L EXPÉRIENCE DU WILDAF DANS SEPT PAYS D AFRIQUE DE L OUEST

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et à Hammamet (en Tunisie) 4, en mars Ces consultations ont été complétées par une enquête en ligne 5 amorcée en 2011.

Transcription:

PARTICIPATION DES FEMMES AUX INSTANCES DE PRISE DE DÉCISIONS AU NIVEAU DÉCENTRALISÉ : L EXPÉRIENCE DU WILDAF DANS SEPT PAYS D AFRIQUE DE L OUEST Par Kafui B. ADJAMAGBO JOHNSON Coordinatrice Sous régionale WILDAF Afrique de l ouest Email adjakafui@yahoo.fr

PLAN DE L EXPOSE 0. INTRODUCTION 1. LE PROJET ET SES ACTIVITÉS 1.1. Le projet bonne gouvernance et participation des femmes dans 7 pays d Afrique de l Ouest. 1.2. Les activités 1.2.1. Actions pour la prise en compte des droits des femmes par les décideurs. 1.2.2.Actions visant l amélioration de la représentativité des femmes dans les instances de prise de décision 2. LES DIFFICULTÉS. 3. LES LEÇONS TIRÉES 4. RECOMMANDATIONS

La participation des femmes à la gestion de la chose publique est une nécessité reconnue et affirmée par la communauté internationale. La Convention sur l élimination de toutes les formes de discrimination à l égard des femmes adoptée par les Nations Unies en 1979. Le protocole à la charte africaine des droits de l Homme et des Peuples, relatif aux droits des femmes en Afrique adopté en juillet 2003 et, la Déclaration solennelle sur l égalité entre les hommes et les femmes en Afrique

Pourquoi tous les instruments insistent tant sur cette question? Parce que la participation des femmes aux prises de décision a des liens forts avec le développement Parce que la participation des femmes aux prises de décision est une condition nécessaire pour que les intérêts des femmes soient prises en compte

Comment la situation de la participation des femmes à la gestion de la chose publique a évoluée en Afrique de l Ouest, 35 ans après l adoption de la CEDEF force est de constater? Au niveau des institutions centrales des Etats de la sous région Ouest africaine Au niveau des collectivités locales décentralisées

LES FEMMES DANS LES INSTANCES LOCALES DE PRISE DE DECISION MALI Période Postes/ Structures 2002 Maire com. Rurale Conseillère communale Femmes Hommes Nbre % Nbre % 5 0,73 % Total 677 99,27 682 424 4% 10116 96 10540 2004 Maire com. Rurale Maire com. urbaine 6 0,87 % 1 5,56 % 675 99,13 682 18 94,44 682

LES FEMMES DANS LES INSTANCES LOCALES DE PRISE DE DECISION BENIN Période Postes/structures Nbre Nbre total % 2002 44 1199 3,66% 2008 Conseillères communales et municipales 60 1435 4,18%

Women in Decision making positions at local level in Ghana in 2007 GHANA Category Total Men Women % Women Council of State Members 25 22 3 12% District Chief Executives 138 126 12 9% District Assemblies Appointees 1956 1401 555 28%

Période LES FEMMES DANS LES INSTANCES LOCALES DE PRISE DE DECISION Postes/ Structures SENEGAL Femmes Hommes Total Nbre % Nbre Conseillers municipaux 528 19,4 2192 2720 2002 Conseillers ruraux 1002 10,90 8194 9196 Membres des bureaux régionaux 7 12,71 48 55 Membres des bureaux municipaux 48 15,43 263 311 Membres des bureaux ruraux 90 9,37 870 960

Le constat général de la faible participation des femmes aux prises de décision tant au niveau nationale qu au niveau local, comme élues ou comme citoyenne, est établi. Ce constat est à l origine du Projet bonne gouvernance et participation des femmes dans sept pays d Afrique de l Ouest

Mali Sénégal Burkina Faso Bénin Togo Le projet couvre 7 pays d Afrique de l Ouest.

Objectif du projet : renforcer la capacité des organisations de femmes en milieu rural et urbain, à participer à la gouvernance en influençant les décisions et les politiques des pouvoirs publics

La démarche suivie : Former dans chaque pays concerné, des femmes au niveau nationale comme locale sur les droits humains fondamentaux des femmes, l organisation de l État, la décentralisation, la budgétisation sensible au genre, les techniques de plaidoyer et lobbying, le réseautage et le travail en coalition. Constituer des coalitions nationales et locales d organisation de femmes, autour des priorités relatives aux droits des femmes, que les femmes formées ont elles-mêmes identifié.

Les différentes catégories de droits inscrits dans les plates formes des priorités à défendre par les coalitions sont : Politique, Sociaux, Économique. Sur la base des plates formes de priorités, quelles sont les actions que les coalitions ont entrepris pour influencer les décisions des pouvoirs publics au niveau central et local.

LES ACTIVITÉS RÉALISÉES PAR LES COALITIONS, POUR LA PRISE EN COMPTE DES DROITS DES FEMMES PAR LES DÉCIDEURS. Actions ayant ciblé les processus décisionnels budgétaires

Au Togo, dans la commune de Kpalimé, la coalition femme et bonne gouvernance a eu des séances de travail avec des élus locaux, chargés d élaborer le budget 2007, en vue de la prise en compte de leurs priorités ie réhabilitation du marché et sa voirie, installation d une borne fontaine d eau potable dans le marché.

Au Sénégal, à Notto, la coalition a présenté au Président du Conseil rural une plate forme de priorités relatives à la santé maternelle et néonatale, à l aménagement du marché et à l adduction d eau. Après maintes discussions, ces préoccupations ont été prises en compte dans le budget 2008.

Au Bénin, la coalition du Zou a réussi à faire inscrire dans le budget 2008, 17 bourses pour des filles ayant fini leurs études primaires.

LES ACTIVITÉS RÉALISÉES PAR LES COALITIONS, Pour la prise en compte des droits des femmes par les décideurs. Actions ayant visé à mobiliser des financements et autres formes d appui venant d autres acteurs.

Au Togo, la coalition de la Commune d Atakpamé a identifié comme une priorité, la réfection de la route qui mène au marché central de la ville et elle a amené les autorités locales à admettre la nécessité de prendre en compte sa réhabilitation en mobilisant elle-même les ressources nécessaires.

A Kati, au Mali, la coalition femme et bonne gouvernance a inscrit dans ses priorités la réduction de la mortalité maternelle et néonatale par le fonctionnement régulier de l ambulance ; pour ce faire, elle a réussi à forcer la main aux autorités, en mobilisant au niveau des femmes, les fonds destinés à payer le carburant nécessaire pour le fonctionnement de l ambulance

Quelles sont les stratégies qui ont été mises en œuvre pour influencer les décisions des autorités locales? Stratégies de communication Stratégies d alliance

A/ Des stratégies de communication les visites et rencontres avec les autorités locales, les responsables de partis politiques; les réunions avec les groupes de femmes des localités pour les mobiliser autour des priorités que les coalitions veulent faire passer; l utilisation des média pour sensibiliser les femmes et les populations; le recours aux services des annonceurs publics; les conférences de presse.

B/ Des alliances ont été contractées avec d autres réseaux et organisations de la société civile y compris les organisations professionnelles avec les femmes et hommes élus locaux (coalition Mpohor Wasa East, au Ghana, 5 femmes élues et 1 homme; Au Bénin, la coalition compte en son sein, dans la commune de Zagnado un chef d arrondissement.) avec des représentants locaux de ministères chargés de la femme et du genre

C/ Autres stratégies Au Burkina, une stratégie toujours en cours a consisté à mobiliser des fonds pour sensibiliser les Gouverneurs des Provinces et les Présidents des régions sur la nécessité de la budgétisation sensible au genre, afin de les rendre plus disponibles à écouter les préoccupations des femmes.

Au Bénin, également la coalition du Zou a formé sur la bonne gouvernance deux élus locaux par Commune du Zou et des Collines ainsi que des membres d organisations de la société civile.

LES ACTIVITÉS RÉALISÉES PAR LES COALITIONS POUR L amélioration de la représentativité des femmes dans les instances de prise de décision

Au Sénégal, en prévision des élections locales de 2008, à Thiès et à Djourbel les coalitions ont été actives. Malheureusement les élections ont été reportées en 2009

Au Bénin, lors des élections municipales et communales de 2008, ces actions ont permis l élection d une femme au conseil municipal de la commune de Bohicon pour la première fois dans l histoire de cette commune. Le même résultat a été obtenu dans les communes d Abomey, Zagnado et Ouinhi.

QUELLES ÉTAIENT LES DIFFICULTÉS DANS LA REALISATION DU PROJET?

Les difficultés d ordre interne la persistance de certaines limites dans les capacités des femmes à s organiser pour influencer les décisions des autorités locales un problème de suivi La défection de certains acteurs de la coalition et parfois les problèmes de leadership;

Les difficultés externes L attitude de certains élus locaux qui ne collaborent pas franchement avec les femmes. La difficulté d accès à l information Les problèmes de financement, d appui technique et d accompagnement Les tensions politiques et la non tenue d élections aux dates prévues selon les textes

QUELLES LEÇONS POUVONS-NOUS TIRER DE NOTRE EXPÉRIENCE? La nécessité de créer une prise de conscience au niveau des femmes La mobilisation et le soutien des femmes sont plus faciles au sujet des droits économiques et sociaux Les difficultés d accès à l information ont également constitué un frein à l efficacité de l action des organisations de femmes.

Les besoins de capacitation des femmes ont influencé négativement les résultats des actions qu elles ont menées. Il y a un besoin urgent de créer les conditions pour une acceptation des femmes par les autorités en tant que partenaires à part entière. La convergence entre les intérêts des femmes et la disponibilité des autorités à les satisfaire, crée les conditions favorables à la mobilisation des ressources nécessaires à leur satisfaction

Les alliances entre les femmes et les élus locaux ont fait la différence là où elles ont été contractées. Pour les actions visant la représentation des femmes dans les instances de prise de décision, elles n ont porté le peu de résultats constatés que parce qu il y a eu une sensibilisation des populations et des femmes leaders ; Le manque de soutien à la campagne des femmes candidates laissées à elles-mêmes a été par contre un facteur qui explique la faiblesse des résultats obtenus.

RECOMMANDATIONS Envisager des actions de capacitation organisations de femmes au niveau local Encourager les élus locaux et leurs structures à entreprendre de manière systématique la sensibilisation des femmes et des populations sur leurs droits Sensibiliser et renforcer les capacités des élus locaux sur leur rôle et dans les domaines des droits humains des femmes, de la budgétisation sensible au genre et l efficacité de l aide au développement. Créer des fora réguliers de discussion entre les femmes et les élus locaux Appuyer et accompagner les femmes candidates aux élections locales;

EN GUISE DE CONCLUSION La décentralisation n induit pas nécessairement une meilleure prise en compte des droits des femmes par les autorités locales. Les femmes doivent d abord être conscientisées et avoir les connaissances et le savoir faire nécessaire. Les autorités locales, doivent acquérir une culture de gouvernance démocratique qui les rende ouvertes à écouter et prendre en compte les intérêts et besoins des populations. Nous estimons avoir enclenché une dynamique qui mérite d être consolidée par des actions en direction de ces deux types d acteurs étatiques et de la société civile.

MERCI POUR VOTRE ATTENTION