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Un cas Le Papillomavirus (HPV) : quelle merde! 2

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Introduction : pourquoi ce livre? Je suis atteinte d un papillomavirus. Je le craignais depuis deux ans et demi, suite à un rapport à risques, et c est effectif depuis 9 mois. On me traine de clinique en clinique, de traitement en traitement, et pour l instant rien n a fonctionné. Les condylomes sont toujours plus nombreux, plus gros, plus moches, la zone qu ils couvrent s élargit à grande vitesse. Ma région génito-anale est envahie. Ça me dégoûte et j en ai terriblement honte. Ce n est déjà pas facile d avouer qu on a une IST (infection sexuellement transmissible), mais mentionner les symptômes Ils sont tellement écœurants C est juste impossible! J ai posé plein de questions aux médecins, aux infirmier(e) s, mais ils se contredisent les uns les autres. J ai cherché sur internet, mais les informations que j ai trouvées n étaient pas toutes en accord, ou ne répondaient pas à toutes mes questions, ou n étaient que partielles ou peu fiables ou trop datées. Alors j ai décidé de faire des recherches plus 2 3

approfondies, de regrouper, de trier et de synthétiser les informations que j avais acquises de sources sûres, afin d y voir plus clair. Et pour moi, grande écrivaine qui restera anonyme pour ce honteux témoignage, rien de mieux pour cela que de passer par l écrit. J ai donc d abord écrit ce petit livre pour moi, pour m y retrouver, pour mieux comprendre mon affection, ses causes, ses facteurs de risques, ses évolutions possibles. Et puis peut-être aussi pour mieux faire comprendre à ma mère et aux rares amis auxquels j ai dit que j étais affectée d un papillomavirus. Parce que j ai bien trop honte de prononcer le mot «condylomes», ou encore pire «verrues». Quand ma mère m a posé des questions pour avoir des précisions, je n ai été capable de lui répondre que : «J ai des lésions qu il faut enlever.», sans préciser quel type de lésions ni leur localisation. Je n arrive pas à en parler. Ce sera sans doute plus facile de donner un livre en disant : «Tiens, lis ça, tu comprendras.». Et enfin je me suis dit que puisque j avais écrit ça, ce serait dommage de ne pas le partager. Je l ai donc fait publier. 24

Qu est-ce que le papillomavirus humain? Le papillomavirus humain est aussi appelé HPV, pour «Human PapillomaVirus». C est un virus extrêmement contagieux (voyez le chapitre sur la transmission), et résistant, qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Il s agit d une IST (infection sexuellement transmissible) très fréquente et le plus souvent bénigne. La majorité des personnes infectées n ont aucun symptôme et guérissent de la maladie avant même de s être rendu compte qu elles l avaient : le virus est le plus souvent latent et transitoire, mais il arrive aussi qu il soit persistant et actif, très gênant, voire dangereux. Les plus jeunes sont les plus exposés à la contraction du virus, mais plus l âge augmente, plus les formes de l infection sont persistantes et sévères. Dans certains cas seulement, selon la souche du virus (HPV 6 et 11 surtout), la maladie se manifestera par des lésions visibles appelées «condylomes» sur les régions génitales et anales : anus, périnée, vulve, vagin, col de 2 5

l utérus, lèvres, gland, prépuce, méat urinaire (Voyez le chapitre correspondant). On peut traiter les condylomes, mais pas le virus, qui même après le traitement restera latent (Voyez le chapitre sur les traitements), il est donc fréquent que les lésions réapparaissent et persistent. Dans de rares cas, toujours en fonction de la souche du virus contracté (HPV 16 et 18 notamment), le HPV peut être à l origine de certains cancers, celui du col de l utérus notamment, mais également de l anus, de la gorge, du pénis etc. (Voyez le chapitre correspondant). La détection du virus sur le col se fait généralement par frottis vaginal lors d une consultation en gynécologie. Les lésions provoquées par le HPV peuvent être : Indétectables, asymptomatiques, latentes et transitoires (dans la plupart des cas.). Apparentes sur la peau à d autres endroits que sur les parties génitales : verrues plantaires, verrues palmaires, verrues cutanées Apparentes sur les parties génitales et la zone anale : condylomes contagieux et récidivants. Apparentes dans la gorge : papillomes laryngés. Détectables mais non visibles à l œil nu et précancéreuses, sur le col de l utérus, et plus rarement au niveau de l anus et du larynx. Ces lésions sont appelées Cervical Intra-epithélial-Neoplasia (CIN) et sont numérotées de 1 à 3 en fonction de la profondeur des atteintes : o CIN1 : dysplasie légère, moins du tiers inférieur de l épithélium (c est-à-dire du revêtement de la muqueuse) o CIN2 : dysplasie modérée, moins du tiers moyen de l épithélium 26