Tunis, le 14 juillet 2005 CIRCULAIRE AUX ETABLISSEMENTS DE CREDIT N 2005-09 Objet : Organisation du marché monétaire. Le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, Vu la loi n 58-90 du 19 septembre 1958 portant création et organisation de la Banque Centrale de Tunisie telle que modifiée et complétée par les textes subséquents ; Vu la loi n 2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux établissements de crédit ; Vu la circulaire aux banques n 87-47 du 23 décembre 1987 relative aux modalités d octroi, de contrôle et de refinancement des crédits, telle que modifiée et complétée par les textes subséquents ; Vu la circulaire aux banques n 89-14 du 17 mai 1989 relative à l organisation du marché monétaire telle que modifiée et complétée par les textes subséquents ; Vu la délibération du Conseil d Administration de la Banque Centrale de Tunisie en date du 12 juillet 2005 ; Décide :
TITRE PREMIER : DISPOSITIONS GENERALES Article premier : Le marché monétaire est ouvert dans les conditions de la présente circulaire aux établissements de crédit, aux personnes morales de droit public ou de droit privé et aux personnes physiques. Article 2 : Le marché monétaire fonctionne sans interruption pendant toute la journée depuis l'heure d'ouverture jusqu'à l'heure de fermeture des guichets de la Banque Centrale de Tunisie aux banques, telles que fixées par la réglementation en vigueur. TITRE II : ECHANGES DE LIQUIDITE SUR LE MARCHE MONETAIRE Article 3 : Les opérations s'effectuent sur le marché monétaire conformément aux procédures suivantes : - les échanges de liquidité entre banques s effectuent dans le cadre de lignes de crédit qu'elles peuvent s'accorder mutuellement ou au moyen d achat ferme ou de prise en pension d'effets publics ou privés ou de tout autre support convenu entre les parties ; - les emprunts des établissements de crédit auprès des personnes morales de droit public ou de droit privé ou auprès des personnes physiques s'effectuent au moyen de titres de créances nominatifs négociables par transfert de compte à compte, dénommés certificats de dépôt ; - les échanges de liquidité entre les entreprises ou avec les personnes physiques, qui ne peuvent avoir lieu que par l'intermédiaire des banques, se font au moyen de titres de créances nominatifs négociables par transfert de compte à compte, dénommés billets de trésorerie. Article 4 : Les certificats de dépôt ne peuvent être émis que par les établissements de crédit et doivent : - être nominatifs et émis au pair ; - être inscrits en compte auprès d un établissement de crédit au nom du souscripteur ; 2
- avoir un montant minimum nominal représentant un multiple de cinq cent (500) mille dinars ; - avoir une échéance fixe ; - être d une durée égale à dix (10) jours au moins et cinq (5) ans au plus. Cette durée doit être un multiple de dix (10) jours, de mois ou d années ; - faire l objet d une rémunération à taux fixe, librement déterminée lors de l émission pour les durées inférieures ou égales à un an et à taux fixe ou variable,pour les durées supérieures à un an. Le mode de paiement de cette rémunération et la formule à appliquer pour son calcul sont fixés par l article 7 de la présente circulaire. Les certificats de dépôt ne peuvent être ni remboursés par anticipation ni comporter de prime de remboursement. Article 5 : Les sociétés et les entreprises ci-après, autres que les établissements de crédit, peuvent demander des liquidités sur le marché monétaire, auprès des personnes morales de droit public ou de droit privé ou auprès des personnes physiques, au moyen de l émission de billets de trésorerie : - les sociétés cotées en bourse ; - les sociétés bénéficiant d un rating d une agence de notation ; - les sociétés anonymes ayant un capital minimum libéré de un million de dinars, qui ont au moins deux années d existence et qui ont établi des états financiers afférents à deux exercices, certifiés par un commissaire aux comptes conformément à la législation en vigueur ; - les sociétés bénéficiant d une garantie bancaire à première demande au titre de l émission des billets de trésorerie, auquel cas, la signature de la banque se substitue purement et simplement à celle de l émetteur ; - les sociétés bénéficiant d une ligne de substitution qui permet à l émetteur de faire face aux besoins de trésorerie qui n ont pu être couverts du fait de l impossibilité de procéder au renouvellement des précédentes émissions due à la situation du marché monétaire à 3
l exclusion de tout autre motif. L octroi de cette ligne par la banque n emporte pas cautionnement ; - les sociétés appartenant à un groupe de sociétés lorsque les souscripteurs font partie de ce même groupe ; et - les entreprises régies par des dispositions légales particulières. Article 6 : Les billets de trésorerie doivent : - être nominatifs et émis au pair ; - être inscrits en compte auprès d un établissement de crédit au nom du souscripteur ; - avoir un montant minimum nominal représentant un multiple de cinquante (50) mille dinars ; - avoir une échéance fixe ; - être d une durée égale à dix (10) jours au moins et cinq (5) ans au plus. Cette durée doit être un multiple de dix (10) jours, de mois ou d années ; - faire l objet d une rémunération à taux fixe, librement déterminée lors de l émission pour les durées inférieures ou égales à un an, et à taux fixe ou variable pour les durées supérieures à un an. Le mode de paiement de cette rémunération et la formule à appliquer pour son calcul sont fixés par l article 7 de la présente circulaire ; - être domiciliés auprès d une banque. Les billets de trésorerie ne peuvent comporter de prime de remboursement. Article 7 : Pour les certificats de dépôt ou les billets de trésorerie dont la durée est inférieure ou égale à un an, les intérêts sont payables d avance et calculés selon la formule suivante : I avec : = ctn ( 36000 + tn ) 4
I : montant des intérêts ; c : montant du titre ; t : taux d'intérêt ; n : nombre de jours exact allant du jour de la souscription au jour de l'échéance inclus. Pour les certificats de dépôt ou les billets de trésorerie dont la durée est supérieure à un an, les intérêts sont payables à la fin de chaque période d une année et à l échéance pour la fraction d année restante, et sont calculés selon la formule ci-après : ctn I = 36000 avec : I : montant des intérêts ; c : montant du titre ; t : taux d'intérêt ; n : nombre de jours exact de la période d année ou de la fraction d année restante. Article 8 : Les conditions d inscription, de tenue et d administration des comptes des certificats de dépôt et des comptes des billets de trésorerie sont fixées par la circulaire n 2005-10 du 14 juillet 2005. TITRE III : INTERVENTIONS DE LA BANQUE CENTRALE DE TUNISIE SUR LE MARCHE MONETAIRE Article 9 : La Banque Centrale de Tunisie intervient sur le marché monétaire pour : - fournir des liquidités par voie d appel d offres sous forme de prise en pension ou d achat ferme d effets publics négociables ainsi que de toute créance ou valeur sur les entreprises et les particuliers ; - éponger des liquidités sous forme d adjudication en blanc ou de mise en pension ou de vente ferme par voie d appel d offres d effets publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers ; - injecter, à la demande des banques, des liquidités sous forme de prise en pension, pour une durée variant entre un (1) et sept (7) jours, d effets 5
publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers. Le taux d'intérêt applicable est celui de l appel d'offres augmenté d'une marge préalablement portée à la connaissance des banques ; - réaliser à tout moment des opérations ponctuelles sous forme, soit d injection de liquidités par la prise en pension d effets publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers, soit de ponction de liquidités en blanc ou par la mise en pension d effets, de créances ou de valeurs précités. Ces opérations s effectuent aux conditions qui prévalent sur le marché. Article 10 : La Banque Centrale de Tunisie détermine périodiquement, en fonction de l évolution de la liquidité des banques, le volume de la monnaie centrale qu elle accepte de fournir sur le marché monétaire. A cet effet, elle informe les banques de son intention d alimenter en liquidité le marché monétaire et des caractéristiques de l appel d offres, en précisant notamment : 1- Dans le cas d une prise en pension d effets publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers : - la date de valeur de la pension et sa durée ; - la date et l heure limite auxquelles doivent parvenir les soumissions des banques ; - la nature et les caractéristiques des effets publics ; - les échéances des créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers pouvant servir de support à la souscription des billets globaux de mobilisation prévus par les articles 14 et 15 de la présente circulaire. L ordre de la banque de mise en pension d effets publics, de créances ou valeurs sur les entreprises et les particuliers, doit indiquer les montants des soumissions ainsi que les taux correspondants, classés par ordre décroissant et par tranche de 1/100 ème de point de pourcentage, auxquels elle est disposée à concrétiser l opération. 6
dix (10). Le nombre d offres par soumission est limité à un maximum de Après dépouillement des soumissions à l appel d offres, la Banque Centrale de Tunisie sert, dans la limite du volume de liquidité à injecter, la totalité ou un certain pourcentage des demandes exprimées par les banques selon l une des procédures suivantes : a) Méthode des taux multiples : La Banque Centrale de Tunisie sert les banques en commençant par les offres aux taux d intérêt les plus élevés. b) Méthode du taux unique : La Banque Centrale de Tunisie sert à un taux unique, la totalité ou un certain pourcentage uniforme des demandes exprimées par les banques à un taux d intérêt au moins égal à celui retenu par l Institut d Emission. c) Méthode mixte : La Banque Centrale de Tunisie sert les banques en partie selon la méthode des taux multiples et en partie selon la méthode du taux unique. 2- Dans le cas d un achat ferme d effets publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers : - la date de valeur de l achat ; - la date et l heure limite auxquelles doivent parvenir les soumissions des banques ; - la nature et les caractéristiques des effets, créances ou valeurs à acheter. Les soumissions des banques doivent comporter : - le nombre d effets pour chaque prix et taux de rendement correspondant ; - le code ISIN de l effet ; - les prix de cession proposés pour chaque créance ou valeur sur les entreprises et les particuliers. 7
Après dépouillement des soumissions des banques, la Banque Centrale de Tunisie sert, dans la limite du volume de liquidité à injecter, la totalité ou un certain pourcentage des offres des banques en commençant par les prix les moins élevés. Article 11 : La Banque Centrale de Tunisie peut, si l évolution de la liquidité bancaire le nécessite, éponger des liquidités. A cet effet, elle informe les banques de son intention d éponger des liquidités en précisant la forme et les caractéristiques de son intervention dont notamment : - la date de valeur de l opération ; - la durée de l emprunt ; - les catégories et les caractéristiques des effets à mettre en pension ou à céder ; - la date et l heure limite auxquelles doivent parvenir les offres des banques. 1- Pour les adjudications en blanc et les mises en pension d effets publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers, les banques intéressées doivent indiquer les montants et les taux d intérêt auxquels elles sont disposées à prêter, classés par ordre croissant et par tranche de 1/100 ème de point de pourcentage. Le nombre d offres par soumission est limité à un maximum de dix (10). Après dépouillement des soumissions à l adjudication, la Banque Centrale de Tunisie conclut les emprunts, à hauteur du montant à éponger, en commençant par les taux d intérêt les moins élevés. Elle informe ensuite les banques du montant épongé et du taux moyen pondéré de l adjudication. 2- Pour les ventes fermes d effets publics négociables, de créances ou de valeurs sur les entreprises et les particuliers précédemment acquis, les offres des banques doivent préciser : 8
- le nombre d effets pour chaque prix et taux de rendement correspondant ; - le code ISIN de l effet ; - les prix offerts pour chaque créance ou valeur sur les entreprises et les particuliers. Après dépouillement des soumissions des banques, la Banque Centrale de Tunisie sert, dans la limite du volume de liquidités à éponger, la totalité ou un certain pourcentage des offres des banques en commençant par les prix les plus élevés. Article 12 : La Banque Centrale de Tunisie admet, en contrepartie des opérations de refinancement des banques sur le marché monétaire, les effets publics négociables, les créances et les valeurs sur les entreprises et les particuliers. Article 13 : Les crédits dispensés par les banques conformément aux normes fixées par le titre II de la circulaire n 87-47 du 23 décembre 1987, à l exception de ceux visés à ses articles 14 et 14 bis, peuvent être admis par la Banque Centrale de Tunisie comme contrepartie de ses interventions sur le marché monétaire. Le refinancement de la Banque Centrale de Tunisie ne pourra intervenir qu une fois le compte courant ou le compte chèque du bénéficiaire crédité. Article 14 : Les demandes de refinancement sur le marché monétaire donneront lieu à la remise de billets globaux de mobilisation souscrits par les banques à l ordre de la Banque Centrale de Tunisie pour un montant au moins égal à celui de la demande. Article 15 : Le billet global de mobilisation doit comporter la signature d une deuxième banque lorsque les crédits ne bénéficient pas de la garantie de l Etat. Seuls les encours en principal des crédits peuvent servir de support à la souscription des billets globaux de mobilisation. Le billet global de mobilisation doit être appuyé d un état des 9
crédits lui servant de support. Cet état doit être conforme, selon le cas, à l un des modèles prévus aux annexes n 1, 2 et 3 de la présente circulaire. Article 16 : Les banques tiendront la Banque Centrale de Tunisie informée des règlements par anticipation ou de la détérioration de la solvabilité des bénéficiaires de crédits refinancés. La Banque Centrale de Tunisie peut conditionner son refinancement : - à la constitution, à son profit, de garanties complémentaires ; - au transfert, à son profit, des créances représentatives des billets globaux de mobilisation admis au refinancement. Article 17 : Le refinancement obtenu par les banques auprès de la Banque Centrale de Tunisie qui ne correspond pas à des crédits octroyés suivant les normes fixées par le titre II de la circulaire n 87-47 du 23 décembre 1987,ou dont les dossiers ne seraient pas parvenus dans les délais prévus par l article 36 de ladite circulaire ou encore non conformes aux dispositions de l article 13 de la présente circulaire, sera considéré comme une avance en compte courant et décompté au taux d intervention de la Banque Centrale de Tunisie sur le marché monétaire, majoré de deux points et demi de pourcentage, sans préjudice des autres sanctions. TITRE IV : COMMUNICATION A LA BANQUE CENTRALE DE TUNISIE Article 18 : Chaque banque doit, tout au long de la journée, indiquer, par durée, ses taux d'offre et de demande de liquidité et informer la Banque Centrale de Tunisie du volume des opérations traitées et des taux pratiqués. Elle communique à la Banque Centrale de Tunisie, à la fin de chaque journée, une récapitulation de toutes les opérations de prêts et d'emprunts de la journée en indiquant le montant, le taux et la durée. Article 19 : Chaque établissement de crédit communique à la Banque Centrale de Tunisie, à la fin de chaque journée, une récapitulation de toutes les opérations sur certificats de dépôt et billets de trésorerie en indiquant le montant, le taux et la durée. 10
Il communique également les transactions sur ces titres en mentionnant le nombre, le montant et les durées initiales ainsi que celles restant à courir. Article 20 : La Banque Centrale de Tunisie communique, au plus tard, le lendemain de la réception des informations, les taux moyens pondérés par les montants des prêts au jour le jour (TM) et ceux des autres durées traitées, arrondis au 1/100 ème de point de pourcentage le plus proche. Elle communique, dans les mêmes conditions, les taux moyens pondérés des certificats de dépôt et des billets de trésorerie. Article 21 : Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires ou faisant double emploi avec la présente circulaire et notamment celles de la circulaire n 89-14 du 17 mai 1989 relative à l organisation du marché monétaire et celles des articles 37 à 44 de la circulaire n 87-47 du 23 décembre 1987 relative aux modalités d octroi, de contrôle et de refinancement des crédits, telles que modifiées et complétées par les textes subséquents. Article 22 : La présente circulaire entre en vigueur à compter de sa notification. LE GOUVERNEUR, TAOUFIK BACCAR 11