Bilan 2015 MANUTENTION INDUSTRIELLE ET AGRICOLE

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Bilan 2015 MANUTENTION INDUSTRIELLE ET AGRICOLE Février 2016

SOMMAIRE SYNTHESE 2 0. METHODOLOGIE 3 0.1. Définition du secteur 3 0.2. Sources statistiques 3 1. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE 4 1.1. Conjoncture économique mondiale 4 1.2. Conjoncture économique française 5 1.3. Conditions de financement 6 1.4. Secteurs clients de la manutention 7 2. CHIFFRE D AFFAIRES 10 2.1. Evolution du chiffre d affaires 10 2.2. Evolution du chiffre d affaires par activité 12 2.3. Répartition du chiffre d affaires par activité 13 3. EFFECTIFS 14 3.1. Evolution des effectifs 14 3.2. Répartition des effectifs par activité 15 3.3. Répartition des effectifs par sexe 16 4. PRODUCTIVITE 17 5. RENTABILITE 18 6. POIDS DES COLLECTIVITES LOCALES DANS LE CHIFFRE D AFFAIRES 20 2 Bilan 2015 de la manutention DLR

SYNTHESE Le chiffre d affaires des distributeurs et loueurs de matériels de manutention a bénéficié du frémissement de l économie française Le chiffre d affaires du secteur a bénéficié de la reprise de l économie amorcée en 2015. Sur un an, il a progressé de 2% pour s établir à 1,81 milliard d euros. La hausse a été soutenue par une progression dynamique des ventes, aussi bien dans le neuf (5%) que dans l occasion (4%). Compte tenu du renouvellement récent du parc dans les secteurs clients, le dynamisme des ventes s explique probablement par l effet d aubaine de la mesure de suramortissement exceptionnel des investissements productifs lancée par le Gouvernement en avril 2015. L emploi s est stabilisé dans la manutention. Le secteur emploie environ 6 850 personnes. La progression de l activité, conjuguée à une stabilisation des effectifs, a mécaniquement amélioré la productivité apparente du secteur et conduit le résultat net à la hausse : ce dernier s est établi à 3,5% du chiffre d affaires. L activité devrait se raffermir en 2016 Les ventes de matériel de manutention devraient rester dynamiques au premier trimestre 2016, profitant de la «fenêtre d investissement» ouverte par la mesure de suramortissement exceptionnel. Compte tenu du renouvellement récent du parc de chariots dans les secteurs clients, l activité future reste fortement tributaire du caractère durable ou non de la reprise de l économie française. Cette dernière devrait se poursuivre en 2016 : la demande intérieure continuera à bénéficier de la politique monétaire accommodante de la BCE et de prix du pétrole bas. 3 Bilan 2015 de la manutention DLR

0. METHODOLOGIE 0.1. Définition du secteur Le secteur de la manutention au sens du DLR n est pas suivi en tant que tel par l Insee. La nomenclature française des activités économiques classe les entreprises de manutention dans plusieurs codes dont : 4669B (fournitures et équipements industriels divers) ; 3312Z (réparation de machines et équipements mécaniques ; 2822Z (location et location-bail d autres machines, équipements et biens matériels n.c.a.). Les entreprises du secteur ont été recensées par Asterès sur la base des comptes déposés auprès des tribunaux de commerce (base de données Diane) et des données de l Insee. Ont été retenues les entreprises dont l activité repose principalement sur la distribution, la location et la maintenance de matériels de manutention (en pratique, il s agit essentiellement de chariots élévateurs). Les fabricants et les importateurs de matériels ont été exclus du champ, tout comme les sociétés dont l activité est axée sur la manutention continue. Les distributeurs spécialisés dans les accessoires de manutention (diables, palettes ) ne répondent pas non plus aux critères du secteur au sens du DLR. Ils n ont donc pas été intégrés. 0.2. Sources statistiques Les données statistiques récentes (2015) sur le secteur de la manutention ont pu être estimées grâce à l enquête menée par Asterès pour le DLR. Cette enquête a été réalisée en janvier 2016 auprès des 89 entreprises de la manutention adhérentes au DLR. Les statistiques des tribunaux de commerce ont été exploitées afin d obtenir un échantillon d entreprises se rapprochant au plus près de la réalité du secteur. Les données historiques (2008-2014) des chiffres d affaires, des résultats nets et des effectifs ont ainsi pu être étudiées pour 240 entreprises. La répartition du chiffre d affaires par activité (vente, location, maintenance) et la répartition des effectifs par poste (maintenance, vente ) ont été obtenues grâce à l enquête menée auprès des entreprises adhérentes au DLR. A noter Les données 2014 ont été précisées suite à une mise à jour des comptes déposés par les entreprises auprès des tribunaux de commerce. 4 Bilan 2015 de la manutention DLR

1. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE 1.1. Conjoncture économique mondiale L année 2015 a été marquée par le ralentissement d une croissance mondiale déjà piétinante. Selon les dernières estimations du FMI, l économie mondiale s est accrue de 3,1%, soit une baisse de 0,3 point par rapport à 2014. L orientation a été plus favorable dans les pays avancés mais la reprise, modeste et inégale, n a pas suffi à compenser l essoufflement des pays émergents. Dans les pays avancés, la reprise est lente mais avérée : 1,9% (contre 1,8% en 2014). Elle est portée pour l essentiel par une consommation soutenue, qui profite de la forte baisse des prix de l énergie et du maintien de politiques monétaires accommodantes par les banques centrales. Les pays en développement n ont progressé que de 4% en 2015, soit le taux de croissance le plus faible depuis la crise financière de 2008-2009. Le ralentissement de l économie chinoise, la chute brutale des cours du pétrole, le ralentissement du commerce mondial et la baisse des prix des produits de base pèsent sur les économies de la plupart des pays en développement. En outre, les conflits géopolitiques au Moyen-Orient et les sanctions occidentales en Russie grèvent les perspectives de croissance de ces pays. Plusieurs «grands» émergents dont la Russie, le Brésil, l Argentine, ou la Turquie sont entrés en récession en 2015. Croissance économique dans le monde (En %) 10 8 6 4 2 0-2 Emergents 4,0% MONDE 3,1% Avancés 1,9% Zone euro 1,5% -4-6 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Source : FMI, traitement Asterès Selon les dernières prévisions du FMI, révisées à la baisse, l économie mondiale restera fragile en 2016. La croissance devrait continuer à s affermir dans les pays avancés du fait d une demande soutenue par des conditions financières toujours accommodantes et une énergie toujours bon marché. Les perspectives sont moins favorables dans les économies émergentes, qui ne peuvent cependant être traitées en bloc tant les caractéristiques sont différentes : 5 Bilan 2015 de la manutention DLR

Les pays exportateurs de pétrole souffrent de la baisse continue des cours du pétrole. Les difficultés budgétaires dans ces pays risquent d avoir des retombées sociales et économiques fortement négatives. Le risque d un ralentissement plus fort que prévu de la Chine est l épée de Damoclès de la plupart des pays émergents, spécialisés dans l exportation des produits de base et dépendants de la demande chinoise. L appréciation du dollar contribue à durcir les conditions de financement des pays émergents. L escalade de tensions géopolitiques au Moyen-Orient fait peser un risque de déstabilisation supplémentaire des économies de la région. 1.2. Conjoncture économique nationale En 2015, l économie française a renoué avec la croissance après quatre années de quasi-stagnation. Le PIB s est accru de 1,1% sur un an, soutenu par une demande intérieure deux fois plus dynamique que l année passée. La hausse de la demande a été exclusivement portée par la consommation. Un frémissement de l investissement a cependant été observé en fin d année. La consommation des ménages a notamment été dopée par la chute des prix de l énergie, amorcée en juin 2014 et poursuivie tout au long de l année 2015. Entre décembre 2014 et décembre 2015, le cours d un baril de «Brent» est ainsi passé de 51 à 35 euros, soit une baisse de 31%. La hausse de la consommation la plus forte a concerné les biens d équipement du logement, l énergie (dont produits pétroliers) et les produits manufacturés. L amélioration de l environnement économique en France est en ligne avec un redressement général dans la zone euro. La croissance française est cependant inférieure à celle de la zone euro (1,5% sur un an en 2015), tirée notamment par le Royaume-Uni, l Allemagne et l Espagne. L année 2015 a été favorable aux entreprises Les entreprises françaises ont profité de l amélioration générale de l environnement économique. La hausse de la consommation a permis de soutenir l activité sur le marché intérieur, et la reprise observée dans la zone euro a bénéficié aux exportations, principalement destinées aux marchés européens. En outre, l appréciation du dollar a eu un impact positif sur les exportations hors zone euro. Le volume de production de biens et de services s est accru de 1,3% sur un an. Les hausses les plus importantes se sont observées dans les produits pétroliers, les services aux entreprises et le commerce. La production manufacturière s est en revanche stabilisée en volume entre décembre 2014 et décembre 2015. Les exportations ont progressé de 6%, soit un rythme annuel trois fois plus rapide qu au cours des trois années précédentes. Notons que les importations ont toutefois été plus importantes que les exportations : la balance commerciale de la France est toujours déficitaire en 2015. L année 2015 a en outre été marquée par une série de mesures politiques de soutien aux entreprises : 6 Bilan 2015 de la manutention DLR

Les allègements de charges dans le cadre du Pacte de responsabilité (crédit d impôt compétitivitéemploi depuis 2014, dispositif «zéro charges» patronales sur les salaires au niveau du SMIC à partir de 2015, baisse des cotisations familiales pour les artisans ne bénéficiant pas du CICE ) ; La loi pour la croissance, l activité et l égalité des chances, dite «loi Macron» du 6 août 2016 dont l objectif est de moderniser l économie en faisant sauter quelques verrous règlementaires ; Les mesures de simplification prises ou encore en cours, dans le cadre du «choc de simplification» lancé fin 2014. L une des conséquences les plus notables de cette politique résolument tournée vers les entreprises a été le redressement de leurs marges. Le taux de marge est passé de 29 à 31% entre septembre 2014 et septembre 2015 1. L économie devrait continuer à se redresser à un rythme modéré Le redressement des marges et le frémissement de l activité ont permis un retour de la confiance des dirigeants. En fin d année, l indice du climat des affaires était supérieur de 9% à son niveau d il y a un an. On ne peut cependant pas encore parler de reprise solide de l économie en 2015. L investissement des entreprises a augmenté de 2% sur un an. Il ne s agit cependant que d un frémissement, compte tenu de la quasi-stagnation sur la période 2011-2013. En outre, l investissement a surtout été dopé par la mesure de suramortissement exceptionnel de 140% des investissements productifs, introduite en avril 2015 pour une durée d un an. Si l efficacité de la mesure est incontestable, reste à savoir s il s agit d une hausse nette de l investissement, ou bien essentiellement d un effet d aubaine et d un report des investissements dans le temps afin de bénéficier du crédit d impôt. Surtout, les marges dégagées au titre des économies d énergie et des allègements de charges ne se sont pas (encore) traduites par une hausse des embauches. L emploi salarié des entreprises non financières a stagné et le taux de chômage s est accru de 2 points sur un an au troisième trimestre 20152, affectant 10,2% de la population active. La reprise de l économie française devrait néanmoins se poursuivre courant 2016. Elle continuera à bénéficier de la politique monétaire accommodante de la BCE, de prix du pétrole bas et, jusqu en avril 2016, de la «fenêtre d investissement» ouverte par le Gouvernement. L enjeu présent est de saisir l opportunité des conditions macroéconomiques favorables pour investir dans l avenir et accroître le capital productif du pays. Les chantiers d investissement ne manquent pas : l économie doit s engager dans une transition énergétique (logement, transport ), industrielle (d une croissance quantitative vers une croissance qualitative) et numérique (réseaux, urbanisme ). Reste à profiter de la fenêtre de tir ouverte par le redressement des perspectives pour inscrire la France sur un sentier de croissance durable. 1 Dernière période disponible à la date de rédaction du présent Bilan. Le chiffre concerne les sociétés non financières. Le taux de marge correspond à l excédent brut d exploitation rapporté à la valeur ajoutée. 2 Dernière période disponible à la date de rédaction du présent Bilan. 7 Bilan 2015 de la manutention DLR

1.3. Conditions de financement Les conditions d accès au financement bancaire, déjà avantageuses en 2014, se sont améliorées en 2015. Au quatrième trimestre, les demandes de crédit d investissement ont obtenu une réponse favorable dans 90% des cas, contre 88% l année précédente 3. Seuls 4% des PME et 2% des ETI ont observé une hausse de leur coût de financement au quatrième trimestre 2015. Depuis septembre 2014, le principal taux directeur de la Banque centrale européenne stagne à son plus bas niveau historique (0,05%). Le coût du crédit à moyen terme pour les entreprises a encore baissé, passant de 2,28% fin 2014 à 1,86% en juillet 2015. L encours de crédits mobilisés a progressé à un rythme plus enlevé que l année dernière (3% sur un an, contre 1% en 2014). La progression a concerné toutes les catégories d entreprises (2,0 % pour les PME, 3% pour les ETI et 6% pour les grandes entreprises) mais a été différenciée selon les secteurs. Dans l industrie manufacturière, l encours était 5% supérieur à son niveau de l année précédente à fin décembre 2015. Le rythme de progression de l encours a fléchi tout au long de l année dans la construction. A fin décembre 2015, le niveau de l encours était stable sur un an. Cette évolution est à mettre en parallèle avec le frémissement de l économie, également différencié selon les secteurs. Compte tenu des conditions avantageuses d accès, la cause principale de la faible croissance des encours est l absence de demande. 8% Encours de crédit aux entreprises non-financières Variation annuelle Tous secteurs Industrie manufacturière Construction 6% 4% 2% 0% 5% 3% 0% -2% -4% -6% -8% Source : Banque de France 3 PME et ETI. Source : Banque de France 8 Bilan 2015 de la manutention DLR

1.4. Secteurs clients de la manutention 1.4.1. Industrie manufacturière L amélioration de l environnement macroéconomique s est traduite par un frémissement de la production industrielle (1% en 2015). L inflexion s est cependant rompue en fin d année avec une baisse des volumes produits au quatrième trimestre. Surtout, la production peine à se relever du choc subi en 2008-2009. Son niveau reste 7% inférieur à sa moyenne de longue période. La hausse de la production a été portée pour l essentiel par les matériels de transport (2% sur un an) et les produits pétroliers (5%). Ces deux secteurs ont bénéficié d un accroissement de la demande, dopée par la baisse des prix du pétrole. La production s est stabilisée dans le secteur agricole et a reculé dans la construction. 1.4.2. Production agricole Après une forte croissance en 2014, la production agricole s est contractée de 1% en 2015. Le chiffre d affaires des exploitants agricoles s est stabilisé grâce à une légère progression sur les marchés export. Sur le marché intérieur, la production reste supérieure à la demande et les fortes tensions sur les prix impactent le chiffre d affaires des producteurs. Production agricole en volume (en milliards d euros) Production industrielle en volume (en milliards d euros) 75 900 74 880 73 860 72 840 71 820 70 800 69 780 68 760 67 740 66 720 65 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 700 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Source : Insee 9 Bilan 2015 de la manutention DLR

1.4.3. Transport et entreposage Source : Insee Contrairement à la plupart des services aux entreprises, l activité s est stabilisée dans le commerce de gros et la logistique (transports et entreposage). Dans ce dernier secteur, les volumes de services produits ont même légèrement reculé par rapport à l année passée (-1%). Le chiffre d affaires des entreprises de transport s est cependant maintenu, alors qu il s est légèrement contracté dans le commerce de gros. Variation annuelle du chiffre d affaires Commerce de gros Logistique 8% 6% 5% 4% 2% 2% 0% 1% 1% 1% -1% 0% -11% -6% 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Source : Insee Variation annuelle de la production (en volume) Source : Insee 2013/2014 2014/2015 INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE 0% 1% > Industries agricoles et alimentaires -1% 1% Dont production agricole 5% -1% Dont production agroalimentaire 0% 1% > Cokéfaction et raffinage -2% 5% > Biens d équipement -1% 0% > Matériel de transport 2% 2% > Autres produits industriels 1% 1% INDUSTRIES EXTRACTIVES, ENERGIE, EAU -3% 1% CONSTRUCTION -2% -3% TRANSPORTS ET ENTREPOSAGE 0% -1% 10 Bilan 2015 de la manutention DLR

1,59 1,59 1,95 1,84 1,91 1,80 1,77 1,81 2. CHIFFRE D AFFAIRES 1.1. Evolution du chiffre d affaires L activité des loueurs et distributeurs de chariots de manutention a progressé en 2015. Le chiffre d affaires de la profession s est accru de 2% sur un an pour s établir à 1,81 milliard d euros. Faisant suite à deux années de baisse du chiffre d affaires, ce rattrapage s explique par le frémissement observé dans les secteurs clients de la manutention, notamment l industrie. Chiffre d affaires annuel (en milliards d'euros) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e Chiffre d affaires (Md ) 1,95 1,59 1,59 1,84 1,91 1,80 1,77 1,81 Evolution +2% -18% +0% +16% +4% -6% -2% +2% Source : Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention et des statistiques des tribunaux de commerce 11 Bilan 2015 de la manutention DLR

Après un début d année difficile, l activité des loueurs et distributeurs de matériel de manutention a observé une tendance haussière au cours des deuxième, troisième et quatrième trimestres. Chiffre d affaires trimestriel (en millions d euros) 600 500 400 300 200 100 0 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Source : Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention et des statistiques des tribunaux de commerce 12 Bilan 2015 de la manutention DLR

1.2. Evolution du chiffre d affaires par activité La hausse de la demande a bénéficié aussi bien aux activités de vente que de location. Les ventes ont cependant été nettement plus dynamiques : les ventes de matériel neuf ont progressé de 5% et le segment «occasion» s est accru de 4%. Par comparaison, la hausse a été anémique sur le segment «location» (1% sur un an). Le dynamisme des ventes s explique en grande partie par le bond des investissements dans les secteurs clients, favorisé par la mesure de suramortissement exceptionnel introduite au mois d avril 2015. Les activités de maintenance sont les seules à n avoir pas progressé. Evolution du chiffre d'affaires par activité (Variation annuelle) 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% -5% -10% Ventes matériels neufs 2011 2012 2014 2015 5% 4% Ventes matériels d'occasion Maintenance 0% 1% Location Source : Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention 13 Bilan 2015 de la manutention DLR

2.2. Répartition du chiffre d affaires par activité La répartition du chiffre d affaires par activité est une donnée structurelle et varie donc peu d une année sur l autre. Le rebond des ventes a renforcé leur poids relatif dans le chiffre d affaires global. Ensemble, les deux segments (neuf et occasion) représentent près de la moitié du chiffre d affaires global (49%). Le reste se partage à part quasi égale entre la location (26%) et la maintenance (24%). Répartition du chiffre d'affaires par activité en 2015 Autres 2% Maintenance 24% Ventes neuf 40% Location 26% Occasion 9% Var. 14/15 Part dans le CA 2014 2015 Matériels neufs +5% 39% 40% Matériels d'occasion +4% 8% 9% Location +1% 26% 26% Maintenance 0% 24% 24% Autres -6% 2% 2% Source : Enquête Bilan 2015 14 Bilan 2015 de la manutention DLR

6 990 6 780 6 580 6 650 6 980 6 980 6 830 6 854 3. EFFECTIFS 3.1. Evolution des effectifs Les effectifs du secteur de la manutention se sont stabilisés en 2015, à 6 850 emplois environ (salariés et non salariés). Effectifs (salariés et non salariés) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014e 2015e 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e Effectifs 6 990 6 780 6 580 6 650 6 980 6 980 6 830 6 850 Evolution +2% -3% -3% +1% +5% 0% -2% 0% Source : Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention et des statistiques des tribunaux de commerce. 15 Bilan 2015 de la manutention DLR

3.2. Evolution des effectifs par activité La hausse des mécaniciens et des employés administratifs (+2% sur un an pour les deux) a compensé la baisse observée des commerciaux et des employés de magasin (respectivement -6% et -5% sur un an). La répartition des effectifs est restée globalement stable. Les activités de maintenance regroupent plus de la moitié des emplois (56%). Les activités commerciales (vente et magasin) concentrent 20% des effectifs et les services administratifs le quart restant (24%). Répartition des effectifs par activité en 2015 Vente 14% Maintenance 56% Administratif 24% Magasin 6% var. 14/15 Part dans les effectifs 2014 2015 Ensemble 0% 100% 100% Maintenance +2% 55% 56% Vente -1% 14% 14% Administratif +2% 25% 24% Magasin -5% 6% 6% Source : Enquête Bilan 2015 16 Bilan 2015 de la manutention DLR

3.3. Répartition des effectifs par sexe Les femmes représentent toujours 18% de l effectif total de la Manutention en 2015. Le secteur reste très majoritairement masculin. A titre de comparaison, la part de l emploi féminin total dans l économie française s élève à 48%. Répartition des effectifs par sexe en 2015 Femmes 18% Hommes 82% Part des effectifs 2014 2015 Hommes 82% 82% Femmes 18% 18% Source : Enquête Bilan 2015 17 Bilan 2015 de la manutention DLR

234 242 258 258 264 279 277 274 4. PRODUCTIVITE Hausse du chiffre d affaires et stabilité de l emploi ont mécaniquement amélioré la productivité apparente des employés du secteur de la Manutention. En 2015, le chiffre d affaires par employé s est établi à 264 000 euros, soit une hausse de 2% par rapport à l année précédente. Productivité (CA/effectif ; en milliers d'euros) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e Chiffre d'affaires / effectifs (K ) 279 234 242 277 274 258 258 264 Evolution +0% -16% +3% +15% -1% -6% 0% +2% Source : Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention et des statistiques des tribunaux de commerce. 18 Bilan 2015 de la manutention DLR

36,5 50,9 64,4 61,2 61,8 63,3 73,8 70,7 5. RENTABILITE La rentabilité du secteur a continué à s améliorer en 2015 (3% sur un an, après 1% l année précédente). L amélioration du résultat net tient à l effet conjoint de la hausse du chiffre d affaires et de la politique de baisse des charges engagée par le Gouvernement. Le résultat net dégagé par le secteur de la Manutention représente 3,5% du chiffres d affaires en 2015, soit plus de 63 millions d euros. Résultat net (en millions d'euros) 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e Résultat net (M ) 64,4 36,5 50,9 73,8 70,7 61,2 61,8 63,3 Evolution -6% -43% +39% +45% -4% -13% +1% +3% Résultat net en % du CA Source : 3,3% 2,3% 3,2% 4,0% 3,7% 3,4% 3,5% 3,5% Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention et des statistiques des tribunaux de commerce. 19 Bilan 2015 de la manutention DLR

5,4 7,7 9,2 8,8 9,0 10,1 9,2 11,1 Compte tenu de la hausse du résultat net et de la stabilité de l emploi, le bénéfice moyen par employé a continué de s accroître en 2015. Le résultat net dégagé par effectif s est élevé à 9 200 euros, contre 9 100 en 2014. Rentabilité / employé 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014e 2015e 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015e Résultat net / effectifs (K ) 9,2 5,4 7,7 11,1 10,1 8,8 9,0 9,2 Evolution -8% -42% +44% +44% -9% -13% +3% +2% Source : Estimation Asterès sur la base des enquêtes DLR Bilan & Baromètre de la manutention et des statistiques des tribunaux de commerce. 20 Bilan 2015 de la manutention DLR

6. POIDS DES COLLECTIVITES LOCALES Les collectivités locales représentent une part très faible dans le chiffre d affaires des loueurs et distributeurs de matériels de manutention. En 2015, cette part a été quasi nulle et s est établie à 0,3%. 0,3% Poids des collectivités territoriales dans le chiffre d affaires 2015 21 Bilan 2015 de la manutention DLR