(2 ème partie) Les grandes situations de secourisme(3) S.BENKHALED Il vaut mieux prévenir que guérir! décembre 2012 Douleurs empêchant certains mouvements Si l examen de la victime ne révèle ni une hémorragie importante, ni un étouffement, ni une perte de conscience, la victime doit être secourue dès que possible lorsqu elle se plaint de douleurs empêchant certains mouvements. Objectif Être capable d immobiliser une victime, qui se plaint de douleurs empêchant certains mouvements et de la surveiller. Méthodologie Après avoir assuré la protection, si l examen de la victime révèle qu il n y a pas d hémorragie, ni d étouffement, questionner la victime et la rassurer. La victime est consciente si elle se plaint. Ensuite il faut demander à un témoin d alerter les secours internes en indiquant l état de la victime et en observant la discrétion dans la transmission des informations. Puis secourir, sans urgence. Pour cela il faut : demander à la victime de ne pas bouger ; respecter la position prise par la victime ; éviter toute manipulation non indispensable ; la couvrir (pour éviter le refroidissement) sauf la partie douloureuse. Il ne faut pas bouger la victime pour : éviter d aggraver une fracture éventuelle, ni léser les organes internes ; soulager la douleur (généralement la personne adopte la position la moins douloureuse). Il ne faut bouger la victime qu en cas de risque vital pour la victime et sans mettre en danger la vie du secouriste. Précisions Les signes d une fracture sont, en général : une douleur vive ; un gonflement et/ou une déformation ; des mouvements impossibles. Mais seul un examen médical, complété éventuellement par une radiographie de la victime, permettra de faire un diagnostic précis. Enfin le secouriste surveille la conscience en réconfortant la victime, la couvre (sauf la partie douloureuse) et attend les consignes données par les secours. Cas particuliers Suspicion de fracture du crâne ou de la colonne vertébrale En cas de suspicion de fracture du crâne (risque de lésion cérébrale) ou de la colonne vertébrale (risque de lésion médullaire et donc
de paralysie), le secouriste doit immobiliser la victime dans la position. Si le secouriste est seul, il doit alerter avant d immobiliser dans la position ; pendant qu il alerte il demande à la victime de ne pas bouger. Si un témoin passe l alerte, le secouriste immobilise de suite la victime. Le secouriste doit garder la position jusqu à la prise en charge de la victime par les secours, sinon la victime risque de bouger car les muscles se relâchent. Technique du maintien de la tête Le secouriste se place à genoux derrière la victime, maintient la tête, avec les deux mains, sans toucher les oreilles. Si le secouriste couvre les oreilles la victime entend mal, la sensation est alors désagréable. demander un avis médical internes ou en appelant le SAMU ; continuer à surveiller la victime en lui parlant régulièrement. Précisions À la suite d un coup sur la tête, une atteinte du cerveau est toujours possible. Il peut se révéler secondairement. Plaies (sans saignement abondant) Si l examen de la victime ne révèle ni une hémorragie importante, ni un étouffement, ni une perte de conscience, la victime doit être secourue dès que possible lorsqu elle présente une plaie qui ne saigne pas abondamment. Objectifs Être capable de : laisser la victime qui présente une plaie ne saignant pas abondamment dans la position où elle se trouve, ou la mettre en position d attente : demi-assise pour une plaie au thorax ; jambes surélevées pour une plaie à l abdomen ; à plat dos, tête calée pour une lésion à l œil ; de conditionner un doigt ou un membre sectionné ; de nettoyer une plaie simple. La victime a reçu un coup sur la tête Elle présente, plusieurs minutes après : une agitation ou une prostration ; des vomissements ; des maux de tête persistants ; une diminution de la force musculaire ou un engourdissement. La victime peut, également, ne pas se souvenir de l accident. Dans ce cas il faut : l aider à s allonger ; Méthodologie Après avoir assuré la protection, le secouriste effectue l examen en moins de 30 s. Dans ce cas, le secouriste constate l absence d hémorragie et d étouffement, et la conscience de la victime. Il observe la plaie pour déterminer sa gravité. La gravité d une plaie dépend de sa localisation, de son aspect et de ses causes. Une plaie est grave si : elle est localisée à l œil, à la face, au cou, au thorax, à l abdomen, près des orifices naturels ;
il s agit de plaies multiples, étendues, souillées, déchiquetées, profondes ; un objet est présent dans la plaie ; elle est causée par morsures d animaux, par projectile, etc. En revanche, la plaie est simple lorsqu elle est superficielle et qu elle ne se situe ni à l œil, ni près d un orifice naturel. Rappel Si la plaie saigne abondamment : voir «Saignements abondants». En cas de plaie grave, le secouriste fait alerter par un témoin, ou passe l alerte s il est seul. Il ne s agit pas d une urgence vitale si la victime présente une faible hémorragie, et reste consciente. Pour secourir il faut laisser la victime dans la position où elle se trouve si elle s y sent bien, ou la questionner pour la mettre dans une position adaptée, couvrir (sauf sur la plaie), réconforter. Technique de la position d attente demiassise en cas de plaie grave du thorax En cas de plaie grave au thorax, le secouriste peut positionner la victime demi-assise sur ses cuisses. Cette position facilite la respiration de la victime. Technique de la position d attente cuisses et genoux fléchis en cas de plaie grave de l abdomen En cas de plaie grave à l abdomen, le secouriste peut éventuellement maintenir la victime à plat dos, cuisses et genoux fléchis. Il peut caler la victime dans cette position grâce, par exemple, à une couverture roulée. Cette position permet de : rapprocher les bords de la plaie ; laisser en position les viscères de l abdomen ; détendre les muscles abdominaux ; diminuer la douleur.
Puis, le secouriste : surveille le saignement pour s assurer qu il reste peu abondant (sinon il agit comme dans la «Saignements abondants») ; veille à ce que la victime garde conscience ; attend la prise en charge par les secours spécialisés. Cette température basse diminue l activité cellulaire du membre lésé et la multiplication cellulaire des germes présents. Cas particuliers En cas de corps étranger resté dans la plaie Le secouriste : ne doit pas chercher à le retirer (ce geste risque d aggraver la plaie et de déclencher une hémorragie importante) ; évite de bouger la victime ; couvre la victime (sauf à l endroit de la lésion) ; appelle les secours et se conforme à leurs instructions. En cas de plaie à l œil (voir technique du maintien de la tête) Il faut : positionner la victime à plat dos, tête calée pour éviter une aggravation de la lésion (demander à la victime de fermer les yeux s il n y a pas de corps étranger dans la plaie) ; demander à la victime de ne pas bouger les yeux ; éviter la lumière. Ces recommandations permettent d éviter une éventuelle aggravation de la lésion. En cas de section de membre Il faut : s occuper de la victime : la mettre au repos, la rassurer, cacher la plaie avec un linge comprimant la plaie ; conserver le segment sectionné à basse température (inférieure à 15 C mais supérieure à 0 C). Remarque Si possible, la partie sectionnée sera mise dans un double emballage (sachet et linge), puis posée sur des glaçons (ou de l eau froide), afin d augmenter les chances de succès d une réimplantation (dans les 6 h au maximum). Attention : la partie sectionnée ne doit jamais être en contact direct avec la glace. Dans certains ateliers des boîtes cryogéniques sont prévues pour ce type d accident. Il suffit donc de respecter le mode d emploi de ces conditionnements. Soins aux plaies simples Technique de nettoyage d une plaie simple Le secouriste commence par se laver les mains avec de l eau et du savon liquide, et mettre des gants pour se protéger car il ne s agit pas d une urgence. Parfois on peut demander à la victime de laver sa plaie.
Puis le secouriste nettoie doucement la plaie en imbibant des compresses avec de l eau et du savon liquide (ou autre produit sur conseil médical), de l intérieur vers l extérieur, en changeant de compresse après chaque geste. Nettoyer la plaie de l intérieur vers l extérieur en renouvelant la compresse après chaque geste, puis sécher. Le nettoyage s effectue avec douceur afin : de diminuer la douleur ; d éviter le saignement et la pénétration de corps étrangers. Ce geste permet d enlever une partie des germes présents. Enfin le secouriste sèche la peau, et applique un pansement adhésif si nécessaire (plaie qui saigne, suinte, ou qui est susceptible d être souillée). Après le soin le secouriste doit enlever les gants, se relaver les mains afin d éviter les infections transmises par voie sanguine. Il doit ensuite surveiller : si la plaie saigne, suinte ; les signes d inflammation dans les jours qui suivent (rougeur, douleur, chaleur, gonflement) ; l apparition de la fièvre ; la validité de la vaccination antitétanique (rappel depuis moins de cinq ans). En cas de problème, de doute, la victime doit consulter un médecin.
Technique de désinfection des mains par friction La friction est réalisée en 7 points et renouvelée autant de fois que possible dans la durée impartie. Cette durée sera d au moins 20 secondes et à définir en fonction du produit. Pouces Désinfection des pouces Paume sur paume Désinfection des paumes Ongles Désinfection des ongles Paume sur dos Désinfection des doigts et des espaces interdigitaux Poignets Doigts entrelacés Désinfection des espaces interdigitaux et des doigts Paume/doigts Désinfection des doigts A suivre Dr.Benkhaled Salim Médecin Généraliste / Banque d Algérie Reproduction autorisée avec mention de la source. Pour vos questions et plus d information benkhaled@bank-of-algeria.dz