Quels enseignements peut-on attendre d un concept d équilibre de moyen terme?

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1 Quels enseignements peut-on attendre d un concept d équilibre de moyen terme? F. Thibault 1 Centre d Économie de Paris-Nord (CEPN) CNRS-UMR Université Paris Nord Février 2002 JEL : E61, E1, C32 et C51 1 UFR sciences économiques, 99 av. J.-B. Clément Villetaneuse [email protected] L auteur tient à remercier J.-W. Angel, K. Bouthevillain, P. Morin et J. Oudinet pour leurs critiques et remarques sur une version préliminaire de ce document.

2 Introduction Qu elles concernent le chômage, les taux de change, le partage de la valeur ajoutée, l économie dans son ensemble ou la croissance... la plupart des analyses économiques élaborent leur diagnostic en faisant référence à l équilibre de moyen terme. Considéré comme un point de repère indispensable à la compréhension de situations effectives plus éphémères, il renseigne - à la fois - sur ce vers quoi l économie doit tendre et se maintenir (un point fixe) et sur les moyens d y parvenir (le processus) à un horizon relevant de la politique économique. Si commune que soit cette démarche, le concept d équilibre sur lequel elle doit se fonder n a jamais été consensuel. Nul doute que si le système d ordre supérieur dont parle LEIJONHUFVUD (1995) existe 2, il nous reste pour le moment inaccessible. Ainsi, au-delà de la définition première de l équilibre proposée par GUERRIEN (1996), dans son Dictionnaire d analyse économique, «situations où rien ne bouge car les agents ne sont pas incités à modifier leur plan compte tenu de l information dont ils disposent et des contraintes qu ils subissent.» (GUERRIEN, Page 190) les débats commencent. Débats théoriques d abord puisque l équilibre dépend d une succession de choix opérée par le modélisateur concernant les caractéristiques des agents (goûts, ressources...), le cadre institutionnel dans lequel ils établissent leurs plans et leurs croyances concernant les réactions des autres agents et du «système» dans son ensemble. Le plus important de ces choix et probablement le plus négligé dans les travaux de politique économique est le traitement du temps. Il opère pourtant une distinction fondamentale entre les équilibres intertemporels et les équilibres temporaires qui va largement déterminer les caractéristiques des variables d équilibre et notamment la nature des anticipations, le rôle joué par l incertitude, la capacité des autorités publiques à réguler le système ou encore la nature des politiques économiques à conduire. 2 Système qui gèrerait effectivement le monde mais qui ne nous est pas directement abordable.

3 Débats entre praticiens ensuite puisque les conseils de politique économique sont généralement construits pour fournir des orientations de moyen terme alors que cet horizon temporel n a aucun équivalent théorique précis. Il reste au praticien à donner un contenu objectif à une notion qui n en a pas de sorte que sa conception du temps va fortement déterminer ses résultats.

4 I. LE TEMPS ET L EQUILIBRE ECONOMIQUE Les travaux théoriques traitant de l interaction entre le temps et l équilibre jalonnent l histoire de la pensée économique depuis MARSHALL, WALRAS, HICKS, LINDAHL, KEYNES, MALINVAUD 3 Leur synthèse et leur approfondissement dépasseraient largement le cadre de cet article dont l objectif essentiel est de fournir quelques éléments de cadrage qui sont trop souvent absents des débats combinant concept d équilibre et conseils de politique économique 4. Dans cette partie, nous nous contenterons donc de reprendre certains aspects des analyses fondatrices de WALRAS (1874) dans Éléments d économie politique pure, et de MARSHALL (1890) dans Principles of Economics, qui restent encore d actualité dans les débats portant sur la définition de l équilibre. I.1 De l équilibre intertemporel à l équilibre temporaire La réalisation de l équilibre, défini en introduction, suppose la satisfaction de trois conditions (D ASPREMONT et alii, 1989). La première est la rationalité individuelle : c est en parfaite connaissance que les agents sélectionnent un état comme le meilleur et le retiennent pour constituer l équilibre. Cette condition garantit la stabilité de l état atteint puisque les individus n ont alors aucune incitation à modifier leur comportement. La seconde condition requise est la compatibilité des actions : les plans de tous les agents doivent être mutuellement cohérents et simultanément réalisables. Enfin, la dernière condition nécessaire à la réalisation de l équilibre est la conformité des anticipations : «(...) la rationalité des actions exige (...) la conformité de l ensemble des aspects pertinents de la conjoncture où elles sont nées avec la perception qu en avaient leurs auteurs. Cette conformité des perceptions - troisième élément caractéristique de l équilibre - conditionne l absence d incitation (...) à s écarter des représentations 3 Pour des travaux récents, voir notamment le numéro spécial de Recherches Économiques de Louvain (1989) ou le numéro de la Revue Économique (1995) consacré à l économie hors de l équilibre. 4 Pour cette même raison, les notions d optimum et d unicité de l équilibre ne seront pas directement abordées.

5 de l environnement entretenues auparavant» (DOS SANTOS FERREIRA, Page 401) WALRAS et MARSHALL associent systématiquement l équilibre à chacune de ces caractéristiques. Pourtant les concepts qu ils décrivent ont bien peu de points communs. L équilibre walrasien suppose un système clos de marchés interdépendants (équilibre général) et un processus d ajustement par les prix. Il est essentiellement abstrait, axiomatique, stable et «statique». Ce dernier adjectif reflète surtout la réalisation immédiate de l équilibre : le processus de tâtonnement a lieu avant l ouverture des marchés grâce au commissaire-priseur dont le rôle est d afficher les prix puis de centraliser l ensemble des offres et des demandes. L équilibre marshallien, suppose un bien homogène plus ou moins isolé des autres marchés (équilibre partiel) et un processus d ajustement par les quantités. Il est souvent qualifié de pragmatique, d instable et de «dynamique». Mais ce n est pas dans cette description des équilibres statiques (conçus comme les points fixes d un processus) que l essentiel des divergences entre MARSHALL et WALRAS est perceptible. C est dans l analyse de l interaction entre le temps et l équilibre qu elles apparaissent. Pour s en apercevoir, il est nécessaire d aller en amont de l équilibre et d analyser le processus qui conduit l économie vers ce point fixe. Il est également indispensable de se placer en aval et de voir l évolution de l équilibre au cours du temps. Plongeons d abord l économie en dynamique. Immédiatement, la condition de conformité des anticipations devient l exigence de leur exactitude. Dans le cadre walrasien, cette nouvelle nécessité n a aucune incidence sur la réalisation de l équilibre. Le recours à l existence d un système complet de marchés permet aux agents de faire - dès l instant initial - des choix intertemporels sur tous les biens présents et futurs, à des prix déterminés et connus de tous. Anticipations et réalisations ne se distinguent que d un point de vue conceptuel puisque l incertitude n existe pas 5. Cette absence d interaction entre le temps et l équilibre conduit à conserver son aspect statique à l analyse de WALRAS. 5 Il faut probablement distinguer ici entre le concept d équilibre walrasien, tel qu il est aujourd hui défini, des écrits de WALRAS eux-mêmes. En effet, la modélisation axiomatique de l équilibre walrasien intertemporel proposé par ARROW et DEBREU a sûrement conduit à affirmer la nature parfaite des anticipations des agents et à ignorer les questions de déséquilibre et de

6 «La portée réelle de l hypothèse en question [des anticipations parfaites dans le système d équations walrasien] est, donc, que les idées des individus concernant le futur sont telles que leurs actions conduisent exactement à l état qu ils avaient anticipé» (LINDAHL, Page 285) En dehors de ce cadre, le constat que des erreurs d anticipations ont été commises concernant des situations définitivement passées, ne peut conduire qu à réviser des plans virtuels (dont les fondements ne peuvent d ailleurs être qualifiés de naturel au sens où nous l entendrions sur un sentier stationnaire). C est ce choix que fait MARSHALL. Il conçoit les anticipations comme un élément fondamental du processus menant à l équilibre, dans la mesure où les actions, des offreurs et des demandeurs, sont dissociées dans le temps. Lorsque les producteurs établissent leur programme de maximisation, ils anticipent un prix d offre correspondant à la quantité qu ils décident de fabriquer. Mais le prix de demande effectif, qui est le prix auquel ils pourront effectivement écouler cette marchandise, n aura aucune raison d être égal au prix d offre anticipé. Dans ces conditions, il devient impossible de confondre anticipations et réalisations. Le temps s accompagne chez MARSHALL de l incertitude qui ôte à l existence de l équilibre le caractère systématique qu il possède chez WALRAS. prévisions. Ainsi, dans sa parabole du lac, WALRAS (1874) évoque davantage un cadre d anticipations rationnelles : «Finalement, afin de se rapprocher davantage de la réalité, nous devons abandonner l hypothèse d une période de marché annuelle et adopter à la place l hypothèse d un marché continu. De cette façon, nous passons de l état statique à la dynamique. [Ce marché continu], tend perpétuellement vers l équilibre sans jamais l atteindre réellement, car le marché n a pas d autre manière de s approcher de l équilibre que le tâtonnement et, avant que le but ne soit atteint, il doit renouveler ses efforts et recommencer de nouveau, toutes les données de base du problème, c est-à-dire les quantités initialement possédées, les utilités procurées par les biens et services, les coefficients techniques, l excès du revenu sur la consommation, les besoins en capital, etc., ayant changé entre-temps. Vu de cette manière, le marché est comme un lac agité par le vent, où l eau cherche de façon incessante son niveau sans jamais l atteindre. Mais tandis qu il y a des jours où la surface du lac est presque lisse, il n y a pas un seul jour où la demande effective de produits et de services est égale à l offre effective et où le prix de vente des produits est égal au coût des services productifs utilisés pour les fabriquer... Comme un lac est, certaines fois, secoué jusque dans ses profondeurs par un ouragan, le marché est parfois secoué de violents désordres par des crises, qui sont des perturbations de l équilibre, soudaines et générales. Plus nous saurons de choses à propos des conditions idéales de l équilibre, plus nous serons capables de contrôler ou de prévenir les crises.» (WALRAS, Section 322)

7 La condition de rationalité individuelle, exigée par la définition de l équilibre, doit également être précisée dans ce contexte dynamique. Dans le cadre walrasien, les anticipations sont nécessairement parfaites, puisque les agents sont supposés connaître l avenir et le fonctionnement de l économie, avec certitude 6. Mais la possibilité que les agents marshalliens puissent commettre des erreurs ne signifie pas qu ils soient irrationnels. Avec GROSSMAN (1981), DOS SANTOS FERREIRA (1989) s attache à démontrer le contraire. Bien plus, il soutient que les premières intuitions, de ce qui sera qualifié plus tard d anticipation rationnelle, se trouvent dans les écrits de MARSHALL 7 : «Bref, la rationalité des actions suppose des anticipations rationnelles ou, plus exactement rationnellement formées» 8. En effet, quel que soit l horizon sur Ceci ne change rien, par contre à la nature invariante de l équilibre. Au contraire, cette parabole est très claire à ce sujet. 6 Dans son article «From Walras s General Equilibrium to Hicks s Temporary Equilibrium», INGRAO (1989) rappelle que MORGENSTEN avait souligné, dès 1935, l incohérence qui existe entre l hypothèse d anticipations parfaites et celle de tâtonnement. Malgré sa pertinence, cette critique n est jamais évoquée. 7 Selon GROSSMAN (1981), les anticipations marshalliennes sont adaptatives à court terme et rationnelles en longue période. DOS SANTOS FERREIRA (1989) juge cette interprétation comme une lecture trop keynésienne des écrits de MARSHALL. Il considère que les anticipations marshalliennes sont systématiquement rationnelles, y compris dans le très court terme. 8 Elles n ont cependant pas la même signification que le concept standard d anticipations rationnelles. En effet, il faut rappeler avec GUERRIEN (1996) que les anticipations rationnelles désignent un cas particulier de prévision parfaite dans lequel il peut exister des évènements aléatoires mais où l anticipation est parfaite car elle est faite à partir des lois de probabilité effectivement suivies par les phénomènes étudiés. Des anticipations rationnelles ne conduisent pas systématiquement à des prévisions parfaites mais les erreurs effectuées ne peuvent être systématiques sans quoi les agents s en apercevraient et intégreraient cette information dans leurs calculs. La rationalité sous-jacente au concept d anticipations rationnelles est donc très forte puisqu elle suppose, en plus de l utilisation au mieux de l information disponible, la connaissance du vrai modèle de l économie (lois suivies à un facteur aléatoire près). Comme les anticipations rationnelles sont un cas particulier de prévisions parfaites, elles présentent les mêmes caractéristiques et notamment elles supposent l équilibre permanent et l auto-réalisation des croyances des agents.

8 lequel ils raisonnent (à long terme pour accroître leur stock de capital ou à très court terme pour vendre une marchandise non stockable), les agents fondent leurs décisions sur l exploitation au mieux de l information disponible et sur la représentation du mode de fonctionnement de l économie qu ils ont en tête (celle-ci peut concerner les mécanismes de marché, l évolution des prix ou encore la démographie et les mouvements migratoires ). Ils agissent donc rationnellement, tout en ne connaissant pas le vrai modèle de l économie. La conception du temps de WALRAS et MARSHALL conduit ainsi à décrire des agents très différents. Les uns sont entièrement responsables de leurs actions puisqu ils agissent en parfaite connaissance de cause (de sorte que l équilibre est nécessairement très proche de la réalité) tandis que les autres sont voués à un tâtonnement perpétuel au fur et à mesure qu ils corrigent leurs erreurs (ce qui signifie qu il peut exister des déséquilibres durables). Plaçons à présent l économie dans un cadre séquentiel et voyons de quelle manière le temps structure l équilibre. Dans ce but, nous pouvons considérer les trois périodes «étalon» qui se retrouvent généralement dans la littérature économique : celle de l échange pur ; celle du processus de production et celle du processus d accumulation. WALRAS s attache à toutes les aplanir pour faire du temps une seule et même période. Quand il traite de la théorie de l échange pur - que nous avons déjà évoquée -, il peut assez aisément conduire cet exercice : le seul processus existant est celui de la formation des prix tandis que l échange lui-même n est pas analysé. Mais deux difficultés apparaissent, dès qu il s intéresse au processus de production. La première a trait à la transformation des marchandises qui permet la production de nouveaux services ou produits par la combinaison de services ou produits existants. Pour surmonter la modification induite des conditions du marché, WALRAS précise que le processus de production est également établi par les agents avant l échange et qu il est représenté durant le tâtonnement par des bons. La seconde difficulté qu il doit dépasser réside dans la prise en compte du temps nécessaire à l exécution du processus de production. Là, WALRAS (1874) est contraint de faire «purement et simplement abstraction de ce délai (...)». C est d ailleurs la même attitude qu il adopte pour traiter le processus d accumulation de capitaux neufs (la production des biens de production nécessaires à la production des autres biens). Bien que la durée requise soit plus longue, il se place dans un cadre temporel suffisamment réduit pour que les conséquences de l accumulation, sur la production ultérieure d autres produits, puissent être négligées : la production de bien de production est instantanée et, elle aussi, est réglée au cours du tâtonnement par des bons. Nous sommes bien alors dans le cas d un équilibre atemporel, «statique» mais non stationnaire.

9 L approche marshallienne est strictement inverse. Tout au long des Principles of Economics, la nécessité de ne jamais dissocier le temps de l équilibre est soulignée : «Les marchés dépendent du temps dont disposent les forces de l offre et de la demande pour converger vers l équilibre aussi bien que de l aire sur laquelle elles peuvent agir. Et cet élément de Temps requiert pour l instant plus d attention que celui de l Espace. La nature de l équilibre lui-même et celles des causes par lesquelles il est déterminé dépendent de la longueur de la période sur laquelle le marché est considéré. Nous devrions trouver que si la période est courte, l offre est limitée par les stocks existants ; si la période est plus longue, l offre sera plus ou moins influencée par le coût de production du bien en question ; et si la période est très longue, ce coût sera lui même influencé par le coût de production du travail et des choses matérielles requises pour produire ce bien.» (MARSHALL, Pages ). La prise en compte de la durée incompressible de l échange et de la production oblige, selon MARSHALL, à découper le temps en quatre grandes périodes. Dans chacune d entre elles, le prix est gouverné par la relation entre la demande et l offre mais le contenu de l offre est modifié. A très court terme, pour la détermination des prix de marchés, il représente le stock disponible du bien en question. A court terme, pour la détermination des prix normaux (le terme Normal se référant ici à des périodes courtes de quelques mois ou d un an), l offre correspond globalement à ce qui peut être produit pour le prix en question étant donné le stock d équipement disponible. A moyen terme, pour la détermination des prix normaux (lorsque le terme Normal se réfère à des périodes longues de plusieurs années), l offre fait référence à ce qui peut être produit par un équipement qu il est lui-même rentable de produire et d exploiter pendant un temps donné. Enfin, à long terme, les déterminants des mouvements séculaires du prix normal sont causés par la croissance progressive de la connaissance, de la population, du capital et des changements de conditions de l offre et même de la demande : «Quand l offre et la demande sont sur un équilibre stable, si n importe quel accident déplace l échelle de production de sa position d équilibre, des forces rentreront immédiatement en jeu qui tendront à l y ramener (...). Mais dans la vie réelle, de telles oscillations sont rarement aussi rythmiques que celles d une pierre suspendue dans le vide à l aide d une ficelle (...). Par conséquent, l offre et la demande ne peuvent en pratique toutes deux demeurer inchangées pour une longue période de temps mais sont en changement constant ; et chacun de leur changement altère le montant d équilibre et le prix d équilibre, et donc donnent de

10 nouvelles positions aux centres autour desquels oscillent le montant et le prix.» (MARSHALL, Page 289) Nous sommes loin de l intertemporalité walrasienne puisque l équilibre que décrit MARSHALL y compris à long terme - est daté et localisé. Et dans chacune des quatre périodes qu il évoque, les anticipations sont fondamentales. En fonction de leur représentation du mode de fonctionnement de l économie, les agents définissent les variables à prévoir. Par exemple, pour anticiper leurs dépenses salariales à moyen terme et décider ensuite de leurs investissements, les producteurs prennent en compte le niveau du salaire courant mais également les mouvements migratoires éventuels, l orientation des enfants par leurs parents vers les secteurs offrant les meilleures rémunérations et l influence des fluctuations de l offre de travail qui en découlent sur le salaire. Pour décider du niveau de leur offre à court terme, ils considèrent le niveau de la demande et leurs anticipations sur la nature de la concurrence (nombre de producteurs) actuelle et à venir ou celles portant sur leur pouvoir de marché (capacité d imposer leur prix). Mais comme le souligne DOS SANTOS FERREIRA (1989), c est encore sur le très court terme que la spécificité des anticipations marshalliennes est la plus évidente. Le cadre d analyse est alors très proche de celui de l échange pur proposé par WALRAS, puisque l offre est limitée par les quantités disponibles. Pourtant ceci ne va rien ôter au caractère décisif des prévisions marshalliennes. Si une marchandise est stockable, les marchands fixeront le niveau de l offre en fonction de leurs anticipations sur l état à venir du marché. Si une marchandise est non stockable, il n est plus nécessaire d élaborer des prévisions portant sur les périodes futures. Il est cependant toujours indispensable de faire des anticipations sur le mode de fonctionnement réel des marchés. Dans la mesure où, il n existe pas chez MARSHALL de mode de centralisation de l information (comme commissaire-priseur walrasien), ni de connaissance parfaite de l économie, chaque agent décentralisé agit en fonction de ses connaissances «parfaites». Ce sont elles qui font qu il ne procédera à aucun achat et à aucune vente si le prix effectif est trop différent du prix qu il considère comme normal. Et c est parce qu il agit ainsi que le prix effectif ne s éloignera jamais trop du prix d équilibre. Des transactions peuvent donc avoir lieu à un prix différent du prix d équilibre dans la mesure où ce dernier est approché et non vérifiable. Elles peuvent également s effectuer à différents prix au cours de la période en raison du temps que prend l échange et donc de la possibilité

11 que le prix a de varier. Échanges et formation des prix constituent ici un même processus 9. Au contraire du concept d anticipations rationnelles standard, la réalisation de l équilibre chez MARSHALL n implique pas que toutes les prévisions soient réalisées (celles concernant la période de marché et celles concernant les périodes ultérieures). Seule la justesse des anticipations portant sur la période courante du processus de transactions est exigée. Les plans des agents ne sont donc que temporairement compatibles (et non indéfiniment) et les anticipations sur lesquelles ils fondent leurs offres et leurs demandes peuvent parfaitement être erronées. Autrement dit, il ne s agit pas d un d équilibre d anticipations rationnelles mais bien d un équilibre temporaire Ces notions d exploitation de l ensemble de l information disponible, que DOS SANTOS FERREIRA (1989) qualifie d anticipations rationnellement formées en présence d incertitude et de compétence des opérateurs, pourraient être rapprochées du concept de rationalité procédurale proposée par SIMON (1986) ou des travaux sur les routines décisionnelles. Le premier désigne la rationalité limitée non pas par l absence de rationalité des agents mais pas la contrainte qu ils ont de prendre des décisions qui leur paraissent les «meilleures» alors qu ils ne disposent pas de toute l information (monde «flou»). Les seconds insistent sur le fait que les agents ne s adaptent pas à un environnement complexe par des comportements de plus en plus complexes mais, a contrario, en adoptant des comportements routiniers (HEINER, 1983). De même DAY (1995) et LEIJONHUFVUD (1995) insistent sur les moyens développés par les individus pour appréhender le mode de régulation du système. Loin d avoir un comportement d optimisation intertemporel, ils fixent des règles et établissent des institutions stables qui leur permettent de définir des routines décisionnelles. 10 Il semble que la présentation académique de l analyse marshallienne en terme d équilibre partiel ait conduit à oublier sa pensée concernant l équilibre temporaire. L introduction de ce concept est plus généralement attribuée à HICKS, même si certains auteurs contestent cette paternité (DOS SANTOS FERREIRA (1989) lui préfère MARSHALL, INGRAO (1989) l attribue à LINDAHL (1939)).

12 I.2 La théorie du déséquilibre comme troisième voie? La détermination de toute variable d équilibre repose sur un premier choix fondamental entre approche temporaire et approche intertemporelle. Choisir la première, c est admettre que les anticipations représentent un des éléments fondamentaux de la vie économique qui conditionnent le niveau de l équilibre et sa réalisation. C est aussi choisir la voie de la complexité. D une part, les anticipations constituent une grandeur floue variant avec les circonstances de sorte qu il n est pas possible de les appréhender en faisant exclusivement référence aux fondamentaux de l économie (ce qui aurait pour avantage de leur donner une forme relativement précise et immuable). Il est donc nécessaire de prendre en compte - en plus des éléments observables des variables telles que l «amour du jeu», les comportements routiniers, le «climat des affaires», la capacité de l État à réduire l incertitude (par les grands projets menés, par la distribution des revenus qu il assure, par les règles qu il édicte ). D autre part, les anticipations et l incertitude peuvent mettre à mal l existence même de l équilibre. Premièrement, si l ensemble des agents demande simultanément un même bien parce qu ils anticipent tous que son prix va augmenter, l insuffisance de l offre empêchera la réalisation de l équilibre temporaire. Ce dernier suppose donc la diversité des anticipations (au contraire des anticipations rationnelles). Deuxièmement, les agents peuvent parvenir à la banqueroute, soit parce qu ils ont fait des choix erronés, soit parce qu ils ont décidé de se mettre volontairement en situation d endettement maximum. Afin d éviter ce cas de figure, il est nécessaire de supposer l existence de systèmes de sanctions (GUERRIEN, 1989). Malgré ces difficultés, c est cette voie qu ont choisi KNIGHT, LINDAHL, HICKS et qui marque la pensée de KEYNES. Pour qualifier cette dernière, INGRAO (1990) parle d ailleurs de «théorie générale de l incertitude». Pourtant, beaucoup de keynésiens ont négligé cet aspect (LEIJONHUFVUD, 1968). A cet égard, HICKS apparaît comme un personnage ambigu 11. D un côté, son œuvre est suffisamment marquée par le concept d équilibre temporaire pour que sa paternité lui soit attribuée. De l autre côté, il 11 Dans un article récent, DE VROEY (1999) le qualifie d ailleurs de «brouilleur de cartes» et écrit : «HICKS a le défaut d avoir hésité entre WALRAS et MARSHALL et d avoir pensé qu il était possible de prendre chez l un et l autre de ces auteurs ce qu il aimait tout en reléguant ce qu il y trouvait de non valable. Selon moi, une telle synthèse ne devrait pas être entreprise» (DE VROEY, Page 80)

13 fait disparaître toute notion d incertitude du modèle IS-LM qu il propose en 1936 et qui fonde la Synthèse néoclassique. Ainsi, il pose le taux d intérêt comme le prix égalisant l offre et la demande de monnaie et non comme la récompense au renoncement de la thésaurisation et il réduit l efficacité marginale du capital au taux d intérêt nominal (KEYNES (1937), JABKO (1990)). Opter pour un cadre intertemporel, c est admettre que tout déplacement de l économie au-delà de la courte période est un déplacement de l équilibre. Dans ces conditions, les variables d équilibre restent nécessairement très proches des variables effectives et les agents sont obligatoirement responsables puisqu ils ont rationnellement fait leur choix. Les développements modernes des travaux portant sur la notion d équilibre ont tendance à préférer cette approche. Il est vrai qu elle présente plusieurs avantages. Elle autorise une rationalisation des problèmes et un recours aux instruments mathématique et économétrique à des fins d application. Elle permet de calculer un ensemble d indicateurs économiques susceptibles de servir d aides à la décision (niveau d équilibre des taux d intérêt, distinction entre chômage transitoire et chômage d équilibre ). Ainsi que le note GAFFARD (2000), elle est capable de mimer la réalité et «acquiert cette capacité de rendre intelligible, dans les termes du langage qui lui sont propres, n importe quelle situation observable», y compris avec la théorie des cycles réels, les fluctuations de l activité économique qui jusqu à présent étaient conçus comme des écarts à l équilibre. Mais si elle fournit indéniablement des éléments de réflexion essentiels, sa portée reste très limitée. Comme l écrit LEIJONHUFVUD (1995) : «Ainsi donc, les économistes ont développé une armada fantastique de méthodes d optimisation. Ces méthodes sont en réalité très utiles pour traiter d une large variété de problèmes. Mais l optimisation peut être appliquée seulement si toutes les conséquences des actions alternatives peuvent être sérieusement dressées à l avance ( ). La violation de la Complexité Hiérarchique réside dans cette hypothèse que l agent économique représentatif comprend complètement son environnement, c est-à-dire, comprend complètement le système d ordre supérieur auquel il appartient. Dans de tels modèles, il n y a pas de place pour la véritable surprise ou pour l émergence de phénomènes et par conséquent pas de besoin réel des mécanismes de marché ou d autres formes d adaptation décidées. ( ) Et, bien sûr, pas besoin d économistes». (LEIJONHUFVUD, Page 1499)

14 Entre ces deux lectures opposées d une même réalité économique, se dessine un gouffre infranchissable. Certains parlent de «no bridge». Pourtant, par plusieurs aspects, la théorie des équilibres temporaires à prix fixes apparaît comme une troisième voie, empruntant aux analyses de MARSHALL et de ses successeurs, les notions d incertitude, d anticipations et de déséquilibre et à l analyse axiomatique de l approche walrasienne sa formulation mathématique et ses fondements microéconomiques. Cette alternative est séduisante. Pour juger sa pertinence, il est plus aisé de comparer la théorie des équilibres à prix fixes à celle de KEYNES, puisque la première affirme aller au-delà de la seconde, laquelle est fondée sur le rejet du cadre intertemporel. Développée sous l impulsion initiale de CLOWER (1965) et LEIJONHUFVUD (1968), l approche des équilibres temporaires reconnaît le déséquilibre comme une caractéristique majeure du fonctionnement des économies décentralisées Développée sous l impulsion initiale de CLOWER (1965) et LEIJONHUFVUD (1968), cette approche reconnaît le déséquilibre comme une caractéristique majeure du fonctionnement des économies décentralisées 12. Elle fonde cette affirmation en prenant comme postulat fondamental la contestation de l hypothèse de parfaite flexibilité des prix à court terme : les prix sont fixés pour la période étudiée mais peuvent bouger d une période à l autre. Cette non-flexibilité empêche alors les prix de s ajuster automatiquement à leur valeur walrasienne pour laquelle l offre est égale à la demande sur tous les marchés. En outre, la théorie des équilibres temporaires à prix fixes va au-delà du raisonnement de KEYNES en intégrant les aspects de l offre qu il avait négligés et qui ont conduit à confiner son analyse au court terme (le niveau de la production est déterminé par la demande de biens et les contraintes de rentabilité qui limitent l offre ne sont pratiquement pas prises en compte). Au total, l ambition de cette théorie est double : d une part, décrire le fonctionnement des marchés lorsque les prix n égalisent pas systématiquement l offre et la demande et rendre compte de la diversité des situations envisageables qui en découle (notamment l existence d équilibres de sous-emploi avec chômage involontaire) et d autre part, étudier les fondements micro-économiques de la macroéconomie (PICARD, 1985). 12 Ne parle-t-on pas d ailleurs de théorie du déséquilibre?

15 Pratiquement, en l absence de commissaire-priseur walrasien organisant un tâtonnement sur les prix préalable à la réalisation des échanges, ceux fixés n égalisent spontanément les offres et les demandes globales. Dans ces circonstances, si les agents effectuent immédiatement des transactions, elles laisseront subsister - dans la grande majorité des cas - des déséquilibres. Leur connaissance (théorique) constitue pour les agents des contraintes quantitatives qui s imposent à eux, limitent leurs transactions et dont ils vont se servir pour reformuler leurs propositions d échanges. Les prix ne sont plus alors l unique vecteur par lequel l information est transmise aux agents : le tâtonnement se fait également sur signaux-quantités. Loin de faciliter la tâche du commissaire-priseur, cette hypothèse la rend plus délicate puisque c est lui qui doit définir les règles de rationnement (sachant qu il peut en exister une infinité) qui vont rendre compatibles les plans des agents. Ce processus conduit à distinguer avec CLOWER les transactions désirées ou notionnelles - fonction du seul vecteur de prix - des demandes effectives qui tiennent compte de l information que constituent les contraintes quantitatives. Ce processus (virtuel) se déroule alors jusqu à ce que les agents ne modifient plus leurs plans, bien qu ils sachent qu ils ne seront que partiellement exécutés (K équilibre). Comme dans le cas de la concurrence parfaite, aucun déséquilibre effectif n est observable puisque aucune transaction n est réalisée avant l obtention de la situation satisfaisante. D un point de vue plus appliqué, les travaux de MALINVAUD tendent également à faire admettre la théorie des équilibres temporaires à prix fixes comme la troisième voie. Ainsi, dans son ouvrage de 1983, «Essais sur la théorie du chômage», il s intéresse au lien entre profitabilité et niveau de l emploi. Il mêle régulièrement cadre walrasien et anticipations, équilibre économique et profitabilité. Il souligne la nécessité de réfléchir aux indicateurs de profitabilité, à la modélisation des anticipations, au rôle fondamental de l investissement Mais aussi stimulant que soit ce courant, il est indispensable d en relativiser l apport. Ainsi, dès le début de son ouvrage Théorie du déséquilibre et politique économique, PICARD (1985) écrit : Selon notre hypothèse, une part importante des dérèglements que connaissent aujourd hui, à des degrés divers, les économies occidentales, pourrait être expliquée par la déficience de ce mécanisme régulateur que constitue la flexibilité des prix et des salaires (PICARD, Page 8)

16 Cette citation rappelle qu il existe, pour les théoriciens des équilibres temporaires à prix fixes, un postulat plus fondamental que celui de la rigidité des prix : la supériorité de l approche de WALRAS. En effet, si le mode de formation des prix et des salaires reposait sur une flexibilité parfaite, l économie tendrait selon eux - naturellement vers un équilibre général walrasien 13. Or KEYNES s est toujours opposé à cette idée. C est même pour la combattre qu il a dessiné une nouvelle théorie. De même, l analyse marshallienne de l équilibre temporaire se trouve totalement évincée. Ainsi, tout en soutenant que cette approche constitue le cadre adéquat à l étude du lien entre profitabilité et chômage et qu elle se révèle un instrument précieux pour définir des mesures de politiques économiques, MALINVAUD (1983) précise que son domaine de validité se limite aux cas où les déséquilibres (offres ou demandes excédentaires) sont faibles, c est-à-dire au voisinage de l équilibre walrasien. Dans tous les autres cas, la théorie des équilibres temporaires à prix fixes reconnaît que le mécanisme de concurrence par les prix jouerait, y compris à court terme (CODDINGTON, 1978). En outre, la démonstration de l existence d équilibres de sous-emploi (avec chômage involontaire) qu elle conduit en adoptant le point de vue néoclassique de l individualisme méthodologique, repose sur un léger aménagement du cadre de la concurrence parfaite (GUERRIEN, 1989). Ainsi, l existence du multiplicateur est démontrée en recourant aux effets de report des rationnements qui sont liés à la nonflexibilité des prix : lorsque sa contrainte de rationnement est desserrée, l agent augmente ses offres et ses demandes ce qui desserre la contrainte d autres agents Ce raisonnement est bien loin des propos de KEYNES. En supposant implicitement l existence d un système complet de marchés, la théorie des équilibres temporaires à prix fixes ignore ici l incertitude qui est au cœur de l approche keynésienne (et a fortiori 13 MALINVAUD (1983) ajoute toutefois une précision. Soit, on utilise un modèle simple (comme son modèle de 1983) et alors la flexibilité des prix ne suffit pas à la réalisation de l équilibre walrasien (sauf par hasard) car il n y a aucune raison pour que la production de plein-emploi soit égale à la production de pleine utilisation des capacités de production. Soit, on fait deux hypothèses supplémentaires : (1), il est toujours rentable de produire à pleine capacité et (2) l offre de travail peut se réduire en cas de taux de salaire trop bas mais la réalisation de l équilibre walrasien pourrait nécessiter des ajustements substantiels et irréalistes du système des prix.

17 de MARSHALL). Elle ignore également l une de ses conséquences essentielles : la monnaie. Certes celle-ci n est pas absente des modèles d équilibres à prix fixes, mais elle n est qu un bien qui donne une certaine utilité (un argument de la fonction d utilité) en procurant du bien futur. Autrement dit, la propriété essentielle de liquidité (et la préférence pour la liquidité qui en découle) que KEYNES accordait à la monnaie n est pas prise en compte (KEYNES (1936,1937)). De la même façon, la définition de la demande effective mentionnée ci-dessus est très différente de celle que KEYNES développe dans ses écrits. Enfin, le cadre d analyse de la théorie des équilibres à prix fixes reste celui de l optimisation intertemporelle puisque les décisions d allocation dépendent des signaux perçus pendant la période étudiée (sous forme de prix et de contraintes quantitatives) mais aussi des anticipations formées sur les valeurs futures des différents paramètres à partir d un schéma de l économie connu de l ensemble des agents.

18 II. LE TEMPS ET LA PRATIQUE ECONOMIQUE Les orientations de politique économique sont souvent conduites avec pour toile de fond une analyse de moyen terme. En France, la Direction de la Prévision, l INSEE ou encore l OFCE se prêtent chaque année à un exercice de prévisions à un horizon de 5 ans qui permet de fixer les grandes tendances à venir de l économie française et de ses principaux partenaires. Dans les organismes internationaux (OCDE, FMI, WEFA ) cette pratique est également courante. En outre, de nombreux guides de politique économique, qui font l objet d évaluations régulières, sont estimés à «moyen terme» : la croissance potentielle, les taux de change ou le taux de chômage d équilibre... LEIJONHUFVUD souligne d ailleurs l intérêt de cette période d analyse : «Les représentations analytiques du comportement en économie se situent aux deux extrêmes avec, d un côté, les modèles d optimisation sur un horizon infini (stochastique) qui constituent l état de l art aujourd hui et, de l autre côté, les modèles adaptatifs gouvernés par de simples effets de retour sans fondement rationnel particulier. Aucun de ces extrêmes n est particulièrement raisonnable. Les comportements dynamiques dans les modèles à horizon infini tendent à trop lisser et ceux sans mémoire ni anticipation adaptative tendent à être chaotiques trop facilement. Le monde réel se situe quelque part entre les deux». (LEIJONHUFVUD, Page 1504) Pourtant, cet exercice reste extrêmement délicat dans la mesure où le moyen terme n a aucun équivalent théorique précis. Le praticien qui travaille à l évaluation d un équilibre sur cet horizon hybride, doit donc assumer deux sources d arbitraires : le choix d un modèle théorique et le choix d un concept de moyen terme. II.1 Le moyen terme : un horizon normatif Dans les Principles of Economics, MARSHALL écrivait : «Il nous faut souligner la distinction déjà faite entre prix normal et prix moyen. La moyenne des prix de n importe quel ensemble de ventes peut être réalisée sur un jour ou une semaine ou une année ou n importe quelle autre période de temps ; ou il peut s agir de la moyenne des ventes à un instant donné sur de nombreux marchés ; ou il peut s agir de la moyenne de nombreuses moyennes. Mais les conditions qui sont supposées normales pour n importe quel ensemble de ventes ne sont pas exactement les mêmes que celles qui vont prévaloir pour les autres : et c est donc seulement par accident qu un prix moyen sera un prix normal ; c est-àdire le prix qu un ensemble de conditions données tendent à produire. C est

19 seulement dans un état stationnaire que le terme normal signifie toujours la même chose : c est là et seulement là que «prix moyen» et «prix normal» sont synonymes» (MARSHALL, Page 309), après avoir signalé : «Le fait que les conditions générales de la vie ne soient pas stationnaires est la source de nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés ceux qui cherchent à appliquer aux problèmes pratiques les doctrines économiques.» (MARSHALL, Page 289) En insistant sur le recours aux analyses «moyennes» auquel procèdent les praticiens pour combler leurs difficultés à connaître à chaque instant les résultats observables dans un cadre stationnaire, MARSHALL rappelle la distance infranchissable qui sépare ces deux niveaux d appréhension de la réalité. Une approche moyenne, et notamment de moyen terme, ne peut prétendre s apparenter à une approche normale. Elle est nécessairement normative et ce, même si elle est conduite à partir du vrai modèle de l économie. Dans leur article sur les taux de change d équilibre fondamentaux, BOROWSKI, COUHARDE et THIBAULT (1998b), soulignent que selon les cibles de moyen terme retenues pour les équilibres interne (niveau de la production potentielle) et externe (objectifs de balance courante), le diagnostic peut parfaitement passer d une surévaluation à une sous-évaluation pour un taux de change donné. Certes, ce constat ne poserait aucune difficulté si l ensemble des analystes s accordait sur le niveau de ces cibles. Mais tel n est pas le cas. En matière d objectifs de balance courante, la seule certitude est, qu à très long terme, ils doivent être nuls dans tous les pays 14. Cependant l application de cette hypothèse sur un horizon de politique économique conduit à réduire la période durant laquelle les mécanismes économiques sont susceptibles d œuvrer de sorte que les déséquilibres mis en évidence ne peuvent servir de référence lors des débats de politiques économiques et que les mesures qui devraient être appliquées pour les résoudre ne peuvent être considérées comme réalistes (encadré n 1). 14 Les difficultés liées à la détermination du rythme de croissance potentielle sont développées dans la suite de l article.

20 La difficulté devient alors d arbitrer entre crédibilité politique et fondements théoriques du discours. L horizon de moyen terme permet de doser entre ces deux contraintes. Mais son absence de contenu clair offre la possibilité de définir des concepts plus flous qui conduisent souvent à des évaluations sur «mesure» (il suffit pour s en rendre compte de comparer les évaluations existantes des cibles de croissance interne ou de balance courante). Ainsi, dans son article fondateur sur les taux de change d équilibre, WILLIAMSON (1994) propose de substituer aux cibles nulles, le concept intermédiaire de «niveau soutenable de la balance courante» qu il fonde sur une approche en termes de balance structurelle : le taux de change d équilibre doit permettre d égaliser le solde structurel du compte courant (i.e. une fois corrigé des fluctuations de court terme) aux flux de capitaux nets «normaux» 15. A moyen terme, les pays peuvent enregistrer des déséquilibres durables de leur compte courant, s'accompagnant inévitablement de flux de capitaux. 15 Normal n est pas ici employé dans le sens marshallien évoqué plus haut.

21 ENCADRE N 1 : RESULTATS POUR LA FRANCE AVEC CIBLES DE BALANCE COURANTE NULLES DANS LES 10 PAYS. Graphique n 1 : contribution des déséquilibres interne et externe à l écart du taux de change effectif réel du franc à sa cible 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution des 10 output gaps Mésalignement du TCE français 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution des 10 déséquilibres externes Mésalignement du TCE français Lecture du graphique : La courbe mésalignement du Taux de Change Effectif français représente le pourcentage de surévaluation (signe -) ou de sous-évaluation (signe +) de la monnaie par rapport à sa valeur d équilibre. L autre série Contribution des 10 output gaps (respectivement des 10 déséquilibres externes) représente la part de cette sur ou sousévaluation du franc attribuée à la conjoncture (respectivement aux écarts aux cibles de balance courante) des dix économies modélisées. Source : BOROWSKI, COUHARDE et THIBAULT (1998a) ( )

22 ENCADRE N 1 (SUITE) Graphique n 2 : contribution des déséquilibres français interne et externe à l écart du taux de change effectif réel du franc à sa cible 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution de l'output gap français Mésalignement du TCE français 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution du déséquilibre externe français Mésalignement du TCE français Lecture du graphique : La courbe mésalignement du Taux de Change Effectif français représente le pourcentage de surévaluation (signe -) ou de sous-évaluation (signe +) de la monnaie par rapport à sa valeur d équilibre. L autre série Contribution de l ouput gap français (respectivement du déséquilibre externe) représente la part de cette sur ou sousévaluation du franc attribuée à la conjoncture (respectivement à l écart à la cible de balance courante) nationale. Source : BOROWSKI, COUHARDE et THIBAULT (1998a)

23 Aussi, la détermination d'un niveau souhaitable de la balance courante impose d estimer un stock désiré d'actifs internationaux, ce qui soulève une série de questions. En premier lieu, comme l'analyse considère des ajustements de moyen terme, les allocations d actifs de nature spéculative induites par des différentiels de taux d'intérêt ou des anticipations de mouvements de change sont ignorées. On suppose ainsi qu'à moyen terme, les taux d'intérêt réels et nominaux ont atteint leur valeur d'équilibre de long terme. Une telle hypothèse n'est pas neutre puisqu elle signifie qu à cet horizon, le taux d intérêt n est plus un instrument d ajustement 16. Par conséquent, seuls les mouvements «structurels» de capitaux sont pertinents. Ils ne peuvent être, cependant, déterminés à partir d'un simple examen de la balance des paiements : les opérations de long terme qui y sont retracées ne correspondent pas nécessairement à des capitaux structurels (des flux de nature spéculative peuvent très bien figurer dans des mouvements de capitaux de long terme). C'est pourquoi WILLIAMSON relie le niveau «souhaitable» du compte courant à la position extérieure nette, compatible avec la maturité économique et les caractéristiques démographiques du pays. Ainsi les pays industrialisés connaissent un taux d épargne d autant plus élevé que leur population active est importante 17 et peuvent, en fonction du niveau de leur épargne globale, exporter plus ou moins de capitaux vers les pays moins développés dont les besoins d'investissement sont plus importants. WILLIAMSON suggère en outre d'appliquer, pour chaque pays déficitaire, la règle traditionnelle de soutenabilité qui consiste à stabiliser le ratio de la dette sur le PIB à un niveau donné. Un déficit courant qui vérifierait cette règle serait jugé soutenable et pourrait continuer à être financé par des entrées de capitaux Cette situation n est pas incompatible avec l approche des taux de change d équilibre développée dans le cadre de la théorie des zones cibles. Dans la mesure où les bandes de fluctuation des changes sont suffisamment étroites, la politique monétaire perd toute son autonomie en raison du triangle d incompatibilité de MUNDELL (WREN-LEWIS, 1992). 17 Conformément à la théorie du cycle de vie, les individus épargnent durant leur vie active et consomment cette épargne une fois à la retraite. 18 Toutefois cette règle ne garantit pas la compatibilité internationale des niveaux de compte courant. Il convient donc de s assurer, en dernier lieu, que les déficits des uns compensent les excédents des autres en ajustant à la baisse, si nécessaire, les excédents des pays créditeurs.

24 Il suffit alors de comparer les résultats émanant des différents articles ayant eu lieu sur ce thème pour se rendre compte de l arbitraire exercé concernant la définition des niveaux souhaitables, le niveau des mouvements structurels (BARREL et WREN- LEWIS (1989), WILLIAMSON (1994) ). Ceux de BOROWSKI, COUHARDE et THIBAULT (1998a) - pour la France - sont présentés dans l encadré n 2. C est d ailleurs pour limiter ce même arbitraire que la Commission Européenne s interroge actuellement sur le contenu qu il faut donner au concept de «moyen terme» afin d interpréter la notion de «solde budgétaire équilibré ou excédentaire à moyen terme» présente dans le Pacte de Stabilité. Car au-delà d un débat sémantique, c est bien de décisions de politique économique dont il est question.

25 ENCADRE N 2 : RESULTATS POUR LA FRANCE AVEC JEU DE CIBLES ALTERNATIVES DANS TOUS LES PAYS. Graphique n 3 : contribution des déséquilibres interne et externe à l écart du taux de change effectif réel du franc à sa cible 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution des 10 output gaps Mésalignement du TCE français 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution des 10 déséquilibres externes Mésalignement du TCE français Lecture du graphique : La courbe mésalignement du Taux de Change Effectif français représente le pourcentage de surévaluation (signe -) ou de sous-évaluation (signe +) de la monnaie par rapport à sa valeur d équilibre. L autre série Contribution des 10 output gaps (respectivement des 10 déséquilibres externes) représente la part de cette sur ou sousévaluation du franc attribuée à la conjoncture (respectivement aux écarts aux cibles de balance courante) des dix économies modélisées. Source : BOROWSKI, COUHARDE et THIBAULT (1998a) ( )

26 ENCADRE N 2 (SUITE) Graphique n 4 : contribution des déséquilibres français interne et externe à l écart du taux de change effectif réel du franc à sa cible 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution de l'output gap français Mésalignement du TCE français 0,15 0,1 0,05 0-0,05-0,1-0,15-0,2-0,25-0,3-0, q4 1988q2 1988q4 1989q2 1989q4 1990q2 1990q4 1991q2 1991q4 1992q2 1992q4 1993q2 1993q4 1994q2 1994q4 1995q2 1995Q4 1996Q2 1996Q4 1997Q2 Contribution du déséquilibre externe français Mésalignement du TCE français Lecture du graphique : La courbe mésalignement du Taux de Change Effectif français représente le pourcentage de surévaluation (signe -) ou de sous-évaluation (signe +) de la monnaie par rapport à sa valeur d équilibre. L autre série Contribution de l ouput gap américain (respectivement du déséquilibre externe) représente la part de cette sur ou sousévaluation du franc attribuée à la conjoncture (respectivement à l écart à la cible de balance courante) nationale. Source : BOROWSKI, COUHARDE et THIBAULT (1998a)

27 II.2 Le moyen terme : un horizon encourageant la minimisation des déséquilibres Ce développement des concepts de moyen terme est généralisable au calcul de l ensemble des indicateurs de politique économique. Concernant les écarts de PIB par exemple, les méthodes d estimation se sont multipliées ces dernières années (voir notamment, BOCCARA et alii (1996), DOZ et SOBZACK (1994)). Les approches traditionnelles, reposant sur la détermination d une croissance potentielle de long terme 19, ont peu à peu été écartées au profit des méthodes de lissage (moyenne mobile, filtre de HODRICK-PRESCOTT (1980) ) qui fournissent nécessairement des écarts de PIB stationnaires (et donc une croissance potentielle égale à un lissage de la croissance effective). C est d ailleurs ce processus de minimisation des déséquilibres qui constitue, selon nous, le danger principal des travaux menés à cet horizon. Un retour sur les performances françaises durant la décennie quatre-vingt-dix suffit à l illustrer. Pour qualifier ces dernières années, les analyses de politique économique parlent souvent de «déception». Comme le soulignent MORIN et THIBAULT (1998), cette affirmation ne signifie pas seulement prendre acte d une performance insuffisante. C est aussi suggérer que d autres résultats eussent été possibles ; qu à partir d une situation initiale donnée, il peut exister une multiplicité de trajectoires «d équilibre». L éventualité qu une croissance tendanciellement plus forte aurait pu être atteinte durant cette décennie, notamment via une conduite plus appropriée de la politique économique, est évoquée. Si des choix politiques forts ont été faits durant cette période dont la pertinence peut-être discutée (et notamment le rattachement du franc au mark), cette «déception» pose également le problème important des règles et des instruments sur lesquels se fonde la politique économique. L écart de PIB évoqué plus haut est l un d entre eux. Il indique le degré d efficacité d une politique keynésienne et éventuellement la conduite à observer dans le champ 19 «Le PNB potentiel est un concept d offre, une mesure des capacités productives. Mais il ne mesure pas quel volume de production pourrait être généré par des montants illimités de demande agrégée. La Nation serait probablement plus productive dans le court terme avec des pressions inflationnistes sur l économie. Mais la cible sociale de production maximum et d emploi est contrainte par un désir social de stabilité des prix et de libre concurrence. L objectif de plein emploi doit être compris comme la production maximale qui peut être atteinte sans pression inflationniste ou, plus précisément, comme un point d équilibre entre plus de production et plus de stabilité, avec un regard approprié sur l appréciation sociale de ces deux objectifs.». (OKUN, 1963)

28 de la politique monétaire. Celui qui est estimé dans le tableau n 1 repose sur un taux de croissance potentielle de 2,2 % par an pour les années quatre-vingt-dix, ce qui aurait constitué à la fin de la décennie quatre-vingt le scénario bas d une projection de moyen terme (en 1990, le rythme de progression du PIB marchand prévu pour la période était de 3.1% selon l OFCE, 2.8% selon l INSEE (modèle AMADEUS), 3.5% selon HERMES et 2.9% pour le GAMA (Commissariat Général du Plan, 1990)). Le choix de ce rythme de 2.2% est motivé par deux arguments. Le premier est l absence d événements majeurs susceptibles de justifier une rupture du rythme de croissance tendanciel de 2.4% enregistré par la France au cours de la décennie quatre-vingt. Les années 1988 et 1989 ayant été marquées par une certaine sollicitation des facteurs de production (DRÈZE et MALINVAUD, 1994) leur fort taux de croissance n a pas été retenu pour prolonger la série de production potentielle. Le second argument qui motive ce choix est son accord avec la méthodologie usuelle des calculs de taux de croissance potentielle (Direction de la Prévision, INSEE...). Ce dernier est égal à la somme de la croissance de l emploi soutenable et de la productivité du travail. Concernant la première, on pouvait admettre à la fin des années quatre-vingts, que la population active était appelée à croître moins au cours de la décennie suivante (0,4 % contre 0,6 % par an). Concernant le rythme de productivité, il n y avait pas de raison d infléchir la tendance de 1.8% observée sur longue période (Equipe de projection à moyen terme de l INSEE, 1996). Au total, une telle évaluation de l écart de PIB aurait sûrement favorisé une orientation différente des politiques économiques. D une part, parce que si la croissance potentielle est de 2.2%, alors la France connaissait en 1997 un output gap de l ordre de -4.6 points. D autre part parce que le retard au «potentiel» de croissance se prend au début des années quatre-vingt-dix et se maintient ensuite. Or, il faut rappeler que ce scénario d une croissance potentielle à 2.2% serait apparu à la fin des années quatre-vingt comme très modéré. Pour certains, la croissance potentielle d une économie comme la France est nécessairement supérieure à ce chiffre en raison notamment d une surestimation du taux de chômage d équilibre de moyen terme sur lequel il repose. Du même coup, le taux de croissance de l emploi soutenable, l output gap et le volant conjoncturel du chômage seraient plus élevés et la politique économique resterait inappropriée.

29 Tableau n 1 : calcul d un output gap de moyen terme Niveau du PIB (1) Niveau du PIB potentiel (2) Écart (3) Output gap ,0 100,0 +1,5% ,8 102,2 1,4% 0,1% ,0 104,4 2,3% -0,8% ,7 106,7 5,6% -4,1% ,5 109,1 5,1% -3,6% ,8 111,5 5,1% -3,6% ,9 113,9 6,1% -4,6% ,4 116,5 6,1% -4,6% Lecture du tableau : Le déficit de croissance de moyen terme (3) est égal à [PIB effectif (1) -PIB potentiel (2)]/PIB potentiel (2). Selon les Perspectives Economiques de l OCDE, l écart de PIB français était égal à +1.5% en 1990 (avec un taux de chômage d équilibre sous-jacent de 9.5%). En supposant ce niveau validé, il suffit pour calculer l output gap de moyen terme (4) de retrancher 1,5 au déficit de croissance estimé (3). Source : MORIN et THIBAULT (1998). (4) Plusieurs éléments peuvent expliquer que cette grille de lecture n ait pas été retenue. Mais il est difficile de passer outre le recours de plus en plus fréquent aux méthodes de lissage. Dans la mesure où elles reposent sur l hypothèse fondamentale que l écart de PIB est intégré d ordre 0 sur un horizon compris entre 5 et 10 ans, des situations de récessions ou de reprises prolongées deviennent impossibles. Les premières disparaissent dans une diminution de la croissance potentielle et les secondes dans une augmentation. Et à chaque fois, l écart de PIB apparaît plus réduit. Comme nous l avons souligné dans la partie précédente, ces méthodes crédibilisent le discours du praticien. Mais elles ont l inconvénient de reposer sur une conception très stricte de l équilibre économique. Certes, une période de faible croissance est susceptible de laisser des traces durables : la pénurie de capacités causée par la crise peut annihiler une reprise de l activité (phénomènes d hystérésis...) ; il peut exister des anticipations autoréalisatrices... mais ceci signifie-t-il réellement que les potentialités de l économie ont été réduites et que le chômage «d équilibre» a augmenté? Dès 1963, OKUN insistait sur les difficultés de mesure de cette variable : «La quantification de la production potentielle - et de la mesure l accompagnant de «l écart entre effectif et potentiel» - est au mieux une estimation incertaine et non une mesure ferme, précise». (OKUN, 1963)

30 Supposons que ce résultat soit ensuite utilisé pour définir la politique monétaire, comme c est le cas avec une règle de TAYLOR (1993) 21 dont la forme la plus usuelle est définie par la relation (1). L aspect normatif de la détermination de l écart de PIB est alors directement transmis au calcul du taux d intérêt nominal. Très souvent d ailleurs, les travaux portant sur cette règle vont même plus loin dans leur conception de l équilibre comme une «moyenne de la réalité» puisque le taux d intérêt réel neutre qu ils utilisent, en l absence de fondement théorique précis, est généralement égal au taux de croissance potentielle (donc tendancielle si les méthodes de filtrage sont privilégiées) et leur cible d inflation correspond à l inflation moyenne! Enfin, les anticipations d inflation étant souvent difficiles à évaluer, elles sont généralement approchées par l inflation courante. a (1) r T = r* + p (y - y*) ( p - p * ) avec a r : le taux d intérêt nominal p : l inflation anticipée p : l inflation y - y* : l output gap p * : la cible d inflation r* : le taux d intérêt réel neutre (égal à la croissance potentielle de l économie) La boucle est alors bouclée. Partant d une situation de récession durable, l estimation de l écart de PIB avec une méthode de filtrage fournira un déséquilibre peu important (tantôt négatif et même tantôt positif) et une croissance potentielle réduite. Ces estimations seront alors utilisées pour définir la règle monétaire qui conduira nécessairement à «brider» l économie dans la mesure où l output gap sera faible, l inflation visée proche de l inflation courante et le taux d intérêt neutre égal à la croissance moyenne de l activité. Une telle démarche ne peut que retarder durablement la reprise. In fine, l absence de relance monétaire ou budgétaire confirmera alors nécessairement la pertinence des instruments utilisés puisque les performances macro-économiques continueront d être médiocres. Ces propos font 21 En 1993, TAYLOR propose une règle de politique monétaire pour les ÉTATS-UNIS, découlant de la minimisation d une fonction de perte, et retraçant assez fidèlement la fonction de réaction des autorités monétaires américaines entre 1987 et Sa simplicité a assuré son succès et elle est actuellement utilisée dans de nombreux organismes (Goldman Sachs, OCDE, Direction de la Prévision...).

31 échos à ceux de LEGENDRE (1998) qui regrette «la fiction selon laquelle les tensions inflationnistes pourraient rapidement ressurgir». Face à la succession de chocs importants survenus ces 20 dernières années (choc pétrolier, désinflation compétitive, chocs de taux d intérêt...), il semble que le praticien ait été confronté à une alternative : estimer une variable d équilibre en faisant explicitement référence à des normes de long terme et obtenir des écarts à l équilibre suffisamment forts pour paraître inexploitables ou estimer cette même variable d équilibre en faisant l hypothèse qu elle ne s éloigne jamais durablement de la réalité ce que permet la référence au moyen terme. A compter de ce moment, les guides de politique économique n ont plus eu pour fonction de définir des écarts à l équilibre mais plutôt de modéliser les déterminants des marges de manœuvre jugés acceptables par la sphère politique et économique. Cette approche prudentielle n est pas préjudiciable en soi : c est une attitude de bon sens mais il importe alors de souligner que la notion d équilibre correspondante est très limitée. Il est également nécessaire de réfléchir à la manière dont nous devons employer ces instruments. Car l interprétation que nous pouvons faire de la réalité économique et les orientations de politiques économiques engageant l avenir que nous définissons, dépendent étroitement de la grille d analyse que nous choisissons. Comme nous l avons mentionné dans la partie précédente, cette lecture de l équilibre, dans un sens plus réduit, se retrouve sur le plan théorique. Les travaux récents portant sur le concept d équilibre semblent avoir été «dévoyés». Ils ne sont plus utilisés pour interpréter des déséquilibres mais pour permettre de trouver des justifications au fait qu on n est jamais très éloigné de l équilibre. GAFFARD et PUNZO (1995) soulignaient à ce propos : «(...) les positions d équilibre, jusque là assimilées à des positions de repos ou à des comportements asymptotiques, ou de longue période, de l économie, ne sont plus distinguées des processus d ajustements censés y ramener ou en éloigner. En particulier, même les cycles des affaires et les irrégularités observées dans les séries économiques temporelles sont expliqués via un mécanismes d ajustement continu et parfait à un environnement économiques changeant, stochastiquement perturbé, par des agents économiques optimisateurs parfaitement rationnels. La conception sur laquelle tout cela repose rend la frontière sémantique entre les comportements d équilibre et de déséquilibre de plus en plus étroite, et de fait, dans le langage de l approche moderne, la distinction n est plus de mise» On aboutit alors à des processus de «changements équilibrés, sous la double présomption

32 que les agents adoptent des comportements d optimisation intertemporelle en réaction aux contraintes qu ils perçoivent, et que l offre et la demande sur les marchés évoluent en cohérence, l une avec l autre». (GAFFARD et PUNZO, Page 1383) Puisque l écart à l équilibre n est jamais excessif, il reste alors à rendre compte du déplacement de l équilibre. Naturellement, le rôle des rigidités réelles devient primordial. Mais, ceci n est vrai que parce qu auparavant on a accepté l idée que l équilibre est égal à la moyenne. En cas de récession prolongée, ceci est probablement rassurant à court terme mais ceci l est beaucoup moins à un horizon plus lointain : on peut se réjouir d un faible écart de PIB ou d un enrichissement de la croissance en emploi mais moins d un ralentissement continu du potentiel de l économie. On peut se réjouir d une inflation modérée du fait d une politique monétaire «attentive» mais moins de faibles capacités de production. On assiste alors à une complémentarité entre les efforts des théoriciens pour faire de toute situation observable une situation d équilibre et ceux des praticiens qui tentent de combler l écart restant en ayant recours aux concepts de moyen terme adéquats.

33 CONCLUSION Les variables évaluées à partir d un concept d équilibre de moyen terme doivent permettre d éclairer les décisions de politique économique. Le nombre important d études discutant les méthodologies employées, proposant des indicateurs nouveaux ou suggérant des techniques d évaluation originales rappelle qu il n existe aucun cadre théorique et économétrique unifié. L équilibre et le moyen terme acquièrent ainsi un statut de termes génériques dont le sens est bien maigre en dehors de tout contexte spécifique. C est donc en amont du niveau obtenu d une grandeur d équilibre de moyen terme, dans la motivation de l ensemble des arbitrages exercés, que se situent les enseignements les plus riches. Au premier rang de ces choix se trouve la définition du lien entre le temps et l équilibre de moyen terme. Sur le plan théorique, elle suppose de sélectionner entre une approche intertemporelle et une approche temporaire. La première repose sur l absence de lien entre le temps et l équilibre économique (les agents sont rationnels et ont une parfaite connaissance du mode de fonctionnement de l économie-monde). Elle est peu complexe (dans le sens où chaque action découle d un programme de maximisation qu il est possible d écrire et de résoudre) mais elle permet de nombreuses applications empiriques. Elle conduit à mettre l accent sur les rigidités réelles (dans la mesure où les individus agissent en connaissance parfaite, leurs actions sont volontaires) et à évaluer des écarts à l équilibre peu importants. La seconde insiste sur l incertitude comme fondement de l économie-monde et sur le rôle fondamental des anticipations «rationnellement formées». Elle est très complexe (puisqu elle doit tenir de compte de l idée que les agents ont du futur, des éléments qui les ont conduits à élaborer de telles perspectives et des conséquences que celles-ci vont avoir sur leur comportement) de sorte que ses applications restent limitées 22. Elle conduit à souligner le rôle de la monnaie et de l État comme réducteur des incertitudes. 22 Il pourrait être amusant de faire le parallèle entre ces approches de l équilibre l une très complexe et l autre moins et les notions de rationalité limitée ou de comportements routiniers évoquées plus haut. Après tout, si nous supposons que dans un environnement complexe les agents rationnels optent pour des comportements routiniers ou des règles stables alors nous pourrions concevoir le cadre de l équilibre intertemporel comme une simplification de l équilibre

34 Sur le plan empirique, la politique économique s accommode mal des seuls horizons théoriques de référence. Elle oblige généralement le praticien à travailler sur une période hydride sans définition précise : le moyen terme. Il lui faut alors choisir le laps de temps auquel il souhaite se référer, adapter les approches théoriques existantes et déterminer les instruments économétriques adéquats. Cette latitude permet plus de «réalisme» mais risque d encourager la minimisation des déséquilibres et de transformer les variables d équilibre de moyen terme en instruments de justification ex post des décisions prises. En gardant en mémoire ces éléments de cadrage, la plupart des résultats proposés dans la littérature sur le chômage d équilibre, la croissance potentielle, les taux de change deviennent plus aisément interprétables : de faibles déséquilibres ne reflètent pas nécessairement une meilleure compréhension des mécanismes économiques mais des choix théoriques et économétriques spécifiques. En permettant de tracer ex ante autour du niveau de la variable observée une aire des valeurs possibles de son niveau d équilibre, la grille de lecture proposée dans ce chapitre fournit une référence précieuse à l'étude de toute variable d'équilibre. Car c'est à l'aune seulement de cette aire qu'il devient possible de juger du sens de la valeur d'équilibre estimée. temporaire (qui serait le monde réel). Les économistes privilégiant l existence d un système complet de marchés et la rationalité des anticipations agiraient eux-mêmes de manière rationnelle (au sens de DOS SANTOS FERREIRA ou de SIMON) en contribuant à la définition de routines décisionnelles.

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