TABLE DES MATIERES EDITORIAL ANALYSES: POLITIQUE ET TRANSFORMATION SOCIALES

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2 TABLE DES MATIERES EDITORIAL Toussaint Kafarhire Murhula, S.J. ANALYSES: POLITIQUE ET TRANSFORMATION SOCIALES ARTICULER «DISCOURS» ET «ACTIONS» : UN IMPERATIF ETHIQUE POUR LA RECONSTRUCTION DE LA RD CONGO Aloys SHANYUNGU Mpenda-Watu & J.-Emmanuel MIALI Kasole Grand Séminaire, Goma- RD Congo LA CRISE POSTELECTORALE EN RDC ET PISTES DE SOLUTION Pascal SUNDI MBAMBI, Johannesburg, South Africa RATIONALITY IN A VERNACULAR OUTLOOK: INSTRUMENTAL OR DIVERSE? Emmanuel BUEYA Bu-MAKAYA, Boston College, USA UN LEADERSHIP REPENSE POUR UN CONGO PROSPERE ET MONDIALISE Marcellin LUNANGA MUKUNDA, ISTM/BUKAVU-RDC LITTERATURE COMPLAINTE! Aloys SHANYUNGU Mpenda-Watu Goma, RDC PROSE SUR LA POETIQUE Emmanuel BUEYA Bu-MAKAYA, Boston College, USA LITANIE DE NOS MORTS Henri Fwala Yenga, Paris, France ACTUALITE : L AFRIQUE DANS LE MONDE RESISTANCE ET REALISME Réseau Paix pour le Congo, Italie

3 CONFERENCE A CHICAGO Mars 2012 THE CONGO : RECLAIMING ITS DESTINY CO-SPONSORED BY Congonova CEREC University of Illinois at Chicago University of Illinos at Urbana-Champaign About the D.R.Congo, the media only focus on stories of tragedies, wars, rapes and the illegal exploitation of natural resources. The balance sheet fifty of years of independence is yet informed by old tropes of hegemonic taint. Despite the substantial reality of political failures and mismanagement, the Congo remains a vibrant and dynamic country. To change the Congo, it is important to empower the imagination and creativity of the Congolese people; to undertake the work of education, and to involve the Congolese people in the description of the Congo. Objectivity, we now know, is only relative and contingent to the entanglement of the observer and the observed; and Western sociohistorical objectivity about the Congo has only been a depiction of colonial ego projections of the Other as the radically different and exotic. To produce a different social reality of the Congo, a different destiny, and to take the Congo to another level of economic, political, cultural and social triumph at the heart of Africa, it is important to strategically educate the consciousness of both the Congolese subjects and the Western scholarship. This is the purpose undertaken by the different monthly talks, which will culminate in a two day conference at the University of Illinois Chicago, March 30-31, The conference will propose to move the limits of political imagination, to think differently about and for the Congo, to use the media to educate the narratives of the Congo, to acknowledge the people s resilience and willingness to self-determination. A new hermeneutic of the Congolese condition invites us to reread history with a new intelligence that debunk the cunning of the existing rhetoric and empower the Congolese people to witness to their future with lucidity and enthusiasm. ARTICULER «DISCOURS» ET «ACTIONS» : UN IMPERATIF ETHIQUE POUR LA RECONSTRUCTION DE LA RD CONGO

4 Aloys SHANYUNGU Mpenda-Watu & J.-Emmanuel MIALI Kasole Grand Séminaire, Goma- RD Congo «Il ne suffit pas de dénoncer par des paroles les carences d un Etat ou des êtres humains. Il faut annoncer par des actes que l Espérance peut toujours gagner.» (GILBERT, G., Kamikaze de l Espérance, Paris, Stock, 2004, p.6) 1. Introduction Les paroles du Père Guy Gilbert 1, qui entrouvrent cette modeste réflexion, sont éclairantes et très parlantes, pour peu qu on les relise attentivement, sans précipitation. Elles contiennent, à notre grand enchantement, des mots-clés ( paroles et actes ) qui nous aideront à baliser et à articuler le cheminement réflexif que nous osons entreprendre, non sans risque. Car il semblerait plus facile et alléchant, pour diverses raisons et selon les contextes et les circonstances, de «parler» que d «agir». Et le registre politique apparaît comme un terrain fertile, pour cela, malgré la panoplie de débâcles y enregistrées! En fait, le concept «action» ( praxis ) et ses perspectives implantent souvent en nous une forte curiosité. La pratique peut être considérée comme la forme la plus humanisée de l action qui consiste à développer l agent lui-même et ses semblables. Par ses effets, sans doute, sa force d entreprendre et ses résultats, nous sommes généralement portés à l étonnement. De plus, la cause qui les produit et l agent intelligent qui les suscite, les exécute et en porte les conséquences, nous mobilisent. En agissant, nous exprimons notre nature profonde ; et nos aspirations essentiellement humaines s en trouvent dévoilées. L action nous façonne d abord nousmêmes, avant de s étendre vers les autres. Elle manifeste et constitue notre personnalité. L action est lue et déchiffrée dans son propre texte, dans son effort pour se réaliser comme praxis libre et authentiquement humaine. Ainsi, elle doit se visualiser dans une communauté humaine, dans laquelle «l autre» n est pas une limite mais une condition pour la réalisation de mon humanité. C est pour cela qu un pays, quel qu il soit, ne peut jamais se développer sans promettre ce «réalisable», ce «faisable». Car, en dehors de cet aspect, nous restons simplement dans une inertie rhétoricienne et sèche. Et pour le cas d espèce, la RD Congo pourrait constituer un exemple symptomatique. En effet, les derniers événements et rebondissements politiques survenus en RD Congo ont quasiment fait de ce pays la grande risée et la cible facile de toutes les 1 Guy Gilbert est prêtre- éducateur, auteur de plusieurs ouvrages, notamment : Un prêtre chez les loubards ; Des loups dans la bergerie ; Passeurs de l Impossible (tous aux éditions Stock). Il est bien connu, en France, comme un grand «combattant» pour la cause de tous ceux que la société ou les institutions rejettent et marginalisent. Sa foi inébranlable a justement fait de lui aussi un «kamikaze de l Espérance».

5 critiques -grandement négatives!-, quant à sa capacité de mener à bon port son processus démocratique amorcé avec les premières élections générales présidentielle et législatives (suffisamment libres et transparentes) de l année Celles de novembre dernier sont comptabilisées et considérées, par beaucoup de personnes et d institutions (nationales, régionales et internationales) comme globalement catastrophiques et un véritable «fiasco». 3 Même les élections législatives sont contestées, et fragilisent évidemment un régime en mal de légitimité. 4 Et le désenchantement démocratique semble élire domicile, tant le «géant» présente des véritables symptômes de paralysie politique, économique et sociale 5! Un mauvais présage pour une «hospitalisation» du pays pour cinq nouvelles années? Cette réflexion - que nous scandons en quelques registres- tente d en présenter un succinct état des lieux et d ouvrir certaines pistes d abordage, à partir de l analyse du contexte congolais, qui est le nôtre. Elle est une lecture existentielle et critique du vécu quotidien des Congolais. 2. Le discours congolais : une négative qualification! En fait, l objectif de toute action est de transformer le monde en faveur de l homme intégral. Toutes les conditions intelligibles caractérisent l initiative comme une catégorie du faire arriver et non du voir, du parler ou du réfléchir seulement. C est pour cette raison que Maurice Blondel a suggéré que nous devrions plus penser à ce que nous faisons advenir par notre initiative 6 qu à ce qui arrive. Et le philosophe Paul Ricœur d affirmer que «la théorie de l action est l étude du réseau conceptuel dans lequel nous articulons l ordre du faire humain, projets, intentions, motifs, circonstances, effets voulus ou non voulus.» 7 En un sens, il n y a donc rien d humain qui ne soit 2 Il suffirait, pour s en rendre compte, de parcourir les articles allant de la période de campagne électorale jusqu à la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle (par la Cour suprême de justice) sur certains sites comme: asie.fr; et bien d autres. Le grief capital : une mascarade d élections, une tricherie à grande échelle et bien orchestrée dans la compilation des résultats de vote par la Ceni, en faveur du président- sortant Joseph Kabila (réélu, mais censé battu, par son challengeur, «le sphinx de Limete», Etienne Tshisekedi). Ce dernier s est même autoproclamé «président» de la République, et «a prêté serment» à son domicile, devant certains partisans (et non le peuple)! En somme, nous assistons et la communauté internationale (impuissante?) avec nous- à un gâchis politique qui risque de balayer la petite superficie de paix recouvrée par le pays, au prix de plusieurs sacrifices endurés par le peuple congolais! 3 Cf. BOISBOUVIER, C., «Autopsie d un fiasco», in Jeune Afrique, n 2658, du 18 au 24 décembre 2011, pp et le dossier «RDC : fiasco électoral», in Afrique Asie, n 74, Janvier 2012, pp Lire, à ce propos : MISSER, F., «Bombe à retardement», in Afrique Asie, Février 2012, pp Cf. MELMOTH, S., «Le géant à l arrêt», in Afrique Magazine, n 317, Février 2012, p Cf. BLONDEL, M., L action I. Le problème des causes secondes et le pur agir, PUF, Paris, 1949, p RICOEUR, P., Du texte à l action. Essais d herméneutique II, Seuil, Paris, 1986, p. 298.

6 praxis. C était, un peu, l aspiration que l ancien chef du gouvernement congolais formulait (en 2007) en disant (avec conviction?) : «Le but de mon gouvernement est de transformer ce Pays en un jardin botanique où toutes les plantes ont la chance d être désormais arrosées.» 8 Bonne intention qui, en son temps, a suscité bien d espoirs d une vie meilleure. Dommage que l âge se soit imposé avant l aboutissement de ce beau projet Dans le cadre de la politique, on se rend rapidement compte que le discours improductif devient souvent suffoquant pour le peuple assoiffé de bien-être et de surtout de mieux-être. Autrement dit, discours politique devrait rimer avec action sociale. L on comprend aisément pourquoi Dieudonné Mampasi notait, avec un grand regret que «pour le politique en RD Congo, le social n est malheureusement évoqué que dans le discours : sous formes de promesses vite oubliées ou pour calmer les ardeurs de la rue quand elle revendique et gronde. Dans nos pays, souvent, le social n a donc de réalité qu idéelle ; elle est absente dans les réalisations. Il suffit qu il y ait le mot social dans le discours pour que l on y donne son assentiment ou que l on croit ses attentes réalisées. Pourtant le social est tout d abord et fondamentalement un domaine de l action. Celle-ci se traduit dans un engagement public de société, dans une action qui transforme les structures sociales et les personnes qu elles servent. Il faudrait que celleci soit plus éclairée et donc plus efficace.» 9 Il convient évidemment de reconnaître qu un discours est une action, du fait qu il est le résultat d une réflexion. En effet, savoir agencer les idées logiquement et convaincre n est pas le fruit du hasard, et encore moins l apanage de n importe quel parleur, mais une rumination réfléchie et désirée vers une action envisagée. Toutes les découvertes mondiales (avion, fusée, radio, télévision, véhicule, téléphone, etc.) sont les fruits d une savante réflexion. Rien de plus pertinent que d émettre des théories mobilisatrices et transformatrices. Cependant, rester à ce stade sans passer à l action est un vice dans lequel plusieurs se laissent souvent entraîner et s y fourvoient! On peut, à ce égard, avouer que la philosophie en production en Afrique ne peut échapper au reproche sarcastique d inutilité pratique, si elle ne se donne pas pour devoir fondamental de contribuer au progrès intégral des Africains et à la réhabilitation économique, politique et sociale du continent. Car, soulignent les professeurs Tshiamalenga et Ngoma- Binda, «la philosophie se comprend comme recherche, identification et articulation des idées les plus adéquates, les meilleures et les plus belles, i.e. celles produisant le bien au sein de la société, en vue d une belle société, i.e. d une société vraie, juste et solidaire, forte et heureuse.» 10 8 TSIMBA Mbungu, C., «Les Congolais s attendait à un mieux être», in Renaître, n 21, du 30 novembre 2007, p. 19. Il parlait évidemment du gouvernement du patriarche Gizenga. 9 MAMPASI Kapita, D., «Le devoir d articuler le discours politique avec l action social» (Editorial), in Congo- Afrique (Février 2011), n 452, p TSHIAMALENGA Ntumba et NGOMA- BINDA, «Philosophons autrement. Propositions pour une nouvelle race de philosophes en Afrique», in Revue Philosophique de Kinshasa, n 6, Vol. IV, Juillet- Décembre 1990, p. 78.

7 Une telle visée ne devrait-elle pas mobiliser ardemment les Congolaises et Congolais pour rebâtir un Etat fort et prospère, un «Congo, pays magnifique» 11, où il ferait toujours beau de vivre? Nous avons de grands diplômés, dans quasi toutes les sciences, et le pays est devenu très paraplégique! Il suffit de se référer à l image que les voisins ont encore de nous («Les Congolais disent, mais ne font pas») et qui nous taxaient dédaigneusement -il y a déjà un certain temps, de «étourdis-écervelés» 12! D où l urgence d une conscience nationale, depuis son leadership jusqu au dernier citoyenpaysan. Faute de quoi, nous passerons pour des «irresponsables», alors que nous devrions savoir scruter les signes de temps en analysant les tenants et les aboutissants de notre situation socio-économico-politique. Comme le fait remarquer Sébastien Muyengo : «Au risque de passer pour des petits enfants, sinon pour des irresponsables qui attribuent toujours aux autres les causes de leurs misères, nous devons, l analyse des situations, nous habituer à discerner les causes endogènes et exogènes de nos problèmes.» 13 Cette cause, ce serait nous-mêmes, les Congolais! Et le professeur Okolo Okonda de s interroger, légitimement : «Notre crise politique et éthique n est-elle pas une crise de responsabilité?» 14 Tous les paramètres portent à le faire croire! La cause majeure du sous-développement d un pays d intellectuels se résume dans les discours improductifs chargés de promesses illusoires et irréalistes. Si chacun à son niveau savait que seul le dépassement de soi-même conduit à une évolution et une révolution, la patrie de nos aïeux serait réellement bâtie N est-il pas temps et urgent de prendre cet élan, de changer (intérieurement) de manière radicale, pour que le pays revête un nouveau statut dans le concert des nations? 3. Une pratique dépersonnalisant l <intelligentsia> congolaise! Si le peuple congolais doit se prendre en charge en évitant de croire très facilement aux promesses alléchantes et fallacieuses, quelle serait alors, notre représentation? Les uns se prennent en charge et d autres sont simplement délaissés Où est l équité? Où est l amour pour ce pays? Il est vrai que le train RD Congo est sorti du tunnel, mais les rails accusent encore plusieurs défectuosités, bien connues... Certes, l homme a la vocation de poser les actes qui puissent l humaniser. Malgré certains obstacles liés à la vie quotidienne, il ne devrait pas trahir sa condition humaine. En effet, l action a une ampleur universelle. En tout, la finalité éthique doit être vivement souhaitée et recherchée. 11 Cf. HUART, A. TOMB, C., Congo, pays magnifique. République démocratique du Congo, Weyrich Edition, Neufchâteau, Une magnifique présentation de la RD Congo constituée des textes et des photos splendides. 12 Le terme, abondamment usité (durant la période de l AFDL et du RCD) à l endroit des Zaïrois- Congolais, était celui de «ibicûcu» (pluriel de «igicûcu»). Il se traduirait, mutatis mutandis, par «écervelés», «non dotés de bon sens». De là à taxer tout un peuple d «insensé», il faudrait bien être un «saint» ou, au moins, un «super vertueux»! 13 MUYENGO Mulombe, S., «Défis éthiques de Ecclesia in Africa», in Telema (Septembre 2006), n , p OKOLO Okonda, B., «La responsabilité éthique et politique de l homme», in Pensée Agissante (1997), Vol. 3, n 5-6, p. 21.

8 Nous sommes inquiets de l ampleur que prend la valorisation d une mentalité déshumanisante issue de la 2 e République. Aujourd hui, nous assistons à l incapacité de traduire l incohérence vécue dans un récit sensé et à l irresponsabilité incapable de reconnaître la paternité de ses actes. 15 Nous pourrions nous rappeler des paroles de Ricœur qui suggérait de savoir «distinguer soigneusement la règle impérative, qui fait que la promesse est une obligation morale, il faut tenir ses promesses, et la règle constitutive qui en fait un acte discursif spécifique.» 16 La sagesse pratique -qui est ce discernement ou ce coup d œil en situation d incertitude- est braquée sur l action qui convient. Cette incompétence peut s éclaircir par l irresponsabilité et par une nouvelle vision du monde différente. Une RD Congo «plus belle qu avant» ne peut advenir que grâce à la combinaison des efforts de tous et de chacun, moyennant évidemment un leadership responsable et des hommes et femmes éthiquement éprouvés, capables de «lutter contre toutes les antivaleurs» qui pullulent dans la société et l ankylosent. 17 N oublions surtout pas que le peuple congolais est un génie dans ses pratiques et son utopie d unité chaque fois que son territoire se trouve agressé. C est pourquoi, les forces spirituelles et intellectuelles ont le devoir de nourrir, d irriguer et de fortifier, de leur pensée, cette force de vie qui nous a permis de traverser la tempête des agressions extérieures. La foi que nous avons en notre destin, en tant que peuple uni dans l effort pour l indépendance, est une force qui ne doit pas s effondrer! Le respect de la parole donnée et des textes : dans les oubliettes du savoir-être! Plusieurs Congolais ne manifestent vraiment pas leur volonté de faire progresser le pays. Ils se comportent et réagissent comme de véritables mercenaires. Ce qui fait plus mal au cœur est d entendre que le peuple congolais (surtout son intelligentsia ) n aime pas son pays! Il y aurait un manque criant de conscience patriotique. Certaines voix ne cessent de s élever pour nous inviter à nous ressaisir. Au lieu d assumer honnêtement nos responsabilités, de prendre en mains le destin de notre pays, de comprendre que personne d autre ne pourra se soucier, mieux que nous, du progrès de ce pays, nous nous contentons des discours centrés sur des intérêts égoïstes qui empirent davantage l état de désarticulation de la Nation. 15 GREISCH, J., «Vers quelle reconnaissance?», in Revue de Métaphysique et de Morale (Avril 2006), n 2, p GREISCH, J., Paul Ricœur. L itinérance du sens, J. Million Ed., Paris, 2001, p La récente réflexion, dans le secteur scolaire congolais, du prof. NGOMA- BINDA P. Elie : «Lutte contre les antivaleurs en milieux scolaires : l exigence des ressources et de la culture éthique», in Congo- Afrique (Janvier 2012), pp est plus que lumineuse. Elle montre clairement que les antivaleurs sont pléthoriques non seulement dans le milieu scolaire, mais aussi dans les autres secteurs de la vie nationale et de la société tout entière. Elle est une urgente interpellation aussi bien à la classe politique qu à tout citoyen congolais épris de l avenir du pays! 18 Voir Kä MANA, La R.D. Congo est à inventer, Ed. Le Potentiel, Kinshasa, 2003, p.61.

9 Nous devrions certainement constituer une Nation forte au niveau continental Comment pouvons-nous justifier, devant Dieu et devant le peuple, les aberrations qui nous constituent en ennemis de nous-mêmes et de notre progrès? Même si la vérité n est pas toujours facile à dire et à avaler, il faudrait avouer qu une bonne décennie d événements visibles -du fait de leurs conséquences néfastes et catastrophiquestémoigne d un manque flagrant d une culture du respect des textes et lois, et surtout, de la parole donnée. Et avec des promesses dont on sait absolument, avec la sagesse populaire, qu elles sont de dettes qui ne seront jamais (ou seront difficilement) honorées! Plusieurs exemples, qui jalonnent la trajectoire de notre histoire politique, depuis l indépendance jusqu à ce jour, peuvent mieux illustrer cela. En sus, cette attitude comporte et condense en son sein l arrogance de la raison du plus fort. Pour cela, il convient d endormir les populations avec des promesses : c est la démagogie de notre temps! De toute évidence, il faut noter que tout peuple a l unité et le mieux-être comme idéaux qui se profilent et trouvent leur itinéraire dans les élections libres et transparentes. A moins que tout cela ne soit qu une forme concise et imposée extrinsèquement et sans issue Oui, «l homme patient mange le fruit mûr», souligne un adage africain! Et les Anglais de dire : «Wait and see!» Le seul enseignement des guerres qui se sont déroulées sur le territoire congolais, et qui restent toujours une question épineuse pour le pays, en général, et les provinces de l Est du pays (les deux Kivu, Maniema et Province orientale) en particulier, concernant les irréductibles «FDLR» et la «LRA» 19, est sans aucun doute celui-ci : la paix en Afrique centrale, et dans les pays des Grands lacs ne pourra véritablement revenir que lorsque les Congolais seront, à nouveau, maîtres de leur destin Mais quand le seront-ils réellement? C est là que se jouent aujourd hui les fiévreuses manœuvres géopolitiques et géostratégiques des grandes puissances en mal de domination. Et l avenir de la RD Congo (assombri par une situation politique de «ni guerre ni paix») s en trouve gravement embrouillé et hypothéqué! 20 Eu égard à ce qui précède, il sied de préciser que nul n est tenu à obéir ni à une personne qui édicte des lois ni à des textes d accord ni à une convention entachés de souillures et de vices au moyen de manœuvres frauduleuses et fallacieuses qui 19 On se rappellera, avec amertume, qu entre le 31 décembre 2011 et le 4 janvier 2012, des massacres de plusieurs personnes ont eu lieu à Shabunda, dans le Sud-Kivu, par les rebelles des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR). Ceux-ci auraient déclaré les avoir sciemment perpétrés en guise de représailles contre les populations civiles qu ils accusaient de collaborer avec les éléments Maï-Maï de Raïa Mutomboki. Pour plus de lumière, on peut lire : BASHONGA, P. L., «Massacres des populations par les FDLR à Shabunda», in Bulletin STAREC, N 06 - Vendredi 20 Janvier 2012, p Cette situation est largement décortiquée dans l ouvrage de SHANYUNGU Mpenda- Watu, A., Turbulences afro- congolaises. Les sentiers escarpés de la paix, l unité et la reconstruction, Editions universitaires européennes, Sarrebruck, décembre Et pour d autres éléments, plus historiques, on peut lire : MBAVU Muhindo, V., Revitaliser un Congo en panne. Un bilan 50ans après l indépendance de la République démocratique du Congo, Focus N 3, Globethics.net, Genève, 2011 et BUCYALIMWE Mararo, S., Elections et reconstruction en situation de «ni guerre, ni paix». Six ans d illusions au Kivu ( ), Editions universitaires européennes, Sarrebruck, février 2012.

10 enfreignent et violent ses propres lois et droits. Et le peuple jouit toujours de l impondérable loi de la résistance, de la survie et de la désapprobation. 21 Ainsi, la culture du respect de la parole donnée, des textes et des lois est impérativement à promouvoir pour espérer remettre le pays sur les bons rails. Certains l ont compris, et d autres pas encore ou s en moquent éperdument Un adage populaire nous rappelle merveilleusement que «le temps est comme l oiseau ; si vous ne le saisissez pas, il est parti»! Il n est jamais trop tard pour faire le bien. Cette culture exigera une nouvelle intériorisation des valeurs humaines et éthiques. 5. La finalité et l aboutissement de l agir du Congolais! Ce qui terrifie encore est cette odieuse manie de la recherche des origines, devenue comme une épidémie chez les Congolais. Pour peu qu on recherche un emploi pour survivre, on subit un désolant interrogatoire sur la provenance, la tribu, la langue maternelle Bref, on semble avoir plus besoin de l appartenance tribale d une personne que de la compétence : c est l ensevelissement de la «méritocratie» et le règne du «nduguïsme» 22! En effet, chacun, à son niveau, ne cesse d écraser le faible. En famille, comme au travail, des «chefs-mokonzi-boss» profitent de leur position de force réelle ou présumée pour abuser des faibles, pour ne plus respecter les conventions et les accords vis-à-vis de leurs concitoyens. Et la sacrée corruption continue son bonhomme de chemin en gangrenant les institutions et la société! 23 C est aussi une grave «plaie» qui ne permet pas, en RD Congo comme dans d autres pays, du reste, de pouvoir «construire l Etat de droit», parce qu elle mine grandement le pivot de la société qu est la justice. 24 Or, tout homme doit prendre ses responsabilités et ses devoirs à bras le corps. Nous serions naïfs de penser qu avec la Chine notre condition sera améliorée sans notre lucide et active participation. C est évident que notre standing de vie sera amélioré ; mais nous sommes les protagonistes de notre développement. Hans Jonas n a cessé de dire que nous avons l exigence d humaniser l avenir indépendamment même de la question de savoir si notre postérité en fait partie. Il s agit donc de l obligation de son être : «Puisque de toutes façons existerons des hommes à l avenir, leur existence qu ils n ont pas demandée, une fois qu elle est effective, leur donne le droit de nous accuser nous, leurs prédécesseurs, en tant qu auteurs de leur malheur, si par notre agir insouciant et aurait pu être évité, nous leur avons détérioré le monde ou la constitution humaine. Alors qu ils peuvent tenir pour responsables de leur existence seulement leur géniteur immédiat ( ) ils peuvent tenir les ancêtres lointains pour responsables des 21 Voir KAFARHIRE Murhula, T., «De l'obligation de désobéir», in La Revue électronique Congonova, n 15, (Article en ligne sur 22 «Nduguïsme» vient du mot Ndugu (en swahili), qui signifie frère. C est une manie selon laquelle un emploi (travail) ne peut être donné qu à mon frère de sang, de clan, de tribu! 23 Cf. Les Institutions Financières Internationales et la Pratique de la Corruption en République Démocratique du Congo, Actes de la Conférence Internationale de Kinshasa (21-22 juillet 2008), Editions du CEPAS, Kinshasa, novembre Il serait très intéressant de parcourir, à titre informatif et comparatif, le livre de WIDNER, J.A., Construire l Etat de droit. Francis Nyalali et le combat pour l indépendance de la justice en Afrique, trad. de l américain par Monique Berry, Nouveaux Horizons- ARS, Paris, 2003.

11 conditions de leur existence.» 25 Si ce langage pouvait être compris par les Congolais, il y aurait peut être un peu plus de sérieux dans l agir! La majorité des Congolaises et Congolais (si pas toutes et tous!) se demande, certes: devant ce comportement, quel serait donc la finalité et l aboutissement de l action congolaise? En fait, il faut se rappeler que tous les actes de langage engagent leur locuteur. En promettant, je me place intentionnellement sous l obligation de faire quelque chose. L engagement a la valeur forte d une parole qui me lie. C est ainsi que la fidélité à la parole donnée serait une garantie que le commencement aura une suite et que l initiative inaugurera effectivement une nouvelle trajectoire des choses. Dans ce sens, «sans sous estimer le secours divin dans nos projets, il est nécessaire de reconnaître que cet avenir radieux auquel tend la RD Congo ne sera pas un don de Dieu jugulé comme la manne du désert (abondance des ressources naturelles, jeunesse de la population, immensité du territoire, cours d eau abondante et navigable, ), mais plutôt le fruit des efforts de reconstruction et de développement que le pays aura à entreprendre dans les années à venir.» 26 Sans cet élan, nous déplorerons un si long et beau projet qu épinglait Ghislain Tshikendwa par ces mots : «Le Congo de demain, je le vois porter les espérances d une Afrique renaissante, à l aube des siècles aux grands défis.» 27 Et Jules Kipupu, de son coté, soutient qu il faut sans cesse rappeler aux citoyens certaines choses qu ils semblent omettre. C est pour cette raison qu il disait : «Sachons que l avenir est entre les mains de ceux qui auront su donner aux générations de demain des raisons de vivre et d espérer.» 28 Nous devons être convaincus de cela et être courageux, surtout là où l autorité semblerait oublier sa raison d être fondamental et là où elle ne recherche, ni ne respecte plus le bien commun, mais en devient l obstacle majeur. Car, elle est notre bouche, nos oreilles, nos yeux, nos pieds D une façon ou d une autre, l aboutissement de l action congolaise devient un casse-tête, pour celui qui veut réfléchir. Face au caractère absurde et irresponsable des discours tenus, bien charpentés mais inopérants, on ressent un effroi terrifiant. L aboutissement et la finalité de toute action politique est la promotion du bien-être et du bien- vivre de tous citoyens. L avenir peut nous donner des raisons d y croire. Mais le risque, à l heure actuelle, résiderait dans le paradoxe, pour la RD Congo, d oublier les promesses faites et les engagements pris. Espérons que cette inquiétude ne prendra pas longtemps pour se dissiper! 25 JONAS, H., Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, trad. de J. Greisch, Cerf, Paris, 1997, pp MUNKENI Mafuku, J., Quatre recettes pour faire de la RD Congo un pays émergent, in Congo- Afrique (Septembre 2011), n 457, p TSHIKENDWA Matadi, G., «Une ère nouvelle s ouvre pour la RD Congo», in Congo- Afrique (Janvier 2007), n 411, p KIPUPU Kafuti, J., «L autorité politique et l engagement des citoyens. Donner des raisons de vivre et d espérer», in Congo- Afrique (Juin- Juillet- Août 2007), n 416, p. 417.

12 Pour parvenir à une telle visée, il nous faut valoriser le vivre-ensemble appelé «bon voisinage». Celui-ci doit s orienter "ad intra" et "ad extra" : pour les congolais d abord et les voisins ensuite. Voilà une nouvelle politique de proximité fondée sur le souci du bonheur local partagé. Elle se bâtit sur les liens les plus proches qui animent la collectivité et en fait une communauté de destin. Aujourd hui, nos populations ont perdu le sens du prochain, le souci de celui qui est à côté : «mon prochain» au sens évangélique du terme, autrement dit l homme et la femme dont le destin est lié au mien dans le même tissu de rêves, d aspirations et d espérances, aux mêmes quêtes de tous les jours. L important ici, c est l impératif d organiser nos proximités pour qu elles deviennent une réalité politique : une conscience et une action pour changer la réalité locale indépendamment du règne de la bête. Il y a plus. Penser plus au prochain qu au lointain, cela conduit à une vision des réalités où, pour organiser et transformer le vécu communautaire local, on distingue mieux l essentiel du secondaire. Avons-nous la volonté de dépasser les discours narcotiques? Et surtout d œuvrer impérativement pour le bien commun, c est-à-dire le bien-être et la cohésion sociale, d une part, et la sécurité du territoire, d autre part? C est notre urgent devoir, en tant que filles et fils de la RD Congo en voie de reconstruction et de refondation! 6. Pour conclure La trajectoire de l histoire humaine a montré que la vertu se paie par des actes visibles et, au plus haut niveau, par des sacrifices. Elle s inscrit toujours dans l agir quotidien et dans une communauté des humains qui se reconnaissent fils du même Donateur de la Vie. Cette réflexion a tenté, partiellement certes, de déblayer le terrain en relevant quelques heurts et lueurs concernant l action (ou l agir) des Congolais aujourd hui. Il nous est apparu, après analyse, que les discours et les promesses démagogiques des hommes politiques empestent et déversent un venin mortifère sur la vie sociopolitique congolaise. Au point que la dénigrante définition de la politique comme l art de tromper le peuple prend une ampleur inquiétante et se répand, comme les tentacules d une pieuvre, dans le langage quotidien du Congolais, en général. Il est plus que temps, pensons-nous, de passer des discours (endormants) aux actes hautement patriotiques (et sacrificiels ) pour la reconstruction de notre pays. Et c est possible, si le pessimisme (qui est une humeur) cède la place à l optimisme (qui est une volonté). 29 En tant que filles et fils de la RD Congo, nous avons un rendez-vous à ne pas manquer absolument auprès des autres nations. Qu apporterions d éthiquement consistant à l aréopage de notre temps, sinon de rendre compte de notre capacité de «savoir-être» et «savoir-faire» communs? Le défi est là, et nous n y échapperons pas. 29 Cf. RADHI MEDDEB, «Yes, we can!», in Jeune Afrique, n 2662, du 15 au 21 janvier 2012, p.49, parlant de la récente et tumultueuse histoire de la Tunisie, après la chute du régime de l ancien président Zine el- Abidine Ben Ali.

13 LA CRISE POSTELECTORALE EN RDC ET PISTES DE SOLUTION Tout d abord, je voudrais dire merci aux organisateurs de cette conférence-débat de m y avoir associé comme intervenant. Il m a été demandé de parler de la crise postélectorale en RDC ainsi que de possibles pistes de solution. D entrée, je dois avouer que je n ai pas de recettes à donner sur cette question ; je vais plutôt partager avec vous ma lecture personnelle du processus électoral et de la crise qui s en est suivie ainsi que des analyses ou des leçons que j en tire ; tout cela, dans le seul but de provoquer le débat. Je vais articuler mon propos en 3 phases : Dans la première phase, je vais m atteler aux germes de la crise ; car la crise qui se vit après les élections trouve ses sources bien loin avant les élections ;

14 Dans la deuxième phase, je vais rapidement passer en revue les points forts de cette crise en relevant certaines dynamiques internes qui les accompagnent; Et dans une troisième phase, je vais indiquer deux ou trois pistes de solution à la crise. 1. Les germes de la crise Il faut remonter un tout petit peu l histoire récente de la RDC pour comprendre toute la crise qui se vit chez nous après les élections de novembre Au dialogue inter-congolais de Sun City (en 2002), les délégués avaient convenu de mettre en place un gouvernement de transition (qui a été fort connu par la formule 1+4) et qui avait pour mission, entre autres, de préparer des élections générales, à commencer par les élections locales, suivies des provinciales puis des élections nationales (présidentielles et législatives). Malheureusement, en 2006, lorsqu on tient ce qu on a appelé les premières élections démocratiques, les tireurs des ficelles préfèrent renverser l ordre qui était prévu dans les accords de Sun City. Plutôt que de commencer par les élections locales, on a préféré commencer par les élections présidentielles et législatives, sans doute à cause du présidentialisme qui continue à miner le système politique congolais. On sait aujourd hui qu après les élections nationales et provinciales de 2006, les élections locales n ont jamais eu lieu. Pourtant, en dépit de cette lacune nous ne nous sommes pas empêchés d aller en 2011 dans la même logique électorale de 2006, sans aucune remise en question. Au nombre des germes de la crise postélectorale actuelle, on peut également retenir la révision constitutionnelle. Certains articles de la Constitution, notamment l article 71 alinéa 1 qui prévoit désormais l élection présidentielle à un seul tour, ont été retouchés. Pourtant, on sait bien que cette révision ne relevait pas d une nécessité institutionnelle, mais plutôt d une volonté du régime en place de manipuler les textes des lois pour pérenniser son règne. L ambiance cavalière dans laquelle est intervenue cette révision par un parlement manipulé et corrompu en traduit clairement les motivations cachées ou avouées. En plus de la révision constitutionnelle, la loi électorale elle-même a été revue dans l exigence de l adapter à la formation d une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Malheureusement encore, cette révision ou cette adaptation venait de nouveau confirmer la volonté de la majorité au pouvoir de travestir les règles de jeu électorales depuis la base. Désormais la CENI censée d être un organe technique et neutre dans l organisation et la gestion du processus électoral, devient un organe hautement politisé parce que tous ses membres ne sont issus que des formations politiques (4 de la Majorité au pouvoir et 3 de l opposition politique). La société civile qui aurait pu garantir ce rôle de neutralité au sein de cette institution s y retrouve exclue par la nouvelle loi électorale. Du reste, le manque de transparence dans la gestion du fichier électoral aura contribué à nourrir les suspicions des acteurs politiques et d autres observateurs (société civile, medias, etc.) de la manipulation du processus par une CENI à la remorque de la volonté du régime en place. Le tableau ci-dessus indique les adaptations du fichier électoral en

15 2011 en partant des chiffres de 2006 et le taux de croissance parfois sans mesure dans les provinces dites favorables à Joseph Kabila (par exemple le Katanga, le Bandundu par alliance avec le Palu et les autres provinces de l Est). CHANGEMENT DANS L ENROLEMENT ELECTORAL 2011 Provinces Enrôles en 2006 Enrôlés en 2011 Taux de croissance % Ville de Kinshasa ,27% Bas-Congo ,70% Bandundu ,10% Equateur ,37% Province Orientale ,14% Nord-Kivu ,38% Sud-Kivu ,32% Maniema ,73% Katanga ,46% Kasai-Oriental ,26% Kasai-Occidental ,31% Total % 2. Les points forts de la crise Source CENI, consulté le 31 août En dépit de nombreuses irrégularités observées durant tout le processus électoral, particulièrement durant les votes et les opérations de dépouillement et de compilation des résultats, la crise a atteint son paroxysme lorsque la CENI a annoncé ses résultats provisoires en faveur du candidat Joseph Kabila, président sortant. Pour de nombreuses missions d observation nationales comme internationales, mais aussi pour les partis de l opposition et de nombreux Congolais ces résultats manquaient tout simplement de crédibilité parce que ne reflétant pas la vérité des urnes. Dans son rapport puiblié le 10 décembre 2011, le Centre Carter notait: Carter Center observers reported that the quality and integrity of the vote tabulation process has varied across the country, ranging from the proper application of procedures to serious irregularities, including the loss of nearly 2,000 polling station results in Kinshasa. Based on the detailed results released by CENI, it is also evident that multiple locations, notably several Katanga province constituencies, reported impossibly high rates of 99 to 100 percent voter turnout with all, or nearly all, votes going to incumbent President Joseph Kabila. These and other observations point to mismanagement of the results process and compromise the integrity of the presidential election (Traduction : «les observateurs du Centre Carter ont indiqué que la qualité et l'intégrité du processus de dépouillement du scrutin a varié à travers le pays, allant de la bonne application des procédures à de graves irrégularités, y compris la perte de près de résultats des bureaux de vote à Kinshasa. Basé sur les résultats détaillés publiés par la CENI, il est également évident que de nombreux endroits, notamment plusieurs circonscriptions dans la province du Katanga, ont déclaré des taux incroyablement élevés allant de 99 à 100 pourcent de taux de participation avec tous, ou presque tous les votes allant au Président sortant Joseph

16 Kabila. Ces observations et d'autres soulignent la mauvaise gestion du processus des résultats et compromettent l'intégrité de l'élection présidentielle»). Déjà, peu de jours avant la publication de ces résultats provisoires par la CENI, Arnaud Zajtman, réalisateur de documentaires sur le Congo et ancien correspondant permanent au Congo pour la BBC et la RTBF, écrivait dans la Libre Belgique (du 7 décembre 2011) : «Les tendances déjà publiées par la commission électorale qui donnent la victoire à Kabila ne résistent pas à l analyse. Par exemple, au Katanga, censé être le fief traditionnel de Kabila, la CENI donne près de 90 % des voix à Kabila alors que le jour du scrutin, les chiffres qui parvenaient des bureaux de vote disséminés dans les grandes villes de cette province donnaient seulement une légère avance de Kabila sur son rival Etienne Tshisekedi. Au Kivu, les chiffres donnent une écrasante majorité à Kabila alors que le jour du scrutin, c est l opposant Kamerhe qui y était largement en tête. Dans les provinces de l ouest et du centre qui ont voté massivement pour Tshisekedi, les chiffres sont incomplets ou peu crédibles. La fraude est grossière et tous les observateurs de la vie politique congolaise le constatent. En réalité, les journalistes qui ont travaillé sérieusement sur ces élections et ont fait la tournée des bureaux de vote ont noté des tendances lourdes qui augurent de la victoire de Tshisekedi.» M. Kabila lui-même n a pas hésité de reconnaître l existence de quelques erreurs dans le processus, erreurs ne remettant pas en question les résultats eux-mêmes (d après le président sortant). Ce moment a été suivi par l auto-proclamation de monsieur Tshisekedi, candidat de l opposition, comme vainqueur des élections présidentielles et des protestations des Congolais, particulièrement dans la diaspora, pour dénoncer ce hold-up électoral et interpeller les partenaires internationaux mais surtout les instances judiciaires congolaises à faire un peu plus de vérité et de justice dans tout le processus. Malheureusement, ces nombreux appels seront tombés dans des oreilles des sourds. La Cour Suprême de Justice enfoncera les clous en validant la victoire de Monsieur Kabila, après avoir balayé de revers de la main les requêtes introduites par un des candidats de l opposition, Monsieur Vital Kamerhe. Une fois de plus, ce geste venait confirmer l impression de nombreux Congolais, qui étaient déterminés à voter pour le changement, l impression (disais-je) d une simple farce électorale consistant à maintenir un régime déterminé à diriger la RDC par défi, un régime qui se moque de la volonté populaire. Pour sauver les meubles, la Communauté internationale a tenté d envoyer une mission d experts américains et britanniques pour assister techniquement dans la compilation des résultats des législatives. Malheureusement encore, ces gens sont repartis dans leurs pays respectifs comme ils sont arrivés à Kinshasa, sans avoir rien fait. Du coup, on se retrouve encore devant une prétendue majorité d élus parlementaires favorables à Kabila ; une majorité qui confortera le pouvoir du président bâtard. Comme qui dirait un processus entièrement faussé avec des résultats faux sur toute la ligne. Au-delà de multiples formes de manipulation du processus électoral par le pouvoir en place, au-delà de nombreuses irrégularités et de fraudes flagrantes, il sied de relever quelques aspects positifs observés durant le processus :

17 1. La détermination du peuple à voter pour le changement. Le peuple a cru à son pouvoir de souverain primaire ; il a voulu user de ce pouvoir pour mettre fin à une gestion calamiteuse du pays par un pouvoir plus soucieux de servir les intérêts de leurs maîtres que ceux des Congolais qui continuent à croupir dans la misère et dont les droits fondamentaux sont bafoués à longueur des journées par ceux censés de les protéger. Cependant les résultats des élections publiés envoient un message clair et simple : que le pouvoir ne dépend pas du peuple. La question qui mérite d être posée est celle de savoir ce qu on pourrait encore attendre de ce peuple face au reste des échéances électorales (provinciales et locales). Pour moi, la réponse est claire : le désintéressement total, surtout si l organe managérial des élections la CENI continue à être piloté par les mêmes personnes qui ont trahi la nation. 2. Dans cette détermination du peuple pour le changement, je note particulièrement la participation de la diaspora. Durant mon voyage pour Kinshasa pour aller observer les élections dans la dernière moitié du mois de novembre 2011, j ai pris le même vol à partir de Johannesbourg avec une bonne dizaine des Congolais/Congolaises qui sont allés uniquement pour voter ; sur place à Kinshasa, j ai rencontré des Congolais de la diaspora belge et française qui se sont organisés pour observer les élections dans une mission dénommée Congolais de l Etranger. Mais plus important, on a vu cette mobilisation des Congolais de la diaspora à travers le monde entier, bravant au nom d un Congo plus stable et prospère, toute barrière ethnique ou idéologique et, dans une certaine mesure leur appartenance politique, pour dénoncer ce hold-up électoral orchestré par le pouvoir de Kinshasa et son cavalier de Ngoy Mulunda. 3. Il faut également mettre à l actif de ce processus la capacité de l opposition et d autres forces vives de la nation d avoir calmé le jeu pour éviter le bain de sang face à un pouvoir qui n a pas hésité à louer les services des mercenaires pour mater le peuple congolais en cas de résistance ouverte à ceux qui lui ont volé sa victoire. Pour moi, c est sur ces positifs qu il faut chercher à capitaliser tout en cherchant bien sûr à corriger les ratés dans le processus lui-même pour l avenir. 3. Possibles pistes : 1. Dans une logique de gestion positive de la crise, seul un scenario de powersharing pourrait permettre à atteindre une situation de gagnant-gagnant (le cas du Zimbabwe ou du Kenya). Or, une telle possibilité exige que les protagonistes acceptent de négocier et, au-delà de la négociation, acceptent de faire des compromis. Dans le cas d espèce, il serait difficile d imaginer un Kabila, qui a avec lui tous les moyens de l Etat, céder certaines de ses prérogatives à l avantage du leader de l opposition, Mr. Tshisekedi ; mais également difficile d imaginer le vieux Tshitshi se plier à servir dans un même régime avec quelqu un qu il qualifie d étranger et qu il a ordonné d arrêter. Bref, dans la situation actuelle, ce scenario parait moins réaliste, bien que pas impossible. Si jamais les protagonistes arrivaient à faire triompher l intérêt supérieur de la nation et acceptaient d aller

18 aux négociations, il y a deux choses qu il faudrait absolument viser (à mon avis) à savoir, a) l annulation de deux élections présidentielles et législatives de novembre passé ; et b) la formation d un gouvernement de transition d union nationale, qui aurait la mission d organiser des élections générales, à commencer par les élections locales, puis provinciales et nationales, dans un délai d une année avec la participation de tous les Congolais(es) de la diaspora. 2. De manière plus réaliste, on pourrait penser que même si Kabila réussissait à consolider son pouvoir dans les mois qui viennent, un large mouvement pour une réforme de l État et des institutions pourrait se constituer progressivement autour de Monsieur Tshisekedi et se faire une place sur la scène politique et s y maintenir. Qu il prenne la forme d un gouvernement parallèle, d un mouvement social de base, d une opposition de parti ou d une quelconque combinaison, ce qui est sûr, c est que le mouvement affaiblirait la nouvelle présidence et renforcerait les espoirs d arriver à une transition démocratique ouverte et authentique. Ceci a été vécu, presque dans des situations similaires, au Mexique après les élections de juillet 2006 entre Felipe Calderon (candidat reconnu gagnant par les institutions électorales et soutenu par les groupes médiatiques, les grandes entreprises et la majeure partie de la presse des Etats-Unis) et Lopez Obrador (le candidat du «d abord les pauvres», qui avait gagné la confiance et avait canalisé les espérances de millions de Mexicains). Un tel mouvement social pour le Congo pourrait se construire autour d un plan de résistance civile qui pourrait comprendre des actions telles que des manifestations à chaque apparition publique du président "bâtard" (entendu M. Kabila), mais aussi des campagnes contre tout accord signé avec des multinationales ou gouvernements amis à la RDC, ou encore des pressions allant à l arrêt des classes pour exiger la démission du bureau de la CENI et la révision de la loi électorale voire de la Constitution, des boycotts des élections provinciales et locales, des pressions pour la participation de la diaspora aux prochaines échéances électorales, etc. Dans cet angle d idées, le mouvement des combattants et tant d autres organisations de la société civile qui se sont exprimés durant ces élections pourraient faire partie d une telle dynamique qui assurerait plus de participation citoyenne et exigerait plus de transparence et de qualité dans les élections de Je vais terminer par une troisieme piste, moins bonne bien sûre mais très probable : celle d un changement à travers une lutte armée. J évoque cette possibilité parce que je crois fermement que le seul langage qu un pouvoir sans âme peut comprendre c est celui de la violence. Et beaucoup de Congolais aujourd hui, même ici à Johannesbourg, sont prêts à prendre les armes s il y a quelqu un qui les leur donne. Conclusion La démocratie, réduite à la représentation électorale, a toujours été une forme précaire de «gouvernement par le peuple», parce que le peuple finit très souvent très loin de ses

19 représentants. Et quand la légitimité électorale du système représentatif est mise en doute, le système passe de la faiblesse à la farce. Le système congolais tombe évidemment maintenant dans cette catégorie. L article 64 de la Constitution stipule que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Quand les institutions de la République ont été manipulées à travers de formes pseudo-légales et illégales qui bénéficient à une petite minorité du pays, le peuple congolais a le devoir légal et moral de défendre la patrie et de réclamer son pouvoir en tant que souverain primaire. La lutte ne doit plus s arrêter quelles que soient les intimidations des adversaires. Questions Réponses 1. Au regard de la léthargie ou de l apathie affichée par la population congolaise après la proclamation des résultats des élections de novembre 2011, ne pensez-vous pas qu on soit devant un autre rendez-vous raté de l histoire de la RDC? Il est vrai que nous avons souhaité voir se consolider un mouvement des protestations contre la pseudo-victoire de Kabila et de ses thuriféraires à l intérieur comme à l extérieur du pays ; mais l appel au calme lancé par M. Tshisekedi aurait donné l impression de pousser le peuple à l indifférence ou à la léthargie. Je crois personnellement qu en dépit de l apparence d inaction qu on observe à l intérieur du pays, la réalité est tout autre. Il faut comprendre que nous sommes ici dans une lutte avec un pouvoir qui n a aucun état d âme pour le peuple congolais ; un pouvoir qui n a aucun remord de voir les Congolais se décimer comme des rats de la forêt. Il est donc important, dans cette lutte avec un tel pouvoir, de penser plus sérieusement ses stratégies plutôt que d exposer les pauvres Congolais aux escadrons de la mort. Je suis donc sûr que, malgré l apparence d inaction à l intérieur du pays aujourd hui, la lutte n a fait que commencer ; je ne doute pas un seul instant que nous allons finir par surprendre le monde. 2. Parmi les solutions à la crise que vous proposez, vous suggérez entre autres la possibilité des négociations qui devraient aboutir à une transition avant la réorganisation de nouvelles élections générales. Ne pensez-vous pas nous enfermez dans une logique de négociations-transitions que vit la RDC depuis la fin du règne de Mobutu? Du reste, comment pourrait-on se rassurer de gagner son pari en allant aux négociations? Il faut dire ici que nous sommes dans une situation de crise qui, si elle n est pas bien gérée ou résolue, finit par fragiliser toute la société. D où l importance d y trouver une solution. C est vrai que l histoire récente de notre pays nous donne l impression de recycler les mêmes personnes ou groupes de personnes au pouvoir par cette stratégie de négociations-transitions ; mais si dans la crise actuelle l opposition est sérieuse, ce scenario de négociations-transitions que je propose n aurait de sens que si on le considère comme un point de départ vers l objectif visé : celui d un changement en

20 profondeur, un changement qualitatif. Comme je l ai indiqué dans ma conférence, une bonne négociation est celle qui vise une situation de gagnant-gagnant (a win-win situation). Pour y parvenir il est important pour les protagonistes de connaître leurs revendications profondes et celles secondaires ; mais aussi de savoir ce sur quoi ils peuvent faire des concessions et ce sur quoi ils ne peuvent faire aucun compromis. 3. Au-delà des solutions que vous suggérez, ne pensez-vous pas que ce qui est crucial pour notre pays, c est le changement de paradigme? Un changement de paradigme qui prendrait en compte aussi bien le contexte historique et sociologique dans lequel a évolué notre société depuis l indépendance. En langage courant, on parle souvent de changement de mentalité. Mais la question est généralement celle de savoir quel contenu réel donner à ce changement de mentalité ou à ce changement de paradigme. Il est évident que le changement dont on a besoin doit passer par une sorte d aggiornamento des institutions. La politique congolaise a été ou est encore trop circonscrite autour de la personne du Président de la République. Un changement de paradigme consisterait fondamentalement à passer de ce présidentialisme, marqué entre autres par ce culte de la personne de président de la république, vers la consolidation de l indépendance et la stabilité des autres institutions de la république. Dans cet angle d idées, je pense qu il nous serait important comme peuple ou comme nation de visiter les constitutions de certains pays, comme Israël, l Italie ou l Allemagne, pour nous en inspirer par rapport au rôle symbolique qu y jouent leurs présidents. Je crois qu après 50 ans d indépendance et d échecs sociopolitiques, il est grand temps que nous fassions de sérieuses remises en question de la manière dont nous faisons et voulons faire la politique dans notre pays. 4. En suivant votre intervention et celles de vos collègues, on sort quelque peu déçus de cette conférence, dans la mesure où vous avez manqué d aller au fond des questions. Je suis étonnée que personne d entre vous n ait fait mention du rôle des acteurs extérieurs (la communauté internationale), la place de l impérialisme et du capitalisme dans la crise qui secoue notre pays? Dans toute analyse, on fait un choix d approches. Selon la thèse qu on veut défendre, on peut privilégier telle ou telle autre approche. Je suis d avis, comme vous, que l extérieur (que ce soit les grandes puissances ou les multinationales) ont joué ou jouent encore un rôle très important dans les malheurs qui affectent notre pays, la RDC. Il y a beaucoup d analyses qui décrivent, par exemple les récentes guerres que la RDC a connu, comme des guerres de contrôle des ressources. Cependant, je pense fondamentalement qu au-delà du rôle joué par ces acteurs extérieurs, notre propre responsabilité comme pays, comme société et comme institutions doit être interrogée. Le capitalisme ou l impérialisme ne font pas seulement des dégâts en RDC ; mais en dépit des dégâts qu ils causent ailleurs, les autres pays arrivent tout de même à s organiser. Je crains que l argument du boucémissaire puisse nous empêcher à reconnaître nos propres faiblesses internes et à y remédier.

21 Rationality in a vernacular outlook: Instrumental? Diverse? Africa was not defeated from the first contact with Europe. No. There are many lies, distortions and inaccurate accounts of the African past. Why? Because in the battle of supremacy, in order to dominate mentally the adversary, the opponent must convince its enemy that he is weak, inferior, almost nothing. Till now Africans have fallen in the trap: they have learnt how to be nothing, how to live under international aid, how to kill each other with the guns that they can t make. They have learnt how to sell their mineral resources for nothing and to remain poor and beggars. They have learnt to pray and to cry to a God that Western missionaries and slave traders came to reveal to them. They live happily with these contradictions. Who cares? Not that the dominant people didn t know what happened exactly; rather they prefer to know what they want and to teach Africans the way they want them to see that past. It s the damaging epistemology of ignorance: willingly they refuse to acknowledge the facts that contradict their wrong accounts. Unfortunately, African pupils and students have been raised in these wrong historiographies. No need to complain. What is at stake is not the quarrel about the intricacies of African past; rather it is about the kind of rationality that dominates the all discourse and practice: it is a strategic rationality. Truth has never been a neutral thing; it is always related to the struggle of power and each group gains knowledge with the tool at its disposal. In Africa, we are still acting with the old patterns, entangled in the trap of false universality, of illusory particularities. When times came for them to define themselves, our elders still used the vocabulary that define, diminished them. With a brilliance and competence that still fascinate us, Senghor oppose the western reason to the African or negro reason. The first is rational and the second is just emotional. Cesaire went further about the inability of the negro to create powder, gun and so on. Black people were nice dancers copulating with the womb of the universe. Reason. Emotion. Senghor. Africa. Greece. Europe. Egypt. Words, things and ideas. For some people, the Cartesian definition of rationality is perfect or dogmatic. For others, rationality is rationalities. Or rationality is rationellity. The discussion is more than a philological exercise or an anthropological debate; it s a political battle. In his book, La Crise du Muntu, Eboussi Boulaga implies that what is at stake in that question about reason is the human nature of the black African. What is rationality? I can t pretend to give a response. Rather I would like to discuss Emmanuel Eze s notion of vernacular rationality. In effect, he explores rationality in a world of cultural conflict and racism. He states that rationality, like a work of art, is best appreciated from multiple points of view. 30 For him, the key problem of rationality is located in the empirical descriptive task. Reason is not a thing. Therefore it is better to avoid the narrow 30 Emmanuel Chukwudi Eze, On Reason, p. xiii.

22 and empirical way of defining it and the autonomous subjectivity that such definition may imply. In other words, he refuses the positivistic and idealistic conception of rationality. Rather he wants to be general and uses a language that is descriptive and normative, but always embedded in everyday life. In his arguments, he proposes nonplatonic and non-cartesian theories of rationality able to give formal foundations to reasoning and judgments. Since its understanding of foundations and forms are historical, reason is related to experience, to culture and to society. It is situated, in context but not relativistic. Its mode of expression is ordinary: the language of justification of these modes of experience and judgment can accurately be called a theory of the conceptual everyday or the conceptual vernacular. 31 Eze thinks about this language as a theory of rationality. These subjective experiences of scrutinizing reason, logic etc are joints of everyday historical experience. So when he speaks about rationality, the term describes occurrences and/or actions that might be observed in either natural or social worlds, but always within reflectively legitimated not merely naturalistic- framework. 32 From that clarification, Eze defines reason in act: I use the word reason to stand for normatively reconstructed descriptions of the complex processes of that cognitive act. 33 Furthermore, he adds, focusing on historicity and construction: when I use the word rationality, I intend to capture those ideal reconstructions of reason which are necessarily and historically differentiated. 34 In other words, rationality is spoken in diversity and reason is located in various and many levels of activities: rationality is a quality we can only notice by, and ascribe to, other things. 35 Eze is in favor of the methodological description and analysis of rationality. He located historical and cultural manifestations of the rational in the dominant categorical reconstructions. What is surprising in his accurate account of the varieties of rational experience is the absence of examples of rationality located historically and culturally in Africa. Of six varieties of theories of reason, none has some African topos, some black original experience. The diversity is just a form of multiplicity of the rich western tradition 36. The vernacular can t reach the colonized world of sub-humans. Only a short notice was written about Zera Yacob s religious experience 37. Not about any sagacity of African 31 Emmanuel Chukwudi Eze, On Reason, p. xiv. 32Idem, p. xvi. 33 Idem, p. xvi. 34 Idem, p. xvi. 35 Idem, p. xviii. 36 -In the calculative reason, Hobbes and Bacon are discussed at length, followed by Descartes and Democritus; -Formal reason: Aristotle and some logic; -Hermeneutical reason: Heidegger, Gadamer and some logic operation to give a scientific look to the work; -Empirical reason: Hume, Rorty are helpful; -Phenomenological reason: Husserl. Along with Heidegger, Fichte, Dilthey, and in some lines Senghor. Phenomenology reduction: Husserl, Brentano, Locke appears Descartes of course. -Ordinary reason: we expected to read something about Africa. Nothing come from the continent. 37 Emmanuel Chukwudi EZE, On Reason, p.125.

23 wisdom or rationality but about the confusion of a believer confronted to various religions. Actually, the book has been published by Duke University Press. It is important to analyze the constraint of the public reader, the politics of the editor and the logic of the academia. Pierre Bourdieu analyzed the sociological mechanism of operations of these scholars searching recognition, promotion, allegiances etc Truth is often a social construction with its part of freedom and loyalties (loyalty). What saves the vernacular theory from the trap of universal particularity is the notion of transcendental perception that is still a self-regard, an epistemological narcissism. 38 Again, that diversity has become the magic word in which differences and superficialities are all buried and have given room to a series of epistemological considerations about the ontology of the act, the phenomenology of the experience, of the language, of the representation, of the truth it presents or represents. In fact, beyond the game of defining the word is the essential question about the vision of the world as a dramatic universe, the economy and the politics evolving in a polemical context (Heraclitus). Africa is not in harmonious relationship with the rest of the world; the continent survives 39 in a context of (violence) war, predation and terror. Here must be considered the topography of African relations within the entire universe and then to think about the consequences accordingly. That topography is mental; it is about the Kantian representation of reality. Africans have to adjust their way of thinking and of orienting their mind. Third World is not about universal/particular or dominating/dominated. It is about seeing/staying blind. From Hegel, there is a pyramidal classification between various races, racialization of culture, perception relation. The mistake is to think that religion is a global idea, that science is neutral, that philosophy is a universal product and so on. The international order is far from being just necessity; it has been built on different layers in a way that nobody can see the world from the same hermeneutical stage. The failure of African rationality 40 was to ignore the warlike context that requires a strategic rationality in order to win any battle or at least to survive. To overcome the strangeness of the black condition, one has to go back to the African sagacity, made of doubt, critical attitude, courage, cleverness, shrewdness etc It is about a strategic rationality in a warlike context in which the will of the winner tends to become the measure of reality. Therefore let me ask the question: are African government obliged to pay the debt that was made in a very morally wrong conditions? Are they obliged to sell their product to a buyer who imposes his price? Are they obliged to adore a God that was brought to them by a slave trader, a dominant master who ignore the dignity of the black people? 38 Ibidem. 39 Ka MANA. L Afrique va- t- elle mourir? Bosculer l imaginare politique africain. Paris: Karthala Cfr Nouvelles Rationalites Africaines, a collection under the direction of the Congolese philosopher Dimandja Eluya Ekondo from the Facultés Catholiques de Kinshasa (DRC).

24 Ther response is far from being positive or negative; it is all about the strategic rationality. UN LEADERSHIP REPENSE POUR UN CONGO PROSPERE ET MONDIALISE Introduction Marcellin LUNANGA MUKUNDA, ISTM/BUKAVU-RDC Le leadership concerne le fait d'avoir une vision, la discipline de travailler pour sa réalisation et la capacité d'entraîner les autres dans cette réalisation. La discipline implique aussi le fait d'être préparé à payer le prix pour ses profondes convictions. Pour un pays, comme la république démocratique du Congo, la vision doit tenir compte de son histoire complexe des souffrances, sa position stratégique en Afrique et dans le monde, l'évolution mondiale globale, ses richesses culturelles et spirituelles dans leur diversité, les ennemis potentiels et réels qui convoitent ses ressources, la centralité des forces humaines et les éléments futurs contenus dans le présent. La première vision de la nation congolaise, dans sa formation même, était celle du mouvement de l'indépendance. Son leadership initial avait réussi à en imprégner la population congolaise pour s'orienter vers l'effort pour l'indépendance. La discipline de travailler pour que cet effort arrive jusqu'à son terme était confrontée par la précipitation belge de la décolonisation qui a abouti à la proclamation de l'indépendance, le 30 juin 1960, avant que le leadership ait pu, par la lutte, acquérir la maturité et la capacité voulues pour entraîner toute la nation congolaise dans la réalisation des conditions d'existence de l'indépendance réelle. Pris de vitesse, le leadership visionnaire battait en retraite ou s'était ravisé et avait cédé sur sa fidélité à la vision. Le leadership d'après l'avortement de l'effort pour l'indépendance n'était plus déterminé par le fait d'avoir une vision pouvant imprégner toute la nation congolaise et la discipline de ce leadership pour actualiser cette vision ainsi que sa capacité d'entraîner toute la nation pour cette fin. L'indépendance était devenue le remplacement des colonialistes dans I'Etat colonial sous condition de l'approbation par les puissances coloniales et impérialistes. Son leadership n'était plus celui qui était motivé par une fidélité à persévérer dans l'effort pour l'indépendance, mais, par celui de plaire aux puissances coloniales et impérialistes. C'est cela la source profonde de son manque de légitimité et la cause réelle de l'instabilité politique et le recours aux anti-valeurs, c'est-à-dire aux valeurs de reasservissement ou de re-soumission : il n'était plus question que de diriger le pays indépendant comme si l'on était revenu à la colonie. Le principe d'éthique de ceux qui aspiraient au leadership du pays devenait : «Si vous voulez devenir un dirigeant au Congo, faites-vous aimer à, et accepter par, Washington, Paris et Bruxelles!». Aujourd'hui, on ajoute parfois Pretoria, comme un peu après l'expérience de I'AFDL, on parlait aussi de Kigali et Kampala comme faiseurs de roi à Kinshasa. Comme disent les Kongo : «Nlele wansompa ka wutominanga makinu ko.» On ne

25 danse pas confortement et durablement dans les habits d'emprunt. Il est difficile de travailler avec conscience pour la réalisation d'une vision imposée par d'autres ; la capacité d'en imprégner sur les gens, dont la misère serait le résultat de l'aboutissement de cette réalisation, ne peut réussir. Le recours à la violence et l'arbitraire pour imposer sur le peuple ladite vision ne fait qu'aggraver l'illégitimité. On ne peut pas avoir avec sincérité la discipline de travail nécessaire pour réaliser la vision des autres. Et là où il y a la domination, la résistance ne peut manquer d'émerger. Nous allons examiner très brièvement l histoire du RDCONGO moderne et faire ressortir le lien qui existe entre les formes, styles et orientations du leadership du pays et l'instabilité politique récurrente. 1. L'instabilité politique en RDC L'instabilité politique est la forme d'existence de la République Démocratique du Congo ; la RDC est une crise ininterrompue et sans fin. C'est une longue et durable conséquence de la création violente, par des conquêtes coloniales, de son territoire ; création qui fut sanctionnée par la Conférence Internationale sur le Congo de Berlin ( ). Les Congolais sont le produit de 500 ans de luttes contre le système, aujourd'hui mondialisé, dans toutes ses phases. Ils sont le produit des victoires, mais surtout des défaites dans ces luttes, contre la traite négrière et l'esclavage Atlantique et arabophone allant jusque presque dans les années 1920, contre la conquête coloniale, l'expropriation, la prédation, les pillages de leurs ressources, les guerres, l'autoritarisme néo-colonial exigé par l'antagonisme hégémoniste de la Guerre froide et l'appauvrissement croissant. Les masses du peuple travailleur «femmes et hommes» ont, dans chaque phase, résisté courageusement, c'est pourquoi nous, leurs descendants, sommes encore ici et continuons de résister. Malgré quelques victoires partielles, les défaites ont été plus récurrentes ; c'est pourquoi, nous luttons toujours pour l'autodétermination. La tendance générale de nos histoires des luttes a été «la défaite par la victoire». Chaque fois que nous étions presque proches de la victoire, celle-ci était détournée pour l'aligner à la continuité du système combattu. Les levées des esclaves rebelles ont été détournées par les abolitionnistes pour rendre la liberté conforme au système transformé d'exploitation : les esclaves libérés devenant des ouvriers potentiels de leurs anciens maîtres devenus capitalistes par compensations ; alors que celles-ci furent refusées aux anciens esclaves. C'est par des négociations autour des tables rondes, étaient soumises à des conditions les rendant favorables à la continuité du systèmeignorant les aspirations et les besoins fondamentaux de ces masses. Les programmes de développement, surtout par les abolitionnistes modernes, c'est-àdire, les évolués, produits de la mission civilisatrice coloniale, et les civilisateurs de ceux-ci, sont conçus et appliqués sur les termes de la continuité du système qui génère l'appauvrissement. Les pensées issues des riches expériences de résistance et des luttes pour la libération des esclaves ainsi que celles des masses opprimées, exploitées et appauvries contre le colonialisme et le néo-colonialisme, sont gardées sous silence ou condamnées à l'oubli. Une culture de soumission est érigée pour que les créateurs mêmes de ces pensées n'y puissent faire foi, eux-mêmes. La dialectique de la «défaite par la victoire» est basée sur le fait de réorienter le processus de lutte pour la victoire sur la base des principes des oppresseurs, intéressés à

26 continuer, par une forme ou une autre, avec le système combattu. Le leadership collaborationniste explique, en partie, la prédominance de la défaite sur la victoire. La dynamique sociale précoloniale était très désarticulée et remodelée par la traite négrière Atlantique et l'esclavage arabophone. C'est le début de la cassure systématique de la résistance enracinée dans les rapports communautaires anciens (la commune africaine) et le renforcement des liens d'asservissement sur lesquels allaient être érigés les rapports sociaux coloniaux de domination, d'occupation et d'exploitation. L'économie de prédation et de traite organisée brutalement par le soi-disant Etat Indépendant du Congo du Roi Léopold 11 ( ) avait occasionné un «holocauste oublié», réduisant la population, estimée alors à 20 millions, à 8 millions. En effet, I'Etat moderne au Congo commença comme une «façade institutionnelle d'une entreprise étrangère d'exploitation de l'ivoire et du caoutchouc» pour se reproduire comme un instrument d'un système colonial, violent et paternaliste, d'extraction des ressources. Les formes d'ajustement structurel, sur le plan de toute la société, imposées de l'extérieur par la violence, ont donné naissance aux cultures de la violence : la raison du plus fort est la meilleure et ce qui paie vraiment c'est d'être du côté du plus fort. D'où une riche tradition des sycophantes et flagorneurs. L'Etat Indépendant du Congo Léopoldien érigé sur la base des conquêtes, du pillage violent des ressources disponibles (le caoutchouc et l'ivoire), du travail forcé et l'exigence «civilisationnelle d'extermination des brutes» était un Etat criminel de guerre permanente. C'est par un mouvement international de grande protestation, dirigé par Edmond Morel, que le pire avait été arrêté. La colonie belge a été fondée sur une négligence doctrinale de la population, sous la politique de «pas d'élite, pas des troubles», une population tenue en garde à vue par une armée d'occupation et des lois injustes. L'indépendance politique octroyée, sur contraintes et dans un contexte de la Guerre froide (d'ailleurs chaude pour le Tiers-monde), démarre avec le démantèlement violent du premier gouvernement congolais (Ludo de Witte, L'Assassinat de Lumumba, 2000), de tendance nationaliste, affaibli par des sécessions propulsées de l'extérieur et des interventions militaires récurrentes, sans oublier l'utilisation des mercenaires, se surpassant en tant que croisés occidentaux de la Guerre froide exterminant les Congolais considérés comme des «communistes imaginaires». Face aux interventionnismes extérieurs (invités ou non), la lutte pour l'indépendance, même après l'avortement de l'effort pour l'indépendance, est devenue permanente. On est allé de guerres en guerres : celle de la résistance contre l'invasion belge (1960), celle contre les sécessions organisées de force pour vider l'indépendance de son contenu, celles pour la «Deuxième Indépendance» contre la domination néocoloniale exigée par la Guerre froide ( ), celle contre la tentative d'usurpation de pouvoir par les mercenaires dirigés par Jean Schramme (1967), celles contre la dictature néocoloniale mobutiste ( ; ; ; ; ) ; celle contre l'expropriation des terres par des nouveaux venus ( à Masisi), jusqu'à celle qui venait de se terminer avec l'accord Global et Inclusif ( ) et qui se poursuit par certaines survivances. Sans oublier l'implication des filles et fils congolais dans les guerres à l'étranger, notamment en Angola, au Rwanda, au Tchad et au Nigeria. La dernière guerre a été une articulation complexe d'au moins 4 types : la guerre que l'ex-secrétaire d'etat américain, Mme Madeleine Albright a appelée : «la première guerre

27 mondiale africaine» qui opposait deux alliances régionales, celle des Etats de SADC alliés au gouvernement de Kinshasa et celle des Etats voisins immédiats du Congo, alliés aux mouvements de la rébellion ; la guerre civile opposant le régime de Kinshasa aux différents groupes de la rébellion ; le débordement, sur le territoire de la RDC, des guerres civiles des pays voisins (Burundi, Rwanda, Soudan, Ouganda, Angola, Congo-Brazzaville) ; et enfin les guerres paysannes (différentes tendances des Mai Mai) et la guerre dite interethnique en Ituri, opposant initialement les paysans appauvris Walendu aux capitalistes agraires et marchands d'ethnie Hema. L'effondrement de I'Etat post-colonial Mobutiste a facilité l'intervention des forces extérieures au Congo transformant ainsi les conflits initialement internes en conflits régionaux. Il est clair que c'est la prépondérance de la problématique militariste comme dynamique d'organisation du pouvoir, depuis la formation du pays à ce jour, qui fait que l'instabilité soit sa forme d'existence. Il est clair aussi que l'élément d'interventionnisme extérieur, obligeant tout régime en place d'être plus responsable devant les puissances extérieures que devant le peuple congolais qu'il est censé servir ouvertement, bloque ou frustre le processus de légitimation du pouvoir. Et c'est dans ce contexte difficile que les formes, les orientations, les styles et l'absence de leadership se sont forgés. La lutte pour le Congo a toujours été, depuis sa création, internationale ; elle oppose deux camps antagoniques : celui en faveur des intérêts et aspirations profondes du peuple congolais tout entier et celui qui, dans ses démarches, ignore, marginalise ou va à l'encontre des intérêts et aspirations du peuple congolais. L'identification des acteurs variés de chaque camp est très complexe. Dans les années 1960, Président Kwame Nkrumah, dans Challenge of the Congo (1967), en avait donné des indications intéressantes. Chaque camp comprend des forces extérieures et intérieures ; ce qui est stratégiquement décisif, c'est la position, dans chaque camp, des forces domestiques ou congolaises. Les formes de leadership traversent donc ces deux camps. Le défi de celui-ci est de tisser les alliances favorables aux intérêts profonds de toute la population congolaise entre les forces domestiques et extérieures servant ouvertement ces intérêts. Ce qui exige une articulation réfléchie et claire, dans chaque situation, entre l'intérêt national congolais, les intérêts des puissances extérieures et des pays voisins. 2. La nécessité et la caractérisation d un bon leadership La question de leadership, son orientation, ses styles, ses présuppositions et ses formes, convenables pour les exigences du monde d'aujourd'hui, de plus en plus interconnecté, reçoit de plus en plus d'attention mondialement et presque à tous les niveaux. Dans les entreprises transnationales, dans les institutions internationales, dans les institutions politiques nationales, dans les institutions éducationnelles, et j'en passe, la question de leadership se pose avec force. La littérature, sur cette question est vaste. En effet, la mauvaise qualité de management et de leadership des institutions mondiales constitue l'un des trois dangers majeurs que le monde confronte ; les deux autres étant : la possibilité d'une guerre nucléaire ou un accident nucléaire qui peut détruire la race humaine et la perspective d'une épidémie, une maladie, une famine ou une dépression mondiales. Il est donc clair que la question de leadership est cruciale. Nous sommes en plein âge des rapports et interconnexions intenses, un âge facilité par l'âge de l'information dont les instruments, l'internet, la conférence-vidéo, la TV globale, les téléphones mobiles, etc., rapprochent les gens de plus en plus. L'âge des interconnexions

28 exige de nouvelles formes de leadership. Il faut plus d'intégrité, plus de transparence. Pour mieux faire ressortir les caractéristiques d'un bon leadership, plusieurs démarches sont possibles : faire un bref survol des grands leaders du monde et les circonstances dans lesquelles ils ont exercé leur leadership, en examiner les points forts et faibles de chacun et clairement montrer leurs grandes qualités communes (comme par exemple : Howard Gardiner, Leading Minds : An Anatomy of Leadership,1997) ; et pour le Congo étudier les biographies de ses leaders passés : Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Paul Banda, Joseph Kasavubu, Patrice Emery Lumumba, Lwambo Makiadi, Mobutu Sese Seko etc. On peut aussi examiner les Saintes Ecritures pour y étudier les critères des choix de leaders utilisés ou proposés par Dieu lui-même. Par exemple les qualités retenues pour le choix d'abraham, de Moise, de David, etc. On sait, par exemple, que pour David, Dieu a explicitement écarté les apparences extérieures (le charisme, la beauté, etc.) et David, en tant que berger, était un homme capable de mettre en ligne sa propre vie contre les lions et les ours pour sauver une brebis, par exemple. Il n'est pas évident que Dieu pouvait choisir quelqu'un comme Mobutu. Dans Mathieu 20 : 25-27, Jésus -Christ donne une théorie d'un bon leadership ; nous citons : «Alors Jésus les appela tous auprès de lui et dit : Vous savez ce qui se passe dans les nations : les chefs politiques dominent sur leurs peuples et les grands personnages font peser sur eux leur autorité. Qu'il n'en soit pas ainsi parmi vous. Au contraire : si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur, si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup.» Servir les autres ouvertement et fidèlement est la marque d'un bon leadership. Ayant examiné les comportements et qualités des caractères de certains personnages, Jean Lipman-Blumen distingue deux types de leadership : positif et toxique. Il considère également les attitudes des gens vis-à-vis de ces deux types. Tandis que le leadership positif crée un cadre à travers lequel il aide les gens à comprendre et confronter le problème, quelque pénible qu'il soit, et trouver ensemble les solutions, après avoir examiné toutes les possibilités ; le leadership toxique se présente comme étant la clé à la solution, c'est lui qui peut apporter la solution, c'est lui qui garantit la protection des gens face au danger confronté par eux. Le leadership toxique qui s'appuie surtout sur le charisme, laisse ceux qui le soutiennent dans des conditions pires qu'avant. Comme dans le cas de la sorcellerie, le leader toxique fait appel à la destruction de quelque chose ou quelqu'un, avant qu'il ne puisse vous rendre un plus grand et meilleur service. Il parle de la purification du monde, voulant souvent dire par là qu'il faut se débarrasser des adversaires. Le bon dirigeant crée un environnement sain à travers lequel les gens peuvent confronter les problèmes et travaillent ensemble pour les résoudre. Il n'a pas recours aux mensonges ou à la création des illusions pour faire peur et se présenter en libérateur des gens. Si on a la chance, le charisme peut être une force pour le bien ; mais, il n'est pas une caractéristique nécessaire d'un bon leadership. Comme Mahatmas Gandhi n'était pas un orateur doué ; mais c'est sa vision qui était si puissante et poursuivie avec si tant de persévérance, servant ouvertement son peuple, qui a fait qu'il avait réalisé un impact bien audelà de celui des gens avec un charisme spécial. On est souvent confronté par le danger des leaders qui créent dans les gens un sens d'anxiété, d'inquiétude, de peur et se présentent eux-mêmes comme étant la seule source de protection et de sécurité. Aveuglés par le charisme, les apparences et les seules considérations des origines des candidats, les gens se laissent trop souvent séduire par le leadership toxique.

29 Les gens suivent ces genres des leaders, les cherchent et les trouvent ou même les créent. Les gens peuvent pousser le leader de leur promettre des miracles, plus que ce qui est humainement possible. Pour avoir des bons leaders, Jean Lipman-Blumen, suggère que nous ne devons pas attendre que les plus assoiffés du pouvoir se présentent, nous devons activement les chercher et les recruter. Si nous trouvons que quelqu'un est une personne en qui on peut avoir confiance, pourquoi ne pas lui suggérer d'accepter la responsabilité de leadership. Comme diraient les ne-kongo, «kimfumu maa kia ntumbwa» on est couronné chef, on ne se fait pas chef. Nous devons changer notre conception du leadership. Comme la capacité politique, il ne faut pas considérer la capacité de leadership comme un privilège des prodiges de la nature ; nous devons tous être conscients de notre propre capacité potentielle de leadership. Le leadership est une responsabilité que chacun de nous a, à des degrés différents. Nous avons une responsabilité de contribuer quelque talent de leadership au niveau approprié. Nous ne devons pas confier toute la responsabilité aux autres pour nous. Les électeurs, sans beaucoup d'éducation politique, choisissent, bien souvent, non pas sur la base des enjeux et les positions des candidats sur les questions soulevées par lesdits enjeux, ainsi que des qualités de leurs caractères, mais, sur la base des apparences et des considérations subjectives comme l'appartenance ethnique ou régionale. La nouvelle conception de leadership permettra à chacun de guérir de la séduction et de la promotion du leadership toxique. Ces considérations, brièvement analysées, s'appliquent certainement à la question du leadership en RDC. 3. Quel leadership pour la République Démocratique du Congo? Pour notre pays aussi, nous devons réfléchir sur les présuppositions des formes et styles de leadership actuel qui n'arrivent pas à nous sortir de la crise. Comment pouvons-nous être capables de choisir un futur pour nous-mêmes qui soit différent du passé? Savoir aussi dire à nous-mêmes les situations dans lesquelles nous nous trouvons pour en mesurer et les nouveautés et les possibilités de sortie de ces situations. Notre pays a souffert de l'absence de leadership capable d'avoir une vision pouvant répondre aux grandes exigences de sa position stratégique en Afrique et dans le monde et d'imprégner toute la population congolaise dont la conscience reste marquée par des traumatismes importants. La conscience de soumission, de servilité et de docilité domine encore les esprits et garde le pays dans la trajectoire de la médiocrité, du manque de respect et de considération de ses plus illustres ancêtres et personnalités marquantes, du refus du savoir et de la compétence, du travail bien fait et donc de la capacité de se prendre en charge, à tous les niveaux. Cette maladie qui date depuis la traite négrière, redéployée par la colonisation et les dictatures successives, ne permettra pas de faire de notre population, estimée aujourd'hui à 60 millions d'habitants, une nation forte et vibrante. Les éléments importants qui forment une nation, à savoir une excellente santé, une productivité élevée, une vie sociale harmonieuse et une forte défense ; exigent non seulement

30 une unité d'esprits et des cours de la population, mais surtout une conscience résolue et marquée par la sincérité de l'idéal national, de la vision et de la pureté de cour et d'esprit. L'étatisation dictatoriale téléguidée, la centralisation à outrance du pouvoir et l'exercice solitaire du pouvoir contre toutes les volontés d'indépendance, de démocratie et de liberté des gens ont étouffé les initiatives locales libres. Graduellement, mais, sûrement, les institutions en place ont été vidées de leur contenu national et patriotique, pour enfin, déboucher en la ruine du pays et la décomposition de I'Etat en faveur d'un bureaucratisme partitaire vide et de célébration du dictateur, appelé Parti-Etat. La paupérisation systématique de la grande population s'en est suivie. La sortie de cette situation, sur la base des mêmes présuppositions de leadership, a conduit à une transition qui ne finit toujours pas. Une forte vision imprégnant toute la population est nécessaire pour redonner la vie, dans toute son ampleur, aux initiatives locales libres ; redonner aux institutions nouvelles leur contenu national et patriotique ; refonder I'Etat en le transformant en un Etat pour tous. Le leadership, capable d'une telle vision, doit d'abord se connaître, dans ses faiblesses et ses points forts, il doit savoir très clairement les intérêts qu'il sert ouvertement. Il doit faire rupture avec les comportements de luttes ou de vie qui continuent de nous enchaîner au passé basé sur les mentalités de soumission ou d'exigence de soumission des gens, d'isolationnisme et de mépris des autres, d'auto-célébration, de «gagner contre les autres et non avec les autres» pour un comportement basé sur la mentalité d'alliance et de «gagner avec les autres» et de la fidélité à la lutte contre tout refus de l'humanité à toute personne. Cette discipline est thérapeutique et permet de focaliser sur la réalisation de la vision et surtout de trouver les capacités nécessaires pour entraîner les autres dans cette réalisation. Le leadership positif ne prétend pas être la clé à la solution des problèmes qui sont immenses ; mais il facilite la création de l'environnement rassemblant les gens pour confronter, ensemble, les problèmes quelque pénibles qu'ils soient pour en trouver les solutions. Les dirigeants corrompus, égoïstes, arrogants ou auto-centrés n'inspirent aucune atmosphère capable de rallier les gens de partout. Nous avons besoin des dirigeants dont le comportement est guidé par les vertus suivantes : honnêteté absolue, transparence absolue ou désintéressement absolu, amour absolu ou générosité absolue et pureté absolue. C'est donc un comportement en ligne avec les conséquences des processus génériques de vérité que sont la science, l'amour, la politique émancipative et l'art. Tel que le système des partis politiques fonctionne aujourd'hui, avec l'esprit hégémoniste (gagner contre tous les autres) de la conquête du pouvoir, n'est pas un environnement qui peut conduire à l'émergence d'une telle rupture de comportement. Le leadership qui pourra nous conduire vers un meilleur avenir, capable de nous aider à maîtriser les niveaux croissants de complexité et de paradoxe, doit avoir une grande profondeur et largeur d'esprit. La crise spirituelle dans les gens qui aspirent à diriger nos institutions constitue le noyau stratégique du goulot d'étranglement de nos institutions. La vision nationale de l'effort pour l'indépendance avait pratiquement disparu. L'effort pour l'indépendance, tel que pensé à partir du mouvement politico-prophétique dirigé par Simon Kimbangu jusqu'au discours du 30 juin de Patrice E. Lumumba, exigeant pour

31 condition une guérison des mentalités et conditions de vie coloniales (désaliénation coloniale) et la refondation de I'Etat dans le contexte d'une civilisation du noir par le noir et pour le noir, une civilisation pensée ou repensée par nous ; avait violemment avorté. Les comportements du leadership actuel et ses présuppositions sont en grande discordance avec l'hymne national, la Congolaise, qui continue de rappeler cette vision. Les énoncés politiques, actifs dans notre pays, ont souvent trouvé leurs origines ailleurs. La victoire de la politique (l'ensemble des choix) de l'indépendance comme simple remplacement des colonialistes dans les appareils d'etat colonial, sous condition de l'approbation des puissances coloniales occidentales, a fait que les prescriptions sur l'etat, celles qui sont les plus respectées et suivies dans notre pays, émanent des puissances extérieures. Les 'politiciens' congolais s'en remettent aux puissances extérieures pour leurs prescriptions sur I'Etat et la société, sans qu'elles soient ni repensées par eux ni soumises à l'approbation de toute la population, gardée dans l'ignorance. Le mode politique mobutiste d'olinga olinga te, voulant diriger sur cette base n'a fait qu'aggraver les problèmes confrontés par cette population. Le leadership de demain devra oublier ses illusions et se préparer réellement pour la vraie lutte, qui devra emboîter le pas, en innovant et amplifiant, la vision de l'effort pour l'indépendance. Le leadership de demain devra être marqué par l'éthique de vérité, celle qui aide à préserver, à encourager, à persévérer dans la fidélité subjective au processus de vérité ; celle qui permet à un sujet de ne pas céder. Il s'agit de la fidélité à la vision. Il faut persévérer, persister dans sa fidélité. Cette persévérance est difficile ; mais il faut persévérer. La corruption, c'est l'ensemble des tendances qui empêchent la persévérance de la fidélité aux conséquences de sa vision. C'est cela le mal ; le mal vient après, il ne précède pas le bien. Le mal fatigue la fidélité, la fausse ou l'annule. Le mal zaïrois avait fatigué, faussé ou annulé la fidélité à l'effort pour l'indépendance. Il y a quatre formes du mal :1) la trahison du processus générique de vérité ; par exemple renoncer à la fidélité à la déclaration d'amour parce qu'on est fatigué ou par analogie, renoncer à la fidélité à la proclamation de sa vision parce qu'on est fatigué. 2) confondre le vrai processus générique avec son semblant ; il n'y a pas eu une vraie rencontre d'amour, on a été roulé. 3) la terreur, c'est-à-dire prendre une conséquence du processus générique de vérité (une vérité singulière) pour la vérité totale et infinie à imposer par la force. 4) confondre la nouveauté (événement) de la situation avec la situation elle-même ; le changement est conçu comme la répétition du même ; renoncer à la pureté absolue. D'où découlent quatre principes d'éthique de vérité, toujours en situations : 1) Ne pas céder sur sa fidélité ; ne pas trahir la vérité (l'événement-processus), il faut avoir le courage de persévérer et d'endurer ; 2) ne pas être confondu par un semblant de processus générique de vérité ; il faut savoir bien discerner le vrai processus ; 3) être modéré et humble ; résister la tentation de prendre une vérité singulière pour la vérité totale et infinie à imposer ; et 4) respecter la singularité et la pureté de l'événement-vérité ; chaque cas a toute son importance. Le leadership de demain doit partir du point de vue qu'il sert ouvertement toute la population congolaise présente et future. Il s'occupe de façon responsable de sa santé, qui doit être excellente, de son éducation au niveau mondial moyen, de son bien-être économique (à

32 commencer par une sécurité alimentaire), de sa sécurité et de sa culture. Que la population congolaise soit la force motrice de son développement et donc la transformation de ses capacités en une forte puissance doit être une priorité. L'articulation entre la population, l'agriculture (y compris la biodiversité) et le secteur hydro-énergétique doit être le fondement de l'économie congolaise ; le secteur minier devra être la source des moyens de développement des infrastructures. Le leadership de demain devra relever le défi de la faillite du projet étatique dans notre pays par une refondation fédéraliste de I'Etat basée sur la subordination réelle du pouvoir militaire par le pouvoir civil ; la paix relative une fois obtenue, il faut donner la primauté de la refondation de I'Etat au développement de l'administration publique fédérale. Prenant l'horizon de la multiplicité, comme telle, I'Etat cessera d'être discriminatoire pour devenir un Etat pour tous ; Un Etat qui compte chacun pour UN et tout le monde tel (le) qu il (elle) est et là où il(elle) est. La position géographique de notre pays donne à sa dimension internationale une attention stratégique. Les rapports de bon voisinage dans la région ne pourront plus être garantis par la seule diplomatie de gendarme régional ni même par une politique traditionnelle de coopération économique avec les voisins. Il faut déjà penser, pour le long terme, à une création d'une fédération des Etats de toute la région des grands lacs, par exemple. Cela fera de notre pays un noyau crucial et une force majeure de l'union Africaine. La mondialisation est un casse-tête pour tout leadership de demain. Si comme le dit l'ex-président Jean-Bertrand Aristide (Eyes of the Heart : Seeking a Path for the Poor in the Age of Globalisation, Common Courage Press, 2000), le fait de s'impliquer dans ou de refuser de s'impliquer dans la mondialisation c'est choisir entre la mort et la mort ; seul un forçage spirituel pourra peut-être permettre à notre peuple de se tracer une voie médiane entre les deux choix. C'est ici, peut-être que la qualité du leadership de demain sera testée. La mentalité d'alliance, la fidélité à l'éthique de vérité et l'enracinement au service ouvert de la population congolaise tout entière permettront au leadership d'aider le peuple à trouver cette voie. Il faut aussi souligner que la démilitarisation des esprits et des institutions devra constituer un élément crucial de la vision ; c'est cela qui renforcera et rendra la paix durable. Pour cela, il faut refonder I'Etat de façon à ce que son pouvoir civil soit prépondérant sur celui militaire. CONCLUSION Nous avons essayé de réfléchir sur une question difficile et de grande ampleur. Ce qui est en jeu, c'est la nécessité de faire émerger un mode historique nouveau de la politique dans notre pays. Il faut pour cela faire rupture de toutes les présuppositions comportementales, intellectuelles, émotionnelles et spirituelles des modes historiques de la politique, surtout basés sur la politique de l'indépendance comme remplacement des colonialistes dans I'Etat colonial sous condition de l'approbation des puissances occidentales. Les présuppositions du mode mobutiste de la politique, le mode d'olinga olinga te, constituent toujours une part de la pesanteur qui pérennise les transitions. Les consciences de soumission et l'exigence de comportement de soumission par des

33 dirigeants, qui date de la colonisation ou avant, doivent céder à celles de la rupture pour les consciences de changement à tous les niveaux. Nous voulons un Congo multinational d'unité fédérale qui donne la primauté à l'information, à l'éducation (et pas l'instruction) ; c'est le seul moyen de faire des forces humaines la clé, le moteur et l'idéal de son développement social. Un Congo qui organise la promotion de la créativité dans tous les domaines de la vie humaine. La conscience publique congolaise, épurée des insuffisances idéologiques renforçant l'ignorance et le sectarisme à savoir : l'ethnicisme, le fétichisme ou les croyances et les pratiques magiques, le sectarisme religieux, le chauvinisme masculin et le sexisme, la mentalité de soumission et de servilité, etc., devra correspondre aux exigences de la position géographique stratégique de notre pays. La conscience sociale est avant tout, un rapport réfléchi de soi, puis un rapport actif et réfléchi avec son environnement et enfin le rapport réfléchi et actif avec l'environnement de son environnement. C'est comme cela que le local peut communiquer avec l'universel et viceversa. Un savant qui ne produit plus des connaissances nouvelles n'est plus un scientifique ; un consommateur de technologie qui ne produit pas une technologie nouvelle est réduit à être à la remorque des autres ; une culture qui ne répète que des vieilles traditions risque de disparaître ; un amoureux qui ne renouvelle pas, par des actes concrets, sa fidélité à la déclaration d'amour, cesse d'être amoureux ; une politique active renforce chaque jour la capacité politique des gens de partout, sinon elle devient un simple spectacle de positionnement sans vie. Daignons tout critiquer ; daignons penser l'impensable ; daignons mettre tout en question ; c'est cela qui libérera notre peuple de sa mentalité de soumission, de servilité, de docilité, de mimétisme, de la célébration de la médiocrité et de la stérilité spirituelle. Les gens pensent ; la pensée est rapport de réel. Tout changement, y compris celui du leadership, est, avant tout, une rupture dans la pensée. BIBLIOGRAPHIE 1. Aristide, Jean-Bertrand, Eyes of the Heart : Seeking a Path for the Poor in the Age of Globalisation, New york : Common courage Press, Badiou, Alain, L'Ethique : Essai sur la Conscience du Mal, Paris : Editions Hatier, Abrégé de Métapolitique, Paris : Editions du Seuil, Bidiu Nkebi Kebila, Les Bakongo et le Fédéralisme, Kinshasa : Editions l'avenir, Bennis, Warren, On Becoming a Leader, Cambridge, Mass. : Perseus books, Braekman, Colette, Lumumba : Un Crime d'etat, Bruxelles : Les Editions Aden, Depelchin, Jacques. Silences in African History. Dar-es-Salaam : Mkuki Na Nyota Publishers, De Witte, Ludo, L'Assassinat de Lumumba : Paris : Editions Karthala, Edgerton, Robert B. The Troubled Heart of Africa : A History of the Congo. New York : St. Martin's Press, Englebert, Pierre, State Legitimacy and Development in Africa. Boulder, Colorado : Lynne Rienner Publishers, Gardner, Howard, Leading Minds : An Anatomy of Leadership, London : Harper Collins

34 Publishers, Goleman, Daniel, The New Leaders : Transforming the Art of Leadership into the Science of Results, London : Little, Brown, Hochschild, Adam, Les Fantômes du Roi Léopold : un Holocauste Oublié. Paris : France Loisirs, Kabuya-Lumuna Sando, Histoire du Congo : Les Quatre premiers Présidents, Kinshasa : Editions SECCO&CEDI, Masamba ma Mpolo Jean, Le Saint-Esprit Interroge les esprits. Yaoundé : CIe, Mutamba Makombo Kitatsima, Jean-Marie, Du Congo Belge au Congo Indépendant, Kinshasa : Publications de I'IFEP, Nkrumah, Kwame, Challenge of the Congo. New York : International Publishers, Spencer, Sabina, The Heart of Leadership : Unlock your inner wisdom, and inspire others. London : Rider, Stenstrom, Oscar proverbes des Bakongo. Uppsala et Kimpese :The Swedish Institute of Missionary Research, RESISTANCE ET REALISME Deux événements importants ont eu lieu le 16 février à Kinshasa: la marche des chrétiens et l ouverture de la session extraordinaire de la «nouvelle» Assemblée Nationale. Comme les années passées, les chrétiens ont voulu commémorer l anniversaire de la mort des "martyrs de la démocratie", assassinés le 16 février 1992 au cours d une paisible marche organisée pour exiger la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). En cohérence avec l esprit de cette commémoration, cette année, les chrétiens de Kinshasa ont voulu exprimer leur mécontentement face aux résultats des élections, tels que publiés par la Commission électorale et, à cet effet, exiger le rétablissement de la «vérité des urnes». Le 15 février, tout juste à la veille de l événement, le gouverneur de la ville de Kinshasa a interdit cette marche, en apportant des motifs pour le moins discutables comme, par exemple, le retard avec lequel les organisateurs ont informé les autorités et le manque d indications précises sur le parcours. Le lendemain matin, le 16 février, défiant avec un courage admirable l interdiction, certains groupes de chrétiens ont mantenu leur programme initial. La police est intervenue avec des gaz lacrymogènes pour les disperser et, en plus, a arrêté des manifestants, y compris des prêtres et des religieuses. De nombreuses organisations de la société civile et des personnalités politiques, tant nationales qu internationales, ont fermement condamné cette répression perpétrée par la police contre des civils munis seulement de bibles, de corans, de chapelets, de croix et d images religieuses, mais déterminés à exiger la "vérité des urnes", en exerçant leur droit à la libre expression de leur opinion. Plusieurs peuvent être les raisons qui ont amené les autorités à interdire et à réprimer la marche des chrétiens. Cette initiative avait obtenu la sympathie et le soutien

35 de l opposition politique. Par conséquent, le succès presque certain de l événement serait allé en faveur de l opposition, au détriment de la majorité au pouvoir. Si cette interprétation des événements du 16 février est confirmée, la société civile devra, peut être, en tenir compte lors de l organisation de futures initiatives. Cela n empêche pas de condamner, avec la plus grande énergie, la violation par les autorités et les forces de l ordre, du droit à la libre expression des citoyens, qu il s agisse de membres de la société civile ou de l opposition. Le 16 février, suite à la publication des résultats provisoires des élections législatives et conformément à la Constitution, s est ouverte la session extraordinaire de l Assemblée Nationale. L un des objectifs de la session est de vérifier et valider les mandats des élus, sans préjudice des prochaines dispositions émises par la Cour Suprême de Justice, compétente de confirmer et valider, dans les deux mois, les résultats des élections. Malgré la forte résistance de l opposition, les graves dénonciations de la société civile et les sévères mises en garde de la communauté internationale, il semble que le train va partir, même si les passagers n ont pas confiance dans ses conducteurs. Il y a deux possibilités: soit on se place devant le train pour empêcher son départ, avec toutes les conséquences déjà connues (le risque est d être écrasé) ou l on monte à bord et l on entre dans la cabine des conducteurs, pour essayer de réparer les pannes et donner un peu de sécurité aux passagers. Rejetant les résultats tels que publiés par la Commission électorale, plusieurs membres de l opposition, en particulier ceux de l'union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d Etienne Tshisekedi, menacent de ne pas participer à l Assemblée. C est un choix politique légitime. Mais de cette façon, le Parlement sera entièrement abandonné entre les mains de la majorité, ce qui aura des conséquences désastreuses pour le peuple pour qui l opposition prétend se battre. Probablement, bien que minorité, une opposition institutionnelle «parlementaire» serait, peut-être, plus efficace qu une opposition noninstitutionnelle "extra- parlementaire». LA NOUVELLE CONFIGURATION POLITIQUE SELON LES CHIFFRES DE LA COMMISSION ÉLECTORALE Le 9 février, dans un rapport, International Crisis Group (ICG) revient sur les "enseignements" des élections présidentielles et législatives. L'ONG dénonce, tout d abord, les "multiples violations du code électoral, la perte de plusieurs millions de voix et les opérations de comptage opaques pour rendre toute vérification impossible... ". ICG relève notamment des écarts de voix importants dans certaines circonscriptions entre le nombre de votants pour la présidentielle et les législatives, qui avaient pour lieu le même jour. Des écarts de voix qui ont principalement bénéficié aux candidats PPRD ou proche de la Majorité présidentielle : - c'est le cas de Jaynet Kabila, la soeur du président, dans la circonscription de Kalemie au Katanga, élue avec voix. Le jour du vote, 3254 de plus ont été comptabilisées sur les législatives par rapport à la présidentielle. Plus de 3000 personnes se sont donc déplacées uniquement pour voter élire son député sans voter pour la présidentielle. Un chiffre "étonnant" pour Thierry Vircoulon d'international Crisis Group.

36 - même cas dans la circonscription de Pweto (fief de feu Katumba Mwanke) avec un différentiel de 6579 voix entre la présidentielle et les législatives, - ou au Kasaï-Oriental, la circonscription de Lambert Mende, avec un différentiel de 4411 voix. Autres phénomène surprenant pour l'international Crisis Group: la cartographie des irrégularités, le jour du scrutin. Selon la carte publiée sur son site, la majorité des incidents et des dysfonctionnements se sont produits dans les régions connues pour être plutôt favorables à l opposition: Kasaï, Bas-Congo, Equateur ou Kinshasa... Les autres résultats inattendus concernent les "poussées" très importantes du PPRD (le parti du président Joseph Kabila) et de ses alliés dans les provinces de l'ouest du pays réputées pourtant hostiles au pouvoir en place. L'étrange progression du PPRD est particulièrement sensible dans la province de l'equateur, où le parti présidentiel passerait de 3 à 11 députés ou au Bandundu, où il passerait de 4 à 10 députés entre 2006 et Le nouveau paysage politique, abstraction faite aux contestations, est bien clair. D un côté, le camp Kabila (PPRD, PPPD, MSR, PALU, ARC, AFDC.) dispose de la majorité absolue avec plus ou moins 341 sièges, et de l autre l Opposition avec 119 sièges. Selon ICG, à propos de la physionomie de la nouvelle Assemblée nationale, quel que soit le crédit qu on leur accorde, les résultats législatifs mettent en évidence quelques grandes tendances: - une fragmentation accrue du paysage politique; - un recul du camp présidentiel mais sans perte de position dominante; - un renouvellement de l opposition mais sans progression notable; - la structure ethno-provinciale de la politique congolaise. A) La tendance dominante est la fragmentation du paysage politique. En 2006, les 5 partis ayant présenté plus de 300 candidats avaient obtenu 243 sièges, soit 48,6% de l Assemblé nationale, alors qu en 2011, 9 partis ont pu présenter plus de 300 candidats mais n ont totalisé que 220 sièges. Sur les 98 partis représentés à l Assemblée nationale, la moitié n ont qu un seul élu et seuls 11 partis ont plus de dix élus. Le principal gagnant de cette élection législative n est donc ni le PPRD de Joseph Kabila ni l UDPS d Etienne Tshisekedi, mais ces micro-partis qui ont entre 1 et 3 élus. La nouvelle assemblée comptera, en effet, 29 partis de plus qu en Cette prolifération va de pair avec la très forte réduction des «indépendants» qui fondent comme neige au soleil et passent de 63 en 2006 à 16 en Face à la vague des micro-partis, les grands partis tels que le PPRD, le MLC et le PALU reculent tous. Tout en demeurant le premier parti de l Assemblée, le PPRD n obtient que 61 sièges contre 111 en Le MLC est en chute libre (-42 élus) à l instar du PALU (-15), de l UDEMO (-7), du RCD-National (-14). Ce recul parfois massif reflète un vote sanction pour les partis portés à l Assemblée en 2006, qu il s agisse de la majorité ou de l opposition. B) Même si le parti présidentiel (le PPRD) est en perte de vitesse, la majorité présidentielle est sans conteste la force dominante de l Assemblée 2012 au vu des chiffres de la CENI. Le PPRD et ses alliés représentent 341 sièges. Mais la majorité de 2012 n est pas la majorité de 2006: le PALU a cédé la place à un nouveau mouvement, le Parti du peuple pour la paix et la démocratie (PPPD) créé par d anciens membres du PPRD, tandis que le MSR de Pierre Lumbi fait figure de troisième pilier de la majorité.

37 Loin de se concentrer sur un ou deux partis, la majorité présidentielle s éparpille, ce qui ne l empêchera pas, toutefois, d avoir le plein contrôle de l Assemblée Nationale. Si la donne change quelque peu dans la majorité, l opposition est profondément bouleversée. C) L opposition parlementaire de 2006 s efface au profit de deux nouvelles forces: le MLC perd son titre de héraut de l opposition pour devenir numéro 2 derrière l UDPS et talonné de près par l autre nouveau venu, l UNC de Vital Kamerhe. Toutefois, cette opposition maintenant parlementaire n existera que si Etienne Tshisekedi laisse siéger les députés de son parti. Une politique de la chaise vide de la part du second parti de la RDC ne ferait qu affaiblir davantage l opposition et aboutirait pour l UDPS à un retour à la case départ. D) Les élections législatives démontrent aussi largement le caractère ethno-provincial des partis politiques congolais. Seul le PPRD a des élus dans les onze provinces du pays et seulement quatre partis (l UDPS, le PPPD, le MSR et le PALU) ont des élus dans plus de 6 provinces. Toutefois, y compris le PPRD, tous ont une base provinciale importante qui constitue le cœur de leur électorat: le Katanga pour le PPRD et le PPPD, la Province Orientale pour le MSR; l Equateur pour le MLC, le Bandundu pour le PALU et l ARC, le Kasaï-Oriental et Occidental pour l UDPS, le Nord-Kivu pour le RCD K-ML et le Sud- Kivu pour l UNC. L UDPS et l UNC ont aussi une forte assise ethno-provinciale: sur 41 élus de l UDPS, 25 viennent des Kasaï et sur 17 élus de l UNC, 10 viennent des Kivu. Tout comme la majorité, l opposition possède surtout une base dans les provinces d où sont originaires ses leaders. Si l on veut tirer des enseignements des scrutins présidentiel et législatif, notamment en vue des élections provinciale et locale, un retour à l expérience s impose à plusieurs niveaux: - au niveau de la CENI, afin de comprendre pourquoi la cartographie des bureaux de vote et le fichier électoral étaient si lacunaires et inexacts et comment plusieurs millions de voix ont pu être perdues. - au niveau de la Cour suprême de justice, afin de comprendre selon quelle procédure et avec quelles garanties d indépendance des magistrats supplémentaires ont été nommés en pleine campagne électorale. - au niveau des Nations Unies, afin de comprendre pourquoi les experts électoraux du PNUD n ont pas alerté sur les problèmes de préparation des scrutins et la nécessité de décaler le vote d une semaine ou deux, dans quelle mesure ils ont participé à la commission de consolidation des résultats, dans quelle mesure la MONUSCO s est assurée de l intégrité des caisses de bulletins qu elle transportait. - au niveau des bailleurs, afin de comprendre quel raisonnement les a conduits à investir plus de 100 millions de dollars dans un processus électoral biaisé dès le départ, pourquoi la contribution de l Union Européenne a été prélevée sur le budget consacré aux infrastructures indispensables à la RDC, dans quelle mesure l UE va payer sa dernière contribution pour des élections qualifiées de non crédibles par sa mission d observation et dans quelle mesure les bailleurs sont prêts à financer le scrutin provincial dans un contexte de domination du parti au pouvoir et avec une CENI décrédibilisée. - au niveau de l UDPS afin de comprendre si ce parti va mener la politique de la chaise vide ou s il est capable d utiliser le forum parlementaire et d être le moteur d une alliance de l opposition?

38 La publication des résultats législatifs n est pas la fin du processus électoral et plusieurs problèmes restent en suspens. Par exemple, l organisation d un nouveau scrutin dans les 7 circonscriptions où il a été annulé et surtout les élections provinciales. Celles-ci ne peuvent être trop repoussées sans poser des problèmes institutionnels (non renouvellement du Sénat, etc.). Les élections provinciales pourraient, en théorie, se dérouler dans de meilleures conditions que les élections du 28 novembre si la configuration actuelle de la CENI était modifiée. 41 LA SITUATION POLITIQUE POST ÉLECTORALE Le 8 février, au cours d'un point de presse à la Gombe (Kinshasa), le secrétaire général adjoint de l'udps, Kahungu Mbemba Raymond, a déclaré que "Les 42 députés élus de l'udps ne prendront part ni à la session extraordinaire ni aux sessions ordinaires de l'assemblée nationale", tant qu'on ne permettra pas à Etienne Tshisekedi d'exercer les fonctions de "président de la République". C'est donc clair et net. Après le boycott électoral pratiqué par l UDPS en 2006, ce parti maintient sa logique de boycott mais, cette fois-ci, sur le plan institutionnel. Les élus de l'udps ne se présenteront même pas à la session extraordinaire chargée de valider leur mandat et ils ne seront donc pas validés par l'assemblée nationale. Analystes et observateurs se penchent sur les mécanismes permettant de combler les postes déclarés vacants par l'udps. Logiquement, un député est remplacé, en cas d'empêchement, par l'un de ses deux suppléants, choisis parmi les membres du même parti. Or, avec le boycott institutionnel décrété officiellement par Etienne Tshisekedi, même les suppléants sont concernés. Comme les élus et leurs suppléants adhèrent tous au boycott décrété par leur parti commun, on propose de recourir aux meilleurs perdants pour combler les quarante-deux sièges vacants. En fait, le plus clairement possible, il est question de prendre ceux des candidats qui venaient, en termes de suffrages exprimés, juste derrière les élus de l'udps. A moins que l'on opte pour des chaises vides, pour symboliser le boycott de l'udps. 42 Du coté de la Majorité Présidentielle, l on a déjà commencé à parler de la désignation du prochain président de l Assemblée nationale et du futur Premier ministre. Selon les dispositions réglementaires, le Premier ministre sera présenté par la majorité parlementaire, avant d être désigné ensuite par le président de la République. En ce qui concerne la présidence de l Assemblée Nationale, l on avance le nom de l honorable Aubin Minaku, actuel secrétaire exécutif de la Mouvance présidentielle. En ce qui concerne la primature, trois noms sont avancés: professeur Evariste Boshab, professeur Adolphe Lumanu et Koyagialo, respectivement actuel président de l Assemblée nationale et secrétaire général du PPRD ; vice-premier ministre et ministre 41 Cf International Crisis Group Le temps des enseignements, le- temps- des- enseignements/ 42 Cf Marcellin Manduakil - Forum Des As Congoforum,

39 de l Intérieur, et enfin vice-premier ministre et ministre des PTT, ancien secrétaire permanent de l ex-amp. 43 Le 9 février, le délai de dépôt des recours en contestation des résultats provisoires des élections législatives à la Cour suprême de justice (CSJ) a expiré, huit jours après la proclamation des derniers résultats partiels. Selon le greffe de la Cour, ces recours concernent 168 circonscriptions sur les 169 que compte le pays. Environ 500 dossiers de contestation de 340 députés ont été enregistrés. De leur part, aucun élu de l Udps a présenté recours. La Cour suprême dispose d un délai de deux mois pour examiner tous les contentieux et publier les résultats définitifs. Conformément à l article 75 de la loi électorale, après examen, la haute cour peut admettre une erreur matérielle, rectifier le résultat erroné et communiquer la décision à la Ceni. Si un recours est déclaré recevable, la cour peut annuler le vote en tout ou en partie lorsque les irrégularités retenues ont eu une influence considérable sur le résultat du scrutin. S il n y a pas appel, un nouveau scrutin doit être organisé dans un délai de soixante jours. Il faut rappeler aussi que, dans un système électoral proportionnel au plus fort reste, des voix d un parti peuvent être assignées à une autre liste. Par conséquent, il est fort possible qu un candidat soit proclamé élu, bien qu il ait obtenu un score inférieur à celui d un autre candidat. 44 Le 16 février, la session extraordinaire de la nouvelle Assemblée nationale, la chambre basse du parlement, s'est ouverte au Palais du Peuple à Kinshasa, conformément à la constitution mais avant la proclamation des résultats définitifs par la Cour suprême de Justice (CSJ). En effet, l article 114 de la Constitution stipule que «chaque chambre du parlement se réunit de plein droit en session extraordinaire le quinzième jour suivant la proclamation des résultats des élections législatives par la commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue de l installation du Bureau provisoire dirigé par le doyen d âge assisté des deux les moins âgés». Sur les 482 députés de la majorité et de l opposition déjà publiés par la CENI, 350 étaient présents et 132 manquaient à l'appel, parmi lesquels ceux de l'udps, de l UNC de Vital Kamerhe, ceux de la Dynamique Tshisekedi Président (DTP) et du Soutien à Etienne Tshisekedi (SET), dont beaucoup ont participé à la marche des chrétiens pour contester les résultats des élections. L installation du bureau provisoire de l Assemblée nationale était le seul point inscrit à l ordre du jour. Thimothé Kombo, de l Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), âgé de 75 ans, a été désigné président du bureau provisoire de l'assemblée en tant que doyen des nouveaux députés. Il sera assisté de deux vice- présidents dont Mutula Diallo l élu du Mouvement social pour le renouveau (MSR) et de Patrick Muyaya du Parti lumumbiste unifié (PALU). Dans un discours au perchoir, le député-doyen Kombo a voulu donner à ses pairs quelques petits conseils pratiques de manière à les assurer de l'efficacité de leur mandat pour le bien être du peuple souverain. «Les Congolais qui nous ont élus attendent de nous le changement dans notre manière de nous comporter, dans notre manière d'agir, dans 43 Cf Le Potentiel Kinshasa, Cf Radio Okapi,

40 notre manière de servir l'etat», a-t-il déclaré. «La légèreté, la complaisance et la compromission doivent êtres bannis. Bannis au profit de la rigueur, au profit de la morale, au profit du respect de la loi, au profit du bien public, au profit de l'amour du peuple congolais et de la République. Je souhaite que cette législature tranche avec celle du passé», a conclu le député d'opposition. La présence du député de l UDPS Thimothé Kombo, permet de prévoir que, après avoir récemment évoqué l idée de ne pas siéger, les députés UDPS ont finalement décidé de valider leur mandat et de suivre une stratégie d opposition républicaine. 45 DÉCLARATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE Le 7 février, la Société Civile Congolaise regroupée au sein de l AETA (Agir pour les Elections Transparentes et Apaisés) a adressé au Secrétaire de l ONU, Ban Ki-Moon, une lettre sur la crise multiforme qui prévaut en RDCongo et dont l aspect plus redoutable est d ordre politique. Pour ce qui est du volet politique, le pays baigne dans une ambiance délétère provoquée par les contestations et les frustrations post-électorales. Selon AETA, «point n est besoin de revenir aux graves constats du chaos et à l ampleur incommensurable de la fraude qui ont caractérisé la préparation, l organisation, le dépouillement et la proclamation/publication des résultats de élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011 en RDC. Le manque de crédibilité de ces élections a été reconnu par tous les observateurs: l Union européenne, le Centre Carter, les observateurs nationaux, les observateurs de l Eglise Catholique, pour citer que ceux-là. Le fait est qu aujourd hui la grande majorité du peuple congolais ne se reconnaît pas dans les résultats publiés comme étant ceux des votes auxquels ils ont pris part. Les témoins ne reconnaissent pas la grande partie des procès-verbaux officiels d aujourd hui comme étant ceux sur lesquels ils avaient apposé leur signature. Les résultats de ces élections -présidentielles et législatives- sont aujourd hui contestés par les principaux partis de l opposition et par plusieurs candidats, y compris certains membres des partis de la coalition gouvernementale. La Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, a failli à sa mission d organiser les élections libres, transparentes et crédibles et ne mérite plus, de ce fait, la confiance des acteurs politiques et de la population congolaise». Les activistes de la Société Civile font savoir au numéro un des Nations Unies que la RD Congo court le risque d une implosion aux conséquences difficiles à prévoir. Il n y a, selon eux, qu une thérapeutique pour résoudre la crise politique, c est le retour à la vérité des urnes. Aussi, dans ce créneaux proposent-ils une alternative: faire recompter les voix tant pour les élections présidentielle que législatives ou organiser un 2me tour couplé pour les mêmes scrutins. Voici les propositions de la Société Civile congolaise présentées au Secrétaire Général de l Onu : - Accorder à la MONUSCO le mandat d observation électorale et de certification des résultats; 45 Cf Radio Okapi, ; AFP Kinshasa, ; Xinua Kinshasa,

41 - Obtenir au préalable la mise sur pied d un nouveau Bureau crédible et intègre à la CENI en remplacement de la vieille équipe en fonction actuellement et y inclure la société civile; - Appliquer toute solution aux élections présidentielles et législatives sans les séparer; - Exiger la divulgation par la CENI de l ensemble des PV tels qu affichés le soir du scrutin; - Demander clairement et fortement au gouvernement de garantir la libre expression démocratique du peuple congolais, notamment la liberté de manifester; - Obtenir pour l ONU le mandat d observation électorale et de certification des résultats; - Décider entre les 2 options ci-après : 1. recompter les votes; 2. organiser un deuxième tour de vote pour les présidentielle et législatives qui sera combiné avec les élections locales et provinciales. Celles-ci pourraient avoir lieu dans un délai de 6 mois; plutôt qu en mars 2012 pour ne pas bâcler encore les Opérations; - Protéger les principaux responsables de l opposition au moyen d un cordon de sécurité fait de gardiens armés sélectionnés de commun accord avec les personnes à protéger. Plus spécifiquement, la sécurité de M. Etienne Tshisekedi doit être assurée par un contingent de l ONU; - Assurer la liberté de mouvement et d expression de tous les responsables politiques. 46 Le 10 février, une dizaine de membres de la Société civile de Kinshasa ont procédé à l analyse de la situation sociale et politique du pays après la publication des résultats des élections présidentielle et législatives. A l issue de leur rencontre, ces représentants des forces vives ont publié une déclaration aux termes de laquelle ils retirent leur confiance en la CENI pour laquelle ils demandent la recomposition, en prévision des futures échéances électorales. 47 Les voix se sont multipliées pour déclarer les scrutins non crédibles: les observateurs nationaux et internationaux, l Eglise, la société civile. Toutefois, si toutes les solutions proposées pour remettre le Congo sur la voie de la légitimité et de la légalité s entendent sur l absolue nécessité de remplacer le bureau de la Commission électorale, on diverge sur la suite (recomptage des voix, nouvelles élections - mais sur quelle base constitutionnelle?) et aucune mesure suggérée ne connaît un début de mise en œuvre. De sa part, la communauté internationale se limite à demander plus de sérieux pour le scrutin provincial, pourtant déjà remis sine die. 48 DÉCLARATIONS INTERNATIONALES Le 2 février, lors d une audition devant le Sénat, Donald Yamamoto, du bureau africain du département d Etat américain, a affirmé que "les élections congolaises ont été gravement entachées d irrégularités et ont manqué de transparence" et que l "On ne sait pas avec certitude si les résultats des élections auraient été différents sans fraude". Mais il 46 Cf Le Phare - Direct.cd, Cf Stephane Etinga Le Potentiel Kinshasa, Cf Marie- France Cros La Libre Belgique,

42 a estimé que "(ce scrutin) a marqué une étape dans le processus démocratique" de la RDC. La secrétaire d Etat Hillary Clinton, citée par une diplomate américaine devant cette commission, a affirmé que ces élections avaient été "entachées de graves irrégularités, avec un manque de transparence" et qu elles n étaient "pas à la hauteur des progrès démocratiques observés lors des dernières élections africaines". "Sans un engagement fort du gouvernement de la RDC envers la démocratie et les droits de l homme, peu de choses durables sont possibles", a ajouté Daniel Baer, un autre diplomate présent à cette audition qui portait sur le futur de la RDC et l implication de l agence fédérale américaine d aide au développement (USAID) dans ce pays. Au plus haut niveau, la fermeté domine toujours. Mais des portes restent ouvertes. Même si la position officielle des États-Unis ne change pas - la victoire de Joseph Kabila à la présidentielle n est pas vraiment reconnue par Washington - certaines déclarations de diplomates américains tendent à montrer que la coopération avec le président congolais n est pas du tout exclue. Bref, en la matière, c est le pragmatisme qui domine. 49 Dans un communiqué remis à la presse, l ambassadeur de Grande-Bretagne en RDC, Neil Wigan, «exhorte la CENI à publier tous les procès-verbaux et les résultats affichés par les bureaux de vote, afin de permettre une enquête complète, juste, exhaustive et transparente de tous les différends par la Cour suprême de justice. Le Royaume-Uni réitère également son appel pour que toutes les allégations de fraude, de violence et d intimidation liées aux élections soient traités avec le grand sérieux». Selon l ambassadeur, «avant la tenue des élections provinciales, tous les acteurs, y compris la CENI et le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), devraient passer en revue les leçons apprises lors des élections présidentielle et législatives afin de prendre des mesures correctives. Le Royaume-Uni demande instamment, d une part, à tous les candidats et leurs partisans de poursuivre pacifiquement leurs objectifs politiques et, d autre part, aux agences de l Etat et d exécution de la loi, de respecter les droits de tous les citoyens à la vie, à l intégrité physique, à la liberté de réunion et d expression telle que garantie par la Constitution de la RDCongo». L Union européenne «a pris note des résultats provisoires des élections législatives, annoncés par la CENI le 26 janvier et le 1er février Elle rappelle l importance qu elle attache à ce que tous les efforts soient faits, pour assurer la transparence et la crédibilité du processus électoral. Tous les contentieux doivent être réglés pacifiquement et par la voie légale. Il appartient à la CENI d exercer pleinement ses responsabilités et à la Cour suprême de justice de traiter les recours électoraux avec un maximum de transparence, d impartialité et de rigueur juridique. L Union européenne encourage tous les acteurs et toutes les forces politiques à entamer un dialogue permettant d agréer le cadre nécessaire pour mener un débat démocratique, y compris à travers le bon fonctionnement de l Assemble nationale. Elle les appelle à jouer pleinement leur rôle dans les institutions et dans le respect du cadre constitutionnel. Il revient en particulier aux autorités de créer les conditions favorables à l établissement d un tel dialogue. L Union européenne continuera à apporter son appui au processus politique afin que le retour progressif à la stabilité de la RD Congo puisse se poursuivre. Elle souhaite que les 49 Cf AFP Washington, ; AFP - Jeuneafrique.com,

43 leçons soient tirées des premières phases du cycle électoral et des dysfonctionnements et irrégularités sérieuses relevés à cette occasion. Il est très important que les élections locales et provinciales puissent se tenir dans de bonnes conditions et dans un délai raisonnable et que les mesures nécessaires soient prises pour garantir la crédibilité de prochaines élections». La France, de son côté, par le biais du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, M. Bernard Valero, attend que les «correctifs nécessaires soient apportés avant les prochains scrutins». 50 LITTERATURE COMPLAINTE! Aloys SHANYUNGU Mpenda-Watu Goma, RDC Arme de la justice Justice par les armes? Justice par les pots de vin? Impossible équitable justice! Arme de la paix Paix par la violence? Paix par les armes? Impossible paix du cœur! Arme de la réconciliation Réconciliation par les armes? Réconciliation avec les armes? Impossible vraie réconciliation! Arme des riches Riches avec les armes, A la sueur de leur front? Riches par les armes? Pas de richesse au royaume de la mort! Arme de pauvres Pauvres sans armes! Pauvres avec pour seule arme l espérance en l avenir Malgré la misérable pauvreté 50 Cf Le Potentiel Kinshasa,

44 Infligée par la mal-gouvernance socio-économique! Arme des coupeurs de routes Coupeurs de routes sans état d âme Mais avec des armes de tout calibre Pour spolier et dépouiller ceux qui s aventurent Sur les kidiabatiques routes de desserte agricole! Armes des voleurs Voleurs à mains armées, Non autrement identifiés A l affut des paisibles concitoyens sans armes, Incapables de se payer le gardiennage Et sans défense légitime! Arme des «kuluna», des «shegué», des «maïbobo» Ces hors- la- loi à l arme blanche Machettes, couteaux, rasoirs Qui n hésitent même pas à tailler Un morceau du tout-bouge-buikaliyo D une malchanceuse «Mama santé»! Arme de politic(h)iens Politic(h)iens armés de démagogie trompeuse Faisant bombance sur le dos et le cou du peuple Socialement et politiquement désarmé Par la calamiteuse politique du ventre-trésor public Et celle du «sehemu yangu»! Arme des menteurs Menteurs armés d escroquerie Et d une langue alléchante et pointue Pour dépouiller les non et moins avisés Les bonasses et les dupes! Arme des élèves, étudiants, étudiantes Etudiants, étudiantes, élèves armé(e)s Du souci du moindre effort et du laisser-aller Frappé(e)s par la «diplômite», Cultivant la venimeuse devise : «Et Dieu créa le voisin, la voisine!» Pour réussir à n importe quel prix En évitant la rigueur et la performance intellectuelles! Arme de Arme des Fossoyeuse arme

45 Pernicieuse arme Maudite arme destructrice de notre société! Oh! Oh! Oh! Luciférienne arme! PROSE SUR LA POETIQUE Emmanuel BUEYA Bu-MAKAYA, Boston College, USA La merveille dans l art poétique, c'est la liberté de façonner un monde, nouveau, fantaisiste, subversif en protestation aux couleurs ternes de l'évidence immédiate. C'est le triomphe de l'espoir: malgré tout la vie peut encore être plus belle qu avant, nous pouvons la peindre avec la gouache sur la toile de nos vies multiples. C'est la vision lumineuse, plus intérieure, donnant accès à l'alchimie des mots et des pensées... C'est la promesse finie d'un Bonheur infini. Dans cette prose vitale Ce qui est quasi tragique, c'est cette exigence de perfection qui laisse insatisfait, en éveil permanent, en attente parfois anxieuse. Cette passivité douloureuse d'escompter l'aurore éternellement incertain, de tendre les cordes sur la lyre des Muses pour dire en langage inédit l'expérience quotidienne. C'est de la spiritualité délestée d'une transcendance immanente. C'est de la religion sans dieux. Une forme libérante d'anthropologie qui ignore ses contraintes indépassables. Poésie, Religion, Spiritualité autant des modes de mystique qui ont peut être le mérite de cautionner une illusion fondamentale: il n'y a rien. Aucune réalité nouménale Tout juste des prothèses sur la vie quotidienne pour lui donner chair et sens. Qui peut très bien exprimer

46 ce que ce dire veut dire. Disons carrément que Platon méfia de la poésie: Nous avons l'impression d'y être comme au fond d'une lagune, la respiration nous manque, nous étouffons tout en contemplant au loin un paysage marin splendide mais lointain. A la fois ce désir aigu et cette grâce d inaccessibilité tentante. Une promesse jamais tenue. Le scintillement de ces perles poétiques: par exemple dans Élégies majeures de Senghor ou certains vers du cinquième livre des Eneides de Virgile etc... Au fonds, il y a toujours cette désillusion aussi atroce que l'ampleur de l'attente gonflée Lautréamont, Rimbaud, Artaud... des vies tristes, une quête impossible. J'ai renoncé de chercher. Nada. Anyways, c'est du sentimentalisme inutile. La réalité dehors est sans couleur. Immense, glauque, au piège de la mort. Voila pourquoi nous vous invitons à prêter Oreille à la poésie vitale. LITANIE DE NOS MORTS Henri Fwala Yenga, Paris, France Ô espoir blessé dans les rêves trahis De tous nos morts à l aube de la liberté Qui dans l outre-tombe s étonnent Du train paresseux qui a embarqué notre destinée Dis-moi Qui nous détachera ce bonheur accroché sur les étoiles? Illustres inconnus tombés sur la route de la liberté Montrez-moi le chemin de la révolution. Ôtez en moi la peur Ici chez nous Dans ce pays qu il égorge Le politicien enfante la mort Terre de Kimpa Vita Fille de maman Mbangala

47 Terre de Paul Panda Farnana Simon Kimbangu Patrice Eméry Lumumba Terre de Munzihirwa Etsou Nzabi Bamungwabi Kataliko Terre des voix protectrices de l unité Face à la mort simple comme un jeu Terre de Joseph Kasavubu Joseph Malula Joseph Désire Mobutu Laurent Désiré Kabila Terre des vies inconnues Cueillies comme des roses matinales Sur le chemin de la liberté Sur leur terre, ma terre Aux quatre coins Dans l obscurité complice Les hommes boivent découragés Des verres d insouciance. L oubli, exil du désespoir Pose ses pas Sur les tracées du futur. Dans cette nuit de l indifférence L égoïsme prend des armes Nous soumet à l ogre du pouvoir Mais la voix insoumise de Serge Maheshe Floribert Chebeya Armand Tungulu Fidèle Bazana Cedric l immolé Offre à la liberté rebelle Leurs vies promises à la mort. Ils en ont eu marre De voir le pouvoir et l avoir Commettre l inceste avec la mort Ils sont dans l immortalité De l autre côté de la vie Consciences insoumises Coeurs fous de la nation De l autre côté de l histoire Leurs noms triomphent de la mort Leur mort me donne la parole Libres, ils sont vivants parmi nous. Le Dieu des poètes insoumis Multiplie par l éternité

48 Leurs années qui se comptaient Sur les flammes de bougies. Morts, ils sont des lampes Eternellement allumées Qui interroge la conscience nationale. Libres, ils sont vivants parmi nous Chacun peut Sur les chemins qui bordent sa mémoire Les rappeler à la vie. Ma plume, plume du poète insoumis Les a jugés dignes d habiter notre mémoire Ils sont enfin dignes d entrer dans la légende.

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