SECURITE ET PROTECTION INCENDIE



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Transcription:

SECURITE ET PROTECTION INCENDIE ETUDE DE CAS : Centre commercial «Le Mesnil» BURGHOLZER Julien GIRARDIN François MOREL Bruno SOULA Julien Page 1 sur 19 Mars 2004

SOMMAIRE 1. DÉTERMINATION DU CLASSEMENT DE L ÉTABLISSEMENT ET CALCUL DE L EFFECTIF GLOBAL... 3 1.1. CALCUL DE L EFFECTIF GLOBAL... 3 1.2. CLASSEMENT DE L ÉTABLISSEMENT... 4 2. CONDITIONS DE DESSERTE ET D ACCESSIBILITÉ... 5 2.1. GÉNÉRALITÉS... 5 2.2. CONCEPTION DE LA DISTRIBUTION INTÉRIEURE DES BÂTIMENTS... 5 2.3. DESSERTE DU BÂTIMENT... 5 3. CONDITIONS D ISOLEMENT VIS-À-VIS DES ÉTABLISSEMENTS TIERS... 7 4. EXIGENCES EN MATIÈRE DE RÉSISTANCE AU FEU DES STRUCTURES... 8 4.1. RÉSISTANCE AU FEU DES STRUCTURES PORTEUSES... 8 4.2. RÉSISTANCE AU FEU DES STRUCTURES VERTICALES NON PORTEUSES... 8 5. VÉRIFICATION DES DÉGAGEMENTS... 10 5.1. VÉRIFICATION DU SOUS-SOL AVEC PARKING... 10 5.2. VÉRIFICATION DU 2 ÈME ÉTAGE... 10 5.3. VÉRIFICATION DU 1 ER ÉTAGE... 11 5.4. VÉRIFICATION DU REZ-DE-CHAUSSÉE... 12 5.3. VÉRIFICATION GLOBALE... 12 6. ETUDE DU DÉSENFUMAGE... 13 6.1 DÉTERMINATION DES LOCAUX À DÉSENFUMER.... 13 6.2 PRINCIPE DE DÉSENFUMAGE DU HALL... 14 6.3 PRINCIPE DE DÉSENFUMAGE DU RESTAURANT... 14 7. DÉTERMINATION DES LOCAUX À RISQUES PARTICULIERS ET VÉRIFICATION DE LEURS CONDITIONS D ISOLEMENT... 15 8. DÉTERMINATION DES MOYENS DE SECOURS À PRÉVOIR... 17 8.1. SERVICE DE SÉCURITÉ INCENDIE... 17 8.2. SYSTÈME DE SÉCURITÉ INCENDIE (SSI)... 17 8.3. SYSTÈME D ALARME... 17 8.4. SYSTÈME D ALERTE... 17 8.5. MESURES POUR FACILITER L ACCÈS DES SAPEURS-POMPIERS... 18 8.6. MOYENS D EXTINCTION... 18 9. PROPOSITIONS D AMÉLIORATION ÉVENTUELLES... 19 Page 2 sur 19

La présente étude concerne le projet de construction d un centre commercial, envisagé sur un terrain de 8000 m², situé en banlieue d une grande ville. Selon l article GN1 de la réglementation incendie, on peut considérer cet établissement de type M. (Toutefois, le projet comporte également une cafétéria et un restaurant qui sont, eux, de type N) 1. Détermination du classement de l établissement et calcul de l effectif global On s assure au préalable que le centre commercial n est pas de 5 ème catégorie. (L effectif total calculé ci-après est, en effet, supérieur à 200 personnes). On peut donc, pour la partie commerces, appliquer les articles du chapitre II de la réglementation, relatifs aux établissements de type M. La même vérification est faite pour la partie restaurant, de type N. 1.1. Calcul de l effectif global L article M2 nous permet de calculer les effectifs théoriques susceptibles d être admis dans le centre commercial. L article N2 nous permet de calculer les effectifs théoriques susceptibles d être admis dans le restaurant et la cafétéria. On fait les hypothèses suivantes : le restaurant est considéré comme une zone de restauration assise. La cafétéria est considérée comme une zone de restauration debout. Magasin Surface Effectif théorique (en m²) Ss-sol Bazar 710 237 Rez-de-chaussée 1er étage Pharmacie 170 29 Parfumerie 240 40 Meubles 320 36 Librairie 86 15 Tissus 86 15 Journaux 26 5 Articles Sports 130 22 Photos 55 10 Le mail 525 105 Libre-service Alimentaire 540 360 Total 2178 637 Chaussures 230 39 Vannerie 42 7 Vêtements 38 7 Vêtements 240 40 Bijouterie 115 20 Page 3 sur 19

Grand Magasin 720 240 Mezzanine 350 70 Cafétéria 115 230 restaurants 300 300 Total 2150 953 2ème étage Magasin 900 150 Finalement, l effectif global théorique obtenu est de 1977 personnes. 1.2. Classement de l établissement Selon l article R 123-19, l établissement étudié ici, dépassant les 1500 personnes de capacité, est classé en 1ère catégorie. Page 4 sur 19

2. Conditions de desserte et d accessibilité On se réfère ici au chapitre II, section I : conception et desserte des bâtiments. L article M3, spécifique aux centres commerciaux, nous précise que, dans ce chapitre, les articles CO5, CO15 et CO25 ne sont pas applicables. 2.1. Généralités On se réfère ici à l article CO1, paragraphe 1 : Les établissements doivent être conçus et desservis de manière qu ils permettent en cas de sinistre : - l évacuation du public - l intervention des secours - la limitation de la propagation de l incendie. 2.2. Conception de la distribution intérieure des bâtiments La distribution intérieure du bâtiment est réalisée ici par un cloisonnement traditionnel. D après le paragraphe 2 de l article CO2, ce cloisonnement doit être conforme aux articles CO24, CO28, CO52 et CO53. Ces points seront abordés dans la suite de l étude : - la conformité à l article CO24 (caractéristiques des parois verticales et des portes) est vérifiée dans la partie 4. - la conformité à l article CO28 (locaux à risques particuliers) est vérifiée dans la partie 7. - la conformité aux articles CO52 et CO53 (escaliers, ascenseurs) est vérifiée dans la partie 5. 2.3. Desserte du bâtiment Comme mentionné ci-dessus, la distribution intérieure est réalisée par cloisonnement traditionnel. Le plancher bas du dernier niveau accessible au public est à 9,6 mètres au-dessus du sol. Selon le paragraphe 3 de l article CO1, le bâtiment doit donc être desservi par des voies échelles conformes à l article CO2. Avant de préciser quelles sont les voies échelles que l on utilisera et quelles en seront ses caractéristiques, on s intéresse au préalable à l accessibilité des façades (article CO3 et CO4). Article CO3 - Façade et baie accessibles Par définition, la façade accessible est une façade permettant aux services de secours d'intervenir à tous les niveaux recevant du public. Dans le cas présent et d après ce qui précède, la desserte se fait par une voie échelle. La façade accessible comporte au moins une sortie normale au niveau d'accès du bâtiment et des baies accessibles à chacun de ses niveaux. Page 5 sur 19

Ces baies accessibles doivent répondre aux caractéristiques énumérées dans le paragraphe 3 de l article CO3. Toutefois, les plans fournis ne nous permettent pas de vérifier ces propriétés. Article CO4 - Nombre de façades accessibles D après la partie précédente, le centre commercial étudié ici est un établissement de 1 re catégorie recevant 1977 personnes (soit entre 1500 et 2500 personnes). Dès lors, deux façades accessibles au minimum sont exigées, chacune desservie par des voies échelles décrites dans la suite.. Article CO2 Voie utilisable par les engins de secours On s intéresse au paragraphe 2 de cet article, relatif aux voies-échelles. La section de voie utilisable pour la mise en station des échelles aériennes (en abrégé «voie-échelle») se définit comme la partie de voie utilisable par les engins de secours. Ses caractéristiques sont similaires à celles d une voie-engin (paragraphe 1 du même article), aux modifications suivantes près : - La longueur minimale est de 10 mètres ; - La largeur libre minimale de la chaussée est portée à 4 mètres ; - La pente maximale est ramenée à 10 % ; - La résistance au poinçonnement est de 100 kn sur une surface circulaire de 0,20 mètre de diamètre ; - La disposition par rapport à la façade desservie permet aux échelles aériennes d atteindre un point d accès (balcons, coursives, etc...) à partir duquel les sapeurs-pompiers doivent pouvoir atteindre toutes les baies accessibles, la distance maximale entre deux points d accès ne devant jamais excéder 20 mètres. - Si cette section de voie n'est pas sur la voie publique, elle doit lui être raccordée par une voie utilisable par les engins de secours. Dans le cas présent, le centre commercial présente deux façades opposées donnant l une sur la rue du Mesnil et l autre sur la rue de Paris. Les deux autres façades sont bordées respectivement par un chemin piétonnier et une rampe de livraisons. Compte tenu de cet environnement, on choisit alors, comme façades accessibles, les façades donnant sur les rues du Mesnil et de Paris : - La rue du Mesnil possède toutes les caractéristiques pour être une voie-échelle. - La rue de Paris est plus problématique. Elle est en effet coupée de bâtiment par la présence du jardin. Pour contourner cette difficulté, on peut envisager la réalisation, devant cette façade, d une section en impasse vérifiant les prescriptions du paragraphe 2 (largeur minimale de 10 mètres avec une chaussée libre de stationnement de 7 mètres au moins), qui étendrait le chemin piéton actuel. Les espaces libres n étant pas utilisées comme des accès de secours au bâtiment, ceux-ci ne nécessitent pas d aménagement particulier. Enfin, conformément au paragraphe 4 de ce même article, on disposera sur ces deux voies des panneaux de signalisation visibles en toutes circonstances et indiquant le tonnage limite autorisé sur ces dernières. Page 6 sur 19

3. Conditions d isolement vis-à-vis des établissements tiers On se réfère ici au chapitre II, section II (articles CO6 à CO10) relatif à l isolement par rapport aux tiers. L établissement tiers voisin du centre commercial est l immeuble de bureaux enjambant le centre commercial et situé côté rue du Mesnil. Le centre commercial et l immeuble de bureaux n étant pas liés, on respectera les prescriptions du paragraphe 2 de l article CO7. Par ailleurs, selon l article M4, le centre commercial est considéré ici comme à risques particuliers. L immeuble de bureaux est quant à lui à risques courants. La terrasse du centre commercial est constitué d un complexe multi-couche sur isolant thermique et protégé des UV par une couche de sable et gravier. Il faudrait vérifier que les matériaux utilisés répondent aux exigences (en termes de degré CF notamment) des articles précédemment cités... Page 7 sur 19

4. Exigences en matière de résistance au feu des structures On se réfère ici à la section III (Résistance au feu des structures), articles CO11 à CO15. Le paragraphe 2 de l article CO11 précise que : Les structures du bâtiment abritant un ERP doivent présenter des qualités de résistance au feu afin de préserver la stabilité de l édifice et de s opposer à une propagation rapide du feu en cas d incendie pendant le temps nécessaire à l alarme et à l évacuation des occupants de l établissement [...] On examine ici successivement : - la résistance au feu des structures porteuses - la résistance au feu des structures non porteuses. 4.1. Résistance au feu des structures porteuses On se réfère ici à l article CO12. Notre ERP présente les caractéristiques suivantes : - Le centre commercial occupe entièrement le bâtiment. - Le plancher bas du niveau le plus haut (R+2) est situé à 9,6 m - Il est classé en 1 ère catégorie. La résistance au feu exigée est alors la suivante : Résistance au feu : Exigée Réelle structure SF 1h ½? plancher CF 1h ½? Remarque : D après les documents fournis, on sait que l ensemble est réalisé de façon traditionnelle avec ossature béton armé en sous-sol et rez-de-chaussée, pour poutres, poteaux et planchers dalle, et ossature métallique pour les 1 er et 2 ème étage qui recevra également un plancher dalle béton. Toutefois, il nous manque des éléments pour apprécier la résistance au feu de ces matériaux. 4.2. Résistance au feu des structures verticales non porteuses On s intéresse ici aux parois verticales. L article M7 nous précise les éléments suivants : - la surface totale des étages étant supérieure à 300m², les parois entre les différentes exploitations doivent être en matériaux incombustibles et doivent avoir le même degré de stabilité au feu que la structure, soit ici 1h ½.. Dans le cas présent, il faut donc s assurer que les cloisons sèches qui composent toutes les distributions possèdent bien ce degré de stabilité et que le revêtement mural décoratif qui est installé sur ces parois ne réduise pas ce degré préconisé. Page 8 sur 19

- En vertu du paragraphe 3, aucune résistance au feu n est exigible pour les parois séparant les exploitations du mail. Concernant les huisseries métalliques, le paragraphe 1b de l article CO24 nous informe qu elles doivent être PF de degré ½ heure. Dans la partie précédente, on s est déjà assuré de la résistance au feu de la toiture (vis à vis de l immeuble de bureaux). Ainsi, celle-ci respecte également les prescriptions de l article CO17. Page 9 sur 19

5. Vérification des dégagements Pour cette partie, on se reporte aux articles suivants de la réglementation : CO 34 à CO56 et M8 à M14. On vérifie les dégagements niveau par niveau, en terminant par le rez-de-chaussée. 5.1. Vérification du sous-sol avec parking Le parking Il comprend trois étages, de 45 places chacun. Trois escaliers conduisent du parking vers l extérieur. On vérifie alors que tout point du parking est à moins de 40m d un de ces trois dégagements. Le magasin Ce magasin est considéré en sous-sol. D après l article CO39, l effectif pour le dégagement est alors de : 237 => 300 (arrondi à la centaine supérieure) que l on multiplie par 1,3 (on est à 5m de profondeur), soit 390 personnes. Effectif Magasin Dégagements théorique Ss-sol Bazar 237 Exigés Réels Effectif dégagement 390 2D + 5UP 3D + 6UP Précisions : - La porte du sas permettant d accéder à l escalier à une largeur de 1,2m. Pour pouvoir la considérer comme un dégagement de 2UP, il faut passer sa largeur à 1,4m (CO36 2). - Conformément au CO36 4 et au M12 5, l escalier mécanique qui a une largeur entre limons de 0,6m est considéré comme un dégagement de 1UP. - D après M11 1B, comme on a au moins deux dégagements, la distance de tout point du local à un dégagement doit être inférieur à 40m : c est vérifié ici. 5.2. Vérification du 2 ème étage On suit la même démarche de vérification : Magasin Effectif théorique Dégagements Exigés Réels 2ème étage Magasin 150 2D + 3UP 3D + 5UP Page 10 sur 19

5.3. Vérification du 1 er étage Magasin Effectif théorique Dégagements Exigés Réels 1er étage Chaussures 39 2D+ 1UP 2D + 6UP Vannerie 7 1D + 1 UP 2D + 2 UP Vêtements 7 1D + 1 UP 2D + 2 UP Vêtements 40 2D+ 1UP 2D + 3UP Bijouterie 20 2D+ 1UP 1D + 3UP Grand Magasin 240+150 (2ème étage) 2D + 5UP 3D + 5UP Mezzanine 70 voir ci-dessous 2D + 4UP Cafétéria + Restaurant 230 + 300 3D + 7UP 2D + 12UP Total 1064 4D + 12UP 6D + 14UP Pour l ensemble des exploitations, l article M11 est vérifié. On vérifie également que tout magasin en cul-de-sac n a pas de sorties à plus de 10m (CO35 4). Précisions : - Remarquons que, pour le niveau entier, le nombre de dégagements et d unités de passage est largement suffisant. - D après l article CO38, le grand magasin étant à plusieurs niveaux, l effectif du niveau supérieur est reporté sur le niveau inférieur. Pour éviter l engorgement de la mezzanine, on décide que les accès donnant sur celle-ci ne soient pas considérés comme des dégagements normaux. On utilisera donc que les dégagements internes au magasin, c est-à-dire les deux escaliers et l escalier mécanique. - D après M11 3, l effectif de la mezzanine à considérer est son effectif propre, augmenté des effectifs des locaux dont l évacuation est prévue par cette dernière. Ici, à l exception du grand magasin, tous les effectifs des autres exploitations sont reportés sur celui du mail, soit 674, ce qui correspond à 3D + 8UP. Avec les escaliers desservant la mezzanine, on n a que 2D + 6UP ce qui est insuffisant. Aussi, en admettant que la circulation entre les deux portes menant de la mezzanine à la terrasse en passant par la cafétéria est une circulation horizontale, on propose de considérer l escalier de secours de la terrasse comme un dégagement de la mezzanine. Conformément à l article M13, on vérifie bien que cette circulation a une largeur supérieure à 0,90m. Cela implique que ni le restaurant, ni la cafétéria ne devront occuper cette zone. - Dans l état actuel des choses, si l on considère le restaurant et la cafétéria comme étant un même local, il manque un dégagement. On peut toutefois créer un dégagement de secours depuis le restaurant donnant sur la terrasse. En considérant restaurant et cafétéria pris séparément, le nombre de dégagements réels est alors conforme. Page 11 sur 19

5.4. Vérification du rez-de-chaussée Magasin Effectif théorique Dégagements Exigés Réels Rez-de-chaussée Pharmacie 29 2D+ 1UP 2D + 10UP Parfumerie 40 2D+ 1UP 2D + 10UP Meubles 36 2D+ 1UP 2D + 3UP Librairie 15 1D + 1UP 2D + 4UP Tissus 15 1D + 1UP 2D + 4UP Journaux 5 1D + 1UP 1D + 1UP Articles Sports 22 2D+ 1UP 2D + 4UP Photos 10 1D+ 1UP 1D + 2UP Le mail 105+ report des étages sup.? 2D + 12UP Libre-service alimentaire 360+390 3D + 9UP 2D + 18UP Comme pour les précédents niveaux, on vérifie l article M11 et CO35 4. Deux problèmes majeurs se posent : - Le nombre de dégagements pour le grand magasin est insuffisant. Il faut donc prévoir un dégagement supplémentaire donnant sur l extérieur et se situant à plus de 5m du dégagement existant (CO43 3). - Pour l effectif du mail, il est difficile de savoir quel part de l effectif sortira des locaux par le mail quand ces locaux comprennent également un dégagement sur l extérieur. Cependant, si l on reporte l effectif de tous les niveaux, le nombre de dégagements apparaît insuffisant. Un dégagement de secours donnant sur le chemin piétonnier pourrait alors être envisagé. Remarque : La vérification globale pour le rez-de-chaussée revient ici à faire la vérification globale de l établissement. 5.3. Vérification globale Globalement, l établissement a un effectif théorique de 2130 personnes, ce qui correspond à 6D et 23 UP. Dans le cas présent, les dégagements existants sont : 6D + 28UP. Ils sont donc en nombre suffisant. Précisons toutefois que, en application de l article CO42 et M14, le balisage des issues de secours doit être visible et bien disposé. Concernant les escaliers et les ascenseurs : Sachant que l établissement a trois étages, l article M12 2 nous précise que les escaliers ne nécessitent pas de protection. Par contre, en vertu de l article CO52, tous les ascenseurs doivent être encloisonnés selon des dispositions décrites dans l article CO53. Page 12 sur 19

6. Etude du désenfumage L objectif premier du désenfumage est d extraire une partie des fumées et gaz de combustion des locaux incendiés afin : D une part, rendre praticables les chemins utilisés pour l évacuation du public et l intervention des secours ; D autre part, limiter la propagation de l incendie en évacuant vers l extérieur chaleur, gaz et imbrûlés. 6.1 Détermination des locaux à désenfumer. Les locaux à désenfumer sont déterminés grâce aux articles M18, M19 et M54. Ainsi, l article M18 stipule que «les locaux de vente supérieurs à 100 m² situés en sous sol, ainsi que les locaux de ventes d une superficie supérieure à 300 m² situés en rez de chaussée ou en étage doivent être désenfumé dans les conditions prévues au chapitre IV du titre I er du présent livre. Aucun désenfumage n est exigé dans les autres locaux de ventes.» Donc, les locaux à désenfumer sont : au sous-sol : le bazar au rez de chaussée : le magasin de meubles et le libre-service alimentaire au premier étage : le Grand Magasin et le Restaurant au deuxième étage : le magasin. le mail et la mezzanine (d après le 3 de l article M18). il n est pas nécessaire de désenfumer les escaliers puisqu ils ne sont pas encloisonnés (d après le 2 de l article M18) Par ailleurs, l article M19 nous précise que les étages du Grand Magasin doivent être désenfumés séparément. De plus, l article M54 nous indique que les réserves d un volume supérieur à 1000 m 3 doivent être désenfumées. Or la hauteur sous plafond étant globalement de 4,80 m, cela correspond à des réserves dont la surface est supérieure à 200m². Enfin, les exigences en matière de désenfumage pour le cas particulier des grandes cuisines ouvertes sur un local accessible aux public (ce qui est effectivement le cas ici puisqu on est en libre-service) sont dictées par l article GC15 : - La cuisine doit être séparée des locaux accessibles au public par un écran de cantonnement ( 2 de l article GC15) - Les locaux où sont installés des appareils de cuisson doivent comporter des dispositifs d'extraction mécanique des buées et vapeurs et, en cas d'incendie, des fumées et des flammes. Ces dispositifs doivent être en matériaux incombustibles et présenter les caractéristiques d'une installation de désenfumage. ( 4 de l article GC15) - L'espace réservé à la cuisine doit être en permanence maintenu en dépression par rapport à la salle. ( 4 de l article GC15) Le calcul complet du désenfumage est ensuite traité pour deux cas particuliers : celui du hall et celui du restaurant. Page 13 sur 19

6.2 Principe de désenfumage du hall Nous avons choisis de désenfumer l espace du hall au moyen d une solution dite de désenfumage naturel tel qu elle est décrite dans le paragraphe 2 de l article M19. Pour le calcul, outre les indications fournies dans l article M19, nous utiliserons les points suivants de l Instruction Technique (I.T.) n 246 : Les points 3.1 à 3.6, relatifs au désenfumage naturel. Le point 6.2, relatif au désenfumage naturel des locaux accessibles au public. Rappelons brièvement les caractéristiques géométriques retenues pour l espace étudié : la surface du hall est d environ 1600m². la hauteur sous plafond moyenne notée H est d environ 9,6 m. la hauteur de fumée sera celle qui sera tolérée au dernier niveau, soit 1,80 m. la hauteur de la zone libre de fumée H sera par conséquent de 7,80 m environ. Le principe est que les surfaces prises en compte pour l évacuation des fumées doivent se situer dans la zone enfumée et celles pour les amenées d air, dans la zone libre de fumée. Le calcul des évacuations de fumées s effectue avec l annexe 1 de l I.T. n 246 car notre local a une surface supérieure à 1000 m². Par ailleurs, notre établissement est de classe 3. Pour les valeurs de H et H données, on trouve par interpolation linéaire un taux α de l ordre de 1,80% soit une surface d extraction de 28,80m². On peut noter que l extraction se trouve au niveau de la toiture, donc aucune correction n est à apporter à cette surface. De plus, le désenfumage s effectue par la fenêtre qui surplombe la trémie dont la surface est de 29,16m², ce qui est tout juste suffisant. La surface géométrique totale des amenées d air doit être réglementairement au moins égale à celle des évacuations de fumée, soit 28,80m². Ces amenées d air peuvent être réalisées par les portes des locaux à désenfumer donnant sur l extérieur. C est effectivement la solution qui semble la plus intéressante car la plus facile à mettre en œuvre. Le mail possède 2 ouvertures sur l extérieur, qui suffisent à assurer les entrées d air (chacune a une surface de l ordre de 15 m²). 6.3 Principe de désenfumage du restaurant Dans ce cas-ci le désenfumage s effectuera au moyen d une solution dite de désenfumage mécanique. Nous nous référerons donc aux points suivants de l I.T. n 246 : Les points 4.1 à 4.6, relatifs au désenfumage mécanique. Le point 6.3, relatif au désenfumage mécanique des locaux. Ainsi, le désenfumage est assuré par des extractions mécaniques de fumée reliées à un ventilateur d extraction et des amenées d air mécaniques. On ne compte ici qu un seul canton. D après l article 6.3 de l I.T. n 246, le restaurant ayant une surface inférieure à 320 m² l extraction sera réalisée par une seule bouche dont le débit est de 3m 3 /s. De plus, les bouches d amenée d air mécanique doivent avoir un débit de l ordre de 0,6 fois le débit extrait (d après le 4.6.1 de l I.T. n 246), soit ici 1,8m 3 /s. Page 14 sur 19

7. Détermination des locaux à risques particuliers et vérification de leurs conditions d isolement Les dispositions particulières des articles M46 et M47 amènent à classer les locaux non accessibles au public en locaux à risques courants et locaux à risques particuliers. Dans cette partie nous ne traiterons pas des locaux à risques courants qui sont, en vertu de l'article M46, des locaux administratifs ou sociaux et certains locaux de services comme par exemple : direction, secrétariat Ces derniers sont en effet soumis aux dispositions normales des articles CO 23 à CO 26. On a donc : Locaux à risques importants Locaux classés à risques moyens Locaux classés à risques importants Cuisines Archives Chaufferie Locaux EDF Réserves et chambres froides Les locaux à risques particuliers sont : Au sous sol : les locaux à risques particuliers y sont assez nombreux : le local contenant la réserve de fuel et le groupe électrogène le local électrique EDF, chaufferie, gaz et climatisation. Ces deux types de locaux à risques sont éloignés du magasin en lui-même et isolés par des planchers CF 2H. Le local EDF est isolé de la chaufferie et des réserves par des murs de béton CF 2H. les réserves du sous-sol ont un volume tout juste inférieur à 1500 m 3 (3 x 378m²) ( 2 de l article M42). La porte de communication avec le magasin (autorisée d'après le paragraphe 1 de l article M49) doit être CF 1H et à fermeture automatique. Au rez-de-chaussée : on note la présence d'une réserve et de deux chambres froides dans la partie libre service alimentation. A partir du paragraphe 2 de l'article M 49 sur les réserves, on vérifie que cette dernière a un volume inférieur à 1500m 3 (3 x 70m²). Les portes donnant sur l'espace préparationboucherie doivent être CF 1H, et à fermeture automatique. Sur les plans, on observe que les murs verticaux sont en béton dont l épaisseur est d au moins 18 cm, donc bien CF 2H. Au premier étage : on y trouve comme locaux à risques importants et moyens: un local technique (risque important) sans communication avec les locaux de ventes. Ce dernier possède bien les murs latéraux CF 2H (béton 18 cm) une cuisine (risque moyen) qui doit respecter les articles GC2 à GC11 et particulièrement GC8 (puisque le combustible utilisé est le gaz). Pour ce qui est de l'isolement de la cuisine, classé à risque moyen (CO28), on vérifie que les parois verticales et planchers sont CF1H et que les portes vers les espaces de livraisons et le restaurant sont munies de portes CF 1/2H. La réserve d'approche est assimilée aux risques des locaux de vente et ne constitue pas un local à risques particuliers. Toutefois, on peut utiliser l'article M16 pour s assurer qu elle vérifie les dispositions nécessaires. Page 15 sur 19

Au deuxième étage : dans toute cette partie, on s est assuré du respect des articles CO28 et CO29, conformément au 2.1 de cette étude qui a permis de considérer la distribution intérieure réalisée en cloisonnement traditionnel. Page 16 sur 19

8. Détermination des moyens de secours à prévoir Dans cette partie, on se réfère aux dispositions particulières relatives au type d établissement concerné (type M en l occurrence). Les moyens de secours peuvent englober : - un service de sécurité incendie - un système de sécurité incendie (S.S.I.) pouvant comprendre un système de détection automatique d'incendie - un système d'alarme - un système d'alerte - des dispositions visant à faciliter l'action des sapeurs-pompiers - des moyens d'extinction 8.1. Service de sécurité incendie On se réfère ici à l'article M29. Le centre commercial présente ici un effectif public inférieur à 4000 personnes et supérieur à 300 personnes. On applique donc le paragraphe 4 : Il n'est pas exigé de service sécurité incendie spécifique. Toutefois, les employés des différents commerces devront être instruits sur la conduite à tenir en cas d'incendie. 8.2. Système de sécurité incendie (SSI) L'établissement étant de 1ère catégorie, un système de sécurité incendie de catégorie B est exigé. Il doit être constitué d'un centralisateur de mise en sécurité, d'un déclencheur manuel d'alarme, de dispositifs actionnés de sécurité et de trois unités: commande manuelle, signalisation et gestion de l'alarme. 8.3. Système d alarme On se réfère ici à l article M32, paragraphe 1 : L'alarme doit être de type 2a. Le paragraphe 2 du même article stipule également que des déclencheurs manuels et des diffuseurs doivent être installés dans le mail et dans les parties du magasin dont la surface accessible au public est supérieure à 300m². Le paragraphe 3 impose enfin un système de sonorisation qui permettra de diffuser l'alarme dans tous les locaux (y compris à ceux non accessibles au public) 8.4. Système d alerte Les pompiers seront joints par une ligne téléphonique directe (ou autre dispositif équivalent). Le personnel de l'établissement doit disposer de consignes précises affichées devant indiquer entre autres les modalité d'alerte des pompiers. Page 17 sur 19

8.5. Mesures pour faciliter l accès des sapeurs-pompiers On se réfère ici à la section 3 du chapitre 11, «Dispositions visant à faciliter l action des sapeurs pompiers». Article MS41 Cet article stipule qu un plan schématique, sous forme de pancarte " inaltérable ", doit être apposé à l'entrée de chaque bâtiment de l'établissement pour faciliter l'intervention des sapeurs-pompiers. Il doit représenter au minimum le sous-sol, le rez-de-chaussée, chaque étage ou l'étage courant de l'établissement. Doivent y figurer, suivant les normes en vigueur, outre les dégagements et les cloisonnements, l'emplacement : - des divers locaux techniques et autres locaux à risques particuliers - des dispositifs et commandes de sécurité; - des organes de coupure des fluides; - des organes de coupure des sources d'énergie; - des moyens d'extinction fixes et d'alarme.» Article MS42 Pour faciliter les sauvetages et l extinction, peuvent être exigés : - Des balcons, passerelles, échelles, etc., permettant d accéder aux locaux mal dégagés. - Des tours d incendie, permettant aux sapeurs pompiers d accéder directement aux niveaux d un immeuble, sans être incommodés par les flammes, la chaleur et la fumée. Les dispositions relatives à ces tours sont décrites dans l article MS43. - Des trémies, pratiquées dans les planchers pour faciliter l attaque des feux en sous-sol. Les dispositions relatives à ces trémies sont décrites dans l article MS44. Pour faciliter la confection des plans d intervention, des exploitants doivent fournir, à la demande des sapeurs pompiers, tous les plans et documents nécessaires. 8.6. Moyens d extinction On se réfère ici à l'article M26. Le centre commercial est un établissement de 1 ère catégorie dont la surface des locaux excède 3000m² (6328m²). Les moyens d extinction à prévoir sont alors : - des extincteurs à eau pulvérisée (6L minimum), à raison d'un tous les 250 m². - des extincteurs appropriés aux risques particuliers: cela dépend de la nature des marchandises stockées dans les réserves. - des RIA dont les emplacements sont déterminés tels que tout point soit atteint par deux jets de lance. - l installation fixe d'extinction automatique à eau (sprinklers). Page 18 sur 19

9. Propositions d amélioration éventuelles Les améliorations pouvant être apportées au projet concernent essentiellement : - la desserte du bâtiment - les dégagements. Elles ont été énumérées dans les parties correspondantes (partie 2 pour la desserte du bâtiment ; partie 5 pour les dégagements). Page 19 sur 19