VIRUS de la VARICELLE et du ZONA (VZV)
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- Alphonse Beaudet
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1 VIRUS de la VARICELLE et du ZONA (VZV) VIRUS de la VARICELLE et du ZONA (VZV) 1 1 GENERALITES AGENT PATHOGENE, RESERVOIR, SOURCE EPIDEMIOLOGIE GENERALE VIABILITE, RESISTANCE PHYSICO-CHIMIQUE MODE DE TRANSMISSION INTERHUMAINE DIRECTE ET INDIRECTE INCUBATION CONTAGIOSITE CLINIQUE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE TRAITEMENT POPULATIONS PARTICULIERES A RISQUE EFFETS SPECIFIQUES SUR LA GROSSESSE 5 2 EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS CRITERES DE CARACTERISATION DE L EXPOSITION GESTION DU RISQUE APTITUDE DES SOIGNANTS MALADIE PROFESSIONNELLE 8 3 POINTS FORTS 8 1
2 1 GENERALITES 1.1 AGENT PATHOGENE, RESERVOIR, SOURCE Varicellovirus ou Varicelle-Zona Virus Virus à ADN de la famille des Herpesviridae Il appartient au groupe 2 de la classification des agents pathogènes Son réservoir est strictement humain Source : - sécrétions des voies aériennes supérieures et bronchiques - liquide des vésicules cutanées 1.2 EPIDEMIOLOGIE GENERALE l incidence moyenne de la varicelle symptomatique en France est d environ cas par an. la varicelle est une infection obligatoire de l enfant : 90% des cas surviennent entre 1 et 14 ans, avec 50 à 60 % des cas entre 5 et 9 ans. Environ 5% des cas surviennent après l âge de 20 ans, cette proportion ayant tendance à augmenter ces dernières années (réseaux sentinelles). 1.3 VIABILITE, RESISTANCE PHYSICO-CHIMIQUE survie possible à l extérieur de l hôte pendant de courtes périodes, dans des sécrétions, des aérosols ou sur des surfaces inertes inactivé par la chaleur : 56 C pendant 30 minutes sensible aux désinfectants : hypochlorite de sodium à 0,5% de chlore actif (eau de javel reconstituée diluée au 1/5 ème ), éthanol à 70%, glutaraldéhyde à 2%, formaldéhyde 1.4 MODE DE TRANSMISSION INTERHUMAINE DIRECTE ET INDIRECTE avant tout respiratoire à partir d un sujet atteint de varicelle clinique, par inhalation d aerosols de fines particules infectieuses - la possibilité que la transmission respiratoire se fasse par aérosols explique que des personnels aient pu être contaminés dans un local peu après qu un patient infecté y ait séjourné, sans contact direct avec celui-ci. plus rarement la contamination peut résulter d un contact muqueux avec les lésions cutanées, tant que celles-ci sont actives et non croûteuses la transmission du virus VZV peut aussi se faire, à un moindre degré, à partir d un patient-source atteint de zona, exclusivement à partir des lésions cutanées (aucune transmission respiratoire en cas de zona) 2
3 1.5 INCUBATION de 10 à 21 jours, avec une moyenne de 14 jours 1.6 CONTAGIOSITE o transmissibilité élevée : taux d attaque de 90 % dans un communauté d enfants non immuns autour d un cas de varicelle et jusque 25% o période de contagiosité : varicelle : de 5 à 7 jours, depuis 2 jours avant l éruption jusqu à l assèchement des vésicules zona transmissibilité < 25% autour d un cas de zona pendant 48 pendant 48 heures à partir du début de l éruption 1.7 CLINIQUE - phase prodromique avec fièvre, céphalées et éventuelles douleurs abdominales pendant 24 à 48H - phase d état associant une fièvre modérée et une éruption vésiculeuse avec des éléments en nombre très variable (10 à 2000), d âges différents, prurigineux, disséminés sur tout le corps et en particulier le cuir chevelu, la face, le tronc. L atteinte des muqueuses est habituelle. Le diagnostic peut être plus difficile lorsque le nombre de vésicules est faible (à rechercher sur le cuir chevelu, dans la bouche, les espaces inter digitaux).5% des formes sont inapparentes - 3% des cas de varicelle font des complications précoces : - surinfections cutanées bactériennes (18%) surtout chez le jeune enfant et/ou en cas d eczéma et/ou de corticothérapie - bronchopneumopathies (16%) surtout chez le jeune enfant et chez l adulte, la femme enceinte, en cas d asthme, de tabagisme ou sous corticothérapie - neurologique : le plus souvent bénignes, plus rarement graves sous forme de méningoencéphalites (nourisson), voire gravissimes (syndrome de Reye) - hépatites cytolytiques le plus souvent bénignes, thrombopénies, Zona - complication tardive de la varicelle correspondant à la réactivation des VZV restés latents dans les ganglions sensitifs annexés à la moelle épinière. Il s exprime sous forme de lésions érythémateuses puis vésiculeuses siégeant sur le trajet d une racine nerveuse : 1 métamère ou plusieurs métamères 3
4 contigus.la localisation unilatérale et l aspect vésiculeux sont caractéristiques, avec groupement en bouquet puis en bulles polycycliques confluentes des vésicules. Ces éléments cicatrisent en 2 semaines. Les principales complications sont des douleurs névralgiques, dont l incidence augmente avec l âge. 1.8 DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE Examen du liquide biologique d une vésicule - cyto diagnostic montrant les cellules géantes par immunofluorescence avec un anticorps monoclonal - ou par PCR Sérologies Des dosages d igm peuvent être pratiqués 1.9 TRAITEMENT o traitement symptomatique chez le sujet immunocompétent : antipyrétiques : paracétamol (l aspirine est formellement contre indiquée car incriminée dans la survenue du syndrome de Reye) ; antihistaminiques, bains quotidiens suivis de l application d une solution antiseptique ; o traitements antiviraux : prescrits en cas de terrains à risques de formes graves ou compliquées (immunodéprimés,...) (pas d AMM dans cette indication) Zona o traitement symptomatique antalgique o traitements antiviraux chez les sujets à risque de formes graves et/ou hyperalgiques (sujets > 50ans, immunodéprimés, 1.10 POPULATIONS PARTICULIERES A RISQUE o Terrains à risque accru d acquisition : - personnes réceptives (titre d anticorps inférieur au seuil défini par le laboratoire de virologie) - sujets originaires des pays tropicaux dont la réceptivité à l âge adulte est plus élevée qu en France métropolitaine o Terrains à risque accru de forme grave : 4
5 - femmes enceintes : risque accru de pneumopathie et risque fœtal particulier (cf chap. grossesse) - nouveaux-nés : risque accru de complications cutanées, pulmonaires et neurologiques - immunodéprimés : en particulier enfants leucémiques non immuns (risque létal > 20%) et VIH (formes cutanées atypiques et zona très fréquent) - adultes : risque général de formes plus sévères ( fièvre élevée, éruption profuse ) avec un taux de complications plus élevé (en particulier pneumonies, complications neurologiques et surinfections ) Zona -immunodéprimés - sujets âgés 1.11 EFFETS SPECIFIQUES SUR LA GROSSESSE femme enceinte - risque accru de pneumopathie enfant à naître - avortement et mort foetale : risque de 3 à 6% en cas de contamination avant la 24ème semaine - syndrome de varicelle congénitale : risque de 2% en cas de contamination surtout entre la 13ème et la 20ème semaine de grossesse (anomalies cutanées, oculaires, neurologiques, musculo-squelettiques,...) - varicelle néonatale : risque de 25% en cas de contamination du peri-partum avec forme grave, pouvant être létale (risque d autant plus élevé que l éruption maternelle est proche de l accouchement) 2 EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS Niveau de biosécurité CRITERES DE CARACTERISATION DE L EXPOSITION Evaluation a priori Critères issus de la bibliographie en milieu de soins : - données françaises :. 1 à 7% des soignants réceptifs au virus VZV (1996). 2 à 16% des soignants réceptifs contaminés après exposition - données américaines : 1 à 2 cas d infection à VZV pour 1000 travailleurs de santé aux USA en 1991 en laboratoires : aucun cas rapporté dans la bibliographie 5
6 Données d hospitalisation ou de signalement Des informations concernant la fréquence et les lieux d hospitalisation ou de prise en charge des patients infectés peuvent être obtenues par l analyse des données d hospitalisation (PMSI), ou de signalement auprès des équipes opérationnelles d hygiène ou des CLIN CIRCONSTANCES D EXPOSITIONS Le risque est évalué selon : - l exposition aux aérosols infectieux = sujet ayant séjourné dans la même pièce qu un cas de varicelle dans les 2 jours précédant l éruption ou pendant l éruption avec risque d autant plus élevé que l exposition a été prolongée (> 1heure) et/ou que la nature du contact a été étroit (intubation, examen clinique, soins rapprochés à distance < 1 mètre) - l exposition cutanée ou après contact cutané direct avec des vésicules non désséchées, qu il s agisse de lésions de varicelle ou de zona - la réceptivité des personnels exposés : contenu du dossier médico-professionnel si statut immunitaire déjà renseigné ou par documentation spécifique à cette occasion (anamnèse +/- sérologie) 2.2 GESTION DU RISQUE ELEMENTS DE NATURE A LIMITER L EXPOSITION Protection collective Varicelle : mesures de protection vis à vis des transmission de type aérosol et de type «contact» du ou des patients-sources diagnostiqués et même dès la présomption du diagnostic Zona : précautions de type «contact» du ou des patients diagnostiqués Protection individuelle Varicelle : = équipements individuels de protection préconisés pour toute exposition à un patient en isolement de types «aérosol» et «contact» : - masque de protection respiratoire de type FFP1dès l entrée dans la chambre et jusqu à la sortie de celle-ci, - gants pour tout contact avec les sécrétions oro-naso-pharyngées du patient, et avec ses lésions cutanées Zona : - gants pour tout contact avec les lésions cutanées 6
7 Vaccinations ou immunité naturelle Critères d évaluation de réceptivité des personnels - antécédents cliniques : carnet de santé. cicatrices typiques de lésions varicelleuses. antécédent de zona - et / ou antécédents vaccinaux : vaccin monovalent anti-vzv - et/ou antécédents sérologiques - en l absence de données d anamnèse fiables : sérologie par dosage d IgG spécifiques Caractéristiques de l immunité - naturelle : - définitive après varicelle = primo-infection à VZV - avec possibilité de zona secondaire par réactivation du VZV - vaccinale : - le taux de séroconversion post-vaccinal est supérieur à 90% après une injection chez l enfant de 9 mois à 13 ans, et après 2 injections à 8 semaines d intervalle chez l adolescent et l adulte - la protection est rapidement acquise, permettant l utilisation du vaccin en prophylaxie post-exposition dans les 3 jours suivant celle-ci - la durée de protection par le vaccin est mal connue (persistance des anticorps > 7ans) Prévention vaccinale - vaccin à virus vivant atténué monovalent (souche OKA) non utilisable chez la femme enceinte et l immunodéprimé - recommandations générales du calendrier vaccinal : aucune - recommandations pour les professionnels de santé : «professionnels de santé en formation, à l embauche ou en poste en priorité dans les services accueillant des sujets à risque de varicelle grave (immunodéprimés, services de gynéco-obstétrique, néonatalogie, maladies infectieuses, néphrologie), sans antécédent de varicelle (ou dont l histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative» - deux vaccins ont l AMM (depuis décembre 2003) dans cette indication de prévention professionnelle : Varivax* et Varilrix* 7
8 2.2.2 PREVENTION SECONDAIRE : cf guide eficatt : APTITUDE DES SOIGNANTS éviction des sujets en période de contagiosité Zona pas d éviction mais protection des lésions cutanées 2.4 MALADIE PROFESSIONNELLE : tableau de maladie professionnelle 76 M du RG pathologie contractée en service dans la fonction publique slon avis de la commission de réforme Zona : reconnu au titre du tableau MP 76 du RG si la varicelle initiale a été reconnue en MP 3 POINTS FORTS Risque particulier pour les femmes enceintes, formes graves des immunodéprimés virus à transmission respiratoire de type aérosol nécessitant un isolement de type «air», en plus d un isolement de type contact intérêt de documenter initialement les antécédents cliniques afin de réaliser, le cas échéant, une sérologie pour préciser le statut immunitaire, et de proposer une vaccination en cas de réceptivité virale, conformément aux recommandations en vigueur vaccin à pratiquer sous contraception efficace, pouvant être proposé à titre prophylactique dans les 3 jours suivant une exposition. 8
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