Dossier pédagogique «Capteurs d'images» 2013-2014 Sommaire : Présentation de l'œuvre photographique Analyse de l'image Thématique de travail : «SILHOUETTES» Mise en résonance avec d'autres œuvres Pistes pédagogiques par cycle Compétences mises en œuvre Dynamique du projet
Présentation de l'œuvre sérigraphique* (*acquisition de ARTOTEC ) Artiste plasticien Pa sc a l KER N (19 5 2-20 07 ) Titre «S ans ti tre» Technique sérigraphie Dimensions 80 X 110 cm Année de la création Contexte de réalisation 1986 Dans les années soixante-dix, l'artiste arpente terrains vagues, décharges et usines abandonnées pour y ramasser des objets patinés et rouillés. Il les met ensuite en scène dans l espace de son atelier puis les décompose sous l objectif, révélant leurs différentes faces. Mis en lumière, ces objets deviennent vibrants de matière et acquièrent une dimension sculpturale grâce à la prise de vue photographique. Ce qu'ils appellera ses «sculptures» photographiques.
Analyse de l'image Cycle 1, cycle 2, cycle 3 LA RENCONTRE SENSIBLE AVEC L'ŒUVRE : «Ce qui me touche!» On aborde une œuvre avec ce que l'on est (ses sens, son corps, sa culture, son expérience, son histoire). En se révélant à nous, l'œuvre nous révèle. L'élève notera ses impressions, ce qu'il ressent, en quoi cette œuvre peut le rattacher à son histoire personnelle. Lui proposer de trouver un titre qu'il comparera au titre original et/ou à ceux obtenus par ses camarades. Utiliser la technique des mots-clés, faire la liste des mots qui auront servi à la description. ANALYSE PLASTIQUE DE L'IMAGE : Afin de facilité l'analyse plastique de l'œuvre de Pascal KERN, on peut proposer aux élèves de l'observer en plusieurs étapes à l'aide de caches. étape 1 étape 2 étape 3 étape 4 Questions sur les éléments plastiques : Découvrir l'œuvre en trois parties à l'aide de caches. Étape 1 : Partie centrale L'image est une sérigraphie* réalisée à partir d'une photographie. L'image est imprimée sur papier vélin 300g/m². Pouvons-nous identifier différentes matières? Plastique, papier, métal, bois? Que peut-on dire des qualités plastiques des matériaux : Couleur? Clair, foncé? Aspect ancien, neuf? Des détails? Petits trous de ver à bois (ciron), des têtes de vis... Faire remarquer différentes parties : un espace vide en creux dans une masse de bois pleine. Le cadre délimite ce qui semble être un moule. Interprétation, hypothèse : À quoi cette forme pourrait-elle nous faire penser? Une forme anthropomorphique? Une tête, un corps, des jambes rassemblées? Une silhouette de robot, de géant, d'objet...?
Étape 2 : Partie à gauche L'image est une sérigraphie* réalisée à partir d'une photographie. L'image est une impression sur papier vélin 300g/m². Chercher à identifier les différentes matières, selon la texture, la couleur? Mat, brillant, satiné, clair, sombre, brun, couleur bronze, argentée... Plastique, papier, métal, bois, pierre? Faire remarquer les différentes parties : Une silhouette féminine? Vue de face mais légèrement de biais? Dans quelle direction la figurine regarde-telle? Des volumes géométriques, lesquelles? Cylindre, parallélépipède. On peut observer que la statuette est posée en équilibre sur un empilement de quatre blocs qui font office de socle. Le cadre est en fonte d'aluminium, recouvert d'une patine couleur bronze. Il est intégrée à l'image. Le fond de l'image est sombre. Étape 3 : Partie à gauche : L'image est une sérigraphie* réalisée à partir d'une photographie. L'image est une impression sur papier vélin 300g/m². Chercher à identifier les différentes matières, selon la texture, la couleur? Mat, brillant, satiné, clair, sombre, brun, couleur bronze, argentée... Plastique, papier, métal, bois, pierre? Faire remarquer les différentes parties : Une silhouette féminine? Vue de dos tout en étant légèrement de biais? Dans quelle direction la figurine regarde-t-elle? Des volumes géométriques, lesquelles? En comparaison avec la partie gauche qui vient d'être étudiée, pointer les ressemblances et les différences. Le cadre est en fonte d'aluminium, d'une couleur argentée. Il est intégrée à l'image. Le fond de l'image est sombre. Étape 4 : On distingue trois parties dans l'œuvre ce qui rappelle la forme du triptyque. Question sur le cadre : Comment est-elle présentée : encadrée? Sous-verre? On remarque que les images sont encadrées et les cadres imprimés.
Déterminer la nature de cette image : L'image est une sérigraphie obtenue à partir d'une photographie Cibachrome. La sérigraphie? (Voir document joint au dossier pédagogique.) L'artiste nous fait basculer du réel à l'imaginaire par ce jeu de silhouettes qui prennent des allures fantomatiques. La statuette blanche n'est pas montrée tout à fait de face et de dos. Différents points de vue sont convoqués. Notre regard est invité à passer d'une image à une autre sans pouvoir vraiment se fixer. Alors que nous sommes en présence d'une image fixe celle-ci donne l'illusion que l'on tourne autour de la sculpture. L'image centrale pose aussi la question du point de vue, en effet la forme peut être vue à la fois vide et pleine. Une sorte de trompe l'œil s'instaure. Type de cadrage : Plan moyen? Gros plan? Plan d'ensemble? La partie centrale est une vue en gros plan. L'objet qui a été photographié occupe tout le champ de l'image. Les deux parties extérieures sont des plans moyens. Les formes qui ont été photographiées occupent l'espace de l'image du bas vers le haut. La sérigraphie à la loupe : L'éclairage D'où vient la lumière? Quels effets produit-elle? Des reflets sur les matières métalliques qui accentuent le volume. La blancheur de la statuette augmente l'effet de contraste entre le fond et la forme.
La sérigraphie à la loupe : Les couleurs Dans l'ensemble, on remarque que les couleurs sont dans des tons de brun, brun jaune, chocolat, bronze, cuivre jaune, vert très foncé, argenté, gris, blanc cassé. Sur le plan symbolique, elles nous rappellent la terre, le bois, le feu, l'air. On peut remarquer une progression chromatique du plus foncé au plus clair dans les empilements des différents éléments qui constituent l'ensemble de la colonne. Les cadres sont dans trois tons, doré, vert, gris. La sérigraphie à la loupe : Les lignes Proposer aux élèves de tracer les lignes verticales en rouge et les lignes horizontales en vert. Que remarque-t-on? Dans l'ensemble de la composition c'est la verticalité qui domine. Les statuettes ainsi surélevées sont en équilibre instable et semblent défier la pesanteur. Au contraire la forme monolithique renforcée par cette position centrale, donne une impression de stabilité. Dans cette œuvre bidimensionnelle, l'artiste aborde des notions qui relèvent de la sculpture (le vide, le plein, l'équilibre, la stabilité, l'instabilité, la verticalité, la pesanteur, le volume, la silhouette ).
Thématique de travail : «SILHOUETTES» Pourquoi ce thème? Une silhouette d'un point de vue optique est une vue d'un objet ou d'une scène comprenant le contour et un intérieur sans particularité. Le mot silhouette désigne à la fois un dessin au trait ou une forme en volume. La sérigraphie de Pascal KERN nous questionne sur ce qu'est une image, en faisant dialoguer la sculpture et la photographie. La forme, l'apparence, l'aspect, les lignes que dessinent les sculptures dans l'espace sont retranscris en image via la photographie et la sérigraphie. L'artiste passe ainsi du volume au plan, du tridimensionnel au bidimensionnel. Le cadrage resserre notre point de vue sur les silhouettes des sculptures et renforce leur présence. Rien ne vient parasiter notre regard, on se sent plus proche d'elles. Les «cadres» qui délimite les images semblent les contenir. Histoire du mot silhouette : Le terme viendrait de l'éponyme Étienne de Silhouette* (1709-1767). *Contrôleur général des finances de Louis XV, il fût renvoyé pour avoir osé s'attaquer au budget de la Cour royale. Ce passionné de portraits très à la mode à l époque («profils à la Silhouette»), avait pour habitude de dessiner le portrait de ses invités sur les murs de son château en les éclairant avec une lampe. C'est la raison pour laquelle son nom fut rattaché à ces portraits réalisés en ombre chinoise. Mise en résonance avec d'autres œuvres Histoire des arts Dans cette œuvre Pascal Kern confronte des sculptures issues de l histoire de l art et plus encore du patrimoine de l humanité à des objets industriels appartenant eux aussi, déjà, à l histoire, le patrimoine industriel. Quelques repères de l'histoire de la sculpture dans l'art préhistorique et les arts antiques. Il y a 40 000 ans, les premières sculptures ont été taillées dans l'os, l'ivoire ou la pierre, et représentaient uniquement des figures féminines ou des représentations d'animaux. La Vénus de Hohle Fels, (40.000 ans av. J-C). La plus ancienne figuration humaine connue à ce jour. Elle a été découverte en 2008 dans une grotte en Allemagne. La statuette pèse 33,3 grammes et mesure 5,97 cm de haut pour 3,46 cm de large. Elle est taillée dans de l ivoire de mammouth. Il pourrait s agir d une amulette qui se portait en pendentif. La Vénus de Willendorf, (21 000 ans av. J-C). Elle a été découverte en 1908 sur le site d'une ancienne briqueterie à Willendorf (Basse-Autriche).La statuette est en calcaire et mesure 11 cm de hauteur. Elle représente une femme nue debout, présentant une forte corpulence, les bras posés sur d'énormes seins. La tête, finement gravée, est penchée en avant et semble être entièrement recouverte par des tresses enroulées. Des traces de pigments laissent supposer que la statuette était peinte en rouge. La Vénus de Lespugue, (26 000 ans av. J-C). Elle a été découverte en 1922 dans la grotte des Rideaux (Haute-Garonne). Cette statuette en ivoire de mammouth, et l'une des plus célèbres représentations féminines préhistoriques. Elle mesure 14,7 cm de haut, 6 cm de large et 3,6 cm d'épaisseur. Les seins et les fesses sont très volumineux, pratiquement sphériques. Seins, ventre et hanches s'inscrivent dans un cercle.la tête est petite et ovoïde, dépourvue de détails anatomiques. Elle porte des traits gravés plus ou moins parallèles interprétés comme une figuration de la chevelure. Les jambes sont courtes et se terminent par des ébauches de pieds.
Dans les civilisations du Moyen-Orient, l'art babylonien et sumérien donnent naissance à des images d'un réalisme et d'une expressivité remarquables. L'intendant Ebih-il, nu-banda, (2400 av. J-C).Chef-d'œuvre de l'art statuaire sumérien, cette statuette en albâtre, coquillage, bitume, et lapiz-lazuli mesure 52 cm 20 cm 30 cm. Elle représente un homme barbu à la tête rasée. Il est assis sur un siège en roseaux cousus. Le buste est nu et légèrement aminci à la taille. Le personnage porte un kaunakès (jupe) à longues mèches, probablement une peau de mouton. Musée du Louvre, Paris Simultanément se développe la sculpture égyptienne, de 2 900 à 500 av. J.-C. La statue de Sepa, (2700 av. J-C). Pour préserver le monolithisme du bloc calcaire, le sculpteur n'a pas évidé les espaces entre les bras et le torse ou entre les jambes. Afin de ne pas fragiliser le cou, il en a raccourci la hauteur et l'a même consolidé en faisant se rejoindre perruque et épaules. La silhouette est massive et raide ; le modelé du corps est simple. Musée du Louvre, Paris L Art cycladique est la première forme d art antique grec. Il est né et s est développé, dans l archipel des Cyclades en Mer Egée entre 3 200 et 2 000 av. J-C. Petite idole féminine, (2700-2300 av. J.-C.). Cette statuette en marbre mesure 12 cm x 8 cm x 29 cm et provient de Naxos, l une des îles Cyclades. Elle figure une femme nue, debout sur la pointe des pieds, en position frontale, les bras croisés sur le corps. Dans cette forme plate et anguleuse domine une certaine abstraction, de par la pureté des volumes et des lignes et l'absence de détails. La tête et la forme générale du corps s inscrivent dans un triangle dont seuls le nez et les seins sont modelés. Les bras et les jambes sont marqués par une simple incision. Véritable épure géométrique, elle a inspiré nombre d'artistes du XXe siècle, comme Brancusi, Modigliani ou Picasso. Musée du Louvre, Paris La sculpture grecque archaïque va se développer à partir de 700 ans av. J-C. La Dame d'auxerre, (v. 640-630 av. J-C). Cette statuette féminine crétoise de 75 cm, se présente sous une posture rigide et frontale. Le corps semble composé d'une juxtaposition d'éléments géométriques massifs (robe cylindrique, buste triangulaire). Mais les caractéristiques les plus marquantes du style dédalique se retrouvent dans Le traitement du visage allongé et relativement triangulaire, ne présente aucun modelé. Seuls les organes des sens (grands yeux en amandes, bouche laissant apparaître un petit sourire) semble l'animer. Une épaisse chevelure faite de mèches verticales encadre le visage. Musée du Louvre, Paris La période classique voit apparaître des sculptures qui maîtrisent l'anatomie et la pose. Il reste peu d originaux grecs, c'est grâce à des copies romaines que l'on connaît mieux la statuaire grecque. Le Diadumène, Copie romaine (v. 69-96 après J.-C.) d'un original en bronze de 430 av. JC. Metropolitan Museum of Art, New York Musée du Louvre, Paris Musée Pio-Clementino, Vatican Cette statue de marbre mesure 185 cm. Le sculpteur grecque Polyclète d'argos (480-420 av-jc) est l'héritier des traditions du Péloponnèse, exclusivement bronzier, il recherche l'équilibre du corps viril au repos d'après une architecture idéale, le «Canon». L'anatomie du héros s'anime grâce au déhanchement de la jambe d'appui. Le mouvement est encore plastique et artificiel, et l'idéalisation du corps est encore très marquée, notamment au niveau du visage. La sculpture du Vème siècle av. J-C sera un modèle d'esthétique classique pour les périodes Renaissance, néo-classique des XVIII ème et XIXème siècles européens. La période hellénistique, qui va de la mort d'alexandre en 323 avant Jésus-Christ jusqu'à la domination romaine. La Victoire de Samothrace, (vers 190 av. J.-C.). La statue a été découverte en 1875. En marbre blanc de paros, elle mesure 3,28 m. Elle représente une femme, la déesse de la Victoire vêtue d'un tissu très fin, laissant apparaître les formes de son corps. Le bas du corps est recouvert par l'épaisse draperie du manteau enroulé à la taille et qui découvre la jambe gauche. La Victoire est représentée au moment où elle se pose sur le pont du navire, les ailes déployées, le pied gauche encore en l'air, le pied droit à peine posé. Le groupe du Laocoon, (vers 40 av. J-C. ) copie romaine. Le groupe a été découvert à Rome en 1506. La statue représente le prêtre et ses deux fils attaqués par des serpents, scène décrite notamment dans l Odyssée et l Énéide. C'est l'une des œuvres les plus représentatives de l'art hellénistique. Les blessures et la souffrance sont très présents, la position des personnages est dans toutes les directions, remplit l'espace. Les artistes recherchent alors le mouvement et une plus grande expressivité des figures.
Cette lithographie polychrome illustre le dialogue entre photographie et sculpture et confronte des objets issus de l'histoire de l'art, comme dans le cas présent des idoles cycladiques en marbre de Paros à des objets industriels appartenant également à l'histoire. Ce tryptique représente ainsi des pièces industrielles de précision qui deviennent autant socles que sculptures. Pascal Kern se place ainsi délibérement dans la lignée créatrice de Marcel Duchamp ou de Constantin Brancusi. Constantin BRANCUSI (1876-1957) Marcel DUCHAMP (1887-1968) Quand le socle devient sculpture. Quand l'objet industriel devient objet d'art. "Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire." Brancusi déteste l'art héllénistique, que l'occident a reçu en héritage à la Renaissance. L'art néolithique, celui des Cyclades et l'art africain lui permettent de renouer avec les forces cachées de l'instinct et de l'esprit. "Somme toute, l artiste n est pas seul à accomplir l acte de création car le spectateur établit le contact de l œuvre avec le monde extérieur en déchiffrant et en interprétant ses qualifications profondes et par là, ajoute sa propre contribution au processus créatif." Duchamp a révolutionné le concept d'œuvre d'art, en proposant avec ses ready-mades qu'une œuvre ne soit plus forcément un objet créé par la main de l'artiste grâce à son supposé génie mais soit un objet manufacturé. Ils exposeront en 1913 à la première grande manifestation internationale d'art moderne, l'armory Show, à New York. Les sculptures de Brancusi et les peintures de Duchamp et Picabia provoqueront un véritable scandale pour leur modernisme! De véritables émeutes ont lieu devant la toile de Duchamp le «Nu descendant l'escalier», qualifiée par la critique d' «explosion dans une fabrique de tuiles».
«SILHOUETTES» Approche de la sculpture LANGAGE ORAL / Phase collective en différents temps. Remarque : Pour faire découvrir la sculpture aux élèves il sera indispensable de leur donner l'occasion d'être en contact direct avec des œuvres sculpturales afin qu'ils puissent en mesurer les effets. Rencontre avec les œuvres : Dans l étude d une sculpture, il faut être attentif : Quelles sont les notions à aborder? Helen FRIK Soft option, 1998 Bronze, medium peint, laine Collection Frac Franche-Comté Quelles questions poser aux élèves? Selon vous, qu est-ce que la sculpture? Aux notions d équilibre (par la présence d un socle ou pas). Aux dimensions (monumentalité ou inverse). Au type (bas relief - demi-relief/ ronde-bosse) Aux choix des matériaux (bruts, transformés, peints ) (plasticité ou non). Aux techniques (modelage, moulage, taille directe et indirecte, assemblage). Aux gestes du sculpteur. Aux proportions. Au plein et au vide. à l ombre et la lumière (ce jeu met en relief les éléments, accentue les formes, l expression recherchée). son installation dans un espace (le volume est placé en évidence (sur un socle) ou se fond dans l espace qui l entoure). sa mobilité / immobilité son rapport au temps : pérennité ou éphémère La sculpture est l'art de réaliser des œuvres tridimensionnelles. La sculpture est un art de la vue, elle entre dans la catégorie des arts plastiques. Aux sensations visuelles s'ajoutent d'autres images. Les images tactiles sont suggérées par l'aspect lisse, mat ou rugueux des matières. Des images kinesthésiques sont suggérées par les formes. Que nous permet-elle de faire lorsque nous sommes en relation avec elle? Le spectateur découvre le volume en en faisant le tour (ronde bosse). Le spectateur peut entrer dans l œuvre (forme ouverte, installation, ). L œuvre et son environnement : Pour découvrir l œuvre dans sa totalité (land art), le spectateur doit cheminer. Où est-elle installée? (Parc, rue, avenue, musée, contre un mur, accrochée au plafond d une salle, installée dans un arbre ) Comment est-elle installée? (Socle, au sol, intégrée dans le paysage ) Comment s intègre l œuvre dans son espace? L échelle de l œuvre par rapport au lieu? y a-t-il une mise en scène, si oui laquelle? Bénéficie-t-elle d une mise en lumière particulière? (Pénombre, projecteur de lumière ) L œuvre est -t-elle destinée à durer ou est -t-elle éphémère? traces du temps?
Selon vous, sculpter c'est...? On définit la sculpture comme un art de la Selon vous, comment fabrique-t-on une sculpture? pesanteur et de l'équilibre. Techniques et matérialité de l œuvre : «Dans les mobiles aussi bien que dans les stabiles, l œuvre sculpturale est masse.» Quelle technique est mise en œuvre pour sa réalisation? Calder. (Assemblage, collage, soudure, moulage ). De quoi est-elle faite? (pierre, objets de récupération, métal, bois, carton ). Y a-t-il un type de matériaux qui domine les autres? Quelles sont ses dimensions? (Sa taille, son épaisseur, son rapport à l échelle humaine ). Que la masse oscille et bouge ou qu'elle reste immobile et fixe, sa disposition est telle qu'elle ne se détruise pas ellemême, en basculant, en s'écroulant. C'est une des puissances de la sculpture que de jouer de la pesanteur de s'y soumettre pour mieux la maîtriser. En fonction de la texture de la matière, sa couleur, son Les couleurs? (couleurs propres des matériaux, couleurs aspect extérieur, la sculpture prend des apparences peintes, sculpture polychrome ). différentes en fonction de son éclairage. Quels sont les effets de matière? lisse, rugueux. La sculpture est un art de la surface extérieure des volumes et de la lumière. L œuvre est-elle fixe ou mobile? La sculpture en bronze, Le patineur de César, pesant de 5 tonnes, 5 m de haut pour 5,30 m d envergure, a fait l objet d importants travaux de scellement dans un massif de béton armé de 16m3. (Lyon) Qu'est-ce que le sculpteur a voulu représenté? Didier MARCEL Sans titre, 1992 Plâtre et matériaux divers Collection Frac Franche-Comté Identification des formes et recherche des significations : Peut-on déceler une forme de composition? (Lignes, formes géométriques, ). Comment s organisent les formes? par accumulation ; par interpénétration ; par alignement, en creux ou en bosse L'œuvre est-elle figurative, abstraite? L'œuvre produit-elle des images? (Par association d objets ) Et puis s interroger sur le pourquoi des choix de l artiste : Qu'est-ce qu'il a voulu exprimer? Qu'est-ce qu'il a voulu nous faire ressentir? Pourquoi Pourquoi Pourquoi Pourquoi cette inscription dans cet environnement? impliquer ainsi le corps du spectateur? ces matières, ces techniques? cette taille?... Stephan BALKENHOL
PRATIQUES ARTISTIQUES / Histoire des arts (Phase collective en différents temps). Un choix d œuvres pour conduire l'élève à observer, décrire et comparer afin de développer sa sensibilité artistique. Percevoir, sentir, imaginer, créer. Collection, musée de classe, affichage culturels. Compétences à acquérir. Cycle 1 Première sensibilisation artistique Activités visuelles pour développer les facultés d'attention et de concentration de l'élève : Observer différentes formes d'expression artistique. Premiers repères dans la création artistique. Grouper des images sur un thème pour prendre conscience des écarts de représentations. Mettre son travail en relation avec celui des artistes. Comparer des œuvres entre elles. La culture humaniste Collection, musée de classe. Compétences attendues. Cycle 2 & cycle 3 La sculpture une des grandes catégories de la création artistique. Sculpteur un métier artistique. Reconnaître certaines œuvres d'artistes, savoir les situer dans le temps. Mise en réseau. Présentation de certaines sculptures appartenant au patrimoine ou à l'art contemporain. Décrire et comparer les techniques, les matériaux les formes utilisés, voir leur évolution dans le temps. Cycle 2 :Proposer aux élèves de classer des reproductions d'œuvres. Cycle 3 : Amener progressivement l'élève à distinguer la valeur d'usage de la valeur esthétique d'un objet (domaine des arts du quotidien et domaine des arts visuels). L'HISTOIRE DU SOCLE DANS LA SCULPTURE Le socle est la base d'une statue ou d'une sculpture. Il sert à la stabilité et à la présentation de l'ensemble. À l'origine, le socle isole les statues de leur environnement. En les élevant, il les distingue. Sa suppression donne lieu à l'installation de l'œuvre sur le sol même et renforce l'intégration de l'œuvre dans son environnement ainsi que son dialogue avec l'espace alentour. Citation : "La rupture la plus importante dans l'histoire de la sculpture du XXème siècle a eu lieu avec la suppression du socle. Le concept historique de la sculpture sur socle instaure une séparation entre l'objet et l'espace comportemental du spectateur. La sculpture "soclée" transmet Parfois le socle revêt autant d'importance que la immanquablement l'effet du pouvoir en soumettant le spectateur au thème idéalisé, commémoratif ou sculpture. élogieux". Vocabulaire : Présentation, support, statue, sol,... SERRA Richard, Ecrits et entretiens, ed.daniel LELONG, 1990, p.215.
Repères historiques L'ANTIQUITÉ «La Victoire de Samothrace» vers 190 av. J.-C. Cette sculpture en ronde-bosse issue de l'antiquité grecque représente une femme ailée debout, c est la déesse de la victoire. C est un monument qui a été érigé sur l île de Samothrace, en Grèce, en commémoration d une victoire navale. Le socle, en marbre, sert à maintenir la statue debout et à la présenter. Il l isole de son environnement en la surélevant. La forme de ce socle évoque la proue de bateau, en référence à l événement que ce monument représente. LES TEMPS MODERNES Michel-Ange «David» 1501-1504, h : 4,34m Cette sculpture en ronde bosse de la Renaissance représente un épisode de la Bible : David s apprête à combattre Goliath. Le socle représente la terre, le sol sur lequel se trouve le jeune homme. Il sert simplement à la stabilité de la statue : sans lui, la statue de marbre s écroulerait sous son propre poids. Par ailleurs, les branches d arbre que l on observe le long de sa jambe droite viennent solidifier la base de la sculpture. LE XIXème SIÈCLE Auguste Rodin La Pensée 1895, 74x44x46 cm Cette sculpture moderne en rond de bosse est le portrait de Camille Claudel, modèle et amante de l artiste. Cependant, la sculpture est volontairement inachevée. Le bloc de marbre brut est aussi le socle sur lequel repose le portrait de la jeune femme. Mais son rôle est ambigu : il ne sert pas seulement à maintenir la sculpture, il fait partie de la sculpture. Le spectateur, qui ne voit pas le corps de la jeune femme, est contraint de l imaginer au travers de ce bloc ; il l imagine par la pensée. Le corps est dissimulé comme il le serait derrière un paravent, ce qui attise la curiosité et le désire du spectateur. D'autres vues sur : http://www.musee-rodin.fr/fr/collections/la-pensee
LE XXème SIÈCLE Constantin BRANCUSI La colonne sans fin 1937 Le socle, de par ses formes simples et abstraites qui se répètent, prolonge une énergie venue de la terre. Avec La Colonne sans fin, socle et sculpture se mêlent intimement. Cette sculpture basée sur la répétition est composée de 16 éléments de formes identiques. Le premier et le dernier élément étant coupé, le sculpteur propose une colonne inachevée qui pourrait être infinie. Cette sculpture intitulée Le baiser est réalisée à partir d un volume très simple : un parallélépipède. Brancusi a choisi d intervenir très peu sur ce bloc de pierre, en gravant juste les formes des cheveux, des yeux, des bras, des jambes. Il renforce ainsi l idée du baiser représenté par ces deux personnages indissociables. En simplifiant la forme, Brancusi cherche à représenter l essentiel de l idée exprimée dans chaque objet sculpté. Le baiser, 1910 http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ ENS-brancusi/ENS-brancusi.htm NOTRE ÉPOQUE Carl ANDRE Sculpture contemporaine «144 Tin Square» (144 carrés d étain) fait partie des œuvres les plus célèbres de Carl Andre, des pièces au sol réalisées, avec des variantes de taille et de matériau, à partir de 1967. Ce sont des œuvres révolutionnaires dans l histoire de l art car elles éliminent l une des caractéristiques essentielles de la sculpture, la verticalité. S inspirant de Constantin Brancusi qui intègre le socle à l œuvre à travers la répétition de modules, Carl Andre poursuit cette désacralisation de la sculpture, déclarant lui-même : «Je ne fais que poser la Colonne sans fin de Brancusi à même le sol au lieu de la dresser vers le ciel». Ici, l infini se développe à l horizontale. «144 Tin Square» (144 carrés d'étain) Œuvre réalisée à New York Installation Assemblage au sol de 144 carrés d'étain par rangées de 12. Etain, 367 x 367 cm Chaque carré : 30,5 x 30,5 cm
Brandt/Haffner, 1984 Bertrandt LAVIER Sculpture contemporaine Réfrigérateur sur un coffre-fort 251 x 70 x 65 cm Centre Pompidou, Mnam, Paris En ayant recours à des objets issus du commerce qu'il n'a pas modifiés, l'artiste prend acte du caractère désormais presque banal du readymade duchampien. Mais la recherche esthétique n'est pour autant pas absente de sa démarche. Le coffre-fort a été choisi comme socle approprié pour exposer le réfrigérateur Brandt. Une certaine harmonie règne entre ces deux parallélépipèdes. Dans ce sens, Brandt/Haffner relèverait plus de la sculpture de Brancusi, qui soignait autant ses socles que ses pièces, que du readymade de Duchamp. Stephan BALKENHOL Il travaille à une œuvre figurative. Ses sculptures et ses bas-reliefs en bois constituent un monde particulier peuplé d'hommes et de femmes ordinaires et simples, aux visages inexpressifs, comme l'illustre l œuvre Trois femmes nues, réalisée en 1993, sculpture en bois, où celles-ci ont un visage ne laissant apparaître aucune émotion. Ses œuvres sont peintes à l'exception des chairs, suivant ainsi la technique traditionnelle développée au Moyen Âge de la sculpture en bois polychrome. En outre, il prend soin de laisser apparentes les traces laissées par son travail ou propres au matériau (coup de ciseau à bois, fêlures, nœuds du bois,...). PRATIQUES ARTISTIQUES / Arts visuels Percevoir, sentir, imaginer, créer. Compétences à acquérir. Cycle 1 Activités tactiles Développer la perception esthétique : Percevoir les différences de forme, de matière, de texture, de relief. Développer les capacités de création : Développer la pensée figurative. 1. Élaborer une forme dans l'espace au moyen de la matière dans une intention esthétique. 2. Techniques : collage en relief, assemblage, modelage...
Explorer divers associations de matières. Modifier une forme, un objet. Transformer, avec une intention, une chose en une autre. Les opérations plastiques : 3. Donner un titre à sa réalisation plastique. LA SCULPTURE & SON SOCLE TRANSFORMER Modifier, ajouter, combiner, déformer, allonger, raccourcir, changer d'échelle, exagérer. ASSOCIER Superposer, assembler, imbriquer. LA PHOTOGRAPHIE REPRODUIRE Photographier. ISOLER Cadrer, montrer. ASSOCIER Rapprocher, juxtaposer, relier, opposer. La culture humaniste Compétences attendues. Cycle 2 & cycle 3 S'exprimer par le volume : Modelage, assemblage. Le projet de l'élève : inventer et réaliser une production plastique. Produire une sculpture sur le thème de la silhouette. Associer cette sculpture silhouette avec un socle. Les opérations plastiques : Expérimenter des matériaux, des outils, des gestes techniques en vue de la réalisation de productions en 3 dimensions. Utilisation de nouvelles technologies (apprendre à manipuler l'appareil photo numérique). Cycle 2 : Proposer aux élèves de classer les matériaux en fonction de leurs qualités plastiques (dur, mou, rigide, souple, doux, rugueux). Cycle 3 : Analyse des matériaux LA SCULPTURE & SON SOCLE TRANSFORMER Modifier, ajouter, combiner, déformer, allonger, raccourcir, changer d'échelle, exagérer. ASSOCIER Superposer, assembler, imbriquer. LA PHOTOGRAPHIE REPRODUIRE Photographier. ISOLER Cadrer, montrer. ASSOCIER Rapprocher, juxtaposer, relier, opposer.
LES TECHNIQUES DE LA SCULPTURE Modelage, moulage Taille directe Le modelage est une technique de sculpture qui consiste à produire une forme par ajouts et retraits successifs de matière, via un matériau malléable (terre, plâtre, cire...). Ces œuvres peuvent rester ainsi ou destinées à être moulées pour être reproduites en bronze ou en matière synthétique. La taille directe est une technique de sculpture qui consiste à tailler directement dans un bloc de matière brute (bois, pierre ou tout autre matériau résistant). La pierre et le bois sont le plus souvent utilisés. Millénaire, peu employée au XIXe siècle, la taille directe revient en force au début du XXe siècle parce qu elle est assimilée à l expression de la spontanéité souvent associée au style primitif. Le moulage est une technique qui consiste à prendre l'empreinte d'une sculpture originale à l aide d une matière souple (latex ou résine synthétique).les parois du moule créé, sont traditionnellement enduites de cire, puis remplacées par du métal en fusion. Une fois cuite et refroidie, la forme copiée s appelle un tirage. Vocabulaire : geste, outil, accident, matière,... Repères culturels: PHIDIAS, LE BERNIN, Auguste RODIN, Constantin BRANCUSI, Hans ARP, Guiseppe PENONE, Stephan BALKENHOL,... Vocabulaire : gestes, matière, forme/informe, plein/vide,... Repères culturels: Auguste RODIN, Camille CLAUDEL, Edgar DEGAS, Alberto GIACOMETTI, Giuseppe PENONE. Ronde bosse Ready-made La sculpture en ronde bosse est totalement réalisée, en trois dimensions, autour de laquelle on peut tourner. Elle se présente à tous les points de vue ou presque. Le terme de ready-made a été inventé par Marcel DUCHAMP, entre 1912 et 1915, signifiant «déjà prêt», pour désigner une forme artistique qu'il a lui même inventée : l'emprunt d'objet manufacturé et ordinaire déplacé de son contexte habituel au lieu de la réalisation matérielle de l'œuvre. C'est un bouleversement de l'idée même d'œuvre d'art. Vocabulaire : statue, sculpture, forme, autour/devant/à coté, debout,... Repères culturels: Vénus de Lespuge, MICHEL ANGE, Aristide MAILLOL, Auguste RODIN, Xavier VEILHAN,... Citation : "Quand le sculpteur fait une sculpture en ronde bosse, il ne traite que deux formes et non une infinité qui correspondrait aux innombrables points de vue d'où elle peut être perçue; de ces deux figures, l'une est vue de face et l'autre de dos." Léonard de Vinci, Traité de la peinture. Vocabulaire : réalisme, quotidien, hasard, désignation, statut et présentation de l'objet, geste, démarche artistique, assemblage,... Repères culturels : Marcel DUCHAMP, CESAR, Jeff KOONS, Bertrand LAVIER,... Accumulation Assemblage L'accumulation est un terme associé à certaines œuvres des Nouveaux Réalistes (mouvement artistique des années 60). Il s'agit d'un regroupement d'objets qui peuvent être de nature diverse. À l encontre de l œuvre classique, homogène, L'assemblage est un mode de création à part entière né au début du XXème siècle. C'est une technique consistant à confronter différents éléments (objets manufacturés, fragments d'objets ou formes façonnées dans des matériaux divers), fixés entre eux. Vocabulaire : objet, matériau, assemblage, entassement, juxtaposition, classification, collection, inventaire, série,... Repères culturels : ARMAN. Vocabulaire : association, réunion, collage, emboîtement, soudure, tensions rencontres,hétérogénéité / homogénéité,... Repères culturels : Pablo PICASSO, Raoul HAUSMANN, Jean TINGUELY..