Étude : les PME à l heure du Cloud Synthèse des principaux enseignements 27 avril 2012 1
FICHE TECHNIQUE DE L ETUDE Echantillon : 301 entreprises de 20 à 499 salariés. Représentativité assurée par des quotas de taille en nombre de salariés et de secteur d activité Fonctions interrogées : Directeur général / gérant, DSI / Directeur / responsable informatique, Directeur / responsable des achats, Directeur / responsable des services généraux Méthodologie d enquête : enquête téléphonique Dates du terrain d enquête : du 16 au 30 mars 2012 I. LA REVOLUTION NUMERIQUE DANS LES PME A. La révolution numérique : un gisement d efficacité pour les PME En mars 2011, une étude McKinsey pour le MINEFE (http://www.economie.gouv.fr/files/rapport-mckinseycompany.pdf) a quantifié l impact des TIC (Internet en particulier) sur l économie française. L étude a établi que «chaque euro investi dans ces technologies s est traduit par deux euros de marge opérationnelle.» Dans les PME, la révolution numérique se traduit donc d abord par d importants gisements d efficacité, y compris financière. De fait, 77% des décideurs informatique et télécoms des 301 entreprises, de 20 à 499 salariés, de l échantillon représentatif (par taille et secteur d activité) que nous avons interrogé par téléphone du 16 au 30 mars 2012, considèrent que les entreprises françaises ont actuellement à mener une révolution numérique qui touche leurs processus, leur organisation et leur manière d aborder leur marché et 81% en attendent une plus grande capacité à interagir entre les différents services de l entreprise pour plus d efficacité. 76% d entre eux espèrent en outre obtenir ainsi une meilleure rationalisation des coûts et 74% y voient l opportunité d adapter au plus juste les ressources nécessaires aux fluctuations de l activité de l entreprise. 2
Dans le contexte actuel de croissance faible et de concurrence accrue, ces deux derniers aspects montrent que le développement des outils numériques s accompagne aussi d un souci croissant de rationalisation des coûts qu ils engendrent et d ajustement au plus près et au plus vite des ressources aux besoins. Depuis quelques années, cet objectif d optimisation des coûts explique probablement bien le succès de la virtualisation, en tant que solution de réduction des coûts, d une part, et d amélioration de la qualité et de la réactivité des services informatiques, d autre part. De fait, la virtualisation est aujourd hui un outil assez largement répandu dans les PME françaises, 38% d entre elles (50% de celles qui ont entre 50 et 499 salariés) y ayant d ores et déjà recours. B. La fiabilité des réseaux au cœur des attentes à l égard des prestataires IT Aux yeux des responsables IT, la sécurité des données et l assurance d une continuité et d une qualité des services rendus par les infrastructures sont les conditions incontournables d un succès des projets IT des PME. A l égard des prestataires extérieurs qui les accompagnent dans la révolution numérique, 51% des PME expriment ainsi le besoin prioritaire d un service fiable, dont la fiabilité serait prouvée et évaluée au moyen d engagements de performance et de qualité des réseaux. L importance cruciale des réseaux dans la réussite des projets IT est donc perçue par la majorité des PME. Cette perception s accompagne d une véritable attente de sécurité et d assurance, 49% des PME attendant par ailleurs en priorité d un partenaire IT qu il ait la capacité de garantir la sécurité et la confidentialité des données confiées. En matière de fiabilité du service et des réseaux comme en matière de sécurité et de protection de la confidentialité des données, les opérateurs télécoms sont perçus comme les partenaires les plus légitimes (cités respectivement par 52% et 43% des responsables IT qui estiment que chacune de ces compétences essentielles), devant les SSII (respectivement 30% et 36%). Au total, la légitimité des opérateurs télécoms est reconnue par 44% des responsables IT de PME, tandis que 33% citent les SSII et 24% les éditeurs de logiciels ou d applications mobiles, à égalité avec les intégrateurs réseaux (24%). Là encore, le résultat reflète la criticité des réseaux aux yeux des décideurs IT des PME. 3
C. ATAWAD, sécurisation, virtualisation : trois visages de la révolution numérique dans les PME Quatre sujets illustrent plus particulièrement la révolution numérique aux yeux des PME interrogées : le développement de la connexion des salariés en tous temps, en tous lieux et sur tous les terminaux (ATAWAD AnyTime, AnyWhere, AnyDevice), cité par 38% d entre elles, le besoin croissant de sécurité et de maîtrise des données numériques stockées et traitées par l entreprise (31%), qui lui est intimement lié, mais aussi la virtualisation (27%) et l hébergement des données en cloud dans des data centers (22%). 84% des PME ont donc initié une réflexion (plus ou moins suivie d effets) sur la sécurisation des données numériques, sujet transversal et consensuel s il en est, 56% réfléchissent ou agissent en vue d assurer aux salariés mobiles une connexion continue et sans faille de sécurité et 50% ont abordé la question de la virtualisation de leurs serveurs et de leurs applications. La migration des applications vers le cloud (22% des PME l ont déjà effectuée) et les communications unifiées (17% en disposent), si elles sont encore relativement peu fréquentes dans les PME françaises, sont toutefois l objet d une réflexion en cours dans réciproquement 17% et 23% des PME interrogées. Ces deux sujets sont donc bel et bien d actualité dans les PME qui souhaitent tirer profit de tous les développements technologiques en cours. Les risques renforcés de vol, fuite ou perte de données sensibles ou stratégiques et les défis posés par la mobilité des salariés (et des clients) sont ainsi les grands défis auxquels les PME répondent en priorité, tandis que l ATAWAD et la virtualisation sont les solutions dont elles perçoivent le plus souvent l opportunité pour elles-mêmes. 4
II. LE PASSAGE AU CLOUD COMPUTING REPOND AUX ASPIRATIONS DES PME SANS TOUTEFOIS QU UNE MAJORITE D ENTRE ELLES EN AIT ENCORE CONSCIENCE A. Sécurité, fiabilité, flexibilité et mobilité sont les enjeux du passage au cloud Les attentes essentielles à l égard des solutions de cloud computing portent sur les notions de sécurité et confidentialité des données et des points d accès, de fiabilité du service (engagement de continuité et de performance) comme du réseau, de flexibilité (IaaS, SaaS, réversibilité ) et d accessibilité en mobilité (pour assurer l ATAWAD) : 5
La criticité de la sécurité et de la confidentialité des données les place au premier rang des attentes (47% des répondants citent cet enjeu) : ceci est la conséquence logique de l importance de cet enjeu aux yeux des décideurs IT des PME, dont 84% ont agi ou initié une réflexion sur le sujet et dont 59% estiment qu il s agit d un enjeu tout à fait prioritaire pour leur entreprise. L importance de l attente de fiabilité du service avec des engagements de performance et de qualité (31%) et celle de la fiabilité du réseau qui raccorde l entreprise au cloud (27%) confirment en outre que les compétences des opérateurs télécoms, acteurs perçus comme les plus légitimes dans ces domaines, sont parmi celles que les PME souhaitant passer au cloud sont ou seraient les plus enclines à solliciter. B. L aspiration à une rationalisation des coûts Notre étude nous indique en outre ce que sont les priorités et aspirations des PME en matière de système d information et quels sont donc les bénéfices potentiels du cloud computing auxquels elles pourraient être sensibles. Il apparaît en effet qu outre l importance évidente de la sécurisation des données (94% des PME la jugent importante dont 59% qui la disent tout à fait prioritaire), les objectifs de rationalisation des coûts engendrés par le SI figurent également haut dans la liste des priorités des responsables informatiques des PME : 77% jugent important (dont 29% prioritaire) d unifier l ensemble des outils de communication pour en optimiser les coûts et en faciliter la gestion, ce qui indique un potentiel de développement important pour les solutions de communication unifiée, 74% jugent important (dont 27% prioritaire) de diminuer les coûts de fonctionnement du SI en payant seulement pour les ressources que l on utilise (IaaS, SaaS), ce qui indique que l IaaS et le SaaS peuvent séduire largement et pourraient rendre les solutions de cloud computing attrayantes si un certain nombre de garanties sont données, 70% jugent important (dont 26% prioritaire), dans un contexte de priorité donnée à la mobilité et à l ATAWAD, de synchroniser en permanence les informations contenues par les différents équipements (ordinateurs, smartphones, serveurs, etc.), ce qui, là encore, constitue une attente à laquelle le cloud computing pourrait apporter une réponse, 63% des entreprises jugent important (dont 26% prioritaire) de pouvoir adapter les capacités de stockage et de traitement des données aux pics d activité. Ce besoin est exprimé plus nettement par les plus grandes des PME (au-delà de 50 salariés), sans doute parce qu elles ont davantage de flux et de stocks à gérer (72% des décideurs des PME de 50 à 499 salariés contre 57% des décideurs d entreprises de 20 à 49 salariés). Néanmoins, la capacité du cloud computing à permettre aux PME de réaliser leur aspiration à une optimisation des coûts de fonctionnement de leur système d information n est peut-être pas nécessairement ce qu une majorité de décideurs IT de PME associent aujourd hui le plus spontanément au cloud. 6
C. Les leviers de conviction en faveur du cloud Nous constatons en effet que seuls 38% des décideurs IT des PME se déclarent convaincus des avantages du cloud computing pour une entreprise comme la leur. 6 PME sur 10 restent donc encore à convaincre ou manquent d information sur le sujet. De fait, le cloud computing est moins souvent cité que l ATAWAD ou la virtualisation parmi les illustrations les plus marquantes de la révolution numérique dans les PME. Seuls 11% des décideurs IT de PME ont cité le cloud computing en tant que moyen de consommer à l usage des ressources informatiques et des applications jusqu ici installées dans les serveurs de l entreprise (IaaS, SaaS ), alors même que 74% d entre eux aspirent à diminuer les coûts de fonctionnement du SI en payant seulement pour les ressources qu ils utilisent (IaaS, SaaS). Il y aurait donc là un puissant levier de conviction qui reste encore à actionner en faveur du cloud. Lorsque l on compare les priorités des décideurs IT des PME à leur conviction à l égard du cloud computing, on identifie des écarts plus ou moins importants entre les convaincus et les non convaincus. On peut en déduire ce qu ont été ou sont actuellement les facteurs d intérêt pour le cloud et quels pourraient être les enjeux porteurs pour convaincre davantage de PME des bénéfices du cloud : 7
L écart le plus significatif concerne le niveau de la priorité donnée à l ATAWAD. Les responsables IT convaincus des avantages du cloud semblent être également plus enclins à donner la priorité à l ATAWAD : cet enjeu aurait donc favorisé le passage au cloud, sans doute parce que l ATAWAD suscite un important besoin de sécurité des flux et des stocks de données, de synchronisation des données contenues par les différents devices et bien sûr de continuité du service et de fiabilité des réseaux. A l inverse, la réduction des coûts de fonctionnement du SI n est pas significativement moins prioritaire pour les responsables non convaincus des avantages du cloud que pour les autres : c est même leur deuxième priorité alors que ce n est que la cinquième des responsables convaincus. On peut en déduire que l objectif de réduction des coûts n est pas encore suffisamment porteur pour le passage au cloud computing et qu il s agit là d un des points sur lesquels les éléments de preuve en faveur du cloud font encore le plus défaut. On notera par ailleurs que les pré-requis des responsables informatiques à l égard d une solution de cloud computing diffèrent peu selon que ces responsables sont ou non convaincus des avantages que pourrait avoir une telle solution pour leur entreprise : dans tous les cas la sécurisation des données est l attente n 1 (47% de l ensemble des PME interrogées), devant la fiabilité du service (31%) et du réseau (27%), ainsi que la disponibilité du support (28%) et la flexibilité (paiement à l usage, 22%). Dans le détail, on note tout de même des écarts plus ou moins importants selon le niveau de conviction des responsables : 8
Le graphique ci-dessus montre que l attente d accessibilité en mobilité est nettement plus importante parmi les responsables qui sont déjà convaincus des avantages du cloud computing et cela confirme qu il existe un lien entre intérêt pour l ATAWAD et intérêt pour le cloud. A l inverse, les écarts les plus faibles et les écarts négatifs, en haut du graphe, indiquent les sujets qui suscitent des attentes plus importantes ou au moins aussi importantes parmi les non convaincus : il s agit notamment de la possibilité de répondre rapidement à un besoin des équipes opérationnelles en interne, de la disponibilité des équipes de maintenance, du stockage des données en France et de la réversibilité, c est-à-dire notamment la possibilité de migrer ensuite vers d autres solutions. On voit donc que les craintes quant à la sécurité des données ne sont pas, comme on a pu parfois le laisser penser, les seuls freins à l adoption du cloud computing : l absence de motivation technique (hors besoin émanant non pas de l équipe IT mais des opérationnels) et la peur de ne pas pouvoir maîtriser le processus (parce qu il serait offshore et/ou irréversible) jouent également un rôle important. La sécurité est une promesse nécessaire mais non suffisante : elle doit être complétée d un engagement de fiabilité et, pour l entreprise qui souhaite passer au cloud, d une maîtrise de tous les paramètres. On peut en conclure que les PME encore non convaincues des avantages du cloud computing, qui sont la majorité, pourraient souhaiter qu on leur présente plus clairement l impact possible du cloud sur le coût de fonctionnement de leur SI et attendent encore des garanties de souplesse et de maîtrise du processus. On peut aussi relever qu elles seront, dans certains cas, sensibles aux besoins émanant des opérationnels, ce qui souligne l importance de les familiariser à l impact opérationnel des solutions en cloud. Il existe d ailleurs un cas de besoin opérationnel dont on a pu observer qu il renforçait l intérêt pour le cloud, puisque l on voit, dans les résultats de notre étude, un lien entre volonté de mettre en œuvre une connexion continue en ATAWAD et intérêt pour le cloud. 9