Août 2013. La Réunion INRAP Thomas ROMON Archéologie préventive SAINT-DENIS, Ancienne prison Juliette Dodu Diagnostic Pré-rapport Type d'opération : Diagnostic préventif Responsable : Thomas ROMON Région département : La Réunion Commune : SAINT-DENIS Adresse : Angle des rues Juliette Dodu et La Bourdonnais Cadastre : AD 354 Arrêté de prescription de l'opération : n 1202 du 9 août 2012 Arrêté de désignation du responsable n 1379 du 24 juillet 2013 La Réunion SAINT-DENIS, Ancienne prison Juliette Dodu 2013 Diagnostic Thomas ROMON / INRAP Le diagnostic archéologique préventif sur l'emprise de l ancienne prison Juliette Dodu, à l'angle des rues Juliette Dodu et La Bourdonnais, à Saint-Denis de La Réunion, a été réalisé par l'institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), du 1er au 14 aout 2013. Il a mobilisé trois archéologues de l'inrap : Thomas ROMON (responsable scientifique de l'opération), Jean-François REBEYROTTE (adjoint au responsable), Morgane LEGROS (archéologue technicienne de fouille), et également une vidéaste professionnelle, Lauren RANSAN, afin de tourner un documentaire sur le chantier. Il a enfin fait appel à un conducteur d'engin, de l'entreprise MBTP, qui a fourni une pelle mécanique de 8 tonnes équipée d un godet à dent de 50 cm, d un godet de curage de 1,6 m et d un brise roche hydraulique. Au total, 5 tranchées ont été réalisées dans les endroits accessibles à l engin, c'est-à-dire les cours, dont certains murs de séparation avaient été abattus en préalable à l'opération. Les sondages totalisent une surface de 115 m², soit 2,7 % de la surface totale du terrain et 15,5 % de la surface accessible. Les tranchées T1 et T2 sont localisées dans la cour nord-est, la tranchée T3 dans la cour nord-ouest, la tranchée T4 dans l allée nord-sud et la tranchée T5 dans l allée est-ouest. Elles ont toutes livré des vestiges de sols et de structures (murs, trous de poteau) des XVIIIe et du XIXe siècles, ainsi que quelques éléments mobiliers (céramique, verre, métal). Dans la tranchée T1, les vestiges sont très remaniés dans la partie méridionale du fait de la présence d une fosse bétonnée de 3 m de profondeur. Sa partie septentrionale a livré un niveau d'occupation gris induré daté du milieu du XIXe siècle, ainsi que des aménagements antérieurs en galets. La tranchée T2 a livré les vestiges d un sol et d un mur datés de la fin du XVIIIe siècle, très probablement ceux du bâtiment central indiqué dans les sources historiques (Maillard, 2010), antérieur à l achat de la parcelle pour en faire la prison en 1771 (US217 et US218, ST25 et ST28). Elle a également livré les restes d un mur dont le fonctionnement est daté entre 1771 et 1846 (ST21). Ainsi que le sol gris induré déjà identifié dans la tranchée T1 (US 208, US 209 et US 214) daté de la mi-xixe. Enfin, des structures plus récentes, datées de la fin du XIXe siècle (ST24, ST26 et ST27). La tranchée T3 a livré les vestiges de murs du bâtiment central du XVIIIe siècle, également trouvé dans la tranché T2 (ST33) ainsi que des structures de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle (ST31 et ST32). La tranchée T4 a livré les vestiges d un sol daté de la mi-xixe. Il contient une conduite souterraine en poterie, indiquée avoir été mise en place en 1846 (Réol, 2011), ainsi que les restes d un sol antérieur (trace de mortier sous le niveau de galets correspondant à la préparation du sol de la mi-xixe. Les restes du bâtiment indiqué sur des plans anciens n ont pas été retrouvés dans ce sondage. La tranchée T5 a livré les vestiges du sol de la mi-xixe (US 505) contenant la suite de la conduite en poterie. Du mobilier (principalement céramique), relativement abondant, a été retrouvé dans le niveau sous-jacent. Il est contemporain de l utilisation du secteur comme tribunal avant son déménagement dans la première moitié du XIXe siècle (Maillard, 2010). Aucune structure antérieure à la mi-xixe n y a été découverte. Les vestiges de bâtiments anciens mis au jour dans la partie nord de la prison ont été démolis au milieu du XIXe siècle (probablement 1846 selon Maillard). Cependant, leurs fondations, de même qu une partie des élévations sont conservées enfouis, ainsi que les sols associés qui renferment du mobilier archéologique (céramique, verre, métal, faune). Ce mobilier est très fragmenté et aucune structure de type dépotoir n a été mise au jour dans les sondages. Les éléments situés à l est de la tranchée T1, s ils sont calés chronologiquement de la fin du XVIIIe à la moitié du XIXe siècle, ne sont, à la rédaction de ce pré-rapport, pas identifiés dans les sources historiques et devraient être mieux étudiés par une fouille préventive. Bibliographie Maillard (B.), Les noirs des geôles : la répression pénale des esclaves à l'ile Bourbon, entre puissance publique et pouvoir despotique des maîtres 1815-1848, thèse de doctorat / Université de La Réunion, 2010. Reol (S.), Prison de Saint Denis, notes / DAC-OI, 2011.
Tranchées de diagnostic T1 et T2 Tranchées de diagnostic T2 et T3
Vestiges mis au jour dans la tranchée T2 Vestiges mis au jour dans la tranchée T3
Septembre 2013. La Réunion DAC-OI Edouard JACQUOT Archéologie préventive SAINT-DENIS, Ancienne prison Juliette Dodu Fouille préventive Prévision de prescription Un diagnostic archéologique, prescrit par arrêté préfectoral n 1202 du 9 août 2013 a été réalisé sur le terrain du 1er au 14 août 2013 par l'institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), sous la direction du Thomas ROMON. Dans l'attente du rapport final d'opération, auquel on se référera, le prérapport de diagnostic est annexé au présent cahier des charges. Cette opération a mis au jour des éléments de murs et de sols, vestiges d'un état plus ancien de la prison et remontant à l'origine de la ville de Saint-Denis. Ces éléments du patrimoine archéologique devront être sauvegardés par la réalisation d'une opération d'archéologie préventive, comprenant un relevé du bâti historique et une fouille exhaustive de la partie nord de la parcelle. Cette opération sera prescrite en fonction de l'impact des aménagements effectués sur le site, le cas échéant son coût sera à la charge de l'aménageur, qui devra la confier à un opérateur agréé par le ministère de la Culture et de la Communication, pour l'archéologie des périodes moderne et contemporaine.