Chambre de métiers et de l artisanat de Région Nord - Pas de Calais Les artisans et leur banque Analyse des relations entre les artisans et leur banquier Enquête réalisée en août et septembre 2013 Octobre 2013
I. Appréciation générale de la relation avec la banque 1. Nombre de visites depuis le début de l année 2013 3 fois 11,8% Plus de 3 fois 24,3% 2 fois 18,5% Des banques plus ou moins disponibles Près d un quart des artisans ayant répondu à notre questionnaire ont rencontré plus de 3 fois leur banquier depuis le début de l année 2013. Il s agit notamment des artisans de l alimentation et du bâtiment qui les rencontrent le plus. À l inverse, les artisans du secteur des services les rencontrent moins que leurs homologues des autres secteurs. Plus de la moitié d entre eux ne l ont jamais rencontré ou 1 seule fois uniquement. Les entreprises les plus grandes (plus de 10 salariés) ont toutes rencontré au moins une fois leur banquier, contrairement aux entreprises de plus petite taille qui sont 24,1% à ne pas avoir rencontré leur banquier dans l année. Jamais 21,6% 1 fois 23,8% 2. Le suivi des demandes Tardivement 30% Rapidement 20% Normalement 50% En général, 62,9% des artisans interrogés ont jugé leur banquier disponible et la moitié d entre eux, pensent que le suivi de leurs demandes se fait normalement (voir graphique 2). 46,6% des artisans interrogés se sentent bien conseillés par leur banquier. Enfin, il est à noter que plus l entreprise est grande et jeune et plus les banquiers sont jugés disponibles. L artisanat est peu connu des banquiers 38,3% des artisans interrogés jugent que leur banquier connait les spécificités de leur métier. Cependant, peu de banquiers conseillent de se rapprocher de la 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Chambre des métiers et de l artisanat pour développer son entreprise (seulement 4,5%). Dans le secteur de l alimentation, aucun artisan ne s est vu conseillé le rapprochement vers la CMA alors que les autres secteurs oscillent autour de la moyenne avec environ 5% d artisans. Une relation considérée comme plutôt bonne La relation avec les banquiers est globalement décrite comme bonne (35,6%) ou moyenne (33,8%). Les secteurs les plus satisfaits par la relation avec les banques sont le bâtiment et les services. Dans ces secteurs, près d un artisan sur deux considère sa relation avec son banquier comme bonne ou excellente. À l inverse, le secteur de l alimentation est celui qui a la moins bonne relation avec son banquier (29% des artisans de ce secteur qualifient leur relation de mauvaise). Selon les artisans interrogés, les points forts des banquiers sont divers. De nombreux artisans mettent en avant la disponibilité, la proximité, l écoute, la réactivité et la pertinence des conseils délivrés dans le 3. Jugement de la relation entre l artisan et sa banque 6,5% 7,4% 8,3% 10,4% 8,8% 25,8% 26,5% 38,7% 29,0% Alimentation 45,6% 41,0% 36,1% 35,6% 26,9% 34,7% 33,8% 20,6% 23,7% 18,8% 21,8% Artisanat de production Bâtiment Services Total général traitement des demandes. À l inverse, les points faibles identifiés sont le manque d engagement et de suivi, l ignorance des spécificités des métiers de l artisanat, des frais bancaires trop importants ou une facturation de ces frais «trop facile». Enfin, on observe une tendance générale exprimant un manque de compréhension globale des banquiers face aux divers besoins des artisans. Excellente Bonne Moyenne Mauvaise
II. L artisan et son compte bancaire Les artisans optent plus facilement pour une seule banque et plébiscitent la séparation des comptes Une majorité des artisans de notre échantillon ne possède qu une seule banque (60,7% ; comme le montre le graphique 4). Cette tendance se vérifie très largement dans le secteur du bâtiment où 65,4% des artisans n ont qu une seule banque. 4. Multi bancarisation Non 60,7% Oui 39,3% 5. Séparation des comptes professionnels et personnels Non 11,8% Oui 88,2% A contrario, dans le secteur de l alimentation, les artisans sont 45,2% à avoir plusieurs banques. C est dans ce secteur que la proportion d entreprises ayant plusieurs banques est la plus élevée. Plus l entreprise est grande et plus la multi bancarisation est présente. (73,3% des entreprises de plus de 10 salariés ont plusieurs banques). Près de neuf artisans sur dix ont des comptes bancaires séparés pour leurs activités personnelles et professionnelles. Le secteur de l artisanat de production est celui où le taux de séparation des comptes est le plus important (95,6%) ; suivent les secteurs de l alimentation et des services où respectivement 83,9% et 84% des artisans ont des comptes bancaires personnels et professionnels séparés. La banque en ligne, une méthode de gestion facile Quant à l utilisation des services bancaires en ligne, 83,5% des artisans de l étude utilisent cet outil de gestion. Les secteurs de l artisanat de production et du bâtiment sont les plus adeptes de se mode de consultation bancaire (respectivement 89,7% et 88,5% des artisans du secteur). Le secteur de l alimentation en est moins partisan (67,7% des artisans consultent leurs comptes bancaires en ligne). Pour 95,5% des artisans, la banque en ligne est une méthode facile de gestion des comptes bancaires. 100% des artisans de l alimentation ont le même raisonnement alors que pour le bâtiment, ils sont 93,5%. 6. Utilisation des services bancaires en ligne selon le secteur d activité 32,3% 67,7% 11,5% 10,3% 88,5% 89,7% Alimentation Bâtiment Artisanat de Production 21,5% 16,5% 78,5% 83,5% Services Total Oui Non
III. Financement de l entreprise Un artisan sur dix a recours à l emprunt bancaire 58,1% des artisans ont eu recours à l emprunt bancaire. La taille de l entreprise est déterminante en la matière : plus elle est importante plus le recours à l emprunt est observé. Parmi les artisans ayant emprunté, six sur dix l ont fait lors des trois dernières années, trois sur dix durant l année écoulée et un artisan sur dix prévoit d emprunter dans l année à venir (graphique 7). 79,2% des emprunts sont des emprunts d investissement, le reste étant des emprunts de trésorerie. Selon les secteurs d activité, la répartition des emprunts d investissement et de trésorerie est différentes. En effet, dans le secteur de l alimentation, 85,7% des emprunts sont des emprunts d investissement alors que pour le secteur des services, ce taux est de 76,2%. Des conditions d obtentions problématiques Pour près de 60% des artisans, les conditions d obtention de l emprunt ne sont pas évidentes. Plus l entreprise est grande et/ou ancienne et plus les conditions d obtention sont jugées faciles. Malgré les difficultés rencontrées, 69,9% des artisans jugent que les garanties demandées pour contracter un emprunt sont normales. Par ailleurs, près d un artisan sur quatre a eu recours à une société de garantie ou de caution mutuelle. Cette pratique est plus caractéristique des secteurs de l alimentation et de l artisanat de production 7. Recours à l emprunt bancaire selon le secteur d activité 4,8% 9,2% 4,5% 76,2% 19,0% (respectivement 50% et 39%) que des deux autres secteurs (services : 23,3% ; bâtiment : 20,2%). Pour 59,9% des artisans, le taux des emprunts est jugé normal (graphique 8). Deux artisans sur dix estiment que le taux est concurrentiel et sont tout de même 22% à estimer ce taux trop important. 52,9% 56,8% 37,9% 38,6% Alimentation Bâtiment Artisanat de Production En cette période de crise, seulement 6,3% des artisans ont eu recours à l affacturage. L affacturage est une technique de financement permettant d améliorer la trésorerie d une entreprise, grâce notamment à la sous-traitance des opérations financières auprès d un organisme de crédits. Cette technique est notamment présente dans le secteur du bâtiment (9,6% des artisans y ont eu recours). Le secteur des services a le moins recours à l affacturage (3,5%). De plus, les plus grandes entreprises ont plus recours à l affacturage que les petites entreprises. Le découvert touche plus de trois artisans sur dix 31,8% des artisans sont fréquemment à découvert bancaire. Cette tendance est plus marquée dans le secteur de l alimentation où un artisan sur deux est fréquemment à découvert bancaire. Pour les autres secteurs, ce pourcentage est proche de la moyenne. Ces artisans, régulièrement à découvert, avouent, pour 64,1% d entre eux, que cela rend leur relation avec leur banquier plus difficile. 14,0% 9,7% 60,5% 25,6% Services Durant l'année écoulée Les trois derniéres années L'année à venir 8. Jugement sur le taux des emprunts Trop import ant 22% Normal 59,9% Concur rentiel 18,4% La part des artisans ayant une activité saisonnière est de 7,8%. Les artisans du secteur d activité du bâtiment sont les seuls à avoir peu d activité saisonnière (0,6% des artisans de ce secteur). Pour les autres secteurs d activité, cela concerne environ un artisan sur dix. 64,5% des artisans ayant une activité saisonnière ressentent une incompréhension de leur banquier face à cette spécificité. 58,4% 31,9% Total
IV. Caractéristiques de l échantillon* La répartition des artisans de l étude en fonction de leur secteur d activité est assez proche de celle de la région Nord Pas-de-Calais. En effet, au niveau régional, le secteur du bâtiment représente 37,2%, l artisanat de production : 15,3% et les services : 35,5%. Seul le secteur de l alimentation est sous représenté par rapport à la région (7,8% contre 12%). 9. Répartition des artisans en fonction de leur secteur d activité 7,8% 36,1% Alimentation Bâtiment 39,1% Artisanat de production Services 17,0% Le nombre de salariés des entreprises interrogées oscille entre 0 et 25. En moyenne, il y 1,6 employés ans. Plus d une entreprise sur par entreprise mais ce chiffre varie selon le secteur d activité (voir tableau ci-dessous). 82,2% des entreprises quatre a entre un et trois ans et le reste des entreprises a moins d un an. ont moins de cinq salariés. Ces chiffres évoluent également 39% de ces entreprises sont concentrées dans le secteur des ser- selon les secteurs d activités. vices. C est aussi le secteur qui contient, avec le bâtiment, le plus de grandes entreprises (plus de 10 salariés). En effet, dans le secteur de l alimentation, seulement 3,2% des entreprises ont moins d un an alors que dans le secteur des services, cette proportion atteint 17,4% des entreprises. Pour les entreprises moyennes, plus de la moitié d entre elles sont dans le secteur du bâtiment. Les entreprises les plus anciennes sont plus présentes dans le secteur Il en est de même pour l ancienneté de l alimentation (77,4% des entreprises de ce secteur ont plus de des entreprises. 60,7% des entreprises de l étude ont plus de trois trois ans). Secteur Moyenne d emplois (y compris les non employeurs) Alimentation 3 Les entreprises ayant entre un et trois ans sont les plus représentées dans le secteur du bâtiment (près d une entreprise sur trois ). Ce secteur regroupe la plus grande part d entreprises les plus jeunes (45,5%). Comme précisé précédemment, 60,7% des artisans ont plusieurs banques. Les banques les plus prisées par les artisans sont le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et la Banque Populaire. Viennent ensuite le CIC et le Crédit du Nord. Dans une moindre mesure, d autres banques sont aussi citées par les artisans : la Caisse d Épargne, BNP Paribas, la Société Générale, la Banque Postale, etc. Bâtiment 1,6 Artisanat de production 1 Services 1 *Enquête basée sur un échantillon de 399 entreprises interrogées au cours des mois d août et septembre 2013
Les artisans et leur banque Analyse des relations entre les artisans et leur banquier Directeur de la publication : Alain GRISET, Président Une publication de la Chambre de métiers et de l'artisanat de Région Nord-Pas-de-Calais Direction des Projets Transversaux - Observatoire Régional de l Artisanat