» à apporter aux crises qui affectent des ressortissants français à l Etranger, et en mobilisant, une fois les décisions prises, les moyens nécessaires à leur application qui dépendent de leur ministère. C est ainsi que dans le cas des tempêtes qui ont frappé Haïti : la décision du gouvernement français d apporter une aide à Haïti a été prise sur proposition du Centre de crise ; c est le Ministère de la Défense qui a proposé les moyens nécessaires au transport du stock humanitaire du MAEE (frégate de la Marine nationale équipée d un hélicoptère, qui a servi à des reconnaissances aériennes ; bâtiment qui a transporté l aide recueillie en Martinique et en Guadeloupe ; avions ayant transporté les 60 sapeurs-pompiers et leur matériel) et qui a mis en œuvre ces mesures (ordre aux navires d appareiller, échange avec les autorités haïtiennes pour obtenir les renseignements techniques -par exemple sur les ports haïtiens capables d accueillir le bateau de transportet les autorisations nécessaires, atterrissage à l aéroport, etc.). Ambassade de France en Haïti, 51 rue Capois, Champs de Mars, Port-au-Prince, HAÏTI Tel: (+509) 22 23 13 10-22 23 13 01-22 22 09 51 / 52 / 53 Nous serions heureux de recevoir vos commentaires et suggestions à l adresse suivante : contact@ambafrance-ht.org 11