Patrimoine architectural CONSEIL GÉNÉRAL DU LOT Inventaire de l architecture médiévale du Lot SAINT- PIERRE-TOIRAC La maison dite Le Pigeonnier Étude monumentale GILLES SÉRAPHIN - MARS 2008
SAINT-PIERRE-TOIRAC MAISON DITE «LE PIGEONNIER» La maison dite «Le Pigeonnier» (Fig. 1) à Saint-Pierre-Toirac (parcelle C-812) est située hors de l ancienne enceinte villageoise. Elle est constituée aujourd hui d un corps de bâtiment principal auquel sont venus s accoler une aile en équerre au nord et une tourelle-pigeonnier hors-œuvre (Fig. 2), association qui semble correspondre à l état de l édifice au 17 e siècle. Le bâtiment primitif est un logis de plan carré de 8 m environ de côté pour des murs de 0,60 à 0,66 m d épaisseur, comportant un étage sur rez-de-chaussée. Les caractères stylistiques de ses percements, notamment de sa porte d entrée en arc brisé et de sa fenêtre nord couverte par un linteau en accolade, conduisent à en situer l édification entre le milieu du 15 e siècle et le début du 16 e siècle. Rien ne permet d exclure l hypothèse qu elle puisse toutefois être un peu plus tardive. L intérêt principal de cet édifice réside d une part dans le fait qu il a conservé presque intactes les dispositions de son étage d habitation, d autre part dans l originalité de sa distribution assurée dès l origine par un escalier extérieur logé entre deux maisons voisines. Description Le rez-de-chaussée du logis est composé d une salle unique, dont la porte d entrée, aujourd hui condamnée, ouvrait dans l angle ouest de l élévation nord (Pl. 1 : n 1). Deux fentes de jour (Pl. 1 : n 3), dont l une a disparu lors du percement d une porte de garage, devaient ouvrir l élévation sud, un placard mural étant percé dans l élévation nord. Vers le milieu de la pièce, mais non centré, un pilier de pierre de section carrée (Pl. 1 : n 4) soulageait une poutre maîtresse orientée nord sud, impliquant une batterie de solives transversales, comme c est encore le cas actuellement. Des pierres en saillie, réparties sur les élévations est et ouest devaient vraisemblablement porter des sablières sur lesquelles les solives reposaient. Surmontant la cave en rez-de-chaussée, l étage d habitation était accessible sur l élévation ouest par un escalier extérieur en pierre précédant lui-même une cuisine. L escalier, la cuisine et la tour pigeonnier qui les surmontent résultent apparemment de réaménagements modernes (17 e ou 18 e siècle?). Ils ont remplacé un perron antérieur en réutilisant un mur ayant appartenu à une maison voisine détruite. L emplacement de l ancienne venelle (Pl. 1 : n 4) - 1 -
qui séparait le logis étudié de la maison voisine montre que la parcelle originelle dépassait l emprise du volume bâti et englobait bien l espace nécessaire au perron primitif. La porte d entrée est en arc brisé chanfreiné et a conservé un vantail ancien (d origine?) constitué de larges planches contrariées et muni d une serrure en bois (Pl. 2 n 6 ; Fig. 3, 4&5). La salle unique était éclairée au sud par une croisée de modestes dimensions mais disposant d une embrasure très large (Pl. 2 n 7 ; Fig. 6). Cette fenêtre qui était simplement chanfreinée a été remaniée et dotée de feuillures pour contrevents au 19 e siècle. Une autre fenêtre, à simple ouverture mais dotée d un coussiège, ouvre sur la face sud. Couverte par un linteau en accolade (Pl. 2 n 8 ; Fig. 10), elle offre la particularité de présenter également une feuillure interne en accolade, indiquant qu un volet de fermeture chantourné devait s y adapter (Fig. 11). Une armoire murale est conservée dans l élévation est, à côté d une ample niche de souillarde rapportée au début du 19 e siècle. La porte établissant la communication avec l aile ajoutée au nord pourrait avoir réaménagée à l emplacement d anciennes latrines. La cheminée occupe la totalité du panneau septentrional. Son manteau, en charpente, est constitué d une imposante poutre traversante (Pl. 2 n 9 ; Fig. 7) dont la section apparaît sur l élévation extérieure (Fig. 9) où elle est protégée par une pierre plate en débord. Deux madriers latéraux, assemblés dans la poutre principale, définissent le manteau. Leurs arêtes intérieures sont adoucies par des chanfreins arrêtés par des congés en coup de plane. Les piédroits qui délimitent l âtre actuel sont des apports modernes. Le plafond à simple solivage, ne paraît pas être d origine. Le comble est couvert par une charpente à fermes (Fig. 12), chaque ferme étant composée d un entrait formant solive et de deux arbalétriers croisés. Le conduit de la cheminée a été déposé. - 2 -
Figures Fig. 1 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «Le pigeonnier» : élévation nord et «bolet» surmonté d un pigeonnier. Fig. 2 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «Le pigeonnier» : élévation sud. Au pied du pigeonnier, ouverture de l ancienne venelle séparative. - 3 -
Fig. 3 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : porte d entrée de l étage, couverte en arc brisé. Fig. 4 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : embrasure de la porte d entrée de l étage et vantail à larges planches. Fig. 5 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : serrure de la porte d entrée de l étage. - 4 -
Fig. 6 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : ancienne croisée remaniée de l élévation sud, surmontée d un larmier. Fig. 7 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : cheminée de l étage.. Fig. 8 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : détail de l assemblage du manteau de la cheminée de l étage. - 5 -
Fig. 9 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : élévation ouest, about de la poutre constituant le manteau de cheminée. Fig. 10 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : fenêtre à linteau en accolade de l élévation nord. - 6 -
Fig. 11 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : embrasure intérieure de la fenêtre à linteau en accolade de l élévation nord. Fig. 12 Saint-Pierre-Toirac, maison dite «le pigeonnier» : charpente de toiture. - 7 -
L'étude de cet édifice a été réalisée dans le cadre d'un inventaire des maisons du Moyen Age, conduit par le Conseil général du Lot entre 2005 et 2007. Cette opération est menée en partenariat avec l'inventaire Général, s'inscrit dans le cadre d'un protocole expérimental de décentralisation du patrimoine signé en 2004 entre l'état, le Conseil régional Midi-Pyrénées et le Conseil général du Lot et bénéficie du concours de l'europe. Conseil général du Lot Service Aménagement-Tourisme-Patrimoine Tél : 05 65 23 64 00 Courriel : info@patrimoine-lot.com www.patrimoine-lot.com - 8 -
Saint-Pierre-Toirac Le Pigeonnier parcelle C-812 G. Séraphin mars 2008 Légende des plans 1 porte d entrée de la cave. Ouverture chanfreinée couverte par un linteau en bois faiblement cintré. La porte est surélevée à la fois par rapport au niveau du plancher de l étage qu elle dépasse et par rapport au niveau de la cave, ce qui suppose qu elle donnait accès à un escalier. 2 pilier de pierre porteur du plancher, édifié en plaques calcaire. 3 fente de jour 4 ancienne venelle séparative entre deux immeubles voisins 5 fente de jour chanfreinée percée dans l élévation de l ancienne maison voisine et ouvrant sur la venelle. 6 porte d entrée en arc brisé 7 ancienne croisée à encadrement chanfreiné et large embrasure couverte en arc segmentaire. 8 fenêtre à coussiège, linteau délardé en accolade et feuillure intérieure également en accolade. 9 ancienne cheminée à poutre traversante formant manteau. 10 escalier extérieur d accès.
Saint-Pierre-Toirac Le Pigeonnier parcelle C-812 niveau 0 G. Séraphin mars 2008 PLANCHE 1 3 2 1 4 N 5 0 1 2 2,5 m
Saint-Pierre-Toirac Le Pigeonnier parcelle C-812 Plan niveau 1 G. Séraphin mars 2008 A' PLANCHE 2 7 9 8 6 10 N A 0 1 2 2,5 m
Saint-Pierre-Toirac Le Pigeonnier parcelle C-812 Coupe A-A G. Séraphin mars 2008 PLANCHE 3 9 8 6 1 2 0 1 2 2,5 m