Prise en charge des patients souffrant d un syndrome de Korsakoff Carine AMOSSÉ et Séverine ROBERT-LORMAND Orthophonistes 20 mars 2009 CHU_ Hôpitaux de Rouen - page 1
Évaluation neuropsychologique préalable Coyette, Godin et Kindt 2007 Tests cognitifs approfondis et normalisés Évaluation écologique CHU_Hôpitaux de Rouen - page 2
Prise en charge : information Réunion d information pour le patient et l entourage Troubles Conscience des troubles Programme de rééducation Aspects pratiques de la mise en place de la rééducation Fascicule : Vivre avec un syndrome de Korsakoff C. Godin; 2006 www.revivreasbl.be/documents/korsakoffbrochure2008.pdf CHU_Hôpitaux de Rouen - page 3
Prise en charge : rééducation des troubles Prise en charge précoce, spécifique et individuelle Objectifs : - Premiers repères spatio-temporels - Stimulation cognitive générale - Reprise des activités quotidiennes Moyens : - Mise en place d aides externes - Apprentissages implicites et procéduraux CHU_Hôpitaux de Rouen - page 4
Outils du rééducateur Aides-mémoire externes : - statiques : agenda, pilulier, fiches de transmissions, description de trajets, inventaire des aliments, post-it, listes, carnet mémoire (Van der Linden et Coyette, 1995), - dynamiques : montre avec alarme, minuterie, agenda électronique, dictaphone, téléphone portable, GPS personnalisées et adaptées à chaque patient CHU_Hôpitaux de Rouen - page 5
Exploitation des capacités mnésiques Mémoire procédurale - scinder chaque opération en sous-opérations - une sous-opération sur plusieurs séances successives - pas de nouvelle étape sans acquisition de la précédente Mémoire implicite : apprentissage sans erreur CHU_Hôpitaux de Rouen - page 6
Autres approches CHU_Hôpitaux de Rouen - page 7
Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) But = apprentissage de nouvelles informations factuelles et de nouvelles procédures Exemples : autant d alcool dans 25 cl bière que dans 2.5 cl whisky Signification du mot dépendance, des conséquences de l alcoolisme sur le foie Mais Les TCC requièrent l apprentissage de nouvelles connaissances complexes Peu d efficacité comportementale (Morgenstern et Longabaugh, Addiction, 2000) CHU_Hôpitaux de Rouen - page 8
Méthode d estompage des indices (Glisky et al. 1986, 1992) Estompage progressif des indices fournis au patient pour la récupération de l information Exemple : enregistrer = sauver Si échec : S. SA SAU.. ; on enlève ensuite un indice à chaque fois Mais Manque de flexibilité des informations acquises Production d erreurs induites Erreurs : effet négatif sur l apprentissage notamment procédural CHU_Hôpitaux de Rouen - page 9
Apprentissage sans erreur : explications Patients soumis à la bonne réponse de façon répétée Intérêts : évite de commettre des erreurs Meilleurs résultats qu avec la technique d apprentissage essaierreur (Evans, 2000 ; Squires et al., 1997; Wilson et al., 1994) Baddeley et Wilson, Neuropsychologia, 1994 CHU_Hôpitaux de Rouen - page 10
Apprentissage sans erreur : exemples Programmation d un agenda électronique : apprentissage étape 1, étape 2,. le patient suit des indications écrites il ne devine jamais Apprentissage d un trajet spécifique faire le trajet avec le patient ne pas le laisser prendre de décision lui dire où aller à chaque intersection CHU_Hôpitaux de Rouen - page 11
Apprentissage spatial Kessels et al, Clinical Rehabilitation, 2007 10 patients Korsakoff, âge moyen : 56.8ans Apprentissage de 2 trajets identiques au sein d une structure Apprentissage par essai-erreur versus apprentissage sans erreur 4 sessions d apprentissage ; travail à partir de photos 2 groupes Tests neuropsychologiques California Verbal Learning Test (Delis et al, 1988) Rivermead Behavioural Memory Task (Wilson et al, 1989) CHU_Hôpitaux de Rouen - page 12
Kessels et al, Clinical Rehabilitation, 2007 : conclusions Comparaison CVLT (mémoire explicite) et RBMT (mémoire implicite) : Si meilleur fonctionnement de la mémoire explicite, alors meilleur avantage de la méthode d apprentissage par essai-erreur Pas de bénéfice d une méthode sur l autre pour l apprentissage procédural spatial Dans la littérature : bénéfice de l apprentissage sans erreur pour des tâches d apprentissage sémantique CHU_Hôpitaux de Rouen - page 13
Apprentissage sémantique Pitel et al, Neuropsychologia, 2009 13 patients Korsakoff; 23 alcooliques, 45 sujets contrôles Âges moyens pour chaque groupe : 54.81 ans / 47.96 ans / 49.98 ans Apprentissage de 10 nouveaux concepts existants, mais très rares Apprentissage avec erreur : on pose des questions au patient, il doit répondre seulement s il pense avoir la bonne réponse. CHU_Hôpitaux de Rouen - page 14
Pitel et al, Neuropsychologia, 2009 : protocole CHU_Hôpitaux de Rouen - page 15
Pitel et al, Neuropsychologia, 2009 : résultats Patients Korsakoff CHU_Hôpitaux de Rouen - page 16
Pitel et al, Neuropsychologia, 2009 : conclusions Difficulté d apprentissage sémantique pour les patients Korsakoff avec ce type d apprentissage Meilleur apprentissage chez les Korsakoff pour les catégories et les caractéristiques, par rapport aux noms des concepts Déficit de mémoire sémantique chez les patients Korsakoff (et non chez les alcooliques non Korsakoff) CHU_Hôpitaux de Rouen - page 17
Conclusion Importance d une prise en charge rare et difficile Importance d une prise en charge très individualisée Importance d une prise en charge écologique Qui? Importance des compensations CHU_Hôpitaux de Rouen - page 18