PLAN STRATEGIQUE POUR LA TRANSFORMATION DE L AGRICULTURE AU RWANDA

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1 RÉPUBLIQUE DU RWANDA MINISTÈRE DE L AGRICULTURE ET DE L ÉLEVAGE PO Box 621- Kigali; Tél/Fax: PLAN STRATEGIQUE POUR LA TRANSFORMATION DE L AGRICULTURE AU RWANDA DOCUMENT PRINCIPAL Kigali, Octobre

2 SIGLES ET ABBREVIATIONS...5 PREMIERE PARTIE : GENERALITES...7 I. INTRODUCTION GENERALE Justification du Plan Stratégique de Transformation de l Agriculture Démarche méthodologique...7 II. CADRE STRATEGIQUE ET INSTITUTIONNEL DU PSTA...8 III Contexte international et régional Contexte politique, économique et social national Expérience du Rwanda en matière de planification et de développement agricoles Décentralisation et Plans de Développement Communautaire Engagement de créer de nouvelles articulations dans le processus du développement La place du PSTA dans le système de planification nationale et décentralisée...13 CONTEXTE SECTORIEL Profil général du secteur agricole Aperçu sur le secteur agricole Typologie et caractéristiques des exploitations agricoles Institutions du secteur Caractéristiques particulières La pauvreté et son expression dans l agriculture Situation alimentaire et nutritionnelle Productivité de la terre et du travail Le rôle de la femme dans l agriculture Paysans sans terre La jeunesse et son avenir dans le secteur agricole...22 IV. ANALYSES SOUS SECTORIELLES Gestion des ressources naturelles et conservation des eaux et des sols Situation du sous secteur de la gestion des ressources naturelles Contraintes Potentialités Productions et filières végétales Situation du sous secteur des productions et filières végétales Contraintes Opportunités Productions et filières animales Situation du sous secteur des productions animales Contraintes du sous secteur élevage Potentialités Organisations paysannes et services aux producteurs Agribusiness, promotion des filières, compétitivité, transformation et accès aux marchés Situation dans le domaine de l agribusiness et de la promotion des filières Contraintes du domaine agribusiness et promotion des filières Potentialités du domaine agribusiness et promotion des filières Infrastructures d appui Cadre légal et réglementaire Financement, coordination et suivi-évaluation du secteur agricole

3 V. ANALYSE DES CONSULTATIONS A LA BASE Objectifs, méthodologie et organisation des consultations à la base Contraintes et problèmes soulevés Filières prioritaires Axes prioritaires pour la transformation de l agriculture au niveau local Vers la mise en œuvre des plans de développement agricole des districts...37 DEUXIEME PARTIE : STRATEGIES, PROGRAMMES PRIORITAIRES ET INTERACTION AVEC LES SECTEURS DE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT AGRICOLE VI. PLAN STRATEGIQUE DE TRANSFORMATION DE L AGRICULTURE (PSTA) Enjeux Mission du Plan Stratégique Objectifs du PSTA Principes directeurs Axes stratégiques Diversification et intensification de la production végétale, animale et halieutique Diversification des sources de revenus et d emploi des populations rurales Liaison de la production avec le marché et intégration de l économie agricole dans l économie nationale et régionale Gestion durable des ressources naturelles et en particulier celle des eaux et des sols Organisation, mobilisation, et renforcement des capacités des producteurs et des organisations professionnelles Renforcement des capacités des prestataires de service, privatisation et promotion du secteur privé Création d un cadre institutionnel favorable pour la professionnalisation des producteurs et la transformation de l agriculture rwandaise, Création d un environnement favorable à l investissement productif et au développement de l entreprenariat et de l emploi dans l agribusiness, Recentrage du rôle du MINAGRI et restructuration de ses actions vers l approche programme sectorielle dans le cadre de la décentralisation Promotion de l approche genre et réduction de la vulnérabilité des groupes défavorisés...42 VII. PROGRAMMES PRIORITAIRES ET RESULTATS ATTENDUS Intensification et développement de systèmes de production durables Gestion durable des ressources naturelles et conservation des eaux et des sols Développement d un système d élevage intégré de production agro sylvo pastoraux et promotion de systèmes d élevage intensifs spécialisés Aménagement des marais Développement de l irrigation Approvisionnement et utilisation des intrants agricoles et mécanisation Sécurité alimentaire, gestion des risques et de la vulnérabilité Appui à la professionnalisation des producteurs Promotion des organisations paysannes et renforcement des capacités des producteurs Reforme des services de proximité aux producteurs et innovation rurale Promotion de la recherche pour le développement de l agriculture et de l élevage Systèmes financiers ruraux et développement du crédit agricole Promotion des filières, de l hortofruiticulture, et développement de l agribusiness Promotion et développement des filières et de l hortofruiticulture Transformation et compétitivité des produits d origine animale et végétale Infrastructures rurales d appui aux producteurs Création d un climat d affaires incitatif et promotion de l entreprenariat Développement institutionnel Le cadre légal et réglementaire Réformes et appui institutionnel aux services publics

4 Coordination et suivi-évaluation du secteur agricole...57 VIII. CONTRIBUTION DES SECTEURS DE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT AGRICOLE Gouvernance et Développement local Environnement, Eau et Sécurité foncière Education et Recherche scientifique Commerce, industries et artisanat Santé et protection sociale Infrastructures de transport et de communication (ICT) Secteur financier...60 TROISIEME PARTIE : PLAN D ACTION ET PLAN INDICATIF DE FINANCEMENT...61 IX. CADRE LOGIQUE ET PLAN D ACTION Contenu du plan d action Modalités de mise en œuvre Recherche de l harmonie dans un environnement multi-acteur Définition des rôles des différents acteurs Dispositifs de coordination et modalités de financement Phasage...68 X. PLAN INDICATIF DE FINANCEMENT DU PSTA...69 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES...70 QUATRIEME PARTIE : APPENDICES ET ANNEXES...71 APPENDICE I. CADRE LOGIQUE DU PLAN STRATEGIQUE...72 APPENDICE II : PLAN D ACTION...74 APPENDICE III : DÉMARCHE D ÉLABORATION DU PLAN STRATÉGIQUE...95 APPENDICE IV. LIENS DE COLLABORATION ET PERCEPTIONS MUTUELLES (CAS DES ACTEURS DE LA FILIERE DE MARACUJA)...98 APPENDICE V : PROBLEMES SOULEVES AU COURS DES CONSULTATIONS A LA BASE...99 APPENDICE VI : FILIERES PRIORITAIRES DES DISTRICTS DES PROVINCES DE KIGALI-NGALI, KIBUYE ET GIKONGORO APPENDICE VII : CARTE ILLUSTRANT LE CHOIX DES FILIERES PRIORITAIRES PAR LES BENEFICIAIRES DE KIGALI NGALI APPENDICE VIII : ORGANISATIONS PAYSANNES ET SERVICES DE PROXIMITE AUX PRODUCTEURS APPENDICE IX. QUELQUES PROJECTIONS EN RAPPORT AVEC LES RESULTATS ATTENDUS.107 APPENDICE X. RAPPORT DE L ATELIER DE VALIDATION DU PLAN STRATEGIQUE DE TRANSFORMATION DE L AGRICULTURE

5 SIGLES ET ABBREVIATIONS A.S.B.L. : Association Sans But Lucratif ASZ : Agro sylvo zootechnique BAD : Banque Africaine de Développement BNR : Banque Nationale du Rwanda BOBP : Bureau d Orientation des Banques Populaires. BRD : Banque Rwandaise de Développement. CB : Communautés de Base CDC : Comité de Développement Communautaire. CDMT : Cadre des Dépenses de Moyen terme. CDMT : Cadre des Dépenses à Moyen Terme CES : Conservation des eaux et des Sols. CNIA : Centre National d Insémination Artificielle CNR : Couvoir National de Rubirizi COOPEC : Coopérative d Epargne et de Crédit. COOPEDU : Coopérative Duterimbere CRS : Catholic Relief Service. CSC : Centre de Services aux Coopératives. CTB : Coopération Technique Belge DFID : Department for International Development (UK) DRSA : Direction Régionale des Services Agricoles DSRP : Document de Stratégie sur la Réduction de la Pauvreté FAO : Food and Agriculture Organization FDC : Fonds de Développement Communautaire FIDA : Fonds International de Développement Agricole FRw : Franc rwandais (1USD est égal à environ 580 FRW en 2004). GECAD : Groupe d Expertise, de Conseil et d Appui au Développement. HIMO : Haute Intensité de main d oeuvre IMF : Institution de Micro Finance. ISAR : Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda. KG : Kilogramme LAE : Lutte Anti Erosive MdFRw : Milliard de francs rwandais MIGEPROFE : Ministère du Genre et de la Promotion Féminine. MINAGRI : Ministère de l Agriculture. MINALOC : Ministère de l Administration Locale. MINECOFIN : Ministère des Finances et de la Planification Economique. MININFRA : Ministère des infrastructures. Mios FRw : Millions de francs rwandais MTEF : Medium Term Expenditures Framework 5

6 NEPAD : New Partnership for Africa Development OC : Organisation Communautaire. OCIR-Café : Office des Cultures Industrielles du Rwanda Filière café OCIR-Thé : Office des Cultures Industrielles du Rwanda Filière thé ONG : Organisation non gouvernementale. OP : Organisation de producteurs ou organisation professionnelle. OPS : Organisations Professionnelles ou des Producteurs FERWATHE : Fédération Rwandaise de Thé PAN : Politique Agricole nationale PDC : Plan de Développement Communautaire PDDDAA : Programme détaillé pour le Développement de l Agriculture Africaine PIB : Produit Intérieur Brut PME : Petites et moyennes Entreprises. PMI : Petites et Moyennes Industries. PRP : Poverty Reduction Program RIF : Rural Investment Facility RNE : Ressources Naturelles et Environnementales RSSP : Rural Sector Support Project (Rwanda) S&E : Suivi et Evaluation SDA : Stratégie de développement Agricole SIDA : Syndrome d Immuno Déficience Acquise SNI : Stratégie Nationale d Investissement SOPYRWA : Société de Pyrèthre du Rwanda SORWATHE : Société Rwandaise de Thé SORWATOM : Société Rwandaise de fabrication de tomates SPSS : Statistical Package for Social Sciences SRP : Stratégie de Réduction de la Pauvreté SWAP : Sector Wide Approach UBPR : Union des Banques Populaires du Rwanda. UNR : Université Nationale du Rwanda USD : United States Dollar 6

7 I. INTRODUCTION GENERALE PREMIERE PARTIE : GENERALITES 1.1. Justification du Plan Stratégique de Transformation de l Agriculture 1. Depuis les années , le Gouvernement du Rwanda a initié une réflexion et un processus de planification dont l ambition est d engager le pays dans une dynamique de développement continu en vue d accélérer la croissance économique, réduire sensiblement la pauvreté, et porter cette nation, à terme, dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire Après voir tracé les bases prospectives de cet avenir dans la Vision 2020, le Gouvernement a élaboré une Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (juin 2000 à Juin 2002) 2, dont la mise en œuvre repose sur l élaboration de stratégies pour les secteurs essentiels de l économie. 3. Pour faciliter le processus au niveau des différents secteurs, le Ministère des Finances et de la Planification Economique (Minecofin), à travers la Direction de la Planification Stratégique et du Suivi de la Réduction de la Pauvreté, a élaboré un guide pour la confection des stratégies sectorielles et des plans de développement décentralisés Le Ministère de l Agriculture et de l Elevage vient de formuler une politique nationale agricole (PNA) qui donne des orientations claires sur le développement du secteur agricole dans les prochaines années. Ces orientations doivent servir de base à l élaboration du Plan Stratégique de la Transformation de l Agriculture, qui est appelé à articuler le cadre opérationnel de la Politique Agricole Nationale et le rôle central du secteur agricole dans la croissance économique rapide projetée par le Gouvernement du Rwanda. 5. C est dans ce cadre que le Ministère de l Agriculture et de l Elevage a conçu, selon un schéma participatif et interactif, un exercice d opérationnalisation de la politique nationale agricole dont la première étape est l élaboration de la stratégie sectorielle comprenant les stratégies sous sectorielles, les plans d actions et les budgets y relatifs pour la période triennale Les stratégies et les plans d actions sont élaborés en s inspirant de la philosophie de la Stratégie Nationale d Investissement 5, et surtout de manière à s intégrer dans le Programme d Investissement Public et dans les formats du Cadre pour les Dépenses à Moyen Terme Démarche méthodologique 6. Les documents de la stratégie agricole ont été conçus et confectionnés conformément à la méthodologie préconisée par le Minecofin. Ces documents ont été conçus selon l approche sectorielle élargie répondant ainsi à la volonté politique traduite dans le document de Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté qui confère au secteur agricole le statut de pilier du développement rural L exercice d élaboration du PSTA repose en outre sur quatre principes de base, qui ont caractérisé l approche méthodologique globale utilisée: (i) L internalisation du processus par la forte implication des cadres du Minagri et des autres Ministères d une part et la mobilisation de consultants nationaux d autre part; (ii) les consultations participatives à la base, au niveau des Districts et des Provinces ; (iii) l intégration du travail dans la logique, l esprit et la lettre de la politique de décentralisation ; (iv) l association des partenaires du développement tant au plan technique que financier ainsi que dans le pilotage. 1 Minecofin : Vision draft 4, p. 8-9 ; document révisé (juin 2003), p.5. 2 Minecofin : Rwanda : Stratégie de réduction de la Pauvreté, Kigali, Juin 2002, 184 p., annexes compris. 3 Minecofn : Guide d élaboration des stratégies sectorielles et des plans décentralisés ; Kigali, Avril 2003 ; 43 p. 4 Une fois que la stratégie aura été validée par les consultations avec ses différents partenaires, le Minagri envisage la seconde étape comme une phase de mobilisation des ressources et de mise en œuvre. 5 Minecofin : National Investment Strategy (NIS) ; Kigali, updated 4 June 2002; 37p. 6 Il s agit d une démarche dans laquelle toutes les parties prenantes, tous les acteurs et partenaires concernés ont activement participé à toutes les étapes passées et où ils participeront dans les étapes qui suivent y compris dans le financement et le suivi/évaluation 7

8 8. Sur le plan pratique, une méthodologie à trois axes a été développée : (i) les ateliers participatifs au niveau des districts, des Provinces et à l échelle Nationale ; (ii) la constitution progressive d une base de données (sur les projets en cours ou les nouveaux projets identifiés) selon un format de fiche de projet automatiquement intégrable dans le CDMT ; (iii) les analyses structurantes et thématiques La stratégie agricole nationale, conformément à la définition du Minecofin 8, intègre différents éléments notamment la vision pour le développement global du secteur en cohérence avec la Vision 2020 ainsi que la politique sectorielle qui apparaît clairement dans le document de politique agricole. On se référera également à ce document pour les détails en rapport avec les définitions de concepts de mission, objectifs, stratégie, programmes et budgets. 10. Le présent document est expressément développé sous le vocable de Plan Stratégique de Transformation de l Agriculture au Rwanda pour refléter les changements radicaux que la nouvelle politique agricole a introduits. Celle-ci veut marquer : (i) le passage d une économie agricole de subsistance vers l économie de marché ; (ii) l intensification et la modernisation progressive du secteur agricole ; (iii) la nouvelle distribution des rôles et responsabilités entre tous les intervenants, conformément aux nouvelles politiques relatives notamment au désengagement de l Etat de certains secteurs et à la décentralisation ; (iv) les nouvelles méthodes de travail en rapport entre autres avec l adoption par le MINAGRI de l Approche Programme pour la réalisation des objectifs du PSTA. 11. Le présent document comporte quatre parties. La première partie relative aux généralités, retrace le cadre stratégique et institutionnel du PSTA, le contexte général du secteur, ainsi que le diagnostic des sous-secteurs. La deuxième partie développe les stratégies et les programmes prioritaires. La troisième partie comprend le plan d action et le plan indicatif de financement. Et la quatrième partie comprend les annexes. II. CADRE STRATEGIQUE ET INSTITUTIONNEL DU PSTA 2.1. Contexte international et régional 12. La coexistence dans le monde de niveaux technologiques et de bien-être très différents a suscité ces dernières décennies, une abondante littérature, avec des controverses, sur les théories de la croissance économique et du développement 9. Ainsi, jusqu aujourd hui encore, pour certains, l industrie est considérée comme le moteur du développement ; et l agriculture comme un domaine essentiellement statique et à potentiel limité. 13. En dépit des efforts consentis et des résultats souvent mitigés enregistrés sur le plan macroéconomique durant ces décennies, divers indicateurs relevés aux niveaux micro-économique et social dans un certain nombre de pays en voie de développement ont établi que, pour la plupart des pays soumis aux réformes engagées dans le cadre de la première optique, les conditions de vie des populations, au lieu de s améliorer, semblent s être détériorées. Le phénomène de pauvreté, au lieu de décliner, s amplifie et devient de plus en plus complexe. 14. Il semble bien établi que pour beaucoup de pays du Tiers Monde, le secteur agricole décline de manière inquiétante, que la pauvreté est nettement plus intense en milieu rural, et que ce sont les populations agricoles qui, les premières, en font le plus les frais. 15. Le constat pour le cas du continent africain est sidérant. Plus de 200 millions de personnes, soit environ 25 % de la population du continent, sont chroniquement sous alimentées. Le recours à l aide alimentaire a rendu la région plus dépendante qu aucune autre région en développement dans le monde. 16. Cette situation a amené les partenaires concernés à recentrer les politiques du développement autour des objectifs de sécurité alimentaire, de réduction de la pauvreté, et d utilisation durable des 7 cf appendice 3 8 La stratégie sectorielle de l agriculture et de l élevage est conçue, conformément à la terminologie préconisée par le Minecofin, comme un ensemble coordonné de règles de conduite sur lesquelles reposent la conception, le financement, la mise en œuvre, la coordination et le suivi-évaluation de toutes les activités et des dépenses en vue d atteindre les objectifs fixés pour le secteur. Elle constitue la synthèse de toutes les stratégies des différents domaines du secteur 9 Banque Mondiale : Rapport sur le développement dans le Monde ;

9 ressources naturelles. C est ainsi que divers fora ont été consacrés à ces questions, notamment : la réunion du sommet social mondial de 1985 et celles qui ont suivi, le Sommet Mondial de l Alimentation (Rome, Italie en Novembre 1996) et la Conférence des Nations Unies pour le Financement du Développement (Monterrey, Mexique en mars 2002). Ces rencontres confirment un changement de paradigme et assignent au millénaire à la fois l objectif de réduction de la pauvreté et un engagement aux résultats 10. Le développement agricole apparaît dans la plupart de ces pays en voie de développement comme une condition nécessaire à la transformation structurelle de l économie et à l industrialisation. 17. Les dirigeants africains reconnaissent que l agriculture est la base de leur économie. Une croissance agricole soutenue est non seulement essentielle à la réduction de la faim, de la pauvreté et des inégalités, mais également fondamentale pour le développement économique. 18. Pour mettre fin au déclin du secteur agricole sur le continent, les dirigeants des pays africains se sont engagés à mettre en place dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le Développement de l Afrique (NEPAD) un Programme détaillé pour le Développement de l Agriculture Africaine (PDDAA), dont l objectif est de restaurer la croissance globale, promouvoir le développement rural et assurer la sécurité alimentaire en Afrique 11. La déclaration de Maputo souligne la nécessité de consacrer au secteur agricole au moins 10% des ressources budgétaires nationales Contexte politique, économique et social national 19. Dix ans après le génocide de 1994, le Rwanda a enregistré des acquis importants sur le plan politique, à savoir : (i) le rétablissement progressif de la sécurité sur toute l étendue du territoire ; (ii) la mise en place et le fonctionnement normal des institutions de transition; (iii) la réinsertion harmonieuse du Rwanda dans le concert des nations ; (iv) la mise en œuvre progressive d une politique originale de décentralisation. 20. Sur base de ces acquis, le pays s est engagé dans un nouveau tournant politique : le processus de consolidation des bases constitutionnelles du pouvoir à travers l adoption d une nouvelle constitution par voie référendaire (mai 2003) et l élection au suffrage universel de ses dirigeants (juillet 2003). Ceci ouvre des horizons de nature à créer un environnement progressivement stable et rassurant pour tous les Rwandais et pour les investisseurs étrangers. 21. Le contexte économique rwandais est caractérisé par un rythme de croissance relativement élevé 12, une vision volontariste du futur et des politiques de développement axées sur la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, la diversification de l économie et la décentralisation. 22. Le taux de croissance économique a été de 6,6% en 2001 ; 9,4% en 2002 ; et 1% en Le taux d inflation et la fluctuation du taux de change sont relativement modérés. La situation des finances publiques s améliore progressivement grâce aux efforts déployés en matière fiscale. Les recettes publiques sont passées de 11,8% du PIB en 2001 à 12,3% en 2002, et 13.5% en 2003 tandis que les dépenses publiques en net déclin sont passées de 22% du PIB en 2001, à 20,1% en 2002 et à 20 % en Le déficit budgétaire a évolué comme suit : 13 % en ; 7,9% en 2002 contre 10,1% en Il a diminué entre 2001 et 2002, mais augmenté de 5.1% entre 2002 et Les performances de l économie rwandaise dépendent essentiellement de la production du secteur primaire dont la production provient essentiellement de l agriculture vivrière. La faible croissance observée par exemple en 2003 (2.4% contre 9.4% en 2002) est due à la faible production agricole qui est passée de 15% à 1%. Cette mauvaise performance due à un grand déficit pluviométrique a affecté la production des cultures vivrières comme celle des cultures d exportation. Cette situation a eu un effet négatif sur les prix nationaux, et combinée à l inflation importée a porté le taux d inflation annuel à 7.4% contre 3% prévus. Les mauvaises performances du secteur agricole ont ainsi aggravé la pauvreté en milieu rural puisque l agriculture 10 Picciotto, R. : La coopération pour le développement et l évaluation des performance. Le défi de Monterrey. Banque Mondiale, Washington, 2002, p FAO : Programme détaillé pour le Développement de l Agriculture Africaine ; Programme National d Investissement à Moyen Terme (PNIMT) pour le Rwanda ; version provisoire ; Kigali ; Mars 2004 ; p.1 ; (document de 36 p et annexes). 12 Il faut noter que le taux de croissance économique élevé doit être interprété en tenant compte qu il se réfère à des niveaux de performances relatifs à une période de dépression économique liée à la guerre. 13 L année 2003 marque également des contre performances liées probablement à la situation politique du pays. 9

10 24. Plusieurs facteurs expliquent la stagnation observée dans cet important secteur de l économie. En dehors des problèmes structurels, on peut entre autres citer les conditions climatiques et le faible niveau d investissement expliqué par le niveau insuffisant des mécanismes adéquats, la pénurie en capitaux à long terme dans les banques commerciales rwandaises et les risques propres à ce secteur. 25. Le problème du faible niveau d investissement constitue l un des blocages importants de la croissance du secteur primaire au Rwanda. Il est lié d une part aux paramètres intrinsèques du secteur mais aussi à l environnement économique du pays en général. Le secteur financier ne s intéresse pas au secteur rural et selon les institutions financières et bancaires, le secteur est considéré à hauts risques pour leurs capitaux. C est ainsi que le taux de financement du secteur agricole a fortement baissé partir de 1990, de sorte qu il est devenu presque insignifiant à partir de 1998 (ce taux reste inférieur à 1%). 26. Pourtant, jusqu en 1989, l agriculture était jugée comme secteur prioritaire de l économie et bénéficiait de conditions favorables dans le cadre de la politique monétaire. Des mesures incitatives étaient accordées à ce secteur notamment a travers les taux d intérêt et le plafonnement des crédits. 27. La nouvelle politique de libéralisation des taux d intérêt et de suppression du plafonnement des crédits adoptée par la BNR a provoqué l éviction du secteur agricole, puisque soustrait à ce traitement de faveur, il a été subitement abandonné par le secteur bancaire. Les banques commerciales préfèrent financer les activités de commerce et autres qui présentent moins des risques que celles du secteur agricole. Le financement du secteur agricole par le budget de l Etat est très faible. On observe par exemple qu entre 2002 et 2003, la part du budget alloué au secteur agricole dans le budget total de l Etat est passée de 4.5% à 2.94%, ce qui représente respectivement 1% et 0.5% du PIB, Le faible niveau des recettes publiques fait également que les budgets élaborés ne tiennent pas nécessairement compte des propositions faites dans le cadre des stratégies de la réduction de la pauvreté. 28. Cette situation est aggravée par la faiblesse de la capacité d absorption du secteur agricole. En 2004 par exemple, 25.5% du budget alloué à ce secteur étaient utilisés jusqu à la fin du mois de juin (Budget framework paper , MINECOFIN). Ce problème de capacité d absorption s explique par un certain nombre de raisons dont la faiblesse des capacités d exécution et de gestion des programmes et projets du secteur, de l absence de stratégies sectorielles et sous sectorielles, de l absence de coordination mais également par le manque des informations relatives à certaines dépenses. 29. Le Gouvernement du Rwanda affiche une volonté non seulement de maintenir ses performances, mais a déjà engagé des actions de nature à les améliorer et à assurer une croissance économique soutenue et durable. Parmi ces actions, il convient de citer : l élaboration d un itinéraire prospectif de long terme appelé «Vision 2020 pour le Rwanda» ; l élaboration et l adoption par tous ses partenaires d une «Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté» qui lui donne accès également à la remise de la dette ; l élaboration de la Stratégie National d Investissement ; et la confection de politiques et de stratégies sectorielles couvrant divers domaines prioritaires. 30. C est plus précisément par rapport au contexte spécial de la pauvreté au Rwanda que les politiques et les stratégies sectorielles visant l amélioration des conditions de vie de la population doivent être organisés. 31. Le Rwanda a dû faire face durant les dix dernières années à des défis sociaux énormes notamment en matière de réconciliation nationale, de réinstallation et réinsertion des rescapés du génocide et des réfugiés, de la relance des services sociaux de base (éducation, santé, eau et hygiène) ainsi qu en matière de lutte contre le SIDA. 32. Le processus de réconciliation nationale a été axé sur : (i) l arrestation et la traduction en justice des auteurs présumés du génocide ; (ii) la définition et la mise en œuvre d une démarche de jugement et de réconciliation populaires sous l institution «Gacaca» ; (iii) la réinsertion sociale des anciens réfugiés (antérieurs à 1994) et des rescapés et réfugiés à la suite du génocide de Les services de base ont été réhabilités et de nouveaux programmes sont envisagés dans le cadre du Programme National de Réduction de la Pauvreté. Mais les efforts doivent être maintenus car les besoins tant en infrastructures (écoles, centres de santé, hôpitaux), en personnel qu en moyens 10

11 financiers vont aller en croissant pour satisfaire une population en pleine croissance (8,5 Millions en 2004 et un taux de croissance démographique estimé à 2.5 % en 2004) Une attention particulière devra également être maintenue sur la pandémie du SIDA dont le taux de prévalence est estimé à 11,2% en Expérience du Rwanda en matière de planification et de développement agricoles. 35. L agriculture rwandaise a été marquée les quatre dernières décennies par trois périodes distinctes et très contrastées: (i) une période de vingt années ( ) caractérisée par une forte croissance ; (ii) une autre période de stagnation suivie d une régression inquiétante de la production ( ) ; (iii) une période de reconstruction et de relance économique (après 1994) Ces périodes ont été caractérisées par trois types d approches différentes en matière de formulation des politiques agricoles: (i) la planification par plan décennal ou quinquennal qui a prévalue entre 1950 et 1990, avec une période vide de 1960 à 1967 ; (ii) la planification caractérisée par l'adoption d'un cadre de politique économique et financière et l'élaboration des Programmes d'investissements Publics (PIP) qui a prévalu depuis 1991 à 2002 ; (iii) la nouvelle forme de planification basée sur une vision de long terme, une stratégie nationale de réduction de la pauvreté et des stratégies sectorielles. 37. Une caractéristique marquante de l'histoire des politiques agricoles précédentes au Rwanda est leur ressemblance. Au cours des 40 dernières années, les éléments d'analyse sont restés les mêmes: rareté des terres, miniaturisation des parcelles, surpopulation, faible productivité du sol et du travail, désarticulation de l'encadrement avec les réalités du monde rural, dégradation du capital foncier; sousdéveloppement des activités en aval de la production etc. De même, les éléments de politiques et stratégies n'ont pas varié: amélioration de la productivité, spécialisation régionale, développement d'une économie d'échange; intégration agriculture -élevage, diversification les cultures d'exportation; etc Malgré la sévérité du diagnostic présenté et la pertinence des mesures de politique agricole préconisées, le monde rural a donné parfois l impression de ne pas être concerné par les programmes et les projets mis en place en vue de contribuer à l'amélioration de ses conditions de vie. 39. A certaines époques, notamment au cours , des aménagements ont été introduits sur la terminologie en matière de politique agricole. Ainsi le concept de sécurité alimentaire est venu remplacer celui de l'autosuffisance alimentaire. Ceci a permis de réajuster les objectifs et les programmes. Le concept de développement des filières a été également développé à l époque, mettant en évidence la nécessité d'aborder de manière intégrée l'ensemble des opérations de production, de transformation et de commercialisation. Les concepts de projets spécifiques s'occupant prioritairement des aspects purement agricoles avec des volets de recherche développement qui associent l'agriculture, la vulgarisation et le chercheur comme partenaire à part entière dans le développement du secteur agricole, ont été également promus. 40. On peut dire que dans l ensemble, l'évolution des systèmes d'exploitation agricole au Rwanda, a été clairement marquée par deux facteurs : le facteur démographique d'une part, les facteurs institutionnels liés aux exigences de l administration coloniale ainsi qu au développement des filières d exportation d autre part. 41. La dualité (secteur vivrier - secteur d'exportation) qui est apparue dans ces systèmes suite à la politique agricole coloniale a été prolongée et amplifiée par la politique post-coloniale. Toutefois, les deux secteurs ont subi des effets différents de la part des deux types de facteurs évoqués. 42. La pression démographique et l obligation par l administration de détenir une superficie minimale de cultures de soudure (période coloniale tout au moins), ont été principalement les variables motrices des modifications au niveau du secteur vivrier. Mais ces ajustements sont restés de type primaire ; ils n'ont modifié sensiblement ni les techniques utilisées ni le niveau de rendement. Tout s est passé comme si les exploitations agricoles se contentaient des ajustements juste nécessaires pour couvrir les besoins 14 A supposer que le taux de croissance annuel moyen sur la période soit de 2,5%, l effectif de la population au Rwanda en l an 2020 sera de l ordre de 12 à 13 millions d habitants. 15 République Rwandaise (2002) : Programme National de Réduction de la Pauvreté, p Voir à ce sujet le document de la FAO : Etude sur la sécurité alimentaire : volet production agricole et nutrition. Rapport provisoire ; Kigali ; 1996 ; p1-4 ; (document de 42 pages et annexes). 11

12 minimaux des ménages. Cela les maintenait dans un équilibre bas caractérisant les conditions de pauvreté qui sont observées aujourd hui. 43. A l'opposé, une politique agricole extravertie, privilégiant les cultures d'exportation (café, thé et pyrèthre) a permis à la recherche et à la vulgarisation l'incorporation rapide de ces cultures et du bagage technique accompagnateur dans le schéma cultural traditionnel. 44. Il convient néanmoins de constater que, même à l'égard de ces innovations, la résistance des agriculteurs rwandais, soucieux de préserver leur subsistance, a été longue et a freiné durant longtemps, l'apparition de dynamismes nouveaux, fondés sur le désir d'accumulation et d élévation de leurs conditions de vie. Même si une politique de prix favorables aux cultures commerciales d'exportation ainsi qu'une pression démographique de plus en plus élevée semblent avoir été des facteurs déterminants pour enclencher de nouveaux dynamismes, l expérience montre que le niveau de ces ajustements n est pas à même de porter la croissance et le développement. Les technologies sont restées rudimentaires et les niveaux de productivité de la terre et du travail se sont maintenus à des niveaux extrêmement bas. 45. C est finalement le changement fondamental de tout l environnement institutionnel du pays, l engagement politique à long terme et les approches de développement utilisées qui vont déterminer l essor du secteur agricole au Rwanda. C est dans le cadre de ce nouvel environnement que la nouvelle stratégie est définie avec la participation des bénéficiaires. La mobilisation, la responsabilisation et l implication de ces derniers dans la formulation et dans la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie dont la pierre angulaire est l amélioration des technologies et des productivités, ainsi que l orientation vers les marchés, devraient faire la différence avec le passé et apporter une amélioration sensible aux conditions de vie des populations Décentralisation et Plans de Développement Communautaire 46. La stratégie agricole va partir des leçons de l'expérience des projets de développement au Rwanda, qui révèlent un certain nombre de déficiences à corriger. (i) Les projets étaient souvent conçus par les experts extérieurs avec la collaboration des administrations centrales, mais sans participation des bénéficiaires dans le choix et la décision. Il en résultait une faible appropriation par les populations des actions menées dans le cadre des projets classiques et l'arrêt (si pas le recul) des actions dès que les bailleurs de fonds se retiraient (problème de pérennité). (ii) Le recours presque exclusif à des ressources extérieures, sans implication suffisante des communautés de base a occasionné des coûts de projets trop élevés par rapport aux résultats et une déresponsabilisation des bénéficiaires et de leurs communautés de base. (iii) La faible prise en compte (ou non prise en compte) de l'équilibre social et de l'équité dans les interventions classiques a parfois accentué les disparités socio-économiques. (iv) Le traitement des problèmes de développement rural est opéré de manière sectorisée, sans tenir compte de l'indissociabilité, de l'imbrication des différents sous-systèmes et de leur intégration dans un système global. 47. Dans la suite logique de cette ligne politique, le Gouvernement a instauré un processus de planification communautaire décentralisé selon le canevas harmonisé. C est dans ce cadre que, presque tous les Districts et toutes les Provinces du pays, disposent d un Plan de Développement Communautaire (PDC) élaboré selon un schéma participatif. Les résultats de ce processus ont été exploités dans la préparation et la conduite de la définition de la stratégie agricole Engagement de créer de nouvelles articulations dans le processus du développement. 48. L opérationnalisation de la Politique Agricole Nationale va devoir faire face à la nécessité de mettre au point une nouvelle articulation du processus de planification dans le secteur. Cette articulation est fondée sur quatre principes : (i) création d une plate forme de communication et de coordination des différents intervenants dans le secteur; (ii) articulation du niveau national avec les niveaux décentralisés, (iii) articulation des flux financiers à la politique décentralisée et à l environnement multi-acteurs ; (iv) articulation de l orientation marché avec la sécurité alimentaire, l environnement et une croissance économique soutenue. 49. La mise en relation des différents acteurs intervenant dans le secteur dans un cadre approprié, permettra de mettre ensemble les acteurs du secteur public, du secteur privé et de la société civile en vue d une bonne répartition des rôles et des responsabilités, d harmoniser la conception, les stratégies, 12

13 les approches et les modalités de mise en œuvre de leurs interventions. La création d une telle plate forme permettra d assurer une coordination efficace des appuis techniques et financiers provenant des différents partenaires. 50. Il s avèrera indispensable de renforcer la nouvelle articulation entre le niveau central (national) et les niveaux décentralisés. Les Entités Décentralisées, à savoir les Provinces, les Districts, les villes, les secteurs et les cellules ont des responsabilités dans l élaboration de leurs plans de développement ainsi que dans leur mise en oeuvre. La nouvelle stratégie agricole est conçue sur des bases participatives et décentralisées conformément à ce dernier principe. 51. Les modalités pour relever ces différents défis détermineront la définition des flux financiers les plus appropriés. Le principe de subsidiarité peut guider la délégation de responsabilités du niveau central aux niveaux décentralisés et conduire au retrait progressif des domaines du secteur public où le secteur privé et/ou des organisations de la société civile peuvent prendre la relève. Le défi reste malgré tout de trouver des mécanismes de financement appropriés qui appuient, autant que possible, des groupes d acteurs qui mettent en œuvre des activités aux niveaux décentralisés. 52. Les politiques nationales considèrent le secteur agricole comme le tremplin de la lutte contre la pauvreté. La croissance économique dans le secteur primaire devrait permettre aux ménages ruraux de sortir de leur situation de pauvreté généralisée. Cette croissance économique inciterait également le développement progressif des secteurs secondaires et tertiaires dans les zones rurales, ce qui permettrait la création d emplois hors agriculture. Toutefois, la majorité des exploitations agricoles se retrouvent encore dans une économie de subsistance. La stratégie de développement agricole devrait concilier la transformation d une agriculture orientée sur le marché avec la recherche de la sécurité alimentaire et la préservation de l environnement. En outre, il est important mettre en place des mécanismes qui garantiraient que différentes catégories d exploitations agricoles, notamment les plus vulnérables, profitent également de la croissance économique préconisée La place du PSTA dans le système de planification nationale et décentralisée 53. Le Plan Stratégique de Transformation de l Agriculture découle d un processus de planification interactif qui intègre une démarche ascendante de consultations participatives et une démarche descendante de planification de type macro-économique. 13

14 Figure 1 : Place du PSTA dans le schéma national de planification Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DRP) Vision Rwanda 2020 Politique Agricole Nationale (PAN) Stratégie Nationale d Investissement (SNI) Cadrage macroéconomique Financements à rechercher: - au niveau national et pour les appuis institutionnels - Par programme Plan Stratégique de Transformation de l Agriculture (PSTA) Plan d Action Agricole Programmes et sousprogrammes - Par province Rapport développement agricole de la Province - Par district Rapport développement agricole du District Plan de développement communautaire 14

15 III. CONTEXTE SECTORIEL 3.1. Profil général du secteur agricole Aperçu sur le secteur agricole. 54. Le secteur agricole est considéré par le Gouvernement «comme premier moteur de croissance» 17. Les raisons qui justifient ce choix dans le cas spécifique de ce pays sont multiples. (i) Le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d Afrique. Il compte en 2004 environ 8.5 Millions d habitants 18 sur une superficie totale de km_, les eaux comprises; soit une densité de 325 habitants au km_. En admettant que même s il venait à diminuer progressivement après 2010 jusqu à atteindre 2.2 % en 2020 tel que prévu 19, le taux de croissance établi en 2002 à 2.5 % par an 20 va conduire à un effectif de la population de l ordre de 12 à 13 Millions d habitants en 2020 ; soit environ 50 % d augmentation en l espace de 16 ans. (ii) L économie rwandaise est caractérisée par la prédominance du secteur agricole sur les principales grandeurs économiques. La population agricole est de 87% en 2002, fournit de l emploi à 88 % de la population active occupée, contribue pour 47 % au PIB 21 et pour 71% aux recettes d exportation. La quasi-totalité de la production agricole est réalisée dans environ 1.4 Millions 22 de ménages agricoles. La superficie agricole moyenne par famille est estimée à 0.76 Ha 23. L autoconsommation constitue 66 % environ du volume des vivres produits. L échange sur le marché, qui ne porte que sur environ 34 % de la production sert à nourrir les ménages non agricoles (estimés à 11.4 %), mais également les ménages agricoles qui recourent au marché pour en partie satisfaire à leurs besoins alimentaires. 55. L absence de ressources minières ou d autres ressources naturelles directement exploitables, l enclavement, le faible niveau actuel d industrialisation, et le faible pouvoir d achat des populations, constituent les principaux facteurs qui expliquent que l agriculture et l élevage constitueront durant la période couverte par la stratégie nationale de réduction de la pauvreté et la vision 2020, le principal moteur sur lequel il faut compter pour accélérer la croissance et jeter les bases d un développement soutenu. 56. Or, malgré la capacité d adaptation dont les agriculteurs rwandais et leurs systèmes de production ont déjà fait preuve jusqu à présent 24 _ 25, bon nombre d indicateurs dénotent une évolution inquiétante si un processus de transformation et de modernisation de ces systèmes de production n est pas engagé à temps. (i) Les exploitations agricoles éprouvent de plus en plus de difficultés à assurer la subsistance des familles, particulièrement en cas d aléas climatiques ; et les ménages sont régulièrement confrontés à des déficits alimentaires et nutritionnels soit saisonniers, soit globaux sur l année. (ii) La pratique de techniques traditionnelles de régénération de la fertilité des terres telle que la jachère n est plus possible. (iii) La régression de l élevage et la faible production de fumier qui en découle ainsi que l amplification des phénomènes d érosion suite à l épuisement du couvert végétal, notamment les boisements, entraînent une baisse inquiétante de la fertilité des sols. (iv) Le niveau de revenus tirés de la vente de la partie commercialisable de leurs productions ne permet pas aux ménages agricoles de faire face aux autres besoins. 57. Dès lors, on comprend aisément que dans un tel contexte, la stratégie de réduction de la pauvreté au Rwanda accorde la première place en importance «au développement rural notamment à la transformation et à la modernisation du secteur agricole» Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p Les calculs relatifs à ce paragraphe sont effectués à partir des résultats du Recensement National de la Population qui établissait l effectif de la population à au 31 Août Minecofin : Vision 2020 document révisé (juin 2003), p Chiffre fourni par le Service National de Recensement de la Population en Juillet Minecofin : Indicateurs de développement du Rwanda (Août 2003), p.6 et p Chiffre estimé à 88.6 % du nombre total de ménages à partir du document Minecofin : Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages au Rwanda ( ) ; rapport final ; Kigali, Mars 2002 ; p.45 et p Minecofin : Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages au Rwanda ( ) ; rapport final ; Kigali, Mars 2002 ; p NZISABIRA, J. : Evolution de l agriculture et croissance de la population au Rwanda. Ajustement d un système de mise en valeur aux contraintes démographiques. Thèse de doctorat, Université Catholique de Louvain ; NZISABIRA, J. : Accumulation du peuplement rural et ajustements agro-pastoraux au Rwanda. Cahiers du CIDEP, Vol.1, pp.5-62 ; Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p.9. 15

16 Typologie et caractéristiques des exploitations agricoles 58. Selon une étude réalisée par le MINAGRI/FAO sur les systèmes de production en 1997, la typologie des systèmes de production permet de dégager trois types de producteurs avec des caractéristiques et des stratégies spécifiques : Type A : «le petit exploitant dépendant», avec une assise foncière qui ne permet pas de produire suffisamment pour assurer la subsistance de la famille; les activités «hors production» (commerce, troc, artisanat) ainsi que la vente de la force de travail à l extérieur vient compléter les revenus de l exploitation 27. Type B : «le producteur autosuffisant», qui se caractérise par une juste adéquation entre la superficie de l exploitation et la quantité de main d oeuvre disponible, permettant ainsi de satisfaire les besoins alimentaires de la famille. Les activités extérieures (commerce, artisanat) assurent une part importante du revenu de la famille. Type C : «le système de production de capitalisation», qui est plus hétérogène; un premier sous-groupe s apparente au type B, avec une quantité de facteurs de production cependant supérieure; tandis que le second est constitué de chefs de ménage «non paysans» (fonctionnaire, commerçants,...) qui développe une stratégie d accumulation foncière. 59. Les plus petites unités de production ont des performances productives très nettement supérieures aux plus grandes. Cependant, cette intensification de la production (sans intrants) se traduit par une surexploitation des terres avec de graves conséquences en matière de fertilité et de reproduction du système. La faible disponibilité en facteurs de production fragilise l exploitation; les familles de type A (et B) sont dépendantes des activités extérieures pour subvenir aux besoins de la famille.les plus grandes unités de production ont un potentiel de production important qui n est pas toujours bien valorisé. 60. Les systèmes de production au Rwanda se caractérisent par : des petites exploitations agricoles familiales d une superficie moyenne inférieure à 1 hectare, pratiquant la polyculture - élevage 28. Elles représentent plus de 90% des unités de production et couvrent environ 1,2 millions d hectares. Les techniques culturales sont exclusivement manuelles ce qui demande une disponibilité en main d oeuvre importante. Quelques 11,5% des ménages sont sans terres 29. L es statistiques montrent que 43,2% des ménages avaient moins de 0,5 Ha en 2000 et qu elles occupaient seulement 25,1% des superficies. Ceci dénote la très forte pression sur la terre et l implication en termes de pauvreté dans laquelle se trouvent ces ménages qui doivent tirer leur subsistance sur des terrains si petits. 61. Des systèmes de culture complexes, basés sur la diversification des productions et l association des cultures. Ils se caractérisent par : (i) une base commune à l ensemble des régions composée de 7 cultures principales 30 ; (ii) des spécificités régionales liées aux conditions agro écologiques (altitude, sol) et socio-économiques (voies de communication, marchés, organisation des producteurs, etc.) ; et (iii) des systèmes d élevage qui jouent un rôle essentiel dans l économie familiale, et dans la gestion de la fertilité à proximité de l habitation familiale (disponibilité de fumier) Institutions du secteur 62. Les institutions du secteur agricole comprennent : (i) les institutions publics du secteur au niveau central ; (ii) les autorités locales au niveau décentralisées ; (iii) les institutions privées ; (iv) la société civile ; et (v) les autres partenaires du développement. 63. Au niveau central, on peut distinguer deux types d institutions impliquées dans le secteur : les Ministères et les institutions publiques ou semi- publiques autonomes sous la tutelle du Minagri. 64. Les Ministères se partagent les responsabilités suivantes: l élaboration des politiques, stratégies programmes d opérationnalisation des politiques agricoles (MINAGRI) ; la planification des programmes d investissement public agricoles (MINECOFIN) ; les aspects des ressources naturelles relatifs à l agriculture tels que les terres, l eau, et l environnement (MINITERE) ; les infrastructures routières et l énergie facilitant l intensification et la modernisation agricole (MININFRA) ; la coordination des activités 27 Il serait intéressant de mentionner l importance relative de chaque type d exploitation en pourcentage 28 Etude sur les systèmes de production, MINAGRI/FAO, Un Profil de la Pauvreté au Rwanda, MINECOFIN, Février banane, haricot, maïs, patate douce, manioc, sorgho, pomme de terre 16

17 de développement au niveau des Provinces et Districts (MINALOC) ; la promotion de l industrialisation, la commercialisation et l exportation des produits agricoles (MINICOM) ; la promotion du genre et le renforcement des capacités des femmes dans les activités agricoles (MIGEPROF) ; l enseignement des techniques modernes agricoles au même titre que les autres cours enseignés dans les écoles (MINEDUC). 65. Parmi les principales institutions publiques ou semi-publiques autonomes impliquées dans les secteurs figurent le RIEPA qui assure la promotion des investisseurs locaux et étrangers dans le secteur agricole ; la BNR qui assure la supervision des services bancaires d épargne et de crédit pour le financement agricole, et la Banque Rwandaise de Développement (BRD) qui est l institution d avantgarde pour le financement de l agro-industrie ; et l Union des Banques Populaires (UBPR) qui est spécialisée dans la mobilisation de l épargne rurale et le crédit de petite taille. 66. Les institutions paraétatiques et autres structures d appui comprennent : les institutions de recherche (ISAR, IRCT), les institutions de formation (Faculté d Agronomie de l UNR, KIST, ISAE Busogo), certaines ONG s impliquées dans la recherche- action (recherche développement) ainsi que les offices chargés de la gestion des filières (OCIR-THE, OCIR-CAFE). Le Ministère gère aussi des unités d appui à la production : le Centre National d Insémination Artificielle, le Laboratoire Vétérinaire National de Rubilizi, le Service National Semencier et le Couvoir National de Rubilizi. Ces structures vont jouer un rôle important dans le développement et l adaptation des innovations technologiques appropriées dans le secteur. 67. La mise en œuvre des politiques et programmes agricoles est sous la responsabilités des districts et sous la coordination du Préfet au niveau provincial. Au niveau provincial, les activités agricoles sont coordonnées par le Directeur de l Agriculture, Elevage et Forêt (DAEF) et au niveau du district, toutes les activités agricoles sont coordonnées par le Responsable des Services Agricoles du District (RSAD). 68. Les activités liées à la planification, exécution, suivi, évaluation et rapport sont coordonnées à travers la hiérarchie MINALOC, Province, District. Des rapports sont faits régulièrement par le RSAD au DAEF qui, à son tour soumet le rapport au Préfet. Ce dernier envoie le rapport provincial au Ministre en charge de l Administration locale (MINALOC) qui les répercute à son tour à tous les Ministères concernés. 69. Diverses institutions privées s intéressent aussi au secteur. Beaucoup d entrepreneurs du secteur privé, tel que le «Rwanda Private Sector Federation» (RPSF) regroupant dix sept associations professionnelles et sectorielles et six associations provinciales, s impliquent de plus en plus dans l agriculture. Les banques commerciales et l UBPR sont les institutions importantes dans le financement des investissements du secteur. Les IMFS augmentent de plus en plus et joue également un rôle très important dans le secteur agricole. 70. Les projets et programmes de développement agricoles sont souvent largement financés par des partenaires de développement. Le Programme d Investissement Public (PIP) indique que l essentiel des financements du secteur proviennent de l extérieur (88,3%). Les institutions de financement multilatéral sont la Banque Mondiale, la BAD, le FIDA ; l UE et la BADEA. Les agences des Nations unies tels que le PNUD et la FAO ; les partenaires dans la coopération bilatérale tels que USA, Pays Bas, Belgique, Chine, Allemagne, Italie, Canada, Grande Bretagne ; et les ONG s internationale interviennent également dans le secteur agricole. 71. De nombreux projets financés par des prêts se caractérisent par un faible de taux de décaissement dû à la faible capacité d absorption des services en charge de l exécution ainsi qu à la complexité des procédures des bailleurs ou à la lenteur des opérations. 72. Plusieurs organisations et groupements sont également les partenaires à la base du secteur agricole, soit comme fournisseurs de service, soit comme bénéficiaires de différents projets et programmes. Les organisations communautaires et organisations sans but lucratif jouent un rôle prépondérant dans l organisation des agriculteurs et la vulgarisation des services de production et de commercialisation des produits agricoles. 73. Les organisations professionnelles d agriculteurs sont les bénéficiaires clés du secteur, non seulement en tant que bénéficiaires primaires de projets et programmes variés, mais aussi sont des fournisseurs de services et servent d intermédiaires à différents niveaux d intervention tel que les programmes de microfinance. Il existe un nombre de coopératives d agriculteurs et associations oeuvrant 17

18 au niveau national. Ceux-ci incluent l Union des théiculteurs (FERWATHE), la Coopérative des caféiculteurs et l Association des Riziculteurs. Certaines organisations, telles que l association IMBARAGA englobant des agriculteurs et éleveurs est présente dans six Provinces du Rwanda, prennent progressivement une envergure nationale dans leurs activités de proximité Caractéristiques particulières La pauvreté et son expression dans l agriculture 74. Une vue d ensemble sur la pauvreté au Rwanda révèle que 31 : (i) le revenu moyen par habitant est de l ordre de 250 USD. (ii) l incidence de la pauvreté en 2000 était de 64%, ce taux serait de 60% (estimation en 2002) ; (iii) le pourcentage de ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté est plus élevé en milieu rural (68%) qu en milieu urbain (23%) ; (iv) Les niveaux de rendements agricoles sont faibles et en décroissance et 66% de la production est autoconsommée et 34% commercialisée; (v) les recettes d exportation représentent environ 16 USD par habitant (contre une moyenne de 100 $ en Afrique subsaharienne) ; (vi) la quantité d engrais utilisée est de 2kg par hectare et par an. 75. Le seuil de pauvreté a été établi en 2000 à un niveau de dépenses de FRw par équivalent adulte par an ou encore à FRw de dépenses alimentaires annuelles par équivalent adulte par an. Ce seuil de pauvreté traduit un état de dénuement qui s accompagne d autres privations telles que l insuffisance de moyens de production ou le non accès à la terre, ou encore la difficulté de faire face aux besoins de santé, de logement, d habillement et de scolarisation des enfants. 76. Sur les deux dernières décennies, la pauvreté a connu deux pics d augmentation : en 1980 et dans les années La proportion des ménages pauvres atteignait 53% en Elle s est accrue fortement en 1994 (78%) puis a décliné progressivement pour s établir à 60% en La pauvreté est plus accentuée en milieu rural (68%) qu en ville (23%). Le profil de la pauvreté au Rwanda montre que 96 % des pauvres en termes alimentaires vivent dans le milieu rural et 4% en ville. Le degré de pauvreté ou les conditions de vie des populations dépendent dans une large mesure de la taille de la propriété et du cheptel La pauvreté se traduit au niveau de la taille moyenne de l exploitation agricole. Celle-ci était de 0.76 Ha en Toutefois, la dispersion régionale par rapport à la moyenne est frappante. La taille moyenne des exploitations dans les provinces de Kibungo (1 Ha), Umutara (0.99 Ha), Kigali Ngali (0.91 Ha) et Gitarama (0.86 Ha) ont des superficies supérieures à la moyenne nationale. Par contre les superficies des exploitations agricoles dans les Provinces de Butare (0.36 Ha), Gikongoro (0.50 Ha), Kibuye (0.64 Ha) et Cyangugu (0.72 Ha) sont en deçà de la moyenne nationale. 79. La possession du bétail, particulièrement le gros bétail, constitue au même titre que la propriété de la terre un indicateur des conditions de vie. A ces deux indications, est associé le classement en 6 catégories de ménages en fonction du degré de pauvreté. (i) La catégorie des indigents est constituée de gens qui doivent mendier ; ils n ont ni terre ni bétail (Umutindi Nyakujya). (ii) Les très pauvres sont capables de travailler la terre possédée par les autres ; ils n ont pas de terres ou possèdent de petites exploitations et n ont pas de bétail (Umutindi). (iii) Les pauvres ont assez de terres pour produire suffisamment à manger, mais ne produisent pas de surplus et n ont pas d épargne (Umukene). (iv) Le pauvre qui se débrouille a en plus de la terre, un petit bétail et dégage un petit surplus qui lui permet de faire face à d autres besoins notamment de scolarisation (Umukene wifashe). (v) Le «riche en termes de nourriture» (Umukungu) a une exploitation large, des sols riches, du bétail et suffisamment de nourriture et souvent a en plus accès à un emploi rémunéré. (vi) Le riche en termes de revenus monétaires (Umukire) a de la terre, du bétail et des revenus monétaires suffisants (emplois rémunérés, commerce) pour lui assurer des conditions de vie bien au-delà de la moyenne. La prospérité de cette catégorie de personnes les pousse souvent à émigrer vers les centres urbains. 31 Minecofin, SNRP, p. 16 citant les résultats des enquêtes statistiques ainsi que l Evaluation Participative de la Pauvreté. 32 Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p Minecofin : Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages au Rwanda ( ) ; rapport final ; Kigali, Mars 2002 ; p

19 80. La proportion entre les six catégories n apparaît pas clairement dans les statistiques. Mais on estime que la moitié des ménages au Rwanda n a pas de bétail et que le tiers des agriculteurs n utilisent pas du tout de fumier Les données sur la pauvreté selon les régions révèlent un large écart entre la ville de Kigali et les autres Provinces. La pauvreté alimentaire est à 96% en milieu rural. Et les Provinces de Gikongoro, Butare, Kigali Ngali et Ruhengeri sont relativement plus pauvres en raison notamment de la forte densité de la population et de la forte dégradation des terres Situation alimentaire et nutritionnelle 82. L analyse de l évolution dans le temps montre cinq principales périodes. (i) La situation alimentaire déficitaire pendant les années a amené l administration coloniale à instaurer des mesures administratives qui obligeaient notamment les populations à développer une certaine superficie des cultures non saisonnières en vue de pallier aux disettes et famines fréquentes. (ii) La période entre 1960 et 1980 n a pas connu de crises alimentaires notables suite à la prolongation de la politique volontariste coloniale. (iii) Au milieu des années 80, le système a atteint ses limites et la production a amorcé une baisse progressive, dont le point critique a été atteint vers les années 1984 où une crise alimentaire grave a sévi dans le pays. (iv) Un effondrement des indicateurs alimentaires et nutritionnels a été encore observé autour de la période de (v) Une légère amélioration par rapport aux années 90 est observée à partir des années Par rapport aux normes des besoins alimentaires moyens par habitant et par jour établies par la FAO 35, le bilan alimentaire du Rwanda, ou taux de couverture des besoins par la production agricole 36, s établit à 87 % pour les calories, 70 % pour les protéines et 22 % pour les lipides. Le déficit de la couverture des besoins alimentaires est général tant pour l énergie que pour les protéines mais le déficit lipidique chronique reste la principale caractéristique du panier des productions de l agriculture rwandaise. 84. Les bilans alimentaires et les taux de couverture des besoins alimentaires qui sont régulièrement établis sur une base saisonnière pour l ensemble du pays et au niveau des provinces, permettent de mettre en évidence différentes formes de disparités. La variabilité saisonnière est liée au cycle des cultures saisonnières. La variabilité géographique permet de mettre en évidence les Provinces les plus fragiles sur le plan alimentaire. Les Provinces de Butare et Gikongoro enregistrent régulièrement des taux de couverture des besoins plus faibles par rapport aux autres provinces ; tandis qu à l opposé, les Provinces de Byumba et de Kibungo sont en général mieux couvertes. Les disparités au niveau des zones agro écologiques, au niveau plus local et au niveau des ménages ne sont pas mises en évidence à travers ces bilans. 37 Ainsi, par exemple, la région du Bugesera, quelques districts de Kibungo et la région d Umutara connaissent des déficits alimentaires prononcés suite à des problèmes de sécheresse ; certains districts de Kibuye, Ruhengeri, Gisenyi connaissent des problèmes de sécurité alimentaire car caractérisés par des sols infertiles, fortement érodés et une forte pression démographique. 85. On ne dispose pas de données sur l accessibilité aux produits alimentaires des ménages et particulièrement de groupes vulnérables (ménages dirigés par des femmes ou des enfants, des paysans sans terre, des malades chroniques ou des personnes malades du SIDA). Mais ces catégories méritent une attention particulière en termes de sécurité alimentaire. 86. Le régime alimentaire de la majorité des ménages rwandais est essentiellement à base de bananes, racines et tubercules (patate douce, manioc et pomme de terre) qui contribuent à plus 60 % à l'apport calorique. Les légumineuses constituent la principale source protéinique et une source potentielle importante de lipides. On y retrouve essentiellement le haricot qui assure à lui seul 40 % de l'apport protéique, le petit pois, le soja et l'arachide. Ces deux derniers contribuent sensiblement à l apport en 34 Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p Les besoins alimentaires moyens par habitant et par jour fixés par la FAO et L'OMS pour le Rwanda sont de : 2100 Kcal ; 59 g pour les protéines ; 40 g pour les lipides 36 L'analyse porte sur la couverture des besoins alimentaires par les seules productions agricoles. Les aliments d'origine animale occupent une place très minime dans la ration. Ils contribuent à hauteur de 2 % pour les calories, 6 % pour les protéines et 40 % pour les lipides (moyennes calculées sur les années ). 37 Les statistiques agricoles sont présentées Province par Province et non par zones agro-écologiques. Il n y a pas de précision non plus en fonction des unités administratives plus petites 19

20 lipides. La consommation des céréales (sorgho, maïs surtout) reste faible malgré que ce soit des aliments énergétiques. La part des céréales dans la couverture des besoins énergétiques est de 15,4%. Les aliments d'origine animale occupant une place très minime dans la ration ; ils contribuent à hauteur de 2 % pour les calories, 6 % pour les protéines et 40 % pour les lipides (moyennes calculées sur les années ). Les fruits et légumes sont consommés en faible quantité alors que les vitamines, sels minéraux et oligo-éléments sont importants pour assurer une alimentation équilibrée. 87. La situation nutritionnelle est précaire si on considère que le taux de malnutrition infantile (insuffisance pondérale) enregistré en 2002 est de 24 %. Les provinces présentant des taux de malnutrition infantile chronique les plus élevés sont dans l'ordre Gikongoro (50 %), Kibuye et Butare (48 %) et Byumba (47%). Tableau n 1: Taux de malnutrition chez les enfants de 0-5 ans Lieu de résidence/ Province Malnutrition chronique Poids/taille Malnutrition aiguë Taille/âge Insuffisance pondérale Poids/âge Sévère Modérée Sévère Modérée Sévère Modérée Urbain Rural Butare Byumba Cyangugu Gikongoro Gisenyi Gitarama Kibungo Kibuye Ville de Kigali Kigali Rural Ruhengeri Umutara Total Source : EDS Pour combler les déficits de production par rapport aux besoins, le Rwanda et ses partenaires recourent aux importations et à l aide alimentaire. En 2002, 16 % du total des dépenses d'importation ont été consacrés aux produits alimentaires ; soit l équivalent de 46 Mios USD ; sans compter l aide alimentaire qui représente également un montant non négligeable. Tableau n 2 : Taux de couverture globale Contribution production locale Contribution importations total Taux de couverture en % Energie Kcalories/pers/j Proteines g/p/j Lipides g/p/j Source : Compilation GECAD à partir des statistiques Minagri et BNR Productivité de la terre et du travail 89. Sur base des volumes de productions animales et végétales réalisées en 2002 et des prix correspondants, une estimation des productivités de la terre et du travail a été faite en vue les performances actuelles des productivités. 90. La valeur de la production est estimée en 2002 à l équivalent de 328 Md FRw ( USD). Ceci correspond à une productivité de travail entre 0,91 à 1,36 USD par journée de travail et 400 USD par hectare cultivé. Ce qui correspond plus ou moins à la superficie développée par un ménage en intégrant 20

21 la superficie couverte par une double culture dans l année (un ha développé sur une terre propriété de 0,75 ha par ménage environ). Tableau n 3 : Estimation de la productivité de la terre et du travail en valeur en 2002 Valeur de la production en FRw 328,375,074,000 FRw Valeur de la production en USD 572,082,010 USD Productivité Indicateurs de productivité unités Nombre Productivité par unité (FRw) par unité (en USD) Terres cultivées par an ha 1,400, , Exploitations Nb 1,400, , Main d'œuvre (2 actifs/exploitation) Nb 2,800, , HJ 420,000, Main d'œuvre (3 actifs/exploitation) Nb 4,200,000 78, HJ 630,000, Le rôle de la femme dans l agriculture 91. En 1996, on estime à 34 % le nombre de ménages dirigés par les femmes dont 21 % sont des veuves. La proportion de ménages dirigés par les veuves varie selon les Provinces entre 13 % à Gikongoro et 28 % à Butare. Ces ménages comportent des populations à plus haut risque de pauvreté Or, même dans des situations similaires mais où le nombre de femmes chefs de ménages n est pas aussi élevé, il est établi que la femme joue un rôle clé dans les activités de production La participation de la femme rwandaise à la production, et notamment à la production agricole, est chose tellement commune au Rwanda que les anomalies ou les défis à surmonter dans ce domaine passent souvent inaperçus. Néanmoins on aimerait illustrer ce phénomène avec quelques chiffres provenant d observations et d enquêtes en Afrique ou dans la sous région. Au vu de leur emploi de temps on constate que : (i) les femmes rurales travaillent presque tout le temps, elles ne se reposent que pendant quelques heures de sommeil; (ii) les femmes participent à toutes sortes d'activités, alors que les hommes ne font pas (ou ne peuvent pas faire) certains travaux réservés aux femmes soit disant par leur nature (allaitement, soins aux enfants) ou par la tradition (moudre ou broyer du grain sur la meule traditionnelle. 94. Il apparaît aussi que, bien que les hommes et les femmes exécutent ensemble les travaux agricoles dans différentes régions, se dégage malgré tout une division du travail suivant les sexes. On constate par exemple, que les hommes s'occupent avant tout des cultures de rente telles que le tabac ; le café ; la banane et les légumes. Les femmes quant à elles, sont plus fortement engagées dans les productions vivrières (céréales, tubercules, haricots, petits pois et maïs). 95. Une certaine division du travail suivant les sexes s'observe également au niveau des différentes opérations de travail. La plupart des travaux de labour, d'ensemencement et de sarclage sont exécutés conjointement par les hommes et les femmes alors que d'autres opérations (fumage, stockage, etc..) sont en grande partie le fait des femmes. 96. Des études socio économiques suggèrent un classement qui établit une distinction des activités à prédominance masculines, des activités à prédominance féminines, et d autres activités "mixtes". En général, les activités non productrices et non obligatoires (visites, promenades, repos, fête, deuil) sont "mixtes", car elles sont effectuées dans les mêmes proportions par les deux sexes. Les activités productrices non obligatoires revêtent un caractère masculin (principalement l activité de type commercial ou salarial). 38 Minecofin : Stratégie de Réduction de la Pauvreté, p.11 ; p Diverses études effectuées par INADES, Agriprome n 27 ; la Faculté des Sciences Economiques et la Faculté des Sciences Agronomiques de l Université du Burundi. 21

22 97. Les garçons vont plus à l'école que les filles et la classe de sexe masculin s'occupent plus du bétail (gardiennage à plus de 90%) que l'autre classe. 98. Certaines études effectuées dans la région ont révélé des constats un peu particuliers pour les groupes d'âge entre 15 et 60 ans. Les femmes consacrent un tiers de leur temps à l'agriculture, tandis que les hommes n'y consacrent que 19,4%. Les hommes consacrent 54% de temps aux activités diverses et au travail rémunéré, contre 18% pour les femmes. Les femmes consacrent 29,8% de leur temps aux activités domestiques. Ce pourcentage est de 4,1% seulement pour les hommes Paysans sans terre 99. Les paysans sans terre constituent 11,5% des ménages rwandais, d après l EICV ( ), avec les provinces de Cyangugu (13%), Kigali Ngali (7,8%) et Gisenyi (7,2%) en tête de liste L EICV a dégagé que les ménages agricoles sans terre, qui louent les terres, ont souvent des terres de mauvaise qualité, et que ces ménages sont pauvres et sans moyens financiers pour acheter des intrants agricoles permettant une production suffisante pour nourrir la famille. Ces ménages dépendent essentiellement de la production pour leur survie et ils n ont pas d autres sources de revenus (activités extra- agricoles) Ainsi un choc éventuel sur leur production (même seulement climatique) les met rapidement dans une situation d insécurité alimentaire Par ailleurs, il a été vu que les ouvriers agricoles passent alternativement par des périodes de suractivité, avec un emploi du temps trop surchargé (par exemple au moment de la récolte du thé), et des périodes de chômage prolongé. Ces ménages n ont pas d épargne Par ailleurs, les emplois non agricoles sont très peu développés dans le milieu rural, ce qui provient notamment de la faible qualification de la population, surtout en matière de métiers, ce qui ne favorise pas les emplois La jeunesse et son avenir dans le secteur agricole 104. Même si les données sur la jeunesse rurale font défaut, il y des indications qui font état de désoeuvrement et d un chômage montant au sein de cette catégorie, notamment les groupements inoccupés au bord des routes ou dans de petites agglomérations, le taux de déperdition scolaire relativement élevé et l exode rural Par ailleurs, en plus de jeunes orphelins de la guerre ou du SIDA qui se sont retrouvés du jour au lendemain chefs de ménages, beaucoup de jeunes du milieu rural sont appelés à reprendre les exploitations agricoles de leurs parents sans nécessairement avoir été spécialement préparés pour cela. Une action synchronisée de formation professionnelle devra identifier ce qui est faisable en vue de préparer les jeunes à une nouvelle forme d agriculture et à embrasser d autres opportunités d affaires. C est déjà une proposition IV. ANALYSES SOUS SECTORIELLES 4.1. Gestion des ressources naturelles et conservation des eaux et des sols Situation du sous secteur de la gestion des ressources naturelles 106. Le paysage agricole rwandais est confronté à un épineux problème de faible disponibilité de terres cultivables et l exiguïté du territoire national ( km2) n offre guerre beaucoup d alternatives quant à l augmentation des aires cultivables. La superficie cultivable est estimée à 1.4 millions de hectares, soit 52% de la superficie totale du pays Les exploitations agricoles se caractérisent par leur petite taille et par le fait que les cultures occupent souvent des pentes allant jusqu à plus de 80%. Les zones les plus marginales, de part leur forte 22

23 pente ou leur faible fertilité, sont occupées par des cultures moins exigeantes, généralement par le manioc Alors qu il est généralement admis que pour des pentes dépassant 5% des aménagements antiérosifs d importance graduelle en fonction de la déclivité doivent être installés, la majorité des terres cultivées ont des pentes plus élevées et ne respectent pas les normes préconisées en matière de lutte anti érosive. 109., On estime que 23.4% des terres du pays ne présentent que peu ou pas de risques d érosion, que 37.5% nécessitent des aménagements avant la mise sous culture, tandis que 39.1% présentent un niveau élevé de risque d érosion Il est établi qu au Rwanda, les pertes en terres sont considérables. Elles sont estimées à 14 Millions de tonnes par an. Celles-ci correspondent à une diminution de la capacité du pays de nourrir personnes par an. Ces pertes de la couche arable des sols entraînent des pertes annuelles totales de matières organiques ( tonnes), d azote ( tonnes), de phosphore (280 tonnes) et de potasse (3.055 tonnes). Elles peuvent atteindre à certains endroits 557 tonnes/ha. Ces pertes concernent toutes les cultures. Les pertes et la charge solide des sédiments transportés dans la rivière Nyabarongo oscillent entre 51kg/seconde à Nyabarongo Kigali ; 44 kg/ seconde à Nyabarongo-Kanzenze ; et 26 kg/ seconde dans l Akagera-Rusumo Le climat est capricieux et agressif. D un côté, il est caractérisé par de fortes précipitations dans les régions montagneuses entraînant ainsi une forte dégradation des sols par l érosion. De l autre côté, certaines régions connaissent des déficits de pluviosité, les régions de basse altitude : l Imbo, le Bugesera, le Mayaga et le Mutara Au niveau des terres de marais et de bas-fonds inondables, sur hectares inventoriés, seuls hectares sont exploités (soit 57% de la superficie totale). Seulement hectares environ sont aménagés et équipés pour la maîtrise de l eau. Ceci permet leur exploitation toute l année. Les autres hectares exploités sont aménagés sommairement, sans études techniques préalables, par les paysans groupés en associations ou par des groupements coopératifs et appuyés par les organisations non gouvernementales locales et/ou étrangères. De tels types d aménagements risquent de porter préjudice à l harmonie et à l équilibre écologique des écosystèmes fragiles de ces aires Les autres problèmes qu on peut relever de façon générale en matière de gestion de l eau et des sols au Rwanda sont liés aux facteurs suivants: Le fumier reste très insuffisant; même si plus de 50% pratiquent au moins un type d élevage, d une part l effectif moyen par agriculteur est souvent faible et d autre part rares sont les éleveurs qui pratiquent la stabulation permanente ; L agroforesterie est très peu développée ce qui probablement explique le manque de bois de chauffe et entraîne l utilisation des résidus de culture à des fins ménagères ; Les actions de LAE sont en cours mais restent insuffisantes; elles sont peu diversifiées et ne sont ni maîtrisées ni étendues à toutes les zones à protéger ; la LAE n est pas encore perçue comme un des paramètres d intensification de la production, Contraintes 114. La première contrainte d une bonne gestion des eaux et des sols tient à la forte pression démographique. Celle-ci entraîne : la diminution rapide de la taille de l exploitation ; la disparition de la jachère dans les systèmes d exploitation ; la surexploitation des terres souvent sans restitution organominérale ; la mise sous culture de terres à pentes excessivement élevées sans mesures de lutte antiérosive La seconde contrainte est liée à la qualité des sols et le degré avancé de leur dégradation. Les sols rwandais sont très pauvres en matière organique. Ils ont en général un faible potentiel de fertilité excepté les bas fonds et les sols volcaniques. Certains versants sont déjà complètement dégradés par l érosion et aucune production n y est possible sans une action de restauration de la fertilité. L agroforesterie est très peu développée alors qu elle peut être adaptée à toutes les zones et à toute classe de pente et jouer un rôle multiple en conservation des sols et en production de la biomasse. 23

24 116. La troisième contrainte réside dans le maintien des techniques culturales inappropriées et le faible intérêt de l agriculteur vis-à-vis des méthodes préconisées Le quatrième type de contraintes est lié aux aspects institutionnels. Le service chargé de la CES est peu efficace. Très peu de marais sont entièrement aménagés et dotés d infrastructures de maîtrise de l eau. La loi sur la CES n a jamais été appliquée. Les résultats de recherche sont maigres. L irrigation collinaire est inconnue au Rwanda Potentialités 118. Les potentialités sont liées à un certain nombre de facteurs favorables: une grande variabilité agroécologique ; l existence de ha de marais, dont ha peuvent être aménagés et faire l objet d une intensification agricole ; les ressources en eau sont abondantes peuvent être utilisées en irrigation collinaire ; la pluviomètre est relativement abondante Productions et filières végétales Situation du sous secteur des productions et filières végétales 119. Les principales productions végétales au Rwanda sont regroupées en trois catégories : les cultures vivrières (légumineuses, céréales, tubercules et racines, bananes) ; et les cultures traditionnelles de rente (café, thé, pyrèthre) et les nouvelles cultures de rente ou d exportation (fruits et légumes, fleurs, épices etc.) Les cultures vivrières occupent 92% des superficies cultivées, tandis que le café et le thé occupent respectivement 6,3 et 1,6 % des superficies cultivées. La moyenne des superficies cultivées sur la période est de ha 40. Ces superficies se décomposent en 18% pour les céréales, 26% pour les légumineuses, 26% pour la banane, 28% pour les tubercules et les racines 41. En 2002, les superficies cultivées représentaient 74% des terres disponibles, alors que les jachères/pâturages, boisements et autres usages représentaient respectivement 14%, 7% et 5% 42. La typologie des exploitations agricoles révèle que 17% des exploitations ont moins de 0,25 ha ; 26% entre 0,25 ha-0,5 ha ; 29% entre 0,5 ha- 1 ha et 28% ont plus de 1ha Au niveau de la production des céréales, les filières Maïs et Riz méritent une attention particulière La filière maïs est en pleine réorganisation et connaîtra une mutation profonde, grâce notamment à l implication du secteur privé dans la production, la transformation et la commercialisation du maïs. Ceci est illustré par le cas de la Société MINIMEX qui a commencé l installation d une usine de transformation de maïs d une capacité de 300t/jour en phase de croisière, soit une capacité de T/j à raison de 200j de travail par an. Ceci équivaut à 75 % de la production nationale actuelle et un partenariat avec les organisations de producteurs est déjà en place pour produire la matière première. La culture du maïs possède l avantage d être pratiquée dans toutes les zones agro écologiques du Pays avec un plus grand potentiel dans les provinces Ruhengeri, Gisenyi et dans les marais aménagés. Le maïs a un grand potentiel d intensification et une bonne réponse aux engrais Le Riz est une céréale dont l importance est grandissante au Rwanda et l année 2004 lui a été consacrée au niveau mondial. En 2003, le riz était cultivé sur ha avec une production de kg de riz paddy équivalent à kg de riz usiné 44. La production du riz est faite dans des périmètres rizicoles situés dans les Provinces de Cyangugu, Butare, Gitarama, Kigali Ngali, Umutara et Kibungo. L Etude du Schéma Directeur d utilisation des marais a permis d identifier ha de marais qui peuvent être utilisés pour la production du Riz. La production nationale couvrait 28% des besoins en riz en 2001, 50% des besoins en 2002 et 60% des besoins en L importation de riz coûte au Rwanda une moyenne de 3.5 milliards de Frw par an qui peuvent ainsi être économisés si la capacité de production nationale est accrue. Le MINAGRI prévoit à cet effet d augmenter les superficies aménagées en rizières de façon à atteindre une superficie totale de ha en 2009 et les aménagements seront financés 40 MINAGRI/FSRP : Statistiques agricoles Politique Nationale Agricole, Mai MINAGRI/FSRP : Statistiques agricoles Minecofin, Indicateurs de Développement Economique, MINAGRI, Point focal Riz 24

25 par le Projet d appui au Secteur Rural. Les recherches de l ISAR ont montré des résultats en milieu contrôlé allant jusqu à 10 t /ha contre une moyenne de 5t/ha sur les parcelles des producteurs Les cultures traditionnelles de rente (café, thé, pyrèthre) ont une importance particulière tant au niveau national (volume des exportations, apports en devises) qu au niveau des producteurs (revenu monétaire) La culture du café est pratiquée par producteurs dans 60 Districts qui ont été identifiés comme les plus propices à la culture dans le cadre de la régionalisation et de l intensification de cette culture. Le nombre de pieds de caféiers dans cette zone est évalué à quelques 70 millions. Le nombre des associations travaillant avec l OCIR Café est de 80. Au cours de la période , la valeur des exportations du café est de 19 millions USD en moyenne par an soit environ 28% des recettes d exportation. La production de café a augmenté jusque au milieu des années 1980 avec un maximum de t enregistré en La production a par la suite continué à chuter jusqu en 1998 et a commencé à amorcer une reprise en Le niveau de production enregistré jusqu au 01/09/2004 est de t de café vert. En vue d améliorer la qualité du café qui s est beaucoup détériorée (48% café standard en 1986 contre 2,4% en 1995), le Gouvernement a entrepris un programme de promotion des stations de lavages (13 en 2003, le nombre attendu est de 20 en 2004). La production de café fully washed atteint déjà 700 t en 2004 et celle de café standard 35 % de la production nationale Le thé constitue la seconde culture traditionnelle d exportation. La production de thé est faite sur ha dans des blocs industriels et des plantations villageoises. Elle est traitée dans 10 usines à thé: Mulindi, Pfunda, Rubaya, Nyabihu, Mata, Kitabi, Gisovu, Shagasha, Gisakura et dans l usine privée de la SORWATHE En 2002, le thé était la source principale des recettes d exportation (USD 27 millions soit 39% des recettes d exportation). Le prix sur le marché mondial fluctue énormément ; il est passé de 0.70 cents le kg en 1995 à 1.40 USD le kg en 2001et 1,76 USD actuellement (2004). La production varie entre 13,000 tonnes et 17,000 tonnes dans les conditions normales et les recettes se situent autour de 20 millions à 27 millions USD Suite à la mise en œuvre récente de la différenciation du prix de la feuille verte en fonction de la qualité (bonus de 2frw/ kg de feuille verte pour une qualité supérieure à 70% de bonnes feuilles), et à l amélioration des conditions de transport du thé lors de l exportation, l OCIR thé a enregistré une augmentation considérable de la qualité du thé rwandais qui est actuellement côté premier à Mombasa Les perspectives de développement de la culture du thé sont basées sur le programme de privatisation de 8 usines de l OCIR Thé d ici La culture du Pyrèthre représente une grande opportunité pour l économie nationale depuis la privatisation de l usine de traitement au profit de SOPYRWA en La production de fleurs fraîches atteint t /an et le revenu pour les planteurs est de l ordre de 200 millions de Frw/an ainsi que des recettes d exportation de US $ 2,7 millions par saison. Avec la mise en service en octobre 2004 de la raffinerie d une capacité de 500 kg/j, se crée une nouvelle opportunité qui permettra d approvisionner le marché de la sous région L utilisation d engrais. L agriculture rwandaise est caractérisée par un très faible niveau d utilisation des intrants, surtout les engrais minéraux. La consommation nationale d engrais par hectare cultivé est généralement estimée à moins de 4 kg. Ceci contraste nettement avec les moyennes (allant de 9 à 11kg/ha au cours de la dernière décennie) pour l Afrique subsaharienne en général, qui continue de connaître la plus faible consommation d engrais par rapport à toute autre région dans le monde 45. L analyse des tendances des 10 dernières années montre que les quantités d engrais importés ont rarement dépassé les tonnes par an. L importation des engrais a été libéralisée en 1999, et des compagnies privées ont commencé à s intéresser à ce secteur. Le Gouvernement a, dans ce cadre pris des mesures destinées à favoriser l implication du secteur privé en supprimant les distributions gratuites d engrais ainsi que l ICHA et les droits d entrée (Mai 2000) Le Gouvernement a également mis en place,sur financement de la Banque Mondiale, une ligne de crédit pour l importation des engrais à des taux d intérêts subsidiés ( 9% au lieu de 16%) dans le cadre du 45 Document de l atelier sur les politiques d utilisation, de commercialisation des engrais, Février

26 Projet de Développement des Marchés agricoles et Ruraux. Selon le rapport d achèvement du Projet du 28 juin 2004, un montant de US $1,28 millions a été utilisé (et totalement remboursé) à titre de crédit via les banques commerciales, soit 64% du montant total qui avait été budgétisé Parmi les facteurs limitant l utilisation des engrais nous pouvons citer ; (i) le manque de connaissances sur l utilisation des engrais ; (ii) le coût élevé des engrais ; (iii) l offre inadéquate et une demande difficile à évaluer (iv) et le manque de crédits pour acheter les engrais Les mesures préconisées en vue de traduire le potentiel d utilisation des engrais en demande effective sont (i) l augmentation du taux d adoption des engrais en améliorant la recherche/développement et la vulgarisation ; (ii) l amélioration des connaissances des agriculteurs sur le potentiel des engrais et la façon de les utiliser et (iii) l amélioration de l offre afin que les engrais soient disponibles en tout temps là où les producteurs en ont besoin Pour ce qui est de l organisation des producteurs, il y a lieu de souligner l existence à tous les niveaux d une multitude d associations, groupements, inter groupements et coopératives qui interviennent à différentes étapes des filières agricoles. La plupart des associations et inter groupements s occupent des productions vivrières et maraîchères, mais on assiste depuis quelques années à la structuration des associations de théiculteurs et des caféiculteurs. Les associations des théiculteurs sont regroupées au niveau national dans la Fédération Rwandaise des Associations de Théiculteurs (FERWATHE). Les différentes coopératives rizicoles sont quant à elles regroupées au niveau national dans l Union des Coopératives Rizicoles du Rwanda appelée UCORIRWA 136. Les agriculteurs éleveurs du Rwanda sont par ailleurs regroupés depuis 1989 dans le Syndicat IMBARAGA qui regroupait membres en 2003 provenant des Provinces Butare, Byumba,Cyangugu, Gikongoro, Gisenyi et Ruhengeri. L ambition de ce syndicat est d être présent dans toutes les provinces du Pays. Il s agit d une organisation paysanne qui s est engagé à défendre les droits des paysans et à leur fournir des services. L une des réalisations qui doit être encore soutenue est l organisation des producteurs en fédérations selon les filières 137. Les problèmes majeurs auxquels sont confrontés les organisations des producteurs sont (i) le faible niveau d organisation et de participation des membres, (ii) les capacités faibles surtout en matière de planification,de gestion et de négociation, (iii) le manque de ressources humaines, matérielles et financières La Politique agricole nationale met un accent particulier sur l existence d une volonté politique ferme de restaurer la recherche et de restructurer l Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda (ISAR). Elle souligne aussi le défi important à lever concernant la traduction et la transmission des résultats de la recherche aux bénéficiaires. La nouvelle mission de l ISAR définie dans le Plan stratégique publié en 2002 veut impliquer de façon plus engagée les communautés rurales bénéficiaires et les autres partenaires dans la dissémination des innovations adaptées, afin de promouvoir des niveaux élevés de productivité d une agriculture orientée vers le marché, qui contribue à l ultime but d améliorer le revenu de la population, la sécurité alimentaire tout en préservant l environnement. Il s agit en définitive d évoluer rapidement vers un système de recherche basé sur la demande Pour ce qui est de la Vulgarisation, la Politique Nationale Agricole met l accent sur la nécessité de généraliser l approche participative en vue de permettre à tous les acteurs concernés d être associés à l identification des besoins et des thèmes de vulgarisation. Cette orientation stratégique représente une bonne innovation en terme d approche car elle intervient dans un contexte général favorable qui a été induit par l adoption par le Gouvernement rwandais du programme de bonne gouvernance, mettant l accent sur des concepts de participation et de responsabilisation de la population La vulgarisation agricole a été pendant longtemps considérée comme une responsabilité première des services publics. Elle a été dans l ensemble caractérisée par des approches dirigistes et administratives, avec peu d impact en ce qui concerne l adoption des technologies vulgarisées et la transformation de l agriculture Mais on assiste depuis quelques années à des changements d approche qui sont autant de signes positifs indiquant une réelle volonté de changement : Il s agit tout d abord de la prise en charge de certaines aspects de la vulgarisation par les organisations de producteurs. Ceci est le cas dans certains périmètres rizicoles et les plantations de thé où les associations de producteurs prennent en charge les 26

27 agents de vulgarisation. C est aussi le cas du syndicat IMBARAGA qui a déjà lancé un programme de formation des paysans qui servent de relais pour la vulgarisation. Cette appropriation de la vulgarisation par les associations de producteurs est source d efficacité et de durabilité. Elle doit être appuyée On note également l implication grandissante du secteur privé dans la production agricole (riz, café, thé, maïs, nouvelles cultures d exportation) et son partenariat avec les services publics et les organisations des producteurs dans la promotion des filières orientées vers le marché, la diffusion des intrants et des techniques modernes de production. Ce partenariat constitue une opportunité pour le développement agricole et doit être soutenu Contraintes 143. Les principales contraintes qui freinent le développement de la production des cultures vivrières peuvent être regroupées dans différentes catégories. (i) Les contraintes liées aux systèmes de production sont en rapport avec la prédominance de l agriculture de subsistance avec une faible intégration au marché ; morcellement extrême des terres ; surexploitation sans restitution des éléments exportés par les cultures ou lessivés suite à l érosion ; rendements des cultures très bas par rapport à leur potentiel suite à la faible utilisation du fumier, des engrais minéraux et autres intrants ; faible capacité en matière de protection des végétaux. (ii) Les contraintes liés aux services d appui s observent aux niveaux du faible taux d utilisation des engrais minéraux suite à la méconnaissance de leur effet par la plupart des producteurs et leur faible disponibilité (circuits de distribution) et de la faible accessibilité (pouvoir d achat) ; la production et la commercialisation des semences améliorées qui ne répondent pas à la demande ; un système de commercialisation des engrais minéraux mal organisé, avec une faible prise en charge par les privés et les organisations des producteurs ; l inadéquation entre recherche et la vulgarisation entraînant peu de transfert de technologie chez les producteurs. (iii) Les contraintes liées au marché sont notamment le fait que les productions sont à faible valeur ajoutée suite à l insuffisance des ressources, des infrastructures et de technologies de transformation, de conservation et de conditionnement ; des techniques culturales qui ne garantissent pas la qualité et la sécurité des produits alimentaires;( food quality and safety); faibles capacités commerciales des organisations des producteurs, etc Parmi les contraintes qui sont à la base de la baisse de la production de café, on relève la réduction de la productivité, une grande proportion de caféiers en âge d être régénérés, le faible potentiel productif des variétés traditionnellement cultivées, l inefficacité de la vulgarisation, la faible capacité des associations de producteurs, la baisse des cours du café sur le marché international et la démotivation des producteurs La baisse de la qualité est quant à elle due à l absence de stations de lavage et d un système efficace de contrôle de la qualité, au mauvais état des plantations de caféiers, la non différenciation des prix en fonction de la qualité, et la compétition excessive des usiniers et exportateurs qui ne favorise pas la qualité Parmi les principales contraintes au développement de la culture du thé, se retrouvent: (i) la faible capacité des organisations des théiculteurs ; (ii) le faible rendement en feuille verte surtout dans les plantations villageoises (7t/ha en moyenne pour l OCIR thé contre 15 t/ha à la SORWATHE) ; (iii) ainsi que les coûts élevés de l énergie et de transport pour l exportation Opportunités 147. Malgré les multiples contraintes qui limitent son développement, le sous secteur des productions végétales bénéficie d un certain nombre d opportunités qui sont autant de facteurs permettant d envisager l avenir avec optimisme. Il s agit entre autres : (i) de la volonté politique visant la modernisation et la transformation du secteur agricole qui est clairement exprimée dans la Vision 2020, le Programme de Réduction de la Pauvreté, la Politique Agricole Nationale; ( ii) le leadership du MINAGRI qui repose sur un personnel qualifié et engagé; (iii) les perspectives accrues d implication des investisseurs privés dans la production agricole et dans l agribusiness; (iv) une dynamique d auto-organisation des producteurs et leur volonté de prendre en charge le développement des filières agricoles ; (v) la nouvelle politique foncière et la future loi foncière qui prévoient de limiter le morcellement des terres et encouragent le remembrement en vue d une meilleure utilisation de la ressource terre ; (vi) la mise en place prochaine d instruments de promotion ( Fonds de Garantie et de Crédit Agricole) ainsi que les perspectives intéressantes de la recherche (riz, maïs, blé, thé, café, cultures in vitro etc). 27

28 4.3. Productions et filières animales Situation du sous secteur des productions animales 148. Le secteur de l élevage contribue environ 8.8% du PIB. Les principales espèces animales élevées au Rwanda sont les bovins ( animaux), les chèvres ( ), les moutons ( ), les porcs ( ), les volailles ( ) et les lapins ( ) Les trois provinces qui possèdent le plus grand nombre de bétail bovin sont l Umutara, Gitarama et Kigali. La première province est caractérisée par un élevage de type extensif alors que les deux autres sont s plutôt orientées vers l élevage laitier. L élevage caprin est plus répandu dans les provinces de Kigali, Byumba et Kibuye. L élevage porcin domine dans les provinces de Kibongoro, Gitarama et Butare. L aviculture est plus répandue dans les provinces de Kibongo, Byumba et Gitarama Les systèmes de production sont essentiellement de type traditionnel, très peu de techniques améliorées sont utilisées. La production intensive liée à l élevage laitier avec des actions d amélioration génétique est surtout développée autour de la ville de Kigali ainsi que dans la zone de Gishtawi où des progrès notables ont été réalisés en termes d amélioration génétique Les productions animales annuelles sont estimées à litres de lait, tonnes de viande, tonnes d œufs ; tonnes de poissons et tonnes de peaux. Ces productions ne parviennent pas à couvrir les besoins de la population. La consommation au Rwanda est de 12 litres de lait et de 4.8 kgs de viande par personne par an, alors que les normes recommandées par la FAO sont respectivement de 220 litres et de 50 kgs par personne et par an Contraintes du sous secteur élevage 152. Les contraintes majeures au développement de l élevage au Rwanda sont nombreuses. (i) Une alimentation animale déficiente tant en quantité qu en qualité. Cette situation découle de l étroitesse et de la pauvreté des pâturages, d une disponibilité limitée d eau, d une mauvaise qualité des aliments commerciaux, et d un usage limité des sous-produits agricoles. (ii) Des maladies animales, notamment des maladies épidémiques qui affectent régulièrement les animaux. (iii) Des animaux à faible performance. Le cheptel est constitué essentiellement de races locales à faible productivité. (iv) Peu de diversification de l élevage : l élevage est essentiellement tourné vers le bovin qui a un long cycle de reproduction et n est pas à la portée de beaucoup d agri-éleveurs. (v) Une législation vétérinaire inappropriée : les lois sur la santé animale sont obsolètes tandis qu il n existe pas des lois sur différents autres aspects tels que l hygiène et le contrôle de la qualité et la profession vétérinaire. (vi) La faiblesse des services vétérinaires qui disposent de peu de cadres et des moyens pour répondre aux sollicitations des éleveurs. (vii) Un faible niveau d investissement dans l élevage qui résulte dans l absence d infrastructures, notamment pour la transformation des produits animaux. (viii) L inaccessibilité des crédits aux petits éleveurs limitant ainsi leur possibilité d adopter les technologies modernes d élevage. (ix) La faiblesse des organisations des fermiers. Le peu d organisations de fermiers disposent de faibles moyens tant humains que matériels. (x) Peu de liens entre la recherche et la vulgarisation auprès du fermier. La plupart des recherches se font essentiellement dans les stations de recherche sans qu on en voit l impact sur le fermier Potentialités 153. Il se présente actuellement un certain nombre d opportunités qui pourraient contribuer au développement de l élevage. (i) Tout d abord une demande importante de la part des producteurs qui s explique par des traditions anciennes d élevage et du besoin de repeuplement du bétail décimé lors de la guerre, et une forte propension des éleveurs pour appliquer les actions d amélioration génétique y compris les techniques modernes d insémination artificielle, (ii) La politique de décentralisation permettra d amener les services à proximité de la population, notamment au niveau du secteur qui va constituer la base du développement. Les services vétérinaires devraient s insérer dans cette logique particulièrement au niveau des secteurs administratifs où l élevage constitue une activité économique majeure. (iii) La loi foncière en voie d adoption va permettre aux fermiers de disposer d une plus grande sécurité foncière sur leur propriété sur laquelle il sera plus aisé d investir. (vi) Des projets de révision de la loi sur la santé animale et la proposition de nouvelles lois pour couvrir les aspects qui n apparaissent pas. Cette législation va permettre à la profession vétérinaire d être mieux organisée et d apporter une meilleure 28

29 contribution au sous-secteur. (v) Le renforcement de la profession vétérinaire à travers notamment le projet de loi pour l organisation de la profession vétérinaire afin qu elle joue un rôle plus marqué dans le développement de l élevage. (vi) L existence des facilités de financement des fermiers modernes à travers des institutions telle que la Banque Rwandaise de Développement (BRD)et des projets comme le PADEBL, essentiellement pour l importation des races améliorées. (vii) l instauration prochainement d un Fonds de Garantie et de Crédit Agricole Organisations paysannes et services aux producteurs 154. Les organisations de base des producteurs (Urugaga Imbaraga et associations des éleveurs du Rwanda) contribuent par la vulgarisation au renforcement des structures de production et de commercialisation, quoique encore très timidement. Le personnel des services agricoles devrait donner davantage la priorité à l appui aux collectivités décentralisées (à travers les CDC) et aux associations d agriculteurs et éleveurs et assurer un suivi des actions et des projets les concernant. Il doit les assister dans la préparation et la négociation de leurs projets et de leurs plans locaux de développement. La formation des animateurs des ONG et des organisations paysannes est capitale pour l avenir Agribusiness, promotion des filières, compétitivité, transformation et accès aux marchés Situation dans le domaine de l agribusiness et de la promotion des filières 155. L agribusiness est un concept nouveau dans les pays en développement qui vise l intégration du développement du secteur agricole dans une approche de marché où la demande conditionne la productivité et la compétitivité du secteur agricole. Au lieu de concentrer les efforts d investissements uniquement sur l offre alimentaire, le débat actuel met l accent sur les préoccupations de connaissance et de maîtrise des marchés Ainsi, l agri business englobe tous les facteurs de promotion des marchés agricoles pour stimuler la production destinée à répondre à la demande des consommateurs. Il concerne en particulier le secteur agro-alimentaire dans le sens large (collecte, transformation, conservation, conditionnement et marketing des produits d origine agricole) et le secteur des intrants agricoles Le Gouvernement rwandais s est engagé à promouvoir l agribusiness à travers (i) le développement des filières, (ii) la transformation et la compétitivité des produits agricoles pour faciliter l accès aux marchés L'agriculture rwandaise est peu intégrée aux marchés. Comme déjà souligné dans les parties relatives aux productions végétales et animales, les activités de soutien à la production souffrent de nombreuses défaillances tant en amont (services de proximité tels que approvisionnement en intrants, crédit, organisation et encadrement du monde rural) qu'en aval (commercialisation, conservation et transformation des produits) L approche filière constitue un des axes essentiels de la méthodologie d intervention du Gouvernement et s appuiera sur le renforcement de la professionnalisation, la spécialisation et la régionalisation de l agriculture. La recherche constitue un appui important car elle doit intervenir à tous les maillons de la filière. La promotion des produits d exportation ainsi que l implication accrue du secteur privé revêtent une importance particulière La compétitivité et l intégration des denrées agricoles et alimentaires sur les marchés domestiques et extérieurs sont de plus en plus déterminés par la capacité des pays producteurs à satisfaire les exigences des consommateurs pour la qualité et la fiabilité des aliments produits ou transformés. Si l agriculture Rwandaise n atteint pas rapidement les normes de qualité et de fiabilité exigées internationalement pour les aliments produits ou transformés localement, il ne pourra pas profiter des opportunités offertes par la globalisation. Or, la croissance rapide de l agriculture projetée pour réduire la pauvreté dépend dans une large mesure de la modernisation et la professionnalisation de l agriculture rwandaise et son intégration rapide dans le marché mondial Sur le plan interne, le manque de qualité et de fiabilité des aliments a des conséquences graves sur le développement des maladies et la malnutrition, en particulier pour les enfants en bas âge. Ceci entrave la réalisation des objectifs de sécurité alimentaire et des programmes nutritionnels. 29

30 162. Le Rwanda recourt d une part, aux importations alimentaires pour répondre aux besoins de sécurité alimentaire et d autre part, ces importations étant de moindre qualité, elles risquent de compromettre encore la situation nutritionnelle et d entrer en compétition déloyale avec les productions domestiques En visant la qualité, la quantité et la valorisation des produits agricoles, on peut rapidement assurer une croissance rapide à travers le développement du marché intérieur et extérieur Il y a trois conditions pour une croissance rapide de l agriculture : (i) les changements technologiques qui permettent d augmenter la production animale et végétale par l application des techniques modernes; (ii) les coûts de transaction non élevés résultant du bon état des routes, des télécommunications, et du développement des marchés ; (iii) les produits d exportation qui permettent à la production d augmenter plus rapidement que la demande interne Contraintes du domaine agribusiness et promotion des filières 165. Il subsiste des contraintes ci après qu il faut lever: L agriculture rwandaise n est pas encore orientée vers le marché, Les niveaux de productions et de productivité sont encore bas, Les acteurs des filières ne sont pas organisés en interprofessions, L enclavement du Rwanda fait que le prix du transport à l exportation est élevé (entre Kigali, Mombassa et Dar es Salaam, le coût du transport varie par exemple entre $ 3000 et US $ 4000 par container de 40 pieds), Manque de chaîne de froid, Le nombre limité de cargo qui fait que certains produits doivent passer 5 jours dans des lieux de conservation et ceci a un impact négatif sur la qualité des produits si l on sait qu il y a des produits qui doivent être livrés sur le marché endéans 24 heures. La non disponibilité de matériel végétal de base en quantité et qualité, L insuffisance des technologies appropriées et des infrastructures de transformation et de valorisation des produits agricoles, Des techniques de productions et des produits qui ne remplissent pas les normes de standards exigés pour le marché à l exportation qui est de ce fait limité par l existence de barrières non tarifaires. Un faible niveau de technicité de la plupart des producteurs et acteurs des filières agricoles. Le manque d entrepreneurs disposant de capacités financières et de détermination pour réaliser les projets d agribusiness Potentialités du domaine agribusiness et promotion des filières 166. En dépit de ces contraintes, il existe des opportunités de développement s il était mis en oeuvre des stratégies sous sectorielles intégrées visant une croissance rapide et une meilleure allocation et une gestion appropriée des ressources existantes. Une étude de faisabilité de l appui financier à la diversification des exportations agricoles financée par l Union Européenne en 2003, a permis d identifier 40 produits représentant un potentiel de développement dont 8 ont fait l objet d analyse détaillée. Il s agit de l avocat, du ricin, de la groseille du cap, du piment, de la banane frecinnette, du miel et de ses dérivés, du Gloriosa superba, et des plantes médicinales. L analyse a montré que ces produits peuvent d une part être cultivés avec profit pour les producteurs et d autre part exportés avec bénéfice vers l Europe en utilisant selon le cas la voie aérienne ou maritime, à l exception de la banane à cause des faibles cours à Bruxelles Parmi les autres opportunités, on peut citer : La priorité accordée par le Gouvernement Rwandais au développement de l agriculture telle qu exprimée dans le plan national de développement agricole et dans la stratégie de réduction de la pauvreté ; La création par le gouvernement d un environnement favorable à la compétitivité à travers un cadre légal et réglementaire qui favorise le développement du secteur privé, la libéralisation de l économie, l amélioration du système de taxation, la privatisation des entreprises publiques 30

31 notamment celles qui s occupent de l eau, de l énergie, des télécommunications et la privatisation des unités agricoles (thé, café, pyrèthre); Une forte volonté du gouvernement de promouvoir le partenariat entre le secteur public et le secteur privé en particulier pour la promotion des exportations; Les efforts du Gouvernement pour conquérir les marchés extérieurs pour l agri business ; Un soutien des bailleurs de fonds pour le développement de l agriculture en tant que moteur de croissance pour la réduction de la pauvreté; Les conditions climatiques favorables à l intensification et à la diversification des produits agricoles; Une conscience de plus en plus grande pour la recherche de la qualité des cultures d exportation traditionnelles et non traditionnelles ; L émergence de l intérêt pour l agri business par des associations, des coopératives ou des investisseurs privés; L existence d une main d œuvre abondante et jeune Infrastructures d appui 168. Le développement et la modernisation de l agriculture rwandaise se heurtent au problème de manque d infrastructures d appui à la production, à la transformation et à la commercialisation Pourtant ces infrastructures ont une incidence considérable dans la création d emploi non agricole à travers les travaux à haute intensité de main d œuvre,les industries agricoles, les services de commercialisation et de distribution et d autres emplois connexes générés par le développement de l agri business et la promotion de fermes modernes ; 170. L analyse de la situation actuelle a dégagé les contraintes variables en fonction des sous secteurs Dans le domaine des infrastructures d appui à l élevage les contraintes relevées sont décrites cidessous : Dans l ensemble, les points d abreuvement sont insuffisants par rapport au cheptel. Dans la province d Umutara, principale zone d élevage, on n en trouve que 57. Le problème est encore plus grave dans certaines régions du pays très vulnérables à la sécheresse comme Bugesera et Gako. Il existe seulement deux grands abattoirs au niveau de Kigali : SABAN à Nyabugogo, SATRA à Kicukiro. Au niveau de chaque province et de certains districts, il y a des tueries mais les conditions d hygiène requises ne sont pas remplies en plus du mauvais état des infrastructures d abattage en général. De plus, les impacts environnementaux ne sont pas tenus en compte. Les services para vétérinaires tels que les dispensaires vétérinaires et les pharmacies vétérinaires sont insuffisants. Ceci fait que les petits et moyens éleveurs qui ne peuvent pas s offrir des services spécialisés quand leurs animaux sont malades, ont des problèmes. Les autres infrastructures (postes de quarantaine, laboratoires vétérinaires, couloirs d aspersion) sont insuffisantes. Les laiteries existantes dont la production annuelle est de t ne représentent que 39% des besoins et sont donc insuffisantes. Les seules laiteries disponibles sont : Nyabisindu, Inyange, Rubilizi, Gishwati et Nyagatare. Les laiteries de Gishwati et Nyagatare n ont pas été réhabilitées et ne sont pas fonctionnelles. Le lait se heurte à l absence d un réseau de collecte bien structuré. Il s agit d une contrainte majeure pour le développement de la filière laitière, puisqu elle handicape l écoulement de la production locale, et partant, n encourage pas l intensification. Ce problème compromet sérieusement la fiabilité de la qualité du lait et la santé des consommateurs en particulier des enfants en bas âge Le domaine des infrastructures d appui à la transformation, d emballage, de stockage de produits agricoles, connaît de nombreuses contraintes. En dehors des productions traditionnelles d exportation : café, thé et pyrèthre pour lesquelles il existe des unités agro-industrielles, souvent vieilles et en nombre insuffisant, les programmes de rééquipement manquent. Le secteur oléagineux avait une unité de trituration d arachides mais elle ne fonctionne plus. Le programme de sécurité alimentaire de l Union Européenne a tenté de mettre en place de petits moulins et des extracteurs d huile pour la transformation des graines d oléagineux dans les différentes régions du pays, mais cette contribution est restée marginale. 31

32 Le plus grand problème pour inciter les entrepreneurs dans l agro-industriel est l absence d une chaîne de froid entre les sites de production et de transformation, d emballage ou d expédition pour l exportation. Ainsi, les centre de transit MAGERWA à Kigali dispose seulement de deux containers de refroidissement de 20 pieds à l aéroport de Kigali avec capacité de 18m 3 ou 10 tonnes.l un peut refroidir de 0 à 20 C, l autre de 20 C. Les camions frigorifiques ne sont presque pas connus au Rwanda alors qu ils sont indispensables pour améliorer les conditions de transport des produits alimentaires ou des fleurs pour exportation. Les besoins des petites et moyennes entreprises pour l exportation ont été identifiés, mais la faiblesse des volumes exportés, le coût élevé et l irrégularité du transport aérien sont des contraintes majeures Dans le domaine des infrastructures de transport, les contraintes relevées sont les suivantes : Le réseau routier principal, généralement en terre est long de 1023 km dont 229 km en bon état (22%), 440 km en état acceptable (43%), 241 km en mauvais état (24%) et 113 km en très mauvais état (11%) L état des routes dans les zones rurales est médiocre. Ceci rend le marketing des produits agricoles difficile et cher. Le transport des biens et des passagers est fait par de petites entreprises plus ou moins qualifiées, mais elles sont plutôt rares dans les zones rurales éloignées des centres urbains. La connexion terrestre avec les pays voisins et les ports maritimes se heurte au coût du transport routier élevé pour des raisons diverses (Mauvais état de routes entre Kigali et Mombassa 1750 km en 5jours approximativement; ennuis et tracasseries administratives aux frontières des pays voisins ; longues périodes d attente des convois à Mombasa ; les formalités d export centralisées à MAGERWA ; absence d équipements et d installations nécessaires à MAGERWA ; mauvais état de la route Rusumo au terminus du chemin de fer Tanzanien ; les connexions aériennes avec les pays européens et autres continents dépendent de quelques compagnies aériennes limitées avec Nairobi comme point de liaison). L insuffisance des exportateurs Rwandais fait qu il n y aurait que 2 à 4 tonnes par vol en fonction de la disponibilité des places, mais en réalité, la priorité est donnée aux exportateurs Kenyans. Ainsi, les produits périssables Rwandais doivent attendre : il en résulte un déclin de la qualité qui entraîne souvent le refus partiel ou total de la marchandise en Europe Le secteur théicole connaît quelques contraintes supplémentaires spécifiques. Depuis que certaines coopératives d agriculteurs s occupent elles-mêmes des routes qui relient leurs plantations aux usines à thé, on assiste à un problème de praticabilité de ces routes car les agriculteurs n ont pas de moyens de s en occuper. Les usines qui souffrent beaucoup de cet état de choses sont Cyohoha, Rukeri, Mata, Nshiri-Kivu. Le financement de la construction de l usine à thé de Nshili-Kivu est disponible mais il y a un problème de 50km de route à construire pour avoir accès à l usine ; aussi il y a la question d énergie électrique qui se pose au niveau de ces usines. Les séchoirs des usines à thé utilisent du bois de chauffage qui est devenu rare. Ceci limite la capacité de séchage des usines et donc la capacité de production des théiculteurs De même, les stations de lavage de café ont des contraintes supplémentaires spécifiques. Avant la guerre et le génocide de 1994, il y avait seulement 2 stations de lavage de café (Kora dans Kayove- Gisenyi et Masaka dans Kigali Ngali). Il existait également de petites machines manuelles que l OCIR café avait distribuées. Ces deux dernières années, il y a eu construction de 20 stations de lavage, et l année prochaine, 15 autres seront construites. Au total, il est prévu d installer une centaine de stations, mais des infrastructures connexes telles que les routes de dessertes et les adductions d eau manquent Au niveau de l Usine à pyrèthre, les 4 séchoirs (Kora, Kabatwa, Butaka, Musanze) qui préparent les feuilles de pyrèthre avant de les acheminer vers l usine à pyrèthre utilisent le bois alors que le déboisement est devenu un problème national. De plus, les routes qui mènent de ces séchoirs à l Usine ne sont pas praticables Cadre légal et réglementaire 177. En ce qui concerne les aspects législatifs et institutionnels, le MINAGRI doit, en même temps : (a) assurer une meilleure coordination entre le MINAGRI et les autres ministères impliqués dans le secteur 32

33 agricole, (b) assurer la promotion des organisations paysannes avec un système d encadrement rural polyvalent en contact direct avec les paysans, (c) assurer la promotion des organisations professionnelles, (d) assurer la promotion des organisations féminines et permettre le renforcement de leurs capacités et de leurs membres, (e) assurer le renforcement des capacités des prestataires de services (agences, services de la recherche et de la vulgarisation, privé, ONG etc.), (f) promouvoir les organisations qui développent des filières, (g) faciliter l organisation et le fonctionnement des interprofessions, (h) arbitrer les conflits entre les organisations Par ailleurs, le gouvernement envisage de mettre en place tout un environnement favorable à l investissement privé, ce qui demande des réformes législatives dont certaines ont déjà été entreprises. Il reste à mettre en place un cadre juridique plus favorable pour stimuler plus les activités économiques et l investissement privé. Cela passe notamment par les activités suivantes : Renforcement du MINAGRI et des autres agences apparentées, par la création et la mise en œuvre d agences, qui pourraient être opérées de manière privée comme des prestataires de services. Renforcement des capacités des districts, notamment par l adéquation entre leurs ressources et leurs responsabilités, et mise en place de systèmes simples pour les flux de fonds et la gestion de l information entre le Ministère et les districts (suivi, transparence et responsabilité, formation); Réforme du secteur financier dans le but de restaurer la solidité financière, d inciter les banques commerciales à financer l agro-transformation, et de mobiliser des fonds à long terme pour financer le secteur agricole à des conditions plus souples; facilitation des conditions d accès au financement pour les petits producteurs (dimension Genre) et réduire les risques des banques par la mise en place d un Fonds de garantie; Réforme de la législation concernant la justice commerciale et le droit des affaires; établissement du cadre juridique incitatif pour l initiative privée; Clarification de la réglementation relative à l agri-business; Réforme des politiques et tarifs des taxes, droits de douanes et autres prélèvements; Mise en place de structures et mécanismes de coordination entre les différents partenaires du secteur de l agriculture et des filières, notamment le MINAGRI, les producteurs, les commerçants, les autorités locales, les centres de recherche UNR, ISAR, les ONG, les associations caritatives et religieuses, afin que chaque partenaire joue son rôle avec efficacité dans un but de compétitivité; Poursuite de la politique de privatisation Les contraintes auxquelles le Ministère fait face dans ce domaine peuvent être regroupées de la manière suivante : Activité encore monopolistique de l État, qui se manifeste, notamment, par (a) une trop grande bureaucratie, (b) trop peu de dialogue entre le secteur public et le secteur privé, et (c) trop peu d investissements dans le secteur privé; Cadre juridique obsolète, avec notamment (a) absence d une juridiction adaptée à l activité agricole, (b) manque de mécanismes de sûretés adaptés à la situation réelle des petits exploitants, (c) circuits commerciaux mal organisés; Système financier peu développé et peu adapté aux besoins des opérateurs économiques du monde agricole; manque d institutions financières spécifiquement dédiées au financement du secteur rural; taux d intérêt très haut (16%); comme le secteur agricole est un secteur à haut risque, les banques commerciales sont réticentes quant à son financement. Au Rwanda, le pourcentage des crédits privés alloués au développement du secteur agricole ne dépasse pas 2% des crédits totaux des banques commerciales locales Financement, coordination et suivi-évaluation du secteur agricole 180. La réussite des stratégies du développement du secteur agricole dépend de la capacité du gouvernement de mobiliser les fonds nécessaires pour financer les investissements dans ce secteur. Ces fonds proviennent du budget de l état, des capitaux propres des investisseurs ou des donateurs. Pour ces derniers, leurs fonds peuvent être soit des dons soit des prêts. Les propositions de financement de ces stratégies doivent tenir compte des différentes contraintes macroéconomiques qui sont liées à l accroissement des dépenses et de la monnaie en circulation. En outre, conformément aux différentes théories économiques, le niveau optimal des dépenses dépend de la relation entre la croissance, les taux d intérêts et les rendements liés à ces dépenses. Dans le cadre de la politique macroéconomique, la croissance des dépenses liées aux nouveaux investissements ne doit pas être inflationniste. Si les financements proviennent des crédits (système bancaire ou bailleurs), l on doit s assurer que les 33

34 dépenses engagées génèrent un taux net de rendement qui excède les taux d intérêts, c'est-à-dire les coûts des ressources. Cet aspect est de grande importance puisque depuis la libéralisation des prix intervenue en 1998, l autorité monétaire rwandaise est préoccupée de manière particulière par le niveau des taux. Cette préoccupation est fondée sur l hypothèse d effet de levier selon laquelle un niveau de taux élevé décourage la demande des crédits. D autre part, dans le souci de maintenir un FRW fort, la BNR privilégie une politique restrictive dans laquelle le taux d intérêt élevé est l un des instruments privilégiés. 46 Ce problème de taux d intérêt élevé constitue un blocage pour les investissements privés L agriculture est un secteur vaste qui englobe plusieurs intervenants et plusieurs secteurs. Il est dès lors important de développer un cadre de coordination et de concertation susceptible de stimuler les synergies au niveau de la planification et de la gestion des ressources disponibles Si on se réfère à la Stratégie Nationale d Investissement, l orientation générale dans ce domaine consiste à remonter le niveau d investissement de 18 % du PIB en 2001 à 20 à 22 % du PIB en 2010, de manière à réaliser un taux de croissance annuel d au moins 7% nécessaire pour atteindre les objectifs de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté. Les investissements publics requis passeraient de 51 Md FRw en 2002 à 127 Md FRw en Le niveau d investissement pour le secteur agricole doit passer de 8.3 Md FRw en 2002 à 14.7 Md FRw en 2006, pour ensuite décroître jusqu à 10.4 Md FRw en On s attend qu à partir de 2007, le secteur privé sera le moteur de la croissance et contribuera de façon consistante à ce processus Si on compare ces exigences à la réalité, le niveau d investissement actuel dans le secteur est bien deçà. Il est de 84 % des investissements préconisés par la SIN en 2002 ; de 72 % en 2003 et de 79 % en La part du budget de l Etat consacré aux investissements en agriculture est passé de 5.8 % en 2001 à environ 3 % en 2003 et En 2003, les principaux bailleurs de fonds du secteur sont : la Banque Mondiale (27 % du volume des financements) ; la BAD (19%) ; le FIDA (15%) ; les Etats-Unis (10 %) ; la Hollande (6%) ; la Belgique (5%) et la Chine (2%). Le montant total des engagements s élèvent à 195 MD FRw pour le financement de 72 projets et programmes dont 29 sont des gros projets financés par les bailleurs cités ci-dessus et représentant 84% du volume total de financement La part du financement public dans le secteur est difficile à préciser, étant donné une classification inadéquate de la nomenclature officiellement utilisée. Celle-ci ne tient pas compte des projets ou programmes gérés en dehors du Minagri mais ayant des composantes agricoles tels que le PDRCIU, le CDF, PDL-HIMO et PADDEP qui sont sous la tutelle du Minaloc En termes de performances de décaissement, on constate un taux d absorption relativement bas (65 % du budget d investissement en 2003) pour les projets sous tutelle du Minagri comparativement à d autres Ministères (100% Mineduc ; 98% Minisante) Le Projet d Appui au Secteur Rural (RSSP) connaît particulièrement de faibles taux de décaissement. Ce dernier est de 21% fin juin 2004, 32 mois après la mise en œuvre et 18 mois avant la fin de la première phase. Les faiblesses sont relevées aussi bien dans la conception que dans la mise en œuvre du projet Il est à noter que le Gouvernement a mis en place un mécanisme de financement décentralisé (Fonds de Développement Communautaire - FDC), dont les performances sont handicapées par la capacité limitée des Districts à formuler les projets et à superviser leur mise en œuvre Les autres faiblesses relevées aux niveaux suivants ont été inventoriées. Les financements bancaires au secteur agricole ne représentent que 1,92% du total des crédits alloués à l économie en Les institutions de Micro finance sont peu développées et sont insuffisantes et leur contribution directe à l agriculture reste très marginale. Les seules institutions qui opèrent au niveau du crédit à l agriculture sont la BRD et l Union des Banques Populaires. La contribution de la BRD au financement du secteur est passé de 156 Mios FRw à 913 Mios FRw en 2003 soit respectivement 8,6% et 27% du montant total de son portefeuille 46 BNR, Rapport final du séminaire sur la mise en œuvre de la politique monétaire par la BNR, bilan et perspectives,

35 crédit. L UBPR est passé de 255 Mios FRw en 2000 à 1,5 Mios FRw en 2003 soit respectivement 7.1% et 11.3% de son portefeuille. L UBPR joue progressivement un rôle de plus en plus important dans l octroi de micro-crédits. De dossiers de crédits approuvés en 2002, les demandes de moins de FRw représentant 8% et 39% concernent des montants allant de à FRw. Malgré ses récents efforts, l offre reste en deçà des besoins de services financiers ruraux. Au niveau du système de communication, suivi et évaluation, actuellement, il manque un système d information facilement accessible aux acteurs clés comme le MINAGRI, le MINECOFIN, le MINALOC pour gérer et coordonner de manière efficace les interventions dans le secteur agricole. Le système de suivi-évaluation en particulier n est pas systématisé et n est déclenché que quand il y a des exercices de formulation ou d évaluation des projets. Les infrastructures modernes de communications (ICT) manquent crucialement au niveau décentralisé surtout au niveau des districts qui sont appelés à jouer un rôle central dans la planification et l exécution des programmes de développement agricole. En outre, la capacité des districts reste limitée pour formuler et superviser l exécution des programmes. La répartition de rôles entre le Gouvernement central, les provinces, les districts exige un mécanisme de coordination et des moyens matériels et humains pour encourager une plus large participation de la population dans le développement agricole. La coordination des bailleurs intervenant dans le secteur reste faible. Le «cluster de développement rural» créé en 2002 constitue plus un cadre d échange qu un outil effectif de dialogue et de mobilisation d un partenariat à long terme nécessaire pour le développement du secteur agricole 35

36 V. ANALYSE DES CONSULTATIONS A LA BASE 5.1. Objectifs, méthodologie et organisation des consultations à la base Les consultations à la base poursuivent quatre objectifs : (i) l information, la sensibilisation et la mobilisation des bénéficiaires par rapport à la nouvelle politique agricole nationale ; (ii) le recueil des points de vue et des contributions des bénéficiaires ; (iii) la responsabilisation des bénéficiaires et leurs communautés dans le choix des activités prioritaires et dans leur mise en œuvre ; (iv) l auto-appropriation du processus y compris le suivi-évaluation Les consultations des bénéficiaires sur les 106 districts du pays se déroulent en trois phases conformément à la méthodologie décrite en appendice 3. La phase pilote, relative aux ateliers participatifs sur les 10 Districts de Kigali-Ngali, s est déroulée en juillet La deuxième phase a couvert les Districts des Provinces de Kibuye et Gikongoro (août 2004). Pour deux autres Provinces, Umutara et Kibungo, les ateliers de districts ont eu lieu en septembre La dernière étape va porter sur les 7 autres Provinces (octobre-novembre 2004). Ainsi, toutes les restitutions provinciales auront été finalisées avant la fin de l année Au cours des 5 ateliers jusque là tenues, la participation des populations et des autorités locales a été vive. Cet enthousiasme reflète l importance de l agriculture dans l économie rurale. Les ateliers ont permis au MINAGRI de rétablir la communication avec la base. Les ateliers ont inévitablement crée des attentes auprès les autorités locales que des actions suivront les paroles. La mise en œuvre effective du Plan Stratégique est alors d une importance capitale pour répondre à ces attentes. Les résultats des consultations présentés ici retracent les contraintes et opportunités identifiés dans les Provinces de Kigali-Ngali, Gikongoro et Kibuye. Sur cette base, les participants aux ateliers ont suggéré des pistes de solution, des filières prioritaires, ainsi que des propositions d actions concrètes pour compléter celles déjà incluses dans les Plans de Développement Communautaires Contraintes et problèmes soulevés 194. Le schéma en annexe 1 présente, dans le vocabulaire des participants aux ateliers, les problèmes évoqués au cours des ateliers. Ils sont regroupés en sept domaines: ressources naturelles, productions végétales, productions animales, les capacités des producteurs, appui-conseil aux producteurs, crédit agricole et environnement institutionnel. L ensemble de ces problèmes mentionnés présente une analyse intégrée des problèmes des systèmes de production ruraux, des problèmes quotidiens avec lesquels les producteurs doivent composer, des faiblesses des services de proximité, et des problèmes d ordre général liés à l environnement institutionnel. Les problèmes évoqués touchent les causes de la pauvreté généralisée dans les provinces, de l insécurité alimentaire des ménages ruraux et des faibles revenus des producteurs et productrices. Ils expliquent les faibles niveaux de production et de productivité des productions végétales et animales, ainsi que les raisons fondamentales de la faible orientation des systèmes de production vers les marchés Filières prioritaires 195. Au cours des ateliers, les participants ont profondément discuté les filières de leurs districts afin de choisir les plus porteuses. Ainsi, chaque district a retenu des filières prioritaires (annexe 2). L encadré de l annexe 2 présente la justification des choix des filières pour les trois provinces Comme les choix des districts indiquent, les filières retenues ne sont pas forcément les filières les plus importantes en termes de superficie ou de production, ni celles en rapport avec les potentialités des sols. En attendant qu une analyse plus approfondie en rapport avec la carte de potentialités soit effectuée en 2005, il ressort clairement que l existence de débouchés pour les produits locaux orientent fortement les choix des filières prioritaires. Pour des filières autres que les cultures traditionnelles d exportation, la demande urbaine et la proximité d unités de transformation s avèrent très important. Les choix des filières montrent que ce n est pas par conviction que les producteurs se maintiennent dans la logique d une agriculture de subsistance. Au cas où les conditions sont réunies, les populations développent une orientation commerciale de leurs systèmes d exploitation agricole. 36

37 197. Les justifications des choix pour la pomme de terre, le blé, le haricot volubile, le lait et la viande caprine et porcine suggèrent que la promotion et le développement des filières demandent nécessitent la création d un environnement favorable, dont les éléments sont les suivants : disponibilité de crédit agricole (pour investir), disponibilité de semences, d intrants et d appui-conseil (pour obtenir de bons rendements) et des débouchés et prix relativement sûrs Axes prioritaires pour la transformation de l agriculture au niveau local 198. Au cours des restitutions provinciales, les problèmes ont été présentés sous forme d arbre à problèmes. Cette forme de présentation permettait de dresser le schéma des objectifs de développement agricole pour les Provinces. Les synthèses provinciales suggèrent ainsi des ébauches de programmes communautaires de développement agricole provincial Des consultations à la base, il ressort qu au fond les enjeux fondamentaux du développement agricole local se trouvent à deux niveaux : (i) intensification et diversification des systèmes de production et (ii) services de qualité et de proximité aux producteurs Pour le premier niveau, la priorité est à donner à des mesures d appui qui permettent aux producteurs de mieux gérer leurs exploitations et de se prendre en charge. Au bout du compte, ce sont les producteurs eux-mêmes qui doivent gérer les ressources naturelles, intensifier et diversifier leurs systèmes de production et pénétrer les marchés. Les axes prioritaires sont la promotion des organisations paysannes et l information et la formation des producteurs afin de renforcer leurs capacités professionnelles. Il s agit surtout d appui technique et organisationnel qui permet aux producteurs de trouver des solutions pour les problèmes qui se posent au niveau de leurs exploitations agricoles et dans leurs champs et pâturages Ces axes prioritaires exigent, à un deuxième niveau, un système de prestation de services de qualité et de proximité aux producteurs. Et comme le montre les problèmes évoqués, c est là où le bas blesse dans la situation actuelle. La planification et la coordination des activités de développement agricole sont faibles ; les ressources financières et humaines manquent ; les technologies appropriées ne sont pas suffisamment développées, accessibles, diffusées et adoptées ; les services de micro finance ne répondent pas aux besoins ; et les divers intrants agricoles ne sont pas disponibles La plupart des interventions actuelles sont isolées ou ponctuelles et n aboutissent pas à une vraie transformation de l agriculture. Au cours des ateliers, les participants ont donné des exemples d interventions qui n ont pas produit l impact escompté : (i) faible impact des aménagements des bassins versants et des marais à cause de manque de mesures d accompagnement (organisation des producteurs, intensification agricole) ; (ii) résultats décevant de repeuplement et amélioration génétique de cheptel, à cause de problèmes liés à l entretien des animaux et l inaccessibilité des aliments bétail aux petits et moyens agro-éleveurs ; (iii) Non fonctionnalité d étangs piscicoles, faute d encadrement et d organisation des producteurs 203. La complexité du développement agricole demande un ensemble cohérent d interventions et la collaboration entre acteurs et parties prenantes du secteur agricole L analyse des résultats des ateliers participatifs montrent que les populations interpellent tous les intervenants afin de créer des systèmes d innovation agricole et de service aux producteurs qui associent l appui à l organisation des producteurs, la recherche de technologies adaptées, l appui-conseil technique, la micro finance, l approvisionnement en intrants, l information sur les marchés et sur les prix des produits agricoles. Cet enjeu est à réaliser dans un contexte de décentralisation et de désengagement de l Etat Vers la mise en œuvre des plans de développement agricole des districts 205. Au cours des ateliers, les participants ont identifié beaucoup de projets et d actions concrètes, dont certaines étaient déjà inscrites dans les PDC. D autres propositions se sont ajoutées après l analyse des problèmes et opportunités. Les listes d actions souhaitées sont longs et contiennent des actions relatives aux aménagements des bassins versants et des marais, à la gestion intégrée des sols, à l intensification et la diversification agricole, à la maîtrise des techniques culturales, à la lutte anti-érosive, au stockage, à la conservation et à la transformation des produits agricoles, aux infrastructures, au repeuplement du 37

38 cheptel, à la modernisation de l élevage, à l organisation et la formation des producteurs, à la densification de l encadrement, etc Le coût total des propositions de développement agricole des Provinces oscille entre 5 et 10 milliards de FRW, soit entre 10 et 20 Millions de US Dollars. Sur l horizon 2010, cela représente environ un montant de 1.5 à 3 Million de USD par an et par province. Jusque là, de telles sommes n ont jamais été dépensées pour le développement agricole local. Toutefois, ils ne sont pas irréalistes, car ils reflètent parfaitement l immensité des défis à relever, notamment en ce qui concerne la gestion des bassins versants, la gestion de la fertilité des sols et les infrastructures rurales. Pour la période , il est important que les entités décentralisées sélectionnent les actions les plus prioritaires et renforcent leurs capacités d absorption technique, organisationnelle et financière Une des principales conclusions qui ressortent des consultations à la base est que la transformation de l agriculture demande en premier lieu des réorganisations institutionnelles, le renforcement des capacités organisationnelles et techniques des producteurs et des modalités de financement appropriées, afin de trouver des réponses adéquates aux défaillances dans l environnement institutionnel local et aux faiblesses des services d appui conseil aux producteurs. Sinon, il y a des forts risques que les projets et solutions préconisées ne seront que très partiellement mises en œuvre à la base, comme il fut le cas au cours des décades passées. DEUXIEME PARTIE : STRATEGIES, PROGRAMMES PRIORITAIRES ET INTERACTION AVEC LES SECTEURS DE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT AGRICOLE. VI. PLAN STRATEGIQUE DE TRANSFORMATION DE L AGRICULTURE (PSTA) 6.1. Enjeux 208. Les principaux enjeux du secteur agricole sont les suivants : (i) transformation de l agriculture de subsistance en agriculture commerciale avec tout ce que cela implique en termes de changements institutionnels, sociaux de comportement et de distribution des rôles et des responsabilités entre les différents intervenants ; (ii) assurer l alimentation et la sécurité alimentaire dans le pays ; (iii) amélioration des revenus des agriculteurs et monétarisation de l économie agricole ; (iv) création d emplois extra agricoles permettant de réduire notablement la population agricole ; (v) contribuer à l amélioration de la balance commerciale, du produit intérieur et de l épargne ; (vi) renverser le processus de dégradation des terres et gérer le patrimoine sol dans une manière durable Mission du Plan Stratégique 209. La mission du PSTA dérive de la vision 2020 et des objectifs qu elle assigne au secteur rural dans la lutte contre la pauvreté et l amélioration des conditions de vie des populations rurales pauvres ainsi que leur intégration dans un environnement économique qui peut leur apporter prospérité et assurances de bonne vie pour les générations futures. La mission du PSTA est «d assurer aux populations paysannes une vie prospère et des conditions de vie améliorées dans une agriculture modernisée et organisée» Objectifs du PSTA 210. Le Plan Stratégique s inscrit dans la ligne directrice du Cadre Stratégique de Réduction de la Pauvreté. L objectif global du secteur agricole correspond à celui de la PAN plus spécifiquement l objectif global du PSTA. est de contribuer de manière durable à la réduction de la pauvreté et à soutenir la croissance économique du Rwanda à travers l augmentation des productivités des facteurs de production, la valorisation maximale des productions, la diversification des opportunités de revenus, la préservation et le maintien des ressources naturelles et environnementales. Les sources de croissance du secteur agricole seront de deux types : celles qui sont liées à un potentiel d exportation dans les filières et celles qui sont liées au développement du marché intérieur, essentiellement les filières céréalières (riz, maïs), lait et viande et cultures maraîchères Six objectifs spécifiques sont assignés au secteur : (i) assurer une offre suffisante de produits agricoles et la sécurité alimentaire aux populations ; (ii) augmenter les niveaux et diversifier les sources de revenus des ménages ; (iii) entretenir, préserver et améliorer la gestion des ressources en eau et des 38

39 sols; (iv) contribuer aux équilibres macro-économiques et à la croissance ; (v) contribuer à la résolution des problèmes sociaux liés notamment au genre, à la jeunesse, aux paysans sans terre et autres groupes vulnérables ainsi qu au SIDA ; (vi) transformer la mission et le rôle des différents acteurs (Administration, producteurs, société civile et secteur privé) pour qu ils s adaptent à la nouvelle vision Pour certains aspects, les documents de la vision 2020 ainsi que celui de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté sont encore plus explicites en termes d objectifs chiffrés. Dans la perspective de faire du Rwanda un pays à revenu moyen, d ici l an 2020, le PIB per capita devra passer de 230 USD environ en 2002 à USD (mesuré en termes constants de 2000). Ceci implique un taux de croissance moyen annuel du PIB réel compris entre 8% et 9% sur la période. L agriculture interviendrait dans cette croissance au taux de 6.3 % par an. Le PIB agricole devrait passer de Md FRw en 2000 à Md FRw en 2005 ; Md FRw en 2010 ; Md FRw en 2015 et Md FRw en Ceci exige de transformer 50% des exploitations agricoles en exploitations de type moderne, de tripler la productivité de la terre et de multiplier la productivité du travail par 4 ou 5. La part du PIB agricole dans le PIB totale passerait de plus de 45 % à moins de 30 % entre 2004 et Ces objectifs ont été définis avec une préoccupation de répondre aux attentes des populations rurales tant au niveau de ce qui est nouveau dans les stratégies adoptées et dans les actions proposées que dans les modalités de leur mise en œuvre Principes directeurs 214. La stratégie agricole est définie en conformité avec les principes directeurs et les grandes orientations de développement exprimées (i) dans la Vision 2020 notamment en ce qui concerne la contribution du secteur agricole à l attente des objectifs globaux, (ii) dans le Cadre Stratégique de Réduction de la Pauvreté et dans (iii) le Document de Politique Agricole Nationale Le PSTA s est doté des principes directeurs spécifiques suivants en ce qui concerne son approche stratégique : (i) Il s agit d abord d une stratégie participative et proche du pauvre (pro pauvre ou «Pro poor strategy»). Cette option repose sur le fait que la majorité de la population est rurale, vit de l agriculture et que c est dans ce secteur que se retrouve la majorité des pauvres. Elle fait intervenir les bénéficiaires et leurs communautés à tous les stades. (ii) La stratégie est progressive, flexible et dynamique. On doit être conscient que la nouvelle vision volontariste du développement agricole engage les populations vers de nouvelles destinées et que des risques peuvent être associés à ce parcours. La stratégie doit être conçue de manière à apporter les ajustements nécessaires et tenir compte des circonstances changeantes du moment. (iii) La stratégie est basée sur la demande et sur l incitation des producteurs («demand driven»). C est pour tenir compte des choix libres et négociés des producteurs ; les pouvoirs publics intervenant dans l orientation à travers la mise en place de mécanismes incitatifs appropriés. (iv) La stratégie est sensible aux questions du genre, de la jeunesse, de l environnement et du SIDA. Quel que soit la phase, le moment et l espace où l on se trouve, ces dimensions interviennent dans la planification et la mise en œuvre des actions. (v) La stratégie sera basée sur le principe que le développement de l agriculture est essentiellement le fait du secteur privé et des producteurs qui le composent. Mais dans la situation actuelle le rôle de l Etat qui est déterminant sera recentré afin de renforcer la responsabilisation des communautés et des organisations paysannes et des opérateurs privés ainsi que le partenariat entre l Etat et ces autres acteurs. (vi) Elle appliquera le principe de subsidiarité dans ce sens que l l intervention du service public qui sera déterminante au début devra céder progressivement aux communautés et au secteur privé, les responsabilités qui leur reviennent. (vii) L allocation des ressources financières de l Etat sera effectuée en priorité vers les actions et productions les plus compétitives Les principes directeurs du PSTA sont établis en tenant dûment compte des orientations générales prioritaires suivantes: (i) une bonne gouvernance politique et économique ; (ii) la décentralisation, iii) la transformation économique du monde rural ; (iv) le développement des secteurs des services et de l'industrie manufacturière ; (v) le développement des ressources humaines ; (vi) le développement et la promotion du secteur privé ; (vii) l'intégration économique au niveaux régional et international. En particulier la vision 2020 considère qu'à l'horizon 2020, le secteur agricole modernisé n'occuperait que 50% de la population du pays. 39

40 6.5. Axes stratégiques 217. Les axes stratégiques suivants du PSTA ont été établis sur la base des orientations et des axes stratégiques de la Politique Agricole Nationale relatives à la modernisation de l agriculture par le biais d actions horizontales liées d une part à l accroissement de la productivité des cultures et d autre part au renforcement de la professionnalisation des producteurs et la spécialisation de l agriculture par le biais d actions verticales de développement des filières. Ils sont articulés aux axes de la Vision 2020 et ceux du CSLP Ils prennent en compte le besoin d innover dans la nature des relations établies entre les différents acteurs et en particulier au niveau de la restructuration des services publics pour qu ils répondent aux exigences de la nouvelle politique, de l approche participative, du renforcement des capacités des acteurs.et du rôle des partenaires au développement dans l adoption et la mise en œuvre de l approche programme élargie Les axes stratégiques suivants ont été retenus : (i) diversification et intensification de la production végétale, animale et halieutique ; (ii) diversification des sources de revenus et d emploi des populations rurales ; (iii) liaison de la production avec le marché et intégration de l économie agricole dans l économie nationale et régionale ; (iv) gestion durable des ressources naturelles et en particulier celle des eaux et des sols ; (v) Organisation, mobilisation, et renforcement des capacités des producteurs et des organisations professionnelles; (vi) Renforcement des capacités des prestataires de service, privatisation et promotion du secteur privé; (vii) Création d un cadre institutionnel favorable pour la professionnalisation des producteurs et la transformation de l agriculture rwandaise ; (viii) création d un environnement favorable à l investissement productif et au développement de l entreprenariat et de l emploi dans l agribusiness ; (ix) recentrage du rôle du MINAGRI et restructuration de ses actions vers l approche programme sectorielle dans le cadre de la décentralisation ; (x) promotion de l approche genre et réduction de la vulnérabilité des groupes défavorisés Diversification et intensification de la production végétale, animale et halieutique 220. Les pratiques culturales actuelles participent à l aggravation des niveaux de productivité dans l agriculture et les stratégies des producteurs intègrent rarement l évolution des marchés intérieurs et extérieurs, sauf dans le cas du café, du thé et quelques cultures tel que la pomme de terre, le riz, le maïs et le marakuja par exemple et dans une moindre mesure le lait et les viandes) Le contexte économique sous-régional et international actuel est appelé à devenir de plus en plus ouvert. L agriculture de type traditionnel ne pourra pas supporter la concurrence sur les marchés régionaux qui se développera sans aucun doute au niveau des productions des pays voisins. Elle sera encore moins en mesure de se positionner sur le marché international, qui est un des objectifs du pays. Il convient donc d adopter une approche volontariste pour éviter le risque d une aggravation du repli sur elle-même de l agriculture rwandaise qui pourrait entamer davantage sa faible productivité actuelle. Il faut ainsi agir sur tous les facteurs susceptibles d engendrer des transformations qualitatives au niveau de l appareil de production, au niveau du comportement des acteurs et au niveau de l environnement socioéconomique Diversification des sources de revenus et d emploi des populations rurales 222. L objectif de réduire la population agricole de 50% à l horizon 2020 implique un effort énorme de la part du secteur agricole à générer des activités extra agricoles à partir d une production qui doit être diversifiée et suffisamment compétitive pour supporter les contraintes des coûts de transport et de transformation La promotion d opportunités d emplois non agricoles en particulier dans les domaines HIMO et de l agribusiness et le développement d autres sources de revenus à travers notamment l artisanat, la petite transformation, etc, permettront de valoriser le facteur travail déjà excédentaire en milieu rural et de générer de nouvelles opportunités pour des revenus non agricoles Liaison de la production avec le marché et intégration de l économie agricole dans l économie nationale et régionale 40

41 224. La lutte contre la pauvreté passe par l accroissement des revenus des populations rurales. Pour cela il est nécessaire d évoluer vers une agriculture dont la production ne doit plus être destinée seulement à l autoconsommation, mais de plus en plus tournée vers le marché (marché local, national, régional et international). De ce fait la résolution des contraintes en aval de la production doit constituer une priorité du PSTA. Le choix des productions à développer doit être basé sur la demande, sur les avantages comparatifs des produits, et sur la recherche de solutions appropriées pour lever les contraintes en aval (conservation, transformation, commercialisation) L orientation prioritaire des incitations et des ressources vers les filières et l agribusiness devra donc se faire de manière à favoriser l ouverture de l agriculture sur le marché aussi bien interne qu externe Gestion durable des ressources naturelles et en particulier celle des eaux et des sols 226. Le Rwanda ne peut plus se permettre d assister à la déperdition de son capital sol et eau sans réagir. L avenir des générations futures dépend des actions qui seront entreprises en premier lieu par les communautés paysannes elles mêmes car il s agit de leur patrimoine et de leur survie. La tâche est énorme mais elle est vitale. Le gouvernement doit mobiliser toutes les énergies pour éliminer les barrières psychologiques actuelles au développement et à la généralisation des actions de lutte antiérosive et intégrer les producteurs dans un processus de conservation des sols et de réhabilitation de leur fertilité. Ce processus sera appuyé par des actions d envergure où les partenaires au développement qui sont très conscients de la gravité du problème pourront s investir dans la mobilisation des ressources financières y compris celles de modifier l attitude de la société paysanne vis-à-vis de la question Organisation, mobilisation, et renforcement des capacités des producteurs et des organisations professionnelles 227. Il s agit de l axe central du PSTA. Il se base sur le principe directeur de responsabilisation des producteurs et de leurs organisations. Les réformes qui seront mises en œuvre dans le secteur agricole visent le recentrage des services publics et la responsabilisation totale des producteurs et leurs organisations dans le processus de développement. Cependant, s il ouvre des opportunités et des perspectives nouvelles, ce nouveau contexte introduit aussi pour les organisations paysannes, de nouvelles exigences à remplir ; sans lesquelles elles resteraient inopérantes. C est pourquoi le renforcement des capacités de ces organisations constitue une donnée essentielle pour la réussite du PSTA Cette démarche nécessitera un engagement et une mobilisation importante des bénéficiaires compte tenu du fait que les actions doivent être conçues à partir des besoins exprimés par les producteurs Renforcement des capacités des prestataires de service, privatisation et promotion du secteur privé 229. Dans ces domaines précis, l attitude du Minagri vis-à-vis du privé va être essentiellement basée sur une définition non équivoque du rôle du secteur privé et de la nécessité pour ce dernier de prendre ses responsabilités dans un cadre institutionnel et légal révisé pour tenir compte des nouvelles réalités. A cet effet la démarche du Minagri sera pro active. Il s agira dans les premiers temps d être attentif et sensible aux problèmes des partenaires privés et d être prêt à les appuyer pour régler les questions de nature institutionnelle, mais sans pour autant créer des distorsions sur le marché Création d un cadre institutionnel favorable pour la professionnalisation des producteurs et la transformation de l agriculture rwandaise, 230. Le gouvernement a démontré son engagement à la professionnalisation des producteurs par l adoption d une politique claire de décentralisation et d un ensemble de mesures institutionnelles, légales et réglementaires. La mise en œuvre de cette politique doit être parfaitement reflétée dans le PSTA qui va s appuyer en premier lieu sur les organisations du monde rural qui sont les premiers responsables du processus de développement. Ce cadre institutionnel doit répondre au besoin de développer une culture du profit, de mettre en place les mesures d incitation appropriées, de créer un cadre de concertation et de communication avec les fédérations, les syndicats et autres organisations professionnelles afin de tirer parti de la masse critique que ces canaux offrent pour la professionnalisation du métier. 41

42 Création d un environnement favorable à l investissement productif et au développement de l entreprenariat et de l emploi dans l agribusiness, 231. Les investissements productifs prioritaires sont de quatre ordres : (i) les initiatives individuelles de petite taille ; (ii) les investissements collectifs initiés par les bénéficiaires à la base (OP s ou les CDC s) ; (iii) les investissements de petite et moyenne taille (PME ou PMI) ; et (iv) les gros investissements Des instruments différenciés seront mis en place afin d offrir une gamme de possibilités à cette diversité de la demande. Les actions en rapport avec l aménagement et la gestion durable des terres, la transformation agricole et la commercialisation seront mises en avant L amélioration de l environnement va porter sur l appui à la révision de la réglementation, l édition des textes d application adéquats, la mise en place du Fonds de Garantie et de Crédit Agricole, la création d un service spécialisé pour les questions d agribusiness et la négociation d un projet spécifique à la conservation des eaux et des sols Recentrage du rôle du MINAGRI et restructuration de ses actions vers l approche programme sectorielle dans le cadre de la décentralisation 234. La décentralisation, le désengagement de l Etat des secteurs productifs et la promotion d interventions diversifiées dans le secteur agricole doivent amener le Minagri à se restructurer d une manière radicale tant dans les fonctions qu il remplit que dans la façon de conduire sa mission Un changement important doit intervenir dans le type de relations et de rapports qu il entretient avec les acteurs ainsi que dans son approche vis-à-vis des communautés qu il sert et des autres acteurs qui contribuent à l essor du secteur agricole. Il doit changer dans sa façon de conduire sa mission, notamment dans les domaines de l appui-conseil et de la recherche participative, de la programmation et de la coordination des activités. Dans ce contexte, les nouvelles technologies de l information et de la communication (ICT) devront être mises à contribution pour appuyer les fonctions de pilotage du processus, mais également faire intervenir une nouvelle forme de communication tant interne qu externe au Minagri La participation des bénéficiaires à toutes les étapes du processus d opérationnalisation sera étendue aux mécanismes d analyse, d approbation des demandes et de gestion des financements. L expérience des CDF s et des projets du Minagri en matière de décentralisation financière constitueront une base pour consolider et étendre l approche à tous les modes de financements Promotion de l approche genre et réduction de la vulnérabilité des groupes défavorisés 237. Le genre, la production agricole, la nutrition et la protection de groupes vulnérables sont intimement liés. En effet, la femme (et souvent les jeunes) est régulièrement sollicitée pour accomplir un certain nombre de tâches du secteur de l agriculture (cultures maraîchères, petit élevage et agriculture en général si on considère les travaux des champs). Or, il se fait que les systèmes de vulgarisation adoptés au Rwanda depuis plusieurs années n ont pas pris en compte la femme en tant que bénéficiaire et actrice dans le domaine de la vulgarisation agricole. Les potentialités existent cependant pour une intégration effective dans le processus de développement agricole. 42

43 VII. PROGRAMMES PRIORITAIRES ET RESULTATS ATTENDUS 238. Le PSTA comprend 4 programmes principaux constitués par 17 sous programmes dont les résultats attendus apparaissent dans les objectifs quantifiés du Plan d Action (appendice I), ainsi que dans les statistiques en annexe (appendice IX) La structuration de ces programmes répond à une organisation de type «approche programme» où toutes les activités des sous programmes doivent concourir à une série d objectifs communs avec des ressources et des moyens complémentaires Ce regroupement n obéit peut être pas à un ordonnancement idéal et des chevauchements entre programmes seront inévitables. Mais ces derniers sont perçus comme éléments de liaison pour assurer la complémentarité plutôt que des sources de duplications ou de conflits. Les inter-relations entre les 4 programmes du PSTA 3 Promotion des filières et développement de l agribusiness 2 Appui à la professionnalisation des producteurs 4 Développement institutionnel 1 Intensification et développement des systèmes de production durables 7.1. Intensification et développement de systèmes de production durables Ce programme est composé de cinq sous programmes. (i) la conservation des eaux et des sols et la gestion durable des ressources naturelles ; (ii) l intégration agriculture élevage et la gestion de la fertilité des sols ; (iii) l aménagement des marais et le développement de l irrigation ; (iv) l approvisionnement en intrants agricoles ; (v) la sécurité alimentaire et la gestion des risques et de la vulnérabilité. Sa mise en œuvre sera effectuée dans le cadre des objectifs quantitatifs consignés dans le plan d action en annexe Gestion durable des ressources naturelles et conservation des eaux et des sols 242. Le diagnostic du secteur a mis en relief l extrême gravité du processus de la dégradation des terres et l impact néfaste qu elle pourrait avoir sur l avenir des générations actuelles et à venir. Basé sur le principe que la protection du patrimoine terre est la responsabilité de ceux qui l exploitent, les 43

44 communautés doivent devenir suffisamment conscientes pour prendre en charge ce problème et renverser l attitude passive qui prévaut actuellement quant à la nécessité de mettre en œuvre des travaux anti-érosifs. Il a été également démontré qu une grande partie du problème pourrait sur les terres exposées, être partiellement et progressivement traité par les exploitants eux-mêmes grâce à l adoption de techniques culturales adéquates telles que les labours et le billonnage en courbes de niveau, la construction de banquettes et leur végétalisation, le paillis, etc. Il est évident que le traitement systématique des terres en aménagements antiérosifs est une entreprise énorme qui nécessite un volume financier impossible à mobiliser La stratégie pour ce sous secteur sera donc basée sur : Le renforcement des capacités des gouvernements locaux dans le domaine de la gestion des terres la sensibilisation des communautés pour le changement d attitude vis-à-vis de la LAE l inclusion de programmes de LAE dans les plans de développement de district qui pourraient être appuyés financièrement par le FDC, l organisation d un appui conseil à la demande, le financement par l Etat des travaux lourds qui soutiennent ceux des communautés, La révision du cadre législatif et réglementaire en relation avec les questions foncières. La gestion de la fertilité des sols 244. La Vision 2020 a fixé les objectifs spécifiques suivants pour la période 2002 à 2020: (i) 90% des terres seront protégées contre l érosion ; (ii) ha des terres collinaires seront irriguées ; (iii) ha des terres des marais seront aménagées ; (iv) 140 valley dams et retenues collinaires seront construits Les actions que mènera le PSTA s inscrivent dans cet objectif à long terme. Cependant, la période sera consacrée principalement à : Révision du cadre légal relatif à la conservation des eaux et du sol (révision de la loi du 30 mars 1982 et sa mise en application) Actualisation du Plan d action national de l Initiative pour la fertilité des sols et la conservation des eaux et des sols (IFS/CES) Lancer des opérations pilotes de gestion intégrée des bassins versants dans les provinces qui ont placé cette activité en priorité dans leurs programmes locaux. Un financement est en cours de mobilisation pour conduire cette opération dans cinq provinces. Ces actions pilotes devront conduire à l élaboration d un programme national de protection et d aménagement des bassins versants, Renforcement des activités de l ISAR dans le domaine de la gestion de la fertilité des sols Mettre en œuvre parallèlement aux actions d appui conseil des actions de sensibilisation et de formation des groupements de paysans sur les bonnes pratiques culturales protectrices du sol, lancer des actions prioritaires de protection des ressources dans les zones forestières et fauniques prioritaires ; Compte tenu de leur caractère global, le gouvernement poursuivra les efforts de mobilisation des ressources financières notamment celles du GEF pour des actions de lutte contre la dégradation des sols et de protection et de gestion des ressources hydriques internationales Développement d un système d élevage intégré de production agro sylvo pastoraux et promotion de systèmes d élevage intensifs spécialisés 246. Le développement d un élevage intégré dans l agriculture est la principale option offerte pour renverser le processus actuel de dégradation de la fertilité des sols et réduire le déséquilibre nutritionnel de la population. Mais une autre option, complémentaire à la première, consiste à encourager des éleveurs modernes, spécialisés en techniques intensives d élevage, en vue de favoriser les productions en masse de lait (élevage bovin) ; de viande (embouche bovine, élevage intensif de porc, de chèvre, de mouton, de poulet de chair, etc) ; des œufs ; et bien d autres productions animales. Cette option appelle une action plus intense en matière d approvisionnement en intrants modernes d élevage (aliments de bétail, produits vétérinaires, approvisionnement de bétail de races améliorées,) ainsi que une amélioration des services d encadrement de l élevage (services de prévention et d inspections vétérinaires etc). 44

45 247. L analyse des contraintes montre qu un ensemble d actions sont nécessaires pour arriver à ce résultat Ces actions relèvent du MINAGRI mais aussi d autres acteurs. Il s agit des actions de réformes et de sécurisation foncière. Lever la contrainte psychologique du bétail concurrent de la production végétale sur les petites exploitations par l introduction des petits ruminants, la contrainte de l achat de gros bétail par le développement de la méthode de prêt de vaches pleines (suivi important) et du développement du système d embocagement, de la complémentarité entre les activités agricoles dans les collines et l exploitation des marais. La protection des zones sensibles forestières et de marais et leur importance pour le développement d activités extra agricoles notamment dans les zones des parcs d où les programmes spéciaux prévus La stratégie de base de ce programme repose sur i) le postulat que chaque exploitation agricole doit posséder du bétail dont la nature et le nombre variera en fonction de la taille et du système de production de l exploitation. Ce bétail peut être bovin, porcin ou des petits ruminants ou de la volaille. Ce postulat implique une forte action de repeuplement accompagnée des améliorations génétiques, techniques et sanitaires indispensables à la transformation rapide escomptée et des investissements et des incitations suffisantes pour que les communautés de base participent correctement,ii) la promotion d actions de conservation, de transformation et de commercialisation des produits animaux, iii) la diversification qui permettra d exploiter toutes les potentialités des différentes provinces pour telle ou telle production et qui touchera aussi bien les bovins, petits ruminants, porcins que l aviculture, la cuniculture (élevage de lapins), l apiculture et la pisciculture en fonction des demandes exprimées par les communautés de base dans les PDC. L organisation de l appui conseil au niveau de chaque secteur et district devrait répondre aux demandes précises pour toutes ces activités de production. Compte tenu des besoins nutritionnels, une priorité sera accordée à la production laitière qui fera l objet d une approche filière spécifique La production de viande sera développée à travers le développement du petit bétail (caprin, ovin et porcin) et l encouragement à l aviculture villageoise améliorée grâce aux services financiers et à l amélioration des races de volailles En ce qui concerne la pêche et la pisciculture, le gouvernement a déjà approuvé un grand projet de développement de ces deux activités et dont il est tenu compte dans le plan d action du PSTA Les projets en cours et qui se poursuivront sur les trois prochaines années seront révisés pour les adapter aux nouvelles orientations de la PNA et du PSTA. Il s agira en particulier des projets suivants: Couvoir national de Rubilizi Appui au développement de l élevage bovin et produit du lait Programme panafricain de contrôle des épizooties Laboratoire vétérinaire national de Rubilizi Centre national d insémination artificielle Projet de repeuplement, Le PAIGELAC 254. Les nouvelles actions prioritaires prévues devraient permettre de lever certaines contraintes du sous secteur, mettre en place les conditions nécessaires et jeter les bases d un élevage qui contribue aux objectifs globaux du secteur à savoir : l élimination du déficit alimentaire, la réhabilitation de la fertilité des sols et l accroissement des revenus des producteurs Les actions suivantes sont proposées à cet effet : Poursuite du projet BAD et développement de la production laitière et de viande ; Restructuration du Centre d Insémination artificielle et du Centre d aviculture et mise en œuvre d un Projet d amélioration génétique ; Extension du projet de repeuplement et appui aux acquisitions de bétail par l intermédiaire de la BRD, des autres banques qui le souhaitent, et des services financiers ruraux, en mettant particulièrement en jeu de nouvelles incitations appropriées, tel que le fonds de guarantie agricole ; Actions d appui conseil dans les domaines de l amélioration de l alimentation du bétail (production fourragère, de la création de bocages) ; 45

46 Renforcement des services vétérinaires en coopération avec le secteur privé et mise en place d un Projet de surveillance et d intervention dans le domaine de la santé animale Aménagement des marais 256. Le pays dispose d une étude du schéma directeur d aménagement des marais, de protection des bassins versants et de conservation des sols a été faite sur base d études hydrologiques, pédologiques, environnementales, agro-économiques et même sociologiques. Un schéma de vocation et d utilisation des terres de marais a été également élaboré. Sur base de la typologie des marais dégagée, deux schémas directeurs ont été également élaborés ; il s agit du schéma directeur d aménagement des marais et du schéma directeur de protection des bassins versants et de la conservation des sols. Ces deux schémas sont complémentaires et doivent être intégrés Le choix des marais à aménager doit tenir compte des orientations données par ce schéma directeur d aménagement des marais, de protection des bassins versants La stratégie en matière d aménagement des marais sera basée sur les éléments suivants : le choix des marais à aménager doit tenir compte des orientations du schéma directeur d aménagement des marais, de protection des bassins versants et de la conservation des sols. avant tout aménagement des études de faisabilité et d avant projet détaillé comprenant une étude d impact environnemental seront exigés les travaux d aménagement étant coûteux seront financés par l Etat l aménagement d un marais doit aller de paire avec l aménagement du bassin versant dans lequel il se trouve l élaboration du cadre législatif réglementaire spécifique aux marais 259. Les actions qui seront menées pendant la période sont les suivantes : élaborer une législation foncière spécifique aux marais sécurisation foncière par l octroi des baux emphytéotiques aux exploitants des marais aménager et mettre en valeur les marais sur base du schéma directeur existant. Le programme couvrira ha renforcer les organisations d agriculteurs exploitant les marais et les responsabiliser pour leur gestion et la prise en charge des coûts de maintenance des infrastructures Développement de l irrigation 260. Les ressources en eau du Rwanda sont abondantes et convergent même dans des zones à déficit pluviométrique, pourtant l irrigation a été et reste le parent pauvre dans les programmes du secteur agricole. L irrigation gravitaire de surface est la seule connue au Rwanda et n est pratiquée que dans les marais. En matière d irrigation des terres de collines tout reste à faire. Compte tenu du potentiel important qu elle représente pour les petites exploitations, le Minagri entend développer un programme de développement de la petite irrigation parallèlement aux actions pilotes d aménagement des Bassins versants mentionnés plus haut et de renforcer l efficacité des grands et moyens périmètres existants La stratégie dans le domaine de la petite irrigation se basera sur les principes suivants : les appuis seront fournis aux projets communautaires d aménagement de petits périmètres pilotes irrigués reconnus dans es plans de développement locaux, la contribution de l Etat couvrira la construction des infrastructures hydrauliques en mettant l accent sur la construction des ouvrages de régulation des retenus collinaires à des fins d irrigation. la contribution des bénéficiaires devra être mobilisée 262. Les actions à mener sont les suivantes : recherche et vulgarisation de techniques permettant la mobilisation des ressources en eau pour l agriculture et leur valorisation, identification participative des sites à déficit hydriques et étudier leurs besoins en eau, appuis à l élaboration après étude des schémas d irrigation et de drainage étudier et mettre en oeuvre un plan d aménagement prioritaire pour les périmètres d irrigation de Bugesera et de Rusumo 46

47 étudier les possibilités de pompage de l eau d irrigation à partir des rivières, des lacs et de la nappe souterraine Approvisionnement et utilisation des intrants agricoles et mécanisation 263. Etant donné que la quantité d engrais utilisée est très faible (4 kg par ha et par an) suite à des problèmes d acheminement, il s avère indispensable de mettre en marche des mécanismes appropriés d appui au secteur privé pour augmenter de 25% par an les quantités d engrais importés chaque année de manière à les porter de tonnes par an à au moins à tonnes en Parallèlement à l accroissement des approvisionnements en engrais, la recherche vulgarisation participative devra se déployer de manière à assurer la diffusion des techniques intensives associant l usage de plus de fumure organique, d amendements et d engrais minéraux dans les exploitations agricoles De même, en fonction des ressources disponibles, le gouvernement soutiendra la poursuite et l accélération de l importation de races améliorées ainsi que les techniques d insémination artificielles et de croisement La multiplication de semences et plants sera également soutenue à travers l appui à des organisations professionnelles du domaine et à la promotion du métier de pépiniéristes privés Le volet mécanisation agricole va être développé en vue d accroître la productivité des facteurs de production, particulièrement celle du travail. Cette évolution est un impératif dans la mesure où elle doit répondre à la fois à la réduction progressive de la main d œuvre agricole, d un côté ; et à la croissance de la demande alimentaire d un autre côté Pour atteindre ce but, le PSTA prévoit la mise en place dans ses activités d un volet d essai et de diffusion d équipements agricoles modernes ou améliorés couvrant une gamme variée de besoins tels que la matériel aratoire amélioré, la traction animale, les motopompes, les moulins, le tracteur, la moissoneuse batteuse, divers équipements pour le conditionnement de produits agricoles et laitires ; etc Sécurité alimentaire, gestion des risques et de la vulnérabilité 269. Le potentiel agricole du pays est en mesure d assurer une alimentation suffisante en quantité et en qualité pour la population actuelle et future. La stratégie de sécurisation de l alimentation se base sur i) la mise en œuvre des programmes d accroissement de la productivité dans le secteur vivrier traditionnel et de l intensification de la production pour des produits stratégiques tels que le riz, le maïs, la pomme de terre, le lait et la viande et ii) le ciblage des zones et groupes vulnérables en prenant en compte les disparités existantes au sein des groupes sociaux et au niveau des régions et des chocs éventuels qui les affectent Les objectifs dans ce domaine sont fixés à partir des objectifs de la Vision 2020 résumés dans le tableau ci-dessous. Tableau n 4 : Objectifs nutritionnels établis par la vision 2020 Disponibilités 2010 Ecart avec Objectif 2010 (%) 2020 Ecart avec Objectif 2020 (%) Enérgie en Kcal/personne/jour Protéines en g/personne/jour Lipides en g/personne/jour Trois objectifs sont poursuivis à travers ce volet : Réduire les déficits alimentaires et nutritionnels, surtout en lipides et équilibrer le régime alimentaire en ciblant notamment le développement des filières oléagineuses, céréalières ainsi que les filières lait et viande. Lutter contre la vulnérabilité à l'insécurité alimentaire des zones et des groupes de populations affectés en tenant compte des problèmes spécifiques à ces zones (notamment la sécheresse et 47

48 l'acidité des sols) et populations (ménages ruraux sans terre ou ayant de micro exploitations, femmes ou enfants de chef ménages, rapatriés, les démobilisés, etc ) créer les emplois surtout en privilégiant l'approche HIMO (Haute Intensité de Main d'œuvre). Ils devront cibler les personnes les plus pauvres ainsi que les sans emploi et inclure une composante formation aux métiers afin d'augmenter leur capacité professionnelle 272. Les actions prioritaires retenues sont les suivantes : Mise en œuvre du Programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA) Appui à la mise en place d'un système de stockage des produits agricoles (surtout les céréales et les légumineuses) Appui à la mise en place d'un système d'information sur les marchés Appui à la mise en place d'un système d'information sur la sécurité alimentaire et l'agriculture et d'alerte rapide (SNIAR) Accompagnement sur le plan agricole des projets des autres secteurs en faveur des groupes particuliers (jeunes sans emploi et soldats démobilisés) Appui à la professionnalisation des producteurs 273. Ce programme de «renforcement des capacités d organisation et d appui à la professionnalisation des producteurs» comportera 3 sous programmes; (i) la promotion des organisations paysannes et le renforcement des capacités des producteurs ; (ii) la restructuration des services de proximité aux producteurs, l innovation rurale, la recherche pour le développement, la vulgarisation participative, l appui conseil et la communication ; (iii) les systèmes financiers ruraux et le développement du crédit agricole. ; Les impératifs du PSTA d orienter la transformation de l agriculture traditionnelle et de la tourner vers les marchés appellent à des actions de formation en vue de rendre les producteurs plus sensibles aux notions de comptabilité, de gestion de l exploitation agricole, de technologie et de profit Promotion des organisations paysannes et renforcement des capacités des producteurs La PAN et le PSTA mettent les paysans et leurs entreprises rurales au centre des préoccupations et se fondent sur la conviction qu une transformation effective de l agriculture rwandaise doit se greffer sur le capital social des zones rurales et valoriser la ressource la plus importante du secteur: les producteurs, les productrices et leurs organisations. Les ateliers participatifs ont révélé que chaque district accueille des dizaines sinon des centaines d organisations paysannes. Les organisations paysannes se trouvent dans un processus de densification et de professionnalisation au niveau des secteurs, districts et provinces. C est surtout dans les Provinces du Nord que le niveau d organisation paysanne prend de l ampleur. Certains syndicats et fédérations existent depuis plus de 10 ans, indiquant un encrage structurel dans les zones rurales et une continuité dans la gestion (cfr Appendice VII pour plus de détails) Le Minagri compte mettre à profit la dynamique du mouvement associatif existant et promouvoir l organisation des agri-éleveurs en associations. Le PSTA prévoit des appuis technique, logistique et financier aux OP, surtout pour les Provinces où l organisation du monde rural est encore relativement faible. Il s agit notamment des Provinces de Kigali-Ngali, d Umutara, de Kibungo, de Kibuye et de Gikongoro Considérant le rôle très important des femmes dans l agriculture, le Minagri se fixe l objectif que les actions de développement agricoles bénéficient aussi bien aux femmes qu aux hommes. Pour les syndicats IMBARAGA et INGABO, opérant dans 7 Provinces du pays, la représentation des femmes se situent entre 40 et 60% des membres. Cette situation ouvre la porte pour effectivement atteindre cet objectif Le Minagri soutiendra activement la structuration des organisations à la base en unions et fédérations d OP. Cette stratégie est particulièrement indiquée pour les domaines où une intervention efficace exige la constitution d une masse critique. Tel est le cas notamment pour faire face à la question lancinante de réhabilitation et d extension des aménagements anti-érosifs aussi bien dans les exploitations familiales que sur les bassins versants, la gestion des marais et des bas-fonds, l approvisionnement en intrants, les formations techniques, la commercialisation des produits agricoles. 48

49 279. Le PSTA soutiendra également la participation des groupements d intérêt économique, organisés autour des filières précises, dans des réseaux interprofessionnels et de mettre les producteurs en relation avec les autres professionnels de la filière en question. Cette stratégie est important pour le développement des filières en général, et pour la rationalisation du mode de gestion des plantations collectives (thé, riz, café, etc.) et le développement de filières de nouvelles cultures en particulier Pour la période , le MINAGRI préconise un dialogue plus intensif avec les organisations paysannes et promeut la participation des OP dans différentes plates-formes de concertation Le Minagri, en étroite collaboration avec ses partenaires, formulera une nouvelle politique de vulgarisation, qui donnera un rôle essentiel aux organisations paysannes dans la prestation de services de proximité aux producteurs. Il a été démontré qu un certain nombre d OP ont déjà développé des actions de plaidoyer constructives et délivrent divers types de services appréciés par leurs membres. Pour préparer sa nouvelle politique de vulgarisation, le Minagri, en collaboration avec les autorités locales, le MINALOC, IMBARAGA et le réseau national des organisations paysannes de Rwanda (ROPARWA), organisera des prises de contact avec les OP opérant dans les districts. Considérant la diversité des OP, l objectif de cet exercice est principalement l identification d OP qui sont fortement orientées sur la prestation de services à leurs membres. Ce sont de telles organisations qui pourront jouer un rôle essentiel dans l approvisionnement en intrants, l innovation rurale, l appui conseil aux producteurs et l organisation de la commercialisation des produits agricoles En dialogue avec les OP et les autorités locales, le MINAGRI propose de créer un réseau de paysans-formateurs au niveau de tous les secteurs et cellules. Ces agents paysans apporteront des innovations, organiseront des démonstrations et joueront un rôle dans le suivi du secteur agricole En outre, les actions pour la période se concentrent sur la formation des organisations paysannes locales par des agents spécialisés des OP et sur la responsabilisation progressive de ces derniers pour assurer des fonctions de d appui conseil aux producteurs, sur la base des demandes des membres des OP. Le MINAGRI est conscient que la professionnalisation peut engendrer le risque que les OP s aliènent de leurs membres à la base. Une attention particulière va alors être accordée à la qualité des services rendus et le niveau de satisfaction des membres des OP, exprimés en nombre de cotisations aux OP en question. Une contribution préalable minimale devra être fournie par les bénéficiaires Dans le processus de la professionnalisation des OP, le Minagri se propose de jouer surtout un rôle de partenaire et de facilitateur. Sur la base du principe de subsidiarité, le MINAGRI encourage la collaboration internationale entre organisations de la société civile. Les expériences des partenariats internationaux existants montrent que ce modèle permet aux unions, fédérations et syndicats rwandais de se professionnaliser. Les projets actuellement en cours (PROPARWA / PIFA, projets d appui à IMBARAGA, INGABO, BAIR, FOR et autres), financés par la Coopération néerlandaise et l ACDI, se poursuivront dans les prochaines années Reforme des services de proximité aux producteurs et innovation rurale Le profil attendu de l agriculture à l horizon 2020 nécessite une véritable mutation du dispositif de vulgarisation pour qu il réponde aux besoins réels et aux demandes précises des communautés de producteurs dans un contexte institutionnel fondé sur la décentralisation, la professionnalisation des acteurs et des besoins spécifiques de chaque filière Le nouveau dispositif s inspirera des nouvelles politiques de vulgarisation basées sur : (i) (ii) (iii) le développement participatif et la diffusion d options technologiques spécifiques à chaque milieu et des formations et, informations des producteurs.; le développement de capacités endogènes par la formation de paysans novateurs au sein des OP, Cette formation se fera à partir des «champs d apprentissage 47», de rechercheaction de sorte à développer en eux un esprit d investigation. la recherche participative basée sur une définition participative des besoins des producteurs et qui associe la recherche, l appui conseil et les producteurs. 47 Farmers Field Schools 49

50 287. Le dispositif fonctionnera en priorité pour les productions les plus compétitives en fonction des orientations de la PAN relatives à la sélection dans les plans de district, de trois productions prioritaires qui feront l objet d appuis des services publics Les actions proposées dans ce domaine débuteront par l élaboration d une nouvelle politique d appui conseil et de recherche participative qui devrait aboutir à une restructuration des services de vulgarisation et à la mise en place d un dispositif d A/C adapté à la nouvelle politique agricole et où la coordination entre les services centraux et provinciaux sera construite sur l objectif de renforcer les capacités techniques des producteurs et de. répondre aux demandes prioritaires des communautés. Une politique d appui conseil aux producteurs sera élaborée au cours de l année 2005 ainsi qu une stratégie de communication en milieu rural Promotion de la recherche pour le développement de l agriculture et de l élevage Les actions de recherche pour le développement concerneront le renforcement des capacités des services publics en matière d appui à l intensification des productions végétales et animales. Ceci concerne particulièrement : (i) l augmentation de la capacité de production des semences de souche et de base, ainsi que de races améliorées de bétail par l ISAR et le SNS (laboratoires de cultures in vitro, capacités de satisfaire la demande en quantité et qualité) ; (ii) Le renforcement des capacités nationales en matière de protection des végétaux ; (iii) la mise au point de techniques culturales adaptées aux différentes zones agroclimatique notamment en matière d irrigation, de conservation et de fertilisaton des sols ; (iv) la mise au point de croisements de bétail adaptés, résistants et hautement productifs, de plans de prévention (prophylactiques) et de traitement appropriés, ainsi que de systèmes d élevage techniquement et financièrement performants et préservant l environnement Systèmes financiers ruraux et développement du crédit agricole 290. Les orientations du Gouvernement pour le secteur agricole consistent à augmenter les investissements dans le secteur de 8,3 à 14,7 Md Frw durant la première phase de de manière à stimuler suffisamment le secteur privé qui devra prendre progressivement la relève durant la deuxième phase pour laquelle la contribution de l Etat en secteur va décroître de 14,7 à 10,4 Mios FRw de C est dans cette optique que la stratégie sectorielle agricole met l accent sur le rôle microéconomique des acteurs dans le développement agricole. Le secteur financier doit à cet effet, jouer un rôle central dans la mobilisation de l épargne pour le financement du secteur par le crédit de type classique et de la microfinance Actuellement, la part du secteur financier dans l agriculture reste très marginale et ne représente que 2,3% du total de l encours des crédits à l économie. Les quelques acteurs du secteur financier dynamique dans le financement agricoles en 2003 sont l UBPR à hauteur de 1,5 Md FRw et la BRD avec 913 Mios FRw représentant respectivement 11% et 27% des portefeuilles de ces institutions. La contribution des banques commerciales reste très faible Les institutions de microfinance se développent mais leur capacité technique est très faible. Sur 292 institutions dénombré par la BNR, 17 seulement ont obtenu l agrément et 8 autres sont en cours d approbation. La part du crédit agricole dans la microfinance est faible et ne dépasse pas 5% du total des financements Pour faire participer le secteur privé dans l agriculture, une attention particulière doit être portée aux pauvres qui constituent la grande partie des producteurs et consommateurs des produits agricoles. Ils ont alors besoin d accéder aux services financiers, non seulement pour la consommation courante, mais aussi pour acquérir des intrants agricoles et d autres services financiers et sociaux. 50

51 295. Une stratégie visant à créer des services financiers de proximité et assurer le développement du crédit agricole va être développée à travers les actions suivantes : la promotion du crédit agricole à travers notamment la mise en place d un fonds de garantie agricole; l encouragement du secteur bancaire à intervenir dans l agriculture à travers un dialogue rapproché entre le Minagri et les services de crédit pour créer un partenariat et un échange continu d information sur le secteur agricole ; la mobilisation de lignes de crédit pour les crédits agricoles ; l harmonisation et la consolidation les différentes lignes de crédit des projets agricoles ; l appui à la création d institutions de microfinance au niveau des Provinces ; le renforcement des capacités financières et techniques de gestion de ces institutions ; La négociation avec les différents partenaires pour harmoniser les facilités et les conditions des prêts accordés aux opérateurs ; Les formations sur le crédit agricole et l encadrement des opérateurs sur la différenciation des produits financiers pour faciliter le choix du type de crédit adapté à leurs activités agricoles ; L intégration du refinancement des institutions de microfinance parmi les critères d éligibilité au fond de garantie agricole Promotion des filières, de l hortofruiticulture, et développement de l agribusiness 296. Ce programme comprendra trois sous programmes : (i) Création d un climat incitatif et promotion de l entreprenariat, (ii) Promotion et développement des filières et de l hortofruiticulture, (iii) Transformation et compétitivité des produits agricoles et (iv) les infrastructures rurales d appui aux producteurs Promotion et développement des filières et de l hortofruiticulture 297. Les critères de choix des filières et des spéculations hortofruiticoles tiennent compte de l importance du potentiel de production et d intensification, la génération des revenus tant sur le marché national, régional qu international, ainsi les possibilités de transformation, conservation et stockage Il est convenu que au cours de l année 2005, l accent soit mis sur la promotion des filières Thé et Riz. Les autres filières à promouvoir sont le café, le maïs, le haricot, le blé, les cultures oléagineuses dont le soja principalement ainsi que les fruits et légumes. Pour les productions animales, la filière retenue est le lait. Les actions d organisation et de préparation de l expansion de ces filières seront également entreprises, de manière à réunir toutes les conditions requises pour leur développement au cours des années suivantes. Les actions d accompagnement (intrants, semences, insémination artificielle, transfert d embryons, recherche et protection des végétaux) sont également initiées. Actions spécifiques à la filière Thé 299. L objectif prévu pour le thé est d atteindre une production de t de thé noir en l an Pour cela, il est envisagé de mener les actions suivantes : Intensification en vue de multiplier par 3 le rendement de feuilles vertes d ici l an (Fertilisation, nouveaux clones plus productifs, meilleur encadrement des producteurs et de leurs associations etc.) Améliorer la qualité de la feuille verte de 67% à 80%. Mise en place d une usine à thé à Mushubi et Nshili Poursuite du programme de privatisation des 8 usines de l OCIR Thé. Renforcer le partenariat en matière de recherche avec l ISAR (Mise en place d un laboratoire de culture de tissus in vitro, recherche de nouveaux clones etc.) Mettre en oeuvre des actions spécifiques de vulgarisation sur le thé (partenariat avec les associations de producteurs, partenariat avec les Banques populaires pour les facilités de crédits intrants etc.) Diversifier les produits mis sur le marché (thé noir, thé vert etc.) Assurer la promotion du Thé rwandais au Rwanda et à l étranger 51

52 Actions spécifiques à la filière Riz 300. Elles visent l élimination des importations et la couverture des besoins nationaux ainsi que la réalisation à terme de surplus exportables. Les hypothèses retenues dans le cadre de ce plan d action sont basées sur la poursuite des aménagements de périmètres rizicoles de façon à atteindre ha en l an 2009 et des rendements moyens de 5 T de riz paddy/:ha de façon à atteindre une production d environ t de riz usiné en l an C est dans ce cadre que les actions suivantes seront menées : Mobiliser les fonds supplémentaires pour poursuivre les aménagements de nouveaux périmètres rizicoles de façon à atteindre ha en l an Renforcer la recherche variétale, notamment pour les variétés hautement productives et à cycle court, garantissant 2 récoltes par an Renforcer les capacités des associations de producteurs pour une meilleure maîtrise du circuit d approvisionnement en intrants Renforcer les capacités des associations, dans la gestion du calendrier cultural, la gestion de l eau et la prise en charge du personnel d encadrement sur la base d expériences régionales éprouvées sur le Système de Riziculture Intensif Mettre en œuvre le processus de privatisation des unités de transformation Mettre en place des mesures incitatives aux privés pour l installation de nouvelles unités de transformation. Actions spécifiques à la filière Maïs 301. Elles visent à augmenter les rendements et la production de maïs dans un contexte d augmentation de la demande suite au changement des habitudes alimentaire. Il est prévu de doubler la production et atteindre t à l horizon C est dans ce cadre que les actions suivantes seront entreprises : Renforcer la recherche variétale en vue d améliorer la gamme de variétés disponibles Appuyer les initiatives privées pour une prise en charge accrue de la filière (organisation des producteurs, fourniture d intrants.) Mettre en œuvre des mesures de promotion du maïs en rotation avec la pomme de terre dans les zones de Ruhengeri et Gisenyi pour éviter les problèmes de monoculture de la pomme de terre. Promouvoir un partenariat entre l ISAR, les services de vulgarisation, les privés et les organisations des producteurs pour un meilleur transfert de technologies Faciliter les privés et les OP pour l accès au marché offert par les services publics et organisations humanitaires oeuvrant au Rwanda ou dans la sous région Mettre en place des mécanismes destinés à favoriser le changement des habitudes alimentaires des rwandais et augmenter la part du mais et de ses dérivés dans la ration alimentaire Actions spécifiques à la filière Blé 303. Elles s inscrivent dans la même logique de contribuer à la réduction des importations, de façon à atteindre une production d environ t en l an C est dans ce cadre que les actions suivantes seront développées. Prendre des mesures facilitant la mise en service rapide des minoteries de Gikongoro et Byumba et la relance de la production dans ces régions Renforcer le programme de recherche sur les variétés panifiables Offrir des facilités aux privés en vue d assurer le partenariat avec les organisations des producteurs pour la disponibilisation des intrants et l encadrement de la production Appuyer la formation des boulangers locaux en vue de promouvoir la consommation du pain et d autres produits à base de farine de blé. Promouvoir des programmes de technologies alimentaires destinés à valoriser au maximum le blé. Actions spécifiques à la filière pommes de terre 304. Elles permettront de satisfaire l offre au niveau national, notamment par l augmentation des rendements Il s agira en particulier de : Renforcer la recherche diversifier les variétés, améliorer la qualité et le potentiel productif en général 52

53 Augmenter la capacité de production des semences de souche (actuellement on a 30% des besoins nationaux) en vue de satisfaire le marché national et sous régional Appuyer la professionnalisation de la production des semences commerciales et en garantir la qualité. Renforcer les capacités commerciales des organisations de producteurs et des acteurs commerciaux en vue de garantir un approvisionnement régulier et des prix rémunérateurs aux producteurs Actions spécifiques à la filière Haricot 305. Elles visent à augmenter la production et le rendement de cette culture qui reste d une importance capitale dans l alimentation des rwandais, notamment pour ce qui est des protéines. Il s agira ainsi de : Développer les programmes de recherche pour améliorer la qualité des semences de haricot volubile (cycle végétatif court, présentation des graines et productivité) Assurer une disponibilité accrue des tuteurs via le développement accéléré de l agroforesterie Promouvoir la culture en rotation avec le maïs ou la pomme de terre Actions spécifiques aux cultures oléagineuses 306. Elles visent surtout à contribuer à réduire le déficit chronique en lipides. Les interventions seront concentrées sur le soja avec diversification par la promotion du tournesol et de l arachide. Accroître la capacité de production des semences de bonne qualité et de l inoculum pour le soja (Rhizobium) Développer des programmes de recherche développement sur la fertilisation minérale afin d augmenter le potentiel de production même dans les régions à sols acides Appuyer le développement des unités de transformation du soja en farines et autres produits dérivés (lait et tofu) Vulgariser la consommation des produits à base de soja Actions spécifiques pour la filière café L objectif visé pour le café est une production de t de café vert en 2010 dont 60% de café fully washed Les actions de promotion de la filière café visent à la fois l augmentation de la quantité et de la qualité : a) Concernant l augmentation de la quantité, il est prévu : L intensification et l amélioration des techniques culturales (Taille de régénération, fertilisation minérale, lutte contre les maladies ) Le remplacement des vieux caféiers et extension des plantations de café avec de nouvelles variétés productives et résistantes aux maladies (production de 69 millions de plants d ici l an 2010) Renforcement de la recherche sur les nouvelles variétés et la lutte contre les maladies La restructuration de la vulgarisation avec la mise en place de 5 zones caféicoles L appui aux associations de caféiculteurs (accès plus facile aux intrants et matériel) b) Les Actions visant l amélioration de la qualité Augmenter la quantité de café standard (centres de dépulpage, accès au crédit) Augmentation de la quantité de café fully washed (viser 60% de café fully washed avec la mise en place de 107 stations de lavage d ici 2010 d une capacité de 200t/an de café vert) Faire la marketing du café rwandais (recherche de marché, organisation et participation aux foires et expositions) Assurer le contrôle de la qualité Promouvoir la consommation du café rwandais au Rwanda. 48 Source : OCIR Café

54 Actions spécifiques pour la filière hortofruiticole 309. L objectif visé pour l hortofruiticulture est de relancer l activité de production sur une base perrenne. Cela suppose la mise en place d un mécanisme de fret aérien approprié et durable; le perfectionnement technique en matière de production ; l amélioration du cadre organisatinnel et la professionalisation en matière d exportation Sur le plan technique, les actions à mettre en œuvre ont trait à : la mise en place dans le cadre de la vulgarisation d un service spécialisé pour la formation d encadreurs, l agréage de proximité (champs et centres de conditionnement) en matière de normes et de qualité de la production, d emballage et de procédures de traçabilité Un appui institutionnel sera apporté aux exportateurs en vue d une meilleure organisation et de la professionalisation de leur métier notamment en matière d exploration permanente des marchés (veille commerciale) ; la promotion continue des produits rwandais sur les marchés extérieurs ; l organisation rationnelle et efficace de l exportation ; et des contrôles très stricts de qualité Il est envisagé coopérer avec les autres Ministères concernés, en vue de mettre en place une infrastructure et des équipements de support appropriés, notamment la mise en place d une chaine de froid adéquate en commençant par la réhabilitation des chambres froides de l aéroport de Kanombe. Actions spécifiques pour la filière lait 313. Le développement de la filière lait sera étroitement lié à l action d amélioration de la performance du bétail bovin et de modernisation et d intensification de son exploitation. L objectif global est de réduire la taille du cheptel bovin à têtes en 2020 au lieu des actuelles tout en augmentant la production laitière pour couvrir des besoins estimés à 180 litres par habitant au lieu des 12 litres actuels. Cela suppose une amélioration génétique importante qui sera basée sur des croisements par insémination artificielle, des transferts d embryon et l importation de vaches de race pure. Les hypothèses de travail suivantes sont retenues: le cheptel actuel est composé de 86% de races locales, 13% de croisements et 1% de race pure exotique. Le processus de croisement proposé est de 5% en année 1 et 2% annuels pour les années qui suivent, Parallèlement 18% du cheptel de race locale sera éliminé et servira à fournir de la viande au marché. Ceci réduira le bétail local à têtes en 2020 Le bétail croisé qui constitue actuellement 13% de la population passera à têtes en 2020 Les importations de race pure continueront au rythme actuel de 500 têtes/an jusqu à Avec le croît naturel cette catégorie passera à têtes en 2010 contre 9800 actuellement.. contre pour atteindre les objectifs en production animale La production totale de lait attendue est de millions de litres ce qui correspond à une production moyenne de environ 3000 litres de lait par vache, ce qui représente une performance moyenne de 10 à 15 litres de lait par jour et par vache Les accompagnements nécessaires en matière de santé animale porteront sur l organisation d un système de fourniture de services vétérinaires et d insémination artificielle qui seront progressivement transférés au secteur privé et sur l encouragement aux organisations professionnelles dans la mise en place dans les centres laitiers principaux d un système adéquat de collecte et de transformation du lait, basé sur des critères de qualité et d hygiène conformes aux bonnes pratiques notamment au niveau de la mise en place des chaînes de froid et des labos de contrôle de qualité. Actions spécifiques pour la filière viande 316. Le développement de la filière viande passera par l intensification des techniques de production, la promotion des investissements modernes d abattage, de transformation, de conservation et de transport de la viande produite. L effort va porter également sur la diversifation de manière à produire de la viande caprine, porcine, bovine, du poulet de chair et d autres espèces. L objectif est de maintenir le taux de croissance de la production de viande entre 14 et 18% par an de manière à faire passer la disponibilité de 5kg par personne et par an en 2002 à environ 34kg par personne et par an en

55 317. Les actions spécifiques consistent à promouvoir le financement des investissements en fermes intensives d élevage (bovin, caprin, aviculture, etc) ainsi que des abattoirs et équipements modernes de transport et de conservation à travers le mécanisme de fonds de garantie agricole La promotion de service d encadrement vétérinaire se fera en soutenant les initiatives des organisations des éleveurs, des vétérinaires privés, ainsi que des fermiers ou des organismes capables d offrir des services de proximité à d autres éleveurs. Actions spécifiques pour la filière cuirs et peaux 319. Le développement de la filière viande va entraîner l intensification des activités en rapport avec les cuirs et les peaux Les actions spécifiques consistent à promouvoir la production de peaux de bonne qualité et le travail du cuir par des artisans et des PME à travers la formation, le financement et l appui institutionnel aux corps de métiers impliqués dans ces processus Transformation et compétitivité des produits d origine animale et végétale 321. Le diagnostic a permis de montrer que la transformation des produits agricoles est un facteur important de compétitivité dans la mesure où elle améliore la qualité intrinsèque des produits, permet leur diversification et leur présentation. En effet, la compétitivité d un produit tient en considération le type de produit, sa qualité, son prix de revient, la stabilité de la production et tout le marketing qui intervient pour approcher les acheteurs et les fidéliser. La productivité est un facteur important de la compétitivité des produits agricoles La stratégie retenue est de développer l agribusiness par la promotion de la compétitivité des produits agricoles rwandais et la création d un environnement favorable aux investissements dans l agriculture Les actions et mesures destinées à augmenter la productivité sont présentées dans le programme traitant du développement des systèmes de production durables. Elles concernent surtout l investissement dans la protection/valorisation des sols et l amélioration des services de proximité (disponibilité et utilisation accrue des intrants, recherche agronomique et conseil vulgarisation réformés et orientés vers la demande) 324. La deuxième série d actions nécessaires pour l accroissement de la compétitivité est en rapport avec le développement des infrastructures. Il s agira pour l Etat d investir dans les infrastructures de base (électrification, adduction d eau, routes etc.) en vue de créer des conditions favorables à la mise en place des unités de transformation par les privés (stations de lavage du café, usines à thé, minoteries et autres unités de transformation, construction de marchés, télécommunications et ICT etc.). Il est également envisagé que l Etat investisse dans certaines infrastructures indispensables avec possibilité d en céder la gestion aux privés (usines ou unités de transformation, chambres froides à l aéroport pour attirer les investisseurs étrangers et promouvoir l exportation ;). Les opérateurs privés seront encouragés à investir dans les camions frigorifiques pour la collecte de produits périssables dans des zones éloignées en vue disposer d une chaîne de froid ininterrompue La recherche et la pénétration sur les nouveaux marchés sont capitales en matière d agribusiness et de compétitivité. C est dans ce cadre que des actions de promotion seront entreprises, notamment pour l identification des niches ; la certification ; le respect des normes de qualité exigées par les marchés ; le développement du modèle de fair-trade. Des mesures seront aussi prises pour profiter le plus possible des avantages de l AGOA. Les ambassades rwandaises devront jouer un rôle accru dans la promotion du commerce et le Gouvernement encouragera l organisation des expositions au niveau national et provincial ainsi que la participation des opérateurs aux foires agricoles à l étranger Le rôle essentiel du Gouvernement est de créer le cadre politique, économique, social et légal qui est suffisamment incitatif et propice à l entreprise privée de sorte que les entrepreneurs assument pleinement le risque de leur investissement, et bénéficient pleinement des fruits qui en découlent. L aide des pouvoirs publics concernera surtout le financement des études préalables à la création d entreprises, y compris la visite à des entreprises dans des pays voisins, la recherche agronomique et la recherche de 55

56 prototypes ou procédés adaptés, des essais pilotes, les études de marché et la recherche de l information, l appui aux investissements (crédit bonifié, code des investissements, avantages fiscaux) C est dans ce cadre que : (i) les interventions du CAPMER seront accrues ; (ii) le code des investissements sera réactualisé en vue de le rendre plus incitatif, en tenant compte des propositions de différentes parties prenantes (RIEPA, Fédération Rwandaise du Secteur Privé, Interprofessions etc. ) ; (iii) La coopération dans le domaine de l agribusiness avec des pays partenaires sera être encouragée ; (iv) un centre d information avec facilités de e-commerce sera créé pour le recueil et la diffusion d informations sur les opportunités d affaires et de marchés agricoles ; (v) des mesures incitatives pour favoriser les PME/PMI seront développées (formation des investisseurs potentiels pour la préparation des dossiers de projet en vue de soumission à la banque - approche CEFE ou autres ; création d un centre d incubation pour les innovations et la promotion d entreprises agricoles) Infrastructures rurales d appui aux producteurs 328. Le diagnostic du secteur a mis en évidence un manque crucial d infrastructures pour accompagner la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles La stratégie pour ce secteur sera basée sur : La mise en œuvre des plans de développement locaux et la mobilisation des ressources et des communautés de base, La mobilisation des ressources financières notamment dans le processus de renforcement du FDC, Le développement d infrastructures de base pour le développement des filières, L implication totale et le renforcement de la capacité des communautés de base dans la gestion et l entretien des infrastructures Les objectifs spécifiques suivants ont été fixés pour la période allant jusqu à 2020 : Le réseau routier en bon état passera de 0.54km/km2 en 2000 à 0.60km/km2 en 2020, la consommation annuelle d électricité passera de 30kwh par habitant en 2000 à 100kwh par habitant en Les actions que mènera le PSTA s inscrivent dans ce cadre à long terme. Cependant, la période sera consacrée principalement à : Dans le domaine de l élevage : La densification des points d abreuvement dans les zones à fort déficit Le renforcement des actions de développement des marchés locaux agricoles et pour le bétail La mise en place des services para-vétérinaires de qualité Le développement des centres de collecte de lait et de refroidissement autour des associations d éleveurs Dans le domaine des infrastructures routières Le développement et la réhabilitation des pistes de desserte La mobilisation des bénéficiaires en vue d assurer l entretien des infrastructures par les agriculteurs organisés en particulier autour de grandes filières de production ou des unités de transformation Dans le domaine de la commercialisation, la conservation et la transformation des produits Le développement des infrastructures de conservation et de stockage autour de grandes filières d exportation ainsi que les chambres froides pour faciliter l exportation des produits L augmentation du nombre des stations de lavage de café pour accroître la production du café de spécialité L élaboration d un programme d électricité rurale. 56

57 Création d un climat d affaires incitatif et promotion de l entreprenariat 332. Un des volets de la stratégie concerne le renforcement des capacités des prestataires de services (PS). Les PS qui en ont le plus besoin sont constitués d ONG s locales, d associations ou groupement d associations, de jeunes bureaux d études ou de privés qui offrent régulièrement ou ont la possibilité d offrir des biens ou des services de proximité aux bénéficiaires. Il s agit souvent de délivrer des services d études, d appui divers (formation, appui à la gestion, etc.) ou d approvisionnement en intrants. Ce volet concernera également les institutions publiques clés telles que la recherche, la vulgarisation, le service de promotion de la compétitivité et de l agribusiness, les laboratoires, la production des semences de pré base et des animaux de génotypes appropriés, ainsi que les établissements de formation agricole Le second volet de cette stratégie concerne la privatisation des établissements ou de services publics qui de par leur nature, ont un caractère suffisamment attractif pour le privé. Il s agit notamment de la poursuite des actions en cours en matière de privatisation des entités des filières thé et riz, de l approvisionnement en intrants (engrais, bétail amélioré, pesticides, etc.), la multiplication de semences sur certains segments de la filière semencière, certaines activités d encadrement, la commercialisation d engrais, etc. Cette option entraîne un désengagement non ambigu de l Etat de ces secteurs pour ne pas hypothéquer l émergence des initiatives privées. A bouger dans les programmes 7.4. Développement institutionnel 334. Ce programme est composé de trois sous programmes : (i) le cadre légal et réglementaire ; (ii) Réformes et appuis institutionnels au services publics, et (iii) Coordination et Suivi/Evaluation du secteur agricole Le cadre légal et réglementaire 335. Pour pouvoir faire face à sa mission, le Minagri va procéder durant l année 2005 à une révision de son cadre organisationnel (restructuration du Ministère) et à la révision et la réactualisation des lois. Parmi celles-ci, la nouvelle loi foncière devra trouver les textes d application et les diverses lois en rapport avec les domaines des intrants, la prévention sanitaire, la gestion des ressources naturelles, et l incitation de l entreprenariat du secteur privé et de la professionnalisation seront réactualisés là où cela s impose Réformes et appui institutionnel aux services publics 336. Le Minagri va procéder également à une série de réformes aussi bien sur le plan organisationnel que du point de vue de son fonctionnement Les réformes vont toucher notamment les services de vulgarisation, les établissements publics ou parapublics sous tutelle du Minagri, etc. en vue d adapter ces structures aux nouvelles missions. Ces réformes seront effectuées sur la base de l analyse institutionnelle effectuée en 2003 et dont les recommandations feront l objet d un plan de mise en œuvre dans le cadre des appuis prévus à partir de 2005 sur des financements extérieurs. Trois partenaires au développement ont déjà exprimé leur disponibilité pour appuyer le MINAGRI dans cette action fondamentale Coordination et suivi-évaluation du secteur agricole 338. La décentralisation, le désengagement de l Etat des secteurs productifs et la promotion d interventions diversifiées dans le secteur agricole amèneront le Minagri à renforcer ses fonctions de planification et de coordination Les actions urgentes prévues dans ce domaine sont les suivantes : (i) définir un système de planification cohérente et intégrée ; (ii) reconstituer ou renouveler une base statistique solide qui donne une vision actualisée et exacte du secteur ; (iii) mettre en place un système dynamique et participatif de suivi-évaluation et une gestion de l information construite sur une base de données intégrée ; (iv) (v) recruter et former du personnel chargé d assurer le pilotage du secteur, de mettre en place aussi un cadre de dialogue avec les fédérations et réseaux des producteurs, du secteur privé et des ONGs. 57

58 (vi) de développer des actions d appui en matière de renforcement des capacités (formation, information, assistance technique et appui divers) avec les fédérations et réseaux des producteurs, du secteur privé et des ONGs Dans ce contexte, les nouvelles technologies de l information et de la communication (ICT) seront mises à contribution pour appuyer les fonctions traditionnelles de ce pilotage, mais également une nouvelle forme de communication tant interne qu externe au Minagri En complément aux instruments mis en place en matière de communication et du suvi-évaluation du secteur, le Minagri va s appuyer sur le «cluster de développement rural» et sur les comités interministériels ou intersectoriels pour assurer la coordination des intervenants dans le secteur agricole. VIII. CONTRIBUTION DES SECTEURS DE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT AGRICOLE 342. La réalisation effective des objectifs et des actions prioritaires retenues au niveau des différents axes stratégiques du PSTA dépend étroitement de la contribution des secteurs de soutien décrits ci-dessous : 8.1. Gouvernance et Développement local 343. Le processus de décentralisation a permis de responsabiliser les pouvoirs locaux et abouti à une situation qui a coupé les relations directes entre le MINAGRI et les producteurs. Des mécanismes et modalités adaptées à la nouvelle situation seront mis en place pour que les demandes émanant des producteurs et de leurs communautés de base reçoivent les appuis contenus dans le plan d action du ministère Les besoins des bénéficiaires, recueillis à travers les ateliers participatifs et rassemblés dans une base de données serviront de vitrine pour tous les intervenants en vue de faciliter l utilisation de ces informations dans l identification, le financement et le suivi des micro projets agricoles initiés par les communautés de base de manière décentralisée Environnement, Eau et Sécurité foncière 345. Etant donné que les problèmes environnementaux intéressent tous les sous-secteurs agricoles, l attention à cet aspect sera intégrée de manière transversale dans toutes les actions : lutte anti-érosive intégrée ; promotion des cultures en couloirs, usage rationnel d engrais, de produits vétérinaires et de pesticides ; gestion rationnelle des pâturages et des systèmes intensif d élevage ; la promotion de la fumure organique, de méthodes biologiques de cultures et de l agroforesterie Une action spéciale de gestion rationnelle de l eau sera développée en matière d exploitation et de conservation stockage. Un plan spécial sera conçu pour les zones à haut risque de sécheresse (Bugesera et Umutara), ainsi que pour les écosystèmes fragiles tels que les marais Le MINITERE prévoit de mettre en œuvre des décrets d application de la nouvelle loi foncière. Le Minagri sera appelé à apporter une contribution dans ce processus étant donné l importance de la sécurisation foncière sur l intensification et la diversification de la production. Des structures sous forme de groupes de travail seront constituées entre les ministères concernés et une application d une démarche unifiée pourrait intervenir dans le cadre des actions pilotes proposées pour les bassins versants retenus dés Education et Recherche scientifique 348. En matière d éducation, le Minagri compte sur le secteur éducatif pour intégrer à tous les niveaux l enseignement des notions de base en faveur de la préservation des ressources naturelles, la valorisation de la profession d agriculteur et l acquisition des principes de base pour une agriculture saine, profitable et durable. Des cours devraient être introduits notamment dans le cadre des sciences ou de l étude du milieu. 58

59 349. Les écoles devraient servir dans leur environnement immédiat de centres de démonstration, tout comme elles pourraient servir de pôles modèles de productions ou de diffusion d intrants, dans le cas des écoles secondaires avec internat tout au moins. Le Ministère en charge de l éducation pourrait, en collaboration avec les communautés de base et l appui des services du Minagri, organiser dans le cadre de l alphabétisation fonctionnelle, des modules de formation et de vulgarisation sur base du «Guide» et d autres matériaux appropriés. Une harmonisation des actions d alphabétisation sera donc recherchée au niveau de la mise en œuvre de tout projet de développement piloté par le Minagri Les instituts universitaires ou d enseignement supérieur (Faculté d agronomie de l UNR, KIST, IRST, ISAE, etc.) devraient être impliqués dans l action de formation et de vulgarisation de nouvelles techniques et technologies agricoles Un module spécial de recherche adaptative axé sur les priorités du PSTA devrait être incorporé dans le plan d action de l ISAR. Une action de multiplication des écoles de formation agricole et vétérinaires sera menée et des initiatives indépendantes dans ce secteur seront soutenues Commerce, industries et artisanat 352. Le commerce, l industrie et l artisanat ont un rôle clé dans la transformation alimentaire et l incorporation de la valeur ajoutée dans les produits de consommation locale ou extérieure La transformation alimentaire, axée sur la fiabilité et la qualité, permet d avoir des produits à haute valeur ajoutée qui répondent aux goûts et préférences des consommateurs. Pour y arriver, il faut un ensemble de stratégies agricoles centrées sur les trois axes ci-après : (i) Amélioration et renforcement du cadre institutionnel ; (ii) Promotion de l agri business par la transformation des produits agricoles, la recherche de la fiabilité et de la qualité (iii) Stimulation de la participation active du secteur privé L amélioration et le renforcement du cadre institutionnel passeront par la révision du cadre légal et réglementaire Ce dernier doit pouvoir créer d abord les conditions favorables à la sécurité hygiénique des produits alimentaires. Une étude va être menée en vue de mettre sur pied une agence ou un autre cadre spécialisé de normalisation et de sécurité de l hygiène alimentaire Cette structure serait responsable de la coordination des activités d établissement et de contrôle de normes an matière de sécurité d hygiène alimentaire nationale telles que : le contrôle des importations alimentaires ; la certification des exportations alimentaires ; la certification des industries alimentaires ; les programmes d éducation et d extension sur les bonnes pratiques culturales ; le contrôle des dangers au niveau des produits alimentaires ; l exécution des activités relatives aux produits alimentaires au même titre que le Bureau National de Normalisation ; renforcer la capacité nationale notamment celle du Bureau National de Normalisation, et développer des laboratoires nationaux pour accomplir les tâches spécifiques La promotion de l agri business cherche à améliorer la valeur ajoutée des filières spécifiques afin de servir les marchés intérieur et extérieur. La qualité commence au niveau de la production, les bonnes pratiques culturales devraient être introduites pendant la production pour éviter de prendre des mesures correctives quand c est tard et que des pertes ont déjà été enregistrés Le Minagri compte mettre en place dès l année 2005 un service chargé de la promotion de l agribusiness et de la compétitivité. Le mandat de ce centre comporte entre autres actions spécifiques: assurer la formation des associations des producteurs (tenue des livres, bonnes pratiques culturales, l utilisation des intrants et des techniques modernes de conservation) ; mettre sur pied un code des pratiques culturales pour les producteurs des pratiques culturales et établir le concept de régulation et de certification au sein des associations ; développer un programme pour la promotion des petites industries alimentaires ; développer un programme de standards de sécurité alimentaire internationaux pour les petites industries alimentaires localement (HACCP) à travers la formation des formateurs en associant les institutions universitaires et les centres de recherche (KIST et autres); développer un appui institutionnel pour les petites industries alimentaires, notamment en formant les fabricants d équipement, les ateliers de maintenance, avec le support des institutions universitaires et les centres de recherche (ex. centre pour le transfert d innovation et de la technologie du KIST) ; promouvoir la collaboration entre le MINAGRI et les institutions impliquées dans les programmes de transformation alimentaire (KIST, ISAR, 59

60 ONGs etc) ; créer et soutenir une association regroupant les personnes qui travaillent dans la transformation alimentaire pour mieux partager l information relative à la transformation alimentaire ; stimuler chaque année la promotion de deux ou trois cultures à haute valeur ajoutée (stimuler la diffusion et vulgarisation des résultats de la recherche sur ces produits, initier des programmes pilotes de transformation, développer le marketing tant au niveau des marchés intérieur qu extérieur) ; développer des mesures incitatives pour accroître les investissements dans le domaine de l agribusiness ( améliorer l accès au crédit ; renforcer le partenariat entre le secteur public et privé notamment en matière des investissements de base, de marketing, etc.) Les considérations ci-dessus indiquent que le secteur du commerce, de l industrie et de l artisanat est appelé à jouer un rôle clé pour favoriser la mise en œuvre du PSTA. En plus de ce qui est indiqué cidessus, les actions complémentaires suivantes sont attendues: (i) promouvoir les services d accès à l information, à la formation et aux marchés locaux, régionaux et internationaux ; (ii) développer à travers les institutions appropriées de nouvelles technologies de transformation, de conservation et des techniques de communication et de marketing ; (iii) établir des normes correspondant à des standards internationaux en matière de sécurité, de prévention et d hygiène alimentaire ; (iv) favoriser la mise en réseau des associations d entrepreneurs agro-industriels avec d autres organisations régionales et internationales ; (v) promouvoir les initiatives et les activités de nature à développer l artisanat et l industrie Santé et protection sociale 360. Les domaines de la santé et de protection sociale seront appelés, dans le cadre du PSTA, à coopérer davantage avec le secteur agricole sur beaucoup de zones de responsabilités. Cette collaboration couvre notamment : (i) l état nutritionnel des populations et la surveillance nutritionnelle particulièrement des enfants, des femmes enceintes et des personnes malades (obésité, mal nourris, VIH/SIDA) ; (ii) l alimentation des autres groupes vulnérables (orphelins, veuves, personnes âgées, personnes démunies, etc.) Des mesures appropriées seront prises pour contribuer à la protection et à l insertion sociale des personnes porteuses ou malades du SIDA notamment en assurant la prévention sanitaire des produits alimentaires par des contrôles de la qualité des aliments et des endroits destinés à leur manutention ou transformation Il s agit aussi de mettre en place des mécanismes de suivi général de la situation alimentaire du pays et de s assurer que les instruments de prévisions des récoltes et d alerte rapide mis en place dans le cadre de ce suivi pour détecter les risques de déficit alimentaire ou de catastrophe dans le domaines fonctionnent à temps pour prévenir la faim ou secourir les personnes sous menace Infrastructures de transport et de communication (ICT) 363. Une collaboration est requise avec les Ministères ayant en charge les infrastructures de transport, la communication et l ICT notamment pour : (i) la réhabilitation et l extension des réseaux routiers ; (ii) la promotion du charroi de transport de marchandises, l allègement des tracasserie administratives et la diversification des voies et des corridors de commerce régionaux et internationaux ; (iii) la diffusion et l usage en milieu rural et auprès des professionnels du secteur de nouvelles technologies de l information Secteur financier 364. Pour que le secteur financier joue pleinement son rôle de catalyseur pour les investissements dans le secteur agricole, des efforts particuliers doivent être menés par le Gouvernement et les autorités monétaires pour renforcer et approfondir le secteur financier afin de pouvoir répondre à la demande potentielle des crédits agricoles. Amérioration des capacités du secteur financier à faire face aux besoins du secteur agricole devra nécessairement passer par la diversification des instruments et des produits financiers tels que la création (i) d un marché des capitaux pour la mobilisation locale des ressources longues ; (ii) d une société de capital risque pour appuyer l insuffisance des capitaux relatifs aux projets agricoles rentables ; (iii) d une société de leasing (crédit-bails) pour financer entre autre des équipements et outillages nécessaires à la modernisation et à la transformation de l agriculture, et (iv) d un système de garantie du crédit agricole dont létude pour la mise en place vient d être finalisée. 60

61 365. Le rôle des institutions financières en matière de crédit agricole devrait être clarifié en vue de faciliter le dialogue avec les opérateurs du secteur agricole. Ainsi les services financiers de proximité devraient être développés à travers la mise en place d une réglementation appropriée, le renforcement des capacités des institutions de microfinance et la mobilisation extérieure des ressources pour le refinancement de ces institutions. A cet égard l initiative mircofinance à la BRD devrait être soutenue en particulier pour stimuler les initiatives de microfinance dans l agriculture L UBPR a un rôle crucial à jouer dans le financement des PME/PMI agricoles en milieu rural. A cet effet, des accords entre le MINAGRI et l UBPR seront établis en vue de canaliser les lignes de crédit à mobiliser. L UBPR servira ainsi d intermédiaire pour que les PME/PMI agricoles puissent bénéficier du fonds de garantie agricole Les banques commerciales devront être encouragées à accompagner la BRD dans le financement de l agri-business et l agro-industrie. Vu sa mission, la BRD devra favoriser le financement des entreprises naissantes dont les besoins financiers pour l extension et les fonds de roulement seraient pris en charge par les banques commerciales. TROISIEME PARTIE : PLAN D ACTION ET PLAN INDICATIF DE FINANCEMENT IX. CADRE LOGIQUE ET PLAN D ACTION 368. Le Cadre logique du PSTA et le Plan d action détaillé sont présentés en appendice 1 et 2. Cette présentation permet de montrer les cohérences entre les objectifs, les résultats et les actions proposées Contenu du plan d action 369. Un plan d action du PSTA pour la période est repris en appendice II. Il reprend programme par programme les sous programmes, les objectifs spécifiques, les résultats attendus, les actions à mener et les responsables chargés de sa mise en exécution Modalités de mise en œuvre Mise en cohérence et défis d articulation 370. Il s agit de mettre en cohérence le PSTA avec les autres cadres stratégiques existant et futurs notamment le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté et la Stratégie de Développement rural (SDR). Le gouvernement est en train de finaliser une stratégie du développement rural ave la BM, le MINAGRI sera partie prenante, le groupe de travail permanent qui sera mis en place veillera à ce que la SDR tienne en compte les éléments stratégiques et les programmes prioritaires qui y sont inclus et fasse en sorte que les cohérences nécessaires soient assurées. En outre le PSTA devra tenir compte des rapports étroits qui existent entre les mandats du MINAGRI, du MINALOC, du MINITERE etc, et doit donc prévoir un cadre d harmonisation de leurs différentes stratégies. Cet exercice devra être complété avant la fin de l année de transition du PSTA. avec les autres programmes et projets. Il s agira des projets identifiés dans le cadre de la contribution de soutien des autres secteurs publics et privés d une part et des projets identifiés dans les plans de développement locaux. Dans cet exercice il conviendra d exploiter les travaux des ateliers de consultations à la base et de mettre à jour les plans de développement des districts pour mieux tenir compte des besoins et des demandes de l agriculture au niveau local. 61

62 Figure n 2 : Schéma : Vers une dynamique locale de développement agricole Mesures d accompagnement - Approvisionnement en intrants - Micro-finance et crédit agricole - Santé animale et protection des végétaux - Recherche-développement et appuis-conseils - Promotion SME/SMI - Infrastructures et aménagements - Production végétale Production animale - Cultures vivrières - Recapitalisation du cheptel - Cultures d exportation Intégration - Élevage bovin - Cultures de rente pour marché intérieur - Élevage des petits ruminants, volaille, lapins - Cultures de niche Agriculture - élevage - Pêche et pisciculture - Horticulture - Apiculture Conservation des eaux et sols et GRN - Lutte anti-érosive et aménagement des bassins versants - Intégration des ligneux aux systèmes de culture -.. Organisations paysannes et professionnalisation des producteurs - Promotion de l organisation des producteurs - Promotion d interprofessions par filière - Concertation avec secteur public et privé - Formations techniques - Formations méthodologiques (organisation, gestion,.) -. 62

63 371. Dans cet exercice de mise en cohérence, cinq défis d articulation ont été identifiés et sont décrits dans les paragraphes qui suivent La mise en relation de différents acteurs intervenant dans le secteur agricole. La Politique Agricole Nationale indique clairement que le secteur agricole est un secteur dont le développement dépend largement du secteur privé, notamment les producteurs et les opérateurs économiques. La transformation du secteur agricole demande le concours d un grand nombre d acteurs (organisations paysannes, secteur privé, services publics, autorités locales, ONG ). C est cette caractéristique fondamentale du secteur qui explique largement pourquoi les approches du passé, marquées par l étatisation des moyens de production et la planification centralisée, n ont pas atteint les effets escomptés. La transformation de l économie rurale nécessite donc les efforts conjugués d une triade de développement, composée du secteur public, du secteur privé et de la société civile. Le premier défi est alors de promouvoir dans la mise en œuvre du PSTA les échanges et la concertation entre les différents groupes d acteurs et de formuler des stratégies qui intègrent des mesures et interventions qui permettent aux différents groupes d acteurs de jouer les rôles qui leurs sont dévolus La coordination des appuis techniques et financiers. Dans la situation actuelle, une multitude de projets interviennent dans le secteur agricole d une manière insuffisamment coordonnée. Cette situation occasionne des manques de concertation et d efficience : cohabitation de différentes stratégies, morcellement des interventions, duplication d efforts, gaspillage de fonds et d énergie, discontinuité dans les réformes engagées. Considérant ces défaillances, le Gouvernement, de concert avec ses partenaires, entend évoluer progressivement de l approche projet vers l approche programme qui présente les avantages suivants : vision sectorielle partagée, collaboration entre partenaires pour mettre en œuvre une même stratégie, combinaison des ressources humaines, logistiques et financières, clarification des rôles et continuité institutionnelle. La mise en place du Cluster de développement agricole en est une expression. Le deuxième défi est alors d évoluer vers des approches mieux harmonisées (par ministère et bailleurs concernés) et d avoir des outils et des mécanismes qui assurent une bonne coordination de la planification, de la mise en œuvre et du suivi-évaluation des programmes de développement agricole L articulation du niveau national aux niveaux décentralisés. Les Entités Décentralisées, à savoir les Provinces, les Districts, les villages et même les secteurs ont dans leurs attributions l élaboration de leurs plans de développement. Les politiques et stratégies des entités décentralisées s inspireront du contenu des Documents Nationaux. Le guide de l élaboration des stratégies sectorielles et des plans décentralisés indique qu il s agit d une démarche itérative «car la planification au niveau national puise aussi dans les stratégies décentralisées». L approche d élaboration des plans décentralisés est en principe la même que celle adoptée au niveau sectoriel national. Elle est également basée sur une perception systémique des problématiques de développement et sur la concertation entre plusieurs acteurs, afin d identifier : (1) les problèmes et leurs causes, (2) les contraintes (3) les potentialités (4) la hiérarchisation des problèmes (5) les solutions à envisager, ainsi que les stratégies à mettre en œuvre. Les entités décentralisées ne sont pas tenues de considérer tous les secteurs de la vie régionale ou locale. Elles élaborent les politiques et stratégies des secteurs qu elles considèrent comme prioritaires. L élaboration des Plans de Développement des Provinces s appuie sur les Plans de Développement des Districts. Le guide du MINECOFIN souligne que le Plan de Développement de la Province n est cependant pas l addition ou la synthèse des PDC. Il fait l analyse des problèmes provinciaux prioritaires, et propose des actions qui dépassent les Districts pris individuellement ou celles qui concernent plusieurs Districts, dans le but de faciliter la mobilisation des ressources et la coordination des interventions L élaboration du PSTA a été postérieure à l élaboration des Plans de Développement Communautaire (PDC). Dans la mesure où la grande majorité des Districts ont déjà formulé leurs PDC, il risque d y avoir un manque d intérêt ou une réticence de la part des bénéficiaires de participer à la formulation de la stratégie de développement agricole nationale, car la plupart des activités agricoles inscrites dans les PDC n ont pas encore trouvé des financements. Le troisième défi est alors de combiner les efforts techniques et financiers consentis au niveau central avec ceux des niveaux décentralisés, sur la base du principe de subsidiarité qui stipule que des actions de développement et/ou de gestion des affaires devraient être menées par les acteurs appropriés et aux niveaux les mieux indiqués L articulation des budgets et flux financiers au cadrage macro-économique national et à l environnement multi-acteur du secteur. Les politiques nationales considèrent le secteur agricole comme le tremplin de la lutte contre la pauvreté. La croissance économique dans le secteur primaire permettrait 63

64 aux ménages ruraux de sortir de leur situation de pauvreté généralisée. Cette croissance économique inciterait également le développement progressif des secteurs secondaires et tertiaires dans les zones rurales, ce qui permettrait la création d emplois hors agriculture. Toutefois, la majorité des exploitations agricoles se retrouvent encore dans une économie de subsistance. La stratégie de développement agricole devrait concilier l orientation commerciale à l orientation développement. La transformation d une agriculture orientée sur le marché doit aller de pair avec la recherche de la sécurité alimentaire et la préservation de l environnement. Et en outre, dans le contexte de la lutte contre la pauvreté, il est important de veiller à ce que les différentes couches sociales, notamment les plus vulnérables, profitent de la croissance économique préconisée L articulation de l orientation commerciale à l orientation développement. Les politiques nationales considèrent le secteur agricole comme le tremplin de la lutte contre la pauvreté. La croissance économique dans le secteur primaire permettrait aux ménages ruraux de sortir de leur situation de pauvreté généralisée. Cette croissance économique inciterait également le développement progressif des secteurs secondaires et tertiaires dans les zones rurales, ce qui permettrait la création d emplois hors agriculture. Toutefois, la majorité des exploitations agricoles se retrouvent encore dans une économie de subsistance. La stratégie de développement agricole devrait concilier l orientation commerciale à l orientation développement. La transformation d une agriculture orientée sur le marché doit aller de pair avec la recherche de la sécurité alimentaire et la préservation de l environnement. Et en outre, dans le contexte de la lutte contre la pauvreté, il est important de veiller à ce que les différentes couches sociales, notamment les plus vulnérables, profitent de la croissance économique préconisée Elaboration des programmes opérationnels et des programmes d investissement 378. L année de transition sera consacrée à la formulation des programmes prioritaires pour lesquels une possibilité de financement s est dégagée au cours de la conférence des donateurs et ou à la suite des négociations que le MINAGRI aura engagé avec le gouvernement et les partenaires au développement A cet effet le programme d appui institutionnel en cours d élaboration qui prévoit de renforcer les capacités du MINAGRI dans ce domaine, permettra d engager le processus dans des délais relativement raisonnables Elaboration de politiques et de stratégies sous sectorielles 380. En raison de la nécessité de mettre en œuvre des approches innovatrices qui soient cohérentes avec les ambitions du secteur, le MINAGRI se doit de réviser un certain nombre de ses politiques, stratégies internes et plans d action divers et notamment dans les domaines des services d appui conseil et de la recherche participative, de la conservation et la fertilité des sols, etc Il convient également que le Ministère se dote d une «stratégie genre» qui serve de guide aux acteurs des services publics ainsi qu aux OP, et d une stratégie de communication qui lui permette d améliorer les liens entre les différents intervenants dans le secteur y compris dans les relations extérieures Mise en place d un dispositif et d un système de suivi/évaluation 382. La mise en œuvre réussie de la stratégie exige un suivi régulier et des évaluations périodiques afin de procéder aux ajustements nécessaires Dans cette optique un dispositif de suivi/évaluation, piloté par la Direction de la Planification et des Statistiques Agricoles du Minagri et impliquant tous les acteurs concernés (administration, organisations professionnelles, opérateurs privés, ONG, partenaires techniques et financiers) selon des modalités qu il conviendra d élaborer dans les mois qui suivent en s alignant sur le dispositif de suivi/évaluation du CSLP piloté par le Minecofin Des rapports annuels de suivi/évaluation seront préparés par la DPS sur la base des rapports préparés par les responsables des différents programmes soumis, 385. La stratégie fera l objet d une révision périodique en rapport avec celle du CSLP et des indicateurs pertinents seront définis et régulièrement revus. 64

65 Etapes suivantes : Elaboration du CDMT, Cadrage macro économique et financier 386. L élaboration du Cadre de Dépenses Moyen Terme (CDMT) pour , ainsi que l affinement du cadrage macroéconomique et financier va se poursuivre sur l année Recherche de l harmonie dans un environnement multi-acteur 387. Depuis l Indépendance, l État a joué un rôle prépondérant dans le secteur agricole : recherche et la vulgarisation agricole, fourniture d intrants, micro finance, commercialisation des produits agricoles. Les processus de mondialisation de l économie, de la libéralisation des marchés, de démocratisation et de décentralisation et les réformes du secteur public ont profondément changé le paysage institutionnel. Ces processus favorisent engendrent le désengagement progressif de d Etat, qui peut évoluer avec le rythme d émergence d autres acteurs et leur niveau professionnel Dans la situation actuelle, le MINAGRI perçoit les opérateurs économiques, les organisations paysans et les autorités locales comme des partenaires clés pour la mise en œuvre du PSTA. Le MINAGRI facilitera la synergie entre le secteur public, le secteur privé et la société civile, qui, ensemble, constituent une triade de développement. Des relations de partenariat offrent des opportunités importantes pour la création de synergies. Les opérateurs économiques sont à la recherche d opportunités qui se présentent sur les marchés et exigent des produits compétitifs. Ils peuvent ainsi infléchir la diversification des productions et stimuler l amélioration de la qualité des produits agricoles Un monde paysan organisé peut mobiliser les populations pour des actions contribuant l intensification, la diversification et la durabilité des systèmes de production. Il peut également exiger une meilleure qualité des services et produits fournis par des prestataires publics et privés. Les autorités locales jouent un rôle crucial dans la programmation et la mise en œuvre des plans d action agricoles, adaptées aux réalités locales Le développement agricole s inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et pour la croissance économique. Cette lutte nécessite une coalition de forces et des batailles qui se mènent à plusieurs niveaux et sur plusieurs fronts. Coalition de forces fait allusion à la pluralité, aux processus multi-acteurs, à la mobilisation et le renforcement des capacités de la société civile, au dialogue social et plates-formes de concertation et de collaboration, aux partenariats entre le secteur public, le secteur privé et la société civile et à création de capital social. Le PSTA est fortement basé sur le principe de subsidiarité horizontale, qui indique le secteur public se retire au profit du secteur privé et/ou des organisations de la société civile quand ces derniers peuvent prendre le relève. Plusieurs niveaux réfèrent à l enjeu d agir à différents niveaux (international, régional, national, sous-national et local). En plus de l intégration horizontale entre différents acteurs dans une même unité géographique, il faut alors que chaque acteur développe ses liens verticaux. Des filières de produits agricoles, qui vont du producteurs à l assiette du consommateur, en sont un exemple : le développement de l horticulture au Rwanda dépend aussi bien des accords commerciaux internationaux que de l organisation des productrices dans les villages. Un autre exemple est l intégration de la recherche agricole ou des organisations paysannes dans des réseaux régionaux et internationaux. Le PSTA souscrit au principe de subsidiarité verticale, qui stipule que les actions de développement et de gestion des affaires sont à mener aux niveaux les mieux indiqués. Dans la pratique ce principe résulte généralement en une délégation de responsabilités du niveau central aux niveaux décentralisés. Fronts multiples indiquent qu une transformation agricole ne peut se produire qu en combinant les effets combinés de plusieurs processus d amélioration des performances. Le PSTA met un accent particulier sur l amélioration d un ensemble de services qui sont à rendre au monde rural : recherche, vulgarisation, provision d intrants, crédits, marketing et transformation des produits agricoles etc Considérant le nouveau contexte, le PSTA définit le rôle de l Etat surtout autour de la création de conditions favorables pour l épanouissement des différents acteurs du secteur agricole. Pour ce faire, le MINAGRI vise des relations de partenariat avec un grand nombre d acteurs. Le tableau à la page suivante donne une idée des partenaires visés. 65

66 Tableau n 5 : Les partenaires de développement agricole* Acteurs Village / cellules Organisations paysannes Associations d agro-éleveurs Autres organisations de la société civile Organisations communautaires (CBO s) Niveaux Secteur District Provincial National Inter-national OP génériques Organisations paysannes organisées autour des filières Eglises Unions de producteurs Inter-groupements Interprofessions (par filière) Organisations basées sur la réligion (FBO s) OP (IMBARAGA, INGABO, BAIR, FOR,..) Fédérations de producteurs STAVER, IAR Interprofessions FBO s ROPARWA IMBARAGA UCORIRWA (riz) STAVER IAR. EAFFE REFON FIPA Organisations du secteur privé et promotion PPP Structures démocratiques Conseil consultatif CPA/CDC Conseil consultatif CPA/CDC Maire Conseil consultatif CPA/CDC FRSP FRSP Assemblée nationale Structures coordinatrices Services de recherche (publique) Services de recherche (privé) Services de formation (publique) Services de formation (privée) Services de vulgarisation (publique) Services de vulgarisation (privé) Services financiers Intrants (secteur public) Ecoles primaires et maternelles OP ONG Tontines Ecoles primaires et maternelles OP ONG Services de micro-finance Lignes de crédit projets Centres nutritionnels Ecoles secondaires Ecoles primaires et secondaires Responsable des Services Agricoles (RSA) Agents spécialisés OP ONG Réseaux de caisses de crédit Institutions de Micro- Finance (IMF) Banques populaires OCIR Café OCIR Thé Stations ISAR Ecoles Agricoles et Vétérinaires (EAV) Ecoles féminines d agronomes Ecoles primaires et secondaires DAEF Radio OP ONG Banques commerciales Banques populaires Fermes semencières SNS National Tender Board / CEPEX ORN / OCIR s RIEPA ISAR / ISAE UNR/ KIST/ IRST Laboratoire National de Vétérinaires Universités privées (UNIR) Université adventiste UNR ISAE KIST RIAM CAPMER INADES Ecoles primaires et secondaires Radio nationale Dir. Vulgarisation MINAGRI UTT ISAR OP ONG BNR / BRD Banques commerciales UBPR Fonds de Garantie Agricole Centre Nat. D IA SNS COMESA OMC CGIAR ASARECA ICRAF et autres bureaux régionaux Intrants (secteur privé) Transformation et commercialisation Commerçants d engrais, pesticides etc. OP Commerçants. OP Multiplicateurs de semences Commerçants OP Artisans locaux PME/PMI PME/PMI PME/PMI Unités agroindustrielles Commerçants OP Unités agroindustrielles * Cet aperçu, qui n est certainement pas exhaustif, présente les partenaires techniques et opérationnelles du Gouvernement central et des autorités locales pour la mise en œuvre de ses plans de développement rural et agricole. L aperçu n inclut pas les PTF. Partenaires privés étrangers 66

67 Définition des rôles des différents acteurs Rôle de l Etat et des services publics 392. La responsabilité de l Etat dans le cadre la mise en œuvre du PSTA se situe au niveau des actions suivantes (i) l élaboration des stratégies opérationnelles sous-sectorielles en cohérence avec les orientations stratégiques définies et en consultation avec les parties prenantes ; (ii) l organisation de la concertation avec les différents acteurs intervenant dans le développement du secteur rural; (iii) la création d un environnement favorable, par l amélioration du cadre législatif, réglementaire et institutionnel ; (iv) la promotion de la bonne gouvernance et l appui aux actions de décentralisation et notamment aux mécanismes financiers; (v) la mobilisation des ressources (financières, matérielles et humaines) nécessaires à la réalisation des programmes opérationnels et des programmes d investissement; (vi) la provision des biens et services publics et (vii) le suivi/évaluation du processus de développement agricole Rôle des collectivités territoriales Dans le cadre de la mise en œuvre du PSTA, leur rôle devrait être axé sur : (i) l élaboration et à la mise en œuvre des programmes opérationnels et des programmes d investissement au niveau régional et des plans de développement local ; (ii) la participation à l aménagement et à la gestion des ressources naturelles de leur ressort territorial ; (iii) l exercice de la maîtrise d ouvrage dans le cadre de l exécution des programmes et projets de gestion des terroirs, de développement local et de développement rural décentralisé ; (iv) l animation des cadres de concertation des différents acteurs intervenant dans le développement rural au niveau régional ou local ; (v) la promotion des activités génératrices d emplois et de revenus ; (vi) la participation au suivi/évaluation du processus Rôle des communautés de base 394. Dans le cadre de la mise en œuvre du PSTA, le rôle des populations rurales et de leurs organisations à la base est composé des éléments suivants : (i) la formulation des besoins en matière de développement au regard des contraintes et des potentialités spécifiques; (ii) la participation à la formulation, à la mise en œuvre et au suivi /évaluation des programmes opérationnels et des projets d investissement les concernant; (iii) l initiation de micro-projets dans le cadre du développement local, de la gestion des terroirs ou de développement rural décentralisé; (iv) l exercice de la maîtrise d ouvrage dans le cadre de l exécution de ces projets; (v) gestion concertée des ressources naturelles de leurs terroirs; (vi) la promotion d activités génératrices d emplois et de revenus; (vii) la participation au suivi/évaluation du processus Rôle des organisations professionnelles et des opérateurs privés 395. Ce groupe d acteurs comprend les organisations paysannes faîtières, les organisations professionnelles des différentes filières de production, les Chambres Régionales d Agriculture et les opérateurs privés. Le rôle de ce groupe d acteurs dans la mise œuvre du PSTA portera sur (i) la participation à la formulation et à la mise en œuvre des programmes opérationnels et des programmes d investissement; (ii) la participation au financement de certains projets (principe du cofinancement des investissements à la base); (iii) la participation à la formation et à l appui/conseil des différents acteurs ; (iv) la participation à la concertation des différents acteurs;(v) l exécution des programmes et projets; (vi) la participation au suivi/évaluation du processus Rôle des partenaires techniques et financiers (PTF) et de la société civile Ce groupe d acteurs regroupe les agences de coopération bilatérale et multilatérale, les Organisations Inter-gouvernementales (OIG) Régionales et les ONG internationales ou nationales. Dans le cadre de la mise en œuvre du PSTA, le rôle de ce groupe d acteurs portera sur (i) la participation au dialogue politique avec le Gouvernement; (ii) la participation à la concertation avec les différents acteurs; (iii) l appui à l élaboration des stratégies opérationnelles sous sectorielles ; (iv) l appui à la formulation et à la mise en œuvre des programmes opérationnels et des programmes d investissement; (v) la mise à disposition d une assistance technique compétente pour le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles de l Administration et des organisations professionnelles; (vi) la participation à la 67

68 mobilisation des ressources nécessaires pour la formulation, la mise en œuvre et le suivi/évaluation des programmes et projets de développement; (vii) la participation au suivi/évaluation du processus Dispositifs de coordination et modalités de financement 397. Une des leçons la plus importante de 4 décades de développement agricole est que le manque de coordination et de synergie entre mesures de développement rural ont entraîné des progrès signifiants dans le domaine agricole. Pour la transformation de l agriculture et pour améliorer la situation d un paysan ou d une communauté agricole, il faut un ensemble d interventions qui sont adaptées aux réalités sur le terrain. Des mesures isolées (telles que l introduction d une nouvelle variété, la mise en place d une structure de micro finance ou des pistes rurales) ne suffisent pas en soi. Il faut des approches intégrées qui combinent plusieurs mesures appropriées et qui mobilisent le concours de toutes les parties prenantes du secteur agricole. C est pour cela que le Minagri n épargnera aucun effort pour établir des partenariats et de faire fonctionner des plates-formes de concertation à tous les niveaux et d impliquer tous les acteurs dans la planification et suivi-évaluation opérationnel Des modalités appropriées de financement seront de grande importance pour infléchir des changements et pour transformer les modes d opération d aujourd hui. Le PSTA prévoit la mise en place de fonds de développement agricole, gérés par des représentants de diverses parties prenantes. Comme le montre le schéma suivant, l adaptation des modalités de financement résultera en une situation nouvelle qui diffère fondamentalement des modalités de financement conventionnelles. Figure n 3 : schéma des modalités de financement Gouvernement et PTF Gouvernement et PTF Flux financier Compte-rendu Flux financier Prestataires de service Prestataires de service Prestations Prestations Demande et compte-rendu Clients / bénéficiaires Clients / bénéficiaires Situation conventionnelle : prestations régies par l offre et regard sur le sommet Situation visée : prestations conduites par la demande et regard sur les bénéficiaires à la base Phasage 399. Pour tenir compte des possibilités de décalage entre les prévisions et les réalisations dans la mise en oeuvre de la stratégie, des scénarios d évolution ont été définis et un phasage a été fait. Trois tendances (basse, moyenne et haute) ont été identifiées. La tendance basse correspond à une évolution lente similaire à la croissance actuelle observée sur les quatre dernières années. La tendance moyenne correspondrait à une action d intensité moyenne en matière d investissement et de mobilisation des bénéficiaires. La troisième tendance (haute) correspondrait à un haut niveau d investissement dès le départ ainsi qu à une mobilisation maximale des bénéficiaires Trois scénarii ont été définis sur chacune des tendances. (i) Le premier tient compte d un taux de croissance constant sur toute la période de planification ( ). (ii) Le deuxième scénario suppose un taux variable à partir de 2011 à (iii) Le troisième scénario considère un taux de croissance variable et qui augmente en 2007 et en Quel que soit le scénario envisagé, il est réaliste de penser que le «décollage» du secteur sera lent dans une première phase. Durant une période de 3 à 5 ans, les efforts devront se concentrer sur la 68

69 mobilisation des partenaires et des ressources ainsi que l investissement préliminaire. C est dans une seconde phase seulement que les résultats vont progressivement se manifester et donner lieu par effet induit à des accélérations Dans le même ordre d idées, l année 2005 est considérée comme l année de démarrage du PSTA qui sera réservée à affiner la stratégie et ses outils opérationnels ; mobiliser les partenaires et les ressources, maintenir un dialogue effectif avec les communautés de base et leur apporter les appuis nécessaires, notamment au plan de la reformulation des PDC, préparer un cadre de dépenses à Moyen Terme pour la période et élaborer les liens que le PSTA devra avoir avec la Stratégie de Développement Rural et les autres secteurs de soutien. Une priorité sera accordée aux questions foncières et commerciales L année 2005 sera consacrée aussi à tester des éléments de la stratégie sur trois filières prioritaires (thé, riz et lait) identifiées pour servir d actions pilotes et de démonstration conjointement avec la recherche et les producteurs. Cependant les mesures de relance déjà envisagées sur les autres filières en particulier sur le maïs, la pomme de terre et le café vont se poursuivre. De même, seront poursuivies les actions de prospection relatives aux nouvelles opportunités de cultures d exportation telles que le piment, le maracuja, la farine de manioc, la banane fruit et la tomate Il est bien entendu que la conservation des eaux et des sols bénéficiera d un programme spécial compte tenu de son importance. Ce programme comportera deux phases : un plan d urgence (2 à 3 ans) et un projet spécifique de long terme La stratégie sera accompagnée d un système de suivi-évaluation basé sur des tableaux de bord de manière à l adapter selon le comportement du secteur par rapport à des indicateurs déclencheurs ou des indicateurs clés et en fonction des scénarios d évolution de l ensemble de l économie. X. PLAN INDICATIF DE FINANCEMENT DU PSTA 406. Aussitôt que le Gouvernement aura adopté le PSTA, un plan indicatif de financement du PSTA sera élaboré sur base de deux éléments :(i) des besoins de financements identifiés au cours des ateliers participatifs dans les districts; et (ii) des projets identifiés à travers les analyses thématiques La démarche qui sera utilisée pour finaliser le plan indicatif de financement repose sur les éléments suivants: (i) les financements nécessaires pour les 4 programmes du PSTA et leurs 17 sous programmes pour la période ; (ii) les prévisions annuelles et globales du PIP pour la même période (environ 103 Mios USD pour ) ; (iii) les besoins additionnels du PSTA au cas où les ressources du PIP seraient insuffisants ; (iv) le montant des ressources non encore décaissés des projets en cours d exécution dans le secteur de l agriculture ainsi que des nouveaux projets approuvés (estimé à un montant de millions USD) ; (v) l estimation du niveau des investissements privés dans le secteur agricole pour la période Le PSTA et son plan de financement avalisés par le Gouvernement, feront l objet de consultations à la Table Ronde des Bailleurs de Fonds prévue avant la fin de l année Il entrera en application dès l année 2005 avec les ressources déjà disponibles dans le cadre des projets en cours dans le secteur agricole pendant que les ressources additionnelles seront mobilisées. 69

70 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. CHERVEL Marc : L évaluation économique des projets, GOVERNEMENT OF RWANDA : Economic strategy to fight rural poverty 3. IYADEMA SEZIKEYE John Bosco : Kigali-Ngari Province 4. KIT : Agricultural innovation systems, multi stakeholder process and client-oriented delivery of agri-services, June MINAGRI : Etude sur l élevage et la filière lait et viande bovine; Vol. 1. Situation générale, Août MINAGRI : Etude sur l élevage et la filière lait et viande bovine; Vol. 2. Plan Directeur de l Elevage, Août MINAGRI : Etude sur l élevage et la filière lait et viande bovine; Vol. 3. Filière lait et viande bovine, Août MINAGRI : Plan triennal 2003/ MINAGRI : Special programme for food security, February MINALOC : Financial management and accounting, 2 nd Edition, April MINALOC : Initiative pour la fertilité des sols et la conservation des eaux et des sols (IFS/CES, Février MINALOC : Programme d infrastructure à haute intensité de main d œuvre, Janvier MINALOC : Rwanda 5 years decentralisation implementation programme, Octobre MINECOFIN : A profile of Poverty in Rwanda, February MINECOFIN : Création d'un fonds de garantie des crédits agricoles, MINECOFIN : Enquête intégrale sur les conditions de la vie des ménages au Rwanda 17. MINECOFIN : Guide d élaboration des stratégies sectorielles et des plans décentralises, MINECOFIN : Indicateurs de développement au Rwanda 19. MINECOFIN : Integrated Household Living Condition Survey , September MINECOFIN : National investment strategy (NIS), MINECOFIN : Nouveau partenariat pour le développement de l Afrique NEPAD, MINECOFIN : Poverty Reduction Strategy Progress Report, June MINECOFIN : Programme Nationale de Réduction de la Pauvreté/ Stratégie de réduction de la pauvreté 24. MINECOFIN : Répertoires de l Aide Extérieure au Rwanda 25. MINECOFIN : Répertoires de l Aide Extérieure au Rwanda 26. MINECOFIN : Vision MINECOFIN ET MINAGRI : Etude pour la mise en place du Fonds de garantie Agricole et de Crédit Agricole (2004) 28. MINIPLAN : Programme d aide d urgence et de reconstruction au Burundi, 1998/ NATIONAL WORKSHOP ON CLIENT ORIENTED RESEACH : Managing research for agriculture development, Tanzanie, May UNION EUROPEENNE : Etude de faisabilité d établissement d un support financier au développement de l hortofruiculture, Juin WORD BANK RESEARCH WORKSHOP : Facilitating change to words client responsive service provision: the case of agricultural research management in Tanzania, June

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