Revue de l Agence Qualité Construction numéro spécial batimat Photo Farum. BâTIMENTS PERFORMANTS
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- Aimé Germain
- il y a 10 ans
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1 Revue de l Agence Qualité Construction numéro spécial batimat 03 0 Photo Farum BâTIMENTS PERFORMANTS Quatre années de retours d expériences de l AQC spécial batimat 03
2 Photos non contractuelles édito Les brochures de l AQC sur les signes de qualité Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi Grenelle, et en concertation avec les organisations professionnelles concernées, les pouvoirs publics et l Ademe, l AQC a publié deux brochures d information Valoriser la qualité des bâtiments par un signe de qualité et Valoriser la qualité des compétences par un signe de qualité. Ces documents exposent les avantages des démarches volontaires de reconnaissance de la qualité des ouvrages ou des compétences, au moyen des signes de qualité: marques de certification, appellations, labels Pour une meilleure qualité, l enjeu décisif des études Mieux vaut prévenir que guérir. Ce petit proverbe plein de bon sens dont regorge la langue française, a une traduction très simple dans le bâtiment : une réfle xion posée, construite et poussée le plus en amont d un projet est la base d une opération viable financièrement et techniquement à la réception, et durant la vie de l ouvrage. C est au démarrage d un projet que l on fixe les objectifs, la plupart des options techniques et que l on fait les principaux choix, alors qu une très faible part du coût de l opération est facturée mais que la plupart des dépenses sont en pratique engagées Il faut donc, avant d agir, prendre le temps nécessaire pour réfléchir aux objectifs, aux moyens, aux solutions, pour comparer et pour décider en pleine connaissance. Certains l oublient souvent en faisant des économies sur la réflexion, alors que ce sont les études qui apportent le plus d économies globales. Si l observation et l analyse des dysfonctionnements, non-qualités et désordres dans les bâtiments laissent supposer des défaillances d exécution, dans de très nombreux cas ils sont liées à une conception non aboutie voire inexistante, faute de moyens, faute de temps ou faute de références pratiques. Qui plus est dans une période où les moyens financiers se réduisent, il est donc essentiel que les maîtres d ouvrage - qu ils soient publics ou privés, petits ou grands - fassent l arbitrage de ne pas tronquer les temps et les budgets à allouer aux études des maîtres d œuvre, des entreprises ou des artisans. Dans la même logique, alors que de nouveaux concepts technologiques et procédés constructifs se développent aujourd hui pour répondre aux exigences de la transition énergétique (formalisée par le Grenelle Environnement), il est important de se donner les moyens de définir et formaliser les Règles de l art qui seront la référence pour maîtriser à la fois les dimensionnements de ces procédés et leur incorporation dans l ouvrage. Le Programme «Règles de l Art Grenelle Environnement 0» (RAGE0) joue un rôle majeur d accompagnement des professionnels en ce sens. Avec les orientations qu imposent la RT 0 et demain la RT 00, il est plus que jamais essentiel de préserver voire d améliorer les ressources d études, tant dans la maîtrise d œuvre que dans les entreprises, et ce quelque soit leur taille, afin de ne pas risquer d augmenter le nombre de pathologies et de devoir investir pour les guérir. Philippe Estingoy Ces brochures sont téléchargeables gratuitement sur le site Internet de l AQC à la rubrique «Nos Publications». Elles peuvent être également commandées en ligne. COLLECTION PROFESSIONNELLE OBSERVATOIRE DE LA QUALITÉ DE LA CONSTRUCTION Le numéro spécial Qualité Construction est édité par l Agence Qualité Construction. Celle-ci regroupe toutes les professions de la construction autour d une même mission : améliorer la qualité de la construction et réduire la sinistralité dans le bâtiment. Son statut associatif est le garant de son indépendance. Agence Qualité Construction 9 rue de Miromesnil, PARIS Tél. : Fax : [email protected] Directeur de la publication : Jacques Jessenne Directeur de la rédaction : Philippe Estingoy Rédactrice en chef : Gaëlle Darchen [email protected] Secrétaire de rédaction : Nawel Kajeiou [email protected] Rédacteurs : Alain Sartre, Pascal Poggi, Idir Zebboudj Conseils techniques : Erwan Bidan [email protected] Godlive Bonfanti [email protected] Christel Ebner [email protected] Frédéric Henry [email protected] Martin Guer [email protected] Conception graphique et maquette : Pascal Michot Impression : Abaco ZA Chemin de Messines Saint-André-les-Lille Communication/Promotion : Rose-Marie Favier/Corinne Jouanin [email protected] [email protected] Publicité : Sageret Marie-Lise Scordo 5, rue Saulnier, PARIS Tél. : Fax : Abonnements : «Qualité Construction Abonnement» 7 route des Boulangers 7896 Yvelines Cedex 9 Abonnement : 7 a les 6 numéros ( an) 7 a les numéros ( ans) 69 a les 8 numéros (3 ans) Commission paritaire n 065 G 8670 Imprimé à exemplaires AGENCE QUALITÉ CONSTRUCTION 9, RUE DE MIROMESNIL, PARIS TÉL.: FAX: [email protected] 3
3 sommaire numéro spécial batimat 03 BâTIMENTS PERFORMANTS 6 Quatre ans de retours d expériences par l Agence Qualité Construction CONCEPTION BIOCLIMATIQUE 0 Une démarche indispensable, mais encore balbutiante Photo non contractuelle ÉTUDE THERMIQUE 46 Des difficultés chez les utilisateurs ISOLATION PAR L'INTéRIEUR Toujours efficace, en construction neuve comme en rénovation ISOLATION PAR L'EXTéRIEUR 3 Bien maîtriser les systèmes disponibles Une information méthodologique et pratique pour les professionnels de chantier Collection des MÉMO CHANTIER et de leurs affiches La VMC double flux en neuf Carrelages collés en façade La VMC simple flux en neuf Sols carrelés Carrelage sur planchers chauffants Réfection des façades par revêtement d imperméabilité Couvertures en grands éléments Baies maçonnées pour menuiseries Réparations ponctuelles des bétons de façades Fondations de maisons individuelles Principes parasismiques en maison individuelle Isolation thermique par l extérieur Canalisations en matériaux de synthèse semi-rigides (PER, PB) Canalisations en cuivre (eau chaude, eau froide et chauffage) Enduit monocouche sur façades maçonnées Façades: protections contre les ruissellements Relevés d étanchéité sur terrasses béton Sols souples collés Couvertures ardoises et tuiles Remplacement des menuiseries extérieures Ces MÉMO CHANTIER sont téléchargeables gratuitement sur le site Internet de l AQC à la rubrique «Nos Publications». Ils peuvent être également commandés en ligne. PONTS THERMIQUES 4 De nombreux risques, mais des solutions sur le marché étanchéité à L'AIR 50 Une démarche globale collective SURCHAUFFES 60 Des protections solaires souvent mal conçues et utilisées équipements 70 Énergie bois Solaire thermique Photovoltaïque VMC Pompes à chaleur QUALITé DE L'AIR INTéRIEUR 88 Un critère structurant des bâtiments performants GESTION TECHNIQUE DU BATIMENT 96 Mieux maîtriser l ensemble de la chaîne ENTRETIEN/MAINTENANCE 06 La nouvelle donne pour pérenniser la performance 0 60 COLLECTION PROFESSIONNELLE ARTISANS ET ENTREPRENEURS LES BONNES PRATIQUES RéNOVATION Nécessité d'une démarche globale et structurée 70 AGENCE QUALITÉ CONSTRUCTION 9, RUE DE MIROMESNIL, PARIS TÉL.: FAX: [email protected] 5
4 BâTIMENTS PERFORMANTS Quatre ans de retours d expériences par l Agence qualité construction texte : Pascal Poggi photos : DR L AQC conduit une enquête terrain depuis 00 sur les problèmes rencontrés par tous les acteurs de la filière dans les bâtiments performants. L objectif de cet outil est de faciliter l'apprentissage de la performance, de réduire les non-qualités et les pathologies qu'elles entraînent, et de participer à la progression globale de la filière en développant les bonnes pratiques. En se lançant dans une enquête sur le retour d'expérience des bâtiments performants, l'idée de l'agence qualité construction (AQC) était très simple : «on ne peut être créatif qu'en assumant les erreurs, pour les transformer en un apprentissage des bonnes pratiques», comme le résume Godlive Bonfanti, à l initiative du lancement de cette étude au sein de l AQC. Ce travail, qui a permis à ce jour de rencontrer plus de 00 acteurs et de visiter plus de 400 chantiers, s'est initialement heurté à une opposition. Bien des professionnels craignaient que l'on ne tue l'envie de se lancer dans la construction basse énergie en mettant à jour les désordres potentiels que ces premiers chantiers pouvaient susciter. L'opinion de l'aqc a prévalu : il faut apprendre des erreurs. Et les connaître au plus vite est la base d une prévention efficace. Si l enquête entamée il y a quatre ans était axée sur la performance énergétique, elle s est par la suite élargie à la qualité environnementale du bâtiment (confort acoustique, qualité de l air intérieur ). De même, si elle s est concentrée la première année sur la construction neuve, elle Photo page ci-contre : les façades et couvertures vitrées requièrent un soin de mise en œuvre particulier pour éviter les défauts d'étanchéité à l'air entre les panneaux vitrées et la menuiserie. s'intéresse depuis trois ans à la réhabilitation performante. Toutes les opérations visitées sont des bâtiments à basse consommation au regard de leur étude thermique, et environ la moitié d entre elles ont un des labels suivants : BBC-effinergie, Passivhaus, Minergie et Effinergie Rénovation. Les opérations suivies sont naturellement sélectionnées de manière à couvrir les 8 zones climatiques définies par la réglementation thermique. L ensemble des observations est collationné dans une base de données gérée par l AQC. Dans la mesure où le niveau BBC-effinergie a été absorbé par la RT 0, l'aqc, tout en suivant la mise en œuvre de la RT 0, va s'intéresser désormais à des bâtiments représentatifs de l'étape suivante, celle de la RT 00 : Effinergie+, Effinergie Bepos, Passivhaus, Minergie P. Organiser les retours du terrain La méthode mise au point par l'aqc va à rebours des pratiques habituelles. Il ne s'agit pas de formuler des hypothèses sur les bâtiments performants, de construire des typologies a priori, puis de www Photo DR L étude de l AQC en chiffres Les acteurs interviewés dans l étude que mène l AQC depuis 00 sont des concepteurs, des entreprises de construction, des exploitants et usagers. Au moins deux acteurs différents sont interviewés pour chaque opération visitée. Depuis le lancement de l enquête, 7 enquêteurs se sont succédés au sein des organismes suivants : Certivea, Cerqual, Cequami, Promotelec, la Fédération des PACT, l'union sociale pour l'habitat (USH), les programmes «jerenovebbc» et «energivie.info», envirobat Méditerranée, envirobat Réunion, Ville et Aménagement Durable (VAD). Depuis son lancement et à ce jour (octobre 03), l'enquête a porté sur plus de 400 bâtiments et plus de 00 acteurs ont été rencontrés, ce qui correspond à plus de 800 entrées dans la base de données mise en place par l AQC. L'échantillon visité comporte 6 % de constructions neuves et 38 % de rénovations, correspondant à un tiers de maisons individuelles, un tiers de logements collectifs et un tiers dans le secteur tertiaire (bureaux, commerces, bâtiments culturels, enseignement ). La plus petite opération visitée présente une Shon de 97 m², la plus grande atteint m². Parmi les opérations visitées, l'énergie principalement utilisée pour le chauffage est le gaz naturel (47 %), suivi par les pompes à chaleur (7 %), le bois (6 %) et l'électricité ( %). Pour l'ecs, le solaire thermique domine (44 %), suivi du gaz (5 %) et des pompes à chaleur ( %). 53 % des opérations font appel à l'ite, 38 % à l'iti et 9 % à l'itr. Les isolants biosourcés (fibres de bois et ouate de cellulose) ont été employés dans 0 % des opérations. 38 % des bâtiments sont équipés de ventilation double flux : les logements collectifs font avant tout appel à de la VMC simple flux Hygro B, les maisons individuelles se partagent entre double et simple flux presque à égalité, tandis que la quasi-totalité du tertiaire met en œuvre du double flux. Enfin 3 % des opérations possède des panneaux photovoltaïques et 0 % une toiture végétalisée. 6 qualité construction numéro spécial batimat 03 7
5 Photoss DR valider hypothèses et typologie sur le terrain. L'AQC a, à l inverse, décidé d aller chercher les remontées du terrain pour en tirer le retour d'expérience le plus honnête et le plus fidèle possible par rapport à la réalité actuelle des chantiers de bâtiments performants. Le rendu est factuel : chaque opération suivie est décrite et analysée en termes de dysfonctionnements rencontrés ou de non-qualités impactant les performances prévues, puis saisie dans la base de données. Les bonnes pratiques et solutions correctives sont aussi capitalisées. Plusieurs objectifs sont poursuivis dans cette démarche : fournir des éléments concrets pour définir une politique de maîtrise des risques techniques ; permettre un partage d'expérience en consignant les non-qualités et les solutions mises en œuvre pour y remédier ; identifier les causes de la non-qualité ainsi que ses effets, et suivre leurs évolutions ; évaluer le coût financier des risques techniques de la non-qualité. L ensemble fait l objet d un rapport, complété par trois films pédagogiques, consultables sur www. qualiteconstruction.fr, à la rubrique «l Observation», puis «Bâtiments performants & Risques». De fait, l une des premières applications concrètes de cette étude d identification de pathologies émergentes a consisté à alimenter les travaux du Programme «Règles de l'art Grenelle de l'environnement 0» (RAGE 0). Ce Programme a pour mission, à la demande des pouvoirs publics, d accompagner les quelque entreprises «Un bâtiment est un système en équilibre et non une juxtaposition d'ouvrages indépendants.» et artisans du secteur du bâtiment et l'ensemble des acteurs de la filière dans la réalisation des objectifs ambitieux fixés par le Grenelle Environnement en matière d économie et de production d énergie. Concrètement, il s attache en premier lieu à mettre à jour les Règles de l art en vigueur aujourd hui et à en proposer de nouvelles, notamment pour ce qui concerne les travaux de rénovation, de façon à mettre à disposition de nouveaux textes de référence en corrélation avec les besoins actuels des acteurs de la filière bâtiment. à ce jour, ce programme a publié plus d une vingtaine de documents techniques, tous téléchargeables gratuitement sur Les travaux du Grenelle Environnement et les deux Lois Grenelle contiennent l'idée de la garantie de performance. Les travaux de l'aqc doivent entre autres être utilisés pour définir son contenu. Le principal enseignement Un bâtiment est un système en équilibre et non une juxtaposition d'ouvrages indépendants. Plus ce système est conçu pour une performance élevée, plus la performance exigée pour chaque ouvrage influe sur la performance d'autres domaines, dans un sens pas toujours positif. Par exemple, une isolation thermique par l'extérieur renforcée améliore naturellement la performance thermique en hiver, mais modifie également le confort d'été, l'acoustique, la tenue au feu, voire la résistance sismique si des rupteurs de ponts thermiques sont mis en œuvre pour l'accrochage des balcons. Plusieurs nouvelles réglementations sismique, thermique, classement acoustique des voies, accessibilité, amiante, baux verts, etc. sont intervenues depuis deux ans. Dans la réalité d'une opération immobilière, en neuf et en réhabilitation, elles sont interdépendantes les unes des autres. Elles ont imposé des objectifs multiples de performance dans des domaines jusqu'à présent négligés (le coefficient Bbio, le confort d'été, l'éclairage naturel pour la seule RT 0). Les labels volontaires, comme le label HQE, BBC, puis Bepos, ont à leur tour introduit de nouveaux paramètres mesurables et aisément opposables, comme la qualité de l'air intérieur ou la production d'énergie sur site. Bref, dès la conception et jusqu'à la livraison du chantier, il faut désormais une constante itération entre les divers bureaux d études spécialisés, les entreprises et les acteurs de plus en plus nombreux chargés du pilotage du chantier : la maîtrise d'œuvre, l'assistance à maîtrise d'ouvrage (spécialisée HQE, Bepos ) et la maîtrise d'ouvrage. Finalement, les fonctions essentielles dans une opération performante, en construction neuve comme en réhabilitation, sont désormais la synthèse, l'aptitude au dialogue, la traçabilité et le contrôle sur chantier. Les acteurs se multiplient au moment où une synthèse exhaustive et claire devient de plus en plus nécessaire : il y a là une mission à reconquérir. Une fonction à reconquérir Avant tout, la maîtrise d'ouvrage doit se persuader qu'une opération, même relativement Attention aux fuites d air récurrentes dans les constructions à ossature bois aux jonctions murs/ toits, planchers/murs En construction métallique, l'étanchéité à l'air s'avère délicate à réaliser en présence de matériaux ondulés. Les fuites d'air à l'interface entre la maçonnerie et la structure métallique ne sont pas rares. La liaison bac acier/mur extérieur est difficile à traiter. modeste comme la construction de 5 logements en centre ville, a désormais acquis une nouvelle complexité. Traduction : cela demande de s approprier de nouvelles compétences, impose de nouvelles missions qu'il faut être prêt à payer. L'ensemble des acteurs, et pas seulement les entreprises, doit accroître ses compétences. Les bâtiments doivent être plus finement étudiés et décrits. Dans la mesure où une petite erreur se paye cher en termes de perte de performance, la conception ne s'arrête plus aux principes, mais atteint les détails d'exécution ; c est d ailleurs le sens de la RT 0 avec l obligation de fournir au dépôt de permis de construire une attestation de prise en compte de cette réglementation, et de réalisation de l étude de faisabilité relative aux approvisionnements en énergie (uniquement pour les bâtiments de plus de 000 m²). Aujourd hui, parce que le bâtiment vit une mutation, chaque acteur doit penser à tous les autres. Cette nécessité de dialogue et de traçabilité apparaît dès la conception, en particulier pour tous les problèmes d interface entre deux ouvrages. Les concepteurs doivent les comprendre, les prévoir, décrire les solutions à mettre en œuvre pour les surmonter. Les entreprises retenues doivent en être informées et la mise en œuvre vérifiée. Bien conduite, cette démarche raccourcit les délais d'exécution, assure la maîtrise des coûts et évite les malfaçons. Négligée, elle ouvre la voie à de coûteuses reprises en cours de chantier, voire à l'apparition de pathologies que l'on aurait pu éviter. 8 qualité construction numéro spécial batimat 03 9
6 CONCEPTION BIOCLIMATIQUE Une démarche indispensable, mais encore balbutiante texte : Pascal Poggi photos : Alucobond (Ramon Prat Moreno Maggi), Alwitra, FDT, GlassMarte, Lamilux, UN Studio, DR La RT 0 introduit les premiers objectifs bioclimatiques. S ils sont insuffisants pour garantir une parfaite conception bioclimatique, ils orientent dès à présent les choix des concepteurs dans la bonne direction, pour les préparer à la prochaine étape de 00. Photo Lignotrend Il existe un gouffre entre une conception bioclimatique et les signes d'une conception bioclimatique d un bâtiment. Dans le premier cas, les concepteurs ont longtemps réfléchi et imaginé des solutions adéquates en fonction du site. Dans le second cas, ils affichent le langage bioclimatique quelques m² de toiture végétalisée, deux ou trois puits de lumière et surtout une utilisation visible du bois sans bilan et sans nécessairement rechercher une cohérence d'ensemble. Une application irréfléchie des labels encourageant la conception bioclimatique aboutit souvent à cet étalage des signes. C'est un peu comme si, dans un discours, il fallait entendre des mots-clefs sans souci du sens global. La démarche bioclimatique est imprécise et ingrate. Il n'existe pas de méthode incontestable, mais un consensus se dégage toutefois. La seule méthode réellement efficace est celle de l'acv (Analyse du cycle de vie), avec une obligation de résultat : le delta environnemental doit être nul entre le moment où l'on aborde un site pour construire un bâtiment et, 50 ou 00 ans plus tard, celui où on le restitue après déconstruction du bâtiment. Ce contrôle s'applique à toutes les démarches bioclimatiques, mais il n'est pas simple à mener du tout. Les méthodes d'acv ne sont pas légion, les logiciels non plus et les données pour les nourrir, comme les FDES par exemple (Fiches de déclaration environnementale et sanitaire), sont loin, très loin, de couvrir tous les composants et systèmes techniques du bâtiment. Approche bioclimatique et pathologies L'enquête de l'aqc sur les bâtiments performants ne s'est pas penchée spécifiquement sur la démarche bioclimatique, mais elle a observé de nombreux signes de dysfonctionnements de l'approche bioclimatique. Aucune de ces remarques ne remet en cause la légitimité de l'approche bioclimatique. Elles mettent en relief la méconnaissance de la démarche bioclimatique par de nombreux acteurs du bâtiment et pointent à nouveau l'absolue Photo page ci-contre : À m d'altitude sur l itinéraire du Mont-Blanc, le nouveau refuge du Goûter, ouvert depuis l'été 0, minimise son impact environnemental malgré d'importantes contraintes - vents de 300 kwh, températures négatives en permanence (- 7 C est la température la plus élevée de l'année durant la nuit), neige éternelle : autonomie énergétique grâce à 97 m² de panneaux photovoltaïques et à des panneaux thermiques, seulement 0 m 3 de béton employé pour la construction, structure en bois massif, ventilation double flux pilotée en fonction du taux de CO à l'intérieur, planchers et plafonds apparents (Lignotrend) avec une tenue au feu de 60 minutes. nécessité de considérer le bâtiment comme un système global, dont l'équilibre doit être maintenu. À titre d exemples : des isolants en ouate de cellulose ou en fibres textiles recyclées, appréciées en approche bioclimatique, stockés à l air libre et soumis à la pluie qui peut ruiner leur caractéristiques thermiques ; des défauts d'étanchéité à l'air aux jonctions plancher/ossature verticale dans la construction bois, et plus globalement aux traversées de paroi par des gaines électriques, des réseaux de chauffage groupés ; le poids des grandes baies coulissantes, dont les conséquences ne sont pas envisagées (difficultés de manœuvre, déformation graduelle des menuiseries conduisant à une réduction de l'étanchéité à l'air) ; de nombreux défauts dans la conception du pilotage des protections solaires, éléments clés de l approche bioclimatique et plus généralement un ensemble d erreurs de conception conduisant à des surchauffes d'été, etc. L'AQC a observé un phénomène que l'on commence à peine à identifier : l'inadéquation des solutions de chauffage à forte inertie en construction neuve. Si l on prend l exemple du plancher chauffant basse température classique avec chape béton, son inertie se compte en heures, il est donc incapable de réagir en quelques minutes à une sollicitation de sa régulation. Par conséquent, en fonctionnement en mi-saison, les apports solaires ajoutent leur chaleur à celle de l'émission du plancher chauffant, ce qui engendre une surchauffe et un inconfort. Certes il est souhaitable que le bâtiment dispose d'une certaine inertie pour le confort d'été, mais a contrario les émetteurs de chauffage doivent réagir très rapidement et offrir l'inertie la plus réduite possible. Malgré son image favorable et ses possibilités de valorisation des sources de chaleur basse température, donc d'utilisation potentiellement importante d'énergie renouvelable, le plancher chauffant classique avec une chape de 6 à 0 centimètres au-dessus des tubes ne convient plus aux bâtiments très isolés. Il faut privilégier les solutions sèches à base de plaques de plâtre ou les www Le comportement des utilisateurs compte beaucoup Olivier Sidler, directeur du bureau d ingénierie Enertech, aime les comparaisons automobiles. Il prend l'exemple de la Toyota Prius Hybride. Aux mains d'un conducteur qui modifie sa conduite pour réduire autant que possible sa consommation, elle atteindra 3 à 4 l/00 km. Si le conducteur ne change rien à ses habitudes, le véhicule reste aux alentours de 7 l/00 km, ce qui demeure plus performant qu'un véhicule traditionnel mais n'atteint pas le potentiel d'économies de la Toyota Prius. Pour les bâtiments, dit-il, la situation est similaire, en pire. La consommation d'un bâtiment conçu pour être performant c'est-à-dire économe en énergie varie de à 3 ou davantage selon le comportement des occupants. Il en tire trois conclusions. Premièrement, les occupants doivent être formés à l'utilisation de leur nouveau bâtiment, ainsi que les équipes de maintenance et d'exploitation. Cette formation doit être claire et comporter des exemples montrant les surconsommations engendrées par le maintien des habitudes. Deuxièmement, la formation doit être reconduite périodiquement pour tenir compte de la modification dans le temps de la population des occupants d'un bâtiment particulier. Troisièmement, les occupants doivent avoir accès, facilement, à l'historique des consommations du bâtiment - voire même de parties du bâtiment - de manière à identifier les consommations de chaque service, par exemple. 0 qualité construction numéro spécial batimat 03
7 solutions minces avec des tubes de très faible diamètre (0 mm) et une épaisseur de chape réduite à cm de manière à minimiser l'inertie. Néanmoins, comme l'enquête a porté sur des bâtiments soumis à la RT 005, on peut penser dans une certaine mesure que les contraintes spécifiques introduites par la RT 0 sur l approche bioclimatique vont obliger les concepteurs à une réflexion approndie en phase avantprojet et gommeront une partie des éléments de non-qualité identifiés par l'aqc. RT 0 et approche bioclimatique La méthode de calcul Th-B-C-E de la RT 0, une première fois publiée par l'arrêté du 0 juillet 0, annulée par le Conseil d'état puis republiée sans modification par l'arrêté du 30 avril 03, introduit plusieurs contraintes qui participent d'une conception bioclimatique. La première, la plus connue, est le coefficient Bbio. Exprimé sans unité, le Bbio traduit l'efficacité énergétique du bâti par rapport aux besoins de chauffage, de rafraîchissement et d'éclairage. Son but est de contraindre le maître d'ouvrage, le maître d'œuvre et les concepteurs qui les entourent, à bien réfléchir à la conception physique de leur bâtiment, avant de penser à l'efficacité des systèmes techniques dont il sera équipé. Il valorise l'implantation et la forme du bâtiment, la surface et l'orientation des baies. Il maximise l'éclairage naturel des locaux. Il privilégie les solutions liées au bâti : l'isolation et l'inertie thermiques, la transmission solaire, la transmission lumineuse, l'ouverture des baies pour une ventilation naturelle contrôlée, l'étanchéité à l'air, etc. Certains bureaux d études, comme Pouget Consultants notamment, considèrent que le Bbio n'est pas suffisamment contraignant pour certains types de bâtiments, dont les bureaux. S'il était plus sévère, il contraindrait réellement l'équipe de conception, estiment-ils, à une réflexion approfondie sur le bâtiment. L'intérêt du Bbio, tel qu'il existe aujourd'hui, vient surtout du fait que son calcul doit être remis avec la demande de permis de construire. Qui dit le calculer dit entamer une vraie conception réfléchie du bâtiment bien plus tôt qu'auparavant. Il faut prouver par le calcul, dès dépôt de permis de construire, que le bâtiment respectera la RT. La deuxième contrainte a trait au confort d été sans rafraîchissement. La RT 0 définit des catégories de bâtiments dans lesquels il est possible d assurer un bon niveau de confort en été sans avoir à recourir à un système actif de refroidissement. Ces catégories (CE et CE) dépendent du type d occupation et de la localisation (zone climatique, altitude, proximité de zones de bruit). Pour ces bâtiments, la réglementation impose que la température la plus chaude atteinte dans les locaux, au cours d une séquence de 5 jours très chauds d été, n excède pas un seuil (Tic ref ). La troisième contrainte concerne la surface minimale des baies en logements collectifs. La RT 0 prescrit que la surface totale des www Photo Lamilux Photo Alwitra Sur un bâtiment neuf, la végétalisation des toitures n'a aucune influence sur l'isolation thermique du bâtiment. En revanche, les îlots de verdure contribuent à réduire la surchauffe urbaine en été et, à ce titre, participent à la diminution des consommations de rafraîchissement. Les solutions d'éclairage zénithal dont l'ouverture est pilotée pour contribuer au confort par ventilation naturelle, contribuent à la réduction des consommations d'énergie, au bien-être des occupants et jouent leur rôle d'exutoire de fumées en cas d'incendie. Photos DR Baudoin Bergeron Architectes, associés à LGX Ingénierie et Pouget Consultants, ont conçu et construit un bâtiment Bepos (à énergie positive) de 7 logements pour la Régie immobilière de la Ville de Paris dans le XI e arrondissement à Paris. Pour atteindre le niveau Bepos, alors que le contexte urbain ne permet pas de produire beaucoup d'énergie, il faut consommer très peu. Le bâtiment est de forme simple, compact ( 500 m² Shon sur un terrain de 48 m²), avec une profondeur de 4 à 6 m, ce qui tout de suite a posé la question de l'accès au clair de jour du centre du bâtiment, et de l'organisation de Une verrière zénithale transmet la lumière du jour à l'ensemble des circulations verticales dans ce bâtiment de 6 niveaux. Les consommations d'énergie sont tellement réduites que deux chaudières murales à condensation suffisent. Le premier bâtiment de logements collectifs Bepos dans Paris logements traversants pour le confort d'été. Au centre du bâtiment, la circulation verticale surdimensionnée est conçue comme un puits de lumière : verrière zénithale, ascenseur et escalier sont rassemblés dans un seul volume, cerné de vide toute hauteur. Des parois en pavés de verre laissent filtrer la lumière jusqu'aux paliers de distribution et aux pièces d'eau des logements (cuisine, salles de bains et douches), adossées aux paliers. Les logements de 3 pièces et plus sont traversants est-ouest. Les besoins de chauffage très réduits la consommation de chauffage atteint seulement 9 kwh EP /m².an sont couverts par deux chaudières murales à condensation de 35 kw en chaufferie. L'ECS est produit par des panneaux solaires thermiques en toiture et une récupération de la chaleur sur les eaux grises, plus un appoint par les deux chaudières. La toiture est conçue comme une centrale de production d'énergie : capteurs solaires thermiques, capteurs photovoltaïques, puits de lumière. La production photovoltaïque atteint 33, kwh EP /m².an, face à une consommation au sens de la RT de 3,6 kwh EP /m².an : le bâtiment est à énergie positive. qualité construction numéro spécial batimat 03 3
8 Photo UN Studio Photo GlassMarte 3 4 Photo FDT Photo Alucobond (Ramon Prat Moreno Maggi) baies mesurée en tableau soit supérieure ou égale à /6 de la surface habitable (surface habitable au sens du Code de la construction et de l'habitation). La quatrième contrainte porte sur les protections solaires en logements collectifs. La RT stipule que les baies de tout local destiné au sommeil et de catégorie CE (non rafraîchi) doivent être équipées de protections solaires mobiles, de façon à ce que le facteur solaire des baies ne dépasse pas un plafond défini en annexe de l'arrêté du 6 octobre 00. Ce plafond est fonction à la fois de l'altitude, des zones climatiques, du caractère passager ou pas de l'occupation du local et du classement des voies en zones de bruit BR, BR ou BR3. Cinquième contrainte, la RT impose aussi que les baies d'un local de catégorie CE, non à occupation passagère, s'ouvrent sur au moins 30 % de leur surface, sauf si des règles d'hygiène ou de sécurité l'interdisent. Sixième contrainte, l'article 6 de l'arrêté du 6 octobre 00 stipule : «Toute maison individuelle ou accolée recourt à une source d'énergie renouvelable», et précise également la contribution minimale des énergies renouvelables (ENR) au coefficient Cep de la maison (coefficient de consommation d énergie). Malheureusement, cette disposition a rapidement été détournée de son objet (inciter à une vraie réflexion quant à l'emploi des énergies renouvelables). En effet, les industriels ont très vite développé des systèmes qui se calent sur le minimum de l'exigence de la RT une contribution des ENR égale à 5 kwh EP /(m².an) mais surtout pas davantage, comme par exemple le triplet chaudière à condensation + ballon solaire + un seul capteur solaire thermique ou le chauffe-eau thermodynamique, etc. La RT ne contient pas pour le tertiaire de dispositions contraignantes comparables à celles que l'on peut lire pour le logement. Les rédacteurs de la méthode se rendent bien compte que le Baptisée Tour Bioclimatique, ce projet de Bouygues Immobilier et des architectes hollandais UN Studio fait l objet d un concours à Issy-les-Moulineaux (9). Si elle est construite, sa double façade ventilée sera coupée tous les à 4 niveaux pour éviter la formation d'une cheminée chaude. La façade portera du photovoltaïque et la ventilation double flux avec récupération de chaleur sera individualisée dans des convecteurs multifonctions en façade. L'apport de lumière du jour au cœur des bâtiments tertiaires est possible grâce à des cloisonnements. «La RT 0 contraint les acteurs à travailler ensemble, plus tôt et plus intensément qu'auparavant, mais elle amorce juste l'exigence de conception bioclimatique.» problème du tertiaire n'est pas le chauffage, mais le rafraîchissement, notamment en bureaux. Ils tentent de décourager le recours à la climatisation en mettant en avant plusieurs méthodes de rafraîchissement passives : conception du bâtiment, masques, protections solaires, ventilation, puits climatique, etc. Au bout du compte, la RT 0 contraint les acteurs à travailler ensemble, plus tôt et plus intensément qu'auparavant, mais elle amorce juste l'exigence de conception bioclimatique. Il faut regarder plus loin et penser à la RT 00 avec ses bâtiments à énergie positive. Il ne suffira plus alors de sur-isoler, il faudra vraiment approfondir la conception bioclimatique des bâtiments, notamment pour réduire les besoins d'éclairage et de rafraîchissement. Dès aujourd hui, les labels volontaires Effinergie+ et Effinergie Bepos accroissent les exigences par rapport à la RT 0, mais introduisent en plus de nouvelles préoccupations utiles dans une démarche bioclimatique. Le label Effinergie+ exige un Bbio Effinergie+ égal à 80 % du Bbio R T0. Il rend obligatoire la mesure d'étanchéité à l'air pour tous les bâtiments de moins de 3000 m². Il introduit aussi la prise en compte des consommations d'énergie au-delà des usages réglementaires, notamment les consommations mobilières (les appareils déplaçables), celles de l'électroménager, des appareils électroniques, etc. Le Label Bepos Effinergie, quant à lui, demande la conformité au label Effinergie+, et introduit l'évaluation du contenu en énergie grise du bâtiment et son potentiel d'éco-mobilité en des termes tels qu'il ne suffit pas, pour y répondre, de poser trois prises dans le parking pour charger des véhicules électriques. Grands principes et petites recettes La conception bioclimatique des bâtiments repose sur 6 grands principes et un juge de paix. Les 6 principes sont les suivants : premièrement, il faut tirer le meilleur parti du site, orienter le bâtiment de manière à minimiser ses besoins de chauffage, de rafraîchissement et d'éclairage. Deuxièmement, la conception bioclimatique construit autant que possible à l'aide de matériaux locaux et s'efforce de minimiser l'énergie grise dépensée pour la fourniture des matériaux et la construction du bâtiment. Troisièmement, la déconstruction du bâtiment et la réutilisation de ses matériaux est prise en compte. Quatrièmement, une conception bioclimatique s'attache à fournir des conditions d'utilisation du bâtiment confortables et saines en minimisant les consommations d'énergie. Cinquièmement, les dépenses d'énergie restantes doivent être couvertes par des énergies renouvelables produites localement. Sixièmement, les consommations d'eau sont réduites, l'eau de pluie est récupérée et réutilisée. Le juge de paix, c'est l'analyse du cycle de vie du bâtiment (ACV) avec la contrainte de résultat d'un delta environnemental nul. Les 6 grands principes énumérés s'appliquent bien à de larges parcelles libres, sur lesquelles les concepteurs ont toute Fiche conseils 3 En 003, Degussa a construit à Trostberg en Allemagne un nouveau centre de recherches entièrement sous cloche de verre de 00 m². Près de 50 % de cette peau extérieure s'ouvre pour la ventilation naturelle et la lutte contre la surchauffe d'été. En hiver, elle maintient autour du bâtiment qu elle abrite une température supérieure de 9 à C à la température extérieure. 4 Le lycée hôtelier Georges Frêche, en service à Montpelier depuis la rentrée 0, a été conçu par les architectes Massimiliano et Doriana Fuksas. Ses formes organiques sont calculées pour ménager des espaces ombrés à l'extérieur et pour projeter des ombres sur certaines façades, de manière à protéger contre l'ensoleillement de mi-saison, de début et de fin d'été. Conseil La conception bioclimatique est complexe, seule une analyse de cycle de vie avec comme objectif un delta environnemental nul sur toute la durée de vie du bâtiment garantit sa réussite, indépendamment des moyens techniques déployés. Conseil La minimisation des besoins et la récupération systématique d'énergie pour l'éclairage, le chauffage, la production d'ecs et le rafraîchissement sont les deux principaux moyens d'une conception bioclimatique. liberté quant à l'orientation de leur bâtiment. En environnement urbain dense, c'est une toute autre affaire et il faut traduire ces grands principes en petites recettes, en conservant toujours l'ultime garde-fou de l'acv. Par petites recettes, il ne faut rien entendre de péjoratif, car il s agit au contraire de faire souvent preuve d'imagination pour mettre au point de nouvelles approches, les solutions classiques prônées ne prêtant mal aux environnements urbains denses. Pensons par exemple à la ventilation naturelle : le niveau élevé de bruit extérieur en ville joint à la mauvaise qualité de l'air extérieur le long des voies à forte circulation, la rend parfaitement inapplicable. Le résultat serait désastreux en termes de confort acoustique et de qualité de l'air intérieur. Les petites recettes, ce sont les technologies passives ou actives pour consommer le moins d'énergie possible, tout en assurant le niveau de confort requis : puits canadien, puits hydraulique, puits de lumière, gestion combinée des protections solaires et de l'éclairage pour privilégier l'éclairage naturel, solaire thermique et photovoltaïque, association du solaire thermique haute température et de groupes à absorption, autoconsommation de l'électricité photovoltaïque produite sur site, vitrages à fort contrôle solaire, vitrages électrochromes, association de vitrages à contrôle solaire réduit et transmission lumineuse élevée à des protections solaires efficaces, bien conçues et bien pilotées, récupération de chaleur de tous types : sur l'air extrait dans des ventilations double flux, sur les groupes froids quand il y en a, sur les eaux grises Tout cela est nouveau et demande à être maîtrisé par les acteurs de la construction. Toutes ces mesures ne sont pas applicables partout et prennent place dans des projets réfléchis, en gardant toujours à l'esprit l'obligation d'une ACV montrant un delta environnemental nul sur toute la durée de vie du bâtiment. 4 qualité construction numéro spécial batimat 03 5
9 ÉTUDE THERMIQUE Des difficultés chez les utilisateurs texte : Pascal Poggi photos : Hora, DR Les utilisateurs des logiciels de calcul sont loin d être tous familiers des spécificités de la RT 0, profondément différente de la RT 005. D autant qu elle impose une concertation entre les concepteurs et des premiers calculs thermiques dès l esquisse. Photo DR àtravers ses 3 coefficients clefs Bbio, Ticref et Cep ainsi qu'en imposant l'apport de preuves de respect de la réglementation dès le dépôt du permis de construire, la RT 0 a modifié la séquence de travail dans la conception des bâtiments neufs. Dès les premiers travaux de conception, il faut respecter les coefficients Bbiomax et Ticref, simplement grâce aux vertus du bâti, sans tenir compte de l'efficacité énergétique des systèmes utilisant de l'énergie (chauffage, ventilation, ECS, éclairage, etc.), et en apportant la preuve par le calcul. Ce qui implique une concertation entre les différents bureaux d études de conception dès les premières esquisses, et des premiers calculs thermiques à l'aide d'outils certifiés pour cela. Les logiciels RT 0 Depuis le er juillet 03, la RT impose que les calculs et les différents documents prouvant la conformité à la RT, au moment du dépôt de permis de construire et à livraison du bâtiment, soient produits à partir d'applications certifiées. A début octobre 03, les logiciels certifiés par le Cstb pour le calcul thermique de la RT 0 étaient les suivants : Clima-Win et Discepolo de BBS Slama, Cypecad MEP de Cypecad, Lesosai de E4tech Software, Archiwizard de HPC-SA, Pleiades+Comfie module RT 0 d'izuba Energie, UWin RT 0 et U Win (maisons individuelles seulement) de Perrenoud. DesignBuilder de DesignBuilder Cetteg est en cours d'évaluation. à noter que Fauconnet Ingénierie et BBS Slama ont conclu un accord : Clima-Win est appelable directement depuis Visual TTH de Fauconnet, sans sortir de l'application. Globalement, Discepolo est un outil conçu pour les Photo page ci-contre : le calcul du coefficient Bbio doit être réalisé dès le début de la conception et joint à la demande de permis de construire. Il valorise la conception bioclimatique du bâtiment, sans prendre en compte les systèmes techniques ventilationchauffage-rafraîchissementéclairage qui l'équiperont ensuite. () Format de fichier utilisé pour échanger et partager des informations entre logiciels. L'approche du Titre IV Pour la conformité avec la RT, l'arrêté du 6 octobre 00 prévoit également une solution simplifiée, dite Titre IV «mode d'application simplifiée en maison individuelle», uniquement applicable à la maison individuelle. Cette procédure simplifiée implique une démarche de précaution : la simplification des calculs oblige à retenir des solutions techniques surperformantes par rapport à une démarche optimisée avec des non-thermiciens, alors que tous les autres, de manière différente pour chacun, sont des outils détaillés et très puissants pour les thermiciens. L'aspect travail collaboratif et co-conception entre différents bureaux d études a été pris en compte par plusieurs de ces applications. Clima-Win comporte un module de simulation thermique dont le moteur a été programmé par BBS à partir du texte de la méthode de calcul Th-B-C-E. Il communique avec tous les logiciels de conception architecturale par échange de fichiers.ifc (). Mais depuis septembre 03, Clima-Win est également incorporé à Revit Architecture (Autodesk) : sans quitter l'environnement Revit, l'utilisateur peut immédiatement juger des résultats en termes de performance réglementaire RT des modifications qu'il apporte à son plan. Discepolo, de son côté, est conçu pour une approche de la RT en phase esquisse et www calculs affinés. Un premier Titre IV vient d'être attribué à la BAO (Boîte à outils) Promodul, un outil logiciel développé avec BBS Slama. La BAO Promodul va chercher les caractéristiques des produits et systèmes dans la base de données Edibatec et la base Cléa gérée par Promodul. Un second Titre IV est en cours d'instruction. Il est présenté par Cardonnel Ingénierie et rassemblera des produits clairement identifiés 6 qualité construction numéro spécial batimat 03 7
10 avant-projet. Durant la phase d'élaboration d un projet, tous les paramètres ne sont pas fixés (qualité de vitrages, type d isolant ) et doivent pouvoir évoluer rapidement et facilement en fonction des discussions entre maîtrise d'ouvrage, maîtrise d'œuvre et les bureaux d études techniques associés. Discepolo, mais aussi Archiwizard, le module RT 0 de Pleiades+Comfies et DesignBuilder lorsque son évaluation sera terminée, permettent de saisir rapidement un projet de bâtiment, d'effectuer une Simulation thermique dynamique (STD) à partir des hypothèses initiales du projet, sans être freiné par de trop longs temps de saisie. Ces quatre applications peuvent être utilisées dès l'esquisse, mais aussi tout au long du processus, ainsi qu'en fin de travaux pour l'attestation finale. Discepolo est plus généreux que les trois autres en termes de fichiers d'entrée : il accepte les.ifc, les fichiers SketchUp, les fichiers de certaines applications CAO/DAO comme celles d All Systems. Discepolo est aussi le seul à pouvoir intercepter le fichier d'entrée XML que génère chaque logiciel RT 0 pour renseigner le moteur du Cstb. Ce fichier XML constitue une description très détaillée du bâtiment, depuis son organisation spatiale jusqu'à la nature précise de chacun de ses composants. à partir de ce fichier, Discepolo reconstitue l'arborescence du bâtiment sans que l'utilisateur n ait à ressaisir quoi que ce soit. Il devient ensuite possible d'appliquer au bâtiment les scénarios d'occupation et les conditions météorologiques réels demandés par le maître d'ouvrage, au lieu des scénarios conventionnels de la RT 0. Cela sert à tester le bâtiment non plus dans les termes conventionnels de la RT, mais dans la réalité de sa vie en œuvre, telle que le maître d'ouvrage la prévoit. On vérifie donc l'impact des scénarios réels sur les indicateurs de STD : évolution des températures intérieures (Ticref), des niveaux de confort, des consommations énergétiques... Archiwizard est particulièrement efficace dans la simulation du coefficient Bbio en raison de son aptitude inégalée en simulation des protections solaires de toutes sortes. L'approche de ces quatre applications permet d'incorporer la STD, sans surcoût, dès l'esquisse. La RT 0 ne s'applique pas à toute la construction neuve. La fiche d'application «Comment identifier l'usage d'un bâtiment et l'exigence associée?» publiée par le Cstb en juin dernier indique que la RT ne s'applique pas aux prisons, lieux de culte, salles de spectacles (cinémas, théâtres, auditorium, etc.), musées, salles d'exposition, piscines, patinoires, saunas et hammams y compris leurs vestiaires, salles polyvalentes et salles des fêtes, salles de conférences, médiathèques et bibliothèques municipales. Ces segments du tertiaire ne sont plus soumis à aucune réglementation thermique, mais les maîtres d'ouvrage sont invités à faire du mieux qu'ils peuvent. Dans la méthode RT 0, le coefficient de consommation d énergie Cep max des grands commerces peut dépasser 500 kwh EP /m².an. 3 4 En logement collectifs, le couple chaudière à condensation solaire thermique est devenu un optimum technicoéconomique, facilement valorisé par la méthode de calcul RT 0. 5 Les équipements utilisant ou pilotant de l'énergie doivent justifier leurs performances via une certification ou une vérification par tierce partie. Faute de quoi ils sont pris en compte dans le moteur de la RT 0 en fonctions de valeurs forfaitaires très pénalisantes. Les difficultés des utilisateurs La méthode RT 0 est profondément différente de celle de la RT 005 et de la RT dans l existant. Et lorsqu'on interroge les services d'assistance technique des éditeurs de logiciels RT, il est très clair que les utilisateurs, les bureaux d études thermiques pour l'essentiel, sont encore très loin d'être familiers des nuances de la RT 0. La plupart d'entre eux n'ont pas lu la méthode de calcul. Il faut préciser, à leur décharge, qu'elle compte 360 pages. Ce défaut d'information est la principale source des difficultés de conception des bâtiments et, notamment, de la propagation de rumeurs infondées : surcoût insupportable, complexité qui rendrait la méthode inapplicable Sans même évoquer le fait que nombre www Photos DR qualité construction numéro spécial batimat 03 9
11 PUBLI-REPORTAGE Photos Hora Photo ci-dessous : la prise en compte des fenêtres et façades vitrées avec leurs protections solaires requiert la saisie d'une vingtaine de données très techniques. Trois logiciels spécifiques existent pour renseigner correctement les logiciels de calcul RT 0 sur ce point. Fiche conseils de bureaux d études et de concepteurs confondent encore consommations conventionnelles au sens de la RT et consommations prévisionnelles calculées en fonction des scénarios d'occupation prévus par le client. Dans le détail, trois points leur posent d'importantes difficultés : la procédure qui prouve le respect de la RT 0, la preuve de l'efficacité des produits et le calcul RT des ouvrants et surfaces vitrées. La preuve de la conformité à la RT 0 est dispersée entre plusieurs textes, pas forcément connus des bureaux d études. L'article er de la Conseil La RT 0 est une méthode de calcul conventionnelle efficace pour comparer les solutions entre elles et les bâtiments entre eux mais pas pour prévoir des consommations réelles. Conseil La sévérité affichée de la RT 0 50 kwh EP /m².an s'applique aux bâtiments de logements, mais pas au tertiaire où les consommations réglementaires peuvent aller jusqu'à 500 kwh EP /m².an. Conseil 3 Huit logiciels, pour l'instant, sont certifiés pour réaliser des calculs RT 0. Conseil 4 Pour prendre en compte les ouvrants dans toutes leurs nuances, il faut s'appuyer sur une base de données ou utiliser des logiciels de calculs spécifiques. Conseil 5 L'approche simplifiée en maison individuelle, dite Titre IV, a fait l objet d une première application en septembre 03 : le logiciel BAO Promodul. loi prévoit deux attestations, au dépôt de permis de construire et à la réception de fin de travaux. Dans les deux cas, la forme, le contenu des documents à fournir et le type d'interlocuteurs habilités à les établir sont très codifiés. Tout cela est expliqué en détail sur le site www. rt-batiment.fr qui permet également de télécharger les documents à remplir. Les logiciels RT les éditent directement dans la forme requise. Par ailleurs, l'étude préalable d'approvisionnement énergétique avec simulation technique et financière, que l'on demande également au moment du dépôt de permis de construite, émane de la loi du 3 juillet 005. L'avènement de la RT 0 ne l'a pas modifiée, elle est toujours obligatoire. Concernant la preuve de l'efficacité des composants et systèmes, la RT 005 imposait déjà une classification : certification du produit en fonction d'une norme, vérification par un tiers ou valeur forfaitaire par défaut en l'absence de toute preuve. Les valeurs forfaitaires étaient déjà pénalisantes en RT 005, elles se révèlent dissuasives en RT 0. De même, la vérification par un tiers est moins bien valorisée en RT 0. De manière générale et dans un grand nombre de cas en RT 0, le choix de la valeur forfaitaire n est pas judicieux, il est vraiment conseillé aux concepteurs de pousser leur analyse plus loin sur les solutions techniques. En ce qui concerne le calcul RT des surfaces vitrées, seul le coefficient d isolation de la fenêtre Uw (défini comme la moyenne de Ujour et de Unuit) était pris en compte dans la RT 005 ; les apports solaires, par exemple, n'étaient pas valorisés. Les calculs à partir des valeurs par défaut étaient peu pénalisants. Dans la RT 0 en revanche, certaines configurations demandent de renseigner jusqu à une vingtaine de coefficients. Les apports solaires (Sw), la transmission de la lumière naturelle (Tlw) comptent beaucoup, et les valeurs par défaut sont extrêmement pénalisantes. Et pourtant, de nombreux interlocuteurs des services d'assistance technique des éditeurs demandent s'il existe un moyen d'extrapoler l'ensemble des coefficients nécessaires à partir des coefficients Ujour et Unuit qui leur sont familiers Or, non seulement ce n'est pas possible, mais au vu de la réelle complexité des données à fournir et du nombre quasi infini de combinaisons de types et de couches de vitrages, de gaz intercalaires, de joints et de menuiseries, trois éditeurs proposent même des logiciels spécifiques pour calculer les données d'entrée vitrages-menuiseries-façades requises par le moteur de calcul. Il s'agit de Physalis de BBS Slama, de Pleiades+Comfies et du logiciel Ulys du Cstb. Ce dernier requiert de saisir les paramètres de tous les composants (couche, profilé, joint, etc.), un exercice laborieux et source de probables erreurs de saisie. Les deux autres applications puisent dans les bases de données de produits et systèmes au format Edibatec, qui contient plusieurs milliers de références nourries par les fabricants. Cela évite les saisies et, en raison de la facilité d'entrée des données, permet la comparaison entre systèmes et produits de différents fabricants. 0 qualité construction numéro spécial batimat 03
12 ISOLATION PAR L'INTéRIEUR Toujours efficace, en construction neuve comme en rénovation texte : Pascal Poggi photos : AQC, Homatherm, Isofloc, Isover, Knauf Bâtiment, DR Les fabricants ayant fait évoluer leur offre, l'isolation par l'intérieur n'est pas du tout disqualifiée par les exigences de la RT 0. En rénovation, c'est parfois la seule solution possible et elle permet d'atteindre des performances élevées. Si les systèmes sont de plus en plus complets, on constate encore quelques erreurs dans la mise en œuvre. Photo Homatherm Ce panneau de sous-toiture en fibres de bois, disponible jusqu à 60 mm d épaisseur, convient au neuf et à la rénovation. qualité construction numéro spécial batimat 03 3
13 Dans un bâtiment, les solutions d'isolation par l intérieur (ITI) sont nombreuses : isolation des combles perdus en panneaux, rouleaux, en vrac, isolation des combles en rampants en panneaux ou rouleaux, isolation tendue sous toiture métallique, doublage intérieur des murs verticaux, soufflage dans des cavités de murs verticaux, isolation thermique des sols, etc. Pour satisfaire aux exigences plus élevées de la construction neuve ou des rénovations performantes, l'efficacité des produits isolants s'est accrue depuis deux ans, de nouvelles matières sont apparues, leur mise en œuvre a évolué et les panneaux s'accompagnent désormais presque systématiquement d un procédé d étanchéité à l air. Isolation des combles par panneaux ou rouleaux Deux grandes techniques sont disponibles pour l'isolation thermique des combles : d'une part les panneaux rigides ou en rouleaux, d'autre part le vrac soufflé. Ces deux techniques conviennent à l'isolation thermique horizontale sur plancher de combles perdus et peuvent même être combinées pour cette application ; tandis que l'isolation sous rampants des combles aménagés est réservée aux panneaux, rigides ou en rouleaux. En l'absence de DTU, la mise en œuvre de l'isolation thermique des combles par rouleaux ou panneaux est décrite par : le Cahier de prescriptions techniques (CPT) du CSTB n 3560_V Isolation thermique des Photos page ci-dessous : les contraintes de la RT 0 obligent les entreprises à mettre en œuvre plusieurs couches d'isolant. Elles doivent être posées en contact les unes des autres pour éviter l'apparition d'une lame d'air froid entre deux isolants, ce qui réduirait la résistance thermique globale de la paroi. Photo de gauche : bonne pratique. Photo de droite : mauvaise pratique. combles : isolation en laine minérale faisant l objet d un Avis Technique ou d un Constat de Traditionalité, (juin 009) ; le CPT du CSTB n 3647 Mise en œuvre des procédés d isolation thermique rapportée en planchers de greniers et combles perdus faisant l objet d un Avis Technique, Document Technique d Application ou Constat de Traditionalité (novembre 008) ; le Cahier du CSTB n 33 Guide de l isolation par l intérieur des bâtiments d habitation du point de vue des risques en cas d incendie pour les aspects de tenue au feu (juin 000). De plus, Knauf Insulation, Saint-Gobain Isover, Rockwool et Ursa ont chacun suivi une procédure de DTA pour la mise en œuvre des panneaux et rouleaux en isolation des combles perdus ou sous rampants. Ces cinq documents combinés - le CPT n 3560_V et les 4 DTA - posent des prescriptions et des exigences renforcées vis-à-vis des performances thermiques et des bonnes pratiques : Pour les combles aménagés et les combles perdus : > installation d un écran de sous-toiture HPV (Hautement perméable à la vapeur d'eau) en neuf, ou en rénovation lourde en cas de dépose de la couverture. Cette nouvelle obligation est née à la fois du constat de défauts répétés d'étanchéité des toitures et du fait que les metteurs en œuvre y remédiaient à l'aide d'écrans étanches à l'air et à l'eau, empêchant de fait la migration www Photo DR La mise en œuvre des isolants sous vide est délicate. Le coût des panneaux sur mesure pousse à concevoir un plan de calepinage détaillé afin d'employer autant que possible des panneaux de dimensions standard. Photo Isover Photo AQC Le difficile développement des isolants sous vide Les isolants sous vide sont apparus depuis plusieurs années dans les salons européens. Si leur coefficient de conductivité thermique λ est environ dix fois meilleur que celui du polyuréthane, à l'inverse leur prix est nettement supérieur. Le bureau d études thermique Pouget Consultants promeut leur emploi en isolation par l'intérieur de bâtiments existants, pièce par pièce, avec une méthode de mise en œuvre spécifique, testée à la faveur de plusieurs réhabilitations dans Paris. à résistance thermique égale, les isolants sous vide sont nettement moins épais que les autres matières. Les employer en rénovation garantit une bonne isolation et minimise la perte de surface habitable. Partout où le prix du m² habitable atteint à 4 000, leur utilisation est rentable. Comme les isolants sous vide sont encapsulés dans des feuilles d'aluminium pour préserver le vide, on ne peut pas les recouper sur le chantier. Les fabricants - deux suisses et deux allemands - proposent des panneaux dans des dimensions standard et sur mesure, ces derniers étant nettement plus coûteux. Pouget Consultants a donc développé une méthode en plusieurs étapes pour raccourcir la durée du chantier en milieu occupé et minimiser les coûts de fourniture : relevé précis des surfaces à isoler, mise au point d'un plan de calepinage qui minimise le nombre de panneaux sur mesure, et description détaillée de l'intervention pour que l'isolation d'une pièce soit complètement réalisée finitions comprises - en une seule journée par une équipe de deux à trois personnes. 4 qualité construction numéro spécial batimat 03 5
14 Photo Isover 3 Photo AQC Photo Isofloc de la vapeur d'eau et provoquant des condensations sur la face intérieure de la toiture. Cette mesure permet ainsi de se prémunir contre les infiltrations et l'apparition de moisissures ; > conservation ou création d'un système de ventilation de combles, général et permanent. La suppression de la ventilation des combles accroît en effet le risque de condensation ; > mise en place d une membrane indépendante et continue d'étanchéité à l'air, si le plancher n est pas étanche à l air, avec traitement des points singuliers. Pour les combles aménagés exclusivement : > mise en œuvre entre chevrons d une isolation par laine minérale rigide ou semi-rigide avec un coefficient de conductivité thermique lambda (λ) inférieur ou égal à 0,036 W/(m.K) et une résistance thermique R minimale de,65 m².k/w ; > pose sous chevrons d une isolation par laine souple ou semi-rigide assurant la résistance Isolation thermique et étanchéité à l'air vont désormais nécessairement de pair : les systèmes d'iti proposés par les fabricants traitent les deux à la fois. Il importe de respecter d'une part les composants de chaque système qui ne sont pas interchangeables d'une marque à l'autre, d'autre part les consignes de pose qui deviennent spécifiques à chaque système. Explosion d un caisson lors du remplissage d isolant en vrac, due à un mauvais réglage de la pression d insufflation de la machine. 3 Sur le marché allemand, la mise en œuvre de l'isolation en vrac en rampants dans des compartiments est courante. thermique principale (laine semi-rigide obligatoire en rénovation). Les quatre DTA Isolation des combles apportent des exigences complémentaires suivantes : une isolation sous chevrons ou fermettes avec une laine semi-rigide de λ inférieur ou égal à 0,038 W/(m.K) ; l exclusion des isolants de classe de tolérance d épaisseur T en application en rampants de toiture (combles aménagés ou toiture mono-pente) ; l utilisation exclusive en isolation de combles perdus (plancher de comble ou isolation de plafond entre solives) de tout isolant souple de λ supérieur ou égal à 0,040 W/(m.K). Pour répondre à toutes ces exigences, les fabricants proposent des systèmes complets qui associent des laines de verre avec des λ de 0,03 à 0,038 W/(m.K), des accessoires de fixation, des membranes d'étanchéité à l'air, des écrans HPV, des bandes adhésives et des colles : Vario Confort chez Isover, isolation monocouche sous chevrons ou bicouche Ursa Confort entre et sous chevrons chez Ursa, etc. Selon les industriels, depuis deux ans, le marché s'oriente vers des laines au λ de 0,035 W/(m.K) qui tendent à devenir la solution de base en isolation des combles. Mais pour répondre aux exigences de la RT 0 notamment une résistance thermique de l'ordre de 0 m².k/w dans les combles, ainsi qu'un traitement des ponts thermiques des toitures, les entreprises sont contraintes d'augmenter les épaisseurs d'isolant, ce qui se traduit par des prescriptions différentes selon le type de plafond. Dans le cas de combles perdus avec plafond suspendu, par exemple, l isolation doit être réalisée en double couche : un premier lit de laine déroulé entre les solives, puis un second lit déroulé sur les solives pour traiter le pont thermique des solives. De même pour l'isolation des combles perdus sur plancher horizontal, la pose en couche croisée évite le pont thermique entre lés d'isolation. Isover a introduit en septembre dernier la laine en rouleau IBR 400 : elle permet d'atteindre une résistance R de 0 m².k/w en une seule couche de 400 mm d'épaisseur. C'est «Les enquêteurs ont observé en cas d'utilisation de deux épaisseurs d'isolant, un vide d'air important entre les deux couches.» une facilité de pose accrue, mais attention à soigneusement juxtaposer les lés pour éviter un pont thermique. L'enquête de l'aqc sur les bâtiments performants a mis en lumière quelques erreurs de mise en œuvre. Premièrement (et cette erreur vaut également pour l'isolation par doublage pour les murs verticaux), les enquêteurs ont observé en cas d'utilisation de deux épaisseurs d'isolant, un vide d'air important entre les deux couches. Ce qui rend possible, en cas de défaut d'étanchéité à l'air, la formation d'une lame d'air froid entre les deux couches d'isolant et diminue la résistance thermique effective de la paroi. Les deux couches d'isolant doivent être posées en contact, sans vide d'air entre elles. Deuxièmement, lors de la pose d'isolant fibreux en panneaux ou en rouleaux en certains points spécifiques - comme au passage de canalisations entre l'isolant et la plaque de parement -, l'isolant est fortement comprimé. Cela réduit la résistance thermique à l'endroit de la compression et crée un pont thermique très localisé. Plus l'isolation est importante autour de ce www 6 qualité construction numéro spécial batimat 03 7
15 pont thermique, plus son importance relative est sensible. Les Règles de l'art, notamment le CPT n 3560_V, proposent des méthodes spécifiques pour éviter ce phénomène, notamment le passage en apparent des canalisations si leur dissimulation compromet l'intégrité de l'isolant, ou bien la création d'un vide de construction entre l'isolant et la plaque de parement pour permettre le passage des canalisations. Troisièmement, la découpe des panneaux d'isolants est souvent imprécise et ménage des vides qui créent un pont thermique et rendent possible une condensation locale, un développement de moisissures, etc. Trois solutions sont recommandées. Tout d'abord, minimiser les découpes en concevant un plan de calepinage. Ensuite, utiliser les outils de découpe d isolant conçus pour chaque matière, en particulier pour les laines de bois, notoirement difficiles à découper. Enfin, il vaut mieux découper moins que trop. Les isolants en laines minérale, laine de bois etc., se compriment latéralement assez facilement si la découpe a été insuffisante. En revanche, si la découpe est trop large, il faut alors traiter le pont thermique à l'aide d'un isolant en mousse ou en laine. Schémas Isover Isolation par isolants en vrac La mise en œuvre des isolants thermiques en vrac dans les combles perdus est régie par : le CPT du CSTB n 3693 Procédés d'isolation par soufflage d'isolant en vrac faisant l'objet d'un Avis Technique ou d'un Document Technique d'application (avril 0) ; le Cahier du CSTB n 33, déjà évoqué plus haut. Les matières utilisées en vrac sont la laine de verre, la laine de roche, la ouate de cellulose, les laines issues de textiles recyclés et, depuis peu, les billes de PSE (voir encadré page ci-contre). Les Règles de l'art ne connaissent pas encore les billes de PSE mais traitent des autres matières. L'isolation en vrac est utilisée pour l'isolation des combles perdus en neuf et en rénovation, mais aussi pour remplir les caissons de planchers bois entre niveaux. L'enquête de l'aqc a mis à jour quelques risques. Pour résumer, l'eau est l'ennemie de l'isolation en vrac. En construction neuve, celle-ci ne doit être mise en œuvre que lorsque le clos-couvert est assuré, c'est-à-dire lorsque l'étanchéité du bâtiment à l'air et à l'eau est obtenue, particulièrement dans le cas des toitures-terrasses. Sinon, une fuite d'eau dans la toiture ou une exposition de l'isolation directement à la pluie ruinent sa résistance thermique tant qu'elle n'est pas asséchée, et entraînent un tassement préjudiciable. Les enquêteurs de l'aqc ont notamment été confrontés à un défaut d'étanchéité à l'eau d'une toiture-terrasse réalisée en caissons de bois. L'eau s'est introduite dans l'isolation contenue dans les caissons et a été piégée entre la membrane étanche à l'eau côté Le Cahier des prescriptions techniques n 3560_V et les DTA spécifiques à chaque marque codifient de manière précise le type et la qualité des isolants en panneaux et en rouleaux à mettre en œuvre dans le cas de l'isolation des combles en rampants. Les différents fabricants ont donc conçu des systèmes particuliers pour chaque configuration : rénovation (schéma de gauche), construction neuve, type de charpente : fermettes, charpente traditionnelle (schéma de droite), etc. extérieur et la membrane d'étanchéité à l'air côté intérieur. Le séchage a duré des mois et a nécessité l'ouverture des coffres de plafonds pour favoriser leur ventilation. L'AQC a également observé plusieurs défauts concernant l'isolation des murs par remplissage des coffres à l'aide de matières en vrac. Là encore, l'eau est un ennemi notoire. Par exemple, lors de la construction d'un bâtiment à ossature bois à l'aide de parois préfabriquées et préisolées, il faut protéger l'isolant de la pluie pendant le transport des éléments préfabriqués, durant leur stockage, et une fois mis en œuvre si le clos-couvert n'est pas réalisé en même temps. à défaut de protection, l'isolant est détrempé par la pluie : perte de résistance thermique et perte de temps puisqu'il faut le faire sécher mais aussi vérifier les panneaux préfabriqués, cavité par cavité, pour s'assurer que l'eau n est pas restée piégée dans l'une d'entre elles. Bref, le gain de temps obtenu par la préfabrication est perdu dix fois. Autre risque si le bâtiment fait appel à deux www Deux nouvelles matières pour l'isolation par l'intérieur Depuis Batimat 0, deux matières nouvelles sont apparues pour l'isolation des combles. Isoduo de Saint-Gobain Isover, un isolant composite à base de fibres de bois (50%), de laine de verre (40%), de liant en fibre de polyester (8,7%) et d'additifs (,3%), est destiné à l'isolation des combles en rampants ou en combles perdus, ainsi qu'à l'isolation des coffres des Murs à ossature bois (Mob). Cette nouvelle matière est protégée par un brevet, conjointement détenu par Buitex et Isover. Une FDES est disponible dans la base Inies ( et sur le site Le premier produit issu de cette nouvelle matière est Isoduo 36, disponible en rouleaux, et dont le coefficient de conductivité thermique λ atteint 0,036 W/(m.K). Les billes ou granulats de PSE constituent la seconde matière. Elles sont mises en œuvre dans les coffres de Mob ou en vrac pour l'isolation des combles perdus, et constituent une couche d'isolation thermique sans joint et sans découpe. Par rapport à la cellulose, les billes de PSE apportent une totale hydrophobie et un meilleur λ (qui varie de 0,033 à 0,035 W/m.K). Photo Isocell Photo Isover Billes ou granulés de PSE. Isoduo, la nouvelle matière d'isover. 8 qualité construction numéro spécial batimat 03 9
16 matériaux différents, bois et béton, par exemple : l'étanchéité entre eux doit être soigneusement réalisée en tenant compte de leurs dilatations différentes, sinon les infiltrations d'eau détruisent l'efficacité de l'isolation. Les concepteurs et les responsables du chantier doivent très clairement affecter la responsabilité de l'étanchéité de la liaison bois/béton à une entreprise, ainsi que la responsabilité de sa vérification. De plus, il faut mettre en œuvre une étanchéité à l'eau et à l'air spécifique pour cette liaison : écran, mousses ou joints élastiques, etc. L'isolation des murs par doublage La mise en œuvre des doublages isolants est soumise à la norme française NF DTU 5-4 Ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre et isolant (décembre 0), et toujours au Cahier du CSTB n 33 pour les aspects de tenue au feu. Malgré la considérable ancienneté de l'isolation par doublage sur le marché français et l'existence d'un DTU, on trouve de nombreux ATec/DTA pour des doublages intérieurs isolants en murs ou en plafonds : plaque de plâtre/isolant ou plaque de plâtre/isolant/plaque de plâtre. Les matières isolantes utilisées sont le PSE, le PSE graphité, la laine de verre, la laine de roche et le polyuréthane (PU). Ces ATec/DTA permettent de déroger à certaines consignes de mises en œuvre générales décrites dans le DTU. Le DTA n 9/-955 du procédé Labelrock de Rockwool permet ainsi de ne pas renforcer l'isolant au niveau de la plinthe, car le panneau comporte d'origine un joint thermique pour éviter le pont thermique en partie basse. Depuis deux ans, aucune nouveauté majeure n'est intervenue en matière d'isolation par doublage. Les niveaux de résistance et de performance thermiques requis poussent les entreprises à mettre en œuvre deux couches d'isolant, amenant le risque possible décrit plus haut d un vide d'air entre les couches d'isolant. En revanche, Fiche conseils «Les pathologies les plus courantes rencontrées portent avant tout sur le passage des gaines électriques, des canalisations de chauffage, d'eau chaude et d'eau froide dans l'épaisseur des doublages.» Photo page ci-contre : la norme NF DTU 5-4 portant sur la mise en œuvre des complexes de doublage isolants prévoit une reprise de l'isolation au niveau de la plinthe pour éviter un pont thermique. Certains panneaux bénéficient d'un ATec qui les exonère de cette reprise, dans la mesure où ils possèdent en partie basse un joint thermique compressible. Conseil Les niveaux élevés d isolation demandés dans les bâtiments performants imposent une mise en œuvre très soignée des diverses solutions d ITI. La petite erreur, auparavant tolérable, devient un pont thermique menaçant quand la résistance thermique globale des parois est importante. Conseil Les systèmes industrialisés d ITI englobent presque toujours une solution pour atteindre une étanchéité à l air satisfaisante. Conseil 3 Sur chantier, la protection des panneaux, rouleaux, sacs d isolant contre la pluie et l eau avant mise en œuvre est indispensable. le risque de panneaux disjoints est réduit dans la mesure où les plaquistes sont de longue date habitués pour des raisons esthétiques à réaliser d'excellentes jointures (bande collée + enduit) entre les panneaux. Les pathologies les plus courantes rencontrées portent avant tout sur le passage des gaines électriques, des canalisations de chauffage, d'eau chaude et d'eau froide dans l'épaisseur des doublages. L acheminement des câbles électriques en paroi verticale est défini par la norme UTE C5-50, qui autorise le passage de câbles d un diamètre à 5 mm entre le mur et l isolant dans l épaisseur du plot de mortier adhésif. La réalisation de saignées dans l isolant n est donc pas nécessaire pour des conduits jusqu'à 5 mm de diamètre. Au-delà, l emploi de gaines contraint à réaliser une saignée dans l épaisseur de l isolant avec un outil adapté pour une découpe soignée, ce qui provoque une diminution de la résistance thermique et doit être compensé. Dans le cas d un système hydrocâblé - un système de distribution de chauffage, d'eau chaude et d'eau froide en tubes de synthèse à partir de nourrices centralisées -, certains fabricants proposent des doublages spécifiques. Le Placomur Ultra Pass de Placoplatre, par exemple, est un complexe de doublage disposant de goulottes pré-installées dans l'épaisseur de son isolant, juste derrière la plaque de plâtre, et destinées au passage de gaines ou de canalisations hydrauliques. De telles solutions facilitent le travail des chauffagistes et des plombiers. Elles assurent également le placement des fluides sur la paroi chaude du doublage collé, ce qui contribue à éviter les incidents provoqués par le gel de l'eau dans les circuits, en cas d'arrêt du chauffage ou du puisage d'ecfs durant quelques jours en hiver. La question de l'étanchéité à l'air de l'isolation par doublage est directement liée au système employé. La plupart des fabricants, dont Isover, Placoplatre, Rockwool et Ursa préconisent l'emploi de membranes. Elles figurent dans les systèmes de doublage à haute efficacité thermique qu'ils commercialisent, de même que tous les accessoires nécessaires. Knauf Bâtiment a choisi une autre voie. Son système Knauf Easy Click assure l'isolation thermique, le passage des câbles et canalisations, et l'étanchéité à l'air sans membrane. Il se compose de panneaux isolants en polyuréthane ou en PSE graphité, d'une ossature métallique légère et de l'accessoire de fixation Easy Click pour le passage des câbles, de plaques de plâtre de parement adaptées à la pièce traitée (résistance à l'humidité, renfort acoustique, etc.). Pas de colle ni de mortier ou de membrane, mais des joints élastomères acryliques, des bandes enduites et des boîtiers électriques étanches à l'air. Knauf Bâtiment revendique le fait que l'on puisse, à l'aide de son système Knauf Easy Click et d'une mise en œuvre soignée, atteindre des niveaux de résistance thermique et d'étanchéité à l'air satisfaisant les exigences du label BBC et de la RT 0. Photo Knauf Bâtiment 30 qualité construction numéro spécial batimat 03 3
17 ISOLATION PAR L'EXTéRIEUR Bien maîtriser les systèmes disponibles texte : Pascal Poggi photos : AQC, BASF, Inthermo, Knauf Bâtiment, Recticiel, Rockwool, DR L'isolation par l'extérieur est encore mal appréhendée par les acteurs français. Les pathologies identifiées sur les chantiers ne remettent en cause les technologies, mais pointent des défauts depuis la conception jusqu'à la mise en œuvre des produits, en passant par leur stockage. Photo DR Par ITE, on entend généralement l'isolation extérieure des parois verticales, globalement régie par le Cahier de prescriptions techniques (CPT) n 37 Systèmes d'isolation thermique des façades par l'extérieur faisant l'objet d'un Avis Technique, datant de mars 983. Au-delà de l'ite en parois verticales, il ne faut cependant pas oublier les autres solutions d'isolation thermique par l'extérieur au sens où l'isolant s'installe hors du bâtiment : l'isolation thermique des parois enterrées, en fort développement depuis deux ans, l'isolation en sur-toiture pour les toitures inclinées, l'isolation en toiture chaude des toitures-terrasses, l'isolation des fondations. N'oublions pas non plus les panneaux sandwiches industrialisés acier/isolant/acier, acier/ isolant/béton, béton/isolant/béton, porteurs ou non, ainsi que les murs manteaux préfabriqués en ossature bois, dont la nature et la mise en œuvre sont plus proches de l'isolation par l extérieur que par l'intérieur. L'ITE illustre parfaitement le constat principal et global de l'enquête menée par l AQC sur les dysfonctionnements rencontrés dans les bâtiments performants. Premièrement, les produits et systèmes d'ite sont parfaitement aptes à remplir les missions pour lesquelles ils sont conçus. Deuxièmement, l'ite n'est pas encore assez familière à l'ensemble des participants à l'acte de construire. Troisièmement, son emploi parfois irréfléchi aboutit à des désordres aisément évitables en suivant les règles de conception, de La laine de verre, en trois couches croisées, se prête à l'isolation par l'extérieur de bâtiments de forme courbe. Une membrane étanche à l'air et à l'eau est collée sur la troisième couche d'isolant, ses lés sont soudés les uns aux autres. Un bardage protège l'ensemble. L ITE est protégée vis-àvis des UV et des intempéries durant le chantier. stockage et de mise en œuvre. C'est relativement rassurant. On peut imaginer qu'une familiarité grandissante avec les solutions d'ite entraînera une réduction des problèmes constatés. Les désordres liés à l'ite L'enquête de l'aqc relève quelques désordres liés à la mise en œuvre de l'ite en construction neuve. Une première famille a trait à un défaut de surveillance de l'exécution des travaux ou à une préparation insuffisante des interfaces entre entreprises lors de la conception de l'opération. Par exemple, les enquêteurs de l'aqc ont pu constater un vide entre l'ite des parois enterrées et celle de la paroi verticale hors-sol. Cela crée naturellement un pont thermique, susceptible d'entraîner toutes les conséquences classiques : surconsommation d'énergie, condensation à cet endroit non isolé avec possible dégradation des bétons, des revêtements intérieurs, etc. Deuxième exemple, le temps de séchage conséquent requis par la projection d'isolant par voie humide essentiellement la ouate de cellulose projetée dans les cavités des constructions à ossature bois n est pas toujours anticipé, ce qui du coup immobilise les chantiers. Troisième exemple, les plaques de PSE sont posées disjointes sur les façades. Les vides entre deux plaques sont ensuite comblés par de la mousse de polyuréthane expansée. L'impact thermique est négligeable mais le temps de reprise des vides influe sur la durée du chantier. www Photo AQC 3 qualité construction numéro spécial batimat 03 33
18 Photo AQC 3 Photo Knauf Bâtiment Photo DR De plus, le fait que la dilatation de la mousse de PU soit différente de celle des plaques en PSE peut entraîner dans le temps des fissurations de l'enduit de revêtement et même des décollements par poussée. Il faut poser les plaques de manière jointive, utiliser des panneaux rainurés pour faciliter les emboîtements, découper les plaques au fil chaud plutôt qu'à la scie pour obtenir des découpes droites, etc. Dernier exemple, des panneaux PSE sont parfois collés à l'aide de plots de colle épais, ce qui suscite l'apparition d'une lame d'air entre la maçonnerie et l'isolant. Si cette lame d'air est ventilée, l'efficacité de l'isolation thermique est largement diminuée. De plus, cela crée une sorte de «peau de tambour» collée à la façade, ce qui contribue à amplifier les bruits extérieurs et à réduire la performance acoustique de l'enveloppe. Il faut privilégier les cordons de colle plutôt que des plots. La seconde famille de pathologies est liée à une totale méconnaissance des produits mis en œuvre ou à une négligence tellement grossière qu'elle paraît difficilement concevable. Par exemple, les plaques d'isolant en laine minérale sont stockées sur chantier sans protection et se retrouvent détrempées par la pluie, ou encore les plaques sont réceptionnées détrempées (mauvais stockage chez le grossiste) et posées mouillées. Également, les panneaux de laines minérales sont posés sur les façades puis laissés sans protection durant des jours, en attendant la pose du bardage rapporté, alors qu il suffirait de bâcher la façade. Bien évidemment, Panneaux d ITE non jointifs par endroits, avec une découpe très approximative. En ITE sous bardage ventilé, les menuiseries sont posées au nu extérieur de la maçonnerie. La laine de roche est fixée en couches croisées à l'aide de chevilles en matière de synthèse pour minimiser les ponts thermiques, tout comme les étriers d'accrochage de l'armature du bardage. 3 L'isolation par l'extérieur sous bardage rapporté avec lame d'air impose une conception attentive de la protection incendie. à défaut, lors d'un départ de feu, le bardage ventilé agit comme une cheminée et favorise la propagation de la flamme. Si l'ossature du bardage est en bois, elle fournit en plus une masse combustible qui nourrit le sinistre. La réglementation, qui prévoit des coupures de la lame d'air du bardage ventilé, est en cours de durcissement. Elle imposera sans doute une coupure à chaque niveau dès 04. des laines mouillées perdent une partie de leur résistance thermique, sont plus lourdes et peuvent être déchirées par leur propre poids autour des fixations, provoquant l'apparition de ponts thermiques. En outre les laines mouillées facilitent le développement d'algues et de champignons sur les parois. Autre exemple : les panneaux de PSE graphités se dilatent sous l'effet de la chaleur, donc s'ils ne sont pas protégés durant leur stockage sur chantier, ils sont posés dilatés. En reprenant leur forme initiale, ils se rétractent et des vides apparaissent entre panneaux : ponts thermiques, fissuration du revêtement de façade, etc. De leur côté, les fabricants ont identifié d'autres risques. D'une manière générale, quelle que soit la technique d'ite, il faut choisir attentivement les chevilles de fixations. Premièrement, il faut préférer des chevilles isolantes en matériau de synthèse pour minimiser les milliers de ponts thermiques ponctuels, sinon le risque est de créer des centaines ou des milliers de points chauds sur une façade. Or chaque point chaud va ralentir le développement naturel des algues et autres champignons qui s installent naturellement sur toute façade, ce qui produira à terme, au droit de chaque point de fixation, une teinte différente du reste de la façade (car moins sale). Deuxièmement, il faut s'assurer de la bonne fixation des chevilles, notamment si la façade est composée de corps creux (blocs béton, briques creuses, etc.). Dans le cas de l'etics, il faut désolidariser les points de contact entre l'isolant et l'enduit www L'isolation thermique des parties enterrées La recherche de la performance de l'enveloppe requiert désormais d'isoler les parties enterrées. Les solutions d'isolation des parties enterrées verticales se multiplient (). L'isolation des fondations sous le bâtiment est encore rare, mais au moins deux techniques existent et sont déjà disponibles. Pour l'isolation des parties verticales enterrées, il faut, outre un bon pouvoir d'isolation thermique durable dans le temps, rassembler quatre propriétés : une forte résistance mécanique à la compression, une totale hydrophobie, une imputrescibilité parfaite, une excellente résistance aux attaques de rongeurs, insectes, etc. Deux matières sont connues pour satisfaire à ces exigences : le Foamglas et le PSX ou XPS (polystyrène extrudé), le second affichant une conductivité thermique nettement meilleure. Le PSE est également utilisé jusqu'à de faibles profondeurs. Même s il est couramment utilisé dans le monde pour l'isolation des parois enterrées, le Foamglass ne bénéficie d'un DTA (n 5/0-) que pour l'isolation par l'extérieur des toitures-terrasses. En France, pour l'instant, seul Pittsburgh Corning France distribue du verre alvéolaire sous la marque Foamglas. Le PSX, quant à lui, est principalement fabriqué par Dow Chemical ou par BASF. La quasi-totalité des produits disponibles en France viennent de l'un de ces deux industriels : le groupe Saint-Gobain a choisi Dow, tandis que Lafarge distribue les systèmes de BASF sous la marque Styrodur. De son côté, Knauf Insultation propose ses plaques Polyfoam Duo, et Knauf Bâtiment dispose des plaques Knauf Therm Th36 SE et Knauf Therm Perimaxx. Un autre XPS, Jackodur de Jackon Insulation, se distingue par une utilisation sans limite de profondeur (sauf en de présence de nappes phréatiques) et un emploi en isolation de fondations aussi (voir plus loin). Enfin, certains procédés utilisent d'autres matériaux : Somdrain RT5 d'afitex combine une solution d'étanchéité et de drainage à un isolant sous forme de panneaux de polyisocyanurate (une variété de polyuréthane) de 70 mm d'épaisseur. Somdrain RT5 est utilisable jusqu'à 3 m de profondeur. Lorsqu'il s'agit de l'isolation thermique des fondations à proprement parler, c'est-à-dire de poser le bâtiment sur l'isolation, on ne trouve plus que deux matéraux : le PSX et les billes de verre soufflé. Le PSX est notamment utilisé par Jackon Insulation avec son système Jackodur KF 300, 500 ou 700. On constitue une semelle en plaques de PSX d une épaisseur de 40 à 40 mm et on coule les fondations dessus. Cette solution convient pour des bâtiments de plain-pied ou R+. Pour l'instant, seul le système de Jackon Insulation est disponible en France. Pour les bâtiments de plus grande taille, l'isolant utilisé est le granulé de verre soufflé. Issus du recyclage du verre, des granulés de 0 à 60 mm de longueur sont versés à fond de fouille en épaisseur de 0,5 m à plusieurs mètres, et le bâtiment est construit par-dessus. Les marques de granulés de verre soufflé sur le marché allemand sont notamment Geocell et ecoglass. () La CSFE-FFB (Chambre syndicale française de l'étanchéité,) a publié en octobre 00 les Recommandations professionnelles L'isolation thermique des parois enterrées avec revêtement d'étanchéité. Téléchargeable sur 34 qualité construction numéro spécial batimat 03 35
19 d'une part, et les points durs tels que les menuiseries ou les coins de façade d'autre part, car les dilatations sont différentes, Cela est réalisé grâce à une bande de mousse PU de 0 mm qui absorbe par compression la dilatation de l'isolant et de l'enduit contre le point dur. En synthèse, aucune des pathologies récurrentes identifiées ne remet en cause un produit ou une technique. Elles pointent juste un manque de connaissance chez l'ensemble des acteurs, des concepteurs aux entreprises. L'ITE sous enduit en parois verticales Les procédés d'ite en parois verticales non enterrées sont nombreux, mais ils se rassemblent en trois grandes catégories : mise en œuvre sous enduit, sous bardage rapporté, ou vêture isolante. Les systèmes sous enduits sont souvent appelés Etics (External thermal insulation composite systems). Les produits isolants utilisés sont avant tout le PSE (polystyrène expansé) blanc ou graphité et la laine de roche. Pour des raisons historiques semble-t-il, le PSE représente environ 80 % du marché français de l'etics. En France, les premières solutions apparues dès la fin des années 70 concernaient en effet le PSE. Les systèmes d'etics avec laine de roche sont apparus 0 ans plus tard. Qu'il s'agisse d'etics à base de PSE ou de laine de roche, la mise en œuvre est régie par le CPT du CSTB n 3035_V Systèmes d isolation thermique extérieure par enduit sur www L'isolation des toitures par l'extérieur Alternative à la toiture traditionnelle, la toiture à isolation thermique intégrée se pose depuis l'extérieur du bâtiment. Elle consiste en l'assemblage de panneaux préfabriqués sur des toitures en pente avec pannes apparentes. Trois opérations suffisent : pose des pannes de la charpente, des panneaux isolants puis de la couverture. En sous-face, les panneaux isolants offrent toutes sortes de finitions : plaques de plâtre, lambris, panneaux de particules, finition décorative, acoustique, etc. Cette solution assure une isolation continue, supprime les ponts thermiques de la toiture et protège la charpente qui peut rester apparente dans le volume habitable ; elle convient aussi bien à la construction neuve qu'à Les milliers de ponts thermiques ponctuels causés par la fixation de l'ite sur le support maçonné d'une façade sont désormais pris en compte dans un calcul RT 0. Les fabricants ont donc développé des solutions de fixations où les matériaux de synthèse remplacent l'acier pour minimiser ces ponts thermiques. L'isolation par l'extérieur des bâtiments à parois métalliques n'est possible qu'avec des solutions sous bardage rapporté. La plupart des fabricants de laines minérales proposent des solutions spécialement développées pour cet emploi. 3 Remplissage des vides entre panneaux en fibres de bois par du silicone (mauvais produit). 4 L'une des sources de désordres de l'ite provient du mauvais stockage des isolants, soumis aux intempéries, avant leur mise en œuvre. 5 Remplissage de panneaux d ITE non jointifs avec de la mousse polyuréthanne (mauvais produit). la rénovation si la couverture doit être refaite. Cependant, le traitement de l étanchéité à l air peut être délicat à la jonction mur/toiture du fait du passage des solives ou chevrons au travers du plan d étanchéité à l air. L'emploi est plus fréquent en maison individuelle, mais devient commune également sur des locaux de grand volume (salles polyvalentes, piscines, salles de sport, etc.) et sur les bâtiments collectifs à toiture en pente. Selon la nature laine de roche, laine de verre, PSE, PSE graphité ou même PU et l'épaisseur des panneaux, la résistance thermique de la toiture dépasse 8 m².k/w. Les panneaux atteignent de grandes longueurs :,5 à 8 m par exemple pour les panneaux Fibratec Xtherm Ultra 30 ou 3 de Knauf Bâtiment. Photo DR Photo DR Photo AQC Photo AQC 3 5 Photo DR 4 36 qualité construction numéro spécial batimat 03 37
20 Photo AQC Photo Recticiel 4 Photo Inthermo 3 Photo Inthermo polystyrène expansé de juillet 03. Ce texte est complété par les procédures d Avis Techniques (ATec) ou Documents Techniques d Application (DTA), qui viennent préciser la nature des parois admissibles, la matière et le conditionnement de l'isolant thermique, la nature et la mise en œuvre de l'enduit, le type de finition, les performances feu, mécaniques (chocs, vents, etc.), hygrothermiques, etc. Certains vont même jusqu à nommer les marques et modèles acceptés de chevilles de fixation et d isolants. Outre la laine de roche et le PSE, deux autres matières isolantes apparaissent dans les quelques 80 ATec ou DTA concernant l'etics : les fibres de bois et la mousse phénolique. Chacune fait l objet d un unique DTA : le procédé Pariso MOB FB-M (DTA n 7/-5) de Parexgroup porte sur des panneaux de fibres de bois sous enduit, posés sur des murs extérieurs en ossature bois ; le système weber.therm XM ultra (DTA n 7/-498*V) de Saint-Gobain Weber France concerne des panneaux en mousse phénolique, revêtus d'un voile en fibre de verre sur chaque face ; il affiche une remarquable conductivité thermique λ de 0,03 W/m.K pour 40 mm d épaisseur. Weber évalue à 00 HT/m² le coût fourni posé de ce système, avec un isolant de 9 cm d'épaisseur. La mousse phénolique possède un comportement au feu similaire à celui de la laine de roche. à résistance thermique égale, son épaisseur est cependant plus réduite et son poids inférieur de plus de moitié à celui de la laine de roche. Les autres matières isolantes classiques, comme le PSX (polystyrène extrudé), le PU (polyuréthane) ou la laine de verre densifiée ne sont pas utilisées en Etics. Ils le pourraient parfaitement mais ils n'apportent en fait aucun avantage en termes de tenue au feu ou d acoustique par rapport au PSE ou à la laine de roche, ils demeurent nettement plus coûteux, sans que leurs qualités intrinsèques ne soient valorisables dans le contexte d'une ITE en parois verticales (meilleure résistance à la compression pour le PSX, meilleur λ pour le PU, etc.). Quant aux isolants biosourcés, aucun d'entre eux n'est employé en Etics sur parois verticales, à l'exception des panneaux en fibres de bois mentionnés précédemment. Les solutions d'etics disponibles sur le marché français sont avant tout conçues pour les parois maçonnées ou en béton, qu'il s'agisse de béton banché sur chantier ou d'éléments en béton préfabriqués. Parmi les quelques 80 ATec/DTA, une quinzaine de procédés concernent cependant une mise en œuvre sur des parois en ossature bois (Pariso MOB PSE-M de Parexgroup SA, Para-Therm MOB Classic de Plasdox, Sto Therm Classic 7 de STO AG, etc.). Aucun ATec ne concerne une mise en œuvre sur parois en métal, sur ossature métallique, ni sur panneaux bois structurels. En ce qui concerne la finition, outre les Etics avec peinture, poudre de marbre, etc., des fabricants autorisent la pose de toutes Mise en œuvre d une ITE avec des épaisseurs différentes et un calepinage assez aléatoire (mauvaise pratique) L'ITE n'est pas dissociable de l'étanchéité à l'air du bâti. Un système d'ite comporte non seulement un isolant, mais aussi des membranes d'étanchéité et tous les accessoires nécessaires. L'ITE appliquée aux bâtiments existants requiert des accessoires spécifiques : il faut notamment isoler le retour des fenêtres posées au nu intérieur de la maçonnerie pour ne pas créer de ponts thermiques spécifiques. Les panneaux en mousse de polyuréthane rigide avec leur coefficient λ élevé et donc une épaisseur relativement faible permettent de ne pas perdre trop de clair de jour. 3 Les systèmes de hourdis isolants constituent une isolation thermique extérieure des dalles sur vide sanitaire en maisons individuelles, en petit collectif et en petit tertiaire. Les fabricants ont ajouté des pièces isolantes pour réduire le pont thermique de la maçonnerie périphérique du vide sanitaire. Feu et isolation en ERP Les façades sont soumises à l'instruction Technique IT 49, publiée par arrêté du 4 mais 00 «portant approbation de diverses dispositions complétant et modifiant le règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public». Depuis le 0 janvier 0, la Coprec, l'afipeb et l'association «le Mur manteau» ont décidé de se conformer à l'it 49 également pour les bâtiments collectifs d'habitation. L'IT 49 est en cours de révision, sortes de plaquettes de parement, comme Tollens avec Toll-O-Therm RP. L ITE sous bardage rapporté L'ITE en parois verticales sous bardage rapporté constitue la principale solution pour l'isolation thermique des bâtiments tertiaires, neufs ou réhabilités. Elle se développe également en logements collectifs et en rénovation de maisons individuelles existantes. Sa mise en œuvre est décrite dans les Cahiers du CSTB n 394 et 3586_V (ossature métallique), 336 et 3585_V (ossature bois). Contrairement à l Etics, la technique du bardage rapporté permet de mettre en œuvre d'importantes épaisseurs d'isolant (> 50 mm) si nécessaire. Les matières employées sont avant tout des laines simples à mettre en œuvre : les laines minérales (laine de verre et de roche) et, depuis deux ans, la laine de chanvre. D'autres matières sont concevables : le Foamglas, par exemple, est utilisé en raison de sa totale insensibilité à la pluie. En matière d'ite sous bardage, outre la multiplication des esthétiques de bardages, on recense deux évolutions majeures depuis deux ans : la réduction du coefficient λ des isolants utilisés et l augmentation de leurs épaisseurs. Il existe désormais des laines avec des λ de 0,03 W/(m.K) jusqu'à des épaisseurs de 00 mm, comme le produit Façade 03 B de Knauf Insulation, qui offre ainsi une résistance thermiques R supérieure à 6 (m².k)/w. Isover propose ses gammes Isofaçade 3 jusqu'à 60 mm (R = 5), Domisol LV pour la maison individuelle (λ de 0,03, 0 et 50 mm), Multimax 30 (λ de 0,03, épaisseur jusqu'à 90 mm correspondant à une valeur R = 3). Rockwool propose Rockfaçade et Rockglace (λ de 0,035, jusqu'à 00 mm), mais dispose en plus d un parement de bardage en laine de roche comprimée sous haute pression, Rockpanel. Ce dernier est disponible en 4 finitions : Natural (sans aucune finition, il devient bien foncé sous l'action du soleil), Colours (00 coloris), Metallics (finition métallique très résistante) et www la nouvelle version sera prête en 04 et devrait expressément traiter des immeubles collectifs. L'IT 49 établit la fameuse règle du C+D et détaille les techniques de construction soumises ou non à cette règle. Pour ce qui concerne l'isolation par l extérieur des ouvrages en béton ou maçonnerie, elle impose un certain nombre de conditions pour chaque technique (systèmes d isolation sans lame d air, avec lame d air, systèmes avec enduit ), notamment au niveau de l Euroclasse de l isolant. 38 qualité construction numéro spécial batimat 03 39
21 Photo Rockwool Photo AQC 3 Rockpanel de Rockwool est un parement de bardage en laine de roche compressée. Il est associé à une laine de roche Rockfaçade pour une ITE sous bardage ventilé. Mis au point par BASF, le PSE graphité offre une meilleure résistance thermique que le PSE Fiche conseils Photo BASF Conseil Il n'existe aucun système d'ite convenant à tous types de bâtiments. Pour chaque chantier, il faut une analyse précise des buts (esthétique, thermique, acoustique, durée de vie en œuvre) à atteindre et des contraintes (tenue mécanique, feu, économique) à respecter pour choisir le bon système. Conseil Les produits d'ite et leur mode de mise en œuvre évoluent rapidement. Les acteurs doivent se former à leurs particularités et respecter les Règles de l'art. Conseil 3 La responsabilité des concepteurs est au moins aussi grande que celle des entreprises. Les arbitrages importants (feu, thermique, acoustique) sont réalisés durant la conception. L'étude ne peut plus être superficielle et doit aller jusqu'à l'exécution en prévoyant les points difficiles et en proposant des solutions. blanc. En ITE, il faut tenir compte de sa dilatation et ménager une transition élastique entre les points d'appuis durs (menuiseries de portes et de fenêtres ) et les dalles isolantes. 3 Si l ITE en façade a bien été posée, on constate en revanche l absence d isolation en pied de mur. «Selon les fabricants, une résistance thermique R de 6 (m².k)/w en façade devrait convenir jusqu'à la RT 00.» Woods (trames du bois naturel). Rockwool dispose ainsi d'une solution complète isolant + parement entièrement en laine de roche. Contrairement aux solutions d'etics, il existe en ITE sous bardage rapporté des systèmes conçus spécifiquement pour les constructions métalliques, dont Isofaçade noir 35R pour Saint- Gobain Isover et Rockstyl' System pour Rockwool. Ce dernier est un procédé de bardage «double peau» (ATec n /-5) composé de plateaux de bardage métalliques horizontaux comme support, d un panneau en laine de roche Rockbardage (λ de 0,034) usiné pour s intégrer aux géométries spécifiques des plateaux de bardage, d'un pare-pluie métallique ou synthétique, d'une ossature secondaire métallique et du parement extérieur Rockpanel. Selon les fabricants, une résistance thermique R de 6 (m².k)/w en façade devrait convenir jusqu'à la RT 00. Pour aller au-delà avec une solution d'ite sous bardage et réduire encore les déperditions dans des projets Bepos, il faut soit changer de matériau et adopter par exemple des panneaux de PU, soit mettre en œuvre deux couches superposées de laines minérales avec un λ de 0,03 W/(m.K). Deux-en-un : l'ite par vêture isolante Les vêtures isolantes sont constituées d un isolant solidaire d un parement et collé en usine. Le parement assure l esthétique de la façade et la protection de l isolant. Ces vêtures, directement posées sur la paroi, sont mises en œuvre par emboîtement et fixées mécaniquement sur une ossature. Grâce à cette technique inventée par Vetisol en 98, isolation thermique et finition de la façade sont effectuées en une seule opération. Toutes les vêtures isolantes sont sous ATec. Les isolants employés sont la laine de roche, le PSE ou le PSE graphité, le PU. Outre Vetisol, quatre ou cinq autres fabricants proposent des vêtures isolantes, dont Terreal avec Thermoreal-Gebrik, Isostone, Myral, Rocamat et Vandersanden. L'un des intérêts de cette solution réside la grande dimension des éléments de vêture. Le procédé Vétisol Clin de Vetisol affiche des largeurs de 60, 80, 00 et 0 cm, et jusqu'à 6 m de longueur avec une laine de roche, et m avec un PSE. Si la résistance thermique des vêtures proposées ne suffit pas, les ATec indiquent qu'il est possible de mettre ces systèmes en œuvre sur une isolatio n posée préalablement, - Etics, dalles de PSE ou PU -, ce qui a un intérêt en rénovation. XPS et radier thermique Pour une enveloppe isolante encore PluS Performante Le radier thermique : son principe La dalle de fondation du bâtiment est posée sur une couche d isolation. Cette application nécessite un isolant capable de satisfaire toutes les contraintes de charges du bâtiment, pendant toute sa durée de vie. Le polystyrène extrudé XPS, offre un comportement en compression à long terme (fluage) des plus élevés du marché, ce qui en fait l un des seuls produits adaptés à cette application. Ses avantages Complément idéal d une ITE, Assure la parfaite continuité de l enveloppe thermique Remplace les fondations filantes génératrices de ponts thermiques Renforce l efficacité énergétique des bâtiments Est parfaitement compatible avec les exigences de la RT 0 La réponse pour les les bâtiments passifs et à énergie positive. Les + de l XPS dans cette application Résistance à l humidité et au fluage élevée (jusque 50 kpa) Imputrescibilité, haut pouvoir isolant à long terme Ces caractéristiques certifiées ACERMI font de l XPS l allié idéal des radiers thermiques. Ses performances thermiques et mécaniques durables, y compris en présence de sol humide ou d eau, font de l XPS l isolant de référence pour cette application utilisée depuis de nombreuses années. Basf Dow Jackon Insulation Knauf Insulation Ursa 3. Enduit extérieur. Isolant thermique XPS 3. Mur extérieur 4. Chape 5. Radier 6. Film PE 7. Isolant thermique XPS 8. Couche de propreté qualité construction numéro spécial batimat 03
22 PONTS THERMIQUES De nombreux risques, mais des solutions sur le marché texte : Pascal Poggi photos : ALC, Alkern, AQC, Evelyne Derlon, Fischer Fixations, IT-Fix, Piveteau, Rector, Schöck, Wienerberger Non prise en compte au stade de la conception ou oublis à la mise en œuvre : les ponts thermiques restent nombreux. Pourtant, les fabricants ont développé une offre large de rupteurs et autres composants pour les supprimer. Pour combattre les ponts thermiques, deux stratégies sont possibles. Premièrement, éviter qu'ils n'apparaissent, ce qui revient pour l'essentiel à respecter les Règles de l'art de la mise en œuvre de l'isolation thermique. Deuxièmement, les traiter s'ils sont inévitables. Souvenons-nous que l'effet d'un pont thermique dépend de l'importance de la différence de résistance thermique entre la localisation du pont thermique et les parties isolées adjacentes. Autrement dit, le potentiel de sinistralité d'un pont thermique est plus élevé s'il se trouve par exemple entre deux parois fortement isolées dont la liaison n est pas isolée. Ce qui signifie, autre exemple, que la pose d'une Isolation par l'intérieur (ITI) en rénovation accroît le pont thermique entre la dalle et le mur de refend et augmente le risque de pathologie (voir tableau ci-contre). Il faut donc analyser à chaque fois le bâtiment comme un système complet et bien comprendre sa physique particulière. La fiche technique T7 Les ponts thermiques dans les bâtiments performants élaborée par le bureau d'études Enertech présente l'ensemble des types de ponts thermiques, les risques qu'ils comportent et la manière de les traiter (). Elle souligne notamment que «plus un bâtiment est isolé, plus les ponts thermiques deviennent les seuls points de passage de la chaleur vers l extérieur [ ]. Ces problématiques ont également un lien très fort avec les questions d humidité et de condensation. En effet, dans les bâtiments très Photo page ci-contre : en construction neuve, en rénovation lourde ou en surélévation, la technique de l'isolation thermique répartie telle que la pratique Saint- Gobain Isover avec Façade F4 traite l'ensemble des ponts thermiques. () Téléchargeable sur isolés, les ponts thermiques deviennent les seuls points froids. Ils concentrent tous les risques de condensation, et les pathologies potentielles qui y sont associées». à titre d exemple, «il faut retenir qu une surface non isolée où du béton relie directement l intérieur à l extérieur, crée une zone déperditive, dont l influence se propage latéralement sur plus de 50 cm dans un voile de béton de 0 cm d'épaisseur.» Les ponts thermiques identifiés en conception Lors de son enquête sur les bâtiments performants, l'aqc a identifié toute une série de manquements que nous pouvons rassembler en trois grandes familles. La première est directement attribuable à une méconnaissance des règles de conception. La principale règle d or en conception veut que, sur une paroi donnée, on isole partout avec un même niveau de résistance thermique. L'AQC a par exemple relevé le cas d'une façade dotée d'une ITE (Isolation thermique par l extérieur) sous bardage ventilé, sans isolation du pied de façade sur une hauteur d environ 5 cm, l objectif recherché étant de ménager le passage de l'air pour la ventilation du bardage. Les concepteurs, croyant bien faire, ont eux-mêmes créé le parfait pont thermique! Certes, la norme NF P65-0- (DTU 4.) Revêtements extérieurs en bois, précise qu'aucun élément du bardage ne doit se trouver à moins de 0 cm du sol, mais pour autant www Photo ALC Calcul de ponts thermiques en réhabilitation (Plancher et façade béton, R = 5 m².k/w pour l'iti et l'ite) État initial sans isolation ITI Boîte dans la boîte ITE Valeur du pont 0,75 0,9 (+%) 0,56 (-5%) 0,05 (-93%) thermique Ψ Risque en W/(m.K) de pathologie Source : bureau d études thermiques Pouget Consultants 4 qualité construction numéro spécial batimat 03 43
23 Photo Schöck Photo AQC Photo Wienerberger 3 5 Photo Fischer Fixations Photo AQC 4 cette partie doit être isolée. Deux solutions existent pour traiter ce point délicat. Premièrement, remonter l'isolant rigide de la partie enterrée jusqu'à faire jonction avec l'isolant derrière le bardage. La plupart des isolants de partie enterrée sont prévus pour cet emploi et peuvent recevoir un enduit, ce qui garantit l'esthétique de la façade. Deuxièmement, poser un isolant rigide sous enduit entre l'isolant derrière le bardage et l'isolant de la paroi enterrée. Dans les deux cas, si cet ouvrage est aussi épais que le bardage et bloque l'entrée d'air, il suffit de placer une grille pour ménager une entrée d'air horizontale en façade au pied du bardage. Cela suffit pour assurer une circulation dans la lame d'air du bardage ventilé. L'AQC a également rencontré en construction neuve une absence d'isolation thermique au seuil des portes et portes-fenêtres, ce qui crée un pont thermique à la liaison avec la dalle, avec risque de condensation à l'intérieur. Ce problème doit être appréhendé dès la conception. Il existe des blocsportes et portes-fenêtres avec rupture de pont thermique, ce qui ne suffit pas puisque seul le pont thermique de la menuiserie est traité là, sauf si l'ite remonte contre la face inférieure de la menuiserie du seuil. Si ce n est pas le cas, il faut rajouter un composant agissant comme rupteur de pont thermique (un bloc de polyuréthane, par exemple), précisément défini à la conception, puis façonné et mis en œuvre sur le chantier. Troisième constat de l'aqc : la liaison entre la dalle et l'ossature bois des murs extérieurs d un bâtiment n'est pas isolée. Après avoir posé le coffrage isolant de la dalle, le ferraillage et les tés métalliques inversés sur lesquels l'ossature bois sera vissée, la dalle est coulée, laissant seules émerger les parties métalliques. L'ossature bois est alors vissée dessus, reposant sur la dalle et occasionnant un pont thermique périphérique. Comme le mur à ossature bois est, pour sa part, fortement isolé (remplissage des cavités puis panneaux d'isolant côté extérieur pour éviter les ponts thermiques dus à la différence de résistance thermique entre les montants en bois et l isolant) et que la dalle elle-même est isolée par le dessous, le pont thermique ainsi créé est particulièrement élevé. La première solution consiste à poser dans la dalle, au droit du mur extérieur, un composant capable de résister au poids de la structure du mur, tout en offrant une faible conductivité thermique, comme du verre cellulaire, des blocs de pierre artificielle, du béton cellulaire, etc. Le second remède est de remonter l'isolation des parties enterrées jusqu'au contact avec l'isolant du mur à ossature bois. Il faut cependant préciser que l'enquête de l'aqc porte sur des bâtiments performants (type label BBC par exemple) sous le régime de la RT 005. Une partie des erreurs mises à jour ne pourra plus se produire dans la RT 0, puisque le calcul obligatoire des ponts thermiques et la valeur maximum des ponts thermiques linéiques à ne pas dépasser figure dans le texte de la RT et Photo Wienerberger Pour la fixation des balcons en construction neuve, le rupteur de pont thermique spécialement conçu pour cet usage constitue l'une des rares solutions de traitement. Plusieurs fabricants proposent des chevilles et tiges entièrement en matériau de synthèse ou bien gainées de matériau de synthèse, de manière à réduire les nombreux ponts thermiques ponctuels liés à l'accrochage de l'isolant à la paroi extérieure, dans le cadre d'une ITE. 3 Absence d isolation en pied de mur. 4 Ici, le retour d'isolant en tableau de fenêtre a bien été pris en compte. 5 Le pont thermique des seuils de portes et de portes-fenêtres doit être traité par une pièce spécifique. 6 Les techniques de construction à partir de blocs maçonnés pré-isolés, tels ces blocs monomur, traitent un certain nombre de ponts thermiques, notamment la liaison plancher bas/murs extérieurs. 6 () Téléchargeables gratuitement sur que tous les logiciels de calcul alerteront les concepteurs si cette valeur est dépassée. Deux Recommandations professionnelles du Programme «Règles de l'art Grenelle Environnement 0» Systèmes constructifs à ossature bois - Maîtrise des performances thermiques (mars 03) et Façades ossatures bois non porteuses Neuf (juillet 03) doivent guider les concepteurs et les entreprises pour éviter ce type de pont thermique à la conception (). Les oublis à la mise en œuvre La deuxième famille de défauts constatés par l'aqc relève davantage de la mise en œuvre. Par exemple, en cas de pose d une ITE avec implantation des menuiseries en tunnel (à laquelle on préfèrera une pose au nu extérieur de la maçonnerie), le retour de maçonnerie entre le nu extérieur et la menuiserie peut s avérer mal isolé, voire pas isolé du tout. Dans la mesure où la façade est fortement isolée par l ITE, ces 0 à 5 cm de retour doivent l'être également, tout comme la liaison entre la menuiserie et la maçonnerie. Le retour doit recevoir un isolant à conductivité thermique réduite pour éviter une trop forte épaisseur qui réduirait le clair de jour des fenêtres. Le polyuréthane, avec son coefficient de conductivité thermique λ de l'ordre de 0,08 W/m.K, est tout indiqué. Pour l'isolation entre les menuiseries et la maçonnerie, les fabricants proposent des bandes de mousse imprégnée (pré-comprimées ou pas) assurant à la fois l'isolation thermique et l'étanchéité à l'air. Il faut suivre leurs indications et ne pas tenter de réduire les épaisseurs. Autre point identifié par l'aqc : les coffres de volets roulants non isolés, une erreur due à un mauvais choix de produit dicté par les habitudes. Le coffre de volet roulant constitue un point faible thermique, acoustique et vis-à-vis de l'étanchéité à l'air. Les fabricants offrent désormais des coffres isolés sur leur face intérieure, étanches à l'air et traités avec un affaiblissement acoustique. Le Cstb a développé la marque «NF Fermetures», applicable à la fois aux fenêtres et bloc-baies en PVC et en aluminium à rupture de pont thermique, avec le classement Vemcros (pour les huit critères vent, endurance, manœuvre, résistance au choc, comportement à l ensoleillement, occultation, corrosion et résistance thermique). Elle certifie notamment la résistance thermique R de l'ensemble du bloc-baie, dont celle du coffre de volet roulant. Il est toujours possible d'utiliser des coffres de volets roulants extérieurs, plus faciles à isoler, mais étant particulièrement inesthétiques, les architectes les apprécient peu. Une autre solution consiste à renoncer aux volets roulants au profit d'autres types de volets : battants, coulissants, etc. Ceci étant, l'aqc a identifié des problèmes à leur propos : avec une ITE, la fixation de ces volets traverse l'isolant et crée un pont thermique singulier. Ces ponts thermiques, tout comme ceux que créent les fixations de l'isolant sous bardage www 44 qualité construction numéro spécial batimat 03 45
24 Photo Piveteau ou sous enduit, sont pris en compte par la RT 0. Ils doivent être calculés et traités. Le bureau d études Enertech s'est ainsi livré à deux calculs pour une paroi avec ITE de 7 cm de laine de verre (coefficient de conductivité thermique λ = 0,038 W/m.K) et éléments métalliques en équerre fixés à la paroi pour supporter directement le parement de bardage ou l'ossature du bardage. Calculée sans tenir compte des ponts thermiques engendrés par les équerres de fixation, la transmission thermique U de la paroi est de 0, W/m².K. En comptabilisant les ponts thermiques des équerres, elle atteint 0,3 W/m².K, soit 50 % de déperditions en plus Pour éviter ces ponts thermiques sur chantier, Enertech estime qu une «cale» de mousse placée entre l'équerre et la paroi brute est inefficace : les chevilles métalliques traversent cette mousse et maintiennent un pont thermique. La valeur U calculée atteint encore 0,30 W/m².K, soit 40 % de plus qu'une paroi sans pont thermique. Enertech préconise l emploi d une équerre en matériau de synthèse renforcé de fibres de verre et des fixations avec chevilles en matériau de synthèse et tige métallique, voire idéalement des solutions cheville + tige en matière de synthèse. Certains industriels comme Sto vont même au-delà et proposent des solutions de mini-rupteurs de pont thermique destinés à la répartition des charges de compression et à l'isolation thermique (StoFix Quader HD Maxi), qui sont placés directement dans la maçonnerie, ou d autres capables d'assurer la fixation sans pont Photo Rector Avec ses solutions combinées Thermoprémur et Thermoprédalles, Rector propose une solution de construction béton préfabriquée dans laquelle l'ensemble des ponts thermiques sont traités. La construction en ossature bois est fortement isolée, mais pas exempte de ponts thermiques : chaque montant d'ossature en crée un qu'il faut compenser soit par une isolation intérieure derrière l'ossature, soit pas une isolation extérieure devant l'ossature. thermique de garde-corps sur balcons, portes, encadrements de fenêtres (StoFix Trawik L) ou de gonds de volets battants (StoFix Trawik F). Rupteurs de ponts thermiques La troisième famille identifiée par l'aqc porte sur des erreurs de mise en œuvre des rupteurs de ponts thermiques. Ceux-ci sont globalement de deux sortes : les rupteurs fabriqués sur chantier par les entreprises et les produits industriels sous Avis Techniques et couverts par le guide du programme «RAGE 0» Mise en œuvre des rupteurs de ponts thermiques sous Avis Techniques (février 03) (3). Les rupteurs sous ATec sont soumis à des conditions d'emploi très précises : pour plancher en entrevous et hourdis, en dalle pleine, pour maisons individuelles, pour bâtiments tertiaires ou collectifs de diverses hauteurs, etc. L'une des principales constatations des fabricants de rupteurs sous ATec est que les entreprises les utilisent parfois sans égard pour leur destination. Cela n engendre pas de pathologies classiques comme l'apparition d'algues, de condensations, etc., le risque est ailleurs : tenue au feu amoindrie, acoustique affaiblie, résistance mécanique des ouvrages réduite, comportement sismique non vérifié... Sur ce dernier point, rappelons que les rupteurs de pont thermique sont des ouvrages de structure : ils doivent nécessairement être inclus dans les calculs sismiques à la conception du bâtiment et être mis en œuvre, dans le bon emploi, selon le guide publié par le Programme «RAGE 0», les ATec des procédés et les recommandations du fabricant. Ce qui n'est pas toujours acquis, mais pourrait l'être facilement dans la mesure où tous les documents concevables existent : méthodes de prise en compte dans les calculs, notices de mise en œuvre, etc. Le risque est plus important lorsqu'il s'agit d'un rupteur de pont thermique façonné par l'entreprise directement sur le chantier. Le respect de l'ensemble des réglementations sismique, structure, acoustique, thermique, tenue au feu - impose que ces rupteurs soient élaborés conjointement par les bureaux d études techniques et l'entreprise, afin d être correctement intégrés dans les calculs. Les concepteurs doivent définir les conditions de mise en œuvre et vérifier leur exécution par les entreprises sur le chantier. L'AQC a notamment relevé une mauvaise étanchéité entre des balcons accrochés par rupteurs et la paroi verticale en béton banché d un bâtiment. L'eau de pluie, en s'infiltrant par le défaut d'étanchéité, risque de corroder le ferraillage du rupteur liant le balcon à la dalle. Il est préconisé d utiliser des rupteurs avec ferraillage en acier inoxydable (ce qui est le cas des rupteurs sous ATec prévus pour cet emploi), et de vérifier l'étanchéité à l'eau de cette liaison. www (3) Téléchargeable gratuitement sur Photo Evelyne Derlon Thermovoil, le béton à faible conductivité thermique de Ciment Calcia-Unibéton, n'est pas utilisé pour la totalité des parois banchées, mais seulement pour les liaisons susceptibles d'engendrer un pont thermique. Dans la plupart des cas, il permet de se passer de rupteurs de ponts thermiques. Le développement des solutions de gros œuvre «thermique» Ossature bois, béton spéciaux, briques et blocs constructifs préisolés, Isolation thermique répartie (ITR), les industriels multiplient les solutions de gros œuvre qui réduisent fortement les ponts thermiques. Les plus importantes sont les bétons à conductivité thermique réduite, proposés par Lafarge (Thermedia 0,6 avec un λ de 0,54 W/m.K) et par Ciment Calcia-Unibéton (Thermovoil). Avec ce produit, Ciment Calcia revendique la possibilité de construire de manière classique tout en satisfaisant les exigences de la RT 0 : béton banché avec toutes les liaisons de paroi donnant sur l'extérieur réalisées en Thermovoil, isolation thermique par l intérieur, le tout sans mise en œuvre de rupteurs de ponts thermiques. Outre Thermedia 0,6, Lafarge propose aussi des solutions de prémurs isolés. Fabriqués en usine aux dimensions souhaitées, ils intègrent un isolant supprimant les ponts thermiques de la façade. Ils sont assemblés sur chantier, puis un voile béton est coulé à l'intérieur, assurant la liaison entre les différents prémurs. Concernant les blocs constructifs, plusieurs solutions pré-isolées sont disponibles. Wienerberger commercialise enfin sa brique monomur Porotherm LR36 Th+ (L 4,8 x l 36,5 x H 4,9 cm), avec des alvéoles remplies de laine de roche (U = 0, W/m².K, R = 4,60 m².k/w). Alkern, préfabricateur béton, propose de son côté les blocs bétons Confort+ et Climat (qui supportent une charge de 80 T/m), ainsi que tous les accessoires complémentaires pour éviter les ponts thermiques : Ruptherm et Planelle isolée pour les planchers, Isol'Coffre pour les coffres de volets roulants. 46 qualité construction numéro spécial batimat 03 47
25 TOITURE TERRASSE Photo IT-Fix Avec le bloc Climat City, Alkern renouvelle le parpaing. Pré-isolé, ce bloc compense une partie des ponts thermiques, notamment à la liaison planchers/murs extérieurs. Les entretoises IT-Fix permettent d'accrocher un balcon sans avoir pratiqué de réservation préalable ni posé de rupteur de pont thermique spécifique. Elles sont en matériau de synthèse renforcé de fibres de verre, le tout faiblement conducteur. Fiche conseils Conseil Plus l'isolation thermique est importante, plus les ponts thermiques résiduels sont potentiellement dangereux et facteurs de risques de condensation, avec toutes les pathologies potentielles attachées. Conseil Un rupteur de pont thermique est un ouvrage de structure. Il doit absolument être pris en compte dans tous les calculs de conception : calculs sismiques, structurels, acoustiques, thermiques et comportement au feu. Conseil 3 Des solutions industrielles sous Avis Techniques existent pour traiter tous les ponts thermiques linéiques et singuliers. Conseil 4 En rénovation, en cas d impossibilité de mettre en œuvre une Isolation thermique par l extérieur (ITE), l'isolation thermique par l intérieur (ITI) «boîte dans la boîte» constitue une stratégie efficace. Conseil 5 Dans une construction à faibles ponts thermiques, on doit pouvoir faire le tour de n'importe quelle coupe du bâtiment en suivant, en continu, la frontière isolante. Schéma Alkern Concevoir une rénovation sans ponts thermiques En construction neuve comme en rénovation, le traitement des ponts thermiques passe par une ITE complétée par des rupteurs de ponts thermiques pour l'accrochage des balcons, ou par une ITI complétée par des rupteurs de ponts thermiques spécifiques. La rénovation par ITE implique de déposer les balcons en sectionnant les prolongements de dalle et de reconstituer un balcon désolidarisé. Lorsque ce n'est pas possible ou qu il s agit par exemple d une façade classée, une stratégie parfaitement efficace de traitement des ponts thermiques en rénovation est celle de la «boîte dans la boîte», développée par le bureau d études thermiques Pouget Consultants et faisant appel à l ITI. La solution «boîte dans la boîte» implique qu on isole en ITI, dans chaque logement d'un immeuble collectif, les parois verticales donnant sur l'extérieur ou sur des locaux non chauffés, les sols et les plafonds. Selon Pouget Consultants, une étude par simulation thermique dynamique est indispensable pour bien comprendre l'évolution du bâtiment avec une isolation de ce type. En effet, la «boîte dans la boîte» réduit fortement l'inertie du bâti, ce qui peut poser des problèmes d'inconfort par surchauffe. Gardons à l'esprit qu'en rénovation, trois points sont indissociables et doivent, sinon être traités au même moment, du moins être conçus ensemble : l'isolation thermique, le changement des fenêtres et la ventilation. Plusieurs remèdes peuvent être mis en œuvre : des protections solaires efficaces, des plaques de plâtre contenant des capsules de cire à changement de phase de manière à reconstituer une inertie, et une ventilation appropriée. Si le site se trouve sur une voie bruyante, la sur-ventilation nocturne par sur-extraction et ouverture des fenêtres ne convient pas. Il faut penser à la mise en œuvre d'une ventilation double flux avec entrée d'air centralisée à l'opposé de la voie bruyante, qui permet d augmenter le débit la nuit. Quant aux matières isolantes utilisées, les panneaux de fibres de bois ou de PU offrent la résistance mécanique nécessaire pour les planchers. Au plafond, selon la hauteur disponible, les plaques de PSE, de PU ou de laines minérales conviennent. L'ensemble peut être mis en œuvre rapidement et entièrement en filière sèche. Tous les ponts thermiques sont traités. Pouget Consultants, c'est connu, a expérimenté sur plusieurs chantiers de rénovation les isolants sous vide appliqués sur les parois verticales. Très efficaces, peu épais, permettant de ne pas perdre trop de surface au sol tout en atteignant des résistances thermiques de paroi élevées, ils restent néanmoins coûteux. Le but ici est d'atteindre des valeurs de résistance thermique comparables à celles de la construction neuve : 0,8 à 0,5 W/m².K pour les murs donnant sur l'extérieur, 0,0 à 0,5 W/m².K pour tous types de toitures, 0,5 à 0, W/m².K pour les planchers. Pont thermique et étanchéité à l'air Attention aux moisissures! - Traitement des ponts thermiques : ψ moyen = 0.8 W/(m.K) - Pas d isolant dans le plénum Pas de condensation due au point de rosée Assurance tout risque contre la condensation à la jonction Mur/Plancher En traitant les ponts thermiques, le plancher Seacbois permet d éviter l isolation dans le plénum sous le plancher qui est génératrice de condensation et donc de moisissure. Avec un isolant dans le Plénum Isolant Point froid dans le Plénum dû à l isolant sous les poutrelles Zone de condensation POINT DE ROSÉE : Architecte : Atelier 9 MAP - Promoteur : Urbat PROMOTION Entreprise : Arikan Bâtiment - Bureau d'études : BE Pepin Bureau de contrôle : Bureau Veritas - Solidité du Seacbois : Sécurité à la pose - Acrotères : Liaison mécanique avec le plancher assurée Sans isolant dans le Plénum Pas de point froid car le Seacbois traite le pont thermique et les poutrelles sont dans la zone chauffée Pas de zone de condensation Modélisation du point de rosée réalisée avec le logiciel Trisco agréé par le CSTB. Température extérieure : 0 C, Température intérieure : 0 C, Taux d humidité de l air : 60 %, Ligne de point de rosée à C. 48 qualité construction numéro spécial batimat boulevard de Suisse - CS TOULOUSE cedex Tél. : Fax : Mél : [email protected] - [email protected] Site Internet:
26 étanchéité à L'AIR Une démarche globale collective texte : Alain Sartre photos : AQC Défini dès la phase de conception, le plan d étanchéité à l air doit mobiliser l ensemble des intervenants sur chantier dans un souci de qualité globale. La dynamique créée par le label BBC ne doit pas retomber et laisser place à des pratiques moins rigoureuses et des produits non dédiés, sources de désordres certains. à l'air de l'enveloppe des bâtiments est déterminante pour la performance énergétique. En effet, les entrées d'air parasites L'étanchéité sont sources d'inconfort thermique et augmentent les consommations de chauffage. Elles impactent le renouvellement d'air et perturbent le bon fonctionnement de la ventilation. Les infiltrations d'air extérieur peuvent également propager - ou produire elles-mêmes - une nuisance acoustique. Par ailleurs, l'air est porteur de vapeur d'eau : lorsqu'il transite dans les parois, il est susceptible d'engendrer des phénomènes de condensation, avec apparition de moisissures. C'est particulièrement vrai en hiver, lors de la période de chauffe, en présence d'une ambiance intérieure chaude et humide, et en cas de migration dans les parois vers l'extérieur. Une somme de composants L'étanchéité à l'air d'une paroi dépend de sa composition : parties porteuses, éléments de remplissage, isolation, plaques de parement, enduits et peintures de finition intérieure, revêtement mural extérieur, système de couverture pour les toits... La porosité des matériaux, la qualité des joints ou jonctions, interviennent. Ainsi, chaque technologie de construction offre un caractère spécifique, même si on retrouve des caractéristiques communes. Bien entendu, toutes les ouvertures et traversées de réseaux, gaines ou conduits, constituent des points de faiblesse potentiels. Lors de la conception, il faut implanter et définir un «plan d'étanchéité», soit une barrière continue matérialisée par des produits spécifiques ou non. En cas de maçonnerie traditionnelle, composée de blocs, parpaings ou briques, celle-ci peut être déployée sur la face intérieure des murs d'enveloppe. Il peut s'agir d'un revêtement Photo page ci-contre : un bon nombre de trappes de désenfumage et lanterneaux présentent par conception des fuites d air, de même que les trappes d accès aux combles. technique projeté mécaniquement, d'environ 5 mm d'épaisseur, à base de gypse avec ou sans film primaire. Sinon, il est aussi possible d'appliquer une membrane en matériau de synthèse. D'une épaisseur millimétrique négligeable, cette couche d'étanchéité à l'air commercialisée sous forme de rouleaux est disposée horizontalement ou verticalement. La mise en œuvre des lés nécessite de prévoir des recouvrements et raccords, avec liaison par colle ou ruban adhésif spécifique. La fonction d étanchéité à l air peut être conjuguée avec un besoin d'hygrorégulation. Les industriels proposent ainsi des membranes mixtes capables d'assurer simultanément un rôle d'étanchéité à l air ou de maîtrise de la perméabilité à l'eau. Par exemple, un pare-vapeur placé sur la face intérieure des isolations peut être conçu comme un plan étanche à l'air. Quelle durabilité? Le rapport d'enquête de l'aqc observe une corrélation entre la qualité finale des bâtiments visités et le bon traitement de l'étanchéité à l'air. «Les finitions sont mieux réalisées et le soin porté aux détails accru», souligne le document. Mais ce constat positif s'accompagne d'une remarque inquiétante : «dans la quasi-totalité des projets, l étanchéité à l air est réalisée en utilisant ponctuellement ou massivement des matériaux non adaptés (mousse polyuréthane, joint à base de silicone, ruban adhésif non adapté)»... Certes, lors de la livraison, les résultats des tests d'infiltrométrie sont bons. Mais, la question est posée dans le rapport : quelle sera la durabilité de la performance dans le temps? Les problèmes se situent majoritairement au niveau des interfaces, à la fois entre les produits et entre les corps d état. Si la conception et www Photo AQC Documents de référence Le rapport d'enquête de l'aqc fait référence au guide Étanchéité à l air des bâtiments. Élaboré à l initiative des régions Alsace, Bourgogne, Franche-Comté et Pays de la Loire, avec le concours de l Ademe, il est complété par un film pédagogique (). Conçus pour accélérer la prise en compte de l'étanchéité à l'air, tant en construction neuve qu'en réhabilitation, ces outils d'information et sensibilisation s adressent aussi bien aux maîtres d ouvrage, qu'aux concepteurs, bureaux d études et entreprises. L objectif du guide est de donner une base indispensable pour appréhender correctement la complexité du sujet. à ce titre, il balaye quelques idées reçues. Non, un bâtiment étanche n'est pas un bâtiment thermos sans circulation d'air : l'aération est assurée par les équipements de ventilation! Oui, un bâtiment étanche peut être perspirant : l'humidité peut migrer au travers des plans d'étanchéité à l'air hygrorégulant! Autre document cité par le rapport : le Mémento de conception et de mise en œuvre à l'attention des concepteurs, artisans et entreprises du bâtiment, publié par le Cete de Lyon (). Le traitement de l'étanchéité à l'air impliquant une adaptation considérable des pratiques de conception et d'exécution, ce guide répertorie 0 points singuliers pour lesquels la fréquence d'apparition de fuites est récurrente. Il détaille des solutions de mise en œuvre, à travers 00 schémas techniques très précis décomposés en quatre carnets pour les quatre modes constructifs les plus représentatifs du marché actuel. Ce mémento constitue la valorisation du projet de recherche Mininfil, «Minimiser les infiltrations d'air», initié et coordonné par le Cete de Lyon dans le cadre du Prebat avec le soutien de l'ademe. Cependant, il présente dans son état actuel quelques incohérences avec les DTU en vigueur (qui ne concernent pas forcément les solutions de traitement de l étanchéité). Le recensement de l ensemble de ces incohérences est actuellement mené dans le cadre du programme RAGE 0. () Téléchargeables sur () Téléchargeable sur developpement-durable.gouv.fr 50 qualité construction numéro spécial batimat 03 5
27 l exécution sont sources de défaillances, les produits et les équipements présentent aussi des défauts intrinsèques qu il faut savoir prendre en compte. Néanmoins, «de nombreuses solutions existent et permettent de bien réaliser l étanchéité à l air des bâtiments», précise le rapport en commentaire. La construction traditionnelle en blocs de maçonnerie ou en béton est caractérisée par des risques faibles de perméabilité à l'air. Cela étant, des fuites d air par les joints verticaux non remplis sont constatées en l'absence d'enduit (exemple : mur de séparation d une maison avec le garage). Autre exemple : les défauts de jonction entre panneaux de façade préfabriqués et pré-isolés dans les systèmes poteau-poutre. Spécifités du bois La construction en bois fait l'objet de trois principaux constats de risques, avec comme conséquence prévisible l apparition de condensation susceptible d entraîner un pourrissement de la structure à long terme. Première source de dégradations : les passages de solives ou poteaux au travers du plan d étanchéité. Des flux d'air parasites vers l'extérieur s'effectuent alors par les fissures du bois, ou à l interface solive/paroi. La meilleure solution est d éviter les passages de solives dans l enveloppe isolée et au travers du plan d étanchéité à l air par une conception adaptée Deuxième faiblesse constructive : les espaces entre les pièces de charpente, avec des écarts de l ordre du cm. Ces imprécisions dans la fabrication et l'assemblage des structures poteaupoutre se retrouvent le plus souvent dans les systèmes développés pour le tertiaire. Dernière cause de problèmes, plus spécifique à l ossature bois qui utilise quasi systématiquement les membranes comme système d étanchéité : les percements et déchirures de la membrane pendant le chantier (souvent dus à un coup Photos AQC 3 Ascenseurs : le problème de la ventilation des gaines En tertiaire et logement collectif, la réglementation impose de ventiler les gaines d'ascenseur. Celles-ci génèrent un tirage naturel important qui pénalise la performance énergétique. De ce fait, les concepteurs les implantent sur certains projets en dehors du volume isolé et chauffé. Le rapport de l'aqc évoque diverses possibilités d'asservissement compatibles avec les besoins de maintenance et sécurité, comme des clapets motorisés dépendants du fonctionnement des ascenseurs. Dans un document intitulé Dossier technique ventilation de gaine d ascenseurs, la Fédération des ascenseurs fait le point sur cette question et formule une proposition : «Il peut être considéré qu un dispositif situé à l extérieur de la gaine et indépendant de l ascenseur peut constituer une solution alternative à la ventilation naturelle de la gaine définie dans la norme EN 8- et. En effet, cette solution n a pas de répercussion sur la conformité CE de l ascenseur. L utilisation de la ventilation existante du bâtiment (centrale de traitement d air ou VMC double flux) pour assurer la ventilation de gaine peut être une solution efficace et simple à mettre en œuvre.» à noter : les deux normes actuelles relatives aux ascenseurs sont en cours de révision. Elles vont être remplacées par les projets Pr EN 8-0 et Pr EN 8-50, avec une modification des prescriptions, sans spécification d'exigence chiffrée (une annexe informative donnant simplement des grandes lignes de réflexion et conception). Actuellement, la norme stipule qu'il est «recommandé d'aménager en partie haute de la gaine des orifices de ventilation d'une surface minimale de % de la section horizontale de la gaine». Il est bien précisé que cette aération ne doit pas être utilisée pour assurer la ventilation des autres locaux. de tournevis, de cutter ). Pour pallier ces incidents de mise en œuvre, les experts mandatés par l'aqc envisagent deux options. La première possibilité vise à positionner la membrane au sein de l isolation, entre deux couches, ce qui la protège. Il faut alors respecter les règles en vigueur : implantation au tiers de l'épaisseur côté chaud, ou inférieure à la moitié, en fonction des caractéristiques géographiques. La seconde possibilité vise à la conception de parois sans film d'étanchéité, sous réserve d une validation par le bureau de contrôle. Il s agit là d utiliser les panneaux de contreventement, positionnés côté intérieur, pour composer un plan d étanchéité à l air «en dur». Pour cela, il faut veiller aux caractéristiques de ces voiles : porosité des matériaux (coefficient Sd) et modalités de jointoiement des plaques. Traiter les interfaces La construction métallique étant encore peu utilisée en logement, les principaux risques ont L étanchéité à l air n est traitée ni autour de la gaine de ventilation ni sur le pourtour du plafond. La pose d une double barrière d étanchéité (kraft + membrane en matériau de synthèse) occasionne un risque de mauvais transfert de la vapeur d eau dans la paroi. 3 La pose en façade d une parabole ou d un éclairage extérieur après réception nécessite des percements pour faire cheminer les câbles à l intérieur. Attention à bien recréer l étanchéité lors de ces percements. donc été identifiés dans les applications du tertiaire. Or ces bâtiments ne sont pas soumis à une obligation de test d'étanchéité à l'air ; les installations de chauffage sont déterminées en tablant sur des hypothèses de calcul. Donc si la conception et réalisation des enveloppes ne sont pas à la hauteur des ambitions, les équipements peuvent se révéler sous-dimensionnés face à des fuites trop importantes. Il s'agit d'abord de problèmes de jonctions en présence de matériaux à profils ondulés ou nervurés, tant en couverture qu'en bardage. Au droit des liaisons, il est difficile d'épouser la forme complexe de ces plaques ou panneaux. Les cahiers des charges doivent être complétés par des carnets de détails de pose élaborés. Même en toiture-terrasse, il est recommandé de soigner la jonction des acrotères. En doublage intérieur, des bardages à parement perforé sont parfois prescrits pour améliorer l'acoustique. Dans cette configuration, www 5 qualité construction numéro spécial batimat 03 53
28 Photos AQC Faut-il renforcer le niveau des exigences? «Je réoriente la clientèle de l'entreprise vers un confrère et j'arrête mon activité», annonce Benjamin Sevessand, créateur de la société Énergie positive, spécialisée dans l'étanchéité à l'air (mesures, conseils, expertise et formation, assistance à maître d'ouvrage...). à l'origine charpentier, ce professionnel s'est investi dans la performance des enveloppes en 006, notamment en travaillant avec des constructeurs européens plus avancés : concepteurs, entrepreneurs et industriels d'origine allemande, suisse ou autrichienne. «à l'époque, chez nos confrères de culture germanique ou nordique, l'étanchéité à l'air des bâtiments était déjà rentrée dans les pratiques et habitudes depuis plus d'une vingtaine d'années», explique Benjamin Sevessand. Les membranes étanches, ainsi que les colles et rubans adhésifs spécifiquement conçus pour les mettre en œuvre, bénéficient aujourd hui d'une large expérimentation. Leur résistance et durabilité sont éprouvées et attestées. «Dans le même temps, en France, la filière commençait seulement à vraiment comprendre l'importance de ce critère», précise-t-il. Ces années de prise de conscience ont été marquées par une réelle avancée. La mise en place des tests d'infiltrométrie dans le cadre du label BBC a été un élément déterminant pour mobiliser tous témoignage les acteurs, à commencer par les maîtres d'ouvrage. La nécessité nouvelle de respecter des seuils s'est traduite par une dynamique positive. Mais, aujourd'hui, quel est l'état d'esprit des professionnels? «La pression est retombée, l'attention s'est relâchée : on sait que les objectifs peuvent être atteints sans trop de difficulté, avec une rigueur et un investissement minimal», constate Benjamin Sevessand. «Il aurait fallu renforcer les exigences dans le cadre de la RT 0», regrette-t-il. Résultat : on assiste à un retour des anciennes tentations malheureuses... Certaines étanchéités sont réalisées avec des produits non dédiés, moins chers à l'achat, suffisamment efficaces pour passer avec succès les tests, mais sans réelle assurance de pérennité. Autre évolution peu favorable : «le nombre des opérateurs de mesure augmente, avec une concurrence qui engendre une baisse dangereuse du prix des prestations», indique Benjamin Sevessand. «Les contrôles sont de plus en plus souvent effectués par des intervenants qui ne disposent pas de formation initiale dans le bâtiment», souligne-t-il. Certes, ces professionnels maîtrisent les outils et la métrologie, mais ils n'ont pas réellement la capacité d'analyser les résultats pour accompagner les constructeurs dans leur réflexion sur les solutions à mettre en œuvre. il est préconisé d'intégrer un plan d'étanchéité à l'air dans la paroi, côté chaud. Sa mise en œuvre devra être clairement spécifiée et attribuée dans les documents d'appel d'offre. Des difficultés sont également rencontrées dans l interface entre maçonnerie et charpente métallique. Les matériaux ne travaillent pas de la même façon, induisant des dilatations différentielles sources de passages d'air. La liaison entre murs extérieurs et bacs acier semble particulièrement délicate à optimiser, en raison des tolérances mécaniques structurellement nécessaires. Mais la question des interfaces se retrouve aussi en présence d'une cohabitation entre maçonnerie et ossature bois. On constate trop souvent une absence de traitement de l étanchéité à l air au niveau des joints de fractionnement. Là encore, il est primordial de bien encadrer et organiser les interventions de chaque corps d'état en s'appuyant sur des carnets de détail explicites, qui n'éludent pas la complexité des ouvrages. Problématique des ouvertures Les ouvertures constituent naturellement des points de faiblesse potentielle pour l'étanchéité à l'air. Le rapport d'enquête de l'aqc désigne quatre risques forts. En premier lieu, la jonction entre les dormants des baies et le gros œuvre pose un problème très récurrent de manque de précision dans la mise en œuvre. Les enquêteurs ont constaté que la condensation en à gauche, un seuil «à la suisse» (avec écrasement d un joint sur une barre d appui au sol), qui garantit l étanchéité à l air mais pose problème en termes d accessibilité. à droite, un seuil PMR qui en revanche pose problème pour l étanchéité à l air. périphérie de baie entraînait dans certains cas une déformation des tablettes en bois constituant l'encadrement intérieur des menuiseries. L'étanchéité peut ici être apportée par des bandes de ruban adhésif spécifique. Il est aussi préconisé de mieux formaliser la réception des ouvertures de l'enveloppe... Les trois autres sources de fuites d'air sont liées aux qualités intrinsèques des produits. Les menuiseries coulissantes sont pénalisées par l'interstice situé entre les vantaux. Généralement sanctionnées par un classement AEV (Air-eauvent) médiocre, ces baies sont considérées comme difficilement compatibles avec les exigences de la RT 0. Il est ainsi recommandé de privilégier les coulissants à frappe, ce qui pose alors problème, dans le cas des portes-fenêtres, vis-à-vis des exigences d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. La spécificité des menuiseries coulissantes à galandage est également bien connue. Elles offrent l'intérêt de dissimuler les vantaux dans l'épaisseur d'un doublage intérieur, mais en contrepartie de cet avantage esthétique le plus souvent valorisé en maison individuelle, il est bien difficile - pour ne pas dire impossible - de garantir une continuité d'étanchéité. Enfin, il ne faut pas négliger les risques de fuites induits par les lanterneaux et trappes de désenfumage, souvent imposés par la réglementation incendie dans les bâtiments tertiaires ou les immeubles de logements collectifs. Tous les produits sont loin d avoir la même qualité (joint défectueux, voire même absent), et lorsque les joints sont fournis à part, ils ne sont pas toujours mis en place par l entreprise. Choix et pose des menuiseries Toutes les autres défaillances rattachées aux menuiseries sont qualifiées par le rapport AQC de risques faibles. Certaines proviennent d'erreurs de prescription, comme par exemple le choix des ouvrants pour accéder aux locaux non chauffés (trappe de visite des combles, portes de séparation avec garage, cave, local technique...). Dans ces configurations, les menuiseries intérieures sont soumises sur leurs deux faces à des écarts sensibles de température et d'humidité, engendrant des déformations donc des fuites d air parasites. Les experts sollicités par l'aqc préconisent de mettre en œuvre dans ces applications des portes indéformables et garanties pour les ambiances à fort différentiel ; cette exigence de stabilité est mesurée par le critère S du classement Faste. Dans le même esprit, privilégier les fermetures 3 points pour limiter les déformations de la porte, ainsi que les seuils «à la suisse», c'est-à-dire avec écrasement d'un joint sur une barre d'appui au sol. Ces ouvertures doivent en fait être traitées avec la même démarche que les portes d entrée vis-à-vis du différentiel de température et d humidité. D'autres défaillances sont issues d'un problème d'exécution. Cela vise entre autres les dégradations «D'autres défaillances sont issues d'un problème d'exécution. Cela vise entre autres les dégradations des joints de menuiseries lors du traitement à la lasure des châssis en bois.» des joints de menuiseries lors du traitement à la lasure des châssis en bois. Lorsque les protections autocollantes des joints ont été prématurément ôtées, et que les ouvrants ont été refermés avant séchage de la lasure, les joints sont partiellement arrachés dès la première réouverture, ce qui dégrade leur étanchéité. En construction à ossature bois sous forme de panneaux préfabriqués, il arrive également que les menuiseries soient endommagées lors de la manipulation (transport, stockage, levage et montage). Les mouvements de cisaillement peuvent être atténués en équipant les éléments avec des croix de Saint-André. Parallèlement, des défauts de fabrication sont encore identifiés : fuites d air entre ouvrants, entre ouvrant et dormant, mais aussi par les parcloses des menuiseries (principalement avec profilés creux et dans les gammes aluminium). Pour mieux se prémunir, il faut miser sur des produits certifiés avec classement AEV minimal de A*4. Des traversées à risque élevé Autre point faible : le traitement des coffres de volet roulant, notamment lorsqu ils sont montés in situ. La jonction avec le gros œuvre est sensible. Il est souhaitable de vérifier systématiquement le calfeutrement avant la pose des doublages et fermeture des coffres. Même les produits préfabriqués, voire intégrés dans un bloc-baie, peuvent être source de flux d'air. www 54 qualité construction numéro spécial batimat 03 55
29 «Les réseaux constituent d'ailleurs une préoccupation majeure. Ils nécessitent le percement des parois extérieures, ou des planchers haut et bas, ce qui constitue un risque potentiel de rupture d'étanchéité à l'air.» Solutions à valoriser : le positionnement côté extérieur et l'usage des systèmes de commande électrique, en soignant le passage des gaines dans l enveloppe. Les réseaux constituent d'ailleurs une préoccupation majeure. Ils nécessitent le percement des parois extérieures, ou des planchers haut et bas, ce qui constitue un risque potentiel de rupture d'étanchéité à l'air. Les fuites apparaissent à la fois sur le pourtour et à l'intérieur des fourreaux de traversée des gaines électriques, canalisations ou conduits. Pour les prévenir, il faut utiliser des manchons adaptés. Il est recommandé de transiter le plus possible à l'intérieur des bâtiments, dans les cloisons, planchers intermédiaires ou murs mitoyens, en préservant le confort acoustique. Le rapport de l'aqc souligne l'intérêt de prévoir un doublage technique contre les murs extérieurs. Aménagé entre le plan d'étanchéité à l'air et la face arrière des plaques de parement intérieur, il doit être suffisamment épais pour abriter une partie des réseaux. Rappelons que les éléments de finition intérieure, tels que les BA3 par exemple, ne peuvent en aucun cas jouer un rôle de barrière étanche. La solution du doublage technique fait partie des dispositions conseillées dans le cas des murs à ossature porteuse, en bois ou métal. Ces systèmes constructifs utilisent souvent une membrane étanche placée sur le côté chaud de l'isolant : plus le parement est proche, plus elle est exposée à des risques de percement accidentel. Les implantations de prises électriques et de radiateurs sont de préférence reportées sur les Photos AQC 3 cloisons et murs de refend. Il faut aussi privilégier la distribution par les planchers intermédiaires. Mieux maîtriser tous les réseaux Eau, gaz, électricité : les arrivées des principaux réseaux d'alimentation jouent un rôle important dans la perméabilité à l'air. Il faut étancher les vides internes des fourreaux avec des bouchons ou matériaux résilients (type mastic souple). Le concepteur doit adopter une logique très simple : plus le nombre des percements est réduit, plus les risques sont limités. Les experts mandatés par l'aqc recommandent en particulier d'implanter le tableau électrique dans le volume isolé et étanche à l air, sinon le réseau intérieur de distribution d'électricité est susceptible de véhiculer des circulations d'air parasite, avec possibilité de condensation et risque fort en termes de performance énergétique. En outre, ce positionnement évite une facilité malheureuse : le passage du plan d'étanchéité «en paquet», par une série de gaines regroupées, sans aucune maîtrise des vides internes. Autre source importante de fuites : les sorties des conduits de fumée, devant s'effectuer dans le cadre de la réglementation incendie en respectant des distances de sécurité. Là encore, des produits spécifiques sont conçus pour apporter plus d'efficacité, en particulier les systèmes sous Avis Technique avec coquille répondant aux enjeux d'étanchéité et d'isolation. Le même état d'esprit doit prévaloir pour les traversées de gaines aérauliques ou de canalisations d'évacuation d'eaux usées. Ainsi, il existe des manchons adaptés au passage des tuyaux Lors du test d infiltrométrie, l utilisation complémentaire d une poire à fumée a révélé ici une entrée d air par une prise. Le compteur électrique étant positionné à l extérieur du volume isolé, l air a transité par les gaines. Il convient d obturer les gaines et fourreaux. 3 Les coffres de volet roulant présentent par conception des fuites d air au niveau des joues et des systèmes d ouverture/ fermeture. Il faut privilégier leur positionnement à l extérieur puis veiller à la bonne étanchéité au niveau du passage du câble électrique. de diamètre important. En début de chantier, il est utile d'informer et de mobiliser les divers intervenants : délimitation de l'emprise du volume chauffé, matérialisation du plan d'étanchéité, carnets de détails de mise en œuvre pour les points les plus complexes... En outre, il est bon également de soigner les traversées des planchers intermédiaires, même si elles ne communiquent pas avec l'extérieur. Les canalisations difficilement accessibles, derrière les toilettes ou sous les baignoires, semblent moins bien traitées. Or, elles peuvent engendrer des fuites d'air et des nuisances acoustiques. Gérer le séchage en phase chantier Autre constat important : dans un bâti beaucoup moins balayé par des courants d'air, les conditions habituelles de travail sont modifiées. www 56 qualité construction numéro spécial batimat 03 57
30 Photo AQC Tests d'infiltrométrie : autocontrôles et mesures officielles L'étanchéité à l'air du bâti est caractérisée dans la RT 0 par le coefficient de perméabilité Q4Pa-surf. Elle est exprimée en m 3 /(h.m²), qui représente le débit de fuite horaire par m² de surface déperditive (hors plancher bas) sous une différence de pression de 4 Pa. Avec cette nouvelle réglementation, le traitement de l'étanchéité à l'air devient obligatoire pour les bâtiments du secteur résidentiel. Il doit être justifié soit par une mesure réalisée par un opérateur autorisé, soit par l'application d'une démarche qualité agréée. La RT 0 fixe des objectifs de performance de l'enveloppe de tous les logements dont la demande de permis de construire a été déposée depuis le er janvier 03. Les seuils réglementaires sont les suivants : 0,6 m 3 /(h.m²) pour les maisons individuelles et m 3 /(h.m²) pour le collectif. Pour le secteur tertiaire, une valeur par défaut est prise en compte dans le calcul thermique. Une autre valeur peut être choisie, auquel cas une justification du niveau atteint doit être apportée en fin de travaux. La mesure d'étanchéité à l'air doit être réalisée conformément à la norme NF EN 389 et à son guide d'application GA P Le test d'infiltrométrie commence par l'obstruction préalable de tous les orifices volontaires : bouches de ventilation, conduits de fumée... L'opérateur pressurise artificiellement le bâtiment à l aide d un ventilateur. L air injecté est contraint de s'échapper par les points de faiblesse constructive. La mesure est répétée avec différents niveaux de pression, mais aussi dépression. Il est vivement recommandé de réaliser des tests en cours de chantier, avant mise en œuvre des finitions. Cet autocontrôle permet alors de localiser les fuites éventuelles, et de pallier les défauts sans trop de frais, avant réalisation de la mesure officielle et réception du bâtiment. La condensation générée sur le chantier par certains travaux se dissipe moins facilement, d'autant plus que d autres facteurs se conjuguent : fermeture plus stricte des bâtiments en chantier pour lutter contre les vols, mise en œuvre d'isolation extérieure créant une barrière, systèmes constructifs accélérant le clos et le couvert... Cette problématique n'est pas réellement nouvelle en soi, mais elle présente un caractère aggravé dans un bâtiment performant. Pour y faire face, les experts préconisent une double démarche. D'abord, il faut privilégier les technologies sèches ou les process rapides avec emploi de plastifiant limitant les quantités d'eau. Ensuite, il est possible de déployer un ensemble de moyens de séchage accéléré, tels que déshumidificateur d'air mobile, appareils de ventilation, voire aspirateur d'eau dans les cas extrêmes. Le rapport de l'aqc donne quelques exemples d'ouvrages humides sources de problème : chape, mortier ou béton à base de mélanges chaux/chanvre, mais aussi ouate de cellulose projetée avec un dosage d'eau... Dans nombre de cas, le séchage s'est étalé sur plusieurs mois au lieu de quelques semaines, retardant certains travaux - jointoiement des plaques de plâtre, peinture -, sans compter les reprises d enduits intérieurs. Si la condensation n est pas évacuée, ce désordre peut entraîner des déformations des portes, tâcher boiseries et menuiseries, dégrader les parements avec développement de moisissures. Enfin, la qualité de l'étanchéité à l'air est validée par un test d'infiltrométrie conduit par un opérateur autorisé (voir encadré ci-contre). Afin de préparer cette vérification finale, il est conseillé de procéder à une mesure en cours de chantier, avant pose des parements intérieurs. Ce point intermédiaire, pouvant prendre la forme d'un autocontrôle, nécessite d'organiser en conséquence l'avancement du travail des différents corps d'état. Il arrive que les résultats du test final soient moins bons que ceux des mesures préalables. Cela signifie qu'une intervention ultérieure (par un lot technique, une entreprise de finition ou autre) a dégradé l'étanchéité. Tous les acteurs doivent y être sensibilisés. Sur certaines opérations visitées, la performance finale ne répondait pas au seuil minimum exigé : il a donc fallu déposer les parements pour réparer les fuites, d où bien sûr un allongement des délais de livraison et un surcoût en conséquence... Bien entendu, toute modification en phase chantier par rapport aux prescriptions des concepteurs doit être signalée et validée. Sensibilisation des usagers Enfin, la performance passe également par une sensibilisation des occupants. Le plan d'étanchéité à l'air doit être connu et respecté sur le long terme. Or l'aménagement du bâtiment suscite des percements intempestifs : installation Photo page ci-contre : sous ce plancher haut, on observe une discontinuité importante entre les panneaux d isolant au niveau du passage d une solive. De plus, le ruban adhésif utilisé pour la jonction des panneaux est inapproprié. Fiche conseils de meubles de cuisine, pose d'une hotte aspirante, fixation de tableaux, d étagères ou de décorations diverses, installation de paraboles, de prises électriques ou luminaires extérieurs... En logement collectif, certains maîtres d'ouvrage rédigent un règlement intérieur ou un guide d'usage explicatif. Joint au bail de location, voir affiché en permanence dans les halls d'entrée, ce document fournit des informations précises. En maison individuelle, un constructeur spécialisé dans le bois fournit les plans de la structure sous format numérique en vue d'éventuels percements qui pourront être alors coordonnés avec l'ossature. à noter : en construction neuve, la réglementation impose de prévoir un conduit de fumée en maison individuelle, même s'il n'est pas utilisé au moment de la livraison (principe de réversibilité du choix énergétique). L'usager, s'il décide de l'exploiter, devra alors bien vérifier que le générateur raccordé ne dégrade pas l'étanchéité à l'air. Conseil La perméabilité à l'air doit être conçue en amont du chantier. Pour bien encadrer et organiser les interventions des entreprises, il faut s'appuyer sur des carnets de détails explicites qui matérialisent le plan d'étanchéité. Conseil L'étanchéité peut être réalisée à l'aide de membranes spécifiques, mises en œuvre avec des colles et rubans adhésifs conçus précisément pour cet usage. Toute modification en phase chantier par rapport aux prescriptions des concepteurs doit être signalée et validée. Conseil 3 En construction bois, il faut éviter les passages de solives ou poteaux au travers du plan d étanchéité. Des flux d'air parasites peuvent cheminer par les fissures du bois, ou par les défauts d'assemblage éventuellement liés à des déformations. Conseil 4 Idéalement, un vide technique aménagé derrière les parements permet de limiter au maximum les risques de percement du plan d étanchéité à l air. Cet écartement supplémentaire permet de distribuer certains fluides, tout en apportant une plus grande protection contre les risques de percement des étanchéités. Conseil 5 Les ouvertures et les traversées de réseaux constituent des points de faiblesse potentielle. Elles doivent être traitées à l'aide de produits spécifiques. Pour plus de sécurité, les solutions à déployer peuvent être décrites dans des carnets de pose détaillés. Conseil 6 Le chantier d'un bâtiment performant est beaucoup moins balayé par des courants d'air. L'humidité générée par les travaux se dissipe plus difficilement. Solutions : privilégier les solutions sèches, s'équiper en matériel de chantier pour ventiler et évacuer l'eau. 58 qualité construction numéro spécial batimat 03 59
31 SURCHAUFFES Des protections solaires souvent mal conçues et utilisées texte : Alain Sartre photos : AQC Procédé le plus employé pour lutter contre les apports solaires, les protections solaires font l objet de fréquentes erreurs de conception ou choix inappropriés. Vient s y ajouter un manque d appropriation et d anticipation de la part des usagers. Photo AQC conduite par l'aqc dans les bâtiments performants, à ce jour exclusivement en métropole, passe en revue les différentes L'enquête sources de surchauffes : apports solaires, apports internes provenant de l'occupation (nombre de personnes présentes, matériels utilisés) ou du fonctionnement des équipements techniques (chauffage, ballon d'ecs, ventilation, éclairage). Ces inconforts s'expliquent parfois par un problème de mise en œuvre, mais plus souvent par des défauts ou incohérences de conception, des incidents d'exploitation ou des usages inappropriés. Bien implanter les protections solaires Les protections solaires focalisent l'essentiel des risques de surchauffes, avec des conséquences parfois lourdes. Les hausses de température sont telles qu'elles peuvent se traduire ponctuellement par une impropriété à destination, notion certes subjective et diversement interprétée par les tribunaux, mais qui est utilisée pour qualifier des dommages rentrant dans le cadre de la responsabilité décennale. Les inconforts les plus manifestes proviennent de l'absence de protections solaires. Deux types de situations sont évoqués par le rapport de l'aqc : soit elles n'ont pas été prévues lors de la Photo page ci-contre : absence de protections solaires, aggravée par une surface vitrée importante et un sol sombre. conception, soit elles l'étaient mais n'ont pas été installées. Dans ce dernier cas, la décision est prise le plus souvent sous la pression économique, pour réduire le budget en phase chantier. Cette suppression constitue une modification sensible des hypothèses prises en compte dans l'étude thermique initiale. Il convient qu'elle soit soumise à l'avis des prescripteurs, dans le respect des engagements pris en termes de confort et d'efficacité énergétique. Cette validation peut s'inscrire dans le cadre plus large d'un plan d'assurance qualité. Mais il arrive aussi que le projet architectural oublie de s'attacher à la question des protections solaires. Or il existe aujourd'hui des outils de simulation dynamique qui permettent de modéliser finement le confort d'été. Ils sont particulièrement utiles pour les façades sud et ouest. Incohérences de conception Les impasses des concepteurs peuvent être partielles. Par exemple, des protections ont été étudiées au sud, mais les façades ouest et est ont été négligées. Ou encore les baies verticales sont traitées, mais pas les lanterneaux et trappes de désenfumage, ni même les ouvrages beaucoup plus conséquents comme les verrières centrales ou les atriums. Des erreurs de conception ou choix inappropriés ont été relevés. Ainsi, les enquêteurs de www 60 qualité construction numéro spécial batimat 03 6
32 «Les concepteurs doivent s'appuyer davantage sur les outils de simulation dynamique dont les capacités ont été très largement enrichies.» Plafond suspendu désolidarisé de la dalle pour créer une circulation d air et profiter de l inertie de la dalle. Solution couplée à une surventilation nocturne. L utilisation de stores intérieurs comme protections solaires est totalement inappropriée. 3 Espacement trop large entre les lames du brisesoleil. l'aqc ont constaté que de simples stores intérieurs avaient été prescrits en guise de seule protection solaire. Or, n'étant pas placés à l'extérieur, ces produits ne peuvent pas assurer une telle fonction et sans surprise, l'efficacité n'est pas au rendez-vous! Autres préconisations critiquables, sujettes à caution ou à débat : des fenêtres de toit orientées au sud, des brise-soleil fixes implantés sans prendre en compte les impératifs de nettoyage des vitrages, des lames de brise-soleil fixes trop espacées ou mal orientées laissant passer le rayonnement solaire à certaines heures de la journée, des treilles supports d'une végétation insuffisante pour jouer un rôle effectif de protection solaire, la présence de sols réfléchissants (dallages de couleur claire, voire plan d'eau d'une piscine) au pied des murs extérieurs, provoquant une forte réverbération du rayonnement solaire... Si la ventilation naturelle traversante est exploitée en logement, elle peut aussi être déployée en tertiaire : surventilation nocturne par impostes automatisés placés au-dessus des ouvrants, désolidarisation des plafonds suspendus de la dalle pour créer une circulation d air et profiter de l inertie de la dalle Brise-soleil mobiles Les concepteurs disposent d'une large gamme de solutions. Pour les prescrire, ils doivent s'appuyer davantage sur les outils de simulation dynamique dont les capacités ont été très largement enrichies. Il est désormais possible de dimensionner avec précision les stores et brise-soleil, fixes ou mobiles, en fonction www Photos AQC Réalisation exemplaire en climat tropical Livré fin 008, le bâtiment Enerpos constitue une référence en matière de construction à haute performance énergétique en zone tropicale. Il s'agit de deux petits immeubles parallèles de deux niveaux, bâtis sur un parking souterrain et organisés autour d'un patio végétalisé. Intégré à l'iut de Saint-Denis à la Réunion, l'ensemble abrite environ 000 m² de surfaces utiles : 7 salles de cours dont consacrées à l'informatique, et 60 m² de bureaux. Sous l'influence du laboratoire Piment, l'université a souhaité se doter d'un bâtiment à énergie positive. Le projet a été confié à l'architecte Thierry Faessel-Bohe, avec le concours du bureau d'études Imageen et l'assistance HQE de la société Tribu. Il est fondé sur une architecture bioclimatique : toitureterrasse avec isolation renforcée, protégée par une sur-toiture à forts débords constituée par 370 m² de panneaux photovoltaïques, protections solaires par lames de bois, salles de cours traversantes distribuées par des coursives extérieures, orientation nord-sud favorable au vent dominant, jalousies sur parois extérieures et internes garantissant une surface d ouverture de 30 %... Les locaux sont équipés en ventilateurs plafonniers brasseurs d'air, pour réduire la durée de fonctionnement de la climatisation au strict minimum. L'exploitation, avec monitoring et relevé des consommations, a montré que le pari était réussi. «Enerpos consomme 0 fois moins qu un bâtiment standard universitaire à La Réunion», indique Aurélie Lenoir, jeune étudiante impliquée dans l'analyse du suivi, qui a consacré sa thèse au confort en climat tropical. Il affiche un ratio de 4,4 kwh/m².an au lieu de 40 kwh/m².an. En outre, il produit environ 7 fois sa propre consommation. Il est à énergie positive à l échelle de l année, du mois et même de la journée... Principales consommations par usage : les prises de courant sur lesquelles sont branchés les microordinateurs, suivi par la climatisation qui n'est pourtant mise en route en moyenne qu'une semaine dans l année seulement. Globalement, six semaines sont considérées comme sensibles, dont deux jugées critiques. Le confort d'occupation a été apprécié au travers de plus de 000 questionnaires remplis sur trois saisons par les usagers. Pour plus d'information sur cette référence, mais aussi sur d'autres réalisations remarquables, consulter le site Internet du centre de ressources Envirobat Réunion : qualité construction numéro spécial batimat 03 63
33 Photos AQC 3 Simulation dynamique et calculs réglementaires Les enjeux de l'efficacité énergétique sont mieux pris en compte par la RT 0. Mais en ce qui concerne le confort d'été, il faut toujours se contenter du calcul de la température intérieure conventionnelle (valeur maximale horaire). Or, «cette notion ne suffit pas pour qualifier l'ambiance intérieure qui dépend d'un ensemble complexe de données, dont l'humidité et la vitesse d'air», rappelle Thierry Salomon, responsable développement au sein de la société Izuba (). «Les séquences de temps sont également fondamentales : plus les journées à forte chaleur se succèdent, plus il sera difficile de gérer le confort», précise-t-il. à la fois bureau d'études et développeur de logiciels, Izuba utilise et commercialise la suite Pleiades + COMFIE. élaboré par l'école des Mines de Paris et l'association Gefosat, avec le concours de l'ademe et du programme Altener, cet outil régulièrement enrichi calcule par simulation dynamique les échanges thermiques multizones dans les bâtiments. Il permet de connaître et analyser finement l'évolution des ambiances intérieures, en fonction de données climatiques locales plus réalistes. Exploité en phase d'esquisse pour valider des options sous l'angle de la performance énergétique, il participe à la conception architecturale. Les flux entre zones thermiques sont déterminés après description des parois externes et internes. Cette témoignage approche physique rigoureuse conduit à une évaluation précise de l influence de l inertie sur les consommations hivernales et sur le confort d été. Ce niveau d analyse est jugé indispensable pour la conception des bâtiments à basse consommation et haut niveau de confort. «Depuis environ un an, le logiciel est disponible en version RT», explique Thierry Salomon. Cela signifie qu'en plus des simulations il peut assurer également les calculs réglementaires exigés par la RT 0. Jusqu'à présent les deux fonctions étaient bien distinguées et couvertes par des outils différents. Leur juxtaposition facilite et simplifie la modélisation des projets. D'autant plus que les algorithmes ont été optimisés. Il suffit de quelques dizaines de secondes de calculs pour traiter un bâtiment simple, à quelques minutes par exemple pour un lycée de m et 40 zones thermiques. Autre avantage évident : la saisie des données est unifiée et accélérée. En l'occurrence, la suite logicielle bénéficie de l'apport du module graphique Alcyone, avec saisie intuitive D par niveaux et une visualisation 3D. () Thierry Salomon est également le président de NégaWatt, association qui milite activement en faveur des énergies renouvelables et de la maîtrise des consommations, en intervenant notamment dans le débat politique et économique autant au niveau régional que national. de l'orientation d'une façade. La modélisation numérique s'applique même à la croissance et saisonnalité des végétaux formant écran. Certes, les protections solaires doivent être bien conçues. Mais, lorsqu'elles sont mobiles, leurs performances intrinsèques ne suffisent pas, il faut aussi s'attacher à leur bon fonctionnement (facilité d'utilisation et d'entretien). On observe également un manque d appropriation et d anticipation de la part des usagers. Ceux-ci ont tendance à agir sur le brise-soleil uniquement en cas d éblouissement direct et immédiat, ou de sensation de chaleur sur le moment. Ils peuvent a minima être informés et sensibilisés par le biais d un guide explicatif et/ou d un règlement de copropriété. L'enquête AQC montre que la résistance et durabilité des brise-soleil mobiles est parfois mise à rude épreuve. Certains équipements sont fragilisés à la fois par des manipulations mal appropriées et des coups de vent. Leur exploitation peut nécessiter la mise en place d'un contrat d'entretien régulier, sur la base de deux visites par an, afin d'éviter la problématique des pannes persistantes ou des dépannages en urgence. Cette dépense n'est généralement pas budgétée par les gestionnaires. Les commandes peuvent être asservies à un automate, en fonction de l'éclairement solaire, selon divers modes de régulation des occultations. Le pilotage est délicat ; en particulier lors Cette solution d ouvrant en partie basse couplée à une ouverture en toiture, le tout motorisé et asservie à la météo, assure un tirage d air naturel. 3 Certains brise-soleil fixes, par leur conception ou leur positionnement, rendent impossible le nettoyage extérieur des vitres. «On observe également un manque d appropriation et d anticipation de la part des usagers.» des journées avec ciel à encombrement nuageux variable, il arrive que les usagers soient indisposés sur certains sites par des mouvements incessants d ouverture et de fermeture, dus à un mauvais réglage lié à un pas de temps trop court. Régler les automates Des dérogations aux automatismes doivent être prévues. En effet, les utilisateurs sont parfois dans l'impossibilité de prendre la main pour déclencher une action ponctuelle à caractère «illogique», par exemple la fermeture des stores sans se préoccuper du niveau d'éclairement. Le cas cité en référence est le besoin d'assombrir une salle de réunion lors d'une projection sur un écran. à l'inverse, en hiver, il arrive que les brise-soleil se ferment lors des journées ensoleillées alors que l'on souhaiterait optimiser les apports solaires. Intégrés ou pas dans une GTB (gestion technique de bâtiment), les automates doivent être réglés avec soin selon des paramètres suffisamment complets : programmation horaire avec spécificités journalières, hebdomadaires et saisonnières, régulation en fonction du niveau d'éclairement et de la température extérieure, commande manuelle en rupture de l'asservissement... En hiver, si la récupération de calories gratuites doit être privilégiée, il ne faut pas non plus pénaliser le confort www 64 qualité construction numéro spécial batimat 03 65
34 Départements d outre-mer : un modèle intéressant Photo AQC Une démarche méditerranéenne Opérationnelle depuis septembre 009, la démarche BDM a été développée par les acteurs de la construction membres de l'association Bâtiments durables méditerranéens. Soutenue par la Région Paca et l'europe, elle recueille l'adhésion des principales organisations professionnelles de la filière. BDM n'est ni un label, ni une certification. Il s'agit d'un «système participatif de garantie», fondé sur l'éthique et la mobilisation des acteurs impliqués, qui vise à accompagner les professionnels volontaires. L'objectif est de qualifier et répertorier les opérations locales de bâtiments durables neufs ou réhabilités (maison individuelle, logement collectif et tertiaire). Les projets font l objet d une validation aux stades de la programmation-conception, de la réalisation, et enfin du fonctionnement, d ailleurs la procédure peut être comparée à la démarche HQE. Son référentiel est axé autour de 7 thématiques : social & économie, gestion de projet, territoire & site, matériaux, énergie, eau, confort & santé. Elle est fondée sur le bioclimatisme, la performance énergétique et le suivi des consommations. Bien sûr, le confort d'été y occupe une place importante. «à ce jour, plus d'une centaine d'opérations sont engagées dans la démarche BDM», indique Daniel Fauré, délégué général de l'association. Pour lutter contre les surchauffes, les solutions passives sont privilégiées : réduction des apports internes, protections solaires fixes et mobiles, débords de toits couvrant des circulations et coursives extérieures... Des solutions de ventilation hybride sont déployées, permettant une convection naturelle traversante en période chaude, avec ouvrants en façades et ouvertures internes. Le rafraîchissement passe par des brasseurs d'air, puits climatiques et brumisateurs. «Une réflexion sur l'inertie a été également conduite dans le cadre de plusieurs projets», souligne Daniel Fauré. Traditionnellement, les maisons provençales se caractérisent par des murs épais et une masse importante. Dans quelle mesure peut-on construire avec des ossatures légères, notamment en bois? Des enveloppes avec seulement 5 cm d'épaisseur de béton ou maçonnerie ont été expérimentées, qui semblent pour l'instant donner satisfaction... La démarche s'appuie sur le centre de ressources Envirobat Méditerranée qui collecte, produit et diffuse de multiples informations sur la construction durable. Les bâtiments performants font l'objet de fiches référence qui détaillent, entre autres, les modalités du confort d'été. Cet organisme vient de publier un document synthétique qui s'attache à une question d'actualité : les isolants bio-sourcés participent-ils à l'amélioration du confort hygrothermique d'été en construction neuve ou en réhabilitation de maisons individuelles? (Voir La RT 0 s'applique en France à toutes les constructions neuves... mais en métropole. Les Départements d'outre-mer (DOM) font l'objet de règles spécifiques. Comme cela est bien expliqué par les pouvoirs publics sur le site Internet dédié à la réglementation thermique (), «le climat et le mode de vie des Départements d'outre-mer rendent la réglementation métropolitaine inadaptée». Celle-ci vise en effet principalement à réduire les besoins en chauffage, un poste de consommation forcément négligeable en zone géographique chaude où le rafraîchissement et le confort hygrothermique sont prioritaires. Ce constat concerne aussi bien la thermique que l acoustique et l aération, trois domaines qui font justement l'objet de la RTAA DOM, nouvelle réglementation instaurée dans le logement depuis le er mai 00. Certes, les solutions déployées dans les DOM ne sont pas forcément transposables en métropole. Cela étant, les régions de la bordure méditerranéenne et du Sud-Ouest sont exposées à un climat sensiblement plus chaud qui nécessite des réponses adaptées en termes de confort d'été et même d'intersaison. Enrichie par les pratiques professionnelles locales, la RT DOM peut alors constituer une base de réflexion intéressante. Ses prescriptions visent d'abord à maîtriser l'exposition de l'enveloppe à l'ensoleillement : interdiction des fenêtres de toit, protection solaire des baies, mais aussi des parois opaques horizontales et verticales. Les stratégies d'écrans visuel : attention à l'éblouissement des occupants, surtout en tertiaire. Les automates sont alimentés en informations par une série de capteurs. Plus ils sont nombreux, plus il sera possible de commander les équipements avec précision, au plus près des contraintes et besoins. Mais ces conditions optimales sont rarement observées ; il arrive que plusieurs façades soient régulées avec la même sonde. L'AQC a relevé l exemple de protections solaires exposées au nord et gérées en même temps que celles orientées à l'ouest, alors que l'ensoleillement est bien différent. Chaque façade doit disposer de sa propre logique de pilotage, avec possibilité de créer un zonage. Devant cette complexité, il est conseillé d'organiser une phase de commissionnement pour valider les réglages. En effet, les éclairements ne sont pas les mêmes en fonction des étages et du positionnement des pièces dans le bâtiment. Par ailleurs, chaque extérieurs, permanents, amovibles ou saisonniers (végétation), sont bien connues. Elles sont largement sollicitées sous toutes les formes : débord de toiture, brise-soleil, bardage ventilé, store, vitrage, treille, parement de façade de couleur claire pour limiter l'absorption du rayonnement... La RT DOM mise également sur la ventilation naturelle de confort, avec ouvertures spécifiques sur au moins deux façades d orientations différentes. Le texte fixe un taux d ouverture minimal des façades de 5, 0 ou 5 %. Le ventilateur de plafond est encouragé, notamment en logement ; certaines chambres doivent en être équipées dès la construction, alors que son installation doit être facilitée dans toutes les pièces principales par un dispositif d'attente. Cette logique de ventilation traversante implique que les portes intérieures sont considérées comme ouvertes. Pour ne pas pénaliser le flux d'air, leur dimension doit être supérieure à la plus petite surface d ouverture des deux façades d'entrée et sortie. Le balayage peut aussi être assuré par l'intermédiaire de grilles de transferts implantées en imposte audessus des portes, voire en cloison de distribution. Dans le cas des maisons à étages, la trémie de l escalier est à prendre en compte dans le calcul de la section limitante intérieure permettant le passage de l air. Le tertiaire n'est pas couvert par la RT DOM. Les concepteurs à la recherche de principes pour ce secteur peuvent se pencher sur l'outil Perene (PERformance ENErgétique), un guide applicable aux bâtiments tertiaires et résidentiels, qui Photo page ci-contre : trois niveaux de casquettes sur une façade. fournit des règles de conception thermique et énergétique adaptées aux conditions climatiques de l île de la Réunion. Cette méthodologie a pour particularité de découper le territoire de l'île en quatre zones climatiques au lieu de deux pour la RT DOM. Pour chacune, et pour les villes de référence, elle propose des fichiers météorologiques annuels et horaires. Les concepteurs sont ainsi en mesure de produire des simulations thermiques dynamiques plus précises. L'outil Perene propose une démarche pragmatique pour réduire le recours à la climatisation, en temps et en puissance. Il vise le rafraîchissement par ventilation, avec une consigne de température à 8 C. Selon les auteurs, il ouvre des pistes pour atteindre de façon passive un niveau de confort hygrothermique satisfaisant pendant 90 % du temps. Au-delà de l'analyse théorique, il détaille en annexe des exemples concrets de solutions techniques. «La recherche d'une capacité de ventilation naturelle efficace constitue une phase essentielle dans la conception des bâtiments performants», explique le guide. Activée ou pas par un brassage, elle permet l'évacuation des charges thermiques, mais elle apporte en plus une sensation physiologique de confort : le souffle d'air sur la peau induit une température ressentie sensiblement inférieure à la température ambiante effective. L'écart peut être chiffré à 4 C pour une vitesse d'air de m/s, avec une température de parois égale à celle de l'ambiance... () local est caractérisé par des apports internes différents. Apports internes à forte incidence La chaleur «gratuite» liée à l'occupation provient de la présence de personnes et des machines rapportées. Le rapport de l'aqc souligne que «les apports internes [...] sont beaucoup plus importants que prévus» et qu'ils «participent fortement aux surchauffes estivales». C'est particulièrement vrai dans le tertiaire. Ainsi, il est recommandé de prendre en compte cette thématique lors de la programmation : il faut évaluer aussi précisément que possible les équipements futurs du bâtiment en fonction de sa destination - quand elle est suffisamment connue - de manière à qualifier les impacts énergétiques. Mais les installations techniques peuvent aussi provoquer des hausses de température intérieure non prévues et incontrôlées. Par exemple, en logement, la présence des réservoirs de www 66 qualité construction numéro spécial batimat 03 67
35 «D'une manière générale, le pilotage du chauffage est plus délicat en intersaison.» Absence de débord de toiture au niveau du rez-dechaussée. Mise en évidence de l utilisation différente faite par les usagers des brisesoleils. 3 Exemple typique et courant de pergola sur laquelle la végétation ne s est pas développée. 4 Absence totale de protections solaires sur une façade exposée à l ouest. stockage d'ecs solaire dans le volume habitable peut être une source conséquente d'inconfort thermique. Il faut alors s'assurer de l isolation des équipements (ballon, circuit primaire), mais aussi du réseau de distribution. Autre source de surchauffes : les caissons de VMC double flux implantés dans des combles non isolés ou directement en ambiance extérieure, notamment en toiture-terrasse. Le matériel (moteur, échangeur et gaines) est alors très exposé aux échauffements. Lui-même peu, voire pas du tout isolé, il risque de produire en été un air neuf d'une température trop élevée. Il est préférable de positionner les centrales de traitement d'air en local technique incorporé au volume isolé. Elles peuvent alors contribuer à maintenir une certaine fraîcheur intérieure. Cet avantage est réversible en hiver, où l'on a besoin de diffuser un air neuf réchauffé. En revanche, il faut veiller au bruit des équipements, pour ne pas pénaliser le confort acoustique. Facteurs d'instabilité en intersaison D'une manière générale, le pilotage du chauffage est plus délicat en intersaison, période qui voit alterner apports solaires non négligeables et besoins de chauffage. L inertie des planchers chauffants, notamment, pose problème, à tel point qu on peut se demander aujourd hui si cette technologie est adaptée à la maison bioclimatique. En effet, la réactivité du système est sensiblement trop faible face à la rapidité d évolution des apports solaires en intersaison. Les systèmes à faible inertie sont plus réactifs et efficaces, y compris les planchers rayonnants de technologie sèche caractérisés par une épaisseur réduite, mais le confort n'est pas forcément aussi homogène. Les besoins étant différents - voire opposés - selon les orientations, il peut être judicieux de prévoir des réseaux de chauffage séparés en fonction des façades. De plus, dans le tertiaire, il est judicieux de dissocier en phase conception les locaux à usages et ambiances spécifiques. Il faut notamment observer la particularité des salles dédiées aux matériels informatiques et séparer leur éventuel réseau de chauffage, afin de répondre à des conditions de régulation adaptées. Il est même possible de récupérer la chaleur dégagée pour produire chauffage ou eau chaude, par le biais d'un récupérateur placé sur l'air extrait. Dans certains bâtiments visités par l'aqc, le pilotage des équipements était paradoxal : fonctionnement simultané dans les salles informatiques du chauffage par plancher rayonnant non découplé du réseau général et de la climatisation par centrale de traitement d'air... Le tertiaire est également sensible aux risques de surchauffes par l'éclairage artificiel, notamment en présence d'une trop grande densité de lampes qui génèrent un fort rayonnement de chaleur. Les problèmes apparaissent dans les couloirs borgnes, sans lumière naturelle directe. La température monte alors rapidement, même si la durée d'allumage est optimisée par des détecteurs de présence. Photos AQC 3 Fiche conseils Conseil Les surchauffes s'expliquent largement par un défaut de protection solaire. Cette dimension doit être intégrée en amont des projets, lors de la conception architecturale, en relation avec les objectifs d'optimisation des apports solaires et de l'éclairage naturel. Conseil La gestion des protections solaires mobiles peut être assurée par des automatismes. Pour être efficace, ce pilotage doit être suffisamment précis : régulation par façade avec possibilité de zonage. Il faut aussi prévoir des dérogations pour commande manuelle. Conseil 3 Les apports internes jouent un rôle important dans les bâtiments à faible déperdition thermique. Il faut notamment se préoccuper des échauffements liés au fonctionnement des équipements techniques : ballons d'eau chaude, distribution par le sol, inertie des planchers chauffants, ventilation, éclairage... Conseil 4 Comme cela est démontré dans les Départements d'outre-mer, la ventilation naturelle traversante peut jouer un rôle efficace dans le confort d'été. La vitesse de l'air sur la peau permet de mieux supporter les surchauffes. La température ressentie est ainsi sensiblement inférieure à la température ambiante effective qualité construction numéro spécial batimat 03 69
36 Photo DR ÉQUIPEMENTS 75 Énergie bois 78 Solaire thermique 8 Photovoltaïque 84 VMC 87 Pompes à chaleur 70 qualité construction numéro spécial batimat 03 7
37 ÉQUIPEMENTS Bien dimensionner les installations texte : Alain Sartre photos : AQC L enveloppe hyper-isolée, caractéristique majeure des bâtiments performants, réduit les besoins en chauffage au strict minimum. Il faut adapter la production, distribution et gestion de chaleur. Avec des exigences plus fortes en termes d'eau chaude sanitaire et de ventilation. «Le grand apport des campagnes de mesure a été de permettre la compréhension réelle du fonctionnement des bâtiments», indique la société d'ingénierie Enertech dans un rapport d'étude sur les constructions à très faible consommation d'énergie (). Ces relevés offrent la possibilité de connaître l'état des installations techniques tous les jours, 4 h sur 4, selon des séquences de temps parfois très courtes. Riches d enseignements, ils ont «révolutionné la manière de concevoir les bâtiments et leurs équipements, en montrant comment évoluaient précisément les paramètres du confort», explique le document. En effet, il y a souvent de grosses différences entre les principes théoriques prévus par les concepteurs et la réalité des conditions d'exploitation. Cycles de mise en route des générateurs, modalités de déclenchement des pompes ou ventilateurs, temporisation de l'éclairage commandé par détecteurs de présence : le suivi peut réserver de multiples surprises... Des ralentis moins pertinents Pourquoi de tels écarts? L'étude d'enertech dénonce plus particulièrement une certaine tendance au surdimensionnement. «Qui peut le plus peut le moins» : cet adage est à l'origine de nombreux dysfonctionnements dans les bâtiments très bien isolés, à faibles besoins en chauffage. La mise en place d'une chaudière surpuissante rend alors impossible l accès aux performances visées. Malgré la modulation du brûleur, le rendement est fortement dégradé. L'explication mérite d'être rappelée : lorsque le générateur répond trop rapidement aux besoins, il s'arrête fréquemment et donc se refroidit. À chaque démarrage, il consomme de l'énergie () Rapport d'étude L entretien et la maintenance dans les bâtiments à très faible consommation d énergie - Enjeux et stratégie de septembre 0, téléchargeables sur pour se remettre lui-même en température, ce qui conduit à un taux de pertes élevé, proportionnel à la taille du corps de chauffe et au linéaire du réseau. Dans le passé, le surdimensionnement apportait «une réserve de sécurité». Mais aujourd'hui, les bâtiments sont étanches et peu déperditifs. Les apports solaires et internes jouent un rôle plus important. Le risque de déficit de puissance devient marginal. Les campagnes de mesure montrent que, même calculées au plus juste, les chaudières fonctionnent en sous-charge : elles ne vont guère au-delà de 70 % de leur capacité. Comment alors gérer les régimes de «ralentis», avec température de consigne réduite, nécessairement suivis d'une remise en chauffe? En logement, ces abaissements sont habituellement programmés la nuit pour répondre à des exigences à la fois d'économie et de confort de sommeil. Mais dans les bâtiments performants, «les relevés de température ont montré que les ralentis de nuit n avaient plus aucun effet significatif», indique l'étude. Ils ne sont plus opérants car l'ambiance intérieure varie selon des temps de réponse allongés, sur au moins 4 heures. Dans ce contexte, les ralentis peuvent se justifier uniquement pour des séquences longues, par exemple le week-end, notamment en immeuble de bureaux. Il est également utile de conditionner le ralenti à un seuil de température extérieure. Rigueur de conception Dans l'enquête réalisée par l'aqc sur les bâtiments performants, le surdimensionnement est clairement identifié comme un risque fort de dégradation de la performance énergétique. Il est également jugé pénalisant pour la durabilité des équipements : les cycles de fonctionnement court provoquent encrassement et vieillissement prématuré. Au-delà de la remise en cause des habitudes de prescription, les auteurs du rapport constatent que l'offre industrielle en générateurs de faible puissance est encore aujourd'hui restreinte. Avec une conséquence : le surdimensionnement de ces matériels impacte les circulateurs et auxiliaires. Il entraîne une surévaluation de ces composants, ce qui augmente les consommations d'énergie et pénalise l'efficacité globale des installations. Autre point important, l'architecture des réseaux doit être optimisée lors de la conception. Cela passe par un calcul correct du diamètre des canalisations et une bonne organisation de la distribution. En effet, la dépense énergétique des pompes dépend non seulement du rendement des moteurs, mais aussi du temps de fonctionnement, du débit et de la perte de charge. Quand c'est possible, il faut prévoir une mise à l'arrêt. On peut instaurer un débit variable. La simplicité est recommandée. Sur l'un des sites visités par les enquêteurs de l'aqc, l'installation disposait de trois sources d'énergie différentes. L'exploitation et la maintenance nécessitaient l'intervention de plusieurs entreprises. Cette multiplication des techniques complique le pilotage et l'optimisation des équipements. Elle allonge considérablement les temps de retour sur investissement. Bien entendu, la prévention du surdimensionnement s'applique aux émetteurs. Les radiateurs à basse température (40 C) sont par définition moins réactifs. Mais, ils sont bien adaptés aux enveloppes à faible déperdition, dans la mesure où les occupants acceptent de gérer raisonnablement les ouvertures de baies pour ne pas trop refroidir le bâti et allonger les temps de remise en température. Gérer les modifications Les comportements des occupants sont déterminants pour l'efficacité énergétique. Surtout quand ils modifient les équipements! L'enquête de l'aqc dresse une liste des appareils rajoutés après livraison des bâtiments performants. Cela La société d'ingénierie Enertech a réalisé de nombreux suivis d'installations en bâtiments performants. Ces campagnes de mesures ont montré que «les pieuvres hydrocâblées pouvaient conduire à des surchauffes importantes», expliquent les rapports d'études. C'est particulièrement vrai lorsque les usagers ne se chauffent pas à une température de 9 C, mais plus, parfois jusqu'à 3 ou 4 C. Résultat : chaque canalisation incorporée en dalle qui alimente un radiateur produit un effet de «plancher chauffant» sur une largeur de plus «Les comportements des occupants sont déterminants pour l'efficacité énergétique. Surtout quand ils modifient les équipements!» Des pieuvres hydrauliques chauffantes d'un mètre. Cet émetteur supplémentaire multiplie la puissance par deux, «ce qui conduit immanquablement à de grosses surchauffes généralement subies par le logement situé à l étage inférieur», précisent les enquêtes du bureau d'études. Pour retrouver une température de confort plus supportable, les occupants indisposés coupent leurs propres radiateurs. Mais cela ne suffit pas toujours : certains en arrivent à ouvrir leurs fenêtres Les consommations contredisent alors tous les affichages de performance énergétique. commence par la pose de radiateurs sèche-serviettes dans les salles de bain, mais dépasse aussi la fonction d'appoint : des convecteurs électriques apparaissent dans les pièces principales... Ces constats, qui ont été faits dès la première année d'exploitation, concernent d'abord le secteur de la maison individuelle. Ils manifestent soit un défaut de conception (confort affecté par un effet de paroi froide), soit un manque d'information des habitants qui ne maîtrisent pas le pilotage de leur installation. Le rapport de l'aqc évoque également des ajouts de climatiseurs, mais cette fois plutôt en logement collectif. Cela peut traduire un déficit d'étude du confort hygrométrique d'été, notamment en présence d'une façade particulièrement ensoleillée. Les outils de simulation thermique dynamique permettent de trouver des solutions ponctuelles en termes de protections solaires, voire de ventilation naturelle. Mais les modifications d'installations interviennent parfois dès la phase chantier, avec ou sans l'aval des concepteurs... Dans ce cas, il faut vérifier que le matériel posé ne dégrade pas la performance ciblée dans l'étude initiale. Il est indispensable de confronter les notes de calcul, les textes des cahiers des charges et les spécifications des équipements mis en œuvre. L'entreprise qui propose une variante doit consulter la maîtrise d'œuvre. Le non respect de cette règle expose à un refus de réception. www Les surchauffes sont liées également à la faiblesse de l'épaisseur des isolations de canalisation. «Pour une raison inconnue, les spécifications relatives au calorifuge des réseaux de chauffage sont la plupart du temps très peu ambitieuses», constate Enertech. Dans les calculs réglementaires, les déperditions de la distribution de chaleur sont considérées comme faibles. Et sur chantier, on constate que ce qui est effectivement posé ne respecte pas toujours ces recommandations minimalistes. Là encore, l'écart se creuse entre approche théorique et réalité fonctionnelle des installations. 7 qualité construction numéro spécial batimat 03 73
38 Les changements peuvent même être initiés par les concepteurs. Par exemple lorsque le bureau de contrôle constate que la certification étrangère d'un produit n'est pas valide en France. Ou alors, en l'absence d'un agrément spécifique (procédure du titre V) si la solution prévue est innovante et pas encore prise en compte dans la méthode du calcul thermique réglementaire. Même les modifications de parcours des réseaux ne sont pas innocentes. Il faut notamment veiller à la problématique de l'eau chaude sanitaire (ECS). En effet, il est impératif de respecter un seuil de température minimale aux points de puisage. La distribution ne doit donc pas être rallongée inconsidérément lors des travaux, sous peine de dégrader le confort d'usage, d'augmenter les consommations d'eau et d'énergie. Avec également un risque sanitaire : les canalisations peuvent subir une contamination préjudiciable pour la santé des usagers. Comme le signale l'enquête de l'aqc, il suffit parfois d'un petit tronçon excédentaire pour ne plus rentrer dans le cadre des exigences d'une certification. L'opération risque alors ne plus être éligible à des subventions éco-conditionnées, ce qui peut pénaliser son équilibre financier. Isoler les réseaux Autre préoccupation : l'isolation des canalisations. L'absence de calorifugeage peut occasionner des pertes thermiques importantes, surtout lorsque les réseaux transitent par l'extérieur, notamment en vide sanitaire non isolé. Ce défaut d'exécution expose à un risque de gel, mais aussi de dégradation accélérée. Pour permettre cette isolation dans une épaisseur suffisante, les canalisations doivent être correctement implantées, dans le respect des Règles de l'art et cahiers des charges techniques. Leur mise en œuvre nécessite un écart suffisant, d'une part entre elles, et d'autre part avec les supports (murs ou planchers). Lorsque les réseaux d'ecs dérogent à ces dispositions, deux conséquences malheureuses ont été identifiées : le risque de surchauffe en été et le possible réchauffement de l'eau froide par l'eau chaude. Il faut soigner la pose. Le diamètre des isolants doit correspondre à celui des canalisations, et des colliers externes sont recommandés pour éviter tout bâillement et passage d'air interférents. Bien entendu, il faut prévoir un calorifugeage continu, même en traversée de paroi. Les vannes et accessoires peuvent être protégés par des coquilles préfabriquées. Photo AQC énergie BOIS Des techniques nouvelles texte : Alain Sartre photos : AQC, Poujoulat Le bois est la première source d énergie renouvelable en France. Son succès est fondé sur la mise en place de filières de production locale. Il possède un atout bien connu, un bilan en CO neutre : les quantités émises lors de la combustion correspondent à celles absorbées lors de la croissance des arbres. Défauts d'automatismes Les matériels installés dans les bâtiments performants bénéficient des dernières avancées technologiques. Ils utilisent le bois sous forme soit de granulés, soit de plaquettes (copeaux ou résidus broyés et déchiquetés de différentes tailles). Cela permet d'automatiser le fonctionnement des générateurs, y compris les chaudières individuelles, qui sont alors complétées par une réserve de combustible implantée à proximité. Mais les installations sont plus complexes. La mécanisation de l'alimentation expose à des défaillances. Premier exemple : la vis sans fin qui pousse le combustible dans un conduit jusqu'au foyer. Le rapport de l'aqc relève des cas de colmatage et de blocage. Ces dysfonctionnements vont jusqu'à provoquer des ruptures : casse de la vis ou de l'engrenage d'entraînement du moteur. Au-delà de faiblesses ponctuelles liées à la fabrication ou à une mauvaise prescription du matériel, les incidents sont souvent liés à la qualité insuffisante du combustible : humidité, présence de graviers, plaquettes de trop grandes dimensions (jusqu à 0 cm de long), ou au contraire mélange avec une forte proportion de «fines» (sciure ou poussière)... Pour prévenir les mauvaises surprises, les contrats de livraison doivent inclure des clauses de garantie sur les caractéristiques du produit livré : granulométrie, niveau de séchage, propreté des plaquettes, etc. Le dysfonctionnement peut éventuellement être une conséquence de la conception du stockage. Un manque d'adéquation a notamment été constaté entre une alimentation par vis et un silo en textile. La forte plasticité du réservoir ne permettait pas la prise du combustible sans intervention manuelle. Dans ce cas de figure, il est possible d'opter pour l'autre technique d'alimentation automatisée : le Les bâtiments performants constituent un marché privilégié pour les systèmes de chauffage au bois moderne : appareils indépendants étanches compatibles avec la ventilation mécanique et chaudières automatiques. La filière s organise et des labels de qualité existent. «Traditionnellement, ces appareils de chauffage indépendants sont ouverts sur l'ambiance intérieure. Or en présence d'une enveloppe étanche, cette configuration doit être abandonnée car elle expose à un grave risque sanitaire (intoxication au CO).» transport pneumatique. Le déplacement des granulés vers la chaudière s'effectue grâce à un ventilateur d'aspiration. Mais cet équipement génère du bruit. Il faut donc s'attacher au traitement acoustique de l'installation et de la chaufferie. Prises d'air extérieur L'enquête de l'aqc évoque longuement la mise en œuvre des poêles à bois dans le volume habitable. Le rapport note des cas de surdimensionnement entraînant des surchauffes locales ponctuelles. Ces pics de chaleur sont sources d'inconfort pour les occupants. D'ailleurs, la RT 0 limite la pose des poêles à bûches sans thermostat de régulation. Mais la problématique centrale est celle de l'alimentation en air comburant. Traditionnellement, ces appareils de chauffage indépendants sont ouverts sur l'ambiance intérieure. Or en présence d'une enveloppe étanche, cette configuration doit être abandonnée car elle expose à un grave risque sanitaire (intoxication au CO). En effet, dans les bâtiments performants, les entrées et sorties d'air s'effectuent uniquement par le biais de la VMC. L'extraction mécanique peut perturber le bon fonctionnement des poêles et provoquer une dépression avec inversion de tirage. Les gaz de combustion s'échappent alors dans le volume habitable. Le risque peut être aggravé par la mise en marche d'une hotte de cuisine avec aspiration des buées vers l'extérieur. Pour l'éviter, il convient d'installer un poêle à bois doté d'un foyer étanche et d'une prise d'air indépendante directement raccordée sur l extérieur. Tous les appareils n'offrent pas cette possibilité. Lorsque c'est le cas, encore faut-il que la fabrication soit suffisamment soignée pour garantir une réelle étanchéité... Des défauts ont été constatés par les enquêteurs mandatés par l'aqc. Ils peuvent être identifiés lors des tests d'infiltrométrie. Ces recommandations doivent être connues par les installateurs, mais également par les occupants. C'est surtout important lorsque les poêles sont posés après livraison du logement, en dehors de toute préconisation professionnelle. En effet, la réglementation instaure le principe de réversibilité des énergies. On trouve www 74 qualité construction numéro spécial batimat 03 75
39 «Le développement du système de conduits concentriques PGI pour poêles ou inserts fonctionnant avec des granulés de bois remonte à 004», explique Lionel Druette, directeur du Laboratoire Ceric au sein du groupe Poujoulat. L'Avis Technique (ATec), aujourd'hui remplacé par un Document Technique d'application (DTA), a été publié dès 005. Fabriqué ainsi en maison individuelle des conduits de fumée non raccordés mais susceptibles d'être utilisés. Gain de rendement Comment assurer une alimentation en air comburant spécifique pour un poêle ou un insert fonctionnant avec des granulés? Il peut s'agir d'un simple tube qui perce le mur extérieur devant lequel l'appareil est installé. Le manchon de traversée se doit bien sûr de garantir l'étanchéité à l'air. Mais les industriels spécialisés dans les systèmes d'évacuation de fumée ont développé une technologie équivalente à celle qui a été conçue pour la chaudière gaz étanche murale. Destinée à la maison individuelle, elle fait appel à deux conduits concentriques permettant, au centre, d'expulser les produits de combustion et, en périphérie, d'injecter l'air neuf extérieur dans le foyer. Gamme de diamètres proposée, selon la puissance : de 80/30 à 50/00 mm. L'enveloppe n'est ainsi traversée qu'une seule fois, ce qui limite les risques d'infiltrations parasites. La technologie est couverte par la procédure du Document Technique d Application (DTA), sous l'égide du CSTB. La pose de terminaux horizontaux témoignage Une gamme pour répondre aux exigences d'étanchéité Schémas Poujoulat Système PGI avec composant Coqisol. Système Efficience. en inox, ce raccordement qui conjugue évacuation des fumées et alimentation en air comburant extérieur est principalement commercialisé dans une gamme de trois diamètres : 80/30, 00/50 et 30/00 mm. Les configurations d'installations sont validées par des essais de couplage réalisés au Ceric avec les fabricants des poêles. «Nous avons ensuite finalisé un composant de traversée d'enveloppe qui renforce l'isolation et l'étanchéité à l'air», précise le responsable du laboratoire. Appelé Coqisol, ce système a été présenté lors du salon Batimat 009. Couvert par un ATec, il se compose essentiellement d'une coquille en laine de roche haute densité de 0 à 00 mm d'épaisseur, serrée sur le conduit, et d une plaque de distance de sécurité étanche. Celle-ci garantit le respect d'un écartement de à 0 cm par rapport aux matériaux combustibles, selon les dispositions prévues par le NF DTU 4. sur les travaux de fumisterie. Le système Coqisol répond aux besoins de toutes les gammes de conduits et notamment celles équipées d'un terminal à sortie horizontale ou verticale. Dans ce dernier cas, il s'adapte aux «Les industriels spécialisés dans les systèmes d'évacuation de fumée ont développé une technologie équivalente à celle qui a été conçue pour la chaudière gaz étanche murale.» différentes configurations : maison de plain-pied avec plafond et combles perdus ou bien avec rampant sous toiture, maison à étage avec mise en place d'un habillage ventilé dans le volume habitable, traversée de toiture-terrasse, mais aussi de mur pour constituer un conduit vertical extérieur fixé en façade. «En 0, nous avons lancé le système Efficience à triple paroi qui permet de raccorder cette fois les poêles et inserts utilisant des bûches», indique Lionel Druette. Il s'agit là aussi de conduits concentriques avec évacuation centrale des fumées et amenée d'air comburant extérieur périphérique. Afin de ne pas trop abaisser la température des fumées, le conduit central est doté d'une double paroi avec isolation intermédiaire par 0 mm de laine de roche haute densité. La technologie des poêles à bûches étanches commence à se développer en France. Elle est pour l'instant plus présente chez certains de nos voisins européens, notamment en Allemagne. Poujoulat a notamment édité un magazine Énergie positive qui offre une analyse complète de la filière bois et du bois énergie, disponible gratuitement sur en façade est possible, mais strictement encadrée et limitée. Pour améliorer la diffusion des produits de combustion dans l'atmosphère, il est recommandé d'utiliser des terminaux verticaux à sortie en toiture. Leur implantation doit respecter des règles d'écartement par rapport aux ouvrants et prises d'air extérieur. La distance entre l orifice d évacuation des fumées et la limite de propriété doit être au minimum de 3 m. Elle est portée à 6 m en présence d'une façade voisine avec ouvrant. La mise en œuvre d un système à conduit concentrique se traduit par une meilleure efficacité pour le générateur raccordé. En effet, l air extérieur acheminé en partie annulaire vient s échauffer au contact de la paroi véhiculant les fumées, ce qui améliore la combustion. Cela a été démontré lors d'une étude instruite par le Laboratoire national de métrologie et d essai (LNE), le laboratoire Ceric (groupe Poujoulat) et la société Technova, avec le soutien de l Ademe. Le gain de rendement est significatif : 0 points en moyenne. Signes de qualité Pour promouvoir les appareils de chauffage au bois performants, le label Flamme verte a été créé en 000 par l Ademe et un groupe d'industriels. Photos AQC Géré par le Syndicat des énergies renouvelables, il s'applique aux matériels domestiques : inserts et foyers fermés, poêles, chaudières et cuisinières. Il s'agit d'une démarche volontaire de la part des fabricants, qui s'engagent à respecter les exigences d'une charte de qualité. Cela étant, les caractéristiques des équipements sont validées dans des laboratoires notifiés par la Commission européenne, selon des essais qui donnent par ailleurs accès au marquage CE. Tous les trois ans, chaque constructeur fait l'objet d'un contrôle spécifique sur un matériel prélevé au hasard dans sa production. Le label est symbolisé par une étiquette qui précise la classe de performance environnementale. Les équipements sont rangés en cinq catégories signifiées par des étoiles : plus elles sont nombreuses, plus l'efficacité est élevée. Le classement distingue les appareils indépendants et les chaudières. Il est établi sur la base de trois critères : le rendement énergétique, la production de monoxyde de carbone (CO) et les émissions de particules fines. Seuls les matériels qui atteignent les niveaux 4 ou 5 étoiles peuvent bénéficier de l'appellation Flamme verte. Depuis la création du label, le rendement des appareils indépendants s'est considérablement amélioré. Précédé par une généralisation des foyers fermés, il est passé d'une moyenne de 40 % à plus de 70 %, voire jusqu'à 85 % pour certains. Quant aux émissions de CO, elles ont été divisées par huit pour les meilleurs. Côté chaudières, les constructeurs engagés dans la charte de qualité ont anticipé l'évolution des normes et défini des classes de performance avec des seuils élevés, qui prennent en compte des générateurs dont le rendement peut monter à 80 ou 85 % sur PCI (Pouvoir calorifique supérieur). Parallèlement à ce label, une certification a été développée pour le bois de chauffage : la marque À gauche : le poêle possède une prise d air neuf indépendante en pied de façade. À droite, en revanche, l air neuf est pris directement dans la pièce de vie, ce qui est à bannir. Fiche conseils «NF Biocombustibles solides», qui vise les bûches, les granulés (ou «pellets») et les briquettes reconstituées, issus d'une compression de sciure de bois ou de petits copeaux. Elle apporte une garantie d'information sur le groupe d'essences (chêne, hêtre, charme...), la longueur, le niveau d'humidité et la quantité livrée en m 3. Rappelons que le taux d humidité est un critère essentiel pour la qualité de combustion. Il intervient directement sur le contenu énergétique : entre un bois sec prêt à l emploi (moins de 0 % d humidité) et un bois fraîchement coupé (45 % d humidité), la chaleur restituée est divisée par deux. Il aggrave également le niveau de pollution. Dès qu'il dépasse le seuil des 0 %, les émissions de particules peuvent être facilement multipliées par dix. Conseil Le label Flamme verte permet d identifier les matériels les plus performants. Il s'agit d'un engagement volontaire des industriels, avec signature d'une charte de démarche qualité. Conseil Les chaudières automatiques atteignent des rendements très élevés. Mais attention aux pannes récurrentes du système d'alimentation. Les contrats d'entretien permettent de les prévenir. Conseil 3 Des systèmes de conduits concentriques ont été développés pour raccorder les poêles ou inserts étanches. Lors de l'achat ou de la prescription, bien vérifier la compatibilité de l'appareil avec cette technologie. 76 qualité construction numéro spécial batimat 03 77
40 SOLAIRE THERMIQUE Une surveillance indispensable texte : Alain Sartre photos : AQC Les installations de production d'eau chaude solaire nécessitent une attention particulière en termes de maintenance et de suivi. Elles sont exposées à des pannes et incidents qui peuvent très rapidement dégrader la performance. Le solaire thermique vient de faire l'objet d'une série de dix Recommandations professionnelles publiées dans le cadre du Programme «Règles de l Art Grenelle Environnement 0» (RAGE 0). Ces documents concernent exclusivement la maison individuelle. Ils s'appliquent sur le territoire métropolitain, sauf en zones de montagne (plus de 900 m d'altitude). Cinq recommandations visent les Chauffe-eau solaires individuels (Cesi), les autres sont consacrés aux Systèmes solaires combinés (SSC), fournissant à la fois Eau chaude sanitaire (ECS) et chauffage. Les problématiques de la conception et de l'installation sont traitées séparément pour les marchés du neuf et de la rénovation. En revanche, l'entretien fait l'objet d'un document unique pour chaque catégorie d'équipements, les constructions neuves ou rénovées bénéficiant des mêmes matériels, tant en CESI qu'en SSC (). Bonnes pratiques Les Recommandations professionnelles s'attachent aux capteurs solaires thermiques plans Photo page ci-contre : masque important lié à la végétation, non pris en compte à la conception. () Recommandations téléchargeables gratuitement sur vitrés ou sous vide, à circulation de liquide, qu'ils soient posés de façon indépendante sur supports, en semi-incorporés ou intégrés à la toiture. Elles ne visent pas les capteurs non vitrés, ni même les capteurs à air. Elles s'attachent aux diverses technologies d'installation : thermosiphon monobloc ou non, échange indirect ou direct (l'ecs circule dans les capteurs sans circuit primaire), circulation forcée avec ou non circuit primaire auto-vidangeable. Dans cette dernière configuration, les capteurs et canalisations se remplissent de fluide caloporteur uniquement lorsque la pompe est en marche. Si celle-ci s'arrête, le liquide se déverse automatiquement dans un échangeur ou une bouteille de récupération qui se situe dans le volume chauffé. En période de gel hivernal ou de surchauffe estivale, le circuit primaire et tous les composants extérieurs se vident pour éviter toute détérioration. Le circulateur et les pentes de réseaux doivent être conçus en conséquence. La performance de la production d'ecs est liée à un ensemble de facteurs : implantation géographique et climatique du site (4 zones d'ensoleillement sont définies), surface de Photo AQC Des chauffe-eau solaires individuels surpuissants Le programme TélésuiWeb a été mis en place en 007 par l Institut national de l énergie solaire (Ines), avec l appui financier de l Ademe, la région Rhône-Alpes et le département de la Savoie. Il s'est depuis élargi à la région Languedoc- Roussillon. Son objectif est la mise en place d un système de contrôle des installations solaires thermiques de production d eau chaude, tant individuelles que collectives. L'Ines prend en charge la fourniture de la métrologie, assure sa réception et produit les calculs personnalisés pour chaque site. L'installation est visitée afin d'établir sa fiche descriptive et relever les masques éventuels. De son côté, l'usager investit dans un compteur et assume la pose de la métrologie. Il s'engage à relever puis communiquer régulièrement par Internet les mesures, de préférence chaque mois. L'intérêt est double. D'une part, pour le maître d'ouvrage et éventuellement l'exploitant : garantir un suivi à moindre coût sur une durée de 5 ans et ainsi améliorer la rentabilité de ses équipements. D'autre part, sur un plan collectif : constituer une base de données du fonctionnement réel des installations, et donc accéder à des valeurs globales fiables de production solaire et d'économie d'énergie. Selon le dernier bilan publié en 0, le programme assure le suivi de 370 installations, dont 338 en Rhône- Alpes et 3 en Languedoc-Roussillon. Principale observation : le ratio de performance annuel est très satisfaisant pour 73 % des installations, légèrement insuffisant pour 3 % et fortement insuffisant pour 4 % (dénotant un dysfonctionnement). Il apparaît que la majorité des Chauffe-eau solaires individuels (Cesi) sont surdimensionnés. Même lorsqu ils fonctionnent correctement, leur productivité annuelle reste inférieure à 300 kwh par m² de capteurs. Ce constat est expliqué par l uniformisation des «kits» proposés par les fabricants et la difficile estimation des besoins en eau chaude. Avec un avantage toutefois : l appoint peut être arrêté en période estivale, ce qui est bénéfique lorsqu'il est assuré par des chaudières au rendement dégradé capteurs et volume du ballon de stockage. Dans les Recommendations «RAGE 0», un ratio de 45 à 75 litres par m² de panneaux est conseillé. L'installation doit être dimensionnée au plus juste, sans surévaluer les consommations, avec une moyenne a priori de 33 litres par jour et par personne à 50 C (attention, il s'agit d'une moyenne, la consommation dépend beaucoup des habitudes de vie). Il faut tabler sur un taux de couverture raisonnable : entre 50 et 70 %. Une productivité annuelle de 400 à 500 kwh par m² de capteurs semble être un bon compromis économique. Les Recommandations rappellent les prescriptions en matière de température d'ecs. Il faut d'abord prévoir les dispositions nécessaires à la sécurité anti-brûlure. Il est ensuite indispensable de prévenir les risques liés au développement des légionelles. Les règles exigent des niveaux de températures élevées qui ne sont pas innocents en termes d'efficacité énergétique. Écarts de conception Le rapport de l'aqc sur les bâtiments performants constate que le surdimensionnement «Les enquêteurs de l'aqc soulignent que les consommations réelles d ECS sont souvent inférieures à celles qui ont été prévues.» pose également problème dans le solaire thermique, avec un risque fort de dysfonctionnement. Lorsque la surface de capteurs est trop importante par rapport aux besoins, le circuit primaire est exposé à des surchauffes qui dégradent le fluide caloporteur, fatiguent les joints et suscitent des fuites. L'installation subit ainsi un vieillissement accéléré. La productivité est fortement pénalisée. Lorsque cette pathologie apparaît sur un équipement existant, il est possible de limiter la puissance en couvrant une partie des capteurs avec un matériau réfléchissant (film aluminium) pendant les périodes les plus ensoleillées La capacité des vases d expansion doit être adaptée. Leur sous-évaluation peut aggraver les difficultés. La souscription d'un contrat d entretien est vivement encouragée, surtout pour le collectif. Les enquêteurs de l'aqc soulignent que les consommations réelles d ECS sont souvent inférieures à celles qui ont été prévues. Les besoins doivent être appréciés avec discernement, notamment dans les établissements scolaires, les maisons de retraite et autres centres www 78 qualité construction numéro spécial batimat 03 79
41 d'hébergement. Les approches du collectif et de l'individuel sont aussi très différentes. Il faut viser des taux de couverture raisonnables en associant exploitant et maître d'ouvrage à la conception du projet. Dans le cas d une rénovation, il est possible d utiliser les données des relevés de consommation pour ajuster au mieux le dimensionnement. Autre erreur à éviter : l'implantation d'un ballon d'ecs solaire à proximité d'une pièce de vie. Sur l'un des sites visités, le stockage était logé sous l'escalier du salon. Les périodes de mise en température suscitaient des bruits perturbants pour le confort acoustique. Par ailleurs, le positionnement des capteurs sur la toiture doit prendre en compte les contraintes de maintenance. Sur certaines installations, l'accessibilité n'a pas été prévue. Résultat : les interventions sont plus coûteuses car pratiquées à l'aide d'une nacelle. Arrêts non détectés Les pertes thermiques du circuit primaire pénalisent sensiblement le bilan énergétique. Les concepteurs et les installateurs doivent veiller à la bonne isolation des canalisations d'eau glycolée, à l'extérieur comme à l'intérieur des bâtiments. L'efficacité est également compromise par des pannes. Le rapport de l'aqc relève deux exemples : des défauts de sondes qui fournissent des données incorrectes et la coupure d'alimentation des circulateurs par disjonctage lors des orages. Si on n y prend garde, la chute de production - voire même l'arrêt - du circuit des capteurs passe inaperçu car l'appoint prend automatiquement la relève. Parfois, les incidents proviennent d'une mauvaise manipulation : vanne fermée par erreur lors de la maintenance. Cela suffit pour provoquer des surchauffes et surconsommations, avec fatigue accélérée de l'installation. Une fréquence plus rapprochée de visites permet de limiter les conséquences des fausses manœuvres. Le bon fonctionnement est contrôlé très simplement par la surveillance des niveaux de températures (ballon et circuits). Il est également envisageable de mettre en place un télésuivi. Le programme d'entretien doit alors englober des procédures de test des sondes et autres composants de communication. Il arrive enfin que les arrêts soient provoqués par les usagers eux-mêmes, par manque d'information. L'exemple des Cesi en maison individuelle est souligné par l'enquête de l'aqc. Dans un souci d'économie ou de sécurité, certains occupants coupent l'électricité au compteur général avant de partir en vacances. Privés d'alimentation, les circulateurs des circuits solaires n'assurent plus leur rôle. Si l'installation n'est pas auto-vidangeable, elle est exposée à un risque de surchauffe et dégradation. Photo AQC Photo AQC Installation surdimensionnée par rapport aux besoins réels des usagers : surinvestissement inutile et risques de surchauffe et de dégradation du système (encrassement, fuites). L ensemble du système (circuit primaire et ballon de stockage) doit être parfaitement calorifugé, avec des épaisseurs suffisantes. Fiche conseils Conseil Depuis le er janvier 03, les chauffe-eau solaire individuels relèvent de la certification NF Cesi. En revanche, les systèmes solaires combinés sont toujours référencés par la marque Ô Solaire gérée sous l'égide d'enerplan. Conseil Pour tout savoir - ou presque - sur le solaire collectif, il faut consulter le site Internet une plateforme collaborative mise en place par Enerplan et soutenue par l'ademe. Le marché français des installations photovoltaïques (PV) est marqué par une particularité : la volonté des pouvoirs publics d'encourager la pose dite «intégrée», pour garantir une meilleure qualité architecturale. Dans cette configuration, au lieu d'être fixés en surimposition, les panneaux solaires sont incorporés à l'enveloppe des bâtiments. Principalement implantés dans la couverture, ils participent ainsi au clos et couvert. Le principe de cette intégration est notamment favorisé par le biais de la tarification du KWh avec obligation d'achat pour le réseau électrique. Les écarts de prix sont conséquents. Par exemple, pour les installations mises en service en septembre 03 dans le résidentiel, alors que le tarif de base plafonnait à 7,8 centimes, il était possible de vendre à presque 30 centimes en solution parfaitement intégrée, et à un peu plus de 5 centimes en système à «intégration simplifiée». Photo AQC PHOTOVOLTAÏQUE Les défauts d étanchéité toujours pointés La spécificité française d encourager la pose intégrée pour des texte : Alain Sartre photos : AQC raisons esthétiques, est aussi à l origine de la majorité des désordres sur les panneaux photovoltaïques : les défauts d étanchéité. Soigner les interfaces Bien entendu, la réalisation des équipements est plus délicate. Outre la fonction électrique, il faut Photo ci-dessous : attention au fort empoussièrement de panneaux PV pouvant résulter de la proximité avec une route à grand trafic. () Téléchargeable gratuitement sur maîtriser la technologie relative à la toiture et couverture. Cette exigence constitue le cœur d'un guide de conception, mise en œuvre et maintenance, publié dans le cadre du Programme «Règles de l'art Grenelle Environnement 0» (RAGE 0). Intitulé Systèmes photovoltaïques par modules rigides en toitures inclinées (), ce document vient en complément des normes et exigences existantes, ainsi que des évaluations des Avis Techniques et autres Pass'Innovation délivrés sous l'égide du CSTB. Il s'utilise également en parallèle des notices de montage spécifiées par les fournisseurs de matériels. Il n'a pas pour objectif de détailler les dispositions relatives à la partie purement électrique. Conçu pour le marché de la France métropolitaine, hors climat de montagne, le guide concerne aussi bien le neuf que l'existant. Il vise les installations avec panneaux posés en remplacement des éléments de couverture, doublés ou non de bacs en sous-face, sur tout ou partie d'un pan incliné. Les modules www 80 qualité construction numéro spécial batimat 03 8
42 Quelles sont les différentes pathologies constatées sur les installations de production d'électricité photovoltaïque? Quels enseignements en tirer? Telles sont les questions au cœur d'un rapport d'étude commandé par l'aqc à la société Saretec, l'un des principaux opérateurs en France dans le domaine de l arbitrage et de l expertise technique. «Nous avons été amenés à analyser près de 00 rapports de sinistres, toutes assurances confondues, qui ont été centralisés par l'agence qualité construction», indique Françoise Sonntag, expert construction au sein de l'entreprise. Dans 60 % des cas, il s'agit d'un problème d'étanchéité qui concerne principalement des petites installations avec panneaux intégrés en toiture. Les défaillances apparaissent essentiellement au niveau des abergements : bandes de recouvrement placées en jonction avec les tuiles ou autres éléments de couvertures. Les infiltrations s'expliquent d'abord par un défaut de mise en œuvre. En effet, l'incorporation en toiture témoignage Améliorer la formation et le contrôle qualité Des sinistres effectifs Dans Qualité Construction n 35 de novembre-décembre 0, l AQC a alerté l ensemble des professionnels du bâtiment sur les dysfonctionnements des panneaux photovoltaïques Scheuten Solar Multisol. Ces panneaux ont été commercialisés par la société Scheuten Solar Holding entre septembre 009 et mars 0. Certains boîtiers de jonction défectueux provoquent à moyen terme un arc électrique qui au mieux engendre un arrêt de la production d électricité et au pire un incendie du bâtiment sur lequel les panneaux sont installés. Dans l attente de solutions, il a été recommandé aux nécessite une compétence de couvreur. Or, dans la deuxième moitié des années 00, le dynamisme du marché a créé un effet d'opportunité. De nombreuses entreprises se sont converties à cette activité, avec un manque évident de formation. Une première étape a été franchie avec la mise en place des qualifications PV sous l'égide de l'association Qualit'EnR. Cette démarche mérite d'être poursuivie. Second motif de sinistres : les incendies, avec près de 0 % des dossiers étudiés... Là encore, le savoir-faire des installateurs - cette fois en matière d'électricité - est primordial. La mise en place de la procédure des attestations de conformité dans le cadre du Consuel y participe. Son caractère déclaratif fait débat. Il apparaît indispensable de renforcer les contrôles. Mais en l'occurrence, les produits eux-mêmes sont trop souvent à l'origine des départs de feu. D'où l'intérêt d'assurer une meilleure traçabilité et assurance qualité, un objectif visé à travers le système de majoration des tarifs d'achat de 5 ou 0 % en fonction de l'origine européenne des composants du système. exploitants et aux maîtres d ouvrage de couper le courant, pour des raisons de sécurité évidentes. Le nombre de panneaux installés en France est estimé à environ Cette situation n est pas limitée à la France et une démarche européenne est en cours pour bien qualifier toutes les causes de ce dysfonctionnement dont les solutions de réparation avant dommage ne font pas l unanimité des experts Depuis 006, alors que des mesures incitatives ont encouragé le développement des panneaux photovoltaïques intégrés au bâti, ce sinistre sériel ainsi que d autres désordres touchant les procédés Photos AQC photovoltaïques ont déclenché une réaction de l AQC qui a mené une étude sur l ensemble des pathologies rencontrées (voir témoignage ci-dessus). Les conséquences des désordres peuvent entraîner des pertes de production d électricité, des problèmes d infiltration, des désordres d ordre structurel, voire des risques d incendie. Dans le même temps, l AQC est surprise par la complexité et le potentiel pathogène de certains procédés photovoltaïques dont le seul objectif est de faire partie de la liste des systèmes intégrés au bâti, pour bénéficier ainsi d un tarif de rachat d électricité plus avantageux. peuvent être bordés, sur un ou plusieurs côtés, par une couverture traditionnelle en petits ou grands éléments. Les prescriptions décomposent les différentes étapes d'un projet : reconnaissance du site, analyse du bâtiment et de la toiture d'implantation, choix du système photovoltaïque, principes de mise en œuvre, nécessité d'une maintenance préventive et curative. Elles s'attachent au traitement des interfaces : connexions électriques, jonctions avec la charpente et les éléments de couverture (en rives, faîtage et égout), gestion des risques de condensation... En effet, dans la journée, les cellules s'échauffent. Même en présence d'une toiture ventilée, les écarts de température jour/nuit sont susceptibles de provoquer des points de rosée. Les écrans souples de sous-toiture permettent de maîtriser l'écoulement des condensats, tout en offrant une perméabilité à la vapeur d'eau. Aléas de production Le premier constat de l'enquête AQC concernant les désordres des installations PV porte sur des maladresses et approximations dans l'implantation des panneaux. Les masques solaires ne sont pas toujours pris en compte lors de l étude préalable : végétation, autres bâtiments, cheminées... Les modules sont plus ou moins ombragés ce qui restreint la production. Parfois, c'est l'orientation et l'inclinaison qui ne sont pas optimales. Sinon, le rendement peut aussi être altéré par un déficit d'entretien et de nettoyage des cellules, lié notamment à la difficulté d'accès en toiture. Par exemple, les accumulations de feuilles sont à éviter. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'empoussièrement n'est généralement pas un facteur déterminant. Les panneaux sont d'ailleurs régulièrement balayés par la pluie. Les pannes d'équipements électriques sont plus pénalisantes. Deux exemples sont décrits par les enquêteurs. D'abord, le cas classique des disjonctions lors des orages. La mise en sécurité doit pouvoir rapidement être identifiée, éventuellement à l'aide d'une télésurveillance. Ensuite, des problèmes d'onduleurs qui tombent en panne, car enfermés dans un local surchauffé, avec défaut d'alarme qui n'a pas permis de déclencher une maintenance. Ces difficultés devraient à l'avenir être moins présentes en raison d'une amélioration sensible des produits. Des défaillances d'étanchéité ont également été repérées. L'intégration des panneaux dans une couverture classique nécessite de respecter un calepinage précis. Il est impératif de prévoir des bandes de recouvrement et de soigner les jonctions avec les tuiles voisines. Enfin, la problématique du raccordement des centrales photovoltaïques au réseau de distribution basse tension reste toujours d'actualité. Les démarches sont complexes. Les délais de traitement des dossiers sont toujours aussi longs. Il «Le premier constat de l'enquête AQC concernant les désordres des installations PV porte sur des maladresses et approximations dans l'implantation des panneaux.» Lorsque le soleil est au zénith, les panneaux photovoltaïques, qui font aussi office de casquettes, se font mutuellement de l ombre. Infiltration d eau par percement du pare-pluie lors de la pose des panneaux photovoltaïques intégrés à la toiture. Fiche conseils faut compter jusqu'à un an d'attente alors que les panneaux sont déjà installés et fonctionnels. Le manque à gagner est important. Centre de ressources Il est possible de se référer aux informations diffusées par le site Internet Mis en ligne depuis 009, ce centre de ressources bénéficie du soutien financier de l'ademe. Il est géré par l'association Hespul, Espace InfoEnergie du Rhône, mais qui possède une compétence nationale dans le domaine du PV. D'abord destiné aux particuliers, ce portail web assure une mission d'assistance auprès des petits producteurs, le plus souvent des propriétaires qui ont équipé le toit de leur maison avec une surface de panneaux qui ne représente qu'une puissance réduite. Il centralise toutes les données techniques, financières, fiscales et juridiques de la filière. Objectif : faciliter l émergence, la conception et réalisation de projets. Un forum d échanges permet d'évoquer les difficultés et cas particuliers. Il est possible d'accéder à un outil de suivi de la production. Le portail diffuse de multiples documents techniques. Le site annonce les évolutions réglementaires et normatives. Récemment, il a évoqué la nouvelle version du guide UTE C5-7- qui complète la NF C5-00 en traitant le cas spécifique des installations PV sans stockage raccordées au réseau électrique basse tension. Rappelons que les spécifications techniques relatives à la protection des personnes et des biens font l'objet d'un Guide pratique à l usage des installateurs, des bureaux d études et des porteurs de projets publié par le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) et l'ademe Hespul produit également de l'électricité photovoltaïque. En 0, l'association a fêté les 0 ans de fonctionnement de son installation Phébus. D'une puissance de, KWc, il s'agit de la première centrale raccordée en France au réseau de distribution. À cette occasion, les panneaux ont été démontés pour subir des tests de performance. Le vieillissement est plus que raisonnable : les modules n ont perdu que 8,3 % de leur puissance initiale. Conseil Pour mieux connaître les critères techniques d'incorporation des panneaux à l'enveloppe des bâtiments, il faut se référer au site Internet du Ceiab (Comité d'évaluation de l'intégration au bâti) : Conseil Les installateurs présents sur le segment des installations de forte puissance peuvent se démarquer de la concurrence en adhérant à la démarche du «label AQPV-Contractant général» initiée par le Syndicat des énergies renouvelables et Qualibat-Certibat. 8 qualité construction numéro spécial batimat 03 83
43 VMC Le double flux au banc d'essai Solution amenée à être de plus en plus utilisée dans les bâtiments texte : Alain Sartre photos : AQC étanches à l air, la VMC double flux pèche beaucoup par un manque d entretien et l absence de local dédié, correctement implanté et dimensionné. Dans le résidentiel, la Ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux reste très peu développée en France. Pour cette technologie, le marché des bâtiments performants constitue donc un terrain d'expérimentation privilégié. Intérêt principal des installations : elles sont en mesure de mieux maîtriser la qualité de l'air et se caractérisent par une meilleure efficacité énergétique en raison de la récupération de chaleur sur l'air vicié extrait. Elles sont le plus souvent équipées d'un échangeur à plaques organisé en flux croisés, voire à contre-courant. Mais elles peuvent aussi intégrer des systèmes plus complexes : récupérateur enthalpique, roue rotative ou caloduc... Cela étant, le rapport d'enquête de l'aqc lui consacre un long chapitre. Les principales préoccupations évoquées sont les problèmes de déperditions thermiques, d'équilibrage et réglage des débits d'air, d'inconfort acoustique, de positionnement des bouches et de circulation d'air. Implanter les centrales Premier constat : la VMC double flux souffre d'une insuffisance récurrente de locaux techniques adaptés, c'est-à-dire correctement implantés et dimensionnés. D'où une difficulté d'accès aux matériels qui explique bon nombre de défauts de maintenance, de dysfonctionnements et de gênes sonores. Les centrales sont souvent implantées dans les combles perdus, non chauffés. D'une part, leur approche nécessite de prévoir une échelle. D'autre part, placées dans une ambiance froide, elles sont exposées à un risque de déperditions et de condensation. Parfois, elles sont logées dans l'épaisseur d'un plafond suspendu, ce qui n'offre guère plus de facilité pour les opérations d'entretien des filtres et de maintenance courante. Et quand le local technique existe, il est régulièrement très occupé. Il faut alors veiller à ce que les machines ne soient pas non plus montées trop près des murs ou plafonds, voire derrière un enchevêtrement de gaines aérauliques Les caissons peuvent être accrochés en sous-face de plancher, par exemple dans le faux-plafond d'un couloir. Pour optimiser leur diamètre et encombrement, les réseaux de gaines sont démultipliés pièce par pièce : doublés, voir même triplés. Des sections ovales peuvent être prescrites, mais attention alors aux phénomènes de turbulence et de pertes de charge. De toute façon, par définition, Photo AQC En rénovation, la mise en œuvre d une VMC double flux peut entraîner une diminution de la hauteur sous plafond. L emploi de gaines plates ou multiples est une solution, mais leur nettoyage peut s'avérer moins simple. VMC implantée dans une pièce de vie au lieu d un local technique : l inconfort provoqué par le bruit du caisson a conduit les occupants à le calfeutrer, rendant toute maintenance impossible. le double flux prend plus de place que le simple flux. Les concepteurs doivent en tenir compte pour définir les volumes et hauteurs d'étage. Autre point sensible : les longueurs des gaines de rejet d'air vicié ou de prise d'air neuf extérieur. Elles peuvent être source de pertes d'efficacité et de déséquilibres. Il est parfois préférable de prévoir plusieurs caissons plutôt qu'un seul, notamment dans le tertiaire. Pour pallier le manque de place, il arrive que les réseaux soient implantés dans l'épaisseur de l'isolation extérieure. Résultat : un pont thermique linéaire, avec affaiblissement ponctuel de l enveloppe, et des déperditions fortes avec risque de condensation pour les gaines. Exigences d'entretien Les défaillances de maintenance sont flagrantes : accumulation de condensats et développement de moisissures dans les installations s étendant aux bâtiments... Les risques sanitaires, en termes de qualité de l'air intérieur, peuvent alors être très sérieux, d'autant plus que les ventilations restent parfois arrêtées plusieurs mois. Causes des dysfonctionnements : pannes ou mises en sécurité automatiques, actes de vandalisme Sur un site visité par les enquêteurs de l'aqc, deux ans après la livraison, aucune maintenance n'avait été effectuée : pas de remplacement de filtres, ni même de nettoyage. Le système était totalement encrassé et dans l'incapacité d'assurer sa fonction. Ce genre de situation reflète une méconnaissance profonde de la part des maîtres d'ouvrage, gestionnaires et autres syndics de copropriété. Face à ce manque d'information, il est conseillé de diffuser des guides d'entretien. Les double flux exigent des visites régulières, de préférence avec engagement contractuel. Le suivi peut être accompagné par un système de télésurveillance, au travers de sondes et contrôles qui déclenchent des alarmes. Outre des éventuelles surconsommations électriques, l'encrassement des filtres occasionne des nuisances sonores. D'une manière plus générale, il faut veiller aux impacts en matière de confort acoustique. Les perturbations se manifestent particulièrement en cas de surdimensionnement des ventilateurs qui apparaissent alors bruyants même en régime minimal. La gêne peut être provoquée par les vibrations des moteurs qui se propagent au travers des murs et cloisons. www Photo AQC «Nos ventes de VMC double flux connaissent en France une progression à deux chiffres», indique Jérémie Bellet, en charge du développement durable au sein de la filiale française du groupe Zehnder. Cette société, très présente en Suisse, Allemagne, Hollande et Autriche, affiche sur ce créneau une position de leader en Europe. «Nous sommes certes en retard par rapport à nos voisins, mais cette technologie accompagne l'essor des bâtiments passifs à étanchéité renforcée : le marché français entre dans une phase de maturité», explique t-il. L'offre de ce constructeur couvre témoignage Une technologie qui progresse également les réseaux. Il commercialise ses propres gaines semi-rigides en PEHD avec peau extérieure annelée mais parement intérieur lisse, de façon à réduire les dépôts de poussières et garantir une facilité de nettoyage. Ce dernier peut être réalisé à l'aide de brosses et d'un outillage spécifique. L'entreprise propose en plus une assistance technique : aide à la conception, formation pour les monteurs, accompagnement lors de l'équilibrage et de la mise en service. Elle est même en mesure de suivre le bon remplacement des filtres. «Nous pouvons ainsi nous engager sur la qualité globale de l'installation», précise Jérémie Bellet. Comme un certain nombre d'industriels de la ventilation, la marque équipe désormais ses centrales double flux avec des échangeurs à plaques enthalpiques. Particularité de ce système fonctionnant à flux croisés et contrecourant : il permet de récupérer l'humidité et la chaleur latente de l'air extrait. Bien que perméables à la vapeur d'eau, les plaques en membrane polymère sont traitées pour éviter la transmission des gaz, odeurs et impuretés. Il est ainsi possible de récupérer jusqu'à 80 % de la chaleur et 70 % de l humidité. 84 qualité construction numéro spécial batimat 03 85
44 La mise en œuvre doit prévoir des dispositifs de fixation qui désolidarisent les équipements de la structure du bâtiment et amortissent les mouvements. Mais les bruits apparaissent également dans le volume habitable. Il faut s'attacher aux caractéristiques des gaines et bouches d'insufflation. C'est plus particulièrement important dans les chambres. Une correction peut être apportée par la pose de pièges à son. Équilibrage des débits La conception des VMC double flux respecte généralement le principe de «balayage» prévu par la réglementation, c'est-à-dire soufflage d'air neuf dans les pièces de vie et extraction d'air vicié dans les locaux humides, complétés par un détalonnage des portes afin de garantir une libre circulation. Si les ouvrants doivent assurer une fonction d'isolement acoustique, il est possible d'implanter des orifices de transfert dans les cloisons. L'aération dépend ainsi fortement à la fois de l'implantation et des caractéristiques des bouches d insufflation. Lorsqu'elles sont placées au-dessus des portes, il faut éviter les «cycles courts» : extraction immédiate par le bas des menuiseries. La vitesse et l'orientation de l'injection doivent être suffisantes pour renouveler l'air dans toute la pièce, jusqu'au fond. Certains produits utilisent l effet Coanda : le souffle se propage à la surface du plafond. Bien entendu, le flux d'air ne doit pas non plus constituer une gêne pour les occupants. Configurations les plus sensibles : les chambres en logement et les postes de travail statique Fiche conseils Conseil Les échangeurs de VMC double flux sont exposés à un risque de condensation. Pour éviter toute accumulation d'eau, ils doivent être équipés d'un dispositif d'évacuation. Conseil Les raccords entre les différents composants des réseaux aérauliques doivent être jointoyés correctement pour éviter les fuites d air parasites : cette étanchéité limite les déperditions et permet de respecter les débits réglementaires. Conseil 3 Le confort aéraulique et acoustique du soufflage dépend aussi des caractéristiques du réseau : dimensionnement suffisant des gaines, piquages qui respectent une distance d'écartement, positionnement correct des volets régulateurs de débit Photos AQC Gaine souple de ventilation écrasée : pertes de charge plus importantes, présence d un point bas donc risque potentiel de condensation, et nettoyage du réseau compromis. Implantation de la VMC double flux dans des combles non isolés : diminution de l efficacité du système en hiver et risque de surchauffe en été. L absence d un vrai local technique ne permet pas une maintenance régulière. dans le tertiaire. Comme en simple flux, on constate une certaine tendance à occulter les bouches d'entrée d'air. C'est particulièrement le cas en présence d'une distribution aux réglages défaillants. L'efficacité et le confort de l'insufflation sont liés à l'équilibrage des réseaux. Le rapport de l'aqc fait état de débits plus élevés en début de certains réseaux aérauliques, à proximité des centrales, ce qui suscite des plaintes de la part des occupants. à l'inverse, les pièces situées en extrémité de distribution peuvent ne pas bénéficier d'un renouvellement suffisant, avec même apparition de condensation. Avant la réception des installations, il est conseillé de prévoir une phase de réglages et de tests. Dans l'absolu, il faudrait pouvoir vérifier chaque bouche, tant en insufflation qu en extraction, pour s'assurer du bon débit à noter : l'implantation du caisson en position centrale permet d'offrir «naturellement» une meilleure répartition des flux. Les Pompes à chaleur (Pac) peuvent provoquer une nuisance sonore, particulièrement pour le voisinage, lorsqu'elles sont implantées à l'extérieur en zone résidentielle. Dans certains cas, il faut prévoir un traitement acoustique. Le problème est connu depuis bien longtemps. Il est confirmé par l'enquête AQC sur les bâtiments performants. En revanche, le rapport évoque également la gêne occasionnée par les chauffe-eau thermodynamiques, cette fois à l'intérieur des logements. Le niveau de bruit de ces équipements est dénoncé par les occupants. Il est donc recommandé de les installer dans un local technique adapté, bénéficiant d'une isolation phonique suffisante pour protéger les pièces de vie. Avec une contrainte : il ne faut pas non plus les placer dans une ambiance froide, sous peine de dégrader le Coefficient de performance (Cop). Par ailleurs, les enquêteurs de l'aqc relèvent un taux de pannes élevé pour les Pac assurant le chauffage. Les incidents se rencontrent avec des Photos AQC POMPES À CHALEUR Nuisances sonores et cycles courts texte : Alain Sartre photos : AQC et arrêts trop fréquents. Outre l inconfort acoustique souvent pointé par les occupants, les pompes à chaleur font l objet de pannes dues à des démarrages L habillage de la PAC avec des plaques phoniques pose des difficultés pour la maintenance. Risque de gel des condensats s écoulant dans une gaine non calorifugée. () Les rapports Conception et dimensionnement des volumes tampons et Les pompes à chaleur avec Inverter sont téléchargeables gratuitement sur produits commercialisés par des constructeurs encore peu expérimentés. Ils nécessitent le changement d'une pièce défectueuse, voire le remplacement complet de la machine. Très souvent, les pannes sont dues à des «cycles courts», c'est-à-dire à des démarrages et arrêts trop fréquents. Pour les éviter, les installations doivent être complétées par un ballon tampon. À condition qu'il soit correctement conçu et équipé en sondes de température... Ces dispositifs font justement l'objet d'un rapport élaboré dans le cadre du Programme «Règles de l'art Grenelle Environnement 0» (RAGE 0). Les professionnels peuvent s'y référer pour les modalités de dimensionnement et de raccordement (). Par ailleurs, un autre rapport «RAGE 0» vient d'être publié cette fois sur les Pac à technologie Inverter, c'est-à-dire avec variation de puissance. Le document présente cette technologie fondée sur la modulation de vitesse du compresseur, une possibilité offerte par les développements de l'électronique et aujourd'hui très largement adoptée (). 86 qualité construction numéro spécial batimat 03 87
45 Les gaines souples de la VMC double flux présentent des points bas dans lesquels peut s accumuler des condensats, propices au développement de micro-organismes. De plus, à cause de leur enchevêtrement, ces gaines ne pourront jamais être nettoyées. QUALITé DE L'AIR INTéRIEUR Un critère structurant des bâtiments performants Photo AQC texte : Idir Zebboudj photos : AQC Le renouvellement d'air dans les bâtiments étanches, ainsi que la prise de conscience quant à la notion de qualité sanitaire des logements, amènent la qualité de l'air intérieur au rang de préoccupation majeure, à prendre en compte tout au long du projet de construction. 88 qualité construction numéro spécial batimat 03 89
46 Longtemps reléguée au rang d'obscur débat de spécialistes, la Qualité de l'air intérieur (QAI) est devenue ces trois dernières années un enjeu de santé publique faisant l'objet de campagnes de sensibilisation d'envergure nationale. La création de l'observatoire de la qualité de l'air intérieur y est pour beaucoup. «On a fini par découvrir au e siècle que nous respirions dans le bâtiment», ironise Suzanne Déoux, oto-rhinolaryngologiste (ORL) de formation et présidente de l'association Bâtiment santé plus. Une profession qui l'a conduite à prendre à bras-lecorps la question de la QAI : «En ma qualité d'orl, j'ai été frappée par la montée des maladies allergiques, poursuit-elle. Notamment chez les enfants, qui manifestaient de plus en plus de symptômes.» Une observation fondée, à en croire l'importance qu'a pris la QAI dans les projets de crèches (voir encadré ci-contre). Concomitamment, la QAI a pris une toute autre importance à la faveur de la RT 0, l'étanchéité à l'air des enveloppes faisant partie des impératifs des bâtiments performants. Un point que Suzanne Déoux voit d'un bon œil, rappelant au passage que la pollution extérieure a aussi un impact sur la QAI : «J'estime qu'en zone urbaine, l'air extérieur apporté aux bâtiment devrait pouvoir être filtré à l'aide d'un système de ventilation adapté.» Outre l'étanchéité à l'air l'enveloppe et la performance des systèmes de renouvellement d'air, la maîtrise des émissions de polluants au sein des bâtiments est le troisième paramètre à considérer afin d'obtenir une QAI satisfaisante. Conception : privilégier la simplicité Depuis une bonne dizaine d'années, les représentants de la filière ventilation n'ont eu de cesse de militer pour une meilleure considération d'un lot technique dont la place n'est toujours pas clairement définie. Surtout dans le résidentiel (maison individuelle, logement collectif) où sa mise en œuvre, qui ne demande pas d'étude, est effectuée tantôt par les chauffagistes, tantôt par les électriciens. La donne est tout autre en bâtiment tertiaire où l'on parle plus volontiers de «traitement d'air» que de ventilation au sens strict : les lots chauffage, climatisation et renouvellement d'air y sont parfois fondus en un seul et même lot. Dans le neuf, au stade de la conception, aller au plus simple s'avère être l'option la plus efficace, comme l'explique Julien Boxberger, responsable d'études au sein d'allie'air, bureau d'études spécialisé : «Il faut concevoir des réseaux avec le moins d'angles possible, afin de limiter les pertes de charge et, ainsi, limiter la pression au sein du réseau. Dès lors, celui-ci pourra être réalisé avec un faible nombre de jonctions, ce qui permet de prévenir les fuites. Ces préconisations peuvent passer pour utopiques, mais il faut s'efforcer de les garder à l'esprit.» www Photo AQC Réalisation : La crèche de l'arbre enchanté, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) Aménagée au rez-de-chaussée d'un bâtiment existant, cette nouvelle crèche, qui a ouvert ses portes en septembre dernier, répond à la volonté de la municipalité d'épinay-sur-seine de se préparer aux nouvelles exigences sanitaires visant les crèches (leur QAI devra être surveillée à compter du er septembre 05). Façonné en conséquence, le projet a fait l'objet de nombreuses préconisations destinées à minimiser les nuisances. La crèche s'est donc vu équiper d'une ventilation double flux, de vitrages antibactériens et de mobilier faiblement émissif, privilégiant le bois massif afin de limiter les émissions dues aux colles. L'organisation du chantier a également été adaptée : ainsi, le lot «peinture» a été effectué tôt dans le déroulement du chantier, de manière à dissiper au maximum les solvants. Tout au long du projet, le maître d'ouvrage a été accompagné par l'agence ARP-Astrance, qui assurait pour son compte une mission de commissionnement. Marion Capitan, consultante au sein de l'agence, en donne un aperçu : «Avant l'application de la peinture, nous avons passé en revue tous les pots utilisés, qui devaient être classés A+, en dehors de celles appliquées en extérieur. Dans le cas où cette exigence n'aurait pas été respectée, il était prévu de faire poncer les murs et de réserver une durée nécessaire à l'aération des locaux, avant d'appliquer une peinture conforme au cahier des charges. Les différents corps d'état ont dû fournir les FDES (Fiches de déclaration environnementale et sanitaire) de tous les produits mis en œuvre. Nous avons également remis au maître d'ouvrage une charte d'usage et d'exploitation de la crèche. Celle-ci préconise par exemple de renouveler le mobilier en choisissant des produits de performance similaire, voire supérieure en termes d'émissivité.» Fiche technique Maître d'ouvrage : Mairie d'épinay-sur-seine (93) Architecte : Architecte [A] (Antoine Leygonie, directeur) Commissionnement : agence ARP-Astrance Surface : 44 m Montant de l'opération : HT 90 qualité construction numéro spécial batimat 03 9
47 Photos AQC 3 4 L'usage des bâtiments et leur degré de fréquentation induit de recourir à des systèmes de modulation des débits de ventilation. L'habitat peut se contenter d'une modulation selon l'humidité, critère qui reste pertinent et qui présente un bon rapport qualité-prix : «L'arrêté du 4 mars 98 (qui fixe les débits hygiéniques de renouvellement d'air [ndlr]) vise à prévenir les effets néfastes du confinement, rappelle Emmanuelle Brière, responsable ventilation et traitement de l'air au sein d'uniclima, syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques. Des débits hygiéniques minimaux ont donc été fixés à cette fin. Or le taux d'humidité ambiant est un très bon indicateur du degré de confinement.» Soumis à des variations d'occupation prévisibles et régulières, l'habitat requiert des solutions de modulation des débits moins pointues que dans certains locaux du tertiaire tels que salles de réunions ou de classe, dont l'occupation est beaucoup plus fluctuante. «La modulation devient alors intéressante, poursuit Julien Boxberger, car elle permet des économies d'énergie et les occupants y gagnent en confort. Dans un local défini par une seule zone équipée d'un seul ventilateur, une sonde CO pourra être préconisée, tandis que dans un local multizone, on préférera un détecteur de présence.» Retours chantiers : gare à l'encrassement des gaines Si le bât blesse parfois au stade de la conception certains maîtres d œuvre omettraient de prévoir les réservations nécessaires au passage des gaines sur leurs plans!, la phase de mise en œuvre réserve elle aussi son lot de mauvaises pratiques. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter à l enquête de l'aqc sur les bâtiments Par manque d entretien, la bouche d'aspiration s est encrassée, le débit de ventilation est réduit et on obtient un mauvais renouvellement de l air. Sur cette réhabilitation de logements collectifs, il n y a pas d'entrées d'air dans les fenêtres, alors que le bâtiment dispose d une ventilation simple flux. 3 L absence de maintenance des filtres d une VMC double flux induit une diminution du renouvellement d air, qui devient insuffisant pour garantir une bonne qualité de l air intérieur 4 Une trop grande proximité entre la bouche d'aspiration et d'extraction entraîne un risque de recyclage de l air vicié dans la prise d air neuf. performants. Elle montre à quel point la conduite de chantier doit s'accompagner de vigilance, et ce dans toutes ses phases, notamment pour prévenir les phénomènes de condensation dans les bâtiments étanches : «Au moment du coulage des chapes, l'humidité met du temps à s'évacuer, voire condense, amenant à une dégradation du plâtre et des boiseries et au développement de moisissures sur les parements, les isolants... Moisissures qui vont dégrader la QAI», nous apprend ainsi Martin Guer, chargé de l enquête pour l'aqc. Il recommande de créer une ventilation provisoire du chantier, voire d'utiliser un déshumidificateur pour éviter ces condensations. Lors de la phase chantier, l'attention doit être aussi portée sur la protection des gaines vis-à-vis de toute source d'encrassement : «Si le stockage des gaines se fait à l'extérieur des bâtiments avant ou durant le chantier, de la terre peut s'y infiltrer, explique Martin Guer. De même, de la poussière durant la phase chantier peut venir encrasser les gaines. Lors de la mise en route, dans le cas des VMC double flux, s'il reste effectivement de la terre, des micro-organismes risquent de se développer à l'intérieur des réseaux aérauliques. Pour éviter cet écueil, il faut veiller à bien encapuchonner tout le réseau aéraulique pendant la phase chantier.» Comme vu précédemment, l'étanchéité des réseaux pose régulièrement problème : «Les fuites sur le réseau peuvent occasionner une perte de débit allant jusqu'à 50 %», note Julien Boxberger. À tel point que nombre de spécialistes militent pour l'instauration d'un contrôle d'étanchéité obligatoire à la livraison de l'ouvrage, au même titre que le contrôle de l'étanchéité des bâtiments. À défaut d'être obligatoire, ce contrôle figure déjà dans le cahier des charges du label Effinergie +. On observe d'ailleurs une montée en puissance du critère QAI dans les référentiels de certification des bâtiments. Ainsi du label HQE Performance, désormais finalisé, qui prévoit de mesurer la qualité de l'air intérieur à la livraison. Cette mesure est également exigée dans la version 03 du référentiel Breeam. Elle impose, pour l'obtention des crédits correspondants, de porter les débits de renouvellement d'air à 36 m 3 /h (au lieu des 5 m 3 /h prescrits par l'arrêté du 4 mars 98) et d'observer, à la livraison du bâtiment, les niveaux limite d'émission en formaldéhyde et en composés organiques volatils (COV) fixés par l'organisation mondiale de la santé. Étiquetage des matériaux : peut mieux faire... La prévention des émissions de polluants constitue le dernier pilier d'une stratégie visant à garantir ce que Suzanne Déoux appelle une «QAI acceptable», reprenant à son compte la définition de l'ashrae (American society of heating, refrigerating and air conditionning engineers). Soit un air intérieur qui, à défaut d'être pur, recèle des taux de polluants en deçà des niveaux réglementaires et qui n'incommode pas la majorité des occupants. Limiter les émissions nocives dans le neuf induit des choix plus scrupuleux des matériaux de construction (plaques de plâtres, peintures, enduits...) et du mobilier, sources de COV, de formaldéhyde et autres substances répertoriées comme polluantes par l'organisation mondiale de la santé (). Au titre de la prévention, la réglementation française a instauré un étiquetage des produits de construction, obligatoire depuis le er septembre dernier. «C'est un bon début, se félicite Suzanne Déoux, d'autant que la France est le premier pays à «On observe d'ailleurs une montée en puissance du critère QAI dans les référentiels de certification des bâtiments.» () Le formaldéhyde est classé «cancérigène certain» par le Centre international de recherche sur le cancer. mettre en place ce dispositif!» Un esprit cocardier qui ne saurait toutefois occulter les insuffisances de cet étiquetage. «Les émissions de polluants des matériaux de construction - testés dans une enceinte avec une circulation d'air - sont mesurées trois jours après (afin d évaluer le niveau d émissions aiguës) puis vingt-huit jours après (renseignant sur le niveau d émissions chroniques), détaille Fabien Squinazi, médecin biologiste, ancien directeur du Laboratoire d hygiène de la ville de Paris. Pourtant, le barème de l étiquetage ne renseigne que sur le niveau d émissions chroniques, et pas sur le niveau d émissions aiguës. De plus, seule une dizaine de substances chimiques sont recherchées. L étiquetage ne donne donc qu une idée incomplète du degré d émissions d un produit. Un produit étiqueté A+ n est donc pas forcément un produit sain.» Autre bémol : il n'est pas possible en l'état actuel de tracer les étiquettes afin de déterminer si elles résultent de tests en laboratoire indépendant (le cas de figure idéal) ou de tests réalisés par les fabricants eux-mêmes, comme il leur est permis de le faire. Rénovation : trouver le bon bouquet de travaux Point positif, la QAI est désormais une thématique suffisamment prise au sérieux pour inciter au développement de services de commissionnement, englobant le choix des systèmes de renouvellement d'air et des matériaux de construction, la vérification des ouvrages livrés, sans oublier la sensibilisation aux bonnes pratiques d'utilisation après livraison. C'est le credo de l'agence d'architecture ARP-Astrance (voir encadré page d avant), bureau d'études qui intervient tant en assistance à la maîtrise www 9 qualité construction numéro spécial batimat 03 93
48 Photo AQC d'ouvrage qu'en maîtrise d'œuvre. En prime l'agence prend donc en charge des missions de commissionnement, véritables «contre-expertises» de projets, de leur conception à leur livraison. «Nos préconisations vont au-delà du lot CVC et intéressent tant la plâtrerie que les revêtements de sols (moquettes, sols souples...), les faux-plafonds ou les peintures. Avant le stade des appels d'offres, nous communiquons au maître d'ouvrage une liste de recommandations (débits de ventilation, classes de filtres des CTA, niveau d'étanchéité des gaines pour les réseaux aérauliques, etc.) que celui-ci transmettra à la maîtrise d'œuvre.» Stockage des gaines d un puits canadien à l extérieur, à même le sol, sans être encapuchonnées. Les gaines peuvent se charger de terre, d où un risque de développement de microorganismes. Suite à une rénovation, des remontées capillaires sont apparues, finissant par dégrader les parements intérieurs, avec le risque de développement de microorganismes. Pour peu que l'ensemble de ces bonnes pratiques soient appliquées, une QAI satisfaisante est accessible sans difficulté majeure. Plus retorse est l'amélioration de la QAI en rénovation. D'abord parce que les travaux sur les lots concernés s'avèrent parfois ardus (exemple : remplacement d'une VMC simple flux par une double flux). Mais aussi, de manière plus inattendue, suite à des travaux de rénovation thermique qui ne respectent pas les Règles de l'art (exemples : création de ponts thermiques, et donc de points de condensation, suite à la mise en œuvre d'isolants ; remplacement de menuiseries existantes par des menuiseries dépourvues d'entrées d'air dans un logement en simple flux). L'enquête de 'AQC soulève également un cas d'école, illustrant combien les bouquets de travaux de rénovation doivent être judicieusement coordonnés. «Nous nous plaçons dans le cas de travaux visant à améliorer l'étanchéité à l'air et à mettre en œuvre une VMC double flux, avec conservation d'un poêle à foyer ouvert, expose Martin Guer. Si la ventilation crée une légère dépression dans la pièce, des gaz de combustion issus du foyer ouvert peuvent être aspirés dans le logement, engendrant des problèmes de QAI et de sécurité. Pour prévenir ce risque, il faut veiller à avoir un système de chauffage totalement autonome au niveau de son amenée d air et étanche à l air.» Fiche conseils En phase conception : Conseil Imposer le choix de matériaux peu émissifs. Conseil Dessiner des réseaux aérauliques simples, avec un minimum d'angles. Conseil 3 Prévoir les aménagements nécessaires à l'entretien de la VMC (trappes de visite...). Conseil 4 Bien choisir et positionner les systèmes de modulation des débits selon les usages. En phase chantier : Conseil 5 Sensibiliser l'ensemble des corps d'état à l'étanchéité à l'air de l'enveloppe afin de prévenir les entrées d'air froid et le risque de condensation. Conseil 6 Stocker les gaines aérauliques à l'abri de la poussière et de toute autre source d'encrassement. Conseil 7 Veiller à évacuer l'humidité ambiante résultant du coulage des chapes. Conseil 8 Sensibiliser l'ensemble des corps d'état concernés au soin requis par la mise en œuvre du réseau aéraulique. Conseil 9 Agencer le calendrier du chantier de manière à dissiper au plus tôt les émissions polluantes provenant des matériaux (peintures, lasures, colles...). Conseil 0 Contrôler les débits de ventilation ainsi que l'étanchéité du réseau aéraulique à la livraison de l'ouvrage. En phase d'exploitation : Conseil Souscrire un contrat de maintenance pour l'entretien périodique du système de ventilation (changement des filtres, nettoyage du réseau de gaines...). Conseil Veiller à utiliser des produits peu émissifs pour les travaux d'entretien (peintures) ou le remplacement du mobilier. Photo AQC 94 qualité construction numéro spécial batimat 03 95
49 GESTION TECHNIQUE DU BATIMENT Mieux maîtriser l ensemble de la chaîne texte : Alain Sartre photos : AQC, Christophe Felder La nécessité de maîtriser les consommations d énergie dans le temps passe de plus en plus par une instrumentation des bâtiments. La bonne utilisation de ces outils permet d identifier rapidement les problèmes ou les pannes et de réajuster les installations. Mais pour qu ils remplissent pleinement leur mission, il faut faire évoluer la connaissance des acteurs, mettre en place des supports permettant d assurer la mémoire du bâtiment, et y consacrer les moyens humains appropriés. Photo Christophe Felder Commander, automatiser, contrôler et optimiser : telles sont les fonctions essentielles de la Gestion technique de bâtiment (GTB). Dans le tertiaire ou l'industrie, son terrain historique de développement, elle est également appelée Gestion technique centralisée (GTC). La GTB peut s'appliquer à tous les équipements : aux systèmes de chauffage, production d'eau chaude sanitaire (ECS) et ventilation, mais aussi aux éclairages, protections solaires, installations de sécurité incendie, contrôles d'accès, dispositifs anti-effraction, ascenseurs, etc. Utilisant un ou plusieurs protocole(s) de communication, à travers des réseaux filaires et/ou hertziens, elle est complétée par une supervision : simple boîtier avec carte électronique et petit écran de visualisation, poste informatique dédié ou non avec moniteur et logiciel de programmation. Utilisable par les occupants, les maîtres d'ouvrage, les prestataires de maintenance, d'exploitation et/ou de pilotage, cette interface peut être doublée par un accès à distance dans le cadre d'une télésurveillance. Vers un monitoring Les bâtiments performants sont conçus pour dépenser le moins d'énergie possible. Pour autant, au-delà du caractère isolant et bioclimatique de l'enveloppe, ils doivent bénéficier d'équipements efficaces. Afin de garantir un meilleur confort thermique, les radiateurs et autres convecteurs doivent prendre en compte la température de l'air intérieur, mais aussi intégrer le niveau et l'évolution de la température extérieure. Les chaudières ou Pompes à chaleur (Pac) sont conçues pour maîtriser en plus les températures des circuits d'eau chaude, qu'ils soient destinés à produire de la chaleur ou de l'ecs. De leur côté, les ventilations font varier les débits d'air selon la pollution intérieure appréciée au travers de divers facteurs : sonde sensible à l'humidité ou au CO, capteur optique, horloge de programmation... L'éclairage peut lui-même être modulé au plus près des besoins, notamment à l'aide d'une simple minuterie ou d'une détection de présence et d'une cellule de mesure du niveau d'éclairement. Il est donc indispensable de veiller à ce que les émetteurs, générateurs, ventilateurs et éclairages, soient commandés et régulés selon les variations saisonnières, les modes d'occupation et demandes des usagers. Les équipements peuvent être complétés par des systèmes de comptage. Supervisé par la GTB, ce «monitoring» enregistre les dépenses d'électricité, d'eau froide et de chaleur. Conçu pour suivre en permanence l'état des installations, il permet de connaître précisément les niveaux de consommation, avec la possibilité de confronter www Photo page ci-contre : la réception et la mise en service d une installation de GTB sont indispensables. Ici, les servo-moteurs ayant pour but de réguler les vannes voies ont bien été prévus mais n ont pas été raccordés à ces dernières. 96 qualité construction numéro spécial batimat 03 97
50 Photo AQC Photo AQC Sonde de température d un caisson de ventilation. De multiples problèmes affectent les compteurs de chaleur : un poids d impulsion en inadéquation avec l utilisation, une implantation inappropriée (distance trop faible par rapport à une turbulence), une maintenance des compteurs de débit mal effectuée Au final, les informations fournies par le compteur ne sont pas représentatives de la consommation réelle. Documents de référence L'étude ciblée menée pour l'aqc par Ville et Aménagement Durable cite quelques documents pouvant servir de référence aux maîtres d'ouvrage et prescripteurs : le premier d'entre eux est la norme NF EN 53 Performance énergétique des bâtiments - Impact de l automatisation, de la régulation et de la gestion technique. à partir d'une liste structurée de fonctions, elle propose une méthode de définition des spécifications minimales d'automatisation selon l'usage : logement, immeuble de bureaux, établissement d'enseignement... Elle permet de qualifier et de quantifier les bénéfices liés à l instrumentation ; les calculs théoriques à la réalité des factures. Les éventuelles dérives constatées peuvent alors mieux être analysées : sont-elles attribuables à un défaut du bâti, à une défaillance des équipements, à un problème de conception, de mise en œuvre, réglage ou maintenance, à un écart de pilotage et/ou d'occupation? Déficit de pilotage Le rapport 03 de l AQC sur les bâtiments performants distingue le pilotage de la maintenance et l exploitation. Il est défini comme la conjugaison d'une action de «conduite et suivi des installations pour l optimisation de leur fonctionnement». Il passe par un réglage préalable des le Costic a élaboré un recueil de recommandations destiné à préparer les clauses techniques et fonctionnelles des cahiers des charges pour les systèmes de GTB. Il détaille une méthodologie pour décrire et spécifier les points d automatisation (sur ; l'agence locale de l'énergie et du climat (Alec) a réalisé un dossier intitulé Suivre les consommations énergétiques : comment, pourquoi?, qui propose un tableau global des enjeux de l instrumentation des bâtiments (sur ; l'association Effinergie diffuse le guide Suivi et instrumentation des bâtiments équipements, également appelé «commissionnement». «Il arrive que l absence de pilotage entraîne des sinistres» mentionne le rapport, remarquant qu «il manque [...] un intervenant responsable de leur pilotage». Premier constat du rapport lié au pilotage, à risque fort en termes de dégradation de la performance énergétique : le défaut de coopération entre les installateurs et les entreprises de maintenance. Ce manque de coordination entraîne trop souvent une absence de transmission de documents ou renseignements permettant d améliorer les réglages, d optimiser les performances et de faciliter les réparations. Il est susceptible de pénaliser la durabilité des performants qui présente une méthodologie particulièrement adaptée aux immeubles tertiaires et à l'habitat collectif, en construction neuve comme en réhabilitation (sur ; Ville et Aménagement Durable, à travers son groupe de travail «Évaluation», a développé une méthodologie qui permet d assurer la mémoire du bâtiment, de la conception jusqu à l exploitation. Tous les événements qui participent à l'optimisation peuvent être consignés dans un carnet de suivi personnalisé (voir à partir de janvier 04 sur matériels. Les experts mandatés par l'aqc préconisent d établir un lien entre les acteurs, avec continuité de la mise en œuvre à l'exploitation. Il est recommandé de définir un contenu minimal pour le Dossier des ouvrages exécutés (DOE), puis de veiller à sa fourniture et transmission au chargé de maintenance. Deuxième risque fort identifié, toujours en matière de pilotage : les modifications horaires, qui perturbent la programmation des équipements au fil des mois et des années. Les écarts, voire même les décalages complets entre les temps de fonctionnement et les périodes d'occupation sont sources de surconsommations. Ces déphasages résultent d'une méconnaissance ou de négligence. Cela étant, la programmation est une étape longue et délicate. Les experts de l'aqc préconisent d'accorder au moins deux ans aux réglages et à l optimisation des systèmes. Troisième et dernier risque fort, toujours sous l'angle de la performance : le gestionnaire du bâtiment peut être dépassé par la complexité du système de GTB. C'est notamment vrai en présence de commande «dynamique», c'est-à-dire un écran graphique proposant des images animées sous forme de schémas ou synoptiques qui transcrivent en temps réel l'état des divers composants de l'installation. Le gestionnaire n'a alors pas la compétence suffisante pour piloter et optimiser les équipements. Pour y pallier, les experts missionnés par l'aqc recommandent de se rapprocher d un exploitant. La gestion d'un bâtiment performant nécessite d'ailleurs de définir un contenu minimal de contrat de pilotage, avec conception et mise en place de www témoignage Mettre en place une démarche qualité globale «L'efficacité énergétique doit être envisagée le plus en amont possible, dès la phase de programmation», indique David Corgier, directeur général de la société d'ingénierie Manaslu/CMDL. Il faut mettre en place une démarche globale de gestion de la qualité, sous l'égide du maître d'ouvrage, avec une continuité entre les diverses phases des opérations : conception, réalisation, réception, exploitation, services après-vente... «Cette logique est bien connue et très largement adoptée dans la filière automobile ; elle est malheureusement encore trop peu pratiquée dans le secteur du bâtiment», précise t-il. La société a été créée par des ingénieurs issus du CEA-Ines. Elle développe d'ailleurs une méthodologie originale élaborée dans le cadre de ce centre de recherche : le processus Genhepi (Gestion de l énergie pour l habitat économe et promoteur d innovations). Elle se positionne comme assistant à maîtrise d ouvrage, sous l'angle énergétique, afin d'accompagner des projets de bâtiments performants ambitieux avec la perspective d'une garantie des résultats. La méthode Genhepi constitue un cadre général. Elle a été enrichie par une capitalisation de retours d'expériences. D'abord, en termes de simulation dynamique : mise au point d'outils de calcul plus concrets et proches de la réalité du terrain, prenant en compte des caractéristiques précises sur le plan du climat, des usages et réglages des équipements. Ensuite, en termes de suivi des consommations : technologies de gestion et d'instrumentation garantissant une fiabilité des mesures, avec production de bilans technico-économiques, complétés par des enquêtes auprès des usagers et des actions de re-commissionnement. «Nous suivons depuis quatre ans le siège du Caue 74, qui abrite environ 700 m² de bureaux», explique David Corgier. Sur ce bâtiment équipé d'une station météo, les consommations ont été réduites de 5 % par rapport à la première année d'exploitation. «Mais il reste encore une marge sensible de progression», souligne t-il. 98 qualité construction numéro spécial batimat 03 99
51 Photos AQC Il faut réfléchir en phase conception à l implantation des sondes de température. Par exemple, une proximité avec des lampadaires éclairant fortement la sonde occasionnera des données faussées donc plus représentatives de l ambiance réelle de la pièce. Les panneaux d information liés aux consommations du bâtiment doivent être placés dans un lieu d attente ou de détente où les usagers peuvent prendre le temps de lire, et non dans un lieu de passage où personne ne s arrête. Il faut aussi utiliser les bons indicateurs pour être compris de tous. 3 Idéalement, pour les grosses installations de GTB, il conviendrait de réaliser un lot transversal en relation directe avec les différents lots concernés (électricité, chauffage, ventilation), afin de se mettre d accord sur un même constructeur ou tout du moins sur un même protocole de communication. 3 procédures simples pour faciliter l'intervention des occupants sur l'installation. Concernant le pilotage en maison individuelle, l'enquête a identifié un risque considéré comme modéré : le réglage des équipements réalisé par les maîtres d'ouvrage eux-mêmes, avec des conséquences négatives en termes de performance. Là encore, les experts conseillent de faire appel à un professionnel avec contrat de maintenance, d'autant plus qu'il existe un risque de perte de la garantie des matériels. Si l'occupant n'est pas le propriétaire, il doit en être informé. En tertiaire, les retards observés sur la mise en route de la GTB proviennent surtout de l incompatibilité des langages utilisés par les différents équipements. La communication passe alors par la création de «passerelles», nécessitant jusqu'à trois ou quatre mois de délais supplémentaires. Par ailleurs, les experts de l'aqc soulignent l'intérêt des outils de télégestion et télémaintenance avec prise en main à distance par des spécialistes, ce qui permet d'être beaucoup plus réactif et d éviter des déplacements coûteux. L'idéal serait de prévoir dès la conception des matériels harmonisés. Cette mission peut être confiée à un coordinateur ou intégrateur. Des usages inadaptés Les systèmes de gestion peuvent être déroutants pour les usagers. Au-delà de l'incompréhension qu'ils peuvent susciter, ils sont susceptibles d'entraîner une certaine inertie ou démobilisation face aux enjeux des économies d'énergie, avec possibles résistances, voire réactions d'opposition. Le principal risque fort en termes de performance énergétique et lié au comportement des occupants, est bien connu de tous les professionnels : la température réglementaire de consigne de chauffage à 9 C est très peu respectée. Les usagers ont tendance à choisir des réglages plus élevés, avec souvent des ambiances intérieures très chaudes, allant jusqu'à 3 C et plus... Les enquêteurs de l'aqc ont même relevé une température de 7 C dans une mairie. D'ailleurs, dans le tertiaire, certains employés installent un chauffage d'appoint le plus souvent électrique. Ces modes d'occupation se traduisent automatiquement par une dérive des dépenses d'énergie. Rappelons que dans un bâtiment performant, toute augmentation de C de la température intérieure provoque une surconsommation d'environ 5 %. Comment maîtriser ce phénomène? Il faut a minima distribuer des guides d usage du bâtiment aux occupants pour les sensibiliser, mais la prise en compte de l usager doit faire l objet d un accompagnement sur le long terme. L émulation et l implication via des réunions, des cercles de discussion et des défis sont des pistes intéressantes, le partage des informations de suivi du bâtiment est essentiel, mais ces actions nécessitent une logistique et des moyens www Union sociale pour l'habitat : une expérimentation du suivi énergétique L'Union sociale pour l'habitat (USH) a mis en place un observatoire de la performance énergétique du logement social, cofinancé par le programme «RAGE 0», GrDF et Promotelec. Cet outil est l'occasion de mener des études à la fois quantitatives et qualitatives, avec la volonté de capitaliser les retours d'expériences sur des opérations réceptionnées depuis plusieurs mois, dans le neuf ou l'existant. Objectif : apprécier la performance réellement atteinte, en termes de confort et d usage, mais aussi sur un plan économique. Dans le cadre de cet observatoire, un programme d instrumentations d opérations a été lancé. Celui-ci fait l'objet d'une mission d'assistance à l'exploitation et à l'analyse des données confiée à la société Habitat et territoires conseil, sa filiale EOHS et le Cete de l'ouest. Cette étude vise à : mesurer les consommations réelles du bâtiment et des logements, pour les comparer aux consommations attendues ; identifier les sources d écart pour, dans la mesure du possible, les traiter par la suite ; vérifier le niveau de confort dans les logements ; apprécier la satisfaction des locataires ou accédants à la propriété et analyser leur appropriation du logement. Cette instrumentation doit également permettre de tirer des enseignements généraux transposables à des opérations de mêmes caractéristiques, notamment en matière d accompagnement des locataires dans l utilisation des équipements. Elle complète les démarches d instrumentations d ores et déjà lancées par des organismes d habitat social. Ainsi, opérations réparties dans toute la France (4 opérations neuves et 7 réhabilitations) ont été sélectionnées pour être suivies jusqu'en 04. Les premiers retours d expériences soulignent : l intérêt de l instrumentation pour identifier les leviers de progrès sur la chaîne de responsabilité des économies d énergie (coordination des acteurs et actions), mais également la complexité du suivi. Cette démarche ne peut d'ailleurs être généralisée, compte tenu de son coût tant en investissement qu'en termes d'ingénierie et d'outils d'analyse des données ; la nécessité d intégrer l'instrumentation dès l amont du projet afin, notamment, de prévoir l alimentation électrique des capteurs et transmetteurs. Peu d entreprises possèdent un réel savoir-faire dans ce domaine (connaissance des Règles de l art, maîtrise de l acquisition et de la transmission de données quotidiennes) ; l intérêt de recourir à un intégrateur responsable de la mise en œuvre de l instrumentation (compatibilité technique des équipements), tout en précisant dans les CCTP son articulation avec les autres intervenants (électriciens, plombiers, prestataires internet par exemple) ; les aléas techniques et comportementaux à prendre en compte (sondes de température enlevées par le locataire ou en panne ) ; la nécessité de mettre en place un protocole d exploitation des données mesurées et un contrôle de leur fiabilité avant traitement. Ces retours d'expériences seront partagés et exploités dans le cadre de l'enquête AQC sur les bâtiments performants. 00 qualité construction numéro spécial batimat 03 0
52 Photo AQC l'extinction et moduler la puissance lumineuse en fonction de l'éclairement naturel localisé. Cet allongement des délais doit être pris en compte lors de la conception. En matière de temporisation, les experts de l'aqc attirent l'attention des professionnels sur la nécessité de trouver un compromis équitable, c'est-à-dire qui ne pénalise pas le confort d'usage. La détection de présence doit bien sûr être rapide pour favoriser les économies, en ajustant l'éclairage artificiel au plus près de l'occupation. Mais, il faut aussi qu'elle soit suffisamment fine pour éviter l'extinction en présence d'une personne statistique ou peu mobile. Pour y arriver, il est possible de déployer des capteurs de chaleur. Autre risque observé et qualifié comme faible, cette fois sous l'angle de la performance énergétique : les allumages intempestifs des détections de présence provoqués par les déplacements dans les couloirs. Liés à un défaut d'implantation et/ou de réglage, ces déclenchements inutiles peuvent être évités en maintenant les portes systématiquement fermées. Dans le cadre d'une prévention optimale, celles-ci devront être opaques. Soulignons que l'éclairage automatique introduit un bouleversement des habitudes qui peut aussi parfois être déroutant pour les usagers. Afin de satisfaire une demande minimale de commande manuelle, il est possible de prévoir la pose d'interrupteurs permettant d'éteindre les luminaires, la fonction allumage étant alors conditionnée au manque d'éclairement naturel. Prévoir des moyens humains adaptés De plus en plus de bâtiments performants sont instrumentés dans l'objectif d un suivi à la fois des équipements et des consommations. Ces dispositifs, malgré le surcoût qu'ils représentent, permettent de réaliser d importantes économies. Ils sont utiles pour valider la bonne utilisation des installations techniques. Ils offrent l'avantage d'être réactifs sur les pannes et la maintenance. Grâce à eux, les gestionnaires disposent d'un observatoire fin capable d'apprécier l'efficacité énergétique d'un patrimoine et de justifier des projets d'amélioration. L'enquête de l'aqc liste les défaillances des outils et procédures de pilotage. Une série de 3 opérations a fait l'objet d'une étude plus ciblée sur la GTB et le suivi des consommations. Elle a été conduite sous l'égide de l'association Ville et Aménagement Durable (VAD), centre d échanges et de ressources pour la qualité environnementale des bâtiments et des aménagements en région Rhône-Alpes. Sur ces 3 sites visités, 8 bénéficiaient de GTC et 5 de télé-relève dont 3 avec télé-alarme. Pour 0 d'entre eux, les bâtiments étaient livrés depuis plus de deux ans, durée qui a permis un meilleur retour d'expérience sur l'exploitation. Principale conclusion : en raison d'un déficit général de connaissance et de considération constaté chez les divers acteurs, les systèmes de gestion sont trop souvent délaissés et sous-utilisés. Pour que ces outils remplissent effectivement leur rôle et atteignent les objectifs d'efficacité, il faut leur consacrer du temps et des moyens humains appropriés. Selon l'analyse conduite par Pauline Le Baron, au sein de VAD, «les missions de suivi sur deux années après la livraison semblent être indispensables pour détecter les défauts de mise en œuvre et de conception». Par ailleurs, ces systèmes participent à l'allongement des périodes de mise en service et de réglage, déjà longues et parfois fastidieuses, provoquant inconfort et plaintes de la part des usagers. Ils sont eux-mêmes la source de nouveaux désordres et dysfonctionnements. Autant de dérives qui peuvent donner une image préjudiciable aux bâtiments conçus pour être performants. Pour les prévenir dès la phase de conception, il est souhaitable que le maître d ouvrage ait une idée précise du type et du degré d instrumentation à mettre en œuvre. Or les options possibles sont très diverses et il n'est pas toujours très www «En raison d'un déficit général de connaissance et de considération constaté chez les divers acteurs, les systèmes de gestion sont trop souvent délaissés et sous-utilisés.» Photo ci-dessus : Les inversions de câblage sont un problème récurrent. Elles sont dues à une mauvaise mise en œuvre par l entreprise qui doit impérativement avoir à sa disposition l ensemble des schémas de raccordement. Elles peuvent également être imputées à la complexité des réseaux qui augmentent le risque d erreur. humains importants. Sur un plan technique, il est demandé aux concepteurs de limiter les phénomènes de parois froides (vitrages), de maîtriser les circulations d air et le degré d humidité. Ces critères ont une influence notable sur le confort thermique. Afin justement de se prémunir contre les réglages abusifs, certains maîtres d ouvrage prennent le parti d une GTB ne prévoyant aucune plage de manœuvre et de régulation par les usagers. Mais cette impossibilité s'avère perturbante : elle est généralement mal vécue, même si aucun inconfort thermique n'est réellement ressenti. Difficultés de réglage Au-delà des réglages volontairement trop élevés, il existe également un risque de mauvaise manipulation des régulations. Dans l habitation, les usagers rencontrent des difficultés pour se servir correctement des thermostats d'ambiance, jugés souvent trop complexes. Qualifié par le rapport AQC de risque faible pour la performance énergétique, cet inconvénient peut se traduire à la fois par des surconsommations et des inconforts thermiques. Les experts de l'aqc encouragent les maîtres d'ouvrage et prescripteurs à privilégier les systèmes intuitifs et ergonomiques a priori plus faciles à utiliser. Les gestionnaires rencontrent le même type de problèmes dans la gestion de l'éclairage. Là encore, en tertiaire, l'enquête fait apparaître des retards en raison d'une succession de réglages à la précision chronophage. Sur une opération visitée, six mois après la réception, les luminaires ne fonctionnaient toujours pas comme prévu. Il faut en effet traiter les appareils au cas par cas : chacun est spécifique en raison de son implantation. Il faut adapter la durée de temporisation de Moduler les consommations électriques Dans son rapport L entretien et la maintenance dans les bâtiments à très faible consommation d énergie : enjeux et stratégie, la société d'ingénierie Enertech propose une analyse des pratiques actuelles. Rédigé suite à une série de suivis et campagnes de mesures, souvent lors de la première année d'occupation, ce document fait le constat d'une difficulté dans la transition entre installateur et exploitant. De trop nombreuses anomalies sont découvertes sur les équipements réceptionnés. Certaines sont suffisamment graves pour interdire le bon fonctionnement et rendre impossible le respect des objectifs de performance. Au-delà de la validation physique du matériel, il y a également un problème de transmission des points de consigne. Bien souvent, les éléments de réglage ne sont pas vraiment communiqués. L'exploitant reprend l installation comme elle a été livrée et l'optimise plus ou moins à partir de cet état, avec une interrogation : doit-on distinguer le pilotage de la maintenance? C'est la position défendue par certains professionnels. Le bureau d'études constate que les deux sont indissociables et participent à la même mission : faire fonctionner le mieux possible les appareils aux moments précis où ils sont utiles. L optimisation des consommations électriques doit rentrer dans cette logique, surtout en présence d'un bâtiment à occupation discontinue. Or c'est rarement ce que l'on observe sur le terrain. En particulier, les circulateurs tournent en permanence. Leur arrêt constitue un des premiers pas bénéfiques, faciles à appliquer et peu coûteux, vers la maîtrise de la demande d'électricité. Dans certains cas, il est possible d'économiser jusqu'à 50 % sur la consommation de l'ensemble des pompes. Dans le même esprit, les ventilateurs peuvent également être asservis à un besoin intermittent. 0 qualité construction numéro spécial batimat 03 03
53 «Lors de l'étude ciblée menée par VAD, il est apparu que les systèmes de gestion n'étaient pas toujours couverts par des cahiers des charges bien renseignés.» Photo page ci-contre : les outils de GTB ont besoin d être surveillés avec le regard critique d un opérateur compétent pour interpréter les résultats et tirer les conclusions quant aux suites à donner, d où l importance de la formation aussi dans ce domaine. Fiche conseils simple de s'y retrouver. L'offre peut être perçue comme une «jungle» de concepts aussi hermétiques qu'évolutifs, dont la compréhension repose sur des compétences en informatique, réseaux et protocoles de communication. Pour sélectionner une solution, le maître d'ouvrage peut s'appuyer sur une compétence interne. Il a aussi la possibilité de se faire assister par un intégrateur, bureau d'études ou conseil, capable de conduire une démarche indépendante des constructeurs. Dans tous les cas, l'option retenue devra définir des moyens humains adaptés. Une offre diversifiée Lors de l'étude ciblée menée par VAD, il est apparu que les systèmes de gestion n'étaient pas toujours couverts par des cahiers des charges bien renseignés. Dans un certain nombre de CCTP, l'analyse fonctionnelle s'est avérée incomplète ou mal rédigée. Par exemple, certains capteurs n'étaient pas listés dans la base de donnée de l'installation, ou certains équipements n'étaient pas représentés dans les synoptiques de pilotage. Résultat : une mise en œuvre partielle, avec des composants non reliés à la GTB. à partir du moment où les besoins du maître d'ouvrage sont bien identifiés, les textes des appels d'offres doivent décrire précisément le système de gestion préconisé. Comment s'effectue la régulation? Avec quelles consignes? Quels sont les points de mesure? Quel marge de manœuvre est donnée à l'usager? Quelle liste des données utiles pour le suivi et l'optimisation? Aujourd'hui, l'offre s'est diversifiée et adaptée aux petites installations. Via Internet, il est possible de déployer des systèmes de suivi plus Conseil En phase conception, après définition précise du besoin à couvrir par le système de gestion et suivi, il faut accorder un soin précis à la rédaction du cahier des charges d'appel d'offre. Conseil En phase de mise en œuvre, il est impératif de veiller à la bonne implantation des dispositifs d'instrumentation (sondes et compteurs). Tous les matériels doivent être correctement raccordés au système de gestion. Conseil 3 Lors de la réception, il faut valider la composition, le réglage et fonctionnement des installations. Les points de consigne et les logiques de régulation doivent être clairement spécifiés et communiqués à l'entreprise en charge de la maintenance et/ou exploitation. Conseil 4 Pour atteindre les objectifs d'efficacité, le pilotage et l'exploitation des équipements techniques nécessitent de mettre en place les moyens humains adéquats : en nombre, en compétences et en temps passé à l'analyse. légers et moins onéreux que les traditionnelles GTC, néanmoins il est clair que les enjeux et le potentiel en termes d exploitation ne sont pas les mêmes. Par la pose de quelques sondes et compteurs bien implantés, sans instrumentation lourde du bâtiment, ces dispositifs permettent d'accéder à un tableau de bord simple. Des interfaces ludiques et des indicateurs pré-établis facilitent l'analyse. Tous les grands constructeurs et intégrateurs proposent désormais ce type de solutions. Elles se présentent sous la forme d un automate ou d une extension embarquant un mini serveur web. Elles permettent de consulter, modifier et paramétrer les process, sans autre outil ou logiciel, ni connaissance préalable spécifique. Utilisables sans supervision dédiée, ouvertes à tous les protocoles de communication, ces solutions légères intègrent des boucles de régulation, avec synoptiques et optimisateur d énergie embarqués. Bien sûr, comme tous les outils de GTB, elles ont besoin d être surveillées avec le regard critique d un opérateur compétent capable d'interpréter les résultats et d'en tirer les conclusions. Attention au comptage Le suivi des équipements passe par la mise en place de compteurs. Ils mesurent les consommations d'eau, d'électricité et de chaleur. Les informations qu'ils délivrent sont fondamentales pour l'analyse de la performance énergétique. Mais sont-ils toujours bien utilisés et fiables? L'enquête ciblée réalisée pour le compte de l'aqc fait apparaître un certain nombre de déboires. Parfois, ils proviennent des fabricants eux-mêmes. En matière de compteur électrique, des erreurs d'étalonnage récurrentes ont ainsi été constatées : le poids d'impulsion réel s'avère différent de celui indiqué dans la documentation et gravé sur l'appareil... Dans d'autres cas, il s'agit d'un défaut de prescription. En effet, les bâtiments performants se caractérisant par de faibles dépenses d'énergie, il convient de sélectionner des compteurs dont le poids d'impulsion correspond à des quantités réduites. Sinon, la précision devient aléatoire et les données sont faussées. En matière de compteur de chaleur, des problèmes liés à la pose sont également rapportés, comme une implantation dans la proximité d'une turbulence (coude, pompe ou vanne). Enfin, il est important de veiller à la maintenance, par exemple le nettoyage des filtres placés en amont d appareils dont la prise du débit d'eau s'effectue à l'aide d'une petite turbine. L'étude menée pour l'aqc attire aussi l'attention des professionnels sur le rôle stratégique et la sensibilité des compteurs de chaleur. Dans un certain nombre d'opérations comportant deux étages successifs d'instrumentation, il est apparu des divergences entre sous-comptage et comptage principal, rendant ainsi impossible l'exploitation des résultats du suivi. Photo AQC 04 qualité construction numéro spécial batimat 03 05
54 ENTRETIEN/MAINTENANCE La nouvelle donne pour pérenniser la performance texte : Idir Zebboudj photos : AQC De plus en plus perfectionnés, les bâtiments neufs ne pourront être à la hauteur de leur rang s'ils ne font pas l'objet d'une maintenance efficace. Au-delà du simple entretien des équipements ou du dépannage, le réglage et le suivi des installations ainsi que la formation des utilisateurs font également partie des missions du prestataire de maintenance. Avec l'essor des bâtiments basse consommation, la notion de performance énergétique a tendance à monopoliser les débats. Les équipements techniques et particulièrement le maintien de leur niveau de performance dans le temps passent pour des préoccupations majeures. À tel point que le bâtiment accède désormais au rang de mécanique de haute précision. Il n'est pas étonnant d'entendre nombre d'experts comparer les bâtiments à des voitures de Formule. Le parallèle est au moins pertinent sur un point : les performances conventionnelles d'un bâtiment, calculées selon la méthode RT 0, ne présagent en aucun cas de son comportement à l'usage, au même titre qu'une voiture consomme plus ou moins de carburant selon le mode de conduite de son utilisateur. Mais contrairement à une voiture, un bâtiment n'est pas un produit standard, reproductible à l'identique et à l'infini. Chaque bâtiment est au contraire unique. Des visites régulières obligatoires Une bonne maintenance passe d'abord par une bonne conception globale de l'ouvrage. Il est en effet important que les concepteurs pensent à faciliter l'accès aux équipements. «Il est important de prévoir un véritable local dédié qui bénéficie d'une isolation phonique, rappelle Martin Guer, chargé de projet «Retours d'expériences» à l'aqc. Mais Cette chaufferie permet d effectuer la maintenance dans des conditions satisfaisantes. À l inverse, ce local est trop exigu pour réaliser correctement l entretien de l installation solaire. bien souvent, en neuf comme en rénovation, ce local technique n'est pas aménagé de manière satisfaisante ni accessible. Résultat : la maintenance n'est pas assurée.» Les architectes ont donc, eux aussi, leur part de responsabilité dans la réalisation des conditions nécessaires à une maintenance satisfaisante. C'est aussi vrai pour les réseaux aérauliques : les architectes doivent penser à ménager des trappes de visites. Quant à l'entreprise de maintenance, sa première des missions consiste à effectuer des visites régulières afin d'assurer une veille sur le bon fonctionnement des équipements. À cet égard, le lot «ventilation», souvent négligé, requiert des visites fréquentes, pour nettoyer le réseau de gaines mais aussi pour remplacer les filtres à intervalles réguliers. Faute de quoi les débits de ventilation risquent de diminuer, générant des désordres liés à un renouvellement d'air déficient (augmentation de l'humidité relative, prolifération de micro-organismes générant allergies, moisissures, surconsommation de chauffage en hiver et inconfort thermique en été...). Ces désordres ont été constatés et consignés dans le guide d'entretien rédigé par le bureau d'études Enertech. S'appuyant sur des campagnes de mesures effectuées durant une année sur des bâtiments BBC utilisant des VMC double flux, ce rapport met en évidence une diminution des débits de soufflage et d'extraction imputables au non-remplacement www Photos AQC 06 qualité construction numéro spécial batimat 03 07
55 des filtres. Conclusion du rapport : «L entreprise de maintenance a en charge le changement des filtres de façon régulière. Mais toutes les campagnes de mesure sans exception ont montré que cette opération était, au mieux, faite tous les ans, alors que la périodicité qui semble s imposer en ville est de quatre mois.» Et d'ajouter que «l entreprise de maintenance doit à tout prix élargir son périmètre de contrôle et de suivi. Avoir en charge une installation de ventilation ne se limite pas au changement des filtres. Il faut aussi nettoyer régulièrement les grilles de prise et rejet d air.» Autre exemple illustrant ce nécessaire travail de veille : la production d'eau chaude sanitaire à l'aide de systèmes solaires. Sans visite régulière, les désordres répertoriés par l'étude de l'aqc (disjonction de circulateurs, fermeture de vanne inopportune) passent littéralement inaperçus. En effet, les systèmes solaires de production d'ecs sont généralement associés à une énergie d'appoint traditionnelle. En cas de défaut du système solaire, cette énergie d'appoint prend le relais. Du point de vue de l'usager, rien d'anormal, puisque la production d'eau chaude est assurée Alors qu'entre-temps, le système solaire s'est dégradé, victime de surchauffe, et qu'au final, ce défaut de maintenance engendre un surcoût pour l'utilisateur. Ces exemples illustrent l'importance pour un maître d'ouvrage de souscrire un contrat de maintenance. À noter que certains équipements font l'objet d'une inspection annuelle obligatoire, en dehors de tout contrat de maintenance : les chaudières (gaz et fioul) de puissance comprise entre 4 et 400 kw, ainsi que les équipements de climatisation de puissance comprise entre et 00 kw. Si cette obligation voulue par l'union européenne - va dans le sens d'une amélioration de la performance énergétique des bâtiments, elle se heurte néanmoins à deux écueils. Premièrement, il semblerait que les services de l'état soient bien en «Sans visite régulière, les désordres répertoriés par l'étude de l'aqc (disjonction de circulateurs, fermeture de vanne inopportune) passent littéralement inaperçus.» Différentes implantations peu accessibles des trappes d accès à la VMC double flux. 3 Aucun accès prévu sur la toiture terrasse pour la maintenance des panneaux solaires. peine de vérifier son application. Deuxièmement, il n'est pas sûr non plus que le tissu d'entreprises de maintenance soit suffisamment dense pour satisfaire cette obligation. «Les plombiers-chauffagistes savent intervenir sur des chaudières, qui constituent l'essentiel du parc d'équipements de chauffage, relève Martin Guer. En revanche, on compte moins de structures capables d'assurer la maintenance des Pac. Ce déficit en entreprises spécialisées engendre des services un peu plus chers. Mais l'essor des Pac en est encore à ses débuts ; les coûts de maintenance devraient progressivement baisser.» Ménager une période de rodage Mais le rôle de vigie qui incombe à l'entreprise de maintenance ne recouvre qu'une partie de ses missions. Car les lots de second œuvre technique (chauffage et rafraîchissement, ventilation, éclairage, production d'ecs) ne peuvent se contenter d'un simple entretien. Même bien conçus, il leur faut également passer par une période de réglage pour qu'ils puissent donner leur pleine mesure. «L'étude de l AQC montre que des bâtiments pourtant très bien conçus et de bonne qualité ne sont pas optimisés», regrette Martin Guer. Illustration à travers les systèmes de chauffage sur boucle d'eau, et plus précisément, sur l'affinage de la loi d'eau, abordé par le rapport Enertech : «Lors de la conception, le bureau d études détermine, à partir des besoins théoriques, la valeur de la température de départ maximale nécessaire lorsque la température extérieure est égale à la température de base. Ceci permet de définir la loi d eau théorique. Mais lorsque l installation est en fonctionnement, la première tâche de l entreprise de maintenance est d affiner ce réglage de manière à ce que la loi d eau suive parfaitement les besoins réels du bâtiment tout en respectant la température de consigne choisie. En général, cela conduit à "abaisser" la loi d eau théorique.» www Photos AQC 3 Les bailleurs sociaux européens mutualisent les bonnes pratiques Les pays membres de l'union européenne (UE) sont censés contribuer à un objectif global de réduction des consommations énergétique de 0 % d'ici à 00 (en prenant l'année 008 comme référence). Ce qui conduit l'ue à promouvoir des programmes de recherche servant cet objectif. Ainsi de l'étude After, qui s'intéresse au secteur du bâtiment et, plus particulièrement, à leur maintenance. Réunissant dixhuit bailleurs sociaux émanant de six pays (France, Allemagne, Italie, République tchèque, Danemark, Slovénie), l'étude vise à collecter les meilleures pratiques observées par ces bailleurs en vue de les évaluer et, le cas échéant, leur apporter des améliorations (). L'association Delphis, qui réunit vingt-six bailleurs sociaux français, est l'un des acteurs chargés de l'inventaire et de l'évaluation de ces méthodes. Parmi elles, celle employée par Auvergne Habitat qui, sur l'un de ses bâtiments, dispose d'un système de ventilation naturelle assistée (VNA) en complément d'une VMC. La tourelle constituant la VNA a été instrumentée pour ausculter son fonctionnement et rechercher des voies possibles d'optimisation. «D'ordinaire, la VNA fonctionne huit heures par jour à 00 % et le reste du temps à 30 %, explique Alain Goraguer, responsable technique d'auvergne Habitat. Cette mesure va certes dans le bon sens, mais la question qui s'est posée était de savoir si ce temps de huit heures à plein régime ne pouvait pas être diminué, sans pour autant porter atteinte à la qualité de l'air intérieur.» Suite à la campagne de mesures, des réglages de la VNA ont été préconisés à la fois pour maximiser son efficacité énergétique, tout en minimisant les déperditions thermiques et en garantissant le confort des occupants. () Pour plus de renseignements sur le projet After: 08 qualité construction numéro spécial batimat 03 09
56 La notion d'équilibrage constitue un autre «classique» en termes de réglages à effectuer lors de l'exploitation d'un bâtiment. Cela vaut pour les réseaux hydrauliques, dont l'équilibrage initial doit parfois être réajusté pour cause d'embouage, comme pour les VMC et centrales de traitement d'air, afin que les débits de soufflage et d'extraction soient identiques et ne génèrent pas de différence de pression entre l'intérieur et l'extérieur. Le rapport de l'aqc préconise lui aussi de prévoir une phase de réception du lot aéraulique afin de vérifier les débits au niveau de chaque bouche de soufflage et d'extraction. Plus globalement, le rapport recommande également d'assurer une meilleure continuité entre les entreprises de réalisation et celles de maintenance pour que soient transmis tous les documents tel que le Dossier des ouvrages exécutés (DOE) - et renseignements susceptibles d'améliorer ces réglages au moment de la livraison. Passer la main aux utilisateurs Comme pour l'automobile qui, dans les faits, a une consommation supérieure à sa consommation théorique, le degré de performance d'un bâtiment est tributaire de ses utilisateurs. Et plus précisément, de leur degré de maîtrise des équipements qui leur sont proposés. Or celui-ci est bien souvent proche de zéro. L'exemple le plus frappant est celui qui touche - encore une fois - la ventilation des logements, dont les bouches sont calfeutrées par les occupants pour stopper leur effet «douche froide». Toutefois, on voit de plus en plus de bailleurs délivrer un carnet d'utilisation aux nouveaux arrivants (propriétaires et locataires). Mais cette bonne pratique, «La notion d'équilibrage constitue un autre "classique" en termes de réglages à effectuer lors de l'exploitation d'un bâtiment.» Photo page ci-contre : Démontage impossible du tampon d'accès à l intérieur à cause de la présence du réseau électrique. qui reste à systématiser, s'avère nécessaire sans pour autant être suffisante. Pour faciliter au maximum la prise en main, il convient en premier lieu de concevoir des commandes intuitives, faciles à «lire» par leurs utilisateurs. Le rapport AQC suggère ainsi à la maîtrise d'oeuvre d'éviter les thermostats d'ambiance trop complexes qui, faute d'une utilisation adéquate, génèrent des surconsommations de chauffage. Toutes ces bonnes pratiques peuvent être englobées dans un service dit de «commissionnement» qui consiste à favoriser la prise en main par les usagers. Ce service devrait en théorie être porté par les entreprises de maintenance ou les gestionnaires d'exploitation. Dans les faits, cette pratique se retrouve surtout chez les bailleurs sociaux. D'autres acteurs, bureaux d'études ou de contrôle, s'intéressent quant à eux à un commissionnement plus large, allant de la phase de conception jusqu'après la livraison des ouvrages. Ce service peut également s'étendre à la surveillance des installations techniques visant à détecter d'éventuelles dérives, au moyen de systèmes de supervision. Ce type de dispositif devrait trouver son utilité, alors que s'ébauche la définition d'une «Garantie de résultats énergétiques» des bâtiments, par laquelle des prestataires s'engageront sur un maximum de consommations (a minima sur les cinq usages définis par la RT 0) intégrant des consommations réelles. Une telle démarche impliquera donc de la part de ces prestataires d'actionner tous les leviers propices à la maîtrise des consommations, de la conception-réalisation à l'entretien-maintenance, sans oublier la sensibilisation des usagers. Fiche conseils Lors de la phase conception : Conseil Prévoir sur plan un local dédié aux équipements techniques (chaudière, Pac, réservoirs d'eau chaude, CTA...), insonorisé pour le confort des occupants et facile d'accès pour le personnel chargé de la maintenance. Conseil Concevoir une gestion technique des bâtiments avec une architecture évolutive permettant de superviser l'ensemble des lots techniques pendant la phase d'exploitation et préconiser les équipements en conséquence. Conseil 3 Préconiser des commandes intuitives à l'intention des utilisateurs pour ne pas induire de dérives de consommations. Lors de la livraison : Conseil 4 Assurer la bonne transmission, de la maîtrise d'œuvre d'exécution au gestionnaire de maintenance, des éléments techniques nécessaires à la bonne exploitation des équipements. Conseil 5 Prévoir une période nécessaire aux réglages des différents systèmes (loi d'eau de chauffage, équilibrage des débits de ventilation...). Lors de l'exploitation : Conseil 6 Souscrire un contrat de maintenance avec un gestionnaire d'exploitation ou une entreprise spécialisée pour l'ensemble des lots techniques (chauffage, rafraîchissement, production d'ecs, ventilation). Conseil 7 Faciliter la prise en main des équipements par les usagers via des sessions de sensibilisation, des fascicules Photo AQC 0 qualité construction numéro spécial batimat 03
57 Photo AQC RéNOVATION Nécessité d'une démarche globale et structurée texte : Alain Sartre photos : AQC Des travaux de rénovation énergétique imposent une analyse complète du bâtiment, de l enveloppe jusqu aux équipements, qu il s agisse d une rénovation globale ou d un bouquet de travaux. Agir sur un lot peut avoir des répercussions sur d autres et amener à des contre-performances ou à des désordres, certains lots peuvent donc s avérer indissociables. En résidentiel et tertiaire, la réglementation thermique des bâtiments existants (RT Existant) impose une amélioration significative de l'efficacité énergétique lorsque le maître d'ouvrage engage une rénovation. Deux cas de figure sont prévus : la RT Existant «globale» pour les chantiers de réhabilitation lourde, et la RT «par élément» pour les travaux plus légers. Le premier cas correspond à un contexte précis : la construction date d'après 948, sa surface dépasse 000 m² et le montant de l'investissement est supérieur à 5 % de la valeur du bâtiment hors foncier. Il faut alors réaliser une étude de faisabilité des approvisionnements en énergie et le projet doit respecter un objectif de performance globale. Dans le second cas, la réglementation «par élément» impose simplement un seuil d'exigence pour chaque composant remplacé ou installé. Huit éléments d'ouvrage sont ciblés : les parois opaques et vitrées, les installations de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire, les générateurs fonctionnant avec du bois, la ventilation mécanique, le refroidissement et l'éclairage (en tertiaire). Des lots indissociables Sauf exception, le secteur de la maison individuelle est donc couvert par la RT Existant «par élément». Ce dispositif réglementaire suit les caractéristiques du marché : les améliorations sont ponctuelles, souvent étalées dans le temps (remplacement des menuiseries extérieures, isolation de la toiture, changement de la chaudière...). Les investissements se déclenchent au fil des capacités financières, et la plupart du temps avec un certain caractère aléatoire. Or l'ordre des travaux est essentiel! Si la chaudière tombe définitivement en panne, il faut s'interroger avant d'en faire installer une nouvelle sur les possibilités d'optimiser l'enveloppe pour mieux la dimensionner! Autre logique à respecter : lorsque les fenêtres ont été renouvelées et que l'étanchéité à l'air a été de fait renforcée, il faut aussitôt se poser la question de l'efficacité du système de ventilation. La notion de lots indissociables est soulignée dans un document publié par l'aqc et EDF-És intitulé Bien concevoir un projet de rénovation thermique (). Cette plaquette décline les solutions d'amélioration énergétique : isolation des combles, installation d'une ventilation mécanique contrôlée (VMC), isolation des murs, remplacement des menuiseries, isolation du plancher bas, production de chauffage et d'eau chaude sanitaire (ECS). Pour chaque corps d'état, elle évoque les étapes clés, les points sensibles et les interactions potentielles avec les autres travaux. La VMC, par exemple, joue un rôle stratégique, et interagit à la fois avec le bâti et les autres équipements. Dans le cadre d'une enveloppe à étanchéité renforcée, son bon www Photo ci-dessus : Discontinuité d isolation au niveau d une poutre en plancher bas, entraînant un pont thermique. () Téléchargeable sur www. qualiteconstruction.com, à la rubrique «Nos publications». qualité construction numéro spécial batimat 03 3
58 fonctionnement est essentiel pour la qualité de l'air intérieur. De plus, elle doit être compatible avec les matériels installés : chaudières, appareils de chauffage indépendant (tels que poêle ou insert), hotte de cuisine... Il faut aussi réussir son intégration - implantation du caisson et du réseau de gaines - dans le respect des contraintes acoustiques et de maintenance. Organiser les interventions Le fascicule de l'aqc rappelle l'importance de l'analyse préalable du bâtiment existant. Avant de prescrire des travaux, le professionnel doit étudier la nature du bâti : fondations, parois verticales, planchers, charpente et couverture. Les technologies étant liées à l époque de construction, il faut récupérer les plans ou effectuer des relevés. L'observation doit aussi noter la présence éventuelle d'amiante, d'humidité, de salpêtre..., et permettre d'identifier les points faibles de l'étanchéité à l'air (le diagnostic est susceptible d'être étayé par un test d'infiltrométrie). Bien entendu, l'analyse se traduit par une évaluation de la performance énergétique avec prise en compte des aspects bioclimatiques : compacité du bâtiment, orientation, inertie, apports solaires, occultations, masques environnants... Les ponts thermiques peuvent être appréciés à l'aide d'une caméra infrarouge. Concernant l'étude du bâti, l AQC a d ailleurs publié un document complémentaire intitulé Pour réussir votre chantier de rénovation, qui offre l'intérêt de La présence des réseaux existants en sousface de dalle ne permet pas une isolation continue et homogène. Ceci doit être pris en compte dans l étude thermique initiale. () Téléchargeable sur à la rubrique «Nos publications». dresser la liste des questions préalables que le professionnel doit se poser, tant sur un plan technique que juridique ou relatif à la sécurité (). Les deux fascicules convergent sur la nécessité d'une mission de maîtrise d'œuvre adaptée à la spécificité de la rénovation énergétique. Cette démarche s inscrit dans une vision globale à long terme, et implique donc la programmation du bouquet de travaux. Elle peut être conduite par un architecte, un bureau d'études ou une entreprise, selon un contrat qui détaille les engagements. Il faut en revanche que le maître d'œuvre soit couvert par une assurance adaptée. Lorsque la mission est portée par un artisan, celui-ci doit vérifier qu il est assuré non seulement pour les activités qu il exerce directement, mais aussi pour celles qu il donne en sous-traitance. Sa responsabilité peut être engagée sur un fondement juridique autre que la garantie décennale : les dommages aux existants et aux tiers. Étanchéité à l'air : des liaisons à risques Certes, la RT Existant ne fixe pas d'exigence en matière d'étanchéité à l'air, mais cette caractéristique pèse sensiblement sur les consommations dans l'existant, comme cela est illustré par l'enquête de l'aqc sur les bâtiments performants, qui porte en partie sur des opérations de rénovation. Le rapport relève, dans l existant, différentes configurations favorables aux fuites d air et difficiles à traiter, comme par exemple dans les www Photos AQC «Les deux projets Tipee et Rupella- Reha font partie des six dossiers retenus dans le cadre du programme "Investissements d avenir" piloté par l Ademe pour le compte de l État», explique Cécile Jolas, chef de projet pour la plateforme Tipee au sein de l'université de La Rochelle. L'ensemble va bénéficier d'un financement de 73 millions d'euros, avec comme enjeu principal le parc existant, fortement énergivore, pour lequel le niveau de consommation visé en énergie primaire est de seulement 5 kwh/m².an, tant en résidentiel qu'en tertiaire. Pour approcher cet objectif ambitieux, les expérimentations doivent permettre de faire émerger des produits et services performants à la fois sur un plan énergétique et économique. Le projet Tipee (Technological & innovative platform for environmental efficiency) concerne directement l'université de La Rochelle. Fondé sur témoignage Vers une consommation annuelle de 5 kwh/m² l'expérience du laboratoire LaSIE, il vise à organiser une plateforme technologique complète, dédiée à la rénovation, avec services associés : laboratoire d essais, pôle formation ouvert aux professionnels et «agence de la réhabilitation» sous forme de centre de ressources. à terme, cette structure va être implantée à Lagord, commune de l'agglomération rochelaise. Elle va participer à la reconversion d'un ancien site militaire, avec rénovation énergétique exemplaire, dans lequel la collectivité ambitionne de créer un parc «bas carbone» sur le thème des écoactivités. De son côté, «le projet Rupella-Reha devrait entrer en phase chantier dans environ un an», complète Cécile Jolas, en charge de la coordination de ce projet. Sélectionné dans le contexte de l appel à manifestations d intérêt «Bâtiments et îlots à énergie positive et à bilan carbone minimum», il concerne la réhabilitation en approche globale de trois immeubles de l Office public de l habitat de l agglomération de La Rochelle : les bâtiments PN6 à Port Neuf (livré en 954), Le Lurçat à Mireuil (966) et VLS500 à Villeneuveles-Salines (974). Ces trois constructions de périodes et typologies différentes vont permettre d expérimenter un large panel d'outils, comme la maquette numérique notamment en phase diagnostic, et de solutions techniques : production et stockage d énergie, systèmes innovants de ventilation, isolation intérieure et extérieure, etc. La livraison des bâtiments réhabilités est prévue pour début 05. Elle sera suivie par une phase d observation et d évaluation de deux ans, avec suivi des consommations et analyse du niveau d acceptation des occupants. Les résultats seront largement diffusés. 4 qualité construction numéro spécial batimat 03 5
59 Photos AQC bâtiments haussmanniens, au niveau des traversées de murs par les poutres métalliques des planchers. Mais c'est le bois qui est plus particulièrement concerné. Il est notamment très délicat de traiter les fuites qui apparaissent dans les parois des maisons à colombages, avec charpente accolée à des matériaux de remplissage souvent légers et poreux. Dans ce cas de figure, même les murs de refend peuvent véhiculer des flux d'air parasites. Même difficulté avec les fuites d air qui transitent par le cœur des vieilles poutres fissurées traversant l enveloppe au niveau des planchers intermédiaires, par exemple. Le phénomène peut néanmoins être réduit par injection de résine. Le choix de rénover la toiture avec la méthode Sarking engendre des difficultés pour réaliser l étanchéité à l air autour de tous les chevrons qui traversent la membrane frein-vapeur au niveau de la jonction mur-toit (se pose également le problème des fuites d air par l intérieur des chevrons fissurés). Il faut alors réaliser l'étanchéité à l'air entre le mur et le crénelage de tous les chevrons qui se prolongent à l'extérieur pour constituer le Appui de fenêtre non traité lors de la pose d une ITE en rénovation. Condensation lors d une rénovation en site occupé : les menuiseries ont été remplacées plusieurs mois avant la mise en service de la ventilation. débord de toit. Dans cette configuration, selon les experts, il paraît préférable de déplacer le plan d'étanchéité en sous-face de la charpente. Pour cela, il faut prévoir un complément d isolation sans lame d air entre chevrons et plaquer côté intérieur un pare-vapeur étanche à l'air. Par ailleurs, la pose des pare-vapeurs et autres membranes formant écran à l'air peut s'avérer plus délicate dans l'existant. En effet, les matériaux anciens offrent généralement un état de surface moins favorable aux produits utilisés pour la mise en œuvre de l étanchéité (colles et rubans adhésifs). Pour limiter les ruptures, on peut soit préparer les supports avec des primaires d'accrochage, soit faire appel à des dispositifs de fixation mécanique. Ne pas recréer de ponts thermiques En rénovation, l'isolation thermique des murs par l'extérieur (ITE) gagne des parts de marché. Elle offre un double intérêt : d'une part, elle évite des travaux intérieurs, d'autre part elle apporte une bonne efficacité dans le traitement www Une incitation au BBC rénovation Accompagner financièrement l amélioration énergétique de maisons individuelles existantes, tel est l'objet de l'appel à projets «Je Rénove BBC», lancé conjointement par la région Alsace et EDF/És (Énergies Strasbourg). Les propriétaires peuvent ainsi bénéficier jusqu'à euros d'aides, avec une condition impérative : le chantier est pris en charge par un professionnel agréé, assurant une mission de maîtrise d'œuvre. Celui-ci, garant des performances, aura signé au préalable un acte d engagements qui impose une réflexion en amont sur la définition du projet avec priorité aux travaux d isolation thermique. Autre obligation : les opérations doivent permettre au client d atteindre l éligibilité au crédit d impôt, tant pour les systèmes que pour les composants d enveloppe. Il est aussi recommandé de faire appel à des professionnels dont la qualification est certifiée (par exemple reconnus «Grenelle de l Environnement»). Les objectifs de performance peuvent être remplis de deux façons. D'abord, par le respect d'un référentiel technique, une méthode qui permet de déterminer les épaisseurs d isolation à mettre en œuvre pour parvenir au niveau «BBC Rénovation», avec une maison de volumétrie moyenne et une génération de chaleur de référence. Mais dans certains cas, pour des raisons architecturales ou techniques, il n est pas possible d'appliquer cette démarche. Le prestataire réalise alors une étude thermique. Le projet doit impérativement consommer moins de 04 kwh ep /m².an (chauffage, ECS, refroidissement, auxiliaires, ventilation et éclairage), selon les règles du calcul réglementaire THC-E-ex. L'opération «Je Rénove BBC» a été engagée fin 0 à la suite du programme «50 chantiers pionniers» lancé en 008. Elle a été depuis reconduite, avec la volonté d'engager jusqu'à 500 projets de rénovation. Le seuil des 50 devrait être atteint fin 03. Les prestations font l'objet d'un contrôle systématique qui valide le niveau de performance. Une vérification en cours de chantier peut aussi être déclenchée. Si des anomalies sont détectées, une mise en conformité est imposée unilatéralement par les organisateurs. En fin de travaux, un test d étanchéité à l air est réalisé par un bureau de contrôle certifié. La plaquette de l'aqc Bien concevoir un projet de rénovation thermique fait partie des outils diffusés auprès des professionnels agréés. Elle a d'ailleurs été conçue en partenariat avec les organisateurs de l'appel à projets. 6 qualité construction numéro spécial batimat 03 7
60 des ponts thermiques. à condition de soigner les différents points singuliers, comme le souligne le rapport de l'aqc, faute de quoi des risques de condensation sont à venir. Premier point d attention : le risque de ponts thermiques en bas de mur sur tout le pourtour du nez de dalle puisque l ITE en façade doit s arrêter une quinzaine de cm au-dessus du sol. L idéal, si le type de soubassement entourant la maison s y prête, est de réaliser une tranchée sur le pourtour du bâtiment afin de pouvoir isoler le bas du mur et une partie des fondations avec un autre isolant adapté. Le deuxième point faible concerne les balcons existants, dont l isolation s'avère complexe lors d une rénovation par ITE. Les maîtres d'œuvre préconisent parfois une option plus radicale : leur sciage au nu de la façade. Il est ensuite possible de les reconstruire, après mise en œuvre de l'ite, à l'aide d'une structure porteuse indépendante fondée au sol. Troisièmement, les éléments de modénatures qui donnent du volume aux façades, tels que les encadrements de baies en saillie, les corniches et les auvents, ne sont parfois pas isolés lors de la rénovation par ITE. Là encore, la solution du tronçonnage peut être recommandée. Les fournisseurs d'ite proposent aujourd'hui une grande variété d'accessoires permettant de reconstituer les ornements. De leur côté, les acrotères des toitures-terrasses doivent être isolés sur toutes leurs faces. Enfin, l enquête de l AQC a pu observer le non traitement ou la faiblesse des retours isolants en tableaux sur les ouvertures. Cette difficulté peut être contournée par le déplacement des fenêtres : positionnées dans le plan de l'ite, au nu extérieur du mur, elles court-circuitent les ponts thermiques. Mieux isoler les planchers bas Bien sûr, la performance thermique de l'enveloppe passe aussi par le traitement de la dalle «Je rénove BBC» en Alsace, campagne «copropriétés» en Bourgogne, opération «Vir Volt Ma Maison» axée sur la maîtrise de la demande d électricité en Bretagne, programme «000 rénovations basse énergie de logements» en Rhône-Alpes... Les régions s'engagent dans une politique de soutien à la rénovation énergétique, relayée au niveau local. Afin de mieux faire connaître ces stratégies et favoriser les travaux d'amélioration énergétique, les ministères en charge du Logement et de l'énergie ont lancé conjointement en mai 03 un appel à projets auprès des collectivités pionnières. L objectif est de repérer et valoriser les initiatives incitatrices visant le résidentiel, aussi bien sur un plan qualitatif que «La performance thermique de l'enveloppe passe aussi par le traitement de la dalle basse.» Pont thermique apparu suite à la rénovation de l enveloppe. Pour conserver le décor du plafond, l isolation par l intérieur de la dalle du plancher haut a été stoppée à plusieurs dizaines de cm sur tout le pourtour. La condensation qui s ensuit engendre un décollement des peintures. Les initiatives des collectivités locales quantitatif. Il s'agit de promouvoir les diverses formes de démarche : identification et sensibilisation des propriétaires susceptibles d'investir, accompagnement dans la prise de décision et la réalisation des travaux, développement d'outils financiers, mobilisation des professionnels... Les opérations vont être évaluées dans le cadre d'un palmarès des projets territoriaux en faveur de la rénovation énergétique. Les meilleures propositions seront distinguées par l'attribution de prix. Les critères sont l'innovation et la reproductibilité, la prise en compte du contexte local (notamment les aspects climatiques et socio-économiques), les impacts sur la précarité énergétique, l'efficacité globale du dispositif, le suivi des basse. L'absence d'isolation induit des déperditions conséquentes. Même une trop faible épaisseur est pénalisante, elle risque d'engendrer un rayonnement et une sensation de paroi froide, avec inconfort thermique. La première option consiste à intervenir en sous-face, dans le cadre d'un plancher au-dessus d'un garage ou sur vide sanitaire si la hauteur est suffisante pour permettre une intervention. L'expérience montre que les travaux peuvent néanmoins être gênés par le passage de réseaux suspendus : alimentation en eau, évacuation des eaux usées, chauffage, électricité... Leur proximité risque de limiter l'épaisseur d'isolant ou d'engendrer une discontinuité, source de déperditions. Dans ce contexte, le prescripteur peut privilégier une solution par panneaux rigides ou matériaux projetés. Dans certains sous-sols à fonction de parking, la hauteur des niveaux enterrés est parfois réduite, et il peut être impossible de positionner une isolation en sous-face. Comme dans le cas des dalles sur terre-plein, il faut alors s'orienter vers une intervention en partie supérieure (qui doit néanmoins être compatible avec la hauteur disponible sous plafond). Mais la mise en œuvre d'une chape flottante implique de libérer toute la surface au sol du bâtiment. L'opération est à la fois très contraignante et coûteuse. Les conséquences du traitement de l enveloppe Si le traitement global de l enveloppe visant à renforcer l étanchéité à l air s accompagne de la mise en place d une VMC, il ne faut pas oublier les équipements existants qui nécessitent une alimentation en d'air spécifique Le rapport de l'aqc fait état d'un site où le poêle à bois existant n'était plus en mesure de fonctionner normalement, par manque d'air de combustion. L'appareil étant ancien, il n'était pas adapté à un conduit de fumée concentrique, et il n'était pas conçu non Difficulté de traiter l étanchéité à l air en rénovation dans les maisons à colombages, à cause des fuites d air par les solives. Il est indispensable de réaliser un test d étanchéité à l air au préalable pour bien identifier les points faibles à traiter. résultats, les enjeux en termes d'économie sociale et solidaire. Annoncé pour décembre 03, le palmarès sera l'occasion de fonder le club «Promouvoir la rénovation énergétique». Au niveau national, cette structure permettra une remontée d informations en provenance de tous les territoires. à l échelle locale, elle favorisera la diffusion pédagogique des bonnes pratiques et retours d'expériences. Pour les collectivités locales, au-delà des enjeux de communication, l'appel à projets représente une occasion de multiplier les échanges, mais aussi de recevoir un apport méthodologique de la part des services de l'état, ainsi que des établissements publics présents sur les secteurs du logement et de l'énergie. Photos AQC plus pour être raccordé à une prise d'air extérieur indépendante. Seule option restante : percer une ouverture dans le mur extérieur de la pièce! Ce type de défaillance doit être identifié rapidement pour y apporter aussitôt une réponse. En effet, les dysfonctionnements peuvent se traduire par une inversion de tirage, et personne n'ignore le danger potentiel constitué par un dégagement inodore de monoxyde de carbone. Le renforcement de l étanchéité à l air de l enveloppe implique obligatoirement le recours à des équipements de chauffage à combustion étanche avec prise d air extérieur dédiée. Une autre conséquence directe du traitement de l enveloppe est la diminution considérable des besoins en chaleur. La chaudière et l'installation existante se retrouvent largement surdimensionnées. Le fonctionnement n'est plus adapté : la puissance trop élevée induit des courts cycles préjudiciables pour la durabilité du matériel, mais aussi pour l'efficacité énergétique et le confort. Par ailleurs, il convient d'analyser finement les pertes par le réseau de distribution. Celui-ci peut jouer un rôle non prévu d'émetteur de chaleur, avec une diffusion linéaire dans tout le bâtiment qui ne correspond pas aux besoins et occasionne ponctuellement des zones de surchauffe. Pour combattre cet inconvénient, il faut prévoir le calorifugeage des canalisations. L'épaisseur de l'isolation doit être suffisante, ce qui nécessite de la place, et l'existant n'offre pas toujours cette possibilité. Le rapport de l'aqc cite l'exemple d'un bâtiment où les gaines techniques présentaient un volume trop étroit pour pouvoir traiter correctement les réseaux. Parfois, il peut être nécessaire de reconsidérer les logiques de distribution pour déplacer les traversées de dalle et reconstituer des gaines techniques... Implanter de nouveaux conduits Ce n'est pas une surprise : la réhabilitation, voire la création d'une VMC et d'un réseau aéraulique soulève également des problèmes de place. Particulièrement dans le cas d'un double flux avec conduits de soufflage d'air neuf dans les pièces de vie. Les solutions appliquées ne sont pas toujours idéales : diminution des hauteurs sous plafond, habillages inesthétiques, parcours complexes et tortueux, avec autant de pertes de charge que de coudes... Au final, le réglage des débits n'est pas toujours assuré. La place peut aussi manquer pour installer les caissons de VMC. En l'absence de local technique adapté, les combles sont souvent utilisés pour abriter les centrales de traitement d'air. Le montage des équipements n'est pas toujours très simple, et peut nécessiter un grutage avec détuilage partiel de la toiture. Les conséquences sont évidentes : allongement des délais et surcoûts. Quant aux conditions d'accès pour maintenance, elles sont alors souvent loin d'être idéales. Les anciens conduits de fumée sont fréquemment mobilisés pour abriter les réseaux verticaux. Mais s ils ne sont pas assez larges, les maîtres d'œuvre sont amenés à implanter de nouvelles gaines techniques ; elles peuvent www 8 qualité construction numéro spécial batimat 03 9
61 Difficulté de traiter les ponts thermiques sur certains éléments du bâti existant : balcons, acrotères, corniches Pour supprimer le pont thermique, on peut scier les éléments saillants d une façade avant la mise en place de l ITE. Photos AQC être situées dans des débarras, celliers ou anciennes loggias fermées. Le rapport de l'aqc rend compte d'une opération pour laquelle les gaines de VMC double flux ont été positionnées verticalement en façade extérieure sous coffrage bois, entre les panneaux d ITE, le tout étant recouvert d un enduit. Outre la discontinuité thermique de l isolant et le risque de fissuration à la jonction bois/isolant, le temps de séchage différent de l enduit sur le bois et l ITE a occasionné des spectres ; le parement a dû être repris pour résorber le désordre esthétique. Rappelons à ce sujet que tous les réseaux qui transitent par l'extérieur doivent être calorifugés. Fiche conseils Conseil La rénovation énergétique nécessite une conception d'ensemble. Cette maîtrise d'œuvre et le pilotage du chantier peuvent être assumés par différents types de professionnels, à condition de souscrire une assurance adaptée. Conseil Le renforcement de l'étanchéité à l'air doit s'accompagner d'une validation du système de ventilation, en se préoccupant du bon fonctionnement des générateurs de chaleur. Attention aux équipements existants qui puisent l'air comburant dans l'ambiance intérieure Conseil 3 L'isolation thermique des murs par l'extérieur optimise l'efficacité de l'enveloppe. Mais il ne faut pas négliger les points singuliers. Plus nombreux dans l'existant, ils peuvent dégrader sensiblement la performance thermique et engendrer une condensation s ils ne sont pas traités. Conseil 4 L'aménagement d'un bâtiment existant est souvent caractérisé par un manque de place. En phase conception, il faut évaluer la nécessité de modifier la distribution des réseaux d'eau et de chauffage. Le tracé des conduits aérauliques doit être étudié avec précision. Des contraintes liées aux règles d'urbanisme Il arrive aussi que la rénovation énergétique rentre en contradiction avec les règles d'urbanisme. En effet, lorsqu'une façade est classée, il sera imposé de respecter son intégrité, et l'isolation ne pourra être qu'intérieure. Si les autres murs extérieurs sont traités en ITE, les angles de jonction constitueront obligatoirement des ponts thermiques. à une échelle plus mesurée, ce type de problème se retrouve aussi avec les vitrages classés, presque toujours des baies à petits carreaux caractérisées par de nombreux croisillons qui dégradent la performance thermique. Autre conséquence d'un classement de façade : l'impossibilité de modifier les ouvertures. Or, leur exposition et leur superficie peuvent induire des phénomènes de surchauffes qui n'ont pas été pris en compte lors de la construction, et qu il sera difficile de combattre, car même la pose de protections solaires est passible d'une interdiction pour ne pas dénaturer l'esthétique d'un bâtiment. La question doit être soulevée dès le stade de la conception. Il faudra savoir se replier sur d'autres solutions pour garantir le meilleur confort possible. Si le renforcement de l'isolation thermique de l'enveloppe se traduit par une amélioration des performances acoustiques, cette évolution entraîne aussi des inconvénients. Les bruits extérieurs étant moins perceptibles, ceux de l'intérieur deviennent plus présents. Des problèmes de voisinage peuvent ainsi apparaître. Pour les prévenir, il faut penser à traiter en amont les sources de nuisances entre logements ou avec les parties communes. Des mesures de niveau d'isolement sont conseillées. Elles peuvent conduire à prescrire un traitement des dalles intermédiaires, des réseaux, des murs ou cloisons séparatives. Pour mieux connaître les signes de qualité, connectez-vous sur Les signes de reconnaissance de la qualité dans la construction sont des repères (appellations, labels, qualifications, certifications ) qui distinguent les professionnels, les bâtiments ou les produits qui les portent. Vous envisagez de choisir un signe de qualité pour vous, votre entreprise, vos bâtiments et vous cherchez ce qui existe et ce qui les distingue. L AQC a créé sur son site Internet une rubrique dédiée aux signes de qualité : un guide pratique contient les panoramas des signes de qualité ainsi que la présentation comparée et détaillée des différents types de signes attachés aux acteurs et aux bâtiments (labels, appellations, qualifications, certifications ) ; un moteur de recherche permet de trouver les signes qui correspondent au domaine qui vous intéresse et les fiches descriptives des modalités d acquisition, ainsi que des liens vers les organismes qui les délivrent. L AQC VOUS ACCOMPAGNE POUR MIEUX CONNAÎTRE ET COMPARER LES SIGNES DE QUALITÉ AGENCE QUALITÉ CONSTRUCTION 9, RUE DE MIROMESNIL, PARIS TÉL.: FAX: [email protected] 0 qualité construction numéro spécial batimat 03
62 Abonnez-vous à la revue de référence de votre activité et économisez jusqu à 65! bulletin d abonnement ci-dessous OUI, je profite de votre offre et je m abonne à Qualité Construction, en choisissant : REVUEBAT3 abonnement(s) d AN (6 n ) au tarif préférentiel de 7 TTC au lieu de 78 TTC (prix de vente au n ), soit un total de : X 7 = TTC* abonnement(s) de ANS ( n ) au tarif préférentiel de 7 TTC au lieu de 56 TTC (prix de vente au n ), soit un total de : X 7 = TTC* abonnement(s) de 3 ANS (8 n ) au tarif préférentiel de 69 TTC au lieu de 34 TTC (prix de vente au n ), soit un total de : X 69 = TTC* MON CADEAU (si je m abonne pour ou 3 ans) : le Guide technique de la maison individuelle d une valeur de 40! * Je note que je recevrai une facture acquittée pour ma comptabilité. MES COORDONNÉES MON RÈGLEMENT Nom :... Prénom :... Entreprise /Organisme :... Adresse :... Chèque à l ordre de : Agence Qualité Construction Carte bancaire N : Code Postal : Ville :... Date d expiration : Cryptogramme : Tél. : Fax : Date et signature obligatoires : J accepte que mon adresse soit communiquée aux partenaires de AQC. MON ACTIVITÉ A Maîtrise d ouvrage publique A Maîtrise d ouvrage privée B Architecte B Économiste B3 Ingénieur-conseil, BET C Entreprise du bâtiment C Constructeur de mais. indiv. D Artisan E F G H Industriel, fabricant Négoce, distribution Contrôle technique Expertise Tous les mois, l essentiel pour maintenir, au plus haut, la qualité de vos prestations : Les techniques et procédés innovants Les questions-réponses d experts Les bonnes pratiques de mise en œuvre Le développement durable Les chantiers exemplaires La veille juridique et réglementaire Les fiches Pathologie du bâtiment Les fiches Expertise judiciaire Les fiches Interfaces du bâtiment NOUVEAU L étude des pathologies régionales Le service gratuit abonnés en ligne pour consulter et télécharger l intégralité des archives de la revue depuis sa parution (par mot-clé, par rubrique ou par thématique) Un numéro spécial, édité tous les ans à l occasion du salon BATIMAT EN CADEAU (pour et 3 ans d abonnement), le Guide technique de la maison individuelle (valeur 40 TTC, édition 009) Bulletin d abonnement À renvoyer sous enveloppe, accompagné de votre règlement, à : Agence Qualité Construction 9, rue de Miromesnil, PARIS Ou abonnez-vous sur rubrique «Revue Qualité Construction». I J K L Assurance Administration Collectivité locale Enseignement Jusqu à 65 D ÉCONOMIE! M N O Autre professionnel Presse Particulier LA TAILLE DE MON ENTREPRISE à 5 salariés 6 à 0 salariés + 0 salariés Agence Qualité Construction 9, rue de Miromesnil, PARIS L AQC, responsable du traitement, met en œuvre des traitements de données à caractère personnel pour la gestion des inscriptions à la revue Qualité construction. Les données collectées sont indispensables pour la gestion des traitements. En application de la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 978, vous disposez d un droit d interrogation, d accès, de rectification et d opposition pour motifs légitimes relativement à l ensemble des données vous concernant, qui s exercent par courrier postal au Service commercial d AQC, situé au 9, rue de Miromesnil PARIS, accompagné d une copie d un titre d identité. Tél. : Fax: L information sur les énergies renouvelables et l efficacité énergétique, de la conception jusqu à la mise en œuvre Bien concevoir un projet de rénovation thermique NOUVEAU Pompes à chaleur Air-Eau à usage principal de chauffage Pompes à chaleur Air-Air à usage principal de chauffage Le photovoltaïque raccordé au réseau dans le bâtiment La VMC simple flux en maison individuelle La VMC double flux en maison individuelle Pompes à chaleur géothermiques à usage principal de chauffage Amélioration de la performance thermique du bâti en rénovation Efficacité énergétique des logements individuels existants Inserts et foyers fermés Efficacité énergétique Responsabilités et organisation Pompes à chaleur à usage principal de chauffage Cesi : chauffe-eau solaire individuel Ces brochures sont téléchargeables gratuitement sur le site Internet de l AQC à la rubrique «Nos Publications». Elles peuvent être également commandées en ligne. COLLECTION PROFESSIONNELLE MAÎTRE D ŒUVRE DÉVELOPPEMENT DURABLE AGENCE QUALITÉ CONSTRUCTION 9, RUE DE MIROMESNIL, PARIS TÉL.: FAX: [email protected] Photo non contractuelle
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