Compte-rendu d essai PECHER 2015 EXPERIMENTATION ECODIRECT Variété Béryl Date : Mars 2016 Responsables de l essai : Valérie GALLIA (CA 30/SERFEL) Philippe BLANC, Maelle GUIRAUD (SERFEL) En collaboration avec : Daniel PLENET (INRA PSH) 1. Thème de l essai La SERFEL a mis en place un essai précurseur d Eco-Pêche, Eco-direct. Cet essai consiste à réduire de 50% les produits phytosanitaires pour en analyser les effets agronomiques et économiques. Les pratiques d irrigation, de fertilisation et de conduite sont homogènes dans le cas de cet essai. 2. Description des systèmes de culture Dispositif expérimental : L essai se déroule sur un verger adulte de la variété Béryl planté en 2005 à 6x3m, en double Y. La parcelle est séparée en deux modalités - Témoin ou PFI avec une protection phytosanitaire raisonnée - ECO où une réduction de minimum 50% des produits phytosanitaire doit être appliquée. Pour cela, le désherbage est effectué mécaniquement à l aide du Top Binage, des impasses sont tentées sur les bio-agresseurs secondaires. A noter qu en 2013 l essai a été conduit sur deux variétés Bénédicte et Zeeglo. En 2014 le verger Zeeglo a été arraché et l essai a été conduit sur Bénédicte et Béryl. Pour cette campagne, le verger de Bénédicte a également été arraché, l essai a donc été mené uniquement sur le verger Béryl.
Observations et mesures : Variables principales Sur quoi? Comment? Quand? Etat sanitaire de la parcelle Observations de l état du végétal ainsi que des fruits en développement Une fois par semaine du débourrement à la récolte Mesures agronomiques Rendement, poids moyen, calibre, IR, fermeté et acidité A la récolte Etat sanitaire de la production Données Météo Observations et notations des dégâts sur fruits Suivit post-récolte des fruits en conservation Station CIMEL - Au 1 er passage de récolte, sur 200 fruits - En station sur chaque passage sur 50 fruits. Sur 3 x 22 fruits par modalité, pendant au minimum 3 semaines Pendant toute la durée de l essai 3. Résultats : 1) traitements réalisés Les applications réalisées sont récapitulées dans les tableaux ci-après. Attention il s agit bien du nombre de traitements et non du calcul en IFT ou IFU, que nous indiquerons plus loin. Des allègements ou impasses ont été tentés pour diminuer le nombre d interventions. Cela a été fait sur des bio agresseurs jugés peu ou moins préoccupants. Sur la modalité Ecodirect, on relèvera : 1- Allègement des applications contre le repiquage de cloque et le Pou de San José 2- Pas de protection Oidium et Thrips en ECO 3- Tordeuse Orientale : Confusion sexuelle sur les deux modalités et remplacement de l insecticide en PFI par du un bio contrôle 4- Pas de différence de traitement sur les principaux ravageurs (pucerons et maladies de conservation) Enfin, 0 herbicide sur la modalité Eco-direct, travaillée au Top binage, contre 2 Bastas en PFI. Les deux modalités sont tondues sur l inter-rang.
2) Bilan IFT et IFU Nous avons choisis de nuancer les IFT, calculé à partir de la dose minimale homologuée avec les IFU calculé à partir de la dose usage. Les impasses de traitements sur les bio-agresseurs secondaires, les substitution de produits chimiques par des produits «VERT» et l alternative au désherbage, ont permis de réaliser une réduction de plus de 60% des IFT. 3) Résultats Bio agresseurs Au cours de la campagne Outre le suivi hebdomadaire de l état sanitaire de la parcelle, des notations du nombre d arbres ayant des dégâts de cloque (fin avril) et une notation pousses minées à la fin de la G1 (début juin) ont été réalisés sur 20 arbres. Ces comptages sont été réalisés sur les deux modalités au même moment. Le comptage cloque révèle une forte contamination de la partie ECO 90%, contre 25% pour la partie PFI. Ces chiffres nous indiquent le pourcentage d arbres touchés et non l intensité de la contamination. Les arbres étaient faiblement touchés (moins de 5 foyers par arbres). Dans les conditions de pression de 2015 (moyenne), il a donc été pertinent de faire l impasse des traitements contre la cloque secondaire puisque l impact de l attaque était très limité et sans effet sur la production. Concernant la tordeuse orientale du pêcher, aucune pousse minée n est observée, que ce soit dans la modalité ECO ou PFI. La pression en G1 sur la parcelle est faible. Par la suite, avec l augmentation des températures estivales, les tordeuses sont plus présentes en verger. Aucun dégât n est cependant à déplorer dans les deux modalités. Les stratégies Confusion + 1 appli. chimique ou + 1 appli. biocontrôle sont satisfaisantes sur cette parcelle.
A la récolte A la récolte une notation est réalisée en verger sur 200 fruits de chaque modalité. Elle consiste à évaluer les dégâts des bio-agresseurs avant le premier tri effectué par les cueilleurs. On remarque cette année une forte pression au niveau du monilia sur fruit. car les conditions météorologiques ont été très favorables à son développement malgré la couverture fongique. Les deux modalités présentent des taux de fruits pourris très importants et non différents statistiquement. En revanche, lorsqu on se penche sur le Pou de San José, on observe des dégâts plus accentués en ECO, mais non statistiquement différents. L impasse sur le premier traitement peut expliquer cette augmentation. En station Enfin, une dernière notation est faite sur 50 fruits, à chaque passage de récolte, à l arrivée des fruits en station. Les dégâts de bio-agresseurs sont plus importants dans la partie ECO mais cette différence n est pas statistiquement significative.
On relève des fortes attaques des thrips dans les deux modalités étudiées. La pression de l année en Thrips meridionalis et californien a été très forte sur la parcelle. Si les quatre traitements réalisés dans la partie PFI ont permis de limiter les dégâts, ils restent importants en fréquence. La partie ECO quant à elle présente près de 40% des fruits touchés. Comme pour la notation avant récolte, on remarque une pression plus importante du Pou de San José sur la modalité ECO, bien que les dégâts restent faibles. La proportion de monilia est nettement moins importante que précédemment car un tri a été effectué à la récolte par les cueilleurs. Cette année la très faible pression d oïdium justifie l impasse sur la modalité ECO. Suivi conservation Les deux modalités ont été protégées de la même façon et ont un comportement similaire. En revanche la vitesse de pourrissement semble élevée puisque les 50% de fruits pourris sont atteints seulement après une semaine d observation ce qui est dû à une pression élevée cette année. 4) Résultats agronomiques Potentiel globalement décevant de la parcelle qui n atteint pas les 30 t/ha espérés avec cette variété. Cela provient pour beaucoup du manque de calibre que l on a pu déplorer globalement sur les variétés précoces et demi précoces en 2015. La modalité Eco est très pénalisée pour deux raisons : C est la deuxième année consécutive qu on lui applique cet itinéraire, et la suppression du désherbage chimique, sans solution alternative en particulier sur la zone du microjet fait que la répartition spatiale de l eau est très pénalisée par les mauvaises herbes. Dans nos sols très filtrants, cela est particulièrement problématique, car on peut redouter qu une partie de l irrigation soit perdue par percolation en profondeur.
L analyse statistique ne nous révèle aucune différence significative. Cependant, on constate que la modalité PFI a plus produit que la modalité ECO, ce qui explique le poids moyen plus élevé dans la partie ECO. Cette différence de production et donc de charge peut s expliquer en grande partie par la concurrence de l enherbement. La perte de fruits commercialisables est surtout due à un fort taux de fruits craqué et fendus dans la modalité PFI. Le différentiel de production explique la meilleure qualité des fruits dans la partie ECO malgré une maturité moins avancé.
5) Bilan IFT/Production. Comme fait précédemment, il est important de voir si la baisse de l emploi des produits phytosanitaires constatée à la surface se confirme aussi au kilo de fruit récolté. Les IFT baissent dans les deux cas de figures. En revanche cette baisse pourrait être accentuée si les rendements en ECO étaient plus élevés. Ce qui semble difficile à réaliser dans ce cas, puisque la concurrence avec l enherbement limite le potentiel de charge. 4. Commentaires et perspectives 1. Les observations pour ce volet s arrêtent. Ces manipulations ont confirmé combien il est délicat d envisager une réduction des produits phytosanitaires sans altérer les performances technico économiques du verger. En effet, on constate que la gestion mécanique de l enherbement est d une part contraignante et couteuse, et d autre part elle porte préjudice au verger en l affaiblissant d une année sur l autre. L enherbement n est pas le seul facteur responsable de la perte de production commerciale, les impasses totales de traitements sur certains bio-agresseurs peuvent être parfois préjudiciables. Il est sûr que diminuer de 50% la protection phytosanitaire brutalement n est pas viable avec des vergers «classiques». En revanche, l essai 2 : Sandine nous révèlera si avec un verger plus adapté et innovant cette diminution est viable agronomiquement et économiquement. Renseignements complémentaires : Philippe BLANC ph-blanc@serfel.fr Poste direct : 04.66.28.23.33 SERFEL 517 Chemin du Mas d'asport - 30800 SAINT GILLES - Tél : 04.66.87.00.22 - Fax : 04.66.87.04.62 - E-mail : contact@serfel.fr