ELOQUENTIA TOASTMASTERS CLUB DE COTONOU Club n 806093 Secteur 0A - Division 0D - District U Ponctualité Assiduité Convivialité DISCOURS A3 PROJET : L EXPOSE TECHNIQUE ORATEUR : Georges AMLON EVALUATEUR : TITRE : ASTUCES POUR BIEN «DIRE» UN DISCOURS Mesdames, Messieurs, chers collègues, Vous vous souvenez, il y a quelques semaines, nous avons célébré en grande pompe, le 10 ème anniversaire de notre groupe, le Groupe ETMC. Je me souviens, que plusieurs cadres de notre groupe sont venus me voir. Dans le cadre des festivités, certains avaient à présenter un exposé. D autres devaient prononcer un discours. La préoccupation était la même : «DCOM, comment je peux faire un bon discours?» Ma réponse a toujours été la même : «Ecrivez votre texte, et bâtonnez-le». Je suis sûr que, sur le moment, comme beaucoup d entre vous aujourd hui, certains d entre eux se sont demandé ce que le bâton venait faire dans une affaire de discours!!!
J ai partagé avec eux les astuces pour bien présenter un discours. Et je vais les partager avec vous, dans le cadre de cet atelier de renforcement de capacités auquel Madame la Directrice Générale m a demandé de participer en tant que formateur. «Ecrivez votre texte, et bâtonnez-le». Je vais vous le répéter comme un leitmotiv. Comme on répète un slogan. Parce que ça marche! Sur les cinq qui sont venus me demander conseil, quatre sont revenus me dire qu ils avaient réussi. Il paraît que la cinquième me réserve une bouteille de champagne En fait, même si nous n en maîtrisons pas tous les contours, chacun d entre nous le sait : un discours est fait pour être écouté. Nous écrivons donc pour «dire», et pas pour «lire».
Nous basculons de l écrit vers l oral. Et là certains éléments deviennent importants pour mobiliser l attention de l auditoire : La ponctuation, que nous connaissons depuis le cours primaire. Les silences, qui laissent à celui qui écoute, le temps de comprendre, d appréhender votre idée. Le débit, qui est le rythme qu on imprime à la parole et qui la rend plus expressive. La scansion, qui vient du verbe «scander», et qui est le fait d insister sur certains mots, pour leur donner plus de sens. Je n insisterai pas sur la ponctuation. Les deux phrases qui suivent vous diront à quel point elle peut être vitale. «Tuez pas, de grâce!» et «Tuez, pas de grâce». Comment faire ressortir tous ces éléments importants? Il faut bâtonner le texte du discours. Parce que bâtonner, c est tout simplement placer des repères visuels dans le texte. Des repères qui déterminent la manière de dire le discours.
Bâtonner un texte, c est très simple. Prenons un texte. Celui-ci par exemple : Plusieurs enquêtes ont été menées aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et en Chine. Elles ont révélé que nos produits sont largement compétitifs. Et à l heure actuelle nous détenons 63% des parts de marché dans l espace CEDEAO. Nous sommes tout simplement les meilleurs. Ce texte, je l ai dit d un trait. Mais je pourrais faire mieux en utilisant la technique du «bâtonnage»! Commençons par les silences. Ils vont être exprimés par ces petites barres obliques qu on appelle des «slashs». Ce sont ces petits bâtons qui ont donné l expression «bâtonner».
Par convention, une barre représente une seconde de silence. Dire le texte bâtonné donnera donc ceci : Plusieurs enquêtes ont été menées/ aux Etats-Unis,/ en Grande Bretagne/ et en Chine.// Elles ont révélé que nos produits sont largement compétitifs./// Et à l heure actuelle/ nous détenons 63% des parts de marché dans l espace CEDEAO.// Nous sommes tout simplement les meilleurs. Ces barres de silence pourraient être placées autrement ou ailleurs! Par exemple : Plusieurs enquêtes ont été menées aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et en Chine.// Elles ont révélé que nos produits / sont largement compétitifs./ Et à l heure actuelle nous détenons 63% des parts de marché/ dans l espace CEDEAO.// Nous sommes tout simplement les meilleurs.
Venons-en maintenant au rythme que nous pouvons imprimer à notre texte. Vous pouvez choisir, soit de ralentir votre débit, soit de l accélérer. Dans un texte en italique comme celui-ci, redresser les lettres signifiera que nous ralentissons. Par contre, souligner une portion du texte marquera une accélération. Par exemple : Plusieurs enquêtes ont été menées/ aux Etats-Unis,/ en Grande Bretagne/ et en Chine.// Elles ont révélé que nos produits sont largement compétitifs./// Et à l heure actuelle/ nous détenons 63% des parts de marché dans l espace CEDEAO.// Nous sommes tout simplement les meilleurs. Parlons maintenant de la scansion et de la manière de l exprimer quand nous bâtonnons notre texte. Nous pouvons grossir ou mettre en gras un mot, si nous souhaitons que notre voix le mette en relief.
Nous pouvons aussi séparer un groupe de mots ou des syllabes par un trait d union, si nous voulons marteler cette partie du texte. Exemple : Plusieurs enquêtes ont été menées/ aux Etats-Unis,/ en Grande Bretagne/ et en Chine.// Elles ont révélé que nos produits sont lar-ge-ment com-pé-ti-tifs.// Et à l heure actuelle/ nous détenons 63% des parts de marché dans l espace CEDEAO.// Nous sommes toutsim-ple-ment- les- mei-lleurs. Je voudrais insister sur ceci. Tous les signes retenus ici pour bâtonner un texte sont conventionnels. Ce qui signifie que vous pouvez créer vos propres signes, vos propres conventions. L important, c est de s y retrouver et de délivrer un discours en le disant plutôt qu en le lisant.
Je conclurai en disant deux choses : La première : Ne soyez pas ces cadres que nous voyons ânonner tous les jours à la télévision : «Nous apportons notre soutien indéfectible au Chef de l Etat qui, dans sa vision de faire du Bénin un pays émergent, se bat contre vents et marées» Et chacun se demande : «Qui lui a écrit le discours?» La seconde : Ecrire un texte et le bâtonner, les journalistes de radio le font tous les jours. Et ils délivrent si bien leur message que beaucoup croient qu à la radio il suffit de venir s asseoir et de parler dans le micro. Les professionnels répondent que «la meilleure improvisation, c est celle qui est écrite». Je dirai moi : «Le meilleur discours, c est celui qui est écrit, et bâtonné».