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1 Le Courrier de l Association de la Cause freudienne Ile-de-France SOMMAIRE EDITORIAL «Notre monde est peuplé de lathouses» A LA UNE EVENEMENTS LETTRES «Deux textes» L ACF AU TRAVAIL L ACF AU TRAVAIL

2 EDITORIAL La troisième partie du Séminaire est intitulée «L envers de la vie contemporaine». En la nommant ainsi, Jacques-Alain Miller semble faire référence à L Envers de l histoire de la vie contemporaine 5 dernier roman achevé et posthume de Balzac. Dans la préface de la première édition de Splendeurs et misères des courtisanes 6 d août 1844, Balzac évoque une publication à venir, contrepoint aux «misères affreuses sur lesquelles repose la civilisation parisienne». L Envers de Balzac, met en exergue le bien et les vertus tout autant que la détresse morale, les passions et la misère matérielle. Déjà fort présentes dans le reste de La comédie Humaine où l Enfer et le Paradis se côtoient. On peut y lire une satire de la sainteté où l opposition entre philanthropie et charité, entre loi et mœurs sont le leitmotiv de ce roman. Notre monde est peuplé de lathouses Si les Français ont réduit leurs dépenses générales en 2012 selon le cabinet Deloitte 1 qui publie depuis 15 ans une étude sur la dépense budgétaire de Noël dans 18 pays européens, en France, les fêtes de fin d année font exception. Cette année, le budget de Noël augmentera de 0.7 % soit une dépense moyenne par foyer de Contrairement à la majorité des Européens qui prévoient de dépenser moins en cadeaux, repas et sorties ( 0.8 %), les Français ne s y résolvent pas. La croissance des dépenses en Europe du Nord reste néanmoins toujours la plus forte, même si cette zone est moins dépensière. On peut noter une augmentation significative en Allemagne ( %), en Suisse (+ 4.1 %), en Belgique (+ 2.7 %) et en Finlande (+ 2.2 %). Les pays les plus touchés par la crise économique restent la Grèce ( 16.2%), le Portugal ( 13.5 %), l Espagne ( 3.9 %) et l Italie ( 3.7 %). L écart se creuse Quant à la France, depuis le début de la crise en 2008, le budget de Noël des foyers a subi trois années de baisse consécutive ( 5.1% en 2008 ; 3.5 % en 2009 ; 4.4 % en 2010). Mais dès l an dernier, la dépense des ménages était revue à la hausse, soit en augmentation de 1.9 %. Fête la plus importante de l année en territoire de France, le budget de Noël n est pas impacté, comme on dit aujourd hui, dans le budget annuel des ménages. Il reste la dépense imprévue qui revient inexorablement chaque année Quid de cette impossibilité à budgétiser les présents du père Noël? Au XXI e siècle, alors que l ordre symbolique n est plus ce qu il était2, il serait plus juste de poser la question autrement. Quid donc du pouvoir d attraction de ces objets? Les lathouses de Noël gardent leur force de séduction. Lacan nomme ainsi ces objets de consommation dans lesquels se consume le désir. Il en parlera, sauf erreur, une fois, et ce dans la troisième partie du Séminaire XVII. L envers de la psychanalyse, prononcé après 1968, fait la paire avec le précédant et en achève la recherche dès la première leçon 3. C est le Séminaire des quatre discours, mais il est aussi un Séminaire sur la détumescence du père dans sa fonction structurale. Voyez aussi «Radiophonie» 4 écrit qui accompagne L Envers. L Envers de Lacan élève la dictature des lathouses au zénith social. Le père n est plus celui qui structure et organise le monde contemporain. Il y a méprise chez les étudiants de 68, c est le discours de la science qui s impose. L aléthosphère 7 est l univers de la science construit sur la mathématique, dans son principe, sa visée et ses productions ses consommables. «Le monde est de plus en plus peuplé de lathouses.» 8 Ce sont, explique Lacan à son auditoire, de «menus objets petit a que vous allez rencontrer en sortant, là sur le pavé à tous les coins de rue, derrière toutes les vitrines, [sur tous vos écrans, peut-on ajouter au XXI e siècle] dans ce foisonnement de ces objets fait pour causer le désir, pour autant que c est la science maintenant qui gouverne, pensez-les maintenant comme lathouses.» Lacan situe cette modalité capitaliste de l objet à proximité de l ambiguë ousia, ni Autre ni Étant mais entre-deux, s approchant de l Être sans l être vraiment. Entre léthé et alétheia, la lathouse est oubli de la vérité. Elle n est pas sans objet, elle voile l angoisse. Les lathouses sont des objets vides, gadgets électroniques, avatars virtuels, objets pulsionnels et autre saint-frusquin qui ne sont que des «plus de jouir en toc» 9 tendant à combler, à boucher le trou de la chose. Et de conclure avec Lacan : «Ce petit surgissement est fait pour que vous ne soyez pas tranquilles sur vos rapports avec la lathouse. Il est bien certain que chacun a affaire avec deux ou trois de cette espèce. La lathouse n a pas de raison de se limiter dans sa multiplication.» Les membres du Comité de Coordination Régional se joignent à moi pour vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d année et d excellentes vacances. Notes Charles-Henri Crochet, Délégué Régional ACF ÎdF 1 Cf. 2 Cf. Coll., «L ordre symbolique au XXI e siècle», Paris, Collection AMP Le Congrès, ECF, Ce volume post congrès en cours d édition, sortira en librairie fin janvier 3 Miller J.-A., «L orientation lacanienne. Pièces détachées», ( ), enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de Paris VIII, leçon du 3 mai 2005, inédit. 4 Lacan, J., «Radiophonie», Autres écrits, Paris, Seuil, 2011, p Balzac, H., L envers de l histoire contemporaine, Paris, Gallimard/Folio, Balzac H., «Splendeurs et misères des courtisanes», La comédie humaine, Paris, Castex, 1976, Vol IX. 7 Lacan J., Le Séminaire, Livre XVII, L envers de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1991, p Ibid., p Ibid., p. 93.

3 A LA UNE EVENEMENTS CAFÉS PSYCHANALYSE - SAISON Au Théâtre de Châtillon (soirées à 20h30) 1) Café Psychanalyse du mardi 16 octobre 2012 à partir de 20h30 : Thème du débat «Dépression : symptôme du sujet ou de la civilisation?». Invitée : Cinzia Crosali, psychanalyste, membre de l Ecole de la Cause Freudienne, auteur du livre La dépression, Affect central de la modernité paru aux Editions Universitaires de Rennes en avril ) Café Psychanalyse du samedi 24 novembre 2012 à 20h30 associé à un spectacle : Thème du débat «Les embrouilles du couple». Invitée : Marie-Hélène Blancard, psychanalyste, membre de l Ecole de la Cause Freudienne. Le débat se tiendra après la représentation du spectacle American Blues de Tennessee William mis en scène par Juliette de Chanacé. 3) Café Psychanalyse du jeudi 17 janvier 2013 à 20h30 associé à un spectacle : Thème du débat «Les femmes et la souffrance». Invitée : Esthela Solano-Suarez, psychanalyste, membre de l Ecole de la Cause Freudienne. Le débat se tiendra après la représentation du spectacle Corps de femme mis en scène par Judith Depaule. 4) Café Psychanalyse associé à une soirée Virginia Woolf le samedi 13 avril 2013 (horaire exceptionnel 17h ou 18h non encore précisé). Thème du débat «L écriture refuge contre la folie». Invités : Stella Harrison, Monique Harlin et Luc Garcia, conceptrice et auteurs de l ouvrage Virginia Woolf. L écriture, refuge contre la folie paru aux Editions Michèle en mars La soirée se déroulera en deux temps : d abord une présentation du thème du débat au cinéma de Châtillon (adjacent au Théâtre de Châtillon) avec une projection de film ayant trait à la vie et l œuvre de Virginia Woolf (non encore programmé) puis le débat du Café Psychanalyse qui se déroulera au Théâtre de Châtillon avec possibilité d un dîner. 5) Café Psychanalyse du samedi 25 mai 2013 à 20h30 associé à un spectacle : Thème du débat «Les démêlés de la parole et du langage». Invité pressenti à confirmer : François Leguil, psychanalyste, membre de l Ecole de la Cause Freudienne. Le débat se tiendra après la représentation du spectacle Les chaises de Ionesco mis en scène par Marie-Claude Pietragella et interprété par la compagnie Théâtre du corps/pietragella- Derouault. José Rambeau (responsable des Cafés Psychanalyse)

4 Atelier de criminologie lacanienne Envers de Paris et ACF- IdF 2012 L Atelier de criminologie lacanienne, parrainé par L ACF-IdF et l Envers de Paris, a démarré sa saison juin par une première soirée qui a eu lieu le mercredi 27 Juin D autres soirées auront lieu dès la rentrée et se poursuivront jusqu à juin 2013 (vous serez prochainement informés). Le thème général de la recherche : Honte, culpabilité et responsabilité. Pour ce qui est de l enregistrement audio de cet événement réalisé le 27 juin dernier (voici le lien) : emid=611 La honte, la culpabilité, la responsabilité, l innocence Cette année nous nous proposons de baliser, un certain nombre de notions et de concepts qui ont trait à la faute et qui se déclinent sous les noms de honte, culpabilité, responsabilité, innocence. Nous rappelons que l acte de contrition de la prière chrétienne mettait en avant la répétition de ce premier aveu qu est le «c est ma faute» redoublé en se frappant la poitrine par le «c est ma très grande faute» dont la portée est épistémique, impliquant une hypothèse de causalité. En effet, si ce n était pas sa faute, alors de qui serait-ce la faute, sinon de l Autre? Au fond, la recherche du coupable est une des formes majeures de la pensée causaliste, les techniques du châtiment corporel, religieux ou moral ont cédé progressivement le pas à la pénitence, puis au droit et à la pénologie. Il a fallu l avènement de la clinique, en particulier psychanalytique, pour que les déterminations subjectives soient prises en considération. L acte criminel, tant son champ couvre la totalité des conduites humaines, se trouve, du coup, humanisé par la prise en considération de l univers de la faute et de sa place symbolique : «si la psychanalyse irréalise le crime, elle ne déshumanise pas le criminel» En ce sens, le crime démasque quelque chose de propre à la nature humaine. De cette voie ainsi ouverte, la clinique interrogera les multiples causalités des actes, plus précisément le conflit entre ces deux versants que sont la Loi et la jouissance. Reprenant le terme juridique de responsabilité, qui s appliquait à la «capacité juridique», la clinique qui s intéresse au passage à l acte fera une place à «l assentiment subjectif» requis dans la signification de responsabilité, présente même lorsque la causalité semble échapper dans son opacité : «il y a quelque chose d insondable, d insensé dans la décision subjective du délinquant et du criminel» ; du coup, rien n est plus humain qu un délire passionnel ; la compréhension, puis le déchiffrage de l acte impliquent la responsabilité et du coup l irresponsable peut devenir responsable ; car l implication du sujet, «l imputation» dans son acte est un élément essentiel même lorsqu il y a délire. Mais, comme nous le disions, prendre la faute sur soi, n est pas toujours aisé pour le sujet qui peine parfois à dire ; parfois le sujet biaise, dénie la valeur de ses actes ; d autres voies s ouvrent : la honte, le sentiment de culpabilité, la persécution, l innocence du paranoïaque. Passons-les en revue L instant de la honte est d abord une affaire de regard par opposition au caché ; il faut de l ombre pour que le sujet puisse enfermer ce qui est du ressort de sa vie. L intime est le territoire du sujet, la pudeur sa limite. La honte surgit lorsqu en l espace d un instant le sujet perd le droit à l ombre et s éprouve mortifié, figé dans cette terrible transparence face au surgissement de l Autre. La honte est donc un affect, un embarras, en tant que le sujet ne sait plus que faire de lui et s en éprouve de «trop» sur scène, «il meurt de honte». Il nous introduit dans une temporalité ontologique, que l on peut résumer ainsi : à l instant de la honte, le sujet est embarrassé de son être, nu devant l Autre, réduit à être l objet a, face au tribunal de l Autre, il veut quitter la scène. Au fond, l aveu qui laisse coi, qui empourpre le visage, et qui blesse son image, est la réduction soudaine et forcée du sujet à ce qu il est au fond de son image, comme corps parlant, affecté par le langage, instant de vérité, endeçà de la culpabilité, en deçà d un savoir. Le pari de la clinique serait de faire un «bon usage de la honte» et de soutenir le déplacement de la vérité au savoir, d oser savoir, sans rougir. Le temps de la culpabilité. La culpabilité se présente généralement comme affect, et l affect est trompeur s il n est pas l angoisse. Nous avons d un côté la phénoménologie des auto-reproches, des scrupules, du malaise coupable du sujet et de l autre, quelque chose qui n est pas une culpabilité «vécue» mais une culpabilité déduite, par exemple, des conduites d échec. Tout se passe comme si dans certaines conduites délinquantes le sujet cherchait à échouer, d où la notion d un «besoin de punition», qui se réfère à un «sentiment inconscient de culpabilité». Finalement, tout cela atteste du fait que le sujet ne veut pas seulement son bien, mais qu il a «consenti» à une jouissance qui le captive et qui se répète malgré lui. La culpabilité inconsciente, au fond, n est pas tant un sentiment qu une position du sujet qui accepte de se tenir responsable de ce qui lui arrive. Pour d autres cas, plus radicalement, le sujet n est pas moins responsable ; pourtant il ne prend pas la faute sur lui, il va jusqu à rejeter la culpabilité ; d où les formules du paranoïaque «c est l Autre», «l Autre est méchant», «Autre veut du mal» ; le paranoïaque se sent victime, il ne se sent pas coupable. Persécuté, il affirme son innocence, et accuse. Ce rejet de la culpabilité, c est un refus d admettre dans le symbolique les signifiants qui feraient trace de l implication du sujet un refus radical d en répondre. Mais du coup, la culpabilité forclose lui revient du dehors, ou sous la forme de reproches que les autres sont censés lui adresser. Elle culmine dans l idée de complot. A l opposé de cette figure, le mélancolique, s approprie toute la faute. Tous deux absolutisent l un des extrêmes de ce qui se dialectise et se mixe dans la névrose : «la revendication de la culpabilité». La clinique contemporaine des affects l illustre aisément. Mais la clinique montre également un dégradé de la revendication de la culpabilité par le terme passe partout de «dépression». Qu il s agisse de l inhibition vitale, de l anorexie, de l insomnie, de l aboulie, de l indifférence, de la tristesse, de la conviction de perte, etc. bref, ce panel des phénomènes discrets ou envahissants qui se motivent souvent du «ne rien vouloir savoir» de l inconscient, présents dans les pathologies de l humeur ; elles montrent bien l incidence mortifiante du signifiant et la lâcheté du sujet envers lui-même, d où ces oscillations, ces passages qui vont du rejet à l excuse ; de la revendication à la lâcheté. Un moment pour conclure. Mais il arrive que le sujet fasse appel à l Autre ; le travail consisterait à soutenir le réglage de la jouissance : comment faire de cette jouissance, un symptôme pour le sujet? C est sur quoi porte la demande d analyse : si au début il s agit de la rejeter sur «c est la faute au symptôme», pour que la psychanalyse ait un impact sur la culpabilité, elle ne peut arriver à ses fins que si le sujet décide à «faire son devoir», c est-à-dire à la prendre en charge, à l assumer. En somme, en forçant un peu le trait on pourrait articuler une temporalité logique : l instant de la honte, le temps pour comprendre, temps de la culpabilité ; enfin, le moment de conclure, ou avènement de la responsabilité du sujet. Renseignements : Dario Morales :

5 Les NEWS des Cartels ACF-IdF «Etre surpris par le plus et le moins» «La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres» Gaston Bachelard Se réunir en petit groupe pour étudier la psychanalyse, ne fait pas oublier la solitude de chacun. L illusion voudrait nous faire croire que dans le plus on sera le moins, et on aura le plus. Mais l invention de Lacan va au-delà de l idéal totalitaire et des oubliettes de chacun. Ce que réunit les membres d un cartel c est probablement le fait de vouloir se laisser enseigner par le discours de la psychanalyse, mais pour qu un tel enseignement puisse être opérant, il est essentiel qu il passe par une bonne dose de surprise qui puisse provoquer la subversion d une position singulière face au savoir. On le sait, il faut au départ un premier pas, la décision que nous pousse à y aller, à se laisser convoquer. C est un premier acte posé. Pour maintenir la question ouverte du désir de savoir, il est nécessaire ensuite que la surprise, advienne comme pivot de la dynamique dans la cure, mais également pourrions-nous dire, dans un cartel. Se laisser travailler par la psychanalyse, implique lâcher les amarres de la jouissance qui cherche tantôt à produire un savoir érudit masqué par des ambitions universitaires ou se laisser enseigner par le maître. L outil du cartel proposé par Lacan, aurait plutôt la visée d une transmission d un autre à un autre, un par un, allant à l encontre d un «chacun pour soi». Disons plutôt que ce qui est voulu, est que l avancée d UN puisse produire dérangement de savoir pour UN autre dans un lieu où quelques autres seront pris à témoin, juges et partie. La proposition de savoir est offerte à tous, la façon de la faire sienne ne peut qu être que singulière. La surprise majeure du cartel est donc celle de se trouver dans un petit groupe sans chef. La jouissance le réclame toujours, soit pour le contrer ou pour chercher à lui plaire, le satisfaire, c est hélas, le piège de nos structures. Ici le plus-un serait notre pigeon idéal. Il se doit de se dérober à cette tentation qui le guète. Le Plus-un devra savoir rester le plus qui assure ce moins, autour duquel les désirs de savoir puissent continuer à tourner changeant à chaque fois de cible. Eviter l effet de colle entre les membres et garder opérant le nœud éphémère du cartel et de ses registres, est le seul rôle de ce X + 1. Ce qui tient le groupe et le défait, c est que chacun y soit dans un défi propre à chacun. Le cartel est dans son origine un «avis de provocation, un défi» envoyé à un autre pour trouver un arrangement. Dans son acte de fondation de l EFP, Jacques Lacan invitait ceux qui souhaitaient se compromettre avec lui, à conquérir le champ freudien en inscrivant leur travail au sein d une nouvelle structure de travail : le cartel. C était un défi. Un défi que continue comme aujourd hui à maintenir vive la psychanalyse malgré les attaques sans cesse renouvelés. Mais le cartellisant qui relève ce défi, est seul responsable face à son produit, sa parole et son écrit. Aucune solidarité étouffante n est à maintenir entre les membres, mais la provocation commune d un savoir à mettre à l épreuve des singularités. Chaque membre, avec son point de vue, son style et sa rhétorique, apporte un plus et un moins au questionnement des autres. Parole et écrit servent à circonscrire ce qui est en jeu et à faire passer la jouissance du côté de l inconscient. Ceci n est pas sans conséquences, ce passage modifie l acte. La structure du cartel est faite pour découvrir un savoir inconscient, ou lieu de le recouvrir, de l ignorer. La surprise réside dès lors dans l invention toujours renouvelée de la psychanalyse par ses cartels et ses diverses pulsations, par ses plus et ses moins. «Le non su s ordonne comme le cadre du savoir.» (Lacan, Silicet, p.21) Mariana ALBA DE LUNA Déléguée aux cartels ACF-IDF

6 Déclaration de cartels OYEZ OYEZ!! NOUVEAU bulletin CARTELS ECF : FLASH-CARTELS!! Date limite fin décembre 2012 RAPPEL IMPORTANT!! Les cartels déclarés en 2012 et qui poursuivent en 2013, doivent se déclarer à nouveau sur le site ECF pour être inscrits au Catalogue des cartels Inscription des cartels C est maintenant! Le nouvel annuaire est en cours de préparation Les deux premiers numéros peuvent être consultés sur le site de l ECF : TEXTES sur les CARTELS : Vous avez déjà déclaré votre cartel précédemment, mais vous le poursuivez en Vous avez fait partie d un cartel fulgurant, ou express, en Ou bien, encore, votre cartel vient de démarrer en Ce message est pour vous. L école attend votre déclaration de cartel pour l inclure dans le nouvel annuaire Pour vous inscrire, suivez la procédure suivante ; 1 ) Rendez-vous sur le site : 2 ) Tapez le nom de l utilisateur : ecfcartels et le mot de passe : ) Cliquez sur l onglet «créer un cartel». Il vous sera demandé : le titre du cartel ; la rubrique dans laquelle il s inscrit ; le sujet propre à chacun des cartellisants et celui du Plus-Un ; les coordonnées de chacun des membres et l adresse électronique. Bien cordialement CHERCHE CARTEL Patricia Le Page, étudiant en Master 1 à Paris 7, cherche à constituer un cartel sur le thème de l objet regard. Vous pouvez la contacter : Catherine Lacaze-Paule Secrétaire aux cartels de l ECF

7 LETTRES Confluents Le mot du Blog Pensez à vous abonner, pour recevoir régulièrement les dernières nouvelles du Blog. Bertrand Lahutte Secrétaire ACF Ile-de-France

8 Une Une clinique orientée par par le le réel réel Jean-Jacques Jean-Jacques Bouquier Bouquier J-A Miller centre son cours de l année sur la question : «Qu est-ce qui, à la fin, est réel, dans nos représentations, et plus particulièrement en psychanalyse?». Il distingue, à ce sujet, trois moments dans l enseignement de Lacan 2. Dans le premier, Lacan aborde la psychanalyse dans le registre de l imaginaire, en particulier avec l image du corps dans le miroir et le besoin de reconnaissance. Dans le second moment, appelé couramment «l enseignement de Lacan», le symbolique est au premier plan, en tant qu il est «ce qu il y a de réel dans l imaginaire». A ce niveau existe l espoir de résorber la jouissance imaginaire, le réel donc, à partir du symbolique, c est-à-dire de la vérité. Dans un troisième et dernier moment, J-A Miller remarque que Lacan relègue l imaginaire et le symbolique dans le statut de semblant, et indexe le réel par le mot de Das Ding, la chose, par quoi est désignée la pulsion. A ce niveau le réel est ce qui revient toujours à la même place, se répète, jouissance du corps, que la dialectique, utilisant le signifiant rhétorique, ne peut attraper, d où la nécessité de faire appel au signifiant mathématique selon l usage qu il a dans la logique 3. C est la raison de l intérêt de Lacan pour les mathématiques, en particulier le nœud borroméen 4, où imaginaire, symbolique et réel sont matérialisés par trois ronds de ficelle, avec lesquels Lacan noue ces trois moments de son enseignement. Le dernier mot de l enseignement de Lacan, nous dit J-A Miller, est que le réel est d abord «bout de réel», puis devient un système, «le sinthome», principe et ressort de la répétition, de la jouissance répétitive, addictive, auto-jouissance du corps. Ce dernier enseignement de Lacan, accessible à beaucoup d entre nous grâce à J-A Miller, permet à des analystes, exerçant depuis quelques dizaines d années, de mieux saisir les raisons d une évolution qu ils ont constatée dans leur pratique. Ces raisons correspondent à une modification de la prise en compte du symbolique dans le temps. Il s agit du passage d un inconscient symbolique à un inconscient réel, passage du second au troisième moment de l enseignement de Lacan. Cette mutation implique un changement de mode d intervention de l analyste. Le but de ce travail est de repérer comment se manifeste ce changement dans la clinique. Ken et Léo. Considérons deux jeunes analysants, Ken et Léo. Les parents de Ken consultent une analyste parce que leur fils, six ans, insiste pour s habiller en fille depuis quelque temps. Lors des premiers entretiens l analyste apprend des parents qu ils auraient beaucoup voulu une fille lorsque Ken est venu au monde. Pendant le travail avec l analyste, dans les dessins de l enfant, dans le transfert donc, cette problématique apparaît rapidement. L analyste interprète en disant que le garçon voulait s habiller en fille parce qu il avait senti que les parents auraient tellement aimé avoir une fille. A la séance suivante les parents parlent de miracle, leur enfant ne songeant plus à s habiller en fille. Seul avec l analyste Ken lui dira «Si mes parents voulaient une fille ils n avaient qu à la faire! Moi je suis un garçon!» Ken a pris en compte le symbolique, soit ce qu il y a de réel dans l imaginaire, ce qui a fait chuter le symptôme. La même analyste, une vingtaine d années plus tard, alors que le siècle a changé, a reçu un petit garçon, Léo, du même âge que Ken, se présentant pour la même raison, dans une constellation familiale quasiment identique. Lorsque l analyste interprète, de la même façon qu avec Ken, Léo tape du pied sur le sol en disant «Ça m est égal, moi je veux être une fille et je serai une fille plus tard»! Avec Léo le symbolique ne suffit plus pour traiter le réel de l imaginaire! Lorsque le symbolique ne suffit plus, avec quoi opérer dans la clinique? C est ce que Rose nous aide à découvrir. Rose. Elle a vingt six ans, a déjà fait de nombreux séjours en établissement psychiatrique. Elle se présente, lors de notre première rencontre, comme «schizophrène autiste», selon les psychiatres. Elle est hospitalisée pour la première fois il y a quelques années, au moment où elle s est «identifiée au diable». Pour elle le diable choisit le «sadomasochisme, c est-à-dire trouve les failles des gens pour les diviser» 5. Elle cherche quelqu un à qui expliquer pourquoi elle a programmé son suicide pour le printemps prochain, c est-à-dire dans quatre mois. Elle ne peut en parler à son psychiatre car elle sait qu il va la faire de nouveau hospitaliser. Ses parents feront de même. On lui a dit qu un psychanalyste accepterait, lui, de l écouter en cherchant à comprendre avec elle. Elle a absolument besoin de savoir si l on peut comprendre les motifs qui la conduisent à mettre fin à ses jours. Elle va régulièrement à l hôpital de jour. Elle souhaite venir me parler en début d après-midi. En effet, à partir d une certaine heure, à l approche de la tombée de la nuit, si elle se déplace, il peut lui arriver brusquement de ne plus savoir où elle est, ni qui elle est. C est comme devant le miroir, par moment. Elle ne sent plus rien, n a plus de sentiment de soi. Une fois, se regardant dans la glace, elle a vu Satan. Elle s est crue folle, a appelé ses parents, et a été hospitalisée pour la première fois. Elle énonce difficilement ses idées, se perdant très souvent dans des digressions par rapport à ce quelle disait vouloir aborder, en début de séance. En rassemblant peu à peu, les éléments difficilement apportés, et avec l aide d un entretien avec ses parents, il est possible de reconstituer son histoire. Elle peut s ordonner sur deux axes, celui de son histoire familiale et celui de sa construction délirante. Dans l histoire familiale se repère que, sur plusieurs générations, un garçon est ardemment souhaité mais, à chaque étape, on retrouve uniquement des filles, en grand nombre. C est là, sans doute, l origine de son identification, le diable, diabolos, étant, étymologiquement, celui qui désunit, qui inspire la haine ou l envie, le sens originel de dia étant «en divisant» 6. Rose peut se sentir divisée par le fait d avoir été attendue, fortement, garçon, mais ceci, rejeté du symbolique, réapparaitrait donc dans le réel. Elle exprime ainsi sa construction délirante : «Je suis de descendance divine, promise à la perfection, qui me rendrait immortelle. Avec un peu de volonté je sais que je pourrais être le messie. Je n ai pas saisi les perches qui m ont été tendues pour réaliser ce destin. Ma liberté me conduit à m identifier à Satan, à faire le mal, et à me faire mal dans le sadomasochisme. C est parce que Dieu a laissé le choix à l homme que je choisirai le diable. C est un choix en toute connaissance de cause car j ai déjà connu cette identification. C est une vie d enfer. Cette fois je sais que je ne m en sortirai pas. Je fais donc le choix de me suicider avant, à Pâques, au moment de la mort du Christ, par lâcheté, pour échapper à cette vie horrible. En effet, comme j ai dans mes gènes quelque chose qui me rend immortelle, le suicide est la seule mort possible pour moi! Cela peut sembler un délire aux gens normaux, mais pour moi c est vrai»! Rose ne réagit à aucune allusion à son histoire. Mes questions demeurent généralement sans réponse jusqu au jour où, l échéance fatidique approchant, je lui demande si elle est absolument certaine de cette identification prochaine au diable. Elle me répond, avec un sourire «C est une quasi certitude, disons à 99,99%»! Je lui fais remarquer que, dans ce cas, il y a quand même une marge d erreur, même très petite, et qu elle risque donc de se suicider inutilement. J ajoute que je ne peux pas comprendre pourquoi elle n attendrait pas que cette identification au diable ait lieu, et qu il serait alors temps de mettre son acte à exécution en totale connaissance de cause? Cela la plonge dans un abîme de réflexion : «Je croyais que c était joué mais, de vous parler, je me rends compte que ce n est pas aussi clair que je le pensais, peut-être pourrai-je encore remonter la pente et m identifier à Dieu. En tous les cas, vous parler me redonne espoir. Je sens que j ai encore un peu de temps devant moi». Elle découvre alors qu il n est pas si facile pour elle de se suicider car, si elle rate son suicide, elle risque d être handicapée à vie. Elle cherche plutôt les moyens de «se faire euthanasier». Elle a l idée que ce doit être plus facile aux Etats-Unis. Finalement elle souhaite le faire dans une démarche commune avec «son âme sœur», un garçon qu elle a rencontré voici quelques années, puis perdu de vue, et qu elle doit donc rechercher.

9 Ses réflexions l aident à franchir le cap fatidique du printemps sans mettre sa menace à exécution. Dans les années qui suivront, après quelques mois d interruption de nos rencontres, et un moment difficile, son délire chute complètement. Elle décide de gagner de l argent pour ne plus être à la charge de ses parents. Elle s engage effectivement dans des actions concrètes, gardes d enfants, cours d anglais à de jeunes enfants, découvre son plaisir à chanter, fait partie d une chorale qui donne des concerts, et entreprend des études pour enseigner le chant... Avec Rose c est donc la logique, là où le symbolique de son histoire demeurait sans effet, qui a permis la remise en question de son système la conduisant vers la mort. En institution. Cette clinique, produite dans les conditions favorables d une profession libérale, peut se produire aussi, dans certaines conditions, en institution. J en donnerai comme exemple des extraits du travail avec certains des patients pris en charge dans un Centre Hospitalier Spécialisé (C. H. S.) de la région parisienne 7. Dans les années 1990, Françoise Josselin, psychanalyste et psychiatre, chef d un Service psychiatrique dans ce C. H. S depuis 1985, est appelée à y mettre en place un secteur de psychiatrie adulte. Ce nouveau secteur doit ouvrir avec des lits vides, or ils sont occupés par quarante cinq patients, appelés «chroniques» parce qu ils sont là depuis des dizaines d années. F. Josselin, forte de sa longue expérience d analyste en milieu institutionnel, propose alors au directeur de faire sortir progressivement ces patients pour libérer les lits. Dans ce but, elle recrute une équipe d analystes chargés, prioritairement, de les recevoir car ils n ont jamais été écoutés véritablement. Le but de cette écoute est de «repérer avec le patient la configuration de jouissance en jeu, afin de parer ainsi au passage à l acte mortel de la répétition d un «laisser tomber»» 8. En effet, en certains endroits où la sortie des patients a été décidée uniquement pour des raisons économiques, des contraintes administratives, voire pour «leur bien», supposé, il en est résulté un grand nombre de suicides. Chaque analyste doit aussi se tenir en lien étroit avec le psychiatre référent du Service, également psychanalyste, afin que le traitement du patient soit adapté au plus près de son état du moment. Une de mes premières tâches, dans ce travail, est de reconstituer l histoire de chaque patient, ce qui nécessite parfois d aller à la recherche des éléments perdus. Bien souvent, en effet, les soignants qui s occupent d eux depuis des dizaines d années, n ont aucune idée de cette histoire. Les réunions, régulières, des analystes, des médecins, avec les infirmiers et infirmières, ergothérapeutes, sont l occasion d évoquer cette histoire en équipe, ce qui a pour effet immédiat de faire passer les patients d une désignation par une étiquette diagnostique ou un numéro de lit, à une place de sujet dont l histoire renvoie chaque membres de l équipe à sa propre histoire. Considérons les effets de ce dispositif sur le devenir de plusieurs de ces patients. Guy. Soixante ans, est depuis trente deux ans dans les hôpitaux. Il me questionne : «Vous êtes le psychanalyste?» «Oui, si vous le voulez nous pourrions parler». «Non, je ne veux pas parler avec vous!». «C est important de pouvoir dire non, je reste à votre disposition». Guy m invite alors à le suivre dans les étages, indiquant par là qu il faut pouvoir dire non au désir de l Autre pour pouvoir dire oui à son propre désir. Il déploie ensuite son délire, parle de sa vie, avec notre aide retrouve des personnes importantes qu il a perdues de vue, se remémore le moment qui l a conduit à l hôpital à vingt-huit ans. C est au moment où sa cousine germaine, qu il aime beaucoup, se marie. Il refuse dès lors de la voir, devient «drôle», et se met à suivre une femme partout. Il est alors hospitalisé. Sa psychose se déclenche donc quand il perd la prothèse imaginaire qu était pour lui cette cousine, laquelle prothèse colmate, nous dit Lacan, le trou que l on retrouve toujours dans la psychose. Quinze mois après notre première rencontre il me dit «Je suis condamné à perpétuité à l hôpital. Les autres vous leur avez trouvé des maisons de retraite»? «C est parce qu ils l ont demandé»! «Alors trouvez-moi une maison de retraite»! Quand je lui fais part, peu de temps après, que l assistant social commence des recherches pour lui trouver un tel lieu il commente : «Ce serait trop beau»! Lorsque, trois semaines plus tard, je lui dis qu une place est prête pour lui, il refuse de partir, préférant «travailler à l hôpital». Il est furieux et, lorsque je lui rappelle que c est lui qui a demandé à partir, il me répond «Vous êtes têtu, je vous ai dit que c était révolu»! Je tiens bon «Vous ne pouvez dire blanc un jour et noir le lendemain. Vous ferez un essai dans cette maison et, si cela ne vous convient pas vous reviendrez ici». La veille de son départ «Alors c est demain qu on me coupe le cou»? «C est une séparation, pas une exécution»! «Vous avez trouvé Creil puis Dreux. Ca fait C D! Il aurait mieux valu trouver d abord Dreux puis Creil, ça aurait fait D C». «Vous n allez quand même pas en mourir d essayer de vivre dans cette maison»! «J ai quarante cinq ans. Nous sommes en 1945»! «C était l âge de votre père à son retour de captivité. Vous étiez heureux à cette date»! «Bon alors adieu, on ne se reverra pas». «Sauf si vous souhaitiez me parler de nouveau». Guy a donc fini par «CD» et à rejoindre ce lieu. Il y est considéré comme un pensionnaire modèle, très respectueux du règlement de l établissement. Il n a pas demandé à reprendre contact avec nous. La logique a consisté ici, comme avec les autres patients, à attendre la demande du sujet, laquelle implique un désir, puis à l aider à ne pas céder sur son désir. René. Soixante ans, est interné depuis près de trente ans lorsque nous nous rencontrons. Trapu, tatoué, il se présente comme «le dur». Les premiers entretiens permettent de reconstituer son histoire bien que s y mêlent beaucoup d éléments de son délire. A trente ans il est condamné à plusieurs années de prison pour avoir percé un coffre fort, l argent étant destiné à faire opérer, en Suisse, sa fille infirme de naissance. Son délire se déclenche en prison, lorsqu il a l idée que l on veut le sodomiser. Il casse tout, est transféré dans un centre pénitentiaire pour psychopathes, en milieu psychiatrique. Depuis, son délire paranoïde et ses hallucinations demeurent inchangés malgré tous les médicaments utilisés. Une machine, dit-il, lui a été branchée sur la tête il y a trente ans pour le mettre au secret. Cette machine lui fait mal à la tête, capte ses pensées et les fait connaître à tout le monde. Il est ainsi obligé de penser tout le temps. Très vite il considère que, parce qu il me parle, il ne frappe plus ceux qui le traitent d homosexuel, dans le Service, comme c est le cas depuis trente ans. «Ça me soulage de me confier à quelqu un comme vous. De plus vous ne m écoutez pas comme si j étais taré»! Après deux mois d entretiens il dit avoir moins mal à la tête. Bien sûr la machine est toujours là mais il lui prête moins attention car il comprend, maintenant, qu on l a mis au secret, non parce qu on lui voulait du mal, mais au contraire, pour le protéger de ceux qui lui en voulaient. L Autre, de persécuteur, devient donc bienveillant à son égard. Lui même me manifeste beaucoup de sympathie, par exemple à l aide de tapes, amicales, sur mon épaule. Il désire ensuite avoir des vêtements à lui pour bien s habiller, souci très nouveau. L idée d une faille dans l Autre lui vient puisqu il me fait remarquer que je comprends certainement beaucoup, mais qu il y a cependant quelque chose qui m échappe, c est la bonté des gens. Il me fait remarquer que lui aussi est psychologue «sur les bords»: «J observe comment les gens parlent avec moi et je repère vite ceux qui se foutent de moi»! Un jour il se présente avec une belle veste dont il me dit qu il l a resquillée : «C était dans le centre commercial, je l ai mise sur mon dos et j ai remis la vieille veste par dessus, ils n ont rien vu à la caisse»! Je lui fais remarquer que c est très étonnant qu ils n aient rien vu puisque qu il me dit que tout le monde connaît ses pensées avec la machine qui lui a été mise sur la tête»? René sourit, ravi et gêné à la fois, bredouille une explication: «Mais si, ils savaient et se sont dit on le rattrapera après», ajoutant «J en ai marre de me faire avoir alors maintenant je me débrouille». Quelques mois après il considère que j ai été le premier à lui tendre la main puis que, si son amie,

10 internée elle aussi, venait avec lui, il accepterait de quitter l hôpital. Lorsqu il lui est proposé de faire un essai dans une maison de repos, avec son amie, il refuse et menace de se suicider. Il lui est alors répondu que c est lui qui l a demandé et donc qu il fera cet essai, avec son amie, quitte à revenir très vite, s il ne se plait pas dans l établissement. Un mois plus tard son amie est rentrée seule, René ayant demandé à prolonger son séjour. A son retour il se tient au courant du projet de maison de retraite. Vers la fin de l année il partira sans difficulté, seul, son amie devant le rejoindre dès qu une place serait disponible. Deux ans plus tard aucune difficulté d adaptation de René n a été signalée. Denis. Il a quarante et un ans lorsque nous nous rencontrons. Il est depuis vingt six ans dans des établissements, soit dès l âge de quinze ans, où il commence à faire des bêtises, buvant l encre des encriers à l école. Il considère, lui, qu il est enfermé depuis trente trois ans, soit dès l âge de huit ans. J apprendrai que c est l âge où ses ennuis ont commencé. Il est, physiquement, très développé pour cet âge, et importune déjà les filles. C est avec l aide de sa mère, qui finira par accepter de nous rencontrer, que nous pourrons reconstituer son histoire. Quand elle s est rendue compte qu elle était enceinte, le géniteur l a abandonnée et sa famille la mise à la porte. Après une période difficile elle a rencontré un homme qui supportait mal l enfant. Grand, légèrement voûté, sa stature et sa démarche ne sont pas sans évoquer celles d un gorille. Il fait peur à beaucoup de personnes du Service car, dès qu une contrariété survient, il devient violent, contre le matériel, autrui ou lui même. Dans ce dernier cas, il a l habitude de se taillader les poignets avec un tesson de bouteille qu il cache dans le parc. La nuit, il faut le mettre nu dans une pièce spéciale car il n a pas acquis la propreté sphinctérienne et se roule dans ses excréments. Son absence de dents rend son élocution difficile, il bave beaucoup ; Il me précise très vite «Moi je ne suis pas fou comme les autres, je suis un arriéré mental» 9. Questionné il précise «Ça veut dire que mon cerveau n a pas eu son développement». Il ajoute, en tapant de l index sur son crâne «Vous savez, il y en a là dedans»! Pendant dix huit mois Denis ne manque pas une seule de nos rencontres, bihebdomadaires. Après qu il ait apporté un jour, après un moment difficile, son tesson de bouteille à une infirmière, en disant qu il ne se taillerait plus les veines, il me parle d une opération où un bout de fer lui a été enlevé du cœur. Je m étonne «Vous aviez un bout de fer dans le cœur»? Il sourit alors, vraiment, pour la première fois. Lorsque je lui demande si c était une blague, son sourire s accentue encore et il me dit «Non, mais depuis trente trois ans que je suis hospitalisé, j ai dit cela à plein de docteurs, de psychiatres, de psychanalystes, de psychologues, aucun n a réagi. Alors je savais à qui j avais affaire, c était fi-ni»!!! Après une période encore très difficile il nous demande à voir la mer qu il n a encore jamais encore vue. Comme il est devenu propre de nuit, il peut bénéficier d un séjour dans une maison médicalisée du midi méditerranéen. C est une immense joie pour lui, «Vous vous rendez compte, c est la première fois que je vais partir en vacances»! Il part avec toutes ses affaires, voyageant une nuit entière, seul, dans le train, simplement accompagné à la gare de départ et attendu à la gare d arrivée. Il fera de même au retour après un séjour de deux mois dont il nous parlera avec enthousiasme à son retour. A l issue de ce séjour un projet est mis en place pour qu il aille habiter près de sa mère. La mère accepte mais il perçoit très bien qu elle n est pas heureuse de cette perspective. Il nous demande ensuite à revenir dans cette maison du midi où il a été si heureux. Il y reste deux mois mais, vers la fin, son argent de poche pour acheter des cigarettes ne lui parvenant pas à temps, il fait une régression telle qu il recommence à se salir la nuit et doit rentrer plus tôt que prévu. Quelques jours après son retour il meurt durant son sommeil. Lonia. Lacan ne cesse de souligner que c est du patient en position analysante que l analyste reçoit un enseignement. J ai pu le constater avec chacun de ces patients. Lonia, soixante ans, étiquetée autiste, en donne un bel exemple. Elle passe son temps à se balancer d une jambe sur l autre, dans la salle commune. A d autres moments, assise dans un fauteuil, dont tous les patients lui reconnaissent l usage exclusif, elle donne de violents coups de pied à ceux et celles qui passent un peu près d elle. Sa mère lui rend visite de temps en temps, cachant dans la doublure de son manteau les gâteaux destinés à sa fille, bien qu elle sache que cela lui est interdit à cause du diabète dont elle souffre. Je vais à la rencontre de Lonia, la salue, et lui dit que j ai appris que sa mère venait la voir de temps en temps. Sa réponse fuse, alors qu elle était considérée comme ne parlant pas, «Ça vous regarde»? «Non, effectivement, mais nous pouvons tout de même parler»? «Je ne veux pas parler avec vous»! Elle est furieuse chaque fois que je m approche d elle «Allez-vous en»! Un jour où elle est un peu mieux disposée, je lui demande son âge. Elle répond «Dix-huit ans»! C est, précisément à dix huit ans que Lonia déclenche son délire. Son père, étranger, est reparti dans on pays. Dans on immeuble le bruit court d une liaison entre elle et le gardien de l immeuble. Elle entend alors des voix et doit être hospitalisée. Elle reste donc fixée à ce traumatisme de sa vie. Lonia refuse de venir dans la pièce où je reçois les patients. L essentiel du travail avec elle, s est fait à l occasion d un moment de détente institué autour d un café, après le déjeuner, une fois par semaine. Ce moment s inspire de ce que Maud Mannoni avait institué à l École Expérimentale de Bonneuil sur Marne. J avais remarqué la fécondité des échanges entre «soignants» et «soignés. Dans notre Service aussi il a été source de grande convivialité. C est le seul endroit où certains patients acceptaient de se parler. Notre étonnement a été grand lorsqu un musulman extrémiste et un juif intégriste, qui s évitaient soigneusement dans le pavillon, ont pu s y adresser courtoisement la parole. Lonia aime particulièrement ce temps qu elle ne manque jamais. Une fois cependant elle n est pas présente. Je me rends alors dans sa chambre et la trouve en train de dormir. La semaine suivante elle me dit sur un ton de reproche «Il n y a pas eu de café mardi dernier». Je lui réponds qu il a bien eu lieu mais qu elle dormait et que je ne l avais pas réveillée. Elle garde le silence et je lui demande si, dans le cas où cela se reproduirait, je dois la réveiller? Elle ne répond toujours pas. Je répète ma question. Sonia me fixe alors droit dans les yeux, en colère, et me crie «Mais enfin vous ne pouvez pas le deviner vous-même»? Deux ans environ après notre première rencontre Lonia, à cause de son diabète, quitte le Service pour un Service de gériatrie d un hôpital général. Je m y rends. A la première visite les infirmières me disent qu elles ne pourront pas la garder longtemps car elle hurle sans cesse et donne des coups à toutes les personnes qui passent à sa portée. Je leur raconte son histoire qui les touche. Lonia est très sensible à ma visite, à laquelle je me présente avec deux gobelets de café, chacun le nôtre. Lors de notre rencontre suivante, les soignants qui s occupent d elle, me disent que la connaissance de son histoire a modifié la relation qu ils ont avec elle, et qu elle ne crie presque plus, ne donne plus de coups. Elle peut rester dans le Service. Au fil des mois nos rencontres se poursuivent. Un jour je me présente avec un seul gobelet de café, pour elle, en lui expliquant que j ai déjà eu l occasion d en prendre un, ayant eu une réunion avant de venir. Elle se met en colère, repousse le gobelet en hurlant «Buvez-le vous»! Je vais alors chercher un second gobelet, et reviens près d elle. Elle prend alors celui que j avais d abord apporté, le boit tranquillement tout en parlant paisiblement. Lonia, très logiquement, me rappelle ainsi que, pour qu une rencontre soit possible, un minimum de conditions est nécessaire. Ne s agirait-il pas ici, de ce que j avais pu laisser penser que seul le café l intéressait? Quelque temps après, alors que je viens pour la rencontrer, l on m annonce qu elle est morte dans la nuit, paisiblement dans son sommeil 10. De nombreux patients «chroniques» du Service ont saisi cette possibilité de parler, et s en sont servis pour sortir de la répétition dans laquelle ils étaient pris depuis des dizaines d années. J en donnerai encore trois exemples.

11 Georges, Raymond, Claude. Georges, a un peu plus de soixante dix ans. Il est hospitalisé depuis presque cinquante ans. Il n a plus de visite depuis des dizaines d années. Très peu d éléments de son histoire figurent dans le dossier. F. Josselin lance des recherches qui aboutiront à retrouver un de ses fils, lequel acceptera de nous rencontrer. Nous apprenons que Georges a été hospitalisé après qu il a attaché sa femme, lui faisant subir des sévices. Sa famille s est alors détournée de lui. Son fils nous dit que c est une chance que nous nous soyons adressé à lui, et pas un de ses frères qui a dit à sa femme que leur père était mort! Georges a l idée, chaque fois que l on doit lui faire une piqure, que c est pour le tuer. Il est toujours habillé impeccablement, vient à tous ses rendez-vous, et ne parle que des événements de la vie courante. Un jour cependant il arrive très excité et me dit qu il a fait un cauchemar la nuit précédente. Il a rêvé qu un serpent était sous son lit et voulait le piquer. Il s est alors réveillé. Questionné sur sa réaction, il répond qu il a pris sa lampe, a regardé sous le lit et, ne voyant rien, s est rendormi. Lors de la réunion d équipe, peu après, les infirmiers ont demandé ce qui s était passé avec lui car il ne craignait plus d être tué au moment des piqures! Le rêve a donc permis une certaine symbolisation qui a fait choir son délire. Son fils continue à lui rendre visite et, plusieurs mois après, Georges est trouvé mort un matin, mort paisiblement durant son sommeil. Raymond, une soixantaine d années, est aussi hospitalisé depuis des dizaines d années. Il court dans le Service en hurlant qu il est le Christ et montre «ses stigmates». Un jour où je passe à côté de lui il me demande pourquoi je ne l écoute pas lui, alors que je parle avec tous les autres. Je lui propose de le recevoir. Il veut venir tout de suite et, d emblée, me montre ses mains en me disant «Je suis le Christ, regardez mes stigmates». Je regarde attentivement et lui dit que ça ne me parait pas vraiment évident. Il me raconte très vite les misères de sa vie, passée dès l enfance dans le milieu de la prostitution à Pigalle. Son père et sa mère s aimaient «d amour vache». En effet son père donnait des coups de pieds dans le ventre de sa mère alors qu elle l attendait. Vers dix ans il aime bien s habiller en fille, se drapant dans des étoffes et se regardant dans le miroir. Il laisse tomber très vite son délire pour me parler de ce qu il a vécu à l hôpital. Il raconte qu un psychiatre lui avait dit une fois «Vous voyez ce lapin devant la porte»? Il avait dit oui, car il avait compris que le médecin se moquait de lui. Assez rapidement il a l idée de quitter l hôpital à la condition de pouvoir aller dans la maison de retraite où se trouve un de ses copains, sorti depuis quelques mois. F. Josselin ayant pu lui obtenir une place, il part très heureux. Nous avons su 11 que son copain et lui étaient des pensionnaires très appréciés, toujours volontaires pour faire la vaisselle afin de pouvoir partir le plus vite possible au café du village. Deux années après nous apprenons que Raymond se trouve dans un hôpital général, souffrant d une tumeur au cerveau. Je m y rends et le trouve à moitié endormi, très amaigri, la tête penchée sur le côté, habillé d un maillot de corps trop court : un Christ, mais de pietà cette fois! Il se réveille peu après, sourit en m apercevant. Nous échangeons quelques paroles. Il me dit «Les carottes sont cuites»! Puis «J ai beaucoup de respect pour vous et le docteur Bénureau» 12. Sa tête retombe alors sur son épaule. Il est mort peu de temps après. Claude, sexagénaire, est hospitalisé depuis des dizaines d années. Il demande chaque semaine une permission pour aller acheter en ville des partitions, de piano dit-il, mais il s agit en fait de revues pornographiques. Il parle à une analyste depuis quelques temps, et répète à chaque séance sa question. «Qu elle est la distance exacte entre la partie inférieure du sexe d une femme et la partie inférieure de son anus. Il pense qu il y a là quelque chose de très important à découvrir! Il vient aux séances avec ses revues pornographiques pour faire les mesures en présence de l analyste. F. Josselin considère qu il vaut mieux qu il rencontre un analyste homme pour traiter cette question. Claude, d emblée, me demande si je suis d accord pour qu il poursuive avec moi sa recherche. Je lui donne mon accord mais en lui disant que nous allions travailler plutôt sur des planches anatomiques, plus précises que les photos des revues pornographiques. Il accepte et, sur ces planches, mesure et remesure la distance en question. Ce passage, de «l humide» des revues pornographiques au «sec» des planches anatomiques 13, le conduit assez rapidement à abandonner la question puisqu il me dit qu il ne trouve rien de probant. Il demande alors si je pourrais l aider à résoudre quelque chose qui est pour lui un problème majeur. Depuis des années, lorsqu il va à la cafétéria, il pense que, lorsqu il commande un bouillon, on lui sert un bouillon beaucoup moins bon que celui qui est servi aux autres. Il voudrait en être sûr et me propose le stratagème suivant. «J irai à la cafétéria et commanderai mon bouillon. Vous viendrez quelques minutes après, vous ferez très attention de ne pas montrer que vous me connaissez, vous commanderez aussi un bouillon et vous vous assoirez en face de moi. Nous goûterons chacun nos bouillons puis nous échangerons nos tasses et chacun goûtera le bouillon de l autre. Comme cela nous pourrons nous rendre compte s il y a une différence. C est ce qui sera exécuté, à la lettre. Lorsque nous nous rencontrons ensuite, dans la pièce de séance, il me demande si j ai trouvé une différence. Je lui dis qu elle ne m a pas parue sensible. Lui-même pense qu il y en avait une, même très petite. J acquiesce en disant qu elle devait être très minime car je ne l avais pas sentie. Claude abandonne alors la question pour s intéresser à un retour possible dans une famille d accueil dans laquelle il est déjà allé, mais où son séjour avait dû être interrompu à cause de son état d excitation. Sa famille d accueil, cette fois, n a pas signalé de difficulté avec lui. Conclusion. Comme F. Josselin le remarque dans l intervention citée ci-dessus, le travail fait avec ces patients témoigne de ce que, à «viser le réel par le bien dire», ce qu elle considère comme «l impératif catégorique de la psychanalyse lacanienne», il est possible aux patients de «rabouter les trois dimensions, réel, symbolique et imaginaire», de telle façon qu ils puissent «établir un lien social d un autre ordre que celui de l assistance». Les rencontres avec ces «chroniques» montrent combien, derrière leur façade, ces patients ont gardé une extrême sensibilité dans la relation à l autre. L. Althusser en a fait l expérience. Dans son autobiographie il évoque à plusieurs reprises la situation de ceux que l on appelle «chroniques». A son arrivée à Soisy, en juin 1981, il parle des «malheureux enterrés souvent pour la vie dans la même chambre et la même rumination, sans jamais de visite». C est parmi eux qu il trouve un ami «Dominique était malade ; enseignant comme moi, il me laissait parler et me comprenait : un véritable ami à qui je pouvais, sûr de sa discrétion, tout confier. Je n ai pas oublié son attention et sa générosité». 14 Si un tel travail avec ces patients a été possible pour les aider à quitter l hôpital dans de bonnes conditions, cela a été en très grande partie dû au fait que F. Josselin a préalablement déchargé de toute autre tâche les analystes auxquels elle demandait de les écouter. Les conditions d un bon suivi des patients ne dépendent donc pas seulement de facteurs thérapeutiques mais aussi de facteurs politiques. De l avis d analystes, de psychiatres, en activité actuellement dans des établissements de soins, les moments qu ils doivent consacrer aux tâches autres que soignantes proprement dites, sont tels qu il ne leur reste que bien peu de temps pour écouter les patients. Les tâches d évaluation, en particulier, peuvent requérir l essentiel du temps des personnes soignantes dans les services. De plus cette prétention à quantifier les activités humaines produit un véritable ravage 15. En dégageant, dans l enseignement de Lacan, ce passage d un second enseignement à un troisième et dernier enseignement, J-A Miller, dans son cours, remarque aussi qu il correspond, en philosophie, au passage de l ontologie, qui étudie l être, avec Aristote et Platon, à l hénologie, qui analyse l étant, l existant, avec les néoplatoniciens, Plotin en particulier. Il indique que Lacan renonce à l ontologie, qui concerne un Autre, S 1 S 2, qui n existe pas, pour développer une ontique, laquelle concerne le Un tout seul, S 1, qui lui existe, puisqu il est le Un de jouissance, qualifié de réel car il revient toujours à la même place. Il offre ainsi à celles et à ceux qui n ont pas eu la possibilité d étudier sérieusement la philosophie de s apercevoir que les notions qu elle apporte, abstraites au premier abord, correspondent en fait à la façon dont les parlêtres 16 qui nous ont précédés ont traité le réel auquel ils avaient affaire. Comme eux, Lacan, et d autres, l ont fait en leur temps. Nous essayons de le faire à leur suite, chacun à sa mesure, en nous appuyant, sur, ou contre, leurs avancées. Ces élaborations sont une chance offerte à chacune et à chacun de ne pas se laisser engluer dans la

12 répétition pulsionnelle, la jouissance répétitive, addictive, mortifère de l auto-jouissance du corps, véritable obscurantisme, mais au contraire de pouvoir mettre cette pulsion au travail, afin de lui faire produire la lumière dont elle est potentiellement porteuse, selon la maxime freudienne «Là où c était, là comme sujet dois-je advenir» 17. Notes Décembre L Être et l Un, inédit, mais J-A Miller a récemment annoncé que ses cours seraient publiés également en français. Jusque là ils ne l étaient qu en espagnol. 2 Cours du 6 avril Un contrôle avec Eric Laurent, portant, essentiellement sur le cas d un patient relevant du «hors-discours» de la psychose, que j ai reçu pendant une vingtaine d années, m a conduit à réaliser combien les mathèmes de Lacan permettent d accompagner le patient en suivant son évolution comme sur une autre portée musicale que la sienne, mais bien en harmonie avec elle. Ce lien avec la formalisation mathématique permet de ne pas sombrer dans un délire à deux. L amélioration de l état du patient peut être décrite comme un «assèchement de sa jouissance», cet assèchement se manifestant dans ses rêves. Cf. J. J. Bouquier, Bible et psychanalyse : du travail de civilisation. Un lien avec l objet a? Confluents n 59, Association de la Cause freudienne Ile-de-France, printemps 2010, pp Dans son cours du 6 avril 2011, J-A Miller note que l itinéraire de Lacan «va dans le sens d une certaine dessiccation», l expression «plus sec» étant mise en parallèle avec «plus formel». 4 Lacan note que ce nœud a servi à représenter la trinité. Il est en effet noué de telle façon qu en coupant l un des trois ronds, les deux autres ne soient plus noués! 5 Exposé plus en détail dans Confluents, Cf. J. J. Bouquier, Rose d hiver au printemps, ou la naissance du sujet, Bulletin régional de la coordination ACF-IDF, n 49, juin 2005, pp LE ROBERT, sous la direction d Alain REY, Dictionnaire historique de la langue française, DICOROBERT Exposé plus en détail dans : Bibliothèque Confluents, supplément au n 19 de Confluents, Le sujet de la psychose : féminin, singulier, J. J. Bouquier, Séparations, Ville-Evrard 1996, pp Une partie du matériel clinique utilisé ici a servi pour un exposé fait, au milieu des années 1990, dans le Service de psychiatrie de l hôpital du Val-de-Grâce, à la demande de G. Briole, professeur agrégé, Chef du Service à cette date, pour ses étudiants en psychologie et ses internes en psychiatrie. F. Josselin y intervenait également. 8 Josselin F., intervention à l ouverture du Collège de clinique psychanalytique de Paris, 15 octobre Son dossier mentionne : Q I 52 au Binet-Simon. 10 C est ce qui est arrivé à plusieurs d entre eux. L on peut se demander s il existe un lien entre cette mort, paisible, et le fait qu ils aient eu l occasion de parler et d être écouté. Une femme, s occupant d accompagner des personnes en fin de vie, raconte le fait suivant. Un homme, approchant de quatre vingt dix ans, lui confie, juste avant de mourir «Madame, c est d avoir parlé avec vous pendant ces huit jours qui me donne le sentiment que ma vie est enfin accomplie, je peux partir maintenant»! L on peut se demander si, revenant dans la réalité, certains ne se sont pas aperçus que leur vie n avait plus d avenir? 11 Nous avons toujours évité de nous adresser directement à eux, F. Josselin, de part ses expériences précédentes de Chef de Service en psychiatrie, nous ayant mis en garde à ce sujet. Leur téléphoner risquait fort en effet de leur faire penser que nous ne pouvions pas nous passer d eux et donc de les faire revenir dans le Service. 12 Lequel recevait Raymond, en tant que psychiatre. 13 Cf. note 3 p Althusser L., L avenir dure longtemps, Stock, Imec, 1992, p. 258 et p LNA, Le Nouvel Âne, n 10, Évaluer tue, sous la direction de Judith et J-A Miller, rédaction de ce numéro assurée par l équipe de la revue Le Diable probablement, février Terme créé par Lacan pour désigner «un être qui ne tient son être que de la parole». J-A Miller, cours du 30 mars Lacan J., La science et la vérité, Écrits, Seuil, 1966, p.864. Jean Genet L écriture du théâtre comme «explosion active» Hervé Castanet Parler d une œuvre littéraire, c est d em blée être rangé dans la rubrique «connexions du champ freudien». Ce n est pas de la psychanalyse! dira-t-on. C est tout à fait exact. Une œuvre n est pas une analyse et Jean Genet n est jamais allé sur un divan. L approche en devient-elle vaine pour autant? Nous ne le croyons pas. En aucun cas, il ne s agit de pratiquer une psychanalyse de l œuvre encore moins de son auteur le sujet Genet. Par contre, posons cette question : en quoi l œuvre ici le théâtre de Genet enseigne le psychanalyste dans sa praxis? À ce titre, c est la fonction de l œuvre pour le sujet qui s y attelle qui est inter rogée. Quelques repères : Genet naît, en 1910, de père inconnu. Sa mère, Gabrielle, sept mois après, l abandonne. Très tôt Genet rencontra ainsi l abjection. Entre 1942 et 1947 il écrit tous ses romans, tous ses poèmes, et deux pièces de théâtre : Haute surveillance, Les Bonnes. Puis, pendant une longue période de six ans, Genet se tait (ou presque). Il traverse une «crise grave» comme disent ses biogra phes Jean-Bernard Moraly parlera de «forêt obscure», Edmund White d enfoncement dans la «dépression». C est seulement en 1955 qu il retrouve sa créativité. En l espace de deux ans, il écrit ses trois longues pièces : Le Balcon, Les Nègres, son chef-d œuvre : Les Paravents et ses deux plus percutants essais : L Atelier d Alberto Giacometti et Le funambule. En 1961, seront disponibles pour le public Les Paravents lon guement repris et modifiés. Ils seront la dernière œuvre publiée par Genet de son vivant. Il mourra, 25 ans plus tard, en avril Retenons pour le théâtre ceci : le théâtre de Genet n est pas un ; il y a les pièces d avant sa crise grave et celles d après. Tous les biographes et commentateurs de Genet sont d accord : ce silence des années est essentiel. C est la fin du premier Genet le Genet des fictions autobiographiques, le Genet esthète et dandy et le début d un autre : le Genet dra maturge et théoricien (de l art, du théâtre) c est le Genet «clochard supérieur», le Genet anéanti dans son travail et requérant le strict anonymat. Fictions autobiographiques Rappelons ce qui fait la spécificité (subjective) de ses cinq ro mans : s y écrit l homosexualité masochiste comme réponse à l abjection. Genet se définit lui-même comme un «argumenteur» et c est cette articulation entre poésie et argumentation qui fait l exceptionnelle réussite de ses romans. Genet écrit ses romans pour lui il dira ses émotions, ses véritables images indélébiles. Genet fait de son écriture un usage pervers en ceci qu elle vise non pas à s assurer de l Autre mais à assurer la jouissance de l Autre, à restituer, en l occurrence, à l Autre, grâce à la magie de la lettre, l objet voix (selon la définition du masochisme donnée par Lacan dans son séminaire D un Autre à l autre) et par là il tente de com pléter cet Autre, de le dégager de la castration. Par l écriture, atteindre la jouissance : non pas la décrire mais la produire. «L écriture me procurait un plaisir personnel. Tout acte d écriture ne faisait qu assouvir ce plaisir. Il ne me serait jamais venu à l idée de penser aux autres... J écrivais pour l ivresse pour l extase, pour couper toujours plus profondément les liens qui me rattachaient encore à ce monde qui me rejetait et que je re jetais.» Genet est prisonnier de ces images, de ces empreintes qui se réduisent toutes à un scénario masochiste où il est impliqué en tant qu enfant : à Mettray, la maison de correction où il découvre, à quinze ans, l homosexualité, il est cet enfant battu, humilié, dominé, I devenu amant passif des caïds les «marles». De cette position, il tirera jouissance écoutons-le : «Mettray qui comblait mes goûts amoureux blessa toujours ma sensibilité. ]e souffrais [ ]. Afin de survivre à ma désolation [ ] j élaborais sans prendre garde une rigoureuse discipline [ ] : à cha que accusation portée contre moi, fut-elle injuste, du fond du cœur je répondrai oui. je me reconnaissais le lâche, le traître, le voleur, le pédé qu on voyait en moi, [ ]. Je devins abject.» L écriture, le travail sur et de la langue se logent en ce point : «Il fallait que je m adresse, dans sa langue justement, au tor tionnaire [ ]. Si j ai été séduit, parce que je l ai été, par la langue [ ] c est [ ] à Mettray [ ]. Ce que j avais à dire était tel, témoignait de tellement de souffrance, que je devais utiliser cette langue-là.»

13 Humiliation et écriture sont inséparables elles se nourrissent mutuellement : le résultat littéraire est une imaginarisation du signifiant devenu lettre enluminée, brodée, tra vaillée comme une pierre précieuse et offerte ciselée, dans un écrin, au regard de l autre 1. Les mots habitent et comblent Genet. Du patronyme d un condamné à mort, il dira plus tard avoir «joui comme d une grossesse». Ce sont ces motslà qu il reprend et dont il fait le matériau même de ses poèmes (trop imagés) et de ses romans géniaux. Cette écriture symptôme isole la fonction de la lettre dans la perversion : il y a prévalence d une imaginarisation érotisée du signifiant qui se fige, s englue, perd son caractère différentiel. À ce titre il devient voile où se projette, se peint et s enlumine avec éclat le phallus absent : démenti (Verleugnung) de la castration. Le vocable sera instrument : il est ce fouet qui inscrit sur le corps les traces devenues lettres de feu. La lettre, en silence, consume, brûle, détruit. Genet avouera qu il se soumet «au fouet des plus féroces expressions». Voilà le creuset subjectif où s épanouissent ses poèmes et romans. Voilà l indélébile réduit ici à sa trame masochique : un enfant fait le Mal 2, un tortionnaire le punit. Et ce mal puni la plus réussie des punitions est la décapitation qui at tend le condamné à mort, le restituer à Dieu pour sa gloire. Y réussir, c est atteindre la sainteté par «enthousiasme verbal». L impasse En , surgit donc cette crise grave, suivie, six ans plus tard, des grandes pièces : Le Balcon, Les Nègres. Les Paravents. Dégageons une orientation de lecture : le théâtre de Genet est une réponse à l impasse de son masochisme homosexuel si magis tralement présenté dans l œuvre fictionnelle. Avec ses trois pièces et ses essais théoriciens, Genet franchit ce qui rivera plus d un par exemple un Marcel Jouhandeau à la répétition à l identi que du même : faire religion de sa perversion. Précisément, nous pouvons dire de Genet qu à partir des œuvres de 1955, il ne fait pas (il ne fait plus) religion de sa perversion. Quelque chose tombe et ne réapparaîtra plus dans ses textes ce qui tombe, c est le thème de l homosexualité et son corollaire pour Genet : le masochisme comme réponse à l abjection. Écoutons ce qu il dit lui-même de ce passage il le constate : «J ai essayé ensuite de rendre objectif tout cela qui jus qu alors avait été subjectif, en le retraduisant devant un public vi sible. Ma position d écrivain fut changée dès lors, car quand j écri vais en prison, je le faisais pour des lecteurs solitaires ; quand je me suis mis au théâtre, j ai dû écrire pour des spectateurs solidaires. Il fallait changer de technique mentale [ ]. Mes livres ont quelque chose de délictueux et de pornographique. Les gens n osent pas demander mes livres dans une librairie [ ] en revanche, pour voir mes œuvres, il n y a pas d autre solution que de se laisser voir. Mon attitude mentale pour écrire était dès lors différente.» Mais que s est-il passé? Faut-il y voir l effet de la publi cation, en 1952, de la gigantesque «psychanalyse existentielle» de son œuvre et de sa personne rédigée par Sartre qu il fréquentait assidûment depuis 1944 : Saint Genet, comédien et martyr? Sartre, le plus connu des intellectuels de son temps, qui assurément oc cupa pour lui, sorti de l Assistance publique avec le seul certificat d étude, une place de sujet supposé savoir. On sait que Genet lui-même, en 1964, a accrédité cette explication : «Le livre de Sartre a créé en moi un vide qui a joué comme une sorte de détérioration psychologique [ ] j ai vécu dans cet état épouvantable pendant six ans.» En tout cas, ce que l on sait c est que Genet, à cette période, se dit dégoûté par la littérature et qu il brûle, en 1952, son travail de cinq ans. Ne dit-on pas aussi qu il tente, à plusieurs reprises, de se suicider? Genet se refuse à écrire de nouveaux romans aux accents pornographiques. Certains commentateurs disent qu il a épuisé ses souvenirs. La remarque est naïve. Supposons plus radicale ment qu une expérience subjective lui est advenue. À ce travail d enluminure de la lettre, d imaginarisation du signifiant dont elle procède la lettre n est pas première, elle est effet du jeu signifiant, un reste perdure. Autrement dit, toute l expérience, tissée par le rêve, la rêverie, ne peut virer à la comptabilité litté raire. À la fin du Miracle de la rose, Genet fait ce constat : «Si je quitte ce livre, je quitte ce qui peut se raconter, le reste est indicible. Je me tais et marche les pieds nus.» C est ce reste que reprend Genet c est à partir de ce reste indicible qu il fera une œuvre nouvelle : pour ce faire il lui faudra écrire autrement, avoir une autre visée. Cet échec est constitutif de la position masochiste perverse : il est structural nullement contingent ou relatif. À partir de semblants, il prétendait annuler les... faux- semblants! Mais, c est sur une scène, avec son public, qu il réalise par monstration sa démonstration. Ce qui ne peut être imaginarisé totalement, ce qui laisse toujours un reste un indicible, c est précisément cette jouissance visée et que jamais il ne trouve telle quelle : il veut se faire, grâce à la magie de la littérature, l encaisse jouissance de l Autre mais, à la fin, la jouissance récupérée, dans le hic et nunc du rituel, n est qu un simulacre de celle recherchée et jamais ob tenue. Il veut faire du plus avec du moins du plus avec cette logique phallique à laquelle il est soumis et qui, par définition, négative le corps vivant. Genet fait cette expérience que la jouis sance ne peut regagner le corps. Il a tenté d écrire, «par des mots qui chantent», la «ténébreuse clarté», «l éblouissante nuit» d un «mystère profond, déchirant un voile». Il a tenté d atteindre la «sainteté», la «gloire céleste» de Dieu qui est au ciel «je parle de ce ciel que je me crée et auquel je me voue corps et âme.» Il a tenté et il a échoué à complémenter, par sa sainteté, l Autre divin. Cette disjonction entre corps et jouissance, voilà précisé ment ce qu il dément, ce à quoi imaginairement, dans sa vie par son masochisme homosexuel exacerbé puis, dans son œuvre fictionnelle, par l incantation du vocable et l enluminure de la lettre, il tente de parer toujours en vain. Il y a un reste. Soit cette jouissance forclose pour tout parlêtre pris dans la logique de la signification phallique cette jouissance qui toujours manquera à l image et à ses jeux. Au contraire, élidée, éludée, elle fait trou produisant un reste inassimilable, irreprésentable. Une rencontre : tuché Précisément, vers 1953, Genet est affronté à une expérience cruciale il en sort bouleversé. Désormais pour lui, la vie et son œuvre seront différentes. Quelle est cette véritable tuché rencon trée? Il la décrit en 1957 puis y revient en «Quelque chose qui me paraissait ressembler à une pourriture était en train de gangrener toute mon ancienne vision du monde. Quand un jour, dans un wagon, en regardant le voyageur assis en face de moi j eus la révélation que tout homme en vaut un autre, je ne soupçonnais pas ou plutôt si, obscurément je le sus, car une nappe de tristesse s abattit sur moi, et plus ou moins supportable, mais sensible, elle ne me quitta plus que cette connaissance en traînerait une si méthodique désintégration. Derrière ce qui était visible de cet homme, ou plus loin plus loin et en même temps miraculeusement et désolément proche corps et visage sans grâce, laids, selon certains détails, ignobles même [ ] par le re gard qui buta sur le mien, je découvris, en l éprouvant comme un choc, une sorte d identité universelle à tous les hommes. Mais non! Cela ne se passa pas aussi vite, et non pas dans cet ordre : c est d abord que mon regard buta [ ] contre celui du voyageur [ ]. Son regard n était pas d un autre ; c était le mien que je rencontrais dans une glace, par inadvertance et dans la solitude et l oubli de moi. Ce que j éprouvais je ne pus le traduire que sous cette forme : je m écoulais de mon corps [ ] ou plutôt : je m étais écoulé, car le regard fut si bref que je ne peux me le rappeler qu avec l aide de ce temps verbal [ ] c est alors seulement que je songeai à examiner l inconnu et en retirai l impression de dégoût décrite plus haut [ ] je vécus assez longtemps avec cette découverte que je gardais volontairement secrète, et dont je tâchais d éloigner de moi les rappels, mais toujours quelque part en moi veillait une tache de tristesse qui, soudain comme un souffle qui l aurait gonflée, obscurcissait tout.» Cette description est précieuse : les premières remarques pourraient être prises pour une modalité imaginaire identification à l autre le voisin, dans le wagon, se détache comme alter ego. La reprise de l expérience, le nouvel ordre qu il déploie pour en témoigner, changent la perspective subjective. C est autre chose qui est engagée et qu il rencontre tuché. «C est d abord mon regard [ ]» dit-il. Voilà le surgissement, dans la cou pure d un instant, de ce qui ne se voit pas, de ce qui n est pas, au sens strict, repérable, identifiable dans les coordonnées du visi ble. C est le surgissement de l instance du regard en tant que tel qui troue l image, la décomplète comme unité close où rien ne se perd. À la réflexivité imaginaire du je me vois me voir objecte cette part éludée qui glisse, passe, se transmet d étage en étage : le regard comme objet sans concrétude, le regard comme objet a venant symboliser «le manque central exprimé dans le phénomène de la castration». Il y a donc dans le figurable un point d irreprésentable : le regard, qui relancera le procès du figurable et du dicible mais autrement. L effet subjectif est immédiat : l image plaisante du sem blable, investie au plus fort par l agalma phallique qui lui donne tout son éclat narcissique homosexuel, se vide et c est pré cisément cette charge érotisée, fixée en cette image indélébile, qui s écoule par ce trou ainsi rencontré à l improviste rappelons sa phrase : «je m étais écoulé, car le regard fut si bref que ne peux me le rappeler qu avec l aide de ce temps verbal.» C est l anecdotique du culte de la petite différence narcissique qui choit au profit de l ex périence de l universalité de la castration qui fait de n importe quel homme non pas un alter ego, un autre moi, mais radicale ment un autre sujet. Genet insiste sur les conséquences qui se déduisent pour sa vie et donc pour son œuvre : «Pourtant, j écrivais ce qui précède sans cesser d être in quiété, travaillé par les thèmes érotiques qui m étaient familiers

14 et qui dominaient ma vie [ ] je savais que j écrivais cela aussi afin de me défaire de l érotisme, pour tenter de le déloger de moi, pour l éloigner en tout cas. Un sexe érigé, congestionné et vibrant [ ] luttant contre le si fragile regard capable peut-être de détruire cette Toute-Puissance [ ]» ; «[ ] vouloir découvrir cette blessure secrète de tout être et même de toute chose, afin qu elle les illumine.» Voilà ce qui sera l enjeu et le pari de l écriture de Genet. Il écrira à partir de cet «objet invisible», de cette «blessure» qui dé cline l être comme manque et que la sculpture de Giacometti le seul homme qu il a vraiment admiré présentifie, incarne. Dans son œuvre et d une certaine façon dans sa vie Genet se défera de l érotisme il le délogera de lui, l éloignera en tout cas. Le théâtre Son œuvre, c est son théâtre désormais. Dans le théâtre, il y a les trois pièces d avant sa crise grave : Haute surveillance, Splendid s et Les Bonnes. La première, selon les spécialistes, est ratée ; la seconde, publiée après la mort de Genet, est amusante voire divertissante ; la troisième fit, selon Ed. White, rupture dans le théâtre moderne notamment par un souci poussé du rite où éclôt une violence inouïe. L auteur reconnaîtra lui-même que le rituel de la messe catholique fut l une de ses réfé rences pour écrire Les Bonnes. Mais comme l indique Bernard Dort le meilleur connaisseur du théâtre genétien ces trois pièces sont des huis clos à l intrigue limitée. L homosexualité virile est toujours présente tout au moins dans les deux premières. Bref elles n atteignent pas l universalité intrinsèque à la représentation théâtrale. Du reste, Genet, en 1950, fit savoir qu il renonçait au théâtre : «C était de la pure vanité, voir mes pièces jouées sur scène. Écrire des pièces est une vaste plaisanterie.» Il tint parole. Il renonça à ce théâtre-là. Parlons donc, ici, seulement des pièces qui font réponse à cette expérience subjective radicale du «n importe quel homme en vaut exactement un autre». Posons une question : sur quel mode font-elles réponse à l impasse perverse de l homosexualité masochique? Nous dégagerons deux réponses : - la réponse par la farce comique ce sont Le Balcon, Elle (esquisse d une pièce qui reprend un des tableaux du Balcon) et Les Nègres. - La réponse par le déchet, par ce reste de ce qui coula du corps par le trou du regard ce sont Les Paravents le chef-d œuvre théâtral de notre dramaturge. La farce comique Ici nous questionnerons seulement Le Balcon mais nos re marques s appliquent, mutatis mutandis, aussi bien à Elle qu aux Nègres. Le balcon 3 est le nom d un bordel que tient madame Irma. Lorsque le premier tableau commence, audehors (mais y a-t-il un véritable au-dehors à la scène du bordel?) c est la révolte. La ville progressivement tombe aux mains des insurgés. Le balcon est célèbre pour ses trente-huit salons. Dans cha cun, il y a des «représentations», des «séances», des «cérémonies graves», comme dit Irma. Là les clients, avec la complicité d une prostituée, endossent notamment les attributs symboliques des fonctions de pouvoir. Tel petit vieux fait l évêque et confesse une pécheresse, un autre fait le juge et condamne une voleuse. Un dernier fait le général, et la fille devient sa jument Colombe. Comme le note Lacan qui commente cette pièce dans son sémi naire du 5 mars 1958 : «[ ] tous ces personnages représentent donc des fonctions par rapport auxquelles le sujet se trouve en quelque sorte aliéné [ ] à cette parole dont il se trouve le support, en une fonction qui dé passe de beaucoup sa particularité [ ]» Ces rôles tenus ont une fonction emblématique. Lacan pose cette question : «Qu est-ce que cela peut bien être que de jouir de son état d évêque, de juge ou de général?» Assurément ces petits vieux au bordel nous donnent une réponse : jouir de son état procède d une érotisation du rapport symbolique. Pour que le client jouisse de son état d évêque, de juge ou de général et s il n y avait pas jouissance, il ne viendrait pas, ne payerait pas, il lui faut établir une «position strictement calculée» insépa rable d une partenaire complice qui sera sa «répondante». Voilà le rituel qui doit s effectuer strictement : «Je n accorde pas qu on blague, en effet. Un éclat de rire, ou même un sourire fout tout par terre. S il y a sourire, il y a doute. Les clients veulent des cérémonies graves. Avec soupirs. Ma mai son est un lieu sévère.» rappelle Irma à l une de ses filles. Sans la complice qui respecte le rituel liturgique, tout s écroule. Viendrait-elle à ne plus répondre, que la panique surgit : le client perd pied, le rideau se déchire Entfremdung disait Freud pour désigner ce moment subjectif où, pour le pervers, le trône et l autel sont en danger. Pervers du reste est le terme que Lacan reprend non point pour désigner Genet mais les petits vieux dans les salons. Pourquoi pervers? Le balcon est la «maison des illusions» y règne «la glorification de l Image et du Reflet» : ainsi la confession est un pur simulacre de même pour le pardon et l absolution. Ce que vise le faux évêque, il le dit explicitement, c est la jouissance coupable de la fille. Sa véritable partenaire, c est cette jouissance visée chez la prostituée et qui la divise la laissant interdite devant l abîme : «L évêque : Quant tu t approchais de moi tendant ton vi sage, c est bien les reflets du feu qui t illuminaient? La fille : Oui. L évêque : J y vis le désir gourmand de la faute. En l inondant, le mal tout à coup l a baptisée. Ses grands yeux s ouvrirent sur l abîme [ ] une pâleur de mort avivait [ ] son visage. Mais no tre sainteté n est faite que de pouvoir voue pardonner vos péchés.» La fin de la scène montre le petit vieux faire sortir tout le monde et se coller devant le miroir il le questionne et décline ce qu est jouir de son état d évêque : «Pour devenir évêque, il eût fallu que je m acharne à ne l être pas, mais à faire ce qui m y eût conduit. Devenu évêque, afin de l être, il eût fallu [ ] que je ne cesse de me savoir l être pour rem plir ma fonction [ ] une fonction est une fonction. Or, évêque, c est un mode d être. C est une charge, un fardeau. Mitre, dentelles, tis su d or et de verroteries, génuflexions [ ]. Aux chiottes la fonction [ ]. La majesté, la dignité qui m illuminent, viennent d un éclat plus mystérieux : c est que l évêque me précède. Te l ai-je bien dit, mi roir, image dorée, ornée comme une boite de cigares mexicains? Et je veux être évêque dans la solitude, pour la seule apparence [ ] et pour détruire toute fonction, je veux apporter le scandale et te trousser, putain, putasse, pétasse et poufiasse [ ]» Il y a donc d un côté la fonction et de l autre l image, la seule apparence. La fonction, le petit vieux la bafoue ; l image, pure apparence, il l érotise et jouit de l état qu elle lui restitue comme instance imaginaire d être. Tel est le ressort, pour Lacan en 1958, de la position perverse : «[ ] le sujet pervers assurément se complaît à chercher sa sa tisfaction dans ce quelque chose à quoi il se met en rapport, avec une image [ ] en tant qu elle est le reflet de quelque chose d essen tiellement signifiant.» II y a dans la perversion une imaginarisation érotisée du rapport au signifiant ici présentifié par la fonction de l évêque. Pour Genet, le bordel, c est la perversion réalisée, incarnée dans chacun de ces trente-huit salons. Mais ce à quoi nous porte ces premiers tableaux avec le faux évêque, le faux juge, le faux général, c est à la farce grotesque : chaque personnage les Figures comme les appelle l auteur est monté sur des patins de cinquante centimètres. Les costumes sont élargis avec de très larges épaules. Autrement dit, au lever du rideau, chacune des Figures doit apparaître «démesuré et raide, comme un épou vantail». Le visage, lui, devant être grimé exagérément. Ce qui fait dire à Lacan que, dans cette pièce, les différentes formes de l idéal du moi sont passées au jeu de massacre du grotesque, de la cari cature, de la parodie, de la farce, de la clownerie sous-titre des Nègres. On repère par là ce que réalise désormais l écriture de Genet : la caricature et la parodie de l imaginaire dans sa gonfle phallique prise au miroir. Mais il y a plus : les Figures princeps de l idéal du moi passent aussi et surtout au feu du comique. La can insiste : Le Balcon est un chef-d œuvre comique au même titre que l École des femmes de Molière ou les pièces d Aristo phane. Pourquoi comique? En cette période de révolte, voire de révolution, celui qui est chargé de maintenir l ordre, de faire que chaque chose reste à sa place, a toute son importance. Il occupe une position-clef «personnage, pivot, central du drame de Genet» dira Lacan. Je veux parler du chef de la police qui a été l amant de madame Irma. En arrivant au bordel, le chef de la police sait qu il joue son avenir : «La situation est de plus en plus grave [ ] heu-reu-se-ment! Le château royal est cerné. La reine se cache. La ville [ ] est à feu et à sang [ ]. Donc, je joue ma chance aujourd hui même. Cette nuit je serai dans la tombe ou sur le socle.» Mais ce qui l obsède et qu il vient vérifier au Balcon c est autre chose : y a-t-il un client qui demande à être le chef de la police? Y a-t-il la mise en scène de ce simulacre-là? «Les temps ne sont pas arrivés, lui répond Irma [ ] votre fonction n a pas la noblesse suffisante pour proposer aux rêveurs une image qui les consolerait [ ]. Non [ ] il faut en prendre votre parti : votre image n accède pas encore aux liturgies du boxon.» La nomenclature et le phallus Autrement dit, l état de chef de la police n est pas un état dont on puisse jouir à l endosser imaginairement dans l un des trente-huit salons. Le chef de la police ne se résout pas à cette absence il éclate : «[ ] les jeux du bordel sont d abord des jeux de glace [ ]. Per sonne encore! Mais j obligerai mon image à se détacher de moi, à pénétrer, à forcer (les) salons, à se réfléchir, à se multiplier. Irma, ma fonction me pèse. Ici, elle m apparaîtra devant le soleil terrible du plaisir et de la mort.» Cependant, au-dehors, les fonctions de pouvoir s écroulent : reine et tous les dignitaires ont péri plus d évêque, de juge, de général. Le chef de la police triomphe : par un tour de passe-passe, il reprend la situation en main et le pouvoir absolu est

15 désormais à lui. Il sera dictateur. Le neuvième tableau clôt la pièce : on y voit les petits vieux du début. Désormais, ils sont l évêque, le juge, le général. Ils sont devenus, nommés par le chef de la police, ce à quoi ils jouaient à être. Comme le dit l envoyé du palais royal : «C est une image vraie, née d un spectacle faux.» Et madame Irma est devenue la... Reine. Le chef victorieux arrive et fait part, aux nouveaux dignitaires, des différents projets d images qui doivent le représenter : il faut trouver l habit l habit codé et ritualisé du chef de la police devenu le Héros car «c est cette image [ ] qui doit hanter les hommes» ; «Messieurs, j ai assez de confiance dans votre jugement et dans votre dévouement. Après tout, je veux mener le combat aussi par l audace des idées. Voici : on m a conseillé d apparaître sous la forme d un phallus géant, d un chibre de taille.» Après d assez longues discussions, le projet est accepté un phallus énorme est «une redoutable figuration» reconnaît l évêque. Voilà, le chef de la police qui a son image, son uniforme. Au bor del, il n y a plus qu à attendre qu un client demande à vouloir, enfin, l endosser. «D ailleurs, à une soudaine faiblesse de mes muscles, je sau rai que mon image s échappe de moi et va hanter les hommes. Alors ma fin visible sera prochaine.» Sur ce arrive une fille qui annonce la nouvelle : Roger, l un des chefs de la révolution, plombier de son état, vient d arriver au balcon et a demandé à être le chef de la police «Messieurs, j ap partiens à la Nomenclature» clame-t-il triomphant. «Émotion générale, striction de la gorge, nous sommes au bout de nos peines» comme le précise Lacan. Pas tout à fait. Pourquoi? Dans l un des salons, le Mausolée, la prostituée de service joue son rôle : «La vérité, dit-elle à Roger : que vous êtes mort, ou plutôt que vous n arrêtez pas de mourir et que votre image, comme votre nom, se répercute à l infini.» Mais Roger n est un client comme les petits vieux, les habi tués spécialistes des rituels ; il hurle, se déchaîne : «Là-bas? Non. Plus rien. Ici non plus, d ailleurs. Et dehors, dans ce que tu nommes la vie, tout a flanché. Aucune vérité n était possible.» La fille est effrayée : «Partez! Allez-vous en vite! Roger : Si le bordel existe, et si j ai le droit d y venir, j ai le droit d y conduire le personnage que j ai choisi, jusqu à la pointe de son destin [ ] non, du mien [ ] de confondre son destin avec le mien [ ]» À ce moment, Roger, qui porte l habit du chef de la police : un phallus géant en caoutchouc, se châtre avec son couteau. Le préfet de police, qui voit la scène grâce à un système compliqué de jeux de miroirs, s exclame : «Bien joué. Il a cru me posséder (Genet note pour le jeu de l acteur : il porte la main à sa braguette, soupèse très mani festement ses couilles et, rassuré, pousse un soupir) Les miennes sont là. Alors, qui de nous deux est foutu? Lui ou moi? Et si, dans chaque bordel du monde entier, mon image était châtrée, moi, je reste, intact. Intact, messieurs [ ]. Une image de moi va se perpétuer en secret. Mutilée? Une messe basse, pourtant, sera dite à ma gloire.» Ed. White, qui n a pas lu le Séminaire de Lacan, trouve cette scène maladroite presque inutile. C est pourtant précisément ce rétroactivement, donne tout son ressort comique à la pièce. C est parce qu il y a castration, ici réalisée comme émasculation, que le phallus peut à nouveau être promu à l état de signifiant. Il y a dégonflement de l artefact phallique, vidage de l image narcissique phallicisée. Le chef de la police n a plus qu à disparaître il hurle : «[ ] vous m avez-vu? Là, tout à l heure, plus grand que grand, plus fort que fort, plus mort que mort? Alors, je n ai plus rien à faire avec vous.» Il ira s emmurer vivant au coeur du Mausolée tombeau à sa gloire rendue éternelle : «j ai gagné le droit d aller m asseoir et d attendre deux mille ans. Vous, regardez-moi vivre et mourir. Pour la postérité : feu!» D un côté, le phallus promu au rang de signifiant qui fait tenir l ordre symbolique, de l autre la gonfle phallique parodiée du dictateur qui se confond avec le tombeau qui le contient em baumé et éternisé pour la postérité. Le vrai chef de la police est devenu une Figure, une image, un reflet à ce titre, il est mort imaginairement mort. Ce n est pas pour rien que dans cet acte de la castration, cer tes ici imaginarisé comme coupure de l organe, Lacan pointe l instance du Nom-du-Père en tant qu elle crée, ex nihilo, le signi fiant : «[ ] le terme du père [est] [ ] ce signifiant par quoi le signifiant lui-même est posé comme tel, et c est pour cela que le père est essentiellement créateur je dirais même créateur absolu, celui qui crée avec rien.» C est le père qui nomme. Voilà le comique pour certains cela pourrait être blas phématoire : c est lorsque le phallus apparaît sur scène qu il y a comique. Mais il ne peut apparaître qu en tant que signifié, «c est-à-dire, précise Lacan, qu en tant qu il recueille, qu il as sume, qu il jouit de la relation à un fait qui est fondamentalement dans un certain rapport avec l ordre signifiant [ ]». Dans son Séminaire du 11 mars 1975 Lacan dira : «Dès que vous parlez de quelque chose qui a rapport au phallus, c est le comique [ ]. Le phallus est un comique comme tous les comiques triste.» Ce que montre rigoureusement l écriture de Genet dans son Balcon. Le premier Genet celui des romans n est pas comique : c est, au contraire, le tragique du culte élevé, sans rire, à la gloire phallique. Son théâtre par contre c est Le balcon mais tout aussi bien Elle et Les nègres réalise, en acte, la critique radicale de cette Toute-Puissance indélébile qui le fascinait on l a dit : «un sexe érigé, congestionné et vibrant.» La Toute-Puissance indélébile est à jamais écornée pour Genet voilà ce dont il fait une œu vre devenue effet de ce franchissement subjectif de la rencontre avec l objet comme manque. Le tas d ordure Venons-en aux Paravents 4 dont la première représentation en France, au théâtre l Odéon (Paris), en 1966, fit scandale. Genet est très clair : ce n est pas une pièce sur la guerre d Algérie. «Les pièces habituellement, dit-on, auraient un sens : pas celle-ci. C est une fête dont les éléments sont disparates, elle n est la célébration de rien.» Impossible assurément de résumer Les Paravents : plus de cent personnages, seize tableaux et, éditée, la pièce fait plus de 260 pages. C est la guerre. Fellagas et légionnai res s affrontent, pendant qu autour d eux s agitent travailleurs arabes et colons, prostituées et gendarmes. Dans cette pièce point déterminant les morts parlent. Nous y reviendrons. Parmi ces personnages, il y a Saïd et sa mère. Écoutons Genet décrire : «[ ] les costumes, indiquant la misère de Saïd et de sa mère, seront somptueux [ ]. Maquillage de la mère : de longues rides mauves, très nombreuses comme une toile d araignée sur la figure [ ]. Saïd: le creux des joues très noir, et autour, des pustules jaunâtres ou verdâtres.» Le mot a été lâché : Saïd et sa mère sont d une misère absolue ils sont le rebut, le déchet d une société. Ils sont laids, sales, puants de pourriture. Bref, ils présentifient la saloperie dégagée de toute enveloppe agalmatisée. C est une famille qui s enfonce dans l avilissement : de la «racaille» dit Genet. Écoutons les mots de la mère : «Il y a dans chaque village un petit terrain qui pue et qu on appelle la décharge publique [ ]. C est là qu on empile toutes les or dures du pays. Chaque décharge a son odeur [ ] dans mes narines, il reste encore l odeur de nos poubelles [ ] que j ai reniflées toute ma vie et c est elle qui me composera ici quand je serai tout à fait morte et j ai bien l espoir de pourrir aussi la mort [ ]. Je veux que ce soit ma pourriture qui pourrisse mon pays [ ]» À une autre occasion, elle clame : «[ ] je me nourris de ce qui pourrit sous la terre [ ]» Comme lui dit une femme arabe du vil lage : «Je sais que tu es à tu et à toi avec ce qui n a plus de nom sur la terre.» Son rôle sera de détruire : «Qu elle dévaste! Qu elle dévaste» voilà la place qu on lui reconnaît. Saïd est tellement pauvre qu il n a pu épouser que Leïla «la plus laide femme du pays d à côté et de tous les pays d alentour». Elle est si laide qu elle porte en permanence une cagoule noire. À cette laideur, cette misère, cet insupportable, Saïd ne se résigne pas il ne les subira pas passivement. Saïd n est pas une victime qui répond à l abjection de l Autre par le désespoir lyrique toujours soutenu par une position masochique. Précisément, de cette laideur, de cette misère, de cet insupportable de Leïla, il en fait son destin: «Saïd : Tu n as plus rien à craindre. Leïla : Si. Un bout de miroir. Leila sort un peigne et veut se peigner. Saïd, en colère ; N y touche pas! (il arrache le peigne des mains de Leïla et le casse) Je veux que le soleil, que l alfa, que les pierres, que le sable, que le vent, que la trace de nos pieds se re tournent pour voir passer la femme la plus laide du monde et la moins chère : ma femme. Et je ne veux plus que tu torches tes yeux, ni ta bave, ni que tu te mouches, ni que tu te laves.» Et Leïla de lui répondre : «Je t obéirai [ ] Mais moi, je veux c est ma laideur gagnée heure par heure, qui parle [ ] que tu cesses de regarder en ar rière. Je veux que tu me conduises sans broncher au pays de l om bre et du monstre. Je veux que tu t enfonces dans le chagrin sans retour, je veux c est ma laideur gagnée minute par minute qui parle que tu sois sans espoir. Je veux que tu choisisses le mal et toujours le mal [ ] je veux que tu refuses l éclat de la nuit [ ]. Je sais où nous allons, Saïd, et pourquoi nous y allons.» Voilà présentés les trois personnages qui constituent la fa mille des Orties. Car la mère et Leïla sont un peu sorcières. Elles sont de la race des orties. «Orties [ ] j appartiens, dit la mère, par les filles peutêtre, et Saïd par moi à la famille des Orties. Près des ruines, mêlés aux tessons, leurs buissons étaient ma cruauté, ma méchan ceté hypocrite que je gardais, une main derrière mon dos pour bles ser le monde. Apprivoisées, elles retenaient leur venin, elles ren traient leurs aiguilles. Dans leurs feuilles, je trempais mes mains délicates : la ciguë ne m aurait pas glacé les veines. Ce qui est mé chant dans le monde végétai m était gagné.» Mais c est la guerre et Saïd sera voleur et surtout traître : il dénoncera les fellagas aux autorités françaises. Comme le reconnaît le missionnaire : Saïd, Leïla et la mère «viennent de défier l abjection». Voilà où porte la pièce en une puissance dramaturgique qui époustoufle lecteurs et spectateurs : c est à partir de ce rien, ici présentifié comme déchet, ordure, pourriture, que quelque chose est possible. Comme le clame la vieille Ommou : «Mon petit tas d ordures, puisque c est lui qui nous inspire.» Oui, nous fait

16 savoir Genet, c est notre petit tas d ordures qui nous inspire et nous conduit. C est ce petit tas d ordures que les Figu res, les images, les reflets recouvrent d un Je n en veux rien savoir : «Je sais où nous filons [ ] et pourquoi nous y allons, disait Leila qui ajoute : Ce n est pas pour aller quelque part, mais afin que ceux qui nous y envoient restent tranquilles sur un rivage tranquille.» C est la guerre on tue, on pille, on brûle, on viole et il n y a plus de rivages tranquilles. Voilà où ira Saïd accompa gné de Leïla : images, reflets et Figures explosent minés par ce pe tit tas d ordures qu ils cachent et tentent d annuler. «[ ] tu n es que mon malheur dit Saïd à Leïla. À moins qu en parlant de moi et de mon malheur, je dise nous. Eh bien, je vais et ça doit être loin, au pays du monstre. Que ça se trouve sous nos pieds, juste en dessous, où il n y aura jamais de soleil, puisque je te porte et je te traîne, t es mon ombre.» Le rire et la mort La famille des Orties sera cette cause, ce ressort qui fait sur gir le monstre, le découvre et le nourrit : toujours plus de malheur que le petit tas d ordures produise, enfin, toutes ses con séquences que tous ses effets adviennent! Ce sont ces consé quences et effets que la pièce montre chez les colons, les militaires et les arabes eux-mêmes. Écoutons Ommou, la vieille hal lucinée : «On avait toutes la chair de poule, à savoir que sa sainte fa mille s enfonçait dans la pourriture [ ]. Et, encore maintenant, ce qu il me reste de peau et d os a la chair de poule. Les seigneurs d autrefois le diront aux seigneurs d aujourd hui que rien ne doit être protégé comme un petit tas d ordures. Que personne ne jette jamais toutes ses balayures [ ]. Et si un jour le soleil tombait en pluie d or sur notre monde, on ne sait jamais, réservez dans un coin, un petit tas de boue [ ]» Écoutons Kadidja appeler Saïd et Leïla : «Saïd, Leïla, mes bien-aimés. Vous aussi le soir vous vous ra contiez le mal de la journée. Vous aviez compris qu il n y avait plus d espoir qu en lui. Mal merveilleux mal, toi qui nous restes quand tout a foutu le camp, mal miraculeux tu vas nous aider [ ] viens féconder notre peuple.» Dans cette pièce donc les morts parlent, c est-à-dire qu après être morts tués durant la guerre ils continuent sur scène à parler à se parler entre eux. Ils attendent les nouveaux arri vants les nouveaux morts. Bien sûr, ce sont des morts particu liers des morts imaginaires comme peut en rêver, par exemple, l obsessionnel : ils sont identiques à ce qu ils étaient dans leur vie à un détail près : ils ont l éternité. «Les morts sont Morts» dit un personnage. «Pas tout à fait, lui réplique un autre, puisqu ils vien nent mourir toujours plus.» Voilà ce qu est un mort au sens de l imaginaire : c est un mort pas encore totalement mort, un mort qui passe son temps à mourir un peu plus encore et qui n y par vient pas. «Oh! je t en prie, laissemoi m évanouir tout à fait [ ]. Je fonds [ ] je suis fondu» crie un mort à la mère qui, elle aussi morte, s évertue à titiller, ceux qui sont passés de l autre côté, à se souve nir de leur «petit tas d ordures». Car la mère, c est le rire: en s adressant à la lune elle dit : «Je suis le Rire. Salut! Mais pas n importe lequel : celui qui apparaît quand tout va mal.» Elle est le rire qui réveille et glace ceux qui l entendent. À la fin du seizième et dernier tableau, la quasi totalité des personnages est sur la scène : il y a les morts et les vivants. Les morts attendent Saïd, les vivants veulent encore le garder. Car Saïd est devenu la cause de tout ce qui advient, il est le mal qui ravage et détruit les images et les reflets où chacun tente de trouver une réalité imaginaire d être. «Pour Saïd, dit Ommou, on va s en servir... On embaume tes misères, tes chieries [ ]. Il faut allez vite embaumer tes chieries. Que rien ne se perde [ ]. Saïd, Saïd! [ ] plus grand que nature! Ton front dans les nébuleuses et tes pieds sur l océan [ ] tu vas dépasser ta propre taille [ ]. Ne t inquiète de rien. On va tout faire nous- mêmes [ ]. On connaît la technique [ ] tout va se passer en douceur [ ] c est mort qu on te veut mais c est vivant pas mort [ ] c est ni mort ni vivant.» Bref Ommou veut faire de Saïd un mort imaginaire. Saïd connaîtra-t-il le destin du chef de la police dans Le Balcon : emmu ré éternellement dans un Mausolée à la gloire du Héros? Said sera-t-il le Héros de la cause arabe? Ommou hurle : «[ ] vous n allez pas démolir notre trésor [ ]. C est par lui qu on respire [ ] autant crever tout de suite.» Mais un combattant tire : Saïd est touché - il est mort. Et les morts l attendent, il va changer de côté, franchir la paroi de ce miroir invisible. Peine perdue : «La mère: Said! il n y a plus qu à l attendre [ ]. Kadidja, riant : Pas la peine. Pas plus que Leïla, il ne re viendra. La mère : Alors, où il est? Dans une chanson?» C est l ultime réplique de la pièce. Voilà ce que Leïla et Saïd ne sont pas devenus : des morts vivants, des reflets éternisés, des Héros statufiés pour une cause ou une autre. Leïla, elle, est partie dans les bois du côté des orties auxquelles elle parle Leïla nous a enseigné, dit Ommou, «comment on doit se perdre». Chez les morts imaginaires, pour elle pas de place. Saïd, non plus, n a pas sa place de cet autre côté symétrique du monde de la vie. Désormais seulement une voix le portera comme cette cause sans non et sans son qui fait chanter un peuple. Dans Le Balcon. Genet faisait passer les figures de l idéal du moi au feu du comique : c était une farce grotesque, une arlequinade enjouée qui, en peinturlurant l emblème phallique, rendait d autant plus visible sa fonction symbolique : «marque où la part du logos se conjoint à l avènement du désir» (J. Lacan) castration. Dans Les Paravents, c est au feu de l objet a que les images de l idéal du moi sont passées. Rien n y résiste et c est bien sur un trou, un impossible de toute figuration, un impossible de tout dire, que butera tout lecteur ou spectateur : son propre petit tas d ordure sans nom ni image 5. Telle est donc l une des leçons du théâtre de Genet : «[ ] que le mal sur la scène, écrit-il, explose, nous montre nus nous laisse hagards [ ] n ayant de recours qu en nous [ ] l œuvre sera une explosion active.» Pour l obtenir, fallait-il encore ce franchissement subjectif dont Genet sut exceptionnellement se faire le témoin et le scribe. À ce titre, son écriture qui tisse son œuvre a pour nous une valence éthique. Éthique de l écriture de Genet. Notes 1 «... tu ne viens pas divertir le public mais le fasciner.» Cette phrase adressée par Genet au funambule Abdallah (son amant) s applique parfaitement à sa propre œuvre offerte au regard du spectateur/ lecteur. Le Funambule. 2 Dans L Enfant criminel. Genet écrit : «Que l on veuille bien comprendre, et l excuser, mon émotion, quand je dois exposer une aventure qui fut aussi la mienne. Au mystère que vous êtes i! me faut opposer, et le dévoiler, le mystère des bagnes d enfants», «Quant aux pénitenciers, ils sont bel et bien la projection sur le plan physique du désir de sévérité enfoui dans le azur des jeunes criminels...ces cruautés devaient naître et se développer nécessairement de l ardeur des enfants pour le mal», «Quand c est le Mal, on ne sait pas Encore de quoi l on parle. Mais je sais qu il est le seul à pouvoir susciter sous ma plume t enthousiasme verbal, si gne ici, de l adhésion de mon cœur», «(aux coupables) : je leur demande de ne rougir jamais de ce qu ils firent, de conserver en eux intacte la révolte oui les a fait si beaux. Il n y a pas de remèdes, je l espère, contre l héroïsme», «Quant à moi, j ai choisi : je serai du côté du crime. Et j aiderai les enfants non à regagner vos maisons, vos usines, vos écoles, vos lois et vos sacrements, mais à les violer», «... nous voulons être cette force du mal. Nous serons la matière qui résiste et sans quoi il n y aurait pas d artistes». Ce texte date de Nous citons la pièce dans la version parue dans la collection Folio. 4 Nous citons la pièce dans la version parue dans la collection Folio. 5 Dans Le Funambule. Genet distingue la Mort et la mort (physique). La mort physique est celle que risque le funambule dansant sur son fil tendu à quelques mètres du sol devant son public. Elle suit la chute. Quant à la Mort, elle précède l apparition sur le fil. Elle actualise une «solitude mortelle et blanche». «C est avant de l escalader (le fil tendu) que tu meurs. Celui qui dansera sera mort décidé à toutes les beautés, capables de toutes plus rien, ne te rattachant au sol tu pourras danser sans tomber. Mais veille de mourir avant que d apparaître, et qu un mort danse sur le fil.» C est cette distinction entre Mort et mort que Genet reprend dans Les Paravents : la blessure de la solitude mortelle incarnée par Leila et Said n est pas la mort imaginaire où priment l image et sa gloire.

17 L ACF AU TRAVAIL MARNE ESSONNE L ACF AU TRAVAIL Morsang-sur-Orge Groupe de travail : «La jouissance, les jouissances» St Michel sur Orge Clinique de l Autisme VENDREDI 14 DECEMBRE de 18 H à 20H A la suite de la présentation par Stéphane Homeyer du cas de F., jeune femme autiste aveugle de naissance et aux nombreux questionnements que ce cas a soulevé quant à la possibilité de se construire un corps sans l appui du regard de l autre, nous lirons le chapitre VII du Séminaire de Lacan Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, consacré au regard. Vous trouverez ci-joint la leçon VII du Séminaire XI, signalée par Philippe Lucas, les leçons suivantes pourraient aussi être intéressantes. Nous essayons toujours de proposer différents textes permettant de nous repérer dans l abord des concepts fondamentaux, sans cesse à remettre sur le métier de la clinique. D autres lectures suivront, en fonction des propositions de chacun. Le calendrier prévisionnel s établit ainsi : Vendredi 18 Janvier 2013 Vendredi 15 Février Vendredi 22 Mars Vendredi 19 Avril Vendredi 17 Mai Vendredi 14 Juin Ste Geneviève des Bois Lecture du Séminaire Ou pire... CMP de St Michel s/orge à 18h 15 allée de la Butte Saint-Michel Sur Orge MARDI 11 DECEMBRE de 21 H à 22H30 Nous nous retrouverons le mardi 16 Octobre 2012 à partir de 21 h pour continuer la lecture du séminaire... ou Pire. Comme convenu lors de notre dernière séance, nous reprendrons, avec Corinne Maes, les trois premiers chapitres du séminaire. Puis, nous continuerons, selon nos disponibilités, la lecture en suivant les avancées de chacun. Le planning prévisionnel s établit comme suit : mardi 11 décembre Renseignements : Jean-Jacques Carron Christine Gaucher Liliane Mayault U A F T LA TERRASSE - 11 allée Terrasse Sainte-Geneviève-des Bois Renseignements : Jean-Jacques Carron MARDI 15 JANVIER à 21 H Le 15 décembre, une conversation a occupé la soirée autour des propositions avancées par Yvonne Lachaize-Œhmichen sur la question de l autiste et de son objet. Lors de notre prochaine rencontre du 15 janvier 2013, nous poursuivrons la lecture du texte de J. Lacan : «La conférence de Genève sur le symptôme» (04/10/1975), dans le Bloc-notes de la psychanalyse, n 5, Ce texte est disponible sur internet (École Lacanienne de psychanalyse, à la rubrique «pas-tout Lacan», en date de 1975). Le groupe se réunit mensuellement, le troisième mardi de chaque mois : au centre de soins Séraphine de Senlis, 9, rue Paillard Morsang-sur-Orge, à 21 heures, dans le local du jardin, derrière le CMP. (emprunter le petit chemin qui le longe, à sa droite, quand on le regarde). Atelier Melun - Torcy Renseignements : Les Ateliers ont lieu à la Ferme du Couvent, 22 rue de la Ferme, Torcy. Huguette Béchade, 52, av. Émile Fruchart, Draveil Yvonne Lachaize-Oehmichen, 22, av. Henri Barbusse, 91600, Savigny-sur-Orge Ces deux responsables peuvent être contactées pour tous renseignements complémentaires. Le thème choisi pour la poursuite de notre travail est celui du trauma. La dernière fois a été discuté le texte de Jacques Borie : Le trauma Freud. Lors de notre prochain Atelier nous travaillerons le texte de Bénédicte Jullien : Traumatisme et passage à l acte. Renseignements :

18 L ACF AU TRAVAIL OISE MARNE L ACF AU TRAVAIL ESCAPADES Atelier de Compiègne Lecture du Séminaire VII «L éthique de la psychanalyse» Renseignements et inscription : - Vanessa Leroy : - Géraldine Caudron-Lanter : Depuis la rentrée, l activité du groupe s est recentrée sur une étude attentive de textes choisis, rompant ainsi avec le travail mené depuis quelques annèes autour du Séminaire. Outre une lecture commune, cette nouvelle approche permet à chacun d inscrire un objet de réflexion ou de recherche à même de nourrir le travail du goupe. Ainsi et depuis le mois de septembre, l Atelier de Compiègne étudie le texte «La Troisième» de Jacques Lacan. Celui ci s attachera plus particulièrement à ce qui concerne «l être du semblant» dans le texte de Lacan avec comme fil conducteur la contribution de Jacques- Alain Miller intitulée «quand les semblants vacillent, la formation du psychanalyste». Atelier de lecture A qui se sent concerné par des questions qui touchent les jeunes enfants, leurs parents et les professionnel(les) qui les accueillent au quotidien, un groupe de lecture mensuel est ouvert. Renseignements : Fabrice Guedras : Des textes de S. Freud et de J. Lacan, mais aussi de P. Lacadée, F. Ansermet et J.-C. Maleval y seront lus, ou relus, pour les étudier et éclairer la clinique actuelle apportée par les participant(tes). Clinique du XXI ème siècle qui nous enseigne, au cas par cas, sur les formes évolutives de la famille contemporaine, sur l évolution des places et statuts des jeunes enfants tant dans leur famille que dans la société et sur les conditions d accueil actuelles dans les établissements des jeunes enfants. Les réunions se déroulent M. Bottin-Daneluzzi (Paris 17) Renseignements : Martine Bottin-Daneluzzi :

19 L ACF AU TRAVAIL SEINE OISE L ACF AU TRAVAIL Boulogne Groupe de lecture de Boulogne Le groupe de lecture se réunit chaque dernier mercredi du mois à Boulogne Billancourt. Nous avançons sur le thème de l écriture et du réel. Avec cette référence de J Lacan dans le séminaire «Le sinthome», p 68 : «L écriture, ça m intéresse, puisque je pense que c est par des petits bouts d écriture que, historiquement, on est rentré dans le réel, à savoir qu on a cessé d imaginer.» Nous avons fait, en octobre, une lecture et quelques commentaires sur les trois premiers cours de 2011 de J A Miller. Lors de notre prochaine soirée, Yves Arnoux souhaite reprendre des extraits du livre de Philippe Lacadée sur «Walser». Patrick Paquier présentera un point de son travail sur «le fantasme et la question du réel». Helene Skavinski nous fera part de ses avancées à propos de Camille Claudel et des points qui l intéressent sur l écriture et la création littéraire. Atelier «Histoire des concepts en clinique» Le travail de la psychose La thérapeutique à l entrée de la psychose Renseignements : Dario Morales : Le mercredi à 21h, Foyer d hébergement, n 10 rue Grifhuelle, Boulogne Billancourt, métro 9 Marcel Sembat. Renseignements : Eric Dubuc

20 LES LIENS LES LIENS Coordination Régionale Retrouvez y la page de l ACF IdF : Site Twitter ACF IDF ACF-ÎDF Délégué régional : Charles-Henri Crochet : Secrétaire : Bertrand Lahutte : Trésorier : Michèle Simon : Déléguée aux cartels : Mariana Alba de Luna : Pensez-à vous inscrire à ECF Messager en envoyant un mail vierge à : Le Courrier ACF-IdF : Pour envoyer un message : Pour s inscrire : Pour se désinscrire : Responsables des Bureaux de ville : Marne-Essonne : Catherine Kempf : Oise-Marne : Géraldine Caudron-Lanter : Seine-Oise : Éric Dubuc : Ateliers ACF-Envers (lien avec la Coordination Régionale) Ateliers criminologie lacanienne et passage à l acte [trois ateliers] : Liliana Salazar-Redon : Cartel-séminaire «Les noms et la nomination» : Vassiliki Gregoropoulou : Publications : Confluents & Bibliothèque-Confluents Anne-Marie Landivaux : - Archives : Marie-Madeleine Farmouza :

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