Zoonoses: ces compagnons qui partagent tout



Documents pareils
Les animaux en EHPAD : règles d hygiène

Orientation diagnostique devant une éosinophilie 1

Tuberculose bovine. Situation actuelle

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Les vers de nos compagnons

Parasites externes du chat et du chien

Infestation par Dipylidium caninum,

Qu est-ce que la peste?

Les parasites externes du chien

Les parasites externes

Protéger. son animal. la gamme FRONTLINE. grâce à la gamme. Contre les puces et les tiques. Efficace plusieurs semaines (1) Résistant à la pluie,

MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES DIRECTION GENERALE DE LA SANTE- DDASS DE SEINE MARITIME

Hépatite C une maladie silencieuse..

Protégeons-nous ensemble!

Vaccinations pour les professionnels : actualités

Streptocoque B :apports des tests en fin de grossesse, nouvelles propositions.

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

Apport de la biologie moléculaire au diagnostic des parasitoses

Les animaux vertébrés sont-ils réservoirs de rickettsies?

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Dracunculose Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie (ANOFEL)

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Vaccinations - Rédaction Dr BOUTON

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

Docteur, j ai pris froid!

La vaccination, une bonne protection

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Savez-vous ce qu'est exactement un vaccin à part un produit qu'on injecte et qui protège contre une maladie?

Il est bien établi que le réseau d eau hospitalier peut

Les Infections Associées aux Soins

Définition de l Infectiologie

Service d ambulance. Normes. de soins aux patients. et de transport

PEDICULOSES PARASITOSES. Hélène DALMAS

Information détaillée pour Legionella

Traitement antibiotique probabiliste des urétrites et cervicites non compliquées

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Laurence LEGOUT, Michel VALETTE, Henri MIGAUD, Luc DUBREUIL, Yazdan YAZDANPANAH et Eric SENNEVILLE

MINISTERE DE LA SANTE, DE LA FAMILLE ET DES PERSONNES HANDICAPEES

TUBERCULOSE Nouveautés 2009

Greffe de moelle osseuse: Guérir ou se soigner?

vaccin pneumococcique polyosidique conjugué (13-valent, adsorbé)

Situation Agent Schéma posologique*

Thérapeutique anti-vhc et travail maritime. O. Farret HIA Bégin

STOP à la Transmission des microorganismes!

Le psoriasis est une maladie qui touche environ 2 à 3 % de la population et qui se

Gestion de la crise sanitaire grippe A

Signalement et gestion des infections respiratoires aiguës (IRA) et des gastroentérites aiguës (GEA) 19 juin 2014

Dermatophytoses ou Dermatophyties

Chapitre VI : Gestion des risques épidémiques

Tuméfaction douloureuse

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

Le VIH et votre foie

Club Santé. «Vaccination : quelle évolution pour une meilleure prévention?» Dimanche 16 octobre 2005

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR. Delphi 0,1 % crème Acétonide de triamcinolone

Item 95 Maladies sexuellement transmissibles : infections urogénitales à gonocoque et Chlamydia trachomatis (en dehors de la maladie de Nicolas-Favre)

CONTROVERSE : IDR OU QUANTIFERON LORS D'UN CONTAGE EN EHPAD?

Je voyage avec mon chien ou mon chat. Conseils pratiques sur le site spécifique de l OVF

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

Bijsluiter FR versie Collier Propoxur Halsband B. NOTICE 1/5

Hépatite. ses causes ses conséquences sa prévention

Carte de soins et d urgence

Stratégies de dépistage des bactéries multirésistantes. Qui? Pourquoi? Comment? Après? L exemple des MRSA

L hépatite C pas compliqué! Véronique Lussier, M.D., F.R.C.P.C. Gastroentérologue Hôpital Honoré-Mercier 16 avril 2015

NOTICE : INFORMATION DE L'UTILISATEUR. DAKTOZIN 2,5 mg/150 mg pommade Nitrate de miconazole et oxyde de zinc

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

Bonnes vacances! Je voyage avec mon chien ou mon chat

Évolution des pratiques vaccinales : 3. vaccination après la grossesse

Surveillance des toxi infections alimentaires collectives

HUMI-BLOCK - TOUPRET

ANNEXE IIIB NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR

Les maladies parasitaires du porc. GMV1 Les maladies parasitaires du porc

Quoi de neuf dans la prise en charge du psoriasis?

Restauration collective. quelques aspects réglementaires

L opération de la cataracte. Des réponses à vos questions

Apport de la TDM dans les cellulites cervico-faciales

Vaccination et tuberculose en Gériatrie. Unité de Prévention et de Dépistage: Centre de vaccination et centre de lutte anti tuberculeuse CH Montauban

Surveillance des toxi-infections alimentaires collectives

Le don de moelle osseuse :

Quelles sont les maladies hautement contagieuses susceptibles d être hospitalisées en réanimation en France?

INFORMATION À DESTINATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ LE DON DU VIVANT

L EMEA accepte d évaluer la demande d autorisation de mise sur le marché de la LENALIDOMIDE

CONSEILS AUX VOYAGEURS

Item 127 : Transplantation d'organes

Fiche de données de sécurité

Mme BORGHI Monique Infirmière ETP Mme ALEXIS Françoise Hopital Archet I Infectiologie/Virologie Clinique

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Vaccination des voyageurs dont la sérologie VIH est positive.

Céphalées vues aux Urgences. Dominique VALADE Centre d Urgence des Céphalées Hôpital Lariboisière PARIS

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

Hépatite = inflammation du foie. Pr Bronowicki CHU Nancy Conférence mensuelle - section de Forbach

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

Patho Med Cours 5. Maladie Pulmonaires Obstructives BPCO Asthme

FIPROTEC, PIPETTES CONTRE PUCES ET TIQUES :

QU EST-CE QUE LA TUBERCULOSE?

Réintroductions alimentaires chez l enfant. M. Hofer - J.Wassenberg Immuno-allergologie Service de pédiatrie - CHUV

Traitements topiques. Utiliser conformément aux instructions figurant sur l emballage. Aident à éliminer les squames. Soulagent les démangeaisons.

Transcription:

Forum Hygiène hospitalière, 10.02.2009 Zoonoses: ces compagnons qui partagent tout Olivier Clerc Service des maladies infectieuses/smph

Zoonoses Infections transmissibles de l animal à l homme 75% des maladies émergentes sont des zoonoses Ex. Méningites liée à Streptococcus suis chez les éleveurs de porcs en Chine

Plus de 200 zoonoses répertoriées

Maladies à déclaration obligatoire en Suisse

Animaux familiers en Suisse Chats 26% Chiens 13% Poissons 7% Lapins 6% Oiseaux 4% Cochons d Inde 4% Autres rongeurs Environ 4% Statistiques 2004

Les «nouveaux animaux de compagnie» Pas de chiffres officiels (CH) En extension: reptiles, amphibiens, araignées, 3% ménages américains possèdent un reptile, le plus fréquemment une tortue. MMWR 1999

Cas 1 Patiente de 38 ans, bonne santé habituelle Ramène 2 chatons de ses vacances annuelles au Portugal, ce qui lui vaut des griffures à répétition Notion d une adénopathie axillaire indolore 1 mois plus tard, céphalées, arthralgies, myalgies, pas de fièvre Consulte en urgence en raison d une baisse de l acuité visuelle de l œil D

Fond d œil droit Sérologies: Bartonella henselae: IgG et IgM positifs Papillite, cotton-wool spots Diagnostic de vasculite rétinienne dans le contexte d une maladie des griffes du chat

Maladie des griffes du chat Bartonella henselae, germe isolé en 1992 Germe intracellulaire, tropisme pour les cellules endothéliales Incidence variable: 3.7/100 000 personnes en 1993 - Connecticut Etude cas-contrôle contrôle Exposition chatons: OR 15 Griffure/morsure par un chaton: OR 27 Posséder un chaton infesté par des puces: OR 29 Zangwill, NEJM 1993

Chez le chat Germes intra-érythrocytaires - Surtout jeunes chats, réservoir principal et vecteurs - 56% des chats < 1 an présentaient une bactériémie à B.Henselae, 90% une sérologie positive - Asymptomatiques, parfois fébriles - Un chat peut être bactériémique plusieurs mois, parfois par intermittence - Plus fréquent chez les chats errants Chomel, J Clin Microbiol 1995

90% des cas: évolution bénigne Papule d inoculation 3-10 j après contact Durée 1-3 semaines, souvent asymptomatique Adénopathie du site de draînage, après env. 2 semaines Suppuration dans 10-15% des cas Résolution habituelle en 1-4 mois Carithers HA, Am J Dis Child 1985

Autres types d atteintes: Dissémination avec atteinte d organes (œil, foie, cerveau ): surtout immunosupprimés et âgés Atteinte hépato-splénique 1-2% patients, surtout enfants (fièvre d origine indéterminée) Endocardite Surtout patients âgés avec lésion valvulaire préalable

Traitements Pas systématique pour adénopathie isolée! Ponction-aspiration Azithromycine 5 j (Bass, Pediatr Infect Dis J 1992) Alternative: ciprofloxacine, rifampicine Atteinte hépato-splénique Azithromycine/gentamycine+rifampicine Neuro-rétinite Doxycycline+rifampicine Traitement prolongé chez l immuno-supprimé!

Cas 2 Garçon de 4 ans, œil droit rouge avec «tache blanche» centrale, depuis quelques semaines. Bonne santé habituelle, pas de voyage récent, aucune symptomatologie générale. 2 chiens à la maison Baisse acuité visuelle

Bilan complémentaire: Éosinophilie sanguine marquée Sérologie Toxocarose positive Diagnostic de toxocarose oculaire, compliquée par un décollement postérieur de la rétine US fond de l œil

Toxocarose - Zoonose parasitaire responsable du syndrome de larva migrans - Répartition sur toute la surface du globe - Toxocara canis (chiens) > toxocara cati (chats) - Larve adulte dans le lumen intestinal de l animal, produit jusqu à 200 000 œufs dans les selles par jour - Homme: hôte accidentel chez qui les larves restent en attente dans les tissus -Contamination féco-orale. Pelloux, Rev Med Int 2004

Epidémiologie -Helminthiase zoonotique la plus fréquente des pays occidentaux -Taux d infestation chez les chiens adultes: 7-52%, probablement plus élevés dans les pays en développement -Contamination par mains souillées par terre/sable Enfants à risque! Transmission facilitée en zone tropicale: -Séroprévalence: 4.8-14% en pays occidentaux 93% Réunion Pelloux, Rev Med Int 2004

Clinique Fonction de l importance de l infestation - Asymptomatique - Atteintes cutanées, pulmonaires - Larva migrans oculaire - Formes sévères avec atteinte pluriviscérale, très rarement fatales DD: asthme, eczéma atopique, urticaire chronique

Traitements Albendazol (Zentel), durée en fonction sévérité +/- stéroïdes Prophylaxie Eloigner chats/chiens des bacs à sable/aires de jeux Vermifuger chats/chiens (dès 3 semaines de vie): à 2, 4, 6, 8 semaines, puis mensuellement Hygiène des mains

Cas 3 Patient 53 ans, polyarthrite rhumatoïde (AINS, IPP) Hospitalisé 10 mois auparavant: Diarrhées profuses 10 jours, déshydratation Cultures de selles négatives (effectuées sous Ciproxine) Depuis 4 jours, EF max. 39.5, nausées, diarrhées 6-10x/j verdâtres. Hospitalisation vu mauvais état général. Pas de voyage en zone tropicale, pas de consommation alimentaire suspecte. Culture de selles: Salmonella enteritidis Stam F et al, CID 2003

Le patient est un éleveur de tortues tropicales en aquarium. Investigations complémentaires Culture de l eau d un aquarium et culture de selles d une tortue: Salmonella enteritidis, souche démontée identique à celle retrouvée chez le patient. Diagnostic retenu de salmonellose acquise par contact avec tortues

Salmonellose et reptiles Salmonelle = commensal naturel du tractus gastro-intestinal (lézards, serpents, tortue) 40% des sérotypes retrouvés sont rares chez l homme et d autres animaux, en dehors de transmission directe Excrétion dans les selles, contamination secondaire de l environnement grâce à une survie prolongée Transmission à l homme par contact direct, parfois par morsures, par l intermédiaire d objects contaminés Mermin et al, CID 2004

Impact épidémiologique 1.4 Mios salmonelloses/an USA Contamination la plus fréquente = alimentation contaminée (œufs, volaille) 74 000 cas/an attribuables aux reptiles Plus fréquemment invasives Hospitalisations plus fréquentes Impliquent plus fréquemment les enfants Mermin et al, CID 2004

Situation en Suisse Salmonelloses Maladie à déclaration obligatoire (par le laboratoire) Aucune donnée sur origine, pas de mention d un risque lié aux reptiles par l OFSP

Mesures préventives (CDC) Lavage des mains/désinfection avec solution d alcool après manipulation de reptiles Immuno-compromis/enfants < 5 ans devraient éviter le contact avec reptiles Pas de reptile dans les établissements où séjournent des immuno-compromis/enfants < 5 ans Eloigner les reptiles des zones où l on cuisine Pas d accès libre à toute la maison aux reptiles Traitement antibiotique: ne permet pas une élimination durable chez l animal Tortues de moins de 10 cm sont interdites depuis 1975 par la FDA! MMWR 1999

Cas 4 Garçon de 7 ans, amené par sa mère en raison d une perte de cheveux localisée Lésion cutanée légèrement prurigineuse Contacte avec un chat sauvage récemment, «en cours de domestication». «Teigne tondante»

Dermatophytoses Champignons qui requièrent la kératine pour leur croissance: - Atteinte de la peau, des cheveux et des ongles Différents types d espèces: -Anthropophiles: transmission interhumaine -Géophiles: transmission de l environnement -Zoophiles: transmission par contact des animaux Gupta et al, Med Myc 2000, 38: 255-87

Teigne tondante (tinea capitis) = organisme le plus fréquemment transmis de l animal à l homme

Epidémiologie et clinique Microsporum canis Transmission via contact avec animaux malades, chats et chiens le plus fréquemment Requièrent un réservoir animal: perte de virulence après transmissions interhumaines Infection favorisée par hygiène limite, promiscuité A risque: enfants de plus de 6 ans et pré-pubères (sébum: effet toxique sur dermatophytes) Aspect de cheveux cassés à proximité de la racine Forme inflammatoire = kérion Complication = alopécie cicatricielle Gupta et al, Med Myc 2000

Diagnostic prélèvement et culture sur milieu spécifique (Sabouraud) Traitement systémique nécessaire: terbinafine (Lamisil) 2-4 semaines fluconazol (Diflucan) 2-4 semaines Prise en charge de l animal infecté! Gupta et al, Med Myc 2000

DD: folliculite bactérienne, infection herpétique, dermatite péri-orale DD: eczéma nummulaire, dermatite de contact, maladie de Lyme aiguë, psoriasis

Cas 5 Homme 76 ans, hospitalisé pour état hautement fébrile, baisse d état général. Pas de symptôme respiratoire Epouse de 77 ans, admise le lendemain pour des symptômes identiques Le couple possède un magasin d oiseaux Saito et al, J Clin Micro 2005

Diagnostic de psittacose posé sur la base de l évolution sérologique Chlamydia psittaci/avium Bactérie intracellulaire, ne pousse pas en culture Diagnostic: PCR/détection d anticorps Transmission à l homme par oiseaux le plus souvent Distribution dans le monde entier

Epidémiologie, transmission CDC: 1136 cas reportés (1975-84) 72%: oiseaux domestiques 6%: oiseaux sauvages 12%: éleveurs de volaille 10%: aucun contact anamnestique Transmission via inhalation aérosols: selles séchées > sécrétions directes Incubation 5-14 j, max. 39j Cas d épidémies rapportées Rares descriptions de transmissions interhumaines Chez l oiseau: Asymptomatique décès Grayton JT, Curr Clin Top Infect Dis 1991

Clinique Formes asymptomatiques Syndrome grippal, myalgies, toux sèche, début aigu Tableau de méningite «aseptique» Rares: décompensation respiratoire, hépatite, méningo-encéphalite, endocardite Traitement Doxycycline 100 mg 2x/j (10-21j) Macrolides (clarithromycine, azithromycine) Quinolones (moxifloxacine, levofloxacine) Yung AP, Med J Aust 1988

Etiologie/pneumonies communautaires 152 patients hospitalisés Incidence probablement sous-estimée, vu la fréquence des formes peu voire pas symptomatiques! Socal et al, Eur J Clin Microbiol Inf Dis 1999

Homme bosniaque de 44 ans, BSH, en Suisse depuis 6 ans Masse pulmonaire radiologique, considérée comme un kyste bronchogénique Suite à un effort de toux, le patient vomit un liquide brunâtre Cas 6

Bronchoscopie en urgence: mise en évidence de protoscolex, diagnostic d échinococcose kystique (Echinococcus granulosus) Hôtes définitifs: chiens domestiques > autres canidés: coyote, dingo : asymptomatiques! Hôtes intermédiaires: moutons, porcs, rongeurs Homme = hôte aberrant, chez qui se forme le kyste hydatique Localisation: 70% foie 25% poumons 5% autres (os, cerveau, rein ) Kyste unique > 70% des cas Eckert, Clin Microbiol Rev. 2004

Clinique Fonction de la localisation/taille du kyste/organe impliqué -Probablement longtemps asymptomatique -Effet de masse: Hépatomégalie, ictère par compression, Toux chronique, dyspnée Symptomes neurologiques focaux -Rupture du kyste: réaction anaphylactique, dissémination intra-péritonéale, Survie prolongée possible! Eckert, Clin Microbiol Rev. 2004

Epidémiologie, transmission Plusieurs sous-types génétiques distincts, adaptés aux hôtes définitifs/intermédiaires Œufs d E. granulosus peuvent survivre plusieurs mois dans l environnement Transmission par ingestion de nourriture/eau contaminée, contact avec chiens

Facteurs de risques Espagne: Campos, Am J Trop Med Hyg 2000 Nombre de chiens dans la famille Chiens nourris avec viscères d animaux abattus Chiens autorisés à entrer dans les habitations Argentine: Larrieu, Ann Trop Med Parasitol 2002 Premières années de vie entourées de chiens Europe: 1-8 cas/100 000/an Chine: jusqu à 42/100 000/an

Sérologie: Diagnostic 90% sensibilité si kyste hépatique 60% si kyste pulmonaire Faible sensibilité si kyste cérébral, osseux Imagerie US/CT/IRM Cave: risque de dissémination secondaire ou de réaction de type anaphylactoïde en cas de ponction!

Echinococcus multilocularis (alvéolaire) Maladie hépatique, pseudo-tumorale Lésions métastatiques possibles Mortalité sans traitement 90% à 10 ans Hôtes principaux: renards > chiens >> chats Sérologie: sensibilité de 97%

Traitements E. kystique Chirurgie radicale Suivi régulier (stt si calcifications extensives) PAIR: Ponction, Aspiration, Injection (NaCl, alcool), Réaspiration (ttt albendazol) E. alvéolaire Chirurgie radicale (si possible) Traitement albendazol au long cours

Prévention >10% des chiens sont infestés au moins à 1 reprise sur 10 ans Un chien infesté excrète des œufs durant plusieurs mois, ces œufs peuvent adhérer au pelage Vermifuger 1x/mois les chiens, d autant plus si chasseur de rongeur (= hôte intermédiaire d E. multilocularis) Eviter de nourrir les chiens avec abats potentiellement contaminés (E. granulosus). Desplazes, Magazine de l OVF 2004

Zoonoses A envisager dans le diagnostic différentiel! Anamnèse: contact avec animal? Malade ou non? Envisager contacts brefs, avec animaux «inhabituels» Attention particulière: Patients immunosupprimés, enfants < 5 ans, patients âgés: prudence avec reptiles, jeunes chats/chiens, animaux avec diarrhées Femmes enceintes: risque de toxoplasmose Prévention et connaissance des risques potentiels importants Prévention: prise en charge vétérinaire! Rabinowitz PM, Am Fam Physician 2007

Merci de votre attention!