Thème : «Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage».

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1 Premier numéro Thème : «Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage». Powered by Association Alter Égo 1

2 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage Sommaire Présentation de la Revue Introduction Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées. 19 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence. 31 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects. La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA. 2

3 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage Présentation de la Revue La Revue Alter Égo est une tribune numérique de recherche scientifique orientée vers l aide à la décision, produite par l Association Alter Égo. Elle promeut une interdisciplinarité entre jeunes chercheurs camerounais et étrangers sur la problématique du développement et l émancipation de l Afrique telle qu esquissée dans l Agenda 2063 de l Union Africaine (UA), à savoir : «L Afrique que nous voulons». Si elle privilégie les analyses axées sur l espace géographique qu est l Afrique au sud du Sahara, elle reste ouverte à toute autre étude relevant de la géopolitique et du développement international. Cette Revue œuvre à la promotion d un développement humain, inclusif et durable en Afrique animé et structuré autour du leadership jeune. À travers une grille d analyse pluridisciplinaire, la Revue Alter Égo reçoit et examine en priorité les analyses et débats qui portent sur : la gouvernance, l intelligence économique, la paix, la démocratie et le développement de l Afrique. La revue publie des numéros thématiques autour de sujets arrêtés à la suite des discussions au sein de la Commission Scientifique, organe directeur. Elle reste cependant ouverte à l examen de toute autre proposition d article, quel que soit le thème. Ses activités sont coordonnées par une Commission Scientifique Internationale au sein de laquelle se déploie une Comité de Relecture qui en assure la rigueur. Le Coordonnateur Scientifique est le Docteur NOAH EDZIMBI François Xavier, spécialiste des Relations Internationales et Études Stratégiques, Chargé de programmes adjoint à l Association Alter Égo, Chercheur associé au Centre Africain d Études Stratégiques pour la Promotion de la Paix et du Développement (CAPED, Cameroun), au Centre Africain de Recherche pour la Paix et le Développement Durable (CARPADD, Canada), et à la Revue Espace Géographique et Société Marocaine (EGSM, Royaume Chérifien du Maroc). Comité de relecture - Docteur NOAH EDZIMBI François Xavier, Université de Douala ; - LEKASSA Ghislaine, Université de Yaoundé I ; - MBARGA Dieudonné, Université de Yaoundé II ; - MVOGO Christophe, Université de Yaoundé I ; - MINKOMA Audrey, Ingénieur agro-socio économiste/cadre du MINADER. Commission Scientifique Internationale - Professeur AKONO OMBGA Sédéna, Agrégé des Facultés de Droit/Université de Yaoundé II ; - Docteur ENGOUTOU Jean-Luc, Publiciste, Université de Yaoundé II ; - Docteur NGUEDE NGONO Jean-Pierre, Anthropologue/École des hautes Études en Sciences Sociales et Institut des Mondes Africains en France ; - Docteur NOAH NOAH Fabrice, Politologue, Université de Maroua ; - Monsieur KOUONANG Rostand, Ingénieur Économiste-Statisticien, spécialiste des politiques économiques. 3

4 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage Introduction La thématique du développement en Afrique subsaharienne, et notamment la nécessité de «repenser le développement à partir de l Afrique 1», constitue, sans doute, un des sujets les plus prisés par les chercheurs. La plupart des études contemporaines sur la question se sont appliquées à évaluer son impact sur le réel, voire d en interroger la pertinence au regard des conditions de vie des populations. Le développement est ainsi l objet de débats contradictoires, en raison d approches et de perceptions différentes dont disposent les peuples sur le sujet. «Afrique en miniature», le Cameroun est au centre de cette dynamique développementale dans la Communauté Économique et Monétaire d Afrique Centrale (CEMAC). Après avoir expérimenté plusieurs approches de développement dès son accession à la souveraineté internationale, dont celui des plans quinquennaux, le pays s est inscrit depuis 2010 dans une vision d émergence en À cet effet, il a élaboré un document d orientation de son développement dénommé : Document de stratégie pour la croissance et l emploi (DSCE). Structurée autour de la promotion de la croissance, la création d emplois et la réduction de la pauvreté, cette stratégie correspond à une quête d inclusion et de compétitivité. Cependant, une décennie après sa mise en œuvre, le niveau élevé de précarité, parmi les populations rurales et urbaines, continue de représenter un défi pour les autorités politiques. Le contexte actuel de pandémie du Covid-19, qui plonge la dynamique socioéconomique de la plupart des États du monde dans une récession inédite, rend opportun la réflexion sur les voies du développement, de l émancipation et l épanouissement de l Afrique. À cette occasion, l Association Alter Égo, constituée d une société savante, expose ses points de vue, ses visions voire ses modèles du monde de demain, qui anticipent les 1 J.-E. Pondi (dir.), Repenser le développement à partir de l Afrique, Afrédit, Africaine d Édition, Yaoundé, mai 2011, 593p. 4

5 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage changements globaux et peuvent aider à tracer la bonne voie pour les générations futures. Ce contexte inédit renforce l intérêt de ce premier numéro de la Revue Alter Égo, qui se propose d évaluer le niveau de développement au Cameroun et les perspectives de pilotage. Quels sont les résultats qui découlent de son diagnostic? Quels variables et leviers actionner pour son optimisation? Telles sont les questions qui constituent la trame de fond de ce numéro. L objectif est de faire des recommandations pour optimiser les divers résultats liés au développement. Inscrits dans la vision 2035 d un «Cameroun émergent» qui se décline dans tous les secteurs d activités, les défis de développement actuels de l «Afrique en miniature» nécessitent une certaine collaboration entre acteurs afin d atteindre des objectifs et être performants. Toutefois, la difficulté qu ont les autorités camerounaises à cerner les enjeux de développement conduit à une sous-mobilisation des ressources domestiques multiformes et multisectorielles pouvant générer plus d avantages économiques et politiques que le recours à l aide publique au développement (NOAH EDZIMBI François Xavier). À cet effet, il semble judicieux que l État établisse une politique de défense et de sécurité (PDS), boussole qui oriente, inspire et valorise la mise en place, tant dans le cadre stratégique qu opérationnel, de projets matériels et immatériels de développement. Résultat d une réflexion profonde, portée par la volonté d assurer, de la manière la plus indépendante possible, et à travers une approche globale qui mobilise des actions militaires, civiles et économiques, la sécurité d un État, une PDS permettrait par exemple le reprofilage du secteur agricole camerounais, positionné en levier du développement et caractérisé par la forte mobilisation de l institution projet/programme de développement. En effet, l examen des aspects conceptuels et opérationnels desdits projets/programmes rend compte d une pratique éloignée des visées de gestion axée sur les résultats (MBARGA Dieudonné). Ainsi, dans le but de réajuster, rationnaliser et/ou redynamiser ledit secteur, l option de sa «camerounisation» sous le label d approche Pro SoDe est proposée. Cette option consiste à y introduire le préalable de la théorie du changement et l itinéraire d une évolution de projet de développement au statut d une société ou entreprise agroalimentaire ou agropastorale compétitive en vue de relever et soutenir les performances du développement. Cette démarche de renforcement des performances du développement nécessite, au préalable, une refonte du système éducatif dont la mission est triple notamment : instruire, éduquer et socialiser. Définie comme un lieu d apprentissage, l école dote le citoyen de normes et règles de socialisation organisant le vivre-ensemble, le règlement des conflits ou la gestion de la violence mais aussi des capacités à agir sur le monde et sur la nature. Le Cameroun accuse un retard dans la réalisation de ses objectifs de développement humain en raison du rendement scolaire peu satisfaisant dans les zones rurales, en dépit des efforts consentis par les pouvoirs publiques et les autres parties prenantes du secteur comme la communauté éducative. L une des explications à cet état de fait se trouve dans des difficultés d ordre managérial et logistique pour lesquelles des reformes dans la configuration des structures de gestion des écoles sont indispensables (FEUZEU François). L enjeu étant de promouvoir l atteinte des objectifs de développement durable (ODD), ces mesures devraient, de manière essentielle, consister en la facilitation de la mise à disposition du paquet minimum dans les écoles et l accélération du développement des infrastructures scolaires d une part. D autre part, il est urgent que les instances institutionnelles et républicaines réorientent et adaptent les programmes d enseignement académique et professionnel dans l objectif de les arrimer aux perspectives de développement et améliorer la compétitivité des produits du système, en l occurrence les apprenants et «jeunes» diplômés (EBANGA TANYI Maureen, NGWA Peter et NGONGBA ATEH Theresia). Sur un tout autre plan, notamment celui économique et financier de l État et son environnement des affaires, ce recadrage fixerait des objectifs de sécurité aux échelons national et international, tout en permettant aux acteurs et investisseurs économiques d atteindre leurs objectifs. En effet, le Code des assurances en vigueur au Cameroun présente un besoin de mise à jour ou actualisation dans l hypothèse actuelle d une non-adoption de principes comptables. Face à cette situation, les professionnels, agissant dans le secteur des assurances se trouvent dans l obligation d emprunter au Système Comptable OHADA (SYSCOHADA), ses postulats et conventions pour traiter/auditer les informations financières. Autrement dit, il se pose la nécessité de l adoption d outils de 5

6 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage gestion et de communication efficaces entre les législateurs de l Organisation pour l Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) et la Conférence Interafricaine des Marchés d Assurance (CIMA). Pour résoudre cette préoccupation, où aucun article de droit ne peut être mobilisé pour crédibiliser des travaux comptables (tenue comptable, commissariat aux comptes) au sein des sociétés d assurance, il est recommandé aux États parties au Code CIMA de légiférer. Cette démarche permettrait d anticiper sur l incidence des manquements et préjudices le cas échéant (EWODO NOAH Martin Yves). Aussi intéressantes les unes que les autres, nous vous souhaitons une bonne lecture des différentes contributions de ce premier numéro de la Revue Alter Égo. NOAH EDZIMBI François Xavier 6

7 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées NOAH EDZIMBI François Xavier1* Résumé : Les infrastructures sont à l économie ce que la colonne vertébrale est au corps humain. La colonne vertébrale donne un point d ancrage et d appui à différentes parties du corps et rend possible les fonctions motrices. De même, les infrastructures efficaces relient les différents secteurs économiques, donnent de la cohérence au système de production, réduisent les écarts d opportunités entre les villes et les campagnes et permettent une meilleure distribution des richesses entre les différentes strates de la société. Lorsqu on aborde la problématique du financement du développement au Cameroun, loin des salons feutrés des institutions financières et des débats entre experts, les populations sont unanimes : le pays n est pas pauvre et a les moyens de financer son propre développement mais les leaders/décideurs politiques semblent ne pas le savoir. Dans une vision d aide à la décision, cet article démontre que retenir et mobiliser les ressources domestiques multiformes et multisectorielles peut générer plus d avantages économiques et politiques que le recours à l aide publique au développement (APD). Ces sources endogènes, si elles sont utilisées de manière adéquate, ont plus d efficacité à long terme que les flux financiers extérieurs, souvent spéculatifs et/ou risqués pour la stabilité sociopolitique et économique des pays en développement. Mots clés : Développement, financement, infrastructures, aide publique au développement, Cameroun. * com Ph.D en Science Politique, Option Relations Internationales et Études stratégiques, Université de Douala, xnoah05@gmail. 7

8 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées Abstract : Infrastructure is to economics what the spine is to the human body. It provides an anchor and support for different parts and makes motor functions possible. Efficient infrastructure links various economic sectors, give coherence to production system, reduce opportunity gaps between cities and countryside and allows better distribution in society. In a decision support vision, this article shows that retaining and mobilizing multifaceted and local resources can generate more economic and political benefits than recourse to external resources. These endogenous resources are more effective in the long term than external financial flows, often speculative and/or risky for socio-political and economic stability of developing countries such as Cameroon. Key words : Development, infrastructure, public development aid, Cameroon Introduction Les défis de développement actuels nécessitent une certaine collaboration entre acteurs afin d atteindre des objectifs et être performants. Les besoins en infrastructures et services publics, de même que les contraintes des finances publiques, amènent la plupart des gouvernements à trouver de nouveaux mécanismes et modes pour financement 2. Les infrastructures jouent un rôle capital dans la croissance, la compétitivité, la création d emplois et la lutte contre la pauvreté. Par infrastructures, il faut entendre les moyens matériels lourds nécessaires à l activité sociale, économique, politique, scientifique, etc. 3 Elles contribuent à faciliter l activité de l homme, et réduisent les coûts des diverses opérations économiques et améliorent la qualité de ces opérations, d où leur rôle fondamental dans la transformation économique. Les infrastructures modernes sont nécessaires pour l aménagement du territoire et pour réaliser les objectifs d intégrations nationale et régionale. Cependant, les infrastructures de base demeurent un défi en Afrique. La faible présence de celles-ci y est notoire et entrave sa capacité à faire face à la compétition mondiale 4. Le Cameroun est inscrit dans la vision 2035 d un «Cameroun émergent» qui se décline dans tous les secteurs d activités. Pour le gouvernement camerounais, les infrastructures économiques de base sont un prérequis pour le développement, en ce sens qu elles soutiennent la productivité et entretiennent la croissance et la création de richesses, et le constat est unanime que les pays qui réussissent à augmenter leurs stocks d infrastructures, tout en améliorant la qualité de ces dernières, connaissent une croissance plus rapide, plus durable et plus inclusive 5. Toutefois, l un des obstacles structurels à la croissance dudit pays est le faible niveau de l investissement endogène. Alors que la doctrine libérale actuelle met l accent sur l investissement privé, notamment étranger, les expériences sur le terrain font remonter la réalité selon laquelle la baisse des investissements publics, la faible mobilisation des ressources domestiques d une part, et d autre part, celles des privés nationaux constituent une contrainte pour le financement des économies locales 6. Jusqu ici, les stratégies de financement du développement mettent l accent sur les aides publiques, la dette multilatérale ou bilatérale, ou l investissement direct étranger (IDE), ce qui limite l autonomie de l État. Dans une visée d aide à la décision et de renforcement d une gestion axée sur les résultats (GAR), l analyse s appesantit premièrement sur la raison d un retard développemental camerounais (I), et, secondement, souligne l intérêt de saisir les possibilités inexploitées que sont les 2 C., Alassane Traoré, «Le partenariat public privé (PPP) en Afrique : analyse descriptive et défis», Note d analyses sociopolitiques, N 11, 20 juillet 2019, CARPADD, Montréal, 18p. 3 Lire à ce propos, «Développer les infrastructures pour stimuler la transformation économique : Entretien avec Kalilou Traoré, commissaire de la Communauté économique des États de l Afrique de l Ouest (CEDEAO) en charge de l industrie et de la promotion du secteur privé», Passerelles, vol 18, N o 2, mars 2017, pp Ibid. 5 Consulté à ce sujet, Évaluation stratégique environnementale et sociale du secteur minier au Cameroun, Document principal tome 1, 2016, p C., Tidiane Dieye, «L Afrique et le financement du développement : saisir ces possibilités inexploitées», Passerelles, vol 18, N o 1, février 2017, pp

9 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées sources domestiques dans le financement de ses projets de développement (II). I- La raison d un retard dans le processus de développement Pour que les aspirations de développement du Cameroun se concrétisent, la politique de défense et de sécurité (PDS) doit être la boussole qui oriente les projets, inspire et valorise la mise en place d infrastructures matérielles et immatérielles. Malheureusement, la non-existence de cette politique publique (A) entraine une sous-traitance du développement par des acteurs étrangers (B). A- L absence de politique de défense et de sécurité camerounais (PDSC) comme entrave à une vision et une orientation économiques appropriées Une PDS est le résultat d une réflexion profonde, portée par la volonté d assurer, de la manière la plus indépendante possible, et à travers une approche globale qui mobilise des actions militaires, civiles et économiques, la sécurité d un État 7. L idée de «réflexion profonde» renvoie à la dimension stratégique qui porte sur l analyse du contexte géostratégique et la définition de l ambition nationale du pays au sein de l environnement international. C est le niveau «auquel un État, ou un groupe d États, fixe des objectifs de sécurité à l échelon national ou multinational et déploie des ressources nationales, civiles, économiques et notamment militaires, pour les atteindre 8». Les objectifs stratégiques concernent la sécurité tant intérieure qu extérieure du pays, et se définissent au regard des risques et des menaces mis à jour en amont par le diagnostic stratégique qui pourraient peser sur ses intérêts fondamentaux 9. Or, au Cameroun, le concept d intérêt national 10 n est pas concrètement défini. L indépendance juridique du pays n a pas entraîné son émancipation 11 politique et stratégique, comme le démontre l importante marge de manœuvre que les autorités politiques et gouvernementales concèdent à des partenaires étrangers dans la définition, voire la mise en application de ses politiques aussi bien intérieure qu extérieure. Ainsi, la défense populaire qui suggère la contribution des populations à la défense par leur apport au renseignement, et présentée comme une politique de défense et de sécurité du pays, n est qu une des composantes de la défense civile qui, avec la défense militaire et la défense économique 12, est une des trois (03) modalités d une politique 7 F. X., Noah Edzimbi, «La défense populaire et la lutte contre les nouvelles menaces au Cameroun : contribution à la formation d une culture stratégique et à l étude d une logique sécuritaire globale après 2001», Thèse de Doctorat en science politique, option Stratégie-Défense, Université de Yaoundé II, en attente de soutenance. 8 Lire à ce sujet, «Quelques rappels utiles en matière de stratégie, «opératique» et tactique», Doctrine, Revue d études générales, Stratégie, «opératique» et tactique : la place des forces terrestres, n o 7, décembre 2005, p Les intérêts fondamentaux, ou encore les intérêts nationaux d une entité étatique, se subdivisent en trois axes à savoir : les intérêts vitaux, les intérêts stratégiques et enfin, les intérêts de puissance. Ils se présentent comme un procès dynamique et complexe, étant donné qu ils reflètent des réalités sociales qui comportent la totalité des besoins et aspirations communs à tous les membres d une entité socioculturelle. P., Cardot, «De la définition et de la défense des intérêts nationaux (première partie)», article consulté le 10/02/2020 sur 10 Un intérêt national se présente comme tout secteur, domaine ou richesse d importance stratégique qui, en raison d une quelconque menace ou attaque dont il ferait l objet, conduirait un État à mobiliser des moyens conséquents de défense pour le protéger, voire user de la guerre. 11 L émancipation doit être comprise comme la possibilité pour les États africains d ajouter à leur indépendance juridique, un contenu politique, stratégique, économique, diplomatique, sécuritaire etc. qui seul peut leur permettre d espérer mener une existence souveraine sur la scène internationale dans laquelle seuls leurs peuples, constitués en un corps politique, et leur Nations déterminent leurs actions. A., Fogue Tedom, «De la problématique du financement de l Union Africaine (UA) à l évaluation du désir de puissance de l Afrique», Dialectique des intelligences, n 004/2017, p La défense économique repose sur deux piliers : la défense économique d État qui vise le fonctionnement général de l économie, et la défense économique partenariale qui conduit l État à garantir et à protéger le 9

10 de défense et de sécurité. Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées La défense économique est l ensemble des voies et moyens que l État met en place pour prévenir, protéger et défendre les activités qui ont une importance vitale, voire stratégique pour sa défense et sa sécurité. Ce sont des activités liées à un ou des établissements, ouvrages, installations dont le dommage, l indisponibilité, la destruction par suite d un acte de malveillance, de sabotage ou de terrorisme risquent directement ou indirectement d obérer gravement le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de la survie de la nation 13. La signature et ratification des Accords de Partenariats Économiques (APE) entre le Cameroun et l Union Européenne, le 22 juillet 2014, expriment la difficulté qu ont les autorités camerounaises à cerner des enjeux économiques qui structurent les relations internationales à l ère post guerre froide. En effet, la compétitivité escomptée à travers les APE, telle que l affirme le ministre délégué des finances Yaouba Abdoulaye 14, s obtient par une vigoureuse politique industrielle nationale et non à partir des accords économiques avec les partenaires étrangers. Une politique économique nationale débute par le désir de puissance qui habite un État, et les moyens politique et stratégique qu il se donne pour la construction d un tissu industriel compétitif, qu il soit économique, militaire ou civil. Par la suite, l appropriation des savoirs et des technologies scientifiques étrangers, pour le renforcement du patrimoine culturel et intellectuel ou cognitif de l État est un impératif pour plus de compétitivité. La place de la Recherche-Développement (R&D) est vitale pour consolider l ensemble du tissu industriel. Enfin, l établissement d un cadre juridique, pour la protection dudit patrimoine, est nécessaire. Il se dégage ainsi de l explication du ministre que le Cameroun, contrairement à ce qu enseigne la stratégie, n a pas évalué avec précision et avant la conclusion de l APE, l asymétrie de la compétition économique et industrielle. Cette structuration de la politique économique a corrélativement une incidence, celle d un financement extraverti du développement. B- Une forte dépendance étrangère au financement comme entrave au développement du Cameroun Nombreux sont les projets d émergence que les pays de la région centrale de l Afrique ont adopté, avec pour ambitions la transformation globale des structures économiques et l amélioration significative des conditions d existence des populations. Il s agit de : «Vision 2020» pour la Guinée équatoriale ; «Vision 2025» pour le Gabon, le Congo ou encore «Vision 2035» pour le Cameroun. fonctionnement général de certains secteurs d activités tenus par des sociétés privées sous contrat avec l État. A., Fogue Tedom, Cameroun : sortir le renseignement du maintien de l ordre politique. En faire un outil stratégique, Yaoundé, Les Éditions du Schabel, 2017, p F. X., Noah Edzimbi, Op. cit. 14 F. X., Noah Edzimbi, «De la défense populaire au Cameroun : repères historiques, appropriations actuelles et défis futurs», Note d analyses sociopolitiques, CARPADD, Montréal, n 13, 2019, 16p. 10

11 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées Après une imprégnation desdites visions, le constat d une implémentation majoritaire sur l aide extérieure se dégage. Pour cause, l assimilé africain dit «évolué» s étant vu interdire le patriotisme local mais inoculé l amour de la patrie commune et le culte de l empire par l ancienne puissance tutrice qu est la France 15, ne dispose pas d une culture stratégique 16 qui lui permette d avoir une vision propre du développement. Dès lors, le défi du financement des infrastructures étant important au regard de l ampleur du déficit de l économie, mais aussi eu égard au coût onéreux des matériaux et aux technologies nécessaires à la réalisation des projets conçus, le regard des dirigeants camerounais se tourne majoritairement vers l étranger. Certes, les coûts de construction des routes, autoroutes, échangeurs et chemins de fer, entre autres infrastructures de transport, sont parfois hors de portée des autorités politiques eu égard à leurs capacités financières limitées, mais une forte dépendance à l extérieur représente des risques sécuritaires importants pour l État du Cameroun. Le premier risque est lié aux enjeux de sécurité et de défense du territoire. D une part, le financement de construction d infrastructures majoritairement dominé par des acteurs étrangers traduit l abandon d espace de souveraineté à la guise de ces derniers. D autre part, étant un processus de traitement de l information stratégique, l Intelligence Économique (IE) 17 s est consolidée comme un instrument de domination pour tout État en quête de puissance décisive 18 depuis la fin de la seconde guerre mondiale. À l heure où l économie est devenue intensive en informations et en connaissances, elle a été déclinée au plan politique, au plan territorial et au plan des entreprises comme une stratégie, une pratique et un outil. Or, disposer de l information stratégique dans la conception, l élaboration et la mise en œuvre de leurs politiques publiques nationales, de même que les informations relatives aux projets d émergence, n entre pas jusqu ici dans le logiciel programmatique de développement dudit pays. Cette mission reste octroyée, entre autres, aux acteurs étrangers qui forme une garde rapprochée d experts, venus à la fois de l administration et des cabinets privés, chargés d aider leurs autorités politiques à cerner les grandes questions qui touchent l entité républicaine 19, comme la construction d infrastructures. Le secteur de la logistique militaire est soumis au risque de dépendance de l unique opérateur qui couvre l espace national, et gère également les flux transfrontaliers. Le scénario du contrôle de l information sur les mouvements d importation et exportation ou de déplacement interne du matériel militaire ou des ressources stratégiques, par cet acteur de la scène internationale est envisageable. 15 Théorisée par Arthur Girault entre 1890 et 1930, la politique d assimilation est mise en application dans les anciennes colonies et territoires sous tutelle d Afrique dans un objectif de rayonnement international de la France. F. X., Noah Edzimbi, «Le projet géostratégique des États-Unis d Amérique dans le Golfe de Guinée : analyse de l action américaine au Cameroun entre 1997 et 2013», Master II en science politique, Université de Douala, 2014, p Une culture stratégique est un ensemble de capacités fondées sur la maîtrise par les citoyens d un État-Nation des manières de faire, de penser, de réfléchir et de sentir qui leur permettent de jauger les menaces, d agir et de réagir face aux enjeux de défense et de sécurité en présence, d orienter et de parfaire leur stratégie de puissance pour un profit efficient, symbolique et matériel selon les contextes qui se présentent à eux. Lire à ce sujet, A., Régis, «Le Japon choisit d entrer dans l ère Reïwa», Le Figaro, mardi 2 avril 2019, p L IE peut se définir comme la maîtrise, la protection et l exploitation de l information, pour comprendre et anticiper l environnement extérieur, ses acteurs, risques et opportunités, protéger le patrimoine informationnel stratégique et agir sur les leviers d influence nationaux et internationaux, le tout à partir de sources ouvertes et dans le respect des règles, pour in fine contribuer à créer de la valeur. Elle est souvent résumée par le triptyque veille/anticipation, sécurité économique, influence. A., Guilhon, et N., Moinet, (dir.), Intelligence économique : s informer, se protéger, influencer, Montreuil, Pearson France, 2016, p P. M., Defarges, Introduction à la géopolitique, Paris, Éditions Seuil, O., Piot, «La fin du pré-carré», Le Monde diplomatique. Manière de voir, n o 165, bimestriel juin-juillet 2019, pp

12 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées Le second risque est lié au coût monopolistique des services, consécutif à l absence de concurrence. Depuis la dissolution judiciaire de la société pétrolière de l État Français Elf de la scène africaine à la fin des années 1990, diverses multinationales protégées par l État ont pris le relais dans le sillage de la politique africaine de la France. Parmi ces dernières, certaines contrôlent des pans entiers des activités et services liés à la souveraineté du Cameroun. Tel est le cas de l industriel de la logistique en Afrique du groupe Bolloré Logistics Cameroun (BLC). Ce denier a le monopole exclusif des secteurs du transport, notamment des secteurs maritime, ferroviaire et routier. C est donc ce groupe qui a l exclusivité des contrats de concession de gestion des ports de Douala (PAD), de Kribi (PAK) 20, et de la gestion du chemin de fer (CAMRAIL). En plus d avoir le monopole du financement, d acheminement du fret sur les voies maritimes et ferroviaires, le BLC est majoritairement présent dans le domaine des livraisons des marchandises par voie routière dans l hinterland, aussi bien sur le territoire camerounais que sur les territoires du Tchad et de la RCA qui sont, en effet, des pays enclavés. Créée en 2013 lors d un sommet des chefs d État français et africains à l Élysée, la fondation AfricaFrance vise le renforcement de la coopération entre les entreprises françaises et africaines partout sur le continent. En 2015, cette fondation a créé une banque de l exportation, destinée à réduire le coût des financements de certains contrats établis entre la France et les États africains sans l approche d une remise en question par ces derniers 21. Aux réseaux classiques est venu plutôt s agglomérer un maillage d acteurs privés, stimulés par le nouveau «business» : fonds d investissement, réseaux de jeunes entreprises, conseillers, cabinets spécialisés, agences de communication, avocats, etc. 22, qui collectent des données et les exploitent afin que la France en tire le plus grand avantage concurrentiel dans les échanges économiques internationaux ou une capacité d anticiper les actions et les décisions sur le plan social, économique et politique, ceci aux dépens des économies locales d Afrique Centrale dont le Cameroun fait partie. Dans la configuration nouvelle post guerre froide, l habilité et la capacité de tout acteur stratégiquement émancipé d amener autrui à faire ce qu il ne souhaite pas faire, mieux à ne pas regarder ni penser où il devrait le faire, constituent les gages de réussite de leurs divers projets de puissance. L une des clés pour que les efforts d autorités camerounaises soient couronnés de succès réside dans la capacité du pays à mobiliser des ressources financières suffisantes, et à les utiliser de manière efficace pour combattre la pauvreté, transformer leur économie et mettre en place les conditions d une prospérité durable et inclusive. Cela nécessite une mobilisation de tous les moyens nécessaires, sur le plan public, privé, international et domestique. II- Promouvoir les ressources domestiques dans le financement des projets de développement La lutte contre la pauvreté ne peut être gagnée, et l inclusion sociale assurée, si la réalisation des infrastructures n est pas au centre des priorités. C est pourquoi la réalisation des infrastructures a été identifiée comme une nécessité pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Le financement des infrastructures doit être l une priorité des autorités camerounaises dans leur objectif de développement. 20 Le PAK est la nouvelle acquisition portuaire du Cameroun depuis Mais le groupe Bolloré s est déjà doté de deux terminaux (le terminal à containers, et le terminal polyvalent). Lire à ce sujet l hebdomadaire Intégration, «Bolloré en passe de s emparer du port de Kribi», n 291, du 30 août 2017, p Le renouvellement générationnel des réseaux d influence permet à la «Françafrique» de se transmuer dans un contexte où les entreprises françaises n ont jamais été aussi nombreuses sur le continent (environ 40000). Petites et moyennes, certes, mais surtout, bien sûr, les grands groupes : Total, Castel, Orange, Lafarge, Vinci, Bouygues et Technip se classent parmi les 70 plus grands groupes implantés en Afrique. Le groupe Bolloré figure ainsi parmi les multinationales emblématiques de la présence française en Afrique. Fort de ses 250 filiales et de ses salariés dans 46 pays africains, Bolloré Logistics est devenu en moins de trente ans le premier réseau intégré de logistiques africaines et un acteur majeur de l activité portuaire. O., Piot, Op. cit. 22 Op. cit. Du côté des ex-ministres de la République, la liste de ceux qui se sont reconvertis dans les «bons offices» du lobbying en Afrique se révèle tout aussi fournie : MM. Jean-Louis Borloo (à l origine de la fondation Énergies pour l Afrique), Gérard Longuet (conseiller de Sea Invest), Dominique Perben (conseiller de Colas, filiale du groupe Bouygues) ou encore Hervé de Charrette et Jean-Marie Bockel. 12

13 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées Jusqu ici, les stratégies de financement du développement mettent l accent sur les aides publiques, la dette multilatérale ou bilatérale, ou l investissement direct étranger. Ces stratégies laissent peu de place à la mobilisation des ressources domestiques publiques et privées pour en faire les leviers de la transformation structurelle (A) qui, pour qu elles soient efficaces, nécessite une reprofilage des choix de l État en matière de politique de développement (B). A- Mobiliser les sources endogènes : créer de nouvelles chaînes de valeur et accélérer le développement L un des obstacles structurels au développement camerounais est le faible niveau d investissement endogène, les stratégies de financement mettant majoritairement l accent sur les aides publiques, la dette multilatérale ou bilatérale et l IDE. Bien que l État ait souscrit au cinquième emprunt obligataire le 9 novembre 2018, d un montant de 150 milliards de FCFA assorti d un taux d intérêt annuel de 5,6% 23, cette mobilisation reste limitée. Elle a pour origines, d une part, des faibles taux d épargne publique et privée, une mauvaise gestion des taux d intérêts, l étroitesse de l assiette fiscale et la complexité des structures et procédures administratives. D autre part, la faiblesse des administrations est un facteur explicatif, car celles-ci n exploitent pas pleinement la base d imposition nationale et accordent souvent des avantages fiscaux et toutes sortes d exonérations à des industries à haute valeur, logées dans des niches, telles que les secteurs extractifs. À cela s ajoutent des systèmes inefficaces de recouvrement des recettes et des flux massifs de capitaux illicites 24. Aussi, l un des disfonctionnements économiques est que le poids fiscal est supporté par une minorité, en raison d une assiette fiscale restreinte et de l existence d un secteur informel massif. Corriger cette distorsion et mobiliser tout le potentiel fiscal seraient un premier levier pour la mobilisation des ressources intérieures. Retenir et mobiliser les ressources domestiques multisectorielles et multiformes généreraient plus d avantages économiques et politiques que le recours à l aide publique au développement. Si elles sont utilisées de manière adéquate, elles ont plus d intérêt à long terme que les flux financiers extérieurs, souvent spéculatifs, qui fuient le pays dès la première crise ou instabilité d ordre politique ou social. Avec une population qui dépasse 20 millions d habitants, une classe moyenne en forte croissance et un tissu de petites et moyennes entreprises qui se densifie, l État augmenterait significativement les ressources issues de la fiscalité intérieure. La seconde source de mobilisation est les transferts de fonds par la diaspora camerounaise. La Banque mondiale estime que les envois de fonds de la diaspora africaine se sont élevés à environ 40 milliards de dollars en 2012 et pourraient atteindre 200 milliards au cours de la décennie Dans un pays comme le Sénégal, ces transferts dépassent de loin l APD venue des partenaires extérieurs, tout comme les ressources fiscales prélevées par les administrations douanières sur les importations. Suivant en cela l exemple d autres pays homologues dont les résultats ces dernières années ont été éloquents (Éthiopie, Sénégal, Kenya, etc.), le Cameroun a mentionné dans sa «Vision 2035» les apports attendus en matière de financement par sa diaspora. Toutefois, il apparaît à l observation que le gouvernement camerounais, qui ne dispose pas jusqu à l heure actuelle d un cadre organique formel de participation de la diaspora à la gestion du développement 26, ne profite pas suffisamment des envois extérieurs. En 2016, les Camerounais vivant à l étranger ont transféré au pays l équivalent de 700 milliards de FCFA 23 B. R., Mbodiam, «Le 5 è emprunt obligataire de l État du Cameroun sur le Douala Stock Exchange clôturé à plus de 200 milliards de FCFA», article consulté le 15/02/2020 sur 24 C., Tidiane Dieye, Op. cit. 25 Lire à ce sujet, «L ACBF prête à aider les pays africains à endiguer les flux financiers illicites», African Capacity Building Foundation, 15 septembre Voir, Cameroon Policy Analysis and Reseach Center, «La diaspora camerounaise, un atout pour l émergence : un plan opérationnel à résultats rapides en 10 points», p

14 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées environ 27. Dans un contexte morose marqué par des nombreux déficits, ces transferts constitueraient une manne financière qui, utilisée à bon escient, irriguerait des pans entiers de l économie nationale et relancerait la croissance, aussi ces flux devraient augmenter. La troisième source concerne les montants issus des flux financiers illicites. Les spécialistes estiment qu ils dépassent les 50 milliards de dollars par an, soit plus du double de l APD que l Afrique reçoit 28. Ceci représente une saignée de ressources drainées durablement vers l extérieur grâce à la corruption, aux trafics illicites et à toutes sortes de détournements de deniers publics. Ces sorties compromettent la primauté du droit et l équité sociale, aggravent les conditions de vie précaires des populations et étouffent les possibilités de commerce et d investissement. Elles sont facilitées par une soixantaine de paradis fiscaux et juridictions secrètes dans le monde qui permettent l exploitation de millions de sociétés off-shore, de sociétés écrans, de comptes en fiducie anonymes et de fondations caritatives fictives 29. En mobilisant ces trois leviers, le Cameroun constituerait un socle sur lequel les investissements étrangers, l aide et l endettement pourraient s arrimer pour créer ensemble un système cohérent et intégré de financement du développement. Le pays a largement de quoi financer son propre développement et amorcer la trajectoire d une véritable transformation économique et sociale. L expérience a montré que le développement ne vient pas de l extérieur, mais qu il est plutôt le produit de dynamiques structurelles internes qui touchent les domaines économique, social, politique, culturel et environnemental, portées par les peuples euxmêmes et sont alimentées par les ressources et la créativité endogènes. Réussir un tel pari suppose cependant une forte amélioration de la gouvernance économique et la démocratisation de la société. B- Recadrer la politique de développement : prioriser l industrialisation pour des emplois et des infrastructures durables Le gouvernement camerounais doit reprofiler sa politique économique afin de mieux exploiter les richesses et les financements nationaux, car les produits issus de cette exploitation sont exportés sur les marchés mondiaux à l état brut, ce qui empêche le développement de chaînes de valeurs et la création de richesses. Il existe une libéralisation limitée de leur potentiel à cause, d une part, de la faiblesse des connaissances et des savoirs générés, et d autre part, du maintien du modèle économique qui sous-tend leur exploitation. Ce paradigme doit changer, afin de déclencher une spirale vertueuse de transformation grâce à de nouvelles méthodes de gestion, de production, de commercialisation et de consommation des richesses du ciel, du sol, du sous-sol, des mers et des forêts 30. Cette transformation doit reposer sur des options et des choix clairs de l État, que ce soit en matière de politique de développement en général ou dans les différentes politiques sectorielles en particulier, notamment les politiques infrastructurelle, commerciale, industrielle, agricole, énergétique, et environnementale. Les choix gouvernementaux, en matière de politique économique, doivent être conjugués avec au moins trois impératifs : le développement de chaînes de valeurs issues des ressources naturelles et la promotion d infrastructures et d une croissance industrielle ; le développement d une stratégie énergétique basée sur une utilisation massive des énergies renouvelables (éolienne, solaire, biomasse, etc.) pour renforcer le production industrielle ; et le développement de nouvelles méthodes de production qui réduisent la pollution de l eau et l érosion des sols, optimisent l utilisation des intrants organiques et assurent une productivité élevée et des meilleurs revenus aux agriculteurs 27 J. M., Nzekoué, «La diaspora, acteur majeur du développement», article consulté le 15/02/2020 sur [email protected] 28 C., Tidiane Dieye, Op. cit. 29 J., Mbu, «Mobilisation innovante des ressources domestiques en Afrique», Making Finance Work for Africa, 26 janvier C., Tidiane Dieye, «Les ressources naturelles et l économie bleue : deux moteurs pour le développement durable en Afrique», Passerelles, vol. 17, N o 8, 2016, pp

15 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées africains, notamment aux exploitations familiales 31. La souveraineté économique du Cameroun exige l amélioration de la compétitivité à travers une industrialisation à la fois diversifiée et compétitive autrement dit, efficacement intégrée dans la mondialisation et non pas renfermée sur un marché local exigu et/ou à forte dépendance extérieure. Ses industries ne pourront être compétitives que si les infrastructures adéquates sont mises en place. L idée est de dépasser le stade de simple consommateur, en concluant des contrats qui profitent largement aux puissances étrangères, au stade d imitateur pour finir en innovateur et producteur de savoir et de technologie. Pour ce faire, l État doit faire preuve de maturité avant/pendant/après la signature de nouveaux partenariats pour le développement. Les transferts de connaissance et de technologie concernant des projets d infrastructures, par l établissement de clauses, sont indispensables à leur gestion et à leur entretien une fois la construction terminée 32. Le gouvernement camerounais doit s efforcer de profiter de l expertise technique significative et de l expérience en matière de gestion et de construction des entreprises et des instituts de recherche étrangers. Ceci passe par l exigence de transferts de technologie et des efforts de formation dès le début des négociations afin de développer des capacités et des compétences locales en matière de gestion de projet et d entretien, et d éviter ainsi une dépendance prolongée à l égard des capitaux et effectifs de toute puissance étrangère. En prenant exemple sur la Chine qui a su exploiter son dividende démographique 33 par un transfert progressif de la main d œuvre du secteur rural informel vers le secteur industriel grâce à l éducation et la formation, le Cameroun doit mettre à niveau ses entreprises locales pour qu elles soient capables de travailler avec des investisseurs étrangers, créer un écosystème local favorable, améliorer le climat des affaires pour rendre le pays attractif afin d être une destination privilégiée d IDE 34. Ce reprofilage de la politique économique favoriserait la libération d opportunités socioéconomiques et la promotion d un développement durable. L industrie est l un des premiers bénéficiaires des infrastructures. En plus des infrastructures générales que constituent les transports, l énergie et les communications, elle a des besoins spécifiques d infrastructures pour accélérer l investissement et accroître la compétitivité. Il s agit notamment de l aménagement des zones industrielles et de leur connexion avec les réseaux de services 35. La plupart des infrastructures pour lesquels le pays attend un financement venu de l extérieur peuvent être mises en place sur la base de ressources endogènes. En privilégiant les infrastructures de petites tailles, à hauteur d homme et adaptées aux besoins de l économie et de la population, le pays pourrait financer ses infrastructures de base et créer des emplois à long terme 36. Les économistes reconnaissent que la faiblesse des infrastructures de transport constitue l une des contraintes les plus importantes qui entravent le développement des affaires au Cameroun. Pour illustrer l importance des infrastructures de transport en tant que moteur du développement socio-économique, trois dimensions de la création d emplois sont analysées : l effet direct sur l emploi, l effet indirect sur l emploi et l effet d entraînement (spill-over). 31 Ibid. 32 F. X., Noah Edzimbi, «Afrique : les dessous du regain d intérêt russe», article consulté le 16/02/2020 sur org 33 La notion de dividende démographique désigne une période de croissance économique potentielle résultant d une augmentation transitoire de la part de la population en âge de travailler au sein de la population totale. Ce dividende repose sur l augmentation du ratio de soutien, qui est le ratio pondéré des personnes à charge par rapport aux contributeurs économiquement actifs dans une économie. L. A., Johnston, «Tirer parti de l expérience chinoise pour exploiter le dividende démographique africain?», Passerelles, vol 19, N o 5, août 2019, pp Ibid. 35 K., Traoré, Op. cit. 36 C., Tidiane Dieye, «Infrastructures et développement : donner à l Afrique une colonne vertébrale», Passerelles, vol 18, N o 2, mars 2017, pp

16 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées L effet direct sur l emploi correspond aux emplois créés pendant les phases de préparation, de construction, d exploitation et d entretien d un projet d infrastructure. Une société de construction embauche par exemple 1000 personnes pour la construction d une ligne de transport reliant deux régions du pays, puis un concessionnaire en embauche 300 pour l exploitation et l entretien pendant un contrat de 20 ans. L effet indirect sur l emploi correspond aux emplois créés par l intermédiaire des biens et services nécessaires à la réalisation des projets d infrastructures, comme par exemple les emplois au sein de la chaîne d approvisionnement. Dans l exemple précédent, la société qui construit la ligne de transport achète du ciment et des câbles pour la construction et des équipements techniques pour l exploitation et l entretien, ce qui créé des emplois dans d autres secteurs de l économie. L effet d entraînement sur l économie nationale correspond aux gains macroéconomiques résultant des services fournis par les infrastructures, à savoir l impact économique global. La ligne de transport ainsi construite améliore les conditions économiques de la région en offrant aux entreprises locales un accès à l électricité qui soit régulier et financièrement abordable. Cela peut conduire à la création d un pôle économique qui incite les fabricants à investir dans des usines en raison d un approvisionnement stable en électricité et de l existence d infrastructures de transport. Ces résultats de marché bénéficient également aux agriculteurs, car la baisse des coûts de transport et les échanges commerciaux supplémentaires entraînent des gains de productivité et une augmentation des revenus 37. Cela suggère bien sûr une planification rigoureuse et un suivi méticuleux des projets, adossés à des principes de gouvernance et de gestion des ressources publiques sans faille. L expérience montre que toutes sortes de motivations peuvent être à la base des choix politiques qui précèdent l installation des infrastructures. De nombreux projets d infrastructures de grande taille (ports, aéroports, autoroutes, etc.) pourraient coûter le tiers, voire la moitié, de leur coût s ils n étaient pas alourdis par des surfacturations, des choix technologiques inappropriés et des objectifs économiques diffus. Par exemple certains pays privilégient un réseau dense de petites routes, y compris rurales, pour relier les zones de production et de consommation et n installer de grandes infrastructures en aval qu en cas de nécessité absolue dictée par un marché intérieur et extérieur croissant, pendant que d autres, souvent pour des raisons de prestige, mettaient en place de très grandes infrastructures, sans rapport avec leurs besoins et leurs possibilités économiques, quitte à s endetter massivement et à devoir se retrouver plus tard à gérer une infrastructure au-delà de leurs capacités. Dans tous les cas, les expériences montrent qu il n y a pas de solutions toutes faites. Si nul ne conteste plus le fait que les infrastructures sont la colonne vertébrale de l activité économique, nul ne conteste non plus le fait qu il faut un dosage intelligent entre ressources endogènes et financements extérieurs. Le trait d union entre les deux, c est la vision, le leadership transformationnel et la qualité de la gouvernance 38. L argument du manque de ressources financières domestiques, qui justifierait la faiblesse des initiatives endogènes de financement de ces infrastructures est l une des explications de cette faiblesse qui, impérativement, doit être surmontée. 37 N., Malchow et A., Waldmann, «Le potentiel des infrastructures transfrontalières en Afrique : quelles perspectives pour l emploi?», Passerelles, vol 18, N o 2, mars 2017, pp C., Tidiane Dieye, Op. cit. 16

17 Conclusion Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées Le Cameroun connaît une urbanisation rapide et doit fournir à une population en pleine croissance les biens et services nécessaires. Les infrastructures matérielles doivent être financées par des sources endogènes peu exploitées jusqu ici. Le pays doit améliorer la qualité de la formation des techniciens locaux et s efforcer de les retenir. Cet aspect est non seulement déterminant pour la réussite des projets d infrastructures, mais jette également les bases de l industrialisation du pays. Dans ce contexte, il est crucial de veiller à ce que le développement des infrastructures serve de moteur à la réalisation des objectifs de développement. Cela accélèrera en retour le développement économique, protègera l environnement et générera différents avantages sociaux dont bénéficieront les populations. Sachant que les aspects de durabilité et de résilience peuvent contribuer à la réduction des risques, voire accroître les avantages découlant des projets d infrastructures, ils ne doivent pas être considérés comme un coût supplémentaire, mais plutôt comme une source de rentabilité. Les solutions fondées sur la performance peuvent contribuer à réduire le coût total des solutions et à renforcer la résilience et les bénéfices potentiels des infrastructures. Le renforcement des liens entre le secteur public et le secteur privé (PPP), la gestion efficace des marchés publics et la qualité des schémas directeurs d urbanisme sont autant de facteurs clés dans la mise en œuvre de projets d infrastructures durables et résilients. Le secteur public, les entrepreneurs de BTP et les intermédiaires financiers locaux doivent utiliser des outils plus innovants. Suspendre le rythme actuel de l urbanisation n est pas possible. Mais l introduction des aspects de durabilité et de résilience dans les projets d infrastructure peut placer le pays sur la voie d un développement plus durable. Références bibliographiques - Alassane Traoré, C., «Le partenariat public privé (PPP) en Afrique : analyse descriptive et défis», Note d analyses sociopolitiques, N 11, 20 juillet 2019, CARPADD, Montréal, 18p. - Cameroon Policy Analysis and Reseach Center, «La diaspora camerounaise, un atout pour l émergence : un plan opérationnel à résultats rapides en 10 points», p Cardot, P., «De la définition et de la défense des intérêts nationaux (première partie)», article consulté le 10/02/2020 sur - Defarges, P. M., Introduction à la géopolitique, Paris, Editions Seuil, Évaluation stratégique environnementale et sociale du secteur minier au Cameroun, Document principal tome 1, 2016, p Fogue Tedom, A., «De la problématique du financement de l Union Africaine (UA) à l évaluation du désir de puissance de l Afrique», Dialectique des intelligences, n 004/2017, p Fogue Tedom, A., Cameroun : sortir le renseignement du maintien de l ordre politique. En faire un outil stratégique, Yaoundé, Les Éditions du Schabel, 2017, p Guilhon, A., et Moinet, N., (dir.), Intelligence économique : s informer, se protéger, influencer, Montreuil, Pearson France, 2016, p Intégration, «Bolloré en passe de s emparer du port de Kribi», n 291, du 30 août 2017, p «L ACBF prête à aider les pays africains à endiguer les flux financiers illicites», African Capacity Building Foundation, 15 septembre Malchow, N., et Waldmann, A., «Le potentiel des infrastructures transfrontalières en Afrique : quelles 17

18 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées perspectives pour l emploi?», Passerelles, vol 18, N o 2, mars 2017, pp Mbodiam, B. R., «Le 5 è emprunt obligataire de l État du Cameroun sur le Douala Stock Exchange clôturé à plus de 200 milliards de FCFA», article consulté le 15/02/2020 sur - Mbu, J., «Mobilisation innovante des ressources domestiques en Afrique», Making Finance Work for Africa, 26 janvier Noah Edzimbi, F. X., «La défense populaire et la lutte contre les nouvelles menaces au Cameroun : contribution à la formation d une culture stratégique et à l étude d une logique sécuritaire globale après 2001», Thèse de Doctorat en science politique, option Stratégie-Défense, Université de Douala, en attente de soutenance. - Noah Edzimbi, F. X., «De la défense populaire au Cameroun : repères historiques, appropriations actuelles et défis futurs», Note d analyses sociopolitiques, CARPADD, Montréal, n 13, 2019, 16p. - Noah Edzimbi, F. X., «Le projet géostratégique des États-Unis d Amérique dans le Golfe de Guinée : analyse de l action américaine au Cameroun entre 1997 et 2013», Master II en science politique, Université de Yaoundé II, 2014, p Noah Edzimbi, F. X., «Afrique : les dessous du regain d intérêt russe», article consulté le 16/02/2020 sur - Nzekoué, J. M., «La diaspora, acteur majeur du développement», article consultéle 15/02/2020 sur info@ cameroon-tribune.cm - Piot, O., «La fin du pré-carré», Le Monde diplomatique. Manière de voir, n o 165, bimestriel juin-juillet 2019, pp «Quelques rappels utiles en matière de stratégie, «opératique» et tactique», Doctrine, Revue d études générales, Stratégie, «opératique» et tactique : la place des forces terrestres, n o 7, décembre 2005, p Régis, A., «Le Japon choisit d entrer dans l ère Reïwa», Le Figaro, mardi 2 avril 2019, p Tidiane Dieye, C., «L Afrique et le financement du développement : saisir ces possibilités inexploitées», Passerelles, vol 18, N o 1, février 2017, pp Tidiane Dieye, C., «Infrastructures et développement : donner à l Afrique une colonne vertébrale», Passerelles, vol 18, N o 2, mars 2017, pp Traoré, K., «Développer les infrastructures pour stimuler la transformation économique : Entretien avec le commissaire de la Communauté économique des États de l Afrique de l Ouest (CEDEAO) en charge de l industrie et de la promotion du secteur privé», Passerelles, vol 18, N o 2, mars 2017, pp

19 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence 1 Résumé : MBARGA Dieudonné* 2, L institution projet/programme est fortement mobilisée mais aussi instrumentalisée par le politique dans la gouvernance agricole au Cameroun. Cette instrumentalisation s exprime en un foisonnement de projets/programmes gouvernementaux concomitamment exécutés et positionnés (de fait) en médiateurs des politiques agricoles. Cette conjoncture contraste avec les indicateurs de performance agricole qui décrivent une situation de dépendance aux importations à des fins de sécurité et suffisance alimentaires. Il questionne l aptitude de l institution étatique à conforter les performances du secteur agricole camerounais. Mots clés : Projet/programme, gouvernance agricole, médiateurs, politiques agricoles, performances 1 * Analyste en Planification Stratégique, Politique & Suivi-Évaluation, Doctorant en Gouvernance et Évaluation des Politiques Publiques, [email protected] 1 La pertinence est l un des critères d évaluation de la faisabilité et/ou de la performance d un projet. Elle peut être définie comme sa capacité à réaliser les objectifs qui lui sont assignés. Il s agit d un critère mobilisé autant par les professionnels de l évaluation que par les analystes politiques. Voir, Garrabé, «Méthode d évaluation de la pertinence d un projet», Revue Tiers Monde Année 1992, pp

20 Abstract : L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence The project/program institution is strongly mobilized and instrumentalized in agricultural sector management in Cameroon.This strong instrumentalization is expressed in an unbridled proliferation of more than a hundred government projects / programs concomitantly executed and positioned as mediators for agricultural policies. This situation contrasts with the agricultural performance indicators which describe a dependence on imports for food security and sufficiency. It questions the ability of the state institution to strengthen the performance of the agricultural sector. Keywords : Project/program, agricultural management, mediators, agricultural policies, performance. Introduction La substance institutionnelle du secteur agricole camerounais décrit une forte mobilisation et instrumentalisation de l institution projet/programme de développement. L analyse de ce dispositif de gouvernance souligne que cette instrumentalisation a favorisé leur positionnement en médiateur de l action publique 3 agricole. A ce titre, ces structures jouent le rôle d interfaces et d interlocuteurs privilégiés entre «la haute» administration et les populations et producteurs à la base. Diallo et Thuillier présentent les projets/programmes (de développement) comme : «un système organisationnel complexe et temporaire qui produit des biens et services qui concourent à la satisfaction d un objectif en respectant des délais, un budget et des spécifications 4», Cette conception est celle mise en œuvre dans la codification française de l AFNOR 5. Dans le contexte de la coopération au développement internationale, le projet/programme (de développement agricole) s appréhende en tant qu une initiative ou un processus financé ou cofinancé par l Etat et un ou plusieurs bailleurs bilatéraux, multilatéraux ou privés, et qui a pour but l amélioration du cadre et des performances dans un secteur considéré de la vie publique d un pays 6. Présumé efficace, leur foisonnement (ou l hyper mobilisation/vulgarisation) dans le contexte agricole camerounais entraine des difficultés managériales du secteur 7. De même, les outputs de l action publique agricole restent inconstants voire arbitraires. Les performances agricoles camerounaises demeurent globalement en marge des potentialités réelles du secteur 8. L autosuffisance alimentaire est une réalité limitée dans la mesure où le pays continue d importer des denrées de première nécessité à l instar du riz, le sucre et des farines dans des proportions 3 P., Muller, Les politiques Publiques, Que sais-je?, n 2534, 2013, PUF. 4 Amadou Diallo et D., Thuillier, «Une analyse de la perception des Coordonnateurs de projets de développement en Afrique», Région et Développement, N , p Amadou Diallo et Denis Thuillier poursuivent leur restitution en soulignant que, si la cette notion n est pas nouvelle, puisqu elle date de la période 1950 et 1960, c est le management de projet qui, en tant que champs scientifique, est récent. Ibid. 6 J., Gbetowenonmon Konyaole, Le suivi financier du projet de développement pendant son exécution ainsi que les procédures d utilisation des Fonds Banque Mondiale, PNUD, UNICEF, Mémoire de fin de Formation d Ingénieur Commercial, Ecole supérieure de commerce et de management d Afrique - option finance 2001, p Il rend notamment difficile l appréhension du «qui fait quoi, pour qui et comment?». Cette expression est une paraphrase de Lasswell qui définit la politique en tant qu une démarche visant à faciliter la définition/identification de qui fait quoi et comment. Harold Lasswell, Politics : Who Gets What, When, How (1936), Amazone. 8 Ces potentialités consistent en des ressources humaines, agro écologies (pédologique, climatique), etc. qui en font une «Afrique en miniature». Achancho, Revue et analyse des stratégies nationales d investissements et des politiques agricoles en Afrique du cantre,

21 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence importante 9. Dès lors, cette situation conduit à évaluer la pertinence 10 ou l aptitude de ces médiateurs de l action publique à contribuer dans la réalisation des objectifs adoptés par le secteur agricole camerounais. Sous le prisme d une approche d analyse de politiques publiques 11, cet article se structure autour de l hypothèse de l inaptitude de ces médiateurs à assurer la réalisation des objectifs du secteur agricole. Il décrit à cet effet, une pratique dévoyée de l approche projet/programme (I) contre laquelle il propose son indispensable «camerounisation» (II). I. Une pratique dévoyée de l approche projet/programme L examen des aspects conceptuels et opérationnels des projets/programmes de développement agricole au Cameroun rend compte d une pratique détournée voire éloignée des visées de gestion axée sur les résultats 12. A. Au plan conceptuel : une démarche/approche plus organique que stratégique L appréhension du projet en tant qu une initiative ou un processus, financé ou cofinancé par l Etat et/ ou ses partenaires, correspond à une double approche : celle organique ou institutionnelle et celle processuelle pour laquelle la gouvernance agricole semble avoir optée. La première, notamment celle organique ou institutionnelle, privilégie la substance institutionnelle ou physique du projet/programme à travers une ingénierie qui met en exergue un ensemble de partie prenantes dont une supervision hiérarchique du bailleur et/ou de la tutelle gouvernementale, une équipe de gestion du projet (avec un coordonnateur souvent Haut Cadre de l administration publique), des partenaires d exécution et des bénéficiaires cibles (ou clients du projet) 13. Cette appréhension, qui s inscrit dans l approche blueprint 14, a très tôt été critiquée et écartée par ses principaux promoteurs Le rôle des importations dans la consommation alimentaire au Cameroun est de l ordre de 184 % pour le riz, 73 % pour le sucre (...). La décennie actuelle (2000 à 2007) marque la multiplication de la valeur des importations par 1,8 en moyenne. La reprise économique a pour conséquence l augmentation constante du volume des importations. Les importations de blé ont été multipliées par 2 (passant de 45 et 100millions de $ US), il en est de même de la valeur des importations de riz qui ont crue dans la fourchette de 28 à 72 millions de $ US (avec un pic de 137 millions de $ US en 2005 et 2006). Quant aux importations de céréales, elles ont cru de 76 à 174 millions de $ US(avec un pic de millions de $ US en ). La dernière séquence a aussi été marquée par les importations massives de découpes de poulets qui ont plombé jusqu en 2005 la production domestique et causé la fermeture de nombreuses fermes locales. Awono & Havard, «le rôle des importations dans la consommation alimentaire au Cameroun», in Thématique 4: politiques agricoles et marches, CEDRES-Actes du colloque, Déc. 2010, p. 485, article consulté le 06/05/2020 sur fr/558557/1/document_ pdf h 10 La pertinence d un projet peut être définie comme sa capacité à réaliser les objectifs qui lui sont assignés. Garrabé, «Méthode d évaluation de la pertinence d un projet», Revue Tiers Monde, Année 1992, pp Cette approche met en exergue la prééminence de l acteur étatique dans la dynamique de la gouvernance. P., Muller, op. cit. 12 Plus d une centaine de projets/programmes de développement agricole exécuté concomitamment par des pouvoirs publics depuis plus de 03 décennies pour des performances agricoles arbitraires attestées par le recours aux importations de denrées alimentaires. 13 Amadou Diallo et D., Thuillier, Op. cit., p.195. Ibid., pp L expression Blueprint traduit ou décrit le caractère copier-coller de l approche originelle. Il traduit la réalité d une démarche copiée ailleurs et donc rigide, non adaptée et/ou inappropriée au contexte où elle est introduite. Massimo Tommasoli, «Analyse sociale et cycle du projet», Développement participatif : analyse sociale et logique de planification, Edition Karthala, 2004, p Notamment entre 1980 et 1990 aux Etats Unis et au sein des pays industrialisés. 21

22 Le challenge du financement du développement infrastructurel au Cameroun : saisir les possibilités inexploitées Les objections contre elle formulées relevaient de : La rigidité des procédures ; La non prise en compte de la complexité à travers des objectives rigidités et une démarche de mise en œuvre mécanique sinon automatique ; Une supervision assez rapprochée du bailleur ; La non appropriation des processus et acquis par les principales parties prenantes (les bénéficiaires) 16. La seconde approche, qui est davantage processuel, est une amélioration de la première notamment dans sa mutation et son orientation dans une perspective de management ou gestion qui conduit depuis 1990 à parler de gestion par projet. D organisme à la base, l approche projet/programme est devenue une méthode et une stratégie de management dont la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) en est l une des formes d expression, sinon, l expression ultime. La lumière des explications ci-contre porte à constater que l approche projet/programme en vigueur au sein du secteur agricole camerounais est organique ou rigide tel que sus décrit. Le projet/programme dans le secteur agricole camerounais revêt la forme organique et se présente comme une initiative à base institutionnelle ou organique conjointe mise en place par le gouvernement et l un ou plusieurs de ses partenaires financiers et/ou techniques internationaux à l instar de la Banque Mondiale, la BAD, le FIDA, la GIZ, PNUD, etc. Cette option dite Blueprint est l une des importantes entorses aux ambitions de développement agricole du Cameroun. Les principales limites de cette démarche se rapportent aux considérations suivantes : 1. Une approche institutionnelle ou organique du projet/programme plutôt que processuelle de Gestion Axée sur les Résultats au Cameroun La pratique de l approche projet/programme affiche une multiplication croissante de micro institutions dites «Projet/programme de développement agricole» axé sur des filières dites stratégiques. C est ainsi qu il existe autant de projets/programmes que de filières. Cette approche Blueprint met en avant la méthode du «cadre logique» dans sa conception qui privilégie la stricte application de la structure d intervention qu il décrit et l appréciation prioritaire des résultats/effets auxquels cette mise en œuvre donne lieu au cours des processus de suivi-évaluation. Ce faisant, cette méthode écarte les possibilités de prise en compte de la «complexité» qui suppose incertitude et/ou imprévisibilité par des ajustements conséquents et opportuns 17. L Agence Canadienne de Développement International (ACDI) décline la gestion axée sur les résultats comme : «une méthode de gestion du cycle de vie d un programme ou d un projet qui intègre les stratégies, les personnes, les ressources, les processus et les outils de mesure pour améliorer la prise de décisions, la transparence et la reddition de comptes. 18». Cette explication de l ACDI fait remarquer que la pratique camerounaise privilégie une appréhension institutionnelle ou organique plutôt que processuel de la GAR. 2. Une pratique du cadre logique non associée à celle de «la théorie du changement» La pratique des projets/programmes au Cameroun privilégie la pratique du cadre logique dans leur planification et conduite opérationnelle. 16 Massimo Tommasoli, Op. cit., p Voir, Trompette «Complexité des interventions en santé publique et en promotion de la santé», Université de Lorraine, Voir, ACDIC, Les outils de la GAR à l ACDI : Guide pratique Instructions pour l utilisation des trois principaux outils de la gestion axée sur les résultats (GAR) à l ACDI : le modèle logique, le cadre de mesure du rendement et le registre de risque, p.1 22

23 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence Ce faisant, elle considère, de manière limitée, l intérêt et le bien-fondé de la démarche axée sur le changement et la gestion de la complexité conceptualisée dans la notion de «théorie du changement». Le cadre logique est une matrice de mise en forme du contenu d une intervention qui présente les objectifs, les résultats, les activités et leurs liens de causalité selon une logique verticale 19. La méthode du cadre logique est une démarche structurée autour des objectifs des projets qui décrit et oriente de manière rigide l articulation et la substance de toutes phases du cycle du projet 20. Cette méthode présente comme principale atout le fait qu elle limite l improvisation en structurant schématiquement la logique d intervention du projet/programme considéré. Elle affiche cependant deux inconvénients majeurs qui se traduisent par l orientation et la limitation des activités dans leur substance et l utilité du suivi-évaluation dont les capacités et possibilités de contribution aux ajustements nécessaires se trouvent limitées. Avec cette méthode, les analyses de suivi-évaluation sont orientées sur des critères ou un référentiel rigide (efficacité, efficience, etc.). Cette rigidité les contraint à ne pas s appesantir sur des paramètres ou aspects contextuels et conjoncturels de gouvernance, ou encore de faits et d effets inattendus ou indirects découlant de et/ ou influençant la mise en œuvre des projets/programmes considérés. Le contournement de cette rigidité constitue l intérêt essentiel pour la théorie du changement qui préconise de tenir compte de la complexité et propose des possibilités d ajustement et même d anticipation. Rick Davies écrit : «Une théorie du changement (ToC) est une vision explicitement documentée (et donc évaluable) de la façon dont on pense que le changement doit se produire 21». Il s agit d une démarche qui décrit la manière dont les activités entreprises dans le cadre d une intervention (comme un projet, un programme ou une politique) donnent lieu à une chaîne de résultats qui auront les incidences visées ou observées 22. C est dire que la conceptualisation d une théorie du changement avant, et au-delà d un cadre logique, servirait de base à la gestion de complexité et de correctif à la rigidité de la démarche d intervention et des orientations imprimées par le cadre logique. Avec la méthode du cadre logique, il s observe que les projets/programmes n ont que des objectifs souvent quantitatifs, ce qui n est pas suffisant ni efficace pour suivre et produire des changements significatifs induits ou introduits dans le contexte d intervention de différentes parties prenantes. En associant «théorie du changement et cadre logique», les activités de suivi-évaluation permanentes, de mi-parcours ou finales, ne devraient plus être exclusivement focalisées sur les résultats obtenus et le chemin vers la finalisation du projet, mais aussi et davantage sur le niveau d effectivité ou d efficacité des changements intermédiaires et incidents en direction ou non de la vision du succès (ou le changement ultime) escompté du projet/programme considéré. Cette association inscrirait la substance des recommandations proposées sur la correction ou l optimisation des voies et parcours des changements intermédiaires (étapes du changement ultime recherché) plutôt que sur la qualité de la mise en œuvre des activités et niveau d atteinte des résultats. B. Au niveau opérationnel : les défis liés à la coordination et à l efficience Le foisonnement des Projets/programmes de développement agricole soulèvent des défis de coordination des acteurs et de gestion efficiente des ressources qu il importe d examiner. 19 Voir, «Le cadre logique. Les composantes du cadre logique», article consulté le 06/05/2020 sur www. clement-prudhomme.com/clement/s3s3/co/composante.html 20 Voir, Agence Suédoise de Coopération au Développement International (ASDI), op. cit., p.3 21 Voir, «Théorie du changement», article consulté le 06/05/2020 sur 22 Voir, «Section sur la théorie du changement», article consulté le 06/05/2020 sur 23

24 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence 1. Au plan administratif, financier et technique Au cours de leurs travaux sur l efficacité des projets de développement en Afrique, Amadou Diallo et Denis Thuillier ont relevé que «une bureaucratie administrative nationale tatillonne et des processus de gestion de projet codifiés par le bailleur de fonds qui ralentissent l exécution des tâches 23» sont parmi les principaux facteurs d échec des projets/programmes de développement en Afrique de manière générale. Pour l expérience camerounaise, l essentiel des fonds desdits structures relèvent de l Aide Publique au Développement qui, à bien des égards, n est autre qu un prolongement de l endettement 24. La valeur financière médiane de ces projets/programmes est d environ 49.5 Milliards de Fcfa 25 dont les fonds proviennent à 70 % des partenaires techniques et financiers. Ce qui leur attribue de facto et jure un droit de regard et d orientation qui leur est difficilement contestable. Mme Nkodo Marie jeanne 26 affirme que «la mise en place d un Projet/Programme engendre des administrations souvent plus élevées que le cout des activités à réaliser sur le terrain. 27». Elle précise que : «le montage financier d une telle opération comprend : le fonctionnement (matériel de bureau, salaires, carburant, etc.), l investissement, l équipement meubles et immeubles et voitures etc., les charges récurrentes et les études. 28». Cette répartition arbitraire du budget est à relever au stade opérationnel où les fonds alloués sont absorbés par des procédures de sous-traitance ou de passation de marché qui portent in fine la répartition à 50 % pour le fonctionnement et 50 % pour l investissement 29. Ce foisonnement de projets/programmes est inefficient et inefficace. L ineffectivité de l autosuffisance rizicole assigné en tant qu objectifs à des initiatives tels que le Projet de développement de la riziculture pluviale de plateau en zone de forêt à pluviométrie bimodale (PRODERIP), le Projet d Appui au Développement des Filières Agricoles (PADFA) et même à la SEMRY depuis plusieurs décennies contribue à la remise en question, mieux à la nécessité d un changement de paradigme de management 30. Pour ce qui est des procédures et processus d exécution desdits projets/programmes, il est utile de relever que ces derniers diffèrent non seulement d un projet/programme à un autre, mais aussi d un partenaire financier ou bailleur à l autre 31. Chaque projet/programme opère donc avec ses procédures spécifiques. 23 Amadou Diallo et D., Thuillier, op. cit., p Le concept de contrepartie ou plus précisément de fonds de contrepartie suffit à le soutenir Le MINFI explique que : «La contrepartie est la part que supporte le Gouvernement camerounais dans le cadre d un projet à financement conjoint, en application d une convention de prêt ou de don prévoyant explicitement cette prise en charge.on distingue les fonds de contrepartie en dépenses réelles des fonds de contrepartie en impôts, taxes et droits de douane.».voir, MINFI, «Généralités sur les marchés publics à financement extérieur», article consulté le 13/08/2018 sur 25 Le PADFA mis en place en 2008 c est environ 12 milliard tandis que le Programme Chaine des Valeurs a un budget de 75 milliards. C est dont leur ratio qui nous offre cette valeur moyenne. 26 Elle est agrosocioéconomiste de formation et exerce en tant que Haut cadre du MINADER. 27 Voir, Mme ATANGA NKODO Marie Jeanine, Aide au développement de l agriculture du Cameroun, op. cit., p Ibid. 29 Voir, L.-M. Kadeu, PhD & MPA, «Cameroun- Gouvernance : le développement rural pris en otage», article consulté le 13/08/2018 sur 30 La production de riz au Cameroun n excède toujours pas les tonnes par an alors que la demande nationale se situe à tonnes. Ce qui contraint le pays à recourir aux importations pour un montant annuel de 120 milliards de FCFA. Voir, article consulté le 10/05/ Les pratiques et manuelles de procédures de Gestion de ces structures consultées l attestent. 24

25 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence C est dire qu il existe autant de procédures qu il y a de projets/programmes. Ce qui n est pas un gage d efficacité tant d un point de vue de leur suivi et de l appréciation de leur niveau de maitrise au niveau de la tutelle. Cette situation de multiplication de procédures affecte les systèmes de gestion et de suivi évaluation de ces différentes entités. En lien avec la non prise en compte des consécrations d efficience, les opérations d élaboration-adoption d un manuel de procédures administratives et financières, tout comme celles de conception et mise en place d un logiciel de suivi évaluation, ont des coûts onéreux auxquels s ajoutent ceux relatifs à leurs entretien/ actualisation pendant le cours du Projet/programme. Pour s en rendre compte, ces opérations dans le cadre du PADFA se chiffraient respectivement à FCFA x 4 ans pour la mise en place et l actualisation annuelle du manuel des procédures administratives et financières ; et à plus de 50 millions de FCFA pour la seule conception et mise en place d un logiciel de suivi-évaluation dont l opérationnalisation demeurait non optimale jusqu en décembre Ce coût pour le suivi-évaluation serait plus important si on y inclut les multiples mobilisations de services de consultants/bureaux d études pour la réalisation des études dites complémentaires de mise en œuvre. 2. S agissant de la gestion de la ressource humaine Le profil du personnel des projets/programmes est suffisamment diversifié et donc pluridisciplinaire. Les profils sont autant de type Ingénieur Agro-socio économiste, Ingénieur statisticien, Comptable, Agent financier, secrétaire, Caissière que de nombreux stagiaires issus de plusieurs parcours de formation. L observation relève cependant que l essentiel des postes clés (Coordonnateur, Responsable de suivi-évaluation, Chargé de projet, Secrétaire, Caissière) sont tenus par des fonctionnaires en détachement qui conservent respectivement leur salaire originel en cette qualité, tout en bénéficiant de celui octroyé par leur entité de détachement qu est le projet/ programme. Etre détacher dans un projet/programme constitue de fait une importante promotion pour les fonctionnaires. Ce traitement du personnel n est pas pour autant harmonisé ou systématisé pour l ensemble de ces institutions. C est ainsi qu il existe des projets/programmes qui proposent un meilleur traitement de leur personnel que d autres. Dans ce sens, les projets financés par la Banque Mondiale sont plus onéreux que d autres. Les possibilités et opportunités d accès à ce plan «juteux» de carrière sont devenues les principaux challenges des fonctionnaires des institutions de tutelles MINADER, MINEPIA depuis l introduction et la promotion de l approche projets/programmes de développement agricole et rural au Cameroun en L épilogue sur ce point est que s il est vrai que le succès de la gestion n affecte pas toujours le succès du livrable 33, dans ce cas la performance agricole, il reste que la corrélation entre les deux est forte. Aussi, au-delà et bien avant les challenges de bonne gestion, les ajustements dans la conception, la répartition des budgets et l allégement des procédures sont indispensables sinon nécessaires pour de meilleures perspectives de production et de transformation du secteur. II. Une indispensable «camerounisation 34» de l approche projet : L approche Pro SoDe 35 Le foisonnement de projet/programme sus décrit conduit manifestement à une gabegie de ressources et une dispersion du potentiel qu un usage du modèle innovant permettrait de capitaliser. 32 Voir, Mme ATANGA NKODO Marie Jeanine, op. cit., p Ika, Lavagnon A. «Les facteurs clés de succès des projets d aide au développement», Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en administration, 2001, Chap La camerounisation est un néologisme indiquant l appropriation ou contextualisation camerounaise d une pratique, d un concept, etc. 35 Pro SoDe. Projet/programme aboutissant à la mise en place d une Société de Développement 25

26 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence A. Description du modèle Le modèle proposé est codifié sous le label de : Approche Pro SoDe entendu : «de Projet/programme de développement à Société de Développement». Il s agit techniquement d une démarche construite en deux étapes notamment celle initiale de Projet/programme et celle ultime ou aboutie de Société ou Entreprise de Développement. L idée consiste à démarrer l initiative par la mise en place d un projet «ordinaire» qui servira de stage pilote à la mise en place d une future société ou entreprise agropastorale/ agroalimentaire. Dans cette étape pilote, il s agit pour le projet/programme de construire et mettre en place une base solide de mobilisation mise à disposition, ou d accès à la matière première à travers ses activités ordinaires 36 d encadrement des producteurs et leur production, la stabilisation le renforcement de leur niveau de rendement. Ces différentes activités d encadrement qui ont cours jusqu ici dans les multiples projets/programmes des MINADER/MINEPIA seront exécutés dans l optique de consolider l aptitude des producteurs encadrés à fournir efficacement la matière première pour les activités de transformation de la «future société de développement agroalimentaire ou agropastorale» attendue en phase 2 du processus Pro SoDe. La phase 2, clairement planifiée et programmée, attestera de la transformation, mieux l évolution du projet/programme en une société de développement agroalimentaire ou agropastorale (de transformation et de commercialisation labélisée de produits agroalimentaires issus des matières premières produits ou fournis par/ou avec 37 les producteurs encadrés depuis la phase 1. Cette démarche correspond à celle de la SODECOTON qui encadre la production de sa matière première par des appuis divers à des producteurs individuels dont la contrepartie est de la lui vendre prioritairement sinon péremptoirement. Présenté ainsi, il est question d affiner une approche faisant ses preuves dans le contexte camerounais à travers le succès, la viabilité et la mutation du «Projet de financement de très petites entreprises en milieu urbain» (en 1999), en la mise en place de la Microfinance Agence de Crédit pour l Entreprise Privée au Cameroun S.A (ACEP) depuis 2005 dont les performances socioéconomiques sont palpables 38. En d autres termes, ce modèle est fortement inspiré de la mise en place de l ACEP S.A dont la démonstration de l efficacité et la viabilité sont de nature à conforter l approche. La mise en place de l ACEP S.A, dont les chiffres d affaires, les performances et l assiette de clientèle sont socio économiquement appréciables, relève d une conception et d une exécution performante du «Projet de financement de très petites entreprises en milieu urbain». Ce projet mis en place en 1999 pour 42 mois avait pour objectifs de : Mettre sur pied un dispositif efficace et rentable à moyen terme pour le financement des TPE dans les centres urbains de Yaoundé et Douala ; Transformer ce dispositif en une institution financière privée spécialisée dans le financement des TPE en milieu urbain au Cameroun. 39 Son exécution aboutira le 16 septembre 2005 à sa transformation/mutation en une institution financière indépendante dénommée ACEP Cameroun S.A. Des anciens clients et partenaires saisis l opportunité d entrée dans le capital de cette nouvelle structure et de devenir des actionnaires locaux et étrangers 40. Ce projet initial, 36 Autrement celles qui jusqu ici ont cours dans les multiples projets/programmes des MINADER/MINE- PIA. 37 Ici c est dans la mesure où la Société pourra et devra d ailleurs elle-même s engager dans la production de sa propre matière première. 38 Voir, 39 Ibid. 40 Ibid. 26

27 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence financé à hauteur de 3,7 milliards de FCFA par une convention entre l Etat du Cameroun, le gouvernement français (via son Agence de Développement (AFD) pour 2,25 milliards) et l Union Européenne (pour 656 millions FCFA) a au bout des 42 mois programmés, permis le remboursement total dudit prêt. Cette Microfinance est aujourd hui présente dans 8/10 région à travers 23 Agences. De même, cette structure compte désormais 300 employés contrairement au Projet initial qui en avait qu une trentaine. Cette institution au capital initial de FCFA compte en 2015, un encours de crédit (ou chiffre d affaire) de 21,5 milliards pour plus de clients/emprunteurs actifs 41. Cela dit, le stage 2 du modèle planifie une transformation ou une évolution des objectifs de Projet vers ceux de performance et de viabilité d entreprise à l image de l exemple de la mise en place de l entreprise de Microfinance ACEP. Cette mutation n est envisageable et possible que sur la base d une théorisation et planification d un changement méticuleuse conceptualisé et planifié. Ce qui correspond à la transformation de la conception de projets/programmes qui jusqu ici a cours. B. Avantages et retombées de l approche Pro SoDe L adoption et l implémentation de ce modèle innovant présente des avantages et retombées positives à deux niveaux : 1. Pour les acteurs sociaux Il convient de distinguer les producteurs et leur cadre de vie des citoyens-consommateurs et leur satisfaction. Les producteurs et leur cadre de vie Cette approche présente comme avantage majeur de favoriser la spécialisation et la professionnalisation des producteurs, en leur assurant des débouchées permanents, tout en les motivant à développer davantage leurs activités et à s établir confortablement en tant que fournisseurs, actionnaires ou associés de la future/nouvelle société. Cette approche offre des éléments de professionnalisation et de viabilité des activités de production concrète que l improvisation et l opportunisme dans les Projets/programmes ponctuels au sein de leurs différents bassins. Pour les citoyens-consommateurs et leur satisfaction La promotion de cette approche favorise la diversification de l offre de produits locaux Pour les acteurs étatiques ou les pouvoirs publics L adoption de cette approche est de nature à renforcer l efficacité, la légitimité et l efficience de l action publique au sein du secteur agricole camerounais. Au niveau des ministères de tutelles (MINADER et MINEPIA) L option pour cette approche donne l opportunité aux agro socio économistes (du MINADER/MINE- PIA) de faire valoir leur expertise en agrobusiness en rationnalisant leurs ambitions administratives ou carriéristes 41 D., Lambo Ebelle, Cameroun, «Agence de crédit pour l entreprise privée au Cameroun (ACEP) : la microfinance qui rassure au milieu de l incertitude ambiante», article consulté le 10/05/2020 sur be/60020/11:1/cameroun-agence-de-credit-pour-lentreprise-privee-au-cameroun-acep-la-microfinance-qui-rassure-au-milieu-de-lincertitude-ambiante-cameroon.html 42 Ce qui aura le mérite de développer et conforter un certain patriotisme économique. Des citoyens-consommateurs sont en effet bien souvent conviés et même, obligés de se fournir en produits importés (c est-à-dire fabriqués ailleurs qu au Cameroun) parce que ne trouvant point une offre ou une équivalence locale ou nationale. 27

28 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence et la proposition/validation/promotion de projets/programmes «classiques» mais souvent aux coûts financiers élevés et socio économiquement non-rentables tant pour l Etat et le contribuable que pour le citoyens-consommateurs camerounais. Pour les autres parties prenantes de l action publique du secteur agricole La validation et soutien de l approche Pro SoDe par les différents Partenaires Techniques et Financiers de l Etat du Cameroun ne relève que d une démarche de leadership et d appropriation. Ces nombreux partenaires techniques et financiers ne devraient avoir aucune objection à sa validation et appui, du moment où elle leur assure, plus que la précédente, un retour de leurs investissements et à des échéances plus et mieux indiquées. Au plan socioéconomique global, l option pour cette approche va induire la création d un nombre important d emplois directs et indirects du fait du développement des activités desdits Projets/ et leur évolution en sociétés commerciales 43. La sécurité alimentaire se verra consolidée, en même temps que, d un point de vue budgétaire, la contribution des activités du secteur agricole se verra renforcée. Cette hypothèse dans laquelle la centaine de Projets/programmes actuelle des MINADER/MINEPIA se mutait en Société de développement agricole (viables) contribuerait à multiplier les emplois, les débouchées de filières, et à soutenir l optimisation des activités et niveaux de production au niveau des bassins partenaires, etc. 43 De nombreux emplois de fournisseurs, magasiniers, manutentionnaires, commerciaux, marketistes, etc. 28

29 Conclusion L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence L approche projet/programme adoptée par les responsables politiques du Cameroun prend en considération les nouveaux enjeux agricoles de manière limitée et présente une lourdeur dans les procédures/processus administratifs et opérationnels. Cette adoption dérive en un foisonnement de projets/programmes agricole qui pose des challenges ou difficultés de coordination des acteurs et un déficit d efficience. Ce qui dilue son aptitude à impulser et soutenir le développement agricole escompté. Aussi, à l effet de le réajuster, le rationnaliser et/ou le redynamiser en le capitalisant, l option de sa camerounisation sous le label d approche Pro SoDe est proposée. Cette option consiste à y introduire le préalable de la théorie du changement et l itinéraire d une évolution de projet de développement «ordinaire» au statut d une Société ou entreprise agroalimentaire ou agropastorale compétitive. Cette démarche est de nature à contribuer au renforcement effectif des performances du secteur agricole à sa modernisation et au renforcement de sa contribution au développement global et surtout durable du Cameroun. Références bibliographiques ACDIC, Les outils de la GAR à l ACDI : Guide pratique Instructions pour l utilisation des trois principaux outils de la gestion axée sur les résultats (GAR) à l ACDI : le modèle logique, le cadre de mesure du rendement et le registre de risque ; ACHANCHO V. (2013), Revue et analyse des stratégies nationales d investissements et despolitiques agricoles en Afrique du cantre : Cas du Cameroun, Reconstruire le potentiel alimentaire de l Afrique de l Ouest, A. Elbehri (ed.), FAO/FIDA, pp ; Agence Suédoise de Coopération au Développement International (ASDI), Un résumé de la théorie sur laquelle est basée la MCL. La Méthode du Cadre Logique, JANVIER 2003 UNITÉ DES MÉTHODES, 4p. ; AWONO Cyprien & HAVARD Michel, «LE ROLE DES IMPORTATIONS DANS LA CONSOM- MATION ALIMENTAIRE AU CAMEROUN», in THEMATIQUE 4: POLITIQUES AGRICOLES ET MARCHES, CEDRES-Actes du colloque, Dec 2010, p. 485 ; DIALLO AMADOU et THUILLIER D., Une analyse de la perception des Coordonnateurs de projets de développement en Afrique, in, Région et Développement, N , pp ; Garrabé M., «Méthode d évaluation de la pertinence d un projet», Revue Tiers Monde Année 1992/ 129/, pp ; GBETOWENONMON KONYAOLE Judith, Le suivi financier du projet de développement pendant son exécution ainsi que les procédures d utilisation des Fonds Banque Mondiale, PNUD, UNICEF, Mémoire de fin de Formation d Ingénieur Commercial [en ligne], Ecole supérieure de commerce et de management d Afrique - option finance, 2001 ; Kadeu L.-M., PhD & MPA, «Cameroun- Gouvernance : Le développement rural pris en otage», Ika, Lavagnon A., «Les facteurs clés de succès des projets d aide au développement» Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en administration, 2011, 296p. ; Lambo Ebelle D., Cameroun, «Agence de crédit pour l entreprise privée au Cameroun ( ACEP) : la mi- 29

30 L approche projets/programmes de développement agricoles au Cameroun à l épreuve de la pertinence crofinance qui rassure au milieu de l incertitude ambiante», «Le cadre logique - Les composantes du cadre logique», co/composante.html;massimo Tommasoli, «Analyse sociale et cycle du projet», in Développement participatif : analyse sociale et logique de planification, Edition KHARTHALA, 2004 ; Mme ATANGA NKODO Marie Jeanine, Aide au développement de l agriculture du Cameroun, MINA- DER/FIDA/MAE/OCDE ; MULLER P., 2013, Les politiques Publiques, Que sais-je?, n 2534, PUF ; ONDOA MANGA. T., 2006.Analyse des politiques agricoles mises en œuvre au Cameroun depuis 1960, Document de synthèse, MINADER, Petit M., 1975, 70p ; RONDINELLI D.A., Why development projects fail: problems of project management in developing countries. Project Management Quarterly, 7 (7), 1976, pp ; «Section sur la théorie du changement», c. le 06/05/2020 ; «Théorie du changement», c. le 06/05/2020 ; 30

31 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun FEUZEU François* 1 Résumé : La production de cet article résulte du constat selon lequel le rendement scolaire demeure peu satisfaisant dans les zones rurales, en dépit des efforts consentis par l État du Cameroun et la communauté éducative. Il se remarque que l une des causes de cet état de chose se trouve dans des difficultés d ordre managérial et logistique, sensées assurer une prévision allocutive adéquate des ressources humaines et matérielles. Ceci étant, la perspective de cet exercice scientifique consiste à examiner dans quelle mesure une prévision efficace des ressources matérielles contribuerait à l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun. Mots-clés : Difficultés managériales et logistiques, Allocation des ressources, Ressources matérielles, Rendement scolaire Abstract : Despite the efforts put in place by the state of Cameroon and the educational community, the school outcome in rural areas remains very poor. So we admitted after several investigations that in primary schools, this problem could originate from the poor management of material resources. Reflecting what we noticed on the 1 * Administrateur d Éducation, en service à la Délégation Départementale de l Éducation de Base de la Boumba et Ngoko (Yokadouma), Est Cameroun, Doctorant en Sciences de l Éducation, Université de Yaoundé I, [email protected] 31

32 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun field, we assumed that a good prevision of material resources could help solve the problem if taken into consideration objective identification of need, proper organization of services and clear stipulation of norms governing the acquisition of material resources. In fact, this article aims to verify whether the school outcome in rural areas of Cameroon is influenced by the prevision of material resources. Key words: Management and logistic difficulties, Resources allocation, Material resources, School outcome Introduction La ratification par le Cameroun de plusieurs instruments juridiques internationaux a conduit à la gratuité de l éducation, en dépit de l introduction en 1996 des frais d inscription à l école primaire par le Ministère de l Éducation Nationale. Parmi ces instruments figure la Convention Relative aux Droits de l Enfant adoptée par l Assemblée Générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, qui précise en son article 28 que «Les Etats parties reconnaissent le droit de l enfant à l éducation, et en particulier, en vue d assurer l exercice de ce droit progressivement et sur la base de l égalité de chance, ils rendent l enseignement obligatoire et gratuit pour tous.» Par voie de conséquence, le président de la République du Cameroun, dans son discours à la jeunesse du 10 février 2000, annoncera la gratuité de l enseignement primaire. Une déclaration qui trouvera son accomplissement avec un Décret présidentiel du 19 février 2001 qui, en son article 47, exempte les élèves des écoles primaires publiques des contributions annuelles jusqu alors exigibles 2. La gratuité ainsi consacrée va contraindre l État à mettre sur pied un ensemble de mesures destinées à maintenir le rendement scolaire à des niveaux satisfaisants. C est dans cette optique qu ont été revalorisés le paquet minimum et les crédits de fonctionnement alloués aux écoles (CDMT, 2009). L on assistera aussi à la transposition du mécanisme de décentralisation dans la gestion des écoles à travers la création des conseils d école, sans oublier le transfert aux communes de certaines compétences en matière d éducation, la réouverture des Écoles Normales d Instituteurs d Enseignement Général, et les multiples vagues de contractualisation des instituteurs à l échelle du pays. De plus, les efforts sont aussi effectués dans la construction des salles de classe ainsi que la réforme des méthodes d enseignement et d évaluation 3. Ces efforts sont nuancés par certaines pesanteurs constituées pour l essentiel des difficultés en termes d approvisionnement des écoles des zones rurales en ressources devant impulser le démarrage et le bon déroulement des enseignements. Le paquet minimum, de même que le crédit de fonctionnement ne sont généralement pas disponibles à temps. Quand ils arrivent, il est presque toujours de quantité et de qualités limitées pour le paquet minimum, et de montant insuffisant pour le crédit de fonctionnement 4. Dans ces conditions, les écoles des zones rurales sont quasiment dépourvues de ressources dès la rentrée scolaire. Le matériel didactique est régulièrement insuffisant ou inexistant (Nyetam, 2015). 2 Suite à cette importante décision, l admission des enfants à l école ne serait désormais soumise à aucune conditionnalité. Ni la tenue, ni les fournitures, ni les frais d APEE Tous les enfants en âge scolaire doivent aller à l école. Ces événements à vrai dire, marqueront le début d une nouvelle ère dans le management des écoles primaires au Cameroun. 3 II s agit notamment de la Pédagogie Par Objectif (PPO) pratiquée de 1990 à 1994, la Nouvelle Approche Pédagogique (NAP) de 1995 à 2002 et l Approche par les Compétences (APC) depuis 2003 (MINEDUB, SD). Pour ce qui est de l apprentissage de la lecture, l on est passé de la méthode syllabique à la méthode mixte à point de départ global, en passant par la méthode globale, puis le retour à la méthode syllabique. Il y a aussi lieu d évoquer la révision des contenus d enseignement dont la dernière date de la rentrée scolaire avec l adoption des nouveaux curricula qui mettent un terme au découpage séquentiel et réintroduisent le système d évaluation mensuel jadis utilisé. 4 De plus, les Initiatives à Résultats Rapides (IRR) interdisent la présence des APEE à l école dans les 100 premiers jours qui suivent la rentrée (Bomba, 2017) 32

33 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun La prégnance de ces difficultés affecte considérablement le fonctionnement des écoles. La baisse de régime ainsi créée va entretenir de nombreux blocages susceptibles d influencer le rendement scolaires. Dans de nombreuses écoles des zones rurales, des efforts allant dans le sens de la prévision des ressources s avèrent nécessaires. Il s agit d une opération utile pour l avenir, intégrant trois activités capables de garantir le déroulement harmonieux de l année scolaire à savoir : l identification objective des besoins, l organisation judicieuse des services en charge du matériel et l élaboration méthodique des normes d acquisition des ressources matérielles. Ces opérations constitueront les axes d intervention de cette étude. La prévision en tant que projection, anticipation et/ou conjecture sur l avenir, se présente comme une activité cardinale dans le management des organisations scolaires. Meuret & Bonnard (2010), définissent le rendement scolaire comme le rapport entre les résultats et les ressources investies. Pour mieux cerner cette notion, on distingue le rendement à court terme qui peut désigner les résultats scolaires annuels. Le rendement à moyen terme, quant à lui, désigne le taux d achèvement d un cycle scolaire tandis que le rendement à long terme concerne l insertion socioprofessionnelle. Il appert donc que l application des techniques de management des organisations contribuerait à juguler les difficultés ainsi créées. Il s agit d envisager à travers les opérations de prévision, la mise sur pied des mécanismes efficaces pouvant favoriser la disponibilité permanente des ressources matérielles dans ces établissements afin d améliorer le rendement scolaire dans les écoles des zones rurales. Mais, de telles mesures ne pourraient être efficaces que si les ressources de l école sont rationnellement gérées sur le terrain. L intérêt de ce travail qui consiste à vérifier si le rendement d un établissement scolaire peut être influencé par la nature de la gestion de ses ressources; notamment en ce qui concerne la prévision du ressources matérielles. Pour ce faire, il était opportun d effectuer une enquête dans les écoles primaires publiques de l arrondissement de Yokadouma et de recueillir auprès des chefs d établissements des informations sur la gestion des ressources matérielles 5 de leurs institutions. Cette recherche se focalise sur la vérification de la corrélation entre la prévision des ressources matérielles et le rendement scolaire à travers une démarche exploratoire marquée par le recours à la statistique inférentielle pour l analyse des données collectées. Contexte et justification de l étude Trois aspects sont évoqués pour cerner le contexte de cette l étude à savoir : le social, l économique et le culturel. Sur le plan social, la pratique d une action intersectorielle de différents acteurs sur la question éducationnelle contribue à une meilleure gestion des ressources matérielles des écoles primaires. En effet, la prise de responsabilité des acteurs sociaux à travers les Conseils d École (CE) et les Associations de Parents d Elèves et Enseignants (APEE) participe de cette démarche et contribue à l amélioration de la gestion des écoles primaires publiques au Cameroun. Dans le cadre économique, l étude se déroule dans un contexte de paupérisation des populations rurales, ce qui conduit à l occupation 6 des enfants en âge de scolarisation par les parents dans les activités extrascolaires. 5 La gestion des ressources matérielles pour modalités : la prévision, l utilisation et l évaluation des ressources d une organisation. Par contre, les modalités de la prévision sont : l identification des besoins, l organisation des services et l élaboration des normes d acquisition. 6 Les enfants sont occupés dans des activités extrascolaires. Ce qui conduit à la déscolarisation et la non scolarisation des enfants 33

34 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun Les difficultés économiques amènent ces derniers à faire peu de cas de l achat des fournitures scolaires de leurs enfants. En outre, les écoles ont parfois du mal à s approvisionner en ressources matérielles compte tenu de la gratuité de l enseignement primaire, de l arrivée tardive du paquet minimum et du caractère non obligatoire des frais d APEE. Dans l aspect culturel enfin, il est à souligner que culturellement, les populations des zones rurales sont attachées à leurs us et coutumes qui privilégient les activités agricoles, ce qui relègue l école au second plan. Le financement de l école s avère être un prétexte pour banaliser la scolarisation des enfants. De plus, l arrondissement de Yokadouma compte une proportion non négligeable de populations autochtones, hermétiques, voire atypiques comme les pygmées qui, dans leurs habitudes, accordent généralement peu d intérêt à l école bien que l enseignement primaire soit gratuit 7. De fait, la gratuité de l école est perçue par certains parents comme un transfert de responsabilité. Les résultats scolaires mitigés en zones rurales demeurent la principale raison qui justifie cet exercice intellectuel. Au-delà des questions de prévision des ressources matérielles dans les écoles, les autres facteurs à l origine de cette difficulté sont : le manque d enseignants, le manque des fournitures scolaires chez les enfants, le manque ou l insuffisance des ressources financières pouvant faciliter la résolution des problèmes ponctuels de l école à la rentrée scolaire, le difficile accès à l énergie et les manquements en matière de suivi des enfants. Selon Nyetam (2016), les résultats au CEP de l année scolaire 2015/2016 ont été de 49,2 % dans l arrondissement de Yokadouma. Cependant, lorsqu on examine cette situation au cas par cas, on se rend compte que les résultats sont plus faibles dans les localités retirées de la ville. Au-delà de cette réalité, plusieurs autres difficultés des zones rurales peuvent justifier la tenue de cette étude, notamment : La reprise tardive des enseignements à la rentrée scolaire ; L absence ou l insuffisance du matériel didactique dans les écoles ; La baisse générale du niveau des élèves ; Le manque d entretien et le délabrement des infrastructures scolaires ; Le vandalisme du mobilier et des équipements scolaires ; Les conditions de stockage et de conservation du matériel appartenant à l école ; Le taux élevé de dépréciation scolaire définie comme perte graduelle d intérêt pour l école. La tenue de cette étude étant dorénavant justifiée, il est question actuellement d aborder la recension des écrits. Revue de la littérature La revue littéraire sur la prévision des ressources matérielles s articule autour de trois points essentiels. La première articulation s intéresse à l identification des besoins matériels et la détermination des sources d approvisionnement. Dans un cadre général, un besoin est une exigence née d un sentiment de manque d un élément nécessaire pour une activité. Il est aussi considéré comme un sentiment de privation qui porte à désirer ce qui nous fait défaut. 7 La gratuité de l école semble relative car les parents d élèves demeurent toujours assujettis à de nombreuses charges telles que : le paiement des frais d APEE, l achat des fournitures scolaires et parfois l achat de la tenue c est d ailleurs ce qui justifie la maxime : «l accès à l école est gratuit, mais l école n est pas gratuite.» 34

35 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun En économie, un besoin est un état de carence face à ce qui est nécessaire ou ressenti comme tel par un maillon de la vie sociale. Les besoins sont différents selon la personne qui l éprouve et évoluent dans le temps et l espace. Pour Educlever (2019), «un besoin est un sentiment de manque ( ) accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaitre.» Les besoins sont illimités en nombre. Sous ce rapport, le développement économique et technique fait apparaitre de nouveaux besoins. Le besoin se diversifie donc sans cesse. En revanche, les besoins sont limités en volume dans la mesure où chaque besoin est assouvi par un niveau de satiété. Le besoin est enfin une notion subjective qui varie d une organisation à l autre, d une époque à l autre. L identification des besoins en éducation procède effectivement de cette logique de pénurie des ressources matérielles et logistiques utiles au fonctionnement de l appareil scolaire. Pour ce qui est des catégories des besoins, Educlever (op. cit.) en distingue deux. Les besoins primaires sont des exigences naturelles dont la satisfaction est considérée comme nécessaire à la survie. Dans le cadre managérial, les besoins primaires peuvent se rapporter à ceux indispensables au fonctionnement de l organisation. Par contre, les besoins secondaires sont considérés comme nécessaires à un moment donné. Leur satisfaction permet d assurer un niveau et un style de vie adapté au niveau de développement. En management de l éducation, les besoins secondaires correspondent par exemple à un projet d activation du WIFI dans un établissement pour faciliter la recherche ou alors à l intention d installer des caméras de surveillance comme moyen de lutte contre les violences en milieu scolaire. Dans sa pyramide des besoins, Maslow (1954) distingue les besoins physiologiques, le besoin de sécurité (physique, psychologique), le besoin d appartenance (à un groupe), le besoin d estime (de soi et par les autres), et le besoin de réalisation de soi. Pour lui, ces cinq types de besoins sont satisfaits les uns après les autres. La connaissance des catégories et types de besoins constitue un atout pour l identification et la hiérarchisation des besoins au sein d une organisation scolaire. Pour la détermination des besoins, le Fonds d Assurance Formation Ingénierie et Conseil (FAFIEC) (2018), affirme qu un diagnostic de départ est essentiel afin de prendre de bonnes décisions et de cibler les actions répondant réellement aux besoins de l organisation. Cette démarche initialement destinée aux besoins en formation peut se transposer sur les besoins en matériel et se décline en 4 étapes : Repérer les évolutions internes et externes. Pour repérer les besoins en ressources matérielles, l organisation doit sur le plan interne tenir compte des facteurs tels que : la politique interne de l établissement, l investissement matériel, l organisation de l entreprise, les métiers et savoir faire, les ressources humaines et les stratégies d entreprise. Sur le plan externe l organisation doit s auto évaluer sur les métiers, la performance, l adaptation à l environnement etc. Définir le projet. Le projet d établissement est un document qui donne des orientations sur les axes de développement à mettre en œuvre, l évaluation des ressources à mobiliser, les degrés d urgence, les priorités, etc. Identifier les compétences disponibles. Il s agit de vérifier si les collaborateurs de l organisation ont des compétences nécessaires pour utiliser le matériel souhaité. Mettre en évidence les besoins. La démarche consiste à identifier les matériels à acquérir pour faire face aux besoins de l organisation. Pour ce qui est des moyens d expression des besoins matériels, les personnes et les institutions qui peuvent œuvrer dans ce sens à l école, sont celles prévues par le Décret n 2001/041 portant organisation des établissements scolaires publics et attributions des responsables de l administration scolaire. Il s agit particulièrement de l administration scolaire, du Conseil d Ecole et des Associations des Parents d Elèves et Enseignants (APEE). Selon NYETAM (op. cit.), les conseils d école ne fonctionnement pas dans la plupart des Ecoles Primaires Pu- 35

36 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun bliques de l arrondissement de Yokadouma. Ceci constitue un véritable handicap non seulement pour l analyse des besoins en matériels, mais également pour la gestion du crédit de fonctionnement qui, selon le texte suscité, est destinée au financement du projet d école. Toutes ces opérations sont discutées au sein du conseil d école, qui compte les responsables de l APEE et ceux de l administration scolaire comme membres statutaires. L action de l école, sous ce rapport, consiste à valoriser sa propre contribution dans la gestion des ressources. Il s agit pour l essentiel de mettre en œuvre les techniques de prévision matérielle qui peuvent valablement contribuer à l amélioration du rendement scolaire. La 2 e articulation de ce développement porte sur l organisation des services en charge du matériel. Il s agit d examiner les services engagés dans l administration du matériel au sein d une institution scolaire. Cette organisation répond à un besoin des attributions des responsables des services en charge du matériel. Elle permet de cerner à l aide d une structuration (organigramme), les différentes responsabilités des acteurs impliqués dans la gestion des ressources matérielles. Une telle organisation suppose une planification élaborée de toutes les activités soit pour l année en cours ou pour les années à venir. D une manière générale, les principaux acteurs dans des établissements secondaires publics sont : le chef d établissement, l agent financier et le comptable matière. Dans l enseignement primaire, les responsabilités dans la gestion des ressources matérielles incombe principalement au chef d établissement, au comptable matière, et éventuellement à l animateur de niveau. Cette répartition s illustre mieux à travers un organigramme qui a pour enjeux d indiquer la répartition des responsables ainsi que des tâches entre les postes, et de préciser les relations de commandement qui existent entre eux. Dans cette logique, les relations de pouvoir dans un service en charge du matériel doivent être correctement élaborées afin d assurer une gestion raisonnable des ressources matérielles. Taylor (1911) et Ford (1922) ont longtemps mis en exergue l importance de l organisation des services sur le rendement d une organisation. Taylor (op. cit.) estimait qu il est possible de parvenir à une méthode de management scientifique qui s imposerait par sa rationalité indiscutable. Sa contribution sur l organisation scientifique du travail s est notamment fait connaitre à travers le «one best way» qui consistait à mettre en place la méthode de travail la plus efficace à travers une bonne organisation de l entreprise. Cette vision fut relayée par Ford (op. cit.) pour qui l organisation judicieuse des services favorise le travail à la chaine, ce qui a un impact sur le rendement général de l entreprise. Pour sa part, Mintzberg (2012), dans ses travaux sur la sociologie des organisations, évacue les notions classiques d organigramme et de division du travail au profit «des concepts de coordination, de flux ou courants d échanges, d identification de différentes pièces qui constituent, comme un jeu de construction, les configurations possibles de toute organisation vivante». Il s agit d une analyse novatrice des structures de l entreprise. Bien que les travaux de Mintzberg, Taylor et Ford soient principalement orientés vers le secteur industriel, ils seront exploités pour l amélioration des conditions de travail au sein des organisations scolaires. Dans cette logique, il est judicieux d examiner le rôle de quelques responsables dans le fonctionnement de ces établissements. Le rôle du chef d établissement dans la gestion matérielle. Selon Dong et Fozing (2016), «le système éducatif camerounais s appuie sur trois piliers à savoir : la pédagogie, l orientation et l administration.» Au niveau opérationnel, cette administration est assurée par le chef d établissement. En tant qu ordonnateur des dépenses et garant du bon fonctionnement de l institution, celui-ci joue un rôle important dans la gestion du matériel. Il se prononce sur la répartition, la distribution et même le stockage du matériel de son institution. Selon l article 12 de l Instruction générale N 004 du 08 mars 1988, abrogeant et remplaçant les Instructions N 90/ MEF IDGF IDMTA du 27 Août 1982 et 6680 du 21 Novembre 1985 relatives la comptabilité des matières, «les administrateurs de matières prennent les décisions des mouvements de matières et sont responsables des certifications de mouvements qu ils délivrent. Ils ne sont déchargés de leur responsabilité que par une déclaration de prise en charge des mêmes matières par un comptable des matières.» Dans le cadre d un établissement scolaire, 36

37 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun l administrateur de matière est le chef d établissement qui est au centre de la gestion matérielle. La Circulaire n 004/CAB/MINFI du 18 Mai 2012, portant instruction relative à la tenue de la comptabilité matière, indique en son point 37 que l ordonnateur est responsable de la garde, l entretien et de la conservation des biens publics. Il a par conséquent l obligation de rendre compte de la gestion des biens placés sous son autorité. Dans les écoles primaires publiques camerounaises, l inexistence d un agent financier laisse la responsabilité de la gestion des fonds au chef d établissement et au conseil d école. Se référant à l Instruction n 07/ B1/1464/MINEDUB/SG/DEMP du 22 Août 2014, portant application de certaines dispositions de l Arrêté n 367/B1/1464/MINEDUB/064/CF/MINFI du 19 Septembre 2001 relative à l organisation et au fonctionnement des établissements d enseignement maternels et primaires, les ressources matérielles desdites écoles sont gérées par le directeur d école qui indique les axes de sa gestion dans un projet d école élaboré au cours «d un processus participatif tant au sein de l école qu en concertation avec la communauté éducative représentée au conseil d école». Ce projet doit être approuvé par le conseil d école qui en fin d année se réserve le droit d examiner la gestion du directeur d école à travers un rapport dûment produit par ce dernier. Selon cette instruction, le directeur d école tient les carnets de reçu, les factures, les documents de crédits et les documents de remise des dons et legs qu il soumet à l inspecteur d arrondissement de céans pendant les contrôles qu il est tenu d effectuer au moins deux fois par ans dans les écoles. La Circulaire n 12/B1/1467/C/MINEDUB/SG/DEMP 22 Août 2014, rappelant le rôle du directeur d école, énonce en son point premier que «le directeur d école est chargé de la gestion des ressources matérielle des écoles». Il est à ce titre astreint à la tenue des registres d inventaire du matériel, et du registre d inventaire des fournitures scolaires. Le point III de cette circulaire ajoute que le directeur d école veille à la conservation des biens meubles et immeubles de l école. De ce qui précède, l on souligne que les responsabilités du chef d établissement dans la gestion des ressources matérielles vont du simple recensement des besoins à l évaluation de l utilisation, en passant par la distribution, le stockage et l entretien du matériel mis à disposition. Le rôle de l animateur de niveau dans la gestion du matériel. Selon le point II de l Instruction n 07/ B1/1464/MINEDUB/SG/DEMP/ du 22 Août 2014, portant application de certaines dispositions de l Arrêté n 367/B1/1454/MINEDUC/064/CF/MINEFI du 19 Septembre 2001 relative à l organisation et au fonctionnement des établissements publics d enseignement maternel et primaire, «l animateur de niveau-animateur pédagogique au secondaire-est chargé de la coordination des activités pédagogiques du niveau.» Cette instruction fait de l animateur de niveau un collaborateur direct du directeur d école pour ce qui est de l administration des ressources matérielles. L instruction ajoute : «l animateur de niveau le plus compétent et le plus ancien dans le grade le plus élevé est désigné directeur adjoint de l école. Il remplace le directeur en cas d absence ou d empêchement dûment constaté.» A ce titre, l animateur de niveau peut recenser les besoins de ses collègues, et contribuer à la distribution du matériel aux enseignants. Le service de l agent financier dans la gestion du matériel. En application du principe de séparation des ordonnateurs et des comptables, l intendant ou l économe en tant qu agent financier est de fait le comptable de l établissement. En attendant qu un poste d agent financier soit créé dans les écoles primaires, il s observe que l article 39 du Décret n 2001/041, portant organisation des établissements scolaires publics et attributions des responsables de l administration scolaire, détermine le rôle de l intendant et de l économe dans les établissements d enseignement secondaires. La comptabilité matière et la gestion du matériel. D après l article 1 er de l Instruction générale N 004 du 8 mars 1988, abrogeant et remplaçant les Instructions N 90/MEF IDGF IDMTA du 27 Août 1982 et 6680 du 21 novembre 1985 relatives à la comptabilité des matières, «La comptabilité des matières est une comptabilité d inventaire permanent des biens immeubles ou meubles autres que les deniers, valeurs et archives administra- 37

38 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun tives, appartenant à l Etat, à une collectivité locale ou à un établissement public». L article 1 er alinéa 1 de La Loi n 77/26 du 06 décembre 1977, fixant le régime général de la comptabilité matière, évoque la comptabilité matière comme constituée des : «opérations d acquisition, de maniement ou d aliénation des biens corporels meubles et immeubles». Pour Mebenga (2001), «les comptables matières ont essentiellement pour tâche de gérer les valeurs consistant dans les biens matériels». Selon l article 1131 de La Loi de finance de 1967, le comptable matière est «l agent publique qui certifie la fourniture faite et les services faits et procède par conséquent aux prises en charge». L originalité camerounaise consiste en la création d un corps de fonctionnaire de la comptabilité matière. Pour ce qui est du rôle du Comptable Matière, l article 17 de l Instruction générale N 004 DU 8 MARS 1988, abrogeant et remplaçant les Instructions N 90/MEF IDGF IDMTA du 27 Août 1982 et 6680 du 21 novembre 1985 relatives la comptabilité des matières, dispose qu «en début de gestion, chaque comptable des matières prend en balance d entrée et les existants en fin de gestion précédente. Le relevé de ces existants résulte d un procès-verbal portant inventaire résumé; dressé par une commission de réception visée à l article 7 ou par un responsable commis à cet effet par l ordonnateur.» La 3 e articulation de ce développement concerne l élaboration des normes d acquisition des ressources matérielles. Dans le cadre de la gestion des ressources matérielles, l acquisition correspond à l ensemble des activités susceptibles de permettre à l organisation scolaire et universitaire d avoir à sa disposition et de façon légale les biens et équipements nécessaires à son fonctionnement. L acquisition peut être permanente, définitive ou provisoire. Elle peut se faire sous la forme d achat, de dons ou de location. Toutefois, pour que l acquisition soit satisfaisante, elle doit être précédée d une série d activités dont le but est de se fixer les critères précis et de convenir des règles sur le processus qui va de la demande à la livraison du matériel. Ceci passe par deux séries d opération : les moyens d acquisition et les sources de financement. La première concerne les activités telles que le choix de la qualité, l élaboration des bons de commande, le choix du fournisseur, etc. La seconde opération s intéresse à la provenance des fonds pour garantir la livraison du matériel commandé dans les délais raisonnables. Dans le souci de prendre en compte l influence de l environnement sur l élaboration des normes, les travaux de Lawrence et Lorsch (op. cit.), de même ceux de Mintzberg (op. cit.) reconnaissent tous l importance de la relation entre l entreprise et l environnement 8. Ils montrent que plus l environnement de l entreprise est instable, plus la structure se différencie en sous-systèmes relativement autonomes, et que plus les unités sont différenciées, plus il y a besoin d intégration pour coordonner les actions. Pour eux, l âge, la taille de la structure, l environnement de la structure, le pouvoir, le contexte économique, culturel et technologique dans lequel une organisation opère, conditionnent en grande partie son mode de fonctionnement. Ce point de vue est relayé par Woodward (1958), qui insiste sur l impact de la technologie sur le degré de différentiation et d intégration des entreprises. Mintzberg (2012) va renchérir lorsqu il évoque l influence du milieu externe dans la dynamique des organisations. La portée de l élaboration des normes s illustre dans sa capacité à réglementer le fonctionnement de l entreprise. Cette réglementation pour réussir se doit de tenir compte de quatre éléments essentiels. Le 1 er élément est l environnement de l entreprise. Prendre en compte les réalités environnementales dans l élaboration des normes d acquisition des ressources matérielles est une exigence nécessaire pour un approvisionnement optimal des ressources matérielles. Les différentes facettes à tenir en compte étant : l environnement social, l environnement culturel et l environnement économique. 8 C est la théorie de la contingence structurelle développée par Lawrence et Lorsh en s appuyant sur les travaux de Woodward, Burns et Stalker. Selon cette théorie, l influence de l environnement sur la structure et la performance d une organisation est déterminante. 38

39 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun Le 2 e élément est la qualité du matériel. La qualité s examine aussi bien à travers la nature (marque) du bien à acquérir, que sous le prisme de la correspondance du matériel avec les besoins réels de l entreprise. Il serait donc dérisoire d acquérir un bien réputé mais qui ne peut être utilisé soit en raison de la non-qualification du personnel, ou alors de l absence des facilités nécessaires à son utilisation. De même, il serait incongru d acquérir un bien éphémère et non susceptible de résister aux épreuves de la fonction. Le choix de la qualité consiste aussi à faire une option en rapport avec le budget de l institution. Elle suppose enfin la convenance du matériel à commander avec les attentes des consommateurs et du personnel en activité. Le choix de la qualité du matériel doit donc tenir compte des ressources de l entreprise. Ce qui indique selon les cas, l acquisition d un équipement rentable à court, à moyen ou à long terme. Le but demeure celui d un approvisionnement rationnel, c est-à-dire à la fois conforme aux capacités de l entreprise et aux objectifs à atteindre. Le choix de la qualité est facilité par une planification et une programmation prenant en compte les facteurs tels que : les coûts de possession des stocks, les coûts d acquisition, la fluctuation des prix, les points des commandes, la qualité de service, la qualité économique, la connaissance des fournisseurs, les négociations de marché. Le 3 e élément est le délai de livraison. Le respect des délais de livraison des ressources matérielles est important pour un établissement scolaire. Les arrêtés interministériels définissant le calendrier de l année scolaire donne un découpage correspondant à un contenu à enseigner. Les retards observés dans l approvisionnement du matériel pouvant de fait constituer une entorse à la couverture qualitative des matières prévues dans une période donnée. Le 4 e élément est la durabilité des biens à fournir. Il s agit d intégrer effectivement le bien dans le patrimoine de l entreprise afin de garantir sa pérennité. Il arrive souvent que des biens soient accordés aux établissements scolaires sans que les parties élaborent les normes sur le transfert de propriété. Aussi assiste-t-on souvent à des cas de détournement avec absence de preuve matérielle susceptible d établir les responsabilités. C est pourquoi les biens d une organisation scolaire doivent non seulement pouvoir être tracés, mais aussi et surtout être référencés par les diligences d un comptable matière. En somme l environnement de l entreprise, la qualité du matériel à commander, les délais de livraison et la durabilité des biens à fournir constituent les quatre piliers sur lesquels devrait reposer une normalisation dans le cadre du processus d approvisionnement des ressources matérielles au sein d une organisation scolaire. Mais au-delà de l élaboration des normes, une bonne identification des besoins et une bonne organisation des services en charge du matériel sont également nécessaires pour la prévision des ressources matérielles dans ces organisations. Bien que le respect de cette démarche ne soit pas toujours facile en zones rurales, il est souhaitable que des efforts soient fournis dans ce sens pour contribuer à l amélioration du rendement scolaire. Méthodologie de l étude L étude use de l approche qualitative focalisée sur la variable nominale, la statistique non paramétrique (statistique descriptive et statistique inferentielle) et l analyse corrélationnelle. Post & Andrew (SD) définissent une recherche descriptive comme celle qui «cherche à articuler en une image cohérente la collection des faits qui se manifestent dans un objet d étude. On cherche avant tout à donner une représentation exacte des événements sans essayer de les analyser». La dimension descriptive de cette recherche s est fait observer dans l analyse des résultats obtenus. Ce travail s inscrit dans la logique d une recherche qualitative de nature descriptive et d approche corrélationnelle. Par ailleurs, l étude s est déroulée dans l arrondissement de Yokadouma. Il s agit d une unité administrative située dans le département de la Boumba et Ngoko à l Est du Cameroun, qui s étend sur une superficie de km 2. L arrondissement de Yokadouma a une carte scolaire étoffée et compte parmi les plus vastes Inspections d Arrondissement de l Education de Base de la République. La population d étude est constituée de 72 directeurs 39

40 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun d écoles primaires publiques de l arrondissement de Yokadouma. Le choix de cette population se justifie par le fait que la plupart des écoles de l arrondissement de Yokadouma se trouvent en zones rurales et la qualité du rendement scolaire produit est différemment appréciée de tous. Pour déterminer l échantillon, il a été fait recours à la technique d échantillonnage aléatoire stratifiée qui a permis d avoir un échantillon de 65 directeurs d école. Pour ce qui est de l instrument de collecte des données, le questionnaire a été utilisé et, comme technique de traitement des données, il a été fait recours au tri à plat qui, selon Ghiglion & Matalon (1991), consiste «pour toutes les valeurs de chaque variable, à indiquer le nombre de sujet qui présente cette valeur». Quant à la méthode d analyse des données, la nature corrélationnelle de cette nécessite une démarche précise. D abord, la statistique descriptive permet d interpréter les données présentées sous forme de tableaux. Ensuite, la statistique inférentielle sera utilisée pour la vérification des hypothèses. C est dans cette logique que le test de Khi-carré ou Khi deux carrés (x 2 ) de Yates servira à pour la vérification des hypothèses. Présentation et interprétation des résultats Il s agit ici de vérifier les trois sous-hypothèses de l étude. - Vérification de la sous-hypothèse de recherche N 1 : Influence de l identification objective des besoins en ressources matérielles et la détermination des sources d approvisionnement sur le rendement scolaire en zones rurales. Tableau de contingence de HR1 VD : le rendement scolaire en zones rurales. Bon VI : L identification objective des besoins en ressources matérielles et la détermination des sources d approvisionnement fo fo fe Totaux marginaux fo Question 6 : Dans la détermination des besoins en ressources 1 15 matérielles de votre établissement, prenez-vous en compte 5 21 Rareles besoins particuliers de chaque enseignant? Ja Totaux marginaux Vérification de la sous-hypothèse de recherche N 2 : Influence de l organisation judicieuse des services en charge des ressources matérielles sur le rendement scolaire en zones rurales. Tableau de contingence de HR2 40

41 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun VD : le rendement scolaire en zones rurales. Bon Moyen Faible VI : L organisation judicieuse des services en charge des ressources matérielles fo fe fo fe fo fe Totaux marginaux Question 11 : Définissez-vous Toujours les responsabilités de chaque Parfois personnel dans la gestion des Rarement ressources matérielles? Jamais Totaux marginaux Vérification de la sous-hypothèse de recherche N 3 : Influence de l élaboration méthodique des normes d acquisition des ressources matérielles sur le rendement scolaire en zones rurales. Tableau de contingence de HR3 VD : le rendement scolaire en zones rurales. VI : L élaboration des normes d acquisition des ressources matérielles fo Bon Moyen Faible fe fo fe fo fe Totaux marginaux Toujours Question 19 : insistez-vous sur la Parfois qualité des ressources matérielles Rarement dans vos commandes? Jamais Totaux marginaux Sources : données recueillies par l auteur - Récapitulatif des résultats Ce point présente une vue panoramique des résultats de la recherche à travers le Tableau ci-après : Tableau récapitulatif des résultats HR Test α NDDL X 2 cal X 2 lu Comparaison Décision Conclusion CC CMC TS X x 2 cal > x 2 lu Ha retenue SHR1 Ho rejetée confirmée % X x 2 cal > x 2 lu Ha retenue SHR2 Ho rejetée confirmée % X x 2 cal > x 2 lu Ha retenue SHR3 Ho rejetée confirmée % Source : données recueillies par l auteur 41

42 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun Le tableau ci-dessus montre que toutes les hypothèses de recherche ont été confirmées avec chaque fois un Coefficient de Contingence (CC), montrant une relation moyenne et un Taux de signification (TS) de 10 %. Les résultats de l étude étant connus, il est important de les interpréter, de donner les implications de l étude et d en faire les recommandations. 1- Influence de l identification objective des besoins et de la détermination des sources d approvisionnement des ressources matérielle sur le rendement scolaire en zones rurales Les ressources matérielles ne sont généralement disponibles dans les écoles primaires des zones rurales qu au deuxième trimestre à travers la collecte des frais d PEE, le paiement du crédit de fonctionnement et la distribution paquet minimum. L arrivée tardive de ces ressources constitue une difficulté réelle dans la gestion de ces établissements. Les résultats confirment l influence de l identification objective des besoins en ressources matérielles et la détermination des sources d approvisionnement sur le rendement scolaire en zones rurales. En effet, il incombe au chef d établissement de cerner les besoins réels de ses services et d envisager les sources d approvisionnement possibles. Les sources alternatives d approvisionnement, à l instar de l appui de la communauté éducative et l auto-génération des ressources, peuvent assurer la sustentation de l établissement en attente des ressources statutaires. L identification des besoins et la détermination des sources d approvisionnement consistent pour le manager à mettre sur pied tous les outils de pilotages des organisations scolaires primaires. Dans un premier temps, il s agit les institutions et des rencontres telles que : les Assemblées Générales de rentrée, le Conseil d Ecole, l Association des Parents d Elèves et Enseignants (APEE), le Conseil des Maitres, le Conseil de Niveau, le Conseil de Classe, les réunions de concertation, le Bureau des Initiatives à Résultats Rapides (IRR), les amicales des enseignants, le gouvernement d enfants (GE), le député junior (éventuellement), les clubs et brigades, les associations d élèves. Dans un second temps, il s agit les documents obligatoires du directeur d école. On peut citer : le Projet d Ecole, le Tableau de Bord et des indicateurs, le Plan d Action, le Plan d Aménagement de l Ecole, le Plan d Evaluation de l Ecole, le Plan de Suivi des Activités, le Planning des Activités, les Rapports du directeur, les Notes d Information Mensuelles. Ces institutions et documents, s ils existent, contribueront à l identification des besoins en ressources matérielles et la détermination des sources d approvisionnement. C est dans ce sens qu on admet que ces institutions et documents s avèrent déterminant pour l amélioration de la gestion des écoles, et par ricochet, du rendement scolaire. C est ce que soutient Educlever (op. cit.) lorsqu elle insiste à tous égards sur la nécessité de prendre en compte les catégories de besoins dans les conjectures en prévisions des périodes difficiles. 2- Influence de l organisation judicieuse des services en charge du matériel sur le rendement scolaire en zones rurales. L organisation des services suppose une bonne répartition des tâches et une collaboration optimale du personnel dans la gestion des ressources matérielles. La responsabilité incombe au chef d établissement qui organise ses services en fonction des aptitudes de ses collaborateurs conformément à l instruction n 07/B1/1464/MINE- DUB/SG/DEMP du 22 Août 2014, portant application de certaines dispositions de l Arrêté n 367/B1/1464/ MINEDUB/064/CF/MINFI du 19 septembre 2001 relative à l organisation et au fonctionnement des établissements d enseignement maternels et primaires. Ces textes accordent à l organisation des services une place de choix dans le management des organisations. 42

43 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun Selon les théories classiques à l origine de nombreuses formules et principes universels de gestion des aspects formels des organisations scolaires, les comportements à améliorer doivent s appesantir sur l aménagement de la structure du travail. Tout en respectant l organigramme, chaque chef d établissement doit en fonction des circonstances et des ressources disponibles, mettre du sien dans l agencement des éléments constitutifs de ses services. Faisant ainsi allusion à des configurations pouvant mettre à contribution l apport de chacun, et une bonne coopération dans l exécution du travail. Il se remarque que les défaillances communément observées émanent pour la plupart des cas, d une faille dans la structure des services. C est une préoccupation majeure dans les écoles primaires des zones rurales. Quel que soit la catégorie et la taille de l établissement, les principes directeurs de fonctionnement sont identiques. La gestion d une école primaire devrait davantage amener les chefs d établissement à arborer les responsabilités qui sont celles d un chef d entreprise. Il s agit de celles relatives à l organisation des services, la détermination des conditions de stockage des ressources matériel, la définition des procédures de distribution et l élaboration des normes d utilisation du matériel. L administration des établissements scolaires fut-elle en zones rurales, ne saurait faire fi des principes directeurs édictés par Fayol dans l organisation administrative des organisations. 3- Influence de l élaboration méthodique des normes d acquisition des ressources matérielles sur le rendement scolaire en zones rurales. Les exigences dites de normalisation consistent non seulement à insister sur les produits susceptibles de satisfaire les exigences de l organisation, mais aussi et surtout à garantir un approvisionnement rationnel en ressources. C est précisément ce qu expliquent Katz et Kahn dans leur théorie des systèmes ouverts. Il s agit de se dépouiller de la rigidité ambiante pour prendre en compte le contexte dans procédures d acquisition des ressources. Agir ainsi constitue un revirement notable dans les habitudes en matière de gestion des établissements scolaires des zones rurales. L impact de l élaboration des normes d acquisition des ressources matérielles sur le rendement scolaire en zones rurales passe par la détermination des coûts, le choix de la qualité du matériel l élaboration des commandes, le choix des fournisseurs, la détermination des moyens d acquisition, la prise en compte des délais de livraison et la détermination des conditions de réception du matériel. Ces activités, si fréquentes qu elles le sont dans la gestion, demeurent à parfaire en zones rurales. De plus, l élaboration des normes favorise l acquisition à temps d un matériel correspondant aux besoins réels de l établissement. L usage d un matériel adéquat est sur le plan pédagogique, un atout pour assurer la couverture quantitative et qualitative des programmes, ce qui se répercute inéluctablement sur le processus enseignement apprentissage et sur le taux de réussite des élèves. D une manière générale, le tableau récapitulatif des résultats présente des coefficients de contingence décroissants ; ce qui est la conséquence logique des résultats obtenus. L interprétation faite est que les influences respectives entre les sous-hypothèses et le rendement scolaire s effritent progressivement. Dire que l identification des besoins et la détermination des sources d approvisionnement a plus d influence sur le rendement scolaire ne devrait désormais n être plus qu une évidence. Il en est de même de l élaboration des normes d acquisition et de l organisation des services en charge des ressources matérielles. Le gestionnaire des ressources matérielles devrait en tenir compte dans l administration de son établissement. Pour ce qui est des implications de l étude, il en existe quatre. Sur le plan économique, l étude impulse une dynamique pouvant amener les différentes parties prenantes de l éducation à mobiliser des ressources nécessaires pour le bon fonctionnement des établissements scolaires. Sur le plan social, elle entraîne un engouement pour 43

44 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun l école en raison de l amélioration du rendement scolaire. Il s agit aussi de susciter une prise de conscience des acteurs sociaux sur l importance du soutien matériel à apporter aux écoles. Sur le plan pédagogique, l étude suggère l amélioration de la qualité des enseignements. Sur le plan politique enfin, cette étude propose des reformes dans la configuration des structures de gestion des écoles. Il s agit de la mise sur pied des mesures devant garantir l acheminement dans les délais du paquet minimum dans les écoles. Pour un bon rendement scolaire, le politique doit actionner des leviers favorables à l accélération des constructions et de l équipement des infrastructures scolaires. Conclusion En dépit des efforts consentis à la fois par l Etat du Cameroun et la communauté éducative, il appert que le rendement scolaire demeure insatisfaisant dans les zones rurales. Cet état des choses constitue un véritable challenge dans la mesure où le devenir d une nation est largement tributaire de la qualité de l éducation qu elle accorde à la jeunesse. Au niveau de l enseignement primaire, les difficultés observées sont notamment celles relatives l incertitude dans la période d allocation du crédit de fonctionnement, le retard dans la distribution du paquet minimum et l absence dans nombre d entre ; d une structure devant assurer la sécurité du matériel existant dans la plupart d écoles n ayant pas de bloc administratif. Ces établissements n ont aucune certitude quant à leur approvisionnement en matériels didactiques dès la rentrée scolaire. Pourtant, ce matériel est indispensable pour le démarrage effectif des enseignements. Le travail s est efforcé à déterminer comment une bonne prévision des ressources matérielles à l école peut avoir une incidence sur le rendement scolaire. Le recours à la technique d échantillonnage aléatoire stratifiée a aidé à obtenir un échantillon représentatif de 65 individus. La collecte des données en vue de la vérification de ces hypothèses s est déroulée dans les Ecoles Primaires Publiques de l arrondissement de Yokadouma, où il a été recueilli l avis des directeurs d école sur la question. Les données obtenues ont été analysées à l aide de la statistique inférentielle. L issue de cette phase a conduit à la validation de trois sous-hypothèses de recherche, avec un coefficient de contingence moyen et un taux de signification de 10 %. Principalement, deux raisons ont pu être relevées sur l origine des manquements observés en matière de prévision des ressources matérielles dans les écoles. D abord, les chefs d établissement, pour la plupart, ne sont ni formés, ni recyclés sur l administration des établissements scolaires. La conséquence étant, l inobservation des techniques et des normes standards de prévision. La deuxième raison tient de l absence dans bon nombre d établissements d un bloc administratif devant faciliter la gestion des ressources matérielles, et de l inexistence dans la grande majorité des écoles, des outils de pilotage prévus par la réglementation en vigueur. Toutefois, il s observe que dans les établissements où ces outils existent, des efforts restent à fournir quant à leur mise en œuvre effective. Ce qui ne favorise guère le bon déroulement des activités, et de surcroit, affecte l efficacité de l organisation. En parvenant à la conclusion selon laquelle le rendement scolaire est effectivement influencé par une bonne prévision des ressources matérielles, la présente étude est une dénonciation des pratiques qui conduisent à la mauvaise gestion des ressources matérielles. En fait, les enquêtes menées sur le terrain ont révélé que la prévision des ressources matérielles est inexistante dans la plupart des écoles primaires des zones rurales. Ceci s explique par des manquements observés en termes d identification objective des besoins, d organisation judicieuse des services en charge du matériel et d élaboration méthodique des normes d acquisition. Pour y remédier, les principales recommandations de cette étude consistent à renforcer la qualification des chefs d établissement et à promouvoir la prévision des ressources matérielles à travers la construction des blocs administratifs équipés de magasins dans tous les établissements scolaires. Ces mesures essentielles sont de nature à améliorer le rendement scolaire dans les écoles primaires publiques du Cameroun. 44

45 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun Références bibliographiques - Artouf, O. (1987). Méthodes des sciences et approches qualitatives des organismes. Montréal : Les Presses de l Université du Québec, 1987, 213 pages ; - Bächtold, M. (2012). Les fondements constructivistes de l enseignement des sciences basé sur l investigation. Paris, France : Dalloz ; - CDMT(2009). Cadre des Dépenses en Moyen Terme. Yaoundé. Cameroun ; - Circulaire n 08/B1/1464/MINEDUB/SG/DEMP du 22 Août 2014, relative aux instructions sur le décaissement, la répartition, le paiement, l utilisation et le contrôle des fonds alloués au fonctionnement des écoles primaires publiques ; - Circulaire n 13/B1/1464/C/MINEDUB/SG/DEMP du 22 Août 2014, rappelant le rôle du Directeur d école ; - Circulaire n 11/B1464/MINEDUC du 24 juillet 2000 portant organisation des modalités pratiques d approvisionnement des écoles primaires publiques en matériels didactiques et pédagogiques ; - Circulaire n 23/B1/1464/MINEDUC/SG/DRFP/SDBF/SB portant modalités d exécution du budget de fonctionnement des écoles primaires publiques Convention des Nations Unies du 20 novembre 1989 relative aux droits de l enfant ; - Décret du 23 juin 1977 fixant le statut des comptables matières ; - Décret n 2001/041 portant organisation des établissements scolaires publics et attributions des responsables de l administration scolaire ; - Décret n 2010/0247/PM du 26 février 2010 fixant des modalités d exercice de ces compétences transférées par l Etat aux Communes en matière d éducation de base ; - Dong, N. F. M. et Fozing I., (2016), Aspiration professionnelle de jeunes bacheliers au Cameroun et influence de la pratique de l orientation scolaire revisitée. Revue Education et Socialisation, Sur edso 1863 ; - Educlever (2019). Les besoins. Maxicours, Récupéré sur le site maxicours.com ; - Fayol, H. (1916). L administration industrielle et générale. Sur Fonkeng, Chaffi & Bomda. (2014). Précis de méthodologie de recherche en Sciences Sociales. Yaoundé, Cameroun : Accosup ; - Ford, H. (1922). Ma vie et mon œuvre. Sur Ghiglion, R. & Matalon, B. (1991). Les enquêtes Sociologiques : Théories et pratique. Paris, France : Armand Colin ; - Kamguia, L. J. (2015). Le paquet minimum de la honte. Récupéré sur le site : 237 online. com ; - Loi n du 07 septembre 1995portant détermination des principes fondamentaux régissant le 45

46 La prévision des ressources matérielles et l amélioration du rendement scolaire dans les zones rurales du Cameroun service public de l enseignement et le rôle des différents acteurs de la communauté éducative ; - Loi n 2008/001 du 14 avril modifiant et complétant certaines dispositions de la loi 96/06 du18 janvier 1996 portant révision de la constitution du Cameroun ; - Loi n 98/004 du 14 avril 1998 portant orientation de l Education au Cameroun ; - MESSI. E. (2010). Gratuité de l enseignement primaire et qualité des apprentissages au Cameroun : une perception des enseignants et des parents : Mémoire pour l obtention du Diplôme d Etudes Approfondies, Université de Yaoundé 1 ; - Meuret, D. & Bonnard, C. (2010). Travail des élèves et performance scolaire, Revue d économie politique, Vol. 120, 172 Pages ; - Mintzberg, H. (1982). Structure et dynamique des organisations. Récupéré sur le site - Scheerens, J. (2000). Améliorer l efficacité des écoles, 68 principes de la planification de l Education, Paris, UNESCO: Institut international de planification de l éducation ; - Taylor, F. W. (1911). The principles of scientific management.sur Wikipedia.org; - Touna, R. (2017). Suivi de l éducation. Repère N 590, p. 7 - Tsafak, G. (2004). Méthodologie générale de la recherche en éducation. Yaoundé, CUSEAC ; - UNESCO (1960). Convention sur la lutte contre la discrimination dans le domaine de l enseignement, Paris, France - UNESCO (1990). Déclaration finale de la conférence Mondiale de l Education pour Tous de Jomtien, Déclaration finale - UNESCO (2000). Déclaration du Forum Mondiale de l Education de Dakar, Sénégal ; - UNESCO (2014), La Réunion Mondiale sur l Education de Mascate à OMAM. Résolutions finales ; - UNESCO (2015). Déclaration finale de la World Education Forum de Incheon, Corée du Sud ; - UNESCO (2015). Rapport final de la World Education Forum. Inchéon, Corée du sud ; - Woodward, J. (1958). Management and technology. Sur 46

47 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects Professor Maureen Ebanga Tanyi 1 *; Ngwa Peter 2 ** ; Ateh Theresia Ngongba 3 ***. Abstract : Instilling sustainability in higher education is important for the improvement of skills/competencies of cohorts of graduates and their contribution to the socioeconomic development of the country. Graduates dispositions, abilities and behaviors competency to make the world a more sustainable and better place to live in. Humanity needs to be able to generate solutions to increasingly complex and ever growing global. Education and especially higher education is an important vehicle in this respect, in that it can be used to re-orient perspectives and attitudes and skilling people or learners towards sustainability, motivating them to seek and help to transform themselves and the global society, and thus promote actions for sustainability. This study which was deployed as a survey serves to shed light on this consideration. Through a quantitative analysis with a sample population of 750 graduates from Cameroonian universities purposefully chosen, it allows to highlight the correlation between principles of sustainability and graduates dispositions, abilities and behaviours competency for sustainability. Its 1 * Head of department of Curriculum and Evaluation, University of Yaoundé I, [email protected]; 2 ** Ph.D Student at Department of Curriculum and Evaluation, University of Yaoundé I, [email protected]; 3 *** Ph.D Student at Department of Curriculum and Evaluation, University of Yaoundé I, [email protected] 47

48 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects purpose is to emphasize the need to embed the curricula or programs in (higher) educational for the sustainable development of our country. Keywords: sustainability, higher education, skills/competencies, graduates, dispositions, abilities, behaviors competency. Résumé : Inculquer le développement durable dans l enseignement supérieur est important pour les compétences, aptitudes et comportements des diplômés. Pour faire le monde un endroit plus durable et meilleur où vivre, l humanité doit être en mesure d apporter des solutions aux défis mondiaux de plus en plus complexes. L éducation est important dans chaque société, car elle peut être utilisée pour réorienter les perspectives et les attitudes des apprenants vers développement durable, motivant les apprenants à chercher à se transformer eux-mêmes et la société, et donc à promouvoir des actions pour la durable. Cette étude utilise l approche quantitative avec un échantillon de 750 diplômés des universités camerounaises dans le but d établir une corrélation entre développement durable, les dispositions, aptitudes et comportements des diplômés. Les résultats montrent un coefficient de 0,587, ce qui révèle l existence d une relation significative entre le développement durable et les dispositions, aptitudes et comportements des diplômés au Cameroun. Aussi est-il nécessaire d intégrer le développement durable dans les cours éducatifs. Mots clés: développement durable, enseignement supérieur, diplômés, dispositions, aptitudes, comportements. Introduction Higher education in Cameroon faces with the challenges of changing socioeconomic and technological trends in the world. In this end and for efficiency pour poses, it is confronted with the need to develop new study programs and curricula that meet these challenges. This is the idea when the Bachelor, Master and Doctor (BMD) program (Teneng, 2017) was introduced in Cameroon as a reform measures to meet the changing trends. However, conventional education remains an essential factor in addressing critical challenges of development in Cameroon. The pace of its evolution is equivalent to a nation s prosperity since interconnected issues such as democracy; human rights, social justice, globalization, poverty alleviation, environmental protection, science and technology require inclusive partnerships with the educational sector. Cameroon being a developing country has faced numerous challenges in its educational system especially in the dawn of the 21 st century where the global market is increasingly becoming competitive (Tanjong, 2008). The question now is if present structures meet the aspirations of institutions that contribute positively in sustainable activities in the country. HE which is the tertiary phase of the educational ladder must act as a catalyst for sustainable development. However, the recent changes as observed in this paper are seen partially to be attributed to the recent rediscovery of the importance of higher education as a driver of economic growth at the various levels. It appears that most of the recent transformation processes in Cameroon higher education are direct or indirect impact and pressures of the international cooperation agreements relating to or involving Cameroon. These are the cases of themillennium Development Goals (MDG, 2000) and those involving education like theeducation for All (EFA, 2000). The rationale for engagement in this study on education for sustainability in higher education (HE) graduates is connected to the need to redress the paradox of higher education that contributes to the advancements in knowledge and skills. Yet results in the most educated countries leave the deepest ecological footprints (McKeon, 2002, p.12) meaning they have the highest per capita rates of consumption. HE is generally perceived as the citadel of learning through which innovative ideas and knowledge is developed to help humanity forge a better path towards the enablement of more equitable and sustainable futures for all (Fadeeva,Mochizuki, Brundiers, Wiek & Redman 2010). Yet the reality is that although higher education produces decision and policy makers (political 48

49 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects leaders, economic and administrative leaders at various levels, such as: entrepreneurs, church leaders, financiers/ bankers, political leaders and administrators) and whose policies and decisions influence the behaviors of members of society from the individual to the collective, these higher education elites are the greatest promoters of sustainable behaviors and practices. Dispositions, abilities and behaviors and practices of higher education graduates have consequent positive effects on society. HE in Cameroon is steered by policies and conditions which overlap at the national and international levels. Which Cameroon is an active member of many international cooperation and solidarity conventions related to education such as: the World Bank (WB), the United Nations Development Programme (UNDP), the International Monetary Fund (IMF) and the African Development Bank (ADB) (Besong, 2017),which have been significant in shaping Cameroonian HE in recent years. The financing of HE in Cameroon as most of Africa, was for about two decades relegated to the background in favour of other sectors and educational sub sectors based on prescriptions from international institutions. The aim of this study is to investigate how sustainability in higher education influences graduates dispositions, abilities and behaviors competency in Cameroon. The research employs a survey design and uses quantitative analysis. The hypothesis of this work says that there is a significant relationship between sustainability in higher education and graduates dispositions, abilities and behaviors competency. The following sections present the review of the main concepts, the findings, discussion with silent recommendations. 1. LITERATURE REVIEW 1.1. Sustainability Education The Green Curriculum Model presents five keys sustainability and principles are one of them that have been identified and are necessary in sustainability education (Besong, 2017) to effectively prepare learners to face the ever-increasing sustainability challenges of the world as well as become sustainability minded citizens, educators need to foster these principles in sustainability learning and teaching processes. There is no hierarchy in this set of principles, nor is there a prescribed number or mode of integrating them in a particular part of the curricula. Rather the educator is asked to consider when and how these principles are integrated across the programme of study to facilitate quality, action oriented, and critical learning experiences with respect to sustainability (Fadeeva et al., 2010). The principles include: Change Agency; Multiple Disciplinarily Insights; Reflexivity; Sustainability World Views, Values and Ethics; Systemic Thinking; Authentic Real World Cases Learning; Democracy; Inclusivity & Multiple Voices; Futures Thinking; and, Contextualization (Besong, 2017). It is necessary for educators in Cameroon to foster these key sustainability principles in sustainability teaching and learning and teaching so that learners are exposed to the important transformative learning experiences to become sustainability minded citizens. Sustainability education is action-oriented. The purpose of sustainability is to enable learners to change their behaviors, values and attitudes to embrace sustainability (Fadeeva et al., 2010). Thus, change agency is an important sustainability principle that is necessary for indoctrinating and fostering sustainability in our daily lives Contextualized Learning Contextualizing sustainability in Cameroon educational system is an important aspect that serves the process of embedding knowledge in history, culture, philosophical questions, and personal experience. Sustainability is context specific (Nikitina, 2003, p.9). The meaning of sustainability depends on the context in which it is used. Sustainability needs to be contextualized because the concept is slippery and open to multiple interpretations. 49

50 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects 1.3. Foster Change Agency for Sustainability Sustainability education focuses on critically examining information about sustainability problems and seeking practical solutions to them. To prepare learners to be able to effectively engage with the complex sustainability challenges. Educators need to design or redesign and re-orient education about and for sustainability so that such a process could foster change and transform learners to become sustainability change agents (Ngwa, 2019). Thus, an important objective of integrating sustainability in higher education programs and courses is to equip learners with knowledge, skills and competencies to become change agents for sustainability. Agency is a sense of personal power, as well as personal responsibility as described by Ngwa (2019, p. 43). A person s sense of agency apportions responsibility for action. It pushes an individual to internally question whether to intervene in a social or ecological problem. Ngwa (2019) explains that, it is a capacity to have acted otherwise and a condition of intentional conduct that is necessary to effect change (p.19). The transformative capacity of human agency is the capability of actors to intervene in a series of events to alter their course. Education provides actors with the capacity to: apply reason to personal decisions and preferences; reflect critically on the world; envisage desirable changes and accomplish such changes in practice. In relation to sustainability, Thomas (2009) argues for the need for citizens to take responsibility to effect change towards promoting sustainability. Change to embrace sustainability is only effected if actors undertake actions to foster behaviour changes to promote sustainability in education. Such changes are successful if people become involved as change agents to promote sustainability. Tilbury, Adams and Keogh (2005) argue that for all sectors of society to actively engage in change for sustainability, there is the need to change all higher education curricula to integrate sustainability.change agents need to develop capacity for creativity and innovation in areas of futures thinking and design and such competencies is developed through action oriented and based learning. Change agency for sustainability is in line with Lewin s theory of change process in human systems, which focuses on three basic principles such as Unfreezing, Changing or Transition and Refreezing. Lewin considers these processes as the foundations upon which meaningful change is built Objectives of Higher Education in African Society There is a need to build institutions that are truly oriented toward the development of African societies and economies expecially Cameroon. This requires greater efforts at producing the right kinds of graduates who are adaptable to the rapidly changing needs of African society and global economies but also contribute to innovation and development. Higher education is increasingly seen as central to economic, social and political development and vital to competitiveness in an increasingly globalizing knowledge society. Most African countries are taking moves towards expanding their tertiary education as a solution to promoting faster technological developments and improving abilities to maximize economic output (Bloom, Canning &Chan, 2006). An example of this was the Inter-University Council for East Africa (IUCEA), which put forward the claim that, African, higher education is a critical sector whose performance directly affects and even determines the quality and magnitude of Africa s development. It is the most important means of developing human resources and imparting appropriate skills, knowledge and attitudes. It forms the basis for developing innovation, science and technology in order to harness resources, industrialize, and participate in the global knowledge economy and for Africa to take its rightful place in the global community. From the Bologna Process, to the BMD-CEMAC Reforms and even the East African case, there seems to be a growing awareness of the importance of higher education in the development of the knowledge based economy, indicating a shift in focus from natural resources as the basis for development to human resources, in terms of human capital formation through education, as central to the economic success of nations. In order words, higher education is increasingly being considered as a priority for people to be effective and fulfilled citizens, capable of facing the novel challenges imposed by the transition to knowledge based economies 50

51 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects (Wegner, 2008; Openjuru, 2011). In Cameroon, higher education institutions have been undergoing important transformations and innovation in the wake of globalization and one of the major challenges have been to be able to prepare university graduate to enter the labour market after graduation. Change was evident since 1993 with the rapid expansion of universities from one state university in 1993, to eight in 2010 (Arreté no. 10/0393 of November, 2010 and Decree No. 93/026 of 19 January, 1993) Dispositions, Abilities and Behaviours Competency The dispositions, abilities and behaviours competency have to do with what learners exhibit in relation to sustainability and dispositions refers to learners dispositions for sustainability as pointed out by Besong (2017) that, learners desires/willingness and motivations to engage with sustainability and learners attitudes, beliefs and value orientations in relation to sustainability learners dispositions for sustainability relate to their sustainability competencies in learning to be and learning to live together (UNESCO, 1996). Learners values-orientations, belief-systems and attitudes, influence their desires, motivations and willingness to engage with sustainability (The Cloud Institute, 2010). The impact of worldviews on engagements with sustainability is vividly explained inescobar s (2001, p. 153) arguments that communities actively construct their sociocultural worlds through their laborious daily practices of being, knowing, and doing even if in the midst of other forces. Cultural constructs and contexts thus impact on learners desires and motivations to engage with sustainability. According to Teneng (2017), it is possessing qualities that facilitate and enhance employment opportunities. Harvey (2004, p.3) puts it in this sense, it is the acquisition of attributes (knowledge, skills, and abilities) that make graduates more likely to be successful in their chosen occupations. It is the aspect of the acquisition of knowledge, skills and abilities that tie this definition to the study. These knowledge and skills are supposed to be acquired in the universities or institutes of higher learning (Wiek,Withycombe & Redman, 2011). According to Besong (2017), abilities refer to learners abilities in sustainability, including learners skills, aptitudes and knowledge for action on sustainability. Learners abilities to engage with sustainability relate to their sustainability competencies in learning to know and to do (UNESCO, 1996), and this involves learners cognitive capabilities and skills to engage in thinking that reflects sustainability values. This involves learners development of cognitive capabilities for systemic thinking, strategic planning, critical reflection, values thinking and futures thinking for sustainability. Besong (2017) believes that behaviours here refer to learners behaviours in relation to sustainability. Learners behaviours to promote sustainability relates to their sustainability competencies in learning to transform oneself and society (Shaeffer, 2007). This involves their manifestations of sustainability through the actual actions taken to embrace or foster sustainability (Talwar, Wiek & Robinson, 2011), thus acting as change agents for sustainability meanwhile sustainability competencies are complexes of knowledge, skills, and attitudes that enable successful task performance and problem solving with respect to real-world sustainability problems, challenges, and opportunities (Wiek, 2010, n. p.)the US Department of the Interior University (DOIU, 2013) defines competency as a combination of skills, knowledge, characteristics and traits that contribute to outstanding performance in a particular job. These are individual abilities or characteristics that are keys to effectiveness in work. Examples of competencies needed for work include: adaptability, commitment, creativity, motivation, foresight, leadership, independence, emotional stability, analytical [and critical] reasoning, and communication skills (Besong and Holland, 2015, Wiek et al., 2011). 51

52 1.6. Employability Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects For sustainability to be real in higher education, graduates dispositions, abilities and behavoirs competency must be transformed into employability. According to Lees (2002), employability is a multifaceted concept, open to a range of interpretations and definitions. There is a distinction difference between employment and employability (York and Knight, 2007). To them, employment is synonymous with having a job, whereas employability is associated with not only having a job but possessing qualities that facilitate and enhance employment opportunities. The focus here is on employability skills, where employment is as a subset of employability. Harvey (2004, p. 3), defines employability in its core sense as the acquisition of attributes (knowledge, skills, and abilities) that make graduates more likely to be successful in their chosen occupations. It is the aspect of the acquisition of knowledge, skills and abilities that tie this definition to the study. These knowledge and skills are acquired in the universities or institutes of higher learning. Employability is the prime factor that influences the very thoughts of a graduating student (Gokuladas, 2011). Employability to Yorke & Knight (2004) is a set of achievements,skills, understandings and personal attributes that make graduates more likely to gain employment and be successfulin their chosen occupations, which benefit themselves, the community and the economy. According to Nayan (2010), employability skills are categorized by the following competency areas: personal values, problem-solving and decision-making skills, relations with other people, communication skills, task-related skills, maturity, health and safety habits. 2. METHODOLOGY 2.1. Research Design The approach adopted for this study was a survey and used quantitative analysis Population Samples The interest was not to know from which university they graduated from but to know if their education was sustainable upon graduation. A sample of 750 graduates was presented with questionnaires, who are owners of small and medium size enterprises from different region of Cameroon. They graduated from the following universities: The University of Yaoundé I, The University of Yaoundé II, The University of Douala, The University of Buea, Lead Higher Institute, ICT University, Siatou Higher Institute, CITEC and Catholic University of Central Africa were purposively chosen because the majority of business owners graduated from these universities. These business owners were individually contacted to participate because it links to graduate dispositions, abilities and behaviours competency Research Instruments The questionnaire consisted of 19 questions constructed along the pattern of the Likert scale: Strongly agree (SA), Agree (A), Uncertain (UN), Strongly disagree (SDA), Disagree (DA), for the graduate behaviors after leaving university, based on the three research variables of the study: principles of sustainability and graduates dispositions, abilities and behaviors competency. 52

53 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects 2.4. Techniques for Data Analysis Data collected was analyzed using both descriptive and inferential statistics. The Spearman Correlation was the tool used in testing the association between three variables. Spearman Correlation is expressed as : Where: 2.5. Research Question D is the difference between the ranks of X and the corresponding ranks of Y n= the number of paired ranks. The research question for this study was: how does sustainability in higher education influence graduates dispositions, abilities and behaviours competency? 2.6. Validity and Reliability To maximize the content and face validity of the magnitudes generated from the descriptive research, four tests were adopted developed by Ying (2003). They include: (i) construct validity (multiple sources of data were collected for the case under investigation in order to increase construct validity), (ii) internal validity (we have maintained a logic chain of evidence; the reader can follow the derivation from any evidence from our research question to the final conclusion. More the triangulation of different sources (used in convergence) of evidence was important way of increasing the internal validity of this study), (iii) external validity (we attempted it to sharpen the external validity in the way that we have chosen the case study and conducted the research. The findings from this study can be generalized and replicate if conducted in the same conditions) and (iv) reliability (It is the consistency and stability of the research process (Miles & Huberman, 2003). The table below is the presentation of data according to the research question. The table below is the presentation of data according to the research question. 3. FINDINGS 3.1. Descriptive statistics Table 1. Sustainability in higher education and graduates disposition, abilities and behaviour competency Item Statement SA A Un DA SDA Mean My bahaviours, values and attitudes f ,40 enhance sustainability. % 36,7 24,3 12,9 15,1 11,1 f 2 I am a change agent ,08 % 39,3 33,2 17, ,7 It is necessary to infuse and foster f ,63 sustainability in my daily lives. % 18,9 37,3 17,9 13,6 12,3 53

54 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects Lecturers integrate knowledge and activities in the learning and teaching process. Lecturers take into consideration disciplinary, cross-sustainability and non-disciplinary perspectives to equip learners with knowledge. Lecturers take into consideration capabilities of using disciplinary, cross-disciplinary and non-disciplinary knowledge and skills to seek and solve sustainability related problems. Co-disciplinarity, con-disciplinarity, cross-disciplinarity, infra-disciplinarity, inter-disciplinarity, intra-discilpinarity, multi-disciplinarity and trans-disciplinarity perspectives is integrated in curricula to offer critical insights into sustainability. A systemic thinking fosters programs and courses of study in ESD in Cameroon. In this 21 century knowledge economy, I am interested in learning by doing. Authentic learning enables me to develop good judgment skills. I am engaged in real world sustainability issues. Authentic learning helps me to develop skills in teamwork, critical thinking, innovative and creative thinking. Lecturers integrate learning activities that foster the acquisition, development and application of civic skills. I believe respectability of the human being depends on mutual recognition. I am aware that higher education mainstream is a driver of economic growth. I am enabled to build stronger and more sustainable democracies. f % 32,7 34,3 9,7 12,8 10,5 f % 17,3 32,0 30, ,9 f % 21,7 33,1 14,3 11,2 19,7 f % 26,5 41,6 14,4 13,3 4,1 f % 26,9 24,0 16,5 15,7 16,8 f % 28,0 30,4 10,7 17,3 13,6 f % 25,9 34,1 14,5 11,7 13,7 f % 27,5 28,4 8, ,4 f % 31,1 36,9 11,5 13,1 7,5 f % 20,8 25,7 6,5 20,3 26,7 f % 27,7 26,1 22,5 14,7 8,9 f % 32,3 51, ,3 --- f % 34,3 41,6 11,3 8,3 4,5 2,34 3,04 2,74 2,27 2,71 2,58 2,53 2,65 2,29 3,06 2,51 2,00 2,07 54

55 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects Sustainability learning is action-oriented. % 28,5 46,5 13,7 11,2 --- f ,08 Values enable sustainability minded f ,53 citizens. % 20,1 50, ,7 13,2 I learn different ways of re-cycling f ,39 and reusing resources. % 39,1 20,7 16,8 9,2 14,3 Source : (Field Statistics) The green curriculum model is the evidence-base for the formation of this framework.item one is the distribution of respondents according to whether bahaviors, values and attitudes enhance sustainability. 36,7% (275) 24,3% (182) agreed with this statement while 12,9 (97) remained uncertain. 15,1% (113) and 11,1 %( 83) did not agree with this statement. This gave us a mean of 2,40 which falls within the region of acceptance. Item two presents the distribution of respondents according to being a change agent. 39,3% (295) and 33,3% (249) accepted. 17,7% (133) were uncertain while none of the respondents disagreed and 9,7% (73) did not know what if they are change agent. The mean, 2,08 falls in the acceptance zone. Even so, many graduates from Cameroonian universities do not know if they are change agent. Item three presents the distribution of respondents according to whether it is necessary to infuse and foster sustainability in daily lives. 18,9% (142) and 37,3% (280), understood. 17,9% (134) were uncertain, while 13,6% and 12,3% of the respondents disagreed and strongly disagreed with the statement respectively. Based on the data, we got a mean of 2,63, which falls within the region of acceptance. This means that most of the respondents agreed with the statement. Item four is the distribution of respondents according to lecturers who integrate knowledge and activities in the learning and teaching process. 32,7% (245) and 34,3% (257) agreed with this but 9,7% (73) were uncertain while 12,8% (96) and 10,5% (79) did not agree. The mean was 2,34 accepting the statement. This is indicative of the fact that lecturers integrate knowledge and activities in the learning and teaching process in HE. Item five shows the distribution of respondents according to whether lecturers take into consideration disciplinary, cross-sustainability and non-disciplinary perspectives to equip learners with knowledge. Based on the data, the mean is 3,04 which is found at the acceptance level. Most of the respondents accepted. Even so, a great number of the respondents were uncertain (231) while none disagreed and 149 strongly disagreed. This means that there remains a call and need for lecturers proper consideration disciplinary, cross-sustainability and non-disciplinary perspectives to equip learners with knowledge that would them for future disposition and abilities. Item six is the distribution according to whether lecturers take into consideration capabilities of using disciplinary, cross-disciplinary and non-disciplinary knowledge and skills to seek and solve sustainability related problems. Based on the data, the mean is 2,74 found at the acceptance level. This means that most of the respondents supported the statement. Item seven is the distribution of respondents according to Co-disciplinarity, con-disciplinarity, cross-disciplinarity, infra-disciplinarity, inter-disciplinarity, intra-discilpinarity, multi-disciplinarity and trans-disciplinarity perspectives is integrated in curricula to offer critical insights into sustainability. The data gives us a mean of 2,27, found in the acceptance zone. Even so, 100 and 31 disagreed and strongly disagreed with this statement. Item eight presents the distribution of respondents according to a systemic thinking fosters programs and courses of study in ESD in Cameroon. The statistics produced an accepted mean of 2,71. But a large portion of the respondents still remained uncertain (124) with some disagreeing (118) and strongly disagreeing (126). This may be implying that even though the mean is accepted, universities must revise and continue to revise contents of ESD. Item nine distributes respondents according to this 21 century knowledge economy, the interest in learning by doing. 28,0% and 30,4% of respondents supported this statement. 10,7% were not sure and 17,3% disagreed and 13,6% strongly disagreed. Again,it is seen here that even though the mean of 2,58 falls within the acceptance region, HE course contents are still found wanting in the domain of learners practicing what they have learnt. 55

56 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects Item ten distributes respondents according to the authentic learning enables learners to develop good judgment skills. From the data, the mean is 2,52 which fall at the level of acceptance. Even so, a very large number of respondents (88 plus 103) disagreed and strongly disagreed. This indicates that authentic learning enables learners to develop good judgment skills were not effective especially in state universities from where the bulk of our respondents came. Item eleven is the distribution of respondents according to whether engaged in real world sustainability issues. Based on data, the mean is 2,65 and is found at the acceptance level. Most respondents accepted the statement. But 64 were uncertain while 174 disagreed and 93 strongly disagreed. Even though the mean is accepted, there are strong indications that HE needs to update its engagement in real world sustainability issues. Item twelve distributes respondents according to authentic learning helps me to develop skills in teamwork, critical thinking, innovative and creative thinking. The data gives us a mean of 2,29, which is found at the level of acceptance. Only 86 were uncertain, 98 disagreed and 56 strongly disagreed. Therefore, learners develop skills in teamwork, critical thinking, innovative and creative thinking. Item thirteen distributes respondents according to lecturers integrate learning activities that foster the acquisition, development and application of civic skills. The data gives us a mean of 3,06 which falls within the acceptance range. This implies that most of the respondents agreed with the statement. Item fourteen distributes of respondents according to the respectability of the human being depends on mutual recognition. 27,7% (208) 26,1% (196) agreed with this statement while 22,5 (169) remained uncertain. 14,7% (110) and 8,9 %( 67) did not agree with this statement. This gave us a mean of 2,51 which falls within the region of acceptance. Item fifteen presents the distribution of respondents according to whether higher education mainstream is a driver of economic growth. 32,3% (242) and 51,5% (386) accepted. Interestedly, none of the respondents proven to be uncertain while 16,3% (122) disagreed and none of the respondents strongly disagreed. The mean, 2,00 falls in the acceptance zone. Item sixteen presents the distribution of respondents according to whether to build stronger and more sustainable democracies. 34,3% (257) and 41,6% (312), understood. 11,3% (85) were uncertain, while 8,3% and 4,5% of the respondents disagreed and strongly disagreed with the statement respectively. Based on the data, we got a mean of 2,08, which falls within the region of acceptance. This means that most of the respondents agreed with the statement. Item seventeen is the distribution of respondents according to sustainability learning is action-oriented. 28,5% (214) and 46,5% (349) agreed with this but 13,7% (103) were uncertain while 11,2% (84) did not agree and none of the respondents did not strongly disagree. The mean was 2,08 accepting the statement. eighteen presents the respondents according to values enable sustainability minded citizens. 20,1% (151) 50,0% (375) agreed with this statement while none of the respondents were uncertain. 16,7% (125) and 13,2 %( 99) did not agree with this statement. This gave us a mean of 2,53 which falls within the region of acceptance. Item nine presents the distribution of respondents according to whether there are different ways of re-cycling and reusing resources. 39,1% (293) and 20,7% (155) accepted the statement. 16,8% (126) were uncertain while 9,2% (69) and 14,3% (107) did not accept. The mean, 2,39 falls in the acceptance zone. Even so, many graduates from Cameroonian universities strongly disagreed Inferential Statistics Hypothesis Ha 1 : There is a relationship between principles of sustainability and graduates dispositions, abilities and behaviours competency in Cameroon. Ho 1 : There is no relationship between principles of sustainability and graduates dispositions, abilities and behaviours competency in Cameroon 56

57 Table 2. Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects Correlations of sustainability in higher education and graduates disposition, abilities and behaviour competency. Graduates Dispositions, Abilities and Be- Sustainability in higher education haviours Competency Correlation Sustainability Coefficient 1,000,587 ** in higher Sig. education (2-tailed).,000 Spearman s rho Graduates Dispositions, Abilities and Behaviours Competency N Correlation Coefficient,587 ** 1,000 Sig. (2-tailed),000. N **. Correlation is significant at the 0.01 level (2-tailed). The correlation table above presents statistical information on the correlation between sustainability in higher education and graduates disposition, abilities and behavior competency. The correlation coefficient is 0,587 while the level of significant is The level of significance is lesser than The results reveal that there is a significant relationship between sustainability in higher education and graduates disposition, abilities and behavior competency in Cameroon. Although such transformational processes focus on the individual its actions eventually trickle down to other members of the community, culminating into the process of collective transformation for sustainability. The green curriculum model is designed to act as a guiding tool to help educators navigate the process of reorienting higher education programs and courses in addressing sustainability (Besong, 2017). Education for sustainable development remains a complex concept and can be an all-encompassing approach that permeates all aspects of education (CMEC, 2010, p.16). DISCUSSION The Green Curriculum Model provides a much needed comprehensive and practical conceptual design framework. It providesthe integration of sustainability in higher education programs and courses based on sustainability education principles, sustainability related pedagogies, competencies and indicators (Besong, 2017). Data collected on this hypothesis was tested using the Spearman rank correlation and multiple regression. The results confirm that principles of sustainality in HE influence graduate dispositions, abilities, behavors competency. Statistically, the Spearman rank correlation index stood at From our field statistics, most respondents (275, strongly agreed, and 182 agreed) that bahaviors, values and attitudes enhance sustainability. yet good number (97) are uncertain about their graduate destinations while (113) totally disagreed that they not know what to do after graduation. This shows that the orientation centres which exist in universities are not very effective. Despite increasing interests in the area of sustainability education, much still has to be done in addressing sustainability in higher education programs and courses. Educators need to change higher education culture to embrace systemic, connective, inclusive, transformative, ecological and values-based learning approaches that engender in learners real life changes that foster sustainability as indicated in the literature review. This was corroborated by the 73 57

58 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects respondents who strongly disagreed to question that they are change agent. While on the field, we noticed that most of the respondents fin dit necessary to infuse and foster sustainability in daily lives (142 and 280) strongly agreed respectively. This implies that transformational pedagogic approaches are vital in teaching and learning for sustainability. It is also important for lecturers to integrate knowledge and activities in the learning and teaching process. To this, 32,7% and 34,3% of the respondents agreed with the statement. It was very surprising to notice that many lecturers do not take into consideration disciplinary, cross-sustainability and non-disciplinary perspectives to equip learners with knowledge that will lead them to employability.based on the data, the mean is 3,04 which is found at the acceptance level.the effective transfer of sustainability knowledge, aptitudes and competences is in itself anchored on the educator s ability to weave together transformative and learner-centred pedagogies. (118 and 126 strongly disagreed respectively that systemic thinking fosters programs and courses of study in ESD in Cameroon.Yet good number of them (202) strongly agreed with the statement. It means that sustainability themes foster knowledge and principles embedded within the sustainability. It produces in the learner the anticipated sustainability related competencies. The green curriculum and the principles of experiential learning theory lend credence to the importance of sustainability and curricula. According to Kolb (1984) content of courses should be practice based and should reflect assertive, forward moving and proactive anticipation of future action that is based on what is being studied in the present. Transformative learning in sustainability focuses on learning-based change that involves learning to know, learning to do, learning to live together, learning to be and learning to transform oneself and society (Ngwa, 2019). Education for change is concerned with the role of education in bringing about change in the person or society achieved through educational practice and education in change which refers to the policy changes made to educationalrationale, theory and practice that affect (Besong, 2017). Promoting such changes in sustainability education in learning and teaching for sustainability requires the use of transformative, constructivist and participatory pedagogic approaches (Game et al., 2018). Also, the statistical conclusions discussed previously above are corroborated by literature. Smith (2000), views curriculum as a body of knowledge to be transmitted in an attempt to achieve certain ends in the learners. One of the enduring themes in the literature is employability that should be in the interest of the learners and that their needs of employment after leaving the university should be considered by curriculum planners and designers before any contents are included into their programmes. Because transformative learning involves experiencing a deep, structural shift in the basic premises of thought, feelings, and actions. It is a shift of consciousness that dramatically and irreversibly alters our way of being in the world. Such a shift involves our understanding of ourselves and our self-locations; our relationships with other humans and with the natural world (Ngwa, 2019). The proper application of the sustainability instilled in curriculum, the learning and teaching process empowers and motivates learners to become problem solvers and change agents whose actions will ultimately lead to the development of sustainable communities. Although such transformational processes focus on the individual its actions will eventually trickle down to other members of the community, culminating into the process of collective transformation for sustainability (Brunnquell, Brunstein, & Jaime, 2015). The Green Curriculum Model is designed to act as a guiding tool to help educators navigate the process of reorienting higher education programs and courses in addressing sustainability (Besong, 2017). This is only possible when graduates dispositions, abilities and behavors competency are transformed to employability mindset. RECOMMENDATIONS There already have been significant levels of interest in the Green Curriculum Model as a conceptual-design framework for instilling sustainability in curricula of higher education from the sustainability community of experts, higher education staff and other researchers and academic administrators within governmental departments in Cameroon. Its acceptability within the sustainability education community provides sufficient 58

59 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects grounding for its application in instilling sustainability in higher education programs and courses. Therefore, the key recommendation of this study is for future research on implementation of the Green Curriculum Model, and on ascertaining its effectiveness in re-orienting curricula to address sustainability across a range of higher education and disciplinary contexts. In this regard, many studies should be carried out in application of the Green Curriculum Model framework across higher education institutions in Cameroon to ascertain its effectiveness in reorienting higher education course curricula and pedagogic practices towards sustainability. There is an urgent need to address or embed sustainability in educational courses, it should be accepted that not all applications of ESD embrace the whole ESD s components within a given programme or course curricula. It is also seen how some courses may warrant the integration of more elements of the Green Curriculum Model such as the principles of sustainability. However, what is important is to ensure that the principles of sustainability and related pedagogic approaches are used in the teaching and learning process to enhance sustainability competencies for all stakeholders (educational and social actors). CONCLUSION This paper focuses on considering how sustainability within higher education curricula in Cameroon context enhance graduates dispositions, abilities and behaviours competencies. This study presents the educator with a conceptual-design framework to guide the integration of sustainability in higher education courses and programs Higher education institutions are called upon to play a critical role in mobilizing and fostering learners acquisition of sustainability competences. Higher education institutions have the expertise to foster the knowledge and skills necessary to enable students devise preventative strategies and solutions to sustainability related issues now and in the future. Higher education institutions have an important role to play as drivers of education, training and policy enhancement for sustainability. It offers higher education actors (institutions, teachers, students, and researchers) opportunities to better understand the nature and extent of competencies development. The proper application of the sustainability instilled curriculum in the learning and teaching process empowers and motivates learners to become problem solvers and change agents whose actions ultimately lead to the development of sustainable communities. REFERENCES Arreté no. 10/0393 of November 2010 to provide a framework and conditions for accreditation of professional and technological training in the Cameroonians State Universities. Besong, F. A. (2017). Infusing Sustainability in Higher Education in Ireland: The Green Curriculum Model (GCM) and the Dispositions, Abilities and Behaviours (DAB) Competency Framework. (Doctoral dissertation, Dublin City University). Besong, F., & Holland, C. (2015). The Dispositions, Abilities and Behaviours (DAB) Framework for for profiling Learners Sustainability Competencies in Higher Education. Journal of Teacher Education for Sustainability, 17(1), Bloom, D., Canning, D., & Chan, K. (2006).Higher Education and Economic Development in Africa.Harvard University. Brunnquell, C., Brunstein, J., & Jaime, J. (2015). Education for sustainability, critical reflection and transformative learning: Professors experiences in Brazilian administration courses. International Journal of Innovation and Sustainable Development, 9(3),

60 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects Council of Ministers of Education, Canada (CMEC) (2010). Report to UNECE and UNESCO on Indicators of Education for Sustainable Development Report for Canada Council of Ministers of Education, Canada, Canadian Commission for UNESCO & Environment Canada. Decree No. 93/026 of 19 January 1993 Creating the State Universities in Cameroon. Dresner, S. (2008). The principles of sustainability. Earthscan. Fadeeva, Z., Mochizuki, Y., Brundiers, K., Wiek, A., & Redman, C. L. (2010). Real world learning opportunities in sustainability: from classroom into the real world. International Journal of Sustainability in Higher Education. Game, E. T., Tallis, H., Olander, L., Alexander, S. M., Busch, J., Cartwright, N.,... & Rooney, A. (2018). Cross-discipline evidence principles for sustainability policy. Nature Sustainability, 1(9), Gokuladas, V. K. (2011). Predictors of Employability of Engineering Graduates in Campus Recruitment Drives of Indian Software Services Companies.International Journal of Selection and Assessment, 19(3), Kolb, D. (1984). Experiential Learning: experience as the source of learning and development. Englewood Cliffs, NJ: Prentice Hall. p. 21http://www2.le.ac.uk/departments/gradschool/training Retrieved August 19, 2019 Lees, D. (2002). Information for Academic Staff on Employability, palatine.ac.uk/ files/emp/1233. pdf. Retrieved on 21 March 2018 Lozano, R., Lukman, R., Lozano, F. J., Huisingh, D., & Lambrechts, W. (2013). Declarations for sustainability in higher education: becoming better leaders, through addressing the university system. Journal of Cleaner Production, 48, Martusewicz, R. A., Edmundson, J., & Lupinacci, J. (2014). Ecojustice education: Toward diverse, democratic, and sustainable communities. Routledge. Miles, M.B., & Huberman, A. M. (2003). Analyse des données qualitatives (2nd ed.). Paris: De Boeck. Ngwa, P. (2019). Socio-Cultural Factors and Evolution in Higher Education: The Case of Women Refugees Migration in Cameroon. (Master thesis), University of Yaounde I, Yaounde: Cameroon. Smith, M. K., (2000). Curriculum Theory and Practice. The Encyclopaedia of Informal Education. org/biblio/b-curri.htm. Retrieved on 17 November 2019 Tanjong, E. (2008). Higher education institutions in Cameroon and their role in sustainable community development. Cell 237(7769),1522. Teneng, P. P. (2017). Professionalization of Higher Education and Employability of Graduates in Cameroon Unpublished Doctoral Thesis. The University of Maroua, Cameroon. The Cloud Institute (2010) Education for sustainability. Online source (retrieved January 4, 2010): sustainabilityed.org/ education/ Tilbury, D., & Wortman, D. (2004). Engaging people in sustainability. IUCN United States Department of the Interior University (2013). Career Development: Competencies. [Online] Avail- 60

61 Sustainability in higher education in cameroon: stakes, methods and prospects able at: [Accessed 24 May 2019]. Wegner, R.G. (2008). Partnerships for public purposes: Engaging Higher Education in Societal challenges of the 21 st century, National Center for public Policy and Higher. Withycombe L, Wiek A (2010) Anticipatory competence as a key competence in sustainability. Working Paper. School of Sustainability. Arizona State University Yin, R. K. (2003). Applications of case study research (2nd ed.). Thousand Oaks, CA: Sage Publications. Yorke, M. (2010) Employability: aligning the message, the medium and academic values. Journal of Teaching and Learning for Graduate Employability.1 (1), pp2-12. Available from: index. php /jtlge/article/view/7 Retrieved on13 February

62 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA Résumé : EWODO NOAH Martin Yves 1 * Le Code des assurances n a pas jusqu ici adopté de principes comptables. Face à cette situation, les professionnels, agissant dans le secteur des assurances, ont régulièrement emprunté au Système Comptable OHADA (SYSCOHADA), ses postulats et conventions pour traiter/auditer les informations financières. D ailleurs, l article 5 alinéa 3 du SYSCOHADA ancien était une porte d entrée permettant d accéder et de jouir de la richesse du SYSCOHADA en termes de principes. Or, depuis la révision du SYSCOHADA en date du 26 janvier 2017 et entrant en application en 2018, cette porte a été fermée. D où la naissance de la thématique traitée dans le présent document avec une urgence, pour la Conférence Interafricaine des Marchés d Assurance (CIMA), de légiférer, dans le Code des assurances, des articles traitant des principes comptables. Et pour anticiper de tels manquements, il est nécessaire d adopter des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA. Mots clés : SYSCOHADA, CIMA, outils de gestion et de communication, légiférer, adopter 1 * Master en Banque-Finance (UCAC), Auditeur comptable et financier en collaboration avec les Cabinets NOMO TSANGA, FIDESCOA, FIDEXCA, AUDITEC FOIRIER, [email protected] 62

63 Abstract: La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA The insurance code has so far not adopted accounting principles. Faced with this situation, professionals working in the insurance sector have regularly borrowed from SYSCOHADA, its assumptions (postulates) and conventions to process or audit financial information. Moreover, article 5 paragraph 3 of the old SYSCOHADA was a gateway to access and enjoy the richness of SYSCOHADA in terms of principles. However, since the revision of SYSCOHADA on January 26, 2017 and coming into effect in 2018, this door has been closed. Hence the birth of the theme treated in this document with urgency for CIMA to legislate in the insurance code articles dealing with accounting principles. And to anticipate such breaches, it is necessary to adopt management and communication tools between OHADA and CIMA legislators. Keywords: SYSCOHADA, CIMA, management and communication tools, legislate, adopt. Contexte et justification Depuis l adoption de l Acte uniforme relatif au droit comptable et système comptable OHADA le 22 février 2000, et paru au JO OHADA n 10 du 20 novembre 2000, il se remarque qu aucune modification ou mise à jour visant à améliorer les traitements de l information comptable n avait été apportée à ce texte pendant plus de 17 années. Il a fallu attendre le 26 janvier 2017 pour constater la révision du référentiel comptable dans l espace OHADA par l instance compétente dans le domaine, à savoir le Conseil des Ministres de l Organisation pour l Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) lors de sa 43 ème session à Brazzaville (Congo), et entré en vigueur le 1 er janvier 2018 pour les comptes personnels et le 1 er janvier 2019 pour les comptes consolidés et combinés. Les modifications faites sont d une ampleur considérable depuis la forme jusqu au fond. Le nouveau texte baptisé «Acte uniforme relatif au droit comptable et à l information financière et système comptable OHA- DA» est rédigé sur 1204 pages contrairement à l ancien document qui se résumait à 752 pages. Cette révision est soutenue par un certain nombre d objectifs notamment : Concourir à la convergence du droit comptable OHADA vers les normes internationales ; Répondre aux attentes majeures des professionnels du chiffre et des divers acteurs économiques ; S adapter aux évolutions de la normalisation comptable internationale et des besoins financiers grandissants des économies des pays membres de l OHADA ; Poursuivre la révision de l Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises pour en faire un référentiel qui s intègre dans l environnement international de l information financière en direction des investisseurs ; Résoudre l équation «d économie monde 2» avec le référentiel comptable international. Il s observe un désir manifeste d harmonisation des exigences de tenue comptable en espace OHADA avec les normes internationales. Toutefois, on pourrait s interroger sur la convergence des référentiels entre les textes OHADA et CIMA sachant que les assureurs et leurs auditeurs financiers ou commissaires aux comptes, au 2 Concept développé par Fernand Braudel et définissant l économie monde comme étant un emboitement, une juxtaposition de zones liées ensemble, mais à des niveaux différents. 63

64 La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA regard de la pauvreté du Code des assurances en termes de principes de tenue des comptes, ont souvent fait recours aux postulats et conventions élaborés par le législateur OHADA sur la base de l article 5 du SYSCOHADA avant sa révision qui était la porte ouverte permettant d accéder à cette richesse (principes). Cette convergence se pose davantage en ce sens que, la plupart des Etats parties dans l espace OHADA appartiennent également à l espace CIMA comme il ressort du tableau ci-dessous à partir des textes SYSCOHADA révisé et CIMA : Tableau 1 : Etat comparatif des pays membres de l OHADA et/ou de la CIMA Espace OHADA Espace CIMA Observation quant à leur appartenance à une communauté économique Africaine CAMROUN CAMROUN CEAC 1 CONGO CONGO CEAC GABON GABON CEAC GUINNEE EQUATORIALE GUINNEE EQUATORIALE CEAC REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE CEAC, CEN-SAD 2 TCHAD TCHAD CEAC, CEN-SAD REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO CEAC, COMESA 3, SADC 4 BENIN BENIN CEDEAO 5, CEN-SAD, UEMOA 6 BURKINA FASO BURKINA FASO CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA COTE D IVOIRE COTE D IVOIRE CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA GUINNEE BISSAU GUINNEE BISSAU CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA MALI MALI CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA NIGER NIGER CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA SENEGAL SENEGAL CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA TOGO TOGO CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA GUINNEE CONAKRY LES COMORES CEDEAO COMESA, SADC Source : Code des assurances et du SYSCOHADA révisé et les sites : www. sadcreview.com/; Ainsi, comme sus-présenté, tous les pays de l espace CIMA sont dans l espace OHADA. Il est donc intéressant de questionner le système de contrôle interne mis en œuvre par ces Etats pour aboutir à une convergence des textes légiférés dans ces deux espaces, afin de faciliter les traitements comptables des acteurs qui opèrent au sein de ces espaces réglementaires. D ailleurs, quels sont les outils de communication et de gestion entre les législateurs OHADA et CIMA permettant de relever et de résoudre les éventuelles anomalies qui pourraient surgir et mettre en difficulté les praticiens du domaine? Existe-t-il une veille des changements dans l environnement réglementaire de la CIMA? D entrée de jeu, il est difficile de valider l existence d un tel système de contrôle interne visant à neutraliser les divergences apparentes ou naissantes au regard des observations et/ou constats en tant que commissaire aux comptes auprès des sociétés d assurance. En s attardant précisément sur la modification d un article de ce nouveau texte OHADA sur les traitements de l information comptable au sein des sociétés d assurance, il est difficultueux de soutenir l existence d une plateforme de concertation entre les deux législateurs. Précédemment, l article 5 alinéa 3 de l acte uniforme relatif au droit comptable et système comptable OHADA disposait que : «Toutefois, les banques, les établissements financiers et les assurances sont assujettis à des plans comptables spécifiques». Ce qui n excluait pas notamment les sociétés d assurance du SYSCOHADA 64

65 La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA sachant que ce dernier est «composé du Plan comptable général OHADA et du Dispositif comptable relatif aux comptes consolidés et combinés» au sens de l article 5 alinéa 1 du même acte. En application du code des assurances, il était possible d utiliser le plan de comptes de la CIMA et exploiter les principes du SYSCOHADA avant la révision survenue en La révision du même article 5 alinéa 3, en introduisant les Etablissements de Micro Finance (EMF) dans la liste des non assujettis, dispose que : «Toutefois, les établissements de crédit, les EMF, les acteurs du marché financier, les sociétés d assurance et de réassurance, les organismes de sécurité et de prévoyance sociale et les entités à but non lucratif ne sont pas assujettis au SYSCOHADA». Il se constate que le SYSCOAHADA révisé, entrant en application le 01/01/2018, a mis un terme à une ambigüité quant à sa compétence dans le secteur des sociétés d assurance. Il a exclu, de ce fait, ces sociétés de l utilisation non seulement de son plan comptable, mais aussi de ses principes qui fixent la représentation comptable. Ainsi, les comptables et les auditeurs financiers dans les sociétés d assurance butent devant la révision de cet article qui leur a fermé les accès aux postulats et conventions du SYSCOHADA révisé dans un contexte où, le législateur, dans le secteur des assurances savoir la CIMA, n a pas adopté jusqu ici des articles qui traitent des principes comptables (postulats et conventions). On peut observer des commissaires aux comptes auprès des sociétés d assurances reprendre généralement dans leur rapport, et cela abusivement, les dispositions OHADA face à un tel vide juridique dans le code des assurances. Pour les banques et EMF, le problème ne saurait se poser car le législateur COBAC (Commission Bancaire en Afrique Centrale) en a fait un traitement dans un de ses règlements. L intérêt de cette publication est d attirer l attention de la CIMA et les acteurs socioéconomiques sur ce déficit législatif quant aux principes de tenue des comptes depuis l entrée en vigueur du SYSCOHADA révisé. Elle interpelle également le législateur OHADA quant à la nécessité de mettre en œuvre un dispositif de contrôle interne incluant la CIMA et permettant de déceler et de corriger et/ou pallier les divergences comme celle relevée plus haut. Parlant de postulats et conventions du SYSCOHADA utilisés régulièrement, à tort, par les entités assujetties au code des assurances, il serait intéressant de faire une brève présentation de ces principes incontournables pour la bonne tenue des comptes de ces entités devant communiquer leurs informations aux utilisateurs (Actionnaires ou Apporteurs, Administration fiscale, Banquiers etc.) Présentation des postulats et conventions du SYSCOHADA Après révision, le SYSCOHADA a reparti les principes en postulats et conventions. Toutefois, sans opérer une rénovation significative dans le fond, le SYSCOHADA a procédé à une classification et/ou retouche de la dénomination des différents principes en conventions et postulats qui structurent la représentation comptable de l entité. Les postulats comptables Les postulats permettent de définir le champ du modèle comptable du SYSCOHADA révisé. Ils sont les suivants : 65

66 La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA Postulats de l entité (article 2 et 5) ; Postulat de la spécialisation des exercices (article 59) ; Postulat de la permanence des méthodes (article 40) ; Postulat de la prééminence de la réalité économique sur l apparence juridique (article 6). Les conventions comptables Les conventions sont destinées à guider le préparateur des comptes dans l évaluation et la présentation des éléments devant figurer dans les états financiers du système comptable OHADA. Elles sont les suivantes : Convention du coût historique (article 35 et 36) ; Convention de prudence (article 3 et 6) ; Convention de régularité et transparence (article ) ; Convention de correspondance du bilan de clôture et bilan d ouverture (article 34) ; Convention d importance significative (article 33). On s aperçoit que ces postulats et conventions sont importants en ce sens qu ils servent de cadre pour les traitements comptables et l élaboration des états de synthèse nécessaires pour la communication externe et même interne des entités quant à leur activité. Suggestions Partant des propos sus-évoqués, quelle posture adopter par les praticiens devant un SYSCOHADA révisé qui ferme ses portes aux sociétés d assurance ; et face au vide juridique observé dans le code des assurances concernant les postulats et conventions nécessaires à la bonne tenue de l information comptable des entités exerçant dans le marché des assurances? La CIMA doit légiférer pour sortir de cette impasse où aucun article de droit ne peut être mobilisé pour crédibiliser des travaux comptables (tenue comptable, commissariat aux comptes) au sein des sociétés d assurance. D où la nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA permettant d anticiper sur l incidence des manquements le cas échéant. Il est recommandé à cet effet : - La mise en place d un cadre ou plateforme de concertation entre les différents législateurs ; - La mise en place d une cartographie des points de convergences et divergences des différents textes OHADA et CIMA et les incidences des révisions d un texte sur un autre. Ce qui pourrait servir de tableau de bord permettant de déceler les manquements et/ou risques de toute nature, des vides juridiques ; - La mise en place d un système d alerte adossé à ce tableau de bord permettant de déclencher la correction des manquements observés (par exemple par la production des dispositions réglementaires). Conclusion L OHADA et la CIMA sont deux instances africaines de production de textes réglementaires dans le 66

67 La nécessité de l adoption des outils de gestion et de communication entre les législateurs OHADA et CIMA traitement de l information comptable des entités commerciales et des sociétés d assurance respectivement. Toutefois, face à l importance des postulats et conventions non seulement dans la tenue de l information comptable mais aussi dans l élaboration des états de synthèse destinés aux tiers (Actionnaires ou apporteurs, Administration fiscale, Banquiers, créanciers, etc.), les professionnels des chiffres auprès des assurances ont régulièrement empruntés ces principes dans le SYSCOHADA, au regard du vide juridique en la matière dans le code des assurances. Encore que l ancien SYSCOHADA le permettait puisqu il intégrait les sociétés d assurances en son article 5 alinéa 3. Mais depuis la révision de cet article dans le SYSCOHADA en janvier 2017, la CIMA est dans l obligation de légiférer, au moyen des dispositions, des postulats et conventions qui lui sont propres à l image de la COBAC dans le secteur bancaire. Ces manquements relevés mettent en exergue la difficulté à pouvoir attester de l existence des outils de gestion et de communication entre ces deux instances régionales permettant d anticiper la survenance de tels risques. Par ailleurs, un prolongement pourrait être fait de cette thématique en abordant l impact des règlements de ces instances dans la performance des sociétés qui se meuvent dans les deux espaces communs. Une étude comparative de ces entités pourrait être menée avec celles opérant hors zone SYSCOHADA et CIMA. (Footnotes) 1 Communauté Economique des Etats d Afrique Centrale 2 Communauté des États sahélo-sahariens 3 Marché Commun de l Afrique Australe et Orientale 4 Communauté de Développement de l Afrique Australe 5 Communauté Economique des Etats d Afrique de l Ouest 6 Union Economique et Monétaire Ouest Africaine 67

68 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage NOTICE BIOGRAPHIQUE DES AUTEURS NOAH EDZIMBI François Xavier est Ph.D en Science Politique option Relations Internationales et Études stratégiques à l Université de Douala. Coordonateur Scientifique de la revue Alter Égo, il est Chercheur associé au Centre Africain d Études Stratégiques pour la Promotion de la Paix et du Développement (CAPED, Cameroun), au Centre Africain de Recherche pour la Paix et le Développement Durable (CARPADD, Canada), et à la Revue Espace Géographique et Société Marocaine (EGSM, Royaume Chérifien du Maroc). Aussi est-il l auteur de plusieurs articles scientifiques. MBARGA Dieudonné est Analyste en Planification Stratégique, Politique & Suivi-Évaluation, Doctorant en Gouvernance et Évaluation des Politiques Publiques. FEUZEU François est Administrateur d Éducation en service à la Délégation Départementale de l Éducation de Base de la Boumba et Ngoko (Yokadouma), Région de l Est Cameroun, il est Doctorant en Sciences de l Éducation Université de Yaoundé I. Professor Maureen Ebanga Tanyi, is the Head of department of Curriculum and Evaluation in the University of Yaoundé I. Ngwa Peter is a Ph.D Student at Department of Curriculum and Evaluation in the University of Yaoundé I Ateh Theresia Ngongba is a Ph.D Student at Department of Curriculum and Evaluation in the University of Yaoundé I. EWODO NOAH Martin Yves est titulaire d un Master en Banque-Finance (UCAC). Aussi il est Auditeur comptable et financier en collaboration avec les Cabinets NOMO TSANGA, FIDESCOA, FIDEXCA, AUDITEC FOIRIER. 68

69 Dossier thématique : Évaluation du niveau de développement au Cameroun et perspectives de pilotage Revue Alter Ego (RAE)-Tongolo, Yaoundé, (Cameroun) BP : 8162 Yaoundé [email protected] N 001/Juillet-2020 Revue Alter Ego Powered by Alter Égo 69

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