10. Le Bassin d Alimentation des captages de la Courance 10.1. CONTEXTE GENERAL Le Syndicat Mixte d Etudes de Production et de Distribution (SMEPDEP) de la vallée de la Courance exploite 4 forages d eau potable (considérés comme le champ captant de la Courance) sur le bassin versant de la Courance, en rive droite de la rivière du Mignon dans le sud du département des Deux-Sèvres. Ce champ captant est composé (Illustration 73) : d un forage (06352X0014) situé sur la commune d Amuré, marais de la Gorre, de 38 m de profondeur captant l aquifère contenu dans les formations marnocalcaires de Marans ; de deux forages (06352X0013 et 06353X0001) situés sur la commune de Frontenay-Rohan-Rohan, le premier au lieu-dit Chateaudet, d une profondeur de 19.75 m, le second au lieu-dit de Bassée d une profondeur de 30 m captant l aquifère contenu dans les formations marno-calcaires de Marans ; d un forage (06352X0087) situé sur la commune de Vallans, lieu-dit La Grève de 25 m de profondeur captant l aquifère de l Oxfordien supérieur (formations de Marans) jusqu au niveau dit du «banc bleu». Illustration 72 : Evolution de la teneurs en nitrates de 1993 à 2008 sur les ouvrages 06353X0001, 06352X0013 et 06352X0014 du champ captant de la Courance (source : site ADES) BRGM/RP-59438-FR Rapport final 129
Bien que localisés sous les formations alluviales et des formations marneuses qui confèrent une certaine captivité à la nappe sous-jacente, les teneurs en nitrates des eaux pompées dans ces ouvrages ont beaucoup augmenté dans les années 90 (Illustration 72). Les études réalisées dans le cadre de la révision des périmètres de protection ont montré que cette augmentation était la conséquence des pratiques agricoles, de l augmentation des prélèvements et des rejets d eaux usées d origine domestique. Depuis les années 2000, la teneur en nitrates dans les ouvrages a diminué mais le seuil de potabilité fixé à 50 mg/l est régulièrement approché voire dépassé, ce qui a conduit à une interconnexion (et un achat d eau) au Syndicat du Vivier, depuis 2006, pour diminuer la teneur en nitrates par dilution. Les caractéristiques du captage sont consultables sur la fiche de synthèse en Annexe 1. 10.2. CONTEXTE GEOLOGIQUE Les forages du champ captant sont implantés dans les formations alluviales récentes, celles-ci sont d une épaisseur peu importantes (décimétriques à métrique). Elles surmontent les formations de l Oxfordien supérieur : en rive droite de la Courance, ce sont les calcaires marneux de la formation de Marans en rive gauche de la Courance, ce sont les calcaires de la formation de Villedoux, qui se présentent en une alternance de bancs calcaires et de marnes grises ; plus au sud, la formation des calcaires fins plus ou moins argileux d Esnandes est rencontrée. L ensemble de ses formations est disposé en bandes s enfonçant du nord vers le sud suivant un léger pendage. Les grèzes, localement rencontrées, résultent de la gélifraction des calcaires du Jurassique et se présentent sous la forme de dépôts à dominantes sableuses. A l aval du champ captant, les formations fluviatiles deviennent tourbeuses. 10.3. CONTEXTE HYDROGEOLOGIQUE Les dépôts alluviaux de faible épaisseur ne constituent pas un niveau permettant le développement d un aquifère. Ils constituent une zone tampon entre le réseau superficiel et les formations de l Oxfordien supérieur. 130 BRGM/RP-59438-FR Rapport final
Illustration 73 : Localisation du champ captant de La Courance BRGM/RP-59438-FR Rapport final 131
Illustration 74 : Contexte géologique du champ captant de la Courance 132 BRGM/RP-59438-FR Rapport final
Illustration 75 : Synthèse des données hydrogéologiques du champ captant de la Courance (piézométrie issue de l Etat des lieux, 2008) BRGM/RP-59438-FR Rapport final 133
Illustration 76 : Délimitation de la capitivité définie par le bureau d études dans le Diagnostic du Programme Re Sources 134 BRGM/RP-59438-FR Rapport final
L altération des formations de l Oxfordien supérieur (du sommet vers la base : formation d Esnandes, formation de Villedoux, formation de Marans) a permis la mise en place d un aquifère libre. Cet aquifère est dû au développement d une porosité d interstices et surtout de fissures qui conduit à de grandes variations dans les productivités des ouvrages le captant. En effet, cet aquifère est d une épaisseur limitée et seul en surface l altération des calcaires a permis l ouverture de fissures, entrainant une circulation de l eau. Plusieurs campagnes piézométriques ont été menées sur le bassin de La Courance. La plus récente est celle réalisée par le bureau d études Terraqua en avril-mai 2008 (Illustration 75). Cette piézométrie présente le sens des écoulements alimentant le champ captant de La Courance. Les gradients hydrauliques varient de 0.17 dans l axe amont sous la rivière pour passer à des gradients pouvant atteindre 0.5 en rive gauche de La Courance suivant un axe sud-nord. Le principal axe de drainage est la rivière de la Courance, induisant une relation forte entre la nappe libre et le réseau superficiel. Au sud de la Courance, les écoulements sont quasi sud-nord en direction de La Courance, avec des sens d écoulement secondaires suivant les affluents de La Courance ou des vallées sèches. La piézométrie de la nappe contenue dans les calcaires de l Oxfordien supérieur est donc contrôlée par la topographie. Le réseau superficiel et de vallées sèches est plus important en rive gauche de La Courance qu en rive droite, traduisant une alimentation pérenne ou temporaire par l aquifère libre plus importante dans cette partie du bassin. La faible profondeur de la nappe et son cycle hydrologique annuel en font une nappe particulièrement sensible aux transferts de pollutions diffuses qui sont corrélées avec les teneurs en nitrates relativement élevées, proches des 50 mg/l (Illustration 72). Une étude datant de 1978 par la CPGF, mise en corrélation avec des analyses chimiques, par le bureau d études chargé du diagnostic dans le cadre du programme Re Sources, démontre la présence de phénomène de dénitrification naturelle dans la basse vallée de la Courance. La cote piézométrique en période de hautes eaux montre une mise en charge sous les formations alluviales ; néanmoins, il est aussi clairement indiqué qu en périodes de basses eaux ce n est plus le cas. Les phénomènes de captivité stricto sensu ne doivent être qu extrêmement limités dans l espace et le temps. 10.4. EXTENSION DU BASSIN TOPOGRAPHIQUE Le tracé du bassin versant topographique (Illustration 77) a été réalisé à partir des courbes de niveaux des cartes IGN à 1/25 000. Sa superficie est d environ 133 km². BRGM/RP-59438-FR Rapport final 135
Illustration 77 : Bassin topographique du champ captant de La Courance 10.5. BASSIN D ALIMENTATION DU CHAMP CAPTANT DE LA COURANCE En 2001, la DRASS et la DIREN avaient confié à ANTEA la délimitation et le tracé des bassins d alimentation des captages prioritaires vulnérables aux pollutions diffuses, sur la base des documents disponibles, qu ils soient généraux (cartes piézométriques d aquifères d importance régionale) ou sectoriels (études hydrogéologiques préalables à la détermination de périmètres de protection de captages). Dans le cadre du diagnostic Re-Sources, la délimitation du bassin hydrogéologique a été définie par le bureau d études Terraqua. Le bassin d alimentation (Illustration 78) proposé a été déterminé en faisant la synthèse de différentes données : études hydrogéologiques du secteur, bassin topographique ; écoulements de la nappe du Jurassique supérieur contribuant aux débits du captage. Le Bassin d Alimentation du champ captant de La Courance représente une superficie d environ 132 km². Il est différent du Bassin d Alimentation défini par ANTEA (2001) qui couvrait une surface d environ 148 km² et du bassin Re-Source (environ 149 km²) dans la partie à l aval du champ captant : en effet ces deux bassins (ANTEA et Re-Source) englobent une zone située à l aval du champ captant. 136 BRGM/RP-59438-FR Rapport final
Illustration 78 : Bassin d Alimentation du champ captant de La Courance BRGM/RP-59438-FR Rapport final 137
Illustration 79 : Zones de vulnérabilité du Bassin d Alimentation du champ captant de La Courance 138 BRGM/RP-59438-FR Rapport final
10.5.1. Délimitation des zones vulnérables dans le bassin d alimentation Le bassin d alimentation tel qu il a été défini représente une superficie totale d environ 132 km². Différentes zones peuvent être identifiées suivant leur sensibilité vis-à-vis des pollutions diffuses (Illustration 79). Dans l état actuel des connaissances, l Illustration 79 propose une zonation du bassin d alimentation en fonction de la vulnérabilité intrinsèque du milieu. Cette carte est construite en considérant trois classes : Zones fortement vulnérables : une bande de 100 mètres autour des vallées sèches correspondant à des zones plus favorables à des écoulements souterrains ; une bande de 100 mètres autour de chaque cours d eau (zone fortement vulnérable) ; Zones moyennement vulnérables : les formations du Jurassique Supérieur fissurées qui sont le siège de l aquifère alimentant les captages de la Courance ; Zones faiblement vulnérables : les affleurements alluviaux qui sont semiperméables et permettent une filtration des éléments chimiques. BRGM/RP-59438-FR Rapport final 139