Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "http://www.casden.fr"

Transcription

1

2

3

4

5 PREMIÈRE PARTIE En mer 1

6 LIVRE PREMIER Le bois de la Saudraie Dans les derniers jours de mai 1793, un des bataillons parisiens amenés en Bretagne par Santerre fouillait le redoutable bois de la Saudraie en Astillé. On n était pas plus de trois cents, car le bataillon était décimé par cette rude guerre. C était l époque où, après l Argonne, Jemmapes et Valmy, du premier bataillon de Paris, qui était de six cents volontaires, il restait vingt-sept hommes, du deuxième trente-trois, et du troisième cinquante-sept. Temps des luttes épiques. Les bataillons envoyés de Paris en Vendée comptaient neuf cent douze hommes. Chaque bataillon avait trois pièces de canon. Ils avaient été rapidement mis sur pied. Le 25 avril, Gohier étant ministre de la justice et Bouchotte étant ministre de la guerre, la section du Bon-Conseil avait proposé d envoyer des bataillons de volontaires en Vendée ; le membre de la commune Lubin avait fait le rapport ; le 1er mai, Santerre était prêt à faire partir douze mille soldats, trente pièces de campagne et un bataillon de canonniers. Ces bataillons, faits si vite, furent si bien faits, qu ils servent aujourd hui de modèles ; c est d après leur mode de composition qu on forme les compagnies de ligne ; ils ont changé l ancienne proportion entre le nombre des soldats et le nombre des sous-officiers. Le 28 avril, la commune de Paris avait donné aux volontaires de Santerre cette consigne : Point de grâce. Point de quartier. À la fin de mai, sur les douze mille partis de Paris, huit mille étaient morts. Le bataillon engagé dans le bois de la Saudraie se tenait sur ses gardes. On ne se hâtait point. On regardait à la fois à droite et à gauche, devant soi et derrière soi ; Kléber a dit : Le soldat a un œil dans le dos. Il y avait longtemps qu on marchait. Quelle heure pouvait-il être? à quel moment du jour en était-on? Il eût été difficile de le dire, car il y a toujours une sorte de soir dans de si sauvages halliers, et il ne fait jamais clair dans ce bois-là. Le bois de la Saudraie était tragique. C était dans ce taillis que, dès le mois de novembre 1792, la guerre civile avait commencé ses crimes ; Mousqueton, le boiteux féroce, était sorti de ces épaisseurs funestes ; la quantité de meurtres qui s étaient commis là faisait dresser les cheveux. Pas de lieu plus épouvantable. Les soldats s y enfonçaient avec précaution. Tout était plein de fleurs ; on avait autour de soi une tremblante muraille de branches d où tombait la charmante fraîcheur des feuilles ; des rayons de 2

7 soleil trouaient çà et là ces ténèbres vertes ; à terre, le glaïeul, la flambe des marais, le narcisse des prés, la gênotte, cette petite fleur qui annonce le beau temps, le safran printanier, brodaient et passementaient un profond tapis de végétation où fourmillaient toutes les formes de la mousse, depuis celle qui ressemble à la chenille jusqu à celle qui ressemble à l étoile. Les soldats avançaient pas à pas, en silence, en écartant doucement les broussailles. Les oiseaux gazouillaient au-dessus des baïonnettes. La Saudraie était un de ces halliers où jadis, dans les temps paisibles, on avait fait la Houiche-ba, qui est la chasse aux oiseaux pendant la nuit ; maintenant on y faisait la chasse aux hommes. Le taillis était tout de bouleaux, de hêtres et de chênes ; le sol plat ; la mousse et l herbe épaisse amortissaient le bruit des hommes en marche ; aucun sentier, ou des sentiers tout de suite perdus ; des houx, des prunelliers sauvages, des fougères, des haies d arrête-bœuf, de hautes ronces ; impossibilité de voir un homme à dix pas. Par instants passait dans le branchage un héron ou une poule d eau indiquant le voisinage des marais. On marchait. On allait à l aventure, avec inquiétude, et en craignant de trouver ce qu on cherchait. De temps en temps on rencontrait des traces de campements, des places brûlées, des herbes foulées, des bâtons en croix, des branches sanglantes. Là on avait fait la soupe, là on avait dit la messe, là on avait pansé des blessés. Mais ceux qui avaient passé avaient disparu. Où étaient-ils? Bien loin peutêtre? peut-être là tout près, cachés, l espingole au poing? Le bois semblait désert. Le bataillon redoublait de prudence. Solitude, donc défiance. On ne voyait personne ; raison de plus pour redouter quelqu un. On avait affaire à une forêt mal famée. Une embuscade était probable. Trente grenadiers, détachés en éclaireurs, et commandés par un sergent, marchaient en avant à une assez grande distance du gros de la troupe. La vivandière du bataillon les accompagnait. Les vivandières se joignent volontiers aux avant-gardes. On court des dangers, mais on va voir quelque chose. La curiosité est une des formes de la bravoure féminine. Tout à coup les soldats de cette petite troupe d avant-garde eurent ce tressaillement connu des chasseurs qui indique qu on touche au gîte. On avait entendu comme un souffle au centre d un fourré, et il semblait qu on venait de voir un mouvement dans les feuilles. Les soldats se firent signe. Dans l espèce de guet et de quête confiée aux éclaireurs, les officiers n ont pas besoin de s en mêler ; ce qui doit être fait se fait de soi-même. En moins d une minute le point où l on avait remué fut cerné ; un cercle de fusils braqués l entoura ; le centre obscur du hallier fut couché en joue de tous les côtés à la fois, et les soldats, le doigt sur la détente, l œil sur le 3

8 lieu suspect, n attendirent plus pour le mitrailler que le commandement du sergent. Cependant la vivandière s était hasardée à regarder à travers les broussailles, et, au moment où le sergent allait crier : Feu! cette femme cria : Halte! Et se tournant vers les soldats : Ne tirez pas, camarades! Et elle se précipita dans le taillis. On l y suivit. Il y avait quelqu un là en effet. Au plus épais du fourré, au bord d une de ces petites clairières rondes que font dans les bois les fourneaux à charbon en brûlant les racines des arbres, dans une sorte de trou de branches, espèce de chambre de feuillage, entrouverte comme une alcôve, une femme était assise sur la mousse, ayant au sein un enfant qui tétait et sur ses genoux les deux têtes blondes de deux enfants endormis. C était là l embuscade. Qu est-ce que vous faites ici, vous? cria la vivandière. La femme leva la tête. La vivandière ajouta, furieuse : Êtes-vous folle d être là! Et elle reprit : Un peu plus, vous étiez exterminée! Et, s adressant aux soldats, la vivandière ajouta : C est une femme. Pardine, nous le voyons bien! dit un grenadier. La vivandière poursuivit : Venir dans les bois se faire massacrer! a-t-on idée de faire des bêtises comme ça! La femme stupéfaite, effarée, pétrifiée, regardait autour d elle, comme à travers un rêve, ces fusils, ces sabres, ces baïonnettes, ces faces farouches. Les deux enfants se réveillèrent et crièrent. J ai faim, dit l un. J ai peur, dit l autre. Le petit continuait de téter. La vivandière lui adressa la parole. C est toi qui as raison, lui dit-elle. La mère était muette d effroi. Le sergent lui cria : N ayez pas peur, nous sommes le bataillon du Bonnet-Rouge. La femme trembla de la tête aux pieds. Elle regarda le sergent, rude visage dont on ne voyait que les sourcils, les moustaches, et deux braises qui étaient les deux yeux. Le bataillon de la ci-devant Croix-Rouge, ajouta la vivandière. 4

9 Et le sergent continua : Qui es-tu, madame? La femme le considérait, terrifiée. Elle était maigre, jeune, pâle, en haillons ; elle avait le gros capuchon des paysannes bretonnes et la couverture de laine rattachée au cou avec une ficelle. Elle laissait voir son sein nu avec une indifférence de femelle. Ses pieds, sans bas ni souliers, saignaient. C est une pauvre, dit le sergent. Et la vivandière reprit de sa voix soldatesque et féminine, douce en dessous : Comment vous appelez-vous? La femme murmura dans un bégaiement presque indistinct : Michelle Fléchard. Cependant la vivandière caressait avec sa grosse main la petite tête du nourrisson. Quel âge a ce môme? demanda-t-elle. La mère ne comprit pas. La vivandière insista. Je vous demande l âge de ça. Ah! dit la mère. Dix-huit mois. C est vieux, dit la vivandière. Ça ne doit plus téter. Il faudra me sevrer ça. Nous lui donnerons de la soupe. La mère commençait à se rassurer. Les deux petits qui s étaient réveillés étaient plus curieux qu effrayés. Ils admiraient les plumets. Ah! dit la mère, ils ont bien faim. Et elle ajouta : Je n ai plus de lait. On leur donnera à manger, cria le sergent, et à toi aussi. Mais ce n est pas tout ça. Quelles sont tes opinions politiques? La femme regarda le sergent, et ne répondit pas. Entends-tu ma question? Elle balbutia : J ai été mise au couvent toute jeune, mais je me suis mariée, je ne suis pas religieuse. Les sœurs m ont appris à parler français. On a mis le feu au village. Nous nous sommes sauvés si vite que je n ai pas eu le temps de mettre des souliers. Je te demande quelles sont tes opinions politiques? Je ne sais pas ça. Le sergent poursuivit : C est qu il y a des espionnes. Ça se fusille, les espionnes. Voyons. Parle. Tu n es pas bohémienne? Quelle est ta patrie? Elle continua de le regarder comme ne comprenant pas. Le sergent répéta : 5

10 Quelle est ta patrie? Je ne sais pas, dit-elle. Comment! tu ne sais pas quel est ton pays? Ah! mon pays. Si fait. Eh bien, quel est ton pays? La femme répondit : C est la métairie de Siscoignard, dans la paroisse d Azé. Ce fut le tour du sergent d être stupéfait. Il demeura un moment pensif. Puis il reprit : Tu dis? Siscoignard. Ce n est pas une patrie, ça. C est mon pays. Et la femme, après un instant de réflexion, ajouta : Je comprends, monsieur. Vous êtes de France, moi je suis de Bretagne. Eh bien? Ce n est pas le même pays. Mais c est la même patrie! cria le sergent. La femme se borna à répondre : Je suis de Siscoignard. Va pour Siscoignard! reprit le sergent. C est de là qu est ta famille? Oui. Que fait-elle? Elle est toute morte. Je n ai plus personne. Le sergent, qui était un peu beau parleur, continua l interrogatoire. On a des parents, que diable! ou on en a eu. Qui es-tu? Parle. La femme écouta, ahurie, cet ou on en a eu qui ressemblait plus à un cri de bête fauve qu à une parole humaine. La vivandière sentit le besoin d intervenir. Elle se remit à caresser l enfant qui tétait, et donna une tape sur la joue aux deux autres. Comment s appelle la téteuse? demanda-t-elle ; car c est une fille, ça. La mère répondit : Georgette. Et l aîné? car c est un homme, ce polisson-là. René-Jean. Et le cadet? car lui aussi, il est un homme, et joufflu encore! Gros-Alain, dit la mère. Ils sont gentils, ces petits, dit la vivandière ; ça vous a déjà des airs d être des personnes. Cependant le sergent insistait. Parle donc, madame. As-tu une maison? J en avais une. 6

11 Où ça? À Azé. Pourquoi n es-tu pas dans ta maison? Parce qu on l a brûlée. Qui ça? Je ne sais pas. Une bataille. D où viens-tu? De là. Où vas-tu? Je ne sais pas. Arrive au fait. Qui es-tu? Je ne sais pas. Tu ne sais pas qui tu es? Nous sommes des gens qui nous sauvons. De quel parti es-tu? Je ne sais pas. Es-tu des bleus? Es-tu des blancs? Avec qui es-tu? Je suis avec mes enfants. Il y eut une pause. La vivandière dit : Moi, je n ai pas eu d enfants. Je n ai pas eu le temps. Le sergent recommença. Mais tes parents! Voyons, madame, mets-nous au fait de tes parents. Moi, je m appelle Radoub, je suis sergent, je suis de la rue du Cherche-Midi, mon père et ma mère en étaient, je peux parler de mes parents. Parle-nous des tiens. Dis-nous ce que c était que tes parents. C étaient les Fléchard. Voilà tout. Oui, les Fléchard sont les Fléchard, comme les Radoub sont les Radoub. Mais on a un état. Quel était l état de tes parents? Qu est-ce qu ils faisaient? Qu est-ce qu ils font? Qu est-ce qu ils fléchardaient tes Fléchard? C étaient des laboureurs. Mon père était infirme et ne pouvait travailler à cause qu il avait reçu des coups de bâton que le seigneur, son seigneur, notre seigneur, lui avait fait donner, ce qui était une bonté, parce que mon père avait pris un lapin, pour le fait de quoi on était jugé à mort ; mais le seigneur avait fait grâce, et avait dit : Donnez-lui seulement cent coups de bâton ; et mon père était demeuré estropié. Et puis? Mon grand-père était huguenot. Monsieur le curé l a fait envoyer aux galères. J étais toute petite. Et puis? Le père de mon mari était un faux-saulnier. Le roi l a fait pendre. Et ton mari, qu est-ce qu il fait? 7

12 Ces jours-ci il se battait. Pour qui? Pour le roi. Et puis? Dame, pour son seigneur. Et puis? Dame, pour monsieur le curé. Sacré mille noms de noms de brutes! cria un grenadier. La femme eut un soubresaut d épouvante. Vous voyez, madame, nous sommes des Parisiens, dit gracieusement la vivandière. La femme joignit les mains et cria : Ô mon Dieu seigneur Jésus! Pas de superstitions! reprit le sergent. La vivandière s assit à côté de la femme, et attira entre ses genoux l aîné des enfants, qui se laissa faire. Les enfants sont rassurés comme ils sont effarouchés, sans qu on sache pourquoi. Ils ont on ne sait quels avertissements intérieurs. Ma pauvre bonne femme de ce pays-ci, vous avez de jolis mioches, c est toujours ça. On devine leur âge. Le grand a quatre ans, son frère a trois ans. Par exemple, la momignarde qui tette est fameusement gouliafre. Ah! la monstre! Veux-tu bien ne pas manger ta mère comme ça! Voyez-vous, madame, ne craignez rien. Vous devriez entrer dans le bataillon. Vous feriez comme moi. Je m appelle Houzarde. C est un sobriquet. Mais j aime mieux m appeler Houzarde que mamzelle Bicorneau, comme ma mère. Je suis la cantinière, comme qui dirait celle qui donne à boire quand on se mitraille et qu on s assassine. Le diable et son train. Nous avons à peu près le même pied, je vous donnerai des souliers à moi. J étais à Paris le 10 août. J ai donné à boire à Westermann. Ça a marché. J ai vu guillotiner Louis XVI. Louis Capet, qu on appelle. Il ne voulait pas. Dame, écoutez donc. Dire que le 13 janvier il faisait cuire des marrons et qu il riait avec sa famille! Quand on l a couché de force sur la bascule, qu on appelle, il n avait plus ni habit ni souliers ; il n avait que sa chemise, une veste piquée, une culotte de drap gris et des bas de soie gris. J ai vu ça, moi. Le fiacre où on l a amené était peint en vert. Voyez-vous, venez avec nous. On est des bons garçons dans le bataillon, vous serez la cantinière numéro deux, je vous montrerai l état. Oh! c est bien simple! on a son bidon et sa clochette, on s en va dans le vacarme, dans les feux de peloton, dans les coups de canon, dans le hourvari, en criant : Qui est-ce qui veut boire un coup, les enfants? Ce n est pas plus malaisé que ça. Moi, je verse à boire à tout le monde. Ma foi oui. Aux blancs comme aux bleus, quoique je sois une bleue. Et même 8

13 une bonne bleue. Mais je donne à boire à tous. Les blessés, ça a soif. On meurt sans distinction d opinion. Les gens qui meurent, ça devrait se serrer la main. Comme c est godiche de se battre! Venez avec nous. Si je suis tuée, vous aurez ma survivance. Voyez-vous, j ai l air comme ça, mais je suis une bonne femme et un brave homme. Ne craignez rien. Quand la vivandière eut cessé de parler, la femme murmura : Notre voisine s appelait Marie-Jeanne et notre servante s appelait Marie-Claude. Cependant le sergent Radoub admonestait le grenadier. Tais-toi. Tu as fait peur à madame. On ne jure pas devant les dames. C est que c est tout de même un véritable massacrement pour l entendement d un honnête homme, répliqua le grenadier, que de voir des iroquois de la Chine qui ont eu leur beau-père estropié par le seigneur, leur grand-père galérien par le curé, et leur père pendu par le roi, et qui se battent, nom d un petit bonhomme! et qui se fichent en révolte, et qui se font écrabouiller pour le seigneur, le curé et le roi! Le sergent cria : Silence dans les rangs! On se tait, sergent, reprit le grenadier ; mais ça n empêche pas que c est ennuyeux qu une jolie femme comme ça s expose à se faire casser la gueule pour les beaux yeux d un calotin. Grenadier, dit le sergent, nous ne sommes pas ici au club de la section des Piques. Pas d éloquence. Et il se tourna vers la femme. Et ton mari, madame? que fait-il? Qu est-ce qu il est devenu? Il est devenu rien, puisqu on l a tué. Où ça? Dans la haie. Quand ça? Il y a trois jours. Qui ça? Je ne sais pas. Comment! tu ne sais pas qui a tué ton mari? Non. Est-ce un bleu? Est-ce un blanc? C est un coup de fusil. Et il y a trois jours? Oui. De quel côté? Du côté d Ernée. Mon mari est tombé. Voilà. Et depuis que ton mari est mort, qu est-ce que tu fais? 9

14 J emporte mes petits. Où les emportes-tu? Devant moi. Où couches-tu? Par terre. Qu est-ce que tu manges? Rien. Le sergent eut cette moue militaire qui fait toucher le nez par les moustaches. Rien? C est-à-dire des prunelles, des mûres dans les ronces, quand il y en a de reste de l an passé, des graines de myrtille, des pousses de fougère. Oui. Autant dire rien. L aîné des enfants, qui semblait comprendre, dit : J ai faim. Le sergent tira de sa poche un morceau de pain de munition et le tendit à la mère. La mère rompit le pain en deux morceaux et les donna aux enfants. Les petits mordirent avidement. Elle n en a pas gardé pour elle, grommela le sergent. C est qu elle n a pas faim, dit un soldat. C est qu elle est la mère, dit le sergent. Les enfants s interrompirent. À boire, dit l un. À boire, répéta l autre. Il n y a pas de ruisseau dans ce bois du diable, dit le sergent. La vivandière prit le gobelet de cuivre qui pendait à sa ceinture à côté de sa clochette, tourna le robinet du bidon qu elle avait en bandoulière, versa quelques gouttes dans le gobelet et approcha le gobelet des lèvres des enfants. Le premier but et fit la grimace. Le second but et cracha. C est pourtant bon, dit la vivandière. C est du coupe-figure? demanda le sergent. Oui, et du meilleur. Mais ce sont des paysans. Et elle essuya son gobelet. Le sergent reprit : Et comme ça, madame, tu te sauves? Il faut bien. À travers champs, va comme je te pousse! Je cours de toutes mes forces, et puis je marche, et puis je tombe. Pauvre paroissienne! dit la vivandière. 10

15 Les gens se battent, balbutia la femme. Je suis tout entourée de coups de fusil. Je ne sais pas ce qu on se veut. On m a tué mon mari. Je n ai compris que ça. Le sergent fit sonner à terre la crosse de son fusil, et cria : Quelle bête de guerre! nom d une bourrique! La femme continua : La nuit passée, nous avons couché dans une émousse. Tous les quatre? Tous les quatre. Couché? Couché. Alors, dit le sergent, couché debout. Et il se tourna vers les soldats. Camarades, un gros vieux arbre creux et mort où un homme peut se fourrer comme dans une gaine, ces sauvages appellent ça une émousse. Qu est-ce que vous voulez? Ils ne sont pas forcés d être de Paris. Coucher dans le creux d un arbre! dit la vivandière, et avec trois enfants! Et, reprit le sergent, quand les petits gueulaient, pour les gens qui passaient et qui ne voyaient rien du tout, ça devait être drôle d entendre un arbre crier papa, maman! Heureusement, c est l été, soupira la femme. Elle regardait la terre, résignée, ayant dans les yeux l étonnement des catastrophes. Les soldats silencieux faisaient cercle autour de cette misère. Une veuve, trois orphelins, la fuite, l abandon, la solitude, la guerre grondant tout autour de l horizon, la faim, la soif, pas d autre nourriture que l herbe, pas d autre toit que le ciel. Le sergent s approcha de la femme et fixa ses yeux sur l enfant qui tétait. La petite quitta le sein, tourna doucement la tête, regarda avec ses belles prunelles bleues l effrayante face velue, hérissée et fauve qui se penchait sur elle, et se mit à sourire. Le sergent se redressa, et l on vit une grosse larme rouler sur sa joue et s arrêter au bout de sa moustache comme une perle. Il éleva la voix. Camarades, de tout ça je conclus que le bataillon va devenir père. Estce convenu? Nous adoptons ces trois enfants-là. Vive la République! crièrent les grenadiers. C est dit, fit le sergent. Et il étendit les deux mains au-dessus de la mère et des enfants. Voilà, dit-il, les enfants du bataillon du Bonnet-Rouge. La vivandière sauta de joie. 11

16 Trois têtes dans un bonnet! cria-t-elle. Puis elle éclata en sanglots, embrassa éperdument la pauvre veuve, et lui dit : Comme la petite a déjà l air gamine! Vive la République! répétèrent les soldats. Et le sergent dit à la mère : Venez, citoyenne. 12

17 LIVRE DEUXIÈME La corvette Claymore I Angleterre et France mêlées Au printemps de 1793, au moment où la France, attaquée à la fois à toutes ses frontières, avait la pathétique distraction de la chute des Girondins, voici ce qui se passait dans l archipel de la Manche. Un soir, le 1er juin, à Jersey, dans la petite baie déserte de Bonnenuit, une heure environ avant le coucher du soleil, par un de ces temps brumeux qui sont commodes pour s enfuir parce qu ils sont dangereux pour naviguer, une corvette mettait à la voile. Ce bâtiment était monté par un équipage français, mais faisait partie de la flottille anglaise placée en station et comme en sentinelle à la pointe orientale de l île. Le prince de La Tour-d Auvergne, qui était de la maison de Bouillon, commandait la flottille anglaise, et c était par ses ordres, et pour un service urgent et spécial, que la corvette en avait été détachée. Cette corvette, immatriculée à la Trinity-House sous le nom de the Claymore, était en apparence une corvette de charge, mais en réalité une corvette de guerre. Elle avait la lourde et pacifique allure marchande ; il ne fallait pas s y fier pourtant. Elle avait été construite à deux fins, ruse et force ; tromper, s il est possible, combattre, s il est nécessaire. Pour le service qu elle avait à faire cette nuit-là, le chargement avait été remplacé dans l entrepont par trente caronades de fort calibre. Ces trente caronades, soit qu on prévit une tempête, soit plutôt qu on voulût donner une figure débonnaire au navire, étaient à la serre, c est-à-dire fortement amarrées en dedans par de triples chaînes et la volée appuyée aux écoutilles tamponnées ; rien ne se voyait au-dehors ; les sabords étaient aveuglés ; les panneaux étaient fermés ; c était comme un masque mis à la corvette. Ces caronades étaient à roue de bronze à rayons, ancien modèle, dit «modèle radié». Les corvettes d ordonnance n ont de canons que sur le pont ; celleci, faite pour la surprise et l embûche, était à pont désarmé, et avait été construite de façon à pouvoir porter, comme on vient de le voir, une batterie d entrepont. La Claymore était d un gabarit massif et trapu, et pourtant bonne marcheuse ; c était la coque la plus solide de toute la marine anglaise, et au combat elle valait presque une frégate, quoiqu elle n eût pour mât 13

18 d artimon qu un mâtereau avec une simple brigantine. Son gouvernail, de forme rare et savante, avait une membrure courbe presque unique qui avait coûté cinquante livres sterling dans les chantiers de Southampton. L équipage, tout français, était composé d officiers émigrés et de matelots déserteurs. Ces hommes étaient triés ; pas un qui ne fût bon marin, bon soldat et bon royaliste. Ils avaient le triple fanatisme du navire, de l épée et du roi. Un demi-bataillon d infanterie de marine, pouvant au besoin être débarqué, était amalgamé à l équipage. La corvette Claymore avait pour capitaine un chevalier de Saint-Louis, le comte du Boisberthelot, un des meilleurs officiers de l ancienne marine royale, pour second le chevalier de La Vieuville qui avait commandé aux gardes-françaises la compagnie où Hoche avait été sergent, et pour pilote le plus sagace patron de Jersey, Philip Gacquoil. On devinait que ce navire avait à faire quelque chose d extraordinaire. Un homme en effet venait de s y embarquer, qui avait tout l air d entrer dans une aventure. C était un haut vieillard, droit et robuste, à figure sévère, dont il eût été difficile de préciser l âge, parce qu il semblait à la fois vieux et jeune ; un de ces hommes qui sont pleins d années et pleins de force, qui ont des cheveux blancs sur le front et un éclair dans le regard ; quarante ans pour la vigueur et quatre-vingts ans pour l autorité. Au moment où il était monté sur la corvette, son manteau de mer s était entrouvert, et l on avait pu le voir vêtu, sous ce manteau, de larges braies dites bragoubras, de bottes-jambières, et d une veste en peau de chèvre montrant en dessus le cuir passementé de soie, et en dessous le poil hérissé et sauvage, costume complet de paysan breton. Ces anciennes vestes bretonnes étaient à deux fins, servaient aux jours de fête comme aux jours de travail, et se retournaient, offrant à volonté le côté velu et le côté brodé ; peaux de bête toute la semaine, habits de gala le dimanche. Le vêtement de paysan que portait ce vieillard était, comme pour ajouter à une vraisemblance cherchée et voulue, usé aux genoux et aux coudes, et paraissait avoir été longtemps porté, et le manteau de mer, de grosse étoffe, ressemblait à un haillon de pêcheur. Ce vieillard avait sur la tête le chapeau rond du temps, à haute forme et à large bord, qui, rabattu, a l aspect campagnard, et, relevé d un côté par une ganse à cocarde, a l aspect militaire. Il portait ce chapeau rabaissé à la paysanne, sans ganse ni cocarde. Lord Balcarras, gouverneur de l île, et le prince de La Tour-d Auvergne, l avaient en personne conduit et installé à bord. L agent secret des princes, Gélambre, ancien garde du corps de M. le comte d Artois, avait lui-même veillé à l aménagement de sa cabine, poussant le soin et le respect, quoique fort bon gentilhomme, jusqu à porter derrière ce vieillard sa valise. En le quittant pour retourner à terre, M. de Gélambre, avait fait à ce paysan un 14

19 profond salut ; lord Balcarras lui avait dit : Bonne chance, général, et le prince de la Tour-d Auvergne lui avait dit : Au revoir, mon cousin. «Le paysan», c était en effet le nom sous lequel les gens de l équipage s étaient mis tout de suite à désigner leur passager, dans les courts dialogues que les hommes de mer ont entre eux ; mais, sans en savoir plus long, ils comprenaient que ce paysan n était pas plus un paysan que la corvette de guerre n était une corvette de charge. Il y avait peu de vent. La Claymore quitta Bonne-nuit, passa devant Boulay-Bay, et fut quelque temps en vue, courant des bordées ; puis elle décrut dans la nuit croissante, et s effaça. Une heure après, Gélambre, rentré chez lui à Saint-Hélier, expédia, par l exprès de Southampton, à M. le comte d Artois, au quartier général du duc d York, les quatre lignes qui suivent : «Monseigneur, le départ vient d avoir lieu. Succès certain. Dans huit jours toute la côte sera en feu, de Granville à Saint-Malo.» Quatre jours auparavant, par émissaire secret, le représentant Prieur de la Marne, en mission près de l armée des côtes de Cherbourg, et momentanément en résidence à Granville, avait reçu, écrit de la même écriture que la dépêche précédente, le message qu on va lire : «Citoyen représentant, le 1er juin, à l heure de la marée, la corvette de guerre Claymore, à batterie masquée, appareillera pour déposer sur la côte de France un homme dont voici le signalement : haute taille, vieux, cheveux blancs, habits de paysan, mains d aristocrate. Je vous enverrai demain plus de détails. Il débarquera le 2 au matin. Avertissez la croisière, capturez la corvette, faites guillotiner l homme.» II Nuit sur le navire et sur le passager La corvette, au lieu de prendre par le sud et de se diriger vers Sainte- Catherine, avait mis le cap au nord, puis avait tourné à l ouest et s était résolument engagée entre Serk et Jersey dans le bras de mer qu on appelle le Passage de la Déroute. Il n y avait alors de phare sur aucun point de ces deux côtes. Le soleil s était bien couché ; la nuit était noire, plus que ne le sont d ordinaire les nuits d été ; c était une nuit de lune, mais de vastes nuages, plutôt de l équinoxe que du solstice, plafonnaient le ciel, et, selon toute apparence, la lune ne serait visible que lorsqu elle toucherait l horizon, au moment de son coucher. Quelques nuées pendaient jusque sur la mer et la couvraient de brume. Toute cette obscurité était favorable. 15

20 L intention du pilote Gacquoil était de laisser Jersey à gauche et Guernesey à droite, et de gagner, par une marche hardie entre les Hanois et les Douvres, une baie quelconque du littoral de Saint-Malo, route moins courte que par les Minquiers, mais plus sûre, la croisière française ayant pour consigne habituelle de faire surtout le guet entre Saint-Hélier et Granville. Si le vent s y prêtait, si rien ne survenait, et en couvrant la corvette de toile, Gacquoil espérait toucher la côte de France au point du jour. Tout allait bien, la corvette venait de dépasser Gros-Nez ; vers neuf heures, le temps fit mine de bouder, comme disent les marins, et il y eut du vent et de la mer ; mais ce vent était bon, et cette mer était forte sans être violente. Pourtant, à de certains coups de lame, l avant de la corvette embarquait. Le «paysan» que lord Balcarras avait appelé général, et auquel le prince de La Tour-d Auvergne avait dit : mon cousin, avait le pied marin et se promenait avec une gravité tranquille sur le pont de la corvette. Il n avait pas l air de s apercevoir qu elle était fort secouée. De temps en temps il tirait de la poche de sa veste une tablette de chocolat dont il cassait et mâchait un morceau, ses cheveux blancs n empêchant pas qu il eût toutes ses dents. Il ne parlait à personne, si ce n est, par instants, bas et brièvement, au capitaine, qui l écoutait avec déférence et semblait considérer ce passager comme plus commandant que lui-même. La Claymore, habilement pilotée, côtoya, inaperçue dans le brouillard, le long escarpement nord de Jersey, serrant de près la côte, à cause du redoutable écueil Pierres-de-Leeq qui est au milieu du bras de mer entre Jersey et Serk. Gacquoil, debout à la barre, signalant tour à tour la Grève de Leeq, Gros-Nez, Piémont, faisait glisser la corvette parmi ces chaînes de récifs, en quelque sorte à tâtons, mais avec certitude, comme un homme qui est de la maison et qui connaît les êtres de l océan. La corvette n avait pas de feu à l avant, de crainte de dénoncer son passage dans ces mers surveillées. On se félicitait du brouillard. On atteignit la Grande-Étape ; la brume était si épaisse qu à peine distinguait-on la haute silhouette du Pinacle. On entendit dix heures sonner au clocher de Saint-Ouen, signe que le vent se maintenait vent-arrière. Tout continuait d aller bien ; la mer devenait plus houleuse à cause du voisinage de la Corbière. Un peu après dix heures, le comte du Boisberthelot et le chevalier de La Vieuville reconduisirent l homme aux habits de paysan jusqu à sa cabine, qui était la propre chambre du capitaine. Au moment d y entrer, il leur dit en baissant la voix : Vous le savez, messieurs, le secret importe. Silence jusqu au moment de l explosion. Vous seuls connaissez ici mon nom. Nous l emporterons au tombeau, répondit Boisberthelot. 16

Quatrevingt-treize. Victor Hugo

Quatrevingt-treize. Victor Hugo Quatrevingt-treize de Victor Hugo Première partie En mer Livre I - Le bois de la saudraie Dans les derniers jours de mai 1793, un des bataillons parisiens amenés en Bretagne par Santerre fouillait le redoutable

Plus en détail

contes licencieux des provinces de france

contes licencieux des provinces de france Jean Quatorze-Coups Tout près d ici, vivait il y a déjà longtemps une veuve dont le fils était chasse-marée, autrement dit, domestique dans un moulin. Jean c était le nom du jeune homme avait vingt-quatre

Plus en détail

Le Cauchemar révélateur

Le Cauchemar révélateur Le Cauchemar révélateur Hier c était le départ de ma mère. On l emmena à l aéroport. Elle devait partir pour son travail. Quand l avion dans lequel elle était décolla, il passa au-dessus de nos têtes.

Plus en détail

Mademoiselle J affabule et les chasseurs de rêves Ou l aventure intergalactique d un train de banlieue à l heure de pointe

Mademoiselle J affabule et les chasseurs de rêves Ou l aventure intergalactique d un train de banlieue à l heure de pointe Mademoiselle J affabule et les chasseurs de rêves Ou l aventure intergalactique d un train de banlieue à l heure de pointe de Luc Tartar * extraits * Les sardines (on n est pas des bêtes) - Qu est-ce qu

Plus en détail

C ÉTAIT IL Y A TRÈS LONGTEMPS QUAND LE COCHON D INDE N AVAIT PAS ENCORE SES POILS.

C ÉTAIT IL Y A TRÈS LONGTEMPS QUAND LE COCHON D INDE N AVAIT PAS ENCORE SES POILS. C ÉTAIT IL Y A TRÈS LONGTEMPS QUAND LE COCHON D INDE N AVAIT PAS ENCORE SES POILS. MAIS UN JOUR IL PARTIT PLUS AU NORD POUR DÉCOUVRIR LE MONDE. IL MARCHAIT, MARCHAIT, MARCHAIT SANS S ARRÊTER.IL COMMENÇA

Plus en détail

Lire et comprendre 1

Lire et comprendre 1 Lire et comprendre 1 Faites place à Mini-Loup, indien des mers du Sud. Faites place à Mini-Loup, corsaire des mers du Sud. Faites place à Mini-Rat, corsaire des mers du Sud. L équipe tire et pousse la

Plus en détail

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare.

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je venais d arriver à Hanovre par le train de onze heures. À Düsseldorf j avais passé plus de trois semaines chez un homme de quarante

Plus en détail

Le loup et les 7 chevreaux

Le loup et les 7 chevreaux Episode 1 Il était une fois une chèvre qui avait sept jolis petits chevreaux. Un matin, elle voulut aller chercher de la nourriture pour elle et ses petits dans la pairie. Elle les rassembla tous les sept

Plus en détail

Sauvée De mon mari, ma chère, sauvée! Délivrée! libre! libre! libre! Comment libre? En quoi? En quoi! Le divorce! Oui, le divorce!

Sauvée De mon mari, ma chère, sauvée! Délivrée! libre! libre! libre! Comment libre? En quoi? En quoi! Le divorce! Oui, le divorce! SAUVÉE I Elle entra comme une balle qui crève une vitre, la petite marquise de Rennedon, et elle se mit à rire avant de parler, à rire aux larmes comme elle avait fait un mois plus tôt, en annonçant à

Plus en détail

Vers toi Tim Project 2007

Vers toi Tim Project 2007 Vers toi Tu me sondes et me connaît, Tu sais tout de moi, non rien ne t est caché Chaque jour tu éclaires ma vie Tu gardes mes pas, tu me conduis Je veux te louer C est vers toi que je me tourne, Tu m

Plus en détail

The Project Gutenberg EBook of Quatrevingt-Treize, by Victor Hugo

The Project Gutenberg EBook of Quatrevingt-Treize, by Victor Hugo The Project Gutenberg EBook of Quatrevingt-Treize, by Victor Hugo This ebook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use

Plus en détail

V3 - LE PASSE COMPOSE

V3 - LE PASSE COMPOSE CM1 V.3 LE PASSE COMPOSE DE L INDICATIF Il s agit de mettre en évidence la conjugaison des verbes en «er», en «ir-iss» des verbes être, avoir, faire, prendre, aller, pouvoir. On mettra en évidence le fait

Plus en détail

Le loup et les sept chevreaux. Il était une fois une chèvre qui avait sept chevreaux, qu'elle aimait très fort. Un jour,

Le loup et les sept chevreaux. Il était une fois une chèvre qui avait sept chevreaux, qu'elle aimait très fort. Un jour, Le loup et les sept chevreaux Il était une fois une chèvre qui avait sept chevreaux, qu'elle aimait très fort. Un jour, comme elle voulait aller chercher de quoi manger dans la forêt, elle les appela tous

Plus en détail

Ça me panique, pas question de le nier. Mais c est ma seule carence, le dernier point encore sensible entre elle et moi, ce fait que, dès qu elle

Ça me panique, pas question de le nier. Mais c est ma seule carence, le dernier point encore sensible entre elle et moi, ce fait que, dès qu elle Ça me panique, pas question de le nier. Mais c est ma seule carence, le dernier point encore sensible entre elle et moi, ce fait que, dès qu elle commence sa crise d éternuements, il faut que je m arrache.

Plus en détail

Les chaises. - Les enfants, elle nous a dit, dans la nuit, une canalisation d'eau a gele et a creve, ce qui

Les chaises. - Les enfants, elle nous a dit, dans la nuit, une canalisation d'eau a gele et a creve, ce qui Les chaises.' Ca a ete terrible, a l'ecole, aujourd'hui! Nous sommes arrives ce matin, comme d'habitude, et quand Ie Bouillon (c'est notre surveillant) a sonne la cloche, nous sommes alles nous mettre

Plus en détail

Lola. Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine İllustrations de Sonia Hivert Mise en page réalisée par Cloé Perrotin. www.majuscrit.

Lola. Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine İllustrations de Sonia Hivert Mise en page réalisée par Cloé Perrotin. www.majuscrit. Lola Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine İllustrations de Sonia Hivert Mise en page réalisée par Cloé Perrotin www.majuscrit.fr www.majuscrit.fr Marcus Papa Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine

Plus en détail

SOYETTE, LE PETIT VER A SOIE

SOYETTE, LE PETIT VER A SOIE SOYETTE, LE PETIT VER A SOIE Le tout petit œuf. La toute petite chenille Le tout petit œuf vu à la loupe Il était une fois un tout petit œuf, pondu là. Un tout petit œuf, petit comme un grain de poussière.

Plus en détail

Les contes de la forêt derrière l école.

Les contes de la forêt derrière l école. Circonscription de Lamballe EPS cycle 1 Les contes de la forêt derrière l école. Une proposition de travail en EPS pour les enfants de petite et moyenne section, ayant comme thèmes Les déplacements, les

Plus en détail

Mercredi soir, boulevard aux Oiseaux

Mercredi soir, boulevard aux Oiseaux Mercredi soir, boulevard aux Oiseaux Ça se passe chez nous, boulevard aux Oiseaux. Après l école, pour me rendre utile, j ai ciré l escalier jusqu à ce que ça reluise à mort. «Ça fera plaisir à papa»,

Plus en détail

RENCONTRES EFFRAYANTES

RENCONTRES EFFRAYANTES RENCONTRES EFFRAYANTES Vampire ou loup-garou? Un frisson me saisit soudain, non pas un frisson de froid, mais un étrange frisson d angoisse. Je hâtai le pas, inquiet d être seul dans ce bois, apeuré sans

Plus en détail

Les jours de la semaine

Les jours de la semaine Les jours de la semaine Les jours de la semaine S enfilent un à un Comme les billes d un grand collier Dans un ordre, ils se suivent Chaque jour se ressemble Chaque jour est différent Mais on ne peut les

Plus en détail

Octave MIRBEAU LA BAGUE

Octave MIRBEAU LA BAGUE Octave MIRBEAU LA BAGUE LA BAGUE Un matin, le vieux baron vint chez moi. Et, sans préambule, il me demanda : Est-ce vrai, docteur, qu il y a du fer dans le sang? C est vrai Ah! je ne voulais pas le croire

Plus en détail

Le carnaval des oiseaux

Le carnaval des oiseaux Le carnaval des oiseaux Marie-Jane Pinettes et Jacques Laban Juillet 2001 1 Le carnaval des oiseaux A Camille, Margot et Théo 2 LE CARNAVAL DES OISEAUX Il y a longtemps, mais très, très longtemps, tous

Plus en détail

Un cri dans la nuit : «Je suis fatiguée de cette vie de grenier!»

Un cri dans la nuit : «Je suis fatiguée de cette vie de grenier!» Un cri dans la nuit : «Je suis fatiguée de cette vie de grenier!» Musette s est lassée. Sous son plancher, «cric, crac, croc», Des enfants grignotent, gigotent et se font des croques. Alors un matin, elle

Plus en détail

AMÉLIE NOTHOMB. Tuer le père ROMAN ALBIN MICHEL

AMÉLIE NOTHOMB. Tuer le père ROMAN ALBIN MICHEL AMÉLIE NOTHOMB Tuer le père ROMAN ALBIN MICHEL Éditions Albin Michel, 2011. ISBN : 978-2-253-17415-8 1 re publication LGF. «L obstination est contraire à la nature, contraire à la vie. Les seules personnes

Plus en détail

Nom : Prénom : Date :

Nom : Prénom : Date : J observe le livre dans son ensemble, je le feuillette et je réponds aux 1) Je complète la carte d identité du livre. Titre du livre Nom de l auteur Nom de l illustrateur Editeur Collection Genre 2) Qui

Plus en détail

Unité 4 : En forme? Comment est ton visage?

Unité 4 : En forme? Comment est ton visage? Unité 4 : En forme? Leçon 1 Comment est ton visage? 53 Écoute, relie et colorie. 1. un œil vert 2. un nez rouge 3. des cheveux noirs 4. des yeux bleus 5. des oreilles roses 6. une bouche violette Lis et

Plus en détail

INT. SALON DE LA CABANE DANS LA FORÊT JOUR

INT. SALON DE LA CABANE DANS LA FORÊT JOUR INT. SALON DE LA CABANE DANS LA FORÊT JOUR Quelqu un glisse une lettre sous la porte d entrée du salon. Jake se précipite pour la ramasser. Jake retourne l enveloppe : elle est adressée à «Finn». Chouette,

Plus en détail

L Intégrale de l Humour ***

L Intégrale de l Humour *** Un enfant va dans une épicerie pour acheter des bonbons. Comme l épicier n en vend généralement pas beaucoup, il les range tout en haut d une étagère très haute. Le garçon demande : 1 euro de bonbons s

Plus en détail

Les enfants et la sécurité alentour des. Parlons de sécurité quand tu joues alentour des chiens.

Les enfants et la sécurité alentour des. Parlons de sécurité quand tu joues alentour des chiens. Les enfants et la sécurité alentour des Parlons de sécurité quand tu joues alentour des chiens. Parlons de sécurité quand tu joues alentour des chiens. Qu est-ce que ton chien aime faire avec toi? Qui

Plus en détail

Comment le Chat et la Souris sont venus au monde Conte populaire du Vietnam Partie 1

Comment le Chat et la Souris sont venus au monde Conte populaire du Vietnam Partie 1 Comment le Chat et la Souris sont venus au monde Conte populaire du Vietnam Partie 1 Ngoc-hoang, l empereur de Jade, le dieu suprême des cieux, vivait dans son royaume céleste où il possédait un palais

Plus en détail

Truf le chien. Truf est un chien. Truf n est pas un jouet, c est un animal. Et moi, comment vais-je faire pour lui parler?

Truf le chien. Truf est un chien. Truf n est pas un jouet, c est un animal. Et moi, comment vais-je faire pour lui parler? Truf viens Truf le chien Truf est un chien Truf peut être de bonne ou de mauvaise humeur. Truf peut avoir mal, il peut être malade. Truf n a pas de mains : il va prendre les choses avec ses dents ou les

Plus en détail

Manuscrit et Vocabulaire

Manuscrit et Vocabulaire Manuscrit et Vocabulaire Histoires fantastiques : En voiture! «Bienvenue dans votre voiture. Je vais accompagner pendant votre voyage. Laissez-moi vous guider!» On entend une voix mélodieuse quand Papa

Plus en détail

SŒUR DE. Lot Vekemans. Traduit du néerlandais par Alain van Crugten. Texte publié par Edition Espaces 34, France Texte déposé à la SACD Belgique

SŒUR DE. Lot Vekemans. Traduit du néerlandais par Alain van Crugten. Texte publié par Edition Espaces 34, France Texte déposé à la SACD Belgique SŒUR DE Lot Vekemans Traduit du néerlandais par Alain van Crugten Texte publié par Edition Espaces 34, France Texte déposé à la SACD Belgique Ils vont lâcher les chiens Bientôt Bientôt ils vont lâcher

Plus en détail

Macmine et ses bons compagnons. CCéélleessttiinn

Macmine et ses bons compagnons. CCéélleessttiinn Macmine et ses bons compagnons CCéélleessttiinn Il était une fois une petite ambulance très intelligente. Elle vivait dans une petite maison en paille. Elle s amusait drôlement avec les autres voitures,

Plus en détail

LA MAISON DE POUPEE DE PETRONELLA DUNOIS

LA MAISON DE POUPEE DE PETRONELLA DUNOIS LA MAISON DE POUPEE DE PETRONELLA DUNOIS Je suis une poupée dans une maison de poupée. Un jour j ai quitté mari et enfants, pourquoi? je ne sais plus très bien. À peine le portail s était-il refermé derrière

Plus en détail

Marie Lébely. Le large dans les poubelles

Marie Lébely. Le large dans les poubelles Marie Lébely Le large dans les poubelles Prologue «La vitesse de conduction des fibres postganglionnaires est-elle du même ordre que celle des fibres nerveuses motrices du système nerveux somatique?» C

Plus en détail

SOMMAIRE. PS 1 : Nos activités en petite section 1... 3. PS 2 : La classe de petite section 2 à la ferme... 5. MS 1 : L odorat en M.S. 1...

SOMMAIRE. PS 1 : Nos activités en petite section 1... 3. PS 2 : La classe de petite section 2 à la ferme... 5. MS 1 : L odorat en M.S. 1... SOMMAIRE PS 1 : Nos activités en petite section 1... 3 PS 2 : La classe de petite section 2 à la ferme... 5 MS 1 : L odorat en M.S. 1... 7 MS 2 : La semaine des 5 sens en Moyenne Section... 8 MS 3 : La

Plus en détail

D où viennent nos émotions

D où viennent nos émotions D où viennent nos émotions Il y a des émotions qui sont vraiment désagréables : l anxiété, la culpabilité, la colère, les grosses rages qui nous réveillent la nuit, la dépression, la tristesse, la peur,

Plus en détail

STEPHEN KING. Dôme. Tome 1 ROMAN TRADUIT DE L ANGLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR WILLIAM OLIVIER DESMOND ALBIN MICHEL

STEPHEN KING. Dôme. Tome 1 ROMAN TRADUIT DE L ANGLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR WILLIAM OLIVIER DESMOND ALBIN MICHEL STEPHEN KING Dôme Tome 1 ROMAN TRADUIT DE L ANGLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR WILLIAM OLIVIER DESMOND ALBIN MICHEL L AVION ET LA MARMOTTE 1 À deux mille pieds d altitude, Claudette Sanders prenait une leçon de

Plus en détail

AVERTISSEMENT. Ce texte a été téléchargé depuis le site http://www.leproscenium.com

AVERTISSEMENT. Ce texte a été téléchargé depuis le site http://www.leproscenium.com AVERTISSEMENT Ce texte a été téléchargé depuis le site http://www.leproscenium.com Ce texte est protégé par les droits d auteur. En conséquence avant son exploitation vous devez obtenir l autorisation

Plus en détail

BENF_FR.qxd 8/07/04 16:23 Page cov4 KH-57-03-297-FR-C

BENF_FR.qxd 8/07/04 16:23 Page cov4 KH-57-03-297-FR-C BENF_FR.qxd 8/07/04 16:23 Page cov4 14 16 KH-57-03-297-FR-C BENF_FR.qxd 8/07/04 16:24 Page cov1 Si belles hirondelles! Commission européenne BENF_FR.qxd 8/07/04 16:24 Page cov2 Cette publication a été

Plus en détail

Quelqu un qui t attend

Quelqu un qui t attend Quelqu un qui t attend (Hervé Paul Kent Cokenstock / Hervé Paul Jacques Bastello) Seul au monde Au milieu De la foule Si tu veux Délaissé Incompris Aujourd hui tout te rends malheureux Si tu l dis Pourtant

Plus en détail

Ne vas pas en enfer!

Ne vas pas en enfer! Ne vas pas en enfer! Une artiste de Corée du Sud emmenée en enfer www.divinerevelations.info/pit En 2009, une jeune artiste de Corée du Sud qui participait à une nuit de prière a été visitée par JésusChrist.

Plus en détail

Par. Sophianne Pierre-Louis. Cassandra Sauvé. Sabrina Turmel

Par. Sophianne Pierre-Louis. Cassandra Sauvé. Sabrina Turmel Par Sophianne Pierre-Louis Cassandra Sauvé Sabrina Turmel - 1 - Au Pôle Nord, en ce jour du 24 décembre, le Père Noël était bien occupé à fabriquer de beaux jouets. Les rennes gambadaient ou se reposaient.

Plus en détail

Le petit bonhomme en pain d épices

Le petit bonhomme en pain d épices Le petit bonhomme en pain d épices Robert Gaston Herbert Le petit bonhomme en pain d épices Conte anglais Adaptation réalisée par Marie-Laure Besson pour «Le Cartable Fantastique» Robert Gaston Herbert

Plus en détail

Institut Supérieur des Langues Université de Damas

Institut Supérieur des Langues Université de Damas Institut Supérieur des Langues Université de Damas Texte 1: Chère Josette, Il a de grands yeux bleus et une mèche blonde qui lui tombe sur le front. Il s appelle Alain, Alain et Aline, c est joli, n est-ce

Plus en détail

La petite poule qui voulait voir la mer

La petite poule qui voulait voir la mer Découverte Complète la carte d identité du livre. Titre du livre Nom de l auteur Nom de l illustrateur Editeur Que voit- on sur la 1 ère page de couverture? C est l histoire q d un poisson q d une souris

Plus en détail

Le prince Olivier ne veut pas se laver

Le prince Olivier ne veut pas se laver Le prince Olivier ne veut pas se laver Il était une fois un roi, une reine et leurs deux enfants. Les habitants du pays étaient très fiers du roi Hubert, de la reine Isabelle et de la princesse Marinette,

Plus en détail

Du même auteur. Le Combat contre mes dépendances, éditions Publibook, 2013

Du même auteur. Le Combat contre mes dépendances, éditions Publibook, 2013 Jalousie Du même auteur Le Combat contre mes dépendances, éditions Publibook, 2013 Dominique R. Michaud Jalousie Publibook Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com

Plus en détail

PAR VOTRE MEDECIN! «FUN», LES CIGARETTES RECOMMANDÉES NOUVELLE PERCÉE MÉDICALE!

PAR VOTRE MEDECIN! «FUN», LES CIGARETTES RECOMMANDÉES NOUVELLE PERCÉE MÉDICALE! «FUN», LES CIGARETTES RECOMMANDÉES PAR VOTRE MEDECIN! OUAH, DOC! JE ME SENS DÉJÀ MIEUX! C EST parce QUE FUN utilise le MEILleur DES TAbacs!! NOUVELLE PERCÉE MÉDICALE! VÉRIDIQUE! On a découvert que les

Plus en détail

1. La famille d accueil de Nadja est composée de combien de personnes? 2. Un membre de la famille de Mme Millet n est pas Français. Qui est-ce?

1. La famille d accueil de Nadja est composée de combien de personnes? 2. Un membre de la famille de Mme Millet n est pas Français. Qui est-ce? 1 LA FAMILLE 1.1 Lecture premier texte Nadja va passer quatre mois de la prochaine année scolaire en France. Aujourd hui, elle a reçu cette lettre de sa famille d accueil. Chère Nadja, Je m appelle Martine

Plus en détail

DOCTEUR SÉMOI. de Patrick Mermaz

DOCTEUR SÉMOI. de Patrick Mermaz 1 Ce texte est offert gracieusement à la lecture. Avant toute exploitation publique, professionnelle ou amateur, vous devez obtenir l'autorisation de la SACD : www.sacd.fr de Patrick Mermaz Présentation

Plus en détail

Histoire de Manuel Arenas

Histoire de Manuel Arenas Histoire de Manuel Arenas Dieu est le seul Dieu vivant nous pouvons Lui faire entièrement confiance! Source : Hugh Steven, «Manuel» ( 1970 Wycliffe Bible Translators) En français : «Manuel le Totonac»

Plus en détail

Séance 1 - Classe de 1 ère. Cours - Application Introduction à la typologie et à l analyse des figures de style

Séance 1 - Classe de 1 ère. Cours - Application Introduction à la typologie et à l analyse des figures de style Séance 1 - Classe de 1 ère Cours - Application Introduction à la typologie et à l analyse des figures de style I) Rappel définition d une figure de style A) Définition d une figure de style. - Le langage

Plus en détail

LA BALADE DE LA PETITE BALLE JAUNE

LA BALADE DE LA PETITE BALLE JAUNE LA BALADE DE LA PETITE BALLE JAUNE C est l histoire d une balle jaune en mousse. Coralie Guye et Hubert Chèvre. Avec la participation des élèves. Octobre 2011 Un beau matin d automne......notre classe

Plus en détail

Louise, elle est folle

Louise, elle est folle Leslie Kaplan Louise, elle est folle suivi de Renversement contre une civilisation du cliché la ligne Copi-Buñuel-Beckett P.O.L 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6 e pour Élise et Fred tu m as trahie

Plus en détail

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Cette révélation est donnée en français à Sulema, une femme née en 1954 au Salvador. Depuis plus de 30 ans, elle vit au Canada avec

Plus en détail

Les p'tites femmes de Paris

Les p'tites femmes de Paris Les p'tites femmes de Paris De Géraldine Feuillien D'après une idée de Stéphanie Bouquerel Episode 2: Ménage à trois 1 APPARTEMENT DE - BUREAU- INT - JOUR 1 Mais enfin Julien! Qu est ce qui t as pris de

Plus en détail

AMELIORER SES COMPETENCES LINGUISTIQUES les prépositions de lieu

AMELIORER SES COMPETENCES LINGUISTIQUES les prépositions de lieu AMELIORER SES COMPETENCES LINGUISTIQUES les prépositions de lieu JEUX : Jeu des paires Quelles différences? E.P.S. : - jeu Jacques a dit - Chasse au trésor - Mise en place d un parcours ÉCOUTER, MEMORISER

Plus en détail

Je les ai entendus frapper. C était l aube. Les deux gendarmes se tenaient derrière la porte. J ai ouvert et je leur ai proposé d entrer.

Je les ai entendus frapper. C était l aube. Les deux gendarmes se tenaient derrière la porte. J ai ouvert et je leur ai proposé d entrer. Je les ai entendus frapper. C était l aube. Les deux gendarmes se tenaient derrière la porte. J ai ouvert et je leur ai proposé d entrer. Mais je me suis repris : En fait, je préférais les recevoir dans

Plus en détail

Tu as envie de bronzer? Tu as envie de marcher? Tu n as pas peur du noir? Tu as envie de faire du ski? Tu as envie de pêcher?

Tu as envie de bronzer? Tu as envie de marcher? Tu n as pas peur du noir? Tu as envie de faire du ski? Tu as envie de pêcher? Unité 3 LEÇON 1 A Répète puis écoute et montre la bonne image! 21-22 10 Envie de bronzer? Nous avons des plages! Envie d explorer? Nous avons des grottes! Envie de pêcher? Nous avons des rivières! Envie

Plus en détail

ENQUETE AUTOUR DE LA CATHEDRALE NORD NIVEAU DE DIFFICULTE 2 (5P-6P) NOM ET PRENOM DE L ENQUETEUR : DATE DE L ENQUETE :

ENQUETE AUTOUR DE LA CATHEDRALE NORD NIVEAU DE DIFFICULTE 2 (5P-6P) NOM ET PRENOM DE L ENQUETEUR : DATE DE L ENQUETE : ENQUETE AUTOUR DE LA CATHEDRALE NORD NIVEAU DE DIFFICULTE 2 (5P-6P) NOM ET PRENOM DE L ENQUETEUR : DATE DE L ENQUETE : 1. DANS LA PEAU D UN ARCHEOLOGUE Tu vas te glisser dans la peau d un archéologue pour

Plus en détail

CHANSONS ET COMPTINES

CHANSONS ET COMPTINES PLURI-ELLES (MANITOBA) INC. 570, rue Des Meurons Saint-Boniface (Manitoba) R2H 2P8 Téléphone: (204) 233-1735 Sans frais: 1 800 207-5874 Télécopieur: (204) 233-0277 Site Internet: www.pluri-elles.mb.ca

Plus en détail

Duscherer K., Khan A. & Mounoud P. Associations Verbales pour 76 Verbes d Action Swiss Journal of Psychology

Duscherer K., Khan A. & Mounoud P. Associations Verbales pour 76 Verbes d Action Swiss Journal of Psychology Duscherer K., Khan A. & Mounoud P. Associations Verbales pour 76 Verbes d Action Swiss Journal of Psychology Annexe D: Liste des réponses associatives primaires pour les différents groupes d âges avec

Plus en détail

le livret de Bébé nageur avec la complicité de bébé.

le livret de Bébé nageur avec la complicité de bébé. L association plaisirs de l eau vous présente le livret de Bébé nageur avec la complicité de bébé. http://plaisir-de-leau.wifeo.com 27/09/14 Plaisirs de l eau livret bébé nageur 1 BIENVENUE à l association

Plus en détail

HIGHER SCHOOL CERTIFICATE EXAMINATION. French Continuers. (Section I Listening and Responding) Transcript

HIGHER SCHOOL CERTIFICATE EXAMINATION. French Continuers. (Section I Listening and Responding) Transcript 2014 HIGHER SCHOOL CERTIFICATE EXAMINATION French Continuers (Section I Listening and Responding) Transcript Familiarisation Text M: Bonjour Yasmine. Ça va? F: Ah bonjour! Oui, ça va bien. Écoute, ce weekend

Plus en détail

ADIS, Barbezieux était une petite ville silencieuse et peu de voitures passaient boule-

ADIS, Barbezieux était une petite ville silencieuse et peu de voitures passaient boule- ADIS, Barbezieux était une petite ville silencieuse et peu de voitures passaient boule- J vard Chanzy; vers midi, quelques grands personnages pleins de recueillemeiit, le procureur Lanata, le président

Plus en détail

PRÉPARATION AU TEST! CULTURE INTERNATIONAL CLUB

PRÉPARATION AU TEST! CULTURE INTERNATIONAL CLUB Niveau 2 - Mots treize quatorze quinze seize dix-sept dix-huit dix-neuf vingt vingt-et-un vingt-deux vingt-trois vingt-quatre vingt-cinq vingt-six vingt-sept vingt-huit vingt-neuf trente quarante cinquante

Plus en détail

French Continuers (Section I Listening and Responding) Transcript

French Continuers (Section I Listening and Responding) Transcript 2013 H I G H E R S C H O O L C E R T I F I C A T E E X A M I N A T I O N French Continuers (Section I Listening and Responding) Transcript Familiarisation Text FEMALE: MALE: FEMALE: MALE: FEMALE: Salut,

Plus en détail

Vive le jour de Pâques

Vive le jour de Pâques Voici le joyeux temps du Carême, 40 jours où les chrétiens élargissent leurs cœurs, se tournent vers leurs frères et sont invités à vivre à la manière de Jésus-Christ. Chaque semaine ce livret t aidera

Plus en détail

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est L enfant sensible Qu est-ce que la sensibilité? Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est de le surprotéger car il se

Plus en détail

Chante le matin. Chansonnier p. 33

Chante le matin. Chansonnier p. 33 de Yves Duteil Chante le matin Chante le matin qui vient te réveiller, Chante le soleil qui vient te réchauffer, Chante le ruisseau dans le creux du rocher, Le cri de l oiseau dans le ciel l été. La, la,

Plus en détail

DECOUVRIR UNE ŒUVRE D ART. ARBLADE Le HAUT cycle III TABLEAU de l artothèque de l ADPL : REIN BRIL SANS TITRE

DECOUVRIR UNE ŒUVRE D ART. ARBLADE Le HAUT cycle III TABLEAU de l artothèque de l ADPL : REIN BRIL SANS TITRE DECOUVRIR UNE ŒUVRE D ART. ARBLADE Le HAUT cycle III TABLEAU de l artothèque de l ADPL : REIN BRIL SANS TITRE http://adpl.32.free.fr/ Séance 1 A quelques mètres du tableau, le rideau se lève, la toile

Plus en détail

Que chaque instant de cette journée contribue à faire régner la joie dans ton coeur

Que chaque instant de cette journée contribue à faire régner la joie dans ton coeur Que chaque instant de cette journée contribue à faire régner la joie dans ton coeur Des souhaits pour une vie des plus prospères et tous les voeux nécessaires pour des saisons extraordinaires! Meilleurs

Plus en détail

CONSIGNE : Lis attentivement les textes suivants. Réponds aux questions en relisant chaque fois les textes.

CONSIGNE : Lis attentivement les textes suivants. Réponds aux questions en relisant chaque fois les textes. CONSIGNE : Lis attentivement les textes suivants. Réponds aux questions en relisant chaque fois les textes. Texte 1 La colombe et la fourmi Une fourmi se penche dans l'eau et tombe. Le ruisseau est pour

Plus en détail

Les monstres de là-bas

Les monstres de là-bas Les monstres de là-bas Hubert Ben Kemoun Hubert Ben Kemoun vit à Nantes sur les bords de la Loire. Il est l auteur de très nombreux ouvrages en littérature jeunesse, pour les petits comme pour les beaucoup

Plus en détail

Les trois brigands partie1. Les trois brigands partie1

Les trois brigands partie1. Les trois brigands partie1 Les trois brigands partie1 Il était une fois trois vilains brigands, avec de grands manteaux noirs et de hauts chapeaux noirs. Le premier avait un tromblon, le deuxième un soufflet qui lançait du poivre,

Plus en détail

AVERTISSEMENT. Ce texte a été téléchargé depuis le site. http://www.leproscenium.com. Ce texte est protégé par les droits d auteur.

AVERTISSEMENT. Ce texte a été téléchargé depuis le site. http://www.leproscenium.com. Ce texte est protégé par les droits d auteur. AVERTISSEMENT Ce texte a été téléchargé depuis le site http://www.leproscenium.com Ce texte est protégé par les droits d auteur. En conséquence avant son exploitation vous devez obtenir l autorisation

Plus en détail

Maison Intercommunale de la Petite Enfance Inauguration le 2 février 2011

Maison Intercommunale de la Petite Enfance Inauguration le 2 février 2011 Maison Intercommunale de la Petite Enfance Inauguration le 2 février 2011 J ai pas envie d y aller, à la crèche! Déjà, on a changé de ville et de maison, et je n ai plus ma Nounou, et je suis tout perdu.

Plus en détail

Conseil Diocésain de Solidarité et de la Diaconie. 27 juin 2015. «Partager l essentiel» Le partage est un élément vital.

Conseil Diocésain de Solidarité et de la Diaconie. 27 juin 2015. «Partager l essentiel» Le partage est un élément vital. 27 juin 2015 Le partage est un élément vital. Notre démarche Notre chemin Dans un premier temps, nous sommes partis de mots qui expriment ce qui est essentiel pour nous, indispensable pour bien vivre.

Plus en détail

LE PROCÈS DE MACHIAVEL

LE PROCÈS DE MACHIAVEL LE PROCÈS DE MACHIAVEL II. L INTENTION POLITIQUE DE BOCCALINI Boccalini était-il antimonarchiste et républicain ou n était-il qu un observateur résigné, sarcastique, sceptique? Deux raisons principales

Plus en détail

Examen de français Université de Technologie chimique et de Métallurgie TEST DE GRAMMAIRE ET DE LEXIQUE

Examen de français Université de Technologie chimique et de Métallurgie TEST DE GRAMMAIRE ET DE LEXIQUE Examen de français Université de Technologie chimique et de Métallurgie TEST DE GRAMMAIRE ET DE LEXIQUE PARTIE 1 Complétez les pointillés par une des réponses ci-dessus de manière que les phrases obtenues

Plus en détail

Une promenade en forêt par Inner Health Studio. Enregistré avec la permission de l entreprise.

Une promenade en forêt par Inner Health Studio. Enregistré avec la permission de l entreprise. Une promenade en forêt par Inner Health Studio. Enregistré avec la permission de l entreprise. Adoptez une position confortable, soit assise, soit couchée. Sentez votre corps se détendre à mesure qu une

Plus en détail

Les 100 plus belles façons. François Gagol

Les 100 plus belles façons. François Gagol Les 100 plus belles façons d'aimer François Gagol Les 100 plus belles façons d Aimer François Gagol François Gagol, 2003. Toute reproduction ou publication, même partielle, de cet ouvrage est interdite

Plus en détail

JE CHLOÉ COLÈRE. PAS_GRAVE_INT4.indd 7 27/11/13 12:22

JE CHLOÉ COLÈRE. PAS_GRAVE_INT4.indd 7 27/11/13 12:22 JE CHLOÉ COLÈRE PAS_GRAVE_INT4.indd 7 27/11/13 12:22 Non, je ne l ouvrirai pas, cette porte! Je m en fiche de rater le bus. Je m en fiche du collège, des cours, de ma moyenne, des contrôles, de mon avenir!

Plus en détail

C est dur d être un vampire

C est dur d être un vampire C est dur d être un vampire 1/6 Pascale Wrzecz Lis les pages 5 à 8. Tu peux garder ton livre ouvert. 1 Retrouve les mots dans ta lecture et complète les cases. C est une histoire de. Prénom du héros ;

Plus en détail

L enfant du toit du monde

L enfant du toit du monde Je découvre l album. 1) Observe bien la couverture de l album et réponds aux questions. Le!itre du"i#e$st L auteur% appelle L illustrateur$st L éditeur$st 2) Réponds par #ai ou faux. Le héros de l histoire

Plus en détail

La Liste de mes envies

La Liste de mes envies GRÉGOIRE DELACOURT La Liste de mes envies ROMAN Postface inédite de l auteur JC LATTÈS On se ment toujours. Je sais bien, par exemple, que je ne suis pas jolie. Je n ai pas des yeux bleus dans lesquels

Plus en détail

Il manque quelque chose! (L histoire du film 1re partie)

Il manque quelque chose! (L histoire du film 1re partie) Il manque quelque chose! (L histoire du film 1re partie) Raconté par Lisa Ann Marsoli Illustrations de Mario Cortes, Valeria Turati et des Disney Storybook Artists Jean-Christophe a une chambre remplie

Plus en détail

Ne te retourne pas! Et Eddie l avait tirée par la main. Ce n était pas beau à entendre. Les balles crépitaient autour d eux dans le lointain.

Ne te retourne pas! Et Eddie l avait tirée par la main. Ce n était pas beau à entendre. Les balles crépitaient autour d eux dans le lointain. 1 Ne te retourne pas! Et Eddie l avait tirée par la main. Ce n était pas beau à entendre. Les balles crépitaient autour d eux dans le lointain. Une odeur de chocolat brûlant. Eddie semblait ne plus la

Plus en détail

VISITE DE L EXPOSITION AU THÉÂTRE DE PRIVAS :

VISITE DE L EXPOSITION AU THÉÂTRE DE PRIVAS : VISITE DE L EXPOSITION AU THÉÂTRE DE PRIVAS : Tania Mouraud : Glamour-ing, 2000 C est un film vidéo qui montre un acteur de théâtre qui se maquille avant d aller sur scène. Ça se passe en Inde. L acteur

Plus en détail

Le lancement d un satellite

Le lancement d un satellite Le lancement d un satellite Le lancement d un satellite Le lancement d un satellite La grippe La grippe La grippe Un chaton curieux Le chat Mistoufle habite dans un très très grand jardin. Mais, quand

Plus en détail

Le loup et les 7 chevreaux

Le loup et les 7 chevreaux CE Découpe et colle les morceaux de puzzle pour reconstituer la couverture de l album. Recopie le titre du livre lisiblement et sans faire aucune faute. Réponds par Vrai (V) ou Faux (F) Le livre parle

Plus en détail

Fanny. (sur le thème du temps)

Fanny. (sur le thème du temps) Fanny Dans une petite maison, dans le bois de nénuphars, habitait Monsieur Piloge avec ses deux enfants : Paul et Laure. Ce jour-là, toute la famille partait chez des amis Avant de s en aller, les enfants

Plus en détail

Tétanisés par la spirale de la violence? Non!

Tétanisés par la spirale de la violence? Non! MERCREDI DES CENDRES B Frère Antoine-Emmanuel Jl 2, 12-18 ; Ps 50 2 Co 5, 20 6,2 ; Mt 6, 1-6.16-18 18 février 2015 Sanctuaire du Saint Sacrement, Montréal Tétanisés par la spirale de la violence? Non!

Plus en détail

Sortie de Résidence Compagnie Satellite Vendredi 23 mai 2014

Sortie de Résidence Compagnie Satellite Vendredi 23 mai 2014 Sortie de Résidence Compagnie Satellite Vendredi 23 mai 2014 Béziers Villa Antonine - Y a trois filles qui font des trucs bizarres devant les Arènes. Et sur les Allées. A la Villa Antonine aussi C est

Plus en détail

Les trois brigands Episode 2. Les trois brigands Episode 2

Les trois brigands Episode 2. Les trois brigands Episode 2 Episode 1 Il était une fois trois vilains brigands, avec de grands manteaux noirs et de hauts chapeaux noirs. Les trois brigands Episode 1 Il était une fois trois vilains brigands, avec de grands manteaux

Plus en détail

Épreuve de Compréhension orale

Épreuve de Compréhension orale 60 questions (4 sections) 40 minutes L épreuve de compréhension orale rassemble 4 sections comprenant 60 questions (questions 51 à 110). SECTION A SECTION B 8 questions Associer des illustrations à des

Plus en détail

Alice s'est fait cambrioler

Alice s'est fait cambrioler Alice s'est fait cambrioler Un beau jour, à Saint-Amand, Alice se réveille dans un hôtel cinq étoiles (elle était en congés). Ce jour-là, elle était très heureuse car elle était venue spécialement ici

Plus en détail