Fiche Technique Production Peu Développée en Languedoc-Roussillon Filière Maraichage Mais doux Septembre 2008 Rédigée par : Julien GARCIA Chambre Régionale d Agriculture du Languedoc-Roussillon Potentiel des marchés Production Principaux pays producteurs Sur 350 000 ha dans le monde, 20% des surfaces sont dans l'union Européenne. La France se situe au troisième rang mondial après les Etats-Unis et la Hongrie. Toutefois, la France demeure au premier rang mondial de part la performance agronomique avec un rendement moyen de 18 73 tonnes/ha en 2006. Production en France La production et la transformation françaises du maïs doux se situent actuellement au 3ème rang mondial grâce à un haut niveau de performance, tant agricole qu industrielle. Le développement de cette culture a accompagné celui rapide du marché européen depuis plus de vingt ans. Aujourd hui, sur un marché communautaire mature, elle fait face à une accumulation de contraintes d ordre concurrentiel ou réglementaire qui menace sa pérennité et étouffe toutes initiatives. En Languedoc-Roussillon, une tentative de production a été initiée en 1999. Elle a abouti à un échec à cause d un manque de structuration de la filière, notamment au niveau de la collecte et des contraintes techniques. A ce jour, il n y a donc pas de production régionale. A noter que la production de maïs en général est limitée par la présence de parcelle en maïs semence qui nécessite des distances d isolation rendant souvent Production, à retenir... Production et superficie annuelle de maïs doux en France (2007) : - Aquitaine : 22 500 ha / 441 350 t - Centre : 2 373 ha / 44 928 t - Midi-Pyrénées : 1 474 ha / 26 784 t - Picardie : 625 ha / 5 000 t incompatible la co-existence des 2 types de culture. Organisation commerciale Pas d organisation commerciale régionale. Dans les autres régions, la filière s articule autour des producteurs et des organismes de collecte avec une transformation par contractualisation. Le partenariat entre les agriculteurs et les collecteurs/transformateurs, à travers le contrat de production, comporte un cahier des charges précis à chaque étape, depuis le champ jusqu'à l assiette. Toutes les semences sont fournies par l industriel à l agriculteur. Les transformateurs demandent de cultiver le maïs doux dans les meilleures terres afin de produire une récolte de qualité régulière. Quand la récolte approche, des mesures au champ sont effectuées régulièrement afin de déterminer le moment précis où la maturité du grain devient idéale : un grain tendre, légèrement sucré et très croquant. Le maïs doux est cueilli quand le grain contient encore plus de 70 % d eau. Synthèse régionale «Alternatives Agricoles à l arrachage de la vigne» 1
Prix Débouchés Industriels agroalimentaires : consommation humaine Les producteurs de l Ouest de la France comme Maïsadour, Uniproledi ont contrac-tualisé avec les grands groupes alimentaires tels que : Ardo, Compagnie Générale Conserves, Conserves France, Pinguin Aquitaine, Géant Vert ou Bonduelle. Elément de prix : le prix est propre à chaque industriel selon les cours mondiaux et la loi de l offre et de la demande. Synthèse La production française de maïs doux bien que positionnée a la 3 ème place mondiale, fait actuellement face à de nombreuses contraintes réglementaires européennes. Le marché reste porteur, organisé autour des entreprises de collecte et de transformation. Les producteurs ont des engagements forts à travers un cahier des charges strict et un suivi parcellaire précis. En Languedoc- Roussillon, un essai de production s est soldé par un échec du fait d une mauvaise organisation de la filière. Impact environnemental Impact des intrants Le maïs doux est une culture exigeante en fertilisation et nécessite une protection phytosanitaire contre les adventices et un suivi très précis des ravageurs de l épi. Impact sur la ressource en eau Culture très exigeante en eau l été (entre 2 000 et 4 000 m 3 /ha en moyenne dans la région selon les types de sols). Impact sur les paysages Culture d été pouvant contribuer à une mosaïque de paysage, avec une couleur verte au printemps et en été. Impact sur la biodiversité Forte, le maïs consommation étant en général cultivé en monoculture. Synthèse Les effets environnementaux sont assez forts et semblables à ceux d une grande culture conduite en monoculture. Synthèse régionale «Alternatives Agricoles à l arrachage de la vigne» 2
Contraintes agronomiques et techniques Type de sols Peut être cultivé sur tous types de sol, mais les contrats de production exigent l irrigation. Topographie Peut être cultivé sur toute parcelle mécanisable type grandes cultures. Adaptation au climat Plante de saison chaude qui redoute les gelées. Cependant, des températures trop fortes peuvent réduire la qualité des épis formés. Implantation de la production Culture qui nécessite un équipement matériel spécifique pour le semis (semoir pneumatique) et plus classique pour la fertilisation. La récolte peut être réalisée par un entrepreneur. Cette culture s implante traditionnellement sur un labour au printemps (1 ère quinzaine de mai). Conduite de la production Une attention particulière doit être apportée au désherbage qui se fait avant le semis par incorporation d un herbicide ou en post semis prélevé. La réussite de cette opération (enfouissement léger) est capitale pour la maîtrise des adventices. Le semis se fait avec un écartement de 40 ou 75-80 cm et des densités de semis à adapter à la précocité des variétés et au type de sol (plus il est profond, plus la densité peut être élevée). Il se sème entre 70 000 et 85 000 graines/ha. L apport de fertilisation se fait au semis (60 unités/ha de P2O5, K20 et N). La récolte a lieu lorsque les grains sont au stade laiteux (grains tendres et juteux), 100 jours après le semis. Avril Calendrier de production Début mai Eté selon besoins Eté Selon évolution Désherbage Semis et fertilisation Irrigation Traitements Récolte La récolte est assurée par l industriel : le délai entre la récolte et le conditionnement à l usine doit être inférieur à 6 heures. Rendement : 19 tonnes/ha en moyenne Irrigation L irrigation doit être réalisée sur 3 périodes principales pour une moyenne de 1 000 m 3 /ha en l absence de pluie : A la levée pour homogénéiser la parcelle Encadrant la floraison Lors du grossissement des grains. Le volet «Impact sur la ressource en eau» précise les besoins globaux pour la production (eau naturelle du sol et irrigation) alors qu ici, seuls les besoins en irrigation sont abordés. Contrainte de main d oeuvre Culture peut gourmande en main d oeuvre : environ 6 heures/ha, un peu plus si elle est conduite en irrigué. Contrainte foncière Les parcelles doivent être suffisamment grandes pour être mécanisables (>1.5 ha et largeur minimale). Mécanisation Mécanisation classique des productions de grandes cultures. La récolte est assurée par l industriel. Sensibilité au précédent vigne Pas de contrainte identifiée. Synthèse régionale «Alternatives Agricoles à l arrachage de la vigne» 3
Dispositif réglementaire auquel la production est soumise Culture admissible aux DPU et permettant d activer une aide recouplée céréales, en sec ou en irrigué (dans ce dernier cas, l aide est plus élevée mais le producteur doit la déclarer à la PAC et doit faire la preuve de sa capacité à irriguer). Culture n activant pas les ICHN Etat des références en Languedoc- Roussillon Les références sont faibles, la tentative de production en 1999-2000 s étant soldée par un échec. Risque financier et intérêt économique pour l exploitant Résultats économiques et facteurs de risque Les données d ordre économique sont gérées par chaque industriel. Dans la filière «Maïs doux» une contractualisation avec un industriel est indispensable, le produit est très fragile et doit être traité dans les 6 heures après la récolte. La contractualisation permet à l agriculteur d avoir un débouché garanti pour sa production en sachant que l industriel fourni les semences à ses producteurs et qu il pratique la récolte selon les besoins d approvisionnement de l unité de conditionnement. En région, le développement est difficile car il n y a pas d industriels transformateurs de maïs doux. Du point de vue des charges d exploitation, en 2006, la récolte représentait 35% des charges de mécanisation, suivie du travail du sol avec 30%. Comparé à la production de maïs grain, il apparaît clairement que le différentiel de marge entre maïs doux et maïs grain est en faveur du maïs doux. La différence de marge est d en moyenne 150 /ha, cette tendance pourrait s inverser dans le contexte actuel du marché des céréales. Les éléments qui peuvent influer sur la marge brute sont essentiellement la qualité de la récolte (liée à la conduite et au climat) et la politique de l industrie collectrice qui adapte ses besoins selon le marché. Besoins de trésorerie Voir fiche maïs grain Risque financier lié aux investissements Voir fiche maïs grain Synthèse régionale «Alternatives Agricoles à l arrachage de la vigne» 4
Personnes ressources Chambres d Agriculture : Chambre d Agriculture des Landes - Cité Galliane BP 279 40 005 MONT-DE-MARSAN CEDEX Instituts techniques S.NICOLIER - ARVALIS Institut du végétal - -Station Inter-Institut - -6 chemin de la Côte Vieille 31450 BAZIEGE Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) - Maïs doux-maiz Europe - 21 chemin de Pau 64 121 Montardon Bibliographie Anonyme, (2005). Légumes d'industrie in Cultivar - le mensuel, n 593, 21 septembre 2005, p. 24-39. Disponibilité : Chambre d Agriculture de l Hérault Arvalis-Institut du végétal, (2006). Conduites de cultures et démarches qualité. 13 novembre 2006 Disponibilité : Arvalis COUPLAN F. (2000). Le maïs doux : tendre et sucré in FLD magazine, n 201, 11avril 2000, p. 23. Disponibilité : Chambre d Agriculture du Lot-et-Garonne DESVIGNES P. - DEBEZE C. (2005). Maïs doux : les quatre points clés de la fertilisation azotée in Perspectives agricoles, n 315, septembre 2005, p. 54-56. Disponibilité : Chambre d Agriculture de l Hérault Liens Internet : www.agpm.com www.arvalisinstitutduvegetal.fr Synthèse régionale «Alternatives Agricoles à l arrachage de la vigne» 5