Cherbourg 1944-2014 70 e anniversaire de la Libération En 2014, Cherbourg-Octeville célèbre le 70 e anniversaire de la Libération. Au programme des festivités : des expositions, des conférences, un bal guinguette, un festival de cinéma en plein air autour du thème héros et héroïnes, des concerts Le 6 juin 1944, le Débarquement en Normandie lance l immense entreprise de reconquête de la France par les Alliés. La prise de Cherbourg, seul port en eau profonde de la région, constitue un objectif stratégique vital pour les troupes américaines débarquées à Utah Beach. Le 26 juin 1944, après d âpres combats, la ville est reprise par les américains, faisant de Cherbourg le premier port libéré de France. C est à partir de ce port de la Libération que sera déversé pendant des mois un flot ininterrompu d hommes et de matériel qui alimenteront le front. Le port permet le ravitaillement du front par la route, le rail et le Pipe Line Under the Ocean (PLUTO), qui alimente les troupes en pétrole. Pendant quelques mois, Cherbourg sera le plus important port du monde, avec 25 000 tonnes de matériel débarqués chaque jour! Afin de commémorer ce 70 e anniversaire et de rappeler l importance du port de Cherbourg dans la reconquête alliée, la Ville de Cherbourg-Octeville organise une série d événements et d expositions. Deux expositions au musée de la Libération Au musée de la Libération (voir annexe 1), deux expositions-dossiers seront proposées : la première, La route de la voie de la Liberté, visible du 1 er février au 15 avril, est un projet photographique documentaire réalisé par l artiste Bruno Elisabeth (voir annexe 2). Il portera un regard contemporain sur cette voie symbolique, à vocation commémorative, qui retrace l avancée des troupes américaines après le Débarquement, en marquant l itinéraire suivi par la 3 e armée commandée par le général Patton. La deuxième exposition, Alliés, ennemis, et après?, visible du 8 mai au 30 novembre, pose la question des relations internationales cherbourgeoises après la Seconde Guerre mondiale, en se concentrant sur l histoire des mentalités et la perception des anciens Etats, amis ou ennemis, par les Cherbourgeois (voir annexe 3). L exposition s appuiera sur des documents d archives, des documents iconographiques, ainsi que sur des objets issus de collections cherbourgeoises. Ces deux expositions seront accompagnées d animations pédagogiques pour le grand public : rencontres avec les artistes, conférences, reportages photographiques sur les traces de la Seconde Guerre mondiale Un nouveau dispositif multimédia Parallèlement à ces deux expositions, le musée de la Libération travaille à la création d un nouveau dispositif multimédia. «Ce dispositif doit permettre d éclairer le rôle décisif joué par Cherbourg en 1944, au cœur de la logistique du Débarquement, explique Jean-Michel Houllegatte, maire de Cherbourg-Octeville. Il exploitera le très beau panorama sur la ville et la rade de Cherbourg visible depuis le fort et proposera des contenus
culturels et historiques sur 7 lieux clefs de l histoire de Cherbourg en 1944 : la Gare maritime transatlantique, la plage Napoléon, le pont tournant, le fort et la batterie du Roule, la darse des Mielles, l arsenal et la digue de Querqueville.» Le dispositif multimédia sera intégré dans l actuelle salle de cinéma du musée de la Libération, réaménagée pour l occasion. Une tablette tactile de grande dimension présentera une photographie du panorama dans laquelle le visiteur pourra naviguer. Lorsque le visiteur survolera l un ou l autre des 7 points d intérêt identifiés (landmarks), il pourra accéder à un contenu multimédia spécifique sur le lieu : texte, images, films et contenus audio d archives présentant le lieu en 1944, avant et après le Débarquement, son rôle, les activités qui s y déroulaient, etc. Il sera également possible d accéder à un espace plus général présentant une chronologie cartographiée de la Libération de Cherbourg et du rôle du port en 1944 (infographie). Le dispositif sera accessible aux personnes en situation de handicap, et les textes traduits en anglais et en allemand. Concerts, guinguettes et bal musette Parallèlement à ces deux expositions, l été sera ponctué de rendez-vous autour de la commémoration de la Libération. Le 28 juin, la section musique de la bibliothèque Jacques-Prévert organise une journée 70 e anniversaire de la Libération et propose à 14h une visite guidée de l hôpital de la Marine sous l Occupation et à la Libération, à 15h30 une conférence sur la chanson française de 1939 à 1945 et à 17h30 le concert des Moulinex, duo qui proposera un répertoire festif des années 40 en faisant revivre l ambiance guinguette de la Libération. Le 14 juillet sera placé sous le signe de la guinguette et de la musette, avec un concert après le feu d artifice. L édition 2014 de Cin Etoiles, festival de cinéma en plein air qui se déroulera les 18, 19 et 20 juillet, aura pour thème Héros et héroïnes. La Ville de Cherbourg-Octeville, toujours, travaille à la création d une grande exposition sur bâche : le photographe François Dourlen a créé des images superposant les images de la ville aujourd hui et de Cherbourg pendant sa libération. Un contraste étonnant à découvrir sur les supports métalliques à travers la ville. La Nuit des musées 2014, organisée en mai, permettra, quant à elle, de fêter le 60 e anniversaire du musée de la Libération. Des animations tout public y seront proposées. Enfin, un cycle de conférence autour de la thématique «Le prix de la liberté» sera organisé par le musée de la Libération tous les jeudis de juin. Des historiens français et canadiens aborderont Cherbourg, port de liberté (5 juin, par R. Lerouvillois), la vie avec les Américains à Cherbourg (12 juin, par S. Lamache), les évacuations des civils cherbourgeois (19 juin, par J. Torrie), et l épuration (26 juin, par M. Boivin). D autres animations sont actuellement en cours de préparation et d élaboration, notamment en collaboration avec les associations locales. Contacts : Louise Le Gall, conservateur des musées, au 02 33 23 39 30 François Lepoittevin, responsable du service événementiel et relations publiques, au 02 33 87 89 19
Annexe 1 Le musée de la Libération de Cherbourg-Octeville Situé au sommet de la montagne du Roule, à 117 mètres au-dessus du niveau de la mer, le musée de la Libération est installé dans un fort du Second Empire, conçu en 1857 comme le dernier élément du dispositif de défense de la Rade. Occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut repris le 25 juin 1944 par les troupes américaines. En 1949, Augustin Lemaresquier, résistant et historien cherbourgeois, lance l'idée de perpétuer en ce lieu les souvenirs du débarquement et de la libération de l'europe. Le musée de la Libération et de la Guerre naît 6 ans plus tard, avec le soutien de l'ambassade des Etats-Unis et du colonel Todd, représentant de l'école militaire de West-point. Inauguré par le président Coty, le musée de la Libération est le premier mémorial de la Seconde Guerre mondiale en Normandie. Régi par le syndicat d initiatives de Cherbourg et du Cotentin jusqu en 1957, le musée est désormais la propriété de la Ville de Cherbourg-Octeville, et s est vu attribuer le label «Musée de France» par le ministère de la Culture. Le musée conserve une collection d environ 500 objets et documents en lien avec le Second conflit mondial. Il s agit principalement de documents iconographiques, tracts, affiches, objets du quotidien des civils et des soldats. Les armes sont volontairement peu nombreuses, afin de démarquer le musée des autres sites de la Bataille de Normandie. La muséographie actuelle a été réalisée en 1994. Elle propose un parcours scénographié «de l ombre à la lumière» : ombre de l Occupation, lumière de la Libération, qui s étend sur 780 m 2. Ouvert 10 mois sur 12, le musée reçoit environ 12 000 visiteurs à l année. Il propose une exposition temporaire par an, de type exposition / dossier. Le musée développe une politique active de réseaux : il est membre du réseau régional des musées de Basse-Normandie et de l association Normandie Mémoire. Les expositions temporaires sont organisées en collaboration avec des partenaires scientifiques solides, tels que le Mémorial de Caen, les Archives départementales de la Manche ou l UFR d histoire de l Université de Caen. Le musée a également formalisé un partenariat avec l association Exspen qui gère le site des Batteries du Roule, en contrebas du musée, afin de rapprocher les deux équipements culturels.
Annexe 2 Exposition La route de la voie de la Liberté (1 er février 15 avril 2014) La route de la Voie de la liberté est un projet photographique documentaire réalisé par l artiste Bruno Elisabeth. Son propos est de porter un regard contemporain sur la voie symbolique, à vocation commémorative, qui retrace l avancée des troupes américaines suite au Débarquement de 1944, en marquant l itinéraire suivi par la 3 e armée américaine commandée par le général Patton. Afin de matérialiser physiquement cette voie, des bornes kilométriques créées par le sculpteur François Cogné, ont été disposées et inaugurées fin 1947 tout au long des 1 145 km de son parcours. Ces bornes, hautes de 1,20 m et toutes identiques, étaient initialement en béton. Elles ont été remplacées ces dernières années par des modèles en matières légères, moins dangereuses en cas d accident. Les bornes affichent clairement leur ambition commémorative : des figures rendent hommage aux armées du Débarquement tandis qu à l avant, une torche jaillit de l océan. Sa flamme est un emprunt explicite à la statue de la Liberté. Sur le pourtour d une couronne située dans la partie haute se trouvent les 48 étoiles du drapeau américain, qui rappellent la provenance des libérateurs. Le travail de Bruno Elisabeth interroge ces signes de mémoire, leur insertion dans le territoire actuel et les pratiques commémoratives qui y sont liées. Au delà d un regard porté sur la seule Voie de la Liberté, le travail se présente comme le portrait contemporain d une région. Dans une tension entre rigueur documentaire et liberté d une photographie plasticienne, Bruno Elisabeth s attache à mêler approche paysagère, contextuelle, commémorative et spectaculaire. Les photographies abordent différentes thématiques : les bornes kilométriques et leur inscription dans le paysage ; les paysages urbains et ruraux longeant la route, à la recherche de traces, de présences indicielles des événements ; les commémorations et leur spectacularisation ; les lieux de mémoire (monuments, stèles, cimetières, etc.), leur fréquentation, leurs acteurs et leurs spectateurs. Né à Vire en 1972, Bruno Elisabeth vit et travaille à Rennes. Après un doctorat traitant des potentialités de l usage du hasard en art, notamment par le biais des médiums photographiques et cinématographiques, il intègre en 2004 le cursus du Studio national des arts contemporains du Fresnoy. Il enseigne aujourd hui la photographie et la vidéo dans une approche technique, théorique et historique, au sein du département Arts plastiques de l Université Rennes II. Côté animations, outre les rencontres avec Bruno Elisabeth, une animation Chercheurs d histoire permettra aux élèves du secondaire de réaliser, entre novembre 2013 et mai 2014, un reportage photographique sur les traces de la Seconde Guerre mondiale à Cherbourg (impacts de tirs, plaques commémoratives, monuments aux morts, anciens blockhaus ). Ces travaux seront exposés jusqu à fin 2014 dans différents sites (à définir). Enfin des ateliers d enfants permettront au jeune public de se familiariser avec les méthodes de la recherche historique. L objectif sera de reconstituer la vie du Fort du Roule sous l Occupation et sa prise en 1944 par les Alliés. L atelier s organisera en trois temps : - 1 : recherche d informations dans le musée par le biais d un jeu de piste, - 2 : recherches sur site, prises de vues, - 3 : regroupement des informations, rédaction de légendes et réalisation d un carnet de recherches.
Annexe 3 Exposition Alliés, ennemis, et après? (8 mai - 30 novembre 2014) Cette exposition pose la question des relations internationales cherbourgeoises après la Seconde Guerre mondiale, en se concentrant sur l histoire des mentalités et la perception des anciens Etats, amis ou ennemis, par les Cherbourgeois. Comment Cherbourg reconstruit-elle son identité après quatre années d occupation et plus d une année d administration américaine, jusqu au jumelage avec la ville allemande de Bremerhaven en 1961? L exposition s appuiera sur des documents d archives, des documents iconographiques, ainsi que sur des objets issus de collections cherbourgeoises. De même que pour la précédente exposition, des animations seront proposées au grand public : des visites guidées, un cycle de quatre conférences autour de la thématique «Le prix de la liberté», par des historiens français et canadiens (les évacuations des civils cherbourgeois, la destruction du port de Cherbourg et son utilisation par les Américains, l épuration et la vie avec les Américains) et une rétrospective de la construction du jumelage entre Cherbourg et Bremerhaven, conclu le 28 septembre 1961, par un groupe de lycéens.