La vague de froid de février 212
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La vague de froid de février 212 La France a connu début février 212 un événement météorologique exceptionnel avec une vague de froid d une durée et d une ampleur inédite depuis presque vingt ans. Cette vague de froid a conduit à des pics de consommation électrique dépassant pour la première fois le seuil symbolique de 1 GW, soit 3% de plus qu il y a dix ans. De surcroît, les consommations ont dépassé la pointe imale précédente, datant de l hiver dernier, pendant 18h sur les trois jours les plus froids, autour de 19h, mais aussi sur la plage horaire comprise entre 8h et 14h. Grâce à la mobilisation de tous les acteurs, le réseau de transport d électricité a su faire face et son maillage a permis de franchir cette situation sans incident grave. Mais, ne nous le cachons pas, chaque hiver sera de plus en plus difficile en cas de vague de froid de cette ampleur. En effet, la France est de plus en plus «thermosensible» : 1 C de moins augmente la puissance appelée de 2 3 MW aujourd hui. Nos modes de vie, nos modes de chauffage, augmentent la sensibilité de notre système électrique à ces situations, alors que d autres pays sont plus dépendants du gaz, et de son importation, pour leur économie ou leur chauffage. C est un défi collectif que nous devons relever. Comment faire face aux prochains hivers? Nous devons nous interroger pour évaluer dans quelle mesure les capacités françaises de production et de transport d électricité, aussi importantes soient-elles, seront toujours suffisantes pour faire face aux besoins en cas de grand froid. Nos marges sont en effet limitées et si la bonne disponibilité des ouvrages et de la production était au rendez-vous cet hiver, le sera-t-elle à nouveau dans des circonstances analogues, voire plus sévères? C est pour éclairer les réponses à apporter que RTE a souhaité présenter, avec le recul nécessaire, l analyse de cette vague de froid au travers de ses impacts sur le système électrique français et sur les échanges avec les pays voisins. 3
La France a été marquée par une vague de froid exceptionnelle Du 1 er au 13 février 212, la France a connu, selon Météo-France, une vague de froid exceptionnelle qui a touché l ensemble du territoire métropolitain. Durant cet épisode, les températures très basses se sont accompagnées d un vent souvent soutenu qui a considérablement accru la sensation de froid, ainsi que de chutes de neige jusqu à basse altitude, qui ont aussi touché les régions méditerranéennes. Si la vague de froid a concerné tout le pays, l extrême ouest de la France a connu des conditions un peu moins sévères, notamment la région Bretagne. Évolution de la température en France au cours de l hiver 211-212 Température ( C) 14, 12, 1, 8, 6, 4, 2,, -2, -4, -6, Source : Météo France 1/12/211 4/12/211 7/12/211 1/12/211 13/12/211 16/12/211 19/12/211 22/12/211 25/12/211 28/12/211 31/12/211 3/1/212 6/1/212 8/1/212 12/1/212 15/1/212 18/1/212 21/1/212 24/1/212 27/1/212 3/1/212 2/2/212 4/2/212 8/2/212 11/2/212 14/2/212 17/2/212 2/2/212 23/2/212 24/2/212 28/2/212 Conditions anticycloniques de l Espagne à la Russie Source : Météo-France Neige au sol sur une partie de la France. Image satellite du 4 février 212 à 12h UTC, satellite MSG2 4
La vague de froid de février 212 Cette vague de froid se situe parmi les trois plus sévères des trente dernières années. A l échelle de la France, cet épisode est tout à fait exceptionnel : une telle vague de froid n avait pas été observée dans le pays depuis janvier 1987. En termes d intensité globale, il s agit de la cinquième vague de froid la plus sévère observée depuis 1947 en France. Cette vague de froid, qui a duré treize jours, se caractérise aussi par sa durée relativement longue. Mais que ce soit en termes de durée ou d intensité globale, elle reste malgré tout loin des vagues de froid historiques de février 1956, janvier/février 1963 et janvier 1985. Elément notable, le pic de froid imal atteint au cours de cet épisode est resté assez modeste, comparé à ceux de la plupart des vagues de froid antérieures à la fin des années quatre-vingts. Températures s journalières brutes 6 4 2 Température ( C) 13 déc. 2 déc. 27 déc. 3 janv. 1 janv. 17 janv. 24 janv. 31 janv. 7 févr. 14 févr. 21 févr. 28 févr. 7 mars -2-4 -6 1984/85 1985/86 1986/87 199/91 1996/97 21/2 24/5 211/12-8 -1 5
Des consommations exceptionnellement élevées La pointe de consommation observée en 212 se situe à 12 1 MW. Pour la première fois, elle dépasse le seuil «symbolique» des 1 MW. Trois jours ont vu la consommation française dépasser le pic de consommation constaté l hiver précédent, en décembre 21. Sur ces trois jours, la consommation a été supérieure pendant 18 heures à la pointe de 21, notamment autour de 19h, mais également sur la plage horaire comprise entre 8h-14h. Pointes de consommation journalière pendant la vague de froid 15 12 1 Pointes du matin Pointes du soir Précédent pic historique (15/12/21) 1 96 71 95 9 85 8 212 1/2 2/2 3/2 4/2 5/2 6/2 7/2 8/2 9/2 1/2 11/2 12/2 13/2 Les données affichées sur le graphique correspondent à des données consolidées de comptage, plus précises que les données disponibles en temps-réel qui sont élaborées à partir de télémesures et d estimations. Courbes de charge du mercredi avant et pendant la vague de froid 11 1 9 8 7 6 5 :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 25/1/212 1/2/212 8/2/212 2:3 21:3 22:3 23:3 La vague de froid a conduit à des consommations élevées non seulement à la pointe du soir, mais également en journée et la nuit. Ainsi, le creux de nuit du 8 février est au même niveau que le plateau de la matinée du 1 er février, et bien supérieur à la pointe du 25 janvier. La pointe de consommation autour de 19h est le fruit des activités tertiaires finissantes, du pic d activité des transports en commun et de la reprise des activités domestiques autour du repas du soir. 6
La vague de froid de février 212 Montagne de charge de l hiver 211-212 novembre 11 décembre 11 janvier 12 février 12 Supérieur à 95 GW de 9 à 95 GW de 86 à 9 GW de 83 à 86 GW A l échelle de la saison, cette vague de froid se démarque fortement du reste de l hiver, marqué par des températures plutôt douces. Les couleurs traduisent le niveau de consommation en fonction du jour et de l heure mars 12 : 2: 4: 6: 8: 1: 12: 14: 16: 18: 2: 22: Depuis dix ans, on constate une augmentation des pics de consommation plus rapide et plus dynamique que celle relevée sur la consommation annuelle d énergie électrique. Ainsi, le imum historique est passé de 75 MW dans les années 2 à plus de 1 MW cet hiver. La pointe de l hiver 211-212 est supérieure aux hypothèses du Bilan Prévisionnel* et atteint le niveau de consommation attendu à partir de l hiver 213-214. Cela s explique par l ampleur de cette vague de froid qui dépasse celle de la vague de froid «décennale» retenue comme hypothèse de référence pour l analyse de l équilibre entre l offre et la demande dans le cadre du Bilan Prévisionnel. L écart de 5 GW entre les pointes de consommation de l hiver 211-212 et de l hiver 21-211 est dû au fort accroissement de la consommation du chauffage électrique des particuliers et des entreprises face à une sévère vague de froid, partiellement atténué par les consommations moindres des processus industriels dans le contexte de crise économique. La hausse des consommations résidentielles s explique par trois facteurs principaux : Evolution des pointes de consommation depuis 1 ans 15 1 95 9 85 8 75 MW 79 59 79 73 Lundi 17/12/21 Mardi 1/12/22 83 54 Jeudi 9/1/23 Lundi 28/2/25 La progression démographique Actuellement, la croissance de la consommation française d électricité est surtout tirée par les ménages (le secteur résidentiel). Ceci est naturellement lié à l augmentation progressive de la population. Mais plus encore, l accroissement du nombre de foyers, lié à l évolution des modes de vie (vieillissement de la population, familles monoparentales ), renforce cette évolution. Des nouveaux usages électriques Par ailleurs, les foyers français sont de plus en plus équipés en appareils électriques. La généralisation de l électroménager (cuisson électrique, lave-linge, lave-vaisselle ) a plus récemment été suivie par celle des appareils électroniques 86 2 86 28 Vendredi 27/1/26 88 96 Lundi 17/12/27 92 4 Mercredi 7/1/29 96 71 Mercredi 15/12/21 12 1 Mercredi 8/2/212 ou du multimédia (ordinateurs, écrans plats, mobiles divers, «boxes» Internet ou autres ). La «thermosensibilité» de la consommation d électricité Le chauffage électrique s est largement développé en France depuis les années 7. Depuis 25, plus de 5% des logements neufs sont équipés en chauffage électrique, en 29, ce taux a même atteint 7%. En 21, 35% du parc total de logements (neuf et ancien) était chauffé à l électricité, soit 9,5 millions de logements environ. L évolution vers des modes de chauffage plus efficaces (pompes à chaleur performantes) n a pas encore d effet visible sur l évolution de la thermosensibilité. *Bilan Prévisionnel : http://www.rte-france.com/fr/mediatheque/documents/l-electricite-en-france-donnees-et-analyses-16-fr/ publications-annuelles-ou-saisonnieres-98-fr/bilan-previsionnel-de-l-equilibre-offre-demande-1-fr 7
Une sensibilité de la consommation à la température toujours élevée La part thermosensible est estimée statistiquement par RTE, les mesures de consommation par usage n étant pas disponibles, et correspond principalement au chauffage électrique. La part thermosensible de la consommation représente en 4% sur l ensemble de la vague de froid et 38% à la pointe le 8 février à 19h. Consommation et part thermosensible MW 11 1 9 8 7 6 Consommation Part thermosensible La sensibilité à la température de la consommation d électricité, qui a fortement augmenté au cours des dix dernières années, est aujourd hui estimée à 2 3 MW/ C à 19h, heure de la pointe de consommation journalière en hiver. Elle représente aujourd hui le double de la consommation de l agglomération de Marseille pour chaque degré en moins en période froide. 5 4 3 2 1 212 1/2 2/2 3/2 4/2 5/2 6/2 7/2 8/2 9/2 1/2 11/2 12/2 13/2 Sensibilité de la consommation à la température en France et en Europe Thermosensibilité (MW/ C) 6 5 4 3 2 5 2 3 Cette thermosensibilité est bien plus importante en France que dans les autres pays européens. Elle représente près de la moitié de la thermosensibilité européenne totale. A contrario, la moindre sensibilité de nos voisins, au plan électrique, se traduit généralement par des tensions sur l approvisionnement en gaz et par la disponibilité de moyens de production à l étranger qui autorise le recours à l importation pour compléter la couverture des besoins en France. 1 6 5 3 Europe France Grande-Bretagne Allemagne Italie 8
La vague de froid de février 212 La mobilisation des moyens de production La disponibilité du parc de production français a été bonne pendant la vague de froid. En effet, seulement trois tranches nucléaires sur cinquante-huit étaient à l arrêt ainsi que cinq tranches thermiques à combustible fossile sur plus de quatre cents raccordées au réseau de transport d électricité. Bien que l équilibre entre l offre et la demande ait pu être respecté pendant la vague de froid, il convient de souligner que la totalité des moyens disponibles en France a été sollicitée. Couverture de la demande le mercredi 8 février 212 11 1 9 8 7 6 5 4 3 2 1 MW :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 pompage (-) importations (+) hydraulique (+) thermique à combustible fossile (+) autres ENR (+) éolien (+) nucléaire (+) consommation 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 Durant la vague de froid, le parc électrique français a été très sollicité pour couvrir la forte demande. Le mercredi 8 février, le parc nucléaire a produit près de 6 MW en bande couvrant ainsi entre 58% et 7% de la demande. Les énergies renouvelables hors hydraulique ont produit entre 2 5 et 4 5 MW, couvrant entre 2% et 5% de la demande. Durant l hiver et plus particulièrement les périodes de froid, la production thermique à combustible fossile est particulièrement sollicitée. Si elle représente moins de 1% de la production totale sur l année 211, elle a couvert entre 15% et 2% de la consommation le mercredi 8 février. La production hydraulique (entre 6 5 MW et 14 MW), y compris le pompage, et les importations (entre 3 5 MW et 7 5 MW) ont eu un rôle prépondérant d ajustement pour équilibrer l offre et la demande d électricité en France. Le remplissage des réservoirs avant la vague de froid était meilleur qu en 211 et dans la des dix dernières années à la même période. Après la vague de froid, il était à un de ses plus bas niveaux des vingt dernières années. Couverture de la demande le mercredi 8 février 212 à 19h 18% 14% 1% 2% 7% 58% importations (+) hydraulique (+) thermique à combustible fossile (+) autres ENR (+) éolien (+) nucléaire (+) 9
La contribution de la production éolienne Malgré les conditions anticycloniques qui sévissaient sur l ensemble de l Europe, la production éolienne française a été relativement élevée. Production éolienne française 5 45 4 La production éolienne a varié au cours de la vague de froid entre 5 MW et 4 5 MW. Elle a été particulièrement importante les trois premiers jours de la vague de froid. Egalement importante la nuit du 7-8 février, elle était en revanche assez faible au moment du pic de consommation du mercredi 8 février et très faible dans la matinée du 9 février. Production (MW) 35 3 25 2 15 1 5 212 1/2 2/2 3/2 4/2 5/2 6/2 7/2 8/2 9/2 1/2 11/2 12/2 13/2 Taux de couverture journalier de la consommation par la production éolienne 6,% 5,% 4,% 3,% 2,% 1,% :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 1 La, ainsi que le imum et le imum, sont calculés par demi-heure sur les treize jours de la vague de froid. 8% 5 7% 45 Durant la vague de froid la production éolienne a permis de couvrir peu moins de 1%. de charge moyen durant dans le cas le moins favorable un semble de l année 4 211 : le facteur 6% 35 la période en 5% entre 2% et 2,5% de Le parc éolien français a été plus a été légèrement 3 supérieur à 3%, la consommation. 4% Au mieux, elle productif en durant la contre 21,3% 25 en sur a couvert 3% 5% de cette dernière et vague de froid que pendant l en- 211. 2 15 2% 1 1% 5 Facteur de charge (%) Production (MW)
4,% 3,% 2,% La vague de froid de février 212 1,% :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 Facteur de charge de la production éolienne française 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 8% 5 Facteur de charge (%) 7% 6% 5% 4% 6,% 3% 2% 5,% 1% 4,% 45 4 35 3 25 2 15 1 5 Production (MW) 3,% :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 2,% La, ainsi que le imum et le imum, sont calculés par demi-heure sur les treize jours de la vague de froid. Durant la vague de froid l éolien 16% français a produit en 14% plus que l éolien allemand malgré un parc 12% plus de quatre fois moins important, 1% en raison de conditions de 8% 8% vent différentes entre les deux pays. 6% Le facteur de charge 7% moyen 4% sur la période est resté 6% autour 2% de 5% en Allemagne. La production 5% photovoltaïque allemande 4% a quant à elle été importante notamment sur la première 3% semaine de la vague de froid. Elle 2% était en revanche plus faible les 7 12% 1% et 9 février. Facteur de charge (%) Facteur de charge (%) 1,% 18% 1% 8% :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 Facteur de charge de la production éolienne allemande 6% 4% :3 :3 1:3 1:3 2:3 2:3 3:3 3:3 4:3 4:3 5:3 5:3 6:3 6:3 6:3 7:3 7:3 7:3 8:3 8:3 8:3 Production renouvelable allemande 9:3 9:3 9:3 12 1 8 6 4 2 1:3 1:3 212 1:3 11:3 1/2 11:3 11:3 12:3 2/2 12:3 12:3 13:3 13:3 13:3 14:3 3/2 14:3 5 source : http://www.transparency.eex.com/en 45 4 35 photovoltaïque 3 éolien 25 5 2 45 15 4 1 35 3 25 2 15 1 source : http://www.transparency.eex.com/en 5 14:3 15:3 4/2 15:3 15:3 16:3 16:3 16:3 17:3 5/2 17:3 18:3 17:3 6/2 18:3 19:3 18:3 19:3 7/2 2:3 2:3 19:3 21:3 8/2 21:3 2:3 22:3 22:3 21:3 9/2 23:3 23:3 22:3 1/2 23:3 Production (MW) Production (MW) 11/2 source : http://www.transparency.eex.com/en 12/2 13/2 Facteur de charge (%) Echanges (MW) 2% 18% % 16% -2% 14% -4% 12% -6% 1% 8% 6% 4% 2% 3 2 1 12% -1 1% -2 8% :3 :3 :3 1:3 1:3 1:3 2:3 2:3 2:3 3:3 3:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 Belgique Allemagne Grande-Bretagne Espagne Italie La, ainsi que le imum et le imum, sont calculés par demi-heure sur les treize jours de la vague de froid. Suisse 4:3 4:3 5:3 5:3 6:3 6:3 7:3 7:3 8:3 8:3 9:3 9:3 1:3 1:3 11:3 11:3 12:3 12:3 13:3 13:3 14:3 15:3 14:3 16:3 15:3 17:3 16:3 18:3 17:3 17:3 19:3 18:3 18:3 2:3 19:3 19:3 21:3 2:3 2:3 22:3 21:3 21:3 23:3 22:3 22:3 23:3 5 45 4 35 3 25 2 15 1 5 23:3 Production (MW) 11
3,% 2,% 1,% :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 Facteur de charge (%) 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 Le rôle des importations dans l équilibre 5 offre-demande 45 Les échanges aux frontières ont été fortement mobilisés sur toute la période de la vague de froid et les importations ont atteint la capacité limite du réseau en France. Hormis les deux premiers jours où 14% les exports sont restés prédoants, le solde des échanges a été 12% 1% constamment importateur, atteignant un 8% imum supérieur à 9 MW 6% le 9 février à 9h. Facteur de charge (%) 8% 7% 6% 5% 4% 3% 2% 1% 18% 16% 4% 2% :3 :3 1:3 1:3 2:3 2:3 3:3 3:3 4:3 4:3 5:3 5:3 Solde des échanges contractuels pendant la vague de froid 212 Couverture journalière de la demande par les échanges 6:3 6:3 7:3 7:3 8:3 8:3 9:3 9:3 4 1:3 2-2 -4-6 -8-1 1:3 11:3 1/2 11:3 12:3 2/2 12:3 13:3 13:3 3/2 14:3 15:3 4/2 16:3 5/2 17:3 18:3 6/2 19:3 7/2 2:3 21:3 8/2 22:3 9/2 solde contractuel 15 Par convention, le solde des échanges avec l étranger 1 est négatif lorsque le bilan est importateur et positif lorsqu il est exportateur 5 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 23:3 1/2 4 35 3 25 2 15 1 5 5 45 4 35 3 25 2 Production (MW) 11/2 Production (MW) 12/2 13/2 12% 1% 8% 6% 4% 2% % -2% :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3-4% -6% 3 Le taux de couverture de la demande par les échanges est la part de la consommation française couverte par les importations d énergie. Par conséquent, ce taux de couverture est négatif lorsque le solde est exportateur (exemple lors des deux premiers jours de la vague de froid lorsque la France maintient un bilan exportateur). Echanges (MW) 2-1 :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 Les imports ont permis de couvrir en 1 5% de la consommation et au imum 9%. On peut noter leur contribution particulièrement significative en première partie de journée puis dans une moindre mesure pendant les quelques heures autour de la 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 Belgique pointe du soir. Ce profil Allemagne peut s interpréter en corrélation Grande-Bretagne probable avec Espagne la gestion de la production hydraulique. Italie Suisse 2:3 21:3 22:3 23:3 12-2 -3
Facteur de charge (%) 16% 14% 12% 1% 8% 6% 4% 2% 12% 1% 8% 6% 4% 2% % -2% -4% -6% :3 :3 1:3 1:3 2:3 2:3 Echanges contractuels moyens (MW) 3:3 3:3 4:3 4:3 5:3 5:3 6:3 6:3 95 7:3 7:3 8:3 9:3 1 59 8:3 1:3 9:3 11:3 1:3 12:3 1 42 11:3 13:3 12:3 14:3 13:3 15:3 14:3 16:3 2 42 1 6 1 1 15:3 17:3 16:3 18:3 17:3 19:3 18:3 2:3 19:3 La vague de froid de février 212 Production (MW) La France a majoritairement importé de l électricité depuis l Allemagne, avec toutefois une réduction à 18h au moment de la pointe de consommation allemande. Compte tenu de la faiblesse de la production éolienne en Allemagne pendant cette période, et dans le contexte de l arrêt de plusieurs centrales nucléaires dans ce pays, les moyens de productions thermiques à combustible fossile étrangers ont été fortement sollicités pour permettre de réaliser ces exports vers la France. 21:3 2:3 22:3 21:3 23:3 22:3 45 4 35 3 25 2 15 1 5 23:3 Solde des échanges contractuels horaires moyens 3 Une valeur négative indique un solde importateur, une valeur positive un solde exportateur. Echanges (MW) 2 1-1 :3 1:3 2:3 3:3 4:3 5:3 6:3 7:3 8:3 9:3 1:3 11:3 12:3 13:3 14:3 15:3 16:3 17:3 18:3 19:3 2:3 21:3 22:3 23:3 Belgique Allemagne Grande-Bretagne Espagne Italie Suisse -2-3 Echanges contractuels le mercredi 8 février à 19h (MW) Echanges contractuels le jeudi 9 février à 9h (MW) 2 1 6 2 8 2 1 7 3 266 844 94 485 1 1 Au moment du pic de consommation, le mercredi 8 février à 19h, les imports atteignent 8 6 MW et on observe la contribution de tous nos voisins à ces importations d énergie. 13
Les impacts de la vague de froid sur les marchés Les prix spots français augmentent sensiblement pendant toute la vague de froid et reflètent les tensions rencontrées sur l Equilibre Offre-Demande de manière globalement cohérente. Toutefois, le 9 février, sur quelques pas horaires, les prix augmentent fortement sur EPEX Spot avec un imum de 2 /MWh enregistré entre 1 et 11 h et une de 367 MWh sur la journée. Évolution horaire des prix spot du 1 er au 13 février 212 /MWh 2 6 5 4 3 2 1 EPEX Spot France EPEX Spot Allemagne 212 1/2 2/2 3/2 4/2 5/2 6/2 7/2 8/2 9/2 1/2 11/2 12/2 13/2 Moyenne hebdomadaire des prix spot journaliers 16 EPEX Spot France EPEX Spot Allemagne 14 12 1 8 6 4 2 2/1-8/1 9/1-15/1 16/1-22/1 23/1-29/1 3/1-5-2 6/2-12/2 13/2-19/2 2/2-26/2 14
La vague de froid de février 212 Sur la période de la vague de froid, la hausse des prix sur les autres marchés CWE (Central West Europe : Allemagne, Belgique et Pays-Bas) est moins marquée qu en France. Sur la période, les prix s établissent autour de 67 /MWh en Allemagne, 68 /MWh aux Pays- Bas et 77,6 /MWh en Belgique alors qu en France ils dépassent 115 MWh. Prix (base) spot journalier sur le marché EPEX Spot (J-1) 4 3 2 1 Belgique Pays-Bas Allemagne France 212 1/2 2/2 3/2 4/2 5/2 6/2 7/2 8/2 9/2 1/2 11/2 12/2 13/2 Convergence des prix en base 38% 19% % 3% Convergence CWE Convergence FR-BE-DE Convergence FR-BE-NL Convergence FR-BE Convergence FR-DE France isolée Les prix des bourses de la zone CWE divergent pendant toute la période et laissent le marché français isolé de ses voisins pendant plus d un tiers du temps. Les tensions sur les marchés spots se sont aussi répercutées sur les prix du mécanisme d ajustement. 3% 38% Les prix proposés par les acteurs de marchés sur le Mécanisme d Ajustement pendant toute la vague de froid ont globalement suivi la tendance observée la veille sur le spot. Lors de la journée du 9 février comme la tendance est à la baisse toute la journée, les prix à la hausse du mécanisme répètent les pics de prix enregistrés sur le spot. 15
Les conséquences sur l exploitation du système électrique Equilibre offre-demande Les fortes tensions sur l équilibre offre demande ont conduit RTE à faire appel à tous les leviers disponibles pour assurer la sécurité d approvisionnement. Des appels à la modération de la consommation ont été adressés via les médias, et grâce aux dispositifs EcoWatt des régions Bretagne et dans l Est PACA. Des signaux tarifaires de type Effacement Jour de Pointe ont été transmis. Des contrats d effacement de consommation ont été sollicités par RTE pour lever des contraintes de congestion locale. Zoom : EcoWatt Bretagne EcoWatt est un dispositif d incitation à la maitrise de la demande d électricité mis en place par RTE en Bretagne dans le cadre du pacte électrique breton. Lancé à l hiver 28-9, le programme EcoWatt a vu son chiffre de participants bondir de 5% en un an et compte aujourd hui près de 45 abonnés à ses alertes, dont 3 6 collectivités et entreprises, selon l opérateur. EcoWatt nourrissait initialement l ambition de toucher 5 foyers de consommation d ici l hiver 213-14, sur les 1,9 million que compte la région, un objectif déjà quasiment atteint. Les participants, prévenus par SMS, mail et réseaux sociaux sont invités à réduire ou à reporter leur consommation d électricité lors des alertes. Compte tenu du nombre d EcoW acteurs, RTE estime entre 1 et 3% la réduction de la consommation bretonne aux heures les plus chargées permise par ce dispositif. Les capacités commerciales d échange aux frontières ont été utilisées aux limites le jeudi 9 février. Le solde des imports physiques (dont le périmètre inclut notamment la sollicitation à hauteur de 3 MW des contrats d assistance entre les gestionnaires de réseaux de transport d électricité Mutual Emergency Assistance Service, MEAS) a atteint une valeur de 9 6 MW. La coordination étroite avec les gestionnaires de réseaux de transport d électricité voisins et le support de CORESO ont permis d assurer la gestion de cette période de pointe tout en maintenant les marges de sécurité. Gestion des échanges et coordination avec les autres gestionnaires de réseau de transport d électricité La coordination entre gestionnaires de réseau de transport d électricité avec le concours de CORESO a permis de réaliser des volumes d échanges importants et inhabituels, permettant ainsi de concilier les besoins en énergie en France et la sécurité du réseau. La disponibilité du réseau et des moyens de production, la gestion des flux Nord-Sud et une production éolienne modérée en Allemagne ont été des éléments favorables. La coordination effectuée par CORESO a permis de «freiner» les flux Nord-Sud en utilisant les capacités de régulation des transformateurs déphaseurs situés en Belgique. On notera que le rapport ENTSO- E de novembre 211 établi avec le concours des gestionnaires de réseau de transport d électricité européen, avait mis en évidence des contraintes sur plusieurs interconnexions en Europe au cours de l hiver 211-212, dont celles rencontrées en ce mois de février 212. Ces études de contraintes largement partagées ont permis de mieux préparer la coordination entre RTE et les gestionnaires de réseau de transport d électricité voisins, en lien avec CORESO. 16
La vague de froid de février 212 Maîtrise de la sûreté et du plan de tension sur le réseau français La sûreté du système électrique a été assurée tout au long de la période de grand froid dans le respect des marges de sécurité habituelles, tant sur le plan de l équilibre offre-demande et de la fréquence, que de la gestion des transits et des tensions. La mobilisation des équipes opérationnelles de RTE a permis d assurer l alimentation de la clientèle dans la durée. La bonne disponibilité des ouvrages du réseau et des moyens de production sur l ensemble du territoire ont été des éléments favorables pour la gestion des flux d énergie. La sûreté de fonctionnement du système électrique La maîtrise de la sûreté de fonctionnement du système électrique est au cœur de la mission de service public assurée par RTE. Elle se définit comme l aptitude à assurer le fonctionnement normal du système électrique, limiter le nombre d incidents, éviter les grands incidents et limiter leurs conséquences lorsqu ils se produisent. Au plan technique, il s agit de se prémunir contre quatre phénomènes critiques majeurs susceptibles de conduire au black-out : les surcharges des lignes se propageant en cascade, susceptibles d engendrer le déclenchement des lignes par «effet doo», les écroulements de la tension électrique (par écroulement, on entend la baisse brutale et généralisée de la tension sur le réseau), les écroulements de la fréquence (5 Hz en mode normal), la rupture de synchronisme (c est-à-dire que la fréquence n est plus homogène sur l ensemble du réseau). La tenue de la tension sur le réseau a été le principal enjeu pendant la vague de froid. Des contraintes sont apparues principalement dans les régions Ouest et Normandie, aux heures de pointe de consommation. Le recours aux moyens de production de pointe du type turbine à combustion et fioul a été nécessaire pour lever ces contraintes. Dans ces régions, les développements récents du réseau et la mobilisation des nouveaux moyens de compensation ont permis de répondre à des niveaux de consommation jamais enregistrés. Néanmoins, sur les deux régions précitées, lors des pointes de consommation du matin des 7 et 8 février, il a été nécessaire de recourir à des actions de sauvegarde pour conserver la maîtrise de la tension et pour prévenir tout risque d écroulement de tension. Dispatching de RTE 17
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