SOMMAIRE INTRODUCTION 1. ORIGINES SOCIALES ET GEOGRAPHIQUES DE CES FEMMES. A/ Diversité des origines sociales et biogr aphies des combattantes. B/ Diversité géographique et professions. 2. L INTEGRATION. A/ Intégration progressive. Commentaire de l organigramme B/ Intégration difficile. 3. ROLE ET PARTICIPATION. CONCLUSION
INTRODUCTION Le 18 juin 1940, le général De Gaulle appelle les Français à la résistance en faisant un discours diffusé à la radio de Londres. Cet appel poussant la population à lutter pour la libération de la France, sera le discours fondateur des Forces Françaises Libres (F.F.L.). L appel du général invite toutes les forces à se mobiliser pour combattre l occupant. Mais celui-ci ne fait aucune allusion aux femmes. «Moi, général De Gaulle, actuellement à Londres, j invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s y trouver à se mettre en rapport avec moi.» Et pourtant «Lors du défilé du 18 juin 1945 à Paris, des femmes combattantes françaises et des pays alliés défilèrent à Paris.» (Bruno Leroux, colloque international de Berlin, «Les femmes dans la résistance»). -Qui sont ces femmes? Quelles étaient leurs origines sociales et géographiques? -Comment se sont elles intégrées dans les Forces Françaises Libres? -Quels rôles ont elles joués dans la résistance et quelle fut leur participation? C est ce que nous allons étudier dans le développement qui suit.
1. ORIGINES SOCIALES ET GEOGRAPHIQUES DE CES FEMMES. A/ Diversité des origines sociales et biographies des combattantes. Toutes les femmes qui faisaient partie des Forces Françaises Libres avaient des milieux de vie très différents avant de s engager. -Par exemple Joséphine BAKER, née le 3 juillet 1906 d une mère sénégalaise et d un père blanc était issue d une famille pauvre. Elle rejoignit les Forces Françaises Libres en 1940 et servit en Algérie comme infirmière, conductrice d ambulance et agent de renseignement, ce qui lui valut la croix de Lorraine, la Légion d honneur et la croix de guerre. -Lucile CLEMENT-MORISSET, quant à elle, s est engagée dans la marine nationale en tant que photographe, puis comme caméraman et réalisatrice de film. -Florence CONRAD a fondé le groupe Rochambeau incorporé à la deuxième Division Blindée du Général Leclerc.
B/ Diversité géographique et professions. Avant de faire partie de l armée française, ces combattantes exerçaient des métiers divers et habitaient à des endroits très variés. -Simone MATHIEU était une championne de tennis très renommée. Elle fut d ailleurs première au classement national de 1928 à 1939. -Jeanne BOHEC, une fille de marin vivant en Bretagne, travaillait dans une poudrerie en tant que chimiste diplômée. -Joséphine BAKER, cette américaine originaire de St Louis dans le Missouri, était une célèbre chanteuse, danseuse et meneuse de revue. - Rosette PESCHAUD faisait parti des Rochambelles (dans la Division Blindée de Leclerc) et était dirigée par Florence CONRAD. (Rosette PESCHAUD à droite)
2. L INTEGRATION A/ Intégration progressive Organigramme et organisation des Forces Françaises Libres au féminin : Auxiliary territorial services A.T.S. devient 7 novembre 1940 : «Corps féminin» dirigé par Simone MATHIEU 100 volontaires devient Décembre 1941 : «Corps des volontaires françaises» 500 volontaires devient 21 août 1944 : A.F.A.T (Arme féminine de l Armée de Terre) 10 000 volontaires S.F.F. Section féminine de la flotte F.F.A Forces Féminines de l Air Merlinettes (transmission) Marinettes Rochambelles (groupe CONRAD) 2 ème Division Blindée Général LECLERC
Commentaire de l organigramme : Les premières femmes se sont engagées dans les «Auxiliary Territorial Services» (A.T.S) à Londres. Le 7 novembre 1940, une unité féminine appelée «Corps féminin» est créée sur le modèle des A.T.S. Il est composé de 100 volontaires qui travaillent comme secrétaires ou conductrices, et est commandé par Simone MATHIEU. Le «Corps féminin» devient le «Corps des volontaires françaises» en décembre 1941, leur effectif est de 500 membres et pour la première fois des femmes sont reconnues comme militaires dans l armée française. A partir d août 1944, l organigramme des volontaires féminines se structure et se diversifie : le corps des volontaires devient l A.F.A.T. qui désigne «l Arme Féminine de l Armée de Terre et qui regroupe alors 10 000 femmes. Au sein de l A.F.A.T, on trouve les trois armes qui sont : - les Sections Féminines de la Flotte (S.F.F). Elles sont 1100 dans cette division. - les Forces Féminines de l Air (F.F.A). On y compte 3500 femmes. - l armée de terre. En dehors de l A.F.A.T on trouve les merlinettes qui, quand à elles s occupent des transmissions.
B/ Intégration difficile Tout d abord, les femmes ont eu beaucoup de mal à se faire accepter au sein de l armée française. Cela a commencé par le Général Leclerc qui a clairement exprimé son refus de recevoir les femmes du groupe de madame CONRAD, nommé les Rochambelles, dans la deuxième division blindée. Il a même déclaré : «Je veux bien les ambulances mais pas les femmes!» Mais après une certaine insistance de la part de madame CONRAD, le général s est finalement laissé convaincre pour accréditer la formation de ce groupe. Lorsqu enfin les femmes se sont faites accepter dans l armée française, elles ont eu des difficultés à se faire respecter par leurs supérieurs. En effet ces derniers qui étaient généralement des hommes, ne prenaient pas au sérieux la volonté des femmes de devenir des soldats à part entière (ceci d après le témoignage de Rosette PESCHAUD). De plus ces combattantes ont eu du mal à s adapter aux conditions de vie présentes dans un corps d armée. Car il est vrai que la vie d une femme dans un tel environnement n est vraiment pas évident puisque rien n est fait pour elle. Southampton, 30 juillet 1944, embarquement des Rochambelles
3. ROLE ET PARTICIPATION. Dans l armée française, les combattantes avaient des rôles très divers. Prenons l exemple de la marine, dans cette section, les femmes qui étaient surnommées les «marinettes» travaillaient comme ambulancières, infirmières ou encore accomplissaient d autres services qui leur étaient demandés. Certaines d entre elles sont même devenues, au bout de quelques années, lieutenant ou chef des marinettes, et ne dirigeaient donc que des femmes. Quant aux volontaires parties au front, elles étaient chargées de se rendre au cœur du combat pour donner les premiers secours aux blessés et les évacuer aux tentes-hopital prévues pour cet effet. (Jacqueline CARSiGNOL)
CONCLUSION Grâce à leur action au sein des Forces Françaises Libres, toutes ces femmes qui se sont engagées ont reçu toutes sortes de récompenses telles que des décorations, la légion d honneur, la croix de guerre et la croix de Lorraine. Elles ont également obtenu la formation d un régiment spécifiquement créer pour les femmes, ce qui nous prouve bien qu elles ont été reconnues en tant que militaire dans l armée française. A la fin de la seconde guerre mondiale, en 1944, le droit de vote a été accordé aux femmes, ce qui les a en quelques sortes, mis sur un même pied d égalité que les hommes au niveau électoral et politique. Elles ont donc, à partir de ce moment, été considérée comme citoyen à part entière au sein de la société française. Suite à cela, les premières ligues féministes ont été créées pour continuer de lutter afin que les femmes soient totalement reconnues et respectées. Sur le plan historique, l engagement des femmes dans la guerre reste un sujet assez flou. C est d ailleurs pour cela que nous avons décidé de créer ce dossier afin d en savoir plus sur la vie de ces combattantes. Excepté quelques témoignages comme celui de Rosette Peschaud, les informations et les documents
concernant ce sujet restent assez rares, ce qui a été un véritable obstacle à nos recherches. Cela prouve donc que leur histoire reste à écrire, c est d ailleurs l un des aspects du combat de la femme pour leur émancipation dans la société en général. Crée par Laure LEFEVRE et Marion CADINOT