Option Psychologie du sport et de la santé CM 3 Activité physique et dépression Enseignant : Anthony Mette 2013/1014
Objectif Présenter les principaux travaux ayant étudiés les liens entre dépression et activité physique
Plan du cours 1. Définir et comprendre la dépression 2. Soigner la dépression 3. Les effets antidépresseurs associés à l activité physique
1. Définir et comprendre la dépression
Données descriptives Entre 5 et 8% de la pop française présenterait chaque année un trouble dépressif Prévalence de 20% sur la vie Confusions : dépression, tristesse, dépression récurrente, personnalité dépressive, troubles anxieux etc.
Le DSM Ouvrage collectif Plus de 1100p pour le DSM-IV-TR 27 spécialistes coordonnant des sous-groupes Relectures par 50 à 100 experts internationaux Système multiaxial de classification des troubles mentaux
5 axes
Symptômes caractérisant les principales formes de dépression Différentes formes de «dépressions» Appartiennent toutes aux «troubles de l humeur» Deux grands types de troubles : les troubles dépressifs unipolaires (troubles dépressifs majeurs et dysthymie) Les troubles dépressifs bipolaires (troubles bipolaires de type I, de type II et cyclothymie)
Le trouble dépressif majeur Un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs, sans antécédents d épisodes maniaques ou mixtes N est induit ni par une affection médicale générale, ni par une substance toxique Présence d au moins 5 symptômes Possibilité de spécifier le niveau d intensité de l épisode dépressif
La dysthymie Trouble dépressif moins intense mais plus constant dans le temps Humeur dépressive chronique plus 1j/2 pendant au moins 2ans Au moins 2 symptômes dépressifs Pas dus aux effets d une affection médicale ou d uns substance Entraîne une souffrance ou une altération chez le patient 90% des personnes qui souffrent de dysthymie finissent par développer un épisode dépressif majeur Langage courant : «Personnalité dépressive»
Les troubles dépressifs bipolaires Se caractérisent par : Au moins 1 épisode maniaque ou hypomaniaque Trouble bipolaire I : la personne doit avoir vécu au moins 1 épisode maniaque. Oscillation entre épisode maniaque et tristesse dépressive Trouble bipolaire II : épisodes maniaques moins présents mais épisodes de dépression majeure plus marqués Trouble Cyclothymique
Mesurer la dépression Questionnaires d auto-évaluation ou hétéroévaluation Approche psychométrique/dimentionnelle : intensité des troubles Instruments diagnostics : également sous forme de questionnaire mais DEPISTER les personnes présentant des troubles Approche catégorielle : présence ou absence de trouble Ex : CES-D
Qualités psychométriques d une échelle Validité : mesure bien ce qu elle est sensée mesurée Fidélité : une personne aura les mêmes résultats dans le temps ou en fonction des observateurs Sensibilité : discrimination interindividuelle Ex : Inventaire de dépression de Beck (BDI), échelle de dépression d Hamilton (HDRS)
2. Soigner la dépression
Les pharmacothérapies 1950 : détection des 1ères molécules avec effet antidépresseur Initialement conçus pour d autres indications 5 classes (France) : Les Tricycliques Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS) Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRN) Les «autres»
Efficacité des antidépresseurs 65 à 70% de réponses favorables rémission totale que dans la moitié des cas Médecine fondée sur les «preuves probantes»
Les psychothérapies 4 types de psychothérapies Approche dynamique : conflits intérieurs non résolus Approche comportementale : comportements dysfonctionnels acquis par l apprentissage Approche cognitive : transformer la façon dont le patient s auto-évalue, ses croyances etc. Thérapie de groupe : soigner ensemble
Points communs Processus thérapeutique identique : (1) diagnostic, (2) étiologie, (3) estimation de l évolution du problème avec et sans thérapie, (4) mise en place de la thérapie Les interactions sont modulées par le psy Prise en charge des état émotionnels anormaux mais aussi évolution personnelle
Efficacité Controverses (rapport INSERM, 2004) Méta-analyse de Hollon, Thase, Markovitz (2002) Thérapies psychodynamiques effets positifs très faibles (statistiquement identiques à des effets placebo), 30% des patients déclarent une amélioration à 50% Autres thérapies efficacité égale aux traitements antidépresseurs Combinaison antidépresseurs/psychothérapie : 85% des patients ont une diminution des symptômes )50%
Autres méthodes de traitement La thérapie électro-convulsive (TEC) : appliquer un courant électrique d intensité élevée (75 à 100 volts) sur les tempes du patient pendant (0.1 à 1sec) afin de provoquer une convulsion sous anesthésie générale Le Millepertuis (St John s wort) : plante médicinale, efficacité équivalent aux antidépresseurs pour les troubles dépressifs d intensité légère et modérée Techniques de Mindfulness (pleine conscience) : approche alliant techniques de méditations, philosophie orientale et recherche en neuroscience. Travail sur les processus attentionnels Stimulation du nerf vague, stimulation cérébrale profonde, luminothérapie etc.
3. Les effets antidépresseurs associés à l activité physique
Sport et santé mentale Médecine comportementale, psychologie clinique, psychologie de la santé, sciences du sport Années 2000 : + 1000 recherches (dépression)
Recherches épidémiologiques Objectif : mettre en évidence les effets protecteurs de l AP au sein de grands groupes de pop Conclusion générale : corrélation positive entre un style de vie «actif» (sédentarité, h/sport semaine, dépense énergétique) et une meilleure santé mentale Inconvénient : dans quelle mesure l activité physique constitue une approche thérapeutique lorsqu un trouble dépressif est déjà installé?
Recherches expérimentales Les études s orientent vers des fréquences d entrainement plus élevées (5 ou + /semaine) Nabkasorn et al. (2005) 49 adolescentes (18-20ans) dépression inentsité modérée 8 semaines EP (5.50min de course à pieds/semaine à 50% de leur fréquence de réserve) 2 conditions : vie normale et AP ou AP et vie normale
Résultats
Craft et Landers (1998) Méta-analyse (N=37) AP : course à pied/marche (N=24), autres exercices d aérobie (N=5), non aéronie (Tai Chi, N=8) Effet plus important pour les dépressions «élevée» ou «sévère» AP similaire à une psychothérapie comportementale ou de groupe
Etudes complémentaires Les effets anti-dépresseurs se dissipent rapidement (Mead et al. 2007) Problème : les patients arrêtent les AP après le traitement!! Mise en relation de l AP et la sertraline, molécule couramment prescrite pour les troubles dépressifs (Blumenthal et al, 1999;2007)
Recherches épidémiologiques Objectif : estimer l efficacité thérapeutique de l AP dans le traitement de la dépression Conclusion générale : AP est probablement efficace. Elle engendre peu d effets indésirables, est peu coûteuse et offre bcp de bénéfices pour la santé globale Inconvénient : beaucoup de lacunes méthodologiques et ne permettent pas de déterminer quel est l AP la plus efficace
Conclusion «l activité physique devrait être proposée dans toute prise en charge de la dépression» (INSERM, 2008)
Je vous remercie