Le sondage santé comprend trois parties. Les questions concernent - le système de santé - les assureurs-maladies - les assurés Sur les 1210 personnes interrogées, 1043 personnes sont en âge de voter, soit 86,2%. Les réponses étant pratiquement semblables, une différenciation n est pas nécessaire. Les questions liées à la politique de la santé sont mises à jour chaque année. En 2008, six thèmes différents ont été choisis dont seul l assouplissement de l obligation de contracter faisait partie des questions ayant suscité le plus de discussions. Voici les questions qui ont été posées. Je ne vais pas les lire à voix haute. 1
Les questions sont déjà classées d après leur degré d acceptation. Les différentes couleurs correspondent aux pourcentages de réponses obtenues auprès des sondés qui sont certainement pour, plutôt pour, plutôt contre, certainement contre, ou qui n ont pas donné de réponse. Nous nous sommes contentés ici de comparer les valeurs moyennes. Etant donné qu il existe au départ quatre catégories de réponse, la possibilité qu une proposition puisse rallier la majorité ne peut être évaluée que de manière approximative. La zone grise devrait se situer entre 2,4 et 2,8. Il est difficile d évaluer les résultats d une éventuelle votation sur l assouplissement de contracter. Le système de bonus-malus a recueilli le plus de suffrages, la valeur moyenne en Suisse romande s élève toutefois à seulement 2,55 ; les discussions controversées menées de l année dernière sur le sujet peuvent expliquer ce résultat. Comme pour les autres thèmes, nous avions déjà précédemment sondé l approbation par rapport aux différents systèmes proposés dans l assurance de base. On obtenait un résultat confus puisque des modèles qui s excluaient réciproquement récoltaient le même nombre de suffrages positifs, soit une même majorité en faveur des primes par tête et en faveur de primes fixées en fonction du revenu. C est pourquoi, nous avons regroupé les modèles dans une même question. Nous voulions comparer le système actuel avec - une prime dépendante du revenu et payée par l intermédiaire d une déduction faite sur le salaire, - une prime fixée en fonction de la fortune ou - une assurance de base financée par l Etat comme cela est pratiquée dans d autres pays. Résultat: 46% se prononcent en faveur du système actuel. Les deux variantes dépendantes de la situation financière obtiennent ensemble 37%. Le système actuel occupe toujours encore la première place. La majorité n est toutefois pas absolue puisqu une partie de la population souhaite des changements par rapport au système actuel. 2
Suite au pourcentage élevé de voix récoltées par le système de bonus-malus, les assureurs-maladie se sont demandés si le principe de solidarité stipulé dans l actuelle LAMal n avait pas perdu de son importance. Les sondés ont été confrontés à une série d affirmations pour mieux connaître ce qu ils pensent de la solidarité. On ne peut toutefois approfondir le sujet dans le cadre d un sondage téléphonique. Les résultats montrent la même tendance de base que celle révélée par l étude réalisée par le fonds national sur les rapports entre les générations qui a été publiée récemment. Une large majorité des sondés estiment indispensable une solidarité entre personnes en bonne santé et malades, entre riches et pauvres. Les personnes plus âgées ne devraient pas non plus payer des primes plus élevées sous prétexte qu elles ont recours à davantage de prestations. Hormis les préoccupations en matière de santé, on ressent également un sentiment de justice qui est toutefois moins marqué en Suisse romande. La hausse continue des coûts explique majoritairement pourquoi on cherche à améliorer le système de l assurance de base. Une des solutions proposées pour maîtriser les coûts pourrait être de faire davantage d économies. Depuis 2003, les quatre déclarations suivantes sont soumises aux sondés. 3
Selon le résultat, la propension à vouloir réaliser des économies a même diminué. Il est possible que les prévisions économiques encore favorables au début de l été expliquent un tel résultat. Ce sixième sondage révèle deux tendances. La proportion de personnes qui ne souhaitent pas faire des économies dans le secteur de la santé augmente. Les personnes sont moins nombreuses à renoncer à des prestations si les primes baissent. Autre question concernant les économies. Depuis 2004, il est demandé où des économies pourraient être réalisée en premier lieu pour freiner l évolution des coûts. La déclaration «Chacun d entre nous devrait réaliser des économies» a été ajoutée l année passée. On distingue deux groupes. D une part les fournisseurs de prestations médecins, hôpitaux et pharmacies, dont on exige moins d économies par rapport au sondage 2007. Et d autre part l industrie pharmaceutique et les assureurs-maladie dont les valeurs sont légèrement en hausse. La variante «Chacun d entre nous» voit son résultat chuter de 3 points par rapport à l année passée. La comparaison portant sur plusieurs années montre à quel point les avis sont restés stables par rapport aux économies potentielles. Les médecins sont plutôt «ménagés», les hôpitaux restent à la dernière place. 4
Certaines questions sur la conscience personnelle des coûts doivent permettre de connaître si les personnes sont réellement sincères en déclarant «Chacun d entre nous devrait réaliser des économies». Etant donné qu on ne peut demander directement «Etes-vous économe en matière de santé?», on a mesuré le degré d acceptation face à certaines déclarations comme cela a été fait pour la solidarité. Bien que beaucoup de personnes affirment contrôler les factures du médecin, 90% des sondés estiment que les caisses maladie devraient s en charger. Dans la comparaison sur plusieurs années, on constate que la propension à suivre les recommandations de la caisse maladie a diminué de 10%. On revient au résultat d il y a quatre ans. Que sait exactement la population sur l assurance de base? 5
Le degré de connaissance a été testé par l intermédiaire de cinq questions. Une déclaration est fausse. Faites le test vousmême à l occasion. Si vous avez répondu correctement aux cinq questions, vous faites partie des 8,6% de la population ayant trouvé la bonne réponse. La «question piège» était naturellement la deuxième question, pour laquelle 55% des sondés ont donné la mauvaise réponse. Par ailleurs, un peu plus de la moitié des sondés ont répondu correctement aux questions sur l obligation de contracter et le bénéfice non autorisé dans l assurance de base. Seules deux connaissances de base sont acquises: toutes les caisses offrent les mêmes prestations et la possibilité de changer de caisse chaque année. Personne n est donc surpris de constater que la part des frais administratifs des caisses maladie par rapport aux dépenses de l assurance de base a été massivement surestimée. En effet, les frais administratifs s élèvent à moins de 7% des dépenses de l assurance de base, mais seul un quart des sondés a été en mesure de les évaluer de manière à peu près réaliste sous la barre des 15%. La valeur moyenne des estimations se situe à 32%. Posée pour la première fois l année dernière, cette question sur les raisons de l augmentation des primes a obtenu des réponses identiques. Raison la plus souvent invoquée comme l année passée : «On consulte son médecin pour n importe quoi». 6
A l heure actuelle, les primes de l assurance de base ne constituent pas un problème existentiel pour la majorité de la population. Seuls 20% des sondés estiment que les primes sont trop élevées. Cette valeur a diminué de 14% par rapport à 2004. 47% des sondés trouvent que les primes sont trop élevées, mais qu elles sont supportables. Et pour environ un quart d entre eux (24%), les primes ne posent pas de problème. Tous les Suisses et Suissesse aimeraient certainement avoir des primes moins élevées dans l assurance de base. Mais connaissent-ils les possibilités proposées pour contribuer soimême à faire baisser sa prime? Comme prévu, la possibilité d augmenter la franchise a été nommée le plus souvent. Près d un quart des sondés cite également les HMO ou les modèles de médecin de famille. Ces deux possibilités de faire des économies sont en légère augmentation. 39% des sondés indiquent avoir recours à un modèle d assurance alternatif. En réalité, ce sont presque deux fois moins de personnes qui en font usage. Cela ne doit pas nous irriter puisque nous voulons savoir en premier lieu pourquoi les personnes ne choisissent pas les modèles d assurance alternatifs. 36% des avis émis sont liés au choix du médecin. Cet aspect semble constituer la «pièce de résistance». 7
J aimerais au fond savoir de la part des experts ici présents quels avantages personnels leur offre l assurance-maladie, mais cette conférence de presse ne s y prête pas. Nous avons en effet constaté lors de notre test préliminaire que nombre de personnes bien informées avaient de la peine à répondre à cette question. C est la raison pour laquelle nous avons proposé plusieurs réponses. Vous pourriez maintenant choisir la réponse qui a obtenu le plus de suffrages. Les assurances-maladie semblent être quelque chose de tout à fait normal, seule explication au fait que les sondés aient accordé relativement peu d importance à la protection vis-àvis de problèmes financiers par rapport aux autres possibilités. L image des assureurs-maladie perçue par le public s est-elle vraiment dégradée comme on a pu le lire récemment? Plusieurs facteurs jouent un rôle déterminant dans la formation de l image d une personne ou d une organisation. Comme l année passée, nous avons analysé la crédibilité. A l exception des assurances-accidents et de la caisse de pension, toutes les branches régressent légèrement; les banques accusent la chute la plus spectaculaire puisqu elles passent de la quatrième à la sixième place. Les assureurs-maladie obtiennent quasiment le même résultat qu en 200 ; ils ont échangé leur place avec les autres assurances. 8