A quoi sert une Station d'epuration? L assainissement des eaux usées est une étape décisive pour préserver la santé publique, le milieu naturel et la ressource en eau. Sans la dépollution des eaux usées, les rivières se transformeraient en égout rendant impossible à l autre bout de la chaîne la production d eau potable. C est le traitement des eaux usées qui permet de maintenir la qualité de notre environnement, de la vie aquatique et des nombreuses activités liées à l eau (tourisme, pisciculture, agriculture, industrie ). La Communauté d Agglomération de Châlons-en-Champagne a décidé de mettre en conformité sa station d'épuration afin de respecter la réglementation, en particulier en matière de rejet d'azote et de phosphore. Qu'appelle t-on assainissement collectif? Le réseau d'assainissement collectif permet d'évacuer les eaux usées des particuliers vers une station de traitement communément appelée Station d'epuration. Le réseau est constitué d'un système de canalisations en ciment, béton, fonte ou pvc (dites aussi collecteurs). Les évacuations d'eaux usées des habitants sont raccordées à ce réseau de canalisation.
Présentation de la station d'épuration Objectif : respecter l'environnement La précédente station d'épuration avait été construite en quatre tranches entre 1965 et 1976. Aussi, la Communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne a décidé de construire une nouvelle station d'épuration, pour répondre aux exigences européennes pour les eaux usées urbaines. Elle est située entre l'ancienne, qui a été entièrement démolie, et la voie SNCF à la limite de Châlons-en-Champagne et de Fagnières. La nouvelle station d'épuration de Châlons-en-Champagne se veut avant tout respectueuse de son environnement. C'est pourquoi elle a été conçue à la fois compacte, afin d'en diminuer au mieux son impact, et fonctionnelle pour en optimiser son exploitation. Pour la réalisation de cet équipement un cahier des charges très strict a été établi en matière de développement durable : intégration au site, élimination des nuisances olfactives, amélioration du cadre de vie et des conditions de travail étaient des cibles prioritaires. L'ensemble des installations pouvant dégager des odeurs est couvert et ventilé : l'air extrait avant rejet dans l'atmosphère est dénué de toute nuisance olfactive. Etudes et réalisation : Les études de réalisation ont été lancées le 2 juin 2003. Les travaux ont débuté le 15 mars 2004. La station d'épuration a été mise en service le 3 janvier 2006, mettant un terme à l'activité de l'ancienne d'épuration, aujourd'hui démolie.
Les visites pédagogiques Un circuit de visite pédagogique complet a été réalisé, afin de sensibiliser l'ensemble des citoyens et plus particulièrement les jeunes générations au cycle de l'eau technique et aux savoir faire qu'il nécessite pour préserver efficacement les milieux aquatiques. Tous les premiers vendredis de chaque mois de 14h00 à 15h30, une visite pédagogique, ouverte aux particuliers, est organisée et assurée par le personnel de Véolia Eau. 9 panneaux sont implantés le long du circuit et présentent : 1/ accueil et présentation 2/ l'arrivée des eaux usées, 3/ les ouvrages de prétraitement, 4/ le traitement des sous produits, 5/ le traitement des odeurs, 6/ le traitement des boues, 7/ les bassins d'aération, 8/ les bassins clarificateurs, 9/ le cheminement de l'eau Chacun peut ainsi peut prendre connaissance du circuit de traitement des eaux usées. Durée de la visite 1h30mn par groupe de 15 personnes. Inscriptions et renseignements au 03.26.65.42.72.
Investissement et financement Investissement : La réalisation de la station d'épuration représente un investissement de 24 615 000 TTC A ce jour, il s'agit de l'investissement le plus important réalisé par la Communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne. Financement : Cités en Champagne : 60 % HT Agence de l'eau Seine-Normandie : 40 % HT et prêt de 20 % sans intérêt L'Agence de l'eau Seine-Normandie, établissement public de l'etat dont la mission est de protéger les ressources en eau intervient techniquement et financièrement pour ce projet. Celui-ci s'inscrit dans les priorités territoriales du bassin versant de la Marne pour atteindre en 2015 un bon état de l'eau. Dans le respect d'une politique solidaire de l'eau, l'agence de l'eau applique le principe " pollueur-payeur " et perçoit ainsi des redevances auprès des usagers et consommateurs d'eau pour les redistribuer sous forme d'aides aux projets efficaces pour la préservation de l'eau et des milieux aquatiques.
Les chiffres clés de l'assainissement dans la Communauté d'agglomération 10 047 m3 d'eaux usées traitées chaque jour à la station d'épuration. 3 665 695 m3 d'eaux usées traitées par an à la station. 242 kms de canalisations constituent le réseau de collecte des eaux usées. 161 kms de canalisation constituant le réseau d'eaux pluviales. 4 usines de dépollutions des eaux (station d'épuration) : Châlons / L'Epine / Moncetz-Longevas / Saint-Etienne-au-Temple. 18 469 T de boues produites en 2005 soit 1410 T de matières sèches. Ces matières sèches sont valorisés et servent à l'épandage agricole sous formes liquide ou pâteuse jusqu'en 2006 et de granulés à partir de 2007. L'épandage concerne 59 parcelles agricoles marnaises, qui correspondent à une surface totale de 495,160 ha.
Le circuit de traitement des eaux usées en 9 étapes 1/ L'arrivée des eaux usées. Les eaux sales appelées «eaux usées», en provenance du réseau de la Communauté d Agglomération de Châlons-en-Champagne, arrivent à la station au niveau du poste de relèvement. Ces eaux sont d abord dégrillées à 50 mm afin de retirer les déchets les plus encombrants. Ensuite, à l aide de trois pompes de 1000 m 3 /h, les eaux usées sont remontées vers les pré-traitements de la nouvelle station. 2/ Le dégrillage. Le dégrilleur permet de séparer et d évacuer les matières volumineuses contenues dans les eaux usées, comme des papiers, des feuilles, des cigarettes... Il est constitué d une grille à barreaux de 6 mm d écartement. Les déchets sont ensuite compactés afin de réduire leur volume puis stockés dans une benne avant d être envoyés vers une filière de traitement adaptée. 3/ Le dessablage et le déshuilage : Le dessablage permet d éliminer des eaux usées, les graviers et les sables. Ces particules lourdes décantent au fond de l ouvrage et sont reprises par des pompes puis lavées et stockées dans une benne. Le déshuilage permet d éliminer les huiles et les graisses contenues dans les eaux brutes. On injecte de l air dans l ouvrage afin de mettre les graisses en suspension, un pont racle en surface et récupère ainsi les graisses qui seront pompées puis traitées. Ces sables sont envoyés sur une Unité de Lavage des Sables avec des matières provenant du nettoyage des voiries ainsi que des produits de curage provenant des réseaux d'assainissement.
4/ Le traitement des sous produits : Un traitement biologique des graisses a été prévu sur la nouvelle station afin de pouvoir accueillir les produits issus des bacs dégraisseurs ainsi que les graisses piégées sur les ouvrages de pré traitement. Les matières de vidanges provenant des installations d'assainissement non collectif peuvent être dépotées dans un ouvrage de stockage pour contrôle avant d'être envoyées vers le traitement des eaux usées. L unité permet de retirer la pollution collée au sable. Ensuite, celui-ci est stocké dans une benne avant d être évacué. Après avoir été lavé, ce sable peut avoir une seconde vie, il peut être réutilisé sur des travaux de voirie ou de remblayage de tranchées. La capacité de l installation est de 2 tonnes par heure de produit brut pour une capacité de 2000 tonnes par an. 5/ La désodorisation. Le traitement des eaux usées est généralement accompagné d un dégagement d odeurs. Afin de limiter ces odeurs, les locaux sont ventilés et l air pollué ou «air vicié» est envoyé sur une unité de désodorisation. 6/ Le bassin d'aération et le traitement bioloqique. Le principe consiste à faire dégrader par des micro-organismes naturellement présents dans l eau, les matières organiques dissoutes qui représentent une pollution. Cette dégradation se fait dans un bassin d'aération où de l'air est insufflé pour activer le travail des bactéries. Celles-ci vont consommer les matières polluantes et former, en s'agglomérant, des boues dites biologiques. Cette technique permet d éliminer la pollution carbonée, azotée et seulement une partie de la pollution phosphorée. Afin de terminer le traitement du phosphore, du chlorure ferrique est injecté dans ces bassins.
7/ La clarification. L'eau est séparée de la boue par décantation dans des bassins appelés "clarificateurs". 8/ Le séchage et la valorisation agricole des boues. Les boues récupérées sont épaissies et déshydratées pour obtenir un produit hygiénisé. Cela permet également de réduire les volumes pour faciliter le stockage et le transport. La Communauté d Agglomération de Châlons-en-Champagne a choisi une technique innovante de séchage des boues et de transformation en granulés. C'est sous cette forme qu'elles sont ensuite valorisées en agriculture en tant que fertilisants. Pour disposer de solutions alternatives elles peuvent être incinérées ou stockées en centre d'enfouissement technique (décharge). Le volume total de boues produites en 2005 est de 1410 tonnes de matières sèches. Le dispositif qui a été construit est dimensionné pour un volume nominal de 2000 tonnes de matières sèches par an. 9/ Le rejet de l'eau au milieu naturel : la rivière Marne. Une fois épurée, l'eau est rejetée dans la rivière Marne qui peut alors prendre la relève en effectuant les dernières opérations de dépollution grâce au soleil et aux bactéries ambiantes, sans compromettre l équilibre de l environnement. L'investissement consenti par la Communauté d'agglomération doit permettre une amélioration de la qualité physicochimique de la Marne. Cette évolution fera l'objet d'un suivi analytique sur plusieurs années. Il bénéficie ainsi à l'ensemble des usagers de la rivière.
DESCRIPTION DE LA STATION D'EPURATION Parti architectural et paysage La nouvelle station d'épuration de Châlons-en-Champagne se veut avant tout respectueuse de son environnement. Elle a été conçue à la fois compacte, afin d'en diminuer au mieux son impact, et fonctionnelle pour en optimiser son exploitation. Cette démarche est en tout point bénéfique, puisqu'elle entraîne par voie de conséquence une rationalisation des coûts. Les équipements techniques composant la filière de traitement sont regroupés dans un bâtiment en L refermé par une aile abritant les ateliers-magasins, garages et stockages. Cette disposition permet de regrouper tous les accès autour d'une cour intérieure technique et d'en limiter les nuisances au maximum. Le grand hall de stockage des bigs-bags est positionné à l'arrière de la station, côté voie ferrée, contre la partie la plus boisée du terrain, atténuant ainsi son impact environnemental. Compacte, sertie dans un écrin de verdure, sa façade signal tournée vers la Marne, la nouvelle station se donne les atouts d'une intégration réussie. Les matériaux Béton brut aux coffrages soignés, témoin de la technique mise en œuvre sur les bassins, acier galvanisé et bardage anodisé composeront les matériaux de la nouvelle station. Ici pas de revêtement décoratif superflu, mais une architecture sobre, en accord avec les matériaux de qualité utilisés dans le process et la présence forte de la végétation existant.
Les principes paysagers. Le site de reconstruction de la station d'épuration de Châlons-en- Champagne est au cœur d'une zone de grande qualité paysagère et écologique. Les nouveaux équipements industriels nécessitent une forte action d'intégration paysagère dans cet environnement à caractère naturel. Le projet architectural et paysager est conçu selon les principes suivants: - Conserver une grande partie des espaces boisés existants. - Conserver à travers des talutages très doux et des plantations choisies un écrin paysager à caractère d'espace naturel évoquant les milieux humides et les bords de rivière. - Limiter ou fractionner les vues depuis l'extérieur du site par des des massifs boisés épais et denses. Réalisation de l'équipement Maître d'ouvrage : Cités en Champagne Assistant Maître d'ouvrage : HYDRATEC Mandataire du Marché : VWS WABAG FRANCE Conception réalisation : VWS WABAG FRANCE Génie Civil : DEMATHIEU ET BARD Paysagiste : EYZAT Electricité / Automatisme : GAY Architecte : AA'E