Lia Fly Oser parler du harcèlement scolaire 2
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«N oublie jamais que tes paroles ont le pouvoir de détruire ou de construire, de décourager ou d encourager, de guérir ou d ouvrir de profondes blessures. Choisis tes paroles avec précaution» 2 3
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Avant-propos Je me présente : Lia FLY de pseudonyme, française, actuellement en mission de service civique en milieu lycéen et en formation d Educateur de Jeunes Enfants. J ai été victime de harcèlement scolaire pendant environ 11 ans. Afin d aider à mon niveau les victimes de harcèlement scolaire, je tenais à faire part de ma version des faits face ce dernier. Toutefois, j ai essayé au maximum de réduire ce sujet avec des termes simples et compréhensibles de tous. Ce sujet tabou, nous pouvons le dire, a besoin d être redéfini et réexpliqué à la jeunesse qui en est victime aujourd hui. C est pourquoi, au vu des connaissances rapportées sur le sujet, de mon expérience et des conseils à vous proposer qui peuvent aider tant les enfants, parents que proches, professeurs, j ai pris l initiative d oser écrire cet ouvrage. Je vous informe d ores et déjà que je parlerai de «harceleur» pour ne pas avoir à réitérer harceleur et/ou harceleuse, et victime. De plus, je ne divulguerai aucun nom et que je ne vous ferai pas de témoignage complet sur mon histoire. Non seulement, car il s agit de ma vie personnelle et qu il y a une 2 5
limite à ne pas franchir, mais aussi car je ne souhaite absolument pas «être connue» pour qui j ai été mais pour ce que j en ai retenu, compris et appris. Certes, mon histoire m a changée, m a fait grandir, m a fait évoluer mais si rien de tout cela ne m étais arrivée, je ne serais pas celle que je suis. Aujourd hui, grâce à mon histoire, j arrive à soutenir, accompagner et aider du mieux que je le peux les jeunes qui subissent ce genre de traitement et de torture. Je ne veux plus que cela se reproduise, même si je sais pertinemment que cela est inévitable. Et je ne peux, malheureusement, pas être sur tous les fronts. J ai également décidé d oser écrire cet ouvrage pour rendre hommage aux jeunes qui sont partis trop tôt, qui n ont pas pu trouver en eux le courage de continuer, de trouver le soutien nécessaire, d oser parler tout simplement. Je ne leur en veux pas. De plus, quand cela m était arrivée, il n y avait pas de livres, pas de conseils, ni de soutien à m apporter. Aujourd hui, par le biais de ce livre, je propose mes conseils et mes mises en garde pour vous, victimes, car moi aussi, j aurais aimé en avoir plus jeune. Aujourd hui, comme chaque jour, j envoie mes prières à vous, parents, enfants, familles, qui êtes désœuvrés, dans l incompréhension la plus totale de ce qui vous arrive. Avec ma famille, nous y sommes passés. En effet, pour ma part, j ai eu à combattre l incompréhension, la tristesse, la torpeur, l horreur, la peur, l échec, le renfermement, l isolement, la solitude, puis la dépression, la communication, les rechutes, encore la communication, les flashbacks, le burn out, la renaissance, la réussite, la confiance en moi, l estime de moi, le combat contre le regard des autres, et aujourd hui la chance de m en sortir et 62
probablement d autres sensations dont je ne me souviens plus. Du côté de mes parents qui me soutiennent : l incompréhension, la tristesse, la colère, les pleurs, le soulagement, encore la colère, l envie de meurtre, la déception, le renouveau, l apaisement et aujourd hui la reconnaissance car justice a été rendue en partie et encore une fois bien d autres émotions dont je n ai pas connaissance. Au cours de votre lecture, je vous citerai des documents et ouvrages qui m ont inspirée et qui m ont permis de prendre davantage de recul sur ce que j ai vécu. Certains diront plagiat or non, je mets entre guillemets et en italique ce que j ai repris, le reste n est que ma réflexion personnelle. Ainsi, j ai essayé d apporter une touche supplémentaire à ce que j ai lu, compris et deviné. J ai tenté de dégrossir ce gros et grand mot qu est le «harcèlement scolaire». Il peut être un brin tordu d écrire cet ouvrage quasiment cinq mois après celui de Nora FRAISSE, Stop au harcèlement. Bien que cette dernière offre des conseils enrichissants et valorisants face à ce fléau ; certains dysfonctionnent ou ne sont pas énumérés. Pour conclure, je vous remercie d avance pour l intérêt avec lequel vous aurez lu mon ouvrage et vous envoie beaucoup de bonheur et de réussite pour l avenir. Surtout, ayez la santé, comme on dit chez nous, dans le Bourbonnais! Bonne lecture et à dans dix ans pour la suite de ce livre 2 7
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Introduction Depuis maintenant environ 5 ans, nous entendons parler du phénomène du harcèlement en milieu scolaire : le sujet tabou français par excellence. Pourquoi n en parlonsnous qu aujourd hui? Pourquoi après tous ces morts? Où est passée la crédibilité de la sécurité à l école? L école pour tous? L égalité des chances? Rien de tout cela ne serait arrivé s il y avait eu une préparation, une formation à cette barbarie au sein des études supérieures. Si le gouvernement avait pris cette information avec plus d importance. Si l école n avait pas perdu son autorité. Si elle continuait ce que les lieux de petite enfance avaient commencé d inculquer. Si l école n était pas qu uniquement un lieu de savoir, mais un lieu de vivre ensemble, d éducation. Mais avec des «si» nous mettrions Paris en bouteille, or telle est la réalité d aujourd hui. 2 9
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Message au gouvernement L état actuel de l école face au harcèlement scolaire est dégradant et montre à quel point le corps enseignant est défectueux. Il est grand temps d oser agir, d oser s engager, d oser riposter dans la paix, d oser crier «NON AU HARCELEMENT», d oser hurler notre peine, s il n est pas déjà trop tard. Vos campagnes de prévention ne touchent ni les jeunes, ni les adultes dans les médias. Ces derniers ne parlent que d alcool chez les jeunes, de la drogue, ces substances qui tuent le corps. Quand parlerons-nous réellement et véritablement de ces actes qui tuent l esprit? C est bien beau de parler d alcool, de drogue, mais qu en estil du harcèlement scolaire dans les médias? La génération de demain meure avant même d avoir commencée à contribuer au développement de notre monde et vous, gouvernement, restez les bras croisés sans apporter d intérêt à cette monstruosité. Cependant, j admets qu avoir pris l initiative d un plan gouvernemental est une bonne chose en soi mais qu en restera-t-il dans 10 ans? La jeune génération meure, se perd et disparaît, cela ne vous touche donc pas à ce point, sommes-nous réduits, victimes, qu à ne 2 11