Dr Marie CHARISSOUX. CRLC Montpellier

Documents pareils
Cas clinique 2. Florence JOLY, Caen François IBORRA, Montpellier

ESMO 14. L oncogériatrie d un coup d éventail! Dr Elisabeth Carola UCOG Picardie

Peut-on ne pas reprendre des marges «insuffisantes» en cas de Carcinome canalaire infiltrant

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

Métastase unique d un NPC: Une question singulière? Jean Louis Pujol - Xavier Quantin Mohammad Chakra Fabrice Barlési

Pemetrexed, pionnier de la chimiothérapie histoguidée. Dr Olivier CASTELNAU Institut Arnault TZANCK ST Laurent du Var

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

Cancer du rein métastatique Nouvelles approches thérapeutiques. Sophie Abadie-Lacourtoisie 20 mai 2006

La recherche en urologie à l hôpital Foch... p.2-4 ACTUALITÉ

Essai Inter-groupe : FFCD UNICANCER FRENCH - GERCOR

Traitements néoadjuvants des cancers du rectum. Pr. G. Portier CHU Purpan - Toulouse

Cancer Bronchique «Sujet Agé» Etat de la litterature

Etat des lieux de l accès aux plateformes de génétique moléculaire

REPOUSSER LES LIMITES DE LA CHIRURGIE BARIATRIQUE DANS LES OBESITES MASSIVES AVEC COMORBIDITES

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

NAVELBINE voie orale

Les cancers de la prostate

Y A-T-IL ENCORE UNE VIE SEXUELLE APRÈS TRAITEMENT POUR CANCER DE LA PROSTATE?

ALK et cancers broncho-pulmonaires. Laurence Bigay-Gamé Unité d oncologie thoracique Hôpital Larrey, Toulouse

Avoir un cancer après 70 ans

TRAITEMENT DE L HÉPATITE B

Cancer de l ovaire. traitements, soins et innovation. traitements adjuvants et de consolidation. juin 2009

Dépistage du cancer de la prostate : vers un outil d aide à la décision pour le citoyen et le médecin

Prostate Une petite glande de grande importance

First Line and Maintenance in Nonsquamous NSCLC: What Do the Data Tell Us?

2È JOURNÉE NATIONALE DE FORMATION DES PHARMACIENS CANCER ET ACCOMPAGNEMENT DU PHARMACIEN : UN PREMIER PAS VERS LA RÉSILIENCE.

Étude sur les délais de prise en charge des cancers du sein et du poumon

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

UE2 CANCEROLOGIE Place de la Médecine Nucléaire

Actualités s cancérologiques : pneumologie

Chimiothérapie des cancers bronchiques non à petites cellules. Dr Aloulou Samir Médenine le 13 Juin 2015

Prévention osseuse dans le traitement du cancer de la prostate

Item 154 : Tumeurs des os primitives et secondaires (Évaluations)

Evaluation de critères res de substitution de la survie globale dans les cancers bronchiques localement avancés

RADIOTHÉRAPIE EXTRACRÂNIENNE

Qu est-ce que le cancer du sein?

Compte-rendu de la séance du 23 avril Approuvé le 28 mai 2015

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge du cancer du rein

Découvrez L INSTITUT UNIVERSITAIRE DU CANCER DE TOULOUSE

Les plateformes de génétique

Second cancers après cancer du sein. M. Espié Centre des maladies du sein

Application DCC Réseau ONCOLIE --- Application DMI Réseau Gérontologique de Baumes Les Dames ---- Application RAPID Réseau RAPIDFR-NAT

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

CANCERS ET RAYONNEMENTS IONISANTS Fortes doses: seconds cancers après radiothérapie

ANEMIE ET THROMBOPENIE CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS D UN CANCER

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

L irradiation joue un rôle majeur dans la prise en. Place de la radiothérapie dans la prise en charge palliative des patients cancéreux SYNTHÈSE

Place de l interféron dans le traitement de l hépatite B chez le patient co-infecté VIH

dossier de presse nouvelle activité au CHU de Tours p a r t e n a r i a t T o u r s - P o i t i e r s - O r l é a n s

Transgene accorde une option de licence exclusive pour le développement et la commercialisation de son produit d immunothérapie TG4010

CHIMIOTHERAPIE DES CANCERS DU POUMON DES SUJETS AGES

COMPARAISON DE QUATRE PROTOCOLES DE CHIMIOTHERAPIE POUR DES CANCERS DU POUMON NON A PETITES CELLULES (CBP NAPC) AVANCES

Dr Laurence FAYARD- JACQUIN Cœurs du Forez Mise à jour

Charte régionale des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire de PACA, Corse et Monaco

COMPRENDRE LA RECHERCHE CLINIQUE

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Greffe de moelle osseuse: Guérir ou se soigner?

Psoriasis et travail dans le BTP. Pr E. Delaporte

PREVENTION DE LA MALADIE THROMBO- EMBOLIQUE VEINEUSE (MTEV) EN PERI- OPERATOIRE QUOI DE NEUF?

GUIDE - AFFECTION LONGUE DURÉE. Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du sein

clinique d un médicament

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

RAPPORT D ORIENTATION. Dépistage du cancer de la prostate. Analyse critique des articles issus des études ERSPC et PLCO publiés en mars 2009

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

Faut-il encore traiter les cancers prostatiques?

Placebo Effet Placebo. Pr Claire Le Jeunne Hôtel Dieu- Médecine Interne et Thérapeutique Faculté de Médecine Paris Descartes

G U I D E - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge de votre mélanome cutané

IRM du Cancer du Rectum

IRM APRES TRAITEMENT RADICAL OU FOCAL du cancer de prostate. Raphaële Renard Penna Emmanuel Banayan Hôpital Pitié Salpétrière

2.4. Les médicaments de la «liste en sus»

PRINTEMPS MEDICAL DE BOURGOGNE ASSOCIATIONS ANTIAGREGANTS ET ANTICOAGULANTS : INDICATIONS ET CONTRE INDICATIONS

Avis 23 avril BARITEKAL 20 mg/ml, solution injectable Boîte de 10 ampoules de 5 ml (CIP : ) Laboratoire NORDIC PHARMA

DOSSIER DE PRÉSENTATION

L axe 5 du Cancéropole Nord Ouest

First do no harm Hippocrates ( BC)

La formation comme levier de changement des pratiques

epm > nutrition Formation & Conseil

RAVIVA L activité physique contre le cancer. Dr. Jacques LECOMTE

Cancers de l hypopharynx

INFORMATION À DESTINATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ LE DON DU VIVANT

Le dépistage. du cancer de la prostate - mise à jour Lignes directrices. du Collège des médecins du Québec

Pharmacovigilance des nouveaux anticoagulants oraux

Place de la chirurgie à l heure des thérapies ciblées. The role of surgery in the era of targeted therapy. * Non ouvert en France.

Les définitions des saignements ACS/PCI

Ordonnance du DFI sur les prestations dans l assurance obligatoire des soins en cas de maladie

SOINS DE PRATIQUE COURANTE. Prélèvement aseptique cutané ou de sécrétions muqueuses, prélèvement de selles

Évaluation et traitement de l insomnie associée au cancer

Entretiens Pharmaceutiques en Oncologie : Où en sommes nous en 2014, au CHPC

Service d Urologie - Hôpital de la Conception - APHM. 2. Service de Gynécologie Obstétrique - Hôpital de la Conception - APHM. 3

RECOMMANDATIONS OFFICIELLES - DEFIBRILLATEURS AUTOMATISES EXTERNES

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 4 novembre 2009

CRITERES DE REMPLACEMENT

Épidémiologie des maladies interstitielles diffuses

04/07/2011. Effet anti-inflammatoire, inflammatoire, anti-tumoral tumoral et

INFORMATION & PRÉVENTION. Le cancer de la vessie

Comprendre la chimiothérapie

F-FLUORODÉOXYGLUCOSE EN ONCOLOGIE Expérience en Ile de France

epm > nutrition Formation & Conseil

Transcription:

Cancer de la prostate Prise en charge du sujet âgé Dr Marie CHARISSOUX Département de radiothérapie CRLC Montpellier

Rapport d oncogériatrie INCA 2009 Etat des lieux et perspectives en oncogériatrie i Recommandations 2010-2013 en onco-urologie Comité de Cancérologie de l Association Française d Urologie Progrès Urologie novembre 2010

Cancer de la prostate: les chiffres 1 er cancer de l homme après 70 ans. 2 ème cause de mortalité par cancer chez l homme. Age médian: 68 ans 1200 cas pour 100000 après 75 ans. 2/3 des décès par cancer de la prostate: chez les patients>75 t ans. Diminution de la mortalité spécifique. Espérance de vie d une homme de 75 ans en 2020 est estimée à 13 ans (données INSEE).

Base de données américaine de 13000 patients: 25% des + de 75 ans ont une maladie à haut risque. Ceux qui ont eu un ttt local ont une réduction de la mortalité de 46%. Bechis JCO 2010 29; 235

Eléments de la décision + choix personnel! Evolution spontanée après 75 ans Espérance de vie: >10 ans? Co morbidités associées Patient TTT Décision thérapeutique Efficacité Qualité de vie++/séquelles Contraintes?

Eléments de la décision Groupes de risque de damico d Amico Risque faible (T1c-T2a + PSA <10 + Gleason <7) Risque intermédiaire (T2b ou PSA 10-20 ou Gleason = 7) Risque élevé q ( T2c ou PSA 20 ou Gleason > 7)

Eléments dela décision Evaluation oncogériatrique Comorbidités (CIRS, Charlson ), dépendance (ADL, IADL), Syndromes gériatriques, espérance de vie (score de Lee). Primordiale avant mise en route des traitements surtout systémiques. Validation des traitements en RCP.

Extrait du rapport d oncogériatrie 2009

Quels outils thérapeutiques pour un cancer non métastatique du sujet âgé?

Droz, Balducci BJU 2010 106(4)

Stade favorable Espérance de vie 10 ans RTE PR Curie HIFU Surv Active Abstention surv. CI théorique >75 ans Troubles urinaires, anesthésie Cas par cas Stade intermédiaire ou défavorable HIFU HT seule RTE + Hormonothérapie Evaluation des comorbidités+++ Abstention Surveillance

Radiothérapie Techniques innovantes, de précision permettant une réduction des toxicités et une augmentation de la dose(78-80 Gy). RCMI, arcthérapie (rapidité de la séance) 40 séances quotidiennes Voie de l hypofractionnement

Relation dose-réponse dans le contrôle tumoral Favorable Intermédiair e Défavorable

Radiothérapie: expérience du CRLC 850 patients traités pour un cancer de prostate en RCMI Analyse des 373 premiers patients, 80 Gy, 4 ans de suivi médian N Survie sans Survie Toxicités i Toxicités i récidive globale rectales urinaires biochimique 2 2 à5ans <75 ans 82% 94% 9% 9% 11% 75 ans 17% 93% 98% 8% 8% Sans RCMI: 20-30% dans les 4 essais randomisés

Quels outils pour un cancer métastatique du sujet âgé?

Evaluation oncogériatrique Blocage hormonal Chimiothérapie Evaluation des comorbidités, Information du patient et son entourage Soins palliatifs(rt,biphosphonates,radionucléides) Abstention-surveillancesurveillance

Droz, Balducci BJU 2010 106(4)

Explorations recommandées avant la suppression androgénique Comorbidité la + fréquente Baisse de l Hb de 20% Calcémie, Vit D3 +Bilan hépatique pour les AA Recommandations AFU 2010-2013 en onco-urologie

Schéma intermittent Hormonothérapie Analogue LHRH ± Anti androgènes, antagoniste GnRH Morbidité liée à l hypogonadisme Complications métaboliques IDM, Arythmies, modification du QT Abiraterone: patients hormonorésistants ayant reçu une ligne de chimio par docetaxel. de la survie. Voie orale. ATU

Docetaxel-prednisolone vs Mitoxantrone Survie Sédation de la douleur Moins d antalgiques Qualité de vie Tannock et al. NEJM 2004 351(15), mise à jour JCO 2008 26(2) Cabazitaxel(Jevtana) vs Mitoxantrone: survie globale

Conclusion Un âge administratif élevé n est plus une contre- indication à la prise en charge d un cancer de prostate quelque soit son stade. L évaluation oncogériatrique est nécessaire car elle conditionne souvent la thérapeutique.

Merci id de votre attention