Transferts de revenus et réduction de la pauvreté au Mali
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- Baptiste Chagnon
- il y a 10 ans
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1 REPUBLIQUE DU MALI Un Peuple Un But Une Foi MINISTERE DU DEVELOPPEMENT SOCIAL DE LA SOLIDARITE ET DES PERSONNES AGEES ****** OBSERVATOIRE DU DEVELOPPEMENT HUMAIN DURABLE ET DE LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE DHD/LCPM FONDS DES NATIONS UNIES POUR L ENFANCE Transferts de revenus et réduction de la pauvreté au Mali Rapport provisoire Juillet 2008 Pour Chaque enfant, Santé, Éducation, Égalité, Protection FAISONS AVANCER L HUMANITÉ 1
2 Préface C est un réel honneur et un agréable devoir pour nous, en qualité de Ministre du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Âgées, et de Représentant Résident de l UNICEF de au Mali de préfacer le présent Rapport afin de mettre a la disposition du Gouvernement et des Acteurs de développement du Mali, les précieuses informations de qualité professionnelle qui mettent en exergue l importance des transferts prives de revenus comme l une des importantes stratégies pour les ménages a faire face a la pauvreté au Mali. La Coopération entre l UNICEF et le Gouvernement du Mali est une relation exemplaire dans bien de domaines privilégiés, qui s est étendue à la réalisation d études thématiques sur les conditions de vie des couches les plus défavorisées, notamment les enfants et les femmes afin d apporter une contribution significative dans la définition des politiques sociales de protection sociale. A titre de rappel, l économie Malienne est essentiellement agropastorale et reste tributaire des aléas climatiques. Elle reste aussi très vulnérable aux chocs exogènes (crise ivoirienne, hausse des prix du pétrole, chute du dollar américain par rapport à l euro, chute des prix du coton, hausse des prix des importations de denrées alimentaires, etc.). Cette économie malienne mérite une attention particulière dans les politiques de développement économique et social du Gouvernement et des partenaires au développement dont l UNICEF. En l occurrence, depuis toujours, le social occupe une place très importante dans les habitudes maliennes. La prise de conscience du phénomène au niveau politique a amené le Gouvernement du Mali à créer depuis février 2000 un Ministère chargé du développement social de la solidarité et des personnes âgées. Les actions de ce département vont, dans la plupart des cas, aux handicapées, aux personnes âgées, aux enfants vulnérables, aux femmes et à toute autre personne vulnérable. En effet, la famille constitue une sorte de garantie sociale qui transmet à chacun un certain nombre de règles, notamment l entraide et la solidarité. Pour cette dernière, l Etat en a fait une pratique nationale en y consacrant chaque année le mois d octobre, mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion. La prise en charges de ces couches vulnérables s opère à travers les transferts que l Etat et les communautés les offrent. Il s agit des transferts privés reçus et effectués, et des transferts publics. Sur cette base, ils constituent des moyens permettant d améliorer leurs conditions de vie et donc de réduire leur niveau de pauvreté. La prise en compte de cette problématique dans les thématiques de l ODHD/LCP justifie le choix du thème sur «Transferts de Revenus et Réduction de la Pauvreté au Mali». Aussi, une enquête particulière, à savoir l Enquête Légère Intégrée auprès des Ménages (ELIM) 2006 offre l occasion d avoir des informations sur ces différents types de transferts. Les transferts de revenus jouent un rôle important dans l amélioration des conditions de vie des ménages. Ce sont des compléments de revenus sans lesquels la situation de certains ménages ou de certains individus serait plus critique. Ainsi, la pauvreté serait certainement tout autre s il n existait ni prestations sociales, ni écoles publiques, ni assurance maladie, etc. Les revenus de transferts et la gratuité de certains biens sont une composante importante des ressources des plus pauvres. L Observatoire cherche à savoir, à travers cette étude, dans quelle mesure et de quelle manière les transferts de revenus (privés et publics) contribueraient à réduire la pauvreté au Mali. À cet effet, 2
3 les transferts sociaux à travers les prestations sociales versées aux ménages peuvent jouer un rôle essentiel dans la diminution à la fois du nombre de personnes pauvres et de l intensité de leur pauvreté. Cela se révèle plus important dans un contexte de solidarité nationale et internationale. Le présent rapport traite donc du lien entre transferts de revenus et réduction de la pauvreté au Mali à partir des données de l ELIM 2006, à travers les transferts privés reçus et effectués, et les transferts publics. Le partenariat entre l UNICEF et l Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté est un partenariat exemplaire qui ne cesse de s améliorer depuis la mise en place de la base de données socio-économique «Malikunnafoni». Chaque année, ce partenariat gagne en maturité au profit des deux institutions dans l intérêt des enfants du Mali. En effet, les interventions de l UNICEF s inscrivent dans le Cadre du Plan d Actions du Cadre de Coopération (CPAP) avec le Gouvernement de la République du Mali. Cette étude qui est l un des fruits de ce partenariat dynamique a été réalisée dans le cadre de la composante Promotion des Droits et Partenariat. Le présent rapport de l étude sur «les transferts de revenus et réduction de la pauvreté au Mali» est un important document d aide à la prise de décision et un véritable outil de plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers. La mise en œuvre des différentes recommandations pertinentes ainsi formulées contribuera sans nul doute à élaborer de meilleures options de politiques économiques et sociales, notamment de protection sociale en faveur des femmes, des enfants et des personnes âgées. Nous espérons que les résultats forts édifiants qu apportent cette étude seront utilises par l ensemble des planificateurs, des décideurs, chercheurs et donateurs dans la recherche des solutions durables au problème de pauvreté et de l accélération des progrès pour l atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement au Mali au profit des enfants et du peuple Malien Sékou DIAKITÉ Ministre du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Âgées Marcel Rudasingwa.. Représentant Résident de l UNICEF au Mali 3
4 EQUIPE DE L ETUDE La présente étude a été réalisée par les Cadres de l ODHD composée de : Mr Zoumana B. FOFANA, Directeur Général Mr Dramane L. TRAORE Expert Economiste Mr Bouréma F. Ballo Expert Statisticien Mr Mahamadou WAGUE Administrateur de l action sociale Avec l assistance technique de : Mr Robert NDAMOBISSI, Administrateur de Planification et Suivi Evaluation à l UNICEF Mali Mr Brehima DIALLO, Administrateur de Planification a l UNICEF Mali Mr Zima Jean DIALLO Consultant indépendant 4
5 Tables des matières Préface... 2 EQUIPE DE L ETUDE... 4 Tables des matières... 5 Sigles et Abréviations... 8 Résumé analytique... 9 Institutions publiques et privées garantes de la solidarité collective Rôle des transferts pour les ménages Transferts comme facteurs de réduction de la pauvreté des ménages Introduction Chapitre I Contexte de l étude Généralités sur le Mali Evolution de la pauvreté Profil et stratégie de croissance économique Définition de la répartition du revenu Transferts au sens de la comptabilité nationale Redistribution et différents types de transferts Différents types de transferts dans l ELIM Dimensions sociales des transferts Rôle des transferts dans la lutte contre la pauvreté Populations vulnérables Actions de développement social Actions de Solidarité et de Lutte contre la pauvreté du MDSSPA en a) Améliorer l accès des plus démunis et des personnes défavorisées aux services sociaux de base b) Promouvoir l intégration socio économique des personnes âgées et des personnes handicapées Actions spécifiques en faveur d autres couches Actions de l UNICEF Effets globaux des actions Conclusion Chapitre II Analyse descriptive des différents postes de transferts Répartition de l échantillon Situation d enfants vulnérables Sources de revenus suivant les caractéristiques du Chef de Ménage Sources de revenus des ménages selon le groupe Socioéconomique (GSE) du CM Sources de revenus des ménages selon l âge du CM Sources de revenus des ménages par milieu de résidence du CM Sources de revenus des ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Revenus selon le niveau de pauvreté du ménage Part des transferts dans le revenu selon les caractéristiques du ménage Part des transferts dans le revenu du ménage par sexe du CM et du niveau de pauvreté Part des transferts dans le revenu du ménage par milieu et niveau de pauvreté Part des transferts dans le revenu du ménage selon le nombre d enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté
6 2.4.4 Part des transferts effectués dans les revenus des ménages par région et niveau de pauvreté Part des transferts effectués dans le revenu du ménage par sexe du CM et niveau de pauvreté Part des transferts effectués dans le revenu du ménage par milieu et niveau de pauvreté Part moyenne des transferts effectués dans le revenu du ménage selon le nombre d enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté Balance des transferts reçus et des transferts effectués Cadeaux reçus en nature Valeur moyenne des cadeaux reçus en nature par les ménages selon la région Valeur moyenne des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le sexe du CM Valeur moyenne (en FCFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le niveau de pauvreté Valeur moyenne (en F CFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le milieu de résidence du ménage Valeur moyenne (en FCFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Types d aide des ménages en période difficile Actions prioritaires pour lutter contre la pauvreté selon la population Dépenses courantes des ménages Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le niveau de pauvreté Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le milieu de résidence Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon la région Dépenses courantes annuelles totales des ménages selon le niveau de pauvreté et le sexe du Chef de ménage Dépenses courantes annuelles totales des ménages selon le niveau de pauvreté et le milieu de résidence Chapitre III Transferts et pauvreté du ménage Méthodologie Unité d analyse et sources des données Méthode dite de l énergie nutritive Pauvreté monétaire Définition de la pauvreté monétaire Hypothèse de travail Calcul du seuil de pauvreté Pauvreté monétaire avec transferts Chapitre IV Conclusion générale et recommandations Conclusion générale Institutions publiques et privées garantes de la solidarité collective Rôle des transferts pour les ménages Transferts comme facteurs de réduction de la pauvreté des ménages Recommandations à la lumière des résultats Recommandations Générales a) Garantir les transferts et la sécurité économique entre générations b) Encourager sans cesse les politiques de l Etat c) Trouver une solution au problème de réponses comportementales d) Faire des transferts publics, un facteur de protection et de promotion
7 e) Faire des transferts entre ménages des réponses collectives aux risques Recommandations spécifiques Perspectives d études et de recherches Bibliographie ANNEXES A.1 Méthodologies d analyse de la pauvreté A.1.1 Considérations générales A.1.2 Méthode du coût des besoins de base A.2 Graphique de l évolution de la croissance à long terme du Mali A.3 Tableaux d analyse A.3.1 Part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage selon le nombre d'enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté A.3.2 Part moyenne (en %) des transferts effectués dans le revenu du ménage par milieu et le niveau de pauvreté A.3.3 Répartition des ménages selon la balance des transferts par région A.3.4 Pauvreté des ménages selon le milieu de résidence A.3.5 Répartition de l'échantillon des ménages selon la Classe d'âge du CM A.3.6 Statut matrimonial du chef de ménage A.3.7 Tableau croisé Statut matrimonial du chef de ménage * Sexe du chef de ménage A.4 Tableau indicateurs EDS III ET EDS IV et graphique évolution de l incidence de la pauvreté monétaire et du taux de croissance du PIB A.4.1 Quelques indicateurs issus des EDS M III et EDS M IV A.4.2 Evolution de l incidence de la pauvreté et du taux de croissance du PIB
8 Sigles et Abréviations AGR : Activité Génératrice de Revenu CM : Chef de Ménage CSCRP : Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté CSLP : Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté DNDS : Direction Nationale du Développement Social DNPD : Direction Nationale de la Planification du Développement DNPSES : Direction Nationale de la Protection Sociale et de l Economie Solidaire DNSI : Direction Nationale de la Statistique et de l Informatique EDS : Enquête Démographique de Santé ELIM : Enquête Légère Intégrée auprès des Ménages EMEP : Enquête Malienne d Evaluation de la Pauvreté EPV : Education pour la Vie FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine GSE : Groupe Socioéconomique IIED : Institut International pour l Environnement et le Développement INPS : Institut National de Prévoyance Sociale MDSSPA : Ministère du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Âgées ODHD/LCP : Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement ONG : Organisation Non Gouvernementale PCD : Promotion d une Culture de Droits PEVAEN : Protection de l Enfant contre toutes formes de Violence, Abus, Exploitation et Négligence PIB : Produit Intérieur Brut PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PRODESS : Programme de Développement Sanitaire et Social PTF : Partenaire Technique et Financier QRD : Questionnaire Revenu/Dépense QUIBB : Questionnaire des Indicateurs de Base du Bien-être SE : Section d Enumération SDJE : Survie et Développement de la Jeune Enfance SIDA : Syndrome de l'immunodéficience Acquise UNDAF: United Nations Development Assistance Framework UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l Enfance VIH : Virus de l'immunodéficience Humaine 8
9 Résumé analytique Au Mali comme dans la plupart des pays africains, le social occupe une place très importante dans les habitudes courantes. En effet, la famille constitue une sorte de garantie sociale qui transmet à chacun un certain nombre de règles, notamment l entraide et la solidarité. Pour cette dernière, l Etat en a fait une pratique nationale en y consacrant chaque année le mois d octobre, mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion. La pauvreté reste particulièrement rurale et la croissance assez volatile à court, moyen et long termes. L économie malienne est essentiellement agropastorale et reste tributaire des aléas climatiques. Elle reste aussi très vulnérable aux chocs exogènes (chute des prix du coton, hausse des prix du pétrole, chute du dollar américain par rapport à l euro, hausse des prix des importations de denrées alimentaires, crise ivoirienne, etc.). Sur la période , la croissance malienne a atteint 3,1 % par an en moyenne. Il en est résulté une faible croissance du revenu par tête : environ 0,8 % (la croissance annuelle de la population résidente étant de 2,3 % dans cette période, et la croissance naturelle de la population de 3,4 %). La croissance agricole a été plus faible, de l ordre de 2,5 %. La part du secteur agricole au sens large (y compris l élevage, la pêche, la foresterie, etc.) était de 67 % du PIB en 1967 et de 48 % en Depuis la dévaluation du FCFA de 1994, la croissance malienne se situe à 1,5 % au dessus de sa tendance de long terme. Entre 2002 et 2006, le taux de croissance moyen était de 5,1 % selon le dernier rapport de mise en œuvre du CSLP I. Une des caractéristiques de cette croissance est donc d être volatile, car elle dépend toujours de façon cruciale de la croissance dans le secteur agricole. Au Mali, l incidence de la pauvreté monétaire suivant la méthode de l énergie nutritive est est passée de 68,3% en 2001 à 64,4% en Sur la même période, la pauvreté des conditions de vie est passée de 64% à 58%. L objectif de cette étude était de chercher à savoir comment les transferts de revenus affectent la pauvreté des ménages, en tenant compte spécifiquement du nombre d enfants de moins de 18 ans, des femmes chefs de ménage et de l âge du CM. L étude a été réalisée grâce aux données de l Enquête Légère Intégrée auprès des Ménages (ELIM) 2006 qui ont été collectées au niveau national entre juillet et novembre 2006 par la DNSI avec l appui technique et financier de la Banque mondiale et de l Union européenne. En effet, l enquête comporte un module revenu/dépenses dans lequel se trouvent les transferts (privés reçus/effectués, et publics). Il ressort de l analyse que 16,50% des revenus des ménages proviennent des transferts privés. Ils représentent la troisième source de revenus des ménages après les revenus de vente de produits agricoles (43,40%) et les salaires et revenus des activités non agricoles (35%). Les transferts privés reçus bénéficient plus aux ménages dont le CM est femme. Ils sont plus élevés en moyenne en milieu urbain et pour les ménages ayant 18 enfants et plus pour les ménages pauvres. La part moyenne des transferts dans le revenu est plus importante pour les ménages pauvres en milieu urbain et pour les ménages non pauvres en milieu rural. Elle est plus élevée pour les ménages non pauvres dont le CM est femme. Les ménages ayant 18 enfants et plus ont une part 9
10 moyenne plus élevée. Plus spécifiquement de ceux non pauvres ayant 8 à 12 enfants et de ceux pauvres ayant 18 enfants et plus ont une part moyenne plus élevé. Les transferts publics représentent 1,70% des revenus des ménages. Ils bénéficient plus aux ménages en milieu urbain et plus à ceux dont le CM est femme et à ceux ayant moins de cinq enfants. Les transferts effectués par les ménages sont relativement faibles (1,50%) en part moyenne dans le revenu des ménages. Mais en moyenne, ils sont plus élevés dans le revenu des ménages non pauvres, ceux ayant moins de cinq enfants, ceux dont le CM est homme et ceux vivant en milieu urbain. Les ménages dont le CM est une personne âgée bénéficient plus des transferts de revenus (pour les transferts publics 3,85% et 22,19% pour les transferts privés reçus, contre respectivement 0,85% et 14,24% pour les ménages dont le CM est adulte), notamment des transferts publics plus que les ménages dont le CM est adulte. La famille, les amis et le voisinage sont les principaux recours des ménages en cas de difficultés ; la famille étant toujours privilégiée en premier pour la majorité des ménages. Pauvreté monétaire avec transferts La dépense de consommation totale avec transferts respectivement sans transferts est l agrégat qui a servi à déterminer le seuil de pauvreté avec transferts ou sans transferts. Elle correspond à la dépense totale de l enquête. En répartissant les ménages selon le niveau de pauvreté, on crée à l évidence deux groupes : les pauvres et les non pauvres. Cette répartition peut dépendre du milieu de résidence (urbain et rural) et du nombre d enfants de moins de 18 ans. Ainsi, au total, les ménages non pauvres représentent 52,6%, contre 47,4% pour les ménages pauvres. En tenant compte du milieu, les résultats montrent que 74,5% des ménages non pauvres vivent en milieu urbain, contre 25,5% pour les pauvres. Par contre en milieu rural, les ménages pauvres représentent 57,6% contre 42,4% pour les non pauvres. Ce qui confirme le caractère rural de la pauvreté. Les ménages ayant moins de 5 enfants sont composés de 71,8% de non pauvres contre 28,2% de ménages pauvres. Les ménages ayant 5 à 7 enfants, 51,5% sont non pauvres contre 48,5% pauvres. Pour les ménages ayant 13 à 17 enfants, 31,5% sont non pauvres et 68,5% pauvres. Enfin, pour les ménages ayant 18 enfants et plus, 30,9% sont non pauvres et 69,1% pauvres. Au total, 28,3% des ménages ont un Chef Ménage (CM) personne âgée, contre 71,7% dont le CM est adulte. La pauvreté frappe plus les ménages dont le chef est une personne âgée : 74,4% des ménages non pauvres sont dirigés par des chefs adultes contre 25,6% des ménages non pauvres ayant un CM personne âgée. Par contre, les ménages dont le CM est adulte constituent 68,6% des pauvres, contre 31,4% des ménages de CM personne âgée. Autrement dit, les ménages dont le CM est une personne âgée sont plus nombreux chez les ménages pauvres que chez les ménages non pauvres. Les ménages dont le CM est un indépendant agricole sont majoritaires aussi bien chez les ménages pauvres que chez les ménages non pauvres. Ainsi, on note que 41,5% des ménages dont le CM est un indépendant agricole est non pauvre, contre 67,7% pour les pauvres. 10
11 Pauvreté monétaire sans transferts La dépense totale sans transferts est obtenue en déduisant les transferts privés et publics de la dépense totale. Une dépense totale par tête sans transferts est obtenue à partir du même seuil de pauvreté de référence de francs CFA. Lorsqu on enlève les transferts des revenus des ménages, on trouve que le nombre de ménages pauvres augmente, passant d environ 47,4% à 63,3%. Par contre le nombre de ménages non pauvres diminue, passant de 52,6% à 36,7%. On en déduit une augmentation du niveau de pauvreté chez les ménages pauvres dans l ordre de seize points due aux transferts. Les ménages ayant de 13 à 17 enfants sont les plus pauvres de tous les ménages ayant des enfants de moins de 18 ans. Sans transferts, les ménages ayant moins de 5 enfants sont majoritairement non pauvres en tenant compte des différentes classes d âges ici considérées. En effet, les ménages non pauvres ont en majorité moins d enfants que les ménages pauvres. Les résultats montrent que 48% des ménages dont le CM est femme sont pauvres sans transferts, contre 64,2% pour les ménages dont le CM est femme. Pour 52% des ménages dont le CM est femme sont non pauvres sans transferts. Ils montrent aussi que le nombre de ménages pauvres sans transferts augmente très sensiblement, surtout en milieu rural (78,1% en milieu rural contre 29,6% en milieu urbain). Ceci justifie aisément le fait que ce sont les ménages ruraux qui bénéficient plus des transferts en moyenne. Sans transferts, le nombre de ménages pauvres augmente sensiblement. Ce résultat reste valable lorsque l ont tient compte de la région, du nombre d enfants de moins de 18 ans, du sexe, du Groupe Socioéconomique (GSE) et de l âge du CM. L impact des transferts sur le niveau de pauvreté se révèle assez significatif sur le nombre de ménages pauvres. Ainsi, lorsqu ils ne reçoivent pas de transferts privés et publics, le nombre de ménages pauvres augment de seize points. Cela est d autant révélateur de l impact des transferts, dans la mesure où ils représentent un peu moins de 20% des revenus des pauvres et plus de 22% des revenus des non pauvres en milieu rural. A la lumière des résultats ici obtenus, un certain nombre de conclusions se dégagent. Elles permettent de formuler des recommandations de politique économique et sociale. Institutions publiques et privées garantes de la solidarité collective Pays de solidarité et d entraide, le Mali continuera d œuvrer en faveur de ses populations et des couches les plus vulnérables. En effet, comme instruments de politiques, les transferts publics, privés reçus ainsi que les transferts effectués se révèlent comme d importants leviers de réduction de la pauvreté. Ainsi donc, les données de l ELIM 2006 ont permis d analyser leur lien en termes de réduction de la pauvreté pour les ménages aussi bien en milieu urbain qu en milieu rural. L UNICEF œuvre depuis plus de trente ans au Mali en faveur des enfants et des femmes. Cette présence est toujours marquée par un ensemble d actions en faveur de ces couches vulnérables à travers un ensemble de programmes de développement. Il œuvre aussi dans d autres domaines du développement, notamment l appui à la mise en œuvre du Schéma Directeur de la Statistique et la mise en place de la base de données socioéconomiques Malikunnafoni Rôle des transferts pour les ménages De nos résultats d analyse, il ressort que les transferts effectués par les ménages sont relativement faibles en part moyenne dans le revenu des ménages (1,51 %). Mais en moyenne, ils sont 11
12 relativement plus élevés dans le revenu des ménages non pauvres (1,75%), ceux ayant moins de cinq enfants, ceux dont le CM est homme et ceux vivant en milieu urbain. Les transferts publics bénéficient plus aux ménages en milieu urbain (4,05%) et plus à ceux dont le CM est femme (8,75%) et à ceux ayant moins de cinq enfants (2,38%). Les transferts privés reçus bénéficient plus aux ménages dont le CM est femme (25,89%). Ils sont plus élevés en moyenne en milieu rural (17,84%) et pour les ménages ayant 18 enfants et plus (21,66%) et pour les ménages pauvres (17,73%). Ainsi dit, on se rend compte de ce que peut représenter la solidarité familiale pour les ménages, particulièrement en milieu rural. La région de Kayes est celle où les transferts représentent une part moyenne plus élevée des revenus des ménages (31,05%), surtout dans le revenu des ménages non pauvres (36,01%). Aussi, dans les régions de Tombouctou-Gao-Kidal, Koulikoro, Mopti et Ségou, la part moyenne des transferts est plus élevée, soit respectivement 28,08%, 23,10%, 21,09% et 14,73%. C est surtout les ménages non pauvres qui ont la part moyenne plus importante des transferts dans le revenu par rapport aux ménages pauvres quelle que soit la région ou le milieu de résidence. En tenant compte du milieu de résidence du ménage, la part moyenne des transferts dans le revenu est plus importante pour les ménages pauvres en milieu urbain (22,56%) et pour les ménages non pauvres en milieu rural (20,99%). Elle est plus élevée pour les ménages non pauvres dont le CM est femme (35,11%). Définie comme la différence entre les transferts reçus et les transferts effectués, la balance des transferts est positive pour 42,7% des ménages. En d autres termes, près d un ménage sur deux au Mali, reçoit plus de transferts qu il n en donne. En tenant compte du sexe du CM, la balance des transferts est davantage positive pour les ménages dirigés par les femmes (61,6%) comparativement aux ménages dont le chef est de sexe masculin ((41,6%). Transferts comme facteurs de réduction de la pauvreté des ménages Jusqu ici, les analyses effectuées sur la pauvreté monétaire ont utilisé l approche ou la méthode dite de l énergie nutritive. Les résultats de cette méthode tels qu ils ressortent du rapport sur les tendances et déterminants de la pauvreté de septembre 2007 sont retenus dans cette étude. Mais, cette pauvreté concerne les individus. Ainsi les indices de pauvreté calculés donnent le nombre d individus pauvres. Cependant, cette étude a porté sur le nombre ou le pourcentage de ménages pauvres et non pauvres. Lorsque l on tient compte des transferts, le pourcentage de ménages pauvres quel que soit le nombre d enfants, le sexe du CM et le GSE, est relativement plus élevé (47,40%). Ce sont surtout les ménages dont le CM est indépendant agricole qui sont les plus touchés par la pauvreté (77,1%). Aussi plus le nombre d enfants augmente plus le nombre de ménages pauvres augmente, soit de 44,5% pour les ménages ayant moins de 5 enfants, 77,5% pour les ménages ayant 8 à 12 enfants et 79,6% pour les ménages ayant 18 enfants et plus. Sans les transferts privés et publics dans les dépenses totales ou les revenus, le nombre de ménages pauvres augmente sensiblement (63,3%). Ce résultat reste valable lorsque l on tient compte de la région, du nombre d enfants de moins de 18 ans, du sexe, du GSE et de l âge du CM. En effet, l impact des transferts sur le niveau de pauvreté se révèle assez significatif sur le nombre de ménages pauvres. Ainsi, lorsqu ils ne reçoivent pas de transferts privés et publics, le nombre de ménages pauvres augmente de seize points. Les résultats trouvés permettent, au vue de leurs implications de formuler quelques recommandations de politiques économiques et sociales ; d ordre général et d ordre spécifique. 12
13 De façon spécifique, le nombre d enfants trop grandissant, étant une pesanteur favorisant la pauvreté, une recommandation forte doit être faite à l intention du Gouvernement et des partenaires techniques et financiers pour appuyer la politique nationale de population engagée par le gouvernement depuis lors. Il ressort de l analyse des données que les femmes chef de ménages pauvres reçoivent plus de transferts. Ces transferts ayant une influence sur le niveau de pauvreté des ménages, il est recommandé que les appuis des intervenants (Etat ; ONG et PTF) soient orientés en faveur de cette tranche de la population. Un autre enseignement de l analyse des données montre que, les personnes âgées, particulièrement pauvres reçoivent plus de transferts publics. Fort, de cela, l étude recommande un renforcement des actions déjà prises pour soulager les conditions de vie des personnes âgées, notamment le financement du plan stratégique pour les personnes âgées pour la période En appui aux transferts monétaires publics et privés, l Etat doit développer l accès aux services sociaux de base et la réalisation d infrastructures garantissant les potentialités qui assurent le développement socioéconomique de chaque zone du pays. Sans transferts, la pauvreté pourrait bien augmenter au Mali. Cette augmentation se fera plus sentir en milieu rural (78,1% sans transferts contre 57,6% avec transferts). Il est donc clair que les transferts contribuent à réduire la pauvreté monétaire. Toutefois, les transferts posent le problème des relations entre générations. Les résultats ici trouvés ouvrent de nouvelles perspectives en termes de recherche sur l impact des transferts sur les conditions de vie des générations. Chaque type de transferts peut faire l objet d une étude. Aussi, les transferts ne sont pas que monétaires ou financiers. Ils peuvent se présenter sous la forme de legs en capital physique aux générations futures. 13
14 Introduction La pauvreté touche environ un cinquième de l humanité. Elle n est pas seulement une condition mais un processus multidimensionnel très complexe. Elle se caractérise habituellement par la privation, la vulnérabilité (risques élevés et faible capacité à y faire face) et l impuissance (Lipton et Ravallion, 1995 ; Sen, 1999), autant de conditions qui altèrent le bien-être. Elle peut être chronique ou passagère 1. Mais la pauvreté passagère, si elle est extrême, peut prendre plusieurs générations d individus dans son piège. Ceux qui sont exclus recourent à toutes sortes de stratégies pour atténuer et vivre sans pauvreté. Heureusement, certains ont la possibilité de compter sur les siens ou sur l Etat. Pour comprendre la pauvreté, il est essentiel d en examiner le contexte économique et social, y compris les institutions de l État, des marchés, des communautés et des ménages (familles). La pauvreté diffère selon le sexe, l ethnie, l âge, le lieu d habitation (rural ou urbain), les sources de revenus et les capacités de ceux qu elle affecte. En outre, dans les ménages, les enfants et les femmes en souffrent souvent davantage que les hommes. Au sein d une communauté, les groupes ethniques ou religieux minoritaires sont souvent plus touchés que les groupes majoritaires, et les pauvres ruraux sont plus nombreux que les pauvres urbains. Certains bénéficient des transferts de revenus et d autres de la solidarité intergénérationnelle entre groupes. Ces différences parmi les pauvres traduisent des interactions très complexes des cultures, des marchés et des politiques publiques. La distribution équitable de revenu au sein d une communauté traduit à la fois la volonté des ménages d améliorer la situation des siens et de l Etat de contribuer à l amélioration des conditions de vie des couches les plus défavorisées. Parmi celles-ci, les femmes et les enfants sont les plus visés. Une attention particulière est portée à cette couche par des organismes spécialisés, notamment l UNICEF qui œuvre pour l amélioration de leurs conditions de vie. Jusqu ici, le revenu ou la consommation dans ses principales composantes apparaît comme le meilleur indicateur d évaluation de la pauvreté monétaire. Son augmentation doit se traduire par une croissance économique et une baisse de la pauvreté. En effet, les relations entre pauvreté, croissance économique et distribution du revenu ont fait l objet d études approfondies dans la littérature économique. La pauvreté absolue peut être atténuée si au moins deux conditions sont réunies. Premièrement, il doit y avoir une croissance économique ou augmentation durable du revenu moyen. Deuxièmement, la croissance économique doit être neutre eu égard à la distribution du revenu ou être capable de réduire les inégalités de revenus. En général, la pauvreté ne peut pas être réduite s il n y a pas de croissance économique. Si elle persiste pour une proportion substantielle de la population, elle peut nuire aux perspectives de croissance économique (Ravallion et Datt, 1999). D autre part, la distribution initiale du revenu (et de la richesse) peut grandement influer sur les perspectives de croissance et de réduction de la pauvreté de masse. Une distribution très inégale du revenu n est propice ni à la croissance économique, ni à la réduction de la pauvreté. Si les pays se dotent de structures d incitation accompagnées d investissements propres en assurant l amélioration de la santé et de l éducation, ils peuvent déboucher sur une hausse des revenus, les pauvres en tireront un double avantage sous forme d une augmentation de leurs consommations actuelles et de leurs revenus futurs. 1 Khan, Finances & Développement / Décembre
15 Dans une famille, on reçoit de ses parents et on donne à ses enfants ; la solidarité est immergée dans la relation interpersonnelle. Le cadre de la solidarité intergénérationnelle est accompli par l État-providence. Chaque génération donne à celle qui précède en recevant de celle qui la suit. La solidarité devient un enjeu social et politique (Attias-Donfut, 1995a). Cependant, dans la conjoncture actuelle, les familles et les solidarités intergénérationnelles ne peuvent plus être appréhendées avec les mêmes paramètres que celles d hier (Ségalen, 1995 ; Pitrou, 1992 ; 1991). En l occurrence, le Mali est un pays où la solidarité familiale fait partie des pratiques courantes. Le social tient une place importante dans la vie d un malien 2. Cela implique que, les transferts reçus et effectués par les ménages peuvent se révéler avoir un effet très important sur leur niveau de pauvreté. Aussi, le fait que le mois d octobre soit consacré mois de la solidarité justifie la prise de conscience politique de cette dimension sociale dans les habitudes maliennes. Ainsi de nombreux maliens reçoivent, aussi bien dans les villes que dans les campagnes, des transferts et cadeaux en natures ou espèces provenant des autres et des autorités publiques. Ces transferts bénéficient plus particulièrement aux ménages ayant des enfants de moins de 15 ans et aux femmes, aux personnes handicapées et âgées. L Etat à travers ses actions de solidarité se porte garant des solidarités entre générations. La pauvreté serait certainement tout autre s il n existait ni prestations sociales, ni écoles publiques, ni assurance maladie, etc. Les revenus de transferts et la gratuité de certains biens sont une composante importante des ressources des plus pauvres. L Observatoire cherche à savoir dans quelle mesure et de quelle manière les transferts de revenus (privés et publics) contribueraient à réduire la pauvreté au Mali. À cet effet, les transferts sociaux à travers les prestations sociales versées aux ménages peuvent jouer un rôle essentiel dans la diminution à la fois du nombre de personnes pauvres et de l intensité de leur pauvreté. L ELIM 2006 comporte un module sur les transferts de revenus des ménages 3. Il s agit à la fois des transferts reçus et des transferts versés. Les données de cette enquête serviront à cette étude ; plus spécifiquement, le Module Crédit et Epargne : Cadeaux reçus en nature ; le module Revenu du ménage ; Transferts du ménage ; le module QUIBB : Possessions et Problèmes du ménage (événements spéciaux) ; et Pauvreté subjective/exclusion. La présente étude vise à analyser l impact des transferts de revenus sur la pauvreté des ménages à partir des données de l ELIM Le rapport comprend quatre chapitres. Le premier chapitre porte sur le contexte de l étude et passe en revue un certain nombre de concepts, dont ceux de revenus, de transferts, et décrit le rôle des transferts dans la lutte contre la pauvreté. Il met l accent sur les actions de développement social. Le deuxième chapitre porte sur l analyse descriptive des différents postes liés aux transferts de revenu conformément aux questionnaires ELIM Le troisième porte sur l analyse de l impact des transferts sur la pauvreté des ménages. Le quatrième et dernier chapitre porte sur les conclusions et recommandations à la lumière des résultats obtenus. 2 Cependant il est difficile de dire jusqu à combien coûte le social pour un malien en terme de redistribution de revenu. 3 Les transferts ont été pris en compte dans le questionnaire des Revenu/dépenses (QRD) de cette même enquête. 15
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17 Chapitre I Contexte de l étude Au Mali comme dans la plupart des pays africains, le social occupe une place très importante dans les habitudes courantes. En effet, la famille constitue une sorte de garantie sociale qui transmet à chacun un certain nombre de règles, notamment l entraide et la solidarité. Pour cette dernière, l Etat en a fait une pratique nationale en y consacrant chaque année le mois d octobre, mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion. Mais malgré cette forte intégration sociale, le Mali n a pas toujours connu une situation socioéconomique assez stable. En effet, la pauvreté reste particulièrement rurale et la croissance assez volatile à court, moyen et long termes. En outre, pour comprendre la pauvreté, il est essentiel d en examiner le contexte économique et social, y compris les institutions de l État, des marchés, des communautés et des ménages (familles). Elle diffère selon le sexe, l ethnie, l âge, le lieu d habitation (rural ou urbain), les sources de revenus, voire les capacités de ceux qu elle affecte. Ce chapitre décrit le contexte socioéconomique, en mettant l accent sur les généralités sur le Mali, un accent particulier sur le profil de la pauvreté et sur la croissance économique. Quelques définitions relatives à la répartition du revenu et aux transferts seront données. Un accent sera mis sur la dimension sociale des transferts, le rôle des transferts dans la lutte contre la pauvreté, surtout pour les populations vulnérables. Enfin, les actions de développement social, notamment celles du Ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Âgées (MDSSPA) et de l UNICEF seront évoquées. 1.1 Généralités sur le Mali D une superficie de km², le Mali est un pays vaste situé dans l hinterland au cœur de l Afrique de l Ouest. Il partage plus de km de frontières avec 7 pays limitrophes, à savoir : l Algérie au nord, le Niger et le Burkina Faso à l est, la Côte d Ivoire et la Guinée - Conakry au sud, le Sénégal et la Mauritanie à l ouest. Cette position fait du Mali un pays charnière entre l Afrique du nord arabo berbère et l Afrique noire subsaharienne. Le climat est sec avec une saison sèche et une saison des pluies qui dure en moyenne 3 mois au sud et 1 mois au nord. Les précipitations se situent entre 1300 et 1500mm au sud, tandis que la moyenne est de l ordre de 200mm. Sur le plan hydrologique, le Mali est arrosé par les fleuves Sénégal (800km) et Niger (1700 km) et leurs affluents et confluents. Le Mali s est engagé depuis 1992 dans un vaste processus de décentralisation et de déconcentration qui marque la volonté irréversible des autorités du pays à responsabiliser les populations dans la gestion de leur propre développement. Ce processus a permis de remodeler le paysage administratif du Mali en 703 Communes (dont 607 rurales et 96 urbaines), 49 Cercles, 8 Régions et 1 District (Bamako). Ce nouveau découpage administratif du pays est propice à la conception et à la mise en œuvre d actions de développement répondant mieux aux préoccupations des communautés de base 4. Selon les résultats du dernier Recensement Général de la Population et de l Habitat (RGPH) de 1998, la population totale résidente du Mali était estimée à 9,810 millions d habitants dont 50,5% de femmes et 49,5% d hommes. L espérance de vie à la naissance était de 60,5 ans pour 4 Plan décennal pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) , Août 2007, République du Mali. 17
18 l ensemble de la population, avec 62,2 ans pour les femmes et 58,8 ans pour les hommes. Les jeunes de moins de 15 ans représentaient 46,3% en La densité de la population est de 9,4 habitants au kilomètre carré. L espérance de vie à la naissance est d environ 65,4 ans pour les hommes te 67,2 ans pour les femmes. Cette population croît au taux annuel moyen de 2,2%. Bamako la capitale a une population estimée à habitants. La majeure partie de la population vie en milieu rural. Avec 50,4% de femmes, la population est essentiellement constituée de jeunes et d enfants : 58,5% ont moins de 20 ans, 49% moins de 15 ans, 19,8% moins de 5 ans et 15,7% sont âgés de 5 à 9 ans. Cette situation est en partie liée au fait que l émigration masculine est forte ; les flux migratoires sont importants aussi bien à l intérieur du pays qu à l extérieur, en Afrique, en Europe, en Amérique et plus récemment en Asie. Selon les projections faites sur la base de ces données dans le cadre de l élaboration du Plan décennal d atteinte des OMD, la population malienne s élevait déjà à 12,0511 millions d habitants en 2006 et devrait atteindre 13,415 millions en 2010 et 15,374 millions en Cet élan démographique donne une idée de l importance des besoins à satisfaire en matière d alimentation, de santé, d eau potable, d éducation et d emploi, etc. La situation politique et sociale du pays s est sensiblement améliorée au cours de la décennie coulée. Ainsi, depuis 1992 des élections démocratiques (présidentielles, législatives et communales) sont organisées dans un climat politique consensuel et apaisé. Ce qui a permis d assurer l alternance du pouvoir dans la stabilité socio - politique. En effet, en 2007, des élections présidentielles et législatives apaisées, transparentes, justes et crédibles ont été organisées avec succès. Sur huit (08) candidats à l élection présidentielle (29 avril 2007) dont une femme, le candidat Amadou Toumani TOURE (ATT), qui s était présenté pour un dernier mandat, a vaincu avec 71,2% des suffrages exprimés au premier tour. A l issue des élections législatives, la nouvelle Assemblée Nationale a été renouvelée à 80%. L implication et la participation de toutes les formations politiques au processus électoral a permis de rompre avec le «consensus» qui a dominé le premier mandat du Président de la République. Une opposition parlementaire a fait son apparition. Le Cadre Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté (CSLP I) de première génération a été mise en œuvre sur la période Cette mise en œuvre a abouti à l élaboration du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) ou CSLP II ou de deuxième génération qui se focalise sur l objectif d une croissance forte, rédistributive et réductrice de la pauvreté sur la période Il tient compte des acquis du CSLP I et s appuie sur la stratégie de croissance accélérée et sur le plan décennal des OMD pour la période Evolution de la pauvreté Le Mali a connu de 1988 à 1994 une diminution de la pauvreté tant dans les villes que dans les campagnes. Sur la même période, l incidence de la pauvreté est passée de 72,68% à 68,84%. En 2001, l incidence de la pauvreté monétaire était de 68,26%. Or, l objectif du Mali était conformément à l objectif du CSLP I, de ramener l incidence de la pauvreté des conditions de vie de 63% en 2002 à 47,5% en 2006, et, de pouvoir réduire la pauvreté de moitié à l horizon L évolution de la pauvreté a certainement été déterminante dans l orientation future que les autorités ont voulu donner aux politiques nationales. Ainsi, les pouvoirs publics ont mis la lutte contre la pauvreté au centre des préoccupations de développement. 18
19 La pauvreté est un phénomène multidimensionnel. Pour la mesurer, la plupart des chercheurs font recourt à des indicateurs unidimensionnel. Pour la pauvreté monétaire par exemple, on fait généralement recourt aux dépenses de consommation ou au revenu. Les transferts de revenus sont une composante des revenus globaux des ménages. Ils ont un impact sur leur niveau de bien-être et donc sur leur niveau de pauvreté monétaire. Les estimations de l Observatoire du Développement Humain Durable à partir des données de l EMEP 2001 montrent un recul de l incidence de la pauvreté monétaire de 3 points environ entre 2005 et 2006, respectivement de 59,16% à 55,97% (pour un seuil estimé à FCFA en 2005 à un seuil estimé de FCFA en 2006). Toutefois, il faut rappeler que l incidence attendue pour la fin du CSLP I en 2006 était fixée à 47,5%. Elle semble visiblement trop ambitieuse compte tenu du rythme de réduction de la pauvreté. Cette baisse de l incidence en 2006 est principalement due aux efforts remarquables du Gouvernement et des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) dans l accompagnement du Cadre Stratégique de Lutte contre la pauvreté 5. Les revenus des ménages peuvent provenir de leur travail, de leur patrimoine, de l intervention publique (politiques de redistribution ou transferts publics) 6, des transferts à l intérieur même des ménages et bien d autres sources. Les transferts peuvent être reçus ou effectués par les ménages. Pour ce dernier cas, ils dépendent des liens sociaux et du degré d altruisme de chaque ménage. Ces transferts ont un impact sur leur niveau de bien-être et donc sur leur pauvreté. Toutefois, l importance des transferts peut varier d un ménage à l autre 7. En outre, la redistribution des revenus en faveur des plus pauvres est d abord, et dans une toute autre mesure, le fait des aides sociales Profil et stratégie de croissance économique Le profil et la stabilité de la croissance économique dans un pays comptent beaucoup dans la réduction de la pauvreté. D un côté, une croissance traditionnelle à forte intensité de capital, centrée sur le remplacement des importations et favorisant les zones urbaines induite par la politique du gouvernement concernant les prix, les échanges et les dépenses publiques, ne permet généralement pas de réduire la pauvreté. De l autre côté, une croissance centrée sur l agriculture là où la propriété foncière est peu concentrée et où l on emploie des méthodes à forte intensité de main-d œuvre a presque toujours contribué à atténuer la pauvreté (Gaiha, 1993 ; Datt et Ravallion, 1998). Enfin, un repli marqué de la croissance résultant de chocs et d ajustements peut accroître l incidence de la pauvreté ; et même lorsque la croissance reprend, cette incidence ne diminuera pas nécessairement si la crise a renforcé l inégalité. L économie malienne est essentiellement agropastorale et reste tributaire des aléas climatiques. En effet, le climat est un facteur structurel limitant les performances de la croissance de l économie. La majeure partie de la population se situe en milieu rural, zone où se concentre la majorité des pauvres. Une amélioration des précipitations climatiques entraine, à bien des égards, une augmentation de la production agricole, et donc de la croissance. La croissance est aussi volatile et instable que les résultats du secteur primaire. Aussi, elle reste très vulnérable aux chocs 5 Rapport de mise en œuvre 2006 du CSLP I, juin De nombreux travaux, y compris en comparaison internationale, utilisent une mesure de la pauvreté «avant transferts» et de la pauvreté «après transferts» pour mesurer l impact des politiques de redistribution. 7 Les transferts financiers au sens de la balance des paiements qui tiennent compte des transferts de capitaux ne sont pas concernés dans ce travail. Toutefois, les transferts privés tiennent compte des transferts des migrants à leur famille. 19
20 exogènes (crise ivoirienne, hausse des prix du pétrole, chute des prix du coton, hausse des prix des importations de denrées alimentaires). Sur la période , la croissance malienne a atteint 3,1 % par an en moyenne (Touré, 2001). Il en est résulté une faible croissance du revenu par tête : environ 0,8 % (la croissance annuelle de la population résidente étant de 2,3 % dans cette période, et la croissance naturelle de la population de 3,4 %). La croissance agricole a été plus faible, de l ordre de 2,5 %. La part du secteur agricole au sens large (y compris l élevage, la pêche, la foresterie, etc.) était de 67 % du PIB en 1967 et de 48 % en Selon les données de World Development Indicators (2007) de la Banque Mondiale, cette tendance reste la même sur la période En effet, depuis la dévaluation du francs CFA de 1994, la croissance malienne se situe à 1,5 % au dessus de sa tendance de long terme. Entre 2002 et 2006, le taux de croissance moyen est de 5,1 % selon le dernier rapport de mise en œuvre du CSLP I. Une des caractéristiques de cette croissance est donc d être volatile, car elle dépend toujours de façon cruciale de la croissance dans le secteur agricole. Tableau n 01: Croissance sectorielle et contribution à la croissance PIB secteur primaire (prix constant) Croissance (%) Contribution à la croissance (%) PIB secteur secondaire (prix constant) Croissance (%) Contribution à la croissance (%) PIB secteur tertiaire (prix constant) Croissance (%) Contribution à la croissance (%) ,1-1,5 2,7 0,6 7,1 2,4 Source : DNSI/DNPD, 2007, Rapport sur la situation socioéconomique Jusqu ici, la pauvreté reste élevée et les inégalités grandissantes. La croissance ne semble pas avoir entraîné une baisse de la pauvreté monétaire ou non monétaire. Sur la période , le PIB par tête aux prix de 1987 a augmenté de 27 %, alors que l incidence de la pauvreté a diminué de 5 % 8. L élasticité de la réduction de la pauvreté par rapport à la croissance est donc extrêmement faible, de l ordre de 0,18. Pour des périodes analogues, cette élasticité est en moyenne de -1 pour un échantillon de pays en développement, et de -0,8 pour le Burkina Faso (Operationalizing Pro-poor Growth Research Program, 2005). Aussi, les résultats des recherches de Günther, Marouani et Raffinot (2006) montrent que la croissance au Mali a été légèrement pro-pauvre en milieu urbain, mais moins en milieu rural en raison de la faiblesse des revenus. La stratégie d accélération de la croissance sur laquelle se fonde le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) est d arriver à une croissance moyenne de 7%. En effet, l objectif du CSCRP est d arriver à une croissance distributive dont le taux moyen serait de 7% sur la période Pour ce faire, la stratégie de croissance se fonde sur un certain nombre de créneaux porteurs, notamment le coton dans le cadre de la mise en œuvre du programme National de Développement du Secteur Coton et le secteur minier par un retrait progressif de l Etat au profit du privé. De nouvelles possibilités sont à voir dans les branches de l industrie, du commerce, du tourisme, des fruits/ légumes, des oléagineux/productions de base ; de l artisanat, de la culture, de la jeunesse et du sport. Un accent sera mis sur les infrastructures favorables à la croissance. Il s agit de : l énergie, le transport ; les technologies de l information et 6,6 2,3 8,2 1,7 4,6 1,6 4,3 1,5 8,3 1,8 9,4 3,3 5,7 1,9 1,4 0,3 5,2 1,9 8 Günther, Marouani et Raffinot (2006), Document de travail DIAL, Novembre 20
21 de la communication. La mise en œuvre de programmes dans ces branches conformément aux orientations du CSCRP permettra d accélérer la croissance, afin d atteindre le taux de 7% en moyenne au cours de la période La Stratégie met un accent sur le caractère redistributif de la croissance pour une meilleure réduction de la pauvreté. Ainsi, les transferts peuvent jouer un rôle important dans cette redistribution de la croissance en faveur des plus pauvres. 1.4 Définition de la répartition du revenu En économie, les revenus des agents économiques sont issus de deux types de répartition. La répartition primaire est la répartition de la valeur ajoutée réalisée à travers le marché et qui donne naissance aux revenus primaires. La répartition secondaire est celle qui est opérée par l'etat appelée la redistribution, conduisant à la formation des revenus de transferts. Au delà de ces deux types, les ménages opèrent entre eux d autres types de répartition. Le revenu est une somme d'argent perçue régulièrement par un agent économique. L'ensemble des revenus des agents économiques d'une nation forme le revenu national. Ce revenu national, contrepartie du produit national (PIB), est la somme des revenus primaires versés aux agents qui participent à l'activité économique. Ces revenus primaires se répartissent en deux grandes catégories : les revenus d'activité ou revenus du travail, revenus issus directement de l'activité économique (les salaires, les bénéfices) ; les revenus de la propriété ou revenus du capital : revenus issus indirectement d'une activité, notamment les revenus des placements financiers, les loyers. Les revenus primaires sont issus de l'activité économique et résultats de la croissance du PIB. Ils correspondent au partage de la valeur ajoutée Transferts au sens de la comptabilité nationale Pour réduire les inégalités entre différentes couches de la population, l'état organise la redistribution des richesses. Les revenus de transfert issus de cette redistribution sont versés par l'état et les organismes sociaux aux ménages en fonction du statut des personnes et de leur situation sociale. Pour les ménages, aux revenus primaires viennent s'ajouter les revenus de transfert pour former le revenu disponible. Ainsi donc, au sens de la comptabilité nationale, les transferts sont une partie intégrante du revenu d un ménage. Ils peuvent être reçus ou versés, et être en nature ou en espèce. Les sources des transferts peuvent être publiques et privées Redistribution et différents types de transferts La redistribution est un mécanisme mis en place par l'état qui consiste à prélever des revenus chez certains, par les cotisations sociales et les impôts, pour les redistribuer à d'autres, sous forme d'allocations ou de prestations. Il a essentiellement deux objectifs : de solidarité : assurer une protection sociale à tous les individus contre les aléas de la vie (maladie, chômage, accident de travail) et prendre en charge des situations sociales particulières (naissance, retraite, etc.) ; de justice sociale : réduire les écarts de revenus et les inégalités sociales (prélèvements sur les hauts revenus et transfert sur les revenus modestes). L'État qui assure ce nouveau rôle social de manière croissante est appelé État providence. Les crises économiques remettent en cause les interventions de l'administration. En effet, leurs 21
22 ressources diminuent alors que leurs dépenses ne cessent de croître. Les prélèvements obligatoires 9 et les transferts permettent d assurer la redistribution. On distingue généralement deux types de transferts : les transferts publics et les transferts privés. Les transferts publics sont effectués par l Etat et les organismes sociaux. Les revenus de transfert ou transferts publics sont versés aux ménages par l'état et les organismes sociaux sous forme de prestations sociales pour faire face à des évènements ou des situations sociales particulières. Ces prestations sociales peuvent être classées en cinq catégories : les prestations familiales (les Caisses d'allocations familiales) ; les pensions de retraite (les Caisses de retraite) ; les remboursements de médicaments et les indemnités journalières (les Caisses primaires d'assurance maladie) ; les aides sociales (les collectivités locales et les organismes sociaux). L évolution des revenus de transfert dépend de la volonté des pouvoirs publics à réduire les inégalités sociales et assure une meilleure protection sociale. En effet, la plupart des ménages perçoivent simultanément plusieurs types de revenus. Par exemple, un salarié perçoit chaque mois son salaire (revenu du travail), mais dans le même temps les allocations familiales s'il a deux ou plusieurs enfants (revenu de transfert) et les intérêts de ses placements financiers (revenu du capital). Pour un ménage, le revenu disponible correspond donc à l'ensemble de ses revenus desquels il faut déduire les impôts et les cotisations sociales. Ce revenu à la disposition des ménages sert à consommer et épargner. Toutefois, les transferts peuvent être en nature. C est le cas des dons et cadeaux reçus, qui peuvent être aussi bien publics que privés. 1.5 Différents types de transferts dans l ELIM 2006 Le questionnaire ELIM 2006 définit différents types de transferts. Les modules concernés sont : le Module Crédit et Epargne, Cadeaux reçus en nature, Revenu du ménage, Transferts du ménage ; et le Module QUIBB, Possessions et Problèmes du ménage (événements spéciaux), Pauvreté subjective/exclusion. Les évènements spéciaux (baptême, mariage, décès, funérailles, etc.) font référence aux aides reçues ou les solutions envisagées par le ménage dans des circonstances difficiles. La pauvreté subjective renvoie à l avis du ménage sur sa propre situation ou ses conditions de vie 10. Les transferts sont des opérations réalisées sans contrepartie directe. Il y a les transferts reçus pour lesquels le ménage ne donne rien en échange, et les transferts effectués ou versés qui sont des dépenses que le ménage effectue sans rien recevoir en échange. Ces opérations incluent le transfert d'argent, de bien ou de produit entre le ménage d une part et des personnes qui ne font pas partie du ménage, l'etat ou des organisations de la société civile, d autre part. Les cadeaux reçus en nature par le ménage pour sa consommation sont les produits alimentaires reçus sans contrepartie d un autre ménage. Toutefois, les cadeaux en nature peuvent être aussi non alimentaires. Les revenus considérés sont en fait toutes les rentrées d argent du ménage. Ils peuvent provenir de la vente de produits agricoles ou d élevage, d un salaire, d un bénéfice d une affaire, de la vente d un bien de patrimoine (voiture, maison, etc.), etc. 9 Les prélèvements obligatoires sont les prélèvements que l'état effectue sur les revenus des ménages et des entreprises. Ils sont de deux types : les prélèvements fiscaux : les impôts perçus essentiellement par l'état et les collectivités locales (impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, impôt sur la fortune, CSG - Contribution Sociale Généralisée - et RDS Remboursement de la Dette Sociale) ; les prélèvements sociaux : les cotisations sociales perçues par les organismes de Sécurité sociale. 10 Ce paragraphe fait principalement référence au manuel de l enquêteur, ELIM 2006, DNSI. 22
23 Les transferts du ménage sont des rentrées ou sorties privées d argent du ménage sans contrepartie. Ils sont relatifs par exemple à la pension de divorce à un membre ou non de la famille vivant dans le pays ou à l étranger, aux transferts d un membre ou non de la famille dans le pays ou à l étranger. Les cadeaux et dons offerts à un membre du ménage par un membre du même ménage ne sont pas considérés comme des transferts du ménage. On distingue les transferts publics reçus (pensions et allocations de l INPS, allocations aux vétérans et invalides, etc.) des transferts privés reçus (pension d un divorce, transfert d un parent résidant à l étranger ou dans le pays, transfert d un non parent résidant à l étranger ou dans le pays, etc.). Dans le questionnaire, les transferts publics concernent donc les pensions et allocations de la sécurité sociale, les allocations aux vétérans et invalides, et les autres transferts publics. Ils peuvent concerner par exemple les versements en nature ou en espèce aux personnes âgées lors d évènements spéciaux. Ils peuvent provenir de l Etat ou des organisations de la société civile (ONG, associations, fondations, etc.). 1.6 Dimensions sociales des transferts Le rôle des transferts au sein d une société dénote les relations intergénérationnelles et le souci de l Etat d assurer le bien-être de ses citoyens en assurant une meilleure répartition des revenus. Toutefois, le niveau de l entraide familiale joue un rôle important dans les décisions de transferts entre ménages et entre générations. Dans les sociétés modernes, le sens de circulation des solidarités familiales semblent évoluer. Ce ne sont plus les jeunes qui prennent en charge les besoins économiques de leurs parents âgés. Aujourd'hui, les échanges intergénérationnels s'inscrivent dans des mécanismes circulaires dynamiques et complémentaires. Le développement des aides publiques, en faveur notamment des plus âgés, a grandement remodelé et alimenté les solidarités familiales, qui profitent actuellement aux plus jeunes. Ils cotisent pour la retraite des aînés 11. Le rôle que joue le ministère en charge du développement social dénote l engagement politique en faveur du maintien de la solidarité intergénérationnelle dans un pays. En effet, l'importance des aides publiques et des minima sociaux dans les politiques du vieillissement a permis d assurer la solvabilité des personnes âgées, qui bénéficient, ainsi, par réciprocité, de la contribution qu'elles ont apportées au système lorsqu'elles comptaient parmi les actifs. La réduction relative des inégalités qui en résulte leur permet, du coup, d'aider financièrement leurs propres enfants sous la forme de donations et d'héritages, mais aussi leurs petits-enfants sous la forme d'aides et de dons ponctuels. En réponse à des transferts publics accrus en faveur des personnes âgées, ces dernières procèdent donc, de manière informelle, à un certain rééquilibrage par le recours aux transferts familiaux. Les transferts privés légitiment les solidarités publiques. Au cours de sa vie, chaque individu commence par recevoir des aides de ses parents, qu'il est supposé rembourser en étant actif par le versement indirect des retraites. Durant cette période, il apporte également des aides à ses propres enfants, qui lui seront remboursées ultérieurement durant sa vieillesse. Ce mécanisme perdure à condition que les générations futures adoptent la même réciprocité que les générations précédentes. 11 Cette approche remet en cause l idée d une opposition entre les générations et celle souvent avancée qu'il y aurait d'un côté les nantis et de l'autre les sacrifiés, condamnés à toutes sortes de prélèvements publics en faveur des plus âgés. 23
24 L'entraide familiale et l'aide publique réduisent les inégalités sur le cycle de vie. Pour les jeunes par exemple, les solidarités au sein de la famille, conjuguées aux facilités apportées par les politiques scolaires, peuvent permettre une réduction des inégalités au niveau de l'éducation. La diffusion des prestations sociales et le poids des grands-parents et des parents dans le soutien financier aux jeunes générations, en début de carrière, facilitent également l'entrée dans la vie active de ces dernières et tendent, par conséquent, à diminuer les inégalités sur l'ensemble du cycle de vie par leur rôle d'amortisseur de la crise sociale. Pour la génération intermédiaire, les aides obtenues par la génération âgée, conjuguées à l'amélioration du niveau de la protection sociale, permettront à la jeune génération de bénéficier d'une ascension sociale. Par contre, pour la génération âgée à l'origine de la solidarité familiale, grâce au développement des transferts publics, les aînés restent aujourd'hui d'importants pourvoyeurs d'aides en direction des deux autres générations. Les inégalités qui subsistent dans cette catégorie d'âge sont, en partie, compensées par la génération intermédiaire, qui a réussi à améliorer sa position sociale et qui peut, par conséquent, fournir à ses parents les aides nécessaires (aides financières, partage du logement, soins en cas de dépendance). Toutefois, les solidarités familiales et publiques ont leurs limites. Contrairement aux transferts publics, les transferts privés restent imprévisibles dans le temps et ne concernent pas tous les ménages. Ce sont surtout les situations de précarité temporaires qui sont résorbées par les familles. Les situations de grande pauvreté le sont plus difficilement car elles correspondent le plus souvent à une pauvreté héritée des générations antérieures. Dans les familles les plus déshéritées qui sont touchées par une pauvreté sévère, le soutien public s'avère primordial. Il peut toutefois se révéler insuffisant, à cause de l insuffisance des moyens de l Etat et des organismes sociaux. 1.7 Rôle des transferts dans la lutte contre la pauvreté Comme énoncé plus haut, les transferts sont une partie intégrante du revenu d un ménage. Au niveau public, ils sont constitués par les prestations sociales. Le rôle que jouent les transferts dans l amélioration du bien-être est une composante de celui que joue le revenu. A partir du revenu les ménages consomment et épargnent. Force est de constater que les transferts, même s ils constituent des compléments de revenus pour celui qui les reçoit, ils constituent une diminution de revenus pour celui qui les effectue au profit d autres individus ou d autres ménages. Ils sont plus qu une nécessité vitale pour les populations les plus vulnérables et plus démunies et moins pour les populations les plus riches Populations vulnérables La vulnérabilité se définit comme la probabilité ou le risque existant actuellement de se trouver en situation de pauvreté ou de s'y enfoncer plus avant à l'avenir. Il s'agit d'un aspect important du bien-être, car le risque de grands changements dans les revenus peuvent contraindre les ménages à réduire leurs investissements en actifs productifs (lorsque les ménages doivent détenir des réserves de liquidités) et en capital humain. Un risque élevé peut aussi forcer les ménages à diversifier leurs sources de revenu, éventuellement au prix d'un rendement inférieur. La vulnérabilité peut influencer le comportement des ménages et ses stratégies d'adaptation. Elle constitue dès lors un élément important à prendre en compte dans les politiques de réduction de la pauvreté. La vulnérabilité varie suivant le risque mis en avant. Ainsi, les populations vulnérables du point de vue de la sécurité alimentaire sont certainement différentes de celles en situation épidémiologique. Selon Simonsson (2005), la diversification des revenus des ménages est importante dans la protection de la consommation contre les situations désagréables. L assurance est établie à travers 24
25 des échanges de cadeaux sous forme d aliments et d autres en nature entre les membres de la famille et de la communauté, l aide alimentaire gouvernementale, le placement temporaire des enfants dans des familles de migrants temporaires (Adams et al., 2002). Pourtant, bien que le mécanisme précis soit flottant, les réseaux sociaux sont aussi perçus comme bénéfiques à la santé car ils atténuent les problèmes et/ou éloignent les individus de ces problèmes, ou les aident à s adapter aux situations difficiles. L'insécurité est une importante composante du bien-être qui peut s'interpréter comme un certain degré de vulnérabilité à un recul du bien-être. L'événement qui déclenche le recul du bien-être peut se présenter au niveau microéconomique du ménage (par exemple, maladie ou décès), au niveau mésoéconomique ou d'une communauté (accident écologique ou émeutes), ou au niveau national, voire international (catastrophes nationales ou chocs macroéconomiques). Dans les zones rurales pauvres, les risques les plus répandus sont ceux qui menacent les récoltes. La vulnérabilité n'est pas nécessairement imprévue, mais peut être saisonnière. Le risque de maladie est partout une préoccupation majeure des populations pauvres. Mais, elle concerne particulièrement les couches les plus sensibles aux chocs ou risques de tout ordre. Parmi cette population, on retrouve les femmes et les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées et les indigents. Les pauvres sont systématiquement les plus exposés à divers risques (naturels et artificiels). Ils sont ceux qui disposent de moins d instruments pour faire face à ces risques. Ils sont les plus vulnérables car c est dans le domaine des systèmes de protection sociale que l impact des crises est le plus élevé. Cette vulnérabilité élevée les rend plus craintifs vis à vis des risques et donc les décourage de s engager dans des activités à plus haut risque et haut rendement. La pauvreté et la vulnérabilité sont des aspects du bien-être qui sont reliés mais distincts, tant en théorie qu en pratique. La vulnérabilité étant la probabilité de voir sa situation ou ses conditions de vie se dégrader, quelque soit son niveau de richesse, face à un choc ou un aléa. Certains ménages sont plus vulnérables que d autres et tous n ont pas la même capacité à affronter les difficultés. Les femmes et les enfants constituent une couche particulièrement fragile de la population. Il en est de même pour les personnes handicapées et âgées et les indigents 12. Ces différentes couches de la population sont les plus visées par les actions de développement social. Elles bénéficient de la solidarité intergénérationnelle. Ainsi les transferts constituent pour eux une certaine assurance sociale. Le ménage est une institution sociale qui lie deux familles de façon intergénérationnelle. La famille ainsi considérée, est une garantie de sécurité sociale permettant aux communautés de faire face à plusieurs types de risque. A la suite de Simonsson (2005), il faut reconnaître que, les institutions sociales, particulièrement celles qui sont basées sur les relations familiales, constituent donc une fondation essentielle pour assurer la sécurité, le statut, l accès aux ressources et les moyens de mobiliser des capitaux pour l investissement. La taille moyenne d une famille de paysans est de 22 personnes ; certaines familles comprennent jusqu à 50 personnes ou plus, ce qui assure la sécurité, la main-d œuvre et le capital requis pour investir dans des activités agricoles et non agricoles (IIED 13, 1998). Il a été constaté dans la littérature économique et anthropologique que des liens sociaux de femmes permettent de mobiliser des ressources (Adams et al., 2002). 12 Situation d'une personne dont les revenus ne suffisent pas à assurer le minimum nécessaire au maintien de sa capacité physique. 13 Institut International pour l Environnement et le Développement (IIED) 25
26 Une étude menée sur les relations sociales et la sécurité montre qu à Zaradougou (à Sikasso), dans beaucoup de cas, le ménage complexe offre une bonne structure pour la gestion de plusieurs activités agricoles et assure les moyens de subsistance des membres. Cependant, au sein des autres familles, les tensions créées par des conflits d intérêt et des personnalités opposées entraînent souvent la dislocation du ménage et augmentent la vulnérabilité des membres. A Dalonguebougou (à Ségou) les ménages complexes montrent une résilience remarquable en gérant efficacement les ressources limitées de grands nombres de personnes. De plus, ils arrivent à maintenir leur sécurité alimentaire même pendant les années de sécheresse. Cependant, même dans ce cas, certains ménages se disloquent lorsqu il n est plus possible de gérer les demandes concurrentielles des différents sous groupes faisant partie de la grande structure familiale 14. Ces ménages ruraux composés des mêmes groupes ethniques sont liés par des associations de groupe d âge basées sur l aide mutuelle qui durera toute leur vie (IIED et al., 1999). Au Mali, les facteurs de différenciation de la vulnérabilité des ménages varient d une région à une autre. Mais, ils peuvent être principalement liés à la pauvreté, à l éducation, à la santé, à la migration et aux questions d inégalité des sexes. Par conséquent, les niveaux de vulnérabilité diffèrent au sein des populations apparemment homogènes. Généralement, les femmes et les enfants sont les plus vulnérables car leur accès aux ressources et aux capitaux est plus limité que celui des hommes, et leur sensibilité est plus remarquable. Cependant, la vulnérabilité des femmes diffère largement selon la menace et leur situation. Les enfants qui vivent en zones urbaines ou qui n ont pas de soutien parental ou familial, sont particulièrement vulnérables Actions de développement social Le développement social est inscrit dans la stratégie nationale de développement du Mali. Le troisième axe stratégique du CSCRP porte sur le renforcement du secteur social. Les actions en faveur de la promotion et la protection des personnes handicapées, des personnes âgées et des groupes défavorisés en général font partie des missions de la Direction Nationale du Développement Social (DNDS) et de la Direction Nationale de la Protection Sociale et de l Economie Solidaire (DNPSES). Il en est de même des actions en faveur de la concrétisation de la solidarité nationale, de la lutte contre la pauvreté et l exclusion. Au Mali, en particulier depuis la création, en 2000 du Ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, de nombreux jalons ont été plantés aussi bien sur le plan des éléments de politique que sur celui des programmes opérationnels. Le droit à la protection sociale est, au Mali, consacrée par la Constitution. C est à ce titre que le Gouvernement a adopté en 2002, une Déclaration de Politique Nationale de Protection Sociale. De même un Plan d Actions National d Extension de la Protection Sociale pour la période a été adopté par le Gouvernement. La mise en œuvre dudit Plan s inscrit dans le cadre du Programme de Développement Socio Sanitaire (PRODESS II). La Protection sociale est l ensemble des mesures que la société prend pour assurer la prise en charge des risques sociaux des citoyens. Ces risques sont : la maladie, la vieillesse, le décès, la maternité, les accidents de travail, les maladies professionnelles, l invalidité, la famille, le chômage. Ladite Déclaration dispose que la Protection Sociale recouvre aussi bien la sécurité sociale, l aide et l action sociales ainsi que la mutualité. La consécration du mois d octobre comme mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion dénote la volonté politique du gouvernement de contribuer à la consolidation de la solidarité 14 Simonsson (2005), Profil de vulnérabilité du Mali, mars 26
27 nationale. Les actions en faveur des couches les plus vulnérables au cours de ce mois peuvent être considérées comme des transferts publics de l Etat et des autres partenaires sociaux. Il est difficile d être exhaustif dans l énumération des différentes actions publiques en faveur du développement social, notamment des actions de la solidarité et de lutte contre la pauvreté. Seules aux actions en faveur des personnes vulnérables durant le mois de la solidarité et les actions menées par l UNICEF en faveur des femmes et des enfants seront évoquées Actions de Solidarité et de Lutte contre la pauvreté du MDSSPA en 2006 La Direction Nationale du Développement Social (DNDS) vient en appui aux structures déconcentrées notamment dans la mise en œuvre des volets de renforcement de la solidarité et la lutte contre l exclusion, et la lutte contre la pauvreté. Dans ce qui suit, l accent sera mis sur des actions menées par le MDSSPA en 2006 en faveur du renforcement de la solidarité et la lutte contre l exclusion et la pauvreté. En 2006, le MDSSPA s est efforcé de traduire en actions les orientations majeures définies dans ses différents domaines de compétences conformément à la lettre de cadrage du Président de la République et des déclarations de politique générale des différents Premiers Ministres. Deux principales actions retiennent l attention dans cette étude. a) Améliorer l accès des plus démunis et des personnes défavorisées aux services sociaux de base Il s agit de : la construction et l équipement de 27 salles de classes dont 6 dans la région de Sikasso, 9 dans la région de Koulikoro, 3 dans la région de Ségou, 3 dans la région Tombouctou, 3 dans la région de Gao et 3 dans le District de Bamako ; la réalisation de 8 point d eau dont 6 dans la région de Mopti, 1 dans la région de Tombouctou et 1 dans la région de Gao ; la construction et l équipement de 3 infrastructures sanitaires dont 1 dans la région de Mopti, 1 dans la région de Koulikoro et 1 dans le District de Bamako ; l équipement de 110 paysans en matériel agricole dont 50 dans la région de Ségou, 40 dans la région de Sikasso et 20 dans la région de Koulikoro ; l équipement de 8 villages en plateformes multifonctionnelles dont 5 dans la région de Mopti, 2 dans la région de Ségou et 1 dans la région de Koulikoro; un (1) aménagement hydro agricole réalisé dans la région de Mopti b) Promouvoir l intégration socio-économique des personnes âgées et des personnes handicapées Il s agit de : la mise en œuvre du programme national de Réadaptation à Base Communautaire (RBC) à travers l appareillage et la rééducation de 1826 personnes handicapées, la mise en place de 132 comités de base RBC, le financement de 20 AGR au profit des personnes handicapées ; l appui aux personnes âgées à travers la prise en charge médicale des personnes âgées ; le financement d activités génératrices de revenus au profit de 25 associations de personnes âgées ; la réalisation de l étude sur les pathologies enregistrées chez les personnes âgées dans les différentes structures de santé du Mali ; l appui aux couches démunies par le financement de 3633 activités génératrices de revenus, la prise en charge médicale de 1230 personnes démunies dont 308 femmes porteuses de fistules vésico vaginales ; la scolarisation de enfants en situation difficile, 150 personnes vivant avec le VIH/Sida ont été prises en charge dans les CMIE de l INPS. 27
28 Le mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion a été initié au Mali depuis En effet, les nations les plus fortes sont celles qui ont le mieux réussi à assurer une répartition juste des richesses entre les différentes composantes sociales de leurs populations. Ce souci de partage de la richesse nationale entre riches et pauvres est à la base du maintien et du renforcement de la cohésion, de la paix, de la stabilité sociale et de la réduction, voire de l élimination de toute forme d exclusion ou de marginalisation de groupe social 15. La 12 ème édition du mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion a donné lieu à une forte mobilisation des acteurs, notamment ceux de la société civile. On retiendra ainsi l extraordinaire mobilisation des acteurs de la société civile ainsi que des partenaires (ONG, Associations, Fondations, Secteur Privé, Média ) à tous les niveaux autour de la mise en œuvre des actions concrètes de solidarité au profit des couches vulnérables de notre société ainsi que l attrait et la grande visibilité donnés au Mois à travers l investissement personnel du Parrain National 16. La treizième édition de 2007 du Mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion dont le thème portait sur «Solidarité, une vertu à sauvegarder» a aussi enregistré une forte mobilisation des acteurs à tous les niveaux. Les activités menées lors de cette édition 2007 se résument à la réalisation : d actions de solidarité à l endroit des différents groupes cibles, notamment la remise de dons aux femmes et hommes démunis ; d actions de prévention et de lutte contre la maladie, notamment par l organisation de journées de dépistage volontaire du diabète et de l hypertension artérielle ; d actions de promotion des personnes âgées, notamment par la visite aux personnes les plus âgées du territoire par les plus hautes autorités du pays avec remise de cadeaux symboliques. La 12 ème édition a donné lieu à une forte mobilisation financière des partenaires de l ordre de Francs CFA, soit 78,26 % tandis que le montant du financement sur Budget National s élève à de Francs CFA ; soit 21,74 % Actions spécifiques en faveur d autres couches Il existe différents organismes sociaux qui agissent en faveur des personnes les plus vulnérables. Parmi ces organismes, il y a les ONG, les organisations internationales d appui aux populations les plus vulnérables, les associations et les coopératives à but social. Ici, seules les actions entreprises par l UNICEF en faveur des femmes et des enfants seront évoquées Actions de l UNICEF Pour la période l UNICEF a réalisé en collaboration avec le Gouvernement un ensemble d actions à travers cinq programmes, à savoir : Survie et Développement du Jeune Enfant (SDJE) ; Education Pour la Vie (EPV) ; Protection de l Enfant contre toutes formes de Violence, Abus, Exploitation et Négligence (PEVAEN) ; Promotion d une Culture de Droits (PCD) ; et Enfant et VIH/SIDA. Par exemple, dans le cadre du programme «Survie et Développement du Jeune Enfant (SDJE)», plus de enfants de 3-6 ans fréquentent 190 structures communautaires d encadrement dans 5 régions (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti) dont 69 crées en Chaque centre doit pouvoir encadrer en moyenne 50 enfants. 15 Selon le Rapport de mise en œuvre 2006 du CSLP I, au niveau du développement social, on note une amélioration croissante de la couverture des besoins des populations cibles. Les enfants de parents indigents scolarisés constituent actuellement une frange importante des couches vulnérables suivies par les services du Développement Social ( en 2006 contre en 2005), ainsi que les autres enfants en situation difficile ( en 2006). 16 Secrétariat Technique Permanent du Comité de pilotage du mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion, Rapport Bilan 2006, 12 ème édition. 28
29 Effets globaux des actions Les effets globaux de ces actions sont contenus dans la Revue Annuelle 2007 du Programme de Coopération Mali-Unicef. Les interventions du programme dans le cadre de l UNDAF et du CSLP ont contribué globalement à l amélioration de la situation des enfants au Mali, comme en témoignent les résultats de l Enquête Démographique et de Santé (EDS IV) de Toutefois, les questions émergentes préoccupantes concernent la malnutrition des enfants. Le taux de malnutrition aigue des enfants de moins de 5 ans est de 15% en Aussi, les pratiques traditionnelles néfastes liées à l excision des femmes restent courantes ; près de neuf femmes sur dix (85%) sont concernées au Mali selon les résultats de l EDS IV. Le faible enregistrement des enfants à la naissance, le travail des enfants sans oublier l inégalité genre dans l accès à l éducation ainsi que la qualité de l éducation qui requièrent des approches innovatrices et un très grand partenariat pour lequel l UNICEF a un important rôle à jouer. Selon les résultats de l Enquête Démographique et de Santé du Mali de 2006 (EDS M IV), la couverture vaccinale [vaccination DTCP3 (12-23mois] a été de 68% en 2006, contre 49% en Elle a donc augmenté par rapport à Le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 229%0 en 2001 (EDS III) à 191%0 en 2006 (EDS IV). Quant au taux de mortalité maternelle, il est passé de 582%0 (EDS III) à 464%0 (EDS IV). Conclusion Les performances économiques du Mali restent relativement limitées et très volatiles dans le temps. En effet, la mise en œuvre du CSLP a montré un certain nombre d insuffisance, notamment en termes de résultats de pauvreté et de croissance. La mise en œuvre du CSCRP permettra certainement d atteindre le 7% de croissance espéré sur la période Sans nul doute, le Mali est un pays de solidarité et d entraide. Les transferts publics, privés reçus ainsi que les transferts effectués peuvent être d importants leviers de réduction de la pauvreté. Ainsi donc, les données de l ELIM 2006 permettent d analyser leur impact en termes de réduction de la pauvreté pour les ménages aussi bien en milieu urbain qu en milieu rural. Il est donc important de faire une analyse des différents postes de transferts à partir des données de l ELIM 2006 avant d aborder l analyse de l impact des transferts sur le niveau de pauvreté des ménages. Les résultats des EDS III et IV montrent une amélioration des indicateurs de santé, notamment une baisse de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto-juvénile. 29
30 Chapitre II Analyse descriptive des différents postes de transferts Les données de l ELIM 2006 ont été collectées au niveau national entre juillet et novembre 2006 par la DNSI avec l appui technique et financier de la Banque mondiale et de l Union européenne. En effet, il comporte un module revenu/dépenses dans lequel se trouvent les transferts (privés reçus/effectués, et publics). Dans ce qui suit, l accent sera mis sur la description de l échantillon par milieu, par région et par sexe du CM, et une analyse descriptive des sources de revenus des ménages en fonction du sexe et du milieu de résidence du CM, du nombre d enfants de moins de 18 ans et du niveau de pauvreté du ménage. 2.1 Répartition de l échantillon Selon son rapport descriptif, l ELIM 2006 a été menée auprès du même échantillon des unités primaires de l Enquête Malienne d Evaluation de la Pauvreté (EMEP) de Le tirage a porté sur 750 unités primaires et 4500 ménages ; soit 6 ménages par unité primaire tirée 17. Dans l ensemble, 4494 ménages ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99,9%. Les 4494 ménages enquêtés sont majoritairement situés en milieu rural ; 64,8% (2910 ménages) en milieu rural contre 35,2% (1584 ménages) en milieu urbain. Tableau n 02 : Répartition des ménages échantillons par milieu Milieu Nombre Pour cent Urbain ,2 Rural ,8 Total ,0 La répartition par région de cet échantillon montre que la région de Koulikoro représente 21,5% des ménages, contre 19,9% pour Ségou, 13,9% pour Sikasso, 13,2% pour Kayes et 10% pour Mopti. A moins de 400 ménages par région, l échantillon apparaît non significatif pour chacune des trois régions du nord. Ces trois régions regroupées (Tombouctou, Gao et Kidal) représentent 13% des ménages enquêtés, contre 8,9% pour Bamako. 17 Les Sections d Enumération (SE) sont utilisées comme unités primaires d échantillonnage dans les enquêtes intercensitaires. En effet, selon l EMEP 2001, la SE est une aire géographique issue du recensement général de la population et de l habitat de 1998 suite à un redécoupage fictif du territoire et qui renferme 800 à 1000 personnes en milieu rural et 1000 à 1500 personnes en milieu urbain voire plus dans certains cas soit respectivement une taille de 80 à 100 et 100 à 150 concessions. 30
31 Tableau n 03 : Répartition de l échantillon des ménages par Région Région Nombre Pour cent Regroupement effectué Nombre Pour cent Kayes ,2 Kayes ,2 Koulikoro ,5 Koulikoro ,5 Sikasso ,9 Sikasso ,9 Ségou ,9 Ségou ,9 Mopti ,0 Mopti ,0 Tombouctou 354 7,9 Tombouctou-Gao-Kidal Gao 138 3,1 Bamako 402 8,9 Kidal 72 1,6 Total ,0 Bamako 402 8,9 Total ,0 Suivant le sexe du Chef de Ménage (CM), les hommes représentent 93,1% (4184 ménages) des ménages enquêtés et les femmes 6,9% (310 ménages). Par contre la répartition de la population totale montre que les femmes représentent 50,1% et les hommes 49,9%. Tableau n 04 : Répartition des ménages échantillons suivant le sexe du CM Sexe Nombre Pour cent Homme ,1 Femme 310 6,9 Total ,0 En tenant compte des classes d âge du CM (15-17 ans, ans et 60 ans et plus), il ressort que seulement deux ménages ont un CM dont l âge est compris entre 15 et 17 ans (voir tableau A.3.5 en annexes). 2.2 Situation d enfants vulnérables L ELIM 2006 a pris en compte les proportions d enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents et d enfants orphelins des deux parents. Tableau n 05 : Pourcentage des enfants vulnérables de moins de 18 ans selon le sexe et le milieu Enfants vulnérables Sexe Milieu Garçons Filles Urbain Rural Vivants sans leurs parents (%) 4,2 7,9 7,6 5,3 6,0 Orphelins des 2 parents (%) 1,2 1,1 1,6 1,0 1,2 Source : ELIM 2006, DNSI Les enfants vivants sans leurs parents représentent 6%. Ce phénomène est beaucoup plus urbain que rural. Ainsi avec 10,7% des cas le district de Bamako est en tête. Pour la tranche ans, les filles sont concernées par 24,1% des cas, contre 8,6% pour les garçons. Les orphelins des deux parents sont dans une proportion de 1,2%, avec 1,6% en milieu urbain et 1,0% en milieu rural. En effet, le phénomène touche presque autant les filles que les garçons. La vulnérabilité augmente avec les âges, soit de 0,2% pour les 0-4 ans à 3,6% pour les ans. Le phénomène d adoption surtout des filles et l exode rural à bas âge de la campagne vers les villes, peuvent être des conséquences de cette situation de vulnérabilité des enfants. En l occurrence, les difficultés de sortir de la pauvreté peuvent avoir lieu dans ces conditions à Total 31
32 travers le travail des enfants et leurs exploitations ; les enfants étant supposés apporter des revenus à leurs familles respectives. Ainsi, les résultats de l enquête nationale sur le travail des enfants au Mali réalisée en 2005 a permis de collecter des informations sur les caractéristiques, la nature, l ampleur et les raisons favorisant le travail des enfants et d évaluer les conditions de travail et leurs conséquences sur la santé, l éducation et le développement normal des enfants travailleurs. Les résultats montrent qu avec une population constituée de 34,8% d enfants de 5 à 17 ans, deux enfants sur trois sont économiquement actifs, soit 68,3% avec un faible taux de fréquentation scolaire de 40,8% et un taux élevé de déclaration de maladie ou blessure de 72%. Avec 71,1%, cette incidence est plus forte en milieu rural qu en milieu urbain (62,5%). Mais le phénomène touche presque autant les garçons que les filles. Sur l ensemble des enfants âgés de 5 à 17 ans, 65,6% sont réellement impliqués dans les travaux dangereux ; avec les ans constituant le groupe le plus exposé à cette forme extrême du travail des enfants. De même 55,3% d entre eux sont astreints à un travail dommageable, soit un enfant sur deux. Les enfants travaillent pour apporter un complément de revenu au ménage pour 33,4% des cas, et leur aide dans l entreprise familiale pour 28,9%, etc. Leur implication dans l activité économique serait un levier de la lutte contre la pauvreté monétaire, voire une conséquence de cette dernière. En effet, les activités généralement exercées se font très souvent au détriment de leur éducation, leur santé physique et mentale, rendant cette couche encore plus vulnérable, favorisant ainsi le développement de la chaîne de transmission intergénérationnelle et familiale de la pauvreté. 2.3 Sources de revenus suivant les caractéristiques du Chef de Ménage En se référant aux questionnaires ELIM 2006, les revenus des ménages proviennent de six sources : les ventes de produits agricoles, les salaires et les activités non agricoles, les transferts publics, les transferts privés reçus, les transferts effectués et les autres sources de revenus. En effet, les transferts effectués sont des sorties d argent du ménage au profit d un autre ou d autres ménages. Graphique n 01: Source de revenus et transferts effectués suivant le sexe du CM Tableau n 06: Source de revenus et transferts effectués suivant le sexe du CM (en %) Sources de revenus Ventes de produits agricoles Salaires et revenus des activités non agricoles Transferts publics Transferts privés reçus Autres revenus Transferts effectués Sexe du CM Ensemble Homme Femme 44,94 17,85 43,39 34,35 45,01 34,96 1,28 8,75 1,70 15,92 25,89 16,49 1,94 2,03 1,95 1,57,47 1,51 En moyenne, 43,39% des revenus des ménages sont tirés des ventes de produits agricoles ; soit 44,94% pour les ménages dont le CM est homme et 17,85% pour les ménages dont le CM est femme. Ceux provenant des salaires et activités non agricoles représentent 34,96%, soit 34,35% 32
33 pour les ménages dont le CM est homme et 45,01% pour les ménages dont le CM est femme. Les transferts publics représentent 1,70% des revenus, avec 1,28% pour les ménages de CM homme et 8,75% pour les ménages de CM femme. Ce qui montre aisément que les transferts publics profitent plus aux ménages dont le CM est femme qu aux ménages dont le CM est homme. Aussi les transferts privés reçus représentent 16,49% des revenus, dont 25,89% pour les ménages dont le CM est femme et 15,92% pour les ménages dont le CM est homme. Les autres revenus représentent 1,95%, dont 1,94% vont aux ménages dont le CM est homme et 2,03% aux ménages dont le CM est femme. Les transferts effectués représentent 1,51% des revenus des ménages, dont 1,57% par des ménages dont le CM est homme et 0,47% par des ménages dont le CM est femme. Ils sont légèrement inférieurs aux transferts publics en part du revenu Sources de revenus des ménages selon le groupe Socioéconomique (GSE) du CM Ici, les sources de revenus des ménages en tenant compte du groupe socioéconomique du CM seront déterminées. Comme on peut le voir dans le tableau qui suit, sept groupes socioéconomiques sont considérés. Tableau n 07 : sources de revenus des ménages selon le groupe socio-économique du chef de ménage (en %) Sources de revenus Salarié Public Salarié Privé Groupe socio-économique du chef de ménage Indépendant Indépendant Employeur agricole non agricole Autres employés Sans emploi Ensemble Ventes de produits agricoles 3,61 10,53 14,78 60,09 12,30 74,56 41,19 43,39 Salaires et revenus des activités non agricoles 82,25 73,34 66,20 20,01 69,17 4,34 24,30 34,96 Transferts publics 1,40,25,10,34 2,02,11 6,99 1,70 Transferts privés reçus 5,92 12,63 12,53 16,80 11,37 16,66 25,48 16,49 Autres revenus 3,60 2,11 4,38 1,48 3,12 1,05 1,51 1,95 Transferts effectués 3,21 1,15 2,01 1,29 2,02 3,27,54 1,51 Des ventes de produits agricoles, les ménages dont les CM sont indépendant agricole, autre employé et sans emplois tirent la majeure partie de leurs revenus. Les ménages dont les CM sont salarié public, salarié privé, employeur et indépendant non agricole tirent une part très importante de leurs revenus des salaires et revenus des activités non agricoles ; soit respectivement : 82,25%, 73,34%, 66,20% et 69,17%. Pour les sept catégories socioprofessionnelles, les ménages dont le CM est sans emploi reçoivent plus de transferts publics. Il en est de même pour les transferts privés reçus. Les transferts effectués représentent une part plus importante des revenus des ménages dont les CM sont autres employés et salarié du public Sources de revenus des ménages selon l âge du CM L âge du CM a été défini en deux catégories : les CM dont l âge est inférieur à soixante ans sont considérés comme adultes, et les CM dont l âge est supérieur ou égal à soixante ans sont considérés comme personnes âgées. 33
34 Tableau n 08 : Sources de revenus des ménages selon l'âge du Chef de ménage (en %) Ensemble Sources de revenus Adulte Personne âgée Ventes de produits agricoles 43,37 43,46 43,39 Salaires et revenus des activités non agricoles 37,77 27,83 34,96 Transferts publics,85 3,85 1,70 Transferts privés reçus 14,24 22,19 16,49 Autres revenus 2,02 1,75 1,95 Transferts effectués 1,74,91 1,51 Les ménages dont le CM est une personne âgée tirent 43,46% de leurs revenus des ventes de produits agricoles. Cette part est sensiblement la même pour les ménages dont le CM est adulte (43,37%). Aussi bien les CM adultes que les CM personnes âgées dépendent des ventes de produits agricoles. En revanche, 37,77% des revenus des ménages dont le CM est adulte sont tirés des salaires et revenus des activités non agricoles, contre 27,83% pour les ménages dont le CM est personne âgée. En termes de sources de revenus, ce sont les ménages dont le CM est une personne âgée qui reçoivent plus de transferts publics (3,85%) et de transferts privés (22,19%). Par contre la part des transferts effectués est plus importante dans les revenus des ménages dont le CM est adulte Sources de revenus des ménages par milieu de résidence du CM Les revenus provenant des ventes de produits agricoles se révèlent plus importants en milieu rural. Par contre les revenus provenant des salaires et revenus des activités non agricoles se révèlent bien plus importants en milieu urbain. En moyenne, 57,65% des revenus des ménages sont tirés des ventes de produits agricoles en milieu rural contre 11,09% en milieu urbain. Les salaires et revenus des activités non agricoles représentent 66,90% des revenus en milieu urbain, contre 20,87% en milieu rural. Tableau n 09 Sources de revenus des ménages selon le milieu de résidence du CM (en %) Graphique n 02: Sources de revenus des ménages selon le milieu de résidence du CM Sources de revenus Milieu de résidence Ensemble Urbain Rural Ventes de produits agricoles 11,09 57,65 43,39 Salaires et revenus des activités non agricoles 66,90 20,87 34,96 Transferts publics 4,08,65 1,70 Transferts privés reçus 13,44 17,84 16,49 Autres revenus 2,85 1,55 1,95 répondu au module Transferts effectués 1,64 1,45 1,51 N.B : Sur l ensemble des 4494 ménages, 4164 ont revenu ; soit 92,65% de réponses Les transferts publics représentent 4,08% des revenus des ménages en milieu urbain, contre 0,65% en milieu rural. Par contre les transferts privés reçus sont plus élevés en milieu rural : 17,84% contre 13,44% en milieu urbain. On en déduit que les transferts publics profitent plus au milieu urbain et les transferts privés au milieu rural. Les autres sources de revenus ne représentent que 1,55% en milieu rural contre 2,85% en milieu urbain. Les transferts effectués représentent 1,45% des revenus des ménages en milieu rural contre 1,64% en milieu urbain. Comparés aux transferts publics, ils se révèlent plus importants en milieu 34
35 rural. La solidarité publique semble plus marquée en milieu urbain qu en milieu rural ; les transferts publics bénéficiant donc plus aux ménages en milieu urbain qu en milieu rural Sources de revenus des ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans En tenant compte du nombre d enfants de moins de 18 ans dans la répartition des revenus, cinq groupes sont distinguées. Les transferts privés reçus concernent davantage les ménages ayant un nombre plus élevé d enfants : 21,7% pour les ménages ayant 18 enfants et plus, et 18,8% pour ceux ayant 13 à 17 enfants. Tableau n 10 : Sources de revenus des ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans (en %) Sources de revenus Ventes de produits agricoles Moins de 5 enfants 5 à 7 enfants Nombre d'enfants 8 à à 17 enfants enfants 18 enfants et plus Ensemble 34,77 42,51 52,79 49,95 51,19 43,39 Salaires et revenus des activités non agricoles 43,75 35,10 26,11 29,63 24,44 34,96 Transferts publics 2,38 1,90 1,16,21,68 1,70 Transferts privés reçus 14,59 16,77 17,38 18,77 21,66 16,49 Autres revenus 2,43 2,02 1,66,84 1,14 1,95 Transferts effectués 2,09 1,69,89,60,88 1,51 N.B : Sur l ensemble du pays il y a 97,1% des ménages qui ont des enfants de moins de 18 ans, avec 2,9 % dont la population a atteint l âge de la majorité fixé à 18 ans au Mali. Le tableau ci-dessus ne concerne donc pas l ensemble des ménages. Il prend en compte uniquement que les ménages ayant des enfants de moins de 18ans c'est-à-dire l ensemble des 97,1%. Bien sûr que la structure qui en découle doit donner un total en ligne de 100% mais ne doit pas être comparée à celle des autres tableaux qui concernent l ensemble des ménages (tout âge d individus confondus). Les ménages ayant moins de 5 enfants tirent 34,77% de leurs revenus des ventes de produits agricoles, 43,75% des salaires et activités non agricoles, 2,38% des transferts publics, 14,59% des transferts privés reçus et 2,43% des autres revenus. Pour les ménages ayant 5 à 7 enfants, 42,51% des revenus proviennent des ventes de produits agricoles, 35,10% des salaires et activités non agricoles, 1,90% des transferts publics, 16,77% des transferts privés reçus et 2,02% d autres revenus. Les ménages possédant 8 à 12 enfants tirent 52,79% de leurs revenus des ventes de produits agricoles, 26,11% des salaires et activités non agricoles, 1,16% des transferts publics, 17,38% des transferts privés reçus et 1,66% d autres revenus. Dans les ménages ayant 13 à 17 enfants, 49,95% des revenus est tiré des ventes de produits agricoles, 29, 63% des salaires et activités non agricoles, 0,21% des transferts publics, 18,77% des transferts privés reçus et 0,84% d autres revenus. Pour les ménages ayant 18 enfants et plus, 51,19% des revenus est tiré des ventes de produits agricoles, 24, 44% des salaires et activités non agricoles, 0,68% des transferts publics, 21,66% des transferts privés reçus et 1,14% d autres revenus. En moyenne, les ménages ayant des enfants de moins de 18 ans tirent 43,39% de leurs revenus des ventes de produits agricoles, 34,96% des salaires et activités non agricoles, 1,70% des transferts publics, 16,49% des transferts privés reçus et 1,95% d autres revenus. 35
36 Les ménages ayant des enfants de moins de 18 ans effectuent en moyenne 1,51% de transferts de revenus ; soit 2,09% par les ménages ayant moins de 5 enfants, 1,69% par les ménages ayant de 5 à 7 enfants, 0,89% par ceux ayant de 8 à 12 enfants, et 0,60% par ceux ayant de 13 à 17 enfants, 0,88% pour ceux ayant 18 enfants et plus Revenus selon le niveau de pauvreté du ménage Les revenus dépendent du niveau de pauvreté des ménages. Un ménage pauvre n a pas le même niveau de revenu qu un ménage non pauvre, même en exerçant la même activité 18. Lorsque l on classe les ménages suivant le niveau de pauvreté, on constate que, les ménages pauvres tirent 58,42% de leurs revenus des ventes de produits agricoles, contre 30,38% pour les non pauvres. Ce qui montre une certaine dépendance des pauvres des revenus des produits agricoles. Les revenus provenant des salaires et activités non agricoles représentent 47,36% pour les non pauvres, contre 20, 65% pour les pauvres. Les non pauvres tirent donc la majeure partie de leurs revenus des salaires et activités non agricoles. Tableau n 11 : Revenus des ménages Graphique n 03 : Revenus des ménages selon le niveau de pauvreté du ménage selon le niveau de pauvreté du ménage (en %) Sources de revenus Ensemble Non pauvre Pauvre % Ventes de produits agricoles 30,38 58,42 43,39 Salaires et revenus des activités non agricoles 47,36 20,65 34,96 Transferts publics 2,58,68 1,70 Transferts privés reçus 15,42 17,73 16,49 Autres revenus 2,52 1,29 1,95 Transferts effectués 1,75 1,23 1,51 Les ménages pauvres reçoivent peu de transferts publics par rapport aux non pauvres. En effet, 2,58% des revenus des non pauvres proviennent des transferts publics, contre 0,68% pour les pauvres. Quand aux transferts privés reçus, ils représentent 17,73% des revenus des pauvres, contre 15,42% pour les non pauvres. Les autres revenus ne représentent que 1,29% des revenus pour les pauvres contre 2,52% pour les non pauvres. Les pauvres effectuent moins de transferts de revenus que les non pauvres. En effet, les transferts effectués par les ménages pauvres représentent 1,23% de leurs revenus contre 1,75% pour les non pauvres. 2.4 Part des transferts dans le revenu selon les caractéristiques du ménage La part moyenne des transferts dans le revenu varie en fonction des régions et du niveau de pauvreté du ménage. Au total, avec 31,05%, la région de Kayes a la part moyenne de transferts la plus élevée. Elle est suivie du groupe Tombouctou-Gao-Kidal (28,08%), de Koulikoro (23,10%), de Mopti (21,09), de Ségou (14,73%), de Sikasso (12,25%) et de Bamako (12,14%). Graphique n 04: Part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage par région et niveau de pauvreté 18 Le seuil de pauvreté de référence ici considéré est de francs CFA 36
37 Tout comme le graphique précédent, le tableau suivant donne la part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage par région. Tableau n 12: Part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage par région et niveau de pauvreté Région Non pauvre Pauvre Total Kayes 36,01 24,20 31,05 Koulikoro 21,27 25,36 23,10 Sikasso 16,69 11,20 12,25 Ségou 13,33 15,97 14,73 Mopti 16,78 26,69 21,09 Tombouctou-Gao-Kidal 24,72 36,48 28,08 Bamako 12,32 9,84 12,14 Dans la région de Kayes, les transferts constituent 24,20% des revenus des pauvres, contre 36,01% pour les non pauvres. En effet, la région de Kayes reçoit une partie importante des transferts de sa diaspora française ou étrangère. Ce qui peut justifier l importance des transferts dans les revenus des ménages de cette région. Encore plus que les ménages qui reçoivent ces transferts sont les plus riches. Les transferts constituent une part importante des revenus des pauvres par rapport au non pauvres dans la région de Koulikoro. En effet, la part moyenne des transferts dans les revenus des ménages pauvres représente 25,36%, contre 21,27% pour les non pauvres. Les non pauvres dans la région de Sikasso ont une part moyenne de transferts dans leurs revenus plus importante que les pauvres. En moyenne, la part des transferts constitue 16,69% des revenus pour les non pauvres, contre 11,20% pour les pauvres. Pour la région de Ségou, les transferts sont plus importants dans les revenus des ménages pauvres. Ils représentent 15,97% des revenus des ménages pauvres, contre 13,33% pour les ménages non pauvres. Mopti est une région dans laquelle, les transferts représentent une part plus importante dans les revenus des pauvres par rapport aux non pauvres. En moyenne, la part des transferts est de 26,69% pour les pauvres, contre 16,78% pour les non pauvres. 37
38 Dans les trois régions (Tombouctou-Gao-Kidal), les transferts représentent une part plus importante des revenus des pauvres (38,48%) par rapport au non pauvres (24,72%). En effet, ce sont trois régions particulièrement vulnérables en raison de leur situation géographique avec un climat particulièrement désertique et peu favorable à l agriculture. Bamako semble faire exception à la règle. Avec moins de 10%, les transferts constituent une part moyenne moins importante des revenus des pauvres. En effet, la part moyenne des transferts dans les revenus des ménages pauvres est de 9,84%, contre 12,32% pour les non pauvres. En moyenne ce sont les transferts privés reçus qui constituent une part plus importante des revenus des ménages pauvres, contrairement aux transferts publics pour les non pauvres. Contrairement aux autres régions, Kayes et Sikasso sont des milieux dont on constate que la part des transferts dans les revenus est plus élevée chez les non pauvres que chez les pauvres. Ceci dénote l importance dans ces deux régions des transferts des émigrés provenant respectivement de l Europe et de la Côte d Ivoire Part des transferts dans le revenu du ménage par sexe du CM et du niveau de pauvreté Dans l ensemble, les transferts constituent une part moyenne plus importante des revenus des ménages dont le CM est une femme par rapport aux ménages dont le CM est un homme, avec respectivement 35, 11% et 18,77%. Tableau n 13 : Part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage par sexe du CM et le niveau de pauvreté Sexe Non pauvre Pauvre Total Homme 18,23 19,36 18,77 Femme 37,19 28,75 35,11 La part moyenne des transferts dans le revenu des ménages pauvres dont le CM est homme est de 19,36% contre 18,23% pour les ménages non pauvres. Dans les ménages non pauvres dont le CM est une femme, les transferts représentent en moyenne 37,19% du revenu contre 28,75% pour les pauvres. On en déduit que la part des transferts dans le revenu des ménages non pauvres dont le CM est une femme est plus importante que celle des ménages pauvres Part des transferts dans le revenu du ménage par milieu et niveau de pauvreté Au total les transferts représentent respectivement 19,94% en milieu rural et 19,16% en milieu urbain. La part des transferts est donc sensiblement la même dans les deux milieux. 38
39 La part moyenne des transferts dans les revenus des ménages en milieu urbain, représente 22,56% pour les ménages pauvres et 18,18% pour les ménages non pauvres. Par contre, en milieu rural, les transferts représentent 20,99% des revenus des non pauvres contre 19,14% pour les pauvres. En effet, les ménages pauvres ont une part moyenne de transferts dans le revenu plus élevée en milieu urbain, les non pauvres ayant une part moyenne plus élevée en milieu rural Part des transferts dans le revenu du ménage selon le nombre d enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté En faisant une classification des ménages suivant le nombre d enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté, on constate que dans les ménages ayant moins de 5 enfants, les transferts représentent en moyenne 19,06% du revenu contre 20,36% pour les ménages ayant de 5 à 7 enfants, 19,43% pour les ménages ayant de 8 à 12 enfants, 19,58% pour les ménages ayant de 13 à 17 enfants et 23,22% pour les ménages ayant 18 enfants et plus. Graphique n 06 : Part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage selon le nombre d'enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté Pour les ménages ayant moins de 5 enfants, les transferts représentent en moyenne 18,83% des revenus des non pauvres contre 19,68% pour les pauvres. Pour ceux ayant de 5 à 7 enfants, les transferts présentent 20,11% des revenus des non pauvres contre 20,65% pour les pauvres. Dans les ménages ayant de 8 à 12 enfants, les transferts constituent 18,08% des revenus pour les pauvres et 21,73% pour les non pauvres. Pour ceux ayant de 13 à 17 enfants, les transferts constituent une part moyenne plus importante des revenus des ménages pauvres, soit 19,71% contre 19,29% pour les ménages non pauvres. Les ménages ayant 18 enfants et plus, les transferts constituent en moyenne 18,75% pour les non pauvres et 25,22% pour les pauvres. En moyenne, pour les pauvres, la part des transferts dans les revenus des ménages ayant 18 enfants et plus est la plus importante comparativement aux non pauvres pour lesquels, la part moyenne des transferts dans les revenus des ménages ayant de 8 à 12 enfants est la plus importante Part des transferts effectués dans les revenus des ménages par région et niveau de pauvreté En moyenne, les transferts effectués représentent une part relativement moins significative du revenu du ménage aussi bien en milieu rural qu en milieu urbain et en tenant compte de la région. Ainsi, lorsque l on tient compte du niveau de pauvreté, les transferts effectués représentent 1,32% des revenus des ménages dans la région de Kayes, 1,33% dans la région de Koulikoro, 1,86% 39
40 dans la région de Sikasso, 2,33% dans la région de Ségou, 1,11% dans la région de Mopti, 1,09% pour les trois régions Tombouctou-Gao-Kidal et 1,04% pour le district de Bamako. Tableau n 14 : Part moyenne (en %) des transferts effectués dans le revenu du ménage par région et niveau de pauvreté Région Non pauvre Pauvre Total Kayes 1,85,59 1,32 Koulikoro 2,07,41 1,33 Sikasso 3,21 1,54 1,86 Ségou 2,48 2,19 2,33 Mopti 1,11 1,12 1,11 Tombouctou-Gao-Kidal 1,45,20 1,09 Bamako 1,08,54 1,04 Dans l ensemble, les transferts effectués représentent une part plus importante des revenus des ménages pauvres dans les régions de Ségou (2,19%), Sikasso (1,54%) et Mopti (1,12%). Pour les ménages non pauvres, ils représentent une part plus importante des revenus respectivement dans les régions de Sikasso (3,21%), Ségou (2,48%), Koulikoro (2,07%) et Kayes (1,85%). Avec 1,08%, Bamako a la part moyenne des transferts effectués la moins importante des revenus des ménages non pauvres Part des transferts effectués dans le revenu du ménage par sexe du CM et niveau de pauvreté En tenant compte du sexe du CM, les résultats montrent que la part moyenne des transferts effectués dans les revenus des ménages est plus importante pour les ménages dont le CM est un homme par rapport aux ménages dont le CM est une femme, avec respectivement 1,57% et 0,47%. Tableau n 15 : Part moyenne (en %) des transferts effectués dans le revenu du ménage par sexe du CM et le niveau de pauvreté Sexe Non pauvre Pauvre Total Homme 1,88 1,23 1,57 Femme,25 1,13,47 En moyenne la part moyenne des transferts effectués (1,13%) est plus importante dans les revenus des ménages pauvres dont le CM est femme comparativement aux ménages non pauvres (0,25%). Dans les ménages dont le CM est un homme, les transferts effectués représentent 1,88% des revenus des non pauvres, contre 1,23% pour les pauvres Part des transferts effectués dans le revenu du ménage par milieu et niveau de pauvreté En tenant compte du niveau de pauvreté et du milieu, les résultats montrent qu au total, les transferts effectués représentent 1,64% des revenus des ménages en milieu urbain contre 1,45% en milieu rural. 40
41 Graphique n 07 : Part moyenne (en %) des transferts effectués dans le revenu du ménage par milieu et le niveau de pauvreté En milieu urbain, la part des transferts effectués dans les revenus des ménages est de 1,95% pour les non pauvres et 0,57% pour les pauvres. Par contre en milieu rural, la part moyenne des transferts effectués dans les revenus des ménages est de 1,58% pour les non pauvres et 1,35% pour les pauvres. Il en résulte que les transferts effectués constituent une part plus importante des revenus des ménages pauvres en milieu rural et une part plus importante des ménages non pauvres en milieu urbain Part moyenne des transferts effectués dans le revenu du ménage selon le nombre d enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté En classant les ménages suivant le nombre d enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté, on trouve que les transferts effectués représentent en moyenne 2,09% des revenus des ménages ayant moins de 5 enfants, 1,69% pour les ménages ayant de 5 à 7 enfants, 0, 89% pour les ménages ayant de 8 à 12 enfants, 0,60% pour les ménages ayant de 13 à 17 enfants et 0,88% pour les ménages ayant 18 enfants et plus. Tableau n 16 : Part moyenne (en %) des transferts effectués dans le revenu du ménage selon le nombre d'enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté Nombre d enfants Non pauvre Pauvre Total Moins de 5 enfants 2,26 1,60 2,09 5 à 7 enfants 1,52 1,89 1,69 8 à 12 enfants 1,27,66,89 13 à 17 enfants,16,80,60 18 enfants et plus,81,91,88 Pour les ménages pauvres ayant moins de 5 enfants, les transferts effectués représentent 1,60% des revenus, contre 2,26% pour les non pauvres. Pour les ménages ayant 5 à 7 enfants, les transferts effectués représentent 1,52% des revenus pour les non pauvres et 1,89% pour les pauvres. Il s en suit que les transferts effectués par les ménages pauvres ayant moins de 5 enfants et ceux ayant de 5 à 7 enfants, sont plus importants. Il en est de même que pour les non pauvres. 2.5 Balance des transferts reçus et des transferts effectués La balance des transferts est la différence entre les transferts reçus (public et privé) et les transferts effectués. Elle est négative si les transferts effectués sont supérieurs aux transferts reçus. Elle est nulle si les deux sont égaux (c est le cas des ménages qui n ont ni reçus et effectués de transferts ou la valeur des transferts reçus est égale à celle des transferts effectués) et positive si les transferts reçus sont supérieurs aux transferts effectués. 41
42 Tableau n 17 : Répartition des ménages selon la balance des transferts par niveau de pauvreté (en %) Balance Non pauvre Pauvre Total Négative 11,1 4,8 8,2 Nulle 46,3 52,4 49,1 Positive 42,6 42,8 42,7 Au total, 42,7% des ménages ont une balance positive. La solidarité entre les ménages pauvres est beaucoup plus élevée : 52,4% des ménages pauvres ont une balance nulle contre 46,3% pour les ménages non pauvres. Autrement dit, les ménages pauvres entre eux donnent autant qu ils reçoivent. La répartition des ménages selon la balance des transferts par région montre que Ségou et Bamako ont les pourcentages de ménages ayant une balance négative la plus élevée. Dans la région de Kayes, 56,4% des ménages ont une balance positive et 37,8% ont une balance nulle, contre 5,8% négative. Pour la région de Koulikoro, 54,8% des ménages ont une balance des transferts nulle et 40,1% ont une balance positive. Dans la région de Sikasso, 61,1% des ménages ont une balance nulle et 30,5% une balance positive. Dans région de Ségou, 56,2% des ménages ont une balance nulle et 28,7% une balance positive. Pour la région de Mopti, 36,9% des ménages ont une balance nulle et 59,1% une balance positive. Le graphique suivant donne la répartition des ménages selon la balance des transferts par région. Graphique n 08 : Répartition des ménages (en %) selon la balance des transferts par région La répartition des ménages selon la balance des transferts par sexe du CM montre que 61,6% des ménages dont le CM est femme ont une balance positive contre 41,6% pour les ménages dont le CM est homme. Autrement dit, les femmes chefs de ménage reçoivent plus de transferts qu elles ne donnent comparativement aux hommes chefs de ménage. Seulement, 8,5% des ménages dont le CM est homme ont une balance négative contre 2,8% pour les ménages dont le CM est femme. On constate que 49,9% des ménages dont le CM est homme ont une balance nulle, contre 35,6% pour les ménages dont le CM est femme. Tableau n 18 : Répartition des ménages (en %) selon la balance des transferts par sexe Sexe du CM Balance Homme Femme Total Négative 8,5 2,8 8,2 42
43 Nulle 49,9 35,6 49,1 Positive 41,6 61,6 42,7 La répartition des ménages selon la balance des transferts et du nombre d enfants de moins de 18 ans montre qu au total, 8,2% des ménages ont une balance négative, 49,1% ont une balance nulle et 42,7% une balance positive Pour les ménages ayant moins de 5 enfants, 10,4% des ménages ont une balance négative, 51,8% ont une balance nulle et 37,8% ont une balance positive. Pour les ménages ayant 5 à 7 enfants, 8,8% ont une balance négative, 46,3% ont une balance nulle et 44,9% ont une balance positive. Les ménages ayant de 8 à 12 enfants, 5,6% ont balance négative, 49,9% des ménages ont une balance nulle et 44,5% des ménages ont une balance positive. Pour les ménages ayant de 13 à 17 enfants, 6% des ménages ont une balance négative, une balance nulle pour 47,9% et une balance positive pour 46,1%. Enfin, pour les ménages ayant 18 enfants et plus, 3,8% ont une balance négative, 43,3% ont une balance nulle et 52,9% ont une balance positive. Tableau n 19 : Répartition des ménages (en %) selon la balance des transferts par enfants de moins de 18 ans Nombre d'enfants de moins de 18 ans Balance Moins de 13 à enfants et Ensemble 5 enfants 5 à 7 enfants 8 à 12 enfants enfants plus Négative 10,4 8,8 5,6 6,0 3,8 8,2 Nulle 51,8 46,3 49,9 47,9 43,3 49,1 Positive 37,8 44,9 44,5 46,1 52,9 42,7 Dans l ensemble, la répartition des ménages selon la balance des transferts et le nombre d enfant de moins de 18 ans montre que le nombre de ménages ayant une balance nulle est plus élevé en moyenne pour les quatre premiers groupes considérés. Autrement dit, les transferts reçus sont égaux aux transferts effectués pour la majorité des ménages en tenant compte du nombre d enfants de moins de 18 ans. 2.6 Cadeaux reçus en nature Les cadeaux reçus en nature par un ménage concernent les produits alimentaires reçus sans contrepartie d un autre ménage pour sa consommation. Il s agit : des céréales, des racines et tubercules, des légumineuses sèches, des légumes frais, des volailles, viandes et poissons, des fruits, des produits d origine animale, des boissons et tabacs, des condiments et épices, des huiles et graisses, des produits d alimentation diverse et des produits de cueillette Valeur moyenne des cadeaux reçus en nature par les ménages selon la région La valeur moyenne des cadeaux reçus en différents produits alimentaires varie selon les régions. Dans l ensemble, la valeur moyenne des cadeaux reçus en céréales est la plus élevée (61757,81 FCFA) par rapport à tous les produits ici énumérés. En effet, la valeur moyenne des cadeaux reçus en céréales par région montre que la région de Mopti a la plus grande valeur moyenne. Il en est de même pour les racines et tubercules qui sont peu produites dans la région. La valeur moyenne des cadeaux reçus en légumineuses sèches est plus élevée dans la région de Kayes. Il en est de même pour les cadeaux reçus en fruits, en produits d origine animale et en huiles et graisses. 43
44 Pour les légumes frais la valeur moyenne des cadeaux reçus est plus élevée dans le district de Bamako. Il en est de même pour les cadeaux reçus en volailles, viandes et poissons, et en boissons et tabacs. La région de Sikasso a la valeur moyenne des cadeaux reçus en condiments et épices la plus élevée de toutes les régions. Elle est suivie de Koulikoro et de Ségou. En effet, Sikasso est une région particulièrement favorable à la production de ces biens. Elle fournit essentiellement le district de Bamako ; zone de consommation par excellence. Dans les régions de Tombouctou-Gao-Kidal, la valeur moyenne des cadeaux reçus par les ménages en produits d alimentation divers est la plus élevée. Elles sont suivies de Bamako. Pour les produits de cueillette, la valeur moyenne des cadeaux reçus par les ménages est plus élevée dans la région de Koulikoro (suivi de Bamako) par rapport aux autres régions. Tableau n 20 : Valeur moyenne (en F CFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon la région Type de Tombouctoucadeaux reçus Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Gao-Kidal Bamako Total Céréales 67362, , , , , , , ,81 Racines et tubercules 24286, , , , , , , ,59 Légumineuses sèches 19940, , , , , , , ,63 Légumes frais 24828, , , , , , , ,54 Volailles, viandes et 41356, , , , , , , ,27 poissons Fruits 16086, , , , , , , ,62 Produits d'origine 12270, , , , , , , ,51 animale Boissons et tabacs 7491, , , , , , , ,12 Condiments et épices 4717, , , ,26 838, , , ,65 Huiles et graisses 39651, , , , , , , ,88 Produits d'alimentation 26241, , , , , , , ,05 divers Produits de cueillette 27205, , , , , , , , Valeur moyenne des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le sexe du CM En moyenne, la valeur des cadeaux reçus en céréales par les ménages dont le CM est un homme est supérieure à celle des ménages dont le CM est une femme. Il en est de même pour les racines et tubercules, les légumineuses sèches, les fruits, les boissons et tabacs, les condiments et épices, les huiles et graisses et les produits d alimentation divers. Tableau n 21: Valeur moyenne (en F CFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le sexe du CM 44
45 Type de cadeaux reçus Homme Femme Ensemble Céréales 63587, , ,81 Racines et tubercules 21065, , ,59 Légumineuses sèches 11136, , ,63 Légumes frais 10504, , ,54 Volailles, viandes et poissons 20235, , ,27 Fruits 9385, , ,62 Produits d'origine animale 7682, , ,51 Boissons et tabacs 7564, , ,12 Condiments et épices 9809, , ,65 Huiles et graisses 13166, , ,88 Produits d'alimentation divers 19427, , ,05 Produits de cueillette 14975, , ,01 La valeur moyenne des cadeaux reçus en légumes frais par les ménages dont le CM est femme est plus importante que celle des ménages dont le CM est homme. Il en est de même pour les volailles, viandes et poissons, les produits d origine animale et les produits de cueillette Valeur moyenne (en FCFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le niveau de pauvreté En tenant compte du niveau de pauvreté, la valeur moyenne des cadeaux reçus par les ménages non pauvres en produits alimentaires est plus élevée. En effet, les ménages non pauvres reçoivent plus de cadeaux en céréales, en légumineuses sèches, en légumes frais, en volailles, viandes et poissons, en boissons et tabacs, en huiles et graisses, en produits d alimentation divers et en produits de cueillette par rapport aux ménages pauvres. Tableau n 22: Valeur moyenne (en F CFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le niveau de pauvreté Type de cadeaux reçus Non pauvre Pauvre Ensemble Céréales 71720, , ,81 Racines et tubercules 18291, , ,59 Légumineuses sèches 12725, , ,63 Légumes frais 14945, , ,54 Volailles, viandes et poissons 23091, , ,27 Fruits 8956, , ,62 Produits d'origine animale 5989, , ,51 Boissons et tabacs 10026, , ,12 Condiments et épices 4260, , ,65 Huiles et graisses 15445, , ,88 Produits d'alimentation divers 23294, , ,05 Produits de cueillette 16459, , ,01 En moyenne, les ménages pauvres reçoivent plus en valeur moyenne des cadeaux en racines et tubercules, en fruits, en produits d origine animale et en condiments et épices par rapport aux ménages non pauvres. 45
46 2.6.4 Valeur moyenne (en F CFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le milieu de résidence du ménage Pour l ensemble des produits alimentaires ici considérés, la valeur moyenne des cadeaux reçus en céréales par les ménages en milieu rural est plus élevée par rapport au milieu urbain. Cela se justifie aisément, le milieu rural étant une zone de production de céréales et où les céréales semblent plus disponibles pour les cadeaux entre ménage. La valeur moyenne des cadeaux reçus en racines et tubercules est plus importante en milieu rural qu en milieu urbain. Il en est de même pour les légumineuses sèches, les fruits et les condiments et épices. Tableau n 23: Valeur moyenne (en F CFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le milieu de résidence du ménage Urbain Rural Ensemble Céréales 54016, , ,81 Racines et tubercules 16561, , ,59 Légumineuses sèches 10595, , ,63 Légumes frais 15240, , ,54 Volailles, viandes et poissons 32995, , ,27 Fruits 8689, , ,62 Produits d'origine animale 9628, , ,51 Boissons et tabacs 21046, , ,12 Condiments et épices 6523, , ,65 Huiles et graisses 17600, , ,88 Produits d'alimentation divers 29876, , ,05 Produits de cueillette 19662, , ,01 En milieu urbain par contre, les valeurs moyennes des cadeaux reçus par les ménages en légumes frais, en volailles, viandes et poissons, en produits d origine animale, en boissons et tabacs, en huiles et graisses, en produits d alimentation divers et en produits de cueillette sont les plus importantes par rapport à celles des ménages en milieu rural Valeur moyenne (en FCFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Dans l ensemble, en tenant compte du nombre d enfants de moins de 18 ans par ménage, la valeur moyenne des cadeaux reçus en céréales est beaucoup plus importante par rapport à celle des autres produits alimentaires. Tableau n 24 : Valeur moyenne (en FCFA) des cadeaux reçus en nature par les ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Moins de 5 8 à à 17 Type de cadeaux reçus enfants 5 à 7 enfants enfants enfants 18 enfants et plus Ensemble Céréales 40480, , , , , ,48 Racines et tubercules 7428, , , , , ,09 Légumineuses sèches 9015, , , , , ,61 Légumes frais 11189, , , , , ,40 Volailles, viandes et poissons 23863, , , , , ,89 Fruits 6990, , , , , ,85 Produits d'origine animale 6436, , , , , ,24 Boissons et tabacs 3068, , , , , ,36 Condiments et épices 3333, , , , , ,12 46
47 Huiles et graisses 7358, , , , , ,40 Produits d'alimentation divers 18735, , , , , ,26 Produits de cueillette 11275, , , , , ,18 La valeur moyenne des cadeaux reçus par les ménages ayant moins de 5 enfants est la plus élevée en céréales, par rapport aux autres produits alimentaires. Les ménages ayant de 5 à 7 enfants reçoivent des valeurs moyennes de cadeaux en légumineuses sèches, légumes frais, et en produits de cueillette plus élevées par rapport autres ménages ayant des enfants de moins de 18 ans. Pour les ménages ayant 8 à 12 enfants, les valeurs moyennes des cadeaux reçus en céréales, huiles et graisses sont plus élevées par rapport à celles des autres ménages ayant des enfants de moins de 18 ans. Par contre pour les ménages ayant 13 à 17 enfants, les valeurs moyennes des cadeaux reçus en volailles, viandes et poissons, produits d origine animale sont plus élevés par rapports celles des autres ménages ayant des enfants de moins de 18 ans. Pour les ménages ayant 18 enfants et plus, les valeurs moyennes des cadeaux reçus en racines et tubercules, fruits, condiments et épices et produits d alimentation divers sont les plus importantes par rapport à celles des autres ménages ayant des enfants de moins de 18 ans. 2.7 Types d aide des ménages en période difficile Dans bien des cas, les ménages font recourt à différentes solutions pour remédier aux difficultés ponctuelles qui leur arrivent. Généralement, la famille, les amis et le voisinage sont les premiers recours. En effet, dans le module QUIBB de l ELIM 2006, une question spécifique a été posée aux ménages sur les types d aide en cas de difficultés. Sept types d aides ont été pris en compte. Tableau n 25: Types d aide probables reçus des ménages en cas de situation difficiles Type d aide Rural Autres urbains Bamako 1 er 3 ème Total quartile quartile quartile quartile Son voisinage 45,4 35,4 16,4 46,3 45,4 36,9 28,8 39,3 Association 18,2 13,8 10,9 17,9 18,2 15,2 13,6 16,2 religieuse Association 13,2 14,5 12,2 13,2 12,1 11,4 16,9 13,4 professionnelle Ses amis 52,7 51,7 44,0 54,0 52,5 46,3 52,6 51,4 Sa famille 55,6 54,1 58,2 54,3 55,3 54,2 58,4 55,6 ONG 2,2 2,7 2,3 2,3 2,4 2,1 2,5 2,3 Autres 2,1 2,6 4,2 2,2 2,5 2,2 3,0 2,5 2 ème 4 ème Les résultats montrent qu en cas de difficultés, les ménages maliens comptent sur leurs relations privées, c est-à-dire sur la famille, les amis et les voisins. En période difficile, 56% des maliens comptent sur l aide de leur famille, 51% sur l aide de leurs amis et 39.4% sur l aide de leur voisins. Pour le reste, 16.2% font recourt aux associations religieuses, 13.4% aux associations professionnelles, 2,5% autres types d aide et 2.3% aux ONG. Plus le ménage est riche et urbain, plus les sources d aides se resserrent au tour de la famille et des proches. Ainsi, si au total 39% des maliens déclarent compter sur l aide de leurs voisins, cette proportion chute à 29% pour le quartile le plus riche et à 16% pour le Bamakois. Plus le ménage est pauvre et rural, plus les types d aides se concentrent au tour de la famille, des amis et du voisinage. Ainsi, il ressort des résultats qu en milieu rural 55,6% des ménages maliens déclarent compter sur l aide de leurs familles, 52,7% sur leurs amis et 45,4% sur leur voisinage. On en déduit donc que les ménages les plus pauvres mais aussi et surtout ceux vivant en milieu 47
48 rural ont un capital social 19 plus développé que les ménages les plus riches ou urbains. Ces résultats confirment la vision d un capital social assurant la protection contre les conséquences d évènements défavorables comme les mauvaises récoltes liées aux déficits pluviométriques ou à tout autre risque possible au cours de la vie. 2.8 Actions prioritaires pour lutter contre la pauvreté selon la population A partir des résultats de l ELIM 2006, le présent paragraphe porte sur le point de vue des ménages maliens sur la manière dont la stratégie de lutte contre la pauvreté est mise en œuvre par les autorités publiques et les actions qu ils estiment prioritaires pour améliorer leurs conditions de vie. Tableau n 26 : Répartition des ménages (en %) selon leurs opinions sur l'action des autorités en matière de lutte contre la pauvreté et le milieu de résidence Oui Non Non déclaré Total Milieu Urbain 38,4 59,9 1,7 100 Rural 39,0 59,6 1,4 100 Région Kayes 45,0 54,9 0,2 100 Koulikoro 37,2 60,8 2,0 100 Sikasso 33,2 65,0 1,9 100 Ségou 33,2 65,0 1,8 100 Mopti 48,8 50,8 0,4 100 Tombouctou 48,4 48,2 3,4 100 Gao 29,8 70,2 100 Kidal 19,0 81,0 100 Bamako 36,2 61,6 2,2 100 Ensemble 38,8 59,7 1,5 100 Source : ELIM 2006, DNSI Il ressort des résultats que 59,7% des ménages pensent que les autorités ne luttent pas efficacement contre la pauvreté. Cette opinion est partagée par 59,9% des ménages en milieu urbain et 59,6% en milieu rural. Il existe toutefois quelques disparités selon la région. C est dans les régions de Kidal, Gao, Ségou, Sikasso et Bamako que les opinions sont plus défavorables avec respectivement 81,0%, 70,2%, 65,0%, 65,0% et 61,6% alors qu à Tombouctou, Mopti et Kayes les avis sont moins sévères avec respectivement 48,2%, 50,8% et 54,9% d opinions défavorables. Pour les stratégies à adopter pour améliorer leurs conditions de vie, les ménages considèrent trois actions prioritaires quelque soit le sexe du chef de ménage, le milieu de résidence ou la région. Il s agit de : assurer la sécurité alimentaire (24,4%), lutter contre la pauvreté (22,0%) et créer des emplois (20,7%). 2.9 Dépenses courantes des ménages Dans le questionnaire revenus/dépenses, les dépenses courantes des ménages varient en fonction de la nature des biens consommés 20. Il s agit : des céréales en graines, des farines, des produits à base de farines, des légumes secs, noix et graisse, des fruits, des légumes frais, des racines et tubercules, des viandes, volaille et poisson, des œufs, laits et produits laitiers, des condiments et épices, des aliments préparés hors ménages, des produits d aliments divers, des boissons alcoolisées et tabacs, des combustibles, des articles d entretien, des réparations et services d entretien, et des transports et communication. En effet, les dépenses courantes des ménages sont classées en fonction de leur niveau de pauvreté, selon le milieu de résidence, selon le sexe du CM et le niveau de pauvreté. 19 Le capital social peut être défini comme l ensemble des liens sociaux d un individu au sein de sa communauté. 20 Les dépenses courantes considérées ne tiennent pas compte de l autoconsommation des ménages. 48
49 2.9.1 Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le niveau de pauvreté Pour l ensemble des produits de consommation ici considérés, les dépenses courantes annuelles moyennes des ménages sont nettement plus importantes en céréales et graines et en transport et télécommunication. Tableau n 27 : Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le niveau de pauvreté Groupe de produits Non pauvre Pauvre Total Céréales en graines , , ,77 Farines 86327, , ,62 Produits à base de farines 97191, , ,68 Légumes secs, noix et graisse , , ,83 Fruits 74390, , ,52 Légumes frais 97643, , ,73 Racines et tubercules 47817, , ,52 Viandes, volaille, poisson , , ,31 Œuf, laits, produits laitiers 77392, , ,44 Condiments et épices 81524, , ,30 Aliments préparés hors ménages , , ,51 Produits d'aliments divers , , ,30 Boissons alcoolisées et tabacs 95133, , ,11 Combustibles 91927, , ,81 Articles d'entretien 53526, , ,31 Réparations et services d'entretien 26325, , ,83 Transport et communication , , ,86 En effet, chez les ménages non pauvres, les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et graines sont plus élevées. Elles sont suivies des dépenses courantes en transport et télécommunication. Chez les pauvres, ce sont les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et en produits d aliments divers qui sont les plus élevées Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le milieu de résidence Lorsque l on tient compte du milieu de résidence, le total des dépenses courantes annuelles moyennes des ménages en céréales est supérieur à celui de tous les autres postes de produits. Tableau n 28: Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le milieu de résidence Groupe de produits Urbain Rural Total Céréales en graines , , ,77 Farines 81489, , ,62 Produits à base de farines , , ,68 Légumes secs, noix et graisse , , ,83 Fruits 92135, , ,52 Légumes frais , , ,73 Racines et tubercules 60177, , ,52 Viandes, volaille, poisson , , ,31 Œuf, laits, produits laitiers 89310, , ,44 Condiments et épices 76288, , ,30 Aliments préparés hors ménages , , ,51 49
50 Produits d'aliments divers , , ,30 Boissons alcoolisées et tabacs , , ,11 Combustibles 94961, , ,81 Articles d'entretient 58035, , ,31 Réparations et services d'entretien 27161, , ,83 Transport et communication , , ,86 En milieu rural, la dépense courante annuelle moyenne des ménages en céréales est la plus élevée, suivie de la dépense courante annuelle moyenne en transport et communication. Il en est de même pour les ménages en milieu urbain. Autrement dit, que l on soit en milieu rural ou urbain, les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales se révèlent plus importantes dans la consommation des ménages Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le nombre d enfants de moins de 18 ans En opérant une répartition des ménages suivant le nombre d enfants de moins de 18 ans, on constate que les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et graines sont les plus importantes par rapport aux autres postes de dépenses du groupe de produits. Tableau n 29: Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Groupe de produits Moins de 5 enfants 5 à 7 enfants 8 à 12 enfants 13 à 17 enfants 18 enfants et plus Total Céréales en graines , , , , , ,77 Farines 63587, , , , , ,62 Produits à base de farines 66655, , , , , ,68 Légumes secs, noix et graisse 69464, , , , , ,83 Fruits 57574, , , , , ,52 Légumes frais 69340, , , , , ,73 Racines et tubercules 28108, , , , , ,52 Viandes, volaille, poisson , , , , , ,31 Œuf, laits, produits laitiers 65034, , , , , ,44 Condiments et épices 52690, , , , , ,30 Aliments préparés hors ménages , , , , , ,51 Produits d'aliments divers , , , , , ,30 Boissons alcoolisées et tabacs 82712, , , , , ,11 Combustibles 68700, , , , , ,81 Articles d'entretient 35806, , , , , ,31 Réparations et services d'entretien 23905, , , , , ,83 Transport et communication , , , , , ,86 Pour les ménages ayant moins de 13 à 17 enfants, les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et graines sont les plus élevées, suivies de celles en farine et en condiments et épices. Pour les ménages ayant 18 enfants et plus, les dépenses courantes annuelles moyennes en produits à base de farines, en légumes secs, noix et graisse, en fruits, en viande, volaille et poisson, en œufs, laits et produits laitiers, en aliments préparés hors ménages, en produits d aliments divers, en boissons alcoolisées et tabacs, en combustibles, en articles d entretien, en réparations et services d entretien et en transport et communication sont les plus importantes par rapport à tous les autres ménages ayant des enfants de moins de 18 ans.. 50
51 2.9.4 Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon la région Pour l ensemble des sept régions plus le district de Bamako, les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et en transport et communication sont les plus importantes par rapport aux autres postes du groupe de produits. En effet, pour toutes les régions (excepté Sikasso) et Bamako, les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales sont les plus élevés. Dans la région de Sikasso ce sont les dépenses courantes annuelles moyennes en transport et communication qui sont les plus importantes. Tableau n 30: Dépenses courantes annuelles moyennes des ménages par poste selon la région Groupe de produits Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Tombouctou-Gao- Kidal Bamako Total Céréales en graines , , , , , , , ,77 Farines , , , , , , , ,62 Produits à base de farines , , , , , , , ,68 Légumes secs, noix et graisse , , , , , , , ,83 Fruits 59918, , , , , , , ,52 Légumes frais 95208, , , , , , , ,73 Racines et tubercules 30591, , , , , , , ,52 Viandes, volaille, poisson , , , , , , , ,31 Œuf, laits, produits laitiers 77188, , , , , , , ,44 Condiments et épices 92469, , , , , , , ,30 Aliments préparés hors ménages , , , , , , , ,51 Produits d'aliments divers , , , , , , , ,30 Boissons alcoolisées et tabacs , , , , , , , ,11 Combustibles 92569, , , , , , , ,81 Articles d'entretient 36059, , , , , , , ,31 Réparations et services d'entretien 15418, , , , , , , ,83 Transport et communication , , , , , , , , Dépenses courantes annuelles totales des ménages selon le niveau de pauvreté et le sexe du Chef de ménage Les ménages pauvres effectuent une dépense courante annuelle totale de ,62 FCFA, contre ,37 FCFA pour les non pauvres. En effet, les ménages pauvres dont le CM est un homme ont une dépense courante annuelle totale inférieure à celle des ménages dont le CM est une femme. Autrement dit, les ménages pauvres dont le CM est une femme dépensent plus que les ménages pauvres dont le CM est un homme au cours de l année. Il en est de même pour les ménages non pauvres dont le CM est une femme. Tableau n 31: Dépenses courantes annuelles totales des ménages selon le niveau de pauvreté et le sexe du Chef de ménage Sexe Non pauvre Pauvre Homme , ,52 Femme , ,72 Total , ,62 51
52 2.9.6 Dépenses courantes annuelles totales des ménages selon le niveau de pauvreté et le milieu de résidence En tenant du milieu de résidence, les dépenses courantes annuelles totales des ménages pauvres sont nettement inférieures à celles des ménages non pauvres en milieu rural. Par contre en milieu urbain, les ménages non pauvres ont des dépenses annuelles totales nettement supérieures à celles des pauvres. Tableau n 32: Dépenses courantes annuelles totales des ménages selon le niveau de pauvreté et le milieu de résidence Milieu Non pauvre Pauvre Urbain , ,23 Rural , ,05 Total , ,62 En effet, les ménages non pauvres en milieu urbain dépensent plus par rapport à ceux du milieu rural. Il en est de même pour les pauvres. Conclusion Il ressort de cette analyse que les transferts effectués par les ménages sont relativement faibles en part moyenne dans le revenu des ménages. Mais en moyenne, ils sont plus élevés dans le revenu des ménages non pauvres, ceux ayant moins de cinq enfants, ceux dont le CM est homme et ceux vivant en milieu urbain. Les transferts publics bénéficient plus aux ménages en milieu urbain et plus à ceux dont le CM est femme et à ceux ayant moins de cinq enfants. Les transferts privés reçus bénéficient plus aux ménages dont le CM est femme. Ils sont plus élevés en moyenne en milieu urbain et pour les ménages ayant 18 enfants et plus pour les ménages pauvres. Les ménages dont le CM est une personne âgée bénéficient plus des transferts de revenus, notamment des transferts publics plus que les ménages dont le CM est adulte. Kayes est la région où les transferts représentent une part moyenne plus élevée, surtout dans le revenu des ménages non pauvres. Dans les régions de Koulikoro, Ségou, Tombouctou-Gao- Kidal, la part moyenne des transferts est plus élevée. A Bamako, la part moyenne des transferts dans le revenu des ménages non pauvres est plus importante. La part moyenne des transferts dans le revenu est plus importante pour les ménages pauvres en milieu urbain et pour les ménages non pauvres en milieu rural. Elle plus élevée pour les ménages non pauvres dont le CM est femme. Les ménages ayant 18 enfants et plus ont une part moyenne plus élevée. Plus spécifiquement de ceux non pauvres ayant 8 à 12 enfants et de ceux pauvres ayant 18 enfants et plus ont une part moyenne plus élevée. La balance des transferts est nulle pour la majorité des ménages aussi bien pauvres que non pauvres et quelques soit le nombre d enfants de moins de 18 ans et la région. En tenant compte du sexe du CM, la balance des transferts est nulle pour la majorité de ménages dont le CM est homme. La valeur moyenne des cadeaux reçus par les ménages en céréales est plus élevée par rapport à celle des autres produits alimentaires aussi bien pour les non pauvres que pour les pauvres (celle des non pauvres étant plus importante) dans toutes les régions et le district de Bamako. Elle est plus importante pour les ménages dont le CM est homme, plus importante en milieu rural et pour les ménages ayant moins de cinq enfants. 52
53 Les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et graines sont relativement plus importantes pour tous les ménages aussi bien pauvres que non pauvres, mais particulièrement plus élevées en milieu urbain et pour les ménages ayant 13 à 17 enfants. Elles sont bien plus élevées pour les ménages dont le CM est femme et pour les ménages pauvres en milieu urbain. La famille, les amis et le voisinage sont les principaux recours des ménages en cas de difficultés ; la famille étant toujours privilégiée en premier pour la majorité des ménages. Interrogés sur leurs points de vue à savoir si les autorités luttent efficacement contre la pauvreté, la majorité des ménages pensent qu ils ne luttent pas efficacement contre la pauvreté. Quelque soit le milieu de résidence, le sexe ou la région, assurer la sécurité alimentaire, lutter contre la pauvreté et créer des emplois sont les principales solutions proposées par la majorité des ménages. 53
54 Chapitre III Transferts et pauvreté du ménage La pauvreté se manifeste de diverses manières. Dans ce qui suit, l accent est mis sur la pauvreté monétaire ou de revenu, qui exprime un aspect du niveau de vie et résulte d'une insuffisance de ressources engendrant une consommation insuffisante. De façon spécifique, l étude cherche déterminer l impact des transferts sur la pauvreté monétaire des ménages. 3.1 Méthodologie La pauvreté monétaire est retracée par un revenu insuffisant, ou à défaut par une trop faible consommation. En Afrique, notamment, vu les aléas dans le revenu des individus, on préférera s appuyer sur la consommation comme le meilleur estimateur du revenu. On peut donc dire qu une trop faible consommation traduit un niveau de vie trop faible. En ce sens, cette approche peut être considérée comme la plus quantitative de toutes les approches, car elle ne fait appel à aucun aspect de conditions de vie, notamment concernant la composition des dépenses du ménage. En l occurrence, depuis Rowntree (1901), la pauvreté monétaire se détermine à partir de l élaboration d un seuil de pauvreté au dessous duquel un individu pourra être considéré comme pauvre (Dubois, 1998). Cette détermination revêt un caractère relativement normatif. Dans une société donnée, la pauvreté suppose donc que des individus sont dans l impossibilité d acquérir un niveau de vie correspondant à un minimum acceptable par les normes de la société. Dans cette optique, la pratique courante, fondée généralement sur l utilisation d enquêtes nationales auprès des ménages, implique une stratégie en trois phases. Tout d abord, l identification d un indicateur monétaire simple de bien-être des ménages. Ensuite, l évaluation d une ligne de pauvreté, c est-à-dire du coût estimé pour les ménages du niveau de vie nécessaire pour surmonter la pauvreté. Enfin, une mesure agrégée de la pauvreté pour résumer les informations inhérentes à l indicateur de bien-être et au seuil de pauvreté. En réalité, la délimitation de la pauvreté monétaire soulève plusieurs difficultés méthodologiques Unité d analyse et sources des données L Unité d analyse ici considérée est le ménage. En effet, l ELIM 2006 porte sur un échantillon de 4500 ménages dont 4494 ont été effectivement enquêtés. Pour l ELIM 2006, un ménage est un groupe de personnes qui normalement vivent et prennent leurs repas ensemble, et reconnaissant l autorité d une seule personne comme chef qui vit actuellement avec le reste du ménage. En effet, dans les ménages polygames, chaque épouse est traitée comme un ménage distinct quand les épouses vivent dans des logements ou complexes différents, cuisinent et prennent des décisions de manière indépendante (Rapport de l ELIM 2006, DNSI). Comme énoncé plus haut, l ELIM 2006 a été effectuée auprès de 4494 ménages au niveau national. Les données utilisées dans ce travail sont issues de cette enquête. Elles ont été obtenues auprès de la DNSI, notamment la Division Méthodes et Analyse. 54
55 3.1.2 Méthode dite de l énergie nutritive Il faut noter que, dans les travaux antérieurs réalisés au Mali l évaluation de la pauvreté a été faite à partir de la méthode dite de l énergie nutritive. Toutefois, d autres méthodes comme celle du coût des besoins de base (voir annexes pour les explications cette méthode) sont aussi utilisées. La détermination du seuil de pauvreté par la méthode de l énergie nutritive requiert deux types de données : la consommation d énergie calorifique (en Kilocalories) et la valeur de la consommation totale du ménage. a) Trois étapes permettent la détermination du seuil de pauvreté monétaire par la méthode de l énergie nutritive. D abord on détermine la quantité énergétique quotidienne nécessaire à la survie de chaque individu. Les normes utilisées en pratique varient entre les pays de 1800 à 3000 Kilocalories par adulte et par jour. Au Mali, on a adopté la norme OMS de 2450 Kilocalories par personne et par jour en Ensuite à partir d une enquête de type Budget-Consommation, on calcule pour chaque ménage la quantité énergétique quotidienne effectivement consommée. Ceci se fait le plus souvent à partir d un module de consommation alimentaire détaillé dans l enquête auprès des ménages (l EMEP de 2001 a un tel module alimentaire). Les aliments consommés ayant été pesés ou estimés (dans ce cas, les estimations se font à partir d informations sur la consommation et les prix), l utilisation d une table de conversion entre quantités consommées et énergie nutritive donne la consommation énergétique du ménage. La dernière étape permet d obtenir le seuil de pauvreté. Elle consiste à faire une régression linéaire de la quantité d énergie nutritive par tête (ou par équivalent adulte) sur la valeur de la consommation par tête. La valeur de la consommation par tête qui correspond dans la régression à la quantité d énergie nutritive nécessaire pour la survie est retenue comme seuil de pauvreté. On peut aussi déterminer le seuil sans faire une régression en calculant la dépense par tête moyenne des ménages située autour (par exemple plus ou moins 5%) de la consommation énergétique requise. Cette approche ne fournit pas indépendamment un seuil alimentaire et un seuil non alimentaire de pauvreté. Le seuil obtenu par cette méthode est le seuil de pauvreté global. La régression de l énergie nutritive sur la consommation totale (et non la consommation alimentaire) permet de prendre en compte implicitement les dépenses non alimentaires nécessaires à la survie. b) La méthode de l énergie nutritive présente quelques inconvénients. En effet, elle peut donner des résultats non cohérents sur le plan temporel ou spatial. En effet, il peut arriver que suite à une récession ou à un choc négatif sur les revenus, les ménages substituent des produits moins chers mais à plus forte valeur calorifique à ceux plus chers mais relativement moins calorifiques qu ils consommaient avant. L application de la méthode du coût de l énergie nutritive pourrait tellement faire baisser le seuil de pauvreté que l on conclurait à une baisse de la pauvreté malgré la forte baisse du niveau de vie (Ravallion, 1996 ; Wodon, 1997). 3.2 Pauvreté monétaire La pauvreté peut être abordée de différentes manières. Cela vient du fait qu elle présente de nombreuses dimensions (monétaire, manques dans les besoins fondamentaux, aspects sociaux et psychologiques, etc.) dont il faut souvent articuler et hiérarchiser les caractéristiques spécifiques. De plus, elle prend des formes différentes (insuffisance de ressources, précarité des conditions de vie, exclusion sociale) à travers les pays et les époques générant alors autant de catégories de population différentes que l on continue pourtant à désigner sous le terme unique et générique de pauvres (Ravallion, 1996 ; Dubois, 1998 ; Kaboré, 2003). En effet, la dimension de la pauvreté ici concernée est monétaire ou de revenu. 55
56 3.2.1 Définition de la pauvreté monétaire La théorie microéconomique du bien-être sert essentiellement de référence à l analyse de la pauvreté monétaire. En effet, du fait de l impossibilité de mesurer les utilités 21, elle s appuie sur l utilisation du revenu ou de la consommation comme mesure de bien-être (Ravallion, 1996 ; Dubois, 1998 ; Marniesse, 1999 ; Coudouel, Hentschel, Wodon, 2002). La consommation semble plus adéquate pour refléter le bien-être, puisque dans l optique économique l utilité des individus dépend des quantités consommées de chaque bien et non pas de leur revenu. De plus, on observe usuellement que la consommation est plus stable que le revenu dans le temps, puisque les individus ont la possibilité d épargner ou de s emprunter selon leur situation pour garder le même niveau de bien-être. Cette dernière caractéristique peut être très importante dans certains cas, par exemple dans des pays comme le Mali où le revenu est très variable pour une large partie de la population. La pauvreté monétaire est retracée par un revenu insuffisant, engendrant une faible consommation. En Afrique, notamment, vu les aléas dans le revenu des individus, on préférera s appuyer sur la consommation comme le meilleur estimateur du revenu. On peut donc dire qu une trop faible consommation traduit un niveau de vie trop faible. En ce sens, cette approche peut être considérée comme la plus quantitative de toutes les approches, car elle ne fait appel à aucun aspect de conditions de vie, notamment concernant la composition des dépenses des ménages. Pour mesurer la pauvreté monétaire les instruments d investigation disponibles s articulent tous, sous des formes diverses, autour d un noyau concernant les dépenses monétaires des ménages. Ces dépenses sont disponibles dans l ELIM Pour déterminer la pauvreté monétaire avant transfert, on définit une hypothèse de travail Hypothèse de travail Dans les analyses de la pauvreté, l approche par les dépenses de consommation est la plus couramment utilisée. Le revenu ou la consommation dans ses principales composantes apparaît comme le meilleur indicateur d évaluation de la pauvreté monétaire. En Afrique, notamment, vu les aléas dans le revenu des individus, on préférera s appuyer sur la consommation comme le meilleur estimateur du revenu. La pauvreté monétaire avec transferts tient compte des transferts dans le revenu ou la dépense totale des ménages. Ainsi, la pauvreté monétaire sans transfert ne tient pas compte du niveau des transferts dans le revenu ou de la dépense totale équivalente des ménages. En considérant que la consommation ou la dépense de consommation est le meilleur estimateur du revenu, on considère les transferts comme une dépense du point de vue de celui qui donne (transferts publics, transferts privés effectués) et une dépense de consommation future du point de vue du ménage qui reçoit. A cet effet, la dépense de consommation totale avec transferts est l agrégat qui servira à déterminer le seuil de pauvreté avec transferts (ou sans transferts). Elle correspond à la dépense totale de l enquête. Dans l ELIM 2006, la balance des transferts est nulle pour la majorité des ménages. Autrement dit, les transferts effectués sont égaux aux transferts reçus. Ce qui consiste à considérer les transferts comme une dépense équivalente pour le ménage. La dépense de consommation 21 Si les individus partagent les mêmes préférences (et donc ont la même fonction d utilité non observable) et s ils font face au même système de prix, le classement par le revenu sera le même que le classement par les utilités à travers une relation de pré-ordre identique (Marniesse, 1999). 56
57 annuelle moyenne sans transferts (avant transferts) est égale à la dépense de consommation annuelle moyenne moins les transferts Calcul du seuil de pauvreté En général, dans le calcul des indices de pauvreté monétaire avant et après transferts, le seuil de pauvreté est défini par rapport au revenu équivalent total ou la dépense équivalente totale. Il est maintenu constant avant et après transferts. Ainsi, le taux de pauvreté sans transferts est la proportion d individus vivant au sein des ménages dont les revenus hors transferts sont inférieurs au seuil. Aussi, le taux de pauvreté avec transferts correspond à la population dont les revenus avec transferts sont inférieurs à ce même seuil Pauvreté monétaire avec transferts 1. Résultats de la méthode de l énergie nutritive Dans le rapport préliminaire sur les tendances et déterminants de la pauvreté au Mali ( ), les deux méthodes ont été appliquées. Ici, seuls les résultats de la méthode dite de l énergie nutritive sont donnés. a) Détermination du seuil de pauvreté A partir des données de l EMEP 2001, un seuil de pauvreté a été calculé. La méthode a consisté à calculer un seuil alimentaire de pauvreté selon cette approche (en réalisant une correspondance statistique entre la consommation énergétique et la dépense alimentaire), et à rajouter au seuil de pauvreté alimentaire ainsi obtenu une estimation des besoins non-alimentaires. Les estimations ont conduit à un seuil alimentaire de FCFA par personne et par an, et à un seuil de pauvreté global de FCFA par personne et par an. Un seul seuil a été utilisé pour l ensemble du pays, donc sans prendre en compte les différences de coûts entre régions. Pour calculer le seuil de pauvreté alimentaire en 2006, la technique a consisté à utiliser le panier de 2001 et de le valoriser par les prix de Il est important de se servir du même panier afin de saisir l évolution du coût de la vie. Après le calcul du seuil alimentaire, on calcule un seuil non alimentaire en appliquant la technique décrite ci-dessus. Cependant, dans le cas présent, le problème qui se pose est celui du calcul des prix des biens inclus dans le panier alimentaire en Les valeurs unitaires (prix) issues de l enquête posent deux difficultés. Une grande majorité des déclarations (plus de 75%) sont en unité non standards avec en plus des regroupements trop hétérogènes (sachet/sac, moule/pany, cuillerée/louche). On a néanmoins essayé d utiliser le quart restant afin de dériver des prix moyens ou médians par région, mais ces derniers n étaient pas non plus de bonne qualité 22. On a notamment trouvé une consommation calorifique implicite anormalement élevée en utilisant ces prix, ce qui suggère une sous-estimation de ces prix. Quant aux prix collectés régulièrement dans les capitales des régions, ces relevés n ont jamais été faits en milieu rural et on sait que les différences entre les milieux sont aussi importantes que les différences entre régions. Par conséquent, on ne dispose pas de prix fiables pour chaque bien pris séparément pour actualiser le panier de consommation alimentaire issu de l enquête de On a dès lors adopté une solution alternative simple qui a consisté à appliquer un taux d inflation au seuil de pauvreté de Le niveau général des prix a augmenté à Bamako (qui sert de mesure à l inflation nationale) de 9.65% entre 2001 et les quatre mois de la collecte des données de l enquête de 2006 (août à novembre). On a fait l hypothèse somme toute raisonnable que les prix ailleurs ont augmenté parallèlement à ceux de Bamako. 22Même en se restreignant à un sous-ensemble du panier de 2001 comprenant les 8 à 12 produits les plus consommés et représentant plus de 61% de la consommation des ménages, il n a pas été possible de dériver des prix robustes. 57
58 L inflation a été appliquée tant au seuil de pauvreté obtenu avec la méthode de l énergie calorifique. Le seuil de 2006 en tenant compte de l inflation est estimé à Francs CFA par personne et par an. Toutefois, l agrégat de consommation ne comprend pas les loyers imputés. b) Indices de pauvreté monétaire Les estimations à partir de la méthode de l énergie nutritive (calorifique), avec indexation à l inflation pour 2006, aboutissent à une baisse de l incidence de la pauvreté monétaire de 68.3% en 2001/02 à 64.4% en 2006 au niveau national. Tableau n 33 : Evolution de la pauvreté monétaire selon la méthode de l énergie nutritive Indices/niveau P0 P1 P2 P0 P1 P2 National Milieu de résidence Urbain Rural Région regroupée Kayes-Koulikoro Sikasso Mopti-Ségou Tombouctou-Gao-Kidal Bamako Source : Tendances et déterminants de la pauvreté au Mali ( ), juin 2007 L incidence de la pauvreté monétaire (P0) a surtout diminué en milieu urbain, passant de 37,4% à 31,8%. La profondeur de la pauvreté (P1) est de 30,2% en 2001 à 26,4% en Quant à la sévérité (P2 ou extrême pauvreté) de la pauvreté, elle est passée de 16,6% à 13,8% au niveau national. L extrême pauvreté a baissé au niveau rural, passant de 20,7% à 18,1%. c) Pauvreté monétaire selon le milieu de résidence et le nombre d enfants de moins de 18 ans En répartissant les ménages selon le niveau de pauvreté, on crée à l évidence deux groupes : les pauvres et les non pauvres. Cette répartition peut dépendre du milieu de résidence (urbain et rural) et du nombre d enfants de moins de 18 ans. Ainsi, au total, les ménages non pauvres représentent 52,6%, contre 47,4% pour les ménages pauvres. En tenant compte du milieu, les résultats montrent que 74,5% des ménages non pauvres vivent en milieu urbain, contre 25,5% pour les pauvres. Par contre en milieu rural, les ménages pauvres représentent 57,6% contre 42,4% pour les non pauvres. Ce qui confirme le caractère rural de la pauvreté. Graphique n 09: Pauvreté des ménages selon le milieu de résidence 58
59 Le niveau de pauvreté d un ménage dépend du nombre d enfants, plus spécifiquement du nombre d enfants de moins 18 ans. En effet, les ménages ayant moins de 5 enfants sont composés 71,8% de non pauvres contre 28,2% pour les ménages pauvres. Les ménages ayant 5 à 7 enfants, 51,5% sont non pauvres contre 48,5% pauvres. Les ménages de 8 à 12 enfants sont constitués de 63,6% de pauvres et de 36,4% de non pauvres. Pour les ménages ayant 13 à 17 enfants, 31,5% sont non pauvres et 68,5% pauvres. Enfin, pour les ménages ayant 18 enfants et plus, 30,9% sont non pauvres et 69,1% pauvres. Le tableau suivant donne le niveau de pauvreté des ménages suivant le nombre d enfants de moins de 18 ans. Tableau n 34 : Pauvreté des ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans Pauvreté avec transferts Moins de 5 enfants 5 à 7 enfants 8 à 12 enfants 13 à 17 enfants 18 enfants et plus Total Non pauvre 71,80% 51,50% 36,40% 31,50% 30,90% 52,60% Pauvre 28,20% 48,50% 63,60% 68,50% 69,10% 47,40% On observe donc aisément sur le graphique suivant que les non pauvres ont moins d enfants par rapport aux pauvres. Graphique n 10 : pauvreté des ménages selon le nombre d enfants de moins de 18 ans On en déduit que, plus le nombre d enfants de moins de 18 ans d un ménage augmente, plus son niveau de pauvreté augmente. Autrement dit, plus le nombre d enfants de moins 18 ans d un ménage est faible plus le niveau de pauvreté diminue. d) Répartition des ménages selon l âge du CM et l'état de pauvreté La pauvreté d un ménage varie peut varier selon l âge du CM. En effet, le tableau suivant donne la répartition des ménages suivant l âge du CM et le niveau de pauvreté. Tableau n 35 : Répartition des ménages selon l âge du CM et l'état de pauvreté Type ménage Non pauvre Pauvre Total Adulte 74,4 68,6 71,7 Personne âgée 25,6 31,4 28,3 59
60 Au total, 28,3% des ménages ont un CM personne âgée, contre 71,7% dont le CM est adulte. Les ménages dont le CM est adulte constituent 74,4% des non pauvres, contre 25,6% des ménages de CM personne âgée. Par contre, les ménages dont le CM est adulte constituent 68,6% des pauvres, contre 31,4% des ménages de CM personne âgée. Autrement dit, les ménages dont le CM est une personne âgée sont plus nombreux chez les ménages pauvres que chez les ménages non pauvres. e) Répartition des ménages selon le GSE du CM et l'état de pauvreté Comme on peut l observer dans le tableau qui suit, la majorité des ménages dont les CM sont des indépendants agricoles. Tableau n 36: Répartition des ménages selon le GSE du CM et l'état de pauvreté Pauvreté avec transferts Non pauvre Pauvre Total Salarié Public 9,9 1,3 5,9 Salarié Privé 6,3 2,4 4,5 Employeur 2,0,4 1,3 Indépendant agricole 41,5 67,7 53,7 Indépendant non agricole 21,9 7,0 15,0 Autres employés,6 2,2 1,4 Sans emploi 14,7 16,7 15,6 Les ménages dont le CM est un indépendant agricole sont majoritaires aussi bien chez les ménages pauvres que chez les ménages non pauvres. Ainsi, on note que 41,5% des ménages dont le CM est un indépendant agricole est non pauvre, contre 67,7% pour les pauvres. Graphique n 11 : Répartition des ménages selon le GSE du CM et l'état de pauvreté Le graphique ci-dessus permet d observer cette tendance de la pauvreté chez les ménages dont le CM est un indépendant agricole Pauvreté monétaire sans transferts Comme formulée dans l hypothèse de travail, la dépense totale sans transferts est obtenue en déduisant les transferts privés et publics de la dépense totale. Une dépense totale par tête sans transferts est obtenue à partir du même seuil de pauvreté de référence de francs CFA. A partir de ce seuil et de la dépense totale par tête sans transferts, certains tableaux sont générés. 60
61 a) Répartition des ménages selon le nombre d'enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté sans transferts Lorsqu on enlève les transferts des revenus des ménages, on trouve que le nombre de ménages pauvres augmente, passant d environ 47,4% à 63,3%. Par contre le nombre de ménages non pauvres diminue, passant de 52,6% à 36,7%. On en déduit une augmentation du niveau de pauvreté chez les ménages pauvres dans l ordre de seize points due aux transferts. Tableau n 37 : Répartition des ménages selon le nombre d'enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté sans transferts Pauvreté sans Classe d'enfants de moins de 18 ans Total transfert Moins de 5 enfants 5 à 7 enfants 8 à 12 enfants 13 à 17 enfants 18 enfants et plus Non pauvre 55,5 36,1 22,5 11,1 20,4 36,7 Pauvre 44,5 63,9 77,5 88,9 79,6 63,3 Les ménages ayant de 13 à 17 enfants sont les plus pauvres de toutes les classes d enfants de moins de 18 ans. Dans l ensemble plus le nombre d enfants augmentes plus le ménage est pauvre. Sans transferts, les ménages ayant moins de 5 enfants sont majoritairement non pauvres en tenant compte des différentes classes d âges ici considérées. En effet, les ménages non pauvres ont en majorité moins d enfants que les ménages pauvres. b) Répartition des ménages par sexe du CM et le niveau de pauvreté sans transferts En tenant compte du sexe du CM et du niveau de pauvreté sans transferts, les résultats montrent que 48% des ménages dont le CM est femme sont pauvres sans transferts, contre 64,2% pour les ménages dont le CM est femme. Pour 52% les ménages dont le CM est femme sont non pauvres sans transferts. On peut en déduire que le nombre de ménages pauvres sans transferts dont le CM est femme est moins élevé que le nombre de ménages pauvres sans transferts dont le CM est un homme. Ce qui est intuitivement vrai, lorsque l on tient compte de la répartition des ménages par sexe du CM. Tableau n 38: Répartition des ménages par sexe du CM et le niveau de pauvreté sans transferts Sexe du chef de ménage Total Pauvreté sans transfert Homme Femme Non pauvre 35,8 52,0 36,7 Pauvre 64,2 48,0 63,3 c) Répartition des ménages selon le milieu de résidence et le niveau de pauvreté sans transferts Lorsque l on tient compte du milieu de résidence, les résultats montrent que le nombre de ménages pauvres sans transferts augmente très sensiblement, surtout en milieu rural. Ceci justifie aisément le fait que ce sont les ménages ruraux qui bénéficient plus des transferts en moyenne. Tableau n 39 : Répartition des ménages selon le milieu de résidence et le niveau de pauvreté sans transferts 61
62 Milieu de résidence Pauvreté sans transferts Urbain Rural Total Non pauvre 70,4 21,9 36,7 Pauvre 29,6 78,1 63,3 Comparé au tableau de la pauvreté avec transferts, on constate que sans transferts, le nombre de ménages pauvres en milieu rural augmente d au moins vingt points, ce qui est nettement supérieure aux seize points d augmentation globale du nombre de ménages pauvres sans transferts. d) Répartition des ménages par région et le niveau de pauvreté sans transferts En tenant compte de la répartition des ménages par région et le niveau de pauvreté sans transferts, les résultats montrent que la majorité des non pauvres sans transferts se situent dans le district de Bamako. En effet, sans transferts, les pauvres se situent majoritairement et respectivement dans les régions de Sikasso, Mopti et Ségou. En comparant ces résultats à ceux de la pauvreté monétaire avec les transferts, on constate que les transferts privés et publics contribuent à une baisse de la pauvreté monétaire régionale voire nationale. Tableau n 40 : Répartition des ménages par région et le niveau de pauvreté sans transferts Région Total Pauvreté sans transfert Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Tombouctou-Gao-Kidal Bamako Non pauvre 43,0 35,0 19,1 27,5 26,5 42,9 87,2 36,7 Pauvre 57,0 65,0 80,9 72,5 73,5 57,1 12,8 63,3 e) Répartition des ménages selon l'âge du CM et le niveau de pauvreté sans transferts Lorsqu on enlève dans les transferts public et privés du revenu et donc de la dépense totale, le nombre de ménages pauvres dont le CM est une personne âgée augment considérablement ; passant de 31,4% à 70,2%. Il en est de même que les ménages pauvres dont le CM est un adulte. Sans transferts les ménages dont le CM est une personne âgée seraient majoritairement touchés par la pauvreté. Ceci dénote de l importance que rêvaient les transferts pour ces ménages. Cela est d autant vrai que les résultats plus hauts montrent que les transferts publics vont majoritairement aux ménages dont le CM est une personne âgée. Tableau n 41 : Répartition des ménages selon l'âge du CM et le niveau de pauvreté sans transferts Personne âgée Pauvreté sans transfert Adulte Personne âgée Total Non pauvre 39,5 29,8 36,7 Pauvre 60,5 70,2 63,3 Pour un pays comme le Mali, la solidarité et l entraide familiale sont des valeurs sociales sans équivoques. Ceci justifie toute l importance que le MDSSPA accorde à cette dimension sociale à travers l ensemble des actions qu il mène en faveur des personnes âgées. Cela est particulièrement vrai lorsque l on tient compte aujourd hui de ce que représente le Mois de la Solidarité et de la 62
63 lutte contre l exclusion à travers la grande mobilisation des acteurs de la société civile et des autorités politiques au plus haut niveau. f) Répartition des ménages selon le GSE du CM et le niveau de pauvreté sans transferts A la lumière des résultats obtenus plus haut, on peut dire que les transferts publics et privés sont d une importance capitale à la fois pour les ménages dont les CM sont femme et personne âgée mais aussi pour les ménages pauvres en tenant compte du GSE du CM. Lorsque les ménages sont privés de transferts, cela a une influence ou un impact avéré sur leur niveau de pauvreté. Ainsi dans le tableau qui suit, les résultats montrent la répartition des ménages suivant le GSE du CM et le niveau de pauvreté. Tableau n 42: Répartition des ménages selon le GSE du CM et le niveau de pauvreté sans transferts Pauvreté sans groupe socio-économique du chef de ménage Total transfert Salarié Salarié Indépendant Indépendant non Autres Sans Non Public Privé Employeur agricole agricole employés emploi déclaré Non pauvre 85,0 67,4 66,4 22,9 66,2 15,0 29,2 32,2 36,7 Pauvre 15,0 32,6 33,6 77,1 33,8 85,0 70,8 67,8 63,3 En tenant compte du GSE du CM, les ménages dont le CM est salarié public sont majoritairement non pauvres. Quant aux ménages dont les CM sont autres employés, indépendant agricole et sans emploi sont majoritairement pauvres ; avec respectivement 85%, 77,1% et 70,8%. En tenant compte des résultats précédents pour les mêmes modalités, le nombre de ménages pauvres dont le CM est indépendant agricole augmente sensiblement lorsque l on qu ils ne reçoivent pas de transferts publics ni privés. Conclusion Ce chapitre a permis d analyser à la fois les résultats de la pauvreté monétaire avec transferts et sans transferts. Dans cette analyse, il a été tenu compte du nombre d enfants de moins de 18 ans, du sexe, de l âge et du groupe socioéconomique du CM. Avec transferts, le nombre de ménages pauvres quelque soit le nombre d enfants, le sexe du CM et le GSE, est relativement plus élevé. Ce sont surtout les ménages dont le CM est indépendant agricole qui sont les plus touches par la pauvreté. Aussi plus le nombre d enfants augmente plus le nombre de ménages pauvres augmentent. Ainsi, les transferts publics et privés semblent beaucoup plus bénéficier aux ménages pauvres dont le CM est personne âgée. Ce qui est un résultat fort appréciable. Sans transferts, le nombre de ménages pauvres augmente sensiblement. Ce résultat reste valable lorsque l ont tient compte de la région, du nombre d enfants de moins de 18 ans, du sexe, du GSE et de l âge du CM. L impact des transferts sur le niveau de pauvreté se révèle assez significatif sur le nombre de ménages pauvres. Ainsi, lorsqu ils ne reçoivent pas de transferts privés et publics, le nombre de ménages pauvres augmente de seize points. Cela est d autant révélateur du lien entre transferts de revenus et pauvreté, dans la mesure où ils représentent un peu moins de 20% des revenus des pauvres et plus de 22% des revenus des non pauvres en milieu rural. Kayes est la région qui reçoit plus de transferts (avec 31,06%), à cause des transferts de sa diaspora française ou étrangère. Lorsque des mesures doivent être envisagées, la priorité devra être donnée aux ménages pauvres dont le nombre d enfants est plus élevé et aux ménages dont les CM sont femme, indépendant agricole et personnes âgées. 63
64 Chapitre IV Conclusion générale et recommandations Les transferts de revenus constituent une part relativement importante des revenus des ménages. Ils ne constituent pas certes des sources revenus de premier rang, mais sont d une importance capitale pour les ménages et les individus qui les reçoivent. A travers les trois premiers chapitres précédents, l étude analyse le lien entre transferts de revenus et pauvreté des ménages à partir des données de l ELIM Un certain nombre de conclusions et d implications se dégagent à la lumière des résultats. Ces implications permettent de formuler des recommandations en vu d aider à la prise de décision au profit des couches les plus en nécessité en ce qui concerne les transferts de revenus. Dans ce chapitre, à partir des différentes conclusions partielles de chapitre, en section 1 une synthèse en guise de conclusion générale est faite. Ensuite, des recommandations à la lumière des principales implications issues des résultats sont formulées. Enfin, des pistes de réflexions en termes de perspectives d études et de recherches futures sur le rôle des transferts intergénérationnels sont données. 4.1 Conclusion générale Pour un pays comme le Mali, le rôle que peut jouer les transferts privés entre ménages dans la vie des générations est assez capital. Il est fortement dépendant de l'aide internationale et d'un secteur agricole dont les performances sont fortement liées aux aléas climatiques. En effet, les transferts publics sont une manifestation de la solidarité nationale et internationale. Ils sont effectués par l Etat les institutions multilatérales comme l UNICEF et les organisations de la société civile. Leurs actions en faveur des couches les plus vulnérables témoignent du sens de cette solidarité nationale et internationale Institutions publiques et privées garantes de la solidarité collective L Etat est le garant de la solidarité nationale et intergénérationnelle. Il est le principal facilitateur de la solidarité internationale. En effet, depuis plus de dix ans, le Mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion constitue une manifestation de la solidarité publique à travers un ensemble d actions en faveurs des couches les plus vulnérables, notamment les personnes âgées. L UNICEF œuvre depuis plus de trente ans au Mali en faveur des enfants et des femmes. Cette présence est toujours marquée par un ensemble d actions en faveur de ces couches vulnérables à travers un ensemble de programmes de développement. Il œuvre aussi dans d autres domaines du développement, tels que l appui à la production de données statistiques fiables et à leur analyse. En parlant de l UNICEF, on ne saurait dire à juste titre ce que peut représenter les transferts dans ses actions de développement et jusqu où en terme décisionnel, toute l importance d une étude sur les transferts de revenus. Cependant on peut se rendre à l évidence que ses actions témoignent de la solidarité internationale en faveur des enfants du Mali et d autres couches plus vulnérables. On ne pourra pas dire dans cette étude, l impact des transferts sur les performances économiques et sociales du Mali. Mais, on peut constater que pour un pays dont les performances sont assez volatiles et limitées dans le temps, les transferts peuvent jouer un rôle de levier pour le développement économique et social. En effet, la mise en œuvre du CSLP a montré un certain nombre d insuffisance, notamment en termes de résultats de pauvreté et de croissance. La mise 64
65 en œuvre du CSCRP permettra certainement d atteindre les 7% de croissance espéré sur la période Pays de solidarité et d entraide, le Mali continuera d œuvrer en faveur de ses populations et des couches les plus vulnérables. En effet, comme instruments de politiques, les transferts publics, privés reçus ainsi que les transferts effectués se révèlent comme d importants leviers de réduction de la pauvreté. Ainsi donc, les données de l ELIM 2006 ont permis d analyser leur impact en termes de réduction de la pauvreté pour les ménages aussi bien en milieu urbain qu en milieu rural Rôle des transferts pour les ménages De nos résultats d analyse, il ressort que les transferts effectués par les ménages sont relativement faibles en part moyenne dans le revenu des ménages. Mais en moyenne, ils sont plus élevés dans le revenu des ménages non pauvres, ceux ayant moins de cinq enfants, ceux dont le CM est homme et ceux vivant en milieu urbain. Les transferts publics bénéficient plus aux ménages en milieu urbain et plus à ceux dont le CM est femme et à ceux ayant moins de cinq enfants. Les transferts privés reçus bénéficient plus aux ménages dont le CM est femme. Ils sont plus élevés en moyenne en milieu urbain et pour les ménages ayant 18 enfants et plus pour les ménages pauvres. Ainsi dit, on se rend compte de que peut représenter la solidarité familiale pour les ménages, particulièrement en milieu rural. Cela se justifie d autant que les résultats montrent que la famille est le premier recourt d un ménage en cas de difficultés. En parlant des personnes âgées, les ménages dont le CM est une personne âgée bénéficient plus des transferts de revenus, notamment des transferts publics plus que les ménages dont le CM est adulte. La région de Kayes est celle où les transferts représentent une part moyenne plus élevée des revenus des ménages, surtout dans le revenu des ménages non pauvres. Aussi, dans les régions de Koulikoro, Ségou, Tombouctou-Gao-Kidal, la part moyenne des transferts est plus élevée. C est surtout les ménages non pauvres qui ont la part moyenne plus importante des transferts dans le revenu par rapport aux ménages pauvres. En tenant compte du milieu de résidence du ménage, la part moyenne des transferts dans le revenu est plus importante pour les ménages pauvres en milieu urbain et pour les ménages non pauvres en milieu rural. Elle est plus élevée pour les ménages non pauvres dont le CM est femme. Aussi, les ménages ayant 18 enfants et plus ont une part moyenne plus élevée, il s agit plus spécifiquement de ceux non pauvres ayant 8 à 12 enfants et de ceux pauvres ayant 18 enfants et plus. Définie comme la différence entre les transferts reçus et les transferts effectués, la balance des transferts est nulle pour la majorité des ménages aussi bien pauvres que non pauvres et quelques soit le nombre d enfants de moins de 18 ans et la région. En tenant compte du sexe du CM, la balance des transferts est nulle pour la majorité de ménages dont le CM est homme. Les ménages peuvent compter sur les siens en termes de cadeaux en natures. Ainsi, la valeur moyenne des cadeaux reçus par les ménages en céréales est plus élevée par rapport à celle des autres produits alimentaires aussi bien pour les non pauvres que pour les pauvres (celle des non pauvres étant plus importante) dans toutes les régions et le district de Bamako. Elle est plus importante pour les ménages dont le CM est homme, plus importante en milieu rural et pour les ménages ayant moins de cinq enfants. 65
66 Dans les dépenses courantes des ménages, une modalité de consommation se révèle toujours plus importante. Ainsi, les dépenses courantes annuelles moyennes en céréales et graines sont relativement plus importantes pour tous les ménages aussi bien pauvres que non pauvres, mais particulièrement plus élevées en milieu urbain et pour les ménages ayant 13 à 17 enfants. Elles sont bien plus élevées pour les ménages dont le CM est femme et pour les ménages pauvres en milieu urbain. Sans doute, lorsque les ménages font face à des difficultés, la famille, les amis et le voisinage sont les principaux recours ; la famille étant toujours privilégiée en premier pour la majorité des ménages. Lorsqu il s agit de mesures pro-pauvres, les ménages ont aussi leurs opinions. Interrogés sur leurs points de vue, à savoir si les autorités luttent efficacement contre la pauvreté, la majorité des ménages pensent qu ils ne luttent pas efficacement contre la pauvreté. Quelque soit le milieu de résidence, le sexe ou la région, assurer la sécurité alimentaire, lutter contre la pauvreté et créer des emplois sont les principales solutions proposées par la majorité des ménages Transferts comme facteurs de réduction de la pauvreté des ménages Jusqu ici, les analyses passées sur la pauvreté monétaire ont utilisé l approche ou la méthode dite de l énergie nutritive. Les résultats de cette méthode tels qu ils ressortent du rapport sur les tendances et déterminants de la pauvreté de septembre 2007 sont retenus dans cette étude. Mais, cette pauvreté concerne les individus. Ainsi les indices de pauvreté calculés donnent le nombre d individus pauvres. Cependant, cette étude a porté sur le nombre ou le pourcentage de ménages pauvres et non pauvres. Lorsque l on tient compte des transferts, le nombre de ménages pauvres quelque soit le nombre d enfants, le sexe du CM et le GSE, est relativement plus élevé. Ce sont surtout les ménages dont le CM est indépendant agricole qui sont les plus touchés par la pauvreté. Aussi plus le nombre d enfants augmente plus le nombre de ménages pauvres augmentent. Ainsi, les transferts publics et privés semblent beaucoup plus bénéficier aux ménages pauvres dont le CM est personne âgée. Ce qui est un résultat fort appréciable. En supprimant les transferts privés et publics dans les dépenses totales ou les revenus, le nombre de ménages pauvres augmente sensiblement. Ce résultat reste valable lorsque l ont tient compte de la région, du nombre d enfants de moins de 18 ans, du sexe, du GSE et de l âge du CM. En effet, l impact des transferts sur le niveau de pauvreté se révèle assez significatif sur le nombre de ménages pauvres. Ainsi, lorsqu ils ne reçoivent pas de transferts privés et publics, le nombre de ménages pauvres augmente de seize points. Cela est d autant révélateur de l impact des transferts, dans la mesure où ils représentent un peu moins de 20% des revenus des pauvres et plus de 22% des revenus des non pauvres en milieu rural. Du point de vue politique, lorsque des mesures doivent être envisagées, la priorité devra être donnée aux ménages pauvres dont le nombre d enfants est plus élevé et aux ménages dont les CM sont femme, indépendant agricole et personne âgées. Les résultats trouvés permettent, au vue de leurs implications de formuler quelques recommandations de politiques économiques et sociales. Ces dernières pourront aider à la prise de décisions en faveur des couches les plus vulnérables que sont les enfants, les femmes et les personnes âgées ; pour lesquelles l étude recommande plus de transferts ou plus de solidarité nationale et internationale. 66
67 4.2 Recommandations à la lumière des résultats La lutte contre la pauvreté ou la réduction de la pauvreté est une préoccupation universelle. Elle est à l ordre du jour de l action des bénévoles, des organisations caritatives, des organisations intergouvernementales et/ou non gouvernementales et surtout des Etats. Elle est inscrite dans le plan cadre des nations unies pour la période comme un domaine d intervention privilégié au Mali. Les ressorts de la solidarité, au sein d une communauté ou à des horizons plus larges, comme la région, le pays ou la communauté internationale, s expriment dans l appui à la multitude de projets pour renforcer la capacité des individus et des familles afin d améliorer leur sort de manière durable ou de tenter de survivre tant bien que mal. La panoplie d actions possibles est donc très large. Elle va des politiques envers les groupes les plus vulnérables comme les femmes (Collier, 1988) ou les enfants (Bahri et Gendreau, 2002) jusqu aux effets de la globalisation (Agenor, 2002). Mais, tous les intervenants sont-ils d accord sur une définition minimale de la pauvreté? Est-on sûr que les bénéficiaires de ces actions font la même lecture de leur finalité que ceux qui les entreprennent, les conçoivent, et les financent? L UNICEF œuvre à la mise en œuvre de ce plan cadre et plus spécifiquement du "programme cadre coopération ou de partenariat avec le Mali". Ainsi les résultats de ses actions sont contenus dans la revue annuelle du programme de coopération. Les transferts publics sont et resteront certainement un important levier de l intervention de l Etat. Pour le MDSSPA, les actions en faveur de la solidarité nationale sont d ailleurs à intensifier et à assurer à long terme. En dépendant des transferts publics, les personnes âgées restent soumises aux risques économiques de tout ordre. Par exemple, une flambée des prix pourrait leur affecter le bien-être économique et social. Il convient de dire que l Etat doit garantir les transferts publics à cette tranche de la population Recommandations Générales Une des réalités africaines et spécifiquement maliennes est que le présent et l avenir sont souvent dans l incertitude totale. A cet effet, les transferts entre ménages sont une sorte d assurance contre les risques : risque de mauvaise récolte, risque de décès, risques économiques surtout liés aux fluctuations des marchés à cause de l inflation. a) Garantir les transferts et la sécurité économique entre générations La mesure de l évolution du bien-être devrait prendre en considération les changements qui interviendront dans le bien-être des générations à venir. Considérer les générations futures peut se justifier, soit par le fait que les générations actuelles se préoccupent du bien-être de leurs descendants, soit parce que la notion de "société" devrait pouvoir inclure à la fois les générations présentes et à venir. Quoi qu il en soit, les richesses accumulées par notre génération accroîtront d autant nos legs aux générations futures. Il est difficile de dire que les individus et les ménages connaissent avec certitude leur avenir économique et social. Mais, s ils connaissaient avec certitude leur propre avenir économique, leur bien-être ne dépendrait plus que des revenus produits au cours de leur vie, puisqu il n y aurait aucune raison de s inquiéter pour l avenir. Pourtant, l incertitude quant à l avenir réduit le bienêtre économique d individus dont la tolérance au risque est faible. Ils peuvent se prémunir contre les risques au moyen d assurances sociales et d assurances privées. Mais ces instruments 67
68 n éliminent pas intégralement le sentiment d insécurité économique. Etant donné la valeur qu accordent les individus à la sécurité économique. Ainsi, tout accroissement de l'insécurité réduit le sentiment de bien-être économique. La Déclaration universelle des droits de l homme des Nations unies affirmait, il y a plus de cinquante ans, que : Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l alimentation, l habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté [Article 25] 23. b) Encourager sans cesse les politiques de l Etat La réduction de la pauvreté relative et des inégalités économiques passe par d autres voies que les transferts monétaires directs (la redistribution affectée aux prestations sociales). Bien d autres politiques économiques et sociales peuvent y contribuer, sur la base de ressources issues de l ensemble des prélèvements obligatoires. C est le cas des logements sociaux et d infrastructures et services publics dont l accessibilité aux plus pauvres à un coût faible, hors prestations sociales. C est aussi le cas des politiques d accès aux soins et à l éducation, à la justice, aux crèches, aux services pour les personnes âgées, etc. La problématique de l aspect mobilisateur des nouvelles formes que prend la solidarité sociale dans la perspective d une redéfinition de la notion de génération conduit d abord à l investigation de la prise en charge des personnes âgées dépendantes en tenant compte de l articulation entre les interventions publiques et les obligations privées. Elle amène de plus à analyser les points de contacts et de synergie entre l échange informel dans l espace privé et public et l intervention auprès des personnes âgées. Ce sont ensuite les perspectives d accès des personnes âgées aux diverses formes de solidarité qui doivent faire l objet d un examen, ainsi que les retombées économiques et sociales de la reconnaissance par l État des valeurs propres à l économie sociale dans le cadre domestique. La structure familiale et la structure publique doivent être complémentaires pour assurer la synergie des actions entreprises par les différents acteurs. A cet effet, les actions entreprises par l Etat doivent recevoir le consentement des autres acteurs ; ces derniers doivent aider l Etat à mieux assurer l efficacité de son intervention. c) Trouver une solution au problème de réponses comportementales En règle générale, l une des difficultés inhérentes aux analyses sur l incidence des transferts est de définir, ex-post, le "contrefactuel ", c'est-à-dire de déterminer quelle aurait été la distribution du bien-être en l absence de transferts. Dans la plupart des études d incidence, le niveau de vie prétransferts est estimé en soustrayant le montant total des transferts du niveau de bien-être courant, que celui-ci soit appréhendé par le revenu ou la dépense. C est d ailleurs cette démarche qui a été adoptée dans le cadre de cette étude. Une telle démarche suppose l absence de réponses comportementales de la part des ménages suite au versement des transferts et semble à cet égard peu réaliste. En effet, l intervention publique, via le système de transferts, peut induire une modification du comportement des ménages en termes d offre de travail, de consommation, de 23 Lars Osberg et Andrew Sharpe (2002) une évaluation de l indicateur du bien-être économique dans les pays de l OCDE, séminaire DARES du 15 octobre 68
69 décisions d investissement ou d épargne. Ces réponses comportementales expliquent que le gain net en termes de revenu ou de consommation consécutif à l allocation des transferts soit inférieur au montant des transferts. Par exemple, face à l augmentation d un transfert, le ménage peut choisir de réduire son offre de travail. Ceci produit alors un effet d éviction du revenu salarial par le revenu social qui explique que le gain en termes de bien-être résultant de l augmentation du transfert soit inférieur au montant de cette augmentation. Si le bien-être est appréhendé par les dépenses de consommation, il est possible, à l instar de RAVALLION et alii. (1995), de prendre en compte ces réponses comportementales en introduisant le concept de propension marginale à consommer les transferts sociaux. Les transferts entre ménages posent aussi des problèmes redoutables. Le concept de ménage luimême n a rien d évident : le statisticien a fait longtemps comme s il allait de soi de considérer que les personnes qui partagent le même logement forment une unité comportementale indépendante. Ce qui n est pas évident. Toutes les analyses de l inégalité et de la pauvreté postulent l évidence de la nécessité de prendre en compte le nombre de bouches à nourrir pour passer du revenu total au revenu par unité de consommation. Avec un choix dichotomique, on est à l intérieur du ménage et on compte ; on est à l extérieur et on ne compte pas. Ceci simplifie excessivement la complexité des relations interpersonnelles. Ainsi, d un côté, il existe sans doute des Cendrillons qui, à l intérieur du foyer, bénéficient moins que d autres de la manne collective. Inversement certains transferts à l extérieur du ménage s imposent avec autant d évidence que la prise en charge des personnes du ménage : ceci est particulièrement vrai quand une décision de justice rend obligatoire le transfert (époux divorcé bénéficiant d une pension alimentaire, etc..), mais peut aussi procéder d un «simple» engagement moral «librement» consenti (comme le fait, pour un immigré, d envoyer de l argent à sa famille restée au pays). Là aussi les pays diffèrent (état de la législation, pays d émigration ou d immigration). Le traitement minimal à faire est de compter dans le revenu du ménage résident les transferts reçus d autres ménages (résidents ou non) et de défalquer les transferts versés, obligatoires ou non. On introduit quand même un biais : une partie des sommes envoyées au pays servent à construire le logement principal (après retour éventuel au pays) ; on sous-estime le niveau de vie relatif de la personne, puisqu une partie de son épargne est ôtée du revenu, alors que ce n est pas le cas pour les autres individus. Mais pour mieux faire il faudrait avoir des renseignements sur la nature de l utilisation des fonds renvoyés au pays ce qui n est pas en général le cas. La position relative de certaines populations est très sensible au traitement fait de ces divers points. C est en particulier le cas des étudiants et des retraités, les premiers bénéficiaires de l aide versée par les seconds : une mauvaise prise en compte des transferts fait apparaître les premiers comme artificiellement pauvres alors que l on surestime la position des seconds. d) Faire des transferts publics, un facteur de protection et de promotion Les fluctuations conjoncturelles peuvent induire des détériorations du bien-être dans le temps. Elles créent une situation de pauvreté transitoire que les transferts peuvent aider à y remédier. Ainsi, les mesures prises par le Gouvernement en termes de baisse des taxes sur les produits alimentaires et autres peuvent être considérées comme solutions publiques. Toutefois, la question de leur efficacité se pose. 69
70 DREZE et SEN (1989) sont les premiers à intégrer, dans le cadre d un système de sécurité sociale, la distinction entre l objectif de protection et l objectif de promotion. De manière générale, une politique de protection vise à prévenir un déclin des conditions de vie, comme cela peut se produire durant une phase de récession économique. Appliqué à la pauvreté, l objectif de protection consiste donc à protéger les ménages non pauvres contre un risque d entrée dans la pauvreté. Par ailleurs, on entend par promotion l accroissement général du niveau de vie ; ce deuxième objectif doit donc être vu comme un objectif de long terme incluant en particulier l élimination de la pauvreté persistante. Appliqué à la pauvreté, il consiste à tirer les ménages pauvres hors de la pauvreté. Tout en étant clairement distincts, ces deux objectifs n en sont pas pour autant indépendants. Par exemple, si l on assiste à une amélioration globale du niveau de vie (promotion), l objectif de protection devient moins crucial puisque moins de personnes sont susceptibles de faire face à une érosion de leur bien-être. De la même manière, si le système de transferts remplit son rôle de protection, les ménages peuvent consacrer l intégralité de leurs dotations en actifs à l objectif de promotion. e) Faire des transferts entre ménages des réponses collectives aux risques Les familles apprécient leurs rôles comme des réseaux de soutien. Ce soutien vient souvent sous la forme de transferts, soit en nature soit en argent liquide. Mais quelques fois, il existe une entente explicite selon laquelle les transferts devront être également effectués lorsque le donateur en aura besoin à son tour ; à d autres moments le sens de réciprocité est moins strict (peut-être la réciprocité sera d aider un membre d une génération plus jeune, peut-être en rendant d autres genres de services). A d autres moments encore, les transferts prennent la forme de prêts devant être remboursés une fois que le ménage a retrouvé l équilibre (mais souvent sans intérêt). Malgré le rôle très important des transferts entre ménages, les populations âgées ont tendance à être bien plus vulnérables que les générations plus jeunes. Cela est dû en partie à l affaiblissement des systèmes non formels entre générations face à une plus grande migration et à la fragmentation des ménages. Les catastrophes et pertes importantes sont le plus souvent difficiles à surmonter au moyen de ressources privées en comparaison avec des pertes moins importantes et plus communes. Elles nécessitent l intervention de l Etat sous la forme de transferts publics. Les événements particuliers comme des maladies non épidémiques qui tendent à affecter les personnes une à une sont plus faciles à prendre en charge au moyen d assurance non formelle, en comparaison avec les événements qui affectent des collectivités entières comme de mauvaises récoltes ou de vastes régions comme l inflation. Après la sécheresse dans le Sahel au début des années 80, par exemple, les transferts privés représentaient jusqu à 3 pour cent des pertes moyennes confrontant les ménages pauvres. À l évidence, les ménages pauvres ont tendance à être beaucoup plus vulnérables que les ménages plus riches. La cohésion familiale est une des principales conditions de la garantie de la solidarité entre ménages. Ainsi, les acteurs de la société civile, des institutions non gouvernementales doivent veiller au maintien des relations de solidarités entre ménages à travers un ensemble de relations informelles décentralisées. Ceci permettra de faire des transferts entre ménages des solutions collectives d élimination des risques. 70
71 4.2.2 Recommandations spécifiques Le nombre d enfants trop grandissant, étant une pesanteur favorisant la pauvreté, une recommandation forte doit être faite à l intention des partenaires techniques et financiers pour appuyer la politique nationale de population engagée par le gouvernement depuis lors. Il ressort de l analyse des données que les femmes chef de ménages pauvres reçoivent plus de transferts. Ces transferts ayant une influence sur le niveau de pauvreté des ménages, il est recommandé que les appuis des intervenants (Etat ; ONG et PTF) soient orientés en faveur de cette tranche de la population. Un autre enseignement de l analyse des données montre que, les personnes âgées, particulièrement pauvres reçoivent plus de transferts publics. Fort, de cela, l étude recommande un renforcement des actions déjà prises pour soulager les conditions de vie des personnes âgées. En appui aux transferts monétaires publics et privés, l Etat doit développer l accès aux services sociaux de base et la réalisation d infrastructures garantissant les potentialités qui assurent le développement socioéconomique de chaque zone du pays. Les déclins de revenus des ménages pauvres, voire des transferts, même temporaires, peuvent causer de sérieuses difficultés. Mais, en l absence de mécanismes d assurance, toutes les pertes de revenus seraient absorbées par des réductions équivalentes en dépenses. Lorsque les niveaux des revenus eux-mêmes suffisent à financer seulement les dépenses en consommations les plus essentielles, toute autre diminution supplémentaire en dépenses peut avoir des effets graves, et dans certains cas catastrophiques, sur le bien-être du ménage. Par exemple, les membres malades d une famille peuvent ne pas recevoir de soins, et les enfants peuvent être retirés de l école ou la consommation alimentaire peut être diminuée jusqu à des niveaux qui peuvent entraver les activités habituelles ou retarder la croissance physique ou mentale des enfants. Surtout, lorsque les diminutions de revenus sont très graves, les ménages peuvent être forcés de vendre des biens productifs afin de financer la consommation courante en diminuant ainsi les niveaux de revenus prévus pour l avenir. En conclusion, l analyse démontre que, sans transferts la pauvreté s aggrave de seize points qu avec transferts au niveau national et au moins de vingt deux point en milieu rural. Cela justifie que l Etat et les partenaires doivent soutenir et trouver davantage des mécanismes de pérennisation du phénomène de solidarité intergénérationnelle jusque là constaté au Mali. Il s agit entre autres de l accroissement du nombre et des activités des centres d écoute, de la modernisation du phénomène des écoles coraniques afin d éviter le nombre grandissant d enfants de la rue. 4.3 Perspectives d études et de recherches Sans transferts, la pauvreté pourrait bien augmenter au Mali. Cette augmentation se fera plus sentir en milieu rural. Il est donc clair que les transferts contribuent à réduire la pauvreté monétaire. Toutefois, les transferts posent le problème des relations entre générations. Les résultats ici trouvés ouvrent de nouvelles perspectives en termes de recherche sur l impact des transferts sur les conditions de vie des générations. Chaque type de transferts peut faire l objet d une étude. Aussi, les transferts ne sont pas que monétaires ou financiers. Ils peuvent se présenter sous la forme de legs aux générations futures. 71
72 Sur le plan économique et social, les transferts soulèvent des débats sur les problématiques des échanges entre générations, de la solidarité et de la réciprocité, sur le type de choix que doivent opérer à la fois les individus et l Etat, etc. En parlant de l économie du débat intergénérationnel, on pourrait bien se poser la question de la responsabilité des contemporains à l'égard de leurs successeurs. Est-il possible de compter sur l'altruisme des individus pour leur descendance, ou l'etat doit-il représenter les absents et les jeunes enfants? Ainsi, les "solidarités" publiques reposent sur des réciprocités indirectes (trigénérationnelles) et vont dans les deux sens : les problématiques du juste héritage (éducation, legs, environnement) pour les générations suivantes et de la juste créance (dette publique, retraite) que l'on peut exiger d'elles sont étroitement liées. En contribuant au maintien des solidarités familiales, les transferts peuvent être considérés comme des instruments de politiques économiques et sociales. Toutefois, les solidarités sociales peuvent prendre diverses formes d une région à une autre à l intérieur d un même pays. Ainsi, de façon spécifique, il est important d étudier les différentes formes de solidarités familiales et de déterminer son impact sur la cohésion sociale. Par exemple, même si Kayes et Sikasso sont les plus grandes régions de transferts au vue des résultats, les formes de solidarités familiales sont différentes dans les deux régions. 72
73 Bibliographie Adams, A., Madhaven, S., et Simon, D. (2002), «Réseaux sociaux des femmes et survie des enfants au Mali», Science Sociale & Médecine 54 : Attias-Donfut Cl. ( ), «Les transferts publics et privés entre générations», Bahri Ahmed (), «Sur la définition de la pauvreté», African Population Studies Supplement A to vol 19/Etude de la population africaine Supplément A du vol. 19 Boccanfuso D., M. Coulibaly, L. Savard (2007), «Une analyse d impact économique et social des réformes économiques et de l'aide publique au développement au Mali un cadre macromicro», Cahier de recherche/working Paper 07-20, Groupe de Recherche en Économie et Développement International, Octobre CSLP, DNSI, ODHD/LCP (2007), «Tendances et déterminants de la pauvreté au Mali ( ), Réalisé avec la Banque Mondiale et l apport du Partenariat Belge pour la Réduction de la Pauvreté, Rapport Préliminaire, Septembre. Ouerghi A., K. Subbarao (2002), «Pauvreté et vulnérabilité et l action publique : Revue des concepts», Présentation à l Atelier Régional de Formation sur «Intégrer la Protection Sociale en Afrique», Paris, avril. Khan, M.H. (2000), «La pauvreté rurale dans les pays en développement», Finances & Développement, Vol. 37 N 4 / Décembre. Kuepie, M., E. Lavallee, A. Sougané (2007), «Multiples dimensions de la pauvreté, gouvernance et démocratie : le point de vue de la population malienne Enquête ELIM2006, Premiers résultats», Rapport préliminaire, Mai. Datt, G., Ravallion, M., (1992), Growth and Redistribution Components of Changes in Poverty Measures: a decomposition with applications to Brazil and India in 1980s. Journal of Development Economics, 38 (1992) DNDS (2008), «Synthèse des Rapports d évaluation 2007 et de programmation 2008, Présentation aux journées d évaluation du MDSSPA, 23, 24 février. DNSI (2006), «Enquête Légère Intégrée auprès des Ménages (ELIM)», Manuel Enquêteur, 64p Juin. (2006), «Rapport d'enquête nationale sur le travail des enfants au Mali», Décembre (2007), «ELIM 2006, rapport descriptif sur les principaux indicateurs relatifs aux conditions de vie des populations», Miméo (2007), «Rapport d analyse ELIM 2006», version finale DREES (2001), «Transferts sociaux et pauvreté en Europe», Etudes et Résultats, N 104 février. Dell, F., N. Legendre, S. Ponthieux (2003), «La pauvreté chez les enfants», Première INSEE, N 896, Avril. Foster, J.E, Greer, J. et E. Torbecke (1984), «A Class of Decomposable Poverty Measures»,, Econometrica, 52(3): Masson A. (2001), «Economie des transferts entre générations altruisme, équité, réciprocité indirecte, ambivalence...», Cnrs et DELTA, Novembre Masson A. (2001) «Économie des transferts entre générations : altruisme, équité, réciprocité indirecte, ambivalence» Complément A du rapport N 35 du CAE «Démographie et économie». MDSSPA (2006), «Rapport Bilan de la douzième édition du mois de la solidarité et de la lutte contre l exclusion», Secrétariat général - Comite de pilotage du Mois de la Solidarité et de la Lutte Contre l Exclusion / secrétariat technique permanent. (2007), «Bilan des activités du Ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées au titre de l année 2006 et Perspectives 2007», Secrétariat Général. 73
74 ODHD/LCP (2007), «Différentes approches et mesures de la pauvreté», Note de recherche, Octobre, Miméo. Observatoire national de la pauvreté et de l exclusion sociale (2004), «Le rapport de l Observatoire national de la pauvreté et de l exclusion sociale ( )»/ Chapitre 2 Réduire la pauvreté : le rôle majeur des transferts sociaux, La Documentation française, Paris2 République du Mali (2007), «Cadre Stratégique de Lutte Contre la pauvreté», Rapport de mise en œuvre 2006 du CSLP I, Juin. (2006), «Cadre Stratégique pour le Croissance et le Réduction de la Pauvreté», Document final CSCRP ou CSLP II, 20 décembre. (2007), «Plan décennal pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) », Août Rowntree, S. (1901), «Poverty, a Study of Town Life. London», MacMillan. Sen A. K. (1999a), «L économie est une science morale», La Découverte. Simonsson L. (2005), «Profil de Vulnérabilité du Mali», Stockholm Environment Institute, Révisé en mars, Touré, B. (2001), «Comptabilité de la croissance au Mali : impact de la dépense publique sur les ressources de la croissance», ronéo, CERDI, université d Auvergne-Clermont 1. UNICEF (2007), «Revue Annuelle 2007 du Programme de Coopération Mali-UNICEF », Rapport de Synthèse, Bamako 7 décembre. Verger, D., (2005), «Bas revenus, consommation restreinte ou faible bien être : les approches statistiques de la pauvreté à l épreuve des comparaisons internationales», Economie et statistique, n
75 ANNEXES A.1 Méthodologies d analyse de la pauvreté Dans les évaluations de la pauvreté, différentes méthodes sont appliquées. Deux méthodes sont actuellement utilisées : la méthode du coût des besoins de base et la méthode dite de l énergie nutritive. A.1.1 Considérations générales L'évaluation du nombre de pauvres est sujette à de multiples difficultés. Difficultés conceptuelles, d'une part, en raison des formes différentes que peut prendre la pauvreté, mais aussi les difficultés d'ordre méthodologique. Pour la pauvreté monétaire, tout d'abord, ces difficultés ont trait à la définition d'un seuil de pauvreté. Celui-ci peut en effet être estimé soit à partir du revenu, moins précis dans sa mesure, soit de la consommation plus stable dans le long terme. Il peut être calculé sur une base absolue (à partir du coût du panier minimal de biens indispensable à la survie) ou relative (comme part de la population ou comme fraction du revenu moyen), avec la prise en compte d'indices de prix différents par régions pour raisonner en parité de pouvoir d'achat et d'échelles d'équivalence adulte pour comparer des ménages de structures différentes. Sur la base de ce seuil, divers indicateurs d'incidence, profondeur (intensité) ou de sévérité de la pauvreté peuvent être calculés par régions et catégories sociales permettant des comparaisons des niveaux de pauvreté. S agissant de la pauvreté monétaire, la littérature courante indique qu'il existe des fondements théoriques suffisants pour considérer que les dépenses du ménage constituent une bonne approximation du bien-être. Ainsi, généralement, le concept de niveau de vie d'un individu est appréhendé par rapport à la consommation des biens et éventuellement publics offerts. A cet égard, la consommation courante est, la plupart du temps, considérée comme l'indicateur de bienêtre privilégié, le revenu étant seulement utilisé comme une approximation de la consommation. Ces deux indicateurs sont les plus utilisés, bien que la consommation soit souvent préférée lorsque la question de la variation intervient. En outre, afin de tenir compte du moindre coût des enfants, relativement aux adultes, et des économies d échelle dans le ménage, la dépense totale par équivalent adulte est souvent prise en considération. La détermination du seuil de pauvreté fait cependant appel à des algorithmes forts complexes, imposant à chaque étape des choix méthodologiques importants qui ont un impact direct sur le revenu. Ainsi le calcul de la consommation demande de comptabiliser l ensemble des dépenses d un ménage (ce qui pose le problème de la définition du ménage), de valoriser l autoconsommation (il faut connaître les prix du marché), d imputer une valeur au logement, d amortir le coût des biens durables utilisés (biens de deuxième main, détermination de la durée d utilisation, taux d amortissement) et, surtout, de bien distinguer entre les dépenses du ménages et celles de l entreprise familiale. Le calcul de la consommation par tête fait ensuite appel aux échelles d équivalence : échelle unitaire, échelle d Oxford, échelle d équivalence propre au pays. L étude de la distribution de la consommation par tête permet alors de déterminer un seuil de pauvreté. Ce seuil de pauvreté peut-être absolu, en s appuyant sur une consommation calorique donnée à partir d une composition donnée du panier de la ménagère (différents produits alimentaires entrant dans le panier, part des produits non alimentaires). Il peut être relatif en 75
76 considérant une part de la consommation médiane ou moyenne ou une part de la population (à travers les déciles ou quintiles de population) 24. Sur la base de ce seuil de pauvreté, et de la distribution de la consommation par tête, on peut alors calculer des indicateurs de pauvreté. En effet, l indicateur de Sen combine en un indicateur unique trois éléments : l incidence (le nombre ou la part des personnes qui se situent en dessous d un seuil de bas revenu), l intensité (mesurée par l écart moyen des bas revenus), l inégalité des bas revenu (distribution des revenus au sein de la population à bas revenu). C est une somme pondérée des écarts de pauvreté des pauvres. Cependant les indicateurs les plus utilisés au cours de ces dernières années sont les indicateurs FGT (Foster-Greer-Thorbecke 1984). Non seulement, ils présentent l avantage de fournir, sous une forme générique unique, l incidence, l intensité et la sévérité (écart relatif pondéré des plus pauvres à la ligne de pauvreté intégrant un coefficient d aversion à la pauvreté sous la forme d un exposant), mais ils peuvent être décomposés par catégories sociales ou par régions. Cependant si l on veut utiliser la possibilité de comparaison spatiale qui en résulte, il faut construire des distributions de consommation régionales déflatées par un indice de prix régional (sous forme d indice de Paasche), ce qui pose de nouvelles restrictions en raison d une composition du panier de la ménagère qui, reliée aux habitudes de consommation alimentaires et sociales, n est pas la même par région A.1.2 Méthode du coût des besoins de base Le calcul d une ligne de pauvreté basée sur le coût des besoins de base (essentiels) n est pas une méthode nouvelle dans la littérature. En effet, elle se retrouve déjà dans les travaux de Rowntree (1901). La méthode dite du coût des besoins de base est une méthode alternative pour estimer le seuil de pauvreté. Elle consiste à déterminer dans un premier temps un seuil de pauvreté alimentaire. Le seuil de pauvreté alimentaire est calculé à partir du coût de la consommation d un certain nombre de Kilocalories qui permet de vivre en bonne santé. Les normes utilisées varient de 1800 à 3000 Kilocalories par adulte et par jour. La norme utilisée dans les travaux antérieurs au Mali est de 2450 Kilocalories. Un panier des 20 biens les plus consommés par les ménages et représentant près de 80% de la consommation alimentaire a été arrêté. La valorisation de ce panier pour chaque région a permis de déterminer le seuil de pauvreté alimentaire 25. Ensuite, le seuil non alimentaire a été calculé comme la dépense non alimentaire des ménages dont la dépense alimentaire est proche du seuil de pauvreté alimentaire (ménage dans l intervalle de plus ou moins 5% du seuil alimentaire). La somme des deux seuils donne le seuil de pauvreté total. Toutefois, le fait que, sur le plan conceptuel, la définition des besoins de base reste imprécise et que cette notion est difficile à concilier avec une théorie véritable du choix, fait que la méthode dite de l énergie nutritive (Food Energy Intake) est restée dominante dans les travaux de recherche les plus récents. 24 Se basant sur une approche fondée exclusivement sur le revenu, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et, à l occasion, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) définissent le seuil de pauvreté à un dollar de revenu par jour (Banque mondiale, 1999, 2001). 25 Rapport préliminaire «tendances et déterminants de la pauvreté au Mali ». Le fait de calculer un seuil pour chaque région permet de prendre en compte les différences du coût de la vie. 76
77 A.2 Graphique de l évolution de la croissance à long terme du Mali 30 TxVAAGRI GDP growth (annual %) GDP per capita growth (annual %) Source : World Developpement Indicators 2007, Banque Mondiale TxVAAGRI : taux de croissance de la valeur ajoutée agricole ; GDP growth : croissance du produit intérieur brut ; GDP per capital growth : croissance du produit intérieur brut par habitant A.3 Tableaux d analyse A.3.1 Part moyenne (en %) des transferts dans le revenu du ménage selon le nombre d'enfants de moins de 18 ans et le niveau de pauvreté Non pauvre Pauvre Total Moins de 5 enfants 18,83 19,68 19,06 5 à 7 enfants 20,11 20,65 20,36 8 à 12 enfants 21,73 18,08 19,43 13 à 17 enfants 19,29 19,71 19,58 18 enfants et plus 18,75 25,22 23,22 A.3.2 Part moyenne (en %) des transferts effectués dans le revenu du ménage par milieu et le niveau de pauvreté Milieu Non pauvre Pauvre Total Urbain 1,95,57 1,64 Rural 1,58 1,35 1,45 77
78 A.3.3 Répartition des ménages selon la balance des transferts par région Région Total Balance Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Tombouctou-Gao-Kidal Bamako Négative 5,8 5,1 8,4 15,1 4,1 4,9 12,8 8,2 Nulle 37,8 54,8 61,1 56,2 36,9 33,5 55,2 49,1 Positive 56,4 40,1 30,5 28,7 59,1 61,6 32,0 42,7 A.3.4 Pauvreté des ménages selon le milieu de résidence Ménage Urbain Rural Total Non pauvre 74,5% 42,4% 52,6% Pauvre 25,5% 57,6% 47,4% A.3.5 Répartition de l'échantillon des ménages selon la Classe d'âge du CM Age du CM Fréquence Pour cent Pourcentage valide Pourcentage cumulé 15 à 17 ans 2,0,0,0 18 à 59 ans ,6 76,6 76,6 60 ans et ,4 23,4 100,0 Total ,0 100,0 A.3.6 Statut matrimonial du chef de ménage Statut matrimonial du CM Fréquence Pour cent Pourcentage valide Pourcentage cumulé Célibataire/jamais marié 76 1,8 1,8 1,8 Marié monogame ,4 63,4 65,2 Marié polygame ,3 28,3 93,5 Union libre/concubinage 2,0,0 93,6 Divorcé(e)/séparé(e) 268 6,4 6,4 100,0 Total ,0 100,0 78
79 A.3.7 Tableau croisé Statut matrimonial du chef de ménage * Sexe du chef de ménage Effectif Sexe du chef de ménage Total Statut matrimonial du chef de ménage Homme Femme Célibataire/jamais marié Marié monogame Marié polygame Union libre/concubinage Divorcé(e)/séparé(e) Total A.4 Tableau indicateurs EDS III ET EDS IV et graphique évolution de l incidence de la pauvreté monétaire et du taux de croissance du PIB A.4.1 Quelques indicateurs issus des EDS M III et EDS M IV Indicateurs EDS M III EDS M IV Consultation Prénatale 52 % 70 % Accouchement assisté 40 % 49 % Vaccination DTCP3 (12-23 mois) 49 % 68 % Mortalité Maternelle 582 %0 464 %0 Mortalité infanto juvénile Taux de prévalence contraceptive 8,1 % 6,4 % Taux de séroprévalence 1,7 % 1,3 % Taux de malnutrition chronique chez les enfants de moins de 59 mois 38 % 33,9 % Taux de malnutrition aigue chez les enfants de moins de 59 mois 11 % 15 % Source : EDS IV A.4.2 Evolution de l incidence de la pauvreté et du taux de croissance du PIB Source : ODHD,
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