2.1 Évolution historique du territoire
|
|
|
- Sabine Morin
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 HIS 4582: Les Rébellions COURS 02 L'ESPACE BAS-CANADIEN 2.1 Évolution historique du territoire 2.2 L'espace bas-canadien 2.3 L'aménagement du territoire 2.4 Le village laurentien 2.5 Crise politique ou crise du monde rural? 2.1 Évolution historique du territoire Rôle des bassins hydrographiques Jusqu'en 1850, transport = bateau Occupation des portes d'accès par les Britanniques et les Français. Rôle essentiel dans l'exploration et l'occupation de l'amérique du nord. Avec le commerce de la fourrure, explique le caractère de la NF. Marque le territoire québécois jusqu'au XXe siècle : La Conquête Unification momentanée du continent sous la couronne anglaise. La NF n'était guère que le réseau des bassins du Saint-Laurent et du Mississipi. 90% de la population française concentrée entre Rigaud et Montmagny. Ailleurs, dispersion et rapatriement (1755, déportation des Acadiens). Effets profonds de la Conquête - Repli des Français sur la vallée du Saint- Laurent et l'agriculture. - Décapitation sociale (M. Séguin) - «Mentalité de réserve» et nationalisme de collaboration avec l'occupant : La Proclamation royale Province de Québec, 14 ième colonie anglaise. Programme d'assimilation et lois anglaises. Seigneurs et curés en mode résistance. «Bons gouverneurs» (Murray, Carleton) Mais toujours Fr/3 000 Brit (1774) «English Party - French Party» L'Acte de Québec Retour à la réalité coloniale. Contenir l'expansion des idées républicaines: - Obtenir la collaboration des élites cléricales et seigneuriales. - Encerclement des colonies rebelles. L'échec de l'invasion de 1775 en prouve l'efficacité.
2 Pacte social entre seigneurs et curé (French party) et l'administration coloniale. Les marchands (English party) vus comme suspects Proclamation des États-Unis et naissance de l'amérique du Nord britannique Rupture historique de l'unité du bassin du Saint- Laurent (Traité de Jay, 1796). Départ des Loyalistes Halifax St.John (NB) Niagara et Glengarry Huntington et Bedford 1831 Pop en taux ann. de croiss. NE NB IPE HC BC TOT ,8% 2,6% 2,4% 8% 3,8% 3,9% NE - Commerce triangulaire, const. navale et base militaire. NB - Const. navale et chantier forestier; pêche acadienne au nord. IPE - Grenier des maritimes; propriétaires forains et colons écossais. HC - Stagnation jusqu'en diff. d'accès et contexte militaire. Family compact, spéculation et corruption L'Acte constutionnel Création de deux colonies à même la province de Québec, le HC (Common Law et anglican) et BC (Coutume française et catholique). Les colonies sont dotées d'institutions parlementaires et d'une assemblée élue. BC - Pop. ancienne le long du Saint-Laurent. Faible apport d'immigrants, croissance naturelle de 35%. Premiers cadastres : 27 comtés élisent 50 députés. Première loi des tenures. Régime seigneurial reconnu, mais découpage des nouvelles terres en franc et commun soccage (Dunham, 1791). Le Haut-Canada Vide d'autochtones depuis les guerres du 17ième
3 siècle : Loyalistes à Niagara, Glengarry (Kingston) et York (Toronto) (monarchistes anglicans) : Immigrants américains (républicains non conformistes) à la recherche de terres. London, Sarnia Windsor : Immigrants irlandais catholiques. Une colonie de Montréal? 1831 : Qc (31 000), Mtl (27 000), Toronto (9000). Étranglement à cause du manque d'accès (Welland, 1835). Faiblesse des infrastructures. Guerre de 1812 extrêmement coûteuse L'Acte d'union Fusion du Haut et du Bas-Canada suite au Rapport Durham (1839). Représentation égale pour chaque une des deux composantes. Développement progressif de l'autonomie du Canada-Est, en particulier sur le plan scolaire et social (rôle des institutions religieuses). Instable, en particulier après l'obtention du gouvernement responsable (1849). Transitoire vers la Confédération. 2.2 L'espace bas-canadien Population en 1760 Bloquée en aval de Vaudreuil à cause des rapides. Rôle clé du régime seigneurial qui concentre le peuplement. Importance de l'accès au fleuve. Rôle de l'eau comme voie de communication. Population en 1831 Réforme électorale de 1830 (42 comtés, 88 députés). Révèle l'importance du district de Montréal (commerce avec le HC et surtout vaste plaine agricole). Développement de bourgs (St-Eustache, St.Charles, Napierville, Bécancour, Berthier) et de centaines de villages. Plafonnement du peuplement dans les nouveaux cantons.
4 Le Bas-Canada en 1837 Division cadastrale et électorale. Le Bas-Canada maritime. Le district de Québec Le district de Trois-Rivières Le district de Montréal Le district de Sherbrooke 2. 3 L'aménagement du territoire Les Eastern Townships En Gaspésie, au nord de Québec, en Beauce, dans l'outaouais et surtout en Estrie. Cadastres entre 1784 et 1815 (rôle de Joseph Bouchette) Dix milles par dix milles. Vendus par lots par la couronne (bureaux d'enregistrement). Taux d'intérêt élevé Émergence de cies privées dont la British American Lands Company qui achète 1,2 million d'acres pour les revendre en parcelles Peuplés à 87% d'anglophones, surtout du New Hampshire et du Vermont. Le lotissement 1/7 e réservé à la Couronne et 1/7 e en réserve du clergé. Les 5/7 e sont vendus en premier pour faire croître la valeur des réserves. La produit de leur vente doit être alloué à l'aménagement d'infrastructures et à l'entretien d'un clergé anglican. Semblable au HC où ce système pose beaucoup de problèmes.
5 La tenure seigneuriale Le long du Saint-Laurent et de la plupart des affluents, la terre est divisée en seigneuries. En moyenne cinq lieues par douze (15 km par 36 km). Depuis 1623, élément central de la Coutume de Paris. Seigneurs héréditaires aux pouvoirs étendus, mais réduits par la Conquête. Droits et obligations fixés par une charte (terrier). Les censitaires vivent peu de contraintes. Cens - 1/9 e taux fixe généralement en nature (ex. 6 minots de blé, 14 livres tourn. par arpents, 50 minots de pois) Lots et ventes - droit de commutation Banalités (moulins) Corvée - travail gratuit sur le domaine. HISTORIOGRAPHIE Trudel, Ouellet, Deschênes : archaïque, régressif et répressif. Wallot, Séguin : accessible, égalitaire. Greer, Dessureault: hybride, adaptabilité, seigneur entrepreneur. La rente La rente perçue est d'autant plus élevée que: - La seigneurie connaît une croissance démographique rapide. - Elle a accès à un marché urbain ou aux facilités de transport. - Possédée par un marchand anglophone entreprenant. - Coïncidence entre les rentes élevées et la mobilisation en Le village laurentien «Un village continu»... Très peu de villages sous le régime français. Habitations disséminées le long du fleuve. Fin du 18ième siècle. Traçage d'une deuxième rangée de concessions... Le premier rang. Naissance du village - Entre 1815 et 1851, on passe de 46 à 247 villages, peuplés de à habitants. (Courville) - Croissance de la population (décuple entre 1760 et 1830) - Enrichissement consécutif aux export. de blé vers la GB. - Diversification des activités industrielles et professionnelles. Morphologie
6 Rôle des accidents naturels et de certains phénomènes sociaux dans le choix du site. Marqué par un croisement, généralement par une «montée» ou «côte» vers les «rangs», parallèles au cours d'eau. Aire sacrée Aire commerciale Aire industrielle Les concessions La colonisation L'autochtone. Groupes sociaux Le seigneur: dualité entre la seigneurie et le village, rôle économique et social décroissant; vit à l'écart sur le domaine. Le curé: rôles diversifiés, qualité du réseau de communications, peu nombreux (273 clercs en 1837) Le professionnel: croissance (trop?) rapide. notaires avocats médecins Occupe les nouvelles maisons cossues au cœur du village. Rôle éminent dans le village, leaders naturels ==> députés. L'artisan et marchands : une multitude de métiers, souvent ambulants. Rapports fréquents avec les professionnels. Le censitaire, fermiers, métayers: plus ou moins riches selon leur accès au marché, image égalitaire. Attitudes routinières et archaïques. Crise agricole après 1805 : baisse des rendements et abandon de la culture du blé. Le colon : Jusqu'en 1837 par «débordements». S'enfoncer dans les vallées intérieures au-delà du «coteau» (Chaudière, Saint-François, Outaouais). Très pauvres; squatters. ; rôle crucial du prêtre missionnaire.
7 2.5 Crise politique ou crise agricole? Un gros problème historiographique Les ruptures de la Conquête Une série de phénomènes bien connus Un mécontentement certain De l économique au social, au politique Solidarité et inégalité dans le monde rural Importance des réseaux : famille, commerce, collège Les charges civiles dans le monde rural : Officiers de milice Juge de paix Maître de poste Marguilliers Grand voyer Bailli Quelle place pour le clergé? Faible effectif; faible influence; faible crédibilité (gallicanisme) Surtout important par ses fonctions civiles Quelle identité pour le Québécois de 1837? Une mobilité étonnante Attachement aux coutumes françaises. Importance des journaux après 1810 Le pouvoir et l influence s exercent au niveau local : rang, village, paroisse, seigneurie, comté, patrie réelle, patrie symbolique Le Bas-Canada : une république de paroisses?
8 HIS 4582: Les Rébellions COURS 03 L'EMPIRE DU SAINT-LAURENT En banque depuis le 20 janvier L'Empire et les colonies 3.2 Les villes 3.3 Les groupes sociaux 3.1 L'Angleterre et ses colonies Le système colonial anglais The Old Colonial System (mercantilisme classique) : Deux grandes préoccupations - Assurer l'approvisionnement et des débouchés pour l'économie anglaise. - Assurer une carrière aux fils de la noblesse terrienne (sinécures). Mis à mal par la Révolution américaine. Maintenu cependant dans ses formes essentielles en 1837: - Corn Laws (protection douanière impériale; étendues au bois après 1803) jusqu'en Navigation Acts jusqu'en Court Party Tories S'appuie sur les marchands Pro-colonial; pro-état Anti-républicains Anglican évangélisation) (W. Pitt, Burke) County Party Whigs S'appuie sur la gentry Protectionnisme métropolitain Anti-conformistes (réussite matérielle; initiative personnelle) (Whilberforce, Fox) Courant Little England ( ) Montée du libre-échangisme. Anti-Corn Law League (R. Cobden, Lord Grey, Lord Durham), recherche de l'efficacité utilitariste. - Monopole industriel de la Grande- Bretagne - Permettre le self-government au nom de l'efficacité (Empire invisible) - Colonisation économique des colonies espagnoles The New Colonial System ( ) Discours de Cristal Palace (1850) Nouvel impérialisme (Chamberlain, Rhodes, Kitchener) vers l'inde, la Chine et l'afrique : débouchés commerciaux; rivalités avec la France et l'allemagne. [Les rébellions se produisent trop tôt du point de vue de la conjoncture anglaise.] Les produits générateurs de l'économie laurentienne Harold A. Innis: Staple Theory - Succession de produits générateurs. - Oriente le développement du territoire; permette l'accumulation du capital. - Diversifie l'économie. Pression des marchands: révolution sous Robert Peel (1846); conservateurs libreéchangistes puis «Peelistes») Nouvel Impérialisme; industrie anglaise en déclin; protéger marché; contenir la menace allemande, russe et américaine Utilitarisme de A. Smith, Ricardo, J. Stuart Mill: libérer les forces du marché Déclin du parti libéral traditionnel; abaissement du cens électorale. Le peuple divisé entre socialisme (Labor) et impérialisme (esprit «Jingo»)
9 Morue ( ): dévlpm confiné au golfe, pas d'occupation; plusieurs pays impliqués. Castor ( ): Exploration; immense territoire; faible peuplement; échanges avec les Autochtones. Pin blanc ( ): vallée du St- Laurent; infrastructures; corps de métiers; chaîne de production: banques, chantiers, cages, transformation (potasse), ports. Les infrastructures Conditionnées par le nouveau staple du bois. Transport: Canal Rideau (1814); Lachine (1819), St-Ours (1834); Welland (1835); chemin à lisses (1837) Banques : B. de Montréal (1817); B. of British America (1836); B. du Peuple (1835) Première pression sur les finances de la colonies : prêts de la B. Baring, résistance des députés canadiens. Après 1845 : croissance du staple du blé (Ontario): Canada Drawback Act (1822); Réciprocité (1854); Grand-Tronc (1856) Économie et société duales Monde rural (seigneurs, clergé, PBCF): marché régional; pauvre, en crise, «faire un pays avec ce qu'on a.» Monde urbain (marchands, administrateurs): marché impérial, riche, en croissance, «C'est un empire que nous voulons» Zones de contact? HISTORIOGRAPHIE Creighton + Ouellet: l'avenir est là! S. Bernier : vieux mercantilisme d'état. G. Tulchinsky : diversité sociale et ethnique.
10 Page 2 sur 3 Du village au bourg Éléments de base: moulin, quai, professionnels, église. Dans une vingtaine de bourgs vers 1837: hôtels, collège, couvent, magasin, quais, fabriques de potasse, ateliers, canalisation. Saint-Eustache (4300 hab.), Terrebonne, Saint- François (Yamaska), Napierville, Chambly, Saint-Charles, Montmagny, Portneuf, Nicolet, Berthier, Saint-Hyacinthe. Québec ( hab.; 4 députés) Site militaire, faible interland agricole Haute-Ville : militaire (citadelle, 1834), administratif et judiciaire (Château), politique (Ass. lég. et conseils), religieux (diocèse) et intellectuel (Collège). Basse-Ville: commercial (quais), financière. Faubourgs (Saint-Roch, Saint-Jean, Saint- Louis) industriel. Montréal ( hab.;4 députés) Ouverte sur la campagne; la plus vaste plaine du BC. Quartier est (Berri-StLaurent); professionnels, marché agricole, militaire (Bastion de Qc). Quartier ouest (StLaurent-McGill) commercial (canal, HC), religieux (basilique, collège). Faubourgs (Québec: F+P, Saint-Jacques: F+R, Saint-Louis: Mx+P, Saint-Antoine: A+R, Sainte- Anne: A+P.
11
12 3.3 Les groupes sociaux Idéologie dominante Discours véhiculé par la classe dominante, faisant la promotion de ses intérêts économiques et qui cautionne l'état de la société et des rapports de classes existants. Idéologie de combat Projet alternatif qui vise à dénoncer les failles de l'idéologie dominante. Intérêt de classe! Identifier la base économique.! Identifier les alliances plausibles, les terrains privilégiés.! Identifier les forces, les faiblesses, le contexte. Base économique Intérêt Idéologie Moyens En 1837 En 1867 SEIGNEURS CLERGÉ PBCF Rente seigneuriale dont le rendement baisse à cause de la crise, de la pauvreté des paysans et de l'essor de l'économie de staples Maintien des privilèges héréditaires; bloquer les mouvements démocratiques Principe aristocratique Alliance avec la Couronne; contrôle de fonctions judiciaires, militaires et politiques Alliés aux Loyaux, mais peu influents; défavorisés par le Rapport Durham et l'union; victime du patronage; abolition de la tenure en 1854 Faible; propriété foncière; crise des biens des jésuites, luttes entre le séculiers et le réguliers (récollets), influence par son contrôle des institutions Associer la survie de la Nation avec la religion; engager toute la société civile dans un projet religieux (éducation) Gallicanisme puis ultramontanisme Faible avant 1840; base populaire en reconstruction; nombreux journaux et collèges Alliance stratégique avec les Loyaux en échange d'une survie culturelle et d'une reconnaissance institutionnelle; défavorable à l'union Appui discret; obtient la gestion des institutions sociales et Désormais confondus de l'éducation; est en avec la PBCF mesure d'infléchir la politique provinciale mais inquiète des minorités franco. Richesse rurale; commerce et artisanat d'ampleur locale et régionale; denrées agricoles; transfortalier avec États-Unis. Expansion agricole (colonisation); utiliser l'état pour faire sa propre promotion et consolider l'économie régionale Nationalisme libéral Appui populaire; se veut le rempart de la nation; potentiel révolutionnaire Entre en révolution pour créer une république rurale; crise entre les modérés et les radicaux; faibles moyens économiques et militaires; subit une forte répression après le troubles Désormais alliée au clergé pour défendre la culture francocatholique et obtenir un État français qui permet le patronage et des leviers d'affirmation culturelle. Marchands coloniaux Commerce protégé avec la GB portant sur la fourrure, puis le bois et le blé du HC; infrastructure de transport. Maintien du lien politique et commercial avec la Grande-Bretagne; expansion et peuplement vers l'ouest Libéralisme économique et ploutocratie Puissance économique et financière; liens avec l'administration coloniale et l'armée; potentiel révolutionnaire Soulèvement contre le projet nationaliste de la PBCF; s'organise en associations et corps de volontaires; adjuvant de l'armée; influence Durham; favorable à l'union Au centre du projet confédéral; créer un marché national; résister à la bourgeoisie américaine; circonscrire le fait français et vaste programme d'infrastructure Administrateurs coloniaux Sinécures dans l'administration coloniale; contrôle l'exécutif, l'appareil judiciaire et le patronage. Maintien du pacte aristocratique; survie du Old Colonial System (County Party) Monarchique centralisée Contrôle de l'administration et des comm. avec GB; liens historiques avec la Cour (Court party) Déchirés; 1837 est l'échec de la politique d'équilibre dénoncée par Durham; triomphe du libre-échange et du self-government Laminés par l'obtention de la responsabilité ministérielle (1849); dans la mire à la fois des libre- échangistes et des impérialistes.
13 HIS 4582: Les Rébellions COURS 04 La crise politique En banque depuis le 9 février Un problème historiographique 2. Un passé idéalisé? 3. Les aménagements constitutionnels 4. Le contexte de Une approche générationnelle 6. Les premières légis lations 7. La crise sous Craig 8. La guerre de La montée de la seconde génération 1. Un problème historiographique: monde rural et rébellions Les rébellions semblent un phénomène rural fomenté autour de petites agglomérations. Thèse traditionnelle (Garneau, David) : campagnes françaises contre villes anglaises. Thèse marxiste (Ryerson, Bernier): villes plus mercantilistes que capitalistes, écrasées par la présence militaire, contre prolétariat rural anti-seigneurial dirigé par la PBCF révolutionnaire. Thèse Ouellet : Crise agricole; agriculture archaïque; paysans manipulés dans une révolte réactionnaire de la PBCF opportuniste. Thèse néo-nationaliste ou "révisionniste" (Wallot, Bernard) : District de Mtl + de la moitié de la pop. du BC; élites urbaines réfugiées à la campagne; villages politisés; dans les régions les plus dynamiques, engagées dans un capitalisme d'ampleur régionale. Thèse culturelle ou "Folk Society" (Fyson, Dessureault, Greer) Institutions originales à la campagne (charivari); mécanismes de démocratie rurale; résistance au capitalisme et à l'état. Fernand Ouellet, Histoire économique et sociale, (PUL, 1966) Serge Courville, Entre ville et campagnes (Boréal, 1992) Allan Greer, Habitants et Patriotes (Boréal, 1997) Gérard Bouchard, Quelques arpents d'amérique (Boréal, 1998) Stanley Ryerson, Le capitalisme et la Confédération (Boréal, 1974) Stephane Kelly, La petite loterie (Boréal, 1999) Jean-Pierre Wallot, Un Québec qui bougeait (PUM, 1972) JP Bernard, Les Rébellions de (Boréal, 1983) LO David, Les Patriotes de Un passé idéalisé? Nouvelle-France : paradoxe d'un immense territoire très faiblement peuplé. - Rôle du staple de la fourrure - Société militarisée; rôle de la bureaucratie; de la milice et des Alliés amérindiens - Rôle des commerçants, des bureaucrates, de l'armée et du haut-clergé. Sept Plaines d'abraham et prise de Québec Nov Reddition de Montréal et cessez-le-feu en Amérique Mars Fin de la Guerre de Sept-ans et Traité de Paris; cession de la Nouvelle-France Nov Proclamation royale Qui a été conquis? - Dévastation : 5000 morts, régions ravagées en aval de Qc; niveau de 1759 atteint en Départ de 7000 cadres français. Montée des élites rurales restantes : seigneurs et curés heurtés par la Proclamation royale: retrait des pouvoirs judiciaires aux seigneurs (Justice of the Peace); tutelle de l'évêque de Québec; question des biens des Jésuites et de l'instruction publique (1773). Un nationalisme de collaboration mène à l'acte de Québec Alliance entre l'administration anglaise et les seigneurs : inter mariages; intégration à l'armée; ouverture aux conseils Formation du French Party solidaire du Old Colonial System. Opposé au English Party proches des idées 1
14 républicaines. Apogée lors de l'invasion américaine (1775). Montée d'une idéologie de conservation autour de Mgr Briand mène à une première réinterprétation de la Nouvelle- France ( ) : tradition agricole, fidélité à la Couronne; gallicanisme triomphant. Avec la création des collèges classiques et la formation d'une élite juridique et surtout les contre-coup de la Révolution française (1789), seconde réinterprétation de la Nouvelle-France ( ): régime despotique et anti-démocratique, dont l'essentiel (foi, traditions) n'est sauf que dans la Vallée du Saint-Laurent. La Conquête procure des droits, la liberté, des institutions représentatives, tout en s'harmonisant avec l'héritage français. De 1827 à 1846 insistance surtout sur l'épisode révolutionnaire américain. Autour de Labrie, Bibaud et Christie, première fièvre anti-bigot : la Nouvelle-France mal gérée et corrompue (projection avec le contexte pré-rébellion). Première période du "paradis perdu" (1846 à 1880) autour de Garneau et Sulte. Seconde période du "paradis perdu" (1950 à 1968) autour de Lionel Groulx et Guy Frégault par le biais de l'histoire des mentalités et de la thèse du "traumatisme de la Conquête". - Mentalité de soumission et de collaboration - Replis, rejet des influences extérieures, surtout britanniques - L'agriculture, matrice régénérant la culture et la population. La Nouvelle-France n'est pas ce paradis perdu. Les modèles patriotes sont tirées de la Révolution américaine et aux exemples contemporains (Irlande, Pologne, Amérique latine). Le péril du retour au Régime français est maintenu par les autorités qui souhaitent un budget militaire, surtout à l'époque de Craig ( ) et de la menace napoléonienne. 3. Les aménagements constitutionnels Principe de l'assimilation Principe du "confinement" (1763, 1810, 1822, 1840) <==> (1774, 1791, 1815, 1830) "Mauvais" gouverneurs <==> "Bons" gouverneurs (Murray, Carleton, Prévost, Kempt et Bagot) (Sherbrooke, Craig,Dalhousie, Durham et Sydenham) Principe de l'assimilation : Serment du Test; lois anglaises. Cependant, de "bons gouverneurs" Principe du "confinement" dans le contexte périlleux de la Révolution américaine. Concessions aux élites cléricales et seigneuriales. Apogée du French Party. 1775, invasion américaine, dernier sursaut de nostalgie française Acte constitutionnel - Loyauté avérée des élites francophones - Pressions des Loyalistes qui modifient le English Party - Scission de la Province entre un HC et un BC; création de corps législatifs : une assemblée élue et un conseil nommé comtés; 50 députés pour quatre ans. - Suffrage très large (cens à six livres par année), mais pas de pouvoir. Supériorité de l'exécutif. 2
15 Cohabitation délicate des principes démocratiques et aristocratiques. Pierre Tousignant : la GB ne sait pas ce qu'elle fait puisque elle-même ne connaît pas la responsabilité ministérielle. Maurice Séguin : immense gaffe parce qu'elle permet la naissance d'un sentiment d'appartenance à un État constitué et la montée d'une élite démocratique et que seule l'union de 1840 viendra «réparer». 4. Contexte de 1792 Globalement engage un mouvement vers le conservatisme consécutif à la Révolution française. Au Bas-Canada, ébullition et contestations paysannes (Jean-Pierre Wallot, Un Québec qui bougeait (Boréal, 1973)) En Angleterre, nouveau torisme; échec de l'école de Fox et Chatham; triomphe de William Pitt et Edmund Burke. - Francophobie; réfréner l'anarchie populiste et francophobie. Composition de la Chambre comtés; 21 ruraux, 4 urbains. Au total, 50 députés. Augmenté qu'en 1830 Premières élections: 16 Anglophones: John Richardson, James McGill, William Grant Francophones: Joseph Papineau, Pierre Bédard, Pierre-Louis Panet, Pierre de Bonne, Gabriel Taschereau... S'ouvre sur deux votes entraînant une polarisation ethnique: Sept Vote de l'orateur; Jean-Antoine Panet Janv Vote sur la préséance de l'anglais dans les lois 3
16
17 5. L'approche générationnelle L'Acte Constitutionnel permet la naissance du débat politique au Canada. Double apprentissage par les élites francophones : Identifier ses intérêts en tant que classe (bases économiques) Préoccupées de la réception de leur message par le peuple (démagogie) 1 ÈRE GÉNÉRATION ( ) ème 2 GÉNÉRATION ( ) ème 3 GÉNÉRATION ( ) ème 4 GÉNÉRATION ( ) ème 5 GÉNÉRATION ( ) Pierre-Stanislas Bédard; François Blanchet; Joseph Papineau A.N. Morin; Edouard Rodier; O'Callaghan; Wolfred Nelson Louis-H. Lafontaine; Étienne Parent; Joseph Cochon Droits démocratiques Liberté de presse Contrôle de l'assemblée Indépendance des élus. John Neilson; Andrew Stuart; D-B. Viger; Louis-Joseph Papineau Contrôle du budget Représentativité de l'exécutif. Lutter contre les abus. Les 92 Résolutions: Électivité du Conseil législatif; dénoncer la corruption de l'état; réclamer des droits pour l'assemblée; dénoncer l'appropriation des terres. Enjeux nationalistes. Électivité des ministres. Sabotage de la politique coloniale. Boycottage; désobéissance civile. POLITIQUE ÉTRANGÈRE Les exilés, Nelson; C-H-O Côté; Bouchette; DeLorimier Lutte sociale et économique. République présidentielle. Élection de l'exécutif. division des pouvoirs. Accepter l'union de 1840 en échange de la survie culturelle; Responsabilité ministérielle. Foi envers la Constitution britannique. Certains, comme Ryland ou Craig doivent cependant être dénoncés en Grande- Bretagne. Influencer les gouverneurs; mission de qlq marchands canadiens ( Sales Laterrière, ( ) La Grande-Bretagne Meilleure information Instauration d'une demeure sur le contexte république bienveillante, mais métropolitain; présidentielle; mal informée par Perte de confiance influence des idées une administration envers le gouvnmt Jacksoniennes. corrompue et whig de Melbourne; sectaire. s'appuie sur des Chercher l'appui députés radicaux. diplomatique des Missions et États-Unis; miser sur délégations Roebuck agent de le sentiment anti- Papineau-Neilson l'assembl ée; monarchiste; compter (1822) associer leur lutte à sur l'appui financiers Papineau-Stuart celle des Radicaux d'individus. (1828) Mission DB Viger ( ) anglais; toucher l'opinion publique anglaise. 4 Rapprochement avec les Whigs progressistes ( Ellice, Parkes); Créer une coalition avec les réformistes des autres colonies. Mission LaFontaine (1838); Gouvernement LaFontaine-Baldwin (1842)
18 6. Les premières législations Judiciaire: 3 districts, 2 cours permanentes; 2 juges itinérants Finance: 1793, Lois des subsides (sommes perçues dans la colonies pour les dépenses courantes et extraordinaires) y incluant la liste civile (partie des subsides consacrée au paiement du salaire des fonctionnaires). Éducation: abolition des Jésuites en La Commission Amherst propose de consacrer les biens sécularisés à un système étatique et universel d'éducation. Opposition clergé catho comme protestant. Après 1798, rôle de Jacob Mountain, premier évêque anglican; Loi de l'institution royale, inopérante car torpillée par les amendements. 7. La crise sous James Craig ( ) PROTAGONISTES : Jacob Mountain, Évêque de Qc, James Ryland, Juge au banc du Roi, Jonathan Sewell, procureur général et président du conseil executif, Pierre-Stanislas Bédard, journaliste et député de Québec. Poussée francophobe; renforcer les conseils; miner l'autonomie de l'église catholique. La querelle des prisons (1805) Construction de nouvelles prisons dans chacun des deux districts permanents. Taxer les marchandises ou la propriété foncière? Le débat révèle l'opposition entre les intérêts fonciers et commerciaux au sein de l'assemblée. La naissance de la presse d'opinion Le Canadien (1806) et le Quebec Mercury (1807) déchaînés l'un contre l'autre. Trois autres crises majeures: L'Affaire Ezéchiel Hart (1809) révèle la question de l'éligibilité des fonctionnaires. Inéligibilité des juges (1808, 1810) Nominations aux cures (1810) 1ière dissolution de Craig (1808); retour des mêmes. 2ème dissolution (1809); rôle de Louis Bourdages; Pierre Bédard en faveur du gouvernement responsable. 3ième dissolution; triomphe électoral des réformistes qui dénoncent à fond le patronage. Fermeture et saccage du Canadien; Bédard, Taschereau et Borgias arrêtés. Discrédit de Craig. Craig quitte en mars 1811; sortie de Mountain et Ryland. Sewell sur la touche. LEÇONS DE LA CRISE SOUS CRAIG Les Canadiens contrôlent désormais l'assemblée. Déplacement du rapport de force; affrontement avec le Conseil législatif; contrôle du budget. L'administration locale vue comme bornée; Londres apparaît conciliante. Abandon du rêve assimilationniste pour trente ans. Cohésion croissante des députés canadiens; rôle de Pierre Bédard, puis question de sa succession... 5
19 8. La guerre de Blocus de la France par la Grande-Bretagne qui arraisonne les navires américains. Embargo économique et magouilles de Napoléon. - Désir des Américains d'écraser les Autochtones protégés par la Grande-Bretagne. Guerre obscure qui oppose deux faibles armées. - Série de raids frontaliers dans le Haut-Canada (Châteauguay n'était d'ailleurs qu'une diversion) - Série de traités frontaliers par la suite: Gand (1814), Washington (1817), Orégon (1846) - Au Haut-Canada deux effets: o Établir une ligne de partage entre pro-américains et loyalistes o Révèle les carences économiques de la province rendues un temps supportables par la nécessité du sacrifice. 9. Montée de seconde génération : la guerre des subsides Pierre Bédard sort miné de son emprisonnement. Accepte une charge de juge à Trois-Rivières. Son parti vient de triompher de Craig; s'ouvre une période de flottement au niveau du leadership ( ) CANDIDATS : Québec :James Stuart; Pierre Vallières de Saint-Réal, Andrew Stuart Montréal : Louis-Joseph Papineau... 6
20 10 La guerre des subsides ( ) Les dépenses et les revenus de la colonies sont gérés selon deux régimes : Les dépenses courantes de l'exécutif concernent l'administration de la province et les salaires des fonctionnaires (Liste civile). Les dépenses extraordinaires concernent les immobilisations et infrastructures. Les unes doivent être assumées par Couronne (subsides royaux et caisse militaire), les autres financées à même des taxes prélevées par l'assemblée législative et dépensées avec son accord (subsides) Disproportion chronique entre les subsides royaux et les sommes amassées par l'assemblée : 1816 Déficit des dépenses courantes: louis Excédent des revenus extraordinaires: louis L'exécutif doit donc piger dans la caisse militaire. Revendication traditionnelle de l'assemblée: Accepte de combler le déficit annuel à condition que l'assemblée ait le contrôle (soit consultée) sur l'ensemble des dépenses courantes comme extraordinaires. Entre 1813 et 1818, le subtil Lord Sherbrooke "emprunte" à l'assemblée. En 1817, dette consolidée de louis. Les députés décident cette année là de voter les crédits article par article. Jusque l à couvée, la guerre devient ouverte avec l'arrivée de Lord Dalhousie ( ) La crise de l'union de 1822 sur fond de crise budgétaire et à propos du partage des revenus douaniers avec le Haut-Canada. John Sewell Pr ésident du Conseil Ex écutif Edward Ellice Lobby commercial, B.Baring, Whig Lord Dalhousie John Richardson Tory au gouvernement James Stuart Procureur et futur juge en chef Lord Castlereagh Secrétaire aux colonies Dalhousie choisit d'emblée l'affrontement et exige le vote en bloc des subsides. Esquivant l'attaque, l'assemblée s'obstine à voter article par article. Dalhousie va se plaindre en Angleterre. Les déput és en profitent pour voter les subsides (1823)... " Ça marche bien quand Dalhousie n'est pas là." L'affaire devient personnelle Le scandale Caldwell. Receveur général. Accus é, mais jamais jugé pour le détournement de louis toujours - Retour triomphal de Papineau qui déloge le modéré Vallières de Saint -Réal. Papineau propose bien de voter les subsides de 1824, mais à condition que le salaire des fonctionnaires soit coupé du quart. BLOCAGE 11 Le duel Papineau-Dalhousie Papineau assoit sa suprématie dans le parti par une joute personnelle contre Dalhousie. Désemparé et voyant ses appuis anglais lui échapper, ce dernier proroge l'assemblée PREMIER BALAYAGE ÉLECTORAL PATRIOTE Triomphe de l'approche radicale de Papineau. Discr édit des modérés Saint-Réal et Stuart. Appui de nombreux modérés et d'anglophones d'accords avec le combat démocratique pour les droits de la majorité.
21 Dalhousie, humilié, est rappelé. Comme sous Craig, sauf que le mouvement réformiste est bien en selle et doté d'un leadership désormais incontesté. Deux grandes avancés de l'angleterre témoignent d'un profond changement de ton après le triomphe de Papineau et de la seconde génération Loi Horton qui donne à l'assemblée le contrôle de toute la liste civile à l'exception du salaire de dix fonctionnaires, dont celui du gouverneur, en échange d'un subside perpétuel de 5900 louis par année Conformément au principe de la responsabilité ministérielle, Aylmer nomme Papineau au Conseil exécutif. Les Patriotes repoussent les deux offres! Trop peu, trop tard? Logique de l'affrontement issue de la rupture du lien de confiance? Ça n'a jamais été les vrais enjeux? Stratégie interne au parti. Consolidation par la confrontation? Après une brève accalmie, 1832 annonce les conflits qui mèneront à la crise globale : politique, sociale, agricole et ethnique. 12 L'accalmie sous Kempt Suite à la pétition de 1827 et de la mise en accusation de Dalhousie, un premier grand rapport sur la r éforme des institutions coloniales. Le Rapport du Comité de 1828 donne largement raison aux Réformistes mais n'offre aucun engagement concret. Dans les instructions aux trois gouverneurs qui suivent Dalhousie, Sir James Kempt ( ), Lord Aylmer ( ) et Lord Gosford ( ) on retrouve l'expression "tenter d'amadouer (to persuade) le parti français". Efficacité décroissante... Sans conviction Kempt propose à l'assemblée le contrôle de 80% de la liste civile et, à Papineau et Neilson, le Conseil exécutif (de nouveau en 1832). Néanmoins réel détente au tournant des années Prise du pouvoir des Whigs à compter de Quelques législations importantes : - La loi des " écoles de syndics" qui vise à mettre sur pied un système scolaire basé sur des commissaires élus et associés à l'assemblée. Provoque la colère du clergé. - Loi des tenures. Per çue comme une concession des députés réformistes. Permet à certains seigneurs de commuer une partie de leurs terres en franc et commun soccage (Beauharnois, Assomption) - Réforme électorale. Porte de 25 à 44 le nombre de comtés. 84 déput és, dont 8 des townships... Le terreau de la 3ème génération... Ce climat de collaboration mine l'autorité de Papineau. Première lézarde dans l'unité des députés réformistes. John Neilson, Duval, Dominique Mondelet, Philippe Panet et F.A. Quesnel - tous de Qu ébec - votent pour la première fois contre Papineau en 1831 sur une mise en accusation de Alymer. Tendances des divisions. Laïcs versus religieux Montréal versus Québec Professionnels versus seigneurs et marchands 13 Une conjoncture de crises 1831, 1832, 1834 épidémie de la mouche à blé (mouche de Herse) décime les récoltes, surtout sur la rive sud. Kamouraska et une partie de Bellechasse dans la famine. Jusqu'en 1825, pas plus de immigrants au total. Puis
22 francophones; anglophones au Bas-Canada 6000 morts en 1832; 4000 en 1834 à cause du choléra "Ce n'était pas assez de nous envoyer des égoïstes avides, sans autre esprit de liberté que celle que peut donner une simple éducation de comptoir, s'enrichir aux dépens des Canadiens et chercher ensuite à les asservir. Il fallait encore se débarrasser de mendiants et les jeter par milliers sur nos rivages; il fallait nous envoyer des pauvres misérables qui, après avoir partagé le pain de nos enfants, se porteront aux horreurs où peuvent entraîner la faim et la misère; il fallait plus : il fallait nous envoyer à leur suite, la peste et la mort!" La Minerve, 20 août 1832 À cause de leurs attaques contre Aylmer, Ludger Duvernay (La Minerve) et Daniel Tracey (The Canadian Vindicator) sont incarc érés pour diffamation (janvier 1832). Vaste mouvement de sympathie en leur faveur. Élection partielle dans le quartierouest de Montréal où s'opposent Tracey (réformiste) et Stanley Bagg (tory). L'élection dure depuis 40 jours quand l'armée intervient et tue trois partisans de Tracey, (21 mai 1832). NOUVELLE DONNE POLITIQUE À LA FIN DE 1832 L'ouverture apparente des Britanniques mine le leadership de Papineau et lézarde l'alliance réformiste, surtout du c ôté de Québec et des classes aisées. Déjà mobilisé lors de la crise de 1827, le peuple est fortement sollicité par les crises de Besoin du parti réformiste de raffermir sa cohésion autour d'un programme clair et propre à canaliser la colère populaire. 14 Les 92 Résolutions Crise ministérielle en Angleterre alors que quatre secrétaires aux colonies se succèdent en 11 mois. Les radicaux font pression pour que soient concrétisées les promesses du rapport de Rédigées rapidement en décembre 1833 par Augustin-Nobert Morin, Elzéard B édard et surtout Louis-Joseph Papineau. Dépos ées le 7 janvier et adoptées en troisième lecture le 17 février Électivité du Conseil l égislatif 2- Dénoncer la corruption de l'administration locale 3-Accroissement des pouvoirs de l'assemblée 4-Dénoncer la gestion des ressources, en particulier la BALC 5-Dénoncer abus passés (Craig, Dalhousie) 6-Respecter l'expression du peuple dans les désignations à l'ex écutif - Bloc enchev êtré du mod éré vers le radical - Plutôt dénonciateur que revendicateur - Reçu comme une véritable déclaration d'indépendance. CONS ÉQUENCES IMMÉDIATES - Le parti reprend l'initiative face au gouvernement colonial avec de nouvelles revendications qui rendent caduque le compromis de Rupture définitive avec de grands leaders de la seconde génération: John Neilson, Andrew Stuart, P-D Debatzch. - Momentum populaire. Les assemblées commencent d ès le vote par l'assemblée. - Les 92 R ésolutions lancent aussi un agenda politique qui se termine avec le recours aux armes. Février Morin fait signer une pétition de noms acheminée à Denis-Benjamin Viger à Londres. Prorogation de la chambre en mars et annonce d'élections générales à l'automne sur la base des 92 R ésolutions. Tout le long de l'été, importante assemblées "résolutionnistes" de caractère organisationnel. Comité de correspondance et Union patriotique. L'action partisane se fait dans l'organisation d'institutions locales représentatives. Novembre Triomphe électoral complet des "Patriotes" qui font élire 78 candidats sur 84. Décembre Nouvelle mission Robert Nelson et Henry Chapman en Angleterre
23 Janvier Débat à Londres sur les résolutions bas-canadienne. Création d'une commission d'enquête royale présidée par Archibald comte de Gosford. Mars Arrivée à Québec du nouveau gouverneur. 15 Les 4 G Consolidation des Whigs à Westminster depuis la réforme électorale et l'élection de Lord Glenelg dirige pour plusieurs années le bureau colonial. Gosford est gouverneur et préside la commission dont les secrétaires sont Charles Grey (Tory) et George Gibbs. Leurs instructions, secrètes jusqu'au début de 1836 se r ésument à : Faire en sorte que le mouvement de r éforme ne débouche pas sur une alliance inter-coloniale. Tenter de subtiliser les modérés à l'influence de Papineau Donner l'impression que le gouvernement entend autant contraindre les anglophones ultra-conservateurs que les radicaux francophones. (interdiction des British Riffle Corps) Gosford semble triompher et l'influence de Papineau est en chute libre jusqu'au coup de théâtre de f évrier 1836 alors que les instructions secrètes de Gosford sont rendues publiques. Radicalisation rapide des deux mouvements (Doric Club, Associations constitutionnelles, CCP) et remise en marche des comités locaux sur le modèle des comités électoraux de Comité de vigilance, comités de sauvegarde, comité central et permanent de comté. Se distinguent alors les comtés de Richelieu et de Deux-Montagnes. Le vote du 2 mars 1837 des Dix résolutions Russell qui autorisent le gouvernement anglais d'amender l'acte constitutionnel de Réfutent les 92 Résolutions et autorisent l'exécutif à piger dans les revenus de l'assemblée sans son autorisation. Les déput és patriotes perdent leur seul pouvoir politique réel. 16 Du politique au judiciaire PÉTITIONS noms noms ASSEMBLÉES Entre 1834 et 1837; plus de 300 assemblées d'organisation et de contestation. GRÈVE DES DÉPUTÉS jours de session jours de session jours de session BOYCOTTAGE ET CONTREBANDE (mai 37) Bloquer l'entrée de taxes et commerce avec les États -Unis CHARIVARI (juin 37) Forcer démission des juges de paix NOMINATION DE NOUVEAUX OFFICIERS (oct 37) Création de gouvernements parallèles dans les campagnes RÉSISTANCES AUX ARRESTATIONS (nov. 37) Libération de prisonniers à Longueuil Du côté gouvernemental. À cause du couronnement de Victoria 1ère, les dispositions des Résolutions Russell sont remises d'un an. 15 juin interdiction de tenir des assemblées publiques. 5 nov - Les magistrats interdisent les parades à Montréal. (Acte d'émeute). 16 nov. - Émission de 26 mandats d'arr êt contre les chefs Patriotes. 5 déc - La loi martiale est proclamée dans tout le district de Montréal et suspension des libertés individuelles et de la Constitution du Bas-Canada. Ces droits ne seront pleinement rétablis qu'en avril
24 HIS 4582: Les Rébellions COURS 05 Les modalités du double soulèvement ( ) En banque depuis le 11 février 2006 Le mouvement patriote présente les traits d'un parti politique s'appuyant sur une base démocratique, tantôt mobilisée en vue d'une joute électorale, tantôt comme force politique propre à faire pression sur le pouvoir. "Regroupement d'individus au sein d'une organisation dotée de structures et d'un programme, dont les membres souscrivent à une idéologie commune et dont la principale raison d'être réside dans la volonté d'accéder au pouvoir politique par le biais d'une élection menée selon certaines règles démocratiques." La Palombara, 1966 : 6 L'idéologie patriote prend sa source dans une lutte pour la réforme des institutions politiques. Les autres enjeux, régime seigneurial, gestion des terres, accès des Canadiens au commerce et à l'industrie, occupent une place irrégulière et semblent davantage motivés par l'opportunité d'ainsi attirer l'élément populaire. Ils peuvent donc être entendu comme une alliance de classes entre la PBCF et la paysannerie au sens où l'entendait Allan Greer (Habitants et Patriotes) LIBÉRAL 1) Séparation de l'église et de l'état, triomphe du principe démocratique, responsabilité de l'exécutif, républicanisme. 2) Contre la ploutocratie des marchands écossais de Montréal et de Québec; réorientation de l'économie selon des axes naturels nord-américains; triomphe de la petite propriété terrienne. NATIONALISTE: Dans un Bas-Canada à 75 % francophone, la lutte pour la démocratie et le nationalisme se confondent. Impression d'un peuple en croissance; droit légitime à l'existence dans le contexte nord américain où prime la souveraineté populaire. Importance d'une tradition juridique et institutionnelle commune aux CF. Le mouvement loyal présente, lui, les traits d'une coalition d'intérêts économiquement et socialement distincts, mais rassemblés à l'occasion de la mise en échec du projet nationaliste et libéral de la PBCF. Cette coalition est animée par la bourgeoisie marchande de Montréal qui lui imprime ses vues et qui posera les gestes les plus significatifs en plus de récolter les principaux fruits de la victoire. Si la coalition d'une large part du clergé, des seigneurs, des administrateurs coloniaux, des paysans anglophones et des marchands coloniaux est momentanée, l'idéologie que défendent ces derniers est en revanche fort articulée et a une forte prise dans l'histoire et la réalité bas-canadienne. LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE: Création d'un empire commercial du Saint-Laurent, axé sur la mise en valeur des ressources à destination du marché croissant des pays en voie d'industrialisation. Aménagement d'infrastructures de transport et diversification de l'économie autour de certains créneaux distincts dans l'empire britannique et développement de la colonie par le biais d'une immigration britannique. OLIGARCHIQUE: Les marchands se présentent comme "Constitutionnels", soit d'abord soucieux de défendre l'héritage parlementaire britannique plutôt que la démocratie pure et simple. Après l'échec électorale de 1834 : 1. Mise en place d'un régime oligarchique basé sur l'augmentation du sens électoral et la sureprésentation des comtés anglophones. 2. Le démantèlement du Bas-Canada ou l'union avec le HC. Selon les marchands, le triomphe du principe démocratique donnerait le pouvoir à une classe en fait réactionnaire, féodale et opposée au progrès et au libéralisme économique.
25 Réseau patriote, Réseau loyal,
26 2. Les journaux PATRIOTES MODÉRÉS LOYAUX La Minerve (Montréal) L. Duvernay et A.N. Morin Morning Courrier (Montréal). VERS LES LOYAUX The Montreal Herald (Montréal) Adam Thom The Canadian Vindicator (Montréal) Ed. B. O'Callaghan Le Libéral (Québec) R.S.M. Bouchette Écho du Pays (Saint-Charles) D. Debartzch, jusqu'en 1834 Stanstead Journal (Stanstead) Marcus Child Le Populaire (Montréal) Sabrevois de Bleury. VERS LES LOYAUX The Quebec Gazette (Qc) John Neilson. VERS LES LOYAUX Le Canadien (Québec) Étienne Parent. VERS LES PATRIOTES The Montreal Gazette (Montréal) Robert Armour L'Ami du peuple (Montréal) P.E. Leclerc Quebec Mercury (Québec) Andw Stuart The Missisquoi Standard (Phillipsburg) 3. La dialectique de l'affrontement fév Dépôt des 92 Rés. oct Élections générales janv Arrivée de Gosford fév Scandales des instructions mars Résolutions Russell juin Interdiction des assemblées nov Émission des mandats d'arrêt PATRIOTES Signature de pétitions. Mise sur pied du CCP et du comité de correspondance. Dans les comtés, actions partisanes/électorales intenses. Triomphe électoral. Désintéressement envers la scène locale; pression désormais portée sur la G-B. Relâchement certain de la mobilisation avec la garantie de la GB de se pencher sur les griefs des Canadiens. Forte réaction des députés. Grève à l'assemblée; prend du temps à gagner le membership. Mobilisation massive des masses par de vastes assemblée publiques Radicalisation des assemblées "anticoercitives". Appel au boycott et à la désobéissance civile. Fils de la liberté. Résistance aux arrestations. Fuite désorganisée. LOYAUX Mobilisation désorganisée. Autour des expapineauistes Neilson, Stuart et Debartzch. Déconfiture électorale; tous les leaders sont défaits. S'organiser en lobby face à l'exécutif; résistance du Conseil législatif; préparer l'action armée. Mise sur pied de la QCA et de MCA Forte pression sur la commission Grey-Gibbs. Création des British Rifle Corps et du Victoria Club. Envoi de deux délégations en Angleterre; préparer le terrain à une action musclée. Mobilisation; les assemblées loyales répondent systématiquement à celles des Patriotes. Mise sur pied des corps de volontaires dans tous les comtés ruraux. Les volontaires supplantent les milices; armés et encadrés par l'armée. Rôle clé à Moore's Corner, StBenoit et Potton en attendant Lacolle et Odelltown.
27 Coalition loyale Forte implication des marchands bénéficiant d'une large base organisée en sociétés nationales racistes (Molson, McGill, Moffat) Presse très militante (Adam Thom, Adam Ferrie). Mobilisation lors de rassemblements populaires avec des antennes dans les comtés ruraux (Beauharnois, Shefford et Sherbrooke) Continuité de l'action politique, à l'agitation, à la mobilisation des volontaires, puis la répression. Parti patriote Papineau : rôle essentiel de direction depuis Clan des Papineau-Viger-Cherrier et de marchands francophones modérés (dewitt, Roy, Persillier-Lachapelle) Aile radicale autour des jeunes députés Rodier, LaFontaine et Perrault et des Fils de la Liberté (Ouimet, delorimier, Tavernier) Nombreuses organisations partisanes. Néanmoins, difficulté à encadrer les radicaux ainsi que les comtés ruraux avoisinants. Perte progressive de contrôle. 6. De la ville à la campagne
28 PATRIOTES 1. Axe Montréal-Saint-Denis-Saint- Hyacinthe Direction du Parti patriote. Siège du Comité central et permanent et du Comité de correspondance. Siège du clan Papineau (Dessaulles, Viger, Chérrier) et des dirigeants du Parti (Nelson, O'Callaghan, Fabre), rôle directeur de La Minerve 2. Axe St-Benoît-St-Eustache-Terrebonne. Affrontements avec les Loyaux locaux. Radical et indépendant. Importance des enjeux régionaux. J.J. Girouard, W.H. Scott, J.B. Dumouchel, Et. Chartier. 3- Axe Acadie-Napierville-Saint-Philippe. Très radical, lutte contre le régime seigneurial. Peu organisé, très militant. Surtout en 1838; Cy. O. Côté, Lucien Gagnon, P.R. Narbonne. 4- Axe Dunham-Stanstead Pro-américain et républicain; essentiellement anglophone, dénonce la BALC; silencieux durant la phase militaire. Marcus Child, E. Knight, C.A. Seymour. 5- Axe de Québec Décimé après Petit groupe autour de Charles Huot, A.N. Morin et R.S.M. Bouchette. Modérés. 6- Axe Yamaska. Peu mobilisé. Affrontement avec les Loyaux de 3R et des cantons voisins. Question des terres. (Assemblée de St- François, 6 août 37); J.O. Arcand, J. Charpentier (Yamaska), Proulx et Hébert (Nic) LOYAUX 7- Axe de Montréal Le plus important et le plus radical; projet d'union, mais surtout d'annexer Montréal au HC. MONTREAL CONSTITUTIONNAL ASSOCIATION (1835), formée d'une coalition d'ass. nationales et animée par des marchands. Débouche tôt sur l'organisation de groupes paramilitaires : Peter McGill, John Molson, Will. Badgly, Will. Walker. 8- Axe Argenteuil-Saint-Eustache Association de marchands-seigneurs de Saint- Eustache et de fermiers écossais de St-André. Victimes des Patriotes de Chénier et Girod; participent à la répression du comté. 9- Axe de la Missisquoi Des Loyalistes de Saint-Armand, Philipsburg et Frelishburg. Associés à la MCA (radical); très tôt organisés en groupe de volontaires; rôle crucial à plusieurs batailles. 10- Axe de Québec Le plus ancien, mais plus modéré que Montréal. Animé par des marchands (T.C. Aylwin, Will. Price, T.A. Young) et des avocats, généralement d'anciens patriotes (Andw Stuart, John Neilson). Cherche une voie constitutionnelle à la crise. 11- Axe de Trois-Rivières Surtout animé par des professionnels CF associés aux seigneurs, aux marchands et aux entrepreneurs anglo de la région (Forges du St-Maurice), Ant. Poulette, Ed. Vézina. 12- Axe Lennoxville Clientélisme autour de Samuel Brooks et Al.T. Galt, liés à la BALC. Associé à la QCA et soucieux du patronage de l'exécutif. Formé en vain en corps de volontaires. 13- Axe Leeds-Ireland Très militant et très organisé. Immigrants de fraîche date; clientèle de J.G. Clapham (Mégantic) et F.G. Heriot (Drumm).
29 COURS 05 LES MODALITÉS DU DOUBLE SOULÈVEMENT II 10 mars Retour sur l évaluation 2. L importance des enjeux régionaux 3. Les conditions du dérapage politique 4. Le sens de la crise de 1837 En guise de deuxième examen, le prof propose de remplacer la formule actuelle par un examen-maison (takehome) où l étudiant devra répondre à trois question sur quatre en trois pages chaque à double interligne. Les questions seront soumises le 8 avril et la remise aurait lieu le 22 avril. Ce changement doit cependant être adopté par le groupe-cours. Voici d ailleurs deux questions qui pourraient être posées et qui seront centrales dans le cours 07. Selon vous, le déclenchement de la rébellion bas-canadienne de 1837 s explique-t-il par un dérapage du mouvement patriote ou est-il le résultat d un complot fomenté par les autorités britanniques afin de contraindre les patriotes à poser des gestes illégaux? Les rébellions du Bas-Canada vous apparaissent-elles comme le résultat d une crise politique, ethnolinguistique ou plutôt sociale et économique? 2. L importance des enjeux régionaux Voir les notes du cours Les conditions du dérapage politique À la base, que des luttes régionales aigues mais triviales, autour d enjeux tels que l accès à la terre, des voies de transport ou des emplois. Des luttes peu à peu reprises par des mouvements nationaux opposés l un patriote, l autre loyal et portées sur un «plus vaste et plus noble théâtre», celui de la réforme des institutions politiques. Ainsi s explique, malgré la complexité des questions débattues, l extraordinaire mobilisation populaire, jusqu au cœur des campagnes du Bas- Canada. Ainsi s explique aussi l incapacité chronique des chefs à éviter le dérapage militaire ou à contrôler cette base militante, demeurée d abord passionnée par les querelles locales. À terme, la contribution des Patriotes est d être parvenue à coaliser ces farouches paroisses laurentiennes et, au sortir d une expérience commune de lutte et de souffrance en , à fonder le peuple du Québec moderne. Dans notre ouvrage de 2004 nous proposions que les comtés les plus mobilisés entre 1834 et 1838 étaient les mêmes pour les loyaux et les patriotes. À l inverse, on a aussi proposé que les comtés où les francophones jouissaient d une suprématie démographique étaient ironiquement parmi les moins mobilisés du côté patriote. Provisoirement, nous avons donc conclu que les enjeux de nature régionale ont pu jouer un rôle important dans l accélération de la crise politique et, ultimement, dans le déclenchement de ces rébellions. Au terme de notre enquête, ces propositions se vérifient dans l ensemble, mais méritent cependant qu on s y attarde plus attentivement. Du côté des loyaux, la mobilisation à l échelle locale dépend en fait peu de la présence d un mouvement rival à proximité. Les loyaux sont tout aussi actifs dans Drummond ou Sherbrooke, où l activité patriote est marginale, que dans Beauharnois ou L Acadie où ils doivent faire face à un mouvement organisé. On note toutefois que les loyaux s avèrent radicaux et agressifs si, à l échelle locale, l adversaire leur oppose de la résistance. On l a bien vu dans Beauharnois et Missisquoi où leur discours est particulièrement vindicatif et où, plus qu ailleurs, ils s enrôlent dans les corps de volontaires armés. Reste que, s il demeure sensible à la présence de patriotes à proximité, le mouvement loyal dépend d abord et avant tout de la présence d une communauté anglophone en mesure de le soutenir. Cette corrélation se vérifie dans presque tous les cas. Plus une localité compte d anglophones, que ce soit des Américains, des Irlandais, des Anglais ou des Écossais, plus le mouvement loyal y sera vigoureux. On l avait déjà observé en examinant la
30 composition ethnique du leadership loyal, on l a ensuite vérifié comté par comté en montrant que le mouvement loyal est essentiellement lié à la présence d anglophones, peu importe s ils perçoivent le péril patriote comme lointain ou immédiat. Le fait que Montréal et Québec, les deux régions les plus mobilisées du côté loyal, ne soient peuplées que pour la moitié d anglophones ne doit pas servir à atténuer cette généralité. Les communautés anglophones de ces deux villes sont de loin les deux plus importantes du Bas-Canada et, à ce titre, largement en mesure de soutenir à elles seules des organisations loyales conséquentes. À Québec, les anglophones animent un mouvement dynamique même s ils n ont en face d eux qu un mouvement patriote anémique et désorganisé. À Montréal, en revanche, anglophones font face à des patriotes particulièrement actifs. On ne s étonne donc pas d y retrouver l organisation loyale la plus puissante et la plus radicale de tout le Bas-Canada. Les anglophones se considèrent donc comme un groupe globalement menacé par le projet patriote et, partout où ils sont en nombre suffisant, ils semblent prêts à s y mesurer. Pas de mouvement loyal sans anglophones? Cela se peut si l on fait exception de la vague loyale qui traverse la vallée du Saint-Laurent vers la fin de 1837, alors que sévissent la violence et la répression. Organisées dans L Assomption, Terrebonne, Portneuf ou Yamaska, ces «démonstrations» loyales sont bien le fait de francophones, mais n ont ni de profondeur ni de conséquence sur le coursdes événements. Les Barthelemy Joliettte (L Assomption), Joseph Masson (Terrebonne), Léonard Godefroy de Tonnancour (Yamaska), Joseph Badeaux (Trois-Rivières) ou Louis Fiset (Québec) sont d abord des détenteurs de charges publiques bénéficiant d une certaine influence locale dont ils usent afin de faire la preuve de leur propre loyauté et de se prémunir contre le courroux des autorités. Les conditions propices à l émergence d un mouvement patriote local répondent quant à elles à des critères plus complexes. Dans cet ouvrage, le regroupement géographique opéré autour de six régions, soit les villes de Montréal et Québec, les comtés du Richelieu, ceux du Suroît, de la rive nord, les comtés riverains du Saint-Laurent et de l Estrie, permet de faire ressortir adéquatement certaines caractéristiques régionales. En ce qui a trait strictement au mouvement patriote, on distingue plutôt trois formes caractérisées de mobilisation, correspondant à trois grandes régions. La première région correspond à plus de la moitié des comtés du Bas-Canada qui, de L Assomption à Kamouraska, jalonnent le fleuve Saint-Laurent en aval de Montréal. Leur trait essentiel est que l activité politique y est faible entre 1834 et 1838, autant du côté patriote que du côté loyal. La mobilisation a d ailleurs tendance à décliner à mesure qu on se dirige vers l est, à l exception d un axe plus dynamique, entre Saint- Maurice et Yamaska, attribuable à la proximité du pôle urbain de Trois-Rivières. À tout prendre, la seule caractéristique qui puisse expliquer la quiétude relative de ces comtés est qu ils sont peuplés essentiellement de francophones. L éloignement de Montréal et leur vocation strictement rurale ne peuvent à aucun égard y expliquer la faiblesse du mouvement patriote. Ces comtés possèdent certains bourgs importants comme Nicolet et Berthier, ils sont tous rivés au fleuve Saint- Laurent, la meilleure voie de communication à l époque, et ne sont certainement pas plus isolés que des comtés comme Deux-Montagnes ou Stanstead, aux confins du district de Montréal. Les enjeux de nature pan-nationale y sont d ailleurs aussi efficacement relayés par des leaders comme Augustin-Norbert Morin (Bellechasse) ou Édouard Rodier (L Assomption). Malgré tout, cela s avère insuffisant pour y susciter la naissance d un mouvement patriote qui irait un tant soit peu plus loin que de signer des pétitions au printemps de 1834 et de tenir une poignée d assemblées anticoercitives à l été de Seul le fait qu on soit en face de populations à plus de 95 % franco-catholiques peut ironiquement y expliquer la faiblesse du mouvement patriote. En d autres mots, l absence à l échelle locale de communautés anglophones, généralement à l origine d un mouvement loyal, désamorce l une des principales sources de conflits à l échelle locale. Comme pour s en convaincre, les comtés de cette zone qui s en tirent mieux du côté patriote sont ceux qui comptent au moins un township peuplé d anglophones : Frampton dans la Beauce, Rawdon dans L Assomption ou Aston près de Nicolet. Malgré une sociographie complètement différente de celle de la région environnante, la ville de Québec répond aussi aux caractéristiques de cette zone. Le mouvement patriote de Québec, modeste et peu organisé, est à l image des comtés avoisinants qui, comme elle, éprouvent peu d intérêt pour les enjeux mis de l avant par l exécutif de Montréal. On constate donc ici que le débat national, portant principalement sur la
31 réforme des institutions politiques, s avère en soi insuffisant pour susciter la mobilisation du côté patriote, à moins qu il ne soit relayé par des contentieux locaux, idéalement de nature ethnique. Plus au sud, autour de Montréal, on a d ailleurs droit à un spectacle complètement différent. Ces comtés forment un arc de cercle en périphérie du district de Montréal : Terrebonne, Deux-Montagnes, Vaudreuil, Beauharnois, Laprairie, L Acadie, Rouville, Missisquoi et Stanstead. Tous sont politiquement très actifs entre 1834 et 1838, autant du côté patriote que du côté loyal, et comptent incidemment tous une population anglophone plus ou moins importante. Tous reliés à Montréal, ils en sont cependant suffisamment éloignés pour avoir développé une identité régionale forte, un leadership vigoureux et des formes originales d organisation. Les leaders patriotes y sont peu sensibles aux injonctions lancées par l exécutif de Montréal et ne créent pas toujours leurs organisations selon les formes prescrites. Guillaume Prévost (Terrebonne), Jean-Baptiste Dumouchel, Jean-Olivier Chénier (Deux-Montagnes), Joseph-Narcisse Cardinal (Laprairie), Lucien Gagnon ou le docteur Côté (L Acadie) sont bien de fervents patriotes, mais sont dévoués d abord à leur région et par conséquent difficile à contrôler depuis Montréal. Si leurs députés s avisent d être des leaders nationaux préférant résider à Montréal, alors l organisation de leur comté apprend à se passer d eux et on ne les voit guère lors des manifestations locales. Pensons à Louis-Hippolyte La Fontaine, totalement absent dans Terrebonne, à Charles-Ovide Perrault dans Vaudreuil, à Jacob dewitt dans Beauharnois ou à Pierre-Martial Bardy dans Rouville. Parmi ces enjeux locaux si chaudement débattus autour de Montréal, la dualité ethno-linguistique entre anglophones et francophones est particulièrement palpable. Cela est clair dans Beauharnois ou L Acadie mais aussi dans Deux-Montagnes. Même dans Missisquoi et Stanstead, où la population francophone est pourtant très faible, la question ethnolinguistique est centrale, comme le rappelle sans cesse à Frelisghburg le Missiskoui Standard de James Moir Ferres. Dans ces deux comtés anglophones, les camps ont cependant tendance à plutôt se partager suivant des distinctions socio-économiques. Partout ailleurs, c est l appartenance ethnique qui fait foi de l affiliation politique, à l exception peut-être de certaines paroisses dans Terrebonne, plus près de Montréal, ou dans Deux-Montagnes, où les haines interpersonnelles transcendent même l appartenance ethnique. Dans ce chapelet de comtés autour de Montréal, on voit donc que le dynamisme du mouvement patriote est en général induit par la proximité d une communauté anglophone et d un mouvement loyal organisé. Que cette caractéristique vienne à faire défaut, comme dans Vaudreuil, Terrebonne et Rouville, et le mouvement patriote s en trouve indubitablement affaibli. On a cependant rencontré des cas où cette règle ne s applique pas, plus exactement dans une troisième région située immédiatement au sud et à l est de Montréal. Comme on l a vu dans le Montréal rural, Verchères, Chambly, Richelieu et dans Saint- Hyacinthe, la mobilisation du côté patriote est intense bien que rien ne s y produise du côté loyal. Ces comtés sont tous massivement francophones et découpés en seigneuries. L absence des loyaux s explique donc rapidement. En revanche, l activité du côté patriote ne peut dans aucun cas s appuyer sur une quelconque rivalité locale entre patriotes et loyaux, entre francophones et anglophones, à moins bien sûr que le spectacle de la domination britannique à Montréal même puisse en faire office. Les rivalités locales et les enjeux y sont bien sûr présents. Qu on pense aux querelles qui opposent Alexis Pinet et Duschenois à Varennes, Debartzch et Marchessault à Saint-Charles, Couillard-Després et LeBoutillier à Saint-Hyacinthe. Ces inimitiés ne suffisent pas à expliquer l ampleur qu y prend le mouvement patriote. Les historiens se sont déjà penchés sur les ressorts de l étonnante mobilisation de ces comtés de la rive sud. Certains l attribuent au marasme économique qui aurait poussé les paysans à la révolte, tandis que d autres y voient à l inverse une région dynamique, le fer de lance du modèle économique proposé par les patriotes (OUELLET : 1966 ; GREER, 1997 ; FILION, 2001 ; FORTIN, 1988). En analysant l organisation patriote entre 1834 et 1837, on arrive pourtant plus simplement à expliquer ce phénomène de mobilisation unilatérale. On remarque d abord que les patriotes de ces cinq comtés de la rive sud sont bien plus qu ailleurs solidaires de la direction de Montréal avec qui ils partagent de nombreux leaders et une grande communauté de vue. L axe Montréal Saint-Hyacinthe est en effet soudé à l exécutif patriote et particulièrement au fait des initiatives prises à Montréal. Ces liens ontologiques nous ont frappé à plusieurs
32 égards : ce sont les premiers à tenir des assemblées anticoercitives, les plus constants à déléguer des représentants au CCPM, les plus prompts à se doter de comités de correspondance avec Montréal ou à l imiter pour créer une filiale des Fils de la Liberté ou de l Union patriotique. Ces liens privilégiés se vérifient aussi dans les contacts personnelset familiaux qu y entretiennent des chefs montréalais tels les Viger dans Chambly, Cherrier et Nelson dans Richelieu et à commencer par Papineau lui-même qui, de Montréal à Saint-Hyacinthe, sait qu il peut compter sur une chaîne ininterrompue d amis sûrs. À preuve, lors de l émission des mandats d arrêt en novembre 1837, c est par là que les chefs patriotes pensent immédiatement trouver refuge et organiser la résistance. Papineau, au début de sa fuite, les traverse presque tour à tour, convaincu d y trouver des appuis fidèles. L axe Montréal Saint-Hyacinthe est donc moins sensible aux antagonismes ethniques que les autres régions du Bas-Canada. Ce trait découle des liens privilégiés que les leaders et la population locale ont tissés avec Montréal où est essentiellement véhiculé un discours de portée nationale sur la conquête de droits démocratiques, la refonte des institutions politiques et scrupuleusement exempt d allusion à l origine ethnique. Plus qu ailleurs l organisation et les leaders patriotes de ces comtés nous auront de fait semblé incarner l orthodoxie patriote, dénuée de tout atavisme régional. Les résolutions de Saint-Ours, Saint-Charles ou de Saint-Marc présentent autant de rectitude que celles du faubourg Saint-Laurent. On s y trouve en somme partie prenante de la gestation des idées patriotes qu on s est tout entières appropriées au point de les faire siennes. Le noyau idéologique et organisationnel du mouvement patriote nous apparaît donc tenir autant de cette région que de Montréal. L un de ses pieds repose bien sûr en ville autour du chef, de l hôtel Nelson ou de la librairie Fabre, tandis que l autre repose quelque part le long de cet axe rural, entre la distillerie Nelson à Saint-Denis, l atelier de L Écho du pays, la maison d Amury Girod et le collège de Saint-Hyacinthe. Le discours libéral et démocratique des grandes revendications patriotes y est diffusé avec une telle force qu il suffit apparemment à soutenir l engouement des élites locales. Après les rébellions, c est d ailleurs dans cette région seule que le rameau du libéralisme et du nationalisme des Rouges et des papineauistes demeurera vivace jusqu à l orée de la Confédération. Une fois pris en compte l importance des enjeux régionaux et l effet de la composition ethnolinguistique sur la mobilisation politique, on est en droit de se demander quelle place cette dimension a pu occuper dans le déclenchement de ces rébellions, un événement qui semble avoir surpris tout le monde et dont personne à l époque ne se considère responsable. Déjà au lendemain des troubles, d ex-patriotes et d exloyaux se rejettent mutuellement la responsabilité d avoir plongé la province dans le chaos et la répression. Certains, dont Louis-Joseph Papineau, parlent d un «complot» destiné à faire sombrer le mouvement patriote dans l illégalité afin de commodément pouvoir arrêter ses chefs et réprimer les foyers de résistance. D autres parlent plus simplement d un dérapage où des éléments incontrôlables, à force d actes de provocation isolés, auraient précipité la province dans la rébellion. Si cette interprétation nous séduit spontanément puisqu elle semble corroborée par les faits, elle repose a priori sur des facteurs impondérables. Si, en revanche, on analyse plus attentivement l organisation de l un et l autre camp et qu on tient mieux compte de la dimension régionale, on est à même d expliquer comment un tel dérapage a pu se produire en novembre De fait, l organisation et la stratégie favorisées par les deux camps reposaient sur un équilibre délicat entre, d une part, la diffusion d un discours à portée universelle et, d autre part, la nécessité de tabler en partie sur les enjeux locaux afin de susciter la participation des masses rurales. En agissant de la sorte, les deux organisations auraient posé en germe les ingrédients suffisants à leur propre dérapage. Rappelons à nouveau que la crise bas-canadienne tire pourtant sa source d un différend politique opposant l exécutif à la majorité les députés en Chambre. Pour ces derniers, l objectif consiste à obtenir la réforme des institutions politiques et à accroître le pouvoir des élus, tandis que pour leurs adversaires il consiste à assurer la prépondérance politique des sujets d origine britannique et la pérennité du lien colonial. De prime abord, il ne s agit nullement d engager une guerre civile et le débat semblait voué à demeurer dans les limbes du politique, comme c était d ailleurs le cas depuis déjà trente ans. La nouveauté des 92 Résolutions de 1834 réside moins dans leur portée radicale que dans le clair désaveu qu elles opposent aux autorités coloniales locales. Elles correspondent donc à un changement de stratégie consistant à adresser ses griefs directement à la Grande-Bretagne en prenant toute la population bas-
33 canadienne à témoin. Minoritaires à Chambre d assemblée, les loyaux se désintéressent aussi de la scène politique provinciale et de même entreprennent de faire entendre leur voix dans la métropole. Cette stratégie «transatlantique» s est encore imposée en 1835 quand l administration du gouverneur Archibald Acheson, 2 e comte de Gosford, s est rendue odieuse aux yeux des loyaux en se rapprochant publiquement de leaders patriotes, puis aux yeux de ces derniers en ne répondant aucunement à leurs demandes historiques. Dans le but d amener la métropole à prendre plus clairement position, les deux mouvements vont donc élaborer une stratégie qui, dans l ensemble, est analogue : déléguer des représentants à Londres pour faire pression directement sur les ministres, mettre sur pied des organisations structurées à travers le Bas- Canada et susciter un vaste mouvement populaire, seul capable d impressionner et au besoin d intimider les autorités coloniales. Dans le prolongement d un parti politique déjà constitué en Chambre, le mouvement patriote choisit de se doter d organisations partisanes où les députés occupent un rôle clé. Ce seront le Comité central et permanent de Montréal, les comités de correspondance et, à l échelle locale, des comités de comté chargés de relayer les mots d ordre du parti dans les circonscriptions électorales. Ces comités de comté chapeautent à leur tour des unions patriotiques et des petits comités de vigilance très militants mais plus ou moins instables. Le parti escompte ainsi montrer qu il bénéficie de l appui massif de la population, qu il est en mesure de perturber les services du gouvernement, de tarir ses sources de financement par le boycottage, voire de prendre au besoin la direction d un soulèvement populaire. Il est cependant essentiel pour Papineau et ses suivants que ces moyens de pression demeurent dans les strictes limites de la légalité afin que le parti puisse prétendre exercer le pouvoir à l intérieur d un État de droit respectueux des lois et des coutumes. Du fait que la députation torie ait été réduite à sa plus simple expression aux élections de 1834, les loyaux mettent sur pied des organisations plus discrètes, agissant plutôt comme un lobby et coalisant des groupes tous hostiles aux revendications patriotes à des degrés variables. Les associations constitutionnelles de Montréal et de Québec se distinguent donc par leur haut niveau d organisation, leur caractère relativement fermé et leur composition plus franchement homogène sur le plan ethnique. À l instar des patriotes, les loyaux se dotent aussi d organisations locales là où le nombre d anglophones les rend viables. Ces «branch constitutional associations» sont affiliées soit à l association de Québec, soit à celle de Montréal. De 1834 à 1837, les loyaux mènent aussi une campagne de presse particulièrement dynamique destinée à discréditer les demandes patriotes, selon eux l expression d un réflexe purement ethnique, à la fois réactionnaire et révolutionnaire. Indifférente au débat politique à l Assemblée, la coalition loyale envisage aussi plus tôt que ses adversaires de recourir à l action militaire et de transformer sa base politique en une armée de volontaires. Soutenir de la sorte une intense mobilisation populaire permet en attendant aux mouvements loyaux et patriotes de prétendre représenter de vastes pans de la société et de poser d imposantes pétitions aux pieds des ministres anglais. Une fois macérés au milieu des campagnes du Bas-Canada, ces grands idéaux sont toutefois relayés par des querelles locales qui répondent à d autres ressorts et qui sont susceptibles de s exprimer par d autres voies. On l a vu, l identité locale joue un rôle important dans les préoccupations des habitants. Des questions comme l accès à des terres, l endettement des paysans, la spéculation foncière ou tout bonnement la haine envers tel seigneur ou les rivalités entre membres de l élite locale reviennent régulièrement. Parmi ces sources de conflits, les tensions entre des communautés de langues et de religions différentes s avèrent généralement les plus sensibles. La communauté écossaise de St. Andrew énerve les patriotes de Saint- Benoît, les anglophones de Huntington et de Russelltown sont vite irrités par les quelques assemblées patriotes tenues dans Beauharnois et les patriotes de Napierville vouent une haine antédiluvienne au seigneur François Languedoc. Ces rivalités s expriment durant la phase politique, alors que les assemblées des uns sont tenues spécialement pour répondre à celles des autres. Elles s expriment aussi à la toute veille de la phase militaire, autant en 1837 qu en 1838, alors que les «grandes batailles» sont partout précédées d une série de coups de main destinés d abord à assouvir des rivalités locales. À ce jeu, il est probable qu à un moment ou un autre les organisations locales aient pu agir de leur propre chef, faire déraper la stratégie commandée par la
34 direction du mouvement et engager le mécanisme devant mener à l émission des mandats d arrêt et à l ouverture des hostilités. Ce péril guette particulièrement les patriotes. Les résolutions Russell de mars 1837 inaugurent une période délicate pour Papineau et le Parti patriote qui doit à la fois accroître la pression sur le gouvernement et rappeler que le peuple est la seule autorité souveraine, tout en s assurant que les militants demeurent dans la légalité. Les moyens mis en œuvre consistent surtout à tenir de vastes rassemblements publics, à boycotter les produits anglais et à multiplier les organisations locales afin d asseoir la plus large mobilisation possible. On peut parler de dérapage à partir du moment où certaines de ces organisations prennent d elles-mêmes des initiatives sans le consentement de la direction du parti. Ces initiatives apparaissent d ailleurs surtout dans les comtés où les rivalités locales sont vivaces et davantage susceptibles de substituer les rancœurs locales aux mots d ordre ambigus d un Papineau. Ce sera d abord à compter de juillet une première vague de démissions chez les magistrats pro-patriotes, suivie d une autre plus intense encore à la fin d août. On l a vu, le 9 septembre, le CCPM réuni à l hôtel Nelson est soudainement inondé des lettres de ces démissionnaires enthousiastes, au point de souligner le danger que le désordre s installe dans les campagnes. Puis ce sera en septembre et en octobre une vague de charivaris en périphérie du district de Montréal, d abord afin de forcer les magistrats récalcitrants à démissionner, mais aussi pour régler certaines querelles locales contre un Casavant à Saint-Césaire, la mission Odin-Feller à Saint-Valentin ou Eustache Cheval à Saint-Eustache. Ces rivalités locales jouent encore au cœur de Montréal où l assemblée des Fils de la liberté du 6 novembre dégénère bien en bataille rangée dans la mesure où les jeunes patriotes ont devant eux des adversaires locaux disposés à en découdre. Jamais ces débordements locaux ne visaient en soi à engager une conflagration générale ou à forcer la direction du parti à prendre la direction d un mouvement armé. Ils sont motivés d abord par le désir de régler certains comptes au niveau local en s en prenant parfois à de vieux adversaires. Leur accumulation entre septembre et novembre montre aussi l incapacité chronique de l exécutif patriote à y mettre bon ordre ou à les canaliser sur un plan politique. Cela explique à la fois comment la direction se trouva tout à coup à gérer une crise devenue militaire et combien elle y fut mal préparée. Que le mouvement loyal ait fait en sorte de faciliter ce dérapage demeure parfaitement possible. Reste que la stratégie de mobilisation mise de l avant par les chefs patriotes, reposant en partie sur des réalités locales parfois explosives, peut à elle seule expliquer que dans certains comtés on se soit senti en droit de passer immédiatement à l action. Du côté loyal, le dérapage peut aussi s expliquer par la difficulté pour la presse et les ténors loyaux à concilier un discours d autant plus agressif et tonitruant qu il est destiné à traverser l Atlantique, avec le souci de s assurer que leurs troupes demeurent de bons et loyaux sujets de fait comme de nom. Plus prompts à envisager l action militaire, les loyaux créent des compagnies de volontaires dès septembre dans Sherbrooke et Beauharnois, tandis qu à Montréal Peter McGill multiplie les démarches afin qu on confie les vigiles urbaines à ses Constitutionals. Il va de soi qu un Lucien Gagnon à Pointe-à-la-Mule sait que juste à côté les loyaux de Hemmingford sont en train de s armer, qu à Saint-Benoît on s inquiète que ceux de St. Andrew et de la côte des Anglais forment des compagnies. Il va en somme de soi qu à l échelle locale on voit d un très mauvais œil que ces Britanniques mêlent à leur tour la crise nationale aux querelles locales et qu en plus on leur fournisse les fusils! Alors que les mouvements «nationaux» tentent en principe de suivre la ligne étroite séparant l agitation politique de la rébellion ouverte, les organisations «locales» semblent mieux disposées à la franchir. Les antinomies personnelles y sont plus sensibles, les rivalités ethniques plus ouvertement assumées et, de manière plus pratique, l adversaire est à proximité. Une telle explication ne remet pas en cause l existence d un grand mouvement patriote et d une vaste coalition loyale, tous deux en lutte au nom d idéaux politiques. Elle rappelle cependant l importance de tenir compte davantage de la dimension régionale afin d expliquer l escalade politique au Bas-Canada, les ressorts de la rébellion armée ou tout simplement pour mieux comprendre à quoi au juste pensaient John Smith et Jean-Baptiste à la veille de ces jours difficiles de 1837 et 1838.
35 4. Le sens de la crise de 1837 Lord Durham, 1839 La tranquillité de chacune des provinces de l Amérique du Nord, à cause des conflits entre l Exécutif et les représentants du peuple, était sujette aux discordes continuelles. Les Constitutions de ces colonies, le caractère officiel et la position des rivaux, l objet avoué de leurs querelles, les principes soutenus de part et d autre, tout cela était si semblable que je dus adopter l opinion commune que la querelle généralisée était la conséquence de quelque défaut identique de ces provinces. Je la regardai comme une de ces querelles auxquelles nous ont habitués l histoire de l Europe et la connaissance des hommes : une querelle entre un peuple qui demande un accroissement des privilèges populaires d un côté, de l autre, un Exécutif qui défend les prérogatives qu il estime nécessaires au maintien de l ordre. [ ] Par suite des circonstances spéciales où je me trouvai, j ai pu faire un examen assez juste pour me convaincre qu il y avait eu dans la Constitution de la province, dans l équilibre des pouvoirs politiques, dans l esprit et dans la pratique administrative de chaque service du Gouvernement, des défauts très suffisants pour expliquer en grande partie la mauvaise administration et le mécontentement. Mais aussi j ai été convaincu qu il existait une cause beaucoup plus profonde et plus radicale des dissensions particulières et désastreuses dans la province une cause qui surgissait du fond des institutions politiques à la surface de l ordre social, une cause que ne pourraient corriger ni des réformes constitutionnelles ni des lois qui ne changeraient en rien les éléments de la société. Cette cause, il faut la faire disparaître avant d attendre le succès de toute autre tentative capable de porter remède aux maux de la malheureuse province. Je m attendais à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple ; je trouvai deux nations en guerre au sein d un même État ; je trouvai en lutte, non des principes, mais des races. Je m en aperçus : il serait vain de vouloir améliorer les lois et les institutions avant que d avoir réussi à exterminer la haine mortelle qui maintenant divise les habitants du Bas-Canada en deux groupes hostiles : Français et Anglais. Marcel-Pierre Hamel, Le rapport de Durham, Québec, Éditions de Québec, 1945, p. 68. François-Xavier Garneau, 1845 Car, quant à la justice de leur cause, ils avaient infiniment plus de droit de renverser leur gouvernement que n en avaient l Angleterre elle-même en 1688, et les États-Unis en 1775, parce que c est contre leur nationalité, cette propriété la plus sacrée d un peuple, que le bureau colonial dirigeait ses coups. François-Xavier Garneau, Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu à nos jours, tome 2, 5e édition, Paris, Alcan, , p John Fraser, 1890 The time will come when the memories of Canada s rebel dead of 1837 and 1838 will be revered and held sacred in every British Colony, distant or near, as the fathers of colonial responsible government. John Fraser, Canadian Pen and Ink Sketches, Montréal, 1890, p Maurice Séguin, 1968 La révolte de 1837 est, en réalité, un double soulèvement : soulèvement des Britanniques du Bas- Canada contre la menace d une république canadienne-française, soulèvement de la section la plus avancée des nationalistes canadiens-français contre la domination anglaise. Maurice Séguin, L idée d indépendance au Québec. Genèse et historique, Trois-Rivières, Boréal Express, 1968, p. 33. Gérald Bernier, 1981 Un élément qui illustre bien qu il serait abusif de réduire les événements des années 1830 à la confrontation de deux ethnies est la présence d anglophones dans le Parti patriote. On les retrouve dans des rôles les plus divers : députés, candidats, tribuns, membres des appareils de soutien. Des noms tels ceux de John Neilson, des deux frères Nelson, de O Callaghan, de T. S. Brown, de Daniel Tracey, de W. H. Scott viennent immédiatement à l esprit. L adhésion de ces individus au parti semble se faire sur une base idéologique et sur la convergence d intérêts de classe. Le clivage ethnique n est pas assez puissant pour masquer la communauté de ces intérêts. Les représentants anglophones au sein de la direction du parti sont en effet issus des mêmes
36 couches sociales que les patriotes francophones, soit les divers éléments constitutifs de la petite bourgeoisie. Gérald Bernier, «Le parti patriote ( )», dans Vincent Lemieux (dir.), Personnel et partis politiques au Québec, Trois-Rivières, Boréal Express, 1981, p Fernand Ouellet, 1976 Les insurrections de peuvent être définies d abord comme un mouvement d in dépendance nationale dirigé par les classes moyennes canadiennes-françaises et à leur profit [ ]. Cette élite révolutionnaire voit l avenir en fonction d une économie agricole et de la survivance de l ancien régime social. L indépendance, en brisant les deux secteurs les plus dynamiques de l économie : le commerce du bois et le trafic des céréales avec l ouest, aurait enraciné le sousdéveloppement pendant plusieurs décennies et renforcé les seigneurs et le clergé. C est en fonction de ces vues et de ces objectifs que les nationalistes font appel à la masse et la mobilisent en L échec des insurrections peut sans doute s expliquer par l attachement excessif des classes moyennes canadiennes-françaises à leurs intérêts à court terme. Il peut aussi provenir du fait qu elles n étaient pas vraiment révolutionnaires, qu au fond elles traversaient une crise de croissance et qu elles étaient à la recherche d une place et d un statut dans la société. Ainsi s expliquerait l extraordinaire pauvreté du leadership fourni par les révolutionnaires des classes moyennes. Fernand Ouellet, Le Bas-Canada Changements structuraux et crise, Ottawa, Éditions de l Université d Ottawa, 1976, p , 487. Elinor Kyte Senior, 1985 What [many] failed to ask was whether responsible government might have come about anyway and perharps even sooner than 1849, had it not been for the fratricidal strife of Elinor Kyte Senior, Redcoats and Patriotes. The Rebellions in Lower Canada, , Ottawa, Musée national du Canada, 1985, p Jean-Paul Bernard, 1996 Les Rébellions dans la colonie du Bas-Canada apparaissent ainsi comme une crise sociale généralisée, qui concerne à la fois le développement des institutions politiques, les orientations et les profits à tirer du développement économique et le développement de l identité coloniale. Aucune de ces trois dimensions fondamentales ne peut être écartée légèrement, ni même réduite au statut d aspect second d une autre dimension. Aussi, une insistance sur une ne devrait pas empêcher une insistance sur une autre, les facteurs n étant pas totalement indépendants, et les interactions et effets de synergie dans la situation concrète étant manifestes. Jean-Paul Bernard, Les Rébellions de 1837 et de 1838 dans le Bas-Canada, Ottawa, Société historique du Canada, brochure historique n 55, 1996, p. 26. Allan Greer, 1998 La Rébellion ne fut pas exclusivement ou même premièrement une affaire militaire, pas plus qu elle ne fut seulement le fait de «rebelles». L importance de la crise peut être appréciée non seulement par la portée considérable des défis contre l ordre existant, mais aussi par les mesures extraordinaires prises pour préserver l autorité britannique. En plus des assauts militaires contre ses ennemis bas-canadiens, le gouvernement opéra une révolution juridique sans précédent pour s assurer la victoire. On imposa la loi martiale, l habeas corpus fût suspendu, et des arrestations eurent lieu massivement et sur une grande échelle, très souvent sans qu aucune accusation ne fut portée. Allan Greer, «Reconsidérer la Rébellion de », Bulletin d histoire politique, vol. 7, n 1, automne 1998, p. 37.
37 Gilles Laporte, Patriotes et Loyaux, Québec, Septentrion, 2004 :56.
38 HIS4582 LES RÉBELLIONS DE COURS 08 LES ÉVÉNEMENTS 1. Les événements de L émeute du 6 nov 2. Les réseaux de mobilisation ( ) 5. La fuite de Papineau (16 novembre) 1. 4 sous-régions 6. La campagne du Richelieu (21 nov 6 déc) 2. L axe Montréal-Saint-Hyacinthe 7. La campagne de Deux-Montagnes 3. Trois-Rivières 1. La bataille de Saint-Eustache 4. Deux-Montagnes 2. La marche du colonel Markham 5. Suroît 8. La rébellion des Frères chasseurs 6. Acadie 1. Les camps armés 7. Estrie 2. L offensive 3. Les charivaris d août et septembre 3. La répression 1. Acadie 9. La dispersion 2. Deux-Montagnes 1. Fuite et regroupement 3. Richelieu 2. L exil 4. Les derniers grands rassemblements 1. Six comtés, octobre 2. Tattershall 3. Saint-Scolastique, 2M QUESTION EN VUE DE L EXAMEN 2 Quelles sont les différences fondamentales entre le soulèvement de 1837 et celui de 1838?
39 COURS 06 Les événements DÉBUT NOVEMBRE: LE RECOURS À LA VIOLENCE 15 OCTOBRE Élections à Sainte-Scholastique (Deux-Montagnes) des juges de paix. 22 OCTOBRE Un millier de Fils de la Liberté font des manœuvres dans les faubourgs de Montréal octobre Grande Assemblée des Six-Comtés à Saint-Charles. Convocation d'une convention nationale; on élève une colonne surmontée du bonnet de la Liberté, et portant cette inscription: "A Papineau, ses compatriotes reconnaissants, " 23 octobre -- Assemblée monstre des Loyaux de Montréal au Tattershall. 24 octobre Mandement de l'évêque de Montréal contre le recours à la violence.. 5 NOVEMBRE Les magistrats interdisent les parades à Montréal. 6 NOVEMBRE Bagarre à Montréal entre les Fils de la Liberté et le Doric Club; les Loyaux saccagent les ateliers du Vindicator et s'attaquent à la maison d'andré Ouimet, président des Fils de la Liberté. MI-NOVEMBRE - "NE PAS SE FAIRE ARRÊTER" nov - Devant l'imminence de l'émission de mandats d'arrêt, Papineau et O'Callaghan quittent discrètement Montréal.(les 26 mandats sont finalement émis le 16 nov.) 2. Conciliabule de Varennes. Sont présents Papineau, O'Callaghan, Boucher-Belleville, Amury Girod et Alphonse Gauvin. Trois importantes décisions - Organiser la fuite de Papineau vers les États-Unis - Résister aux arrestations - Organiser des camps fortifiés en attendant un soulèvement général 3. Le 17, Girod arrive à Saint-Eustache avec les pouvoirs de "général de l'armée du Nord". 4. Papineau et O'Callaghan gagnent Saint-Denis, puis Saint-Hyacinthe et enfin Saratoga Springs (NY) le 12 décembre. 5. Thomas S. Brown organise la saisie du manoir Debartzch qu'il entreprend de fortifier. 6. D'abord à Saint-Athanase (Iberville) un peloton du Royal Cavalry Corp avait du, le 10 novembre 1837, disperser un
40 groupe de manifestants. Le 17 novembre, un escadron de police qui ramène des prisonniers est pris en embuscade. Il y a cinq blessés et les prisonniers sont libérés FIN NOVEMBRE - LES BATAILLES DÉCISIVES Désormais l'armée accompagne la police dans les arrestations. L'objectif de John Colborne est le village de Saint-Charles. Il dépêche donc deux compagnies afin de soumettre le Richelieu. L'une, sous les ordres du lieut-col. Gore se rend en navire à vapeur jusqu'à Sorel et entreprend une marche pénible vers Saint-Denis le 22. L'autre sous les ordres du Lieut-col. Wetherall est ralentie dans sa marche par le flanc sud par la rupture de nombreux ponts. 1. Saint-Denis, 23 novembre Les troupes anglaises affrontent les Patriotes commandés par Wolfred Nelson, embusqués dans une maison fortifiée. Devant la résistance patriote, l'armée doit reculer. On compte environ 12 morts de chaque côté. 2. Saint-Charles, 25 novembre heures après la bataille de Saint-Denis, le corps de Wetherall attaque le village de Saint-Charles. Les Patriotes commandés par Thomas S. Brown y sont écrasés et perdent environ 150 hommes. 6. Pointe-Olivier, 28 novembre De retour de Saint- Charles, les troupes britanniques dispersent un groupe de 2000 manifestants armés. DÉCEMBRE LA CAMPAGNE DE DEUX- MONTAGNES 1. À l'initiative de Scott et Girod, les Patriotes installent leur camp armé à Saint-Eustache novembre Des Patriotes de Saint-Eustache tentent d'obtenir l'aide des amérindiens d'oka. Ils s'emparent finalement d'un canon et de quelques fusils. (Moore's Corner, 6 décembre 1837) 3. L'imposante armée de 1200 hommes sous les ordres de Colborne se divise en deux alors que les volontaires de Globensky piquent par la rivière gelée décembre - Bataille de Saint-Eustache. Réfugiés dans l'église, environ 900 Patriotes sont dispersés, laissant environ 70 morts. 5. Saint-Benoît, 15 décembre La même armée marche ensuite sur le village de Saint-Benoît qui est incendié décembre La marche du colonel Markland sur Saint-Scolastique et Sainte-Thérèse, visant à arrêter les fuillards.
41 NOVEMBRE LE SOULÈVEMENT CHASSEUR Potton (Mansonville), 27 février Un groupe de Patriotes venus du Vermont attaque des Loyaux. Il y a un mort et trois blessés. Moore's Corner, 6 décembre patriotes réfugiés aux États-Unis tentent une incursion en territoire bascanadien. Ils sont repoussés par 300 volontaires de la région de Missisquoi. Caldwell's Manor (Clarenceville), 28 février Six cent Patriotes venus des Etats-Unis proclament l'indépendance de la République du Bas-Canada. Ils retraitent rapidement devant un groupe de soldats volontaires. Beauharnois, 3 novembre Des Frères chasseurs commandés par Chevalier DeLorimier attaquent le manoir du seigneur Ellice, coulent un bateau à vapeur puis se rallient au camp de Napierville. Chateauguay, 3 novembre Des Frères chasseurs tentent de désarmer les amérindiens de kahnawake. Ils sont fait prisonniers et livrés au gouvernement. Deux d'entre eux seront plus tard pendus. Sainte-Martine, 3 novembre Un groupe de Frères chasseurs affrontent des volontaires puis se rallient au camp de Napierville Saint-Constant, 3 novembre des Frères chasseurs attaquent les maisons de personnes fidèles au gouvernement anglais Terrebonne, 4 novembre La police affronte les chasseurs de Éloi Marier. Il n'y a cependant pas d'affrontement et les deux parties s'entendent pour éviter la violence. La Présentation. 300 Rebelles attendent en vain l'ordre de marcher sur Sorel. Napierville, 3 au 11 novembre au matin du 4 novembre, le "camp de Napierville" compte 3000 hommes commandés par Charles Hindenlang. Ils attendent des armes des États-Unis.
42 L'ÉCRASEMENT DU SOULÈVEMENT CHASSEUR Lacolle, 6 novembre Environ 400 Chasseurs, qui souhaitent prendre possession d'armes aux États-Unis, sont pris en embuscade chemin faisant. Odelltown, 9 novembre Dans un ultime effort pour rejoindre les États-Unis, environ 700 Frères chasseurs affrontent des volontaires réfugiés dans une église. Ils doivent cependant retraiter, ce qui entraîne l'évacuation du camp de Napierville novembre. Marche des volontaires de Huntingdon le long de la Châteauguay afin de saisir les armes et de procéder à des arrestations. 10 novembre. Arrivée des réguliers dans la région par chemin de fer. Entrée dans Napierville totalement évacuée. De nombreuses arrestations jusqu'au début de décembre.
43 HIS 4582: Les Rébellions COURS 08 - L'Amérique du nord en crise En banque depuis le 5 mai L Âge des révolutions 10.2 Les colonies maritimes 10.3 Le Haut-Canada 10.4 Le Rapport Durham L Age des révolutions États des mouvements révolutionnaires vers 1837 Trois tendances après 1815 et qui donneront plus tard naissance au nationalisme et au principe des nationalités. Quête d une souveraineté perdue Révolte et indépendance de la Grèce (1821) vs Turquie Soulèvements polonais (1830) vs Russie Révolte carbonari (1831) vs Autriche Luttes de décolonisation Mouvements d indépendance d Amérique latine (1821) Révolutions bourgeoises Révolution de juillet (1830) Reform Bill anglais (1832) Lutte sociale Mouvement chartiste anglais (1839) Grande grève des canuts (Lyon, 1831) Les influences intellectuelles des Patriotes Humanisme anglais Légitimité limitée, contrat social, individualisme. Thomas Hobbes (1679), Shaftesbury (1661), John Locke (1704) Tradition whig anglaise Dialogue avec les colonies, conteste le Old Colonial System, pouvoir aux landlords. James Fox (1806), James McIntosh (1815), Henry Brougham (1868) Révoltes frumentaires d Ancien Régime Aspiration à une justice alimentaire, redistributive, critique envers l autorité centrale, favorable aux anciennes formes de régularisation locale et précapitaliste. Lumières «juridiques» Équilibre et division des pouvoirs, dénoncer l absolutisme et l arbitraire Montesquieu (1755), Beccaria (1794), LaFayette (1790) Révolution américaine Souveraineté populaire, pouvoir aux petits propriétaires. Jefferson (1826), Andrew Jackson ( ), Alexis de Tocqueville (1859) Utilitaristes anglais Rigueur et efficacité de l État, imputabilité des fonctionnaires, gestion de la société civile Jeremy Bentham (1831), John Stuart Mill (1873), lord Durham (1840) Libéralisme économique Libre-échange, se débarrasser des colonies, pas de politique dans le commerce. Adam Smith (1790), David Ricardo (1823), Richard Cobden (1865), Robert Peel (1850) Catholicisme social Compassion dans les affaires sociales Félicité de Lamennais (1854), Lacordaire (1861) Chronologie 1815 Congrès de Vienne 1823 Doctrine Monroe ; l Amérique aux Américains 1819 Émeutes de Peterloo contre les Corn Laws 1830 Insurrection à Varsovie 1830 Révolte et indépendance de la Belgique 1830 Les Trois glorieuses en France 1831 Révolte carbonari en Italie (Mazzini) 1832 Réform Bill en Angleterre accorde le droit de vote à la classe moyenne 1838 Ligue anti-corn-law 1847 Famine en Irlande 1839 Mouvement chartiste 1848 Le printemps des peuples Indépendances Haiti : 1er janvier 1804 Colombie : 20 juillet 1810 Mexique : 16 septembre 1810 Chili : 18 septembre 1810 Paraguay : 14 mai 1811 Venezuela : 5 juillet 1811 Argentine : 9 juillet 1816 Pérou : 28 juillet 1821 Costa Rica : 15 septembre 1821 Guatemala : 15 septembre 1821 Honduras : 15 septembre 1821 Nicaragua : 15 septembre 1821 Salvador : 15 septembre 1821 Equateur : 24 mai 1822 Brésil : 7 septembre 1822 Bolivie : 6 août 1825 Uruguay : 25 août 1825
44 L ANB en crise Nv-Écosse Nv-Brunswick IPE Haut-Canada Bas-Canada TOTAL Terre-Neuve PEUPLEMENT : Humphrey Gilbert et dévelop. de la pêche à la morue; personnes à Avalon ; quelques Français à Plaisance ÉCONOMIE : Davantage considéré comme un comptoir que comme une colonie; Début de la chasse au phoque qui occupe la population l'hiver (poursuite de la trappe au Labrador) POLITIQUE : Petite élite à Saint-Jean. William Carsen réclame un gouvernement colonial (1808); Londres accorde un gouverneur; Assemblée législative sous la tutelle britannique; Câble transatlantique - fort sentiment anti-canadien... Île-du-Prince-Édouard PEUPLEMENT : Terre sablonneuse. Seule province maritime à vocation agricole ; fournit les colonies environnantes en pommes de terre après 1780; Les Acadiens de l'île-saint-jean sont déportés en Population faible, surtout écossaise. ÉCONOMIE : Dominée par des propriétaires forains au comportement féodal; Fermiers à loyer; Agents ou baillis collectent les rentes; Pauvreté et lenteur du développement POLITIQUE : Mouvement de réforme après 1810; séparée de la Nouvelle-Écosse; Assemblée législative; Programme de rachat des terres par les petits; Responsabilité ministérielle en 1851 Nouveau-Brunswick PEUPLEMENT : Territoire anglais depuis Utrecht (1714); Déportation des Acadiens de l'estuaire de la riv. Saint-Jean (10 000); 1784 : Loyalistes le long de la riv. Saint-Jean et sur la Baie des Chaleurs; dans l'ensemble des communautés isolées et peu homogènes ÉCONOMIE : Importance du port de Saint-Jean; Pêche le long du banc George; Exploitation forestière (empire forestier de la Miramichi); Construction navale; Commerce triangulaire avec les Antilles; Axé sur l'empire britannique POLITIQUE : Assemblée en 1791, mais pas de mouvement de réforme organisé; responsabilité ministérielle en Nouvelle-Écosse PEUPLEMENT : En Halifax est déjà la métropole des Maritimes; loyalistes associés au commerce et à l'empire ÉCONOMIE : Garnison et port militaire; Carrefour commercial pour l'empire britannique (pêche, bois, charbon); Construction navale intense tout le long de la côte; 4 e marine du monde en 1861; Profite surtout à un groupe. CONSEIL LÉGISLATIF Une aristocratie cumulant les liens entre l'administration (sinécures), les marchands de Halifax (échanges avec les Antilles) et l'armée britannique (contrats de fournitures aux armées) ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE Fermiers d'annapolis Royale, ouvriers de chantiers, pêcheurs et professions libérales de Halifax Assemblée législative dominée par les intérêts militaires et mercantiles Parti réformiste dominé par Joseph Howe, journaliste et
45 avocat devient le catalyseur d'un mouvement de réforme Letters to the People réclame : Fin des abus et de la corruption Davantage de pouvoir à l'assemblée La responsabilité ministérielle Les rébellions au Canada retarde les réformes Responsabilité ministérielle en 1847 SANS RÉBELLION... Haut-Canada Pas peuplé durant la Nouvelle-France (rapides du SaintLaurent) Arrivé de 6000 Loyalistes en Amérique depuis quelques générations Forcent la création du HC. Tenure et lois anglaises Octroie des terres gratuites dans Niagara, York et Kingston (fiefs conservateurs) Mise en place assurée par le gouv. John Graves Simcoe Accueille et lotit les Loyalistes Met en place une administration civile Jusqu'en 1812 stimule le peuplement par des Américains à la recherche de terres sur le front pionnier de New York et de la Pennsylvanie. LE PROBLÈME RELIGIEUX Affrontement dès 1815 entre les trois principales confessions Anglicans: Proches de la métropole, favorisés par le régime, le système de tenure. Autour de John Strachan. Méthodiste: Proches des Etats-Unis; plus nombreux dans les campagnes; autour de Egerton Ryerson. Presbytérien : Église officielle d Écosse où elle bénéficie de privilèges non reconnus au Haut-Canada. S ajoute aussi de nombreuses «sectes» protestantes d origine américaine : Quakers, Shakers, Anabaptistes. PROBLÈME ÉCONOMIQUE Dès 1785 cadastré en cantons où l'achat des terres subventionne le gouvernement (pour des routes) et l'église anglicane (réserves du clergé). Monopole de la Canada Lands Company. La Guerre Haut-Canada dévasté et retardé dans son développement. Conséquences importantes pour le HC et révèle: La dispersion de la population (réserves dans les cantons) La faiblesse et la vulnérabilité des voies de communications; faible accès au marché atlantique Dépendance envers Montréal Robert Gourlay, Statistical Account of the Upper Canada dénonce les pratiques foncières du gouvernement en particulier la spéculation. Les "réserves" sont louées et non vendues pour que les colons les mettent en valeur et qu'on puisse éventuellement les vendre à un prix plus élevé. Décrit la formation d'un Family Compact ou "pacte de famille". Il identifie les alliances entre les membres de l'élite économique et politique en vue de s'accaparer les emplois gouvernementaux. Durant les années 1820, série de travaux publics (Rideau, 1824; Erie, 1825, Welland, 1835) mais prise de conscience du retard par rapport aux États-Unis. L'AFFRONTEMENT POLITIQUE PROBLÈME CULTUREL Clivage politique semblable à celui de l'angleterre. Disparité entre les Loyalistes arrivés avant 1790 et les Américains, Tory : Conservateur, proche du pouvoir royal et du patronage. urbain et commercial. pétris par les institutions républicaines et qui s'installent dans l'ouestsurtout de Whig: Libéral, valorise le petit propriétaire indépendant. Dénonce la la péninsule pour des raisons économiques. concentration du pouvoir économique et politique entre les mains du Family Compact.
46 LES OPPOSANTS POLITIQUES Les régions de colonisation (à l'ouest et au sud) Les colons américains qui doivent payer leurs terres Avocats et médecins de la classe moyenne Les Loyalistes arrivés tôt installés à Kingston et dans les riches terres du Niagara Les Hauts-Fonctionnaires (entourage du gouverneur) La bourgeoisie marchande de Toronto Les catholiques irlandais attitrés aux travaux publics Les Officiers britanniques (nombreux depuis 1812) Les non-conformistes et catholiques Animent le parti Whig ou Réformiste. MODÉRÉS : Robert Baldwin, John Rolph, avocats anglais, favorables à la resp. ministérielle. RADICAUX : Barnabas Bidwell, John Mattews, nés aux É-U et favorables à des institutions républicaine. ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE William Lyon MacKenzie ( ) Arrivé d'écosse en 1820 Fonde le Colonial Advocate en : victoire électorale des réformistes (McKenzie, et la tendance John Rolph et Robert Baldwin) 1835 Septième rapport sur les griefs (550 p.) inspiré des 92 Résolutions Attaques personnelles contre des membres du Family Compact. Contre les réserves du clergé anglican Exige le contrôle de la liste civile Pour un système d'éducation étatique Démocratiser le système d'attribution des emplois. Le haut-clergé anglican Animent le parti Tory : MODÉRÉS : Le Family Compact de John Strachan et John Beverley Robinson. RADICAUX : Les Orangistes de Ogle Robert Gowan et Allan McNab. CONSEIL LÉGISLATIF Francis Bond Head ( ) Gouverneur ( ) Prend fait et cause pour le Family Compact et affronte les Réformistes. S'appuie sur les villes contre les campagnes. Élections de Il participe directement à la campagne en dénonçant les partisans de McKenzie. Téméraire et orgueilleux, il expédie au Bas-Canada l'ensemble du régiment de Toronto même si la situation devient grave chez lui Défaite électorale des Réformistes fomentée par le gouverneur Bond Head Contexte de crise économique (non-convertibilité en or). Série d'assemblées populaires pour "Créer un climat d'agitation". Du 4 au 7 décembre partisans de Mackenzie rassemblés à la Montgomery's Tavern (rue Younge). Désemparé, Bond Head appelle la formation de milices de Volontaires. 6 décembre - Arrivée d Allan McNab à Toronto avec 70 hommes rebelles mis en déroute par 400 loyaux. 13 déc Charles Duncombe et Eliakim Malcom rassemblent 500 hommes à Brandford. McNab va à leur rencontre et les disperse sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré. 14 déc McKenzie arrive à Navy Island (territoire américain) où il organise la résistance. Rôle du général Van Rensaeller. 25 déc Bond Head fait couler le navire américain, Caroline qui approvisionne les rebelles. Forte réaction américaine Série de raids transfrontaliers Tous organisés par des Américains Grands problèmes d'organisation et d'équipement. Répression disproportionnée. Ex : 30 mai 1838 Suite au sabordage du Sir Robert Peel, il y a 22 arrestations, une pendaison et 17 déportés en Australie. 4 déc 1838 Lors de l'attaque sur Windsor, où150 rebelles affrontent 300 miliciens, 30 rebelles sont tués dont cinq sommairement abattus. 12 déc 1838 La bataille de Prescott fait 170 morts. Onze rebelles seront pendus pour y avoir participé. Au total: 262 arrestations; 16 pendus et 86 déportés en Australie.
47 Pur produit de la tradition whig de la Haute-Noblesse et le meilleur espoir de ceux qui veulent démocratiser l'angleterre par ses élites. Fréquente très tôt les cercles jacobites favorables à un rapprochement avec la France. Puis considéré comme "Le plus radical des Whigs et le plus modéré des radicaux" (New) John George Lambton, 1er comte de Durham ( ). Fils de William Henry Lampton et de lady Anne B. Villiers, fille de George Villiers, 4e comte de Jersey. Époux de Louisa E. Grey, fille du premier ministre Charles Grey ( ), nièce de Edward Ellice et tante de Charles Grey jr., gouverneur-général du Canada ( ) et de Henry, vicomte de Howick, secrétaire aux colonies ( ) et grand-mère de Albert, 4th Earl of Grey (coupe Grey) Historiographie du rapport Durham Son beau-père premier ministre lui confie la grande réforme électorale Sort triomphant de la réforme; il dérange Melbourne nomme Durham ambassadeur en Russie janvier Accepte sa nomination comme gouverneur du Bas-Canada, doté de pouvoirs extraordinaires. Avril Départ du Hastings en compagnie de son équipe: Charles Buller, Edward G. Wakefield, Thomas Turton. 27 mai - Arrivé à Québec. Il suspend le Conseil spécial mis en place depuis la suspension de la Constitution le 10 février. 26 juin - Durham fait libérer 310 prisonniers en échange de l'aveu de culpabilité de huit chefs, dont W. Nelson, qui sont déportés aux Bermudes 19 septembre - Dénoncée par ses adversaires politiques, la décision de Durham est désavouée. Il démissionne. 1er novembre - Embarquement pour l'angleterre (4-8 novembre - Rébellion des Frères chasseurs) 7 décembre - Durham arrive à Londres 31 janvier - La rédaction du rapport est complétée 11 février Dépôt du rapport Durham 28 juillet Il meurt de la tuberculose. Historiens whigs (Charles Lucas, Chester New, Arthur Doughty) Monument de la philosophie politique. Véritable programme en faveur de l'émancipation des colonies et de la mission civilisatrice de la Grande-Bretagne. Son Colonial Self-Gouvernment est une oeuvre prophétique annonçant les mouvements d'indépendance nationale mais dans l'orbite de la civilisation britannique. Père du Commonwealth. Gauche britannique et canadienne-anglaise (Gallagher et Robinson, Eric Hobsbawm, S.D. Clark, Stanley B. Ryerson) Correspond à la montée du capitalisme industriel et au triomphe de la middle class peu intéressée par l'empire mais soucieuse d'ouvrir des marchés aux produits anglais. Angliciser le Canada tout en lui accordant le gouvernement responsable va donc dans le sens de l'établissement d'un néo-colonialisme plus économique que politique. Nationalistes québécois (Lionel Groulx, Michel Brunet, Maurice Séguin, Denis Vaugeois) Le rapport Durham et l'union de 1840 constituent une deuxième conquête visant à éradiquer le tissu social canadien-français. Les mécanismes de la sujétion alors mis en place (minorisation, marginalisation, acculturation) se retrouvent dès lors posés jusqu'à nos jours.
48 École culturaliste canadienne-anglaise (Janet Azenstat, Philip Buckner, Joseph Hamberger, Hannah Arendt) Durham est l'héritier de l'idéal des philosophes des Lumières. Le projet de Bentham, Smith et Stuart Mill, d'un monde libéral et cosmopolite (lire dénué de particularisme culturels), uni par les seuls ressorts de la raison et de l'économie politique est un temps l'idéologie des jeunes capitalistes issus de la révolution industrielle. Il prends fin avec le néocolonialisme et la montée par la montée des nationalismes dans la deuxième partie du 19e siècle, responsables des deux guerres mondiales. Durham l'historien Les institutions de France durant la colonisation du Canada étaient peut-être plus que celles de n'importe quelle autre nation d'europe propres à étouffer l'intelligence et la liberté du peuple. Ces institutions traversèrent l'atlantique avec le colon canadien. Le même despotisme centralisateur, incompétent, stationnaire et répressif s'étendit sur lui. Non seulement on ne lui donna aucune voix dans le Gouvernement de la province ou dans le choix de ses dirigeants, mais il ne lui fut même pas permis de s'associer avec ses voisins pour la régie de ses affaires municipales que l'autorité centrale négligeait sous prétexte de les administrer. Il obtenait sa terre dans une tenure singulièrement avantageuse à un bien-être immédiat, mais dans une condition qui l'empêcherait d'améliorer son sort ; il fut placé à l'instant même à la fois dans une vie de travail constant et uniforme, dans une très grande aisance et dans la dépendance seigneuriale. L'autorité ecclésiastique à laquelle il s'était habitué établit ses institutions autour de lui, et le prêtre continua d'exercer sur lui son influence. On ne prit aucune mesure en faveur de l'instruction parce que sa nécessité n'était pas appréciée ; le colon ne fit aucun effort pour réparer cette négligence du Gouvernement. Nous ne devons donc plus nous étonner. Voici une race d'hommes habitués aux travaux incessants d'une agriculture primitive et grossière, Durham le politologue La tranquillité de chacune des provinces de l'amérique du nord, à cause des conflits entre l'exécutif et les représentants du peuple, était sujette aux discordes continuelles. Les Constitutions de ces colonies, le caractère officiel et la position des rivaux, l'objet avoué de leurs querelles, les principes soutenus de part et d'autre, tout cela était si semblable que je dus adopter l'opinion commune que la querelle généralisée était la conséquence de quelque défaut identique de ces provinces. Je la regardai comme une de ces querelles auxquelles nous ont habitués l'histoire d l'europe et la connaissance des hommes: une querelle entre une peuple qui demande un accroissement des privilèges populaires d'un côté, de l'autre, un Exécutif qui défend les prérogatives qu'il estime nécessaires au maintien de l'ordre. (...) Par suite des circonstances spéciales où je me trouvai, j'ai pu faire un examen assez juste pour me convaincre qu'il y avait eu dans la Constitution de la province, dans l'équilibre des pouvoirs politiques, dans habituellement enclins aux réjouissances de la société, unis en communautés rurales, maîtres des portions d'un sol tout entier disponible et suffisant pour pourvoir chaque famille de biens matériels bien au-delà de leurs anciens moyens, à tout le moins au-delà de leurs désirs. Placés dans de telles circonstances, ils ne firent aucun autre progrès que la largesse de la terre leur prodigua ; ils demeurèrent sous les mêmes institutions le même peuple ignare, apathique et rétrograde. Le long des rives du Saint-Laurent et de ses tributaires, ils ont défriché deux ou trois bandes de terre ; ils les ont cultivées d'après les plus mauvaises méthodes de petite culture. Ils ont érigé une suite ininterrompue de villages qui donne au pays des seigneurs l'apparence d'une rue sans fin. Outre les villes, qui étaient les sièges du Gouvernement, on n'en fonda pas d'autres. A la maison, la famille de l'habitant fabriquait, elle le fait encore, les étoffes grossières du pays. Une partie minime de la population tirait sa subsistance de l'industrie à peine visible de la province. Toute l'énergie fut employée au commerce des pelleteries et à la chasse que ces gens et leurs descendants poussèrent au-delà des montagnes rocheuses et qu'ils monopolisent encore, en grande partie, dans toute la vallée du Mississipi. (Hamel, 1948: 79) l'esprit et dans la pratique administrative de chaque service du Gouvernement, des défauts très suffisants pour expliquer en grande partie la mauvaise administration et mécontentement. Mais aussi j'ai été convaincu qu'il existait une cause beaucoup plus profonde et plus radicale des dissensions particulières et désastreuses dans la province - une cause qui surgissait du fond des institutions politiques à la surface de l'ordre social - une cause que ne pourraient corriger ni des réformes constitutionnelle ni des lois qui ne changeraient en rien les éléments de la société. Cette cause, il faut la faire disparaître avant d'attendre le succès de toute autre tentative capable de porter remède aux maux de la malheureuse province. Je m'attendais à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple; je trouvai deux nations en guerre au sein d'un même État; je trouvai en lutte, non des principes, mais des races. Je m'en aperçus: il serait vain de vouloir améliorer les lois et les institutions avant que d'avoir réussi à exterminer la haine mortelle qui maintenant divise les habitants du Bas-Canada en deux groupes hostiles: Français et Anglais. (Hamel, 1948: 67-68)
49 Durham le sociologue Au Bas-Canada la classe ouvrière salariée, quoique comparativement considérable sur le continent d'amérique, est, d'après nous, peu nombreuse. La concurrence entre les races de cette classe ne s'est manifestée que récemment, et encore cela se borne-t-il aux villes. La majorité des ouvriers est d'origine française, mais elle est au service du capitaliste anglais. La classe la plus expérimentée d'artisans se compose en général d'anglais. Mais au sein d'occupations plus matérielles les Canadiens français défendent bien leur terrain contre la rivalité anglaise. L'émigration récente des dernières années a introduit dans le pays une classe qui est entrée en concurrence plus directe avec les Français, quant à certaines de leurs occupations dans les villes, mais peu en ont souffert. Je ne pense pas que la haine qui sépare les ouvriers des deux races soit une conséquence nécessaire de l'opposition des intérêts ou de la jalousie qu'excitent les succès de la main-d'oeuvre britannique. Les préjugés nationaux exercent naturellement la plus forte influence sur les illettrés ; la disparité du langage est un obstacle plus difficilement surmonté ; les différences dans les usages et dans les manières sont moins bien tolérées. Les ouvriers que l'émigration a introduits au pays comptaient parmi eux nombre d'ignorants, d'agitateurs et de dépravés. Leur conduite révoltait les natifs de la même classe, plus disciplinés et plus courtois. Les ouvriers se rangèrent naturellement du côté des riches et des hommes instruits parmi leurs compatriotes. Une fois engagés dans le conflit, leurs passions étaient moins retenues par La géopolitique de Durham Si les querelles des deux races sont irréconciliables, on peut rétorquer que la justice exige la soumission de la minorité à la suprématie des anciens et plus nombreux occupants de la province, et non que la minorité prétende forcer la majorité à prendre ses institutions et ses coutumes. Mais avant de décider laquelle des deux races doit garder la suprématie, ce n'est que prudence de chercher laquelle des deux prédominera à la fin ; car il n'est pas sage d'affermir aujourd'hui ce que demain, après une lutte dure, il faudra renverser. Les prétentions des Canadiens français, qui veulent posséder exclusivement le Bas-Canada, fermeraient aux Anglais, déjà plus nombreux du Haut-Canada et des Cantons de l'est, l'accès par le grand canal naturel au commerce qu'eux seuls ont créé et qu'ils continuent. La maîtrise du golfe Saint-Laurent regarde non seulement ceux qui se sont établis le long de l'étroite ligne qui le borde, mais encore tous ceux qui habitent et qui habiteront plus tard dans l'immense bassin du fleuve. Car il ne faut pas regarder que le présent. La question qui se pose est celle-ci : quelle race devra vraisemblablement convertir par la suite en un pays habitable et florissant le désert qui couvre aujourd'hui les riches et vastes régions qui environnent les circonscriptions plutôt étroites où vivent les Canadiens français? (Hamel, 1948: 304) l'instruction et par la prudence. Maintenant l'hostilité nationale se déchaîne avec une fureur inouïe parmi ceux que l'intérêt réel semblait devoir mettre le moins en conflit. (Hamel, 1948: 88) Les Canadiens français ont essayé de cacher leur hostilité à l'influence de l'émigration anglaise et à l'introduction des institutions britanniques sous l'apparence d'une guerre contre le Gouvernement et ses défenseurs qu'ils représentaient comme une petite faction de protégés corrompus et insolents; majoritaires, ils ont invoqué les principes du contrôle populaire et de la démocratie et ont fait appel avec assez de succès aux sympathies des hommes politiques libéraux de toutes les parties du monde. Les Anglais voyant leurs adversaires en collision avec le Gouvernement ont crié à la loyauté et à l'attachement à la connexion britannique et dénoncé les desseins républicains des Français qu'ils désignent ou plutôt qu'ils avaient coutume de désigner sous l'appellation de radicaux. La population française, qui avait pendant quelque temps exercé un pouvoir considérable et croissant par l'intermédiaire de la Chambre d'assemblée, trouva ses espérances inopinément réduites à néant. Privés de toute participation réelle au gouvernement de leur pays, ils méditent en silence sur la mémoire de leurs compatriotes morts, sur leurs villages brûlés, sur leurs propriétés ruinées, sur leur prépondérance abolie et sur leur nationalité humiliée. Je n'entretiens aucun doute sur le caractère national qui doit être donné au Bas-Canada ; ce doit être celui de l'empire britannique, celui de la majorité de la population de l'amérique britannique, celui de la race supérieure qui doit à une époque prochaine dominer sur tout le continent de l'amérique du Nord. Sans opérer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, la fin première et ferme du Gouvernement britannique doit à l'avenir consister à établir dans la province une population de lois et de langue anglaises, et de n'en confier le gouvernement qu'à une Assemblée décidément anglaise. (Hamel, 1948: 203) Et cette nationalité canadienne-française, devrions-nous la perpétuer pour le seul avantage de ce peuple, même si nous le pouvions? Je ne connais pas de distinctions nationales qui marquent et continuent une infériorité plus irrémédiable. La langue, les lois et le caractère du continent nord-américain sont anglais. Toute autre race que la race anglaise (j'applique cela à tous ceux qui parlent anglais) y apparaît dans un état d'infériorité. C'est pour les tirer de cette infériorité que je veux donner aux Canadiens notre caractère anglais. Je le désire pour l'avantage des classes instruites que la différence du
50 langage et des usages sépare du vaste Empire auquel elles appartiennent. Le sort le meilleur de l'immigrant instruit et qui désire progresser n'offre pas aujourd'hui d'espoir de progrès ; mais le Canadien français recule davantage à cause d'une langue et des habitudes étrangères à celles du Gouvernement impérial. Un esprit d'exclusion a fermé les professions les plus élevées aux classes instruites des Canadiens français, plus peut-être qu'il n'était nécessaire ; mais il était impossible qu'avec une plus grande libéralité le Gouvernement britannique pût donner à ceux qui parlent une langue étrangère une position égale à celle des autres au milieu de la concurrence générale de la population. Je désire plus encore l'assimilation pour l'avantage des classes La réforme des institutions Mais convaincu que des fins aussi désirables seraient obtenues par l'union législative des deux Provinces, je suis porté à aller plus loin et à me demander si tous ces objectifs ne seraient pas atteints plus sûrement en étendant cette Union législative à toutes les Provinces britanniques de l'amérique du Nord; et si les avantages que je prévois pour deux d'entre elles ne pourraient pas et ne devraient pas en justice s'étendre à toutes. Une telle union trancherait sur-le-champ et d'une manière décisive la question des races; elle permettrait à toutes les Provinces de coopérer à tous les buts communs et, par-dessus tout, elle formerait un peuple grand et puissant, qui posséderait les moyens de s'assurer un bon gouvernement "responsable" pour lui-même et qui, nous inférieures. Leur aisance commune se perd vite par suite du surpeuplement des réserves où elles sont renfermées. S'ils essaient d'améliorer leur condition, en rayonnant aux alentours, ces gens se trouveront nécessairement de plus en plus mêlés à une population anglaise ; s'ils préfèrent demeurer sur place, la plupart devront servir d'hommes de peine aux industriels anglais. Dans l'un et l'autre cas, il semblerait que les Canadiens français sont destinés, en quelque sorte, à occuper une position inférieure et à dépendre des Anglais pour se procurer un emploi. La jalousie et la rancune ne pourraient que décupler leur pauvreté et leur dépendance ; elles sépareraient la classe ouvrière des riches employeurs.(hamel, 1948: 207) la protection de l'empire britannique, pourrait en une certaine mesure contrebalancer l'influence prépondérante et croissante des États-Unis sur le continent américain.(hamel, 1948: 126) J'admet que le régime que je propose placerait de fait la politique intérieure de la colonie dans les mais des colons eux-mêmes (...) La forme de gouvernement, la réglementation des relations extérieures et du commerce avec la mère patrie, les autres colonies britanniques et les nations étrangères, la concession des terres publiques, voilà les seuls points que la mère patrie a besoin de contrôler. (Hamel, 1948: 144)
51 HIS4582 cours 10 Les rébellions «depuis» 1837 Le pari de LaFontaine 5 décembre 1837 Loi martiale dans le district de Montréal 10 février 1838 Suspension de la constitution du Bas-Canada et nomination de Lord Durham 27 mars 1838 Abolition de l Acte constitutionnel au Bas-Canada et création d un Conseil spécial 4 novembre 1838 Nouvelle proclamation de la loi martiale. 27 novembre 1838 Institution d une cour martiale afin de juger 108 accusés. 11 février 1838 Dépôt du Rapport Durham. 1. Assimilation des Canadiens-Français 2. Accession progressive au Colonial Self-Government. 14 février 1839 Le Conseil spécial vote l Acte d Union 23 juillet 1840 Sanction de l Acte d Union par l Angleterre. Octobre 1841 Premières élections législatives du Canada Uni. Session du premier parlement de l Union à Kingston. 1. Étienne Parent ( ) et les «défaitistes» Prêt à admettre les conclusions du Rapport Durham. La nation est dévastée. Abandonner la joute politique et entreprendre l'édification économique, sociale et intellectuelle du peuple. S engager dans le commerce et l industrie et réformer l éducation. 2. Denis-Benjamin Viger ( ) et les «vigéristes» Cousin de Papineau modéré et associé au lobby des seigneurs. Politique de la chaise vide ; boycotter ce mauvais gouvernement. Tenter de protéger notre culture et de résister à l assimilation. Propose le principe de la Double majorité consistant à s allier avec Satan lui-même s il le faut. 3. Louis-H LaFontaine ( ) et les «réformistes» Lieutenant de Papineau. Rompt en août 1837 sur la question du recours aux armes. Fuit en Angleterre en novembre où il noue des liens avec des whigs réformistes. Opposer à l Union mais prêt à y collaborer afin de sauver la nationalité canadienne. Son plan : inversé la séquence infernale de Durham. 1. Abandonner le rêve d un pays français 2. Collaborer avec les réformistes Ontariens afin d obtenir la responsabilité ministérielle. 3. Dès lors, faire en sorte de protéger la langue et la culture et distribuer les emplois aux amis du régime.
52 Entre survivants ( ) Bourget, évêque de Montréal 1845 Retour de Papineau 1849 Bill d indemnité, incendie du Parlement et mouvement annexionniste Durham, Le Report on North American Affairs (E) PAPINEAU, Louis-J., Histoire de l'insurrection au Bas-Canada et réfutation (E) SABREVOIS DE BLEURY, Réfutation de la réfutation (E) CHRISTIE, Robert, (1841) A History of the Late Province of Lower Canada (H) TROBRIAND, Philippe-Régis-Denis, Le rebelle, histoire canadienne (N) DUCHARME, Léandre, Journal et FX Prieur (1865) (M) GARNEAU, FX, Histoire du Canada (H) POUTRÉ, F. (1855) Échappé de la potence. Souvenirs d'un prisonnier d'état canadien en1838, Montréal, Rr Québec, (M) Un parfum de vieille France ( ) La Capricieuse à Québec 1864 Grande coalition Mort de Papineau Des Patriotes romantiques ( ) 1871 Unification de l Allemagne et de l Italie 1885 Mort de Victor Hugo Des Patriotes scientifiques ( ) 1885 Fondation des archives publiques du Canada 1920 Fondations des archives de la province de Québec 1920 Canadian Historical Review 1922 Société historique du Canada 1837 et la crise Fondation à Régina du CCF, ancêtre du NPD actuel 1936 Maurice Duplessis PM Centenaire des Rébellions Les Patriotes chez le psy ( ) 1955 Suspension de Maurice Richard, émeute du Forum Trudeau, La grève de l amiante 1960 Les insolences du Frère untel BARTHE, Joseph-Guillaume, Le Canada reconquis par la France (E) SPEDON, Andrew L. Tales of the canadian forest (N) BOUCHERVILLE, (1865), Georges Boucher de, Une de perdue, deux de trouvées. (R) BÉDARD, TP, Histoire de cinquante ans (H) TURCOTTE, LP, Le Canada sous l'union (H) FRECHETTE, Louis-Honoré, Félix Poutré / drame historique en quatre actes; Retour de l'exilé, Papineau / Drame historique canadien en 4 actes et 9 tableaux (T) BEAUGRAND, Honoré, (1878), Jeanne la fileuse. Épisode de l'émigration franco-canadienne aux Etats-Unis. (R) GLOBENSKY, Maximilien, Les rébellions de 1837 à Saint- Eustache (E) DAVID, L.O., (1884) Les Patriotes de (H) SULTE, B., (1884) Histoire des Canadiens-Français (H) VERNE, Jules, Famille-sans-nom (R) 1885 Fréchette, Louis-H., Légende d un peuple (P) DORION, L.C.W. Vengeance fatale (R) FORTIER, Auguste, Les mystères de Montréal (R) CHOQUETTE, Ernest, Les Ribaud, une idylle de 1837 (N) DECELLES, Alfred D., Papineau, dans Makers of Canada (H) BIBAUD, Adèle, (1910), Les fiancés de St-Eustache (R) Decelles, Alfred D. (1916)The Patriots of 37: a chronicle of the Lower Canadian rebellion. (H) CHAPAIS, Thomas, Cours d'histoire du Canada (H) TORONTO PUBLIC LIBRARY, (1924) The Rebellion of 1838; a Bibliography of the Sources of Information (C) CARON, Ivanoé, (1926) Inventaire des documents relatifs aux événements de conservés aux archives de la province de Québec (C) NEW, Chester, (1937) The Rebellion of 1837 in its Large Setting (H) KNOWLES, E. C. (1929) The English Philosophical Radicals and Lower Canada, (H) ROQUEBRUNE, Robert de, Les habits rouqes / Roman canadie ; La nuit de Noel ducapitaine Allan (R) RUMILLY, Robert, Papineau et son temps (H) CREIGHTON, Donald C. (1936), The Empire of the St.Lawrence, (H) Réédition de David (1884) GROULX, Lionel (1937), Une heure avec l'abbé Groulx à propos des Patriotes de '37 (H) RYERSON, Stanley B. (1937) The Birth of Canadian Democracy (H) FILTEAU, Gérard. (1938) Histoire des patriotes. (H) LANCTÔT, Gérard, Bibliographie des matériaux déposés aux Archives Publiques du Canada concernant l'insurrection de (H) DUBOIS, Abbé Émile, Le feu de la Rivière-du-Chêne (H) NEW, Chester, (1939) Lord Durham and the British Background of his Report (H) DAVELUY, Marie-Claire, Les jours tragiques de Le Richelieu héroïque. (Roman) (R) TRUDEL, Marcel. (1945) L'Influence de Voltaire au Canada. Montréal, Fides, vol. (H) SÉGUIN, R. L., Biographie d'un patriote de 1837: Dr. Luc Hyacinthe Masson ( ) (H) FAUTEUX, A., Les patriotes de (H)
53 CERBELAUD-SALAGNAC, Georges, Le canon tonne à Saint- Eustache (Roman) WADE, Mason, Histoire du Canada français (H) CARRIER, Louis-Georges, réalisateur, (1961) Louis-Joseph Papineau - Le Demi-dieu (F) OUELLET, Fernand, (1961) Papineau, un être divisé, Ottawa, Société historique du Canada, brochures historiques, no. 11. (H) HÉBERT, Anne, Kamouraska (R) Les nouveaux Patriotes ( ) 1960 Fondation du RIN 1963 Le FLQ entre en action ; première commémoration à St-Denis 1964 Samedi de la matraque Papineau chez Che Guevara ( ) 1969 Ouverture de l UQAM Colloque à l'u de M sur les Rébellions 1980 Les groupuscules de gauche appellent à annuler son vote lors du référendum Crise entre le PQ et les syndicats du secteur public. Proclamation de la Journée des Patriotes (23 nov) 1837, une histoire populaire ( ) 1987 Un 150 e dans la plus totale indifférence 1990 Échec des accords du lac Meech Falardeau, 15 février Bernard Landry proclame la Journée nationale des Patriotes SÉGUIN, Maurice, La nation canadienne et l'agriculture (H) TAFT-MANNING, Helen, (1962) The Revolt of French-Canada, (H) VAUGEOIS, Denis, L'Union des deux Canadas, Trois-Rivières, Éd. Du Bien public,1962. (H) BRUNET, Michel. (1964) La Présence anglaise et les Canadiens; études sur l'histoire et la pensée des deux Canada. Montréal. (H) BURROUGHS, P. (1972) The Canadian Crisis and the British Colonial Policy, Toronto, McMillan, (H) LIBERTÉ, Numéro spécial, vol. VII, nos, 1-2 (E) OUELLET, Fernand, (1966) Histoire économique et sociale du Québec ( ) (H) Gagnon, Charles, Les classes sociales au Qc et l'insurrection (H) DUBUC, Alfred. (1967) «Les Classes sociales au Canada.» Annales ESC. 22 (1967) (H) RYERSON, Stanley B., (1970) Unequal Union (H) HARE, John, (1971) Les Patriotes, (H) TOUSIGNANT, Pierre, (1971) La genèse et l'avènement de la constitution de 1791, (H) HÉROUX, Denis, Quelques arpents de neige. (F) PAQUET, Gilles, et J.-P. WALLOT. Crise agricole et Tensions socioethniques dans le Bas-Canada (H) WALLOT, J.-P. (1973) Un Québec qui bougeait; trame socio-politique du Québec au tournant du XIXe siècle. Québec. (H) LEPAGE, Roland, La complainte des hivers rouges, Montréal, Leméac, coll. Répertoire québécois, p. (T) REMILLARD, Jean-Robert, Cérémonial funèbre sur le corps de Jean- Olivier Chénier, Lemeac, (T) SALUTIN, Rick et Theatre Passe Muraille, 1837: William Lyon Mackenzie and the Canadian revolution (T) SINGLAIS, Yves, Race de bâtards (F) LAMIRANDE, Claire, Papineau ou l'épée à double tranchant (R) BERNIER, Gérald, et Daniel SALÉE. «Appropriation foncière et Bourgeoisie marchande: (H) Read, Colin Frederick (1982), The rising in Western Upper Canada : : the Duncombe revolt and after. (H) BERNARD, J.-P. (1983) Les Rébellions de : les patriotes du Bascanada dans la mémoire collective et chez les historiens. (H) CARON, Louis, (1983) Les fils de la liberté. T. 1 Le canard de bois (R) Senior, Elinor Kyte. (1985) Red coats and patriots: the rebellions in Lower Canada, (H) GRAVEL, Pierre, La fin de l'histoire (Roman) Fecteau, Jean-Marie.Mesures d'exception et règle de droit: les conditions d'application de la loi martiale au Québec lors des rébellions de (H) IPPERSIEL, Fernand, Les cousins ennemis : Louis-Joseph Papineau et Jean-Jacques Lartigue : (Essai) BOULANGER, René, (1993), Rose Fenian, Montréal, VLB,. (R) Greer, Allan, (1993)The patriots and the people : (H) LACHANCE, Micheline, Le roman de Julie Papineau (R) FALARDEAU, Pierre, 15 février 1839 (Scénario) Lamonde, Yvan, (1998) Louis-Joseph Papineau : un demi-siècle de combats : interventions publiques, (C) BELLAVANCE, Marcel, (2000) «La rébellion de 1837 et les modèles théoriques de l'émergence de la nation et du nationalisme», (H) 2004 LAPORTE, Gilles, Patriotes et Loyaux Septentrion (H) 2005 HARVEY, Louis-Georges, Le printemps de l Amérique française, Boréal (H)
54 Introduction à l ouvrage Histoire des Patriotes de Gérard Filteau, paru initialement en À la fois téméraire et opportune que cette nouvelle mouture du classique de Gérard Filteau consacrée aux Patriotes de Téméraire puisque les sensibilités du début du troisième millénaire peuvent en effet se trouver froissées par le style direct et le vocabulaire sans ambage dont use l historien. Les envolés nationalistes et le recours à des épithètes comme «métèques» ou «traitres», dont l usage est aujourd hui jugé suspect, pourraient en effet refroidir prématurément l intérêt du lecteur contemporain. Cela masquerait cependant les immenses qualités d une œuvre percutante et fondamentale. C est en particulier pour cette raison que nous nous sommes rendu à l invitation de l éditeur d offrir au lecteur une présentation consistant moins à faire une mise en garde qu à situer l ouvrage dans son contexte de production et à guider le lecteur aux travers les arcanes d une œuvre riche et complexe. Publié à l été de 1938, l Histoire de Filteau occupe une place centrale dans la production historique québécoise. Elle fait ainsi la synthèse d un siècle de réflexion sur le sujet des Rébellions du Bas-Canada en plus d annoncer maints aspects de la production historique ultérieure. L ouvrage paraît lui-même dans un contexte troublé de l histoire du Québec : la Crise des années trente, à l aube du Second Conflit mondial. Notre but sera donc d abord de situer l œuvre de Filteau en particulier dans son contexte historiographique. La première partie vise ainsi en quelque sorte à établir «ce que Filteau savait» au moment de mettre en chantier son ouvrage; soit de retracer les grandes lignes de la production historique du siècle suivant les Rébellions et à dresser en quelque sorte l inventaire des outils conceptuels et documentaires à sa portée. Une deuxième partie aborde le contexte des célébrations du centenaire des Rébellions, en et les principales études contemporaines à celle de Filteau. On pourra alors aborder l œuvre elle-même, sa structure et son armature théorique. Une quatrième partie pourrait s intituler «ce que Filteau ne pouvait savoir» et consistera en un survol de la production historique depuis la sortie du livre de Filteau; dans quelle mesure elle lui est redevable et jusqu à quel point elle approfondie et impose des nuances au travail de Filteau. On sera alors à même d évoquer une série de données historiques, apparemment négligées par l historien, et destinées à rétablir certains faits avant que le lecteur puisse aborde cette œuvre fondamentale, mais désormais marquée par l épreuve du temps, à l aune des avancées les plus récentes de l historiographie. I Quand Filteau entreprend en 1937 son Histoire des Patriotes sous les encouragements de Lionel Groulx, il peut alors compter sur un siècle de production historique. Cette documentation consiste pour l essentiel en des mémoires rédigées par les acteurs eux-mêmes, des essais polémiques, quelques synthèses d histoire du Québec, des articles savants parus en particulier dans Mélanges historiques et le Bulletin des recherches historiques ou des documents publiés sous les bons offices des archives fédérales et provinciales. Cette production Filteau en témoigne lui-même est parfois exsangue, inégale et marquée par les choix idéologiques de ses auteurs, attribuable surtout à l amateurisme qui caractérise encore le travail des historiens et des archivistes. Il faut aussi invoquer la relative proximité des événements jusqu à la fin du XIXe siècle, la poursuite à maints égards de débats qui rappellent les enjeux déjà posés en , souvent entretenus par d ex-acteurs des années après les troubles : LaFontaine, Dessaulles, McNab ou Cartier Au moment d aborder la documentation existante, Filteau recourra d abord aux témoignages des acteurs eux-mêmes qui très tôt après les Rébellions publient dans les journaux et sous forme d opuscules leur version des événements tels que vécus. À tout seigneur tout honneur, dès 1839, Louis-Joseph Papineau fait paraître de Paris son Histoire de l insurrection en réponse au Rapport Durham, vite suivi de la Réfutation de Clément Sabrevois de Bleury. D autres, comme Léandre Ducharme ou Lepailleur, Marchessault, Boucher de la Bruyère, Papin, Bouchette et de nombreux autres décrivent plus proprement leur expérience personnelle. Disons qu entre 1839 et 1855 on laisse une large place à des débats spécifiques, déjà moins percutants quand Filteau se met à l œuvre. Suite en particulier à la terrible répression consécutive aux troubles, on est alors unanime à déplorer «la regrettable rébellion», autant chez les modérés que chez les ex-radicaux. Deux questions sont alors surtout débattues, soit la responsabilité personnelle de Louis-Joseph Papineau et la présomption qu il aurait fuit au moment des combats, et le rôle du gouvernement colonial afin apparemment de provoquer les patriotes, les pousser à la révolte et ainsi mieux pouvoir réprimer un mouvement jusque là légaliste et démocratique. Cette théorie du «complot» est largement reprise par Filteau qui recourt alors aux relations des contemporains afin de montrer que le radicalisme patriote se serait autrement épuisé «faute de matériaux». Si Filteau n utilise qu épisodiquement les mémoires des acteurs, il porte en revanche une attention particulière au Rapport Durham, de fait la première véritable interprétation des Rébellions. Loin de se livrer à une dénonciation stérile, Filteau offre une analyse serrée de la relation de Durham et en reconnait la clairvoyance. En même temps que les acteurs des rébellions ferraillent à propos de la responsabilité des uns et du mérite des autres, d authentique ouvrages d histoire paraissent et tentent de placer la rébellion des Patriotes dans un contexte plus large. Le troisième tome de la monumentale histoire de François-Xavier Garneau paraît en Garneau fait une large place aux luttes politiques menées par les Bédard, Bourdages et Papineau en s appuyant surtout sur les Journaux de l Assemblée législative et la correspondance des gouverneurs. L Histoire de Garneau constitue la première interprétation positive du rôle des Patriotes, en la plaçant dans la perspective d une lutte politique s inscrivant dans la tradition britannique et légitimée par la défense de la nation en péril. Filteau sera bien sûr redevable de Garneau, en particulier dans ses premiers chapitres. Il reconnaîtra aussi les mérites de la riche History de Robert Christie qui paraît en «Bien que bureaucrate dans l âme, il [Christie] est en général acceptable.» L ouvrage de Christie est en fait une collection de documents historiques, tirés des journaux et de la correspondance officielle qui, de l aveu même de Filteau, «simplifie de beaucoup le travail de recherches» (p. 484). Filteau est plus influencé qu il n y paraît par Christie qui, comme lui, à tendance à démarquer les camps engagés en selon un clivage ethnique, plutôt que politique comme Garneau. Filteau peut aussi compter sur l Histoire de cinquante ans de T.P. Bédard (1869) et sur le Canada sous l Union de Turcotte où il peut avoir trouvé l inspiration de son dernier chapitre consacré au rôle historique du premier gouvernement LaFontaine-Baldwin. Reste qu on a encore surtout droit ici à des histoires politiques, abordant les rébellions d une trop vaste périodisation et constituées pour l essentiel de documents commentés. Le fameux duel David-Globensky ( ) n est pas sans rappeler les débats interpersonnels qui avaient présidé aux premières relations parus au lendemain des troubles. Rappelons que Louis-Olivier David, journaliste issu du parti rouge, recyclé dans le parti libéral du Canada, connaît personnellement de nombreux ex-patriotes dont il est demeuré assez proche. Son ouvrage est en fait une collection de récit de batailles et de biographies de patriotes qu il a déjà fait paraître dans les journaux. Ses Patriotes consiste à faire l apologie de ceux qui se sont battus et souvent sacrifiés pour la patrie et la liberté. Malgré ses défauts tant conceptuels que documentaires, Les Patriotes de David aura un grand retentissement, surtout attribuable au ton patriotique de l auteur dans le contexte troublé de l affaire Riel et de l élection de Mercier (1885). L ouvrage est d ailleurs réédité en 1936, alors que Filteau se met à l oeuvre. Le jugement de Filteau est dur envers le travail de David qu il qualifie de «trop peu sérieux» et c est probablement a lui qu il pense en proposant d écrire la première relation objective de la rébellion des Patriotes. Filteau est en fait
55 absolument redevable à David qu il ne peut faire autrement que de citer à presque tous les chapitres, en particulier dans sa relation des faits d armes, décrits pour la première fois d un point de vue patriote et non de celui des autorités militaires. Déjà avant que ne paraisse la compilation de David, Maximilien Globensky fait paraître sa Rébellion dans Deux-Montagnes, réplique cinglante au travail de réhabilitation de David et destinée à dénoncer le fanatisme des Patriotes. Œuvre polémique à l emporte pièce et fermement anti-patriote, le livre de Globensky sera peu utilisé par Filteau. Les Patriotes de L.O. David aura entre temps une grande influence sur la production ultérieure. Désormais, le recours à la rébellions n apparaîtra moins condamnable en soi dans la littérature historique. La réhabilitation de la mémoire des ex-rebelles est alors en marche en particulier dans les cercles nationalistes et libéraux. La mort de Papineau en 1871 avait en quelque sorte lancée le mouvement, suivi de gestes symptomatiques comme l inauguration du monument des Patriotes au cimetière Côte-des-Neiges ou arborer des chars sur la thématique des Patriotes lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste i. On a aussi trop négligé la contribution d un Louis Fréchette dans cette revalorisation de l héritage patriote. Poète célèbre et autrement connu que les Sulte ou Chapais, Fréchette consacre alors de nombreuses pièces de théâtre et plusieurs poèmes de sa Légende d un peuple (1887, l année du Cinquantenaire) à faire l apologie des héros de 1837, en particulier dans sa dimension sacrificielle et nationale. Reste un écueil important pour parachever la réhabilitation définitive des Patriotes et c est bien sûr la rupture entre le mouvement insurrectionnel et le clergé catholique, proprement inacceptable dans le Québec de la fin du XIXe siècle, plongé en plein clérico-nationalisme et qui ne peut à terme légitimer l action d individus qui ont agit à l encontre de leur Église. Si ce déchirement identitaire embarrasse peu des libéraux comme David et Fréchette, il est proprement intenable pour des conservateurs comme Chapais, Groulx ou Bruchési. Encore en 1938, Filteau est toujours au prise avec ce dilemme qu il réussit néanmoins à éluder en proposant que le radicalisme des Patriotes n était qu un moyen et non une fin, rendu nécessaire devant la répression féroce dont la nation était l objet. Nous y reviendrons. Les auteurs canadiens-anglais ne contribuent pas moins vers la fin du XIXe siècle à revaloriser la lutte des Patriotes, mais en prenant surtout en compte l héritage politique de cette époque troublée. Ce qu on a appelé l interprétation Whig connaît alors une grande faveur dans le monde anglo-saxon. Ce courant de pensée consiste à magnifier le rôle de certains individus, généralement issus des cercles libéraux, dans l avancement progressif et modéré de la société vers un monde plus moral et plus démocratique. Dans la plupart des cas cela consiste à faire l apologie du modèle britannique qui, depuis la Grande charte, guide le monde vers des valeurs plus civilisées et éclairées. Posée dans un contexte canadien, cette approche conduit certains auteurs à recentrer la lutte des Bédard, Neilson et Papineau autour d une lutte séculaire culminant avec la conquête de gouvernement responsable (1849) et la Condération (1867). Ainsi, au tournant du siècle, la série The Makers of Canada se présente comme une recension de tels grands hommes. Coincé entre un Simcoe et un Syndenham, le Papineau d Alfred Decelles montre comment les courants libéraux du Canada anglais arrivent désormais à récupérer la lutte politique des années 1830, autant dans le Bas que dans le Haut-Canada, et à l intégrer à l intérieur d une vaste tradition libérale et bi-nationale, dont le gouvernement de Wilfried Laurier ( ) est en quelque sorte l aboutissement. John Fraser peut alors écrire dans son Canadian Pen and Ink Sketches (Montréal, 1890 : 82-83) que «The time will come when the memories of Canada s rebel dead of 1837 and 1838 will be revered and held sacred in every British Colony, distant or near, as the fathers of colonial responsible government.» Fonctionnant pour l essentiel à l intérieur du paradigme goulxien de la lutte des races et du destin historique propre au Canada français, Filteau est assez indifférent au courant whig sauf dans son dernier chapitre «La revanche du nationalisme» où il rattache la lutte patriote aux avancées politiques qui vont suivre. Mais, encore là, c est moins dans la conquête du gouvernement responsable qui voit l essentiel de l héritage des Patriotes que dans celle du principe de la double majorité, soit la possibilité pour le Québec, momentanément fondu avec l Ontario par l Acte d Union, de revendiquer un statut distinct, en particulier sur le plan culturel et juridique. En ce sens, on le voit, c est bien plus de survie nationale que de conquête de droits politiques dont il est question chez Filteau à propos des Patriotes. Filteau peut aussi compter à son époque sur un accès plus aisé aux documents abondants et fiables, rendu possible par la fondation des Archives nationales du Canada (1885) et du Québec (1920). Plus spécifiquement, Filteau dispose de The Rebellion of 1837 : a Bibliography of the Sources of Information (Toronto, 1924) et de l Inventaire des documents relatifs aux événements de conservés aux archives de la province de Québec (1926) d Ivanoé Caron. Il ne pouvait non plus ignorer le travail à Ottawa d un Gustave Lanctôt qui met alors la dernière main à sa Bibliographie des matériaux déposés aux Archives publiques du Canada concernant l insurrection de (1939). Filteau peut dès lors consulter le fonds Duvernay et le fonds Papineau et accéder a des documents jusque là dispersés ou thésaurisés dans les greniers de familles. Avant lui, d autres historiens sauront tirer profit de cette documentation rendue disponible et produire des œuvres importantes. Ceux-ci se targuent alors de «positivisme», courant encore fort répandu en l histoire à l époque de Filteau et qui consiste à aborder l histoire comme un objet de science et, à ce titre, en toute objectivité et en toute rigueur; le rôle de l historien se résumant à «faire parler les documents» en demeurant lui-même neutre. Cet esprit habite certainement Filteau au moment d entreprendre son Histoire, quitte à nous servir son célèbre euphémisme à l effet «que la simple exposition des faits était la plus belle justification des Patriotes.» (p14). C est aussi l esprit qui habite au début du XXe siècle les Sulte, Chapais et Lanctôt qui aborde alors l histoire des rébellions sous un angle apparemment plus objectif et avec une documentation plus abondante et éprouvée. Benjamin Sulte s attache ainsi dans une série d articles à déboulonner la perception purement héroïque des Patriotes popularisée par David et Fréchette, en insistant sur la critique des sources et en rétablissant la véritable motivation des acteurs. Premier historien «professionnel» du Canada français, Thomas Chapais offre dans ses Cours d histoire du Canada (1923) le meilleur récit depuis Garneau des luttes politiques qui précèdent les troubles. Filteau a ainsi pu profiter de la connaissance approfondie de Chapais de la correspondance officielle et des relations entre le Colonial Office et le gouvernement métropolitain. Reste que le conservatisme de Chapais le pousse à s écarter du dogme positiviste et à se livrer à quelques charges contre le radicalisme patriote en particulier, encore là, quand il va à l encontre des positions de l Église. II En 1938, le fascisme triomphe en Allemagne, au Japon, en Italie et ailleurs en Europe cependant que l Union soviétique communiste semble à l abris de la crise et que se maintien en France le Front populaire. L extrême-droite et l extrême-gauche viennent tout juste de s affronter durant la Guerre civile espagnole, en attendant un plus vaste théâtre à compter de septembre On est alors depuis près de dix ans plongé au cœur de la pire crise économique de l ère moderne, alors que le chômage dépasse vingt pour cent à Montréal, que les interventions des gouvernements sont surtout remarquables par leur timidé et leur incohérence et que le libéralisme est durement pris à partie par des groupuscules de gauche et de droite qui connaissent alors une audience sans précédent. À Québec, le gouvernement Duplessis semble en crise perpétuelle tant son grandes les déceptions en son sein même et que la croisade anti-communiste du premier ministre provoque des tensions. À Montréal, les terribles conditions de vie entraînent des
56 tensions sociales et ethniques qui suscitent la montée d une certaine xénophobie. C est dans un tel contexte qu on célèbre le Centenaire de la rébellion des Patriotes de On pourrait s attendre, au milieu de ces difficultés sociales et économiques sur fond de crise internationale, que cet anniversaire passe inaperçu. On s aperçoit cependant avec le recul que la fin des années 1930 sera l occasion d une série de parutions importantes, en rupture avec la tradition historique, et qui annoncent l historiographie de l Après-Guerre à propos des rébellions. Disons en général que les auteurs de cette époque, autant Groulx, Ryerson, New, Creighton et bien sûr Filteau empruntent un canevas plus idéologique dans leur relation des troubles de et, au-delà de l analyse du politique, abordent désormais dans leurs explications les champs de l économie et des rapports sociaux. En 1936, Donald C. Creighton fait paraître son Commercial Empire of the Saint-Lawrence, ouvrage remarquable à plusieurs égards, mais qui représente ici la première étude sociale et économique des «adversaires» des Patriotes, les marchands britanniques. Conservateur et impérialiste, Creighton fait bien sûr l apologie de ces marchands, artisans d un Canada riche et puissant et gardiens des valeurs britanniques contre l offensive des principes réactionnaires et féodaux selon lui véhiculés par les Patriotes. Demeure que Creighton aura une influence considérable en permettant de nuancer les motivations très différentes de groupes comme, les administrateurs britanniques, les seigneurs canadiensfrançais et ses chers marchands que Filteau a trop tendances à amalgamer sous le vocable de «bureaucrates». Filteau ne semble d ailleurs pas s être servi de Creighton qu il ne cite même pas en bibliographie. Gageons que c est moins par négligence que parce que cela l aurait forcé à de gênantes nuances. Filteau restera à cet égard fidèle à une certaine tradition historiographie, héritée de David et perpétuée par Groulx, qui tend à voir la plupart des anglophones comme un bloc homogène, animé de motivations communes et de conserve pour ourdir le «complot» visant à compromettre les Patriotes dans une rébellion vouée à l échec. Pire qu un orangiste, Filteau ne portera pas non plus attention à la plaquette de Stanley B. Ryerson, membre du Parti communiste du Canada, qui paraît dans l indifférence en : The Birth of Canadian Democracy constitue pourtant un exercice fondamental consistant à placer le combat des Patriotes à travers l histoire de la lutte des classes, en l occurence la première offensive du «prolétariat rural» en vue d abattre l empire de la bourgeoisie marchande de Creighton. Si jamais il en aura pris connaissance, Filteau aurait de toute façon pu reprocher à Ryerson la faiblesse de sa documentation et l interprétation périlleuse qui fait de la lutte patriote. Demeure que l essai de Ryerson, étoffée par la parution en 1970 par son Unequal Union, connaîtra plus tard son heure de gloire avec la montée des idées de gauche au Québec et une association plus intime entre les Patriotes et les luttes de décolonisation qui se mènent ailleurs dans le monde. Il n est ainsi pas abusif d établir un lien entre les constats posés par Ryerson dès 1937 et un FLQ des années 1960 qui n hésite pas à se revêtir de l imagerie patriote pour l associer à sa lutte en faveur des travailleurs exploités. Le contexte de la Seconde Guerre mondiale et la place croissante prise par les gouvernements mènent aussi certains historiens à remettre en question le rôle traditionnellement attribué à l Empire britannique à l époque des Rébellions. Chester New en particulier montre en 1939, que l Empire est en fait déchiré à cette époque et que le régime colonial anglais traverse une vaste crise qui est venue bien près de l emporter tout entier. La révolution industrielle, le mouvement chartiste et le déclin du Old Colonial System remettent alors en question le rôle des colonies. En étudiant Durham, il réalise qu on aurait tord de voir la Grande-Bretagne fanatiquement décidée à se garder le Bas-Canada. La véritable résistance aux revendications patriotes venaient en fait des britanniques établis au Canada, décidés à «faire du Canada un pays anglais quitte à ce qu il ne soit plus britannique». Importantes, ces études issues du Canada anglais ont un impact négligeable au Canada français où on perpétue une interprétation par le nationale tenant surtout compte de facteurs endogènes et où les débats continuent à porter sur le dérapage radical et ses effets les plus regrettables, le recours à la violence et la rupture avec le clergé catholique. Tous les regards sont alors tournés vers Lionel Groulx, pas encore «historien national» mais qui par ses articles, ses brochures et même par la radio, rejoint un large auditoire en abordant des sujets de nature historique. Le texte de Mme Desbiens situera plus loin l influence intellectuelle de Lionel Groulx sur l œuvre de Filteau. Qu il s agisse ici de mentionner que Groulx est surtout soucieux d ériger une généalogie de la nation canadienne, du régime français à nos jours et de sa lutte pour préserver les caractères qui ont assuré sa pérennité en Amérique. Au centre de ces valeurs, il identifie le mode de vie rural et le rôle bienfaiteur du clergé. Les luttes politiques ont bien leur place, mais dans la mesure où les chefs ne perdent pas de vue les intérêts supérieurs de la nation et qu il ne succombent pas à la partisanerie et à la vénalité. Groulx est ainsi particulièrement embarrassé par une lutte patriote qui tire en partie ses mots d ordre de l Europe libérale et des Etats-Unis matérialistes. Il aura donc tendance à minimiser la signification des Rébellions et, pour le reste, délèguera à Filteau le soin de concilier la lutte patriote et l idéal agriculturiste. III Notre propre bibliographie à propos des Rébellions de fait environ 52 pages bien serrées. À ce jour on peut évaluer à 1641 le nombre d'articles, monographies, ouvrages de références, catalogues d archives portant de près ou de loin sur ces événements. À ce titre, les rébellions ne souffrent guère la comparaison qu avec fort peu d autres événements de l histoire du Québec. On peut cependant avancer qu à ce jour l Histoire des Patriotes de Gérard Filteau demeure le seul récit complet et substantiel des événements allant des 92 Résolutions en 1834 au premier gouvernement LaFontaine en Cette anomalie remarquable tient en particulier à la difficulté que tous les historiens rencontrent à aborder une crise aux lointaines racines historiques, aux multiples dimensions, qu elles soient sociale, politique ou nationale et se déroulant sur divers théâtres, du bureau colonial aux charivaris de Saint-Blaise. Ce n est pas le moindre des mérites de l œuvre de Filteau donc que d arriver à offrir de ces événements une relation complète, sur le mode d un récit chronologique fluide et parfaitement cohérent. Le second grand mérite de l œuvre de Filteau demeure le prodigieux déploiement d informations qu on y retrouve. Histoire des Patriotes reste l œuvre d un érudit, seul capable, dans le fil du récit, d invoquer tel éléments où à insérer telle citation en recourant à une connaissance globale des faits et de la documentation. Bien sûr les choix idéologiques et les opinions personnelles de l auteur transparaissent tout au cours du récit, mais jamais, il nous semble, ces préjugés et ces jugements de valeurs ne corrompent la valeur des faits narrés. Ainsi, depuis 1938, des générations d étudiants ont pu puiser dans la riche information de Filteau sans pour autant véhiculer ses avatars. Dans la mesure où la parfaite objectivité de l historien demeure un mythe, Filteau présente au moins le mérite de ne pas entrelacer trop étroitement ses convictions avec l information, demeurant ainsi jusqu à nos jours la référence sur maints sujets concernant les Rébellions. Quel bonheur par ailleurs, à une époque où les historiens privilégient un style fade et outrancièrement technique de retrouver chez Filteau un style alerte et captivant, parfois même épique dans sa relation des faits. Cet heureux résultat tient bien sûr d abord à une langue simple et accessible, où les digressions sont réduites au minimum afin d assurer la cohérence du récit. Il tient aussi à ce que certains considèreraient comme un défaut, soit les jugements qu ose porter l auteur à propos de tel fait ou de telle personne afin d indiquer au lecteur, par une formule choc, ce qu il devrait en
57 penser. En parlant de la Commission Grey-Gibbs de 1835, il écrit que «Le ministère avait dû tenir compte de ces dispositions royales, si bien que la mission des commissaires devint une véritable fumisterie et un trompe-l œil de premier ordre». (p162), qu «Il y avait du bon et du mauvais dans ces résolutions» issues la Déclaration des Six-Comtés (p278) ou que «les rédacteurs de la Déclaration de Saint-Ours méritent des reproches pour n avoir pas été plus clairs, pour avoir employé des termes impropres et ambigus.» (p215). Fort peu d historiens oserait aujourd hui s exprimer aussi unilatéralement. Ils privent ainsi le lecteur d une image claire à laquelle ce dernier demeure ou non libre d adhérer. Ces saillies sont particulièrement piquantes dans les portraits psychologiques et physiques des acteurs historiques. Pour sommaire, ces portraits ont l heur de créer en nous des images particulièrement vivantes aidant à suivre le scénario écrit par l Histoire et mise en scène par Filteau. Reste que ces images et ces jugements sont parfois péremptoires et largement au service des thèses que défend l auteur. On en veut pour preuve le vocabulaire sans équivoque usé dans les titres de chapitres notamment : «violence consitutionnelle», «provocations et complots», «sabotage de la vie canadienne». Elles feront en fait davantage sourire que sourciller le lecteur contemporain. Ce style direct est en tous cas au service de la cohérence interne du récit de Filteau, d autant plus remarquable quand on sait la difficulté ontologique à couvrir l ensemble des dimensions de la crise bascanadienne. L ouvrage se présente donc en huit parties fort bien équilibrées. Les deux premières sont consacrées à la mise en place des enjeux et des protagonistes, les bureaucrates et «La réaction canadienne». L auteur confesse lui-même qu «Une histoire complète des Patriotes devrait logiquement s ouvrir à la crise parlementaire de 1827 [ ] Nous n avons pas osé entreprendre une si vaste fresque.» (p14). En misant sur le dépôt des 92 Résolutions au moment d aborder dans sa troisième partie le récit chronologique, Filteau fait un choix différent de ceux de Garneau et Chapais. Il s épargne de fait les méandres politiques suivant le départ du gouverneur Dalhousie, la crise des subsides, le Rapport de 1828, la Crise de 1832 sans renoncer à y revenir dans le fil du récit. Au profit de la cohérence, il fait plutôt le pari du lien direct entre le dépôt des résolutions, l arrivée de Gosford en 1835, les Dix résolutions Russell au printemps de 1837, les assemblées publiques de l été et, ultimement, le recours aux armes et tout ce qui s en suit. Cette filiation proposée par Filteau, aucun historien ne la mettra en doute après lui. La troisième partie porte surtout sur les tractations menées par la Commission Gosford; la quatrième, sur les assemblées publiques de l été de La cinquième partie est toute entière consacrée au moment charnière de l automne de 1837, alors que les assemblées patriotes s essoufflent selon Filteau et que le gouvernement se prépare à céder. «Sans qu il s en doutât, Papineau touchait à la victoire. Qu il pût tenir encore un an dans la voie de la résistance légale et son triomphe était assuré». (p267) C était sans compter le «complot» ourdi par les «bureaucrates» et destiné à faire sombrer le mouvement patriote dans l illégalité. L action patriote chavire alors du côté sombre de la rébellion et, par une série d événements malheureux et de paroles maladroites, tombe dans le piège tendu par les ennemis de la nation canadienne. Les sixième et septième parties, consacrées plus proprement aux rébellions sont l occasion pour Filteau de déployer des prodiges d érudition à propos des événements qui se déroulent d un bout à l autre du district de Montréal. Son récit y est particulièrement clair, efficace sur le plan de la forme et rigoureux sur celui de l information. Tout l aspect juridique est particulièrement bien traité. Il y aborde ainsi la question des mandats d arrestation en juriste avisé, distinguant bien l état du droit à tel ou tel moment de la crise; de même sa description du procès pour le meurtre de Chartrand. Il est aussi le premier historien à insister sur le rôle historique des six ordonnances que Colborne fait voter au début de novembre de 1838 (p420) De l ensemble de l œuvre ces deux parties sont celles qui ont mieux traversé l épreuve du temps et demeure des relations fiables et exemplaires des événements du point de vue patriote. La dernière partie porte sur la revanche ultime de la nation et sur le rôle de Louis-Hyppolite LaFontaine afin de minimiser l impact de l Union et des propositions les plus pernicieuses du Rapport Durham. Filteau distingue bien les deux dimensions que revêt le célèbre Rapport. Il est ainsi d accord avec la lecture ultimement ethnique que fait le commissaire, sa grande erreur consistant cependant à faire porter le blâme sur le nationalisme canadienfrançais et non sur «l oligarchie usurpatrice» (p450) Cette dernière partie s avère moins forte que le reste de l œuvre et fut davantage prise à partie par l historiographie récente. Filteau y souhaite en fait surtout expliquer le maintien, même après l Union des traits essentiels de la nation canadienne et justifier a posteriori les événements subséquents, plutôt favorables aux conservateurs du Québec : la Confédération et le clérico-nationalisme. IV Une fois pris en compte les indéniables mérites du livre de Filteau, le lecteur moderne doit être conscient qu il s engage dans une œuvre à thèse qui, sur le plan de la forme et de son contenu demeure un modèle, mais qui mérite quelques mises au point avant d être abordée. Apparemment encouragé sur cette voie par l abbé Groulx, Filteau se donne clairement pour tâche de réhabiliter les Patriotes aux yeux des conservateurs catholiques de son temps. C est qu encore en 1938 les nationalistes québécois rencontrent trois types de problèmes à propos de l héritage patriote. Le premier est qu ils se soient inspirés des Philosophes des Lumières et des idées libérales et républicaines ayant inspiré les révolutions française et américaine et non de la tradition canadienne issue du Régime français ou, mieux encore, de l Ancien régime monarchiste et catholique. Le second problème est que les éléments radicaux du parti patriote ont fini par rompre avec la hiérarchie catholique et provoquer une vague d anticléricalisme à la toute veille des rébellions. Le dernier problème est que leurs revendications les aient conduit, à l encontre de leur clergé et de la frange modérée de la société canadienne, à affronter l ordre établi lors d une rébellion vouée à l échec et durement réprimée, au point de mettre en péril l avenir de la nation toute entière. Tout en donnant un compte rendu rigoureux des faits allant de 1834 à , Filteau s attaque donc à chacun de ces problèmes en, prétend-t-il, rétablissant certaines faussetés véhiculées à propos des Patriotes. Pour l essentiel, il minimise l aspect idéologique de la lutte patriote au profit de son caractère national et tend, donc, à distinguer les deux camps adverses en fonction d un découpage ethnique. Dans un premier temps Filteau s attache à circonvenir le discours libéral et les allusions anticléricales qui parsement les discours de nombreux patriotes dont Papineau. Il en conclue que le recours à des principes issus des auteurs libéraux par les Patriotes n est en fait qu instrumental. Sur le fond, Filteau ne croît pas à la nature profondément politique et démocratique de la lutte patriote : «Il importe peu qu un système de lois soit théoriquement supérieur à un autre, ce qui importe c est qu il soit approprié à l esprit de la population.» (p82). Si cela est encore nécessaire, il rappelle plus loin que «Ce qui était parfaitement acceptable en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, où la population était homogène, pouvait être tout à fait condamnable dans le Bas-Canada, où le conflit n avait pas un caractère politique mais bien un caractère national.» (p.144). Ainsi, les envolés oratoires dénonçant l inéquité du Contrat Social tiennent pour beaucoup de la rhétorique et ne doivent pas masquer le véritable but poursuivi : assurer à la nation canadienne les moyens de poursuivre son épanouissement dans un cadre constitutionnel et culturel adéquat : «C était de bien braves gens, en général, qui ne s embarrassaient guère d approfondir les théories nébuleuses des philosophes français du dix-huitième siècle, et encore moins de régler leur conduite d après les principes contenus dans le Contrat Social ou le Dictionnaire
58 Philosophique.»(p105) De la même manière, à propos de l anticléricalisme latent au cours de l été et manifeste à compter du Mandement de Mgr Lartigue, le 24 octobre 1837, Filteau le juge regrettable mais en minimise la portée. «La plupart étaient des catholiques pratiquants et convaincus [ ] leur anticléricalisme n allait guère plus loin que de protester ou de s indigner contre l attitude de certains membres du clergé» (p105). De toute façon les inclinations les plus suspectes au sein du mouvement patriote demeuraient marginales jusqu à la toute veille de la rébellions. En attendant, Filteau semble être à l avenant avec la démarche patriote consistant à boycotter les produit anglais, à tenir des assemblées ou même à remettre les commissions d officiers ou de juges de paix. Cependant, tout à coup, tout semble chavirer avec la déplorable Assemblée des six-comtés des 23 et 24 octobre 1837 et dont «Les résultats furent des plus malheureux, d abord parce qu elle allait motiver l intervention ecclésiastique et provoquer une explosion d anticléricalisme extrêmement déplorable, et ensuite, parce qu elle servirait de prétexte au gouvernement pour émettre des mandats d arrestation, trois semaines plus tard».(p279). Filteau peut alors s attaquer au troisième irritant à propos de l héritage patriote : le dérapage révolutionnaire. Les Patriotes auraient été provoqués. Les «bureaucrates», de connivence avec l armée, les Associations constitutionnelles et sous les bons hospices du Herald d Adam Thom auraient fait en sorte que la situation dégénère et que l armée, appuyée par les volontaires, puisse entrer en action et écraser dans l œuf le mouvement insurrectionnel et les espoirs de la nation canadienne. L appareillage de preuves que déploie Filteau afin de démontrer la véracité de ses vues est alors impressionnant et montre le rôle crucial qu il fait jouer à ce complot sur la suite des choses. Cette dernière idée sera bien reprise par la suite par l historiographie, mais jamais avec une telle insistance. Afin de démontrer que la lutte revêt bien un caractère national, Filteau a aussi tendance à découper les deux camps adverses selon des critères ethniques, quitte à minimiser la présence d anglophones dans le parti patriote et vice et versa. Car au-delà des visés politiques, c est bien d une lutte pour la survie de la nation dont il est question. Filteau n est jamais aussi clair qu à travers cette citation de Philippe-Napoléon Pacaud lors de la bataille de Saint-Denis : «nous combattions bien le despote, mais c était surtout l Anglais que nous aimions à coucher en joue!» (p331). On retrouve ainsi sous le vocable de Patiotes autant ceux qui ont mené la lutte parlementaire précédant les troubles que ceux qui, de fait, se retrouvent sur les champs de bataille. Cet amalgame de la part de Filteau fera fortune et se retrouve dans l historiographie jusqu à nos jours. Là où Filteau se dit cependant objectif c est en ne voyant pas le camp canadien-français comme homogène et unanimement animé du même idéal national. Ses adversaires demeurent dans tous les cas les extrémistes, autant du côté patriote que loyal, avec une préférence envers ceux qui ne sont pas de purs canadiens : les Anglophones (O Callaghan, Badgley et surtout Adam Thom), les étrangers ou «métèques» (Girod, Leblanc Marconnay, Rambau) ou ceux ayant apostasié la religion catholique (Côté). Il trace en particulier d O Callaghan le portrait d un extrémiste irréfléchi dont «Ses erreurs et ses sorties de mauvais goût lui donnèrent un renon d anticléricalisme». (p198). Il souligne en revanche le rôle modéré et salutaire de l Église : «c est simplement la sagesse et le bon sens qui parlaient dans les mandements et c était le devoir de la population de les accepter comme le langage de la raison».(p284). Pire que ces étrangers, est le «Chouayen». Sans définir clairement ce terme, Filteau désigne ainsi les francophones taxés d opportunisme, ayant sacrifiés l idéal national pour le gain personnel. Accolé aux de Bleury, Debartzch ou Leclerc, ce titre l emporte certainement en infamie sur celui de radical où même de bureaucrate anglais à qui ont ne peut tout de même pas reprocher leur manque de loyauté envers la patrie. En parlant des nominations de francophones au Conseil législatif à la fin de l été de 1837, «Les nouveaux conseillers était surtout des Chouayens, modérés il est vrai, mais des Chouayens tout de même».(p264) D une manière générale l adversaire demeure néanmoins l Anglais. Filteau s embarrasse assez peu des différences entre administrateurs et marchands, volontaires et soldats, irlandais ou écossais, qu il ne leur suffise de ne pas être solidaire de l idéal national pour se retrouver, à des degrés variables, adversaires des Patriotes. La présence même d anglophones aux côtés des patriotes indéniable il ne le nie pas peu cependant se résumer à des «commerçants dont la plupart étaient américains de naissance ou des Patriotes anglophones qui n avaient pas le même idéal nationaliste que les Canadiens, qui ne s était ralliés à eux que par accident.»(p222) En amalgamant en un groupe homogène les adversaires des Patriotes et en y tassant commodément la plupart des anglophones, Filteau arrive à étoffer sa lecture nationale de la lutte patriote et à attribuer à l adversaire la cohésion et l unicité requises pour qu il arrive à tisser les mailles du complot où iront se jeter les patriotes radicaux. Filteau fait par exemple jouer un rôle exagéré à un Adam Thom, rédacteur du Montreal Herald, qui aura bien l oreille de lord Durham, mais qui n est ni membre influent de l Association constitutionnelle de Montréal ni doté d une charge publique le rendant à même d infléchir sur le cours des événements au moment où le district de Montréal s embrase. Il minimise aussi l ampleur du mouvement loyal et ses appuis dans les campagnes. Aux assemblées patriotes, «C est à peine s ils purent en opposer une demi-douzaine, dont deux seulement furent importantes».(p239). Si on ajoute le peu de cas qu il fait du rôle des rapports sociaux, du débat à propos de la tenure seigneuriale et des motivations de la métropole on aura fait le tour des quelques faiblesses du livre. C est bien peu. De toute façon, comme pour s en prémunir, il s agit bien d une Histoire des Patriotes et non d une histoire des Rébellions. V S il demeure remarquable que l Histoire de Filteau soit à ce jour le seul ouvrage de synthèse important faisant la relation des événements survenus entre 1834 et 1840, c est en grande partie à cause du nombre impressionnant d études spécialisées qui se sont depuis succédées et de la masse d informations nouvelles, touchant de nouveaux champs de connaissance, dont l historien doit désormais tenir compte. Ces données nouvelles proviennent en particulier de l apport des sciences sociales qui, depuis l époque de Groulx et Filteau, ont considérablement élargi le champ conceptuel d un sujet comme les Patriotes et les Rébellions. Elles concernent en particulier l apport de l histoire sociale et de l économie, de l histoire des idées et de l anthropologie culturelle, sans oublier l apport de l histoire quantitative, en particulière par le biais de l informatique. Dresser ne serait-ce qu un inventaire de ces avancées est impensable ici. Il peut cependant être possible d évoquer comment les travaux parus depuis la première édition de Filteau permettent de situer le présent livre par rapport à la production plus récente et comment elles sont venues repousser les inévitables limites de l œuvre de Filteau. Jusqu en 1960, les travaux portant sur les Rébellions ne remettent pas profondément en question le travail de Filteau. Dès 1950, Les Patriotes d Agédius Fauteux constitue un apport remarquable mais, essentiellement constitué de capsules biographiques de centaines de Patriotes. Fauteux, d ailleurs disparu avant de compléter son ouvrage, ne propose pas une interprétation globale de ces événements et, en ce sens, complète davantage Filteau qu il ne le renouvelle. Dans son Influence de Voltaire au Canada, Marcel Trudel montre en revanche que, contrairement à ce qu avance Filteau, le libéralisme des Patriotes est loin d être accessoire et que les Lumières étaient fort bien représentées dans les bibliothèques du Bas-Canada et au cœur des revendications patriotes, ce que corroborent les premiers travaux de Ouellet à propos de Papineau. Au tournant des années 1960 le courant néonationaliste, pourtant en partie héritier de Groulx, remet en question certaines
59 conclusions de Filteau. Désormais émancipé de l étiquette cléricale et de la dimension négative associée à la violence politique, une nouvelle génération d historiens, inaugurée par le professeur Maurice Séguin : Denis Vaugeois, Pierre Tousignant ou Jean-Pierre Wallot, propose une relecture de l histoire du peuple québécois non pas sous l angle d une préservation des caractères nationaux, mais sous celui d une lutte sourde et inlassable contre le procès d acculturation opéré par l élite anglophone et tirant son origine de la terrible Conquête de Séguin montre en particulier à propos des Rébellions qu on assiste en fait alors à une guerre civile entre anglophones et francophones, tous deux porteurs d un projet national distinct, là où Filteau ne voyait en fait qu un peuple aux prises avec une armée. Denis Vaugeois conteste en particulier les conclusions de Filteau à propos de la victoire ultime des Patriotes après l Union. Il démontre plutôt le caractère dramatique et irrémédiable de la mise en minorité des Canadiens dans ce qui allait devenir le Canada et pointe la collusion entre les élites canadiennes et l occupant britannique après l échec de Pierre Tousignant aborde l état archaïque des institutions britanniques à l époque des troubles et montre que les revendications patriotes allaient en fait au-delà de ce que la métropole avait encore de la difficulté à concevoir pour elle-même. Le début des années 1970 marque le triomphe dans l historiographie de l histoire sociale et économique dans l étude des Rébellions. Les historiens révèlent alors le rôle crucial des rapports de classes au Bas-Canada et invoquent de plus en plus le piètre état de l économie laurentienne pour expliquer les rébellions. L apport de l historien Fernand Ouellet est à cet égard remarquable. Bien que Ouellet prétend s en tenir à l analyse économique, ses conclusions sont plutôt à l effet que la bourgeoisie professionnelle, avocats, notaires, médecins, qui traverse une crise de croissance vers 1837 et se trouve plongée avec tout le monde rural dans les effets d une terrible crise agricole, est en fait animée par l opportunisme et ambitionne de s emparer de l État. «C est en fonction de ces vues et de ces objectifs que les nationalistes font appel à la masse et la mobilisent en ». Plus sympathiques aux Patriotes, Gérard Bernier reprend aussi à son compte l interprétation sociale afin en particulier d expliquer la présence d anglophones dans les plus hautes sphère du parti patriote. «L adhésion de ces individus au parti semble se faire sur une base idéologique et sur la convergence des intérêts de classe. Le clivage ethnique n est pas assez puissant pour masquer la communauté de ces intérêts. Les représentants anglophones au sein de la direction du parti sont en effet issus des mêmes couches sociales que les patriotes francophones, soit les divers éléments constitutifs de la petite bourgeoisie». Les questions posées en particulier par Ouellet occuperont de nombreux historiens durant la décennie suivante. Wallot et Paquet, de même qu un Salée ou Chabot discutent à savoir si le projet patriote était bien animé par un idéal libéral doublé d un programme économique ou, en fait, profondément réactionnaire et tributaire des misères de l agriculture et des ambitions de la petite bourgeoisie nationaliste. Issu de l histoire des idées les Monière, Lamonde ou Bernard amorcent durant les années 1980 les premières synthèses depuis Filteau et s intéressent en particulier aux motivations des principaux chefs patriotes. Les études plus récentes, d un Greer, Courville ou d un Fecteau consistent à mieux comprendre les dynamiques du milieu rural au XIXe siècle, autonomiste et jaloux de son indépendance, en butte avec l accroissement de l emprise l État, qu il soit colonial ou canadien, comme une des causes possibles de la désaffection des Canadiens-Français envers la métropole. Ce débat entre spécialistes semble un peu s être épuisé si bien qu on assiste ces dernières années à la parution d études plus accessibles, davantage axées sur l histoire biographique et événementielle et atteignant parfois de forts tirages en librairie. En même temps l extraordinaire succès d un Julie Papineau de Micheline Lachance ou d un 15 février 1839, de Pierre Falardeau révèlent la fascination du public pour l idéalisme la grandeur du sacrifice de certains Patriotes. VI Ce survol permet de montrer combien les connaissances et les certitudes à propos d un événement comme la rébellion patriote demeurent changeantes et sujettes à caution. Si l œuvre de Filteau semble avoir assez bien traversée ce déluge historiographique, demeure qu on peut désormais compter sur certains acquis qui remettent en question une partie de ses conclusions. Nous n évoquerons ici que deux de ces acquis : une meilleure connaissance du cadre sociale qui règne alors au Bas-Canada et des données plus complètes à propos des protagonistes et qui nuancent fortement le clivage proposé par Filteau. Débarrassée des scrupules religieux et nationaux d un Groulx ou d un Filteau, l historiographie a clairement montré qu on doit désormais tenir compte d autres dimensions que du national pour expliquer la rébellion patriote. Les tenants de l interprétation sociale, économique ou politique s entendent aujourd hui autour du constat d un Jean-Paul Bernard selon qui «Les rébellions dans la colonie du Bas-Canada apparaissent ainsi comme une crise sociale généralisée, qui concerne à la fois le développement des institutions politiques, les orientations et les profits à tirer du développement économique et le développement de l identité coloniale». De nombreuses études montrent ainsi qu on assiste alors tout autant à une crise sociale (marchands contre paysans, urbains contre ruraux), à une crise politique (oligarches contre démocrates) qu à une crise de caractère ethnique opposant par exemple des francophones à des anglophones. Le libéralisme et l anticléricalisme de la plupart des chefs patriotes n étaient pas non plus que cosmétiques et témoignent en particulier de l actualité du mouvement démocratique patriote en regard des révolutions atlantiques qui se déroulent encore alors en Amérique latine, en France, en Pologne ou en Irlande. De là enfin l authentique cosmopolitisme de la plate-forme patriote où l apport idéologues «d étrangers» comme Tracey, O Callaghan, Girod, Hunter est aujourd hui reconnu. L historiographie des dernières années a aussi prouvé l obligation de tenir compte des tensions sociales dans le Québec de 1837, la question de la tenure ou celle du contrôle du commerce, dont la position des acteurs ne suit pas toujours les contours ethniques. Ouellet, Wallot ont particulièrement montré que le parti patriote était largement constitué de bourgeois professionnels ce que néglige de rappeler Filteau, dont on ne doit pas confondre les intérêts avec ceux des masses rurales, malgré leur lien ethnique selon Greer. Ces alliances de classes sont surtout d ordre stratégie et l enjeu peut avoir été de prendre le contrôle d un État afin de débloquer une situation économique et sociale à bout de souffle selon Ouellet. De la même manière, Manning, Ryerson ou Tulchinsky on montré que les Anglophones du Bas-Canada ne forment pas un bloc homogène, que les marchands anglais sont autant en butte au gouvernement colonial que les patriotes, et qu entre anglais, écossais et irlandais, de même qu entre Montréalais, Québécois et Townshipers existent des différences sensibles rendant caduque la capacité de ce groupe à agir de concert afin de piéger ces mêmes patriotes. Nos travaux actuels portent sur l origine sociale et ethnique des acteurs de , autant du côté loyal que patriote et s appuient en particulier sur des données quantitatives considérables dont ne pouvait disposer Filteau. Ils tendent à mettre en doute la corrélation entre le clivage ethnique et l affiliation politique. Au niveau des chefs cela ne fait pas de doute et ne peut s expliquer par des coïncidences tant sont présents les John Neilson, Edmund B. O Callaghan ou Robert Nelson à la tête du mouvement patriote. Il faut aussi rappeler que de nombreux britanniques, en Grande-Bretagne même, prendront fait et cause pour les Patriotes : Henry S. Chapman, John A. Roebuck, Thomas Falconer, Joseph Hume et, pas le moindre, John Stuart Mill. Lors d une assemblée publique tenue à Londres en soutien aux Patriotes on lance même que «When it was mentioned that the peasantry had beaten the troops at St.Denis, they gave three
60 Cheers for the brave Canadians.» ii Mais c est surtout dans les comtés ruraux du Bas-Canada qu on est frappé de rencontrer autant d anglophones à appuyer les 92 Résolutions et à participer aux assemblées publiques. Plusieurs anglophones y occupent une place importantes dans l organisation patriote, qu on pense au William Henry Scott ou James Watts dans Deux-Montagnes, Wolfred Nelson dans Richelieu, Elkanah Phelphs ou Ephraïm Knight dans Missisquoi ou Marcus Child ou Silas H. Dickerson dans Stanstead. Le cas du comté de Stanstead est particulièrement remarquable. Selon les données de recensement, il est peuplé à 97% d anglophones. C est pourtant, après Richelieu et Deux-Montagnes, le comté rural où sont organisées le plus d activités patriotes entre 1834 et 1837 et où le parti de Papineau recueille le plus large appui au sein de la population. Nous y avons ainsi identifié plus de huit leaders importants et pas moins de 135 militants patriotes, or pas un seul n a un nom de consonance francophone. Le cas se répète dans Missisquoi où des villages essentiellement anglophones comme Dunham et Stanbridge sont en fait de véritables bastions patriotes. Généralement d origine américaine et pétris par les institutions républicaines, les habitants de ces comtés semblent bien davantage se retrouver dans les Résolutions patriotes qu à travers un loyalisme à tout crin envers la Couronne britannique. Filteau ne peut à l inverse nier que la quasi-totalité des Canadiens- Français de l Est du Québec demeure passive durant les Rébellions, qu ils se rueront vers les déclarations de loyauté dès novembre et décembre de 1837 et que presque toutes l élite francophone de Québec est pour le moins refroidie envers Papineau dès À Montréal même, les de Saint-Ours, Pierre E. Leclerc ou Eléazar David participent tout autant que l armée à la répression des troubles. Bien sûr que les associations constitutionnelles de Montréal et Québec demeurent des chasses gardées anglophones, mais la participation francophone à l appareil de répression est loin d être négligeable et ne peut être réduite à une poignée de «Chouayens». En fait, elle était indispensable. Il va de soi que le départage des camps demeure dans l ensemble conforme à la composition ethnique de la société bas-canadienne, mais cette généralité souffre désormais de trop d exceptions notables pour qu on ne soit pas forcé d invoquer d autre types d explication pour expliquer l alignement des camps au moment des Rébellions. i Le monument en l honneur des Patriotes est élevé au cimetière de la Côte-des-Neiges dès Les chars allégoriques en l honneur des Patriotes défilent à la Saint- Jean-Baptiste de La plupart de ces initiatives sont prises par la Société Saint-Jean-Baptiste, y compris la publication de timbres commémoratifs en l honneur du Centenaire, ce qui dénote une réconciliation progressive entre le nationalisme traditionnel et l héritage patriote. ii Chapman à O Callaghan, 6 janvier 1838, APC, Papiers Papineau, vol. 2 :2523.
mission Le conflit des «gars de Lapalme»,
composition Le conflit des «gars de Lapalme», à l origine du CIMM Le 1 er mai 1970, la CSN, la CEQ et la FTQ organisaient, à Montréal, une manifestation en appui aux travailleurs et à la travailleuse de
PRÉFACE. représenter le roi ou la nation? Préface
PRÉFACE Avaient-ils le don d ubiquité? Aux origines de ce livre, il y a une constatation qui a suscité la curiosité du chercheur : parmi les représentants de l Angleterre à l étranger, certains appartiennent
Les hommes, les femmes et les enfants travaillent entre 14 et 17 heures par jour.
Pol Indépendance de la Belgique 1830 La Belgique est gouvernée par les libéraux et les catholiques. Il ne s agit pas encore de partis politiques mais plutôt de regroupements philosophiques. Vote censitaire
I. Les contestations de l'absolutisme et les crises de la monarchie aux origines de la Révolution française (1787-1789)
Thème 5 : Révolutions, libertés, nations à l aube de l époque contemporaine Chapitre 1 : La révolution française : l affirmation d un nouvel univers politique Au XVIIIe siècle, les Etats européens sont
Décision n 2014-246 L. Dossier documentaire
Décision n 2014-246 L Nature juridique de l article L. 723-23 du code rural et de la pêche maritime Dossier documentaire Source : services du Conseil constitutionnel 2014 Sommaire I. Normes de référence...
180 ans d'indépendance dont 30 ans de fédéralisme...
180 ans d'indépendance dont 30 ans de fédéralisme... En 2010, la Belgique fêtera ses 180 ans. En effet, l'année 1830 avait vu éclater une révolution à Bruxelles, obligeant le Hollandais Guillaume Ier à
Marie-Anne Barbel ou l exemple d une femme d affaires du XVIIIe siècle Samantha ROMPILLON
Marie-Anne Barbel ou l exemple d une femme d affaires du XVIIIe siècle Samantha ROMPILLON Quand on pense aux femmes de la Nouvelle-France, on songe à Marie de l incarnation, à Marguerite Bourgeoys, aux
Ursulines de Québec, 1/N,3,11,1,2. Ursulines de Québec, 1/N,3,11,1,1.
a série Propriétés terriennes du Service des Archives du Monastère des Ursulines de Québec regorge de documents précieux et instructifs. Le premier article de l année établissait les fondements de la colonisation
demain Aujourd hui ACDIC A. PRESENTATION DE L ACDIC B. 10 ANS D ACTIONS. Des actes concrets, des effets, des impacts C. DES ACQUIS ET ATOUTS CERTAINS
ACDIC Aujourd hui & demain A. PRESENTATION DE L ACDIC B. 10 ANS D ACTIONS. Des actes concrets, des effets, des impacts C. DES ACQUIS ET ATOUTS CERTAINS D. QUATRE THEMES D ACTIONS PRIORITAIRES E. NOS AMBITIONS
CONSEIL DES MINISTRES
CONSEIL DES MINISTRES LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A REUNI LE CONSEIL DES MINISTRES AU PALAIS DE L ÉLYSEE LE MERCREDI 2 SEPTEMBRE 2015 À L ISSUE DU CONSEIL, LE SERVICE DE PRESSE DE LA PRESIDENCE DE LA
LA RÉPUBLIQUE DE L ENTRE-DEUX- GUERRES : VICTORIEUSE ET FRAGILISÉE
LA RÉPUBLIQUE DE L ENTRE-DEUX- GUERRES : VICTORIEUSE ET FRAGILISÉE Léon Blum Général de Gaulle Georges Clemenceau Maréchal Pétain De l Union sacrée à la fin de la 1ere guerre mondiale L UNION SACRE, c
SÉNAT PROPOSITION DE LOI
N 61 SÉNAT SESSION ORDINAIRE DE 2010-2011 Enregistré à la Présidence du Sénat le 25 octobre 2010 PROPOSITION DE LOI sur les sondages visant à mieux garantir la sincérité du débat politique et électoral,
1958-1962, une nouvelle république
Première S, histoire LMA, 2011-2012 Thème 5 Les Français et la République Question 1 La République, trois républiques Cours 3 1958-1962, une nouvelle république I La fin de la IV e République et l adoption
GUIDE DE SENSIBILISATION DES ELECTEURS
1 République de Guinée Commission Electorale Nationale Indépendante GUIDE DE SENSIBILISATION DES ELECTEURS Election Présidentielle, octobre 2015 Conakry, Août 2015 1 2 Introduction Les organisations de
Enquête sur LES RELATIONS INTERNATIONALES APR ÈS 1945.
1 Enquête sur LES RELATIONS INTERNATIONALES APR ÈS 1945. TITRE PREMIER : LES RELATIONS EST-OUEST. * Notion d'impérialisme*. I. Le climat général des relations entre les " Alliés ". (s'interroger ). Parcourir
CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE
CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE 1/ en 1804 2/ le second empire 3/JULES FERRY 4/régime de Vichy : 1940/1944 La collaboration caractérise ce régime. Par exemple, la milice française
L UNAF LA DEMI-PART FISCALE
L UNAF et LA DEMI-PART FISCALE Union nationale des associations familiales 28 place Saint-Georges 75009 PARIS Tél : 01 49 95 36 00 Fax : 01 40 16 12 76 www.unaf.fr 1/11 L'UNAF et la suppression de la demi-part
MODULE 6 LA MODERNISATION DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE (1ÈRE PARTIE) DANS LES ANNÉES 1920 (ANNÉES FOLLES) > ÉCONOMIE CANADIENNE = PROSPÈRE :
MODULE 6 LA MODERNISATION DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE (1ÈRE PARTIE) 1ER - DE LA CRISE À LA GUERRE DE LA CRISE À LA GUERRE (1929-1945) L ÉCONOMIE EN CRISE DANS LES ANNÉES 1920 (ANNÉES FOLLES) > ÉCONOMIE CANADIENNE
Le Québec, terre de traduction
Le Québec, terre de traduction S il est un endroit au monde où les traducteurs ont un marché établi, c est bien le Canada. Et le Québec, au sein du Canada, jouit d une situation encore plus privilégiée.
Cours VI : VIE POLITIQUE LOCALE, RELATIONS ENTRE SOCIETE CIVILE ET POUVOIR POLITIQUE
Cours VI : VIE POLITIQUE LOCALE, RELATIONS ENTRE SOCIETE CIVILE ET POUVOIR POLITIQUE INTRODUCTION : Les collectivités territoriales Depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, sont définies comme
«En avant les p tits gars» Chanté Par Fragson. 1913. Mais que chantait-on en Décembre 1913, à quelques mois du déclenchement de la grande tragédie?
«En avant les p tits gars» Chanté Par Fragson. 1913. Mais que chantait-on en Décembre 1913, à quelques mois du déclenchement de la grande tragédie? Paroles : «En avant les p tits gars». Fragson. 1913.
Convention sur la réduction des cas d apatridie
Convention sur la réduction des cas d apatridie 1961 Faite à New York le 30 août 1961. Entrée en vigueur le 13 décembre 1975. Nations Unies, Recueil des Traités, vol. 989, p. 175. Copyright Nations Unies
Mémoire présenté. Comité de l Assemblée législative pour un régime d assurance automobile public abordable, équitable et accessible
Mémoire présenté au Comité de l Assemblée législative pour un régime d assurance automobile public abordable, équitable et accessible par la Société des enseignantes et des enseignants retraités francophones
N 518 SÉNAT QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE 1991-1992
N 518 SÉNAT QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE 1991-1992 Rattache pour ordre au procès-verbal de la séance du 8 juillet 1992. Enregistre a la Présidence du Senat le 28 septembre 1992. PROPOSITION DE LOI
PLAN DIRECTEUR DE QUARTIER VIEUX-QUÉBEC HAUTE-VILLE - BASSE-VILLE ET CAP-BLANC DOCUMENT DE CONSULTATION SUR LES ORIENTATIONS ET LES OBJECTIFS
PLAN DIRECTEUR DE QUARTIER VIEUX-QUÉBEC HAUTE-VILLE - BASSE-VILLE ET CAP-BLANC DOCUMENT DE CONSULTATION SUR LES ORIENTATIONS ET LES OBJECTIFS Note : La consultation publique a lieu le lundi, 27 mars, 18
QU EST- CE QU UNE CONSTITUTION
QU EST- CE QU UNE CONSTITUTION La Constitution est un ensemble de textes juridiques qui définit les différentes institutions composant l État et qui organise leurs relations. Elle peut comporter également
Histoire Le Moyen-âge La société féodale
Histoire Le Moyen-âge Objectif(s) : - Connaître les 3 ordres de la société médiévale - Découvrir le cadre et le mode de vie des seigneurs au Moyen Age : Seigneurs / vassaux / chevaliers Histoire racontée
La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789)
La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789) Avant la Révolution*, la France est une monarchie avec à sa tête un monarque, le Roi de France. Lorsque Louis XIII décède en
Comité des produits Discours du Directeur général. 29 mai 2012 1 DISCOURS D OUVERTURE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL AU COMITÉ DES PRODUITS.
Comité des produits Discours du Directeur général. 29 mai 2012 1 DISCOURS D OUVERTURE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL AU COMITÉ DES PRODUITS 28 mai 2012 Madame la Représentante permanente adjointe de Sri Lanka, Présidente
Le nouvel espace politique européen
Frédéric Lebaron à l issue de la séquence électorale récente, en particulier en France et en Grèce, le nouveau champ politique issu de la crise financière se dessine plus clairement en Europe. L Union
Agricultures paysannes, mondialisation et développement agricole durable
Agricultures paysannes, mondialisation et développement agricole durable Marcel MAZOYER professeur à La Paz juillet 2 007 Contenu 1. Une situation agricole et alimentaire mondiale inacceptable 2. Développement
Info-commerce : Incertitude économique mondiale
Info-commerce : Incertitude économique mondiale avril 2012 Panel de recherche d EDC Résultats du sondage de février 2012 Faits saillants Même si les É.-U. restent une importante destination commerciale,
Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence
Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence ministérielle sur la migration et le développement. Plan d Action
Observations sur l avant-projet de loi, Loi sur l aménagement durable du territoire et l urbanisme
Observations sur l avant-projet de loi, Loi sur l aménagement durable du territoire et l urbanisme Déposé à la Commission de l aménagement du territoire de l Assemblée nationale du Québec Dans le cadre
Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales.
1 Contribution de Jean Pierre BRARD, député apparenté communiste de Seine Saint Denis, et de Bernard VERA, sénateur communiste de l Essonne, membres du groupe de travail Assemblée nationale Sénat sur la
La LOLF, une loi bien pensée mais en voie de détournement?
La LOLF, une loi bien pensée mais en voie de détournement? La nouvelle loi organique relative aux lois de finances a été promulguée en août 2001. Deux ans plus tard, et bien que la mise en œuvre de cette
REGLEMENT INTERIEUR TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
RÉPUBLIQUE DU BÉNIN COUR CONSTITUTIONNELLE REGLEMENT INTERIEUR TITRE I : DISPOSITIONS GENERALES Article 1 er : Le présent Règlement Intérieur est pris en application des dispositions de la Loi n 90-032
RÉSUMÉ DU PLAN STRATÉGIQUE DE RECHERCHE (2013-2018) Une culture de l excellence en recherche et en développement
RÉSUMÉ DU PLAN STRATÉGIQUE DE RECHERCHE (2013-2018) Une culture de l excellence en recherche et en développement La recherche à l Université Sainte-Anne L Université Sainte-Anne, par son emplacement géographique,
El Tres de Mayo, GOYA
Art du visuel / «Arts, ruptures, continuités» Problématique : «Comment l expression du sentiment surgit-elle dans l art au XIX è siècle?» El Tres de Mayo, GOYA Le Tres de Mayo, Francisco Goya, huile sur
ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DU NOUVEAU-BRUNSWICK Première session, 57 e législature. FEUILLETON ET AVIS, Jour de séance 33 le vendredi 15 avril 2011
ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DU NOUVEAU-BRUNSWICK Première session, 57 e législature FEUILLETON ET AVIS, Jour de séance 33 le vendredi 15 avril 2011 AFFAIRES COURANTES Prière Condoléances et messages de sympathie
Qui peut être élu conseiller municipal, devenir maire ou adjoint? Les règles d inéligibilités et d incompatibilités
Département Administration et gestion communale JM/JR/MK Note n 78 Affaire suivie par : Judith MWENDO (tél. 01 44 18 13 60) et Julie ROUSSEL (tél. 01 44 18 51 95) Paris, le 8 août 2013 Qui peut être élu
Syndicat des Producteurs de Miel de France. STATUTS MODIFIES ( édition de janvier 2015) TITRE I (Fondation)
Syndicat des Producteurs de Miel de France SPMF Siège social et administration : SPMF - Chambre d'agriculture du Gers Route de Mirande, BP 70161, 32003 AUCH CEDEX STATUTS MODIFIES ( édition de janvier
I. Dénomination, siege social et objectifs. Article 1 (Dénomination et cadre légal)
I. Dénomination, siege social et objectifs Article 1 (Dénomination et cadre légal) Par les présents statuts, il est constitué une fédération internationale d associations dénommée EURODOC le Conseil Européen
CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT)
CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) FACONNER ENSEMBLE L OIT DU FUTUR «Pour tout ce qui a été, merci. Pour tout ce qui sera, oui.» (Dag
La protection sociale obligatoire et complémentaire au cœur de notre bataille!
La protection sociale obligatoire et complémentaire au cœur de notre bataille! La protection sociale est un terme générique qui recouvre, la Sécurité Sociale (régime général obligatoire solidaire, géré
Liste des promesses tenues*
331 Culture Démocratiser l'accès au multimédia. I. CHANGEONS LA VIE QUOTIDIENNE DES FRANÇAIS.7. Assurer notre rayonnement culturel.nous porterons le budget de la culture à 1% du budget de l'etat. Nous
INTERNATIONAL TRIBUNAL FOR THE LAW OF THE SEA TRIBUNAL INTERNATIONAL DU DROIT DE LA MER Communiqué de Presse (Publié par le Greffe)
INTERNATIONAL TRIBUNAL FOR THE LAW OF THE SEA TRIBUNAL INTERNATIONAL DU DROIT DE LA MER Communiqué de Presse (Publié par le Greffe) LE TRIBUNAL EST SAISI DU FOND DANS L'AFFAIRE "D'AVITAILLEMENT" DE NAVIRES
AZ A^kgZi Yj 8^idnZc
Bienvenue à l âge de la majorité! l État vous présente vos droits et devoirs ainsi que les principes fondamentaux de la République à travers «Le Livret du Citoyen» Nom... Prénom... Date de naissance...
INVESTIR DANS LA DÉMOCRATIE LE PROGRAMME GLOBAL D APPUI AU CYCLE ÉLECTORAL DU PNUD
INVESTIR DANS LA DÉMOCRATIE LE PROGRAMME GLOBAL D APPUI AU CYCLE ÉLECTORAL DU PNUD Programme des Nations Unies pour le développement LE PROGRAMME GLOBAL D APPUI AU CYCLE ÉLECTORAL DU PNUD Les élections
Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre?
Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Les trois dernières décennies ont été marquées par des progrès impressionnants
Les formes de la mobilisation politique
Les formes de la mobilisation politique Manifestations, actions directes, occupations et autres actions collectives contemporaines. Marco Silvestro - oct03 Les acteurs de l action collective Les partis
Introduction Quels défis pour l Administration Publique face àla crise? Crise et leadership : quelles relations? Quels défis pour les dirigeants?
Renforcement des capacités en matière de Leadership au niveau du Secteur Public dans le contexte de la crise financière et économique Par Dr. Najat ZARROUK Introduction Quels défis pour l Administration
Un gouvernement qui agit en misant sur l investissement privé
Cabinet du ministre Communiqué de presse BUDGET 2013-2014 COMMUNIQUÉ N 2 BUDGET 2013-2014 Un gouvernement qui agit en misant sur l investissement privé Québec, le 20 novembre 2012 «Pour accélérer la croissance
LE DROIT À ADÉQUAT. Comment lutter pour vos droits
LE DROIT À UN LOGEMENT ADÉQUAT Comment lutter pour vos droits le Centre pour les droits à l égalité au logement (CERA) et le Centre de défense des droits sociaux LE DROIT À UN LOGEMENT ADÉQUAT Cette brochure
A. DISPOSITIONS DES TRAITÉS EN MATIÈRE D'AIDES D'ETAT
DISPOSITIONS DES TRAITÉS EN MATIÈRE D'AIDES D'ETAT DISPOSITIONS DES TRAITÉS EN MATIERE D'AIDES D'ETAT Tableau de correspondance entre l'ancienne et la nouvelle numérotation des articles suite à l'entrée
le QuEbec POUR Enrichir Affirmer les valeurs communes de la société québécoise
POUR Enrichir le QuEbec Mesures pour renforcer l action du Québec en matière d intégration des immigrants Affirmer les valeurs communes de la société québécoise Affirmer les valeurs communes de la société
Pourquoi le Canada a besoin de services bancaires postaux
Pourquoi le Canada a besoin de services bancaires postaux Symposium international sur les services bancaires postaux John Anderson 613-290-0016 [email protected] «Ils sont des millions à ne pas avoir
Compte rendu. Ouvrage recensé : par Robert Gagnon
Compte rendu Ouvrage recensé : The Master Spirit of the Age Canadian Engineers and the Politics of Professionalism. 1887-1922, J. Rodney Millard, Toronto, University of Toronto Press, 1988. Pp 229. par
Guide du Parlement suédois
Guide du Parlement suédois Situé en plein centre de Stockholm, sur l îlot de Helgeandsholmen, le Riksdag est le cœur de la démocratie suédoise. C est ici que sont votés les lois et le budget de l État.
GRAP. dans l émergence d entreprises d économie sociale en Estrie
dans l émergence d entreprises d économie sociale en Estrie Illustration de deux cas d entreprises tirés de la recherche du Groupe régional d activités partenariales en économie sociale de l Estrie (GRAP-Estrie)
Introduction. Le Canada est un pays qui donne son plein rendement.
le 23 mars 2004 «tout au long de notre histoire, les Canadiens ont été animés par une idée bien simple : que nous avons la responsabilité de faire en sorte que nos enfants et nos petits-enfants aient une
Le Ministre Pieter De Crem prend la parole
Le Ministre Pieter De Crem prend la parole Monsieur Pieter De Crem, Ministre de la Défense nationale, a donné un exposé le 21 mai 2008 à l Institut royal Supérieur de Défense (IRSD) Pendant cette conférence,
Loi N 1/018 du 19 décembre 2002 portant ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE AINSI QUE LA PROCEDURE APPLICABLE DEVANT ELLE
Loi N 1/018 du 19 décembre 2002 portant ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE AINSI QUE LA PROCEDURE APPLICABLE DEVANT ELLE TABLE DES MATIERES CHAPITRE I. DE L ORGANISATION... 4 CHAITRE
Proposition de Charte éthique de l élu-e pour un renouveau démocratique et la renaissance des pratiques politiques
Proposition de Charte éthique de l élu-e pour un renouveau démocratique et la renaissance des pratiques politiques Version du 23 février 2015, soumise à consultation publique jusqu au 15 avril 2015. N
Rapport financier 2012-2013 - Prévisions budgétaires 2013-2014
Rapport financier 2012-2013 - Prévisions budgétaires 2013-2014 Réel Prévision Réel Prévision RECETTES 2011-2012 2012-2013 2012-2013 2013-2014 Cotisations régulières perçues 413 305,78 $ 610 000,00 $ 601
CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE. Bruxelles, le 28 mai 2010 (OR. en) 9633/10 Dossier interinstitutionnel: 2010/0096 (NLE)
CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE Bruxelles, le 28 mai 2010 (OR. en) 9633/10 Dossier interinstitutionnel: 2010/0096 (NLE) ACP 140 COAFR 181 PESC 619 RELEX 415 ACTES LÉGISLATIFS ET AUTRES INSTRUMENTS Objet:
L entreprenariat collectif : une force à ne pas négliger
L entreprenariat collectif : une force à ne pas négliger André Leclerc Chaire des caisses populaires acadiennes en gestion des coopératives Université de Moncton Campus d Edmundston et Faculté d Administration
PROJET DE LOI MODIFIÉ PAR LE SÉNAT. relatif au statut de la Banque de France et à l'activité et au contrôle des établissements de crédit.
PROJET DE LOI adopté le 2 juillet 1993 N 113 SENAT DEUXIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE 1992-1993 PROJET DE LOI MODIFIÉ PAR LE SÉNAT relatif au statut de la Banque de France et à l'activité et au contrôle
7 ème Edition des Assises de la Coopération Belge au Développement
7 ème Edition des Assises de la Coopération Belge au Développement Session 3 Thème : Mettre le contexte au centre de l action : opérationaliser une approche sensible à la fragilité Sous-thème : «Prise
COURS D INSTITUTIONS EUROPEENNES Mme Catherine SCHNEIDER, Professeur, Chaire Jean Monnet. PLAN dossier 2 : LES INSTITUTIONS DE DEFENSE ET DE SECURITE
1 LICENCE 2 ième année DROIT COURS D INSTITUTIONS EUROPEENNES Mme Catherine SCHNEIDER, Professeur, Chaire Jean Monnet PLAN dossier 2 : LES INSTITUTIONS DE DEFENSE ET DE SECURITE SECTION 1 - L'OTAN, ORGANISATION
Date de diffusion publique : lundi 15 décembre 2008, 6h00 heure normale de l Est
Suite à la récente crise constitutionnelle, un nouveau sondage démontre que les Canadiens manquent de connaissances élémentaires sur le système parlementaire canadien La moitié des Canadiens (51%) croient
«La solidarité serait une invention de Dieu lui-même»
Louis GILL Économiste québécois, retraité de l UQAM 1989 «La solidarité serait une invention de Dieu lui-même» Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de
Le droit syndical dans le privé. Extrait du code du Travail sur le droit syndical du privé
Mémento des droits des personnels des EPST Sntrs-Cgt F9 Le droit syndical dans le privé Créée le 15 novembre 2005 - Dernière modification le 19 février 2009 Extrait du code du Travail sur le droit syndical
compl mentaire des dossiers réalisés dans le cadre du Concours national de la Résistance notamment de ceux réalis
Introduction L ensemble ensemble documentaire qui suit est complémentaire compl mentaire des dossiers réalisés r dans le cadre du Concours national de la Résistance R sistance et de la Déportation, D notamment
REVENDICATIONS PARTICULIÈRES : NÉGOCIER L ACQUITTEMENT DE LA DETTE NATIONALE DU CANADA
REVENDICATIONS PARTICULIÈRES : NÉGOCIER L ACQUITTEMENT DE LA DETTE NATIONALE DU CANADA Chef Maureen Chapman Comité des Chefs sur les revendications Mémoire prébudgétaire au Comité permanent des finances
Services bancaires postaux : tendances et perspectives Cartographie des bureaux de poste, des banques et des prêteurs sur salaire de la région du
Services bancaires postaux : tendances et perspectives Cartographie des bureaux de poste, des banques et des prêteurs sur salaire de la région du Grand Toronto et de Hamilton et de Terre-Neuve-et-Labrador
Le soutien financier des projets sur les budgets prévention des conflits et diplomatie préventive
Service Consolidation de la Paix (S3.1) Le soutien financier des projets sur les budgets prévention des conflits et diplomatie préventive Introduction Pour exécuter et renforcer la politique étrangère,
VOLET: GESTION FINANCIÈRE POUR LES COMMIS ET AGENTS ADMINISTRATIFS 25 NOVEMBRE 2011 13H30
VOLET: GESTION FINANCIÈRE POUR LES COMMIS ET AGENTS ADMINISTRATIFS 25 NOVEMBRE 2011 13H30 COMPTABILITÉ 101 Les processus de l'exercice comptable de la fonction publique en abordant: - Le cycle des rapports
L expression. de la diversité. municipale au Québec. www.umq.qc.ca
L expression de la diversité municipale au Québec 1 2 3 4 5 6 7 8 3 4 1 2 3 4 5 8 9 1 2 3 4 5 1 2 3 0 0 2 1 2 1 2 1 6 1 9 2 8 3 7 4 6 5 www.umq.qc.ca Depuis sa fondation en 1919, l Union des municipalités
Association Européenne pour la défense des Droits de l Homme au sein de l Union Européenne
Association Européenne pour la Défense des Droits de l Homme - AEDH CHARTE CONSTITUTIVE Adoptée le 4 décembre 2000 Il y a plus de 40 ans, les bases d'une entente économique en Europe de l'ouest étaient
La Constitution européenne
La Constitution européenne "Le Parlement européen approuve la Constitution et appuie sans réserve sa ratification"(*): elle éclaire la nature et les objectifs de l'union, renforce son efficacité et son
ASSOCIATION SUISSE POUR LA PROTECTION DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE (AIPPI SUISSE) S T A T U T S. A. Nom, siège et but de l'association
ASSOCIATION SUISSE POUR LA PROTECTION DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE (AIPPI SUISSE) S T A T U T S A. Nom, siège et but de l'association 1 Sous le nom de "Association suisse pour la protection de la propriété
ECONOMIE GENERALE G. Carminatti-Marchand SEANCE III ENTREPRISE ET INTERNATIONALISATION
ECONOMIE GENERALE G. Carminatti-Marchand SEANCE III ENTREPRISE ET INTERNATIONALISATION On constate trois grandes phases depuis la fin de la 2 ème guerre mondiale: 1945-fin 50: Deux blocs économiques et
La fiscalité nous permet de nous offrir collectivement des services et une qualité de vie supérieurs. Les revenus de l État sont à la baisse
La fiscalité nous permet de nous offrir collectivement des services et une qualité de vie supérieurs En moyenne, chaque personne au Québec reçoit (de tous les paliers gouvernementaux) l équivalent de près
Sondage Politique provinciale Campagne électorale 2014. Rapport étude quantitative. 15 mars 2014
Sondage Politique provinciale Campagne électorale 2014 Rapport étude quantitative 15 mars 2014 Méthodologie MÉTHODOLOGIE SONDAGE INTERNET Un sondage Internet réalisé auprès du grand public dans l ensemble
STATUTS DE L UNION TECHNIQUE DE LA MUTUALITE MALIENNE
STATUTS DE L UNION TECHNIQUE DE LA MUTUALITE MALIENNE TITRE I. DISPOSITIONS GENERALES CHAPITRE 1 ER : FORMATION ET OBJET DE LA MUTUELLE Article 1 er : Il est créé une Union Nationale de groupements mutualistes
Etre citoyen, c'est avoir des droits, mais aussi des devoirs.
Etre citoyen, c'est avoir des droits, mais aussi des devoirs. Le sens actuel du mot citoyen est hérité de la révolution française qui a initié le droit de vote. La citoyenneté confère des droits, mais
Nous sommes interrogés sur la nature de la crise que nous rencontrons
75 L enjeu : intervenir sur le partage de plus en plus inégalitaire de la richesse produite Économiste, Fondation Copernic Nous sommes interrogés sur la nature de la crise que nous rencontrons depuis 2007-2008
Compte-rendu des ateliers
FORUM DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL LOCAL 2010 2 E rencontre citoyenneté Compte-rendu des ateliers La 2e rencontre du Forum a abordé le thème de la citoyenneté. Cette rencontre s'est déroulé en suivant en partie
L ORGANISATION GENERALE DE LA FONCTION PUBLIQUE
L ORGANISATION GENERALE DE LA FONCTION PUBLIQUE I - LES SOURCES DU DROIT DE LA FONCTION PUBLIQUE A - La Constitution et le bloc de constitutionnalité Certains grands principes du droit de la fonction publique
De l Etat français à la IVème République (1940-1946)
De l Etat français à la IVème République (1940-1946) Introduction : Présentation de la défaite : -En juin 1940, la chute de la IIIème République (1875-1940) accompagne la déroute militaire. -Le 10 juillet
COLLECTIVITE TERRITORIALE DE CORSE
COLLECTIVITE TERRITORIALE DE CORSE ASSEMBLEE DE CORSE SESSION DES 7 & 8 FEVRIER 2013 COMMISSION DES COMPETENCES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES COMMISSION DES FINANCES, DE LA PLANIFICATION, DES AFFAIRES
«La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.»
39 e Congrès de la Mutualité Française Résolution générale «La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.» La crise financière, économique, sociale et écologique frappe durement notre pays,
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ACCORD DE PAIX ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LE CONGRES NATIONAL POUR LA DEFENSE DU PEUPLE (CNDP)
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ACCORD DE PAIX ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LE CONGRES NATIONAL POUR LA DEFENSE DU PEUPLE (CNDP) 2 PREAMBULE Nous, Gouvernement de la République Démocratique du Congo et Congrès
Le système de protection sociale en santé en RDC
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO MINISTERE DE L EMPLOI, DU TRAVAIL ET DE LA PREVOYANCE SOCIALE Le système de protection sociale en santé en RDC 13/09/2013 1 I. Contexte national Plan II. Mesures de protection
G uide M éthodologique
MESURES DE PROTECTION DES MINEURS Suivez le guide!!! AVRIL 2015 G uide M éthodologique Document actualisé le 07 avril 2015 par Le Service en charge des Mesures de Protection des Mineurs de l UDAF de la
COMMERCE DES VALEURS MOBILIÈRES DE RÉGLEMENTATION DU COMMERCE DES VALEURS MOBILIÈRES
Cette traduction non officielle de la version anglaise du document original est fournie à titre d information seulement et n a pas de valeur juridique. ORGANISME CANADIEN DE RÉGLEMENTATION DU COMMERCE
Statuts de l Association «Humanium» au 24 février 2009
Statuts de l Association «Humanium» au 24 février 2009 Sommaire : Art. 1 : Personnalité Art. 2 : Siège et durée Art. 3 : Buts Art. 4 : Etendue géographique et fonctionnement Art. 5 : Les Membres Art. 6
