2008 Réduisons vite nos déchets
Réduisons vite nos déchets, "Réduisons vite nos déchets, çà déborde!" ça déborde! C'est par ce slogan accrocheur que l'ademe (Agence de l'environnement et de la Maîtrise de l'energie) a lancé sa campagne de communication en 2006 sur l'urgence d'agir pour réduire la production de nos déchets. Cette année encore, du 22 au 30 novembre 2008 des actions seront menées dans le cadre de la "Semaine Nationale de la Réduction des Déchets" mais nous pouvons et devons, au quotidien, agir sur notre consommation eco-responsable. "Le déchet le plus facile et le moins coûteux à traiter est celui que l'on ne produit pas!" La prévention de la production est donc au premier rang des priorités de la recherche dans ce domaine sans oublier la sensibilisation des consommateurs (devenons consom-acteurs). En moyenne, chaque Français produit 365kg/an de déchets ménagers, soit 1kg par jour et par habitant. Et parce que les déchets ne sont pas près de disparaître, (augmentation de 1% par an des quantités produites) il faut aussi améliorer les technologies de valorisation et d'élimination, tout comme les méthodes de collecte, la facturation ou l'organisation territoriale de la gestion. La réduction des déchets aura des impacts économiques en termes de gestion, d'investissements, mais aussi d énergies et de matières premières économisées. C'est en multipliant et en amplifiant les campagnes de sensibilisation que nos concitoyens prennent conscience de cette problématique et du rôle qu'ils jouent dans la chaîne de la gestion des déchets depuis l'acte d'achat ou d'utilisation des produits en passant par le tri et le recyclage jusqu'au traitement des déchets. Le SMICTOM des Châtelets à Ploufragan (syndicat mixte intercommunal de traitement des ordures ménagères), confronté à la gestion de 35 000 tonnes de déchets par an à l'usine de compostage (pour une capacité de traitement de 30 000 tonnes!) et 36 000 tonnes provenant des déchèteries, a engagé une campagne de communication forte en 2008. Rappel des faits : Le 3 avril 2008, en pleine semaine du Développement Durable, ce syndicat met en place une campagne d'information sur la prévention des déchets, soutenue par l'ademe et le Conseil Général et répondant aux orientations du Grenelle de l'environnement. En sept thèmes, sur plusieurs types d'affiches, il incite les 136 000 habitants et consommateurs de la zone 2 par Martine VIART
centre des Côtes d'armor, à effectuer des achats raisonnés. "On a travaillé les années passées sur le tri, la valorisation des déchets c'est maintenant à la source du problème qu'il faut s'attaquer", rappelait le président au précédent mandat, Claude Blanchard. Alain Jouan, Président actuel, insiste sur le fait que "sur 30 000 tonnes de déchets ménagers traités sur le site du SMICTOM des Châtelets, 10 000 tonnes sont constituées essentiellement de plastiques issus d'emballages, ces plastiques il faut les envoyer à 170 km d'ici, à Laval. Pratiquement à 100 euros la tonne. Bonjour le gâchis! Le citoyen paie deux fois, l emballage et son traitement. " Par ses visuels le SMICTOM n'hésite pas à jeter le pavé dans la mare au risque de déplaire aux distributeurs et aux fabricants. 3
Une polémique s'engage alors entre le BVP ( Bureau de Vérification de la Publicité) et le syndicat. "Cette campagne paraît de nature à porter gravement préjudice à des secteurs économiques, voire à des marques identifiables" dénonce le bureau de vérification des publicités. Commentaire du Président actuel : «on mesure, dans de telles opérations, la limite du pouvoir des élus locaux!» Après quelques modifications, seuls deux visuels, ont été validés par le BVP. Les cinq autres répondant précisément aux messages que le syndicat souhaitait faire passer «c'est par nos achats que nous réduirons nos déchets» ont été diffusés en l état. Petite anecdote : les jours suivants, le Bureau de Vérification de la Publicité signait une "charte d'engagement et d'objectifs pour une publicité éco-responsable" avec le Ministère de l'écologie et du développement durable. Question : le BVP pourra-t-il respecter les engagements 219 et 220 du Grenelle de l'environnement? Dans leurs grandes lignes ceux ci prévoient "d'encadrer plus strictement la publicité au regard du Développement Durable" ainsi que "de faire évoluer la logique actuelle d'autorégulation vers une logique de co-régulation de la publicité". Cette "réforme" de la responsabilité publicitaire concernera d'abord l'environnement, puis s'étendra "à l'ensemble des sujets". Un jury de déontologie publicitaire devrait être créé afin de juger la compatibilité d'une publicité litigieuse avec les règles déontologiques de la profession. Il faudra bien que, rapidement, la publicité mette la priorité sur l'affichage incitant à changer les comportements de consommation irresponsables. Pensons "achat durable et responsable" Quelle mouche a piqué le SMICTOM pour se démarquer ainsi? Le SMICTOM est un syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères. Il s'étend sur 36 communes, 4 intercommunalités ( Pays de Corlay : 4 communes ; Pays de Moncontour : 7 communes; Pays de Quintin : 10 communes et la CABRI : 14 communes/110 000 habitants). 4
Il assume comme compétences : - Le traitement des Ordures Ménagères Résiduelles (OMR) par tri et compostage, - la réception, le broyage et le transfert des déchets verts, - la gestion de 7 déchèteries, - et l'optimisation des filières et prévention de la production des déchets. Suite au débat public sur l'avenir du traitement des déchets ménagers en 2003, 20 actions ont été identifiées pour la prévention, l'optimisation et la mise en place de nouvelles filières. 2005 : embauche d'un chargé de mission pour développer ces actions de prévention sur le terrain dans le cadre d'un Contrat Territorial Déchets, (CTD) en partenariat avec le Conseil Général et l ADEME. 5
Actions de prévention : Actions d optimisation : Nouvelles filières : - Compostage chez les particuliers pour détourner les matières fermentescibles des poubelles ; vente de composteurs 15 euros, s'adresser à la Mairie de votre domicile (coût réel 45 euros), - suppression des sacs de caisse dans les grandes surfaces ; (opération "sac'suffit" 200 tonnes de plastique détourné des OM), - autocollants contre les publicités excessives dans les boîtes aux lettres (40kg/an et par habitant) "STOP PUB"; 35 communes sur les 36 ont, à ce jour, signé une convention de mise à disposition avec le SMICTOM, - mise en place de 7 recycleries pour la récupération d objets en bon état, correspondant tout à fait au principe du développement durable en intégrant la dimension environnementale, sociale et économique. (partenariat avec Emmaüs). - Modernisation des déchèteries et amélioration des collectes sélectives ; (particuliers et professionnels), - collecte des DASRI (Déchets de Soins à Risques Infectieux) : mise à disposition en déchèteries de boîtes jaunes spécifiques, déchets spéciaux à éliminer par des filières spéciales, - collecte des piles et accumulateurs : écoles, collectivités, lieux publics sont dotés de containers pour éviter la pollution des ordures ménagères, RAPPEL : seulement 40% des piles sont récupérées alors que tous les ménages ont été destinataires de boîtes à piles! - collecte des déchets toxiques de la maison : néons, ampoules à économie d'énergie, pesticides, désherbants, décapants, produits d'entretien, peintures, solvants, etc.. - textiles : récupération en partenariat avec des structures d insertion, - bois valorisables détournés des bennes "tout venant", - déchets verts broyés et valorisés soit par épandage, soit par mélange aux algues vertes. - D3E : Déchets d'equipements Electriques et Electroniques : une fois collectés ils sont recyclés ou valorisés sous forme d'énergie. Cela concerne le gros électroménager, les écrans, et petits appareils en mélange. - Mobiliers de jardin en plastique collectés pour être recyclés. Ces nouveaux services mis en place dans les déchèteries ont permis de détourner plus de 4300 tonnes de l'enfouissement et d économiser 200 000 euros. Quelles orientations envisagées pour la prévention des déchets? " Tout d'abord la continuité et le renforcement de la prévention engagés dans le Contrat Territorial Déchets. Nous rentrons tout à fait dans le Plan Départemental d'elimination des Déchets Ménagers et Assimilés (PDEDMA) sous la compétence du Conseil Général. Ce plan révisé pour une période de dix années (2006-2015) aura un bilan à mi-parcours en 2010. Dans ce plan la prévention, donc la réduction des déchets à la source, constitue un axe prioritaire. Des actions de sensibilisation auprès des producteurs, des distributeurs et des consommateurs doivent se mettre en place de façon répétitive. Insister auprès du consommateur pour qu'il trie correctement d une part, mais qu il évite au maximum les produits jetables et gère intelligemment ses déchets (tri, déchèterie) La prise de conscience du consommateur est déjà bien réelle et je m en félicite» rappelle Alain Jouan, Président du syndicat. 6