Partie 3 Les marchés imparfaits. Chapitre 11. Introduction aux marchés imparfaits

Documents pareils
Cas 9 - Le rôle de l Etat et de l environnement légal

L oligopole ESCP

Normes comptables et bien commun

Assurance maladie publique et «Opting out» - Réflexions théoriques

ECONOMIE MANAGÉRIALE NESSRINE OMRANI ECOLE POLYTECHNIQUE

L Equilibre Macroéconomique en Economie Ouverte

P A P 1 D 1 -S 1 S 1 D 1

Chapitre 4 Quelles sont les principales défaillances du marché?

CHOIX OPTIMAL DU CONSOMMATEUR. A - Propriétés et détermination du choix optimal

Bonus Cappés et Reverse Bonus Cappés

LSM2 : un modèle avec secteur bancaire pour le Luxembourg

N d anonymat : Remarques générales :

1. Une petite économie ouverte dans un monde de capitaux parfaitement mobiles

Norme comptable internationale 33 Résultat par action

ORGANISME DE PLACEMENT COLLECTIF DE TYPE A

Incitants fiscaux à l épargne et piste d amélioration

Introduction FISCALITÉ

ECONOMIE GENERALE G. Carminatti-Marchand SEANCE III ENTREPRISE ET INTERNATIONALISATION

THÈME 1. Ménages et consommation

b ) La Banque Centrale Bilan de BC banques commerciales)

BAX MC Contrats à terme sur acceptations bancaires canadiennes de trois mois

Consultation publique

Accès au financement

La demande Du consommateur. Contrainte budgétaire Préférences Choix optimal

Chapitre 3 Dans quelles circonstances les entreprises peuvent-elles exercer un pouvoir de marché?

Concurrence imparfaite

Stratégie d assurance retraite

Synthèse n 16, Février Financement de la croissance verte et orientation de la création monétaire

Propriétés des options sur actions

PROGRAMME INTERNATIONAL POUR LE SUIVI DES ACQUIS DES ÉLÈVES QUESTIONS ET RÉPONSES DE L ÉVALUATION PISA 2012 DE LA CULTURE FINANCIÈRE

Comment avoir accès à la valeur de rachat de votre police d assurance vie universelle de RBC Assurances

Chapitre 2/ La fonction de consommation et la fonction d épargne

Etude de marché. Idée de depart. Etude de l environnement et des offres existantes. Clients. actuels. Choix de la cible précise

CORRECTION BANQUE DUPONT-DURAND

Le calcul du barème d impôt à Genève

DEVOIR N 1 économie générale

Analyse Financière Les ratios

LES BANQUES. I. Les différents services proposés par les banques :

BTS OPTICIEN LUNETIER Economie et Gestion de l Entreprise SESSION 2012

Chapitre 6 - Comment analyser des projets d investissement. Plan

Approches macroéconomique et fiscale. Introduction à la première partie... 14

La consolidation à une date ultérieure à la date d acquisition

le 17 octobre 2011 MC

Organisation Industrielle

PLAN DE FORMATION COMPTABLE NOVEMBRE 2013

Propension moyenne et marginale

Qu est-ce que l effet de levier?

Association pour la Promotion de l Assurance Collective Clauses de désignation et de migration

Note rédigée avec le Concours du cabinet NSK FIDUCIAIRE, Cédric Roubin, Associé, Expert-comptable & Commissaire aux comptes

I) L ouverture des économies à l international

Les intérêts notionnels (déduction pour capital à risque) et la réserve d investissement. Les intérêts notionnels (déduction pour capital à risque)

Peut on taxer les revenus du capital?

Economie Industrielle 06

TD de Macroéconomie Université d Aix-Marseille 2 Licence 2 EM Enseignant: Benjamin KEDDAD

Robert LAUNOIS (1-2) (1) REES France - 28, rue d Assas Paris reesfrance@wanadoo.fr - Site Internet :

LE ROLE DES INCITATIONS MONETAIRES DANS LA DEMANDE DE SOINS : UNE EVALUATION EMPIRIQUE.

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique

UNION ECONOMIQUE ET MONETAIRE OUEST AFRICAINE

CHAPITRE 1 : DE LA FONCTION DE DEMANDE DU CONSOMMATEUR À LA DEMANDE DE MARCHÉ

«Les certificats blancs : comment lancer le système?»

REGROUPEMENT DES PROPRIÉTAIRES DE TAXI DE MONTRÉAL. Att: M. ROBERT POÊTI- Ministre du transport du Québec.

BULLETIN OFFICIEL DES IMPÔTS

Stratégies relatives au compte d épargne libre d impôt

Norme internationale d information financière 1 Première application des Normes internationales d information financière

CONSOMMATION INTERTEMPORELLE & MARCHE FINANCIER. Epargne et emprunt Calcul actuariel

Actifs vs. Actions/ Ententes hybrides. Me Claude E. Jodoin, M.Fisc.

LES PROBLEMES D ASYMETRIE D INFORMATION AU SEIN DE L ENTREPRISE

Importations parallèles: intérêt du consommateur et intégration communautaire

3. La concurrence pure et parfaite, quel intérêt?

Réseau SCEREN. Ce document a été numérisé par le CRDP de Bordeaux pour la. Base Nationale des Sujets d Examens de l enseignement professionnel.

RAPPORT TECHNIQUE CCE

La veille concurrentielle est une arme.

Surveiller les applications et les services grâce à la surveillance réseau

I La théorie de l arbitrage fiscal de la dette (8 points)

ERREUR DANS LE CALCUL DU COMPTE DE DIVIDENDE EN CAPITAL

Avis légal. I 2 FISCALLIANCE 2011 L Incorporation des Courtiers Immobiliers du Québec

CHAPITRE IV Les externalités

LA COMPTABILITE ASSOCIATIVE

Formation PME Comptabilité analytique (ou comptabilité d exploitation)

Variations du modèle de base

Cession de la clientèle des cabinets libéraux : les facteurs clés d une transmission réussie

Le financement adossé de l immobilier en gestion de patrimoine : une modélisation simple

Marchés oligopolistiques avec vente d un bien non homogène

Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. Bâle III : Ratio structurel de liquidité à long terme

Corefris RAPPORT ANNUEL Annexe 3 : La hausse des prix de l immobilier est-elle associée à une «bulle» de crédit en France?

Rémunération des Professionnels du Capital Investissement Lignes Directrices

Macroéconomie. Catherine Fuss Banque Nationale de Belgique

Compte bancaire ou assurance vie? 5. Amortissement direct ou indirect?

Le parcours professionnel des chômeurs de longue durée en Suisse

La politique monétaire. Lionel Artige HEC Université de Liège

ANNEXE VII EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 2 SIMULATIONS REALISEES A PARTIR DU MODELE MACROECONOMETRIQUE MESANGE

MegaStore Manager ... Simulation de gestion d un hypermarché. Manuel du Participant

Consolidation de fondamentaux

SERVICE FISCALITÉ, RETRAITE ET PLANIFICATION SUCCESSORALE. Guide d utilisation du calculateur des sommes récupérables

Accompagnement et aides financières de Pôle Emploi

ICHEC MANAGEMENT SCHOOL

Présentation. (N.B. Ce système a été développé en «Easy Language» via Tradestation).

Le revenu et le pouvoir d achat

Chapitre 3. La répartition

Transcription:

Partie 3 Les marchés imparfaits Chapitre 11 Introduction aux marchés imparfaits Plan du chapitre 1. Etendre le modèle concurrentiel de base 2. Concurrence imparfaite et structure de marchés 3. Information imparfaite 4. Externalités 5. Biens publics 1

Introduction Le «marché» est une manière efficace d allouer les ressources aux besoins La réalité doit être évaluée en écart à ce modèle. Le marché peut être défaillant. Dans ce cas, l Etat peut suppléer à ces faiblesses. Etat : moyen complémentaire et alternatif d allocation des ressources, qui dispose du «monopole de la contrainte légitime» (Max Weber) Que se passe-t-il si la concurrence n est pas parfaite? Si l information des agents n est pas complète? Comment l Etat doit-il agir? Concepts de base inchangés : arbitrage, incitation, échange, information et distribution Modèle concurrentiel de base 2 hypothèses traditionnelles : 1. Agents preneurs de prix sur des marchés transparents 2. L information sur la qualité et le prix des biens est complète. 2 hypothèses à expliciter : 3. Les actions entreprises par un individu ou une firme n affectent les autres individus ou firmes que par l intermédiaire des prix. 4. Les biens et services échangés vérifient les propriétés de rivalité et d excluabilité d usage. Rivalité : la consommation d un bien par un individu prive un autre individu de cette même consommation. Excluabilité d usage : le système légal garantit à l individu l usage exclusif de son bien. 2

Défaillances de marché Les firmes exercent un pouvoir de marché : le prix est une variable stratégique, qui est un instrument de la concurrence : concurrence imparfaite. Le fonctionnement des marchés se traduit par de l information incomplète ou asymétrique. Les interdépendances entre agents ne passent pas que par les prix, c à d ne donnent pas toujours lieu à une compensation prenant la forme d un prix. Présence d externalités. Les biens publics ne vérifient pas les propriétés de non-rivalité et d excluabilité d usage. Exemples : défense nationale, réseau hertzien, système de normes ou de règles, infrastructures publiques, éducation Défaillances de marché. Plan du chapitre 1. Etendre le modèle concurrentiel de base 2. Concurrence imparfaite et structure de marchés 3. Information imparfaite 4. Externalités 5. Biens publics 3

Concurrence imparfaite et structure de marchés Structure de marchés : comment sont organisés les marchés? Combien y-a-t-il de participants? Comment se divise le pouvoir de marché, c à d de fixation du prix? Concurrence parfaite : le pouvoir de marché est complètement dilué. Concurrence imparfaite : nombreuses figures possibles. Des intervenants peuvent «manipuler» le prix. Monopole et oligopole Monopole : le pouvoir de marché du côté de l offre est détenu par une unique firme. Mise en place de barrières à l entrée du marché pour empêcher l entrée de concurrents potentiels. Pourtant, même absents du marché, ces concurrents potentiels exercent une pression sur le monopole. Oligopole : le pouvoir de marché est partagé par quelques offreurs qui se font concurrence. Une firme doit tenir compte de la stratégie de ses rivales. Ces interactions stratégiques distinguent l oligopole du pur monopole et de la concurrence parfaite. 4

Concurrence monopolistique Concurrence monopolistique : beaucoup de firmes produisent des biens «différenciés». Biens différenciés = biens très proche substituts, qui diffèrent par quelques caractéristiques. Les firmes en concurrence monopolistique exercent un faible pouvoir de marché. Une firme, si elle baisse son prix, peut attirer de la demande, car elle connaît la manière dont sa demande réagit à une variation de prix. En même temps, les firmes sont si nombreuses que chacune peut ignorer la réaction de ses rivales. Prix et quantité en présence de concurrence imparfaite (a) Concurrence parfaite : le revenu marginal de la firme est le prix de marché. Maximiser le profit conduit à égaliser prix et coût marginal. En concurrence imparfaite : la firme «sait» que pour écouler une production plus importante, elle va devoir baisser le prix. La firme est «faiseuse» de prix et maximise son profit : Recette marginale = Coût marginal En concurrence imparfaite, la firme tient compte de l élasticité de la demande qui lui est adressée pour déterminer son revenu marginal. 5

Prix et quantité en présence de concurrence imparfaite (b) En concurrence imparfaite, le revenu marginal est inférieur au prix. L écart dépend de l élasticité de la demande et de la structure de marché. Sachant que Cm=Rm (<prix) pour un profit maximal, il se déduit que la quantité produite sera telle que le prix est supérieur au coût marginal. Le prix de marché est donc supérieur au coût de la dernière unité produite. Comportement de marge. La firme en CI, comparée la même firme en CP, produit moins. Elle «rationne» son offre pour augmenter le prix et accroître ainsi son profit. La CI, comparé à la CP, conduit à une quantité produite plus faible, écoulée à un prix plus élevé. Les politiques publiques La concurrence imparfaite crée de l inefficacité car elle conduit à une production insuffisante avec un prix trop fort. L objectif de l Etat est donc d avantager la concurrence. Mettre en place des politiques favorisant la concurrence, évitant l émergence de pouvoir de marché. Eviter que des fusions d entreprises réduisent la concurrence. Exemple de la fusion Hachette-Vivendi Publ. ou Microsoft aux EU. Faciliter l accès des entreprises au marché. Pourtant, dans certains cas, un monopole est souhaitable du fait de la technologie qui rend le monopole efficace. Monopole naturel. La politique concurrentielle a alors pour objectif de réguler le monopole, de lui imposer des règles notamment dans les prix. Exemple de Réseau Ferré de France, de France Télécom. 6

Plan du chapitre 1. Etendre le modèle concurrentiel de base 2. Concurrence imparfaite et structure de marchés 3. Information imparfaite 4. Externalités 5. Biens publics Information imparfaite (a) Modèle de base : les acteurs sont parfaitement informés. L information parfaite concerne : les ensembles d opportunité : biens disponibles, prix, technologie Les caractéristiques de ce qui est échangé (biens, travail, capitaux), Mais pas les préférences : information privée. Dans la réalité, l information n est pas parfaite. Manque de transparence des marchés. Information sur les prix. Evaluation de la qualité de l objet d échange (biens durables, voitures d occasion, caractéristique d un travailleur ou d un emprunteur.). 7

Information imparfaite (b) Le caractère imparfait de l information remet-il en cause la pertinence du modèle de base? Est-il nécessaire de mettre en avant le caractère imparfait de l information pour expliquer des phénomènes économiques cruciaux? Oui! Exemple de la structure des salaires : l éducation agit comme un filtre qui «signale» la qualité du travailleur aux employeurs. Exemple du marché du crédit. En augmentant son taux, une banque peut attirer vers elle des emprunteurs risqués. Anti-sélection ou sélection adverse. Le prix comme signal «distordu» Dans le modèle de base, le système de prix véhicule l information. Signale la rareté économique d un bien, et permet ainsi de coordonner les décisions économiques. Le prix indique à la firme le bénéfice marginal qu elle peut tirer de l offre d une unité supplémentaire. Ce signal résume toute l information qui est nécessaire à la prise de décision : il est exhaustif. La firme n a pas à se soucier des préférences de sa clientèle. Il est efficace s il signale la rareté du bien. Ce n est pas le cas en concurrence imparfaite où le prix est un signal «distordu», car il reflète également la structure du marché. 8

Les marchés de l information L information est utile et a une valeur. Il existe un marché de l information : lettres, presse,. Internet a réduit le coût de l information. Ce marché n est pas parfait, car l information n est pas un bien comme un autre. On ne peut juger de la qualité d une information sans l acquérir. Pbs de crédibilité de l information. Risque de manipulation. L information est un bien public. Une fois révélée, elle n a plus de valeur économique. Marchés financiers et information Le cours d une action est censé refléter toutes les informations disponibles sur les bénéfices futurs de la société cotée. Efficience informationnelle des marchés financiers (Fama). Comment l incorporation de l information dans le prix s effectue-t-elle? Obligation d information des sociétés cotées. Rôle des analystes financiers travaillant pour les investisseurs. Transparence du marché : équilibre offre/demande par la cotation et l exécution des carnets d ordre. Paradoxe de Grossman et Stiglitz (1980) : Le gain que l investisseur de sa recherche d information est public (accessible à tous). Le coût de la recherche est privé (supporté par celui qui la mène). Impossiblité des marchés financiers à produire les bonnes informations. Exemple de la crise financière de 2007 due à une la «titrisation». 9

Les politiques publiques Législation assurant la transparence des marchés et la protection des consommateurs. Exemple de l Autorité des Marchés Financiers, qui assure la transparence sur les marchés financiers. Législation autour de la publicité abusive. Plan du chapitre 1. Etendre le modèle concurrentiel de base 2. Concurrence imparfaite et structure de marchés 3. Information imparfaite 4. Externalités 5. Biens publics 10

Externalités (a) Dans le modèle de base, chaque acteur supporte toutes les conséquences de ses actions sur les autres en en payant le prix. La transaction marchande «règle» toutes les interdépendances entre agents. Dans la réalité, présence d externalités : interdépendances entre agents qui ne donnent pas lieu à un échange marchand, à une compensation par le paiement d un prix. Des marchés sont «manquants». Exemples : Le colocataire désordonné La pollution L investissement en R&D des entreprises pharmaceutiques La vaccination contre la grippe Externalités (b) Les externalités peuvent être négatives ou positives. Externalités positives Investissement d une entreprise pharmaceutique dans la recherche d une molécule. Vaccination contre la grippe. Une externalité positive implique un investissement insuffisant par rapport à son niveau efficace. En effet, l entreprise supporte l intégralité du coût de l investissement, mais n en reçoit pas la totalité des bénéfices. 11

Externalités (c) Externalité négative Pollution En l absence de législation ou de marché de la pollution, l entreprise polluante ne tient pas compte des conséquences de ces actions, car elle n en paie pas le prix. L externalité conduit à un niveau de pollution excessif. Externalités (d) La présence d une externalité implique qu il faut distinguer le coût/bénéfice privé d une action de son coût/bénéfice social. Coût/bénéfice privé : conséquence pour l agent intermédiée par un marché. Rôle du prix. Coût/bénéfice social : tient compte des conséquences ne donnant pas lieu à une transaction marchande. Le bénéfice social de l investissement en R&D est supérieur à son bénéfice privé. Le coût privé de production d un bien, dont la production génère de la pollution, est inférieur à son coût social. Dès qu il existe des différences entre les coûts/bénéfices social et privé, alors le marché est inefficace au sens de Pareto. 12

Les politiques publiques en présence d externalités Objectif du gouvernement : ramener le niveau de production vers le niveau efficace. Modifier le système d incitations Législation anti-pollution/ vaccination obligatoire Créer une taxe pour les externalités négatives ou une subvention pour les externalités positives. Créer de nouveaux marchés : exemple des marchés des droits à polluer. Comparer les avantages et les inconvénients de chacune de ces solutions. Difficulté du gouvernement à gérer l information privée. Plan du chapitre 1. Etendre le modèle concurrentiel de base 2. Concurrence imparfaite et structure de marchés 3. Information imparfaite 4. Externalités 5. Biens publics 13

Les biens publics (a) Un bien public «pur» est tel que : Le coût marginal de fournir le bien à un consommateur supplémentaire est nulle. Absence de rivalité des consommateurs. Le coût d exclusion d un consommateur de la consommation du bien est infini. Absence d exclusion d usage. Un bien public est fourni par l Etat, mais les biens fournis par l Etat ne sont pas tous des biens publics. Carte de l IGN Enseignement supérieur en Master 2. Question cruciale du rôle économique de l Etat. Les biens publics (b) Diversité des biens fournis par l Etat. Certains sont des biens publics purs, d autres sont des biens privés. Coût marginal de fourniture Bien privé pur : Services de santé Services d éducation Bien public avec congestion : routes Bien public impur : Protection contre les incendies Bien public pur : Défense nationale Route non congestion Coût de l exclusion 14

Les biens publics (c) La fourniture d un bien public pur doit être pris en charge par l Etat, car, une fourniture par le marché est impossible. En l absence d exclusion d usage, aucun consommateur n accepterait de payer pour un bien auquel il peut accéder librement. En cas de non-rivalité, le coût marginal de fourniture du bien à un usager supplémentaire est nul. Pourquoi alors faudrait-il le faire payer? Seul un financement collectif par un impôt obligatoire est à même de résoudre ce problème. Si le bien public n est pas pur, chacun de ces problèmes se pose. Laisser au marché le soin de déterminer son niveau de fourniture conduit à une offre insuffisante. Le problème du «passager clandestin» L existence d un bien public provoque un problème de «passager clandestin». Imaginons que l éclairage public soit financé par des contributions volontaires. Chacun tire un bénéfice de l éclairage public, mais personne n est prêt à révéler sa véritable disposition à payer pour ce bien. Chaque agent cherche à faire supporter à l autre le coût du financement. Comportement de «passager clandestin» conduit à une fourniture insuffisante du bien public. Le marché est défaillant ; l Etat le supplée. 15