ENQUETE PERINATALE MARTINIQUE SITUATION EN 2003 ET EVOLUTION DEPUIS 1998



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Transcription:

Numéro 39 Septembre 2006 LE BULLETIN DE L OBSERVATOIRE DE LA SANTE DE LA MARTINIQUE ENQUETE PERINATALE MARTINIQUE SITUATION EN 2003 ET EVOLUTION DEPUIS 1998 Disposer régulièrement de données fiables et actualisées dans le domaine périnatal est un impératif en santé publique. La connaissance des principaux indicateurs de santé est en effet indispensable pour suivre l évolution de la santé, orienter les politiques de prévention et évaluer les pratiques médicales. Les enquêtes nationales périnatales reposent sur le principe d un recueil minimal d informations sur l état de santé et les soins périnatals à partir d un échantillon représentatif des naissances. Cet échantillon comprend toutes les naissances survenues pendant une semaine sur l ensemble des départements français. Deux enquêtes suivant ce principe ont été réalisées dans le passé, l une en 1995 et l autre en 1998. En Martinique, afin d obtenir des échantillons suffisamment grands, le recueil des données a porté sur l ensemble des naissances survenues pendant cinq semaines. Ainsi, pour l édition 2003, l enquête s est déroulée entre octobre 2003 et février 2004 à raison d une semaine par mois (du lundi 0 heure au dimanche minuit) dans les cinq maternités de l île. Elle a été réalisée sous la responsabilité du Médecin chef de la PMI, le Dr Arlette Branchet- Dunoyer qui en a assuré la coordination, avec la collaboration de la Directrice de l Observatoire de la Santé de la Martinique (OSM), le Dr Sylvie Merle. L échantillon obtenu comprend 592 enfants et 581 mères, compte tenu des naissances multiples (22 jumeaux). 1 I - Caractéristiques des mères. STRUCTURE D ÂGE DES MERES En 2003 comme en 1998, une mère sur 4 (26,4 % en 2003 contre 25,5 % en 1998) est âgée de moins de 25 ans. Par contre, au-delà de 24 ans, on constate qu il s est produit un report des naissances vers des âges plus élevés. La proportion des femmes âgées de 25 à 34 ans a diminué, passant de 57,0 % à 47,4 %, alors que la proportion de mères âgées de 35 ans et plus a augmenté, passant de 17,5 % à 26,4 %. Cette modification dans la répartition de l âge des mères entraîne une augmentation de l age moyen qui passe de 28 ans en 1998 à 29,4 ans (± 6,6 ans) en 2003. Figure 1 - Répartition des mères par tranche d âge 25-34 ans 47,4% 35 ans et + 26,2% < 25 ans 26,4%

2 SITUATION MATRIMONIALE DES MERES Au moment de la naissance de leur enfant, la majorité des femmes sont célibataires (67,6 %). Celles qui vivent seules représentent 44,4 % de l échantillon. La situation matrimoniale des mères n a donc guère évolué depuis l enquête de 1998 puisque déjà, 41,6 % des femmes vivaient seules et 70,0 % étaient célibataires. La proportion de femmes mariées au moment de la naissance de leur enfant a légèrement augmenté passant de 26,2 % en 1998 à 31,0 % en 2003 mais cette différence n est pas statistiquement significative. LE NIVEAU D ÉTUDE Depuis 1998, le niveau d études des femmes a augmenté. Le pourcentage de femmes ayant un niveau d études supérieur au baccalauréat est passé de 20,8 % à 27,7 % alors que le pourcentage de femmes ayant un niveau correspondant au primaire ou au premier cycle d une filière technique a baissé. Tableau 1 - Répartition des mères par niveau d études Niveau d études Effectif Fréquence Primaire 6 1,1 6 é -3 é enseignement général 98 17,6 5 é -3 é enseignement. technique 105 18,8 2 nde à terminale enseignement général 72 12,9 2 nde à terminale enseignement tech. ou prof. 122 21,9 Niveau supérieur au BAC 154 27,7 TOTAL 557 100,0 EMPLOI PENDANT LA GROSSESSE En 2003, 51,3 % des femmes ont exercé un emploi, même pour une période courte, pendant la grossesse alors qu elles n étaient que 43,2 % dans cette situation en 1998. La situation vis-à-vis de l emploi ne semble pas stable car 15,2 % de femmes qui ont travaillé pendant leur grossesse se déclarent sans emploi au moment de l entretien. En effet, au moment de la naissance, seules 45,1 % des femmes ont un emploi. Cependant ce résultat est en progression par rapport à 1998 où seulement 35,6 % des femmes avaient un emploi au moment de la naissance. Néanmoins, les mères ayant déclaré être femme au foyer (28,7 %) ou encore au chômage (17,5 %) restent nombreuses, malgré des chiffres en baisse par rapport à 1998 (respectivement 32,1% et 22,7 %). En 2003, les femmes qui ont travaillé pendant leur grossesse ont le plus souvent exercé des professions comme celles d employées de la fonction publique ou des entreprises (33,7 %), de professions intermédiaires 1 (21,4 %) et d employées de commerce (17,9 %). Les femmes exerçant une activité libérale d artisan ou de commerçante sont les moins nombreuses (1,1 %). Figure 2 - Profession des mères ayant exercé un emploi pendant la grossesse 19% 11% 34% 3% 2% 1% 8% 1 Institutrice, infirmière, technicienne 22% artisan, commercante cadre, prof. libérale prof. Interm. employée de la fonction pub. employée de com. personnel de service ouvrière qualifiée ouvrières non qualifiée COUVERTURE SOCIALE Au total, 6,8 % des femmes n avaient pas de couverture sociale en début de grossesse. C est plus de 4 fois supérieur à 1998 (1,5 %). Il convient de noter que les demandes de CMU à l occasion de la déclaration de grossesse ne sont pas considérées comme couverture en début de grossesse. L absence de couverture sociale peut être un frein à l accès aux soins. Dans l enquête périnatale de 2003, 5,0 % des femmes ont déclaré qu elles avaient dû renoncer à des soins ou des examens pour des raisons financières. LES RESSOURCES DES MENAGES Elles comprennent essentiellement les revenus provenant d une activité professionnelle pour 76,2 % des ménages et les allocations chômage ou de stage, le Revenu Minimum d Insertion (RMI), ou l allocation Parent Isolé (API) pour un ménage sur deux (49,9 %). Les autres ressources ne concernent que 1,9 % des ménages : pension alimentaire, pension d invalidité, économies, aide de la famille. Parmi ces autres aides, ne sont pas comptabilisées les prestations d accueil du jeune enfant (PAJE), les allocations familiales et l allocation logement. Au total, 2,4 % des ménages sont sans ressource.

GESTITÉ ET PARITÉ La gestité et la parité ont évolué depuis 1998, avec une augmentation des primipares et une diminution des naissances de rang élevé. En effet, en 2003, 41,3 % des femmes accouchaient pour la première fois contre 29,4% en 1998, 34,3 % pour la deuxième fois au lieu de 30,5 % en 1998 et 24,4 % pour la troisième fois ou plus contre 40,1 % en 1998. II - Surveillance et hospitalisation prénatales échographies. Ce chiffre est en augmentation par rapport à 1998 (23,0 %). Figure 3 - Nombre d échographies au cours de la grossesse de 3 à 5 64,3% > à 5 30,8% DÉCLARATION DE GROSSESSE Seules 3 femmes n ont pas eu de déclarations de grossesse en 2003, elles étaient deux fois plus nombreuses en 1998. Cependant, les déclarations tardives (faites après le premier trimestre de la grossesse) sont encore assez nombreuses : 15,2 %, malgré une baisse de 2 points par rapport à 1998. Le professionnel de santé ayant fait la déclaration est le plus souvent un gynécologue ou obstétricien de ville (48,2 %) ou de maternité (27,7 %). Cependant, pour près de 2 femmes sur 10 (18,7 %), la déclaration de grossesse a été faite par un médecin généraliste. VISITES PRÉNATALES Le nombre moyen de consultations prénatales est de 8,6 (± 2,7), donc largement supérieur à 7, nombre fixé par la loi pour une grossesse évoluant jusqu à terme. On constate en effet que plus de 8 femmes sur 10 (85,6 %) ont eu au moins 7 consultations. Cette proportion est en augmentation par rapport à 1998 (79,3 %). Concernant la surveillance par l équipe responsable de l accouchement, c est-à-dire les consultations à la maternité ou à la clinique où a eu lieu l accouchement, ou dans le cabinet de l obstétricien qui a effectué l accouchement, le nombre moyen de visites est de 5,4 (± 3,4). Le pourcentage de femmes qui n ont eu aucune consultation auprès de l équipe responsable de l accouchement a diminué entre les deux enquêtes, passant de 9,7 à 5,2 %. De plus, 42,1 % des femmes ont été suivies entièrement par cette équipe pendant la grossesse. EXAMEN DE DEPISTAGE Les échographies Le nombre moyen d échographies est de 5,1 (± 2,9). En 2003, la majorité des femmes (64,3 %) en ont eu entre 3 et 5 au cours de leur grossesse comme en 1998 (63,4 %). Pratiquement un suivi de grossesse sur 3 (30,8 %) a fait l objet de plus de 5 < de 3 4,9% Au total, 9 femmes sur 10 (89,2 %) savent qu elles ont eu un test de dépistage du VIH pendant la grossesse. A contrario, 5,0 % des femmes savent qu elles n en ont pas eu, et cette absence de dépistage est surtout due au fait qu on ne leur a pas proposé cet examen (3,1 %). La proportion de femmes qui savent qu elles n ont pas eu de test de dépistage est en augmentation par rapport à 1998 : 8,6 %. Tableau 2 - Dépistage du VIH pendant la grossesse Test de dépistage du VIH Effectif Fréquence Oui 488 89,2 Non car non proposé 17 3,1 Non car refus de la femme 2 0,4 Non car examen récent 6 1,1 Non pour autre motif 2 0,4 Ne sait pas 32 5,8 TOTAL 547 100,0 Dépistage et diagnostic de la trisomie 21 Au total, à peine la moitié des femmes interrogées (45,2 %) ont eu une mesure de la clarté nucale et la principale raison de l absence d examen est la consultation trop tardive. De plus, 72,9 % des femmes disent avoir eu un dépistage sanguin, résultat largement supérieur à celui de 1998 : 50,6 %. Cette augmentation montre une rapide diffusion de l examen, qui est remboursé depuis 1997 et qui doit être systématiquement proposé aux femmes. Pour ce type de dépistage également, la consultation tardive est la principale raison de l absence d examen. 3

4 Au total, 15,5 % des femmes ont eu un prélèvement cytogénétique invasif pour un diagnostic de trisomie 21. Il s agit le plus souvent d une amniocentèse (15,3 %), la biopsie du trophoblaste étant marginale (0,2 %). Aucune n a eu de prélèvement sanguin pour le diagnostic de la trisomie 21. Le pourcentage d amniocentèse est en augmentation par rapport à 1998 (12,8 %). Les principales raisons de l amniocentèse sont l âge de la mère (56,8 %), expliqué certainement par une proportion non négligeable de grossesses tardives, et le dosage sanguin (33,3 %). Les autres motifs ne dépassent pas les 3 %. Deux mères sur 3 (66,7 %) âgées de 38 ans et plus au moment de la naissance de leur enfant ont eu une amniocentèse. HOSPITALISATION PENDANT LA GROSSESSE Plus d une femme sur 3 (36,3 %) a été hospitalisée au cours de sa grossesse, soit une légère augmentation par rapport à 1998 (32,5 %). La durée du séjour est en moyenne de 10,6 jours (± 15,4). Tableau 3 - Durée de l hospitalisation des femmes pendant la grossesse Durée d hospitalisation Effectif Fréquence 1 jour 28 14,3 seulement une femme (0,2 %), ce qui fait un taux global de transfert in utero de 1,7 %. PRÉPARATION À LA NAISSANCE Les primipares sont trois fois plus nombreuses que les multipares à avoir suivi une préparation à la naissance : 60,3 % contre 18,9 %. Par rapport à 1998, la préparation à la naissance est aussi fréquente chez les primipares (60,5 % en 1998), alors qu elle est en augmentation chez les multipares (14,3 % en 1998). Figure 4 - Suivi de la préparation à la naissance et parité multipares primipares 18,9% 60,3% 0,0% 20,0% 40,0% 60,0% 80,0% 2 jours 17 8,7 3-7 jours 77 39,3 8-14 jours 32 16,3 III - L accouchement 15 jours et plus 42 21,4 TOTAL 196 100,0 On note une augmentation des hospitalisations courtes : les séjours d une journée représentent 14,3 % des hospitalisations en 2003 contre 9,0 % en 1998. On constate que plus d une femme sur 5 (21,4%) a été hospitalisée pendant au moins 15 jours. Au total 9 femmes (1,5 %) ont subi, pendant la grossesse, un transfert in utero 2 à partir d une autre maternité. Ce type de transfert s est produit juste avant l accouchement pour 2 le transfert concerne ici les passages en hospitalisation d un service à un autre de niveau plus spécialisé et les situations où la femme vient en consultation ou en urgence dans un service (à la maternité où elle se fait suivre ou en privé auprès de son médecin) lorsqu elle est adressée immédiatement dans une autre maternité plus spécialisée où elle est hospitalisée. Au total, 62,8 % des femmes ont eu un début de travail spontané en 2003 contre 70,5 % en 1998. Cette diminution est due à l augmentation des césariennes avant travail qui passent de 8,6 à 13,1 % et des déclenchements (20,9 % en 1998 contre 24,1 % en 2003). Concernant les modes d accouchements, on constate une stagnation des accouchements par césarienne : 16,8 % en 1998 et 17,4 % en 2003. La prise en charge de la douleur pendant le travail s est améliorée en cinq ans puisque le pourcentage de femmes ayant eu une péridurale a légèrement augmenté, passant de 35,5 à 37,2 %. L évolution est plus franche concernant les femmes ayant eu une rachianesthésie puisque le pourcentage passe de 7,8 à 11,9 %. Les anesthésies générales sont stables entre les deux années : 2,9 % en 1998 contre 2,4 % en 2003. Globalement,

moins d une femme sur deux a accouché sans anesthésie (48,3 %). IV - Les nouveau-nés L état de santé et les principales caractéristiques des enfants n ont pas changé entre les deux enquêtes. En 2003, 98,9 % des enfants étaient vivants à la naissance contre 99,3 % en 1998. Concernant la vitalité de l enfant à la naissance mesurée par le coefficient d Apgar, à une minute, 86,5 % des enfants ont un score égal à 10 contre 88,2 % en 1998. A cinq minutes, le coefficient d Apgar est de 95,6 % en 2003 et 96,3 % en 1998. On constate que les filles sont plus nombreuses en 2003 qu en 1998 mais de façon non significative : 49,1 % contre 45,1 %. Entre les deux enquêtes, la fréquence des grossesses multiples est stable : 3,7 % en 2003 et 2,8 % en 1998. ALLAITEMENT Parmi les enfants restés avec leur mère à la maternité, près de neuf sur 10 (88,4 %) étaient nourris au sein totalement ou en partie. Le pourcentage d enfants nourris exclusivement au sein a plus que doublé entre les deux enquêtes : il est passé de 23,5 % en 1998 à 50,3 % en 2003. Figure 5 - Allaitement à la maternité alimentation mixte 38,1% biberon uniquement 11,6% sein uniquement 50,3% HOSPITALISATION DE LA MÈRE ET DE L ENFANT À partir des 286 réponses des mères qui connaissaient de manière précise leur date de sortie au moment de la passation du questionnaire, on a pu établir la durée de leur séjour. Ainsi, 68,2 % des femmes devaient sortir le 4 ème ou le 5 ème jour suivant la naissance. Les femmes sont gardées plus longtemps dans les cliniques privées puisqu elles sont 88,6 % à quitter la maternité à partir du 4 ème jour dans ces établissements contre 73,7 % dans les établissement publics (p<0,01). Au total, 11,6 % des enfants ont été transférés en 2003 contre 11,3 % en 1998. La plupart des transferts se sont effectués dans un autre service du même établissement (8,4 %). ÂGE ET POIDS GESTATIONNEL Si on considère l ensemble des naissances, la proportion d enfants nés avant 37 semaines d aménorrhée a augmenté par rapport à la dernière enquête : 12,0 % en 2003 contre 10,4 % en 1998. La proportion d enfants de moins de 2500 grammes a elle aussi légèrement augmenté, passant de 11,1 % en 1998 à 13,7 % en 2003. Cependant, aucune de ces évolutions n est significative. Si on répartit les poids de naissance en fonction des classes d âge gestationnel, on constate que 50 % des enfants nés dans la 36 é semaine et 25,0 % de ceux nés dans la 35 é semaine pèsent 2500 grammes ou plus. Le taux de prématurité et la proportion d enfants de petits poids varient à peine quand on passe de la totalité des naissances à uniquement les naissances vivantes. Ainsi le taux de prématurité passe de 12,0 à 11,4 % et la proportion d enfants de petits poids de 13,7 à 13,0 %. Cette légère diminution des taux s explique par le faible nombre d enfants mortnés. On constate une différence des taux plus importante si on considère l influence des grossesses multiples. En effet, parmi les naissances vivantes, le taux global (toutes naissances vivantes) de prématurité passe de 11,4 à 8,7 % pour les grossesses uniques. Concernant les petits poids, le pourcentage varie de 13,0 à 10,8 %. Ces variations s expliquent par le fait que 26,9 % des prématurés et 19,7 % des enfants de petits poids sont des jumeaux. Entre 1998 et 2003, les taux de prématurité et d hypotrophie ont augmenté parmi les naissances uniques mais pas de façon significative : le taux de prématurité passe de 8,9 % à 9,3 % et celui des enfants de petits poids de 9,6 % à 11,6 %. V - Comparaison avec la France métropolitaine De nombreuses différences existent entre les résultats obtenus dans l enquête ENP 2003 pour la France métropolitaine et ceux obtenus pour la Martinique. 5

CARACTÉRISTIQUES DES MÈRES Concernant le profil des mères, nous constatons que la majorité des mères ayant accouché en France métropolitaine (65,6 %) ont un âge compris entre 24 et 35 ans alors que les mères de Martinique de cette tranche d âge ne représente que 47,4 % des effectifs. Les femmes vivant seules sont très nombreuses (44,4 %) alors qu il s agit d une situation plus rare en France métropolitaine (7,3 %). Si on s intéresse à la situation vis-àvis de l emploi, seule une femme sur 2 était en activité pendant la grossesse en Martinique contre 2 femmes sur trois en France métropolitaine. Cette situation de précarité économique est confirmée par une forte proportion de femmes bénéficiant d allocations diverses (RMI, API, allocation chômage ou de stage ). L absence de couverture sociale en début de grossesse bien que rare à la Martinique (6,8 %) est néanmoins plus de 2 fois plus élevée qu en France métropolitaine (2,7 %). 6 Tableau 4 - Caractéristiques des mères. Comparaison Martinique et France métropolitaine. Enquête périnatale 2003 Martinique Métropole p 24 ans<âge<35 ans 47,7 65,6 S** Vit seule 44,4 7,3 S** Niveau d études supérieur au bac 27,7 42,6 S** Emploi (pendant la grossesse) 51,3 66,0 S** Allocations 49,9 19,1 S** Absence de couverture sociale en début de grossesse 6,8 2,7 S** S* : P 0,05, S** : P 0,001 SUIVI DE LA GROSSESSE En Martinique, les femmes sont trois fois plus nombreuses à déclarer leur grossesse après le 1 er trimestre : 15,2 % contre 4,9 % en métropole. La proportion de femmes ayant eu moins de 7 consultations prénatales (14,4 %) est de 5 points supérieure à celle de la Métropole (9,1 %). Cette différence entre la Martinique et la France métropolitaine est liée en partie à la forte proportion d enfants prématurés. Un moins bon suivi de la grossesse en Martinique se confirme par une proportion de femmes ayant eu moins de 3 échographies deux fois supérieure (4,9 %) à celle de Métropole (2,6 %). Cependant, on constate des chiffres très proches concernant la préparation à la naissance avec un nombre moyen de visites de 8,6 pour la Martinique contre 8,9 pour la France métropolitaine. La préparation à l accouchement concerne 60,3 % des primipares en Martinique contre 66,6 % en métropole. On constate aussi une forte proportion de femmes hospitalisées pendant la grossesse en Martinique : 36,6 %, soit deux fois plus qu en France métropolitaine (18,6 %). Tableau 5 - Surveillance et hospitalisations prénatales. Comparaison Martinique et France métropolitaine. Enquête périnatale 2003 Martinique Métropole p Déclaration de grossesse tardive 15,2 4,9 S** Moins de 7 visites prénatales 14,4 9,1 S** Moins de 3 échographies 4,9 2,6 S** Préparation à la naissance des primipares 60,3 66,6 S* Hospitalisation pendant la grossesse 36,2 18,6 S** S* : P 0,05, S** : P 0,001

ACCOUCHEMENT ET NOUVEAU-NÉS Hormis pour la fréquence de la péridurale (37,2 % en Martinique contre 62,6 % en Métropole), les indicateurs relatifs à l accouchement sont proches entre les deux territoires. En effet, 24,1 % des accouchements sont déclenchés en Martinique contre 19,7 % entre France métropolitaine. La différence est à peu près du même ordre si on considère la proportion d accouchement par césarienne : 17,4 % en Martinique contre 20,2 % en Métropole. Tableau 6 - Modalités de l accouchement. Comparaison Martinique et France métropolitaine. Enquête périnatale 2003 Martinique Métropole Déclenchement 24,1 19,7 Césarienne 17,4 20,2 Péridurales 37,2 62,6 Comme on l a déjà vu, la prématurité touche plus d une naissance sur 10 en Martinique. En 2003, l écart avec la Métropole était de l ordre de 5 points que l on considère l ensemble des enfants nés à moins de 37 semaines d aménorrhée (12,0 % pour la Martinique contre 7,2 % en Métropole) ou uniquement les naissances vivantes (11,5 % en Martinique contre 6,3 % en Métropole). Tableau 7 - La prématurité. Comparaison Martinique et France métropolitaine. Enquête périnatale 2003 Martinique Métropole Moins de 37 SA 12,0 7,2 Moins de 33 SA 3,0 2,0 Moins de 28 SA 1,0 0,9 Si on s intéresse aux nouveau-nés de petits poids, en Martinique 13,7 % ont un poids inférieur à 2500 grammes (dont 1,9 % inférieur à 1500 g) contre 8,0 % (dont 1,5 % inférieur à 1500 g) en France métropolitaine. Tableau 8 - Les nouveau-nés de petits poids. Comparaison Martinique et France métropolitaine. Enquête périnatale 2003 Martinique Métropole Moins de 2500 g 13,7 8,0 Moins de 1500 g 1,9 1,5 Si on considère l alimentation des bébés à la maternité, la proportion d enfants nourris au sein totalement ou en partie est largement supérieure en Martinique (88,4 % contre 62,6 % en Métropole). Cependant on constate que l allaitement exclusif est plus pratiqué dans l hexagone. Tableau 9 - Alimentation des nouveau-nés. Comparaison Martinique et France métropolitaine. Enquête périnatale 2003 Martinique Métropole Sein uniquement 50,3 56,5 Biberon uniquement Alimentation mixte 11,6 37,4 38,1 6,1 7 Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le rapport complet : «Enquête périnatale Martinique, situation en 2003 et évolution depuis 1998».

SYNTHESE On constate des évolutions depuis la dernière enquête de 1998. Voici les plus marquantes : La situation socio-démographique des femmes et leur comportement évoluent et peuvent avoir un impact pour la prévention et l issue de la grossesse. L élévation du niveau d études et l augmentation du taux d activité des femmes sont des points positifs. Par contre le décalage des naissances vers un âge maternel plus élevé et la forte proportion de grossesses précoces sont des facteurs défavorables. La surveillance prénatale s est accrue : les proportions de femmes ayant eu un nombre de consultations prénatales supérieur à 7 et d échographies supérieur à 3 ont augmenté. Cependant cette évolution s est accompagnée d une légère augmentation des hospitalisations prénatales. Les taux de couverture des examens de dépistage du VIH mais surtout du risque de trisomie 21 montrent une meilleure application des recommandations ou de la réglementation. Un autre point positif est la diminution de la proportion de femmes n ayant pas eu de consultations avec l équipe responsable de l accouchement. On peut également noter la stabilité de la préparation à l accouchement chez les primipares. Les conditions d accouchement ont évolué : la prise en charge de la douleur s est améliorée puisque au total, une femme sur deux a accouché avec une péridurale ou une rachianesthésie. Le taux de césarienne est stable entre les deux enquêtes. L augmentation des proportions de prématurés et d enfants de poids inférieurs à 2500 grammes sont des points négatifs. 8 L enquête 2003 a été l occasion de traiter de nouveaux thèmes et de connaître certains aspects de la prise en charge médicale comme les personnes consultées pendant la grossesse. De nouvelles questions ont concerné également la durée de conception. Il existe des disparités importantes entre la Martinique et la France métropolitaine qui sont pour la plupart défavorables au département d outre-mer. Elles concernent surtout la situation sociodémographique des femmes, leurs ressources, la surveillance prénatale, l hospitalisation pendant la grossesse, la prématurité et l hypotrophie. Concernant les facteurs favorables à la Martinique, l allaitement à la maternité y est largement plus pratiqué qu en France métropolitaine. On note également que dans cette région française les femmes disent ne pas avoir de souci pour trouver une maternité. Coordination de l enquête Dr Arlette Branchet-Dunoyer, Médecin chef de la PMI, Conseil Général de la Martinique Dr Sylvie Merle, Directrice de l observatoire régional de la santé de la Martinique Bibliographie 1. Karyne PIERRE-LOUIS, Enquête périnatale Martinique 2003 : situation en 2003 et évolution par rapport à 1998, OSM, Décembre 2005 2. Béatrice BLONDEL, Karine SUPERNANT, Christiane de MAZAUBRUN, Gérard BREART, Enquête nationale périnatale 2003 - Situation en 2003 et évolution depuis 1998, INSERM U 149, Février 2005. 3. Annick VILAIN, Christine de PERETTI, Jean-Baptiste HERBERT, Enquête nationale périnatale 2003 compléments de cadrage : les disparités sociales en matière de santé périnatale et apports des autres sources, INSERM U 149, Février 2005. 4. Enquête nationale périnatale 1998. 5. Patrick MONEUSE, Pierre BAZELY, Enquête périnatalité 1998 : les comportements spécifiques des Antilles- Guyane- rapport de stage, SESAG, Août 2000. Rédaction Karyne PIERRE-LOUIS Observatoire de la Santé de la Martinique Centre d affaires Agora Avenue de l étang Zabricot 97200 Fort-de-France Tél. : 05 96 61 04 82 Fax : 05 96 61 28 20 - Email : ors.martiniq@wanadoo.fr Directeur de Publication : Alex Bottius ISSN : 1146-0830